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Cours D'assurance Automobile 2025-2027 B

Le document présente un cours sur l'assurance automobile, soulignant son importance face aux risques de circulation croissants. Il aborde les distinctions entre les types d'assurances, notamment les assurances de répartition et de capitalisation, ainsi que les obligations légales d'assurance pour les propriétaires et utilisateurs de véhicules. Enfin, il détaille les exclusions et exceptions relatives à l'assurance automobile, notamment pour certains véhicules et situations spécifiques.

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Le document présente un cours sur l'assurance automobile, soulignant son importance face aux risques de circulation croissants. Il aborde les distinctions entre les types d'assurances, notamment les assurances de répartition et de capitalisation, ainsi que les obligations légales d'assurance pour les propriétaires et utilisateurs de véhicules. Enfin, il détaille les exclusions et exceptions relatives à l'assurance automobile, notamment pour certains véhicules et situations spécifiques.

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INSTITUT INTERNATIONAL

DES ASSURANCES DE YAOUNDE


B.P. 1575 TEL:22-20-71-52 YDE
REPUBLIQUE DU CAMEROUN

CYCLE MPA (Master Professionnel en Assurance)

COURS D’ASSURANCE
AUTOMOBILE

Par
Monsieur Edmond D. BOSSOU
Diplômé d’Etudes Supérieures d’Assurances (DES-A) IIA, Yaoundé
12ème Promotion 1994-1996
Diplômé d’Etudes Supérieures Spécialisées en Administration des Entreprises (DESS- A.E) POITIER-France
Année universitaire 2001-2002

Directeur Général de SanlamAllianzBéninAssurances

Année académique 2024– 2026


CHAPITRE I :
GENERALITES SUR L’ASSURANCE AUTOMOBILE

L’automobile est devenue de nos jours, un moyen de déplacement très répandu et très
pratique sur toute la terre. Avec l’accroissement considérable du parc automobile dans bon nombre
de pays depuis le début du XIXe siècle, le risque de la circulation est devenu le lot quotidien de
chacun des habitants de la planète, nul n’est donc à l’abri de l’accident de la circulation qui frappe
aveuglément le bon et le mauvais conducteur, l’enfant, le jeune ou le vieillard, l’automobiliste
comme le piéton, le célibataire ou le chef de famille.
Ces accidents de la circulation sont lourds de conséquences sur le plan économique et
social. L’auteur d’un accident de la circulation peut-il lui seul faire face aux réclamations de tous les
membres de la famille du fait du décès du chef de famille par exemple ?
L’assureur intervient pour réparer les dommages, compenser les pertes et par
conséquent, éviter aux lésés et à l’auteur responsable, misère et ruine.
Notre étude s’articulera en dehors des généralités sur l’assurance automobile, autour
de deux (02) grandes parties : la production automobile et le règlement des sinistres.

SECTION 1 : L’ASSURANCE AUTOMOBILE DANS L’ENSEMBLE DES BRANCHESD’ASSURANCE


L’assurance automobile se positionne de manière différente selon que l’on l’observe à
travers la classification des branches d’assurance sur la base de considérations techniques ou à
travers la nomenclature des branches d’assurance.

Paragraphe 1 : Distinction technique des assurances


Dans le cas où la classification des risques assurables se fait sur la base du type
d’organisation statistique de la mutualité des assurés, l’on distingue les assurances de répartition
des assurances de capitalisation.

1. Les assurances de répartition

La technique de la répartition consiste à répartir les primes encaissées par la compagnie


d’assurance entre les assurés qui ont subi des sinistres. Il s’agit en fait de puiser dans la masse

2
commune des primes pour régler les sinistres. Les assurances de répartition présentent les
caractéristiques suivantes :
a) Il s’agit d’assurances de courtes durées. En effet, elles sont généralement conclues
pour une période d’un an renouvelable par ou sans tacite reconduction.
b) Pour ces assurances, la probabilité de réalisation du risque est considérée comme
étant constante pendant toute la période d’assurance. En d’autres termes, le risque ne s’aggrave pas
pendant cette période.

2. Les assurances de capitalisation

Les assurances gérées selon la technique de la capitalisation sont celles pour lesquelles
l’assureur procède à la capitalisation des primes pour se mettre en position de faire face au règlement
des capitaux qu’il s’est engagé à verser en cas de survenance du risque assuré. Ces assurances
présentent les caractéristiques suivantes :

a) Elles sont généralement conclues pour de longues périodes pouvant couvrir des dizaines
d’années ;

b) Dans ces conditions, les probabilités de survenance des sinistres varient au cours de la
période d’assurance. C’est par exemple que le risque de décès augmentant au fil des
années se modifie au courant de la période d’assurance.

Vu à travers ce premier type de classification, l’assurance automobile est une assurance de


répartition étant donné qu’elle présente toutes les caractéristiques qui se rattachent aux assurances
gérées selon cette technique.

En effet, en assurance automobile, le règlement des sinistres se fait grâce à un prélèvement


effectué par la compagnie sur la masse des primes versées par les assurés.

Par ailleurs, l’assurance est généralement souscrite pour des périodes relativement courtes,
généralement pour une période d’un an. Le risque de survenance des sinistres est généralement
considéré, sauf circonstance aggravante exceptionnelle (infirmité de la victime au cours de la période
d’assurance, somnolence des suites de la consommation passagère de certains produits
pharmaceutiques, etc.) comme constant pendant la période d’assurance.

Paragraphe 2 :Distinctions juridiques des assurances


Dans ce cas, l’accent est mis sur les obligations de l’assureur pendant la période
d’assurance. Cela conduit à la distinction des assurances de dommages d’une part, et des
assurances de personnes d’autre part.

1. Les assurances de dommages

Elles garantissent les pertes ou détériorations subies par les biens ou les conséquences
pécuniaires de la Responsabilité Civile encourues par les assurés. Elles se subdivisent en assurances

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de biens (ou de choses) et en assurances de responsabilités. Ces assurances présentent par ailleurs
les caractéristiques suivantes :
a) Elles sont soumises au principe indemnitaire en ce sens qu’elles ne peuvent pas être une
source d’enrichissement sans cause pour l’assuré, dans la mesure où elles ne lui
garantissent que ses pertes réelles ou celles dont il est civilement responsable ;
b) Elles sont soumises à la règle proportionnelle des capitaux. Selon cette règle, lorsque le
montant assuré est inférieur à la valeur totale des existences, les sinistres sont réglés dans
la proportion existant entre la valeur assurée et la valeur totale des existences, sauf pour
ce qui est des assurances au premier risque absolu, qui sont conclues avec dérogation à
cette règle.

2. Les assurances de personnes

Elles ne sont soumises quant à elles ni au principe indemnitaire, ni à la règle


proportionnelle des capitaux.
L’assurance automobile est une assurance de dommages présentant toutes les
caractéristiques énumérées ci-dessus qui se rattachent aux branches d’assurance de cette
catégorie. Elle est en même temps une assurance de biens et une assurance de responsabilités.
Nous pouvons donc dire que l’assurance automobile est une assurance de répartition
et une assurance de dommages.

SECTION 2 : L’OBLIGATION D’ASSURANCE AUTOMOBILE

Paragraphe 1 : Les principes de l’obligation d’assurance automobile ?


Selon l’article 200, 1er alinéa du Code CIMA, cette obligation incombe à toute personne
physique ou toute personne morale autre que l’Etat au sens du droit interne, dont la responsabilité
civile peut être engagée en raison de dommages subis par des tiers résultant d’atteintes aux
personnes ou aux biens et causés par un véhicule terrestre à moteur, ainsi que ses remorques ou
semi-remorques.
Par remorques ou semi-remorques, l’on entend :
a) Tous les véhicules terrestres construits en vue d’être attelés à un véhicule terrestre à moteur et
destinés au transport des personnes, des animaux ou des choses ;
b) Tous les autres appareils terrestres attelés à un véhicule terrestre à moteur.

1) Les personnes assujetties


1.1 REGLE GENERALE
L’obligation d’assurance automobile concerne notamment ;
a) Le propriétaire du véhicule ;
b) Son utilisateur.

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En effet :
 Lorsqu’un véhicule est acquis en « leasing », l’assurance de la Responsabilité Civile du fait de
son utilisation incombe à son utilisateur et non pas à son propriétaire (en l’occurrence la
société de « leasing » qui ne s’en sert pas ;
 Si une personne achète un véhicule pour une autre et si la personne pour laquelle le véhicule a
été acheté ne l’utilise pas et n’encourt donc aucune responsabilité, seul l’utilisateur est
astreint à l’obligation d’assurance.
L’obligation d’assurance automobile incombe donc d’une manière générale à son
gardien, en d’autres termes à celui qui a sur le véhicule un pouvoir d’usage, de contrôle et de
direction.

1.2- Les exceptions


L’obligation d’assurance automobile ne s’applique cependant pas à l’Etat (article 200,
1er alinéa du Code CIMA), le législateur estimant que son importante surface financière lui permet
de faire face à la réparation des préjudices qu’il peut causer à des tiers en mettant en circulation
des véhicules terrestres à moteur ou leurs remorques ou semi-remorques.

2) Les véhicules assujettis


Nous parlerons d’abord de la règle générale, puis des exceptions.

2.1 REGLE GENERALE


Sont soumis à l’obligation d’assurance automobile les véhicules, les remorques ou semi-
remorques de même, d’une manière générale, que tout autre véhicule attelé.

a) Les véhicules
Ils doivent être :
 Automoteurs, c'est-à-dire capables de se déplacer par leurs propres moyens ;
 Capables de transporter leurs conducteurs ;
 Mis en circulation terrestre sur le domaine public ou privé.
La notion de circulation est à prendre dans un sens très large. Elle englobe l’utilisation
du véhicule tant sur la voie publique que dans les propriétés privées. Cette notion est notamment

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retenue chaque fois que le véhicule roule à un endroit tel qu’il est susceptible d’engager la
responsabilité de son propriétaire ou de son gardien. Elle l’est également pour les cas de
stationnement et d’abandon des véhicules sur la voie publique. Il n’y a par contre pas « circulation »
si le stationnement du véhicule a lieu à un endroit autre que sur la voie publique (par exemple dans
un domicile privé) ou lorsque le véhicule concerné est transporté par un autre.

b) Les remorques ou semi-remorques


Elles doivent également être assurées qu’elles soient attelées ou non, c'est-à-dire
notamment même lorsqu’elles sont en stationnement sur la voie publique.

c) Tous les autres véhicules attelés à un véhicule terrestre à moteur


Tout véhicule qui même sans être une remorque ou une semi-remorque se trouve être,
même occasionnellement attelé à un véhicule terrestre à moteur doit être assuré. C’est le cas par
exemple d’un engin de chantier qui serait attelé à un camion tracteur en vue de son acheminement
vers un garage pour des besoins de réparation.

2.2 Les exceptions


Les véhicules circulant sur des rails à l’instar des trains et tramways ne sont pas astreints
à l’obligation d’assurance automobile (article 203 du Code CIMA).
Cette exception tient essentiellement au fait que les véhicules circulant sur les rails sont
souvent prioritaires sur leurs voies de passage et notamment aux passages à niveau. En effet, les
prescriptions suivantes entre autres s’appliquent aux usagers de la route :

a) Ils doivent à l’approche des matériels circulant sur la voie ferrée dégager immédiatement cette
voie pour leur livrer passage ;

b) Ils ne doivent entreprendre la traversée d’un passage à niveau non muni de barrières après
s’être assurés qu’ils peuvent le faire en toute sécurité et qu’il n’est pas annoncé l’approche de
train ;

c) Ils sont tenus lors de la traversée d’un passage à niveau muni de barrières d’obéir aux
recommandations du garde et de ne pas entraver le cas échéant la fermeture des barrières ;

d) Il leur est interdit de stationner sur les parties d’une route occupée ou traversée à niveau par
une voie ferrée, d’y laisser des véhicules ou des animaux à l’arrêt ou de faire emprunter la voie
ferrée par des véhicules étrangers à son service.

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Nous pensons cependant que malgré le principe de la priorité des engins circulant sur
les rails, ces appareils auraient pu être astreints à l’obligation d’assurance automobile sous réserve
de dérogations accordées par les autorités compétentes - en considération de garanties financières
suffisantes permettant la réparation de préjudices causés à des tiers – compte tenu du fait que leurs
propriétaires sont susceptibles d’encourir une responsabilité partielle ou totale du fait de
dommages causés à des tiers à l’occasion de leur mise en circulation.
En effet :
a) En ce qui concerne les passages à niveau munis d’une barrière, la responsabilité totale des
chemins de fer est engagée pour toute collision entre un train et un véhicule circulant sur la
route, aux passages à niveau munis de barrières, quelles que soient les raisons pour lesquelles
les barrières n’étaient pas abaissées à l’arrivée du train, nonobstant notamment par exemple le
fait que le garde barrière ait cédé aux sollicitations imprudentes de l’automobiliste ou que celui-
ci n’ait pu voir le train.
La responsabilité de l’automobiliste est par contre retenue s’il cherche à forcer le passage alors que
la manœuvre de fermeture des barrières a commencé. Mais si cette fermeture s’effectue de
manière tardive et trop brutale, c’est encore les chemins de fer qui endossent la responsabilité de
l’accident.

b) En ce qui concerne les passages à niveau non munis de barrières, les chemins de fer sont
susceptibles de supporter un partage de responsabilité avec les automobilistes s’ils ne prennent
pas les dispositions que leur impose entre autres le fait que le manque de barrières aux
passages à niveau, de même que celui de personnes chargées d’en assurer la garde se fait à
leurs risques et périls. Il s’agit notamment des dispositions suivantes :
 Le signal de la traversée de la voie ;
 L’assurance de la visibilité dans la mesure du possible ;
 L’annonce de l’approche des trains par des coups de sifflets répétés, prolongés, donnés
avec insistance et à une distance du passage à niveau de manière à leur permettre d’être
efficaces ;
 La circulation à une vitesse modérée ;
 La surveillance de la voie de manière par exemple à éviter la collision avec un véhicule en
panne sur la voie notamment si cette présence a été annoncée au conducteur par des

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signaux suffisamment à temps, sur une distance de 45 mètres par exemple avant
l’obstacle.

Paragraphe 2 : Les exclusions

1) Les personnes exclues


Les professionnels de la réparation, de la vente et du contrôle de l’automobile sont tenus
de s’assurer pour leur propre responsabilité, celle des personnes travaillant dans leur exploitation et
celle des personnes ayant la garde ou la conduite du véhicule, ainsi que celle des passagers.
Cette obligation s’applique à la responsabilité civile que les personnes mentionnées au
précédent alinéa peuvent encourir du fait des dommages causés aux tiers par les véhicules qui
sont confiés au souscripteur du contrat en raison de ses fonctions et ceux qui sont utilisés dans
le cadre de l’activité professionnelle du souscripteur du contrat.
Par dérogation aux dispositions qui précèdent, l’obligation d’assurance ne s’applique
pas à la réparation :
1. Des dommages subis :
a) Par la personne conduisant le véhicule ;
b) Pendant leur service, par les salariés ou préposés de l’assuré responsable des dommages ;
pour les sommes ou chefs de préjudice excédant les indemnités prévues par le présent livre
et pour les chefs de préjudice non prévues.

2. Des dommages ou de l’aggravation des dommages causés par des armes ou engins destinés à
exploser par modification de structure de noyau de l’atome ou par tout combustible nucléaire,
produit ou déchet radioactif ou par toute autre source de rayonnements ionisants et qui
engagent la responsabilité exclusive d’un exploitant d’installation nucléaire ;

3. Des dommages atteignant les immeubles, choses ou animaux loués ou confiés au conducteur à
n’importe quel titre ;

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4. Des dommages causés aux marchandises et objets transportés, sauf en ce qui concerne la
détérioration des vêtements des personnes transportées, lorsque celle-ci est l’accessoire d’un
accident corporel.

2) Les véhicules exclus


Les dispositions de l’article 200 ne sont pas applicables aux dommages causés par les
chemins de fer, les tramways et les véhicules de l’Etat en raison de la réglementation en vigueur.

PREMIERE PARTIE : LA
PRODUCTION AUTOMOBILE

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CHAPITRE II :
LA DETERMINATION DES RISQUES A ASSURER

SECTION 1 : LES GARANTIES DU CONTRAT D’ASSURANCE AUTOMOBILE


Paragraphe 1 : Les garanties principales ou de base

1) Les garanties de la responsabilité civile

1.1 Objet et étendue de la garantie


Elle se décompose en une garantie de RESPONSABILITE CIVILE (RC) en circulation et en une
garantie RESPONSABILITE CIVILE (RC) hors circulation.

a) La garantie RESPONSABILITE CIVILE (RC) en circulation

C’est la véritable garantie obligatoire de la RESPONSABILITE CIVILE (RC). Au moyen de cette


garantie, l’assureur couvre les conséquences pécuniaires de la RESPONSABILITE CIVILE (RC) que
peut encourir l’assuré du fait des dommages corporels, matériel causés à des tiers au cours ou à
l’occasion de la mise en circulation de véhicules assurés et ayant pour origine :
 Un accident ;
 Un incendie ou une explosion prenant naissance dans le véhicule, les accessoires et produits
servant à son utilisation et les objets ou substances qu’ils transportent ;
 La chute de ces accessoires, produits, objets ou substances.

b) La garantie RESPONSABILITE CIVILE (RC) hors circulation

Elle se subdivise en garantie RESPONSABILITE CIVILE (RC) accident hors circulation et


RESPONSABILITE CIVILE (RC) incendie hors circulation.

b. 1. La garantie RESPONSABILITE CIVILE (RC) accidents hors circulation

Elle couvre les conséquences pécuniaires de la RESPONSABILITE CIVILE (RC) de l’assuré en


raison des dommages corporels ou matériels causés à des tiers non survenus au cours ou à

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l’occasion de la circulation et résultant d’accident, d’incendie ou d’explosion provenant du
véhicule assuré ou occasionné par lui, les accessoires ou produits servant à son utilisation ainsi
que les objets ou substances qu’il transporte.

b. 2. La garantie RESPONSABILITE CIVILE (RC) incendie hors circulation

Elle couvre les conséquences pécuniaires de la RESPONSABILITE CIVILE (RC) de l’assuré en


raison des dommages matériels causés à des tiers non survenus au cours ou à l’occasion de la
circulation et résultant de jets de flammes ainsi que de l’explosion ou de l’incendie du véhicule
assuré,des accessoires ou produits servant à son utilisation ainsi que les objets ou substances qu’il
transporte.
Dans de nombreux contrats d’assurance automobile, l’on retrouve une subdivision de la
garantie RESPONSABILITE CIVILE (RC) en termes de la garantie de la RESPONSABILITE CIVILE (RC) et
de garantie du recours des tiers du fait de l’incendie (RTI).

Dans ces cas, la garantie RESPONSABILITE CIVILE (RC) couvre les conséquences pécuniaires
de la RESPONSABILITE CIVILE (RC) en circulation et hors circulation ; tandis que la RTI garantit les
conséquences pécuniaires de la RESPONSABILITE CIVILE (RC) de l’assuré du fait des dommages
matériels causés aux tiers du fait du jet de flammes, explosion ou incendie provenant du véhicule
assuré ou des marchandises chargées sur ces véhicules.

1.2 Les personnes assurées au titre de l’assurance RESPONSABILITE CIVILE (RC) automobile
obligatoire :

Selon le 2ème alinéa de l’article 200 du Code CIMA, le contrat d’assurance doit couvrir la
RESPONSABILITE CIVILE (RC) des personnes suivantes ;

 Le souscripteur du contrat ;
 Le propriétaire du véhicule ;

 Toute personne ayant la garde ou la conduite même non autorisée du véhicule. Il convient
de préciser en ce qui concerne ce dernier cas, après avoir effectué le règlement, l’assureur
est subrogé dans les droits et actions du bénéficiaire de l’indemnité contre l’auteur
responsable de l’accident lorsqu’il a obtenu la garde ou la conduite à l’insu du propriétaire
et contre son gré article 200 alinéa 3 du Code CIMA ;
 La garantie RESPONSABILITE CIVILE (RC) ne couvre pas les professionnels de la réparation,
de la vente ou du contrôle de l’automobile. Les professionnels sont tenus de souscrire une
assurance couvrant non seulement leur propre responsabilité mais également celle des
personnes travaillant dans leur exploitation ;

 Les passagers du véhicule : il convient de préciser par ailleurs qu’en vertu de l’article 200
alinéa 5 du Code CIMA les membres de la famille du conducteur ou de l’assuré sont
considérés comme des tiers pour ce qui est de la réparation du préjudice qu’ils sont

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susceptibles de subir du fait de la mise en circulation des VTM, des remorques et semi-
remorques.

