Igname 3
Igname 3
) DE
MADAGASCAR : ESPÈCES ENDÉMIQUES ET
FORMES INTRODUITES ; DIVERSITÉ,
PERCEPTION, VALEUR NUTRITIONNELLE ET
SYSTÈMES DE GESTION DURABLE
Vololoniaina Harimanga Jeannoda, Julia Louisette Razanamparany, Mamy
Tiana Rajaonah, Marie-Odile Monneuse, Annette Hladik, Claude Marcel
Hladik
SUMMARY. — The yams (Dioscorea spp.) of Madagascar: wild endemic and cultivated species; diversity,
perception, nutritional value, and sustainable management. — Endemic and introduced species of Malagasy
yams (Dioscorea spp.) have been studied in the dry western area (Menabe central, near Morondava) where
diversity is high, taking into account the occurrence of new species recently described. A comparison with
a humid area of the eastern slopes of the country (around Brickaville) shows a striking difference in terms
of diversity. However, in the humid area, the cultivated yams (especially Dioscorea alata) introduced by the
first Indo-Malay settlers are abundant in shifting cultivations, together with the wild species, and the various
cultivars have been maintained thanks to a sociocultural system that implies an obligation of replanting
the head of the tuber after cropping. Such an agro-ecosystem has a global production of the same order of
magnitude as those of central Africa. Densities of the different species of yams have been measured on plots
of the study areas. The sustainable utilization of the various yam species may differ, especially in the dry
area, where regeneration occurs when pieces of broken tubers are left after harvesting, and the soil is subject
to important restructuration due to frequent digging of holes for cropping. Local knowledge and traditions
related to yams have been studied in villages of the two study areas. The yam tubers have been analysed to
determine nutritional value, and comparative tests related to taste (hedonic value) conducted in various pla-
ces, including Antananarivo, for cross-cultural and sensory comparisons. The results of this study, implying
a possible introduction of new cultivated yam species, are discussed in terms of species differentiation in
various bioclimatic areas and according to the specificity of the agro-ecosystem.
Résumé. — Nous comparons la richesse en espèces endémiques d’ignames (Dioscorea spp.) d’une
région de Madagascar au climat sec (Menabe central, près de Morondava), où les formes sauvages sont parti-
culièrement diversifiées et incluent des espèces nouvellement décrites, avec celle du versant oriental humide
(région de Brickaville). Si, dans la zone humide, on observe une moindre diversité des formes endémiques
que dans la zone sèche, en revanche l’introduction ancienne d’espèces cultivées (en particulier Dioscorea
alata, par les premiers migrants indo-malais ) et la diversité des cultivars actuels dont le système social exige
la remise en terre de la tête du tubercule après récolte, aboutit à des agro-écosystèmes ayant une production
du même ordre de grandeur que ceux d’Afrique centrale. Les densités des différentes espèces d’ignames ont
été mesurées afin de pouvoir évaluer, en fonction de leur mode d’utilisation, les possibilités de gestion dura-
ble des peuplements naturels des régions sèches et de ceux des jachères des régions humides où les formes
introduites sont maintenues en parallèle avec des peuplements d’espèces indigènes. Dans les forêts sèches,
la récolte des tubercules des espèces endémiques entraîne une restructuration du sol et une régénération des
ignames lorsque des morceaux des tubercules restent en terre ; toutefois l’impact des prélèvements dans le
milieu naturel diffère considérablement selon les espèces. Les connaissances locales et les utilisations de
1
Université d’Antananarivo, Laboratoire de Botanique de la Faculté des Sciences. BP 906, Antananarivo, 101,
Madagascar. E-mail : vhjeannoda@[Link]
2
Université d’Antananarivo, Laboratoire de Biochimie Fondamentale et Appliquée. BP 906, Antananarivo, 101,
Madagascar. E-mail : [Link]
3 UMR 5145 (Eco-Anthropologie et Ethnobiologie) CNRS et MNHN, Département Hommes, Natures et Sociétés,
4 avenue du Petit Château, F-91800 Brunoy. E-mail : hladik@[Link]
– 191 –
ces différentes formes d’ignames ont été comparées en fonction des résultats d’enquêtes participatives. Les
tubercules des différentes espèces de ces deux régions ont été analysés pour déterminer leur valeur nutri-
tionnelle. Enfin des tests de dégustation ont permis de comparer, en fonction de la sensibilité gustative, les
valeurs hédoniques attribuées à ces tubercules dans différents contextes socioculturels incluant celui de la
capitale, Antananarivo. Les possibilités d’introduction ou de mises en culture d’espèces qui, jusqu’à présent,
ne faisaient l’objet que de ramassage dans les milieux naturels ou transformés, ont été examinées en fonction
de ces résultats et des modes de gestion propres à chaque agro-écosystème.
– 192 –
Figure 1. — Les deux régions où les espèces d’ignames sont comparées, localisées par rapport aux bioclimats de
Madagascar.
L’étude menée dans la région de Morondava (Menabe central), concerne les villages d’Andranomena et de
Beroboka. C’est une zone dont l’altitude ne dépasse pas trente mètres, où la végétation, sur sol arénacé, est une mosaïque
de forêt dense sèche et de savane. À Andranomena il existe une Réserve Spéciale de 6 420 ha préservant la forêt où
les baobabs (Adansonia spp.) sont abondants. À Beroboka, l’impact des activités humaines est beaucoup plus fort et le
paysage végétal est surtout dominé par des lambeaux forestiers et des jachères succédant à l’abandon des cultures sur
brûlis. Ces jachères se présentent, selon leur âge, sous la forme de savanes herbeuses (monka) ou arbustives/arborées
(monka ala). On trouve également dans cette région des terres alluviales (baiboho) utilisées pour la riziculture. Dans
les deux localités, le paysage est marqué par la présence, au sein de la forêt, de plans d’eau plus ou moins temporaires
(ranovory) dont la présence contribue à augmenter l’humidité du sol. Les Sakalava qui représentent la principale ethnie
de cette région y pratiquent les cultures sur brûlis (hatsaka) incluant le maïs et l’arachide et élèvent des zébus. La base
de leur alimentation est le riz auquel s’ajoutent le manioc, la patate douce et le taro. Les ignames sauvages constituent
un appoint saisonnier pouvant, dans certains cas, se substituer au riz.
