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Memoire Iram

Ce mémoire de stage, élaboré par Iram Aouadi, aborde les spécificités de l'audit externe dans les organisations à but non lucratif, en se concentrant sur le cadre théorique et pratique des associations en Tunisie. Il examine l'impact de la norme comptable NCT45 sur la transparence financière et la fiabilité des audits externes, tout en présentant une étude de cas sur l'association 'XYZ'. Le travail s'inscrit dans le cadre d'un stage au cabinet COFI+ et vise à renforcer les compétences en audit dans le secteur associatif.

Transféré par

Irām Aøuadi
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Nous prenons très au sérieux les droits relatifs au contenu. Si vous pensez qu’il s’agit de votre contenu, signalez une atteinte au droit d’auteur ici.
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Memoire Iram

Ce mémoire de stage, élaboré par Iram Aouadi, aborde les spécificités de l'audit externe dans les organisations à but non lucratif, en se concentrant sur le cadre théorique et pratique des associations en Tunisie. Il examine l'impact de la norme comptable NCT45 sur la transparence financière et la fiabilité des audits externes, tout en présentant une étude de cas sur l'association 'XYZ'. Le travail s'inscrit dans le cadre d'un stage au cabinet COFI+ et vise à renforcer les compétences en audit dans le secteur associatif.

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République Tunisienne

*********
Ministère de l’Enseignement Supérieur de la Recherche Scientifique
*********
Université de Carthage
*********
Institut Supérieure de Gestion de Bizerte

Mémoire de stage pour l’Obtention du Mastère professionnel en

Comptabilité, Contrôle et Système d’Information CCSI

Spécificités De l’Audit Externe Dans


Les Organisations A But Non Lucratif :
Le Cas Des Associations

Cabinet d’Accueil

Elaboré par : Iram Aouadi Encadré par : Mme. Olfa Ben jemâa

Année Universitaire 2024-2025


Dédicace
Je dédie ce modeste travail à ….

A MA CHERE MERE MONIA

Je vous remercie pour tout le soutien et l’amour que vous me portez depuis mon
enfance et j’espère que votre bénédiction m’accompagne toujours. Puisse Dieu, le
Très Haut, vous accorder santé, bonheur et longue vie.

A MON PERE RACHID

Tu as toujours été pour moi un exemple du père respectueux, honnête, de la personne


méticuleuse, je tiens à honorer l’homme que tu es. Grâce à toi papa j’ai appris le sens
du travail et de la responsabilité. Je voudrais te remercier pour ton amour, ta
générosité, ta compréhension...

A MON FRERE DALI

Vous n’êtes pas uniquement mon frère, mais aussi mon ami et mon confident. Nous
étions toujours très proches et nous le serons pour toute la vie.

A MA SŒUR DHOUHA

Ma sœur votre présence m’a toujours donné l’impression d’être proche de toute la
famille. Sans vous ma vie ne serait que simple. Je voudrais vous exprimer à travers
ces quelques lignes tout l’amour et toute l’affection que j’ai pour vous.

A MON AMOUR HAMZA

Pour sa patience, son inspiration, sa force au quotidien et ta lumière dans les


moments de doute. Ce livre est aussi une lettre d’amour à ton nom.

J’espère que ce travail soi


t l’expression de ma grande affection et un témoignage de mon attachement et de mon
profond amour …
Remerciements

Je tiens tout d’abord à exprimer ma profonde gratitude à Mme Olfa Ben


Jemaa pour avoir accepté de diriger ce travail. Je la remercie sincèrement
pour son soutien, sa disponibilité, ses remarques pertinentes et surtout pour
ses conseils avisés, qui m’ont été d’une aide précieuse dans l’élaboration de
ce modeste mémoire. J’ai eu l’honneur de compter parmi ses étudiants et de
bénéficier de la richesse de son enseignement.

Mes remerciements les plus sincères vont également à M. Dhakouani


Fethi, qui m’a offert l’opportunité d’effectuer mon stage professionnel au
sein du cabinet COFI+. Je lui suis reconnaissant pour le temps qu’il m’a
consacré, ainsi que pour son accompagnement, ses conseils et son
encadrement tout au long de cette période formatrice.

Enfin, j’adresse mes remerciements à l’ensemble des membres du jury, qui


m’ont fait l’honneur d’examiner et d’évaluer ce travail. Je remercie
également tous les enseignants de l’ISGB, et en particulier mes professeurs,
pour leur dévouement et les efforts qu’ils ont déployés tout au long de mon
parcours universitaire afin de m’assurer une formation académique de
qualité, et de m’aider à développer mes connaissances ainsi que mes
compétences.
Liste des tableaux
Tableau 1. Analyse comparative entre les associations et les sociétés commerciales en
Tunisie .......................................................................................................................... 18
Tableau 2. Les techniques de prise de connaissance................................................... 24
Tableau 3. Fiche signalétique ...................................................................................... 40
Tableau 4. la répartition des rôles et des fonctions au niveau de l’amicale ................ 47
Tableau 5. L’équipe intervenante à la mission............................................................ 49
Tableau 6. Le test de conformité de la procédure comptable ..................................... 53
Tableau 7. Le test de conformité de la procédure des aides sociales .......................... 54
Tableau 8. Le test de conformité des procédures spécifiques aux associations .......... 55
Tableau 9. Les faiblesses du système de contrôle interne relevées et les
recommandations proposées ........................................................................................ 56
Tableau 10. La liste des comptes qui présentent un solde significatif ........................ 61
Tableau 11. Variation de compte liquidités et équivalents de liquidités ..................... 62
Tableau 12. Analyse détaillée par compte .................................................................. 63
Liste des figures

Figure 1. La démarche générale d’audit ...................................................................... 23


Figure 2. Organisation du cabinet ............................................................................... 40
Figure 3. Les activités du cabinet ................................................................................ 41
Figure [Link] démarche d’audit suivie par le cabinet ..................................................... 49
Figure 5. Schéma du processus d’évaluation du système de contrôle interne ............ 51
Liste des annexes

Annexe 1. Modèle d’état de la situation financière ..................................................... 79


Annexe 2. Modèle d’état des produits et des charges.................................................. 80
Annexe 3. Modèle d’état de flux de trésorerie ............................................................ 81
Annexe 4. Nomenclature de comptes .......................................................................... 82
Annexe 5. Les états financiers de l’association « XYZ »............................................ 84
Annexe 6. Questionnaire fermé relative à la trésorerie ............................................... 92
Annexe 7. Circularisation de la banque Attijari .......................................................... 96
Annexe 8. La lettre d’affirmation ................................................................................ 97
Annexe 9. Rapport général du réviseur comptable ..................................................... 98
Liste des abréviations

Abréviation Signification

OSBL Les Organismes Sans But Lucratifs

NCT Norme comptable tunisienne

IRPP Impôt sur les revenus des personnes physiques

FOPROLOS Taxe au profit du fond de promotion des

logements sociaux

IS L’impôt sur les sociétés

RAS Retenus à la source

TVA Taxe sur la valeur ajoutée

TFP Taxe de formation professionnelle

TCL Taxe sur les collectivités locales

CAC Commissaire aux comptes

CNC Le Conseil National de la Comptabilité

IFEDA Centre d’Information, d’Etude et

de Documentation sur les Associations en Tunisie

COFI+ Cabinet d’étude comptable et fiscale


Sommaire
Introduction générale...................................................................................................1
Chapitre I. L’Audit Externe Des Associations en Tunisie : Cadre Théorique ...... 4
Section I. Cadre comptable et Réglementaire des Associations en Tunisie ..... 5
I. Présentation du contexte des associations en Tunisie .................................. 5
II. Le cadre juridique et fiscal des associations ............................................... 8
III. La normalisation comptable des associations .......................................... 11
Section II. L’audit des associations selon la NCT 45 ....................................... 21
I. La NCT45 : Dispositions et applications dans le secteur associatif ........... 21
II. Méthodologie de l’audit des associations : Techniques et Outils d’Audit
Adaptés aux Associations .............................................................................. 22
III. Enjeux et défis spécifiques à l’audit des associations en Tunisie ............ 35
Conclusion .. ............................................................................................................... 37
Chapitre II. L’Audit Externe Des Associations En Tunisie : Cas De l’Association
« XYZ » ....................................................................................................................... 38
Section I. Présentation du cabinet d’accueil et tâches exécutées .................... 39
I. Présentation du cabinet d’accueil ................................................................. 39
II. Les tâches effectuées ................................................................................... 43
Section II. Spécificités de l’audit externe dans les organisations à but non
lucratif : Cas pratique de l’association «XYZ» ................................................ 45
I. Présentation de l’amicale « XYZ » objet de l’étude de cas ........................ 46
II. Les mécanismes d’acceptation de la mission d’audit................................ 47
III. Le déroulement des travaux d’audit au sein de l’amicale « XYZ »......... 49
Conclusion .................................................................................................................. 72
Conclusion générale ................................................................................................... 74
Références Bibliographiques..................................................................................... 77
Annexes........................................................................................................................78
Introduction générale
Les organismes sans but lucratif (OSBL), nommées également des associations sont
classées comme des entités particulières étant donné leurs caractéristiques. En effet,
leur nature à but non lucratif, leur mission d’intérêt général et la pluralité de leurs
sources de financement exigent un cadre comptable spécifique répondant aux attentes
et aux besoins des parties prenantes en matière de transparence financière.

En Tunisie, le paysage associatif a connu une profonde mutation après la révolution


du 14 janvier 2011. Les associations ont élargi leurs champs d’action, diversifié leurs
activités et développé de nouveaux modes de financement, reflétant ainsi leur rôle
croissant dans la société.

Selon les dernières statistiques du centre d’Information, de Formation d’Etudes et de


Documentation sur les Associations (IFEDA) datées du 17 mars 2024, le nombre total
d’associations en Tunisie s’élève à 25080. Face à cette multiplication, les autorités
publiques ont revu les dispositions régissant le secteur associatif, notamment avec la
promulgation du décret-loi n°2011-88 de 24 septembre 2011. Ce texte garantit la
liberté et l’indépendance des organisations de la société civile, tout en établissant des
normes constitutionnelles, financières et comptables visant à encadrer leur
fonctionnement et à renforcer leur gouvernance.

L’émergence des associations tunisiennes comme acteurs socio-économiques majeurs


a nécessité l’instauration d’un cadre rigoureux de gestion et de transparence
financière. Dans ce cadre, l’article 43 du décret-loi n°2011-88 impose un audit
obligatoire des états financiers par un CAC afin de garantir la régularité des comptes
et la préservation de la crédibilité associative.

Toutefois, ce contexte législatif présente des limites en tant qu’outil de normalisation


comptable. Son caractère essentiellement organisationnel ne permet pas d’assurer
pleinement la fiabilité et l’harmonisation des informations financières produites par le

1
secteur. Pour combler cette lacune, le CNC a élaboré un projet de normes spécifiques,
finalisé en 2015 et officiellement validé le 26 décembre 2017. Cette norme a été
publiée par un arrêté du ministère des finances pour être applicable à partir du premier
janvier 2018. Elle est intitulée « NCT45 : Norme comptable relative aux
associations, aux parties politiques et aux autres organismes sans but lucratif ».

Avant d’entrée en vigueur de la NCT45, les associations soumises à un cadre


comptable conçu essentiellement pour les entreprises, ne répondant ni à leurs
spécificités fonctionnelles ni aux attentes particulières de leurs parties prenantes.
Cette absence de référentiel adapté constitue un véritable obstacle à la transparence et
à la fiabilité de leurs états financiers.

L’introduction de cette norme a permis d’encadrer l’ensemble des aspects liés à la


comptabilité associative, en définissant des règles précises concernant l’élaboration
des états financiers, l’organisation comptable, la nomenclature des comptes ainsi que
les dispositifs de contrôle interne.

D’où l’intérêt de traiter la question suivante : Dans quelle mesure l’application de la


NCT45 permet-elle de renforcer la transparence financière et la fiabilité de l’audit
externe au sein des associations en Tunisie ?

Par conséquent, la finalité de ce mémoire est d’examiner le cadre méthodologique


applicable à une telle mission d’audit légal, en mettant l’accent sur les étapes à suivre
pour apprécier la régularité, la sincérité et la conformité des états financiers des
associations aux exigences de la NCT45.

Ce mémoire est conçu dans le cadre d’un stage de fin d’étude du master professionnel
en CCSI effectué au sein du cabinet de comptabilité « COFI+ ». Cette immersion
dans le milieu professionnel m’a offert l’opportunité d’enrichir mes compétences
théoriques en audit, de les adapter aux réalités du terrain et d’observer de près les
différentes étapes d’une mission d’audit au sein d’une association.

2
Afin de répondre à la problématique posée et atteindre les objectifs fixés, ce mémoire
s’articule autour de deux chapitres principaux.

Le premier chapitre est composé de deux sections. Il débute par une présentation du
cadre juridique, fiscal et le traitement comptable introduit par la NCT45 des
associations. La deuxième section met en lumière les démarches détaillée d’audit
adapté aux exigences de la NCT45.

Le deuxième chapitre est réparti en deux sections, il est consacré à la dimension


pratique de notre travail. La première section est réservée à la présentation du cadre
général du stage, son déroulement et les missions accomplies. La seconde section est
dédiée à une étude de cas portant sur une mission d’audit légal d’examen de
l’application de la NCT45 par une amicale « XYZ».

3
Chapitre I. L’Audit Externe Des Associations en
Tunisie : Cadre Théorique
Introduction

Depuis 2011, le paysage associatif tunisien a connu un essor considérable marqué par
une implication croissante des associations dans l’économie et jouent un rôle essentiel
dans la création de l’emploi et de la valeur ce qui conduit à une réflexion approfondie
sur leur cadre juridique, comptable et financier, ainsi que sur les mécanismes de
contrôle à mettre en place.

En effet, à travers le décret-loi n°2011-88, le cadre législatif tunisien impose diverses


obligations visant à assurer le contrôle et la transparence des transactions financières
effectuées par les associations. Cette réglementation vise notamment à empêcher et
éviter tout risque de détournement ou de blanchiment d’argent.

Afin d’assurer l’application rigoureuse de ces obligations, les associations en Tunisie


sont tenues de se soumettre à un audit légal instauré par le cadre réglementaire qui
considéré comme un outil clé pour vérifier la conformité des états financiers aux
normes comptables en vigueur et d’attester la traçabilité des flux.

Dans ce contexte, le législateur a mis en place une nouvelle NCT45 qui est devenue
effective à partir des 1 ères janvier 2018. Cette norme apporte des modifications
significatives en introduisant des règles comptables spécifiquement conçues pour
répondre aux caractéristiques uniques du secteur associatif en tant qu’entités à but non
lucratif.

Ce chapitre se consacre à l’étude de l’audit externe dans le secteur associatif. Il


s’articule en deux sections principales : la première examine les cadres juridique,
comptable et fiscal qui encadrent les associations.

4
La deuxième section de ce chapitre est réservée à la présentation d’une méthodologie
d’audit adaptée aux associations en tenant compte les nouvelles dispositions
comptables introduites par la NCT45.

Section I. Cadre comptable et Réglementaire des


Associations en Tunisie

Les associations jouent un rôle essentiel dans le développement économique, social et


culturel en Tunisie. Actrices majeures de la société civile, elles participent à la
promotion des droits humains, à la consolidation de la démocratie et à la mise en
œuvre de projets de proximité répondant aux besoins des communautés. Toutefois,
pour assurer leur crédibilité, leur transparence et leur pérennité, il est impératif
qu'elles opèrent dans un cadre comptable et réglementaire clair et bien défini.

Avant d’approfondir les cadres juridique et comptable de ces associations, il nous


semble intéressant de procéder tout d’abord à décrire leur contexte.

I. Présentation du contexte des associations en Tunisie

En Tunisie, les associations constituent un pilier essentiel de la société civile,


contribuant activement au développement social, économique et culturel.

1. Définition d’une association

D’après le guide des associations de Tunasso publié en avril 2011 « Une association
est un regroupement d'au moins deux personnes qui décident de mettre en commun
des moyens afin d'exercer une activité dont le but n'est pas leur enrichissement
personnel. Par exemple, la pratique d’un sport, une activité culturelle ou humanitaire.
Le caractère désintéressé de l'activité interdit la distribution d'un bénéfice aux
associés mais il n'implique pas que l'activité soit bénéficiaire : un bénéfice peut servir
à la développer ».

5
Il ressort de cette définition que l’association est un groupement volontaire de

personnes réunies autour d’un objectif commun, non lucratif, qui peut être d’ordre

social, culturel, éducatif, environnemental, humanitaire ou autre. Contrairement aux

sociétés commerciales, les associations ne poursuivent pas un but lucratif : leur objectif

principal n’est pas la réalisation de bénéfices à partager entre leurs membres, mais la

réalisation d’une mission d’intérêt général ou d’un projet commun.

En Tunisie, la création, le fonctionnement et le contrôle des associations sont régis par

le Décret-loi n° 2011-88 du 24 septembre 2011, qui encadre la liberté d’association

tout en instaurant des obligations de transparence et de conformité aux principes

démocratiques.

A ce titre, comprendre les caractéristiques fondamentales des associations permet de

mieux saisir leur rôle, leur fonctionnement et les défis qu’elles rencontrent.
2. Les caractéristiques d’une association

Contrairement aux sociétés commerciales, les associations se distinguent par un


ensemble d’attributs spécifiques, notamment leur but non lucratif, leur gestion
autonome, leur mode de gouvernance démocratique, ainsi que leur obligation de
transparence vis-à-vis de leurs membres et, dans certains cas, des autorités publiques
ou des bailleurs de fonds.