1.3 Les exclusions


Outre les exclusions que l’on retrouve dans tous les contrats d’assurance, la guerre civile ou
étrangère, la faute intentionnelle, l’irradiation, la garantie RESPONSABILITE CIVILE (RC) ne couvre
pas les dommages subis par les personnes suivantes qui ne sont pas considérées comme des tiers :

 L’assuré c'est-à-dire le propriétaire du véhicule, le souscripteur du contrat ou toute


personne ayant la garde ou la conduite même autorisée du véhicule lorsqu’ils sont
conducteur au moment de l’accident ;
 Pendant leur service, les salariés ou préposés de l’assuré responsable des dommagespour
les sommes ou chefs de préjudice excédant les indemnités prévues par le code CIMA et
pour les chefs de préjudices non prévus ;

 La RESPONSABILITE CIVILE (RC) ne couvre pas les personnes transportées à titre onéreux
sauf en ce qui concerne les contrats souscrits par les transporteurs de personnes pour les
véhicules servants à l’exercice de leur profession ;

 La RESPONSABILITE CIVILE (RC) ne couvre pas les personnes transportées dans une
remorque ou en dehors de la cabine, des personnes installées sur les marchandises, des
toitures, des ailes ou des marchepieds ;

 La RESPONSABILITE CIVILE (RC) ne couvre pas les dommages survenus aux choses,
immeubles, animaux loués ou confiés au conducteur à n’importe quel titre.

 Les accidents survenus lorsque le conducteur au moment de l’accident, n’a pas l’âge requis
ou n’est pas titulaire d’un permis de conduire ou pour les taxis, d’un certificat de capacité
en état de validité, sauf en cas de violence lorsque le véhicule est volé ou utilisé à l’insu de
l’assuré au moment de l’accident ;

 L’exclusion de garantie relative au permis de conduire n’est pas recevable à l’encontre du


conducteur détenteur d’un certificat qu’il a déclaré à l’assureur au moment de la
souscription ou lors du renouvellement du contrat à la condition que ce certificat ait perdu
sa validité pour des raisons du non-respect par ce dernier de condition restrictive de son
utilisation autre que celle qui a trait aux catégories de véhicules dont sa détention autorise
la conduite.

 Les accidents survenant pendant les rallyes, les compétitions automobiles et les essais
préparatoires, courses, compétitions soumis par la règlementation en vigueur à
l’autorisation préalable des pouvoirs publics.

L’assureur ne peut opposer aux victimes ou à leurs ayants-droit :


 Les franchises compte tenu du principe de la réparation intégrale ;

12
 Les déchéances à l’exception de la suspension régulière de la garantie pour cause de
défaut de paiement de la prime ;
 La règle proportionnelle de prime pour fausse déclaration non intentionnelle,
conformément à l’article 19 ;
 Les exclusions de garanties prévues aux articles 207 et 208 du code CIMA ;
 La résiliation de plein droit prévues à l’article 13 alinéa1 du code CIMA
L’assureur est donc tenu dans tous les cas ci-dessus d’indemniser intégralement la victime
(les victimes) quitte à exercer par la suite contre son assuré s’il le désire, une action récursoire en
vue de la récupération des montants déboursés en trop. L’article 211 du Code CIMA stipule par
ailleurs que l’assuré ne saurait être déchu de la garantie RESPONSABILITE CIVILE (RC) pour cause de
conduite en état d’ivresse ou sous l’emprise de l’alcool…

L’assureur peut valablement opposer la déchéance à l’assuré sur ces mêmes bases en ce qui
concerne les garanties non-obligatoires du contrat d’assurance automobile.

2) Les garanties dommages


2.1- Caractères communs
Elles couvrent les dommages subis par le véhicule assuré, les accessoires et pièces de
rechange dont le constructeur prévoit la livraison en même temps que lui ; lorsque ces dommages
proviennent d’accident, d’incendie, vol ou bris de glace.
Seuls ont la qualité d’assuré en ce qui concerne les garanties dommages, le propriétaire
et le souscripteur de la police, le conducteur autorisé non souscripteur n’a donc pas la qualité
d’assuré, de telle sorte que les dommages subis par l’assuré et engageant sa responsabilité civile,
l’assureur peut après avoir indemnisé son assuré, exercer une action récursoire contre ce
conducteur. Il convient de noter cependant que pour des raisons commerciales, la plupart des
garanties dommages sont assorties de clause d’abandon de recours contre les tiers responsables
n’ayant pas la qualité d’assuré.

2.2- Spécificités de chacune des garanties dommages


2.2.1- Les garanties dommages proprement dits
Elles se présentent sous la forme de tierce complète ou de tierce collision.
a) La garantie tierce complète (tous risques)
Par cette garantie, l’assureur couvre les dommages subis par le véhicule assuré ainsi que
les accessoires et les pièces de rechange dont le catalogue du constructeur prévoit la livraison en
même temps que le véhicule lorsqu’ils proviennent :
 D’une collision avec un autre véhicule ;
 D’un choc avec un corps fixe ou mobile (poteau électrique, animaux) ;

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 D’un renversement du véhicule sans collision préalable.

b) La tierce collision ou dommage collision


Elle garantit les dommages subis par le véhicule assuré, ainsi que les accessoires et pièces de
rechange dont le catalogue du constructeur prévoir la livraison en même temps que le véhicule
lorsque les dommages résultent :

 D’une collision avec un piéton identifié ;


 D’une collision avec un véhicule ou un animal appartenant à une personne identifiée.

c) Les exclusions
Les garanties Tierce complète ne couvrent pas, sauf cas d’extension expresse de la
garantie moyennant surprime les dommages subis par les pneumatiques à moins qu’ils ne soient
consécutifs à des dommages de même nature subis par le véhicule.
Ces garanties ne couvrent pas non plus les dommages consécutifs à un vol ou un
incendie car ces dommages sont déjà couverts par les garanties vol et incendie respectivement.

2.2.2- La garantie Incendie


Cette garantie couvre les dommages subis par le véhicule assuré, les accessoires et
pièces de rechange dont le catalogue du constructeur prévoit la livraison en même temps que le
véhicule résultant de l’incendie, de l’explosion, de la combustion spontané et de la chute de la
foudre.
La garantie incendie ne couvre pas les véhicules lorsqu’ils transportent des explosifs.
Elle ne couvre pas également les dommages résultant de la seule action de la chaleur sans
combustion véritable ou un début d’incendie susceptible de dégénérer en un incendie véritable.
L’assurance Incendie ne couvre pas les dommages causés aux marchandises
transportées.

2.2.3 - La garantie Vol


Elle se subdivise en une garantie de vol classique et garantie vol partiel.
a) Garantie Vol Classique

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Elle couvre les dommages causés par la disparition ou la détérioration de véhicule
assuré à la suite d’un vol ou tentative de vol ainsi que les frais engagés avec l’accord de l’assureur
en vue de la récupération du véhicule volé.
Le préjudice résultant de la disparition des pneumatiques, accessoires et pièces de
rechange dont le catalogue du constructeur prévoit la livraison en même temps que le véhicule est
réparé à condition que le vol soit commis dans un garage ou une remise avec effraction, escalade,
usage de fausse clé, tentative de meurtre ou violence corporelle.

b) Garantie Vol Partiel


C’est une extension de la garantie Vol classique accompagnée d’une surprime qui étend
le champ de la couverture aux objets ci-après sans qu’il soit nécessaire que le vol soit commis dans
un garage ou une remise ou que ces objets soient volés en même temps que le véhicule.
Les pneumatiques, accessoires et pièces de rechange dont le catalogue du constructeur
prévoit la livraison en même temps que le véhicule.
Cette garantie ne couvre pas les vols commis par les préposés pendant les heures de
service, par les membres de la famille ou avec leur complicité.

2.2.4- Garantie Bris de Glace


Elles couvrent les Bris de Glace accidentels du Pare-Brise, des glaces latérales et de la
lunette arrière du véhicule assuré. Cette garantie ne couvre pas les bris de verre, de phare, de
rétroviseurs, etc. qui sont du ressort de la garantie de dommage par accident.

Paragraphe 2 : Les garanties annexes


2.1Garantie Défense et Recours

a) Garantie Défense :
En vertu de cette garantie, l’assureur s’engage à pourvoir à ses frais, à la défense de
l’assuré devant les tribunaux répressifs, lorsqu’il fait l’objet de poursuite pour infraction aux règles
de la circulation ou pour imprudence et blessures involontaires à l’occasion de la mise en circulation
du véhicule assuré.
Dans le cadre d’une telle procédure, la compagnie d’assurance prend en charge les frais
de justice et d’honoraires d’avocats.

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b) Garantie Recours
Au titre de cette garantie, l’assureur s’engage à exercer à ses frais toutes les actions
judiciaires et amiables de nature à permettre l’obtention par l’assuré de la réparation des
préjudices matériels et corporels qu’il a subis de même que ceux subis par son véhicule ou les
personnes transportées à l’intérieur de celui-ci.

2.2Garantie personnes transportées


Cette garantie couvre les dommages corporels subis par l’assuré ainsi que toute
personne prenant place dans le véhicule assuré.
En tant que conducteur autorisé ou voyageur transporté à titre gratuit et consécutif à
des accidents survenus lors de la conduite du véhicule par les personnes assurées, lors de la montée
du véhicule par les personnes assurées, lors de leur descente de ce véhicule ou de leur transport à
l’intérieur de celui-ci ou lors des opérations de dépannage ou de réparation effectuées
généralement par les personnes transportées en cours de route.
La garantie couvre :
 Un capital en cas de décès ;
 Un capital en cas d’invalidité ;
 Le remboursement des frais de traitement.

2.3Exclusion
Cette assurance ne couvre pas les accidents provoqués par l’ivresse du conducteur. Cette assurance
ne couvre pas le suicide ou la tentative de suicide qui sont des faits intentionnels et les accidents
résultant de l’utilisation des engins à deux (02) roues.

2.4 Garanties complémentaires de la responsabilité civile et dommages


2.4.1 La garantie complémentaire de la RESPONSABILITE CIVILE (RC)
a) La garantie du transport du passager hors de la cabine du conducteur.
Par cette garantie, l’assureur étend la garantie RESPONSABILITE CIVILE (RC) aux accidents corporels
pouvant être causés aux passagers transportés occasionnellement à titre gratuit hors de la cabine
des camions ou des pick-up à concurrence du nombre de personnes prévues dans la police
d’assurance. Il reste nécessaire que le véhicule concerné soit dûment aménagé à cet effet.

b) La garantie du transport des passagers clandestins

16
En vertu de cette extension de garantie, l’assureur couvre les conséquences pécuniaires
de la RESPONSABILITE CIVILE (RC) de l’assuré en raison du préjudice corporel survenant à des
personnes transportées dans le camion assuré, malgré le fait que l’assuré a formellement interdit à
son chauffeur de se livrer au transport des personnes à titre gratuit ou onéreux.
2.4.2 Les garanties complémentaires des dommages
a) Garantie des frais de remorquage et des frais de dépannage
Sur la base de cette extension de garanties, l’assureur rembourse à l’assuré les frais qu’il
a raisonnablement engagé pour le remorquage et le dépannage du véhicule assuré
consécutivement à un événement couvert par la police.

b) Garantie de frais de location d’un véhicule de remplacement


Elle permet à l’assuré d’obtenir de la compagnie d’assurance, le remboursement de frais
de location d’un véhicule en remplacement du véhicule assuré lorsque ce dernier fait l’objet de
réparation suite à la survenance d’un sinistre (il s’agit bien sûr d’un sinistre dommage).

SECTION 2 : DECLARATION DES RISQUES A ASSURER


Paragraphe 1 : La fiche d’information
L’assureur est tenu avant la conclusion du contrat de fournir une fiche d’information sur
le prix, les garanties et les exclusions, article 6 alinéa 2 du Code CIMA. Cette prescription constitue
une innovation par rapport à la loi du 13 juillet 1930 et se situe dans le cadre du contrat de
protection du consommateur. Elle est destinée à permettre la meilleure information possible de
l’assuré avant la conclusion du contrat.

Paragraphe 2 : Obligation de déclaration

2.1- A la souscription et en cours de contrat

2.1.1- A la souscription
L’article 15, alinéa 2 de la loi du 13 juillet 1930 obligerait l’assuré à déclarer de manière
exacte à la souscription du contrat « toutes les circonstances connues de lui » de nature à
permettre à l’assureur l’appréciation des risques qu’il prenait à sa charge.
L’article 12, alinéa 2 du Code CIMA reprend cette obligation.

17
En effet, ce texte oblige l’assuré à répondre exactement aux questions posées par
l’assureur notamment dans le formulaire de déclaration du risque par lequel l’assureur l’interroge
lors de la conclusion du contrat sur les circonstances qui sont de nature à faire apprécier par
l’assureur les risques qu’il prend en charge. L’obligation de déclaration de l’assuré ne porte donc
plus que sur les questions posées par l’assureur.

2.1.2- En cours de contrat


Le 3è alinéa de l’article 25 de la loi du 13 juillet 1930 obligerait l’assuré à déclarer à
l’assureur les circonstances spécifiées dans la police entraînant une aggravation du risque. Cette
dernière étant conçue comme une situation telle que si le nouvel état des choses avait existé lors de
la souscription du contrat, l’assureur n’aurait pas contracté ou ne l’aurait fait que moyennant une
prime plus élevée.
L’article 12, alinéa 3 du Code CIMA reprend cette obligation. Il oblige l’assuré à déclarer
en cours de contrat, les circonstances nouvelles qui ont pour conséquences soit d’aggraver les
risques soit de créer des risques nouveaux et qui rendent donc de ce fait caduques ou inexactes les
réponses faites à l’assureur. Il en résulte donc un élargissement de l’obligation de déclaration de
l’assuré en cours du contrat. L’assuré est tenu d’exécuter cette obligation en cours de contrat dans
un délai de 15 jours, du moment où il a eu connaissance des circonstances génératrices par lettre
recommandée ou contresignée.

2.2- Les sanctions de l’obligation de déclaration du risque

2.2.1- La nullité du contrat


Elle sanctionne la mauvaise foi de l’assuré. En effet, la sanction de la réticence ou de la
fausse déclaration intentionnelle est la nullité du contrat si cette réticence ou cette fausse
déclaration change l’objet du risque ou en dénature l’opinion pour l’assureur, même si le risque
omis ou dénaturé a été sans influence sur le sinistre, article 21 de la loi du 13 juillet 1930 et article
18 du Code CIMA.

2.2.2- Règle proportionnelle


Elle sanctionne la déclaration de l’assuré lorsque sa mauvaise foi n’est pas établie. Les sinistres
sont donc réglés dans la proportion entre la prime payée et celle qui aurait été payée si le risque
avait été déclaré avec exactitude. La règle proportionnelle n’est pas opposable aux tiers.

18
CHAPITRE III :
LA TARIFICATION AUTOMOBILE
La tarification de l’assurance automobile est non seulement assise sur des critères
propres au véhicule et au conducteur habituel mais aussi a plusieurs autres déterminants.

SECTION 1 : LES CRITERES DE TARIFICATION


Paragraphe 1 : Les critères propres aux véhicules
1.1- L’usage du véhicule
Le tarif automobile varie avec l’usage du véhicule ; on distingue les usages suivants :

Usage 1 : Tourisme ou promenade et affaires


Cet usage est affecté aux véhicules de tourisme ou aux pick-up servant à la promenade ou à
l’exercice de fonction par exemple couverture d’un trajet du domicile au lieu de travail et vice-versa.
L’utilisation du véhicule pour les rendez-vous d’affaires.

Usage 2 : Commerce ou transport de produits ou de marchandises appartenant au souscripteur


Ils sont associés aux véhicules affectés au transport des seuls produits ou marchandises
appartenant au souscripteur non titulaire d’une patente de transport. Il est donc exclu tout
transport de marchandises appartenant à des tiers.

Usage 3 : Transport public de marchandises (TPM)

19
Cet usage est associé au transport à titre onéreux par le souscripteur ou tout individu de
produits ou de marchandises appartenant à des tiers. Un tel transport nécessite généralement la
détention par le transporteur d’une patente de transport. Les véhicules utilisés pour le service
postal ou pour les opérations de déménagement rentrent dans cette catégorie d’usage.

Usage 4 : Transport public de voyageurs (TPV)


Il se subdivise en usage 4a ; 4b et 4c.
 Usage 4a :
Il est associé au taxi, il s’agit plus précisément des véhicules de tourisme ne comportant pas plus de
huit (08) places en plus du conducteur muni ou non d’un taximètre et affecté au transport de
passager à titre payant.

 Usage 4b :
Il correspond à l’affectation régulière ou occasionnelle d’autobus ou d’autocar ou de tous
autres véhicules, dûment aménagés, camions ou camionnette par exemple pour le transport de
passagers à titre payant.

 Usage 4c :
Il a trait au transport des membres du personnel et des élèves.

Usage 5 : Il concerne les véhicules motorisés à 2 ou 3 roues


Cet usage s’attache aux véhicules motorisés à 4 roues d’un poids mort ou à vide inférieur ou
égal à 150 kg et qui sont dotés de 2 ou 3 places au maximum et qui peuvent être conduits sans
permis de conduire.

Usage 6 :
Il est associé aux véhicules confiés aux professionnels de la réparation, de la vente et du
contrôle du véhicule auto.

Usage 7 : Auto école


Il est associé aux véhicules affectés à l’enseignement de la conduite et utilisable à l’occasion
des épreuves pratiques à l’examen du permis de conduire.

Usage 8 : Location de véhicules

20
Il est associé à la location de véhicules avec ou sans chauffeur.

Usage 9 : Engin mobile de chantier


Cet usage est associé aux véhicules affectés aux travaux de chantier se déplaçant sur des
roues ou des chenilles soit par leur propre moyen soit sur la traction d’un autre véhicule motorisé.

Usage 10 : Véhicules spéciaux


Ils concernent les véhicules spéciaux tels que les corbillards, les pompes-funèbres, les
ambulances, les fourgon-funèbres, etc.
Il convient de préciser que lorsqu’un véhicule fait l’objet de plusieurs usages, le tarif qui lui
est applicable est celui qui comporte la prime la plus élevée.

1.2- Les caractéristiques du véhicule


Il s’agit notamment des caractéristiques suivantes :
 La puissance du véhicule qui s’exprime généralement en nombre de chevaux-vapeur ;
 La source d’énergie (essence, gas-oil)
 Le nombre de places ;
 La valeur vénale du véhicule : elle est prise en compte pour les véhicules assurés contre
l’incendie ou le vol ;
 La valeur neuve du véhicule : elle est prise en compte pour les véhicules assurés en
dommages contre les accidents et les bris de glace ;
 La charge utile.

Paragraphe 2 : Les critères attachés au conducteur habituel et à la zone géographique de


circulation
2.1- La zone géographique de circulation
Ce critère a pour but de permettre la modélation de la tarification en fonction de l’intensité
du trafic routier et de la fréquence des accidents constatés dans la zone où le véhicule circule
habituellement. La zone géographique de la circulation est celle du domicile habituel du
propriétaire du véhicule.

2.2 - Caractéristiques du conducteur habituel

21
1) Le sexe : en effet, la sinistralité est généralement plus élevée chez les conducteurs du sexe
masculin que ceux du sexe féminin ;
2) L’âge : la sinistralité est généralement d’autant plus forte quand le conducteur est plus
jeune notamment pour ceux âgés de moins de 25 ans ;
3) La situation familiale : les célibataires présentent généralement une sinistralité plus forte
que les personnes mariées ;
4) L’ancienneté du permis de conduire : les conducteurs novices notamment ceux qui sont
titulaires d’un permis de conduire de moins de 2ans d’ancienneté, sont généralement à
l’origine d’une sinistralité plus importante que les anciens ;
5) Statut socioprofessionnel : les conducteurs appartenant à des catégories
socioprofessionnelles entraînant des déplacements ou des voyages fréquents se
caractérisent par une forte sinistralité (délégués médicaux, agents commerciaux) ;
6) Antécédents du conducteur
Il s’agit d’apprécier la sinistralité potentielle du risque que l’on prend en charge sur la base
du nombre de sinistre causé par le conducteur habituel du véhicule dans le passé.

