Peut-on encore aimer la démocratie ?
Cours Polytechnique, 2023
Michaël Fœssel
Introduction générale
Le consensus autour de la démocratie est aujourd’hui quasiment général, comme si ce régime
politique était non seulement le meilleur, mais le seul envisageable.
Les intellectuels et les philosophes admettent aujourd’hui en majorité que la démocratie est la forme
de société la plus désirable.
On parle de « transition démocratique » ou de « processus démocratique » pour désigner le
passage d’un pays d’un état de guerre civile ou de dictature à un Etat de droit.
Plus juste et plus égalitaire, mais plus équilibré, plus stable et mieux à même
de répondre aux exigences de la modernité.
A partir de 1945 puis de 1989, s’impose l’idée selon laquelle le mode de fonctionnement
démocratique des sociétés est le seul à pouvoir à garantir la paix et la prospérité.
- Victoire historique (davantage que politique) de la démocratie
- La démocratie semble s’imposer comme la solution la plus fiable aux problèmes de la vie
collective.
Cette valorisation est extrêmement tardive.
Aristote, plus indulgent à l’égard de la démocratie que Platon, classe les constitutions en deux
séries : droites et perverties, avec :
3 constitutions droites – royauté, aristocratie, gouvernement constitutionnel
Et 3 qui sont des déviations – tyrannie pour la royauté, oligarchie pour l’aristocratie,
démocratie pour le gouvernement constitutionnel ».
Alors que le gouvernement constitutionnel recherche l’intérêt de la cité tout entière, sa
perversion démocratique recherche l’intérêt du peuple seul (entendu comme populace).
On reviendra sur tous ces points, en particulier sur le statut du peuple, et le terme de
démocratie fait son entrée comme un terme dépréciatif, quasiment comme une injure.
On ne trouve quasiment jamais d’apologie de la démocratie chez les penseurs ou chez les
hommes publics avant la fin du XIXème siècle.
Le vocabulaire politique pourrait laisser penser que nous vivons une époque qui soit celle de l’âge
d’or de la démocratie.
Où est alors le paradoxe ? On peut l’approcher en citant Winston Churchill
« La démocratie est le pire des régimes - à l'exception de tous les autres déjà essayés dans le
passé » (Discours à la Chambre des communes de 1947).
La démocratie, se présente elle-même comme un moindre mal.
Les questions suivantes qui sont directement liées à l’objet de ce cours :
1- l’amour de la démocratie peut-il survivre à la victoire de la démocratie dans les faits ?
2- La démocratie n’est-elle pas la première victime de l’évidence démocratique dans laquelle nous
évoluons depuis quelques décennies ?
3- la démocratie peut-elle se réaliser dans les institutions sans se perdre en même temps dans les
cœurs ?
Les crises de la volonté et du pouvoir politiques
On peut aborder cette déception à l’égard de la démocratie à partir de l’entrée en crise de deux
notions : la volonté politique et le pouvoir politique.
1/ Crise de la volonté politique :
Les Etats-Unis où le taux d’abstention dépasse pratiquement toujours 50%.
Ces records d’abstention ne constituent que la part la plus manifeste de ce que l’on peut appeler
la désaffection démocratique contemporaine.
Jacques Rancière (philosophe français) écrit de manière ironique : « Il n’est pas vrai que l’on assiste
à une irrésistible progression de l’abstention. Il y aurait plutôt lieu de voir l’indice d’une admirable
constance civique dans le nombre élevé d’électeurs qui persistent à se mobiliser pour choisir entre
les représentants équivalents d’une oligarchie d’État qui a étalé autant de preuves de sa médiocrité,
quand ce n’est pas de sa corruption ».
Cette citation aigre-douce permet d’évoquer un autre aspect de la crise paradoxale de la
démocratie puisqu’elle s’en prend indirectement à la notion de représentation.
Ce principe des démocraties libérales serait entré en crise car la distance entre le peuple et ses
représentants n’aurait cessé de s’accroitre.