2.1 But non lucratif des associations

L’une des caractéristiques essentielles qui distinguent une association d’une entité est
son but non lucratif. Une association ne vise pas l’enrichissement personnel de ses
membres. Les profits financiers réalisés, le cas échéant, doivent être réinvestis dans
les activités ou projets de l’association. Ce principe assure la cohérence entre les
objectifs déclarés de l’association et son mode de fonctionnement, tout en garantissant
sa légitimité morale et sociale.

2.2 La liberté d’adhésion et de participation

6
L’adhésion à une association repose sur le principe de volontariat. Chacun est libre
d’y entrer ou d’en sortir selon les conditions fixées par les statuts. Cette liberté
renforce la nature démocratique de l’organisation, où les membres peuvent participer
activement à la prise de décision et à la vie associative, souvent dans un esprit de
coopération et d’intérêt général.

2.3 La gouvernance démocratique

En général, les associations sont dirigées selon un mode de gouvernance


démocratique, souvent assuré par une assemblée générale des membres et un bureau
exécutif ou un conseil d’administration élu. Chaque membre dispose d’un droit de
vote, ce qui favorise une gestion participative et transparente. Cette gouvernance
permet d’impliquer activement les membres dans les choix stratégiques et de veiller à
une représentativité équitable.

2.4 L’autonomie de gestion

Malgré leur statut non lucratif, les associations bénéficient d’une autonomie de
gestion. Elles peuvent percevoir des cotisations, solliciter des dons, gérer des
subventions, engager du personnel, ou organiser des événements. Cette autonomie
leur permet de fonctionner de manière indépendante, tout en étant soumises à
certaines obligations comptables et réglementaires.

2.5 La personnalité morale

Une fois que l’association a entamé toutes les étapes pour être déclarée existante
légalement, elle acquiert une personnalité morale qui lui permet d’agir en justice, de
signer des contrats, de posséder un patrimoine, ou encore d’ouvrir un compte bancaire
en son nom. Cette reconnaissance juridique renforce sa capacité d’action et sa
crédibilité auprès des tiers (partenaires, bailleurs, institutions).
2.6 La transparence financière

7
Afin de préserver la confiance du public, des membres et des partenaires financiers,
les associations sont tenues d’assurer une gestion transparente de leurs ressources.
Cela implique la tenue d’une comptabilité régulière, l’élaboration de rapports
financiers, et parfois la soumission à des audits ou contrôles externes, notamment en
cas de financement public ou étranger.

Une fois avoir approfondi les caractéristiques des associations, nous passons dans ce
qui suit à examiner le cadre juridique et fiscal des associations.

II. Le cadre juridique et fiscal des associations

Le cadre juridique et fiscal des associations définit les règles et les obligations qui
régissent leur création, leur fonctionnement et leur activité. Une compréhension
approfondie de ce cadre est cruciale pour assurer la pérennité et la légitimité des
associations dans la poursuite de leur objectif.

1. Le cadre juridique

Le nouveau décret-loi n°2011-88 assure la liberté de création des associations en


supprimant toute exigence d’agrément ou d’autorisation préalable.

1.1 Qui légalement a le droit de créer une association ou en être membre

Toute personne, qu’elle soit de nationalité tunisienne ou étrangère résidant en Tunisie


peut fonder une association dès l’âge de 16 ans. Cependant, il est important de noter
que les fondateurs ainsi que les gestionnaires de l’association ne sont pas autorisés à
occuper des postes de responsabilité au sein des organes centraux dirigeants des partis
politiques.

Pour devenir membre d’une association, les conditions sont accessibles : Il suffit
d’être tunisien ou étranger résidant en Tunisie, d’avoir au moins 13 ans, accepter
formellement les statuts de l’association par écrit et de régler la cotisation fixée.

8
Ces critères visent à garantir un engagement clair et responsable, tout en favorisant
une participation ouverte et respectueuse des principes de l’association.

1.2 Quelles sont les étapes à suivre pour créer une association

La création d’une association en Tunisie s’amorce par la rédaction d’une déclaration


qui précise le nom de l’association, son domaine d’activité, ses objectifs et l’adresse
de son siège sociale.
Cette déclaration doit être accompagnée de statuts comportant les éléments
obligatoires suivants :
- Le nom officiel de l’association en langue arabe et en langue étrangère.
- L’adresse du siège officiel de l’association.
- Les objectifs de l’association ainsi que les moyens prévus pour les atteindre.
- Les conditions d’adhésion, les cas de révocation et les droits et obligations des
membres.
- Un organigramme détaillant la structure de l’association, le mécanisme des
élections et les prérogatives de chaque organe.
- L’identification de l’organe habilité à modifier le règlement intérieur, à décider
de la dissolution, de la fusion ou de la scission de l’association.
- Les modalités de prise de décision et les mécanismes de résolution des
conflits.
- Le montant de la cotisation mensuelle ou annuelle, s’il existe.

Un huissier de justice est chargé de certifier le dossier de constitution et de rédiger un


procès-verbal, qui est ensuite remis au représentant de l’association. Une lettre
recommandée avec accusé de réception est alors adressée au secrétaire général du
gouvernement.

Après la réception de l’accusé ou à l’expiration d’un délai de 30 jours sans réponse, le


représentant de l’association doit publier une annonce légale dans l’imprimerie
officiel de la république tunisienne.

9
2. Le cadre fiscal

Il est important pour les associations de bien comprendre leurs obligations fiscales et
de se conformer aux réglementations en vigueur.

2.1 Régime de l’impôt sur les sociétés

Les associations à but non lucratif bénéficient généralement d’une exonération de l’IS
pour les activités conformes à leur objet social à condition qu’elles respectent les
critères légaux.

2.2 Retenue à la source

Selon les dispositions de l’article 52 du code de l’IRPP et l’IS, les associations ne sont
pas tenues de procéder à une retenue à la source sur les sommes versées qui n’entrent
pas dans son champ d’application. Toutefois, les revenus de capitaux mobilier perçus
restent soumis à une RAS définitive et non restituable au taux de 20% de leur montant
brut.

2.3 Régime de la taxe sur la valeur ajoutée

Sur le plan fiscal, les associations à but non lucratif ou caritatif peuvent être exonérées
de la TVA pour leurs activités d’intérêt général et leurs acquisitions financées par des
dons. Pour bénéficier de cette exonération elles doivent présenter une attestation
délivrée par le bureau de contrôle compétent ainsi que les documents officiels de
l’association et la convention de don.

2.4 Taxe de formation professionnelle

Les associations ne sont pas soumises à la TFP car elles sont exclues de champ
d’application de l’IS.

10
2.5 Contribution aux collectivités locales

Les associations en raison de leur caractère non lucratif sont généralement exonérées
de la TCL. Cependant, cette exonération ne s’applique pas aux immeubles utilisés par
les associations pour leurs activités et situés dans des zones relevant des collectivités
locales.

2.6 La taxe au profit du fond de promotion des logements sociaux

Les associations restent soumises à la contribution au FOBROLOS calculée au taux


de 1% du montant brut des traitements, salaires et rétributions, y compris les
avantages en nature.

III. La normalisation comptable des associations

La normalisation comptable des associations en Tunisie constitue un cadre essentiel


pour encadrer leurs activités financières et garantir leur transparence. En effet, le
cadre conceptuel de la comptabilité financière définit par le système comptable des
entreprises tunisiennes et officialisé par le décret n°96-2459 du 30 novembre 1966,
s’applique également aux organismes à but non lucratif conformément aux
dispositions de la nouvelle NCT45.

1. Elaboration des états financiers

L’élaboration des états financiers dans le milieu associatif est réalisée selon des
modalités particulières, répondant aux spécificités de leur gestion.

1.1 Principes et règles généraux

La NCT45 définit un cadre rigoureux pour l’élaboration des états financiers des
organismes à but non lucratif en s’appuyant sur des principes et des règles
fondamentaux.
Les critères qualitatifs à savoir, la pertinence, la fiabilité, la comparabilité et
11
l’intelligibilité garantissent une information financière utile pour la prise de décision,
tout en respectant les hypothèses sous-jacentes comme la comptabilité d’engagement
et les conventions comptables, notamment l’entité et la permanence des méthodes.
- La pertinence : la pertinence de l’information financière repose sur sa
capacité à éclairer efficacement les décisions des utilisateurs en fournissant
des données significatives et actualisées. Pour être véritablement utile, cette
information doit non seulement refléter fidèlement la réalité financière de
l’association, mais aussi parvenir aux décideurs dans des délais compatibles
avec leurs besoins opérationnels.
- La fiabilité : la fiabilité de l’information financière repose sur l’exactitude
absolue des données et leur conformité à la réalité économique. Elle se
caractérise par quatre attributs indissociables : la neutralité, l’exhaustivité, la
fidélité et la vérifiabilité.
- La comparabilité : une information financière est considérée comme
comparable lorsqu’elle offre aux utilisateurs des états financiers la possibilité
d’analyser l’évolution des données financières sur différentes période.
- L’intelligibilité : l’intelligibilité constitue la qualité primordiale qui permet à
l’information financière de remplir sa mission essentielle : être
compréhensible pour les utilisateurs des états financiers.
L’élaboration des états financiers repose sur des principes comptables stricts,
définis par la NCT45. Parmi ces règles, deux éléments majeurs doivent être
respectés :
- Le principe de périodicité exige que les états financiers doivent être arrêtés
chaque année à une date précise, généralement fixée au 31 décembre,
conformément aux dispositions du paragraphe 8 de la première partie de la
NCT45. Toutefois, en cas de nécessité, il est possible de modifier cette date
pour l’adapter aux besoins spécifiques de l’entité concernée.
- Le principe de non-compensation interdit toute compensation entre les
postes d’actifs et de passif, ainsi qu’entre les charges et les produits. Cette

12
règle définie dans le paragraphe 9 de la même norme, vise à assurer une
présentation fidèle et transparente des comptes. Cependant, sauf dans des cas
exceptionnels liés à des événements spécifiques, tels que des séminaires ou
des manifestations organisés par l’association.

1.2 Structure et contenu des états financiers

Conformément au paragraphe 11 de la NCT45, les états financiers des OSBL doivent


présenter de manière claire et complète leur situation financière, leur performance
économique ainsi que leurs flux de trésorerie. Ces documents reposent sur un
ensemble d’indicateurs précis et se composent des éléments suivants :

1.2.1 L’état de la situation financière (voir annexe 1)

le bilan reflète la situation financière de l’OSBL à une date donné. Il structuré en une
seule colonne (format anglo-saxon), et se divise en deux parties : les ressources
économiques détenues par l’association, ses obligation et la différence entre l’actif et
le passif qui représente les actifs nets.

1.2.2 L’état des produits et charges (voir annexe 2)

Permet de mesurer la performance financière d’une association en mettant en


évidence un excédent ou un déficit pour un exercice donné. Il fournit des informations
essentielles, notamment sur l’efficacité d’utilisation des ressources de l’OSBL et
évaluer la faculté de l’association à générer des flux de trésorerie.

1.2.3 L’état des flux de trésorerie (voir annexe 3)

Constitue un outil fondamental pour évaluer l’évolution financière d’une association


sur un exercice comptable donné. Il permet d’analyser les variations de trésorerie en
fonction des différentes catégories d’activités qu’elles soient courantes,
d’investissement ou de financement. De plus, une présentation selon la méthode
directe est souvent privilégiée, car elle offre une meilleure visibilité sur les flux

13
monétaires associés aux différentes transactions financière.

1.2.4 Notes aux états financiers et information à fournir

Constituent un élément clé de la transparence comptable. Elles complètent et


explicitent les données présentées dans les états financiers, offrant ainsi aux parties
prenantes une vision détaillée et précise de la situation financière de l’association.

2. spécificités comptables des associations

En Tunisie, le cadre conceptuel de la comptabilité financière a été élaboré


principalement pour les entreprises à but lucratif. Cependant, il est également
appliqué aux associations puisqu’elles poursuivent des objectifs non lucratifs.

Cette différence fondamentale impose l’adoption des règles comptables permettant


une représentation fidèle de leur situation financière. Ainsi, des normes spécifiques,
notamment celles définies par la NCT45 ont été mises en place pour répondre aux
besoins particuliers des associations.

2.1 Affectation du résultat comptable

Le résultat comptable d’une association n’a pas pour objectif d’être distribué à ses
membres. Toutefois, cela n’exclut pas la possibilité pour une association de générer
un excèdent financier. Lorsque l’association enregistre un bénéfice, cet excèdent est
alloué selon la décision de l’organe compétent, soit en réserve, soit en report à
nouveau positif. En revanche, en cas de déficit, la perte comptable est reportée sur les
exercices suivants afin d’être compensé ultérieurement.

2.2 Gestion des apports et contribution bénévoles

La gestion des apports d’une association en Tunisie repose sur des règles comptables
précises, notamment la NCT45. Les apports peuvent prendre plusieurs formes telles
que les cotisations des adhérents, les dotations, les subventions publiques ou encore

14
les apports affectés à des projets spécifiques. Leur comptabilisation varie en fonction
de leur nature.
- Les cotisations : les cotisations représentent les contributions financières des
adhérents. Elles sont enregistrées comme des revenus dans la comptabilité de
l’organisation.
- Les dotations : les dotations entrainent une augmentation des actifs nets. Elles sont
spécifiquement comptabilisées dans la rubrique “Dotations“ du bilan.
- Financement des biens amortissables : les fonds alloués à l’acquisition de biens
amortissables sont inscrit dans les actifs nets sous la rubrique “apports affectés à des
immobilisations“. Ils sont ensuite intégrés au résultat au fur et à mesure que les
amortissements sont constatés.
- Financement des biens non amortissables : les fonds destinés aux biens non
amortissables sont également enregistrés dans les actifs nets sous la même rubrique
“apports affectés à des immobilisations“. Ils sont transférés au résultat une fois que les
obligations liées à ces biens sont réglées.
- Les apports reportés : ces fonds remboursés l’année précédente (N-1) et utilisés
pour couvrir des dépenses de l’année en cours (N). Ils sont initialement comptabilisés
au passif puis incorporés au résultat lors de la constatation des charges
correspondantes sous la forme des produits différés.
- Les ressources affectées : ces ressources sont directement comptabilisées dans le
résultat de l’exercice concerné.
- Les subventions et aides publiques : leur traitement comptable est régi par la
NCT12 «subventions publiques», qui définit les règles d’enregistrement et de suivi de
ces aides.

Ces apports toujours sans contrepartie, sont évalués à leur juste valeur et leur
affectation doit être clairement indiquée dans les notes aux états financiers. Les
contributions bénévoles représentent des prestations de services effectuées à titre
onéreux par des intervenants qualifiés au profit d’une association.

15
Comptablement, ces prestations sont considérées comme des apports en nature.

3. Organisation comptable et gestion budgétaire

Pour garantir une gestion financière rigoureuse et conforme à la NCT45, les


associations doivent mettre en place un système comptable clair et structuré, similaire
à celui des entreprises.

3.1 Les conditions de forme de la tenue de la comptabilité

Le cadre comptable impose aux associations les exigences suivantes :


- Le plan comptable : premier élément clé, constitue un référentiel organisé des
comptes (classes 1 à 7) qui définit précisément la nature et l’utilisation de
chaque compte.
- Les livres comptables : le grand livre, le livre d’inventaire et la balance
périodique doivent être tenus à jour et conservés pendant 10 ans.
- Les pièces justificatives : toute opération doit être justifiée par des documents
probants, classés et archivés.
- L’inventaire : exigé par la loi qui été réalisé annuellement et permet de vérifier
l’exactitude du patrimoine déclaré.
- Les procédés et moyens de traitement de l’information : les outils de gestion
qu’ils soient manuels ou informatiques, doivent garantir la production d’états
papiers et la sécurisation des données.
- Le manuel des procédures comptables : formalise l’organisation comptable et
les méthodes de travail pour assurer la cohérence des pratiques.

3.2 Processus budgétaire

La gestion budgétaire des associations repose sur une méthodologie rigoureuse


articulée autour de deux axes principaux : la procédure budgétaire et les différents
budgets.
16
Le processus commence par la fixation d’objectifs stratégiques alignés sur la mission
de l’association, suivie d’une analyse approfondie des besoins et ressources
disponibles, la préparation des projets de budgets et le pré-budget général. Cette
projection fait l’objet d’un examen collégial et d’ajustement avant l’adoption du
budget définitif. Le processus s’achève par un suivi régulier des réalisations par
rapport aux prévisions permettant d’identifier et de corriger les écarts pour assurer
l’équilibre financier de l’association.

L’architecture financière comprend trois budgets clés : le budget de fonctionnement


(charges et produits courants), le budget d’investissement (acquisition durables et leur
financement) et le budget de trésorerie (gestion des flux financiers).

3.3 La nomenclature et plan des comptes (voir annexe 4)

En Tunisie, la comptabilité des associations s’articule autour d’un cadre normatif


hybride combinant la NCT01 (norme générale) et la NCT45 (adaptations sectorielles),
offrant ainsi une solution équilibrée entre standardisation et reconnaissance des
spécificités associatives. Ce système ingénieux prend en compte la nature non
lucrative des activités, la diversité des ressources et les particularités opérationnelles.

A titre de synthèse et de comparaison entre les caractéristiques des associations et


celles des sociétés commerciales, le tableau présenté ci-dessous offre une analyse
comparative approfondie entre les deux catégories d’organisations en Tunisie. Il met
en lumière les principales différences en termes de structure juridique, d’objectifs, de
gouvernance, de fiscalité et d’autres aspects fondamentaux.

