Au Sénégal, la dépendance aux importations alimentaires est élevée, avec
460 milliards FCFA dédiés à l’alimentation humaine en 2018. Cette
dépendance est aggravée par une inflation alimentaire importante (17,3 %
en août 2022), réduisant le pouvoir d’achat des ménages, dont 58,2 % du
revenu est consacré à l’alimentation.Les céréales et légumineuses, base de
l’alimentation dans le Sahel, souffrent de faibles rendements et de pertes
post-récoltes importantes, estimées entre 10 à 23 % de la production, soit
environ 26 milliards FCFA en 2014-2015. Ces pertes sont causées par des
facteurs techniques (récolte, séchage, stockage, nuisibles) et des facteurs de
gouvernance (méventes, politiques de distribution).Ces pertes pourraient
nourrir plus de 550 000 personnes, soulignant l’urgence d’améliorer les
méthodes de conservation et de transformation. Le stockage inadéquat,
l’utilisation abusive de pesticides chimiques, et la résistance des insectes
aggravent la situation.
Face à ces défis, le Sénégal s’oriente vers la souveraineté alimentaire, avec
le programme national « Produire ce que nous mangeons » (2023-2025),
favorisant le consommer local et la valorisation des produits agricoles.
Chapitre 2 :
Ce chapitre traite des facteurs déterminants dans le stockage des grains, en
insistant sur les aspects physiques, environnementaux et pratiques
d’hygiène nécessaires à leur bonne conservation.
1. Facteurs physiques
Le grain est un être vivant, même stocké : il respire, produit de la
chaleur, de l’humidité et du CO₂.
La respiration du grain peut s’emballer si l’humidité ou la
température augmente, provoquant une détérioration rapide.
2. Humidité
L’humidité du grain est essentielle à surveiller : elle détermine si le
grain est sec ou mouillé.
Une humidité relative de l’air supérieure à 70 % favorise la
multiplication de moisissures, bactéries et insectes.
Des différences de température créent des mouvements de vapeur
d’eau, causant condensation et dégradation (moisissures,
germination).
3. Séchage et chauffage
Si les grains sont mal séchés, l’activité biologique interne peut
chauffer le stock (jusqu’à 63 °C), favorisant les infestations.
4. Hygiène des locaux
Les entrepôts doivent être proprement désinfectés après chaque
campagne.
Les fissures doivent être colmatées car elles abritent les nuisibles.
5. Bonnes pratiques de stockage
Ne pas stocker directement sur le sol ou contre les murs.
Utiliser des fardages (supports) et sacs en bon état.
Aérer les locaux, laisser des allées entre les piles.
Utiliser des matériaux comme le béton pour empêcher l’humidité.
6. Calcul de capacité de stockage
Basé sur la capacité cubique du local et la densité des denrées.
Par exemple, un entrepôt de 2 350 m³ peut contenir environ 1 382
tonnes d’arachides en sacs si la densité est de 1,7.
Quand on stocke des grains (comme le maïs ou l’arachide), il ne suffit pas
de les mettre dans un sac et les poser dans un coin. Les grains continuent
de vivre, donc ils respirent, et cette respiration produit de la chaleur et de
l’humidité. Si on ne contrôle pas cela, on risque des moisissures, des
insectes, voire que le grain germe ou pourrisse.Le taux d’humidité est un
facteur clé : trop élevé, il attire les champignons et insectes ; trop bas, il
peut rendre le grain cassant. De plus, des variations de température dans un
entrepôt mal conçu peuvent causer de la condensation, rendant les grains
humides.D’où l’importance de :
Séchage préalable des grains ;
Entrepôts bien ventilés et propres ;
Ne pas mettre les sacs contre les murs ou par terre ;
Calculer la capacité réelle de stockage selon le type de grain.
Chapitre 3 :
Ce cours traite des méthodes d’inspection et d’échantillonnage appliquées
à la conservation des grains stockés, avec pour but de détecter les
infestations, d’assurer la qualité des denrées, et de garantir leur sécurité
sanitaire.
1. Inspection des grains stockés
L’inspecteur doit reconnaître les insectes à tous les stades (œufs,
larves, pupes, adultes).
On distingue contamination primaire (au champ) et secondaire
(pendant le stockage).
