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Analyse

Ce passage de Nathalie Sarraute, extrait de Pour un oui ou pour un non, illustre un dialogue chargé de tensions et de non-dits entre deux personnages, H1 et H2, où le malaise est palpable à travers des hésitations et des ambiguïtés langagières. H2, en évitant de nommer le problème, crée une atmosphère d'inconfort qui affecte à la fois les personnages et le lecteur, culminant dans une révélation déconcertante où un mot banal devient tragique. Ainsi, Sarraute met en lumière la fragilité du langage et l'impact des sous-entendus sur les relations humaines.

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Analyse

Ce passage de Nathalie Sarraute, extrait de Pour un oui ou pour un non, illustre un dialogue chargé de tensions et de non-dits entre deux personnages, H1 et H2, où le malaise est palpable à travers des hésitations et des ambiguïtés langagières. H2, en évitant de nommer le problème, crée une atmosphère d'inconfort qui affecte à la fois les personnages et le lecteur, culminant dans une révélation déconcertante où un mot banal devient tragique. Ainsi, Sarraute met en lumière la fragilité du langage et l'impact des sous-entendus sur les relations humaines.

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Voici une étude linéaire développée de ce passage de Nathalie Sarraute, intégrant les figures

de style, répondant à la problématique :

En quoi ce passage est-il malaisant ? En quoi ce passage met-il mal à l’aise le lecteur et
les personnages ?

Introduction (oralisée)

Nous allons analyser un extrait d'une œuvre dramatique de Nathalie Sarraute, Pour un oui ou
pour un non. L’extrait met en scène deux personnages, H1 et H2, dans un dialogue à la fois
tendu, énigmatique et perturbant. H1 cherche à comprendre pourquoi H2 s’est éloigné de lui.
L’échange, plein de silences, de non-dits, d’hésitations, crée un malaise profond tant pour les
personnages que pour le lecteur.

1. Des hésitations révélatrices d’un malaise profond (début jusqu’à « on n’en


entend jamais parler… »)

Dès le début, le personnage H2 multiplie les périphrases et euphémismes pour ne pas dire
les choses clairement :

« C’est… c’est plutôt que ce n’est rien… ce qui s’appelle rien… ce qu’on appelle ainsi… »

👉 Cette évasion langagière donne un sentiment de flottement. Les répétitions (« rien », « ce


qu’on appelle ») et les points de suspension traduisent une difficulté à parler, un malaise
presque physique.

« En parler seulement, évoquer ça… ça peut vous entraîner… »

👉 Le pronom indéfini « ça », répété, reste vague. Il suggère une peur de formuler l’indicible.
Le lecteur est mis dans une position inconfortable : il ne sait pas de quoi on parle, et cette
tension monte.

« Personne, du reste… personne ne l’ose… »

👉 Le caractère tabou de ce sujet est souligné. Le double emploi de « personne » renforce


l’impression que ce sujet touche une forme d’interdit social ou moral.

2. Le début d’un aveu difficile et plein de tensions (de « je t’adjure


solennellement » à « tu me taquines… »)

H1 insiste de plus en plus pour obtenir une réponse :

« je t’adjure solennellement », « tu ne peux plus reculer »


👉 Le champ lexical du serment, de l’injonction crée un effet dramatique. H1 met H2 sous
pression, avec des arguments affectifs : « au nom de ta mère… de nos parents… »

Quand H2 commence à parler, l’aveu reste flou :

« ce n’est rien qu’on puisse dire… rien dont il soit permis de parler… »

👉 On retrouve la tension entre parole et silence, typique du théâtre de l’absurde ou de


l’infra-conscient. On entre dans l’univers de Sarraute, où les « tropismes » — ces
mouvements intérieurs — luttent pour émerger à la surface du langage.

Puis, surgit le mot-clé :

« des mots »

Mais pas n’importe quels mots :

« pas ceux dont on dit qu’on les a "eus"… Des mots qu’on n’a pas "eus", justement… »

👉 L’auteur joue ici sur l’antiphrase et l’ambiguïté lexicale. Les mots ne sont pas « dits »,
mais suggérés, soupçonnés, et pourtant destructeurs. H1 est déconcerté, ne comprend pas, et
cela renforce notre propre malaise.