Le taux d’abstention exprime le sentiment assez largement partagé que les représentants se sont
autonomisés par rapport aux représentés et que leur volonté n’est pas la traduction de celle du
peuple, mais celle d’intérêts particuliers.
D’où la notion d’« oligarchie d’État » pour décrire le fonctionnement réel des démocraties
contemporaines : une classe sociale se serait accaparé le pouvoir réel et se le transmettrait sous
couvert de représentation élective. Ce désamour à l’égard de la démocratie serait donc lié à un
doute sur la volonté : les représentants du peuple veulent-ils ce que le peuple veut ou ne sont-ils
pas plutôt les agents de volontés particulières.
2/ Crise du pouvoir politique.
A côté de ce doute sur la capacité des élus à représenter la volonté du peuple, s’installe un doute
sur le pouvoir des citoyens 3. (3 D’où une première définition de la démocratie : système politique qui réalise la
synthèse entre la volonté du peuple et le pouvoir des citoyens. )
Les critiques de la démocratie représentative sont un aspect d’une crise plus profonde qui renvoie à
un doute sur la capacité de la politique à influer réellement sur le cours des choses.
La démocratie, désigne le pouvoir du peuple sur le peuple et pour le peuple.
Idée du « peuple souverain », c’est-à-dire sur : la pleine et entière liberté des
citoyens.
Ce lien (expliqué dans le poly) se vérifiera dans le rapport entre démocratie et révolution : pour
parvenir à donner le pouvoir au peuple, il faut passer par un retournement, une transformation
radicale des relations politiques entre les hommes.
Le pouvoir, doit être détenu et exercé par tous.
C’est le sens même du terme citoyenneté tel qu’il est défini déjà par Aristote : « Un citoyen au
sens plein ne peut être mieux défini que par la participation à une fonction judiciaire et à une
magistrature ». Le citoyen a le pouvoir de commander et la démocratie est ce régime où tous les
citoyens gouvernent.
Cette croyance dans l’efficience du politique est aujourd’hui remise en cause du fait de l’existence
d’une administration d’État qui détient une part importante du pouvoir et, surtout, du poids des
nécessités ou des idéologies économiques sur la marche des affaires publiques.
La politique ne constituait plus le principal lieu de décision collective.
On perçoit souvent ce genre de décisions comme émanant d’institutions lointaines ou alors de
processus qui semblent fonctionner sans nous (exemple : « main invisible » du marché).
Privatisation du pouvoir : les individus ont le sentiment que la sphère sur laquelle ils ont une
véritable capacité d’action est la sphère privée, c’est-à- dire tout à la fois professionnelle et intime.
! Cet individu (qui a rapatrié sa liberté dans la sphère privée) se distingue du citoyen-magistrat dont
parlait Aristote par le fait qu’il tend à déserter l’espace public.
Nous vivons donc un étrange paradoxe : tout le monde, se déclare aujourd’hui « démocrate », et
pourtant la politique fait l’objet d’une désaffection à peu près généralisée de la part de l’unique
acteur de la démocratie, à savoir le peuple.
C’est ce paradoxe que l’on essaiera d’expliquer à travers la question : « Peut-on aimer la
démocratie ? » qu’il faut entendre aussi comme : « Peut-on encore aimer la démocratie ? ».
Examen de la question et position du problème
La démocratie est devenue un mot vide : tout le monde s’y réfère aujourd’hui (de manière
généralement positive) sans jamais la définir.
En philosophie et surtout pour la démocratie, les définitions viennent plutôt à la fin (ou au
cours du développement) qu’au début. En effet, le concept de la démocratie prend un sens différent
dans l’histoire
La démocratie, en général, c’est l’autogouvernement du peuple ou encore le gouvernement des
citoyens par les citoyens. (Cette définition ne précise pas s’il y a des limites à
la citoyenneté. C’est pourquoi elle s’applique à diverses formes historiques de
démocratie.)
La démocratie n’est pas seulement un système électif, la démocratie désigne une forme très
particulière de société : celle où les individus sont considérés comme des citoyens.
Plus généralement encore, une société démocratique valorise et institutionnalise une valeur qui a
des conséquences par-delà la sphère politique : l’idée d’égalité politique.