Dans la région de Brickaville, l’étude a été réalisée dans plusieurs villages (Razanaka, Fanasana, Andevoranto,
Anivorano, Lohariandava) où la forêt a disparu pour faire place à des jachères (savoka) d’âges divers qui succèdent
à l’abandon des champs de culture sur brûlis. Cette région est caractérisée par la présence de collines ne dépassent
pas 200 mètres d’altitude, aux pentes plus ou moins fortes. La population de la région de Brickaville est en majorité
composée par les Betsimisaraka qui pratiquent la culture sur brûlis (tavy). Le riz pluvial est la première plante cultivée
sur les défrichements et il fait place, après un ou deux ans, à la culture du manioc. Les champs sont ensuite abandonnés
pendant quelques d’années et évoluent en jachères, soit en savoka herbacées à Aframomum angustifolium, ou arbustives
à Ravenala madagascariensis ou encore arborées plus âgées incluant des espèces forestières.
Dans chacune de ces régions, nous avons combiné les enquêtes ethnobotaniques participatives avec les prospections
sur le terrain. Pour déterminer la densité et la répartition des espèces d’ignames, des relevés ont été effectués dans
différents types de formation végétale sur 11 parcelles de 400 m2 (totalisant 0,44 ha) dans la région de Morondava et
sur 5 parcelles de 500 ou 1 000 m2 (totalisant 0,35 ha) dans la région de Brickaville. Le dénombrement des tiges de ces
plantes à tubercules, géophytes dont la tige repousse chaque année, permet d’obtenir une estimation de la population
(plantules comprises). Les tubercules de ces ignames récoltées (formes sauvages ou cultivées, selon les cas) ont été
analysés au Département de Biochimie Fondamentale et Appliquée de la Faculté des Sciences d’Antananarivo, afin d’en
déterminer, notamment, les teneurs en protéines et en amidon.
Par ailleurs, des tests d’évaluation du goût de ces tubercules d’ignames ont été effectués auprès de différentes
fractions de la population malgache (associations de femmes, lycéens, collégiens ou élèves du primaire), dans les
zones d’étude ainsi qu’à Antananarivo, la capitale où la plupart de ces ignames sont inconnues, afin de préciser les
perceptions dans le cadre d’une étude plus globale de la perception gustative (Hladik et al., 2004). L’évaluation de la
valeur hédonique des échantillons goûtés s’effectue sur une échelle analogique graduée dont 6 points sont clairement
mis en évidence, allant du goût « le plus mauvais » (tsy laitra ho hanina) au « meilleur de tout » (tena ankafizina), en
passant par une valeur centrale neutre ou indifférente (tsy hita izay ilazàna azy).
Enfin la place qu’occupent les ignames dans la vie de la population a été précisée par un indice d’utilisation,
défini comme le pourcentage des personnes connaissant ou utilisant une espèce donnée par rapport au nombre total de
personnes enquêtées. Les divers modes de gestion de la ressource que représentent les ignames aussi bien sauvages que
cultivées ont été observés et notés au cours de ces enquêtes. Leur impact sera discuté en fonction de la dynamique et de
la biodiversité des milieux.
– 193 –
RÉSULTATS
Répartition et densités
Les principales caractéristiques des sites des relevés et les densités des ignames autour
d’Andranomena et de Beroboka sont présentées dans le tableau I. La localisation des parcelles
a été choisie en fonction de la présence d’ignames. L’espèce D. maciba est la plus commune,
présente dans 8 des 11 relevés. Elle se développe surtout en lisière forestière et dans les milieux
perturbés ouverts ayant subi l’action du feu. Les densités les plus fortes se rencontrent particu-
lièrement dans les jachères boisées (monka ala). D. maciba (ovy) est donc une plante héliophile
dont la tige lianescente (comme celle de toutes les ignames) nécessite la présence de support
pour bien se développer, ce qui explique sa présence en lisière ou dans les jachères boisées et
son absence dans les jachères herbacées.
La densité de D. bako qui est l’espèce la plus prisée par la population est faible dans les
deux seuls relevés où l’espèce a été rencontrée (zone marécageuse ouverte et forêt située près
d’un point d’eau). La répartition observée laisse supposer que le développement de D. bako
est favorisé par l’humidité du sol. L’absence de cette espèce des autres relevés pourrait aussi
s’expliquer par la surexploitation dont elle est l’objet.
– 194 –
TABLEAU I
Nombre d’ignames répertoriées sur des parcelles de 400 m2 de la région de Morondava
– 195 –
Dioscorea maciba 41 97 6 0 0 16 59 213 1 173 649 0
D. bako [Link]. Wilkin 0 5 0 0 0 0 0 0 0 0 150
D. cf. soso (sosan’ala) 0 37 0 0 0 0 1 0 0 0 0
D. cf. soso (babo gasy) 0 0 0 42 0 0 1 0 0 0 0
D. cf. soso (babo menamionga) 0 0 10 0 0 0 0 0 0 0 0
D. ovinala 103 31 0 8 0 0 22 0 0 0 0
D. antaly 0 0 0 0 0 0 0 0 0 25 0
D. sansibarensis 0 0 0 0 0 0 1 0 0 0 62
D. fandra 0 0 0 0 37 0 0 0 0 0 0
D. bemarivensis 0 0 0 1 4 28 0 0 0 0 0
Comme D. ovinala, les diverses formes de D. soso se rencontrent surtout dans les milieux
forestiers peu dégradés de la Réserve Spéciale d’Andranomena qui n’ont pas été brûlés et
non dans les jachères. À Beroboka où la densité de population est plus élevée, elles occupent
également le même type de biotope avec des densités très faibles dans une forêt beaucoup plus
dégradée. D. fandra et D. bemarivensis qui ne sont pas connues de la population à Beroboka
n’ont été trouvées qu’à Andranomena dans les cultures sur brûlis. Enfin la présence de D. san-
sibarensis dans un site de Beroboka marécageux et à sol argileux, confirme qu’il s’agit d’une
espèce affectionnant les alluvions des bords de cours d’eau, comme l’avaient observé Burkill
& Perrier de la Bâthie (1950) à Madagascar ainsi que Wilkin (2001) en Afrique.