3. La révélation du malentendu : un rien qui détruit (à partir de « Mais si je te


les dis… » jusqu’à la fin)

Le climax arrive avec l’aveu :

« tu m’as dit… "c’est bien… ça…" »

👉 Ce qui choque, ce n’est pas le contenu, mais l’intonation, le suspens, l’accent. Cela relève
de l’implicite, de la suggestion, presque de la paranoïa interprétative.

« Juste avec ce suspens… cet accent… »

👉 C’est une rupture de la communication. Ce n’est pas le message qui importe, mais la
manière de dire. On comprend que ce « rien » — une simple inflexion — a suffi à
déclencher une douleur profonde.

Ce passage met donc en scène un malentendu fondamental, où la parole, loin d’éclaircir,


contribue à l’incompréhension. Le lecteur, tout comme H1, reste frustré, perturbé, par
l’absence de justification claire.

Conclusion (oralisée)
Ce passage est malaisant car il met en scène l’échec du langage à exprimer le ressenti profond
des personnages. Le lecteur est témoin d’une scène où le non-dit, le presque-rien, a des effets
dévastateurs. La pièce de Sarraute interroge ainsi notre manière de parler, d’écouter, et surtout
d’interpréter les autres. Cette tension entre le dit et le tu évoque aussi les grandes scènes de
confrontation, comme dans Le Misanthrope de Molière, où un mot de travers suffit à
provoquer la rupture.

Souhaites-tu que je transforme cette étude en fiche révision, fiche visuelle ou que je t’aide à
t'entraîner pour un oral de bac avec des questions types
Voici une étude linéaire développée du passage, suivant ton plan en trois parties et
intégrant de nombreuses figures de style, pour répondre à la problématique :

En quoi ce passage est-il malaisant ? En quoi met-il mal à l’aise le lecteur et les
personnages ?

Introduction

Dans cet extrait de la pièce Pour un oui ou pour un non de Nathalie Sarraute, deux
personnages, H1 et H2, sont engagés dans un dialogue dramatique, tendu, presque étouffant.
H1 cherche à comprendre pourquoi H2 s’est brusquement éloigné de lui. Ce texte met en
scène une situation familière — une amitié fragilisée — mais avec une intensité
psychologique telle qu’elle devient dérangeante.
Ce malaise naît d’un échange fondé sur des non-dits, des hésitations, des mots anodins en
apparence, et surtout sur l’interprétation du langage.

I. Les hésitations de H2 : une parole bloquée et troublante

Le texte s’ouvre sur une question insistante de H1 :

« Mais qu’est-ce que c’est, alors ? »

Ce que l’on perçoit immédiatement, c’est l’embarras de H2, dont le langage devient confus,
troué par l’ellipse, les points de suspension et les reprises :

« C’est… c’est plutôt que ce n’est rien… ce qui s’appelle rien… ce qu’on appelle ainsi… »

👉 Cette suite de périphrases et répétitions montre une forme d’impossibilité à désigner le


problème clairement. Le « rien » devient un mot-clé : un « rien » obsédant et paradoxalement
lourd de conséquences.

La répétition du pronom démonstratif flou « ça » (anaphore) contribue à créer un effet de


flottement linguistique :

« en parler seulement, évoquer ça… ça peut vous entraîner… »

👉 Le lecteur, comme H1, est perdu dans ce flou. Le malaise grandit car on comprend que H2 a
quelque chose à dire, mais qu’il s’y refuse, pris entre peur et interdit social :

« Personne, du reste… personne ne l’ose… On n’en entend jamais parler… »

👉 L’utilisation du passif et de la formulation impersonnelle déresponsabilise H2, comme s’il


fuyait ce qu’il est en train de faire. Ce refus de nommer ce dont il s'agit est au cœur du
malaise.
II. Un début d’aveu : vers une parole encore entravée

Face à l’évitement de H2, H1 redouble d’intensité dans ses questions. Il emploie un langage
dramatique, solennel :

« je t’adjure solennellement… tu ne peux plus reculer… »

👉 On retrouve ici une gradation dramatique, renforcée par l’argument d’autorité affectif :
« au nom de ta mère… de nos parents… »

Mais lorsque H2 commence à répondre, c’est encore une esquive :

« ce n’est rien qu’on puisse dire… rien dont il soit permis de parler… »

👉 Cette fois, c’est une litote, un refus d’explication claire, ce qui accentue l’inconfort du
lecteur. Le secret devient pesant, presque tabou.

