Droit Civil Des Biens
Droit Civil Des Biens
Le régime général des biens porte surtout sur le commentaire du livre II du code civil.
L’étude portera sur les objets matériels de point de vue juridique et sur les droits qui
frappent ces objets.
Le code civil livre II constitue une charnière entre le live I consacré aux personnes et
le livre III traitant des contrats et des obligations.
Soulignons d’embler que dans le livre II, le législateur a étudié certains modes d’acquisitions
de la propriété ainsi que d’autres droit réels notamment dans les arts 16, 21 à 28, 36 à 37.
Relevons toutefois que la règlementation de certains droits réels démembrés,
l’emphytéose, la superficie contient des dispositions sur les différentes procédés de la
constitution de ces droits ce qui relève plutôt du livre III que du livre II (arts 74, 75 sur
emphytéose, l’art 84 sur la superficie).
-d’une part, désigner les objets matériels, les choses susceptibles d’appropriation, les
définir et les soumettre à un système de classification accessible aux étudiants ; d’autres
part, définir les droits qui peuvent frapper ces biens ou encore fixer les rapports qui peuvent
s’établir entre l’individu, sujet de droit, et les objets du monde matériel, dé »terminer dans
quelle mesure et sous quelle forme ces objet sont susceptibles d’appropriation.
1- Les définitions, les classifications des biens ainsi que leurs qualification c'est-à-dire la
distinction fondamentale entre les meubles et les immeubles ;
2- Des choses corporelles qui en sont l’objet naturel ou encore exclusif, la distinction
des droits portant sur les choses, mais aussi certaines relations juridiques appelées meubles
incorporels : tout ce qui est susceptible d’appropriation, tout ce qui a une valeur
économique sera introduit dans la classification meubles-immeubles qui est fondamentale
puisqu’elle concerne les règles très diverses telles que la capacité et les pouvoirs requis pour
l’accomplissement d’actes juridiques sur les biens, la publicité des transactions ; la
règlementation des sûretés réelles, les régimes matrimoniaux, les règles de compétence en
droit judiciaire, la perception des droits de nature fiscale, etc.
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INTRODUCTION GENERALE
Les choses sont tous les objets qui se trouvent dans l’univers physique hormis
l’homme.
Le concept biens désignent des choses surtout celles qui sont susceptibles d’appropriation.
Ainsi, l’air, la lumière, sont des choses mais pas des biens puisqu’elles n’appartiennent à
personne ; sous réserve des dispositions légales ou règlementaires qui en déterminent la
jouissance, et des concessions particulières qui peuvent toujours être accordées par
l’autorité publique, la faculté d’en user est commune à tous.
Le concept biens implique un jugement de valeur économique ; les biens étant les
choses susceptibles d’être appropriées par l’homme parce que cette appropriation est jugée
comme le meilleur moyen de les utiliser. A ce stade, la notion de bien implique une relation
juridique entre l’individu et la chose c’est le cas du droit de propriété.
Au bien-droit sur une chose matérielle, est assimilé d’autres droits subjectifs ayant
aussi une valeur économique : si la propriété d’une pièce d’or est un bien, l’obligation où se
trouve, l’obligation que mon amie Emilie a de me remettre une pièce d’or que je lui ai prêtée
peut aussi être un bien. Ainsi, la créance, obligation personnelle, a été rangée parmi les
biens. Ceci est très compréhensible lorsqu’il s’agit de l’obligation de donner. Une créance
liquide et exigible est équivalente à la possession des espèces, sous la seule réserve de la
solvabilité du débiteur. Mais, même les obligations de faire ont une valeur économique et
par conséquent le créancier d’une telle obligation peut se penser être maître du bien.
Au cours du XIXe siècle, une nouvelle catégorie, essentiellement incorporels est apparus
grâce à l’octroi de droits de la propriété intellectuelles et on les a assimilés aux droits sur les
choses (droits réels) en raison d’un élément qui leur es commun : ils sont les uns et les
autres opposables à quiconque, n’ayant pas, comme l’obligation personnelle, un destinataire
exclusif appelé débiteur.
De ce qui précède, nous disons que : le concept bien désigne toute valeur
économique susceptible d’appropriation ou d’appartenance et réglementée par le droit
dans la mesure où cette valeur est juridiquement protégée. Cette valeur n’a pas
nécessairement une chose pour abstrait, il est dès lors inexact d’affirmer que les biens ne
constituent qu’une espèce de choses.
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SECTION I : LA CLASSIFICATION DES DROITS SUBJECTIFS :
Tous les biens ne représentent pas une valeur économique. Il faut exclure les droits
de la personnalité qui, en principe, ne sont pas des biens, ce qui entraine diverses
conséquences par ex. l’incessibilité, l’impossibilité pour les créanciers d’exercer de tels droits
pour leur débiteur, etc.). Toutefois, la lésion de ces droits peut être réparée à l’aide d’une
indemnité pécuniaire, qui sera, elle, une valeur économique.
Cette dernière catégorie de droit est mixte ; ils représentent une valeur économique, mais
comportent aussi un élément moral qui est le droit d’auteur sur une œuvre de l’esprit et qui
peut être classé parmi les biens. Par biens il faudrait donc entendre tous les droits subjectifs
patrimoniaux (cfr. Art 1er CCLII).