Méthodes d’inspection :
o Directes : agitation des sacs, pièges, tamisage, vidage des sacs,
microscopie.
o Indirectes : mesure de température, taux de CO₂, rayons X,
flottaison, mise en culture.
2. Échantillonnage
L’échantillon doit représenter fidèlement l’ensemble du lot. Étapes :
Prélèvements élémentaires en divers points, Regroupement en un
échantillon global.Réduction pour obtenir un échantillon de
laboratoire.
Importance : détecter les anomalies, vérifier la conformité des
produits, préparer les analyses.
3. Types d’échantillonnage
Sélectif : ciblé, utilisé pour confirmer un soupçon d’anomalie.
Objectif : systématique, pour des contrôles ou collectes de données.
4. Méthodes pratiques
Exemple pour les sacs :
o Si ≤10 sacs : tous sont échantillonnés.
o Si 11-100 sacs : 10 choisis au hasard.
o Si >100 sacs : selon une formule basée sur la racine carrée du
total.
Utilisation de sondes spécifiques pour prélever à différentes hauteurs
du sac (haut, bas, milieu, fond).
5. Emballage et étiquetage
Les échantillons doivent être placés dans des contenants neutres
(verre, fer blanc, coton non traité).
Les étiquettes doivent mentionner : date, lieu, origine, nature du lot,
nom de l’acheteur, numéro de contrat, etc.
Explication simplifiée
Dans la gestion des grains stockés, on ne peut pas se contenter de les
entreposer et attendre : il faut surveiller régulièrement pour éviter qu’ils ne
soient détruits par des insectes, moisissures ou autres agents.
Pourquoi inspecter
Parce que certains insectes ou champignons n’apparaissent pas à l’œil nu
immédiatement. L’inspecteur doit donc fouiller, piéger, mesurer la
température et parfois utiliser des techniques avancées (rayons X, mise en
culture).
Pourquoi échantillonner ?
On ne peut pas analyser tout un stock, donc on prend une petite quantité
représentative. Cela permet de :
savoir si le grain est sain ;
estimer l’ampleur d’une contamination ;
décider d’une action (traitement, rejet, vente, etc.).
Comment faire ?
Il y a des règles précises pour que l’échantillon soit fiable : combien de
sacs prélever, à quels endroits, comment mélanger, comment conserver les
échantillons sans les altérer.
Fiche 1 : Problématique du stockage des grains (M1)
Contexte
Forte dépendance alimentaire au Sénégal (460 Mds FCFA
d’importation en 2018).
Inflation élevée des denrées alimentaires (17,3 % en 2022).
58 % du revenu des ménages consacré à l’alimentation.
Pertes post-récolte
Estimées entre 10 % et 23 % de la production.
Causes :
o Techniques : séchage, stockage, ravageurs.
o Gouvernance : politiques commerciales, méventes.
Conséquences
En 2014-2015, pertes = 26 Mds FCFA.
Potentiel de nourrir 550 000 personnes si pertes évitées.
Enjeux
Ne pas seulement produire, mais stocker, conserver et transformer.
Problèmes de stockage : chaleur, humidité, mauvaise gestion
chimique.
Développement nécessaire de méthodes alternatives (ex. : lutte
biologique).
Fiche 2 : Stockage et conservation des grains (M2)
Facteurs physiques à maîtriser
Le grain respire (production de chaleur, humidité, CO₂).
Risques : accélération de la respiration, dégradation du grain.
Humidité
Types : eau liée (chimique) et eau libre (superficielle).
Humidité relative (HR) idéale < 70 % :
o 70 % : moisissures, bactéries, insectes.
o <70 % : insectes seuls se développent lentement.
Mouvement de l’eau et température
Variations de température = condensation = dégradation.
Activité des insectes/champignons peut porter la température à 42–
63 °C.
Bonnes pratiques
Entrepôts propres, désinfectés.
Stockage sur fardage, sacs non troués, ventilation.
Éviter les contacts avec les murs/plancher.
Capacité de stockage
Calculée selon : volume (L × l × H) et densité des denrées.
Fiche 3 : Contrôle des stocks (M3)
Inspection
But : détecter la contamination (insectes vivants/morts).