– 196 –
Figure 2. — Utilisation d’une igname endémique de collecte, Dioscorea maciba, dont les tubercules cuits sont vendus
sur le bord de la route dans la région de Morondava (A) et aspect des lieux de récolte, avec de nombreuses excavations
du sol (B) dans une forêt sèche de l’ouest de Madagascar (photos Victor Jeannoda).
– 197 –
TABLEAU II
Composition des espèces du genre Dioscorea de la région de Morondava, incluant les espèces endémiques et une
forme introduite de D. alata
Teneur en (dont
Lipides Protéines Amidon Fibres
eau (%) amylose)
En g / 100 g de matière sèche pour les ignames consommées cuites
D. maciba 76,6 0,6 2,5 75,5 (13,8) 13,7
D. bako 88,1 0,9 5,5 67,4 (10,1) 12,7
D. ovinala 87,9 0,5 5,8 67,9 (15,7) 9,2
D. bemarivensis 62,9 0,7 1,1 82,4 (26,2) 7,2
D. antaly 0,6 7,4 78,0 (12,1) 12,1
D. sansibarensis 0,4 3,7 81,2 (26,3) 10,4
D. alata (ovytoko) 74,7 0,9 5,2 59,2 (19,3) 10,7
En g / l de jus extrait du tubercule des ignames consommées crues
D. fandra 95,9 3,7
D. cf. soso (babo) 98,0 2,0
D. cf. soso (sosan’ala) 92,7 6,5
D. cf. soso (sosan drano) 92,8 6,2
La teneur en protéines peut dépasser 7 % du poids sec, dans le cas de D. antaly qui néces-
site une procédure de détoxication pour devenir consommable. Alors que l’igname la plus com-
mune, D. maciba, ne renferme que 2,5 % de protéines, celle qui est la plus recherchée, mais
qui est devenue rare, D. bako, présente une teneur plus élevée (5,5 %). Les apports caloriques
correspondants sont de 360 à 400 Kcal pour 100 g de matière sèche.
Pour les ignames qui se consomment crues et qui sont caractérisées par un tubercule à
très forte teneur en eau (de 93 % à 98 %), les analyses ont porté sur les jus extraits dont on a
comparé les teneurs en poids sec de protéines. L’apport énergétique est évidemment très faible
pour ces tubercules consommés essentiellement pour étancher la soif.
Par ailleurs l’analyse des micronutriments a mis en évidence l’importante teneur en cal-
cium de D. ovinala (0,49 % du poids sec) et de D. bemarivensis (0,33 %) ainsi que celle d’une
des formes de D. soso (0,25 %) qui dépassent nettement les faibles teneurs généralement
observées.
Goût et préférences
La valeur hédonique des tubercules des ignames a été évaluée par des tests effectués dans
différents contextes, d’une part dans le village de Beroboka, d’autre part dans des établisse-
ments scolaires de la ville de Morondava. Un total de 119 personnes (78 hommes et 41 fem-
mes) a participé à ces tests consistant à goûter des morceaux des différentes ignames cuites à
l’eau non salée (façon traditionnelle de cuire ces aliments) ou crues pour les espèces à forte
teneur en eau, qui se consomment ainsi. Les seuils de perception gustative ont été mesurés au
cours de ces séances de tests, afin de déterminer si les préférences individuelles pour certaines
ignames sont fonction de l’acuité gustative (Hladik et al., 2004).
L’ensemble des résultats obtenus dans la région de Morondava, ainsi que ceux que nous
avons obtenus, avec les mêmes espèces d’ignames dans la capitale Antananarivo, sont regrou-
pés sur la Figure 3. En effet, dans la mesure du possible, les différentes espèces d’ignames
ont été transportées d’un lieu à l’autre afin de pouvoir effectuer des comparaisons, l’un des
objectifs de cette recherche étant d’évaluer les possibilités d’utilisation des espèces dans les
– 198 –
Figure 3. — Comparaison des goûts des différentes espèces d’ignames selon les valeurs hédoniques attribuées par n
personnes ayant participé aux tests de dégustation (moyenne et écart à la moyenne). Les tubercules cuits de Dioscorea
maciba, D. bako et D. seriflora ont été testés dans la région de Morondava (dans le village de Beroboka et dans la
ville de Morondava), ainsi que ceux de D. maciba et D. seriflora à Antananarivo. Les tubercules de D. soso et de D.
fandra ont été testés dans ces mêmes lieux à l’état cru, tels qu’ils sont habituellement consommés. À Brickaville, les
tubercules cuits de D. seriflora et de D. esculenta ont été comparés à ceux de deux cultivars de D. alata (variétés ovibe
et ovy lalaina).
régions où elles ne sont pas connues. Une igname de la zone humide, D. seriflora, avait, dans
cette optique, été transportée jusqu’à Morondava.
La plus haute note hédonique a été attribuée à D. maciba, la plus commune et la plus
consommée des ignames, par tous les participants au test du village de Beroboka. Les valeurs
hédoniques attribuée aux autres espèces d’ignames sont significativement plus élevées
(p < 0,001) dans ce village que dans les villes, aussi bien à Morondava qu’à Antananarivo où
les notes d’appréciation sont plus faibles pour toutes ces ignames qui n’apparaissent jamais sur
les marchés. Les ignames aqueuses consommées crues (D. fandra et D. soso), un peu sucrées
et à goût de pastèque, ne sont appréciées que dans les villages où elles sont connues. Elles sont
d’ailleurs d’autant plus appréciées que les sujets perçoivent mieux les solutions sucrées.