17
Tableau 1. Analyse comparative entre les associations et les sociétés commerciales en Tunisie

Critères Associations Sociétés commerciales

 L’association est une personne morale de droit  La société commerciale est une structure juridique
Nature juridique privé à but non-lucrative constituée par au moins créée pour exercer une activité économique en vue de
trois membres dans le but de poursuivre une générer des profits distribuables entre les associés ou
mission d’intérêt commun ou général. actionnaires.

 L’objectif principal d’une association est de  La société vise essentiellement la réalisation de


Objectifs servir une cause sociale, éducative, culturelle ou bénéfices par la production ou la commercialisation de
humanitaire. Elle agit dans une logique de biens et services. Sa finalité est donc strictement
service à la communauté, sans viser la rentabilité économique.
financière.

 Le fonctionnement des associations en Tunisie  Les sociétés commerciales sont soumises aux
Cadre juridique est régi par le décret-loi n°2011-88 du 24 dispositions du Code des sociétés commerciales (CSC),
septembre 2011, qui consacre la liberté promulgué par la loi n°2000-93 du 3 novembre 2000,
d’association tout en imposant des obligations de complété par divers textes d’application.
transparence et de conformité.

18
 La création d’une association se fait par dépôt  La constitution d’une société requiert une
d’un dossier de déclaration auprès du Registre immatriculation formelle au Registre national des
Création national des entreprises. L’obtention d’un entreprises. Elle implique la rédaction de statuts, le
récépissé dans un délai légal de 30 jours donne dépôt de capital et la publication au JORT.
droit à la personnalité morale.

 L’association acquiert la personnalité morale à  La société acquiert sa personnalité juridique dès son
Personnalité morale partir de la délivrance du récépissé de enregistrement au registre du commerce, ce qui lui
déclaration, ce qui lui permet d’agir confère des droits et des obligations en tant qu’entité
juridiquement en son nom. autonome.

 Les associations doivent tenir une comptabilité  Les sociétés sont tenues de produire des états financiers
appropriée à leur taille. Celles recevant des fonds selon les normes comptables en vigueur. Certaines
Contrôle financier publics ou étrangers sont soumises à un contrôle formes juridiques doivent désigner un commissaire aux
par la Cour des comptes, et doivent publier un comptes, et se soumettre à des contrôles fiscaux
rapport financier annuel. réguliers.

 Le financement des associations repose  Les sociétés financent leurs activités grâce aux apports
Sources de financement principalement sur les cotisations des membres, en capital, aux crédits bancaires et aux revenus générés
les dons, les subventions publiques ou privées, par leur activité. Elles peuvent également lever des

19
ainsi que les aides étrangères, sous conditions de fonds sur les marchés financiers.
transparence.

 Les associations ne sont généralement pas  Les sociétés sont assujetties à l’impôt sur les sociétés, à
Régime fiscal soumises à l’impôt sur les sociétés, sauf si elles la TVA et à d’autres obligations fiscales prévues par le
mènent des activités lucratives. Elles peuvent Code des impôts, en fonction de leur chiffre d’affaires
être assujetties à la TVA selon la nature de leurs et de leur secteur d’activité.
opérations.

 Les organes de gouvernance des associations  La gouvernance des sociétés varie selon leur forme
Gouvernance sont généralement constitués d’une assemblée juridique. Elle peut être assurée par un gérant, un
générale et d’un bureau exécutif. La gestion est conseil d’administration ou une assemblée générale des
souvent bénévole et encadrée par les statuts. actionnaires. Les dirigeants sont en général rémunérés.

 Une association peut être dissoute  La société peut être dissoute de façon volontaire, de
volontairement par décision de ses membres, ou plein droit ou judiciairement (par exemple en cas de
Dissolution automatiquement en cas de violation de la loi. La faillite). Une procédure de liquidation permet de
dissolution entraîne la liquidation de ses biens répartir les actifs restants entre les créanciers et les
selon les statuts. associés.

Source : Tableau préparé par nos propres soins

20
Section II. L’audit des associations selon la NCT 45

La NCT45 établit un cadre normatif spécifique pour l’audit des associations qui
permet de répondre aux enjeux particuliers de ce secteur. Cette norme ne se limite pas
à une simple vérification comptable, il englobe une évaluation globale des processus,
des risques et des mécanismes de contrôle interne visent à garantir la conformité aux
dispositions légales et l’efficacité de la gestion associative.

I. La NCT45 : Dispositions et applications dans le secteur associatif

La NCT45 constitue un cadre juridique essentiel pour le développement et la


régulation du secteur associatif en Tunisie définissant les règles et les procédures
applicables aux associations.

1. Présentation de la NCT45 et son importance pour les associations

La NCT45 est une référence comptable essentielle pour les associations en Tunisie.
Elle définit les règles de comptabilisation et de présentation des informations
financières pour garantir ainsi la transparence et la fiabilité des états financiers.
L’application de cette norme permet aux associations de présenter leurs activités
financières de manière claire et cohérente et faciliter la prise de décisions éclairées par
les parties prenantes notamment les donateurs, les bénéficiaires et les autorités de
régulations.

1.1 Principes comptables fondamentaux

La NCT45 préconise l’application de principes comptables tels que la continuité


d’activité, la prudence et la permanence des méthodes afin d’assurer la cohérence et la
comparabilité des informations financières :

- Continuité d’activité : l’association est présumée poursuivre des activités


dans un avenir prévisible.
21
- Prudence : les incertitudes et les risques doivent être pris en compte de
manière prudente dans les états financiers.
- Permanence des méthodes : les méthodes comptables doivent être appliquées
de manière cohérente d’une période à l’autre.

1.2 Modalités d’application de la NCT45 dans le secteur associatif

La mise en œuvre de la NCT45 dans le secteur associatif nécessite une approche


structurée et rigoureuse. Les associations doivent adapter leurs systèmes comptables
et leurs processus de reporting pour se conformer aux exigences de la norme.
Cela implique la définition de politiques comptables claires, la mise en place de
contrôles internes efficaces t la formation du personnel pour garantir une application
correcte de la norme.

II. Méthodologie de l’audit des associations : Techniques et Outils

d’Audit Adaptés aux Associations

Les associations occupent une place essentielle dans le tissu économique et social.
Bien que leur objectif premier ne soit pas lucratif, elles doivent répondre à des
exigences rigoureuses en matière de transparence et de bonne gouvernance vis-à-vis à
l’ensemble de leurs parties prenantes notamment les dirigeants, les adhérents et les
tiers. C’est pourquoi la législation prévoit la désignation obligatoire d’un CAC
lorsque les ressources de l’association dépassent un seuil déterminé, conformément à
l’article 43 du décret-loi n°2011-88. La mission du CAC vise à certifier la régularité et
la sincérité des états financiers.

Une fois la mission acceptée, le CAC engage un processus structuré en plusieurs


phases depuis la prise de connaissance de l’entité auditée jusqu’à l’expression de son
opinion sur les états financiers.
La figure suivante illustre le processus méthodologique adoptée dans le cadre d’une

22
mission d’audit et de certification des comptes annuels.

Figure 1. La démarche générale d’audit


Sources : « La démarche général d’audit et les nouvelles normes » (Approche
spécifique des PME, septembre 2008).

1. La prise de connaissance de l’association et la collecte d’information

La phase initiale de l’audit consiste à appréhender en profondeur l’association


concernée et considérée comme une étape cruciale pour élaborer un programme de
travail efficace. En raison des spécificités du secteur associatif, l’auditeur doit
rassembler des données exhaustives afin d’identifier les risques généraux et
spécifiques susceptibles d’influencer la démarche d’audit.

Cette analyse préalable centrée sur la nature de l’association, son environnement et


son système de contrôle interne permet à l’auditeur de :

- Evaluer la conformité de l’association aux obligations légales et sectorielles.


- Analyser la capacité de l’association à maintenir son activité à moyen et long
terme
- Relever les transactions majeures réalisées au cours de l’exercice de
l’association.

23
- Détecter les risques inhérents liés aux activités ou à la gestion.
- Déterminer les principales sources de financement et évaluer l’équilibre
financier.
- Identifier les parties prenantes liées à l’association.
- Orienter et structurer les travaux en fonction des éléments recueillis.
- Comprendre les missions, les projets et les opérations menés par l’association.

La collecte d’informations est un processus continu tout au long de l’audit


permettant d’actualiser les connaissances et d’intégrer les nouvelles données
pertinentes.

Afin de bien comprendre l’environnement et le fonctionnement d’une association,


l’auditeur met en œuvre plusieurs techniques de prise de connaissance essentielles à
la préparation de sa mission qui sont présentées au niveau de tableau suivant :
Tableau 2. Les techniques de prise de connaissance
Techniques Objectifs
Entretiens avec les - Recueillir des informations détaillées sur
responsables clés l’organisation et ses activités.
- Identifier les choix stratégiques, les objectifs fixés et
les moyens déployés.
- Saisir les enjeux sociaux et humains liés aux
activités.
Observations directe des - Evaluer l’efficacité des systèmes comptables et de
activités sur le terrain gestion documentaire.
- Observer le déroulement des activités au quotidien.
Etude comparative des - Identifier les principales tendances économiques et
données financières financières.
- Déterminer les zones de risque potentiel ou les
éléments inhabituels.
- Analyser les ratios et les indicateurs clés.
Analyse critique de la - Examiner les documents juridiques et administratifs
documentation clés (statuts, contrats, conventions).
institutionnelle - Consulter les éventuels rapports d’audit interne et
les procédures de contrôle.
- Etudier les procès-verbaux pour comprendre les
décisions prises en assemblée
Source « ISA. 315 »
24
3. Planification de la mission d’audit

Le CAC est chargé d’établir un plan opérationnel précis structuré autour de trois
dimensions fondamentales : La méthodologie d’audit, le périmètre d’intervention
clairement défini et le calendrier des travaux. Ce plan constitue le fondement principal
de l’élaboration du programme de travail et il doit intégrer les éléments essentiels
suivants :
- Une présentation claire de l’activité de l’association et de ses objectifs.
- Une analyse préliminaire des risques liés à l’environnement interne et externe
de l’association.
- L’identification des ressources financières majeures de l’association.
- L’examen du système comptable adapté par l’association.
- Le calendrier et l’étendu des procédures d’audit

La phase conclusive de cette étape consiste à déterminer le seuil de signification qui


est définit comme étant le niveau au-delà duquel une anomalie financière ou
opérationnelle est susceptible d’influencer les décisions des parties prenantes.
Conformément à la norme ISA320, ce seuil sert de référence tout au long de la
mission pour déterminer l’étendue des contrôles à effectuer et évaluer la gravité des
éventuelles anomalies détectées.

La phase cruciale de détermination du seuil de signification s’appuie sur une


combinaison de critères quantitatifs (résultat, fonds propres, budget total) et qualitatif
(par exemple les erreurs intentionnelles comme les fraudes étant jugées plus critiques
que les erreurs involontaires).

Une fois la mission planifiée et le seuil de signification défini, le CAC doit attribuer
les tâches aux membres les plus qualifiés et expérimentés de l’équipe. Par ailleurs, il
est essentiel d’assurer un suivi rigoureux du travail des collaborateurs impliqués dans
la mission.

25
4. Evaluation du système de contrôle interne

Conformément à la norme ISA330, le CAC doit mettre en place des tests spécifiques
visant à apprécier le bon fonctionnement du système de contrôle interne ainsi que la
crédibilité des informations collectés.

Dans ce cadre, il doit également s’assurer que les procédures de contrôle interne
définies par la NCT45 sont effectivement respectées en s’appuyant notamment sur
l’analyse des éléments développés ci-dessous.

4.1 Structure organisationnelle et gouvernance de l’association

Dans le cadre de sa mission, le CAC doit procéder à une analyse approfondie de


l’organisation de l’association afin de :

- La séparation effective des fonctions afin d’éviter tout cumul de tâches


incompatibles.
- Vérifier que l’association dispose d’un organigramme actualisé représentant
fidèlement son organisation.
- S’assurer que les activités de l’association sont menées dans le respect des
normes légales et réglementaires en vigueur.
- Confirmer la présence d’un document procédural détaillant les fonctions, les
responsabilités, les objectifs visés et les attributions de chaque membre.

4.2 Organisation et fiabilité du système comptable

Le CAC tenu d’évaluer l’organisation comptable mise en place par l’association.


Cette évaluation vise à vérifier les éléments suivants :

- L’association possède une connaissance adéquate des règles et normes


comptables en vigueur.
- Les opérations comptables sont enregistrées de manière rigoureuse et dans des
26
délais appropriés.
- Les délais légaux de conservation des documents comptables fixés à 10 ans
doivent être respectés.
- Les registres comptables sont correctement tenus dans le respect des normes
applicables.
- Des mesures efficaces sont mises en place pour faciliter l’accès aux données
comptables et aux pièces justificatives.

4.3 Gestion et suivi des financements, dons, subventions et autres aides reçus

Le CAC doit examiner le dispositif mis en place pour la collecte des différentes
sources de financement afin de vérifier les éléments suivants :

Pour les cotisations


- Un système efficace doit être mis en place pour comparer régulièrement la
liste des membres avec les cotisations réellement encaissées sur chaque
période.
- Des procédures claires doivent encadrer l’appel à cotisation ainsi que les
relances en cas de non-paiement.
- La délivrance des cartes d’adhérents doit suivre une numérotation continue et
être soumise à un contrôle rigoureux.
Pour les dons, subventions et autres aides
- Il est essentiel d’assurer une séparation claire des responsabilités entre
l’émission des reçus et l’encaissement effectif des dons afin de garantir la
transparence et l’intégrité des opérations.
- Un mécanisme de suivi doit mis en œuvre pour vérifier le respect des
conditions liées aux subventions publiques qu’elles soient attribuées dans le
cadre d’un appel à projets ou d’un accord de partenariat. L’organisation
bénéficiaire doit assurer la transmission des rapports exigés conformément aux
dispositions de l’article 20 du décret-loi n° 2013-5183.
- Il est essentiel de mettre en place une procédure formalisée pour l’acceptation
27
des dons et subventions selon une numérotation continue et sécurisée et une
délégation de signature clairement définie afin d’assurer la traçabilité des
opérations.

4.4 Elaboration et exécution du budget

Le CAC doit garantir que la gestion budgétaire d’appuie sur une méthodologie
robuste permettant d’analyser systématiquement les écarts entre prévisions et
réalisations. Cette analyse critique constitue le fondement d’actions correctives
ciblées.

5. Analyse des principaux risques liés aux associations

L’identification et l’évaluation des risques constituent le fondement méthodologique


essentiel permettant aux CAC de mener efficacement leurs missions d’audit à travers
son intervention à chaque stade. On peut distinguer trois catégories principales de
risques : le risque inhérent, le risque de non contrôle, et le risque de non détection.

5.1 Le risque inhérent

Ce risque dépend à la fois des facteurs internes et externes à l’association et son


évaluation intervient lors de la phase de prise de connaissance de l’entité. Parmi les
risques inhérents on peut citer :

5.1.1 Les risques liés au cadre juridique et réglementaire

Les associations sont tenues de respecter une réglementation stricte depuis leur
création jusqu’à leur dissolution. L’auditeur doit être attentif aux risques juridiques
que l’association peut rencontrer dans le cadre de ses activités. Ces risques concernent
principalement :

- Le non-respect des lois et exigences légales.


- Le non-respect des dispositions prévues dans les statuts.

28
- Le non-respect des engagements contractuels pris par l’association.

Afin d’évaluer ces risques de manière efficace, le CAC doit procéder à une analyse
approfondie des statuts, du règlement intérieur et des procès-verbaux des assemblées
générales, tout en prenant en compte le cadre législatif spécifique au secteur
associatif.

5.1.2 Le risque lié à l’évolution de la réglementation comptable

L’évolution des normes comptables notamment avec l’introduction de la NCT45


accroit les risques d’anomalies significatives dans les états financiers des associations.
Face à cette complexité accrue, le CAC doit renforcer son contrôle et adopté sa
méthodologie d’audit.

5.1.3 Les risques liés à l’organisation interne de l’association

En Tunisie, le secteur associatif présente un niveau d’organisation souvent inférieur à


celui d’autres domaines. Les associations de petite taille sont fréquemment mal
structurées et leur gestion souffre d’un manque de rigueur ce qui peut générer des
risques compromettant la transparence de leur fonctionnement tels que :

- Une mauvaise répartition des rôles et des responsabilités.


- Une domination excessive du personnel salarié.
- Le profil des dirigeants bénévoles.

Pour détecter et apprécier ces risques, le CAC doit examiner la structure hiérarchique
de l’association, contrôler les autorisations de signature à la banque et ainsi que
vérifier la régularité des délibérations des organes de gouvernance.

5.1.4 Les risques spécifiques aux activités de l’association

Le développement du secteur associatif a engendré de nouvelles dérives notamment la


création des sociétés commerciales dissimulées derrière des structures associatives

29
dites « écrans ». Ces entités sont souvent utilisées comme moyens d’évasion fiscale
ou pour bénéficier d’exonérations d’impôts directs tels que l’impôt sur les sociétés et
l’impôt sur le revenu.

Pour prévenir ces dérives, le CAC doit s’assurer que les activités de l’association
reposent effectivement sur le bénévolat et le volontariat et que les excédents éventuels
sont intégralement réinvestis dans la réalisation des missions de l’association. Il est
également nécessaire de vérifier que les membres et les dirigeants ne reçoivent pas
aucune rémunération ni avantage en nature.

