Analyse Des RATIOS Support de Cours Vrai
Analyse Des RATIOS Support de Cours Vrai
Chargés de cours
Dr COULIBALY Amidou
Dr KONE
SOMMAIRE
INTRODUCTION......................................................................................................................1
TD 1 : La société MATRIX..................................................................................................41
ÉLÉMENTS DE CORRIGÉ.................................................................................................41
TD 2 : La société LINUX......................................................................................................48
ÉLÉMENTS DE CORRIGÉ.................................................................................................49
BIBLIOGRAPHIE....................................................................................................................53
TABLE DE MATIÈRES..........................................................................................................54
INTRODUCTION
La comptabilité est un système d’information, de représentation des opérations économiques,
juridiques et financières de l’entreprise ou d’autres entités économiques. A ce titre, elle a des
principes particuliers, des codes de représentation, un vocabulaire spécifique, des modèles
d’états comptables et de nomenclatures de compte.
La finance ne fait pas double emploi avec la comptabilité : elle est chargée d’approvisionner
l’entreprise en ressources financières. Pour cela, elle doit étudier la nature des besoins et elle
doit évaluer leur montant. Elle a aussi besoin de comprendre les mécanismes financiers des
firmes pour quantifier ces besoins, et la quantification de ces besoins ne peut se faire sans la
connaissance d’informations spécifiques, qui sont le plus souvent données par la comptabilité
et les comptes annuels de l’entreprise.
La finance, c’est tout ce qui touche à l’argent, et l’argent sert à mesurer la valeur des objets et
des produits, mais dépend aussi du temps. La finance qui se focalise sur l’entreprise est tout
simplement appelée finance d’entreprise, la finance qui étudie les grands marchés boursiers
et les produits classiques, dérivés, intégrés, voire toxiques, qui s’échangent sur ces marchés
est appelée finance de marché.
La finance d’entreprise et la finance de marché ont, au fil du temps, développé chacune des
théories et des pratiques spécifiques.
Ce cours présente aux chapitre 1 et 2, les états comptables utiles à l’analyste financier pour
appréhender les situations statiques (bilan) et dynamiques (compte de résultat), et les états
économiques et financiers complétant l’information. Le chapitre 3 exposera les techniques
classiques d’analyse financière : analyse de l’activité de l’entreprise et analyse de la
profitabilité.
CHAPITRE 1 : LES ETATS COMPTABLES, OUTILS CLASSIQUES DE
L’ANALYSE FINANCIÈRE
L’analyse financière ne peut pas être faite ex-nihilo, elle doit se fonder sur des sonnées
qualitatives et quantitatives. Les données qualitatives portent sur la connaissance du métier de
l’entreprise et de son secteur d’activité. Les données quantitatives se trouvent, principalement,
mais pas exclusivement, dans le bilan, le compte de résultat et l’annexe légale de l’entité
analysée.
Les financiers ont l’habitude d’examiner le haut et le bas du bilan. Nous avons déjà dit que le
haut du bilan représente une certaine stabilité, et le bas une certaine volatilité. On peut
examiner l’importance relative de l’actif immobilisé et de l’actif circulant. Ce premier examen
n’est pertinent que si on a des points de repère :
─ Secteur d’activité de l’entreprise ;
─ Situation des concurrents.
Par exemple, la structure du bilan d’une entreprise de BTP sera caractérisée par l’importance
de l’actif immobilisé (du fait du matériel industriel nécessaire à l’activité) et le niveau élevé
des stocks (notamment ceux relatifs aux travaux en-cours). Inversement, une société de
formation professionnelle continue, aura un actif immobilisé faible (les seuls actifs
nécessaires à l’activité sont du matériel de bureau et informatique), aucun stock et des
créances clients élevées (en particulier si les sessions de formation sont dispensées auprès
d’organismes publics). La structure du bilan d’une entreprise peut être facilement analysée en
déterminant, comme nous l’avons vu précédemment les grandes masses du bilan et en les
exprimant en pourcentage du total du bilan. La lecture de l’actif immobilisé et de l’actif
circulant ne doit pas faire oublier les disponibilités : Quel est leur montant en valeur absolue ?