La distinction entre droit réel et droit de créance est traditionnelle. Tous les droits
subjectifs se caractérisent par « l’appartenance-maîtrise ». Quand il s’agit de droit réel, celle-
ci s’exerce directement sur une chose matérielle. Le droit réel se définit comme un faisceau
de prérogatives reconnues à un sujet qui les exerce sur une chose.
Par contre, le droit de créance est une obligation personnelle, c'est-à-dire un droit qu’une
personne peut faire valoir à l’égard d’une autre. Quand bien même il s’agit d’une obligation
de donner, le débiteur de la chose s’interpose, comme un écran, entre les personnes
(physiques ou morales), sujets de droit.
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chose. Sous cet angle, la matière des biens a pour objet primordial les droits sur les choses
matérielles. Seul l’usufruit suscite quelques réserves à cet égard.
Le droit de propriété est parmi les droits réels celui qui donne un pouvoir tellement
absolu qu’il a été identifié à la chose elle, ex. ma voiture, mon sac..
A. le cadre : LE PATRIMOINE
1. La classification du patrimoine :
a)Définition : le patrimoine est l’ensemble des droits et charges appréciables en argent qui
ont pour sujet actif et passif la même personne.
c)Conséquences de ce caractère :
-les dettes qui font partie du patrimoine grèvent tous les éléments actifs du
patrimoine : c’est ce qu’exprime l’art 1 du Décret hypothécaire du 15 mai 1922 reproduisant
les arts 7 et 8 de la loi hypothécaire belge.
-Le décès du titulaire du patrimoine entraine la transmission aux héritiers de
l’ensemble du patrimoine entraîne la transmission aux héritiers de l’ensemble du
patrimoine, dans l’état où il se trouve au moment du décès. Cette transmission porte sur le
passif comme sur l’actif.
De ce qui précède, on note qu’il existe un lien intime entre la personne et le patrimoine et
de ceci, il découle 4 conséquences fondamentales :
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La cohésion du patrimoine provient, non plus de ce qu’il serait une émanation de la
personnalité, mais de l’affectation de certains groupes de biens par leurs propriétaires à un
objet déterminé. Ce n’est plus l’unité de personne mais l’unité d’objet qui implique la
cohésion du patrimoine. On est ainsi amené à admettre la multiplication des patrimoines
ayant pour sujet actif et passif une même personne la jurisprudence et la législation
évoluent en ce sens.
Les droits réels et les droits de créance qui entrent dans le patrimoine sont, pour la plupart
prescriptibles puisqu’ils sont susceptible de se perdre par l’effet d’une prescription extinctive
par leur non-usage pendant un temps prolongé. Seul le droit de propriété échappe à cette
règle.
A côté de ces éléments patrimoniaux, il existe d’autres appelés « pures facultés ». Ce sont les
droits dont le titulaire peut négliger d’exercer pendant un temps si long soit-il sans aucun
danger car ils ne sont pas susceptibles de s’éteindre par prescription : Ce sont : le
principalement le droit de propriété, de construire sur son fonds enclavé, d’acquérir la
mitoyenneté d’un mur jointif, de demander le bornage de 2 fonds voisins, de demander la
partage des biens dont on est copropriétaire.
Le patrimoine se compose d’un actif (droits et biens) et d’un passif (obligations et charges).
Mais ces éléments ne font partie du patrimoine que pour autant qu’ils soient appréciables
en argent. Sont exclus du patrimoine, les droits qui ne sont pas appréciables en argent, ce
sont les droits de famille (puissance paternelle, droits relatifs à l’état) et les droits à
caractère politique (droit à la liberté, droit de vote, etc.
3-Conséquence de ce caractère :
Du fait que tous les éléments du patrimoine peuvent être ramenés à une valeur en argent, ils
ont les uns les autres une certaine Fongibilité. Ce caractère fongible explique deux
institutions fondamentales, celle des dommages et intérêts pour inexécution d’une
obligation de faire et la théorie de la subrogation réelle.
-La subrogation est une fiction juridique qui a pour effet de substituer dans un patrimoine
certains biens à d’autres, en les soumettant au même régime juridique que ceux dont ils
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prennent la place. La subrogation réelle s’opère de chose à chose, par opposition à la
subrogation personnelle qui ne s’opère que de personne à personne.
La doctrine moderne considère que la subrogation réelle doit être admise, même en
l’absence de texte, chaque fois qu’elle a pour effet, soit de conserver à certains biens soumis
à une destination spéciale leur affectation particulaire, soit d’assurer la restitution d’une
universalité des biens.
Ainsi, se sont succédé : la monnaie valeur de métal, monnaie de papier d’échange appelé
billet de banque, chèques etc.
Les espèces monétaires appartiennent à la classe des biens. Une des caractéristiques de ce
bien est qu’il permet d’évaluer tous les autres : soit les biens matériels, les choses, soit la
valeur économique d’un droit de créance, (obligation de faire ou de donner) ou d’un droit
intellectuel : brevet d’invention, droit d’auteur, soit la valeur des droits démembrés (valeurs
de l’usufruit, de la nue propriété d’un bien).
On affirme généralement que dans le code civil de 1804 s’exprime une doctrine économique
mettant l’accent sur la propriété immobilière.
Cette division des biens en meubles et immeubles tendrait à assurer un régime plus
favorable à la seconde catégorie des biens.
Cette doctrine économique ne trouve guère à s’appliquer dans le Livre II du code civil
congolais sinon peut être par le soin plus grand avec lequel le législateur a défini les
immeubles.