On remarque l’excellent score d’appréciation du tubercule cuit de D. bako, même à Moron-
dava, bien qu’il ne soit généralement pas connu dans cette ville. Cette espèce est fort appréciée
des connaisseurs, mais il semblerait qu’elle soit menacée à cause d’une surexploitation, alors
même qu’il s’agit d’une espèce nouvellement décrite (Wilkin et al., sous presse).
– 199 –
Les autres espèces rencontrées à Brickaville sont :
• D. sansibarensis Pax (rangitrika), espèce commune à Madagascar et à l’Afrique et que
nous avons également trouvée à Morondava.
• D. bulbifera L. est une espèce commune à l’Afrique et à l’Asie qui semble avoir été culti-
vée à Madagascar où elle est subspontanée. Alors que son tubercule est très petit, elle produit
de nombreuses bulbilles, dont la morphologie permet de distinguer deux variétés, celle dont
les bulbilles sont anguleuses et de couleur grise (hofika gasy) et celle dont les bulbilles sont de
forme arrondie (hofika mamy ou hofim-bazaha).
• D. alata L. (ovy) est une espèce à tige ailée, introduite par les premiers migrants indo-
malais ayant colonisé Madagascar, dont nous avons observé de nombreuses formes (cultivars)
dans la région de Brickaville. Le nom vernaculaire ovy est resté proche d’un nom indo-malais
ubi (ou uwi) désignant cette igname cultivée (Haudricourt, 1953) et les cultivars sont actuelle-
ment désignés par des composés de ovy suivis de déterminants relatifs à des caractéristiques du
tubercule : ovibe est caractérisé par la présence d’un gros tubercule (be signifie gros) allongé
à peau brune épaisse, chair généralement jaunâtre, pouvant peser plus de 10 kg ; ovy masoan-
drovolo possède un tubercule blanc, allongé, à peau fine et dont les radicelles sont disposés
autour du tubercule à la manière des rayons du soleil (son nom signifie « cheveux du soleil ») ;
ovy lalaina présente des tubercules au nombre de 3 à 4 par pied, caractérisés par leur peau et
leur chair de couleur violette ; ovy lohamboay (tête de crocodile) et ovy bonganomby (testicule
de zébu), cultivars qui n’ont pu être trouvés que sous la forme de un ou deux pieds cultivés dans
la cour de quelques maisons.
• D. esculenta (Lour.) Burkill (mavondro), à tige épineuse, est également une espèce
introduite d’Asie. Elle produit de nombreux tubercules à goût légèrement sucré.
• Une dernière espèce, ovihazo (« igname-bois »), présente dans la région de Brickaville
pose encore un problème au point de vue de l’identification. Il s’agit d’une forme, introduite
d’Afrique, qui était encore inconnue du temps de Flacourt (1661) et mentionnée au début du
XIXème siècle par Chapelier (Poisson, 1941) et répertoriée comme D. minutiflora Engl. dans
la flore de Burkill & Perrier de la Bâthie (1950). Son tubercule à plateau ligneux, développant
des digitations terminées par un tubercule comestible (Fig. 4B), est analogue à celui des formes
africaines cultivées proches de D. cayenensis Lam. (Wilkin et al., sous presse).
Bien qu’il n’ait été observé qu’une seule espèce d’igname sauvage dans les relevés effec-
tués autour de Brickaville, nous devons souligner que la plupart des formes de D. alata, intro-
duites par l’homme, pourraient faire partie des espèces spontanées car elles produisent des
bulbilles qui nécessairement participent à la multiplication végétative de ces formes, comme
dans le cas de D. sansibarensis, et plus encore pour D. bulbifera.
Répartition et densités
Dans la région de Brickaville, les relevés ont été effectués dans des jachères d’âges variés
(Tableau III). Dans ces milieux plus ou moins ouverts selon le degré de re-colonisation après
brûlis, les espèces herbacées comme Aframomum angustifolium ou Pteridium aquilinum se
développent d’abord, puis laissent ensuite la place à des buissons ou à des arbres comme Lan-
tana camara ou Albizia lebbeck, parmi lesquels Ravenala madagascariensis (forme ‘horono-
rona’) peut devenir prédominant. Enfin, dans certaines anciennes jachères, les espèces fores-
tières se développent.
Dans ces milieux anthropisés les populations pratiquent la végéculture des ignames —la
tête de l’igname étant replacée dans le sol après récolte du tubercule — qui sont ainsi mélan-
gées à d’autres plantes utiles (arbres fruitiers, autres cultures vivrières), les espèces arbores-
centes leur servant de tuteur.
La seule igname endémique trouvée dans ces jachères, D. arcuatinervis, peut présen-
ter localement une densité élevée, correspondant à 680 tiges à l’hectare sur l’un des relevés
(Tableau III) ; mais D. bulbifera, espèce la plus commune et qui se multiplie végétativement
par bulbilles, peut atteindre localement 4 820 tiges à l’hectare.
– 200 –
Figure 4. — Exemples d’ignames de la région de Brickaville : une espèce endémique de forêt dense humide, Dioscorea
seriflora (A), dont le tubercule, fort apprécié, est devenu rare autour des villages; une espèce introduite, D. cayenensis
(B), peu utilisée actuellement; et le cultivar le plus courant de D. alata, ovibe (C), vendu sur le bord de la route
(photos A. et C. M. Hladik).
La densité d’une igname entretenue par l’homme (D. alata, ovibe) est plus remarquable
car elle est présente sur toutes les parcelles analysées et atteint localement 1 720 pieds à l’hec-
tare, ce qui correspond à un rendement annuel de 5 à 6 tonnes de tubercules. Les autres variétés
de D. alata sont beaucoup plus dispersées, de même que D. cayenensis (ovihazo). Enfin certai-
nes ignames ont été observées exclusivement auprès des habitations : c’est le cas notamment
des cultivars de D. alata boganomby et lohamboay ainsi que de l’espèce D. esculenta.