Quelle est leur importance relative par rapport au total du bilan ? Cette trésorerie est-elle
placée ? Une trésorerie élevée est un signe de santé de l’entreprise, mais c’est aussi parfois le
signe que les dirigeants n’ont ni projet ni stratégie et qu’ils ne savent pas quoi faire de leur
argent.
Lecture patrimoniale du bilan (bilan patrimonial ou bilan financier)
CAPITAUX PROPRES
La liquidité du bilan
La liquidité mesure la capacité de l’entreprise à faire face à ses engagements à court terme en
utilisant ses disponibilités ou des actifs aisément et rapidement cessibles ou des lignes de
crédits non tirées.
Ainsi, dans une optique patrimoniale, on classera les passifs par date de remboursement, les
actifs financiers par date d’échéance, et les autres actifs par degré de transformation en une
année.
A la liquidité incertaine de l’actif correspond l’exigibilité certaine des engagements.
La solvabilité
La solvabilité traduit l’aptitude de l’entreprise à faire face à ses engagements en cas de
liquidation, c’est-à-dire d’arrêt de l’exploitation et de mise en vente des actifs.
Le BFHAO est en général une composante mineure du BFR. Il est souvent lié aux
opérations de financement et d’investissement. Le BFHAO n’est pas stable car
dépendant d’éléments exceptionnels. Son caractère conjoncturel le rend peu
prévisible.
Lecture économique du bilan (bilan économique)
Les immobilisations
Le besoin en fonds de roulement d’exploitation
Le besoin en fonds de roulement hors exploitation
Stock Matières premières, marchandises, produits et travaux en cours,
produits finis
+Créances d’exploitation Créances clients, avances et acomptes versés sur commandes à
des fournisseurs, autres créances d’exploitation, charges
constatées d’avance, effets escomptés non échus
-Dettes d’exploitation Dettes fournisseurs, dettes fiscales et sociales, avances sur
commandes reçues de clients, produits constatés d’avance et
autres dettes d’exploitation
=Besoin en fonds de roulement
d’exploitation
L’actif économique
L’actif économique (actif opérationnel ou capitaux employés) = Immobilisations + BFR
L’actif économique est financé par deux grands types de ressources financières : les capitaux
propres et l’endettement net
Capital social Dettes bancaires et financières (obligations, prêts et comptes
+Primes d’émission, de fusion, d’apport courants d’actionnaires…) à moyen et long termes
+Réserves légales, statutaires, contractuelles +Engagements de crédit-bail
+Autres réserves +Ressources de trésorerie à court terme (escompte, concours
+Report à nouveau bancaires courants, effets escomptés non échus…)
+Résultat de l’exercice -Placements financiers (valeurs mobilières de placement)
-Disponibles (comptes caisse et banque)
= Capitaux propres = Endettement net
Immobilisations
Capitaux propres
Exemple : Soit la société UFR SED qui présente le Bilan ci-dessus au 31 / 12 / 2024.
Bilan par grandes masses de la société UFR SED
Actif Montant %Total Passif Montant %Total
Actif immobilisé 300 000 Capitaux propres 500 000
50% 84%
Dans toute entreprise il existe deux sortes d’emplois de capitaux : des emplois dits
réversibles : ce sont les postes figurant à l’actif du bilan : on peut acheter un immeuble à
l’aide de la trésorerie, et donc transformer des disponibilités en constructions, revendre
ultérieurement l’immeuble pour déposer les sommes reçues en banque, puis acheter des
marchandises avec ces sommes etc. Ces opérations sont théoriques neutres pour l’entreprise :
elles n’entrainent pas de variation du résultat : à côté de telles opérations, il existe des emplois
dits irréversibles : les sommes versées à titre de salaires aux employés, ou à titre d’impôt à
l’Administration fiscale sortent définitivement de l’entreprise. Dans le système comptable
OHADA, les charges et les produits sont classés par nature et répertoriés dans un plan de
comptes. Le tableau ci-dessus présente le compte de résultat en paysage.