Il faut toutefois noter que c’est dans d’autres parties du code que cette règle s’applique, et
notamment dans la matière des personnes (pouvoirs du tuteur et du représentant légal) et
dans la matière de régime de publicité instrumentaire auquel sont assujetties les
transactions immobilières ne s’expliquant pas seulement par une doctrine économique
jugée périmée, mais encore par les possibilités techniques : la propriété immobilière peut,
par sa fixité et grâce à l’identification des parcelles dont elle se compose, faire l’objet d’une
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publicité efficace ; de même, en ce qui concerne le régime matrimonial, l’attribution des
meubles à la communauté se justifie déjà par la difficulté qu’il aurait à identifier l’origine de
ces biens ; quant aux pouvoirs du tuteur, notons seulement que les valeurs mobilières,
moins stables que les biens fondés doivent aussi circuler plus rapidement.
On peut constater dès lors, que la distinction des meubles et immeubles ne se fonde pas
seulement sur une doctrine économique mais également sur certains caractères découlant
de la nature même des deux espèces de choses visées sous ces catégories.
TITRE I
LES PRINCIPALES DEFINITIONS ET CLASSIFICATIONS DES BIENS
Certaines classifications sont propres aux choses, d’autres sont communes aux choses et aux
droits, d’autres enfin sont propres aux droits.
CHAPITRE I
LA CLASSIFICATION PROPRE AUX CHOSES
Plusieurs classifications peuvent être proposées : celle fondée sur l’appropriation des choses,
les autres sur leur utilisation, l’autre enfin sur les rapports établis par la loi entre les biens
eux-mêmes.
Le code civil règlement l’utilisation des choses par diverses voies d’appropriation, il
faut entendre par là leur utilisation privative par des individus, personnes physiques ou
morales de droit privé. On peut distinguer :
-Les choses communes,
-les biens vacants et sans maître
-les choses qui, en raison de leur nature ou de la détermination de la loi, sont
soumises aux modes d’administration du droit public.
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Toutefois notons ces choses sont susceptibles d’appropriation sous réserve des règlements
et sous certaines formes (air liquide, le sel extrait de l’eau salée de certaines mers). Les
choses communes présentent cependant cette particularité de pouvoirs être utilisées
indépendamment de toute appropriation véritable art 19 CCLII.
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La législation congolaise ne traite pas actuellement des trésors. Toutefois, le code civil belge
(art 716) délimite la notion et règle l’attribution du trésor. On peut le combiner avec
certaines dispositions régissant les fouilles, lorsque le trésor présente un intérêt
archéologique.
a) Notion de trésor :
Ce serait une chose mobilière enfouie dans la terre ou encore cachée de façon quelconque.
Mais 2 conditions sont requises selon l’art 716 al. 2 pour qu’il y ait trésor :
-Que personne ne puisse justifier d’un droit de propriété sur la chose. Le trésor a eu
jadis un propriétaire, qui l’a précisément caché ou enfoui. Mais ce propriétaire est mort ou a
disparu ou s’il est encore identifiable, nul vivant ne peut se rattacher à lui par une chaîne de
transmissions successorales qui aient résisté à la prescription extinctive. L’ancienneté est
virtuellement inhérente à la notion de trésor.
-Que la chose ait été découverte parle pur hasard, et non au cours de recherches
entreprises spécialement à cette fin.
b) Attribution du trésor :
3 cas doivent être distingués :
-Découverte par le propriétaire du fond : le trésor lui appartient totalement.
-Découverte par un tiers agissant d’une manière indépendante : le trésor appartient
pour moitié au propriétaire du fond et pour moitié à celui qui l’a trouvé.
-Découverte par les ouvriers au cours des travaux entrepris sur l’ordre du
propriétaire : ce cas est très pratique ainsi, les ouvriers rien quant au trésor toutefois ils ont à
la rémunération prescrite dans le contrat. Toutefois, si les travaux ont été entrepris pour un
autre but ; ex. démolir un mur réparer un toit , construire une maison, la trouvaille est
fortuite, et l’ouvrier qui l’a faite est admis à partager avec le propriétaire du fonds.
-Le trésor d’intérêt archéologique : Par une restriction à l’art 552, al3, le propriétaire du
fonds ne peut entreprendre de fouilles archéologiques qu’avec l’autorisation de l’Etat. A
l’inverse, l’Etat peut faire procéder à ce genre de fouilles même contre la volonté du
propriétaire ; les trouvailles que en résulteront seront partager entre l’Etat et le propriétaire
du fonds. Toutefois, l’Etat a le droit de revendiquer contre le propriétaire, le particulier qui a
trouvé, les découvertes présentant un intérêt archéologique à l’exception des objets sans
caractère artistiques. Cette revendication est une expropriation pour cause d’utilité publique
ou scientifique ; elle a lieu moyennant indemnité art 16.
4- Les épaves :
Aux termes de l’art 13 CCLII, l’attribution des épaves terrestres, fluviales et maritimes est
réglées par une législation spéciale.
En nous référant aux législations française et belge à titre de principe général de droit :
-L’acquisition des meubles dont le propriétaire ne se présente pas :
C’est une formule de l’art 717 al.2 : un meuble est trouvé sans possesseur, mais dans des
circonstances qui rendent vraisemblable, selon les usages, qu’il a toujours un propriétaire,
quoique celui-ci ne soit pas connu ou, du moins ne se représente pas. Cela peut arriver de
plusieurs manières :
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-soit que le propriétaire ait égaré la chose, involontairement ou inconsciemment, sur
la voie publique ou dans un lieu ;
-Soit que sous l’empire de quelque nécessité, il s’en soit débarrassé délibérément ;
- soit que l’objet en question est un animal qui lui ait échappé spontanément.