Le mot « mots » apparaît enfin, mais de manière déroutante :

« Eh bien, c’est juste des mots… »

👉 L’antiphrase est frappante : comment des « mots » peuvent-ils causer une rupture
d’amitié ? Le mot est présenté comme inoffensif, alors qu’il semble au contraire porteur d’un
malaise profond.

S’ensuit une tentative de clarification troublante :

« Non, pas des mots comme ça… d’autres mots… pas ceux dont on dit qu’on les a "eus"…
Des mots qu’on n’a pas "eus", justement… »

👉 La paronomase autour du verbe « avoir » et la construction paradoxale (des mots qu’on


n’a pas eus) témoignent d’un malaise existentiel : ce ne sont pas des mots échangés, mais des
mots tus, suggérés, impliqués par le ton ou le regard.

III. La révélation : un mot banal qui devient tragique

La tension atteint son paroxysme quand H1 presse encore :

« Tu me fais languir… Tu me taquines… »

Mais H2 réagit fermement :

« Mais non, je ne taquine pas… »

👉 Cette négation montre la gravité qu’il accorde à l’événement, malgré l’apparente futilité.
Le suspense est renforcé par les longues hésitations :
« tu m’as dit… quand je me suis vanté de je ne sais pas quoi… tu m’as dit "c’est bien… ça…"
»

👉 L’aveu tombe, déconcertant. Ce n’est qu’une expression anodine, mais prononcée avec un
ton particulier. L’effet de suspens et de syntagme éclaté (« c’est bien… ça… ») crée un effet
d’étrangeté.

H2 insiste :

« Juste avec ce suspens… cet accent… »

👉 On comprend que le reproche ne tient pas au sens des mots, mais à l’intonation,
l’implicite, la nuance presque imperceptible. C’est là que réside le cœur du théâtre de
Sarraute : dans ce qu’on sent plus qu’on ne comprend.

Le lecteur, tout comme H1, est déstabilisé. Ce « rien », ce mot flou, devient l’élément
déclencheur d’une rupture. C’est ce contraste entre le poids des interprétations et la
légèreté du contenu qui rend la scène si troublante.

Conclusion

Ce passage est profondément malaisant car il met en scène la fragilité du langage,


l’ambiguïté de la communication, et la violence des sous-entendus. H2 ne reproche pas à
H1 des paroles blessantes, mais une intonation, un non-dit, un silence chargé.
Le lecteur se retrouve dans une position inconfortable, face à un conflit invisible mais
destructeur.

👉 En cela, Sarraute s’inscrit dans une tradition dramatique introspective, et l’on peut faire une
ouverture vers Le Misanthrope de Molière, où Alceste reproche à Philinte sa fausseté
mondaine — mais ici, c’est l’infra-langage, le presque rien, qui fait éclater la vérité.
étude linéaire très développée du passage de Pour un oui ou pour un non de Nathalie
Sarraute, en suivant rigoureusement le plan proposé :

Problématique : En quoi ce passage est-il malaisant ? En quoi met-il mal à l’aise le


lecteur et les personnages ?

🔹 Introduction

Ce passage est extrait de Pour un oui ou pour un non, une pièce de Nathalie Sarraute,
écrivaine du Nouveau Roman et dramaturge attentive aux mouvements intérieurs et aux
tensions sous-jacentes au langage. Ce théâtre de l’infra-conscient met en lumière les relations
humaines à travers ce qui ne se dit pas, ou se dit à peine : les gestes, les silences, les
intonations.

Dans cet extrait situé au début de la pièce, H1 interroge son ami H2 sur les raisons de leur
éloignement. Ce qui devait être une conversation banale devient peu à peu un moment de
tension psychologique, où la parole elle-même devient suspecte.