SECTION 2 : LES AUTRES DETERMINANTS DU MONTANT DE LA PRIME


Paragraphe 1 : Les règles particulières de tarification
1.1- Les assurances de courtes périodes
Les primes figurant sur les tarifs sont généralement pour une durée d’un an : des assurances
peuvent cependant être souscrites pour des périodes inférieures à l’année à des conditions
spécifiques prévues par le barème de courte période appliquée par la compagnie d’assurance.
Exemple de barème de courte période

 De 1 à 60 jours consécutifs de garantie ……………………. 20% de la prime nette annuelle


 De 61 à 120 jours ……………………………………………………..40% de la prime nette annuelle
 De 121 à 180 jours ……………………………………………………. 60% de la prime nette annuelle
 De 181 à 240 jours ……………………………………………………. 88% de la prime nette annuelle
 De 241 à 365 jours ……………………………………………….….. 100% de la prime nette annuelle

22
On peut ajouter à ce barème que si l’assurance est souscrite en plusieurs périodes
fractionnées mais continues d’une durée totale supérieure à 240 jours, la somme de la fraction de la
prime pratiquée ou perçue ne saurait excéder 105% de la prime annuelle.
Exemple : Mlle Louise assure son véhicule à la PHOTEL des assurances pour une prime annuelle de
120 mille F CFA au cours de l’année 2005 par tranche de courtes périodes suivantes :
01/01/05 au 20/01 (20 jours) ……………………………………………………… 20% de la prime : 24 000
21/01/05 au 20/03 (59 jours) ……………………………………………………… 20% de la prime : 24 000
21/03/05 au 20/04 (31 jours) ……………………………………………………… 20% de la prime : 24 000
21/04/05 au 31/12/05 (255 jours) ………………………………………………. 45% de la prime :
Quel est le montant total de la prime annuelle qu’elle a payée ?

Solution :
120 00 x 105 = 126 000
100
La 4ème tranche = 126 000 – (24 000 + 24 000 + 24 000) = 54 000

1.2- Les assurances de flottes


Les véhicules faisant partie d’une flotte peuvent bénéficier d’une prime réduite par rapport à
celle applicable aux véhicules de même type assuré isolément (mono). Les réductions obéissent aux
principes suivants :
1. Elles ne sont pas applicables aux véhicules suivants :
 Véhicules de transport public de voyageurs (usage 4)
 Véhicules confiés aux professionnels de la réparation et du contrôle automobile (usage 6)
 Véhicules d’auto-école (usage 7)
 Véhicules destinés à la location avec ou sans chauffeur (usage 8)

2. Pour des flottes comportant plusieurs catégories de véhicules, le calcul de la réduction flotte
se fait séparément pour d’une part, les véhicules motorisés à 2 ou 3 roues et pour d’autre part,
les véhicules admis au bénéfice de la réduction flotte.

23
NB :Les véhicules des points 1 et 2 n’entrent pas dans le décompte du nombre de véhicules
servant de base à la détermination du taux de réduction flotte.
3. La réduction flotte se calcule de manière distincte pour chacun de ces risques souscrit.

4. Cette réduction n’est applicable que pour les véhicules immatriculés au nom d’une même
personne physique ou morale.

5. Les véhicules auxquels une réduction flotte est acquise conserve le bénéfice de cette réduction
même s’ils sont assurés dans des polices distinctes souscrites dans la même compagnie
d’assurance au même titre que s’ils sont couverts au sein d’une même police. La réduction
flotte reste acquise même si ces différentes polices sont souscrites auprès de différentes
compagnies d’assurance.

6. Les remorques ne sont pas prises en compte dans le calcul du nombre de véhicules de la flotte
qui détermine la réduction flotte à appliquer. Les véhicules tracteurs étant seuls pris en
considération. Cependant, la réduction flotte ainsi déterminée est également applicable aux
primes liées à l’assurance des remorques de la flotte.

Exemple de réduction de flotte

N° USAGE PRIME (RC)


MARQUES ET TYPES
d’ordre (Catégorie) Prime Nette
1 MERCEDES 190 1 70 000
2 LADA 2105 1 50 000
3 MITSUBISHI GALANT 1 65 000
4 PEUGEOT 205 4b 200 000
5 BERLIET 3 350 000
6 TOYOTA KE 70 4b 165 000
7 SIZUKI 5 25 000
8 NISSAN PATROL 8 225 000

Les véhicules ne bénéficiant pas de la réduction flotte sont :

Véhicules (4b ; 4b ; 5 ; 8)

24
Prime réduite (2 à 10 véhicules 15%)
85 x (70 000 + 50 000 + 65 000 + 350 000) = 454 750
La prime à payer
454 750 + 200 000 + 165 000 + 25 000 + 225 000 = 1 069 750

1.3- Les règles applicables pour la suspension de la garantie


Si le contrat d’assurance automobile fait l’objet d’une suspension de garantie non
consécutive à un sinistre garantie et si cette suspension s’étend sur une période de quatre (04)
semaines au moins, l’assuré bénéficie d’une ristourne de prime égale au ¾ du prorata de prime
correspondant à la période de suspension ou d’un report d’échéance de la police d’une période
égale au ¾ de la période de suspension. Il est à préciser que la période de suspension ne saurait
excéder douze (12) mois. Toute suspension d’une durée supérieure entraîne automatiquement la
résiliation du contrat. Les primes échues restant acquises à l’assureur.

Exemple 1:
M. Jean assure son véhicule automobile auprès de la PHOTEL des assurances pour une durée d’un
an du 1er janvier 2005 au 31 décembre 2005 moyennant une prime nette de 150 000 F CFA.
Du fait de son départ à l’étranger (en mission), il suspend cette assurance à effet du 1er avril 2005 à
00h ; du retour de mission du 20 avril 2005 ; il demande à son assureur de remettre la garantie en
vigueur à effet du 21 avril 2005 à 12h.
M. Jean ne pourra bénéficier ni d’une ristourne de prime, ni de prorogation d’échéance de son
contrat en raison du fait que la suspension a duré moins de quatre (04) semaines consécutives.

Exemple 2:
M. Jean assure son véhicule auprès de la PHOTEL des Assurances pour une période d’un an
moyennant une prime nette de 150 000 F CFA.
Du fait de son départ en mission à l’étranger, il suspend cette assurance à effet du 1er avril 2005 à
00 heure, et demande une remise en vigueur à effet du 16 mai 2005.
Puisque la période de suspension excède 04 semaines, il y aura ristourne de prime ou report
d’échéance en faveur de M. Jean.

1) Ristourne de prime

25
(150 000 x 45/365) x ¾ = 13 870 F
2) Report d’échéance :
45 jours x ¾ = 33.75 = 34 jours
03 février 2006 (nouvelle échéance)
Exemple 3:
En supposant que la police de M. Jean est restée suspendue jusqu’au 31 décembre 2005 et
qu’il n’en a demandé la remise en vigueur qu’à compter du 1er février 2006 à 00h.
Quel montant lui ristournera-t-on ou quelle sera le report d’échéance que lui accordera
l’assureur ?
La période qui va servir à la détermination de la période de ristourne est du 1er avril 2005 au 31
décembre 2005, soit 275 jours.
1) Ristourne :
(150 000 x 275/365) x ¾ = 84 760 F
2) Report d’échéance :
275 x ¾ = 206 jours
Le contrat prend fin le 25 août 2006 à 00h.

1.4- La réduction ou majoration de la prime en fonction de la sinistralité (la clause bonus-


malus)
1. La bonification pour non sinistre (BNS ou Bonus)
a) Cas des polices mono-véhicule :
Dans ces cas, le bonus pour mono-véhicule (BNS) est accordé à la condition que :
 La police d’assurance n’a pas fait l’objet au cours de l’année d’assurance précédente d’une
suspension ayant entraînée une ristourne ou une prorogation de la date d’échéance ;
 L’assuré ne cause aucun sinistre mettant en jeu la garantie de l’assureur ;
 La police soit renouvelée.

Le renouvellement peut se faire auprès de l’assureur initial ou auprès d’un nouvel assureur ; le
BNS restant acquis dans tous les cas. Il suffit alors à l’assuré d’obtenir auprès de son ancien assureur
et de remettre à son nouvel assureur, une attestation de non-déclaration de sinistre. Le barème du
bonus peut se présenter de la manière suivante pour les polices mono-véhicule :
 10% de réduction à l’occasion du 1er renouvellement ;
 15% de réduction à l’occasion du 2ème renouvellement ;

26
 20% de réduction à l’occasion du 3ème renouvellement.
Ce dernier taux constituant souvent le maximum et est alors appliqué tant pour le 3ème
renouvellement que pour les suivants, pour autant que le souscripteur n’a pas encore causé de
sinistre en prenant la garantie de l’assureur. En cas de survenance d’un seul sinistre le souscripteur
perd totalement le bénéfice du bonus puisqu’il lui est appliqué au prochain renouvellement de son
contrat la prime prévue par le tarif sans aucune réduction.

Exemple :
Le véhicule de M. Jean est assuré à la PHOTEL des assurances aux conditions suivantes :
Du 1er/01/2005 au 31/12/2005

GARANTIES PRIME NETTE BNS


RC 60 000 6 000
Incendie 25 000 2 500
Vol 50 000 5 000
TOTAL 135 000 13 500

Au renouvellement : (01/01/2006 au 31/12/2006)


Prime nette = 135 000 – 13 500 = 121 500
b) Cas des polices Flottes
Dans ce cas, le BNS est calculé par la formule suivante :
BNS = 15% x P(v – s)/v
Dans cette formule :
P = somme des primes nettes, surprimes et prorata de primes encaissées au cours de l’année
écoulée ;
V = nombre de véhicules de la flotte ;
S = nombre de sinistres entraînant la garantie de l’assureur.
On obtient le facteur V, en faisant la moyenne arithmétique arrondie au chiffre supérieur du
nombre de véhicules assurés le 1er et le dernier jour d’assurance.

Exemple :
Si le nombre de véhicules assurés en début d’année est de 8 et si le nombre de véhicules assurés en
fin d’année d’assurance est 12 alors le facteur V de notre équation est :

27
V0 = 8 Vn = 12
V0 + Vn
= = (8 + 12) / 2 = 10
2
PN = 1 069 750 F CFA
BNS = 15% x 1 069 750 (10 – 0) = 160 462,5 arrondi à 160 463 10

PN = 1 069 750 – 160 463 = 909 288


PN = 909 288
Coût de police : 5 000
Taxes : 91 429
Prime Totale : 1 005 717

Paragraphe 2 : Les règles de tarification des garanties dommages


2.1- La tarification des garanties dommages proprement dits
Nous traiterons successivement les règles de tarification de la Tierce, de l’Incendie, du Vol
et des Bris de glaces.
La tarification de ces risques est assise sur les bases suivantes :
a. La prime applicable pour la couverture de ces risques est fonction de :
 L’usage, le taux de prime variant d’une catégorie d’usage à une autre ;
 La valeur neuve actualisée du véhicule dans le pays à l’intérieur duquel s’effectue
l’assurance. Il est précisé que si les véhicules de la même marque que le véhicule
sinistré ne sont pas commercialisés dans ce pays, la valeur neuve actualisée du véhicule
à assurer s’obtient par comparaison avec celle d’un véhicule d’une autre marque de
type sensiblement analogue. Si le véhicule assuré a fait l’objet de transformations
entraînant une augmentation de sa valeur, son assurance Tierce doit être basée sur sa
valeur neuve majorée du coût de ces transformations.

b. Le taux de prime appliqué pour l’assurance Tierce des remorques est généralement égal à
une certaine fraction (par exemple les 2/3) du taux de prime applicable pour l’assurance

28
Tierce des véhicules terrestres à moteur qui appartiennent à la même catégorie que le
véhicule tracteur.

c. L’assurance Tierce est souscrite avec une franchise obligatoire et éventuellement une
franchise facultative.

2.2- La tarification des autres garanties dommages


2.2.1- L’incendie
Sa tarification est basée sur les principes suivants :
a. La prime est fonction de :
 L’usage du véhicule ;
 La valeur vénale du véhicule estimée et déclarée par le souscripteur. Il est précisé à
ce titre que la règle proportionnelle est applicable en cas de sinistre si la valeur
vénale est supérieure à la valeur assurée.
Par ailleurs, si le véhicule fait l’objet de transformations entraînant une
augmentation de sa valeur vénale, la valeur d’assurance à déclarer doit être
augmentée du coût de ces transformations.
b. Les véhicules des catégories 2, 3 et 4 peuvent transporter des matières inflammables
(essence, gasoil, etc.) sans surprime pour la garantie du risque Incendie, à la condition que la
quantité transportée y compris l’approvisionnement de carburant nécessaire au moteur du
véhicule tracteur n’excède pas 500 kilogrammes ou 600 litres. Au-delà de cette quantité,
une surprime est applicable tant sur les véhicules que sur les remorques. L’arrêté susvisé
fixait cette surprime à 100% de la prime Incendie.
c. Lorsque l’on assure contre l’incendie un véhicule immobilisé au garage, l’on applique un taux
de prime réduit par rapport au taux de prime dû pour l’assurance Incendie d’un véhicule
soumis à des conditions ordinaires d’utilisation.

2.2.2- Le vol
Ce risque est tarifié sur la base des principes suivants :
a. Sa prime est fonction de :
 L’usage du véhicule ;
 La valeur vénale estimée et déclarée par le souscripteur.

29
L’on notera à ce titre que la règle proportionnelle est applicable, si à l’occasion d’un
sinistre, il est constaté que la valeur assurée est inférieure à la valeur vénale.
Par ailleurs, si un véhicule subit des transformations qui entraînent une augmentation
de sa valeur vénale, sa valeur d’assurance doit être augmentée du coût de ces transformations pour
que l’assuré ne soit pas passible de la règle proportionnelle.
b. L’assurance Vol des véhicules immobilisés au garage se fait moyennant un taux de prime
réduit par rapport à celui dont sont passibles les véhicules soumis à des conditions
d’utilisation ordinaire.

2.2.3- Les bris de glaces


La tarification de ce risque est fonction de la valeur neuve actualisée du véhicule assuré.
La prime Bris de glaces s’obtient en multipliant le taux de prime correspondant par la valeur neuve
actualisée du véhicule.

Les règles de tarification des garanties complémentaires :


Les garanties complémentaires de la garantie de la RC automobile ou des garanties
« Dommages » sont accordées en contrepartie de surprimes spécifiques qui viennent s’ajouter à la
prime du risque de base.

2.3. Le décompte de la prime totale


Nous parlerons d’abord des composantes de la prime puis de la détermination du montant
de la prime totale.
LES COMPOSANTES DE LA PRIME
La prime d’assurance automobile se compose de la prime nette, des coûts de police et des
taxes.
2.3.1. La prime nette
C’est celle qui figure sur le tarif. La prime nette applicable à un contrat d’assurance
automobile déterminé s’obtient en additionnant les primes nettes afférentes aux différentes
garanties souscrites. Ainsi par exemple, si un véhicule est assuré en Responsabilité Civile, en
Incendie et en Vol, nous avons :
Prime nette RC
+ Prime nette Incendie

30
+ Prime nette Vol
= Prime nette totale de la police
Il en découle que la prime nette est d’autant plus importante que la garantie souscrite
est large.

2.3.2. Les coûts de police (ou accessoires de prime)


Ils sont ajoutés à la prime nette en vue de la couverture des frais de gestion du contrat,
en particulier les frais de déplacement, de correspondances, les matières et fournitures, la main
d’œuvre, etc.
Les coûts de police sont généralement perçus sur la base de barèmes confectionnés par
les différentes entreprises d’assurances, leur montant variant généralement en fonction de la prime
nette.

Nous présentons ci-après un exemple de barème des coûts de police :

MONTANTS DE LA PRIME NETTE COUTS DE POLICE


Jusqu’à F CFA 10 000 1 500
F CFA 10 001 – 50 000 2 000
F CFA 50 001 – 100 000 2 500
F CFA 100 001 – 500 000 5 000
Au-delà de F CFA 500 000 10 000

2.3.3. La taxe sur le contrat d’assurance (TUCA)


Elle est perçue par les entreprises ou les intermédiaires d’assurance et reversée ensuite
à l’Etat. Elle est calculée en appliquant son taux au montant de la prime nette majorée du coût de
police. Elle s’obtient donc à l’aide de la formule :
Taxe sur le contrat d’assurance = (Prime nette + coûts de police) x taux de la taxe sur le contrat
d’assurance.

LA DETERMINATION DE LA PRIME TOTALE

31
Elle se fait différemment selon que la prime est due par le souscripteur ou qu’il s’agit
d’une ristourne de prime.
 Lorsque la prime est due par le souscripteur
Dans ce cas, la prime totale s’obtient en additionnant les différentes composantes de la prime, d’où
la formule suivante :
Prime nette RC
+ Coûts de police
+ Taxe sur le contrat d’assurance
= Prime TTC de la police
Exemple :
M. Jean est titulaire d’une police d’assurance automobile souscrite auprès de la « PHOTEL des
Assurances » pour une durée d’un an du 1er avril N au 31 mars N + 1.
a) Les caractéristiques du véhicule assuré sont les suivantes :
- Marque et type : Peugeot 405SR ;
- Usage : Tourisme ;
- Puissance : 7 CV ;
- Source d’énergie : Essence ;
- Nombre de places : 05 ;
- Année de 1ère mise en circulation :N–2;
- Valeur vénale : 2 000 000 F CFA ;
- Valeur neuve actualisée : 6 000 000 F CFA.
b) Les garanties souscrites sont les suivantes :
- Responsabilité Civile ;
- Tierce Complète ;
- Incendie ;
- Vol.
c) Le tarif automobile de la « PHOTEL des Assurances » prévoit les dispositions suivantes pour
l’assurance des véhicules de la 1ère catégorie :
 Responsabilité Civile :
Puissance (CV) Primes nettes

Essence Diesel

Jusqu’à 3 Jusqu’à 2 45 000

32
4–7 3–5 58 000
8 - 12 6–9 75 000
13 - 17 10 – 15 84 000
Au-delà de 17 Au-delà de 15 95 000

 Les taux de primes applicables pour la couverture des autres risques sont les suivants :
- Tierce complète : 10% ;
- Incendie : 0,50% ;
- Vol : 0,60% avec un minimum de 15 000 F CFA
d) Le barème des accessoires de la « PHOTEL Assurances » se présente comme suit :
Primes nettes (F CFA) Accessoires (F CFA)
Jusqu’à 10 000 1 500
10 001 – 50 000 2 500
50 001 – 500 000 5 000
Au-delà de 500 000 10 000

e) La taxe sur le contrat d’assurance est calculée au taux de 7,50% du montant de la prime nette
majorée de celui des accessoires.
Sur la base des données ci-dessus, la prime totale due par M. Jean se détermine de la manière
suivante :
Garanties Primes
 Responsabilité Civile ………………………………………………………… 58 000
 Tierce complète (6 000 000 x 10%) ………………………………….. 600 000
 Incendie (2 000 000 x 0,50%) …………………………………………… 10 000
 Vol ………………………………………………………………………………….. 15 000 (Minimum)
 Prime nette …………………………………………………………………….. 683 000
 Coûts de police ……………………………………………………………….. 10 000
 Taxe sur le contrat d’assurance (683 000 + 10 000) x 7,50% 51 975
 Prime totale ……………………………………………………………………. 744 975

 Cas de ristourne de prime


Dans ce cas, les accessoires de primes n’étant pas remboursables, la prime totale à
ristourner s’obtient par la formule suivante :
Prime nette à ristourner
+ Taxe sur le contrat d’assurance
= Prime Totale à ristourner

33
Exemple :
Reprenons l’exemple précédent en considérant le fait que le 31 janvier N + 1, M. Jean vend son
véhicule et demande la résiliation de son contrat d’assurance à la même date. La « PHOTEL
Assurances » doit alors lui ristourner une prime totale de 122 370 francs CFA conformément au
décompte ci-après :

Prime nette à ristourner (683 000 x 2)/12 = 113 833


Taxe sur le contrat d’assurance (113 833 x 7,50% = 8 537
Prime totale à ristourner 122 370

TRAVAUX DIRIGES : exemple de tarification


Mme KANE, Directrice Générale de la société béninoise de commercialisation de métaux précieux
(diamant, or, argent, etc.) dispose dans sa flotte d’un nombre impressionnant de véhicules à la
mesure de sa grosse fortune.
La liste des véhicules de la flotte figure à l’annexe de l’épreuve.
Au 1er janvier 2002, elle s’adresse à vous pour souscrire à une assurance RC obligatoire, quel sera le
montant qu’elle devra payer au titre de sa prime RC automobile ?
Le 05 juin 2002, elle incorpore dans la flotte, une ambulance et une niveleuse dont les primes RC
s’élèvent à 210 000 francs CFA.
Par ailleurs, elle a au cours de la même année enregistré trois accidents sur les véhicules de la
flotte, quel sera le montant qu’elle payera au renouvellement de sa police au 1er janvier 2003 ?