L’épave, au sens large serait un meuble perdu dont le propriétaire ne se représente pas.
L’existence m^me non manifestée, de ce droit de propriété suffit, dans tous les cas, à
empêcher l’acquisition immédiate par occupation.
§3 La division des biens (choses) dans leur rapport avec ceux qui les possèdent. (arts 9, 10
et 11 CCLII).
Il s’agit de choses communes à des règles étrangères au droit civil, fixées par le droit
administratif : ce sont non seulement les biens de l’Etat et des communes, mais aussi ceux
des provinces et des établissements publics.
Parmi les biens nationaux, il faut distinguer 2 catégories fondamentales : ceux du domaine
privé et ceux du domaine public.
Le domaine privé est , dans l’ensemble, soumis aux règles ordinaires du code civil. Mais les
biens qui le composent partagent avec ceux du domaine public la qualité d’être
insaisissables. Seul le domaine public est composé des biens hors du commerce.
(Pour ce qui est du domaine public confère le cours de droit administratif).
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SECTION 2 : LES CLASSIFICATIONS DES COSES FONDEES SUR LEURS UTILISATIONS (les
choses et l’ordre économique) :
1- Notions générales :
La distinction de l’article 447 CCLII part d’une réalité physique. Il y a des biens qui soit se
consomment, soit se détruisent par le premier usage qu’on en fait (la nourriture le
charbon..), soit résistent à une utilisation répétée (les immeubles), alors même qu’elle leur
ferait perdre progressivement de leur valeur (les vêtements, les téléphones, les appareils
ménagers).
Mais, le droit ajoute à la réalité physique, la consommation matérielle ; il prend en
considération, la monnaie, la consommation juridique, c'est-à-dire l’aliénation. On ne peut
utiliser des instruments monétaires qu’en les dépensant, en les appliquant à un paiement art
136 CCLIII, or, il faut pour cela les aliéner. Raison pour laquelle la monnaie est considérée
comme une chose consomptible.
1- Notions :
Les biens fongibles (art 183 CCLIII) sont les biens interchangeables, ceux qui peuvent se
remplacer indifféremment les uns des autres, faire fonction les uns des autres, dans les
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paiements et les restitutions. Les biens non fongibles sont ceux que l’on considère dans leur
individualité et qui ne sauraient pourtant, être remplacés les uns par les autres.
La notion part d’une réalité physique, de l’existence d’indiscernables. Il est des choses qui
existent en une pluralité, souvent une infinité d’exemplaires, sinon métaphysiquement
identiques, du moins indiscernables pour les sens. Relativement à ces choses, le désir
humain ne se porte pas sur un exemplaire plutôt que sur l’autre ; il ne se porte point sur
l’individu, mais sur le genre l’espèce art 144 CCLIII (ex. le beurre, 10 œufs, un litre de lait).
Aussi, pour sortir du vague et prendre consistance de volonté juridique, est ce qu’il faudra
que le désir détermine son objet par une quantité : 1 kilo de beurre, une douzaine d’œufs,
un litre de lait. Les choses qui se déterminent ainsi au poids, au nombre ou à la mesure sont
des choses de genre, et les choses de genre sont fongibles entre elles. C’est l’immense univers
des marchandises de série, interchangeables dans chaque série sous l’œil indifférent de
l’acheteur) et il faut y ajouter les valeurs mobilières, actions et obligations, en tant qu’elles
se négocient à la bourse de valeur.
Il est, au contraire, des choses qui, lors même qu’elles appartiennent à un même genre,
diffèrent dans l’individu art 467 CCLIII. Chaque exemplaire en est irréductible aux autres,
unique, insusceptible de quantité. Déterminé dans son identité, il constitue un corps
certain. (Arts 143, 145, 194 CCLIII). Un corps certain n’est fongible avec aucun autre bien. La
fongibilité paraît manquer aux immeubles ainsi 2 parcelles ne peuvent pas occupées le
même point de l’espace. Pour les meubles, c’est selon leur nature. La fongibilité semble à
priori exclue : ainsi, dans les animaux, les œuvres d’arts, les vêtements faits sur mesure, etc.
Les instruments monétaires, pièces métalliques, billets de banque, (encore que ceux-ci
puissent être identifiés parleurs numéros), sont des biens fongibles. La fongibilité de la
monnaie est même une fongibilité absolue, qui va beaucoup plus loin que celle des autres
biens :
- Elle existe entre tous les instruments monétaires malgré leur hétérogénéité
matérielle (l’emprunteur qui a reçu 100 billets de 500F se libèrera 500 billets de 100F ; parce
que l’on considère non la matérialité des instruments, mais la quantité des unités
monétaires idéales.
- Elle existe entre les instruments monétaires et tous les autres biens, en ce sens que,
tous biens étant appréciables en argent, la monnaie a vocation à les remplacer tous dans
l’exécution des obligations.
2- Intérêt pratique de la distinction :
-La compensation suppose qu’il y a fongibilité de l’objet entre les 2 obligations
compensables art 183 CCLIII.