Le passage met en scène une tension croissante, où le "presque rien" — un mot, une
intonation — peut bouleverser une relation.

Nous verrons donc comment ce dialogue devient profondément malaisant, à travers trois
temps :

1. Les hésitations de H2,


2. Le début d’un aveu,
3. La révélation finale, qui glace par sa banalité.

🔸 I. Les hésitations de H2 : une parole empêchée, chargée


d’angoisse

Le passage s’ouvre sur une question de H1, directe, brutale :

« Mais qu’est-ce que c’est, alors ? »

👉 Cette interpellation inaugure un déséquilibre dans le dialogue. H2 est placé en position de


faiblesse et va tenter d’éluder la réponse. Son discours devient chaotique, haché :

« C’est… c’est plutôt que ce n’est rien… ce qui s’appelle rien… ce qu’on appelle ainsi… »

Les répétitions, les périphrases, les reprises inachevées et les points de suspension créent
une atmosphère d’inconfort. Ce n’est pas une simple hésitation, c’est une fuite verbale,
comme s’il cherchait à éviter le noyau du problème.

👉 On observe ici une déconstruction du langage. H2 ne parvient pas à nommer l’objet de la


discorde : c’est un tabou, un "ça" insaisissable. Ce démonstratif indéfini est répété :
« évoquer ça… ça peut vous entraîner… »

Le mot « rien » devient paradoxalement central. Ce mot vide devient plein de


conséquences :

« Ce n’est rien… Et c’est à cause de ce rien… »

Le malaise naît ici du décalage entre le vide apparent du conflit et ses effets destructeurs.
Le lecteur est pris dans cette tension : que peut bien cacher ce "rien" ?

👉 L’impersonnalité est également importante :

« Personne, du reste… personne ne l’ose… On n’en entend jamais parler… »

Ces formules montrent que H2 généralise, comme pour se protéger. Il ne s'agit plus
seulement d’un malaise personnel, mais d’un non-dit collectif, presque socialement
interdit, ce qui amplifie la gêne.

🔸 II. Un début d’aveu : une tension verbale montée au sommet

Face à l’évitement de H2, H1 hausse le ton. Il emploie un registre solennel et pathétique :

« je t’adjure solennellement… au nom de ta mère… de nos parents… »

👉 C’est une gradation émotionnelle, une tentative de provoquer une confession par l’appel à
l’affect, à la mémoire, aux liens familiaux. Il crée une tension dramatique très forte.

H2 finit par parler, mais à nouveau avec des circonvolutions :

« ce n’est rien qu’on puisse dire… rien dont il soit permis de parler… »

👉 On retrouve ici une litote qui cache un malaise plus profond : le sujet semble interdit,
inavouable. C’est l’indicible qui pèse sur toute la scène.

Puis vient enfin le mot attendu :

« Eh bien, c’est juste des mots… »

👉 Cette réponse, frustrante, crée un effet de chute ironique. Après tant de tensions, ce n’est
que « des mots ». Mais la suite vient perturber cette apparente banalité.

« Pas ceux dont on dit qu’on les a "eus"… Des mots qu’on n’a pas "eus", justement… »

👉 Cette formule étrange repose sur une paronomase et une mise en abîme du langage. Le
mot "mots" est utilisé dans un sens ambigu. Il ne s’agit pas de mots échangés dans un conflit,
mais de mots perçus, mots manqués, mots ressentis.
👉 Cette partie du texte joue avec les tropismes de Sarraute : ce sont des mouvements
intérieurs, non formulés, mais qui affectent profondément.

H1 ne comprend pas :

« Tu me fais languir… Tu me taquines… »

👉 Cette interprétation enfantine montre que H1 reste à la surface, tandis que H2 vit ce
moment comme un drame. Le décalage entre les deux provoque un sentiment de frustration
et d’incompréhension mutuelle, dans lequel le lecteur est pris à témoin.