5.1.5 Le risque de blanchiment d’argent de financement illicite

Aujourd’hui, avec l’augmentation des actes terroristes, les associations sont souvent
considérées comme exposées à des risques élevés de blanchiment d’argent et de
financement du terrorisme. C’est pourquoi la Banque Centrale de Tunisie, dans sa
circulation n°2013-15115 demande aux établissements financiers d’appliquer une
vigilance renforcée lorsqu’ils traitent avec des partis politiques ou des associations.

Dans ce cadre, le CAC d’une association doit rester particulièrement attentif lorsqu’il
contrôle une association tout au long de sa mission. Il lui revient d’examiner de
manière rigoureuse les opérations financières afin d’identifier tout activité pouvant
indiquer un risque de blanchiment ou de financement illicite.

5.2 Le risque de non-contrôle

Ce risque correspond à l’incapacité du système de contrôle interne à détecter ou


corriger des anomalies significatives dans les délais requis. Cette évaluation constitue
une étape clé de l’audit des dispositifs de gouvernance associative.

5.2.1 Les risques liés au non-respect des procédures et les conditions d’octroi du
financement public

Le secteur associatif tunisien repose en grande partie sur les subventions publiques.

30
De ce fait, le respect des règles encadrant l’attribution de ces financements est
primordial. Plusieurs risques peuvent résulter d’un non-respect de ces obligations
notamment :
- Le non-renouvellement de la subvention.
- Le non-respect des termes contractuels avec l’organisme donateur.
- L’absence de transmission des rapports exigés.
- Une comptabilisation erronée des subventions.

Pour apprécier ces risques, le CAC doit s’appuyer sur les dispositions du décret
n°2013-5183 qui énonce les critères, les procédures et les conditions d’octroi du
financement public aux associations.

5.3 Le risque de non-détection

Ce risque désigne la possibilité que l’auditeur ne parvienne pas à identifier des


anomalies significatives dans les états financiers ou qu’il les détecte sans les
interpréter correctement. Il est influencé par la qualité des procédures d’audit
appliquées ainsi que par le jugement professionnel de l’auditeur.

Rappelons que le risque d’audit (RA) se définit comme le risque que l’auditeur émette
une opinion erronée sur des états financiers comportant des anomalies significatives.
Il dépend de trois composantes : le risque inhérent (RI), le risque lié au contrôle
interne (RNC) et le risque de non détection (RND). La formule suivante permet de le
calculer :

RA = (RI *RNC) * RND

Afin de limiter ce risque et d’adopter une approche d’audit adaptée, le CAC doit
analyser l’environnement de l’entité auditée et repérer les zones sensibles. Il évalue
alors les risques d’anomalies significatives pour chaque assertion en tenant compte de
la combinaison RI * RNC.

31
Selon la norme ISA 500, les assertions utilisées par l’auditeur concernent à la fois les
flux d’opérations (comme le rattachement, l’exhaustivité, l’exactitude, la séparation,
la classification) et les soldes de comptes (tels que l’existence, les droits et
obligations, l’évaluation, l’affectation). Ces assertions doivent être suffisamment
précises pour guider l’évaluation du risque, la collecte des éléments probants et
l’élaboration de la stratégie d’audit.

5. Vérification et contrôle des comptes des associations

Dans cette phase, le CAC doit planifier et réaliser des tests de substance afin
d’évaluer les assertions et de répondre aux risques d’anomalies significatives.
L’objectif est d’obtenir des éléments probants permettant de formuler une opinion
fondée.

En effet face aux particularités du secteur associatif qui nécessite un traitement


comptable spécifique, le CAC doit adapter ses travaux pour s’assurer du respect de la
NCT45. Selon la norme ISA 500 il existe deux types de tests de substance : les tests
de détails et les procédures analytiques.

5.1 Les tests détaillés sur les transactions

Les tests de détails sont des procédures de contrôle mise en œuvre pour vérifier la
validité des informations figurant dans les états financiers à partir des pièces
comptables ou de tout autre élément probant. Le CAC utilise différentes techniques
pour mener ces tests notamment :

- L’inspection : Elle consiste à examiner des documents ou enregistrements sur


papier ou en version électronique. Par exemple le CAC peut vérifier les
documents liés aux ressources d’une association pour d’assurer qu’elles sont
bien enregistrées et affectées correctement.
- Le contrôle arithmétique : Cette procédure permet de vérifier l’exactitude

32
des calculs dans les pièces justificatives et les écritures comptables.
- L’observation physique : Cette méthode vise à constater directement
l’existence d’un actif afin de confirmer qu’il a bien été pris en compte dans la
comptabilité. A titre d’exemple, le CAC peut assister à l’inventaire réalisé par
le personnel d’une association.
- La confirmation externe (ou circularisation) : cette technique consiste à
demander à un tiers de confirmer une information ou une situation. Les
réponses obtenues sont généralement plus fiables car elles proviennent d’une
source indépendante.
- Les demandes d’informations : L’auditeur peut interroger des personnes
compétentes à l’intérieur ou à l’extérieur de l’entité pour obtenir des
renseignements financiers ou non financiers. Ces informations peuvent être
recueillies par écrit ou oralement.

5.2. Mises en œuvre des procédures analytiques conformes aux normes ISA 570

Les procédures analytiques permettent d’évaluer les données financières en étudiant


les liens logiques entre différentes information qu’elles soient financières ou non. Le
CAC utilise ces procédures lors du contrôle des comptes d’une association afin de :

- Comparer les résultats annuels avec les données des années précédentes ou
avec les prévisions établies.
- Repérer les écarts importants et comprendre leur origine.
- Mettre en comparaison les données comptables de l’association avec celles
d’autres structures similaires du même secteur.

6. Le rapport d’audit

A l’issue de sa mission, le CAC rédige un rapport d’audit. Ce document présente deux


volets principaux : d’une part, son opinion sur la sincérité et la conformité des états
financiers de l’association et d’autre part, ses conclusions concernant le respect des

33
obligations légales et réglementaires.

Conformément à la norme ISA 700 intitulée « Fondement de l’opinion et rapport


d’audit sur des états financiers », le rapport doit inclure les éléments suivants :

- Un intitulé : le titre du rapport doit explicitement mentionner la qualité


d’ « indépendant » pour garantir le respect des principes éthiques et de
l’indépendance requise. Par exemple : « Rapport d’audit indépendant des états
financiers ».
- Le destinataire du rapport : le rapport doit préciser les destinataires ciblés
notamment les membres de l’association. En outre conformément à l’article 43
du décret-loi n°2011-88, le rapport doit également être transmis au secrétaire
général du gouvernement ainsi qu’au président du comité directeur de
l’association.
- Un paragraphe sur la responsabilité de l’organe de direction par rapport
aux états financiers : Ce paragraphe doit décrire les responsabilités de la
direction de l’association en matière de préparation et de présentation des états
financiers conformes à la NCT45. La direction est tenue de préparer des états
financiers qui reflètent fidèlement la situation financière de l’association et de
mettre en place des contrôles internes appropriés pour garantir l’exactitude et
la fiabilité des informations financières.
- Un paragraphe d’introduction : Ce paragraphe précise l’identité de
l’association auditée, la nature des états financiers examinés et leur date de
clôture.
- La responsabilité de l’auditeur : l’auditeur doit préciser que sa mission
consiste à exprimer une opinion sur les états financiers de l’association. Il doit
également indiquer que l’auditeur a été réalisé conformément aux normes
internationales dans le respect des règles déontologie. Ce paragraphe doit
inclure une définition claire de la mission d’audit.
- Un paragraphe d’opinion

34
Dans ce paragraphe, le CAC exprime son opinion qui peut prendre les formes
Suivantes :
 Une opinion sans réserve : lorsque les états financiers de l’association
sont présentés de manière transparente et fidèle en conformité avec la
NCT45 sans anomalies significatives.
 Une opinion avec réserve : le CAC peut émettre une opinion avec réserve
lorsqu’il rencontre une limitation dans l’étendue de ses travaux ou lorsqu’il
existe un désaccord avec la direction notamment sur les méthodes
comptables appliquées ou les informations présentées en annexe.
Toutefois ces points ne sont pas assez importants pour justifier une opinion
défavorable.
 Une opinion défavorable : Elle est émise lorsque les états financiers ne
respectent pas la réglementation en vigueur. Contrairement à une opinion
sans réserve, les données présentent alors des erreurs, des incertitudes ou
des inexactitudes significatives.
- Paragraphe sur les autres obligations légales et réglementaires : ce
paragraphe contient les conclusions du CAC sur le respect du cadre juridique
et réglementaire applicable.
- La date d’émission du rapport.
- La signature, l’identité et les cordonnées de l’auditeur ou du cabinet en
charge de l’audit.

III. Enjeux et défis spécifiques à l’audit des associations en Tunisie

L’audit des associations en Tunisie présente des enjeux et défis spécifiques liés à leur
environnement réglementaire, économique et social nécessitant une approche adaptée
pour garantir la transparence et la bonne gestion des ressources.

1. Enjeux de l’audit des associations

L’audit des associations en Tunisie présente plusieurs enjeux. D’une part, il vise à
35
garantir la transparence financière et la bonne gestion des ressources essentielles pour
maintenir la confiance du public et des bailleurs de fonds. D’autre part, il permet
d’évaluer l’efficacité et l’efficience des actions menées par ces organisations souvent
impliquées dans des projets de développement social et économique.

Par ailleurs, l’audit contribue à prévenir les risques de fraude et de corruption


phénomènes qui pourraient ternir l’image de ces associations et compromettre leur
pérennité. Enfin, il renforce la responsabilité et la gouvernance et permet aux OSBL
de mieux répondre aux attentes de leurs bénéficiaires et de la société civile.

2. Défis spécifiques à l’audit des associations

L’audit des associations en Tunisie présente plusieurs défis notables. Parmi ces défis,
on peut citer la complexité des réglementations applicables qui nécessite une mise à
jour permanente des connaissances pour garantir la conformité.
De plus, la gestion des ressources financières provenant de diverses sources telles que
les dons et les subventions, pose des difficultés en termes de traçabilité et de
transparence.

Par ailleurs, l’évaluation de l’efficacité et de l’efficience des programmes et des


projets menés par les associations constitue également un défi majeur pour les
auditeurs qui doivent développer des approches spécifiques pour évaluer les résultats
et l’impact de ces initiatives. Enfin, la qualité de la gouvernance et la disponibilité des
informations financières précises et fiables sont autant de défis que les auditeurs
doivent relever pour garantir la crédibilité des associations.

36
Conclusion

Dans le contexte actuel, le secteur associatif tunisien présente des caractéristiques


uniques qui exigent une approche spécifique en matière d’audit et de contrôle. La
NCT45 constitue un cadre référentiel essentiel pour le CAC chargés d’évaluer la
régularité et la transparence des états financiers des associations. Pour répondre aux
exigences de cette norme, il est crucial que les CAC développent une compréhension
approfondie du secteur associatif, de ses spécificités et de ses besoins.

Dans ce chapitre, nous avons examiné le cadre réglementaire, fiscal et comptable


applicable aux associations en mettant en évidence les contributions notables de la
NCT45. Cette norme permet d’améliorer considérablement la qualité de l’information
financière produite par ces entités.
De même, nous avons proposé dans ce chapitre une méthodologie d’audit légal
adaptée aux associations à travers la NCT45. Cette approche systémique couvre toutes
les étapes de la mission depuis l’analyse préliminaire notamment la prise de
connaissance jusqu'à l’émission de l’opinion finale tout en tenant compte des
particularités propres à ce secteur.

37
Chapitre II. L’Audit Externe Des Associations
En Tunisie : Cas De l’Association « XYZ »

Introduction

Les cabinets comptables occupent une place cruciale dans l’accompagnement des
entreprises à chaque étape de leur développement en tant que soutien stratégique et
opérationnel de haute qualité.

Dans le cadre de la rédaction de mon mémoire de master professionnel en CCSI, j’ai


eu l’opportunité de réaliser un stage de quatre mois au sein du cabinet « COFI+ ». Ce
stage m’a permis de développer mes compétences techniques, de m’immerger dans le
monde professionnel et d’établir des relations solides avec les équipes.

Mon intérêt s’est rapidement orienté vers le département d’audit car il représente un
choix stratégique correspond à nos ambitions professionnelles et offre des
perspectives de croissance qui nous permettant de réaliser mes objectifs de carrière.
Au cours de la période de notre stage, plusieurs missions d’audit ont été confiées au
cabinet. Toutefois, notre intérêt s’est adressé en particulier à l’audit d’une association
amicale notamment en raison de la spécificité de son régime comptable régi par les
nouvelles dispositions de la NCT45.

Ce deuxième chapitre de notre travail s’articule en deux sections : La première


présente le cabinet « COFI+ » ainsi que les tâches que j’ai réalisées durant mon stage.
La deuxième section détaille la mission d’audit légal effectuée par « COFI+ » au sein
de l’amicale « XYZ » régi par la NCT45.

38
Section I. Présentation du cabinet d’accueil et tâches
exécutées

La période du stage que nous avons réalisé est considérée comme une expérience
professionnelle enrichissante, courant laquelle nous avons eu l’occasion de rejoindre
l’équipe du cabinet « COFI+ » où nous avons activement contribué à diverses
missions qui nous ont permis de développer nos compétences et notre expertise. Cette
première section vise à présenter de manière détaillée le cabinet « COFI+ » et par la
suite les différentes tâches effectuées durant ce stage.

I. Présentation du cabinet d’accueil

Au niveau de cette partie, nous commençons par présenter une description historique
du cabinet, son organigramme, et les principales tâches qui font partie de son activité.

1. Historique du cabinet

« COFI+ » est un cabinet d’étude comptable et fiscale qui a été créé en février 2002 à
Bizerte. Il est fondé par Monsieur Dhakouani Fethi membre à la compagnie des
comptables de Tunisie ayant plus de 20 ans d’expérience.

Le cabinet « COFI+ » se distingue par sa capacité à offrir une gamme complète de


services dans divers secteurs d’activité en Tunisie. De plus, il se caractérise par une
approche conviviale, une écoute attentive et un engagement en faveur de l’intégrité et
l’indépendance professionnelle.
Afin de mieux appréhender le cadre institutionnel du cabinet COFI+, le tableau ci-
dessous présente une fiche signalétique détaillée.

39
Tableau 3. Fiche signalétique
Dénomination social COFI+
Sigle usuel

Forme juridique SARL


Gérant Monsieur Dhakouani Fethi
Adresse 5, Rue d’Alger-Bizerte 7000
Fax (+216) 72 433 894
Téléphone (+216) 98 442 476
E-mail Fethidhakouani423@[Link]
Source : Données officielles de COFI+

2. L’organigramme du cabinet

Le cabinet « COFI+ » est composé d’un comptable inscrit dans la compagnie des
comptables de Tunisie, d’un auditeur, d’une assistante comptable et fiscal et d’un
CAC.
La figure ci-après présente l’organigramme du cabinet COFI+ qui permet de
visualiser la structuration interne de l’équipe.

Direction
Générale

Auditeur

CAC
Assistante
Comptable

Figure 2. Organisation du cabinet

Source : Manuel de procédures « COFI+ »

40
3. Les activités du cabinet

Les activités du cabinet s’articulent autour de plusieurs axes complémentaires qui


témoignent de la diversité des missions assurées. En effet, le cabinet intervient non
seulement dans l’audit et la certification des comptes mais également dans
l’assistance administrative et juridique, le conseil en matière de fiscalité ainsi que
l’attribution des tâches comptables et financières.
La figure suivante récapitule les principales activités exercées par le cabinet.

audit et certification des comptes


les activités

assistance dans les démarches


administratives et juridiques

attribution des taches comptables et


financière et conseil en matière de
fiscalité

Figure 3. Les activités du cabinet


Source : « Document interne de cabinet COFI+ »

3.1Audit et certification des comptes

L’activité d’audit et de certification des comptes au sein de cabinet « COFI+ »consiste


à évaluer les états financiers pour garantir leur exactitude, leur sincérité et leur
conformité aux normes comptables et réglementaires en vigueur. Les professionnels
de « COFI+ » réalisent des audits pour vérifier la fiabilité des informations

41
financières, détecter les anomalies éventuelles et formuler les recommandations pour
améliorer les processus financiers et comptables.

3.2 Conseil en matière de fiscalité

COFI+ propose un accompagnement fiscal personnalisé grâce à sa connaissance


approfondie de la réglementation tunisienne. Ses services incluent l’organisation
fiscale, la création de manuels fiscaux, l’optimisation des avantages fiscaux et la
gestion des échéances.

3.3. Assistance dans les démarches administratives et juridiques

COFI+ offre une assistance précieuse dans les démarches administratives et juridiques
qui permet à ses clients de naviguer efficacement dans le paysage réglementaire
complexe. Grâce à une expertise approfondie des lois, les professionnels fournissent
des conseils personnalisés et des solutions adaptées pour faciliter les interactions avec
les administrations publiques et les institutions juridiques.

3.4. Attribution des tâches comptables et financières

COFI+ propose des services d’externalisation en matière comptable et financière.


Cette mission consiste à prendre en charge tout ou partie des fonctions comptables des
organisations, la préparation des états financiers consolidés et l’établissement des
bilans périodiques.

Une fois avoir présenté le cabinet d’accueil et les différentes activités exercées au sein
de ce cabinet, nous exposons dans ce qui suit, les différentes tâches que nous avons pu
effectuer tout au long de la période de notre stage.

42
II. Les tâches effectuées

Durant notre stage, nous avons pu acquérir une compréhension concrète et globale des
défis quotidiens rencontrés par les agents comptables. Nous avons notamment eu
l’occasion de réaliser les missions développées ci-dessous.