NUMERO DE COMPTES
A INCORPORER DANS
REF LIBELLES LES POSTES
TA Ventes de marchandises + 701
RA A
Achats de marchandises - 601
RB Variation de stocks de marchandises -/+ 6031
XA MARGE COMMERCIALE (Somme TA à RB)
TB Ventes de produits fabriqués + 702, 703, 704
TC B
Travaux, services vendus + 705, 706
TD Produits accessoires + 707
XB CHIFFRE D'AFFAIRES (A + B + C + D)
TE Production stockée (ou déstockage) + 73
TF Production immobilisée + 72
TG Subventions d'exploitation + 71
TH Autres produits + 75
TI Transferts de charges d'exploitation + 781
RC Achats de matières premières et fournitures liées - 602
RD Variation de stocks de matières premières et fournitures liées -/+ 6032
RE Autres achats - 604, 605, 608
RF Variation de stocks d’autres approvisionnements -/+ 6033
RG Transports - 61
RH Services extérieurs - 62, 63
RI Impôts et taxes - 64
RJ Autres charges - 65
VALEUR AJOUTEE (XB +RA+RB) + (somme TE à RJ)
XC
RK Charges de personnel - 66
XD EXCEDENT BRUT D'EXPLOITATION (XC+RK)
TJ Reprises d’amortissements, de provisions et dépréciations + 791, 798, 799
RL Dotations aux amortissements, aux provisions et dépréciations - 681, 691
XE RESULTAT D'EXPLOITATION (XD+TJ+ RL)
TK Revenus financiers et assimilés + 77
TL Reprises de provisions et dépréciations financières + 797
TM Transferts de charges financières + 787
RM Frais financiers et charges assimilés - 67
RN Dotations aux provisions et aux dépréciations financières - 697
XF RESULTAT FINANCIER (somme TK à RN)
XG RESULTAT DES ACTIVITES ORDINAIRES (XE+XF)
TN Produits des cessions d'immobilisations + 82
TO Autres Produits HAO + 84, 86,88
RO Valeurs comptables des cessions d'immobilisations - 81
RP Autres Charges HAO - 83, 85
RESULTAT HORS ACTIVITES ORDINAIRES (somme TN à
XH
RP)
RQ Participation des travailleurs - 87
RS Impôts sur le résultat - 89
XI RESULTAT NET (XG+XH+RQ+RS)
Résultat HAO(RHAO)
Résultat Financier
C’est le résultat lié aux opérations financières de l’entreprise.
Résultat financière (UG)= Total produits financiers – Total charges financières
Charges financières Lettrage Produits financiers Lettrage
Frais financier et charges assimilées RM Revenus financiers et assimilés TK
+dotation aux prov. Et dep. à finan. RN +Reprise de prov. Et dep. Finan. TL
+transfert de charges financières TM
Total charges 5 Total produits 5
Résultat Financier (UG) = Produits financiers – charges financières
Résultat des activités ordinaires
C’est le résultat lié à l’activité normale de l’entreprise.
Résultat des activités ordinaires (UI)= total des produits AO – Total des charges AO
= Résultat d’exploitation + Résultat financier
Résultat Hors activités ordinaires
C’est le résultat lié à l’activité exceptionnel de l’entreprise.
RHAO (UP) = Total des produits HAO – Total des Charges HAO
Charges HAO Lettrage Produits HAO Lettrage
Val. comptable de cession des immob. RO Produit de cession d’immobilisation TN
+ autres charges HAO RP + Autres Produit HAO TO
Total des Charges HAO total des produits HAO
RHAO(UP) = Total des produits HAO – Total des Charges HAO
Résultat Net
C’est le résultat après impôt.
C’est le résultat après déduction de l’impôt sur le bénéfice qui figure dans les
capitaux propres et qui donnera lieu à répartition.
Résultat net (UZ) = RAO +RHAO - Participation des travailleurs - impôt sur résultat
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Charges Lettrage Produits Lettrage
Participation des travailleurs RQ RAO XG
+impôt sur résultat RS RHAO XH
Total charges 6 Total Produits 6
Résultat net = Total Produit 6 – Total charge 6
N° Cpte
N° cpte CHARGES Mt PRODUITS Mt
601 Achat de marchandises (-6019) 701 Ventes de marchandises
6031 + variation de stocks (SI – SF)
Marge brut sur marchandises = ………………………….