🔸 III. La révélation : le mot de trop… ou le ton de trop

Enfin, H2 livre ce que l’on attend depuis le début :

« Tu m’as dit… ‘c’est bien… ça…’ »

👉 Ce n’est pas le contenu qui choque, mais l’intonation, le rythme, le suspens. Le discours
est éclaté, ralenti, accentué par des points de suspension :

« Juste avec ce suspens… cet accent… »

👉 Ce ne sont plus les mots qui blessent, mais le non-verbal, l’implicite, l’intonation, qui
devient porteur d’ambiguïté, de mépris supposé.

H2 a donc interprété une remarque banale comme une forme de condescendance. Ce qui est
troublant, c’est la disproportion entre le déclencheur et ses conséquences : une simple
remarque anodine conduit à la rupture.

Ce malaise est accentué par la certitude de H2 que personne ne pourrait comprendre :

« Tu ne comprends jamais… Personne, du reste, ne pourra comprendre… »

👉 C’est une forme de clôture du dialogue, une impossibilité de se comprendre, qui met mal
à l’aise. Le langage est montré ici dans son échec fondamental : il ne transmet pas, il sépare.

🔹 Conclusion

Ce passage met en lumière la fragilité des relations humaines, menacées par le sous-
entendu, le ton, l’interprétation. Le malaise ressenti par H2 se transforme en une scène
d’aveu pesante, étouffante, marquée par les silences et les hésitations.
Le lecteur, comme H1, est déstabilisé par ce « rien » qui devient tout, par la puissance
destructrice de l’infra-langage.
👉 Cette scène rappelle d'autres confrontations fondées sur le malentendu et le poids du
langage — on peut faire une ouverture vers La Dispute de Marivaux, ou encore vers Le
Misanthrope de Molière, où un mot ou un ton peuvent rompre les liens.
étude linéaire du texte de Sarraute, oralisée, comme tu pourrais la dire à l’oral du bac de
français, en suivant ton plan (hésitations / aveu / révélation) et en intégrant des figures de
style de façon naturelle. Tu peux t’en servir comme base à mémoriser ou à adapter avec tes
propres mots.

🎤 Présentation orale

Je vais vous présenter un extrait de la pièce Pour un oui ou pour un non de Nathalie Sarraute.
Il s’agit d’un échange entre deux amis, H1 et H2, au moment où H1 cherche à comprendre
pourquoi H2 s’est éloigné de lui. Ce dialogue met très fortement le lecteur et les personnages
mal à l’aise, non pas à cause d’un conflit ouvert, mais parce que la rupture repose sur un
malentendu, sur quelque chose de très flou, de presque inexprimable.

Nous verrons donc comment ce malaise s’installe en trois temps :

1. D’abord à travers les hésitations de H2,


2. Puis par le début d’un aveu,
3. Et enfin dans la révélation d’un mot anodin mais lourd de conséquences.

🔹 1. Les hésitations de H2 : un malaise qui empêche de parler

Au début de l’extrait, H1 demande à H2 ce qui ne va pas. Mais H2 ne répond pas clairement.


Il enchaîne les périphrases, les répétitions, les points de suspension :

« C’est… c’est plutôt que ce n’est rien… ce qu’on appelle rien… ce qu’on appelle ainsi… »

Cette manière de parler montre qu’il tourne autour du pot. Il n’arrive pas à nommer ce qui
lui pose problème. Et cela crée une grande tension dans le dialogue, car on sent que quelque
chose le dérange, mais il n’ose pas le dire.

Il utilise aussi le mot « ça », très flou, à plusieurs reprises :

« en parler seulement, évoquer ça… ça peut vous entraîner… »

Le fait de ne pas dire clairement ce dont il s’agit rend le lecteur mal à l’aise, car on sent que
le sujet est sensible, presque tabou. D’ailleurs, H2 dit :

« Personne, du reste… personne ne l’ose… On n’en entend jamais parler… »

On voit donc que le malaise passe déjà par le langage lui-même, qui devient incapable de
dire les choses simplement.