1. Les travaux d’assistance

Les opérations d’assistance que nous avons pu contrôler tout au long de la période de
notre stage sont liées aux opérations courantes. Elles sont liées essentiellement à la
tenue de la comptabilité, la gestion de la paie et les déclarations fiscales.

1.1 Tenue de la comptabilité

- Préparer les états financiers périodiques tels que les bilans, les comptes de
résultats et les tableaux de flux de trésorerie.
- Enregistrement des écritures comptables.
- Gérer les comptes fournisseurs et clients.
- Suivre les paiements et les encaissements.

1.2 Gestion de la paie et des obligations sociales

- Utilisation des logiciels spécialisés pour automatiser et gérer les processus de


paie.
- Saisie et traitement des bulletins de paie.
- Calcul des cotisations sociales.
- Calcul des salaires bruts et nets en intégrant les éléments variables.

1.3 Déclarations fiscales

- Collecter les documents nécessaires tels que les relevés bancaires, les factures
et les reçus.

43
- Préparer les déclarations fiscales à travers les informations collectées.

2. Les travaux d’audit

Les travaux d’audit que nous avons réalisés sont liés à trois catégories d’audit, à
savoir l’audit interne, l’audit légal externe et l’audit des associations.

2.1 Audit comptable et financier interne

Nos travaux ont porté sur plusieurs volet, dont :


- Analyse approfondie des comptes, des opérations financières et des systèmes
de contrôle interne.
- Identifier les risques potentiels, les anomalies et les opportunités
d’amélioration.

2.2 Audit légal

Nos tâches ont été variées et ont portées sur les aspects suivants :
- Vérifier les états financiers pour s’assurer qu’ils sont exacts, complets et
conformes aux normes comptables et réglementaires applicables.
- Exprime une opinion sur la sincérité et la régularité des états financiers.
- Vérifie la conformité aux lois notamment en matière fiscale et sociale.

2.3 Mission d’audit dans une association

Au cours de cette mission, nous avons été amenés à réaliser diverses tâches après
avoir pris connaissance de manière générale de l’organisation et du fonctionnement de
l’institut. Notre intervention s’est principalement concentrée sur l’audit de plusieurs
cycles à savoirs :
 Les charges (dépenses).
 Les produits (recettes).
 Les immobilisations.

44
 Les stocks.
 La trésorerie.
 Le budget.

Dans le cadre de notre travail, nous avons également été chargés de :

- L’analyse des charges et des produits à travers une revue analytique


permettant de détecter et d’expliquer les écarts significatifs.
- La constitution d’un dossier permanent qui regroupe l’ensemble des
documents institutionnels (statuts, procès-verbaux, contrats, conventions, lettre
d’affirmation…).
- L’identification et l’évaluation des risques à travers l’analyse du système de
contrôle interne.
- La participation à la rédaction du rapport sur le contrôle interne ainsi qu’à la
préparation du rapport du CAC.

Section II. Spécificités de l’audit externe dans les


organisations à but non lucratif : Cas pratique de
l’association «XYZ»

Cette section se concentre sur l’analyse de l’audit légal des comptes annuels d’une
association sociale conformément à la NCT45. L’audit porte spécifiquement sur
l’exercice clos le 31 décembre 2023 qui correspond à la deuxième année
d’intervention du cabinet « COFI+ » en qualité de CAC. Les états financiers de cette
association (présentés en annexe 5) ont été arrêtés à la même date. Pour respecter les
règles de confidentialité, l’association sera désignée sous le nom « XYZ ».

L’objectif principal de cette section est de mettre en œuvre la méthodologie d’audit


présentée dans le premier chapitre. Cette approche suit un processus rigoureux depuis
l’acceptation de la mission jusqu’à l’expression d’une opinion motivée sur la fiabilité

45
et la conformité des états financiers aux dispositions de la NCT45. Mais avant de
commencer à décrire cette démarche d’audit, nous procédons en premier niveau à la
présentation de l’association objet de notre cas pratique.

I. Présentation de l’amicale « XYZ » objet de l’étude de cas


Dans cette partie, nous commençons par présenter l’association objet de notre cas
pratique et la répartition des tâches entre les membres directifs.

1. Présentation général de l’amicale

L’amicale « XYZ » est une association tunisienne à but non lucratif créée en 2014
conformément aux dispositions du décret-loi n°88-2011. Sa mission principale est la
prise en charge et la réhabilitation des personnes ayant subi des actes de torture.

La présente association assure les activités suivantes :

- La réhabilitation des survivants de la torture pour qu’ils jouissent de leurs


droits à la santé et à la dignité.
- La facilitation de la réinsertion des survivants de la torture.
- L’offre de services de soins multidisciplinaires.
- Le développement des activités de recherches et l’amélioration des techniques
et des protocoles de soins.
- La contribution à la lutte contre la pratique de la torture et les mauvais
traitements.

3. La répartition des tâches au sein de l’amicale

Le bureau exécutif de l’association comprend un président, un secrétaire général, un


trésorier et des membres. Le tableau présenté ci-dessous permet de synthétiser les
différentes tâches assignées à chaque organe de gestion.

46
Tableau 4. La répartition des rôles et des fonctions au niveau de l’amicale

Les organes Les tâches


Le président  Dirige les activités de l’association.
 Applique les décisions adoptées par le comité.
 Assure la liaison avec les instances externes et
représente officiellement l’association en
justice.
le secrétaire général  Assure la tenue à jour des registres des
délibérations.
 Supervise les tâches administratives.
 Rédige les convocations et la correspondance
officielle.
Le trésorier général  Collecte les fonds et les cotisations.
 Effectue les paiements autorisés par le comité
directeur.
Les membres  Contribuer activement à la réalisation des
missions de l’association à travers la
participation à ses projets et ses programmes.

II. Les mécanismes d’acceptation de la mission d’audit

Le cabinet « COFI+ » a été désigné en tant que CAC par l’AGO de l’amicale
« XYZ » pour réaliser l’audit de l’exercice 2023. La décision d’accepter ou de
poursuivre une mission constitue un choix stratégique majeur pour un cabinet. En
effet, une mauvaise décision peut entraîner non seulement une perte de temps mais
également une pression accrue sur les équipes et une atteinte à la réputation.

47
Dans le cadre de cette mission, le cabinet a respecté les étapes développées ci-dessous
pour garantir une prise de décision éclairée et assure la qualité de la relation client.
1. Les critères à remplir pour accepter une mission d’audit

Avant de valider l’acceptation de la mission le cabinet « COFI+ » s’est assuré de la


possibilité de vérifier sa conformité aux exigences légales, réglementaires et
déontologiques conformément aux normes professionnelles en vigueur. Cette
évaluation préalable a porté sur plusieurs aspects essentiels :

- L’analyse de son indépendance et de ses compétences pour réaliser


efficacement la mission.
- L’examen de la gouvernance et l’éthique organisationnelle de l’amicale dans
le but d’écarter tout risque lié à l’intégrité ou à la réputation du client
notamment à travers des consultations auprès de tiers.
- L’appréciation de la capacité du cabinet à appliquer les diligences
normalement attendues.
- L’identification des risques potentiels liés à la mission tels que les contraintes
de temps excessives.

2. La validation formelle de la lettre de mission

Avant de commencer les travaux d’audit et à l’issue des investigations préliminaires


l’acceptation formelle de la mission est établie conformément à la norme ISA 210.
Cette acceptation se caractérise par la signature d’une lettre de mission par le cabinet
d’audit et la direction de l’amicale « XYZ » et a pour but de clarifier les modalités de
la mission et d’assurer une compréhension mutuelle des engagements de chaque
partie.

La lettre de mission est essentielle car elle représente une garantie pour le CAC et
permet également d’informer la direction de l’amicale sur les objectifs, les
responsabilités et le rôle de l’auditeur dans le cadre de sa mission.

48
3. La composition de l’équipe d’intervention et l’estimation budgétaire
temporelle

Le tableau ci-dessous présente les membres de l’équipe en charge de la mission ainsi


que leurs statuts respectifs. La durée estimée pour cette intervention est de 2
semaines.

Tableau 5. L’équipe intervenante à la mission

Nom et prénom Statut


********** CAC
********** Auditeur sénior

III. Le déroulement des travaux d’audit au sein de l’amicale « XYZ »


Après l’acceptation de la mission l’équipe du cabinet présente la démarche d’audit
proposée pour l’exercice 2023 qui se détaille comme suit :

Prise de connaissance de l'environnement de


l'amicale "XYZ"et mise à jour du dossier
permanent

Evaluation du système de contrôle interne

Identification des risques d'anomalies


dignificatives

Examen des comptes

achévement des travaux et élaboration du rapport


d'audit

Figure 4 : la démarche d’audit suivie par le cabinet


Source : « Cabinet COFI+ »

49
1. Prise de connaissance de l’amicale « XYZ »

La première phase de la mission d’audit consiste à acquérir une compréhension


approfondie de l’environnement de l’amicale « XYZ ». Cette étape cruciale permet
d’identifier les zones qui présentent des risques potentiels et d’orienter efficacement la
suite des travaux. A cet effet, le cabinet a mis en œuvre les actions suivantes :
- Actualisation du dossier permanent par la collecte des nouveaux contrats
conclus par l’amicale au cours de l’exercice 2023.
- L’analyse des procès-verbaux des réunions clés pour identifier les décisions
majeures et les orientations stratégiques.
- Consultation des nouvelles notes de service et procédures internes mises en
place récemment.
- La réalisation d’entretiens avec le gestionnaire et les responsables
opérationnels de l’amicale en vue de recueillir des informations qualitatives
sur l’organisation.
- L’identification d’éventuelles données pouvant avoir un impact sur le système
d’information.

1.1 Demande et examen des documents

Avant le lancement de la mission d’audit une demande préalable a été adressée à


l’amicale « XYZ » afin de collecter les éléments nécessaires à la mise à jour du
dossier permanent et des informations générales. La liste des documents sollicités
comprend notamment :

- La balance comptable de l’exercice 2023(au format Excel).


- Les procès-verbaux des assemblées générales tenues en 2023.
- Les nouveaux contrats établis avec les fournisseurs et les assurances
automobiles.
- Le détail des cotisations et de la participation des adhérents aux différentes
activités.
50
- Les déclarations fiscales et sociales effectuées.
- La situation des prêts au logement et des avances accordées sur salaires.
- Les relevés bancaires de l’année 2023.
- Les états de rapprochement bancaires arrêtés au 31 décembre 2023.

1.2 Collecte des informations supplémentaires

La collecte des données complémentaires a été réalisée selon une méthodologie


rigoureuse. Le chef de mission a mené quatre entretiens structurés avec les membres
du bureau de l’amicale « XYZ » dans le but d’obtenir une vision détaillée et précise
sur le contenu des nouvelles conventions établies et le déroulement des activités
récentes de l’association.

2. Evaluation du système de contrôle interne

La réussite de la mission d’audit repose sur une analyse approfondie des risques
potentiels et une appréciation rigoureuse de système de contrôle interne de l’amicale
« XYZ ». Cette évaluation revêt une importance majeure car chaque composante du
contrôle interne influence directement la fiabilité des états financiers.
L’équipe d’audit a adopté une démarche structurée articulée autour des étapes
suivantes :

Saisie des procédures

Test de conformité

Evaluation du système de
contrôle interne

Recommondations

Figure 5 : Schéma du processus d’évaluation du système de contrôle interne


Source : Figure préparée par nos propres soins

51
2.1 Saisie et compréhension des procédures du contrôle interne
Cette phase constitue une étape clé dans l’évaluation du système de contrôle interne
par l’auditeur car elle détermine la qualité et l’efficacité de l’ensemble du processus
d’audit.

Pour vérifier la conformité des procédures de contrôle interne avec les exigences de la
NCT45, l’auditeur a adopté une méthode narrative. Cette approche repose sur deux
axes principaux : l’analyse de la documentation disponible et la conduite d’entretiens
avec les acteurs concernés.

- La prise de connaissance des documents existants a permis de recueillir des


informations essentielles notamment à travers l’étude de l’organigramme qui
illustre la structure organisationnelle de l’amicale ainsi que du manuel des
procédures relatifs aux prêts, aux avances sur salaires et aux autres activités.

- La réalisation des entretiens avec les responsables de l’association


constitue une étape fondamentale de l’audit. Cette méthode permet à l’équipe
d’audit de recueillir des informations précises sur les différents processus en
place notamment :
o La procédure comptable.
o La procédure spécifique aux associations (gestion budgétaire,
l’archivage des documents, les mécanismes de collecte des
cotisations).

2.2 Les tests de conformité

Les tests de conformité ont pour objectif de valider la compréhension par l’auditeur
du système interne. Ils consistent à vérifier l’adéquation entre les procédures
formellement établies et leur application concrète au sein de l’organisation. Cette
phase de contrôle s’appuie principalement sur deux méthodes complémentaires : La

52
réalisation des entretiens avec les acteurs concernés ou l’étude de cheminement des
opérations.
Dans le cas de l’amicale « XYZ » ces tests ont été réalisés principalement par des
confirmations verbales. Cette méthode implique d’interroger les différents
intervenants impliqués dans les procédures afin de recueillir des preuves qui permet
d’attester le respect des processus établis.
Les procédures contrôlées dans le cadre de cette mission sont :

 La procédure comptable

Ce tableau synthétise les principaux test et dispositifs de contrôle mises en œuvre par
le cabinet dans le cadre de la vérification de la procédure comptable.

Tableau 6. Le test de conformité de la procédure comptable


Procédures contrôlées Description de l’existant
Examen des documents L’association n’a pas encore formalisé un manuel
comptables et financiers pour d’organisation comptable. Ce document est pourtant
l’établissement des états essentiel car il permet de définir clairement le
financiers. circuit de l’information comptable ainsi que les
principes et les méthodes appliqués pour
l’élaboration des états financiers.
Vérification de Cette procédure est correctement appliquée au sein
l’enregistrement des écritures de l’amicale ce qui permet de garantir la traçabilité
comptables sur la base de et la fiabilité des enregistrements comptables.
pièces justificatives.

Evaluation du degré de L’association maintient un niveau de maîtrise


maîtrise des outils acceptable du logiciel « SAGE » parce qu’elle est
comptables informatisés. se trouve actuellement dans une phase d’initiation
des outils comptables informatisés ce qui limite

53
l’efficacité et l’autonomie dans le traitement des
opérations comptables.
Enregistrer de façon L’amicale veille à enregistrée de manière
complète toutes les exhaustive l’ensemble de ses opérations
opérations. conformément aux procédures établies.
Respect des obligations L’amicale ne respecte pas les articles 52 et 53 du
fiscales en vigueur. Code de l’IRPP et de l’IS qui imposent l’obligation
de retenue à la source pour toute opération
supérieure à 1000 DT.

 La procédure d’octroi des prêts

Ce tableau offre une évaluation systématique du respect des normes procédurales


relatives à l’attribution des aides sociales au sein de l’association « XYZ ».

Tableau 7. Le test de conformité de la procédure des aides sociales


Procédures contrôlées Description de l’existant
Tenue d’une liste complète L’association respecte cette procédure en tenant une
des bénéficiaires des aides liste exhaustive et à jour des bénéficiaires
sociales. conformément aux exigences de transparence et de
bonne gouvernance.
Centralisation des aides A ce jour, les aides sociales ne sont pas encore
sociales dans un système intégrées dans un logiciel de gestion. Le suivi est
informatique avec suivi effectué manuellement à travers un fichier Excel ce
mensuel. qui limite la fiabilité du contrôle.
Octroi des aides sur la base l’association applique correctement cette procédure.
de critères définis et après L’octroi des aides repose sur des critères clairs tels
analyse des dossiers. que le statut professionnel, le taux d’endettement et
la priorité des bénéficiaires.
Vérification de la Cette vérification est correctement réalisée par

54
concordance entre les l’amicale.
montants des aides
enregistrées en comptabilité
et les documents justificatifs
pour garantir l’exactitude et
l’exhaustivité des
informations comptables.

 Les procédures spécifiques aux associations

Ce tableau fournit une analyse structurée des procédures spécifiques aux associations
à travers une description détaillée des pratiques actuelles et des critères de contrôle
afin de garantir leur conformité avec les exigences légales et réglementaires.

Tableau 8. Le test de conformité des procédures spécifiques aux associations


Procédures contrôlées Description de l’existant
Mise en place d’un contrôle L’amicale dispose un mécanisme budgétaire
budgétaire efficace et permettant de comparer les prévisions aux résultats
fonctionnel. réalisés.
Gestion et conservation des Aucune procédure formelle d’archivage n’a pas
archives. encore été mise en place au sein de l’amicale.
Suivi structuré de la collecte L’amicale ne procède pas régulièrement à un
des cotisations. rapprochement entre la liste des membres et les
cotisations encaissées.