6021-6024 Achats de matières et fournitures liées 702 à 704 Ventes de produits fabriqués
6029 - RRR obtenus 705 Travaux facturés
6032 + variation des stocks 706 Services vendus
72 Production immobilisée
73 Production stockée
Marge brut sur matières = ……………………….
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Charges Montants Produits Montants
Frais financiers (67 sauf 676) EBE
Pertes de change (676) Transferts de charges d'exploitation (781)
Charges HAO (83) Revenus financiers (77 sauf 776)
Participation des salaries (87) Gains de change (776)
Impôts sur le résultat (89) Transferts de charges financières (787)
Produits HAO (84, 88 sauf 848)
Transferts de charges HAO (848)
Total (I) Total (II)
CAFG = Total (II)-Total (I)
2.2. L’autofinancement :
Définition :
L’AF est un solde financier qui présente la trésorerie potentielle créée par l’entreprise
à partir de ses activités après les distributions de dividendes.
Formule de calcul :
AF = CAFG – Distribution de dividendes
Il s’agit des dividendes de l’exercice N-1 mis en payement dans l’exercice N et des acomptes
sur dividendes de l’exercice N.
Exemple :
Une entreprise présente les données suivantes :
─ ventes de marchandises : 200 000 dont 70% réglés comptant ;
─ achats de marchandises : 120 000 dont 80% réglés comptant ;
22
─ frais de personnel : 30 000 ;
─ dotation aux amortissements : 10 000.
TAF :
1.déterminer le résultat net
2.Déterminer la CAFG
3.Déterminer la trésorerie
23
- Les ratios de rotation.
Ce ratio A1 traduit essentiellement le poids des capitaux fixes dans le patrimoine. Il est
supérieur ou égal à 20%. Il reflète de façon indirecte l’intensité capitalistique de l’activité.
C’est pourquoi il atteint ses valeurs les plus élevées pour les entreprises appartenant à des
branches d’activité qui requièrent la mise en œuvre d’infrastructures importantes ou
d’équipements coûteux : production ou distribution d’énergie, transports terrestres, aériens,
maritimes… Il atteint également des valeurs élevées pour les industries « lourdes » (la
sidérurgie par exemple), pour des activités exigeant d’importants investissements immobiliers
(hôtellerie…) ou fonciers (exploitations agricoles en faire valoir direct).
A l’inverse, les valeurs observées sont faibles pour des entreprises dont l’activité requiert un
faible niveau relatif d’immobilisations.
Le recours au crédit-bail permet d’utiliser des équipements sans « alourdir » la structure de
l’actif.
25
Sur un plan technique, il faut enfin souligner que l’évaluation de ce ratio est affectée par le
retraitement des effets escomptés et non échus exclus du « bilan comptable » mais qui
devraient être réintégrés au « bilan financier », modifiant ainsi le numérateur et le
dénominateur du ratio.
En fin de compte, les ratios définis sur l’actif reflètent la composition du patrimoine
économique de l’entreprise. Or cette composition apparait très largement influencée par des
caractères structurels liés au secteur d’activité et aux contraintes technico-économiques qu’il
impose (longueur de la période de production, intensité capitalistique, habitudes de
règlement…), même si des évolutions conjoncturelles, les choix propres aux dirigeants de
l’entreprise et l’efficacité de leur gestion peuvent infléchir les structures sectorielles dans un
sens plus ou moins favorable.
26
- l’autonomie financière reflétée par la comparaison entre fonds propres et capitaux
empruntés.
Capitaux permanents
P 1=
Passif total
Le calcul de ces deux ratios soulève divers problèmes techniques qui peuvent affecter
l’interprétation des résultats auxquels on parvient.
En premier lieu, certains analystes proposent de calculer P1 en incluant dans le montant des
capitaux permanents l’ensemble des amortissements cumulés pratiqués sur les
immobilisations figurant à l’actif. Symétriquement, ces immobilisations figureraient alors à
l’actif pour leur valeur brute.