– 201 –
TABLEAU III
Nombre de tiges d’ignames (Dioscorea), autour des villages de la région de Brickaville, respectivement sur les
communes d’Ambavatonelina et de Manampafana (relevés sur 1 000 m2), et de Ambodiravinala, d’Ambalatenona et
de Marosoanjo (relevés sur 500 m2)
– 202 –
TABLEAU IV
Composition des espèces du genre Dioscorea de la région de Brickaville, incluant deux espèces indigènes et des
formes introduites D. alata et D. cayenensis
Teneur en
Lipides Protéines Amidon (dont amylose) Fibres
eau (%)
En g / 100 g de matière sèche des ignames consommées cuites
D. seriflora (oviala) 67,7 0,3 6,7 61,2 (26,8) 10,0
D. cayenensis (ovihazo) 81,1 0,6 6,5 66,4 (15,2) 6,4
D. alata (ovibe) 73,6 0,6 6,3 61,3 (38,2) 3,5
-- (ovy masoandrovolo) 78,8 0,8 3,6 42,5 (9,5) 37,0
-- (ovy soroka) 81,0 0,7 6,2 52,0 (13,8) 15,0
DISCUSSION
– 203 –
La radiation évolutive du genre Dioscorea s’est opérée séparément, depuis la fin de l’ère
Secondaire, sur le continent africain et à Madagascar. Les possibilités de multiplication des
espèces étant d’autant plus élevées que les blocs continentaux ou insulaires présentent une
grande surface, la biodiversité globale d’une île-continent comme Madagascar peut s’expli-
quer par ces considérations biogéographiques (Leigh et al., 2007). Cependant la biodiversité
dans les différentes aires bioclimatiques semble correspondre à la particularité de l’histoire
des paléo-environnements (Wells, 2003). En effet, après sa séparation du Gondwana, Mada-
gascar aurait d’abord subi un climat aride et les formes végétales actuelles de l’extrême sud
(comprenant 90 % d’endémiques, Phillipson, 1996) dériveraient de ces formes adaptées à la
sécheresse. Parmi ces formes adaptées au climat aride, parfois gorgées d’eau et souvent d’al-
lure spectaculaire comme le type « arbre-bouteille », on trouve une grande variété de plantes
à tubercules représentées dans plusieurs familles, Dioscoreaceae mais également Convolvula-
ceae, Cucurbitaceae et même Leguminosae (Koechlin et al., 1974). Les espèces d’ignames du
Menabe central D. fandra et celles du groupe D. soso dont le tubercule est gorgé d’eau à plus de
95 % se situent parmi ces espèces qui n’ont d’équivalent morphologique que dans les régions
les plus arides du sud de l’Afrique. Cette pression de sélection d’origine bioclimatique est-elle
suffisante pour expliquer le grand nombre d’espèces d’ignames dans les milieux secs ?
Il apparaît en fait que les différences entre la végétation de la partie sèche occidentale
et celle de la région humide orientale — mises en évidence par les données que nous présen-
tons — dépendent autant des espèces du genre Dioscorea initialement présentes que des systè-
mes de gestion et d’utilisation propres à chacune de ces régions. Dans les deux cas, l’action de
l’homme a un impact considérable sur la structure de l’environnement.
SYSTÈMES DE GESTION ET PEUPLEMENTS D’IGNAMES
Sur le versant oriental humide, l’agroécosystème est une forme de « végéculture » qui
diffère considérablement des systèmes de monocultures d’ignames qu’on peut voir en Afrique
de l’Ouest. Les ignames cultivées et sauvages se trouvent dans des jachères à différents stades
de régénération, incluant des arbres fruitiers, des herbacées et des arbustes, avec des noyaux
de régénération forestière pouvant s’établir autour des ravenalas (Razafy et al., 1997; Blanc
et al., 1999). Les différents cultivars de D. alata y sont entretenus par la tradition locale betsi-
misaraka imposant au récolteur d’un tubercule d’igname (sous peine de sanctions applicables
par la communauté) de remettre en terre la tête de cette igname afin de régénérer une nouvelle
plante (Jeannoda et al., 2003). C’est un système qui s’apparente beaucoup à la « paraculture »
de certaines ignames de forêt en Afrique centrale, qui permet d’entretenir les peuplements
denses et « naturels » en apparence (Dounias, 1996, 2001). La présence des jachères enrichies
en ignames sur les pentes du versant oriental de Madagascar résultent de cette gestion, bien
qu’elle porte essentiellement sur une espèce introduite par les premiers migrants venus s’ins-
taller à Madagascar.
Cependant la comparaison de la zone forestière humide de Madagascar avec les forêts
d’Afrique centrale où les densités des ignames ont été évaluées (Hladik et al., 1984 ; Hladik
& Dounias, 1996) montre à la fois des similitudes et des différences. Globalement les densités
sont du même ordre de grandeur et, si l’homme intervient pour la régénération de certaines
espèces, la dissémination des graines par le vent joue un rôle essentiel. De plus, en Afrique,
la succession de plusieurs espèces d’ignames au cours du processus d’afforestation permet
d’occuper, dans les lisières forestières, un sol ferralitique induré, cassé par la croissance des
tubercules d’ignames adaptées aux lisières, puis colonisé par des ignames forestières (Dounias
et al., 2003). Cette action spectaculaire de plusieurs espèces d’ignames n’a pas été observée
à Madagascar où le nombre et la diversité locale des espèces des forêts denses humides est
bien moindre. Pour certaines espèces d’ignames, la production de bulbilles joue un rôle dans
la dissémination et les fortes densités que l’on observe. Cette forme de multiplication végé-
tative semble essentielle pour D. sansibarensis et, plus encore, pour D. bulbifera. Toutefois,
en ce qui concerne D. alata, si nous savons que des bulbilles peuvent être intentionnellement
plantées (sur les cultivars de cette espèce, les bulbilles, généralement rares, s’observent sou-
vent à Madagascar), nous n’avons pas de données sur leur rôle éventuel dans la dissémination
spontanée de cette espèce.