ANNEXE : liste des véhicules de la flotte de Mme KANE


N° USAGE
MARQUES & TYPES PRIME RC (prime nette)
D’ORDRE (CATEGORIE)
1 Honda CG 125 5 45 000
2 Mercedes 230 1 150 000
3 Peugeot 607 8 325 000
4 Peugeot 4 x 4 bâchée 2 75 000
5 Toyota Corolla 4 200 000
6 Lada 3000 1 85 000
7 Mitsubishi Galant 1 80 000
8 Berliet 960 3 275 000
9 Toyota KE 70 4 200 000
10 Primera 2.0 1 80 000
11 Mate 50 5 35 000

34
12 Mercedes 190 7 300 000
13 Peugeot 504 familiale 10 150 000
14 Nissan 4 x 4 6 165 000
15 Peugeot 307 8 185 000
16 Peugeot 407 1 85 000

Tableau des réductions flottes


2 - 10 véhicules ……………………………………………………………………………… 10%
11 – 20 véhicules …………………………………………………………………………. 20%
21 – 30 véhicules ………………………………………………………………………….. 25%
31 – 40 véhicules …………………………………………………………………………… 30%

CHAPITRE IV :
LA FINALISATION DU CONTRAT D’ASSURANCE AUTOMOBILE

SECTION 1 : LA CONCLUSION DU CONTRAT D’ASSURANCE AUTOMOBILE


Paragraphe 1 : La formation du contrat d’assurance automobile

1. La souscription directe de police d’assurance


LA PROPOSITION D’ASSURANCE
C’est un document au moyen duquel le proposant demande à l’assureur une assurance
conformément au type de garantie auquel il aspire (Capitaux assurés, durée du contrat, etc.).
La proposition d’assurance constitue une offre de contracter émanant du proposant et
s’adressant à l’assureur, de telle sorte que le proposant a la possibilité de la retirer et ce faisant, de
rompre les pourparlers engagés, si elle n’a pas encore reçu l’accord de l’assureur. En effet, selon
l’article 6, 1er alinéa du Code CIMA, (article 7, 1er alinéa de la loi du 13 juillet 1930), la proposition
d’assurance n’engage ni l’assuré, ni l’assureur, la police et la note de couverture constatant seules
leur engagement réciproque.

35
La proposition d’assurance se présente généralement sous la forme d’un imprimé
comportant un questionnaire au moyen duquel l’assureur recueille auprès du proposant les
renseignements dont il a besoin pour la souscription du contrat.
L’on note l’utilisation de plus en plus courante par les entreprises d’assurance de « devis
propositions » qui sont des propositions d’assurance qui comportent un endroit où l’assureur indique
la prime due par l’assuré en contrepartie des garanties qu’il sollicite. L’utilisation de « devis
propositions » présente les avantages suivants :
 Le proposant peut retirer sa proposition et s’adresser à un autre assureur s’il estime
que la prime qui lui est demandée est très élevée ;
 L’indication de la prime d’assurance sur la proposition contribue à la perfection du
contrat d’assurance compte tenu de la nécessité d’un accord non seulement sur la
chose (ici les garanties), mais également sur son prix (la prime d’assurance).

1.2- LE CONSENTEMENT DE L’ASSUREUR


L’acceptation par l’assureur de la proposition d’assurance remplie par le proposant entraîne
la conclusion du contrat. Cette acceptation peut se faire par les moyens suivants :

 L’envoi d’un message au proposant :


Ce message peut être envoyé par lettre, télex, télégramme etc. Il est précisé cependant que
si le message ne comporte pas un accord sans réserve de l’assureur, notamment s’il suggère
des modifications de certaines données contenues dans la proposition d’assurance ou
contient des réserves, il ne peut être considéré comme véhiculant le consentement de
l’assureur. En effet, de telles situations ouvrant la voie à des négociations dont résultera en
définitive l’accord des parties et partant la conclusion du contrat.
 L’encaissement sans réserve d’une prime d’assurance
Ce fait constitue une manifestation de l’acceptation par l’assureur de l’offre de l’assuré dans
la mesure où il constitue la manifestation de son accord pour l’octroi d’une garantie en contrepartie
de la prime versée.

 La délivrance d’une note de couverture

36
La note de couverture est un document provisoire constatant l’existence d’une garantie en
attendant l’établissement de la police d’assurance.
Elle est généralement établie pour une période de validité d’un mois. Il en résulte qu’elle ne
peut pas entraîner seule l’accord définitif de l’assureur, cet accord nécessitant dans le cas où seule
la note de couverture a été délivrée :
 Soit l’acceptation sans réserve d’une prime d’un montant supérieur à la période de
validité de la note de couverture ;
 Soit l’envoi de conditions particulières pour signature au souscripteur.

1.3 - LA POLICE D’ASSURANCE


Dans le but d’éviter des contestations sur la date de l’accord des parties, compte tenu du
caractère essentiellement consensuel du contrat d’assurance, les polices d’assurance d’une manière
générale et les polices d’assurance automobile en particulier sont souvent assorties de clauses qui
en subordonnent la perfection à leur signature par l’assuré.
Cette disposition trouve également son fondement dans le fait que les lettres de
cotations ou les notes de couverture ne contiennent généralement que des informations qu’il est
coutume d’insérer dans les conditions particulières (garanties, franchises, prime, durée du contrat,
etc.), cependant que la plupart des clauses contractuelles se retrouvent au niveau des conditions
générales et dans les conventions spéciales et ne peuvent donc pas être connues de l’assuré tant
qu’il n’est pas en possession de la police d’assurance.

2. La souscription indirecte

Lorsque le contrat d’assurance est souscrit à travers un intermédiaire (agent général ou


courtier d’assurance par exemple), le consentement de celui-ci agissant comme mandataire de
l’assureur engage ce dernier.

L’agent général
Il est le mandataire de la compagnie d’assurance. Le traité de nomination conclu avec cette
dernière et qui lui confère cette qualité lui donne généralement des pouvoirs de souscription en
définissant éventuellement les limites. Le fait que l’agent général outrepasse ces limites n’est pas,
en vertu de la « théorie du mandat apparent », opposable à l’assuré de bonne foi qui n’a aucune
raison particulière de douter du fait que l’agent général représente valablement la compagnie
d’assurance.

37
Il n’en reste pas moins vrai cependant qu’en ne respectant pas le traité de nomination,
l’agent général engage sa responsabilité vis-à-vis de la compagnie qui peut exiger la réparation de
tout préjudice qui lui est causé par cette situation.

Le courtier
Il est le mandataire de son client. Il est cependant de pratique courante que la compagnie
d’assurance délègue dans certaines limites des pouvoirs de souscription à certains courtiers,
notamment en leur donnant l’autorisation d’établir certains contrats et en leur remettant à cet
effet, les documents nécessaires comportant leurs en-têtes.
Une telle autorisation confère au courtier la qualité de mandataire apparent de la
compagnie de telle sorte que son consentement engage cette dernière.

Paragraphe 2 : L’intervention du bureau central de tarification


Nous examinerons la vocation de cet organisme et la procédure de mise en œuvre de son
[Link] coordonnées du BCT sont : Bureau central de tarification 1, rue Jules Lefebvre, 75009
Paris [Link]

2.1- LA VOCATION DU BUREAU CENTRAL DE TARIFICATION


Elle consiste à permettre à tout souscripteur d’une assurance automobile dont le contrat
est résilié et qui ne trouve pas d’autre compagnie acceptant de l’assurer d’obtenir au moins la
garantie des risques soumis à l’obligation d’assurance automobile.
La nécessité de cet organisme se justifie par celle de sortir les assurés de l’impasse qui peut
résulter pour eux de la conjonction de la faculté de résiliation des contrats par l’assureur (après
sinistre ou à l’échéance) et à l’obligation d’assurance automobile à laquelle ils sont soumis.

2.2- LA COMPOSITION DU BUREAU


 Un représentant du ministre des finances ayant la qualité de Président du Bureau ;
 Un représentant du ministre chargé de l’administration territoriale,
 Un représentant du ministre chargé des transports,
 Un magistrat proposé par le ministre de la justice,
 Un représentant de la Caisse Nationale de Réassurance,
 Trois représentants des sociétés d’assurance pratiquant l’assurance automobile ;

38
 Deux représentants des personnes soumises à l’obligation d’assurance automobile
choisis sur une liste de personnes proposée par la chambre de commerce ;
 Le chef de service du contrôle des assurances qui est un membre permanent du bureau
dont il assura le secrétariat et qui reçoit et prépare les dossiers destinés au bureau.

2.3- LA SAISINE DU BUREAU CENTRAL DE TARIFICATION


Toute personne dont le contrat a été résilié et qui ne trouve pas d’assureur acceptant
volontairement de l’assurer doit saisir la compagnie d’assurance de son choix et retirer auprès d’elle
le modèle de proposition d’assurance destiné à la saisine de Bureau Central de Tarification. Elle doit
ensuite remplir cette proposition et demander à l’assureur un devis en fonction des informations
contenues dans la proposition d’assurance. L’assureur est tenu de faire ce devis sur la base de son
tarif tel qu’il a été communiqué au ministre chargé de la tutelle de l’industrie des assurances.
La proposition et le devis sont alors remis au siège de l’entreprise d’assurance contre
récépissé ou lui sont envoyés par lettre recommandée avec accusé de réception.
Si l’assureur refuse la proposition, le proposant peut saisir le Bureau Central de Tarification.
Cette saisine doit avoir lieu sous peine d’irrecevabilité dans un délai de 15 jours à compter du refus
de l’assureur (article 3, alinéa 3 du Décret n°65-DF- 566 du 29 décembre 1965).
Il est précisé par ailleurs que l’on assimile à un refus de l’assureur selon l’article 2 du même
décret :
 Son silence pendant une période de plus de huit jours après qu’il a reçu la proposition
d’assurance ;
 Ou la subordination de la prise en charge du risque à la couverture de risques non visés
par l’obligation d’assurance automobile.
Lorsque le Bureau Central de Tarification est saisi, il fixe le montant de la prime et
éventuellement celui de la franchise en tenant compte du tarif de l’assureur qui a été saisi par le
proposant. Il peut préalablement à cette tarification demander des informations complémentaires
au proposant ou à ses précédents assureurs.

Paragraphe 3 :Le paiement de la prime


Nous examinerons d’abord les principes qui gouvernent ce paiement, puis les actions
auxquelles donne lieu le défaut de paiement de la prime.
Les règles régissant le paiement de la prime

39
Pour cerner ce point, nous allons répondre aux questions suivantes :
 Qui doit payer la prime ?
 Auprès de qui le paiement doit-il être effectué ?
 A quel endroit ?
 A quel moment ?
 Comment la prime est-elle payée ?

1. Sur qui pèse la charge du paiement de la prime ?


Il appartient au souscripteur de payer la prime, étant donné que par définition, il est la personne qui
prend l’initiative du contrat d’assurance et s’engage à en payer le prix.
La prime peut cependant être payée également par toute personne qui y a intérêt (le propriétaire
par exemple, ou le conducteur autorisé du véhicule), ou même par toute personne payant en
acquit du souscripteur, sans justifier d’un intérêt quelconque à l’assurance, en vertu de l’article
1236 du Code Civil.

2. A qui la prime doit-elle être payée ?


Dans certains pays, la France par exemple, la prime doit être payée entre les mains de l’assureur ou
de son mandataire, l’agent général par exemple. Dans ce dernier cas, le paiement est considéré
comme ayant été effectué directement auprès de l’assureur.
Si par contre le paiement est effectué auprès d’un courtier, il n’est libératoire pour l’assuré que
lorsque les fonds ainsi collectés Sont reversés à l’assureur, sauf si le courtier a reçu le pouvoir
d’encaisser la prime, c'est-à-dire par exemple :
 Si l’avis d’échéance envoyé au souscripteur par le courtier est au nom de l’assureur ou si la
quittance qu’il lui a remise est signée par lui ;
 Si le contrat présente le courtier comme un agent général dans la mesure où une telle
situation est susceptible de faire croire au souscripteur que le courtier est habilité à
encaisser les primes pour le compte de la compagnie.
Dans les pays de la CIMA, le mandataire (agent général ou courtier) doit justifier d’un mandat écrit
l’autorisant à percevoir les primes pour le compte de l’assureur (article 13, 1er alinéa du Code
CIMA).

40
3. A quel endroit la prime doit-elle être payée ?
Selon l’article 16, alinéa1 de la loi du 13 juillet 1930, « Exception de la première, les primes sont
payables au domicile de l’assuré ou tout autre endroit convenu ».
Cette disposition posait donc le principe de la portabilité de la première prime et de la quérabilité
de toutes les primes suivantes. Mais compte tenu de nombreux inconvénients qu’entraînant cette
disposition pour les compagnies, et notamment l’importante augmentation des frais généraux en
découlant et la difficulté de rentrer en contact avec certains souscripteurs qui était de nature à
favoriser l’augmentation des impayés, certains pays ont supprimé cette disposition et rendu toutes
les primes portables.
En ce qui concerne le Code CIMA, il pose le principe de la portabilité de la prime. En effet, selon
l’article 13, 1er alinéa de ce code, la prime est payable au domicile de l’assureur ou du mandataire
désigné par lui à cet effet.

4. Quand la prime doit-elle être payée ?


La prime est payable au domicile de l’assureur ou de l’intermédiaire dans les conditions prévues à
l’article 541 du code CIMA.
La prise d’effet du contrat est subordonnée au paiement de la prime par le souscripteur. Il est
interdit aux entreprises d’Assurance, sous peine des sanctions prévues à l’article312, de souscrire
un contrat d’Assurance dont la prime n’est pas payée ou de renouveler un contrat d’Assurance
dont la prime n’a pas été payée. Par dérogation au principe énoncé ci-dessus un délai maximum
de paiement de soixante jours à compter de la date de prise d’effet ou de renouvellement du
contrat peut être accordé au souscripteur, pour les risques dont la prime du contrat excède
quatre-vingt fois le SMIG annuel du pays de localisation à l’exception des contrats des branches
Automobile, Maladie et Marchandises transportées. Toutes fois le souscripteur devra signer un
engagement express à payer la prime du contrat avant l’expiration du délai prévu. Lorsque
l’engagement express de payer la prime est matérialisé par un effet de commerce, le terme
maximum stipulé ne peut excéder le délai de 60 jours ci-dessus. A défaut de paiement de la prime
dans le délai convenu, le contrat est résilié de plein droit. La portion de prime courue reste acquise
à l’assureur, sans préjudice des éventuels frais de poursuite et de recouvrement. Les dispositions
ci-dessus ne s’appliquent pas aux risques de l’Etat et de ses démembrements pour lesquels la

41
commission régionale de contrôle des Assurances(CRCA) fixe à cent quatre-vingt (180) jours à
compter de la date de prise d’effet ou de renouvellement du contrat le délai maximum de
paiement de toute prime d’assurance. Par Etat et ses démembrements, on entend les services et
organismes assujettis au régime juridiques de la comptabilité publique.

5. Comment la prime doit-elle être payée ?


La prime est payable :
En espèces, par chèque, virement ou mandat postal :
En ce qui concerne le chèque, il n’a valeur de paiement en règle générale que dès son
encaissement, en d’autres termes lorsque le compte du bénéficiaire est crédité de son mandat.
Mais la jurisprudence et la doctrine ont admis le fait qu’en ce qui concerne le paiement des
primes d’assurance, la remise du chèque produit les mêmes effets que le paiement en espèces
en ce qui concerne la prise d’effet du contrat ou la remise en vigueur de la garantie. Cette
disposition vise à éviter de faire dépendre la prise d’effet du contrat ou la remise en vigueur de
la garantie de la seule diligence de l’assureur (dans la remise du chèque à la banque par
exemple) ou celle du banquier (dans la remise du chèque à l’encaissement par exemple),
compte tenu de l’importance des préjudices que leurs retards seraient alors susceptibles
d’entraîner notamment pour les souscripteurs, les assurés et les bénéficiaires de contrats
d’assurance.

SECTION 2 : LA PREUVE ET LA PRESOMPTION DU CONTRAT D’ASSURANCE AUTOMOBILE


Paragraphe 1 : Les moyens de preuve
Avant le Code CIMA, en dépit du fait que le contrat est parfait dès qu’il est conclu entre
les parties, les polices d’assurance contenaient généralement une clause situant la prise d’effet de
l’assurance au lendemain à midi du jour du paiement de prime. Cette clause se justifiait par la
difficulté de savoir à quel moment exactement le contrat avait été signé par les parties, en même
temps qu’elle soulignait le caractère synallagmatique des contrats d’assurance dont il découle que
le règlement des sinistres par l’assureur n’est dû qu’en contrepartie du paiement de la prime. Le
Code CIMA confirme et même systématise cette pratique. En effet, selon le 2ème alinéa de l’article
13 de ce code, la prise d’effet de la garantie est subordonnée au paiement de la prime par l’assuré.
Ce paiement entraîne donc la prise d’effet immédiate de la garantie et non plus le lendemain à midi
de sa réalisation. A défaut de paiement de la prime dans le délai convenu, le contrat est résilié de

42
plein droit. La portion de prime courue reste acquise à l’assureur, sans préjudice des éventuels frais
de poursuite et de recouvrement.

1. Les moyens de preuve


Il s’agit de la police d’assurance et de la note de couverture d’une part, et du paiement
des primes échues d’autre part.

1.1. La police d’assurance


D’une manière générale, la preuve du contrat d’assurance se fait au moyen de la police
d’assurance ou de la note de couverture, ces documents constatant seuls l’engagement réciproque
de l’assureur et de l’assuré (article 7, 1er alinéa de la loi du 13 juillet 1930), le contrat d’assurance
doit être rédigé par écrit en caractères apparents.
Il résulte des deux dispositions précédentes que la preuve du contrat d’assurance doit
se faire par écrit.
Il convient de préciser cependant que le caractère probant de la police ou de la note de
couverture ne disparaît que si le contrat a été suspendu ou résilié et si l’assureur est en mesure d’en
apporter la preuve.

1.2. La note de couverture


La rédaction de la note de couverture n’étant pas soumise à de quelconques conditions
de forme, tout document émanant de l’assureur précisant au moins qu’il a trait à l’assurance
automobile, la date de prise d’effet et la date d’expiration ou la période de la garantie revêt le
caractère de note de couverture.

LA PREUVE ET LA PRESEOMPTION DU CONTRAT D’ASSURANCE AUTOMOBILE


Il existe des moyens de preuve et des moyens de présomption du contrat d’assurance
automobile.
2. Les documents de présomption de l’assurance
Entraînent une présomption d’assurance les documents suivants :
2.1 L’attestation et le certificat d’assurance
L’attestation d’assurance se présente généralement sous la forme d’un papier de forme
rectangulaire. Elle doit être présentée aux autorités de police à toute réquisition.