Méthodes :
o Directes : agitation, pièges, tamisage, microscopie.
o Indirectes : température, CO₂, rayons X, flottaison, mise en
culture.
Échantillonnage
Objectif : prélever un échantillon représentatif du lot.
Types :
o Échantillon global : mélange de prélèvements.
o Échantillon labo : réduit pour analyse.
Précautions : éviter températures extrêmes, fumiger si infestation.
Types d’échantillonnage
Sélectif : pour confirmer une anomalie.
Objectif : aléatoire, pour suivi de qualité.
Méthodes pratiques
Pour ≤10 sacs : tous sont prélevés.
Pour 11-100 : 10 sacs aléatoires.
Pour >100 : racine carrée du total.
Utilisation de sondes effilées pour les sacs.
Emballage & étiquetage
Matériaux neutres (verre, fer blanc, coton).
Étiquettes scellées avec infos : origine, date, destination, lot, etc.
Chapitre 4
Contexte général
La lutte contre les ravageurs est surtout menée au champ, mais la
protection post-récolte est souvent négligée.
Or, 15 espèces d’insectes au moins attaquent les stocks (céréales et
légumineuses), avec des pertes supérieures à 30 % en zones
tropicales.
Certains insectes transportent des champignons toxiques, comme
Aspergillus flavus, responsable d’aflatoxines dangereuses pour la
santé.
2. Typologie des ravageurs
Deux groupes d’insectes :
Champ + stock : Ex. Caryedon serratus (arachide), Callosobruchus
maculatus (niébé)
Stock uniquement : Ex. Tribolium castaneum, Corcyra cephalonica
3. Principaux ravageurs étudiés
A. Coléoptères
1. Caryedon serratus (bruche de l’arachide)
Se développe à 30°C / 70 % HR.
Peut pondre jusqu’à 650 œufs si nourrie.
Résiste en l’absence d’hôtes (ovocytes conservés 3 mois).
Ne se développe pas sous 19°C.
2. Callosobruchus maculatus (bruche du niébé)
Responsable de :
o Perte de poids des graines (5 à 24 %)
o Baisse de germination et qualité nutritionnelle
Très nuisible : pertes économiques majeures (ex. 1,6 million $/an au
Nigeria)
3. Tribolium castaneum (charançon rouge de la farine)
Polyphage, aime la farine complète.
Vit jusqu’à 2 ans, pond jusqu’à 1459 œufs à 35°C.
Libère une odeur répulsive dans les denrées.
4. Sitophilus zeamais (charançon du maïs)
Creuse dans le grain pour y pondre un œuf.
Cycle de 36 à 40 jours, invisible de l’extérieur (grains paraissent
sains).
Femelle pond jusqu’à 300 œufs.
5. Prostephanus truncatus (grand capucin du maïs)
Ravageur très destructeur (perte > 30 % en 3–6 mois).
Attaque grains sur épis, avant et après récolte.
Signalé au Sénégal depuis 2008.
Réduction des populations possible avec Teretrius nigrescens
(prédateur naturel).
B. Lépidoptères (papillons de stockage)
1. Sitotroga cerealella (alucite des céréales)
Infeste souvent les semences de mil.
Présence plus importante près des habitations.
2. Ephestia cautella (teigne des farines)
Femelle pond jusqu’à 400 œufs.
Larves tissent des fils de soie qui souillent les grains.
3. Corcyra cephalonica
Attaque surtout le riz et le maïs en entrepôts.
Larves produisent soie et déjections, piégeant les grains.
Cycle court (vie de 1–2 semaines), mais nuisances importantes.
4. Facteurs aggravants
Température et humidité favorables = accélération du cycle des
insectes.
Brisures et finesse des grains augmentent la vulnérabilité à
l’infestation.
Certains insectes sont aussi des vecteurs de moisissures et toxines.
5. Conclusion
La conservation des grains en Afrique doit prendre en compte la
diversité biologique des ravageurs.
Il est crucial de connaître les espèces locales, leurs conditions de
développement, et leurs dommages spécifiques pour adopter des
stratégies de stockage adaptées.
Ce cours met en lumière la nécessité de solutions intégrées, incluant
pratiques culturales, variétés résistantes et contrôle des conditions de
stockage.
