Chapitre 5
L’analyse positive des organisations : Typologies des organisations
Les catégories du sens commun proposent des découpages qui permettent une compréhension
rapide ; l’étiquetage usuel distingue ainsi : l’école, l’église, l’armée, l’entreprise… il a pour
fonction de permettre une communication instantanée. Mais on doit à son sujet faire quelques
remarques.
Tout d’abord ces catégories sont des abstractions qui simplifient la complexité des objets
sociaux concrets. Ainsi l’armée comporte différents corps (air, terre, marine) obéissant à des
traditions différentes.
En second lieu ces catégories sont très globales et doivent être spécifiées pour éviter des
confusions graves : à niveau égal une école publique et une école privée religieuse ne sont pas
entièrement identiques.
En troisième lieu l’expérience nous enseigne qu’il est quelquefois difficile de faire entrer une
organisation particulière dans une catégorie : ainsi une grande école privée est-elle une
entreprise de service ?
Ces remarques montrent que les catégories peuvent tout aussi bien favoriser comme inhiber la
compréhension des organisations.
Aussi les analystes des organisations ont été amenés à créer des typologies permettant de
regrouper les organisations en classes. Ces classes constituent un niveau intermédiaire entre
les catégories usuelles et les études de cas d’organisation.
La construction d’une typologie segmente le monde des organisations sur la base de
dimensions ou de variables. Les variables retenues doivent :
- Poser des distinctions non ambiguës, c'est-à-dire opérer une différenciation claire
entre les catégories d’organisations,
- Être significatives, c'est-à-dire porter sur des traits essentiels des organisations.
Ces deux critères ne sont pas d’application évidente. La clarté souhaitable des distinctions se
heurte au caractère souvent hybride des organisations concrètes. Le critère de pertinence des
bases typologiques renvoie à la définition même de ce qu’est une organisation or on a vu que
cette définition était objet de débats.
Cette difficulté à établir les bases d’une typologie explique le nombre important de typologies
des organisations que l’on peut recenser dans la littérature sur les organisations.
A ce jour on dispose de multiples essais typologiques, utiles, mais pas d’une forme finale et
aboutie de classement des organisations, c’est-à-dire d’une taxonomie des organisations.
Les typologies les plus marquantes privilégient les relations de l’organisation avec son
environnement ou bien les relations sociales internes à l’organisation. Quelques typologies
croisent ces deux aspects.