-La vente a des effets très différents selon qu’elle porte sur des biens fongibles
(choses de genres) ou non fongibles (corps certains. Le vendeur d’un corps certain doit livrer
l’objet même qu’il a vendu sans être en droit d’y substituer un équivalent. Le vendeur de
choses de genre s’acquitte en livrant des exemplaires quelconques du genre envisagé, car, ce
n’est pas à un exemplaire déterminé que se rapporte son engagement. L’acheteur d’un
corps certain devient immédiatement propriétaire par la seule signature du contrat arts 37
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et 264 CCLIII ; L’acheteur de la chose de genre, au contraire, ne peut acquérir immédiatement
la propriété de ce qu’il a acheté, car, il n’y a pas encore de biens déterminés sur quoi son
droit pourrait porter. Il faut attendre que le vendeur ait individualisé les biens qu’il destine à
son contractant. Jusqu’à leur individualisation, il en reste propriétaire et supporte la perte si
elles viennent à périr par force majeure. Il n’aura qu’à s’en procurer d’autres pour satisfaire
à son obligation.
SECTION 3 LES RAPPORTS ETABLIS PAR LA LOI ENTRE LES BIENS EUX-MEMES :
La loi a prévu des relations entre les biens eux-mêmes. Il convient de mentionner
principalement :
a) Les relations entre bien et certaines valeurs qui en dépendent :
- Relation entre le principal et l’accessoire ;
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- Relation entre le capital et le revenu (qui se double d’une relation capital-charges).
B) La formation d’universalité :
-soit sous forme collective : troupeau, bibliothèque, récolte ;
-soit par l’affectation de biens à une exploitation.
§1- Relation entre un bien et certaines valeurs qui en dépendent :
B-Relation entre le capital et le revenu (qui se dédouble d’une relation capitale charges)
confère les choses frugifères et ls choses non frugifères (accession par production) :
Cette relation est établie entre les biens est celle de productivité. Certains biens
produisent d’autres, que ce soit l’effet des lois naturelles (fruits de la terre, croît des
animaux) ou d’un usage économique des biens (loyers, prêt à intérêt, dividendes).De part la
propriété, le législateur a attribué les fruits au propriétaire du bien producteur, y voyant une
simple application de la relation principal-accessoire art 20.
La notion de fruits ou de revenu présente une autonomie réelle, quand il existe un droit réel
démembré, ou quand ils sont perçus par un possesseur non propriétaire. Dans le droit des
personnes aussi, la notion de revenus a une signification propre. La classification
traditionnelle des actes de disposition et d’administration rattache à la première catégorie,
l’aliénation du capital, à la seconde, l’aliénation des fruits.
Quant à la relation capital-revenu, se greffe la relation revenu-charges. Productif de revenu,
le bien est aussi grevé de charges (charges liées à la production elle-même : frais d’entretien
de la chose, réparation ; charges liées à l’exercice d’un droit sur la chose : impôts). Ici aussi,
le législateur a suivi une notion économique assez saine : il a lié les charges à la jouissance
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des fruits. Toutefois, il a distingué 2 espèces de charges, notamment quand il les a partagées
entre le propriétaire et l’usufruitier.
Notons que les fruits ne se perçoivent pas tous à l’année coupes de bois) et certains fruits
sont liés au droit de propriété plutôt qu’à la jouissance de la chose art 591 et svts.
Ces deux notions de revenus et de charges ont un retentissement dans le droit des
obligations. La location, le prêt font naître certains droits aux fruits (bail à terme, sous
location) et entraînent aussi certaines charges.
§2 La formation d’universalité :
1 Formation d’universalité sous une forme collective :
A côté des relations entre les biens, quant à la relation : principal et accessoire, il faut
envisager certains biens sous l’angle collectif. L’addition de certains objets de même espèce
peut former un tout : bibliothèque, troupeau, collection des médailles, fonds de commerce,
la valeur économique ou d’usage de l’ensemble étant très supérieure à celle d’une simple
addition de valeurs singulières. Si, dans la loi, on ne trouve guère d’allusion à cette forme
d’universalité, elle est bien connue de la pratique : dans les actes juridiques (contrats de
vente, de location, de donation, testament), on s’y réfère couramment.
2 – Formation d’universalité par l’affectation de bien à une exploitation :
L’exploitation est une forme d’universalité donc le caractère économique est plus marqué. Il
s’agit d’une universalité assez particulière comprenant des droits réels (mobilier de magasin,
marchandises), des droits de créance (droit au bail) et des droits beaucoup plus difficiles à
classer si on ne les rattache aux droits intellectuels : clientèle, enseigne, organisation
commerciales, marques.
Le législateur a donné une solution archaïque au problème de l’unité de l’exploitation art 8
CCLII.
L’exploitation ou l’entreprise réunit des valeurs mobilières et des valeurs immobilières et
cette notion résiste à la division traditionnelle.
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Dès lors il existe 2 catégories de biens incorporels : les droits réels (sur les choses) autres que
le propriété et tous les droits qui ne sont pas des droits réels mais présentent une valeur
économique ou patrimoniale.
Il en résulte aussi que la notion de « bien corporel » ne désigne pas une chose du monde
physique indépendamment de toute appropriation par quiconque mais qu’elle vise le seul
droit de propriété sur les choses.
CHAPITRE 2
LES CLASSIFICATIONS COMMUNES AUX CHOSES ET AUX DROITS
1 - Principe de la division :
Elle se fonde sur les caractères physiques de la chose : occupe-t-elle, dans
l’espace une position variable ou au contraire est-elle immobile ? La notion d’immobilité est
d’ailleurs assez relative : notamment pour les bâtiments qui peuvent être détruits, démolis
ou reconstruits ailleurs même pour les fonds de terre dont la substance peut être creusée,
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déplacée, modifiée. Le législateur a d’ailleurs prévu les problèmes de passage d’une
catégorie à l’autre, à l’occasion de certains évènements du monde physique art 7 CCLII.