43
Le certificat d’assurance est un document apposé sur le véhicule pour justifier
l’existence d’une assurance le garantissant. Le certificat d’assurance entraîne une présomption
d’assurance au même titre que l’attestation d’assurance automobile.
Allant dans le même sens, le deuxième alinéa de l’article 213 du Code CIMA dispose que
la présomption de satisfaction à l’obligation d’assurance automobile est établie par la présentation
au personnel compétent de la police, de l’attestation ou du certificat d’assurance. Ces deux pièces
forment un même document, le certificat d’assurance qui doit obligatoirement être apposé sur le
véhicule étant détachable de l’attestation d’assurance qui est conservée par le propriétaire du
véhicule.
Selon l’article 215 du Code CIMA, la présomption de satisfaction à l’obligation
d’assurance automobile qui résulte de la production de l’attestation ou du certificat d’assurance
automobile n’est valable que pendant la période d’assurance mentionnée sur ces documents. Elle
ne se prolonge donc pas au-delà de l’expiration de la période de validité de l’assurance.
Le Code CIMA pose le principe selon lequel tout conducteur d’un véhicule terrestre à
moteur doit être en mesure de produire l’une des deux pièces ci-dessus (article 213, 1er alinéa). Il
prévoit cependant qu’à défaut de ces pièces, la justification de la souscription d’une garantie de
responsabilité civile automobile peut être fournie aux autorités judiciaires par tous autres moyens
(article 213, 4ème alinéa du Code).
Le Code CIMA édicte par ailleurs les règles communes et les règles spécifiques suivantes
en ce qui concerne l’élaboration de l’attestation et du certificat d’assurance automobile.

a) Les règles communes relatives à la préparation des attestations et des certificats d’assurance
Il s’agit des règles suivantes :
 Chacun de ces documents doit être délivré sans frais par l’entreprise d’assurance pour
chacun des véhicules assurés, à l’exception des remorques qui n’entraînent pas
l’établissement d’un certificat d’assurance ;
 Si le contrat d’assurance couvre à la fois un véhicule terrestre à moteur et ses
remorques ou semi-remorques, l’on peut délivrer une seule attestation et un seul
certificat d’assurance pour l’ensemble de ces engins, à la condition que chacun de ces
documents mentionne le type de remorques ou de semi-remorques susceptibles
d’être attelées au véhicule de même que leurs numéros d’immatriculation le cas
échéant ;

44
 Lorsque le contrat d’assurance couvre les professionnels de la réparation, de la vente et
du contrôle des véhicules automobiles, le nombre d’attestations et de certificats
d’assurance doit être celui qui est prévu par la police d’assurance. Il est précisé
cependant qu’il est généralement délivré une attestation et un certificat d’assurance
par carte grise « W.G ».
 L’attestation et le certificat d’assurance doivent être délivrés dans un délai de 15 jours à
compter de la souscription du contrat et être renouvelés à l’occasion du paiement des
primes ou des portions de primes subséquentes.
 Si l’entreprise d’assurance ne peut pas délivrer ces documents immédiatement à la
souscription ou en cours de contrat, elle doit délivrer sans frais une attestation et un
certificat d’assurance provisoires qui établissent une présomption d’assurance de
responsabilité pour la période qui s’y trouve indiquée, étant précisé toutefois que leur
période de validité ne saurait excéder un mois. Ces documents provisoires doivent être
établis en autant d’exemplaires que les documents justificatifs auxquels ils ont été
substitués.
 L’attestation provisoire d’assurance doit comporter les informations suivantes :
 La dénomination et l’adresse de l’entreprise d’assurance ;
 Les nom, prénom et adresse du souscripteur du contrat ;
 La nature et le type du véhicule, ou en ce qui concerne les contrats
d’assurance mentionnés à l’article 201 (c'est-à-dire ceux couvrant les
professionnels de la réparation, de la vente et du contrôle des véhicules
automobiles), la profession du souscripteur ;
 La période pendant laquelle elle est valable ;
 La forme des documents justificatifs de la présomption du respect de l’obligation
d’assurance automobile y compris celle des documents provisoires correspondants,
notamment leurs dimensions et leurs couleurs sont arrêtées par la commission de
contrôle des assurances.
 En cas de perte ou de vol de l’attestation ou du certificat d’assurance, y compris lorsque
ces événements adviennent aux documents provisoires, l’assureur en délivre un
duplicata à la demande justifiée du souscripteur du contrat.

b) Les règles spécifiques relatives à la préparation des attestations et des certificats d’assurance

45
Elles concernent les mentions devant figurer sur ces documents de même que les
documents qui leur sont substitués pour le cas des véhicules non assujettis à l’obligation
d’assurance automobile :

 S’agissant des mentions que doivent contenir ces documents le 4ème alinéa de l’article 214
du Code CIMA prévoit pour l’attestation d’assurance :
 La dénomination et l’adresse de l’entreprise d’assurance ;
 Les nom, prénom et adresse du souscripteur du contrat ;
 Le numéro de la police d’assurance ;
 La période d’assurance correspondant à la prime ou portion de prime payée ;
 Les caractéristiques du véhicule, notamment son numéro d’immatriculation ou à défaut
et s’il y a lieu, le numéro du moteur ;
 Dans le cas des professionnels de la réparation, de la vente et du contrôle des véhicules
automobiles, la profession du souscripteur ;
 Les noms des pays sur le territoire desquels la garantie contractuelle s’applique.

2.2 La Carte Brune CEDEAO


Elle est fournie par les compagnies d’assurance à leurs assurés.
Les agents de police des Etats membres doivent s’assurer que tous les automobilistes qui
traversent leurs frontières sont munis d’une Carte Brune en état de validité.
La Carte Brune CEDEAO est signée par l’assureur. Elle est faite selon un modèle
uniforme qui est arrêté par le Conseil des Bureaux. Elle mentionne notamment le nom et l’adresse
du Bureau National par lequel elle a été émise, le nom de la compagnie qui assure le véhicule,
l’identification de ce dernier, l’identité de l’assuré, la période de validité de la Carte Brune, la liste
des pays dans lesquels elle est valable.
La Carte Brune CEDEAO couvre la responsabilité civile de son titulaire conformément
aux lois de chaque pays membre du système de la Carte Brune où il se rend. Elle vaut attestation
d’assurance sur le territoire des pays membres et sa présentation peut être exigée pour la
circulation à l’intérieur de ces pays ou à leurs frontières.
La Carte Brune CEDEAO a pour base juridique, technique et financière les garanties de la
police d’assurance souscrite auprès d’une entreprise agréée pour pratiquer les opérations

46
d’assurance dans le pays d’origine de l’automobiliste qui se rend dans un autre pays membre de la
CEDEAO. Elle ne produit d’effet que s’il existe une telle police d’assurance, et si sa garantie est
valable pendant la période de validité de la Carte Brune. Cependant nonobstant les termes de cette
police, cette Carte procure toutes les garanties exigées par la législation du pays où l’accident est
survenu, en ce qui concerne l’obligation d’assurance automobile. En particulier les conditions et
limitations de la police d’assurance de base restent valables à la condition qu’elles ne soient pas
interdites par la législation du pays membre où l’accident est survenu.
Lorsque l’assurance automobile n’est pas obligatoire dans un pays signataire du
Protocole d’Accord portant création de la Carte Brune CEDEAO, s’il survient un accident dans ce
pays, cette Carte couvre la responsabilité civile de l’automobiliste telle qu’elle résulte de la
législation et de la réglementation générale en vigueur dans ce pays, et telle que cette législation et
cette réglementation sont interprétées et appliquées par les autorités judiciaires ou administratives
locales.
Les 14 pays d’Afrique de l’Ouest adhérant au système de la Carte Brune CEDEAO qui a
été créé le 29 mai 1982 à Cotonou (République du Bénin) sont le Bénin, le Burkina Faso, la Côte
d’Ivoire, la Gambie, la Guinée Conakry, le Ghana, la Guinée Bissau, le Libéria, le Mali, le Niger, le
Nigéria, le Sénégal, la Sierra Léone et le Togo.

2.3 La Carte Rose CEMAC


Comme la Carte Brune CEDEAO, il s’agit d’une Carte Internationale d’assurance. Elle est
obligatoire dans les Etats CEMAC. Le système international d’assurance Carte Rose CEMAC a pour
but de permettre à tout automobiliste qui se rend dans un autre pays membre de la CEMAC, d’être
convenablement couvert au titre de sa responsabilité civile du fait de dommages qu’il peut causer à
des tiers suite à des accidents de la circulation survenant dans ces pays.
Elle est composée d’une attestation de couleur rose et d’un timbre détachable et auto
collant qui doit être apposé sur l’attestation d’assurance automobile. La Carte Rose est délivrée par
l’assureur de la responsabilité civile automobile en même temps que l’attestation et le certificat
d’assurance.
L’attestation d’assurance automobile munie du timbre de la Carte Rose doit être
présentée à toute réquisition par le conducteur du véhicule automobile, aux agents de force de
l’ordre, conformément aux dispositions de l’article 213 du Code CIMA en rapport avec la
présentation des documents justificatifs du respect de l’obligation d’assurance de la responsabilité

47
civile automobile. La Carte Rose CEMAC a un statut et des bases analogues à ceux de la Carte Brune
CEDEAO.
Ainsi :
 Elle mentionne notamment le nom et l’adresse du Bureau National qui l’a émise, le nom
de la société d’assurance qui assure le véhicule, le numéro de la police ou de l’avenant et
leurs dates, l’identité de l’assuré, l’identification du véhicule et sa catégorie, la période de
validité de la Carte Rose, son numéro d’ordre, les pays où elle est valable, les noms des
Bureaux Nationaux de ces pays auprès desquels l’assuré devra faire une déclaration en cas
de sinistre, ainsi que leurs adresses ;

 Elle est signée par l’assureur et par l’assuré et elle vaut attestation d’assurance soit à
l’intérieur, soit aux frontières des Etats membres ;

 Elle est basée sur la police d’assurance souscrite par l’assuré auprès d’une entreprise
agréée pour pratiquer les opérations d’assurance dans le pays d’origine de l’automobiliste
et elle ne produit d’effet que s’il existe une telle police d’assurance, et si sa garantie est
valable pendant la période de validité de la Carte Rose. Cependant, nonobstant les termes
de cette police, elle couvre la responsabilité civile de l’assuré conformément à la
législation du pays adhérent dans lequel il se rend. En particulier, les conditions et
limitations de la police d’assurance de base restent valables à la condition qu’elles ne
soient pas interdites par la législation du pays membre où l’accident est survenu ;
 La Carte Rose est une pièce accessoire à la police d’assurance, comme l’attestation ou le
certificat d’assurance. Elle n’intervient que dans l’instruction des dossiers sinistres pour
permettre une prise en charge rapide et un règlement équitable des sinistres. Il est
important de préciser que la Carte Rose n’apporte pas une couverture supplémentaire à
l’assuré et que le règlement d’un sinistre pris en charge par le système de la Carte Rose est
supporté en définitive par l’assureur de la responsabilité civile de l’automobiliste ;
 Lorsque l’assurance automobile n’est pas obligatoire dans un pays signataire du Protocole
d’Accord portant création de la Carte Rose CEMAC, la garantie procurée par cette Carte
correspond à celle de la responsabilité civile de l’automobiliste telle qu’elle résulte de la
législation et de la réglementation générale en vigueur dans ce pays, et tel que cette
législation et cette réglementation sont interprétées et appliquées par les autorités locales
de l’ordre judicaire ou administratif.

48
 Les six (06) pays adhérant au système de la Carte Rose de la CEMAC qui a été créé à
Libreville le 1er juillet 1996 sont le Cameroun, le Congo Brazzaville, le Gabon, la Guinée
Equatoriale, la République Centrafricaine et le Tchad.

CHAPITRE V :
LA VIE DU CONTRAT D’ASSURANCE
AUTOMOBILEAUTOMOBILE

SECTION 1 : LA MODIFICATION DU CONTRAT D’ASSURANCE


AUTOMOBILE
Dans ce cadre, nous examinerons les conditions et l’initiative de la modification, les
modifications devant faire l’objet d’une déclaration à l’assureur et la preuve de la modification du
contrat d’assurance automobile.
Paragraphe 1 : Les conditions de la modification
Ce sont les suivantes :

1) Le contrat d’assurance doit être en vigueur au moment où la demande de modification est


formulée.
Ainsi, un contrat expiré ou résilié ne peut pas faire l’objet d’une modification.

49
S’agissant des contrats suspendus, ils ne peuvent faire l’objet de modification qu’après leur remise
en vigueur.

2) La proposition de modification du contrat doit être adressée à l’assureur par lettre


recommandée pour en faciliter la preuve.
La jurisprudence associe à la formalité de la lettre recommandée un caractère non substantiel en
estimant qu’une simple lettre peut être suffisante. Il faudrait cependant que l’assureur ne
conteste pas le fait qu’il l’a reçue.
Il est précisé que la proposition de modification est considérée comme adressée
directement à la compagnie si elle l’est à son agent général ou à un courtier qui a qualité pour le
représenter ou auquel l’on peut reconnaître la qualité de mandataire apparent de la compagnie.

3) L’accord des parties est nécessaire, compte tenu du caractère consensuel du contrat
d’assurance.
En effet, la modification du contrat d’assurance est proposée par la partie dont elle émane à
l’autre partie qui peut l’accepter ou la refuser. En cas d’acceptation, la modification prend
immédiatement effet, sauf convention contraire entre les parties, lorsqu’elles veulent en reporter
la prise d’effet à une autre date.
Lorsqu’elle est refusée par contre, la modification proposée ne peut prendre effet. Il en est
de même, si l’acceptation de l’assureur est assortie de conditions, par exemple l’application d’une
surprime. Dans de tels cas, la condition posée par l’assureur doit être acceptée par l’assuré pour
que la modification puisse prendre effet.

Il convient de préciser que l’accord exprès de l’assureur dispense l’assuré du recours à la


lettre recommandée. En revanche, lorsque l’assuré a recours à ce type de lettre, le silence de
l’assureur pendant une période de quinze (15) jours à compter du lendemain à 0 heure du jour de
sa réception rend la modification effective dans la mesure où elle est alors réputée acceptée par
lui de telle sorte qu’il ne peut plus s’y opposer. (Article 6, 3ème alinéa du Code CIMA). L’article 7,
2ème alinéa de la loi du 13 juillet 1930 fixait ce délai à dix (10) jours.
La modification prend effet à l’expiration de cette date à moins que l’assuré n’en choisisse
une autre, dans lequel cas c’est à cette dernière qu’elle prend effet.

Dispositions légales

50
Selon l’article 6, alinéa 3 du Code CIMA lorsque l’assuré fait, par lettre recommandée,
une proposition à l’assureur en vue de proroger ou de modifier le contrat, ou de remettre en
vigueur un contrat suspendu, cette proposition est considérée comme acceptée par l’assureur si
celui-ci ne la refuse pas dans les quinze jours après qu’elle lui soit parvenue. Cette disposition n’est
pas applicable aux assurances sur la vie.
Il faut remarquer que l’assureur est ici un contractant nécessaire pour l’assuré qui désire
seulement modifier un contrat préexistant, et c’est pourquoi le silence de l’assureur vaut
acceptation, ce qui est tout à fait exceptionnel dans notre droit.

Paragraphe 2 :L’initiative de la modification


La modification du contrat d’assurance peut être initiée par l’assureur ou par l’assuré, les
modifications intervenant sous l’initiative de l’assuré étant les plus fréquents.

2-1 Les modifications initiées par l’assureur


Nous pensons notamment au remplacement d’une ancienne police par une nouvelle, à
l’extension du contrat en cours à des garanties nouvelles et à l’augmentation du tarif.

a) Le remplacement d’une ancienne police par une nouvelle


Un tel remplacement peut survenir par exemple lorsque :
 L’ancienne police est devenue très volumineuse (par exemple certaines polices
couvrant de grandes flottes de véhicules automobiles depuis de longues années ou
même pendant une période relativement courte, mais entraînant la création de
documents relativement volumineux ou de nombreux mouvements du fait du
nombre important de véhicules assurés) ;

 L’ancienne police a fait l’objet de nombreux avenants qui en rendent l’exploitation


difficile de telle sorte que l’assureur opte pour la préparation d’une police nouvelle à
l’occasion du renouvellement ;

 La compagnie a procédé à une modification de ses conditions générales.

51
Dans les deux premiers cas, le remplacement d’une ancienne police par une nouvelle parce
qu’il se fait essentiellement dans le but de faciliter l’exploitation du dossier de production, peut se
faire sans modification des termes du contrat d’assurance.
S’agissant de la modification par l’assureur de ses conditions générales, elle n’entraîne pas
nécessairement la modification du contrat d’assurance, ou le remplacement de l’ancienne police
par une nouvelle, notamment en cas de changements mineurs tels que les polices souscrites avant
la modification des conditions générales puissent raisonnablement être conservées sur leurs bases
d’origine.
S’il s’agit par contre de modifications substantielles prenant leur source par exemple dans la
modification de la législation sur le contrat d’assurance, elles entraînent une modification du
contrat d’assurance qui peut être réalisée par voie d’avenant. Il peut cependant être préférable
pour faciliter l’exploitation du dossier de remplacer l’ancienne police par une nouvelle comportant
les nouvelles conditions générales, notamment lorsque ces dernières sont substantiellement
modifiées par rapport aux anciennes.
b) L’extension du contrat à des garanties nouvelles
C’est le cas où la compagnie d’assurance propose à ses clients de nouvelles garanties.
c) L’augmentation du tarif
Elle entraîne la modification du contrat d’assurance lorsque le nouveau tarif est appliqué à
un contrat en cours. Le consentement de l’assuré ayant eu lieu sur la base d’une tarification
donnée, le nouveau tarif ne peut lui être appliqué qu’avec son consentement.
A défaut de ce consentement, l’assureur a le choix entre la conservation des anciens termes
du contrat et leur maintien jusqu’à son échéance, quitte à procéder à sa résiliation à cette date.
D’une manière générale, toute modification du contrat d’assurance sur l’initiative de
l’assureur entraînant une augmentation de la prime doit recevoir préalablement le consentement
de l’assuré sous peine de ne pas lui être opposable pour cause de vente forcée.

2-2 Les modifications initiées par l’assuré


Elles peuvent être de plusieurs sortes. Nous pouvons citer à titre d’exemples :
a) L’extension ou la réduction des garanties du contrat
C’est ainsi par exemple que l’assuré peut demander l’extension à la tierce, à l’incendie, au
vol, etc. de garanties initialement limitées à la responsabilité civile automobile.

52
L’assuré peut également par contre par exemple ramener à la seule garantie de la
responsabilité civile un contrat dont la garantie s’étendait initialement aussi au vol et à l’incendie.
Dans le cas des polices flottes, les modifications s’appliquent distinctement véhicule par
véhicule, de telle sorte que non seulement elles ne sont pas forcément uniformes, mais des
modifications données peuvent ne s’appliquer qu’à certains véhicules, les conditions d’assurance
des autres véhicules de la flotte restant inchangées.
b) L’incorporation de nouveaux véhicules dans la police ou par contre leur retrait de sa
couverture
Toute modification du contrat sur l’initiative de l’assuré ne peut devenir effective que si elle
est suivie du consentement de l’assureur sauf si après qu’elle lui a été notifiée par lettre
recommandée, il ne signifie pas son refus à l’assuré pendant les quinze (15) jours qui suivent sa
réception. Pour pouvoir entrer en vigueur, la proposition de l’assuré doit cependant être précise. En
revanche, il n’est pas nécessaire qu’il y indique le taux de prime auquel la modification doit
s’effectuer, son accord étant considéré à priori comme acquis pour l’application de la tarification en
vigueur dans la police, en dehors des cas où le nouvel état des choses entraîne une aggravation du
risque ou une amélioration de la garantie.

2-2-1 : La modification du risque


Il peut s’agir de son amélioration ou de son aggravation.
a) L’amélioration du risque
Elle peut se situer à différents niveaux tels que :
 La disparition d’un conducteur novice de la liste des conducteurs du véhicule ;
 Le déménagement du propriétaire du véhicule pour une zone dont l’intensité du trafic et la
fréquence des accidents de la circulation sont moins importants que celles du lieu de son
précédent domicile ;
 L’affectation du véhicule assuré à un usage moins aggravant, par exemple du transport public de
voyageurs au tourisme.
L’assuré n’est pas obligé de déclarer les améliorations du risque. Il y a cependant intérêt,
dans la mesure où cette déclaration lui permet de bénéficier d’une réduction corrélative de la
prime.

53
Selon l’article 20 de la loi du 13 juillet 1930, l’assuré a le droit de résilier le contrat, si
l’assureur ne consent pas à une réduction de la prime, suite à la disparition de certaines
circonstances aggravantes qui avaient été prises en considération dans la détermination de la
prime sur la base du tarif en vigueur au moment de la souscription du contrat. Cette disposition
est reprise par l’article 15, 3ème alinéa du Code CIMA.

b) L’aggravation du risque
Elle peut résulter de différentes circonstances telles que :
 La conduite habituelle du véhicule assuré par un conducteur novice non initialement garanti par
le contrat ;
 Le déménagement du propriétaire du véhicule assuré pour une zone à intensité de trafic routier
ou à fréquence des accidents de la circulation plus importantes ;
 Un changement d’usage entraînant une aggravation du risque, tel que l’affectation au transport
interurbain de voyageurs d’un véhicule initialement destiné au transport urbain d’élèves ou
d’employés.