Fiche de révision
1. Contexte général
La lutte post-récolte est négligée malgré son importance.
> 30 % de pertes dues aux insectes en climat tropical.
Risque sanitaire : développement de champignons toxiques (ex.
Aspergillus flavus → aflatoxines).
Les insectes peuvent transporter les spores fongiques (ex. Cathartus
quadricollis).
2. Catégories de ravageurs
Champ + stock : ex. Caryedon serratus (arachide), Callosobruchus
maculatus (niébé)
Spécifiques aux stocks : ex. Tribolium castaneum, Corcyra
cephalonica
Hôte
Espèce Dommages clés
principal
Développement à 30°C / 70 % HR.
Caryedon serratus Arachide
Jusqu’à 650 œufs/femelle nourrie.
Callosobruchus Perte de poids (5–24 %), baisse de
Niébé
maculatus germination et de valeur nutritionnelle.
Tribolium Farine, Odeur répulsive, très prolifique (1459
castaneum céréales œufs). Polyphage.
Infestation interne des grains. 1
Sitophilus zeamais Maïs
larve/grain. Jusqu’à 300 œufs.
Hôte
Espèce Dommages clés
principal
Perte > 30 %, attaque sur épi. Cycle très
Prostephanus Maïs,
rapide (26 jours). Prédateur naturel :
truncatus manioc
Teretrius nigrescens.
Espèce Particularité Dommages
Sitotroga Semences de Infestation souvent initiée au champ,
cerealella mil surtout près des habitations.
Teigne des Soie + déjections → souillure des grains.
Ephestia cautella
farines 300–400 œufs/femelle.
Corcyra Attaque centralisée. Grains piégés dans la
Riz, maïs
cephalonica soie. Vie très courte.
4. Facteurs favorisant l’infestation
Température élevée (>27°C)
Humidité relative élevée (>60 %)
Brisures de grains → entrée facilitée des insectes
Proximité des villages → plus d’infestations
5. Conséquences
Pertes économiques (ex. 1,6 million $/an au Nigéria à cause de C.
maculatus)
Altération de la qualité (nutritionnelle, organoleptique)
Baisse de la germination
Présence de toxines et moisissures
6. Conclusion
Nécessité de mieux protéger les stocks après la récolte.
Adapter les techniques de conservation aux espèces locales.
Importance d’une approche intégrée : hygiène, sélection variétale,
conditions physiques de stockage.
Chapitre 5 :
Objectif du cours
Fournir un panorama complet des méthodes de lutte contre les insectes qui
dégradent la qualité des grains stockés.
2. Méthodes de lutte contre les insectes
A. Lutte chimique
1. Fumigants
Définition : Substances chimiques gazeuses capables de pénétrer
dans les denrées.
Exemples principaux :
o Bromure de méthyle :
Très efficace mais toxique pour l’homme.
Peu de résidus, mais impact sur la couche d’ozone.
o Hydrogène phosphoré (PH₃) :
Agit à faible dose, très utilisé.
Moins toxique sur la germination, mais des cas de
résistance apparaissent.
Avantages : Pénètrent en profondeur, agissent sur tous les stades de
l’insecte.
Limites : Toxicité, pas de rémanence, apparition de résistances.
2. Insecticides de contact
Types selon leur persistance :
o Action de choc (ex. : dichlorvos) : rapide mais épargne les
formes cachées.
o Moyenne durée : combinaisons de dichlorvos avec malathion,
etc.
o Longue durée : ex. : pyrimiphos-méthyl, deltaméthrine.
Influence des conditions de stockage : température, humidité, nature
de la denrée.
Limites : Coût élevé, efficacité variable, résistance possible.
B. Lutte physique
Irradiation : Stérilise ou tue les insectes sans résidus, mais coûteuse.
Atmosphère contrôlée : Privation d’oxygène avec CO₂ ou azote,
difficile à appliquer en zone rurale.
Stockage hermétique : Barils ou bidons fermés avec comprimés de
fumigants.
Insolation : Exposition au soleil pour tuer les insectes (ex. : arachide
>33°C).
Enfumage : Épis suspendus au-dessus du feu.
Poudres minérales (cendres, sables, terres à diatomées) :
o Absorbent les lipides des insectes, provoquant leur
dessèchement.