2 – Les immeubles et les meubles par leur nature et les immeubles par incorporation :
Pour mieux comprendre la portée de la loi sur la distinction meuble-immeuble, il faut se
poser certaines questions : Qu’entend-on en droit congolais par « immeubles par leur
nature » et immeubles par incorporation » ?
Le code civil belge art 516 et suivants après avoir disposé que tous les biens sont meubles ou
immeubles, prévoit 3 catégories d’immeubles :
-les immeubles par leur nature ;
-les immeubles par destination ;
-les immeubles par l’objet auquel ils s’appliquent.
Pour chacune de ces 3 catégories, il fait l’énumération ses immeubles.
Le code civil congolais a remplacé pour faciliter la compréhension, a élargi les
compartiments de la classification et a permis à tous les droits de s’y trouver, il a remplacé la
division de meubles et immeubles par la division en biens mobiliers et biens immobiliers. Il
en découle cette conséquence qu’en droit congolais disparait totalement la dénomination
d’immeubles par l’objet auquel ils s’appliquent pour céder la place à celle, plus rationnelle,
des droit immobiliers. Quant à la classification des immeubles, le législateur congolais a
abandonné le procédé consistant à faire de l’énumération l’élément principal du
groupement. Il énonce clairement les principes qui dominent la matière et n’accorde à
l’énumération exemplative qu’un rôle accessoire. Enfin, les 3 catégories d’immeubles qu’il
retient sont logiquement établies et reposent sur des caractères distinctifs qui les
empêchent d’empiéter les uns sur les autres.
Sous cette rubrique ne se trouvent que le sol et les mines art 6 CCLII. Quant aux biens
mobiliers par nature que les codes civils belge et français considèrent comme immeuble par
nature de par leur incorporation au sol, ils sont dans notre système juridique considéré
comme immeubles par incorporation. Ce qui correspond à leur nature véritable.
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c) Les changements de nature des choses :
Certaines transformations apportées au monde physique ont pour effet de changer la nature
des parcelles, soit en les immobilisant, soit au contraire en les ameublissant, exemple le
produit de l’exploitation de carrière ( sable, minerais) qui deviennent meubles dès qu’ils
sont détachés du sol. Inversement, les matériaux de construction sont immobilisés par
l’incorporation au sol.
- La nature des récoltes et des coupes de bois art 7 CCLII
Cet article fait application des principes généraux : aussi longtemps que les fruits sont fixés
au sol, ils sont immeubles, dès qu’ils en sont détachés, ils deviennent meubles.
- Les matériaux de construction art 7 code foncier :
Le caractère immobilier des constructions implique une mutation des matériaux utilisés ; ces
matériaux s’immobilisent au fur et à mesure qu’on les assemble ou qu’on les incorpore au
sol. Inversement, ils deviennent meubles par l’effet de la démolition.
- Les meubles par anticipation :
En droits belge et français, cette catégorie d’immeubles est considérée comme immeuble
par nature arts 518 et suivants. Sont immeubles par nature le sol et ce qui s’y rattache : les
bâtiments, constructions et les plantations.
En droit congolais, ces choses font partie d’une catégorie particulière : immeubles par
incorporation art 7 CCLII. Ce sont :
-les bâtiments et leurs accessoires nécessaires tels que tuyaux servant à la conduite des
eaux, les fils conducteurs de l’électricité.
-les arbres et plantes quelconques, tant qu’ils ne sont pas détachés du sol ;
Les immeubles par incorporation comprennent donc tous les objets mobiliers que la nature
ou la main de l’homme ont incorporés au sol.
Il est à remarquer que l’incorporation se suffit à elle-même : il ne faut pas qu’elle émane du
propriétaire du sol, ni qu’elle soit perpétuelle.
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Il s’agit de choses mobilières par nature et qui, au moins en principe, ne sont pas
incorporées à un immeuble. Appartenant au propriétaire d’un immeuble par nature ou par
incorporation, ces choses sont affectées par lui au service (immeuble au service du fonds) où
à l’agrément de ce fonds (immeubles attachés à perpétuelle demeure art 8 CCLII.
a) Notions :
Ce sont des choses mobilières dont la loi fait fictivement des immeubles en raison du lien qui
les unit à un immeuble par nature ou par incorporations dont ils constituent l’accessoire.
Cette action a pour but de rendre plus étroit le lien qui attache ces objets à l’immeuble et
d’empêcher qu’ils soient séparés au détriment du propriétaire. Ainsi, les instruments
aratoires ne pourront être sasis mobilièrement, indépendamment du fonds auquel ils sont
affectés sinon l’exploitation du fonds serait paralysée. La même observation vaut pour une
vente ou un legs du fonds : il est d’une évidente opportunité que l’acheteur ou le légataire
devienne propriétaire des accessoires.
b) Conditions de l’immobilisation par destination
- Il faut que les 2 biens immeubles par nature ou par incorporation et meuble affecté
appartiennent au même propriétaire ou à une même personne.
- Il faut qu’un rapport de destination, tel qu’il a été prévu par la loi, existe entre le
meuble et l’immeuble.