2-2-2 :Les changements relatifs au véhicule


Il s’agit essentiellement du remplacement du véhicule assuré, de son aliénation ou de sa
soumission à des transformations notables.

a) Le remplacement du véhicule assuré


Il entraîne une modification du contrat d’assurance si le nouveau véhicule est assuré au
sein de la même police d’assurance.
En effet, la garantie du contrat d’assurance automobile s’applique aux véhicules
nommément identifiés aux conditions particulières, de telle sorte que la demande de transfert de
garanties à un autre véhicule constitue une demande de modification du contrat d’assurance
automobile, et doit donc préalablement à son entrée en vigueur, recevoir l’accord de l’assureur.
Les garanties du contrat d’assurance automobile ne sont donc pas transférables de
manière automatique et de plein droit sur le véhicule de remplacement.

b) L’aliénation du véhicule assuré


L’aliénation du véhicule assuré : selon les termes de l’article 19 de la loi du 13 juillet
1930 et d’une manière générale, l’assurance se poursuit de plein droit au profit de l’héritier ou de

54
l’acquéreur en cas de décès de l’assuré ou de l’aliénation de la chose à charge pour lui, de
s’acquitter de toutes les obligations dont l’assuré était tenu vis-à-vis de l’assureur et notamment de
payer les primes à échoir.
Le même article donne toutefois soit à l’assureur, soit à l’héritier ou à l’acquéreur la faculté de
résilier le [Link] dispositions sont reprises par l’article 40 du Code CIMA. Cette règle n’est
cependant pas applicable aux VTM semi-moteur et celles de leurs remorques ou leurs semi-
remorques.L’article 19bis de la loi du 13 juillet 1930 stipulait la suspension du contrat de plein droit
à compter du lendemain à 00h du jour de l’aliénation.
En d’autres termes, la suspension devrait survenir automatiquement à l’expiration de ce délai
même si l’assureur n’avait pas été informé de l’aliénation du véhicule.
L’article 41 alinéa 1 du Code CIMA reprend les mêmes dispositions ci-dessus mais selon cet article,
c’est plutôt à partir du 5ème jour à 24 heures de l’aliénation que survient la suspension du contrat. Il
convient de préciser par ailleurs qu’après la suspension de garantie, le contrat peut être résilié à
l’initiative de l’assureur ou de l’assuré moyennant un préavis de 10 jours.
Le contrat suspendu peut être remis en vigueur par une convention expresse entre les parties. Si le
contrat suspendu n’est pas remis en vigueur et s’il n’est pas résilié à l’initiative de l’une quelconque
des parties, sa résiliation survient de plein droit à l’expiration d’un délai de six (O6) mois à compter
de la date d’aliénation.

SECTION 2 : LES DELAIS DE PRESCRIPTION DU CONTRAT D’ASSURANCE

Paragraphe 1 : Prescription biennale et décennale (Article 28 du code CIMA)

« Toutes actions dérivant d’un contrat d’assurance sont prescrites par deux ans à compter
de l’événement qui y donne naissance.

Toutefois, ce délai ne court :

1°) en cas de réticence, omission, déclaration fausse ou inexacte sur le risque couru, que du
jour où l’assureur en a eu connaissance ;

2°) en cas de sinistre, que du jour où les intéressés en ont connaissance, s’ils prouvent qu’ils
l’ont ignoré jusque-là.

55
Quand l’action de l’assuré contre l’assureur a pour cause le recours d’un tiers, le délai de la
prescription ne court que du jour où ce tiers a exercé une action en justice contre l’assuré ou a été
indemnisé par ce dernier.

La prescription est portée à dix (10) ans dans les contrats d’assurance sur la vie lorsque le
bénéficiaire est une personne distincte du souscripteur et, dans les contrats d’assurance contre les
accidents atteignant les personnes, lorsque les bénéficiaires sont les ayants droit de l’assuré
décédé. »

Dispositions Transitoires

Les entreprises d’Assurance disposent d’un délai de 3ans à compter du 12 Avril 2018 pour fiabiliser
leur système d’information, identifier les assurés et bénéficiaires de contrats d’Assurances et payer
les sommes dues. Al’échéance de ce délai, les montants frappés de prescription et non versés aux
bénéficiaires doivent être reversés à la caisse de dépôts et consignations ou tout organisme assimilé
dans un délai maximum de 2ans.

Paragraphe 2 : Interruption de la prescription art 29 cc

« La prescription est interrompue par une des causes ordinaires d’interruption de la


prescription et par la désignation d’experts à la suite d’un sinistre. L’interruption de la prescription
de l’action peut, en outre résulter soit de l’envoi d’une lettre recommandée avec accusé de
réception adressée par l’assureur à l’assuré en ce qui concerne l’action en paiement de la prime et
par l’assuré à l’assureur en ce qui concerne le règlement de l’indemnité »

TRAVAUX DIRIGES : Assurance Automobile

Le parc automobile du DG de la société PEB (Plastiques et Elastomère du Bénin) se présente comme


suit :
- Une 4X4 Nissan diesel 17cv : Véhicule de mission: 32millions FCFA acheté le 31/12/09,
nombre de places 05 ;
- Une Mercedes530i diesel 18cv : Véhicule affecté au TPC : 80.000.000 acheté le 20/11/09,
nombre de places 03 ;
- Une MAZDA 09CV diesel 12.000.000 acheté le 31/12/09 affecté aux courses de madame,
nombre de places 05 ;
- Une TOYOTA PRADO 12 CV diésel achetée le 12/04/09 Véhicule de tourisme: 38 millions,
nombre de places 09.

Ces véhicules ont été confiés à un cabinet d’Assureur conseil pour un contrat ferme d’un an à
compter du 01/01/10.

56
TRAVAIL A FAIRE
1°) Déterminer la prime toute taxe comprise à payer par véhicule au 01/01/10 pour une assurance
RC + Défense et Recours, dommages tous accidents y compris incendie, vol, bris de glaces, sécurité
routière et Recours Anticipé.
2) Déterminer la commission à devoir à l’intermédiaire ; taux de commissionnement : 15% pour les
autre garanties et 12% pour la RC et la sécurité routière.
3) le DG part en mission à Douala le 01/04/10 et donne des instructions à son conseiller de
suspendre le contrat de son véhicule de tourisme à compter de 02/04/10. Quelle est la conduite à
tenir en cas de suspension du contrat ? (documents, précision à donner à l’assuré).
4) le DG revient de la mission le 07/07/10 et contacte son agent pour la remise en vigueur du
contrat suspendu. Déterminer la nouvelle date d’échéance ? Quels documents devez-vous remettre
à l’assuré ?
5) Le 25/05/10 le véhicule de madame percute un bœuf et son véhicule se trouve fortement
endommagé. Son époux contacte son conseillé pour suspendre le contrat durant la période
effective des travaux de réparation. Que faites-vous dans ce cas ?
6) le DG confie à son conseiller le parc automobile de la compagnie ci-joint. Réduction flotte : 20%
réduction commerciale : 10% déterminer la prime RC + Défense & Recours de la flotte toute taxe
comprise.
7) le 31/10/10 le véhicule de mission est vendu à un cadre de direction de ladite société ; calculer la
ristourne à devoir ?
8) en revanche une Mercedes de 18 places est acquit le 01/11/10 pour le transport public de
voyageurs sur le tronçon Cotonou- Djougou ;
Faites l’incorporation de ce véhicule dans la flotte auto de la société PEB. Quelle est la date
d’échéance de ce contrat?

TARIF AUTOMOBILE : RC : ASSURANCE DE RESPONSABILITE CIVILE OBLIGATOIRE


PUISSANCE FISCALE PRIME ANNUELLE

ESSENCE DIESEL PRIME F CFA


2 CV
- 50 800
3 à 6 CV
2 à 4 CV 57 906
7 à 9 CV
5 à 6 CV 63 563
10 et 11 CV
7 à 8 CV 99 300
12 CV et plus
9 CV et plus 111 738

Recours anticipé quelque soit la catégorie : 10 000 F CFA


Défense et recours : 7 900 F CFA

TAUX PAR CATEGORIE PAR GARANTIE

57
Catégorie01 Catégorie 02 Catégorie 03
Vol : 3,50 % 2,50 % 3,50%
Bris glaces : 0,30 % 0,30 % 1,25%
Incendie : 0,70 % 0,50 % 1,00%
Dommages aux véhicules : 7,50 % 7,50 % 9,50%
Tierce collision : 4,50 % 5,50 % 6,50%
Pour la sécurité routière prendre par véhicule : Décès : 3 000 000 F CFA ; IPT : 3 000 000 F CFA ; FM :
300 000 F CFA. Prime 6.000 FCFA/ place.
Taux de taxe : 10 %
Coût de police : 10 000 F CFA pour les mono – véhicules et 30 000 F CFA pour la flotte.

ANNEXE

Liste des véhicules de la flotte de la société PEB

N° d’ordre Marques & types Usage(cat.) Prime RC


(prime nette)
1 Honda CG 125 5 45.000
2 Mercedes 230 1 150.000
3 Peugeot 607 8 325.000
4 Peugeot 4X4 bâchée 2 75.000
5 Toyota Corolla 4 200.000
6 LADA 3000 1 85.000
7 Mitsubishi Galant 1 80.000
8 Berliet 960 3 275.000
9 Toyota KE 70 4 200.000
10 Primera 2.0 1 80.000
11 Mate 50 5 35.000
12 Mercedes 190 7 300.000
13 Peugeot 504 familiale 10 150.000

Bonne Chance !

58
DEUXIEME PARTIE : LE
REGLEMENT SINISTRE

CHAPITRE I :
LA GESTION DES SINISTRES AUTOMOBILES

Le sinistre est la réalisation du risque prévu au contrat et de nature à entraîner la garantie de


l’Assureur.
Cette notion apparemment simple dissimule beaucoup de difficultés dans la pratique car en
présence de l’événement survenu, il faut vérifier :
- s’il correspond à celui garanti par le contrat. C’est-à-dire si le risque qui s’est réalisé n’est ni
une exclusion légale, ni une exclusion conventionnelle de garantie ;

59
- si le contrat n’est ni suspendu, ni annulé pour une cause quelconque (pour déclaration
inexacte de mauvaise foi par exemple) au moment des faits.
En Assurance automobile le sinistre peut être constitué par un accident, un vol de véhicule
ou d’une pièce, un incendie du véhicule, etc.

Le règlement du sinistre est un moment essentiel de la vie du contrat d'assurance. S'il est par nature
exceptionnel, il constitue néanmoins la seule raison d'êtredu contrat d'assurance.

C'est l'occasion pour l'assureur de livrer la marchandise qu'il a vendue lors de la souscription
du contrat.
La gestion des sinistres est le processus qui commence depuis la déclaration du sinistre par
l’assuré jusqu’au paiement de l’indemnité.
Nous étudierons dans ce chapitre :

- La déclaration du sinistre,

- L’instruction du dossiersinistre,

SECTION 1 : LA DECLARATION DU SINISTRE


C’est l’information de l’assureur du fait dommageable (accident, incendie, vol……..etc.) par le
souscripteur, l’assuré ou leur représentant.
La déclaration de sinistre est d’une importance capitale parce qu’elle est le point de départ de
l’instruction de tout dossier sinistre à cause des informations qu’elle procure à la Compagnie
d’assurances.

Paragraphe 1 : Le fondement et le délai de la déclaration de sinistre

La déclaration de sinistre trouve son fondement dans les dispositions de l’article 12 alinéa 4 du
code des Assurances des Etats membres de la CIMA.
Conformément à ses dispositionsl’assuré est obligé de donner avis à l’assureur, dès qu’il en a eu
connaissance et au plus tard dans le délai fixé par le contrat, de tout sinistre de nature à entraîner la
garantie de l’assureur.

L’obligation pour l’assuré de déclarer le sinistre à l’assureur se justifie par le fait que c’est ce dernier
qui supporte en dernier ressort les conséquences pécuniaires du sinistre.
Cette déclaration doit être faite le plus tôt possible pour permettre à la Compagnie d’Assurance :
 d’apprécier les circonstances et les causes de l’accident survenu;
 d’en dégager aisément les responsabilités;
 de mettre en cause, à temps, le tiers responsable et son assureur ;

60
 de mesurer assez tôt l’étendue des conséquences dommageables du sinistre.

L’assuré est obligé de déclarer à l’assureur dès qu’il en a connaissance et dans un délai de cinq (5)
jours ouvrés tout sinistre de nature à entraîner sa garantie.
Ce délai constitue un minimum qui ne peut être réduit par les parties. Par contre, elles peuvent le
prolonger.

En cas de vol du véhicule, le délai de déclaration est fixé à 48 heures.

Le législateur n’a pas imposé un contenu précis à la déclaration d’un sinistre. Cette dernière doit
cependant pour être opérationnelle apporter un minimum d’informations parmi lesquelles, la date,
l’heure et le lieu de l’accident, les circonstances détaillées de l’accident, la nature des dommages
corporels et matériels, l’identification des victimes et de leur véhicule, les noms et adresse des
témoins.
Les compagnies d’assurances demandent généralement aux assurés lors de la déclaration
d’accident les pièces suivantes :
- Le livret de bord du véhicule : il permet à l’assureur de vérifier la validité de la visite
technique et aussi la date de la première mise en circulation.
- Le permis de conduire du conducteur du véhicule au moment des faits.
- Le certificat de capacité encore appelé au Bénin, « droit de taxi ».
Toutes ces pièces sont photocopiées et versées au dossier.

Paragraphe 2 : Les conséquences du non respect du délai de déclaration

En cas de non respect du délai de déclaration par l’assuré, l’assureur a le droit de lui opposer la
déchéance de garantie c’est-à-dire la perte de tout droit à la garantie, du fait du non respect de ses
obligations à l’occasion du sinistre.
Mais en assurance de responsabilité, la déchéance n’est pas opposable aux victimes, de telle sorte
que l’assureur est tenu de les indemniser, quitte à lui de se retourner éventuellement par la suite’,
contre l’assuré pour recouvrer le montant qu’il a payé.

Paragraphe 3 : Les supports de la déclaration de sinistre

Les supports de la déclaration de sinistre sont : l’imprimé de déclaration de sinistre automobile


qu’utilisent la plupart des Compagnies d’assurances et le constat amiable.

 L’imprimé de déclaration de sinistre automobile :le législateur n’a pas imposé une forme pour la
déclaration du sinistre, l’assuré peut user de divers moyens à sa disposition. Il peut la faire
notamment par lettre, téléphone, télex, télégramme, déclaration verbale, mail etc.

Cependant, la nécessité pour les assureurs de vite réunir toutes les informations sur un sinistre, les
amènent à mettre à la disposition de leurs assurés des formulaires de déclaration de sinistres pré-
imprimés pour recueillir leurs déclarations.

61
N.B. : Dans la plupart des Compagnies d’assurances, les logiciels de gestion de sinistres utilisés
permettent de nos jours de traiter directement toutes les informations relatives à la déclaration de
sinistres et d’imprimer la fiche de déclaration pour la faire signer par l’assuré ou le conducteur du
véhicule.

 Le constat amiable : C’est un formulaire conçu par les assureurs pour faciliter le recueil
d’informations destiné à permettre l’instruction du sinistre et pour éviter aux antagonistes
l’attente souvent longue de l’arrivée des agents de police chargés d’effectuer le constat des
accidents de la circulation. Les constats amiables ne sont généralement valables que pour des
sinistres peu importants notamment ceux qui n’entraînent que des dommages matériels. Le
constat de police ou de gendarmerie restent nécessaire en cas de préjudices corporels.

Le constat amiable n’existe pas encore au Bénin. Nous espérons que la Commission Automobile de
l’ASA-BENIN va y réfléchir.

SECTION 2 : L’INSTRUCTION DU DOSSIER SINISTRE


Il s’agit pour le rédacteur sinistre de réunir les pièces nécessaires à l’étude du dossier, de vérifier les
garanties, de déterminer le taux de responsabilité civile et de procéder à l’étude du dossier de son
client ou des dossiers des tiers et victimes.

Paragraphe 1 : Les pièces nécessaires à l’instruction des dossiers sinistres

I – Les pièces nécessaires à l’ouverture et à l’instruction de tout dossier sinistre

1. La déclaration du sinistre
C’est la 1ère pièce indispensable au dossier sinistre. Dans l’imprimé de la déclaration
comme nous l’avions dit plus haut, l’assuré fournit à l’assureur les informations nécessaires dont il a
besoin pour l’instruction du dossier sinistre.

2. Le procès-verbal de constat d’accident


C’est un document qui rend compte des circonstances de l’accident. Selon l’article 230 du
Code CIMA, les officiers ou agents de police qui ont constaté un accident doivent transmettre

62
automatiquement une copie de procès verbal du constat d’accident aux assureurs concernés par
ledit accident dans un délai de trois (03) mois à compter de sa date de survenance.

3. Le permis de conduire
Sa présentation est exigée pour le traitement du dossier en raison du fait que les
accidents survenant alors que le conducteur n’en est pas titulaire sont exclus du champ de la
garantie ou donne lieu à un recours subrogatoire de l’assureur après règlement.

4. Le certificat de capacité
Il est requis du conducteur lorsque le véhicule conduit est un taxi.

5. Le certificat de visite technique


Il est requis pour les différents véhicules automobiles.

II – Les pièces requises pour les dossiers sinistres exclusivement matériels


1. Le constat amiable
2. Le constat d’huissier
Il peut être fait à l’initiative de l’une des parties ou des deux. Le constat d’huissier peut
revêtir un grand intérêt lorsqu’il est fait contradictoirement et lorsqu’il est complété par un croquis
ou des photographies. Le constat d’huissier constitue un moyen de preuvesurtout en ce qui
concerne les traces laissées par l’accident ou d’autres indices matériels. Il ne fait cependant pas foi
jusqu’à preuve de contraire. Il n’a pas la valeur d’un acte authentique. Il en résulte que les juges ont
la latitude d’en tenir compte ou non tant en ce qui concerne leurs constatations que les
déclarations qu’ils enregistrent.

3. L’attestation de dépôt de plainte contre l’inconnu


Cette pièce est délivrée par la police suite à une déclaration de perte du véhicule assuré.
Elle doit être versée au dossier pour permettre la vérification du respect par l’assuré de son
obligation de déclaration de vol aux autorités de police dans les délais de 48 heures.

4. L’attestation d’opposition auprès des services de transport


Cette pièce doit également être versée dans les dossiers sinistres pour permettre la
vérification du respect par l’assuré de son obligation de faire opposition auprès des services de
transport à la suite d’un vol, notamment pour empêcher l’établissement de nouvelles pièces (carte

63
grise, licence de transport) au profit des voleurs sur la base d’un faux certificat de vente ou de
perte.

5. L’attestation de non retrouvaille (ou de non découverte)


Cette pièce est également requise pour l’instruction des dossiers sinistres vol. Elle
atteste le fait que le véhicule volé n’a pas été retrouvé. L’attestation de non-retrouvaille est délivrée
par les autorités de police auprès desquelles le vol du véhicule avait été déclaré (un mois après le
vol).

6. Le devis de réparation
Il est établi par un garage choisi par le propriétaire du véhicule à réparer et envoyé à
titre de réclamation à la compagnie d’assurance lorsque le véhicule n’a pas encore été réparé. Le
devis de réparation sert de base à l’expertise.

7. La facture des réparations


Elle est requise lorsque les travaux de réparation ont été déjà effectués. Le montant de
la facture représente la somme due par le propriétaire du véhicule au garage qui a effectué les
réparations.

8. Les factures d’achats des pièces détachées


Elles sont quelquefois exigées par les compagnies d’assurances et les experts
automobiles, notamment dans le cas des pièces achetées sur commande à l’étranger, et surtout en
ce qui concerne les véhicules non commercialisés à l’intérieur des frontières.

III – Les pièces requises pour les dossiers corporels uniquement


1. Les certificats médicaux
a) Le certificat médical initial
Il est établi par le médecin traitant dès la survenance de l’accident. Il fait état de la
nature des blessures et des lésions subies par la victime du fait de l’accident et estime la durée de
l’incapacité temporaire de travail.
b) Le certificat médical de prolongation

64
Il est délivré à l’effet de constater la prolongation de l’incapacité lorsque cette dernière
s’avère plus longue que ne l’a prévue le certificat médical initial.
c) Le certificat médical final de guérison ou de consolidation
Il constate la guérison de la victime ou la consolidation de ses blessures. L’on parle de
consolidation lorsque le blessé non totalement guéri a atteint un état de santé non susceptible de
nouvelles améliorations, mais permettant l’évaluation de l’incapacité permanente résultant de ses
blessures ou de ses lésions et de ses conséquences pécuniaires.
Selon l’article 244 du code, lorsqu’un examen médical doit être pratiqué en vue de l’offre
d’indemnité, l’assureur informe la victime quinze jours au moins avant l’examen, de l’identité et des
titres du médecin chargé d’y procéder, de l’objet, de la date et du lieu de l’examen, ainsi que du
nom de l’assureur pour le compte duquel il est fait.
2. Le rapport médical
C’est un rapport établi à l’occasion de sinistre important ou de cas litigieux suite à une
expertise médicale effectuée par un médecin spécialiste à la requête de la Compagnie d’assurance
dans le but d’établir s’il y a un lien direct de cause à effet entre les conséquences de l’accident et
l’état de la victime au moment de l’expertise compte tenu de ses antécédents médicaux.