– 204 –
Les systèmes de gestion des ressources en ignames des milieux secs de la région côtière
occidentale de Madagascar diffèrent par de nombreux aspects. La régénération des ignames
sauvages qui sont récoltées dans les milieux boisés ou dans les jachères en cours de régéné-
ration ne semble pas dépendre de l’obligation d’en replanter la tête, bien que certains infor-
mateurs locaux nous l’aient parfois déclaré. Dans la région de Morondava et sur toute la côte
occidentale jusqu’à l’extrême sud, les ignames sauvages sont récoltées en telle abondance que
le sol peut se trouver localement marqué par une série de trous espacés de quelques mètres les
uns des autres (Fig. 2B). Nous pouvons estimer que cette pratique, poursuivie sur plusieurs
siècles, correspondrait à une sorte de labour profond affectant une grande partie du sol des
forêts sèches. Le renouvellement de la ressource semble cependant assuré, dans la mesure où
il reste toujours, sur le pourtour ou au fond de ces trous, des morceaux de tubercules, cassés au
cours de la collecte, qui régénèrent rapidement de nouvelles tiges. C’est le cas, en particulier,
pour l’espèce la plus commune, D. maciba. Toutefois une espèce à gros tubercule comme D.
bako semble actuellement en danger d’extinction (Wilkin et al., sous presse) et l’on doit donc
considérer la gestion durable de ce type de ressource comme ne s’appliquant pas à l’ensemble
des espèces d’ignames de la zone occidentale (Jeannoda et al., 2003). Dans quelle mesure
pourrait-on améliorer le système de gestion, alors que les tentatives de mise en culture de ces
espèces endémiques des milieux secs n’ont, jusqu’à présent, pas eu le succès que l’on connaît
pour les formes des milieux humides ?
Les ignames du Menabe central sont presque toutes des plantes héliophiles des lisières
forestières ou des formations ouvertes, ou encore nécessitant la formation d’un chablis en forêt
pour pouvoir se développer. La multiplication d’une espèce comme D. maciba est favorisée à
court terme par le défrichement et la pratique de la culture sur brûlis. Mais comme Ackermann
(2004) l’a fait remarquer, si la quantité des tubercules est plus importante dans les formations
ouvertes récentes du fait du grand nombre de pieds que l’on y trouve, leur qualité (la taille
des tubercules) est meilleure en forêt. Cette ressource apparaît comme importante car plus de
90 % des ménages ruraux, aussi bien dans le Menabe (Favre, 1996) que dans le nord-ouest de
Madagascar, ont recours aux tubercules de Dioscoreaceae lors de la période de soudure ; et la
consommation régulière au moment où les tubercules sont disponibles, nous semble dépasser
ce simple rôle d’aliment de soudure.
Dans les deux régions que nous avons étudiées et qui se différencient par leur bioclimat
et les systèmes de gestion, les habitudes alimentaires et les perceptions relatives aux ignames
nous sont apparues très contrastées. Alors que dans la zone forestière humide du versant orien-
tal — où l’espèce cultivée, D. alata, est vendue au bord des routes —, l’espèce endémique
beaucoup plus rare, D. seriflora, constitue un mets de choix que l’on peut consommer dans de
grandes occasions. Les ignames sauvages peuvent être considérées en d’autres lieux comme
la ressource des pauvres et, de ce fait, évitées ou négligées. En ville, sur certains marchés,
les ignames sauvages sont presque dissimulées alors que des pommes de terre, importées des
régions montagneuses et constituant un mets prestigieux, sont exposées au plus haut niveau
sur les étals.
Dans la région de Morondava — où c’est l’espèce sauvage, D. maciba, qui fait l’objet
d’un commerce au bord des routes —, le seul cultivar de D. alata, ovy toko, n’est actuellement
pas (ou très peu) utilisé pour l’alimentation. Il a toutefois une valeur symbolique indéniable car
il est considéré comme « la plante des ancêtres », faisant certainement allusion au fait que cette
espèce avait été introduite par les premiers venus sur l’île, les ancêtres des Malgaches, et il se
cultive près des maisons. S’il n’est pas exclu de pouvoir trouver des cultivars productifs adap-
tés à cette région, il serait vain de vouloir transposer les valeurs symboliques entre des régions
de Madagascar et les différents groupes ethniques. Toutefois nous savons que la qualité orga-
noleptique perçue peut dépendre de la valeur symbolique attribuée à la nourriture présentée au
cours d’un test ; c’est pourquoi les dégustations des ignames dont nous présentons les résultats
ont été effectuées en aveugle. Avant toute introduction d’espèces ou de variétés nouvelles, il
s’agira, évidemment, de considérer la qualité organoleptique à partir des perceptions gusta-
tives, notamment les très bonnes appréciations de certaines ignames qui étaient jusqu’alors
inconnues à Antananarivo ; mais il serait indispensable d’analyser les rapports avec les tradi-
tions locales de gestion et leur évolution en tentant d’appliquer au monde actuel le travail de
– 205 –
mémoire concernant les données historiques présentées par Raison (1992) sur l’opposition
entre les nourritures « noires » (tubercules dévalués puis oubliés par la suite) et la nourriture
« blanche » (le riz, particulièrement apprécié).
Alors que Flacourt (1661) dans ses premières descriptions avait clairement montré l’im-
portance des ignames dans l’alimentation à Madagascar sur le versant oriental — et qu’il y eût
encore, au cours du XXème siècle, lorsque la ligne de chemin de fer fonctionnait, une période
faste au cours de laquelle des trains chargés de tonnes d’ignames à Brickaville approvision-
naient les marchés de Tamatave — nous pensons qu’une réintroduction, dans les conditions
actuelles, de certains de ces aliments de grande valeur nutritionnelle serait favorable à la sécu-
rité alimentaire (Razanamparany, 2003), ce qui était l’objectif initial de nos recherches.