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L’art 8 mentionne seulement comme immeubles par destination « les ustensiles
nécessaires à l’exploitation des forges , papeteries, et autres usines.
-Fonds commercial : cfr. Cours de droit commercial général G3
Ils sont très nombreux, car tous les droits qui ne sont pas immobiliers sont meubles puisque
la classification est générale. En font partie les droits réels mobiliers y compris la propriété
mobilière bien que, confondue avec son objet, elle figure au nombre des meubles corporels ;
mais aussi tous les droits personnels ;
Les mobiliers comprennent, aussi les propriétés incorporelles appelées droits intellectuels,
et, par décision expresse de l’art 4, les droits d’associé et les rentes.
La rente est une créance en vertu de laquelle une personne, appelée crédirentier, a le droit
d’exiger d’une autre, le débirentier, des prestations périodiques de somme d’argent.
L’art 4 fait figurer les droits des associés dans les sociétés de commerce, même si des
immeubles figurent à l’actif de la société. Notons aussi qu’on appelle les propriétés
incorporelles, les offices ministériels (offices de notaire par ex).
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SECTION 2 DE LA DISTINCTION DES BIENS DANS LE COMMERCE ET LES BIENS HORS DU
COMMERCE :
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droit de préemption sur les lieux loués ; les fermiers et les métayers ont le droit d’acquérir
par préférence à toute autre personne, le fonds affermé.
CHAPITRE 3
LES CLASSIFICATIONS PROPRES AUX DROITS
Nous n’examinerons que les seuls droits privés c'est-à-dire ceux qui sont conférés à chacun
de nous dans ses rapports avec d’autres particuliers, laissant de côté les droits politiques et
les droits publics qui ne font pas partie du patrimoine de leur titulaire.
§1 – Le principe de la distinction :
a) Nature et structure du droit réel :
Le droit réel est celui qui donne à la personne de son titulaire un pouvoir direct et immédiat
sur une chose, c'est-à-dire qui s’exerce sans l’entremise d’une autre personne.
Ainsi, le propriétaire d’une maison l’habite, l’usufruitier d’un domaine agricole enlève les
récoltes, sans avoir à s’adresser à autrui pour disposer et jouir de son droit ; de même le
titulaire d’une servitude peut l’exercer quelque soit le propriétaire actuel du fonds servant.
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Le droit de propriété, le droit d’usufruit, le droit de servitude sont des droits réels. Le droit
réel comporte 2 éléments :
- La personne, sujet actif du droit, titulaire de ce droit ;
- La chose objet du droit.
Les droits réels se divisent en droits réels principaux et en droit réels accessoires. Ces
derniers sont ainsi appelés parcequ’ils constituent l’accessoire d’un droit personnel, d’un
droit de créance.
Le plus important étant le droit de propriété, lequel art 14 CC comprend l’usage de la chose,
le droit d’en tirer tous les fruits, et le droit d’en disposer, soit matériellement en
consommant, en la transformant ou en la détruisant, soit juridiquement en cédant le droit
que l’on a sur elle : en la vendant, en la donnant ou en la grevant d’une servitude, s’il s’agit
d’un immeuble.
Les 3 prérogatives que confère le droit de propriété sont respectivement dénommés usus,
fructus et abusus.
Parmi les droits réels principaux, on range aussi les démembrements de la propriété, c'est-à-
dire les droits réels qui portent sur une chose qui est la propriété d’autrui.
Ces droits sont appelés démembrement de la propriété parce qu’ils ne confèrent à leur
titulaire qu’une partie seulement des prérogatives dont le faisceau constitue le droit de la
propriété.
Il en est ainsi de l’usufruit et des servitudes.
- L’usufruit est le droit d’user et de jouir d’une chose dont un autre appelé nu-
propriétaire a la propriété ; il ne porte donc que sur l’usus et le fructus. Ex. l’usufruitier d’une
maison a le droit de l’habiter, de la donner en location et de percevoir les loyers, mais il n’a
pas le droit de la vendre.
- La servitude est une charge établie sur un immeuble que l’on appelle fonds servant
pour l’utilité d’un autre immeuble que l’on appelle le fonds dominant. Ex. la servitude de
passage en cas d’enclave donnant au propriétaire du fonds dominant le droit de passer sur
un autre fonds, le fonds servant, lorsque son fonds n’a, sur la voie publique aucune issue ou
n’y a qu’une issue insuffisante.
- Il existe d’autres démembrements de la propriété :
- Le droit d’usage qui est le droit de se servir de la chose d’autrui et d’en percevoir les
fruits ;
- Le droit d’habitation qui est le droit pour celui qui en est titulaire d’habiter avec sa
famille la maison sur laquelle porte son droit ;
- L’emphytéose qui est un bail à long terme qui sa nature serait un droit personnel,
mais auquel la loi a donné le caractère d’un droit réel, notamment en permettant
l’hypothèque.
b) Nature et structure du droit personnel :
Le droit personnel ou le droit de créance est le droit qu’à une personne, appelée créancier,
d’exiger une certaine prestation d’une autre personne, appelée débiteur.
Le droit personnel comporte 3 éléments :
- Le créancier, sujet actif du droit, titulaire du droit,
- Le débiteur, sujet passif, et
- La prestation, objet du droit.
c) Caractères des 2 catégories de droits, droits réels et droits personnels :
On a l’habitude de relever 2 différences fondamentales entre droit réel et droit personnel,
qui procèdent de leur nature différente.