En deuxième lieu, le montant des capitaux propres retenus au numérateur de P1 doit-il inclure
l’ensemble des provisions pour risques et charges inscrites au passif ? A ce sujet, il faut
observer que certaines provisions couvrent des risques « réels » et « prochains ». Elles
constituent des ressources instables, destinées à être consommées à court terme, dès lors que
ces risques viendraient à se concrétiser effectivement.
Les provisions pour risques et charges qui ont un caractère de réserve sont inscrites dans les
capitaux permanents. Par contre, celles qui présentent un caractère instable dans les dettes à
court terme.
Endettement total
P4 = =1−P3
Passif total
Les indicateurs concernant l’autonomie à terme sont cependant plus significatifs que les
précédents parce qu’ils permettent d’analyser de façon précise la structure des capitaux
permanents, beaucoup plus homogènes quant à leur nature puisqu’ils présentent tous un
caractère financier. Il doit être inférieur à 1.
Quatre formules de ratios fournissent des indications à peu près identiques et pourraient donc
être parfaitement substituables :
Capitaux propres
P 5=
Capitaux permanents
Et encore :
Capitaux propres
P 7=
Dettes à long et moyen terme
De ces quatre formules, c’est cependant la dernière ( P8) qui connait la plus large diffusion
puisqu’elle correspond au fameux ratio de levier (leverage ratio). Dans la pratique, ce ratio
(ou un des trois ratios qui lui sont substituables) permet donc à la fois :
─ de mesurer la façon dont une entreprise recourt à « l’effet de levier » ;
─ d’apprécier la capacité d’endettement de l’entreprise puisque cette dernière atteindrait
la saturation lorsque P8 se rapproche de 1 (les possibilités d’endettement
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supplémentaire seraient ainsi d’autant plus larges que P8 présente des valeurs faibles
entre les bornes 0 et 1).
Capitaux permanents
S1 =
Actifs immobilisés nets
Lorsque le rapport est > 1, le ratio exprime un fonds de roulement positif. Cependant, lorsque
ce dernier est < 1, il atteste d’une insuffisance en ressources permanentes et une insuffisance
en fonds de roulement.
Une autre manière d’apprécier l’équilibre financier de l’entreprise passe à travers le ratio
suivant :
Ressources Stables
S2 =
Emplois stables+ BFE
Lorsque ce ratio est < 1 et le ratio précédent est > 1, l’entreprise doit en principe recourir à des
concours bancaires en vue de faire face à l’excédent des besoins de financement
d’exploitation sur les ressources durables.
29
d’un an). En rapprochant ainsi les liquidités potentielles et exigibilités potentielles ces ratios
éclairent bien les conditions d’équilibre financer à court terme.
Le ratio souvent désigné comme « ratio de liquidité générale » ou « ratio de fonds de
roulement », il indique la dépendance vis-à-vis des entrées de trésorerie d’une entité. Plus la
valeur de ce ratio est important, moins l’entité est exposée. Il doit être supérieur ou égal à 1.
'
Actifs à moins d un an
S3 = '
Dettes à moins d un an
Il prend donc en considération, de la façon la plus large, tous les éléments qui concourent à la
détermination de l’équilibre financier. Lorsque S3 dépasse 1, l’entreprise maintient un fonds
de roulement net positif. Une telle situation correspond alors à un excédent des liquidités sur
les exigibilités et peut apparaitre comme favorable en termes d’équilibre financier. Mais,
comme pour l’appréciation du fonds de roulement net, il faut également dans l’interprétation
de ce ratio S3, prendre en compte le « degré de liquidité » des actifs circulants et le « degré
d’exigibilité » des dettes à court terme tels que les ratios de rotation présentés ci-dessous
permettent de les mesurer.
Les ratios S4 et S5 se prêtent à une analyse plus serrée des ajustements financiers à court
terme.
Créances+ disponibilités
S4 = '
Dettes à moins d un an
Ce ratio, comme le précédent, permet d’éclairer les conditions dans lesquelles les actifs les
plus liquides permettent de « couvrir » les dettes à court terme, c’est-à-dire d’assurer le
remboursement futur de ces dernières. Contrairement au ratio précédent, S4 ne prend pas en
compte l’ensemble des sources de liquidité potentielle puisqu’il n’intègre pas les stocks.