🔹 2. Le début d’un aveu : un mot qui semble banal, mais qui blesse

Face à cette fuite, H1 insiste. Il emploie un ton solennel :


« Je t’adjure solennellement… au nom de ta mère… de nos parents… »

Il cherche à forcer la parole de l’autre, en jouant sur les liens affectifs. Et H2 finit par lâcher
quelques mots. Il dit :

« Ce n’est rien qu’on puisse dire… rien dont il soit permis de parler… »

On sent ici une forme de blocage, comme si le sujet était interdit. Et là, le mot "mot"
apparaît :

« Eh bien, c’est juste des mots… »

Mais ensuite, il précise :

« Pas ceux dont on dit qu’on les a "eus"… des mots qu’on n’a pas "eus", justement… »

Cette formule paradoxale montre qu’il ne s’agit pas d’un conflit ordinaire. Ce sont des mots
non prononcés, mais ressentis. Des sous-entendus, peut-être même des intonations, qui ont
été mal vécues.

Et c’est là que le malaise s’intensifie : on comprend que le conflit repose sur une
perception très personnelle, que H1 ne semble pas partager.

🔹 3. La révélation : un mot anodin qui devient tragique

Finalement, H2 finit par dire ce qui a causé la rupture :

« Tu m’as dit… ‘c’est bien… ça…’ »

Ce qui choque, ce n’est pas le mot en lui-même, mais le ton, l’intonation, ce qu’il appelle :

« ce suspens… cet accent… »

Autrement dit, c’est la manière de parler qui a blessé. H2 a perçu dans la voix de H1 une
forme de mépris, ou de moquerie, alors que H1, lui, ne s’en souvient même pas.

Cela montre que dans cette pièce, le langage n’est pas seulement ce qu’on dit, mais
comment on le dit. C’est ce presque rien — un accent, un ton — qui peut détruire une
amitié.

Et cela rend le passage extrêmement malaisant, car on se rend compte que même dans nos
échanges quotidiens, un simple mot mal perçu peut créer une cassure profonde.
🟢 Conclusion orale

Pour conclure, ce passage est malaisant car il met en scène l’échec du langage,
l’incompréhension entre deux êtres, et surtout, il nous montre à quel point les mots les plus
simples peuvent être chargés de sens caché, d’ambiguïtés, voire de violence silencieuse.

Ce théâtre de Nathalie Sarraute, qui repose sur l’infra-langage, nous place dans une position
inconfortable, car nous sommes témoin d’un malaise qu’on ne peut pas vraiment
expliquer avec des mots clairs.

👉 On peut d’ailleurs faire un lien avec Le Misanthrope de Molière, où un mot de travers, une
flatterie mal perçue, peut provoquer le rejet. Mais ici, chez Sarraute, ce n’est même pas le
mot, c’est le ton…
Simulation complète de questions-réponses type oral du bac sur ce passage de Pour un oui
ou pour un non de Nathalie Sarraute, avec des réponses argumentées pour t’entraîner. Tu
peux t’en servir pour mémoriser, t’exercer à haute voix, ou l’adapter avec tes propres mots.

🎤 ENTRETIEN TYPE BAC – QUESTIONS + RÉPONSES

🟣 1. De quel type de texte s’agit-il et qui en est l’auteur ?

Ce texte est un extrait d’une pièce de théâtre contemporaine intitulée Pour un oui ou pour un
non, écrite par Nathalie Sarraute. C’est un dialogue dramatique, sans didascalies, centré sur la
psychologie des personnages. Sarraute fait partie du Nouveau Roman, mais elle transpose ici
ses recherches sur le langage au théâtre.

🟣 2. Situez ce passage dans l’œuvre : que s’est-il passé avant ?

Nous sommes au tout début de la pièce. Les deux personnages, appelés H1 et H2, se
retrouvent. H1 sent que H2 s’est éloigné de lui, sans comprendre pourquoi. Il commence à
poser des questions pour obtenir une explication. Ce passage correspond donc au moment où
H2 tente de dire ce qu’il ressent, mais a du mal à le formuler.

🟣 3. Pourquoi H2 a-t-il du mal à parler au début du passage ?