REMERCIEMENTS
Le programme de recherche sur les ignames a été financé, à Madagascar, par le Projet FADES (Fonds d’appui
au Développement de l’Enseignement Supérieur), financé par la Banque Mondiale. Les travaux de synthèse ont été
réalisés lorsque V.H. Jeannoda était professeur invitée au Muséum national d’Histoire naturelle. Nous remercions tout
particulièrement le Professeur Victor Jeannoda qui a coordonné les différentes activités de ce programme, les étudiants
de l’Université d’Antananarivo qui ont activement participé ainsi que Paul Wilkin pour ses apports constructifs dans
l’élaboration de cet article.
RÉFÉRENCES
ABRAHAM, R., BENJA, R., RANDRIANASOLO, M., GANZHORN, J.U., JEANNODA, V.H. & LEIGH JR., E.G. (1996). — Tree
diversity on small plots in Madagascar: a preliminary review. Rev. Ecol. (Terre Vie), 51: 93-116.
ACKERMANN, K. (2004). — Utilization of wild growing yams as supplementary nutrition and its impact on the dry
forest ecosystem in north-western Madagascar. Schweizerische Zeitschrift für Forstwesen, 03-04: 80-88.
BURKILL, I.H. & PERRIER DE LA BÂTHIE, H. (1950). — La flore de Madagascar et des Comores. 44e Famille : Diosco-
reaceae. Muséum national d’Histoire naturelle (Phanérogamie), Paris.
BLANC, P., RABENANDRIANINA, N., HLADIK, A. & HLADIK, C.M. (1999). — Les formes sympatriques et allopatriques
du genre Ravenala dans les forêts et les milieux ouverts de l’est de Madagascar. Rev. Ecol. (Terre Vie), 54 :
201-223.
CADDICK, L.R., WILKIN, P., RUDALL, P.J., HEDDERSON, T.A.J. & CHASE, M.W. (2002). — Yams reclassified: a recir-
cumscription of Dioscoreaceae and Dioscoreales. Taxon, 51: 103-114.
CORNET, A. & GUILLAUMET, J.-L. (1976). — Divisions floristiques et étages de végétation à Madagascar. Cahier de
l’ORSTOM, série Biologie, 9: 35-42.
DEGRAS, L. (1986). — L’Igname, plante à tubercule tropicale. Maisonneuve et Larose & ACCT, Paris.
DOUNIAS, E. (1996). — Sauvage ou cultivé ? La paraculture des ignames sauvages par les Pygmées Baka du Cameroun.
Pp. 939-960 in: C.M. Hladik, A. Hladik, H. Pagezy, O. Linares, G.J.A. Koppert & A. Froment (eds). L’ali-
mentation en forêt tropicale, interactions bioculturelles et perspectives de développement. UNESCO, Paris.
DOUNIAS, E. (2001). — The management of wild yam tubers by the Baka Pygmies in Southern Cameroon. African Study
Monographs, supplt. 26: 135-156.
DOUNIAS, E., HLADIK, A. & HLADIK, C.M. (2003). — Ignames sauvages des écotones forêt-savane et forêt-culture du
sud-est du Cameroun. Pp. 235-247 in: A. Froment & J. Guffroy (eds). Peuplements anciens et actuels des
forêts tropicale. IRD Éditions, Paris.
FAO (1991). — Racines, tubercules, plantains et bananes dans la nutrition humaine. Collection FAO Nutrition, 24.
FAVRE, J.C. (1996). — Traditional utilization of the forest. Pp. 33-40 in: J.U. Ganzhorn & J.P. Sorg (eds.). Primate
Report, 46.
FLACOURT, E. DE (1661). — Histoire de la Grande Isle Madagascar. Paris, Inalco-Karthala; édition annotée et présentée
par C. Allibert (1995).
HAIGH, A.O., WILKIN, P. & RAKOTONASOLO, F. (2005). — A new species of Dioscorea L. (Dioscoreaceae) from western
Madagascar and its distribution and conservation status. Kew Bull., 60: 273-281.
HAUDRICOURT, A.-G. (1953). — L’origine des plantes cultivées malgaches. Mém. Inst. Scient. Madagascar, série B, I
(2): 107-109.
HLADIK, A., BAHUCHET, S., DUCATILLON, C. & HLADIK, C.M. (1984). — Les plantes à tubercules de la forêt dense
d’Afrique centrale. Rev. Ecol. (Terre Vie), 39: 249-290.
HLADIK, C.M., RAZANAMPARANY, J.L. & MONNEUSE, M.O. (2004). — Évaluation sensorielle de la perception des
ignames de Madagascar, dans le contexte des connaissances actuelles en psychophysiologie de la gustation.
Bull. Acad. Nat. Arts, Lett. Sci. (Antananarivo, Madagascar)., 82: 491-500.
– 206 –
HUMBERT, H. & COURS-DARNE, G. (1965). — Notice de la carte Madagascar. Trav. Sect. Sc. Tech. Inst. Fr. Pondichéry,
h.s. 6.
JEANNODA, V., JEANNODA, V.H., HLADIK, A. & HLADIK, C.M. (2003). — Les ignames de Madagascar. Diversité, utili-
sations et perceptions. Hommes et Plantes, 47: 10-23.
JUMELLE, H. (1922). — Ignames cultivées ou sauvages de Madagascar. Rev. Bot. Appl. Agron. Colon., 3: 193-197.
JUMELLE, H. & PERRIER DE LA BÂTHIE, H. (1910). — Fragments biologiques de la flore de Madagascar (Dioscorea,
Adansonia, Coffea, etc.). IV. Les ignames du Nord-Ouest. Musée Colonial de Marseille, 8 :388-428.
KOECHLIN, J., GUILLAUMET, J.-L. & MORAT, P. (1974). — Flore et végétation de Madagascar. Vaduz : J. Cramer.
LEIGH, E.G., JR, HLADIK, A., HLADIK, C.M. & JOLLY, A. (2007). — The biogeography of large islands, or how does the
size of the ecological theater affect the evolutionary play? Rev. Ecol. (Terre Vie), 62: 105-168.