Exemple : Platon parle des démocrates comme des « amis de l’égalité » et, Tocqueville décrira
la démocratie américaine par le phénomène de « l’égalisation des
conditions ».
! Il ne faut pas entendre par là nécessairement l’égalité réelle entre les individus, mais l’égalité
politique, juridique et anthropologique entre les citoyens.
La démocratie est l’enjeu de passions. Elle désigne une forme de société fondée sur une certaine
conception de l’homme et tout un imaginaire de l’égalité. La démocratie, renvoie à une manière
d’habiter le monde et d’envisager le rapport aux autres : c’est de ce point de vue que se pose la
question de pouvoir « aimer » ou non la démocratie.
Soit (1) on reproche à la démocratie d’être ce qu’elle est et de valoriser l’égalité entre les hommes
sans souci des hiérarchies naturelles,
Soit (2) on lui reproche de ne pas faire ce qu’elle promet, c’est-à-dire justement de ne pas
mettre en œuvre l’égalité dont elle se réclame.
La démocratie serait le règne de l’individualisme où chacun réclamerait pour
lui-même le droit de posséder ou d’exercer le pouvoir...
La thèse générale est la suivante : la démocratie, c’est l’égalisation des désirs, donc leur
équivalence.
Le destin de cette forme de société serait nécessairement le relativisme culturel.
Cette critique est particulièrement forte aujourd’hui où la totalité des
démocraties sont aussi des sociétés de marché qui sont elles-mêmes fondées
sur un type d’équivalence : l’équivalence monétaire.
! Ce rejet de la notion d’égalité au nom de ses conséquences n’est pas propre à notre époque.
Il existait dès que la démocratie est apparue en Grèce. En effet, on en trouve la première et la plus
forte expression dans la République de Platon.
Le principe en est le suivant : la démocratie repose sur le refus de l’idée de compétence politique
puisque tous sont jugés capables de participer à la délibération publique. Mais pourquoi ce que
personne n’accepterait pour la médecine ou la cuisine vaudrait-il pour la politique ?
N’y a-t-il pas une aberration dans le fait d’affirmer que tous les citoyens sont égaux dès lors qu’il
s’agit de savoir ce qui est juste et ce qui est bien ? N’y a-t-il pas des individus plus compétents
que d’autres sur ces sujets et à qui il faudrait laisser le soin de gouverner ?
La critique platonicienne de la démocratie comporte des éléments sur lesquels on reviendra, mais
ce qui nous intéresse pour l’instant c’est de voir comment Platon décrit l’homme démocratique.
Selon lui, cet homme postule l’équivalence des désirs, ils méritent tous d’être satisfaits pourvu qu’ils
garantissent un maximum de plaisirs.
Pour Platon, l’égalité entre les hommes implique l’égalité entre les formes de vie.
Les maître-mots de « l’homme égalitaire » sont inconstance et indifférence. Pour Platon, la
démocratie est un régime sans principe puisque l’égalité est le principe de l’absence de principe.
Rien n’est premier au sens hiérarchique et ontologique du terme, tout est équivalent.
(2). À cette critique que l’on peut dire aristocratique de la démocratie, s’ajoute une critique de la
démocratie au nom de la démocratie elle-même. Ici, il s’agit de dénoncer les promesses non tenues
des sociétés démocratiques. Il y a une contradiction entre ce que dit la démocratie et ce qu’elle fait
ou encore un écart entre l’idéologie et le réel.
Pour les systèmes politiques occidentaux d’Etats de droits oligarchiques : Le pouvoir effectif
demeurerait entre les mains d’une élite (essentiellement financière), mais à l’intérieur d’un système
juridique qui garantit un minimum de libertés aux individus.
- Distinction entre démocratie et État de droit :
Un État de droit est un État constitutionnel où règne la séparation des pouvoirs et où les décisions
politiques sont encadrées par des procédures juridiques. !!!!!!!! Cela n’implique encore nullement
que la volonté du peuple soit la seule source de légitimité politique, au contraire on aura l’occasion
de voir que les penseurs libéraux favorables à l’État de droit sont souvent méfiants à l’égard de la
démocratie.