C. Lutte biologique
Utilisation d’auxiliaires naturels :
o Parasitoïdes (ex. : Dinarmus basalis pour le niébé).
o Microorganismes (ex. : Bacillus thuringiensis, Metarhizium
anisopliae).
Limites : Efficacité variable selon l’environnement, techniques
parfois complexes.
D. Lutte par la résistance variétale
Sélection de variétés de plantes résistantes :
o Exemples : maïs, niébé.
o Facteurs de résistance : dureté des graines, composition
chimique, origine géographique.
E. Méthodes traditionnelles
Basées sur les connaissances locales :
o Préventives : culture associée, récolte précoce, triage.
o Curatives : enfumage, séchage au soleil, poudres végétales.
3. Législation en Afrique de l’Ouest
Gérée par le CILSS et le Comité Sahélien des Pesticides (CSP).
Liste restreinte de produits autorisés pour garantir la sécurité
alimentaire.
4. Conclusion
Les méthodes chimiques restent efficaces mais posent des problèmes
économiques, sanitaires et environnementaux.
Les méthodes alternatives (physiques, biologiques, traditionnelles)
sont prometteuses surtout en milieu rural.
L’avenir réside dans une intégration raisonnée de toutes ces
méthodes.
2. MÉTHODES DE LUTTE
A. Lutte chimique
1. Fumigants (action immédiate)
Exemples : Bromure de méthyle (CH₃Br), Phosphine (PH₃)
Avantages :
o Pénètrent en profondeur
o Agissent sur tous les stades de l’insecte
Inconvénients :
o Toxicité pour l’homme
o Aucune rémanence
o Résistance croissante des insectes
2. Insecticides de contact (action prolongée)
Types :
o Action de choc : Dichlorvos, pyréthrines
o Moyenne durée : Dichlorvos + Malathion
o Longue durée : Pyrimiphos-méthyl, Deltaméthrine
Facteurs influents : Température, humidité, nature de la denrée
Inconvénients : Résistances, toxicité, coût élevé
B. Lutte physique
Irradiation : Tue/stérilise sans résidus, coûteux
Atmosphère contrôlée : Privation d’O₂ (CO₂/N₂), peu adaptée aux
zones rurales
Stockage hermétique : Fûts/bidons fermés avec comprimés (ex :
phostoxin)
Insolation : Exposition au soleil >33°C tue les insectes
Enfumage : Suspension des épis au-dessus du feu
Poudres minérales : Cendres, sable, terres à diatomées (action
abrasive + dessèchement)
C. Lutte biologique
Agents utilisés :
o Parasitoïdes : Dinarmus basalis, Eupelmus vuilleti
o Microorganismes : Bacillus thuringiensis, Metarhizium
anisopliae
Inconvénients :
o Sensibilité aux conditions climatiques (humidité, UV)
o Application complexe en milieu rural
D. Résistance variétale
Principe : Sélection de variétés de plantes résistantes aux insectes
Facteurs de résistance :
o Dureté, rugosité, composition chimique des graines
o Origine géographique (centres d’origine = plus grande
diversité génétique)
E. Méthodes traditionnelles
Préventives : Récolte précoce, triage, culture associée
Curatives : Séchage au soleil, enfumage, utilisation de plantes ou
poudres locales
3. Législation
Gérée par le CILSS via le Comité Sahélien des Pesticides (CSP)
Liste restreinte de produits autorisés révisée tous les 2 ans
4. Conclusion
La lutte chimique est efficace mais coûteuse, risquée et non durable
Les méthodes alternatives (physiques, biologiques, variétales,
traditionnelles) sont complémentaires et mieux adaptées au contexte
rural
L’approche intégrée est la plus prometteuse
Chapitre 6 :
1. Contexte historique
Depuis l’Antiquité, l’Homme a utilisé des plantes pour lutter contre les
ravageurs. Des textes anciens, comme le Rigveda, mentionnent déjà des
plantes toxiques. Les civilisations romaine, chinoise et européenne
connaissaient les propriétés insecticides de plantes comme Veratrum alba,
Derris, Chrysanthemum cinerariaefolium ou encore Nicotiana tabacum
(tabac).