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-Le droit réel parce qu’il s’exerce directement sur une chose est présenté comme absolu en
ce sens qu’il peut être opposé par son titulaire à toutes autres personnes, lesquelles sont
tenues de laisser le titulaire du droit réel exercer son droit sur la chose. Toute fois, le titulaire
d’un droit réel peut renoncer unilatéralement à son droit ; il n’a besoin de l’accord de
personne.
Le droit personnel est représenté comme relatif en ce sens qu’il n’établit de rapport
qu’entre le créancier et le débiteur.
Ce caractère absolu du droit réel découlent de 2 prérogatives que comporte celui-ci : le
droit de suite et le droit de préférence.
Le droit réel comporte le droit de suite ;
Le droit personnel n’emporte pas droit de suite. Le créancier n’a qu’un droit de gage général
sur le patrimoine de son débiteur.
Le droit réel comporte un droit de suite. En cas de conflit, entre le titulaire d’un droit et le
titulaire d’une créance, le premier est préféré par rapport au second.
TITRE II
LA PROPRIETE
SECTION I DEFINITION :
La propriété est le droit de disposer d’une chose d’une manière absolue et exclusive sauf
restrictions qui résultent de la loi et les droits réels appartenant à autrui.
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Dans notre droit, la primauté ainsi reconnue porte même à considérer que le droit de
propriété est le prototype des droits subjectifs. A s’en tenir aux seuls droits réels, elle
conduit à penser que les autres droits réels, notamment l’usufruit et la servitude, ne sont
que des démembrements du droit de propriété, et qu’il est difficile de discerner quelque
droit réel là où on ne constate pas aisément l’existence, plus ou moins isolée, de l’une ou
l’autre des attributs du droit de propriété.
Le droit de propriété est composé de 3 prérogatives liées, en d’autres termes du droit d’user
(usus), de jouir (fructus) et de disposer (abusus) de la chose. Les 2 premières séparées de la
troisième, constituent l’usufruit.
Ces trois attributs seront étudiés successivement :
§1 Le droit d’user de la chose :
Le pouvoir d’user de la chose se manifeste, malgré l’expression, d’une double manière,
positive ou négative.
- Positivement, le droit d’user de la chose, c’est le droit de s’en servir (usus) pour son
agrément ou pour l’exploitation économique de la chose, par exemple en habitant une
maison, en utilisant un ordinateur. Ce droit permet aussi à son titulaire de choisir en principe
librement l’usage qu’il entend faire de la chose. Le droit d’user de la chose s’accompagne du
pouvoir d’accomplir sur elle des actes conservatoires.
- Négativement, le droit d’user de la chose, est aussi le droit de ne pas en user, de ne
pas s’en servir, de ne pas utiliser, de ne pas habiter la maison. Force est pourtant de
constater l’existence de restrictions significatives à la possibilité d’adopter une telle attitude
négative, du moins lorsque se manifestent des préoccupations d’ordre général liées à une
situation de pénurie ou une certaine forme de dirigisme.
L’usage des choses consomptibles, surtout s’il s’agit de choses qui se consomment par
premier usage, se confond aussitôt avec l’abusus, c'est-à-dire avec la disposition de la chose.
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- On appelle produits tout ce qui provient de la chose, mais sans périodicité ou en
épuisant la substance, comme les coupes du bois dans les futaies non aménagées, les
matériaux extraits de carrières non exploitées.
- - le rôle de la volonté : La volonté individuelle peut changer la nature des richesses
issues de la chose : cela dépend de l’aménagement qui est donnée à l’exploitation de la
chose. Ainsi, les arbres abattus dans une forêt sont des produits ; il en est autrement si la
forêt est aménagée et mise en coupes réglées ; les matériaux extraits de carrières non
exploitées sont des produits, alors qu’ils sont considérés comme des fruits si les carrières
sont régulièrement exploitées, la périodicité étant le signe distinctif des fruits.
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§1 – Le caractère absolu :
Selon le code civil, le droit de propriété est un droit absolu, permettant à son titulaire
d’accomplir sur la chose tout acte non expressément prohibé par la loi, (ne pas nuire à
autrui, ne pas déchiré les billets de banque appartenant à la BCC).
§2 – Le caractère exclusif :
En effet, on n’imagine pas que plusieurs personnes soient investies, simultanément du droit
de faire d’une même chose tout ce qu’elles jugent à propos. Bien qu’elle soit apparentée à la
propriété, la copropriété diffère cependant, dans son essence même, de la propriété pure et
simple.
§3 Le caractère perpétuel :
La propriété ne s’éteint pas. Elle se transmet, soit volontairement, soit involontairement. La
propriété peut toutefois se perdre par prescription acquisitive jouant au profit d’autrui ;
mais elle ne s’éteint pas par non usage.
A- La perpétuité et la transmission héréditaire :
-L’on s’accorde à affirmer, en droit français, le caractère perpétuel de la propriété. Mais la
portée de cette affirmation varie selon les auteurs. Il en est qui lui rattachent la transmission
héréditaire du droit de propriétés sur les choses appropriées. ; D’autres observations
portent à écarter à la relation entre perpétuité du droit de propriété et transmission
héréditaire ; ainsi peut-on observer qu’une servitude du fait de l’homme s’éteint par le non
usage, ce qui porte à écarter en ce qui la concerne le caractère perpétuel ; or, elle se
transmet par héritage. A l’inverse, il existe des propriétés viagères.
B – Perpétuité et non-usage. :
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