H2 a du mal à parler car ce qu’il veut exprimer est très délicat, presque honteux ou tabou. Il a
été blessé par quelque chose d’infime, et il craint que personne ne le prenne au sérieux. C’est
pourquoi il multiplie les points de suspension, les reprises floues comme « ce qu’on appelle
rien », pour éviter d’entrer dans le sujet. Cela traduit un vrai malaise intérieur.

🟣 4. Quel est l’effet des hésitations et des répétitions dans les répliques de H2 ?

Ces hésitations et répétitions montrent à quel point H2 est perturbé et incertain. Il a peur de
ne pas être compris. La forme de son discours — très fragmentée — est le reflet de sa pensée.
Cela installe une tension dans le dialogue, car H1 et le lecteur attendent une réponse claire
qui ne vient pas.

🟣 5. Que veut dire H2 quand il parle de "mots qu’on n’a pas eus" ?

Il oppose les mots prononcés dans une dispute — "les mots qu’on a eus" — aux mots
implicites, suggérés, ressentis par le ton ou le regard. Il parle ici de sous-entendus, d’une
intonation perçue comme blessante. Ces "mots qu’on n’a pas eus" sont en fait les non-dits
qui ont provoqué la rupture.

🟣 6. Pourquoi H1 ne comprend-il pas ce que lui reproche H2 ?

H1 ne comprend pas parce que, pour lui, il ne s’est rien passé. Il pense que H2 exagère, qu’il
interprète trop. Il n’a pas conscience de l’effet que ses mots ou son ton ont pu avoir. Cela crée
un décalage entre les deux personnages et renforce l’incompréhension.

🟣 7. Comment le langage est-il utilisé comme source de tension dans ce


passage ?

Le langage devient un outil de conflit. H2 n’arrive pas à dire ce qu’il ressent, et quand il y
parvient, H1 ne le comprend pas. Ce qui est en jeu, ce n’est pas le contenu des paroles, mais le
ton, l’intonation, l’implicite. Le langage devient ambigu, source de malentendu, ce qui est
très malaisant.

🟣 8. Quelles figures de style traduisent le malaise de H2 ?

Il y a d’abord les points de suspension très fréquents, qui marquent l’hésitation. Ensuite, les
anaphores, comme la répétition du mot « rien » ou « ça », donnent l’impression qu’il tourne
en rond. Il utilise aussi des euphémismes : il dit « ce n’est rien » alors que cela le hante. Ce
sont des signes d’un profond malaise intérieur.

🟣 9. Quelle est la fonction des points de suspension dans ce passage ?

Les points de suspension marquent à la fois le trouble émotionnel de H2 et l’inachèvement


de sa pensée. Il ne parvient pas à aller au bout de ses phrases. Cela met mal à l’aise, car le
lecteur sent que quelque chose est là, mais n’est jamais complètement dit.

🟣 10. Comment le ton et l’intonation jouent-ils un rôle central dans cette scène
?

C’est le cœur du conflit. Ce n’est pas le sens des mots qui a blessé H2, mais le ton utilisé par
H1. Lorsqu’il dit :
« Tu m’as dit : “c’est bien… ça…” »,
il insiste sur « ce suspens… cet accent ». Ce sont l’intonation et la manière de parler qui ont
été perçues comme du mépris ou de l’ironie. Cela rend la scène très troublante, car on voit que
la communication échoue même quand les mots sont simples.
🟣 11. Ce type de malaise peut-il arriver dans la vraie vie ?

Oui, bien sûr. Il arrive souvent que quelqu’un se sente blessé par un regard, un silence, une
manière de dire quelque chose. Parfois, les conflits ne viennent pas de ce qu’on dit, mais de
la manière dont on le dit, ou de ce qu’on ne dit pas. Ce texte nous fait réfléchir à ces
malentendus qui peuvent arriver dans n’importe quelle relation.

🟣 12. À quelle autre œuvre littéraire ce passage vous fait-il penser ?

On peut faire un lien avec Le Misanthrope de Molière, où Alceste reproche à son ami Philinte
d’être faux et hypocrite dans ses paroles. Là aussi, une simple remarque sur le ton ou le
contenu peut suffire à déclencher une rupture. Mais chez Sarraute, la violence est plus
subtile, plus intériorisée.

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