Ce ratio mesure ainsi la fraction des dettes à court terme qu’il serait possible d’éteindre en
recouvrant les créances réalisables à moins d’un an et en utilisant l’encaisse disponible. En ce
sens il correspond bien à un « ratio de liquidité restreinte ou relative ».
Disponibilités
S5 = '
Dettes à moins d un an
Ce ratio de « trésorerie immédiate » mesure la part des dettes à court terme qui pourrait être
instantanément remboursée par prélèvement sur l’encaisse déjà disponible. Quoiqu’il soit
fréquemment mentionné, il semble présenter un intérêt opérationnel limité du fait de son
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ambiguïté et de remarques qui évoquent celles déjà développées ci-dessus à propos du ratio S5
.
Une valeur élevée de ce ratio peut très bien être analysée comme le signe d’une utilisation peu
performante des liquidités dont une part élevée est détenue sous forme d’encaisses oisives. En
outre, une valeur élevée ce même ratio ne suffit pas à garantir des conditions favorables de
solvabilité si les autres actifs circulants sont peu liquides.
Une valeur faible du ratio peut au contraire s’avérer parfaitement compatible avec le maintien
de la solvabilité si l’entreprise minimise le montant de son encaisse oisive, mais détient par
ailleurs des valeurs de placement, des créances et des stocks aisément mobilisables, compte
tenu de l’exigibilité des dettes à court terme.
commerciale. En effet, une marge élevée permet d’engager des charges sans souci et un
meilleur service commercial. Cependant, une marge trop serrée ne permet pas à l’entreprise
d’être à l’aise dans l’engagement de ses charges.
31
Marge brute sur ventes
ℜ1=
Ventes de marchandises
Par ailleurs, cet indicateur permet à l’entreprise de se comparer aux autres entreprises du
même secteur et de juger de sa performance commerciale par rapport aux autres entreprises :
soit aux meilleures soit à la moyenne. En effet, une augmentation du taux de marge
accompagnée d'une diminution du produit des ventes de marchandises signifie que
l’entreprise essaye de préserver ses marges commerciales grâce à une augmentation du prix.
A contrario, un taux de marge en chute accompagné d’une augmentation du produit des
ventes de marchandises ou du chiffre d’affaires commercial, traduit probablement une baisse
des prix en vue d’un élargissement de la part de marché.
ℜ6=¿ ¿
Les indicateurs de rentabilité économique permettent d’éclairer les investisseurs sur la
rémunération des capitaux nécessaires à l’exploitation. Or, ces indicateurs ne sont pas
significatifs pour tous les utilisateurs de l’analyse financière. A titre d’exemple, les apporteurs
de capitaux sont intéressés par la rentabilité financière et plus précisément par la rémunération
que leur apporte l’activité dans sa globalité.
33
[Link] RATIOS DE ROTATION
Les ratios de rotation relèvent de l’analyse statique du bilan en termes de stocks et non pas en
termes de flux. Toutefois, ils fournissent des informations d’ordre dynamique en introduisant
la variable temps dans l’analyse du bilan et la mise en évidence du rythme de renouvellement
de certaines des composantes du bilan. Pour des besoins d’analyse, trois types de ratios sont à
envisager :
- Les ratios de délais de rotation des stocks,
- Les ratios des délais clients,
- Les ratios des délais fournisseurs.
Stocks de Stocks de
Stocks
Approvisionnements matières produits Ventes
d’encours
premières finis
Production
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Délai de rotation du stock
' Stock moyen 1
R 1= =
Approvionnement HT R1
Exprimé en années (x1), mois (x12), jours (x360). Techniquement, il faut préciser les trois
points suivants :
- le ratio doit être établi avec des unités parfaitement homogènes au numérateur et au
dénominateur, soit en coût de revient hors taxes, puisque c’est sur cette base que le
stock est évalué au bilan ;
- par ailleurs, et en l’absence d’indications plus précises sur l’évolution intra-annuelle
du stock, on évaluera le stock moyen en utilisant la formule suivante :
Stock initial+ Stock final
Stock moyen=
2
Cette formule repose sur une hypothèse de croissance linéaire du stock sur la période
considérée. Malgré son caractère approximatif, elle représente souvent le seul moyen
d’estimation du stock moyen pour un analyste externe.