Point à retenir : ceux qui reprochent à la démocratie de demeurer inachevée insistent sur l’absence
de pouvoir effectif du peuple auquel on octroie essentiellement des droits formels.
p15 L’idée est que les démocraties existantes sont seulement formelles parce qu’elles ne
garantissent que l’égalité devant la loi, pas l’égalité sociale. Il y a une séparation entre la forme
politique égalitaire des États modernes et leur réalité sociale marquée par des inégalités sans
précédent : « de même que les chrétiens sont égaux dans le ciel et inégaux sur terre, les membres
du peuple pris chacun dans leur singularité sont égaux dans le ciel de leur monde politique et
inégaux dans l’existence terrestre de la société » (Marx, Critique du droit politique hégélien, 1843).
Cela annonce un thème de Marx qui sera souvent repris : la critique des droits de l’homme
au nom de leur hypocrisie.
Ici, la démocratie formelle est envisagée comme une illusion destinée à camoufler les mécanismes
réels du pouvoir dont le peuple se trouve exclu.
Un problème de la représentation déjà posé par Rousseau : comment faire que le représentant
n’accapare pas le pouvoir que le représenté lui confère ?
Pour Marx, l’État (même l’État de droit) n’est jamais que le porte-parole de la classe dominante. Il
prétend représenter la société civile, mais il ne fait en réalité que défendre ses propres intérêts.
C’est pourquoi, Marx ne voit de véritable mouvement démocratique que dans les
soulèvements populaires contre l’État :
- La Commune, par exemple, fut une « révolution contre l’État lui-même, cet avorton
surnaturel de la société » (Marx, la Guerre civile en France).
« Surnaturel » car l’État parvient à faire croire « magiquement » qu’il représente l’intérêt
général du peuple alors qu’il n’est que le représentant d’une classe sociale favorisée.
On vérifie ici encore que la démocratie devrait désigner une forme de société et non pas simplement
un ensemble de dispositifs électoraux ou représentatifs.
Bilan sur ces deux formes opposées de la démocratie :
- Dans les deux, cas, la démocratie créé une forme très singulière d’inconfort, voire d’insatisfaction
chronique.
Comment expliquer que l’égalité soit tout à la fois, ou tour à tour, désirable et méprisée, évidente et
sans cesse remise en question ?
On tâchera de montrer que c’est presque toujours la médiocrité démocratique qui est remise
en cause, c’est-à-dire le fait qu’elle ne reconnaît aucune hiérarchie comme naturelle et autorise.
Aimer la démocratie ?
Le but n’est donc pas de montrer qu’il faut aimer la démocratie, mais d’interroger les rapports
affectifs que les citoyens entretiennent avec la politique dans les régimes démocratiques.
Il s’agit de déterminer ce qui porte les hommes à désirer la liberté et l’égalité et, réciproquement, ce
qui les incite à les rejeter. Il sera donc aussi question dans ce cours de la servitude volontaire, du
désir d’ordre et de hiérarchie, de la passion inégalitaire (par exemple l’amour du chef) comme
autant de phénomènes qui éloignent les individus de l’idéal démocratique.
Quel peuple pour quelle démocratie ?
Citations qui montrent la défiance que les philosophes manifestent à l’égard du peuple.
Voltaire : « Quand la populace se mêle de raisonner, tout est perdu ». (Populace = bas peuple)
raisonner mène à des drames lorsque cela n’est pas réservé à une élite capable de maîtriser ses
instincts. Il voulait défendre l’idée de peuple contre le peuple réel.
De quel peuple parle-t-on lorsque l’on prétend que le peuple doit détenir le pouvoir ? Faut-il définir le
peuple par des critères sociaux (les pauvres en tant qu’ils sont majoritaires), ethniques, religieux,
linguistiques ? Ou est-il possible de donner une définition strictement politique du peuple (autour du
concept de liberté) ?
Le peuple de la démocratie est toujours hanté par la populace qui désigne sa version violente,
dangereuse et anarchique.
