Qu’est-ce qu’une dépression ?
Il est difficile de savoir si un individu est en dépression sans une
évaluation précise d’un psychiatre ou d’un psychologue mais il existe des
signes cliniques pour reconnaitre cette pathologie :
1. Diminution des renforcements positifs :
Les théories de l'apprentissage expliquent que notre comportement
dépend des conséquences qu'il entraîne. Si une action nous apporte
quelque chose de positif, nous aurons tendance à la répéter. C'est ce qu'on
appelle la "loi de l'effet".
Skinner, un chercheur des années 1960, a montré que ces récompenses,
ou renforcements, jouent un rôle crucial dans la répétition de nos
comportements. Par exemple, au travail, nous continuons à travailler pour
recevoir notre salaire, des primes, des promotions, ou même des
compliments et des sourires.
Peter Lewinshon a utilisé cette idée pour expliquer la dépression. Il pense
que notre humeur dépend du nombre d'activités agréables que nous
faisons et des renforcements positifs que nous recevons. Si une personne
ne reçoit plus ces récompenses positives, par exemple à cause de
l'isolement social, du chômage ou d'autres difficultés, cela peut la rendre
déprimée et réduire son activité. Cela crée un cercle vicieux où moins
d'activités entraîne moins de renforcements, ce qui aggrave encore la
dépression.
Pour aider les personnes déprimées, des programmes de thérapie
comportementale proposent de reprendre des activités structurées. Ces
programmes impliquent aussi l'entourage de la personne pour qu'elle
puisse recevoir des renforcements positifs grâce à ses actions, ce qui peut
améliorer son humeur et briser le cercle vicieux de la dépression.
Exemple : Madame x travaillait depuis près de 15 ans dans une entreprise,
Célibataire, elle était très investie dans son travail. Pour elle, tout se
passait bien jusqu’au jour où, selon l’expression communément admise,
elle a été « mise au placard ». Progressivement, on lui a retiré l’ensemble
de ses responsabilités, on ne sollicitait plus son avis et elle n’était plus
intégrée dans les nouveaux projets. En l’absence d’interaction avec ses
collègues – et par conséquent de renforcement positif –, elle a vite
développé une dépression franche.
Un traitement psychothérapique basé sur une reprise progressive
d’activités plaisantes lui a permis de guérir. Elle a aussi trouvé les
ressources nécessaires pour quitter son emploi et s’investir dans
une autre entreprise.
2. Conditionnement opérant
La dépression se manifeste lorsque des personnes éprouvent un manque
de contrôle sur les événements de leur vie (Seligman, 1975).
Ce chercheur a découvert que si des animaux sont exposés à des chocs
électriques répétés sans possibilité de les éviter, ils finissent par se
résigner. Plus tard, même lorsqu'ils ont la possibilité d'éviter ces chocs, ils
ne font aucun effort pour y échapper. Ils restent immobiles et apathiques.
Cet état, appelé impuissance apprise ou désespoir appris, est considéré
comme un modèle de dépression.
Les personnes qui se trouvent face à des situations répétitives – qu'elles
soient négatives ou positives – sur lesquelles elles n'ont aucun contrôle,
peuvent développer un état caractérisé par une inhibition de la volonté,
une lenteur dans les actions et un profond découragement. Cette attitude
passive et résignée conduit souvent à la dépression.
3. Modèle cognitive
Selon Aaron Beck, la dépression est due à des erreurs dans le traitement
de l'information (Beck, 2010). Les expériences et les situations que le
patient traverse sont interprétées à travers un filtre cognitif qui déforme la
perception des événements. Ce filtre est composé de biais cognitifs, qui
sont des erreurs logiques, et de schémas cognitifs, qui sont des règles de
fonctionnement implicites et dysfonctionnelles.
Ce modèle conduit à ce qu'on appelle la triade cognitive de Beck, qui
inclut :
Une vision négative de soi : « Je ne vaux rien ».
Une perception pessimiste de l'environnement : « Tout va mal ».
Une vision désespérée de l'avenir : « Le futur est sans espoir ».
Symptome :
. Humeur dépressive présente pendant pratiquement toute la journée,
presque tous les jours, signalée par le sujet ou observée par les autres.
Éventuellement irritabilité chez l’enfant et l’adolescent.
2. Diminution marquée de l’intérêt ou du plaisir pour toutes ou presque
toutes les activités, pratiquement toute la journée, presque tous les jours
(signalée par le sujet ou observée par les autres).
3. Perte ou gain de poids significatif en l’absence de régime (par exemple,
modification du poids corporel en un mois excédant 5 %), ou diminution ou
augmentation de l’appétit presque tous les jours. Chez l’enfant, prendre en
compte l’absence de l’augmentation de poids attendue.
4. Insomnie ou hypersomnie presque tous les jours.
5. Agitation ou ralentissement psychomoteur presque tous les jours
(constaté par les autres, non limité à un sentiment subjectif de fébrilité ou
de ralentissement intérieur). 6. Fatigue ou perte d’énergie presque tous les
jours.
7. Sentiment de dévalorisation ou de culpabilité excessive ou inappropriée
(qui peut être délirante) presque tous les jours (pas seulement de se faire
grief ou se sentir coupable d’être malade).
8. Diminution de l’aptitude à penser ou à se concentrer ou indécision
presque tous les jours (signalée par le sujet ou observée par les autres).
9. Pensées de mort récurrentes (pas seulement une peur de mourir),
idées suicidaires récurrentes sans plan précis ou tentative de suicide ou
plan précis pour se suicider.
B. Les symptômes ne répondent pas aux critères d’épisode mixte.
C. Les symptômes induisent une souffrance cliniquement significative ou
une altération du fonctionnement social, professionnel ou dans d’autres
domaines importants.
D. Les symptômes ne sont pas imputables aux effets physiologiques
directs d’une substance (par exemple, une substance donnant lieu à abus,
un médicament) ou d’une affection médicale générale (par exemple
hypothyroïdie). E. Les symptômes ne sont pas mieux expliqués par un
deuil, c’est-à-dire après la mort d’un être cher ; les symptômes persistent
pendant plus de deux mois ou s’accompagnent d’une altération marquée
du fonctionnement, de préoccupations morbides, de dévalorisation,
d’idées suicidaires, de symptômes psychotiques ou d’un ralentissement
psychomoteur.
A ne pas confondre avec le mot déprime : Ce terme est devenu, dans le
langage de tous les jours, un synonyme du mot tristesse. De nombreux
patients utilisent ce vocable pour décrire leurs états d’âme. La réponse
émotionnelle liée à une mauvaise nouvelle ou à une situation difficile n’est
pas une maladie mais une réponse physiologique adaptée aux
circonstances. Les critiques, les remontrances d’un employeur ou
un désaccord professionnel ne sont jamais à l’origine d’une
dépression