2. Redécouverte et recherche moderne
Aujourd’hui, des milliers de plantes ont été testées scientifiquement pour
leurs effets insecticides. Autrefois utilisées de façon empirique, ces plantes
font désormais l’objet d’études précises sur leurs molécules actives et leurs
mécanismes d’action.
3. Les substances naturelles insecticides des plantes
Les plantes produisent naturellement des métabolites secondaires
(alcaloïdes, terpènes, phénols…) ayant des effets :
Répulsifs : elles éloignent les insectes
Anti-appétants : elles réduisent la consommation
Biocides : elles tuent les insectes
4. Cibles biologiques des toxines végétales
Système nerveux :
o Alcaloïdes (ex. nicotine) : agissent sur les récepteurs de
l’acétylcholine, provoquant la paralysie.
o Pyréthrinoïdes (ex. pyréthrine) : perturbent les canaux sodium,
entraînant des décharges nerveuses incontrôlées et la mort
rapide des insectes.
Système hormonal :
o Hormone juvénile (ex. précosène) : provoque une
métamorphose précoce, rendant les insectes non viables.
o Ecdysone (ex. azadirachtine) : bloque le développement
larvaire, empêchant les mues.
5. Applications pratiques
Poudres de plantes : utilisées pour protéger des stocks (niébé,
céréales). Exemple : Ficus carica, Eucalyptus globulus, etc.
Extraits végétaux (ex. Neem) : riches en limonoïdes comme
l’azadirachtine, très efficaces contre les insectes.
Plantes fumigantes (ex. Boscia senegalensis) : libèrent des
substances actives par combustion ; utilisées contre des insectes
comme Callosobruchus maculatus.
6. Les huiles essentielles
Ce sont des substances aromatiques extraites par distillation.
Utilisées pour leurs propriétés antifongiques, antimicrobiennes et
insecticides.
Elles agissent par contact, inhalation ou ingestion. Par exemple,
Lavandula hybrida ou Eucalyptus globulus montrent une forte
toxicité sur les œufs d’insectes, notamment après 3 jours (meilleure
perméabilité de l’œuf).
Conclusion
Les plantes offrent un vaste réservoir de substances insecticides naturelles.
Leur étude a permis de développer des alternatives efficaces aux
insecticides de synthèse, souvent plus respectueuses de l’environnement.
Les pyréthrinoïdes de synthèse sont un bon exemple de cette valorisation
des savoirs traditionnels par la science moderne.
3. Principales substances naturelles insecticides
Produites par les plantes : métabolites secondaires
o Alcaloïdes, terpènes, phénols, tannins
Effets :
o Répulsifs
o Anti-appétants
o Biocides
4. Cibles biologiques des toxines végétales
A. Système nerveux
Molécule Plante source Mode d’action
Nicotine Nicotiana rustica Cible l’acétylcholine → paralysie
Chrysanthemum Bloque les canaux sodium →
Pyréthrine
cinerariaefolium décharges nerveuses → mort
B. Systèmes hormonaux
Molécule Plante source Effet
Ageratum Inhibe hormone juvénile →
Précosène
mexicanum métamorphose précoce → mort
Azadirachta indica Bloque l’ecdysone → arrêt
Azadirachtine
(Neem) développement larvaire
5. Applications pratiques
A. Poudres végétales
Utilisées pour conserver céréales et niébé
Exemples de plantes : Ficus carica, Eucalyptus globulus, Citrus
limon
B. Extraits de plantes
Neem : riche en limonoïdes (azadirachtine, salanine…)
C. Plantes fumigantes
Libèrent leur principe actif par inhalation
Exemple : Boscia senegalensis
o Utilisée contre la bruche du niébé
o Aussi plante médicinale, alimentaire et fourragère
6. Huiles essentielles
Définition
Produits aromatiques extraits par hydrodistillation
Solubles dans l’alcool, peu ou pas dans l’eau
Utilisations
Propriétés antimicrobiennes, antifongiques, insecticides
Action : ovicide, larvicide, toxique par inhalation
Exemples efficaces : Lavandula hybrida, Rosmarinus officinalis,
Eucalyptus globulus
Conclusion
Les plantes sont une source précieuse d’insecticides naturels. Leurs
composés, étudiés scientifiquement, permettent de développer des
alternatives écologiques aux insecticides chimiques.