2.3 Evaluation du système de contrôle interne

Afin d’analyser le fonctionnement de l’association de manière approfondie, le


cabinet « COFI+ » a mené une évaluation rigoureuse du système de contrôle interne
pour identifier les éventuelles lacunes et proposer des recommandations pertinentes.
Pour cela, des questionnaires structurés ont été soumis aux responsables concernés
55
permettant ainsi d’évaluer la conformité et l’efficacité des procédures internes
existantes (on joint en annexe 6 le questionnaire fermé relatif à la trésorerie). Les
résultats de cette évaluation sont résumés dans le tableau présenté ci-dessous :

Tableau 9. Les faiblesses du système de contrôle interne relevées et les


recommandations proposées
Procédures Les faiblesses Les risques Les recommandations
évalués

 Absence de  Risque d’erreurs  Il est vivement


documentation claire et d’omissions conseillé de rédiger
pour les processus de dans les un manuel de
gestion opérations. procédure structuré
administrative et  Cumul des précisant les
financière. tâches non modalités de gestion
 Incompatibilité entre contrôlé. dans les différents
les missions des  Application domaines
agents et les tâches incorrecte des (administratif,
Organisation confiées. procédures. financiers,
générale comptable). Ce
document devra
inclure la nature des
pièces justificatives,
les étapes de
traitement de
l’information, les
circuits de validation
ainsi que les rôles et
les responsabilités de
chaque intervenant.
56
Système  Archivage manuel  Ce manque de  Il est recommandé de
d’information des transactions sans numérisation mettre en œuvre un
traçabilité numérique limite l’efficacité système
pour le suivi des de contrôle et d’information intégré
prêts, avance sur freine l’accès permettant une
salaire et cotisations rapide à gestion automatisée
des adhérents. l’information ce et sécurisée des
qui opérations financières
compromettre la et administratives. Ce
fiabilité des système devrait
données. faciliter le suivi des
aides, la gestion des
salaires et garantir
une meilleure
accessibilité et
traçabilité des
données.

 L’absence d’un  Cette situation  Il est préconisé de


manuel comptable constitue une mettre en place un
obligatoire non-conformité manuel
conformément aux réglementaire d’organisation
dispositions du pouvant entraîner comptable précisant :
paragraphe 63 de la des sanctions ou  La structure
norme comptable des irrégularités comptable de
La tenue de la générale. dans la gestion l’amicale.
comptabilité  L’amicale n’a pas financière.  Les méthodes de
adopté une procédure  Risque élevé de saisie et de
structurée et perte des traitement de
conforme en matière données l’information.

57
d’archivage des comptable en cas  Le processus
documents d’incident d’établissement
comptables. technique ou des états
humain. financiers.
 Il convient également
de se conformer à
l’article 42 du décret-
loi n°2011-88 qui
impose la
conservation des
documents et
registres financiers
pendant une durée
minimale de dix ans
ainsi que la mise à
disposition des
moyens matériels
nécessaires à leur
archivage sécurisé.

 L’amicale ne réalise  L’absence de  Il est recommandé


pas un contrôle tel que d’exiger
rapprochement la non-détection systématiquement les
bancaire mensuel en des prélèvements relevés bancaires
raison de l’absence non autorisés ou auprès de
Trésorerie des relevés bancaires. des l’établissement
détournements. financier et instaurer
 Perte de un processus mensuel
confiance des de rapprochement.
donateurs et des

58
membres ce qui
permet de
compromettre la
pérennité de
l’association.

 Absence d’une  Le risque  Elaborer une


procédure budgétaire inhérent à une procédure budgétaire
clairement définie et gestion non détaillée et désigner
Contrôle suivie par les NCT45. conforme aux un responsable
budgétaire bonnes pratiques. qualifié pour
superviser cette tâche
en alignement avec
les décisions
stratégiques.

 Les cotisations des  Manque de  Il serait judicieux que


membres notamment traçabilité l’amicale établisse un
des retraités via pouvant entraîner processus rigoureux
virements ou espèces des omissions de de collecte favorise
sont collectées sans recettes ou des une vérification
Recette cadre formalisé. conflits avec les périodique avec la
adhérents. liste des membres et
garantisse un
enregistrement
intégral des
contributions.

 Les procès-verbaux  Cette lacune peut  Il est recommandé


des assemblées entraîner la d’ajouter et de
Aspect générales ne nullité juridique préciser les mentions

59
juridique comportent pas des décisions légales obligatoires
certaines mentions adoptées qui dans les procès-
légales obligatoires permet de verbaux des
telles que le numéro compromettre assemblées générales.
du PV, l’heure de ainsi la validité
début et de fin, des délibérations
l’ordre du jour le associatives.
numéro d’affiliation
et les signatures des
membres présents.

 Le rôle des adhérents  Ce manque  Il est préconiser de


se limite souvent au d’implication collecter les actes de
paiement des réduit l’efficacité naissance des enfants
cotisations sans organisationnelle ainsi que les
intégrés dans la vie et empêche une certificats de
Adhérents de l’association. valorisation mariages des
optimale des adhérents et de les
ressources archiver dans les
humaines dossiers.
disponibles.

3. Evaluation des risques d’anomalies significatifs

Dans le cadre de l’audit des états financiers de l’amicale « XYZ », il est essentiel
d’adopter une approche fondée sur les risques. Cette méthode permet d’identifier les
anomalies potentielles pouvant affecter de manière significative les comptes.
L’objectif est de définir une stratégie d’audit adaptée et de formuler une opinion
raisonnable sur la fiabilité des informations financières.

En effet, le cabinet « COFI+ » n’a pas appliqué cette approche pour l’étude de cas de
l’association. Au lieu de procéder à une évaluation globale des risques l’audit s’est
60
limité à l’examen des comptes présentant des soldes significatifs identifiés à partir de
la balance générales. Ces comptes en raison de leur importance matérielle ont fait
l’objet d’une analyse spécifique. La liste des comptes concernés par cet examen est
synthétisée dans le tableau présenté ci-dessous :

Tableau 10. La liste des comptes qui présentent un solde significatif

mouvements Soldes
Numéro Intitulé des Débit Crédit Débit Crédit
de comptes
comptes
532100 Banque 5 714 485,811 5 495 357,235 219 128,576
Attijari
532140 Atij UNVF 2 654 916,570 2 604 948,700 49 967,870

441200 Subvention 820 522,420 632 188,420 188 334,000


DIGNITY à
recevoir
602310 Subvention 131 123,348 131 123,348
SRT a
accordé
74100 Dons reçus 131 830,868 131 830,868
de SRT
74100 Dons reçus 123 600.000 123 600,000
de l’UNVF

4. Les travaux sur les comptes

Durant cette étape, il convient de mettre en œuvre des tests de substance essentiels
visant à recueillir des éléments probants, suffisants et pertinents. Ces procédures
permettent de fonder un avis d’audit solide et d’aboutir à des conclusions
raisonnables.

Dans le cadre de la mission d’audit de l’amicale « XYZ », le cabinet a procédé à une


analyse comparative des variations par rapport à l’année précédente (2022) où elle a
adopté un système comptable conforme aux exigences des entreprises tel que défini
par le décret-loi n°2011-88 et l’application de la NCT45.

61
Ci- dissous nous exposons les travaux d’audit réalisés par le cabinet « COFI+ » sur
les comptes jugés significatifs à partir de la balance comptable.

4.1 Liquidités et équivalents de liquidités

L’examen des comptes de trésorerie a été réalisé à travers plusieurs procédures :


- Procédure de validation par confirmation externe : Une circulation
systématique a été adressée à l’ensemble des établissements bancaires partenaires.
Cette démarche effectuée par voie électronique avec accusé de réception qui a
permis d’obtenir des confirmations écrites des soldes comptables garantissant
ainsi leur exactitude et leur exhaustivité (voir annexe 7).

- Analyse des pièces comptables et des documents justificatifs :


 Vérification que toutes les opérations de dépenses et de recettes sont appuyées par
des justificatifs adéquats.
 La confirmation de l’enregistrement intégral des comptes bancaires dans le
système comptable.
 Vérification que toutes les opérations supérieurs à 500 dinars sont réalisées par
chèque bancaire ou postal conformément à la réglementation en vigueur.
 Etudier les pièces justificatives associées aux rapprochements bancaires anciens
datant de plus de trois mois et fournir des explications en cas de suspension.
- La technique de la revue analytique : Cette approche vise à analyser les
données financières avec les données antérieures.
 Evolution globale des liquidités :
Ce tableau illustre la variation des liquidités et équivalents de liquidité entre les
exercices 2022 et 2023.
Tableau 11. Variation de compte liquidités et équivalents de liquidités
31/12/2023 31/12/2022 Variation (TND)
277 101,141 298 451,302 -21 350,161

62
Les liquidités ont diminué entre 2022 et 2023 ce qui pourrait indiquer une réduction
des fonds disponibles ou une augmentation des dépenses par rapport aux entrées de
trésorerie.

 Evolution des liquidités par compte :


Ce tableau détaille l’évolution des liquidités par compte entre 2022 et 2023.
Tableau [Link] détaillée par compte
Comptes 31/12/2023 31/12/2022 Variation Analyse
(TND)
Banque 219 128,576 - +219 128,576  Banque Attijari et ATIJ
Attijari UNVF apparaissent comme
de nouveaux
ATIJ UNVF 49 967,870 - +49 967,870 compte en 2023 avec
des soldes significatifs.
Banque ATB 5 605,163 74 229,264 -68 624,101 Cela suggère une
Dignity réorganisation des
Banque ATB 1 583,756 27 003,062 -25 419,306 fonds ou l’ouverture
UNVF de nouveaux comptes
Caisse 434,150 96,030 +338,120 Pour gérer les liquidités.
Banque ATB 211,645 42 032,399 -41 820,754  Les autres banques
HI enregistrent également
Banque 160,266 14 741,568 -14 581,302 des baisses très
Defender importants (toutes
Banque ATB 69,215 140 348,979 -140 279,764 supérieures à 92%).
SRT Ces diminutions
Attijari < 29,750 > - - reflètent des dépenses
compte importantes ou transferts
027340 De fonds.
Attijari < 29,750 > - -  Banque ATB SRT montre la

63
compte plus forte baisse (99,95%).
027407 Cela indiqué un transfert de
fonds vers d’autres comptes
comme Attijari.

 Recommandations stratégiques

L’analyse des liquidités de l’amicale « XYZ » révèle une diminution globale des
fonds disponibles en 2023 marquée par une centralisation des ressources dans le
compte Attijari et des baisses significatives dans les comptes ATB. Pour cela il
recommandé de :
- Vérifier l’origine des fonds (dons, subventions) pour identifier les causes de la
baisse.
- Diversifier les comptes bancaires pour réduire la concentration à un seul
établissement et sécuriser les fonds.
- Mettre en place un tableau de bord financier pour surveiller les flux de trésorerie
et anticiper les besoins opérationnels.

4.2 Autres actifs courants

La stratégie d’audit appliquée pour l’évaluation de cette rubrique a consisté à analyser


les documents comptables afin de vérifier leur conformité et d’évaluer les
observations pertinentes. Cette revue a mis en évidence les points suivants :

- L’association connaît une croissance remarquable de ses actifs courants (une


augmentation de plus de 10 fois par ans) mais cette situation s’accompagne de
risques de liquidité si les produits à recevoir ne sont pas encaissés dans les délais
prévus.
- L’augmentation des produits à recevoir de 360,000 DT à 3 585,402 DT peut
indiquer une croissance des revenus futurs liée à une augmentation des dons et des
subventions mais aussi peut considérer comme un risque si une partie de ces

64
montants reste impayée. Une vérification des échéances de paiement serait
recommandée.
- L’apparition des charges constatées d’avance qui représentent des dépenses
payées à l’avance pour des services ou biens à recevoir ultérieurement s’élèvent à
424,522 en 2023. Cela peut refléter une meilleure planification ou des
engagements financiers anticipés par l’association.

4.3 Immobilisations financières

Les montants des dépôts et cautionnements versés restent inchangés entre 2022 et
2023 avec un total net de 5000 DT. Cela reflète une continuité dans la gestion de cette
rubrique et indique que l’association n’a pas engagé de nouvelles garanties ou dépôts
en 2023.

4.4 Fournisseurs et comptes rattachés

L’association « XYZ » a établi des partenariats avec plusieurs fournisseurs de biens et


services. L’audit des comptes fournisseurs a été réalisé selon une méthodologie
rigoureuse comprenant :

L’étude des documents comptables

 Vérifier la présentation claire des comptes fournisseurs dans le bilan.


 S’assurer de la cohérence entre le grand livre des fournisseurs et le solde des
comptes.
 Confirmer que chaque compte individuel est correctement établi dans le bilan.
 Garantir le respect des mentions obligatoires sur les factures notamment
l’article 18 du code de la TVA (la date de l’opération, le numéro de la facture,
l’identification du client et son numéro de matricule).
 Comparer les soldes des comptes fournisseurs avec ceux du grand livre et
examiner l’éventuelle présence de factures non régularisées ou non reçues.

65
 Identifier l’existence de comptes associés ouverts au nom de dirigeants ou
d’adhérents et les mentionner dans le rapport si nécessaire.
- Procédure de confirmation :
 Il est recommandé d’effectuer une circularisation pour obtenir une
confirmation des soldes des comptes auprès des fournisseurs.
 Adresser des demandes de vérification à certains fournisseurs afin de
confirmer leur existence et l’exactitude des soldes.

Le cabinet « COFI+ » n’a pas reçu de réponses aux circularisations adressées aux
fournisseurs ce qui limite l’accès à des informations externes fiables permettant de
valider les soldes des comptes fournisseurs.
L’audit a mis évidence une anomalie non significative dans les comptes
fournisseurs. Celle-ci n’affecte pas la régularité globale des comptes et ne remet
pas en cause leur fiabilité.

 Les comptes fournisseurs d’exploitation ont augmenté de manière significative


entre 2022 et 2023 soit une hausse de 60,5%. Cette augmentation pourrait
entraîner un volume plus élevé d’achats ou un retard dans le règlement des
factures.

4.5 Autres passifs courants

Cette rubrique correspond généralement aux dettes ou obligations financières de


l’association qui doivent être réglées dans un délai d’un an au moins.

L’examen analytique des autres passifs courants de l’association « XYZ » met en


lumière une gestion relativement maitrisée des engagements à court terme avec une
progression modérée des impôts, taxes et charges à payer durant 2022 et 2023 ainsi
qu’une stabilité des produits constatés d’avance. Toutefois, l’augmentation
significative des cotisations CNSS à payer constitue une préoccupation majeure
révélant des risques potentiels liés à la liquidité ou à la conformité réglementaire.

66
4.6 Excédent ou déficit reporté

Un examen approfondi des documents a été réalisé pour cette rubrique notamment à
travers l’analyse du procès-verbal de l’assemblée générale et vérification de
l’affectation des résultats de l’exercice précédent.
 L’association est passée d’un déficit reporté important en 2022 (-123 161,557) à
un excédent reporté en 2023 (101 270,999). Cela reflète une meilleure situation
financière globale.
 Le compte relatif aux excédents ou déficits reportés ne présente aucune
anomalie notable ce qui suggère une gestion saine et régulière des finances.

4.7 Comptes de produit

Une analyse détaillée des comptes de produits a été menée selon une approche
analytique en mettant l’accent sur les points suivants :
- Vérification exhaustive des subventions attribuées notamment la subvention
octroyée à l’amicale « XYZ » d’un montant total de 533 454,579 DT. La
confirmation de ces montants a été effectuée sur la base des procès-verbaux.
- Vérifier la conformité au principe fondamental de la séparation des exercices
comptable.
 le comptes de produit révèle une diminution notable passant de

853 231,476 DT à 534 533,097 DT qui principalement due à une baisse


des apports et des subventions.

4.8 Comptes de charge

L’examen des comptes de charge a été réalisé à travers :


- Une revue documentaire détaillée :
 Vérifier le respect des obligations fiscales notamment la conformité des factures
de charges avec les dispositions de l’article 18 du code de la TVA. Cela inclut la

67
présence des numéros d’identification fiscale, des taux et des montants de la taxe
appliqués.
 Analyse des contrats établis entre l’amicale « XYZ » et ses fournisseurs
d’exploitation.
- Une procédure de circularisation :
 Adresser une demande de confirmation écrite aux fournisseurs concernant les
montants déclarés.
Le cabinet «COFI+» n’a reçu aucune réponse de la part des fournisseurs
d’exploitation.
Les comptes de charge présentent certaines anomalies non significatives. Toutefois,
ces irrégularités n’ont pas d’impact sur la fiabilité et la conformité globale des
comptes selon les conclusions de l’audit.

5. Achèvement des travaux et rapport d’audit

A la fin de la mission d’audit une lettre d’affirmation a été rédigée. Ce document


engage la direction de l’amicale à fournir au cabinet d’audit toutes les informations
nécessaires et à confirmer qu’aucune donnée pertinente n’a été dissimulée. Cette lettre
est accompagnée d’un rapport général récapitulant les étapes de la démarche d’audit
ainsi que les conclusions relatives à la régularité et à la sincérité des états financiers
de l’amicale.

5.1 La lettre d’affirmation

Selon la norme ISA 580, la lettre d’affirmation est un écrit fourni par la direction de
l’entité auditée destiné à servir de preuve pour confirmer certains éléments obtenus au
cours de l’audit. Elle vise à renforcer la crédibilité des informations utilisées pour
émettre une opinion motivée sur les états financiers.(Voir la lettre d’affirmation
fournie dans l’annexe 9)

68
Dans le cadre de cette mission, le comité directeur de l’amicale « XYZ » a remis une
déclaration formelle portant sur plusieurs points spécifiques relatifs aux états
financiers. Cette lettre contient notamment les confirmations suivantes :

- La confirmation que l’ensemble des livres comptables, documents justificatifs et


procès-verbaux des assemblées ont été mis à la disposition de l’équipe d’audit.
- Garantir que les états financiers ne présentent pas d’erreurs ou d’omissions
significatives.
- La confirmation que l’ensemble des informations nécessaires a été communiqué
de manière complète et fidèle.
- La non-connaissance de violations des obligations légales ou réglementaires
pouvant influencer de manière notable la qualité de l’information financière.
- La confirmation de l’absence d’irrégularités notables au niveau de la direction ou
des employés qui permet d’influencer de manière significative les états financiers
notamment en termes de fonctionnement et de contrôle interne.