─ Le flux d’approvisionnement peut être mesuré de deux façons :
selon l’évaluation la plus rigoureuse, il correspond au coût de revient des
marchandises vendues. Mais une telle évaluation requiert des indications
analytiques ou fonctionnelles qui ne sont pas directement fournies par le
compte de résultat ;
à défaut, l’analyste pourra assimiler cet approvisionnement à la consommation
du stock de matières premières, d’encours, de marchandises, etc. Il calcule
alors :
Consommation=achats+stock final−stock initial
Approvisionnement ou Achats consommés de l' exercice=¿
Achatsde marchandises+ ¿−variationdes stocks de marchandises
Achats de matières premières et fournituresliées +¿−variation de stocks de matières premières et fournitureslié
Autres achats+¿−variation de stocks d ’ autres approvisionnements
Approvisionnement HT =L’ ensemble des achats ×(1−TVA )
35
[Link] rotation des créances commerciales
L’encours de créances commerciales correspond principalement aux « créances clients et
comptes rattachés ». Ce poste de l’actif est renouvelé par l’effet conjugué d’un flux
« d’entrée » correspondant aux ventes qui conduisent à accorder des délais de règlement (et
donc à enregistrer de nouvelles créances), et à un flux de « sortie » correspondant aux
recouvrements qui permettent au contraire de transformer en monnaie des créances
antérieurement acquises.
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Approvisionnements TTC
R 3=
Encours moyende crédit fournisseurs
37
CONCLUSION
De façon générale, un ratio isolé ne présente aucun intérêt. L’appréciation du bilan par la
méthode des ratios nécessite l’existence de références externes et internes qui serviront de
base de comparaison avec les informations recueillis sur les entreprises étudiées. Les
références externes concernent l’identification d’entreprises témoins externes et de normes
sectorielles moyennes ou médianes.
Les références internes, par contre, apportent plus éclaircissement sur l’analyse financière des
entreprises. Ces références correspondent alors à deux types d’orientation analytique :
- la prise en considération des valeurs passées prises par les ratios et à leur évolution
dans le temps ;
- la description de valeurs correspondant à des objectifs affichés par la direction de
l’entreprise. On cherchera alors à déterminer la convergence ou la divergence des
valeurs effectivement observées par rapport aux objectifs établis.
Malgré les principales critiques formulées à l’encontre de l’analyse financière du bilan par la
méthode des ratios que sont son caractère figé (bilan arrêté à une date donnée) trop tourné
vers le passé et le présent, et, sa portée juridico-économique, l’appréciation de la situation
financière bénéficie de conditions d’application suffisamment évolutives et efficaces pour
conserver une indéniable utilité au service de l’analyse financière, de la gestion financière et
de l’analyse économique des comportements d’entreprises.
38
ANNEXES : TRAVAUX DIRIGÉS
TRAVAUX DIRIGES N°1
Le comptable de la société ART a adressé le bilan condensé suivant au 31/12/N.
Bilan en KF
Actif Net Passif Net
Immobilisation corporelle 550 000 Capital social 860 000
Immobilisation financière 280 000 Résultat 80 000
Stock de marchandises 130 000 Dette financière à LT (Emprunt) 100 000
Créance 160 000 Dette fiscale et sociale 30 000
Trésorerie 70 000 Dette fournisseur 120 000
Total 1 190 000 Total 1 190 000
Précisons que l’entreprise n’est pas soumise à la fiscalité BIC et la TVA est de 18%.
- Le chiffre d’affaires TTC = 480 000,
- Achat de la période TTC = 600 000,
- SI= 300 000,
- Dotation aux amortissements = 70 000.
TAF :
[Link] les ratios suivants :
a. L’intensité capitalistique,
b. La liaison financière,
c. D’équilibre financier.
2.Déteminer les ratios suivants :
a. La vitesse de rotation de stock et le délai de rotation de stock,
b. La vitesse de rotation des créances et le délai de recouvrement des créances,
c. La vitesse de rotation des dettes fournisseurs et le délai de règlement des fournisseurs.