3. Les factures de frais de traitement


Il s’agit de toutes les factures de frais médicaux, chirurgicaux, pharmaceutiques et d’hospitalisation
justificatives des frais de traitement dont le remboursement est demandé.

4. Le certificat de genre de mort


Il est établi par le médecin traitant suite au décès de la victime, il indique les causes du
décès.

5. Le certificat de décès
Il est établi par les autorités administratives compétentes,municipales selon le cas, sur
la base du certificat de genre de mort délivré par le médecin traitant pour certifier le décès de la
victime.

6. Les factures justificatives des frais funéraires dont le remboursement est demandé.

7. Les pièces justificatives des revenus de la victime

65
Elles sont requises pour l’indemnisation du préjudice au titre de l’incapacité temporaire
de travail et du préjudice économique découlant du décès de la victime. Il s’agit pour le salarié des
bulletins de salaire des six (6) derniers mois précédant l’accident, et pour les non salariés disposant
de revenus des déclarations fiscales des deux (02) derniers exercices. Les personnes majeures non
salariées et ne pouvant pas apporter la preuve de leur revenu sont indemnisées sur la base du
SMIG.

8. Les pièces justificatives du droit de la tierce personne à une indemnisation suite au décès
de la victime
 L’acte de naissance de la victime elle-même ou de sa carte d’identité nationale ;
 L’acte de naissance et les pièces d’identité du ou des conjoints / conjointes ;
 L’acte de mariage ;
 Les actes de naissance des enfants ou pièces d’identité des enfants majeurs ;
 Le certificat de viedes enfants ;
 Le jugement d’hérédité non frappé d’appel ou PV de conseil de famille homologué.
Dans le code CIMA, ce sont les articles 240 et 241 qui résument les pièces et informations que la
victime blessée et les ayants droit de la victime décédée doivent produire à l’assureur sur sa
demande.

Paragraphe 2 : La vérification des garanties


Il s’agit de vérifier dans le dossier production (contrat de base, avenants et échanges de
correspondances avec l’assuré) les garanties souscrites par l’assuré et les garanties à mettre en jeu
pour le sinistre concerné.
1- Au niveau des conditions générales, les garanties souscrites sont généralement toutes listées et
définies; il s’agit pour le rédacteur sinistre de vérifier si l’évènement survenu ne rentre pas dans la
liste des exclusions et qu’il correspond bien à la définition de la garantie telle qu’énoncée dans
lesdites conditions générales;

2 – Dans les conditions particulières où les risques couverts et ceux exclus pour le contrat
concerné sont bien précisés, le rédacteur contrôle si le risque survenu est bien mentionné dans les
conditions particulières, le montant de la garantie précisé ; il vérifie aussi la date de survenance du
sinistre par rapport à la période de validité du contrat ;

66
3 –Au niveau des avenants, le rédacteur sinistre vérifie :

 Si la garantie est en vigueur au moment du sinistre, c'est-à-dire s’il n’y a pas eu par
exemple un avenant de suspension de garantie suite à une panne ou une immobilisation
prolongée ;
 Si le véhicule, objet du sinistre n’a pas fait l’objet d’un avenant de retrait de garanties
ou de réduction de garanties pour le risque survenu.

Paragraphe 3 : La détermination du degré de responsabilité civile


La détermination du taux de responsabilité civile par une Compagnie d’assurances se fait par
l’appréciation des antagonistes face aux principales règles de la circulation routière et à l’aide du
barème de responsabilité civile inséré au code.
1 – Les règles de la circulation routière
En République du Bénin, à part les dispositions du code ROUSSEAU, il y a l’arrêté ………………………
portant qui régit lacirculation routière.
Le non-respect des règles de la circulation routière engage la responsabilité civile et pénale de
l’auteur de l’infraction. Ces règles essentielles de la circulation routière sont :
 La circulation à droite : Selon le code de la route, la circulation doit se faire du côté droit de
la chaussée. Cette obligation concerne aussi bien les véhicules que les animaux ;
 Le croisement : Il doit se faire à droite. Aussi, les conducteurs concernés doivent laisser une
distance latérale suffisante entre qui se croisent. Ils doivent aussi réduire leur vitesse si l’état
de la chaussée ou son encombrement rendent difficiles les conditions de croisement ;
 Le dépassement : Le conducteur ne peut effectuer le dépassement que s’il peut le faire sans
danger ; il ne doit pas effectuer un dépassement lorsque des signaux d’interdiction de
dépassement ont été installés ; lorsque la visibilité vers l’avant est insuffisante notamment
dans les virages et les sommets de côtes ; lorsque l’on approche un passage pour
piétons…etc. ;
 Le changement de direction : Le conducteur doit, avant de l’effectuer, s’assurer qu’il ne va
constituer un danger pour les autres usagers de la route ;
 Le ralentissement :Tout conducteur qui s’apprête à apporter un changement important dans
l’allure de son véhicule doit préalablement s’assurer qu’il peut le faire sans danger et avertir
de son intention les autres usagers de la route, sauf lorsque le ralentissement est provoqué
par un danger imminent ;

67
 L’arrêt : L’arrêt doit respecter les prescriptions du code de la route et ne pas s’effectuer sur
des endroits où il existe des signaux l’interdisant expressément, sur les ponts, à tout endroit
à visibilité insuffisante. Le conducteur doit signaler son arrêt dans tous les cas, sauf en cas
d’un arrêt brusque.
Dans un accident suite à un arrêt brusque, la responsabilité des conducteurs s’apprécie par
rapport à la légitimité de l’arrêt, de sa soudaineté, et de la possibilité qu’avait l’auteur de
l’arrêt brusque d’en aviser les autres usagers de la route.
 Le stationnement : Si le stationnement est volontaire, il doit être effectué de sorte qu’il gêne
le moins possible la circulation et n’entrave pas l’accès aux propriétés riveraines. Le
stationnement ne doit pas être fait aux endroits où il est expressément interdit, sur les
trottoirs, les pistes cyclables, les ponts, aux endroits où la visibilité est insuffisante…etc.
Si le stationnement est involontaire (par exemple en cas de panne), le conducteur reste tenu
de faire en sorte de gêner le moins possible la circulation. S’il n’est pas possible de garer le
véhicule selon les prescriptions de la route, si la visibilité estinsuffisante le conducteur doit
placer des triangles de pré signalisation.
Dans tous les cas, le stationnement irrégulier est une faute qui entraîne la responsabilité
civile de son auteur, s’il y a un lien de causalité entre le stationnement et l’accident. La
responsabilité civile peut être totale ou partagée selon les circonstances.
 L’ouverture des portières :Il est interdit à tout occupant d’un véhicule (qu’il s’agisse du
conducteur ou d’un passager) d’ en descendre ou d’ouvrir une portière sans s’assurer
préalablement qu’il peut le faire sans danger ;
 La maîtrise de la vitesse : Selon le code de la route, tout conducteur doit constamment
rester maître de son véhicule, et le conduire avec prudence. Il doit régler sa vitesse en
fonction de l’état de son véhicule, du chargement de celui-ci, de l’intensité de la circulation,
des conditions atmosphériques et réduire celle-ci de manière à pouvoir s’arrêter à temps
dans la traversée des agglomérations ou en dehors des agglomérations, lorsque les
conditions de visibilité sont insuffisantes.
 L’avertissement : Le code de la route n’a pas fait une énumération exhaustive des cas où le
conducteur d’un véhicule doit recourir à un avertissement pour signaler sa présence aux
autres usagers de la route. Le code de la route a précisé : Toute automobile doit être munie
d’au moins un avertisseur sonore d’une puissance suffisante. Le son émis par l’avertisseur
doit être continu, uniforme et non strident. Les véhicules prioritaires (police ou

68
gendarmerie, sapeurs pompiers) peuvent être munis en plus d’avertisseurs lumineux
spéciaux.
 L’éclairage: Selon le code de la route, tout véhicule automobile doit être pourvu de feux de
route, de feux de croisement, de feux de position, de feux indicateurs de position, de feux
indicateurs de direction et de feux éclairant les plaques d’immatriculation.
L’obligation d’éclairage entraîne la mise en jeu de la responsabilité du conducteur en cas
d’accident dû en totalité ou en partie à une absence ou à une insuffisance d’éclairage.
L’imputation des responsabilités se fait sur la base des circonstances de l’accident.
 La priorité de passage : Le principe général édicté par le code de la route pour la priorité
de passage est « qu’aux intersections de deux ou plusieurs routes, le conducteur d’un
véhicule est tenu de céder le passage aux véhicules venant de sa droite ».
S’agissant du cas particulier des places munies d’un rond point central vers lequel
convergent plusieurs routes, le code de la route précise que le conducteur qui aborde un
carrefour giratoire ne bénéficie d’aucune priorité vis-à-vis de ceux qui s’y trouvent déjà.
Les dérogations au principe de la priorité à droite sont : les voies de caractéristiques
supérieures (tout conducteur sortant d’une propriété riveraine, d’un stationnement ou
d’une piste pour s’engager sur une route de caractéristiques supérieures est tenu de
céder le passage aux véhicules circulant sur cette route », et les voies munies d’un
panneau « stop ».
Les véhicules concernés par la dérogation au principe de la priorité à droite sont les
véhicules prioritaires (police, gendarmerie et sapeurs-pompiers…etc.) et des véhicules
circulant sur les rails.
2 – Le barème de responsabilité
Nous avons dans le code CIMA, un barème de responsabilité inséré au code CIMA. Le barème
indique le degré de responsabilité des différents antagonistes mis en cause, pour les cas les plus
fréquents d’accidents de la circulation. Il reflète les tendances dominantes de la jurisprudence
inspirée du droit commun. (Barème de responsabilité du code CIMA à scanner)

Paragraphe 4 : L’expertise
Elle permet de déterminer le coût des réparations imputables à un sinistre ; l’expertise peut
concerner l’évaluation des préjudices matériels ou des préjudices corporels.
1. L’expertise des dommages matériels

69
a) La désignation de l’expert
Suite à la réception de la déclaration du sinistre et dès qu’il est établi que le sinistre est
susceptible d’entraîner la garantie de la compagnie d’assurance, cette dernière donne mission
d’examiner l’objetsujet à réparation à un expert figurant sur laliste des experts qu’elle a crédités
parmi les experts agréés par les autorités compétentes.
Il convient de préciser qu’en principe, l’expertise est faite par la compagnie d’assurance chargée de
la gestion du dossier sinistre.

b) Lacontre-expertise
Elle consiste pour l’une des parties, (l’assureur ou le tiers lésé) à faire apprécier par un
expert choisi par elle-même, l’expertise effectuée par l’expert qui a été mandaté par l’autre partie.
La contre-expertise peut être faite sur l’initiative du bénéficiaire de l’indemnisation ou
de l’assureur.
Lorsque l’assureur et l’assuré ne sont pas d’accord, ils peuvent dans le cadre d’une expertise
contradictoire amiable, mettre en rapport les experts désignés par chacun d’entre eux pour leur
permettre d’accorder leur point de vue.
En cas de désaccord au niveau des experts de l’assureur et de l’assuré, ils désignent d’un commun
accord un tiers-expert qui dresse un rapport qui s’impose aux deux (2) parties.

2. L’expertise médicale
Elle est réalisée en cas de préjudices corporels à la requête de la compagnie d’assurance
par un médecin spécialiste choisi en fonction de la nature des lésions de la victime.
Conformément aux dispositions du Code CIMA, le médecin examinateur désigné par
l’assureur doit justifier :
- soit de sa qualité d’expert judiciaire inscrit sur la liste établie à cet effet,
- soit de la possession du diplôme approprié,
- soit de cinq (05) années d’activités ininterrompues dans le domaine concerné.
Sur la base des différents certificats médicaux établis par le médecin traitant de la victime et
qui lui sont remis par l’assureur, et des clichés de radiographie et de scanner éventuels
produits par la victime, le médecin expert de la compagnie dresse un rapport d’expertise
médicale sur lequel il doit se prononcer sur la durée totale de l’incapacité temporaire de
travail, le taux d’incapacité permanente de la victime et son influence sur l’activité
professionnelle de la victime.

70
Il se prononce également sur le montant des frais médicaux pharmaceutiques, et enfin
sur l’importance des autres préjudices prévus par le code CIMA et qui sont : le pretium doloris, le
préjudice esthétique, le préjudice de carrière.
Si le rapport médical ainsi établi par le médecin désigné par l’assureur est mis en cause par la
victime et si le désaccord persiste après que les deux (02) médecins l’aient examiné, ensemble et
d’un commun accord un troisième médecin est désigné par les parties. Les conclusions du rapport
de ce dernier s’imposent aux deux parties. Les frais et honoraires du 3ème expert sont supportés
pour moitié par la compagnie d’assurance et pour moitié par la victime.
Après l’instruction du dossier sinistre, la Compagnie d’assurances procède au règlement.

CHAPITRE II :
LE REGLEMENT DES DOMMAGES MATERIELS
(rd

SECTION 1 :LESFACTEURS INFLUENÇANT LA DETERMINATION DU MONTANT DES DOMMAGES


DEGAGES PAR LES EXPERTS AUTOMOBILE

71
Paragraphe 1 : La valeur du véhicule

Elle est prise en considération dans l’évaluation du montant du préjudice subi par le
propriétaire du véhicule endommagé. Il s’agit plus précisément de la valeur de remplacement du
véhicule, en d’autres termes la somme nécessaire pour permettre à son propriétaire d’acquérir son
véhicule de marque, de type et d’âge identique se trouvant dans un état d’entretien identique.
Il appartient à l’expert automobile de faire un travail d’investigations afin de
déterminer la valeur de remplacement la plus indiquée pour servir de base à l’indemnisation en
tenant compte de la quotte officielle publiée par les journaux officialisés, par exemple l’Argus de
l’Automobile et également de l’état d’entretien du véhicule et des données du marché d’occasion.

Paragraphe 2 :La vétusté des pièces à remplacer

Le remplacement des pièces usagées par des pièces neuves à l’occasion des réparations
consécutives à des accidents de la circulation, améliore le véhicule par rapport à son état avant
sinistre. Il est donc équitable que les compagnies d’assurance opèrent une réduction de l’indemnité
en fonction du principe indemnitaire. Dans la pratique, les assureurs n’appliquent que les
réductions arrêtées par l’expert, ces réductions ne portant généralement que sur les pièces telles
que les pneus, les courroies, les roulements, etc.

Paragraphe3 : La détermination de la base d’indemnisation des dommages causés aux véhicules


hors d’usage
L’impossibilité de réparer un véhicule s’apprécie sur la base de considération technique
ou économique.

1 - Les véhicules techniquement irréparables


Il s’agit des véhicules dont l’ampleur des dégâts rend la réparation non envisageable (par exemple
véhicule totalement calciné par incendie) ou des véhicules écrasés ou déchiquetés suite à un choc
extrêmement violent.
Le montant du préjudice subi est égal à la différence de valeur du véhicule avant le sinistre et la
valeur de l’épave que l’on appelle encore valeur de sauvetage. Ces valeurs sont estimées à dire

72
d’expert. Si le propriétaire du véhicule cède l’épave à dire d’expert à l’assureur, son préjudice est
égal à la valeur de son véhicule avant le sinistre, en d’autres termes à sa valeur de remplacement à
la date du sinistre. La valeur du véhicule avant sinistre est égale à la valeur conventionnelle si
l’assurance a été souscrite sur cette base. Il convient de préciser que l’assureur a toujours la latitude
d’accepter ou de refuser le transfert de propriété de l’épave, sauf conventions contraire.

2 - Les véhicules économiquement irréparables


Il s’agit des véhicules réparables mais à des conditions non économiques, c’est-à-dire que le coût de
leur réparation excède la valeur de remplacement avant sinistre. Ces véhicules peuvent donc en
définitif être réparés ou ne peuvent pas l’être. Dans tous les cas, l’indemnisation se fait de la même
manière qu’au niveau des véhicules techniquement irréparables c'est-à-dire le montant du
préjudice subi est égal à la différence de valeur du véhicule avant le sinistre et la valeur de l’épave
encore appelévaleur de sauvetage ou selon la valeur de remplacement si le propriétaire du véhicule
souhaite de céder ou pas l’épave à l’assureur.

3 - Les véhicules économiquement réparables


Lorsque le coût de la réparation ne dépasse pas la valeur de remplacement du véhicule
avant sinistre, le montant de l’indemnité se détermine sur la base du montant des dommages à dire
d’expert tel qu’il est consigné sur le rapport d’expertise. L’assureur prend en compte outre le cas
échéant le montant de la franchise prévu au contrat et la règle proportionnelle.
Paragraphe 4 : Les autres préjudices consécutifs aux dommages matériels subis par les véhicules
Certains préjudices, consécutifs aux dommages matériels éprouvés par le véhicule sont pris en
charge par les compagnies d’assurances. Il s’agit :
 de la dépréciation du véhicule qui,
 malgré toutes les réparations n’a plus la même qualité ou la même valeur qu’avant le
sinistre. C’est le cas par exemple des châssis dans les cas de chocs très graves. Dans ce
cas, le tiers lésé qui demande la réparation doit en apporter la preuve.
 de la privation de jouissance ou indemnités d’immobilisation des véhicules : c’est le
préjudice causé par l’immobilisation du véhicule accidenté pendant le temps nécessaire
pour la constatation des dommages et l’exécution des travaux de réparation. Pour être
réparé, ce préjudice doit être prouvé dans sa matérialité et dans son montant. Dans leur
rapport, les experts automobiles précisent généralement la durée d’immobilisation.

73
En République du Bénin, c’est l’Arrêté N° 686/MFE/DC/DGAE du portant fixation du
tarif minimal de l’assurance de responsabilité civile des véhicules terrestres à moteur qui
a fixé en son article 13, les indemnités d’immobilisation des véhicules sinistrés. Ces frais
qui sont fonction du nombre de jours nécessaires à la remise en état du véhicule à dire
d’expert sont fixés comme suit :
- Véhicule particulière………………………………………………… 2 500 F CFA/ jour
- Véhicule taxi ……………………………………………………………… 3 000 F CFA/ jour
- Transport Public de voyageurs……………………………… 700 F CFA/ jour et par passager
- Véhicules utilitaires (pick up, bâchée, camionnettes)… 3 500F CFA/ jour
- Transport Public de marchandises jusqu'à 10 tonnes... 14 000 F CFA/ jour
- Transport Public de marchandises de plus de 10 tonnes... 20 000 F CFA/ jour
Dans tous les cas, le nombre de jours nécessaires à la remise en état du véhicule est
limité à 15 jours pour les véhicules légers et 20 jours de réparation pour les poids l à dire
d’expert.
 des frais de garage, de dépannage et de transport : il s’agit des frais de garage exposés
pour mettre le véhicule à l’abri avant son acheminement vers le lieu des réparations ; des
frais dedépannage si cette opération s’avère nécessaire au lieu de l’accident et des frais
detransport du véhicule vers le lieu des réparations, si lesdites réparations ne peuvent pas
être exécutées à proximité du lieu de l’accident et si le véhicule sinistré est fortement
endommagé.
 D’autres frais comme le coût de la vignette et celui de la carte grise sont susceptibles de
remboursement lorsque l’accident a entraîné la destruction totale du véhicule.
Mais en République du Bénin, en assurance de responsabilité civile, les tiers lésés ne
réclament pas ces frais, si bien que les compagnies d’assurances n’ont pas l’habitude de les
rembourser.

SECTION 2 : LE REGIME JURIDIQUE ISSU DU CODE CIMA POUR LA DETERMINATION DES PREJUDICES
MATERIELS

En matière d’indemnisation des préjudices matériels résultant d’accidents de la


circulation, le Code CIMA innove sur les points suivants :

74
Paragraphe 1 :Les cas d’impossibilité de partage de responsabilité
Selon le 2ème alinéa de l’article 227 de ce code, lorsqu’une collision survient entre deux
ou plusieurs véhicules dans des conditions telles qu’il ne soit pas possible d’établir un partage de
responsabilité entre les différents conducteurs mis en cause dans l’accident, chacun de ces
conducteurs conserve à sa charge la moitié des dommages matériels qu’il a subis, de telle sorte qu’il
ne reçoit des autres conducteurs ou de leurs assureurs que 50% du montant des préjudices
matériels qu’il a subis.