5.2. Rédaction du rapport d’audit

La mission d’audit de l’amicale « XYZ » s’est achevée par la rédaction d’un rapport
(annexe 9) dans lequel le cabinet « COFI+ » exprime son opinion sur les informations
financières présentées par l’amicale. Le rapport d’audit comprend les éléments
suivants :
- Destinataire du rapport : Le rapport est adressé aux membres de l’amicale
« XYZ ».
- L’opinion sur les états financiers : Le cabinet d’audit a émis une opinion sans
réserve sur le rapport financier de l’amicale « XYZ » pour l’exercice 2023. Cette
réserve mentionne que les états financiers reflètent une image fidèle et sincère de
la situation financière de l’association conformément aux dispositions de la NCT
45.
- Fondement de l’opinion sans réserve : Le cabinet a signalé qu’aucun élément
significatif n’a été identifié pouvant remettre en question la régularité, la sincérité
69
et la conformité des états financiers de l’association pour l’exercice clos le
31/12/2023 conformément aux exigences légales tunisiennes la NCT45.
- Paragraphe d’observation : Le cabinet a souligné plusieurs points nécessitant
une attention particulière des destinataires du rapport sans remettre en cause son
opinion :
 L’amicale est tenue de procéder à la retenue à la source sur tous les montants
versés pour le compte de tiers conformément aux articles 52 et 53 du Code de
l’IRPP et l’IS.
 Lors de l’analyse des comptes fournisseurs le cabinet a constaté que la
majorité des fournisseurs n’a pas fourni de réponse satisfaisant ce qui
complique l’obtention d’éléments probants fiables.
 L’amicale ne dispose pas de manuel de procédures formalisé pour les activités
destinées aux adhérents ce qui nuit à la qualité du suivi comptable et financier.
- Domaine de la mission d’audit : Le cabinet a précisé que l’amicale est tenue de
respecter le cadre comptable applicable aux entreprises tel que défini par la loi
n°112 du 30 septembre 1996. Cette exigence est complétée par l’application de la
NCT45 relatives aux associations et partis politiques ainsi que par les dispositions
du décret n°5183 de novembre 2013.
- Responsabilité de la direction pour les états financiers : Il appartient à la
direction de l’amicale de préparer et de présenter des états financiers sincères et
réguliers conformément à la NCT45. Elle est également responsable de la mise en
place d’un système de contrôle interne adéquat qui permet de garantir la fiabilité
des informations financières et l’absence d’anomalies significatives.
- Responsabilité du réviseur : Le cabinet a rappelé que sa mission consiste
formuler une opinion sur les états financiers et que l’audit réalisé selon les normes
internationales en conformité avec les règles de déontologie. Il a également
précisé que l’objectif de l’audit est de fournir une assurance raisonnable sur la
sincérité et la régularité des états financiers.

70
- Rapport sur les vérifications spécifiques : Le cabinet a souligné que l’amicale
tient à jour les registres légaux exigés par l’article 40 du décret-loi n°2011-88
notamment :
 Le registre des membres.
 Le registre des délibérations des organes de direction de l’association.
 Le registre des activités et des projets.
 Le registre des aides, dons, donations et legs.

71
Conclusion
Le stage effectué dans un cabinet comptable constitue une expérience enrichissante
qui permet d’acquérir des compétences pratiques et d’approfondir les connaissances
théoriques.

Dans le cadre de l’audit légal de l’association « XYZ », cette étude de cas a permis
d’explorer la méthodologie d’audit spécifique aux associations depuis l’acceptation de
la mission jusqu’à la formulation d’une opinion sur la conformité et la sincérité des
états financiers.

En effet lors de la phase de prise de connaissance et d’évaluation initiale l’amicale qui


est un ancien client du cabinet a mis à disposition les documents nécessaires relatifs à
l’exercice 2023 et a facilité la tenue d’entretiens avec ses dirigeants afin de recueillir
des informations complémentaires pertinentes. Sur la base de ces éléments une
méthodologie d’audit a été élaborée et articulée autour de trois axes principaux :
l’évaluation du système de contrôle interne, l’identification des risques et l’examen
approfondie des comptes.

L’évaluation du système de contrôle interne de l’association s’appuie sur une


approche narrative visant à garantir la conformité des procédures de contrôle grâce à
l’examen des documents existants et à la participation active des responsables. Des
tests de conformité ont été effectués par une validation verbale pour vérifier
l’adéquation entre les procédures décrites et leur application effective, identifier les
éventuelles faiblesses et proposer des recommandations pour une correction
potentielle.

Il a été constaté que l’amicale applique partiellement les exigences de la NCT 45


notamment en ce qui concerne la tenue de la comptabilité. Toutefois, l’absence d’un
manuel de procédure comptable et de procédure budgétaire constitue une lacune
importante qui nécessite une attention particulière.

72
Lors de la phase d’évaluation des risques le cabinet « COFI+ » a adopté une approche
centrée sur l’examen des soldes significatives des comptes spécifiques sans recourir à
l’approche par assertion.

Au niveau des travaux sur les comptes ont principalement reposé sur des tests de
substance. Cependant, la présence de données comparatives pour l’année précédente
offre la possibilité de réaliser une analyse approfondie des variations.

73
Conclusion générale

Les organismes sans but lucratif (OSBL) présentent des particularités uniques à
plusieurs égards. Leur vocation non lucrative, leur impact social et la diversité de
leurs ressources financières les rendent vulnérables à certains risques, notamment en
matière de détournement de fonds. Pour répondre à ces enjeux, un cadre normatif
comptable spécifique a été développé, visant à garantir la transparence et à répondre
aux besoins des parties prenantes en informations financières fiables.

En Tunisie, le législateur a instauré une obligation d'audit légal pour les associations,
conformément aux normes internationales d'audit. Cette mesure a pour objectif de
contrôler l'origine des fonds et d'assurer la traçabilité des dépenses. Dans ce contexte,
la NCT45, entrée en vigueur le 1er janvier 2018, a introduit des dispositions
comptables adaptées aux spécificités des associations, notamment l'absence de
recherche de profit.

L’objectif de ce mémoire est d’examiner la démarche d’audit légal des associations,


en mettant l’accent sur l’évaluation de la régularité et de la sincérité de leurs états
financiers conformément à la NCT45. La première partie de l’étude explore la
définition et les caractéristiques des OSBL ainsi que leur environnement juridique,
fiscal et comptable en constante mutation. Elle souligne également l’importance
croissante de la transparence financière dans ce secteur.

Cette section expose en détail les fondements et les normes qui régissent la
préparation des états financiers. Cela comprend notamment l'état de situation
financière, l'état des résultats (produits et charges), l'état des flux de trésorerie, ainsi
que les notes explicatives complémentaires. En outre, elle traite des aspects
particuliers de la comptabilité tels que la structuration des systèmes comptables, les
mécanismes de contrôle interne et la classification méthodique des comptes.

74
Enfin, une méthodologie d'audit adaptée au secteur associatif est proposée. Cette
démarche s'articule autour de plusieurs étapes clés, notamment la prise de
connaissance de l'association, la planification de la mission et l'évaluation du système
de contrôle interne, l’évaluation des risques, les travaux de contrôle des comptes et
finalement la rédaction du rapport d’audit. Cette approche structurée permet d'assurer
un audit rigoureux et conforme aux exigences légales et normatives.

Mon stage au sein du cabinet « COFI+» m’a offert l’opportunité de m’intégrer à une
équipe d’audit légal chargée d’examiner les comptes de l’amicale « XYZ » pour
l’exercice 2023. Cette structure, à but culturel et social, a constitué le cadre d’une
étude de cas approfondie, mettant en pratique les différentes phases d’une mission
d’audit, depuis l’évaluation préliminaire jusqu’à la formulation d’une opinion
indépendante.

L’objectif central de cette intervention était de vérifier la régularité et la sincérité des


états financiers de l’association, conformément à la norme comptable NCT45. Bien
que l’audit ait confirmé globalement la fiabilité des comptes, il a donné lieu à une
opinion sans réserve. Cette réserve tient principalement à présenter d’une manière
fidèle et concrète la situation financière de l’amicale « XYZ » et ne détecte aucune
anomalie significative dans l’audit du contrôle interne.

Toutefois, la possibilité de recueillir des éléments probants concernant les exercices


antérieurs et les soldes d’ouverture de 2023 permet de réaliser des revues analytiques
de chaque compte.

En définitive, cette expérience a souligné l’importance cruciale de la NCT45 pour les


associations, non seulement comme outil de conformité, mais aussi comme garantie
de transparence financière. Elle a également renforcé mes compétences en audit, tout
en illustrant les défis pratiques liés à l’application des normes dans des contextes en
évolution.
75
Bien que ce travail contribue à une meilleure transparence financière et à
l'harmonisation des pratiques comptables associatives, il comporte des limites
inhérentes à son cadre d'étude. La nature particulière de l'amicale analysée n'a pas
permis d'explorer les obligations de vigilance de l'auditeur en matière de lutte contre
le blanchiment d’argent et le financement du terrorisme. Ces aspects réglementaires
cruciaux, qui relèvent normalement du processus d'audit, constituent une piste de
recherche pertinente pour des travaux ultérieurs visant à compléter cette étude.

76
Références Bibliographiques

Décret-loi
Décret-loi n°2011-88 du 24 septembre 2011 portant organisation des
associations.
Décret-loi n°2013-5183 de 18 novembre 2013 fixant les critères, les
procédures et les conditions d’octroi du financement public pour les
associations.

Webographie

[Link]
et-social-regissant-les-associations-en-tunisie Rejeb Elloumi opinions
« cadres juridique, comptable, fiscal et social régissant les associations en
Tunisie ».
[Link]
_Guide_des_associations_-_v1.[Link] « Le guide des associations Tunasso
(avril 2011) ».
[Link] Septembre 2008 PDF « La démarche générale d’audit et les
nouvelles normes » (Approche spécifique des PME) (septembre 2008).

Les Normes

ISA 315 : « Compréhension de l’entité et de son environnement aux fins de


l’identification et de l’évaluation des risques d’anomalies significatives ».
ISA 330 « Réponses de l’auditeur aux risques évalués ».
ISA 300 « Planification d’un audit d’états financiers ».
ISA 500 « éléments probants »
ISA 210 : « Accord sur les termes des missions d’audit ».
La Norme Comptable Tunisienne n° 45 « relative aux associations, aux parties

77
politiques et aux autres organismes sans but lucratif ».
ISA 230 : « Documentation de l’audit ».

Mémoires d’expertise comptable :

Nabil HAJJI (2013), «L’expert-comptable et l’audit des associations de


microfinance : réflexion sur les mécanismes de contrôle du secteur et de
maîtrise des risques», Institut de Comptabilité et d’administration des
entreprises, la Manouba.
Mohamed Samir LABIDI (1995), « L’audit d’association pétrolière», Institut
Supérieur de Comptabilité et d’administration des entreprise, Tunis.

Support des cours :


Mme. Soumaya Lahkimi, « Cours d’audit », ISG de Bizerte.
Mr Hafedh Zribi, « Cours d’audit », ISG de Bizerte. .

Ouvrages
Ammar Ghassen, (2021), «Guide de l'expert-comptable « Tous ce qu'il faut
savoir sur les associations en Tunisie » .19 p.
Mémento d’audit pratique Francis Lfebvre, « Audit et commissariat aux
comptes », Edition 2011-2012 Lefebvre Franci

78
Annexes

Annexe 1. Modèle d’état de la situation financière


ACTIFS Notes 31/12/N 31/12/N-1
AC 1 - Liquidités et équivalents de liquidités
AC 2 - Placements et autres actifs financiers
AC 3 - Autres actifs courants
AC 4 - Créances et comptes rattachés
AC 5 - Stocks de fournitures et autres
approvisionnements
AC 6 - Autres actifs non courants
AC 7 - Immobilisations financières
AC 8 - Immobilisations corporelles
AC 9- Immobilisations incorporelles
Total des actifs
PASSIFS ET ACTIFS NETS
PA 1 - Concours bancaires et autres passifs financiers
PA 2 - Autres passifs courants
PA 3 - Fournisseurs et comptes rattachés
PA 4 - Provisions
PA 5 - Apports reportés
PA 6 - Autres passifs non courants
PA 7 - Emprunts
Total des passifs
AN 1 - Dotations
AN 2 - Apports affectés à des immobilisations
AN 3 - Subventions d’investissement
AN 4 - Autres actifs nets
AN 5 - Réserves
AN 6 - Excédents ou Déficits reportés
AN 7 - Excédent ou Déficit de l’exercice
Total des Actifs Nets
Total des Passifs et Actifs Nets

79
Annexe 2. Modèle d’état des produits et des charges

Notes Exercice N Exercice N-1


Produits
PR 1-Cotisation des adhérents
PR 2-Revenus des activités et manifestations
PR 3-Subventions de fonctionnement
PR 4-Apports non monétaires
PR 5-Autres Apports
PR 6-Produits des placements

PR 7-Quote-part des subventions et apports inscrits


aux produit de l’exercice
PR 8-Autres gains

Total des produits

Charges

CH 1-Achats consommés de fournitures et


approvisionnements
CH 2-Charges de personnel

CH 3-Dotations aux amortissements et aux


provisionnements
CH 4-Autres charges courantes

CH 5-Charges financières nettes

CH 6-Autres pertes

Total des charges


Excédents (Déficit) des produits sur les charges de
l’exercice

80
Annexe 3. Modèle d’état de flux de trésorerie

Notes Exercice N Exercice N-1

Flux de trésorerie liés aux activités courantes

F1- Encaissement des cotisations des adhérents

F2- Encaissement des revenus des activités et manifestations

F3- Encaissement des subventions de fonctionnement

F4- Encaissement d’autres revenus et apports

F5- Décaissement des sommes versées aux fournisseurs

F6- Décaissement des rémunérations versées au personnel

F7- Autres Décaissement des activités courantes

Flux de trésorerie provenant des (affectés aux) activités courantes

Flux de trésorerie liés aux activités d’investissement

F8- Décaissement sur acquisition d’immobilisations incorporelles et corporelles

F9 - Encaissement sur cession d’immobilisations incorporelles et corporelles

F10 - Décaissement sur acquisition d’immobilisations financières

F11 - Encaissement sur cession d’immobilisations financières

Flux de trésorerie provenant des (affectés aux) activités


d’investissement
Flux de trésorerie liés aux activités de Financement

F12- Encaissement des dotations

F13- Encaissement des subventions d’investissement

F14- Encaissement des apports affectés à des immobilisations

F15- Encaissement provenant des emprunts

F16- Décaissement suite au remboursement d’emprunts (en principal et


intérêt)
Flux de trésorerie provenant des (affectés aux) activités de
financement
Variation de trésorerie

Trésorerie au début de l’exercice

81
Trésorerie à la cloture de l’exercice

Annexe 4. Nomenclature de comptes


CLASSE Poste EF
COMPTES PRINCIPAUX
COMPTES
1 COMPTES D'ACTIFS NET
10 Apports affectés
101 Apports affectés sous formes de dotations AN1
102 Apports affectés à des immobilisations AN2
103 Autres apports affectés AN4
Apports affectés à des immobilisations inscrits aux comptes de produits AN1
109

11 Réserves
101 Réserves statutaires AN5

102 Autre réserves AN5

12 Excédent ou déficit des produits sur les charges - reportés AN6

13 Excédent ou déficit des produits sur les charges de l’exercice AN7

14 Subventions d'investissement

AN3
141 Subventions d’investissement incorporelles affectées à des
immobilisations

AN3
142 Subventions d’investissement affectées à des immobilisations

corporelles
149 Subventions d'investissement inscrites aux comptes de produits. AN3
15 Provisions pour risques & charges PA4
Emprunts & dettes assimilées PA7
17 Comptes de liaison des établissements, succursales et bureaux de représentation PA6/AC6
Autres passifs non courants PA6
19 Apports reportés PA5
Apports reportés affectés aux charges d'exercices futurs PA5
Autres apports reportés PA5
2 COMPTES D’ACTIFS IMMOBILISES
21 Immobilisations incorporelles. AC9
Immobilisations corporelles. AC8
23 Immobilisations en cours. AC8/AC9
Immobilisations à statut juridique particulier AC8/AC9

82
25 Participations & créances liées à des participations AC7
Autres immobilisations financières AC7
27 Autres actifs non courants AC6
Amortissements des immobilisations AC8/AC9
29 Provisions pour dépréciation des actifs immobilisés AC8/AC9
3 COMPTES DE STOCKS
31 Matières premières & fournitures liées AC5
Autres approvisionnements AC5
33 En-cours de production de biens AC5
En-cours de production de services AC5
35 Stocks de produits AC5
Stocks de marchandises AC5
39 Provisions pour dépréciation des stocks AC5
4 COMPTES DE TIERS
40 Fournisseurs & comptes rattachés PA3/AC3
Clients/Adhérents et comptes rattachés AC4
42 Personnels & comptes rattachés AC3
Etats & collectivités publiques AC3/PA2

83
Annexe 5. Les états financiers de l’association « XYZ »

84
Détails des notes :

85
86
87
88
89
90
91
Annexe 6. Questionnaire fermé relative à la trésorerie

N° Énoncé de la question Oui Non Observations


Les paiements :
1 Les paiements en espèces sont-ils encadrés par un X Aucun paiement
plafond fixé par la direction, conformément aux n’est réalisé en
normes en vigueur ? espèces.
2 À l’exception des petites dépenses, tous les paiements X Les règlements sont
sont-ils effectués par chèque ou par virement effectués par chèque
bancaire ? ou virement.
3 Les chèques sont-ils conservés dans un espace sécurisé, X Ils sont conservés
comme un coffre-fort ? par le comptable.
4 L’accès aux chèques est-il strictement limité aux X

personnes autorisées ?
5 Un relevé quotidien des paiements est-il établi pour : Uniquement suivi
– les espèces ? via les relevés
– Les chèques ? bancaires.
– Les virements bancaires ?
6 La signature des chèques est-elle assurée par des La signature est
personnes indépendantes de celles en charge : conjointe entre le
– du contrôle des pièces ? président et le
– De la tenue des journaux ? trésorier.
– De la préparation des paiements ?
7 Les paiements sont-ils effectués uniquement après X

présentation des originaux des factures et de leurs


justificatifs dûment validés ?
8 Les chèques émis sont-ils systématiquement barrés X

pour éviter toute utilisation frauduleuse ?