MCKEY, D., LINARES, O.F., CLÉMENT, C.R. & HLADIK, C.M. (1996). — Ressources alimentaires des forêts tropica-
les : Une mise en perspective des tendances évolutives et de l’impact du peuplement humain. Pp.43-54 in :
C.M. Hladik, A. Hladik, H. Pagezy, O. Linares, G.J.A. Koppert & A. Froment, (eds). L’alimentation en forêt
tropicale, interactions bioculturelles et perspectives de développement. UNESCO, Paris.
OLDEMAN, R.A.A., CLÉMENT, C.R., HADLEY, M. & HLADIK, A. (1996). — Gestion et futur des forêts tropicales : une
mise en perspective des systèmes d’amélioration et de valorisation. Pp.1029-1038 in: C.M. Hladik, A. Hla-
dik, H. Pagezy, O. Linares, G.J.A. Koppert & A. Froment (eds). L’alimentation en forêt tropicale, interactions
bioculturelles et perspectives de développement. UNESCO. Paris.
PERRIER DE LA BÂTHIE, H. (1925). — Ignames cultivées ou sauvages de Madagascar. Rev. Bot. Appl. Agron. Colon.,
5: 417-422.
PHILLIPSON, P.B. (1996). — Endemism and non endemism in the flora of south-west Madagascar. Pp. 125-136 in:
W.R. Lourenço (ed.) Biogéographie de Madagascar. ORSTOM, Paris.
POISSON, H. (1941). — Étude des manuscrits de Louis Armand Chapelier, voyageur-naturaliste (1778-1806). Collection
de Documents. Académie Malgache, Tananarive.
RAISON, J.-P. (1992). — Le noir et le blanc dans l’agriculture ancienne de la côte orientale malgache. Revue Etudes
Océan Indien, 15: 199-215.
RAJAONAH, M.T. (2004). — Étude biologique, anatomique, écologique et ethnobotanique des espèces de Dioscorea
(Dioscoreaceae) dans la région du Menabe. DEA, Université d’Antananarivo.
RAZAFY, F.L., PFUND, J.-L., RANIATSON, P. & RAZAFIMAHATRATRA, A. (1997). — Aperçu des recherches en cours : les
utilisations paysannes de l’arbre et de la forêt. Cahiers Terre-Tany. 6: 104-118.
RAZANAMPARANY, J.L, RALAIARISON, G.D., JEANNODA, V.H., MONNEUSE, M.O. & HLADIK, C.M. (2003). — Potentiali-
tés nutritionnelles et alimentaires des ignames malgaches. International Meeting Food Africa, Yaoundé: 30.
SCHATZ, G.E. (2000). — Endemism in the Malagasy Tree Flora. Pp. 1-9 In: W.R. Lourenço & S.M. Goodman (eds.).
Diversité et endémisme à Madagascar. Mémoires de la Société de Biogéographie, Paris.
SCHATZ, G.E., LOWRY II, P.P., LESCOT, M., WOLF, A.E., ANDRIAMBOLOLONERA, S., RAHARIMALALA, V. & RAHARI-
MAMPIONONA, J. (1996). — Conspectus of the vascular plants of Madagascar: a taxonomic and conservation
electronic database. Pp. 10-17 in: L.J.G. Van der Maesen, X.M. Van der Burgt & J.M. Van Medenbach de
Rooy (eds). The biodiversity of African plants. Kluwer Academic, Wageningen.
SCHOLS, P., WILKIN, P., FURNESS, C.A., HUYSMANS, S. & SMETS, E. (2005). — Pollen evolution in yams (Dioscorea:
Dioscoreaceae). Systematic Botany, 30: 750-758.
WEBER, O., WILKIN, P. & RAKOTONASOLO, F. (2005). — A new species of edible yam (Dioscorea L.) from western
Madagascar. Kew Bull., 60: 283-291.
WELLS, N.A. (2003). — Some hypotheses on the Mesozoic and Cenozoic paleoenvironmental history of Madagascar.
Pp. 16-34 In: S.M. Goodman & J.P. Benstead (eds), The natural history of Madagascar. The University of
Chicago Press.
WILKIN, P. (2001). — Dioscoreaceae of South-Central Africa. Kew Bull., 56: 361-444.
WILKIN, P., CADDICK, L., FOSTER, C. & SCHOLS, P. (2000). — A new species of Dioscorea (Dioscoreaceae) from Eas-
tern Madagascar and its pollen morphology. Kew Bull., 55: 427-434.
WILKIN, P., RAKOTONASOLO, F., SCHOLS, P. & FURNESS, C.A. (2002). — A new species of Dioscorea (Dioscoreaceae)
from Western Madagascar and its pollen morphology. Kew Bull, 57: 901-909.
WILKIN, P., SCHOLS, P., CHASE, M.W., CHAYAMARIT, K., FURNESS, C.A., HUYSMANS, S., RAKOTONASOLO, F., RAZ, L.,
SMETS, E. &. THAPYAI, C. (2005). — A plastid gene phylogeny of the yam genus Dioscorea L. (Dioscorea-
ceae): roots, fruits and Madagascar. Systematic Botany, 30: 736-749.
WILKIN, P., RAJAONAH, M.T., JEANNODA, V.H., HLADIK, A., JEANNODA, V. & HLADIK, C.M. (sous presse). — An endan-
gered new species of edible yam (Dioscorea, Dioscoreaceae) from western Madagascar. Kew Bull.
WILKIN, P., HLADIK, A., LABAT, J.-N. & BARTHELAT, F. (sous presse). — A new edible yam (Dioscorea L.) species
endemic to Mayotte, new data on D. comorensis R. Knuth and a key to the yams of the Comoro Archipelago.
Adansonia.
WRIGHT, H.T. & RAKOTOARISOA, J.A. (2003). — The rise of Malagasy societies : new developments in the archaeology
of Madagascar. Pp. 112-117 in: S.M. Goodman & J.P. Benstead (eds). The natural history of Madagascar.
The University of Chicago Press.
– 207 –