NB : Commenter tous les ratios.
39
TRAVAUX DIRIGES N°2
Le bilan financier détaillé de l’entité SOTAMA se présente ainsi :
Bilan financier détaillé
ACTIF PASSIF
Frais de recherche et développement 127 750 Capital 1 400 000
Brevets, licences, logiciels 22 500 Primes d’apport, d’émission, de fusion 3 000
Fonds commercial 100 000 Réserves Légales (400 00 + 20 000 + 371 090) 791 090
Autres immobilisations incorporelles - Provisions réglementées et fonds assimilés 7 000
Terrains 232 000 Ecart de réévaluation 129 800
Bâtiments 1 148 125
Installations et agencements -
Matériel 286 350
Matériel de transport 708 000
Immobilisations financières 208 800
Stocks outil 15 000
Créances à + 1an 5 000
TOTAL ACTIF IMMO 2 853 525 TOTAL CAPITAUX PROPRES 2 330 890
Stock flottant 310 000 Emprunts 70 000
Créances et emplois assimilés 95 000 Provisions pour risques et charges 5 000
Fournisseur à +1an 10 000
TOTAL TRESO. ACTIF 380 000 TOTAL PASSIF CIRCULANT 1 101 635
TRESORERIE-PASSIF 121 000
TOTAL ACTIF 3 638 525 TOTAL PASSIF 3 638 525
Travail à faire
1. Calculer le ratio de couverture des immobilisations. Commenter le résultat.
2. Calculer et commenter les ratios suivants
Autonomie financière
Liquidité générale
Solvabilité générale
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TRAVAUX DIRIGES N°3 : La société AMOUDÉ
L’entreprise de distribution AMOUDÉ a réalisé en 2018 un chiffre d’affaires hors taxes de
55 000 000 000 FCFA. Son bilan comportait au 31 décembre les éléments (milliers de [Link])
suivants :
Exercice 2018 Exercice 2017
Stocks de Marchandises 20 500 000 18 000 000
Créances commerciales 35 000 000 30 500 000
Fournisseurs 25 000 000 19 000 000
Son fonds de roulement net se montant à 40 000 000 000 à fin 2018. Cette entreprise
assujettie à un taux de TVA uniforme de 18% sur ses ventes et ses consommations dégage
une marge commerciale de 25% sur son prix de vente hors taxes.
Quelles pourraient être les incidences sur la situation financière d’un investissement prévu
pour le début de 2019 et présentant les caractéristiques suivantes :
- valeur d’acquisition des nouvelles immobilisations : 38 000 000 000 FCFA (ces biens
sont amortissables en linéaire sur 10 ans) ;
- croissance attendue du chiffre d’affaires du fait de l’investissement : 22 000 000 000
HT [Link] ;
- augmentation attendue du bénéfice net attendue du fait de l’investissement :
2 000 000 000 [Link].
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TRAVAUX DIRIGES N°4: La société AMOBLA
L’entreprise de distribution AMOBLA présente les bilans suivants au 31 décembre 2017 et
2018 (milliers de [Link]).
On indique en outre que les dividendes versés au titre de 2017 et 2018 se montaient
respectivement à 80 000 000 et 110 000 000 [Link]. Le chiffre d’affaires s’est établi à
5 500 000 000 et 6 500 000 000 [Link] hors taxes pour les deux exercices. Le stock se
montait à 1 200 000 000 [Link] au début de 2017. Enfin, la société est soumise à un taux de
TVA de 19,60% que l’on supposera uniforme sur ses achats et ses ventes. La marge
commerciale représente 25% du prix de vente HT.
TAF :
1. Calculer le FRN, le BFR et la trésorerie.
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2. Déterminer les ratios suivants :
La vitesse de rotation de stock et le délai de rotation de stock,
La vitesse de rotation des créances et le délai de recouvrement des créances,
La vitesse de rotation des dettes fournisseurs et le délai de règlement des fournisseurs.
NB : Commenter tous les ratios.
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BIBLIOGRAPHIE
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portefeuille et marchés financiers », Pearson, 2e édition, p. 638.
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Sélectionner l’investissement ; Financer le Projet », Editions d’Organisation, p.
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