92
9 Une double signature est-elle requise pour X Politique en vigueur :
l’émission de chèques d’un montant deux signataires
significatif ? obligatoires pour tout
chèque
10 Le mode de paiement ainsi que la date X Permet une meilleure
figurent-ils sur les pièces justificatives traçabilité des
afin de prévenir les doublons ? opérations
11 Les chèques annulés sont-ils correctement X Contribue à la
invalidés (ex : perforés ou agrafés à la sécurisation des
souche) afin deviser toute réutilisation ? moyens de paiement
12 Les règlements sont-ils enregistrés de X Garantit l’exhaustivité
façon ordonnée dans un journal dédié (par et la transparence
ordre chronologique ou numérique) ?
13 Les écritures comptables relatives aux X Conformité aux
règlements sont-elles passées : principes comptables
– à la date d’échéance pour les effets de
commerce ?
– À la date d’émission pour les chèques ?

Les recettes :
1 Les fonds reçus (chèques ou espèces) X Les paiements en
sont-ils consignés dans un registre espèces ne sont pas
chronologique avant leur remise au acceptés dans la
trésorier ? pratique actuelle
2 Le trésorier établit-il quotidiennement un X Document de synthèse
état récapitulatif des encaissements transmis à la
(espèces, virements, etc.) ? comptabilité
3 Une séparation claire est-elle opérée entre X Assure une meilleure
les recettes à déposer en banque et les affectation des fonds

93
sommes destinées aux dépenses internes ?
4 La comptabilité effectue-t-elle un contrôle X Procédure de
journalier des dépôts bancaires afin de rapprochement en
vérifier l’exhaustivité des remises ? place
5 Le trésorier exerce-t-il ses fonctions en X Il est uniquement
toute indépendance par rapport aux tâches chargé de la signature
suivantes : et de la validation des
– Réception du courrier pièces justificatives
– Approbation des pièces
– Signature et envoi des chèques
– Rapprochement bancaire
– Tenue des journaux comptables
Banque :
1 Établit-on des rapprochements bancaires X

tous les mois et sans retard significatif ?


2 Les procédures de rapprochement
comprennent-elles :
- Une comparaison entre les relevés
envoyés par la banque avec le journal
de banque, quant au numéro et
montant ?
- L’examen des chèques annulés?
- L’examen de la séquence des
numéros des chèques ?
- La comparaison des dates et montants
des dépôts quotidiens d’après le
journal des recettes avec les relevés de
banque ?
3 Les transferts de banque à banque sont-ils

94
vérifiés pour s'assurer que ces opérations
ont été soldées sans retard excessif et que
l'opération a été correctement enregistrée
dans chaque compte ?
4 Le rapprochement est-il revu et signé
chaque mois par un responsable autre que
celui qui l'établit ?
5 Les suspens bancaires sont-ils vérifiés et
apurés régulièrement ?

95
Annexe 7. Circularisation de la banque Attijari

Amicale « XYZ »
Tunis le : 01/03/2024

Monsieur le directeur *****

Objet : demande d’informations bancaires pour l’audit des comptes annuels de


l’amicale « XYZ » au 31/12/2023

Monsieur
Dans le cadre de l’audit de nos comptes annuels clos le 31/12/2023, nous sollicitons
votre aide pour fournir directement et promptement à notre auditeur externe,
Monsieur Dhakouani Fethi, par e-mail les informations bancaires suivantes :
- Les soldes actualisés de tous les comptes ouverts au nom de notre amicale dans
votre établissement, en précisant les éventuelles restrictions d’utilisation
associées.
- Le montant des intérêts créditeurs ou débiteurs ainsi que les frais bancaires non
encore comptabilisés dans les soldes à la date de clôture.
- Les noms et cordonnées des personnes habilitées à effectuer des opérations sur ces
comptes que ce soit de manière individuelle ou conjointe.

Nous attachons une importance particulière à la précision et à la rapidité de votre


réponse, laquelle est essentielle à la bonne conduite de notre processus d’audit.

Nous vous remercions par avance pour votre coopération et restons à votre disposition
pour tout complément d’information

Veuillez agréer Monsieur le Directeur l’expression de nos salutations distinguées.

Le président de l’amicale « XYZ »

96
Annexe 8. La lettre d’affirmation
A l’attention de Monsieur Dhakouani Fethi
La présente lettre d’affirmation est établie dans le cadre de votre mission d’audit des
états financiers de l’amicale « XYZ » pour la période du 1er janvier 2023 au 31
décembre 2023. Son objectif est de certifier que ces états reflètent fidèlement la
situation financière de l’amicale au 31 décembre 2023 ainsi que les résultats de ses
activités et les flux de trésorerie pour l’exercice clos à cette date conformément à la
législation comptable en vigueur.
En notre qualité de responsable de la préparation et de la présentation des états
financiers, nous attestons de bonne foi et en toute transparence les points suivants :
 Nous n’avons constaté aucune anomalie notable concernant la gestion ou les
collaborateurs ayant un rôle significatif dans l’élaboration et le contrôle
interne des états financiers.
 Nous n’avons identifié aucun manquement ou mise en demeure d’organismes
officiels lié au non-respect ou à une mauvaise application des règles de
présentation des comptes annuels pouvant avoir un impact significatif sur
ceux-ci, n’a été constaté.
 Nous confirmons que les états financiers sont exempts d’irrégularités
significatives.
 Nous attestons l’absence de toute omission importante dans les informations
fournies.
 Nous avons mis à disposition tous les documents comptables ainsi que
l’ensemble des procès-verbaux des assemblées.
 Notre association respecte pleinement les clauses des contrats en vigueur et
nous n’avons identifié aucun manquement notable susceptible d’affecter de
manière significative les états financiers. De plus, nous confirmons l’absence
de toute violation des exigences des autorités de contrôle qui pourrait
influencer ces documents de manière significative.

97
Annexe 9. Rapport général du réviseur comptable

Messieurs les adhérents de l’Amicale « XYZ »

1. Opinion sur les états financiers


En exécution de la mission de commissariat aux comptes qui nous a été confiée par
l’Assemblée Générale Ordinaires réunie en date du 26 février 2024, nous avons
effectué l’audit des états financiers de l’amicale « XYZ » qui comprennent l’état de la
situation financière au 31 décembre 2023, l’état des produits et des charges et l’état de
flux de trésorerie pour l’exercice clos à cette date ainsi que des notes contenant un
résumé des principales méthodes comptables et d’autres notes explicatives.
A notre avis, les états financiers donnent une image fidèle et présentent régulièrement
et sincèrement, dans tous leurs aspects significatifs, la situation financière de
l’amicale « XYZ » au 31 Décembre 2023, les résultats de ses opérations et les flux de
trésorerie pour l’exercice clos à cette date en conformité avec le Système Comptable
des Entreprises.

2. Fondement de l’opinion sans réserves


Nous avons effectué notre audit selon les normes internationales d’audit applicables
en Tunisie. Les responsabilités qui nous incombent en vertu de ces normes sont plus
amplement décrites dans la section « Responsabilités de l’Auditeur pour l’audit des
états financiers » du présent rapport. Nous sommes indépendants de l’Association
conformément aux règles de déontologie qui s’appliquent à l’audit des états financiers
en Tunisie et nous nous sommes acquittés des autres responsabilités déontologiques
qui nous incombent selon ces règles. Nous estimons que les éléments probants que
nous avons obtenus sont suffisants et appropriés pour fonder notre opinion sans
réserve.

3. Paragraphes d’observation

98
Sans remettre en cause notre avis mentionné ci-dessus, nous estimons utile d’attirer
l’attention sur les faits suivants :
1) L’association est tenue d’appliquer le régime fiscal en vigueur, qui englobe les
impôts sur les sociétés ainsi que les taxes sur les revenus des personnes
physiques, conformément aux articles 52 et 53 du code des impôts, pour toutes
les entités morales et sociétés concernées.
2) L’examen des pièces comptables fournies révèle que, bien qu’elles soient
présentées comme justificatifs, la plupart de ces informations ne permettent
pas d’établir une fiabilité suffisante. Un soutien complémentaire serait requis
pour confirmer leur exactitude.
3) Il a été relevé que l’association "XYZ" respecte les règles énoncées dans le
manuel des procédures dédié aux activités comptables et financières. Les
membres adhérents appliquent également ces directives de façon cohérente.
4. Domaine de la mission d’audit allant de 01 janvier 2023 au 31 décembre
2023
L’Amicale « XYZ » est tenue de respecter les obligations juridiques et comptables en
vigueur. Cela inclut l’application des dispositions de la loi n° 112-96 de 1996 relative
à la comptabilité des sociétés, ainsi que du décret-loi n° 88 du 24 septembre 2011
concernant la comptabilité des associations. Elle doit également adopter un système
comptable conforme à la loi n° 112 de 1996, en date du 30 septembre 1996, ainsi
qu’aux normes comptables n° 45 applicables aux associations, établies au plus tard le
30 novembre 2013. Enfin, le comité directeur des associations et des partis politiques
est chargé d’élaborer les états financiers pour l’exercice 2023, en respectant les
normes en vigueur.
5. Responsabilité de la direction dans la préparation et la présentation des
états financiers
la direction de l’association est responsable de la préparation et de la présentation
fidèle des états financiers conformément aux normes comptables tunisiennes, ainsi
que du contrôle interne qu’elle considère comme nécessaire pour permettre la

99
préparation d’états financiers exempts d’anomalies significatives, que celles-ci
résultent de fraudes ou d’erreurs. Lors de la préparation des états financiers, c’est à la
direction qu’incombe d’évaluer la capacité de l’association à poursuivre son
exploitation, de communiquer, le cas échéant, les questions relatives à la continuité de
l’exploitation et d’appliquer le principe comptable de continuité d’exploitation, sauf si
la direction a l’intention de cesser l’activité de l’association ou si aucune autre
solution réaliste ne s’offre à elle.
6. Responsabilité de l’auditeur des états financiers
Nos objectifs sont d’obtenir l’assurance raisonnable que les états financiers pris dans
leur ensemble sont exempts d’anomalies significatives, que celles-ci résultent de
fraudes ou d’erreurs, et de délivrer un rapport de l’auditeur contenant notre opinion.
L’assurance raisonnable correspond à un niveau élevé d’assurance, mais n’est pas une
garantie absolue que l’audit, réalisé conformément aux normes internationales d’audit
applicables en Tunisie, permettra toujours de détecter toute anomalie significative qui
pourrait exister. Les anomalies peuvent résulter de fraudes ou d’erreurs et elles sont
considérées comme significatives lorsqu’elles, prises individuellement ou
collectivement, elles peuvent influencer les décisions économiques que les utilisateurs
des états financiers prennent en se fondant sur ces derniers.
Dans le cadre d’un audit réalisé conformément aux normes internationales d’audit
applicables en Tunisie, nous exerçons notre jugement professionnel et faisons preuve
d’esprit critique tout au long de cet audit. En outre :
- Nous identifions et évaluons les risques que les états financiers comportent des
anomalies significatives, que celles-ci résultent de fraudes ou d’erreurs, concevons
et mettons en œuvre des procédures d’audit en réponse à ces risques, et révisions
des éléments probants suffisants et appropriés pour fonder notre opinion. Le
risque de non-détection d’une anomalie significative résultant d’une fraude est
plus élevé que celui d’une anomalie significative résultant d’une erreur, car la
fraude peut impliquer la collusion, la falsification, les omissions volontaires, les
fausses déclarations ou le contournement du contrôle interne.

100
- Nous acquérons une compréhension des éléments du contrôle interne pertinents
pour l’audit afin de concevoir des procédures d’audit appropriées dans les
circonstances, et non dans le but d’exprimer une opinion sur l’efficacité du
contrôle interne de l’Amicale « XYZ ».
- Nous apprécions le caractère approprié des méthodes comptables retenues et le
caractère raisonnable des estimations comptables faites par la direction, de même
que des informations y afférentes fournies par cette dernière.
- Nous évaluons la présentation d’ensemble, la forme et le contenu des états
financiers, y compris les informations fournies dans les notes, et apprécions si les
états financiers représentent les opérations et événements sous-jacents d’une
manière propre à donner une image fidèle.
- Nous communiquons aux responsables de la gouvernance notamment l’étendue et
le calendrier prévus des travaux d’audit et nos constatations importantes, y
compris toute déficience importante du contrôle interne que nous aurions relevée
au cours de notre audit.
- Nous fournissons également aux responsables de la gouvernance une déclaration
précisant que nous nous sommes conformés aux règles de déontologie pertinentes
concernant l’indépendance, et leur communiquons toutes les relations et autres
facteurs qui peuvent raisonnablement être considérés comme susceptibles d’avoir
des incidences sur notre indépendance ainsi que les sauvegardes connexes s’il y a
lieu.
- Parmi les questions communiquées aux responsables de la gouvernance, nous
déterminons celles qui ont été les plus importantes dans l’audit des états financiers
de la période considérée : ce sont les questions clés de l’audit. Nous décrivons ces
questions dans notre rapport, sauf si des textes légaux ou réglementaires en
empêchent la publication ou si, dans des circonstances extrêmement rares, nous
déterminons que nous ne devrions pas communiquer une question dans notre
rapport parce que l’effet d’une telle communication de cette question dépasserait
les avantages pour l’intérêt public.

101
7. Rapport sur les vérifications et informations spécifiques
- Conformément aux dispositions de l’article 40, du Décret-loi n°2011-88 du 24
Septembre 2011, portant organisation des associations, nous n’avons pas de
remarques particulières sur les informations données dans les registres, préparés
par l’association au titre de l’exercice 2023, qui sont les suivants :
 Le registre des membres.
 Le registre des délibérations des organes de direction.
 Le registre des activités et des projets.
 Le registre des dons.
- Conformément aux dispositions de l’article 38, du Décret-loi n°2011-88 du 24
Septembre 2011, portant organisation des associations, toutes les transactions
financières de recettes ou de dépenses de l’Amicale « XYZ » sont effectuées par
virements ou chèques bancaires chaque fois que leur valeur dépasse Cinq Cents
(500) Dinars.
- Conformément aux dispositions de l'article 41 du Décret-loi n°2011-88 du 24
Septembre 2011, portant organisation des associations, l’Amicale « XYZ » a
procédé à la publication des données relatives aux aides, dons et donations
d'origine étrangère. Par ailleurs, nous attirons votre attention sur le fait que ladite
publication devrait intervenir dans un délai d'un mois suivant la date de la
réception des aides, dons et donations d'origine étrangère.
8. Rapport relatif aux obligations légales et réglementaires
Dans le cadre de notre mission de commissariat aux comptes, nous avons également
procédé aux vérifications spécifiques prévues par les normes publiées par l'ordre des
experts comptables de Tunisie et par les textes réglementaires en vigueur en la
matière. À cet effet, nous n'avons pas détecté d'irrégularité liée à la conformité des
comptes de l’Amicale « XYZ » avec la réglementation en vigueur.

102
Résumé
À la suite de la révolution du 14 janvier 2011 en Tunisie, le paysage associatif a
connu une diversification significative de ses activités, une expansion de ses domaines
d’intervention et une multiplication de ses sources de financement. Pour garantir une
gestion transparente des fonds alloués à des objectifs spécifiques et prévenir tout
détournement, le législateur tunisien a instauré, via le décret-loi n°2011-88, un cadre
réglementaire strict encadrant les flux financiers des associations.
Cependant, ce décret-loi ne constitue pas un référentiel comptable adapté aux
spécificités des associations, limitant ainsi la fiabilité de leurs informations
financières. Pour pallier cette lacune, la norme NCT45 a été introduite, visant à
renforcer la qualité et la transparence des données produites.
Pour montrer l’impact de cette norme sur l’amélioration de la qualité de l’information
fournis par les associations, on a procédé à l’étude de cas d’une amicale « XYZ » en
suivant une démarche d’audit qui prend en considération les dispositions relatives à
cette norme.
Mots clés :
La NCT 45- l’audit externe- le secteur associatif.
Abstract
After the revolution of January 14, 2011 in Tunisia, the associative landscape has seen
a significant diversification of its activities, an expansion of its areas of intervention
and a multiplication of its sources of funding. To ensure the transparent management
of funds allocated to specific objectives and prevent any misappropriation, the
Tunisian legislator introduced a strict regulatory framework governing the financial
flows of associations, via Decree-Law no. 2011-88.
However, this decree-law does not provide an accounting framework tailored to the
specific characteristics of associations, thus limiting the reliability of their financial
information. To remedy this shortcoming, the NCT45 standard was introduced,
designed to enhance the quality and transparency of the data produced.
To show the impact of this standard on improving the quality of information provided
by associations, we proceeded to the case study an association “XYZ” by following
an audit process that takes into account the provisions relating to this standard.

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