Victor Hugo : « La populace ne fait que des émeutes. Pour faire une révolution, il faut le peuple ».
Pour lui, la populace est composée d’individus qui ne sont unis que par le ressentiment social et qui
se sépareront dans la violence à la première occasion, dès que l’objet de leurs colères changera.
Les motivations de la populace sont exclusivement passionnelles et sociales, ce qui lui manque,
c’est une dimension authentiquement politique : le goût pour la liberté.
La peur du peuple est souvent celle de la populace, c’est-à-dire d’une
foule irrationnelle qui peut parfois se retourner contre la démocratie elle-
même.
La foule peut en effet apparaître
comme un danger pour la liberté de l’individu, ne serait-ce que par son désir
de chef qui lui fait parfois préférer la servitude à la liberté.
La solution républicaine
La barbarie serait le fait d’une foule qui prendrait conscience de sa puissance, perdrait tout sens des
mesures parce qu’elle ne serait tenue par aucune limite. De là la tentation d’édifier la communauté
politique sur la peur et cela au nom de la sécurité.
Thomas Hobbes : la violence populaire ne peut être maîtrisée que par un pouvoir implacable et
infiniment supérieur à celui des individus. (Opposition à la démocratie)
Il n’y a donc à ses yeux qu’une seule solution : édifier par un contrat un pouvoir souverain qui (en la
personne d’un roi) monopolise toute la violence légitime et tienne les individus en respect.
La solution au problème de la violence politique se trouve donc uniquement dans un pouvoir absolu
(le « Léviathan ») dont la force soit telle qu’elle décourage les individus de se rebeller contre lui.
Toute la pensée politique républicaine, en particulier celle de Rousseau sur laquelle on insistera ici,
est construite pour trouver une alternative à la solution de Hobbes jugée contraire à la liberté de
l’homme.
Mais Rousseau retiendra néanmoins de Hobbes le thème de la souveraineté : on ne peut pas
penser la politique sans penser en même temps un pouvoir absolu, c’est-à- dire une décision de
dernière instance contre laquelle on ne peut rien.
Le raisonnement de Rousseau part d’une prémisse selon laquelle « l’homme est né libre » et doit
donc le rester dans l’État.
Comment penser un État qui, tout en assurant la sécurité de ses sujets, respecte leur pleine et
entière liberté. La solution réside justement dans l’État républicain.
Le peuple ici, c’est le point important, est défini de manière purement politique, c’est-à-dire qu’il
résulte d’un acte de volonté (pas de la naissance des sujets ou de leur appartenance à une religion
ou à une culture). Selon Rousseau, l’acte par lequel un peuple est un peuple est le contrat social où
chacun s’engage à suivre la volonté générale plutôt que son intérêt particulier. C’est pourquoi on
parle de « république » : dans un État républicain, la chose publique (res publica) devient celle de
chaque citoyen et aucun ne doit être exclu de la délibération. On devient membre du peuple à partir
du moment où l’on décide de devenir citoyen en « faisant taire ses passions » au moment de
décider pour la chose publique. Dans l’État républicain, nous sommes tous à la fois « sujets »
soumis à la loi) et « citoyens » (cette loi, nous avons contribué à la faire)
Le peuple ne gouverne pas, mais en revanche il légifère car le pouvoir souverain (= le plus haut) est
le pouvoir législatif.
La thèse de Rousseau est que, si le peuple fait la loi en sachant qu’elle s’appliquera à lui-même, il
ne sera jamais injuste car on ne peut vouloir l’injustice pour soi-même. Tout le mal, en politique,
vient de ce que ceux qui font la loi ne se l’appliquent pas, c’est le germe de la corruption que
Rousseau juge inévitable dans une monarchie absolue.
la définition rousseauiste
(républicaine) du peuple n’est-elle pas trop idéaliste ? Existe-t-il
vraiment un
corps politique dont les citoyens sont également membres et qui
veut
toujours l’intérêt commun ? Ou le peuple n’est-il pas plutôt
composés
d’individus qui sont eux-mêmes souverains ?
La solution libérale