Paragraphe 2 :Les casde la faute du conducteur non propriétaire


Selon le 3ème alinéa de l’article 227 du Code CIMA, la faute du conducteur non
propriétaire d’un véhicule terrestre à moteur peut être opposée à son propriétaire en ce qui
concerne l’indemnisation des dommages causés à ce véhicule, seul restant alors à ce propriétaire
pour obtenir la réparation de son préjudice, un recours contre le conducteur fautif. Le Code CIMA
est innovateur à ce titre. Il reste constant cependant, en ce qui concerne la garantie des dommages
éprouvés par les véhicules que la qualité d’assuré ne se rattache généralement qu’au souscripteur
de la police d’assurance et au propriétaire du véhicule assuré, de telle sorte que le conducteur
autorisé non souscripteur du contrat d’assurance n’a pas la qualité d’assuré. Il n’en reste pas moins
vrai qu’en cas de dommages éprouvé par le véhicule par la faute de ce conducteur, l’assureur est
tenu d’effectuer sa prestation quitte à exercer par la suite une action récursoire contre le
conducteur fautif.
Au-delà de ces deux innovations, le Code CIMA reste dans l’ensemble conforme aux
procédés classiques d’indemnisation des préjudices matériels. C’est le cas notamment du régime de
la dette de droit commun qui se dégage du 1er alinéa de l’article 227 de ce code, et selon lequel la
faute du conducteur d’un véhicule terrestre à moteur entraîne la limitation ou l’exclusion de
l’indemnisation des préjudices matériels qu’il a subis.

SECTION 3 :LES REGLEMENTS S’EFFECTUANT DANS LE CADRE DE CONVENTIONS PROFESSIONNELLES


D’INDEMNISATION

75
Nous allons parler du but de ces conventions, puis présenter certaines d’entre elles.
Paragraphe 1 : Les principes généraux
Les sociétés d’assurance peuvent conclure entre elles des conventions d’indemnisation
ayant pour but d’accélérer l’indemnisation des personnes assurées exclusivement en
Responsabilité Civile auprès de leurs services en leur évitant notamment d’attendre
préalablement l’aboutissement du recours exercé contre l’assureur du responsable de l’accident.
Paragraphe 2 : La convention « Expertises »
Elle a pour but d’accélérer la désignation d’un expert suite à un sinistre et de réduire
autant que faire se peut les délais d’expertise.
Chaque compagnie d’assurance signataire de cette convention s’engage en cas de
sinistre à faire procéder à l’expertise du véhicule de son client et à conserver à sa charge les frais
d’expertise qui en découlent.
L’expertise est obligatoire lorsque le montant des dommages excède un montant fixé
dans la convention à laquelle les compagnies adhèrent ; les conclusions de l’expert ne peuvent pas
être contestées lorsque le montant des dommages qui ressort du rapport d’expertise est également
inférieur à un montant fixé dans la convention.
Paragraphe 3 : La convention « I.D.A. » (Indemnisation directe des Assurés)
Cette convention a pour but d’accélérer le règlement de petits dommages matériels
consécutifs à des accidents de la circulation. Elle est basée sur le principe selon lequel chaque
assureur qui y adhère, indemnise son propre assuré dans la mesure de la responsabilité du tiers en
lieu et place de l’assureur de ce dernier.
Par cette convention, les assureurs des responsables donnent mandat aux assureurs de
la responsabilité civile des victimes pour régler pour leur compte et selon le droit
commun, les dommages subis par ces derniers.
L’application de la convention I.D.A. entraîne donc pour l’assuré qui n’est pas
totalement responsable du sinistre, son indemnisation par son assureur pour la part de
responsabilité incombant à son adversaire. Cela veut dire qu’en cas de partage de
responsabilité, chacun des assureurs adhérant à la convention indemnise directement
son assuré proportionnellement à la responsabilité de son adversaire.
L’appréciation desresponsabilités et l’application du barème de responsabilité doivent
alors être faites de façon très rigoureuse afin que la somme des pourcentages de
responsabilité retenus par différents assureurs soit égale à 100.

76
Cas pratiques :
 Règlement de dommages matériels (cas des assurances dommages)
Exemple n° 1 :
Le coût de réparation à dire d’expert d’un véhicule assuré en dommages tous accidents est de F CFA
500 000. Le contrat prévoit pour cette garantie, une franchise de 10% par événement :
Base d’indemnisation = 500 000F CFA
Franchise = 50 000F CFA
Montant de l’indemnité = 450 000F CFA

Exemple n° 2 :
Nous reprenons l’exemple ci-dessus mais la franchise de 10% est assortie d’un minimum de 15 000
F CFA et d’un maximum de 45 000 F CFA :
Base d’indemnisation = 500 000F CFA
Franchise = 45 000F CFA
Montant de l’indemnité = 455 000F CFA

Exemple n° 3 :
Reprenons les termes des exemples ci-dessus, en supposant que la valeur du véhicule assuré en
dommages est de 4 000 000 F CFA alors que selon l’expertise la valeur de remplacement à neuf
avant sinistre est de 5 000 000 F CFA:

Montant de l’indemnité = 500 000 F CFAx = 400 000F CFA

Indemnité à payer = 400 000 F CFA– (400 000 x franchise 10%) = 360 000 F CFA

 Cas des assurances RC


I = (D1 + D2) x P
D1 = montants des réparations ;
D2 = montants consécutifs ;
P = pourcentage de responsabilité de l’assuré.

77
1) Le véhicule A a viré brusquement à gauche et a été percuté à l’arrière par un véhicule B qui était
en excès de vitesse.
Montant des dommages sur le véhicule A = 1 500 000F CFA
Montant des dommages sur le véhicule B = 500 000F CFA

2) Le véhicule A qui tentait un dépassement défectueux sur le véhicule B l’a percuté violemment
au flanc gauche et a fait plusieurs tonneaux.
Montant des dommages sur le véhicule A = 500 000F CFA
Montant des dommages sur le véhicule B = 2 800 000F CFA

3) Le véhicule A ouvre par imprudence sa portière gauche (pour faire débarquer un passager) qui a
heurté violemment un autre véhicule B
Montant des dommages sur le véhicule A = 900 000F CFA
Montant des dommages sur le véhicule B = 1 800 000F CFA

4) Un camion A en panne sur une chaussée en agglomération sans feux ni triangles de


signalisations s’est fait heurté à l’arrière par un autre camion B roulant à toute vitesse. Dès suite
de cet accident des dégâts importants ont été enregistrés sur les 2 camions.
Montant des dommages sur le véhicule A = 5 600 000F CFA
Montant des dommages sur le véhicule B = 4 200 000F CFA
5) Un véhicule A en sortant de son aire de stationnement pour monter sur la chaussée a heurté un
autre véhicule B. Les montants de réparation à dire d’expert sur les véhicules A = 3 500 000F
CFA ; sur B = 2 900 000 F CFA.
6) Un véhicule A passant au feu vert a été heurté par un autre qui vient de bruler le feu rouge.
Dommages sur le véhicule A = 700 000
Dommages sur le véhicule B = 900 000

CHAPITRE III :
L’INDEMNISATION DES PREJUDICEES CORPORELS

78
Afin d’accompagner convenablement la procédure d’indemnisation des préjudices corporels, des
règles de forme assez strictes ont été mises en place par le code CIMA.
Toutefois, l’on observe que dans la pratique les Compagnies d’assurances n’appliquent pas encore
ces règles conformément à la rigueur voulue par le législateur de la CIMA.

L’indemnisation suppose une phase préalable et obligatoire d’offre de transaction avant le


règlement des préjudices subis par la victime ou ses ayants droit.

Ainsi, ces règles de forme édictées par le législateur sont des dispositions d’ordre public qui
constituent pour l’essentiel des conditions substantielles de validité de la procédure d’offre
d’indemnité.

SECTION 1 : LA PROCEDURE OBLIGATOIRE D’OFFRE D’INDEMNISATION

Paragraphe 1 : La transmission du procès- verbal de constat


Le procès-verbal de constat joue un rôle central dans l’instruction d’un dossier sinistre automobile,
notamment lorsqu’il s’agit d’un accident corporel. En effet, seul ce document, qui constitue en
réalité un acte authentique, est en mesure d’établir un certain nombre de renseignements dont
l’assureur doit obligatoirement disposer pour les besoins de la procédure d’offre.
Dans la pratique, l’un des blocages des procédures d’offre d’indemnité réside dans les délais trop
longs de communication des procès-verbaux de constat aux compagnies d’assurance nonobstant les
dispositions de l’article 230 du code CIMA qui impartit un délai de deux(02) mois aux officiers et
agent de la Police Judiciaire ayant constaté l’accident.

Paragraphe 2 : L’initiative de la procédure d’offre de transaction

1. Le Choix du meneur de l’offre de transaction


Il se fait différemment selon que la victime est ou n’est pas un conducteur au moment
de l’accident.

a. Cas où la victime est l’un des conducteurs impliqués dans l’accident


Dans ce cas, la procédure d’offre de transaction incombe tant pour les préjudices corporels que
matériels à :
i. L’assureur désigné par le barème de responsabilité lorsque la collision survient entre
deux (02) véhicules (disposition de l’article 269 alinéa 1 du Code CIMA).
Il s’agit de l’assureur qui assure la plus grande part de responsabilité selon le barème de
responsabilité annexé au code CIMA.

79
ii. L’assureur du véhicule dont le numéro de la plaque d’immatriculation est le plus faible
possible lorsque la collision survient entre plus de deux (02) véhicules (article 269, 2ème
alinéa du Code CIMA).
b. Cas où la victime n’a pas le statut de conducteur :
Ici aussi la détermination du meneur d’offre de transaction est faite selon que l’accident
met en cause un ou plusieurs véhicules :
i. Lorsqu’un seul véhicule est impliqué dans l’accident
L’initiative de la procédure de l’offre de transaction incombe à l’assureur de la Responsabilité Civile
(RC)du véhicule concerné, que la victime fut transportée dans ce véhicule ou heurtée, en se
déplaçant hors dudit véhicule, (article 267 alinéa 1er du Code CIMA).
ii. Lorsque plusieurs véhicules sont impliqués dans l’accident, nous distinguons aussi deux
(02) cas selon que la victime était transportée dans l’un des véhicules ou non.
1er Cas :
Si la victime était transportée dans l’un des véhicules, l’initiative de l’offre de transaction appartient
à l’assureur de la Responsabilité Civile (RC) du véhicule à l’intérieur duquel cette victime avait pris
place(article 268 alinéa 1 du Code CIMA).
Cependant, l’article 268, 3ème alinéa dispose que tout assureur dont la Responsabilité Civile (RC) de
son client est prépondérante peut revendiquer la gestion du dossier sinistre et donc la conduite de
la procédure de l’offre de transaction.

2ème Cas :
Si la victime n’était pas transportée dans l’un quelconque des véhicules au moment de l’accident,
s’il s’agissait donc d’un piéton, d’un cycliste, d’un cavalier, etc. l’initiative de la procédure de l’offre
de transaction incombe à l’assureur du véhicule qui a heurté la victime(article 268 alinéa 2 du Code
CIMA).

2. La responsabilité du meneur d’offre de transaction


L’assureur à qui incombe la responsabilité du meneur d’offre jouit de la qualité de
mandataire des assureurs pour le compte de qui il intervient. Il reçoit légalement mandat pour agir
en leur nom comme s’il s’agissait de ses propres intérêts ; article 270 alinéa 2 du Code CIMA.
A cet effet, il peut procéder au règlement du sinistre quitte à exercer un recours contre les autres
assureurs étant précisé d’ailleurs que le règlement qu’il effectue dans le respect du Code CIMA ne
peut donner aucunement lieu à contestation de leur part, article 273 du Code CIMA.
Mais les éventuels intérêts de retard restant seuls à sa charge article 270, 2ème alinéa du Code CIMA.

80
Paragraphe 3 : L’échange d’informations
Le code CIMA a institué un échange d’informations entre l’assureur, la victime et le tiers payeur, le
cas échéant.
a. Information de la victime par l’assureur : le contenu de la 1ère correspondance et de la
lettre d’offre de transaction

Dans sa volonté de protéger davantage la victime, le code CIMA a exigé des mentions obligatoires
qui ont pour but, dans la phase préliminaire de la transaction, de lui rappeler ses droits.
Ce rôle incombe à l’assureur à travers les correspondances qu’il envoie à la victime ou à ses ayant
droits durant la phase précédant l’offre proprement dite, et les rédacteurs du Code ont pris le soin
de distinguer les informations qui doivent être fournies dès la première correspondance de celles
qui doivent l’être dans l’offre d’indemnité.

1. Le contenu de la lettre d’offre de transaction


 Lors de la première correspondance, l’assureur est tenu d’informer la victime qu’elle peut
obtenir de la part de la Compagnie d’assurances sur simple demande et sans frais, une copie du
procès-verbal d’enquête de la force publique. De même il doit lui rappeler qu’elle peut se faire
assister à ses propres frais du conseil de son choix. Toutefois, même en présence d’un conseil,
les chèques et autres moyens de paiements devront être libellés exclusivement aux noms de la
victime et/ou des ayants droit.
Il est important de préciser que ces mentions sont obligatoires à peine de nullité relative de la
transaction qui pourrait intervenir par la suite.
Toujours dans le cadre de cette première correspondance, l’assureur est tenu d’indiquer à la
victime le nom de la personne qui est chargé du suivi de son dossier. Il doit par ailleurs lui
rappeler les conséquences susceptibles de découler pour elle d’un défaut de réponse ou d’une
réponse incomplète(Art 232 et 242 ducode CIMA).
 Dans le cadre de l’offre d’indemnité à proprement parler, son contenu doit indiquer deux types
de mentions selon l’article243 : d’une part, l’évaluation de chaque poste de préjudice et les
sommes qui reviennent au bénéficiaire, et d’autre part, les limitations ou exclusions
d’indemnisation.

Par ailleurs, à travers cette correspondance relative à l’offre d’indemnité, l’article 235 impose à
l’assureur l’obligation d’informer la victime qu’elle peut, par lettre recommandée avec
demande d’avis de réception, dénoncer la transaction dans les quinze jours de sa conclusion
pour des motifs de non-respect des dispositions du code.
Des conditions de forme s’attachent à la reproduction de ces dispositions puisqu’elles doivent
apparaître en caractères très apparents sous peine de nullité relative de la transaction.

Enfin, l’offre d’indemnité doit indiquer outre les mentions exigées par l’article 231, les créances
de chaque tiers payeur et les sommes qui reviennent au bénéficiaire. Elle est accompagnée de la
copie des décomptes produits par les tiers payeurs.

81
2. Les délais d’offre de transaction
Indépendamment de la réclamation que peut faire la victime, l’assureur qui garantit la
Responsabilité Civile (RC) d’un véhicule terrestre à moteur est tenu de présenter dans un délai de
six (06) mois à compter du jour de l’accident, une offre d’indemnité à la victime qui a subi une
atteinte à sa personne. En cas de décès de la victime, l’offre est faite à ses ayant droits tels qu’ils
sont définis dans les articles 265 et 266 dans les six (06) mois du décès.
L’offre d’indemnité présentée ne saurait être inférieure au montant qui résulterait de l’application
des modalités de calcul des articles 260 et suivants du Code CIMA. L’absence de présentation
d’offre dans les délais sus mentionnés, est passible des sanctions administratives prononcées par la
commission.
L’offre comprend tous les éléments indemnisables du préjudice, y compris les éléments relatifs aux
dommages, aux biens lorsqu’ils n’ont pas fait l’objet d’un règlement préalable.
Elle peut avoir un caractère provisionnel lorsque l’assureur n’a pas dans les six (06) mois de
l’accident, été informé de la consolidation de l’état de la victime. L’offre définitive d’indemnisation
doit alors être faite dans un délai de deux (02) mois suivant la date à laquelle l’assureur a été
informé de cette consolidation.
En cas de pluralités de véhicules, et s’il y a plusieurs assureurs, l’offre est faite par l’assureur désigné
par la procédure d’indemnisation pour compte d’autrui visée aux articles 267 et suivants, ou par
l’assureur saisi comme il est dit ci-après, s’il est différent de l’assureur désigné conformément aux
articles 267 et suivants.
La victime directe ou ses ayants droit ont la faculté de saisir l’assureur garant de la responsabilité
civile du véhicule terrestre d’une demande motivée d’indemnisation. Celui-ci dispose d’un délai de
30 jours pour répondre à cette demande. Les dispositions qui précèdent ne sont pas applicables aux
victimes à qui l’accident n’a occasionné que des dommages aux biens.

3. Les sanctions en cas d’offre de transaction


La présentation tardive de l’offre de transaction entraîne des pénalités pour l’assureur. En effet,
selon les dispositions de l’article 233 du code CIMA, lorsque l’offre n’a pas été faite dans les délais,
le montant de l’indemnité est de plein droit majoré des intérêts de retard égal à 5% par mois de
retardpour la période qui s’étend de l’expiration du délai de présentation de l’offre au jour où cette
offre devient définitive.
Mais l’article 233 du code précise par ailleurs que la pénalité peut être réduite ou annulée si les
circonstances du retard ne sont pas imputables à l’assureur et notamment lorsqu’il ne dispose pas
de l’adresse de la victime.

b. Information de l’assureur par la victime

L’assureur ne peut faire une offre d’indemnité convenable que s’il a été correctement informé.
Aussi, les articles 240 et 241 du code énumèrent un certain nombre de documents et de
renseignements que la victime directe ou ses ayant droits sont tenus de fournir à l’assureur sur sa
demande.
Conformément à l’article 240, la victime blessée est tenue de fournir à l’assureur les
renseignements et documents ci-après :
- Nom et prénoms ;
- Date et lieu de naissance ;
- Activité professionnelle et adresse de son employeur ou de ses employeurs ;

82
- Montant des revenus professionnels avec leurs justificatifs ;
- Description des dommages corporels avec copie du certificat médical initial et autrespièces
justificatives en cas de consolidation;
- Description des dommages aux biens ;
- Identité des personnes à charge au moment de l’accident ;
- Liste des tiers payeurs appelés à lui verser des prestations ;
- Adresse où les correspondances doivent être adressées ;
- Pièce d’état civil ;
- Extrait d’acte de naissance ;
- Acte de mariage.
Si la victime est décédée et que l’offre d’indemnité doit être présentée à ses ayants droit, chacune
des personnes mentionnées à l’article 265 est tenue de fournir à l’assureurles renseignements et
documents ci-après :
- Nom et prénoms ;
- Date et lieu de naissance ;
- Nom et prénoms, date et lieu de naissance de la victime;
- ses liens avec la victime ;
- Activité professionnelle et adresse de son employeur ou de ses employeurs ;
- Montant des revenus professionnels avec leurs justificatifs ;
- Description de son préjudice, notamment les frais de toute nature qu’elle a exposés du fait
de l’accident ;
- Liste des tiers payeurs appelés à lui verser des prestations ;
- Adresse où les correspondances doivent être adressées ;
- Certificat de décès de la victime ;
- Jugement d’hérédité non frappé d’appel ;
- Certificat de vie des ayants droit ;
- Certificat de genre de mort ;
- Actes d’état civil des ayants droit et leurs pièces d’identité.

c. Information à l’égard des tiers payeurs

Avant l’avènement du code CIMA, le défaut de production rapide de ces informations relatives au
montant de la créance des tiers payeursretardait considérablement la procédure d’indemnisation.
Afin de remédier à cette situation, le code CIMA a contraint les tiers payeurs à produire leurs
créances dans un délai bien déterminé.
Ainsi les articles 254 et 255 qui organisent les recours des tiers payeurs, prévoient les modalités et
les délais de production de leurs créances. Dans tous les cas le défaut de production des créances

83
des tiers payeurs, dans un délai de six(6) mois à compter de la demande de l’assureur, entraine la
déchéance de leurs droits à l’encontre de l’Assureur et de l’auteur du dommage.
Cette obligation d’information de l’assureur par le tiers payeur a un double objectif. D’une part, il
s’agit de combattre la passivité des organismes sociaux dont la lenteur à faire connaître le montant
de leurs créances constitue souvent une source de retard et d’autre part, permettre à l’assureur de
prendre en compte ces prestations versées par les tiers dans le décompte final de l’offre
d’indemnité.
En effet, les prestations indemnitaires versées directement par les tiers payeurs aux victimes
constituent un élément de calcul des dommages subis par la victime et doivent par conséquent être
supportées par le responsable.
Par crainte d’effectuer entre les mains de la victime un paiement non libératoire, l’assureur a besoin
de connaître le montant de ces prestations afin de les déduire de l’offre qu’il doit lui faire.
En outre, le tiers payeur doit préciser à l’assureur pour chaque somme dont il demande le
remboursement la disposition législative, réglementaire ou conventionnelle en vertu de laquelle
cette somme est due à la victime.
Dans la pratique, des difficultés subsistent dans le cadre des remboursements des débours
consentis par les organismes sociaux dès lors que dans la plupart des cas, les montants arrêtés sur la
base du barème CIMA sont souvent inférieurs.
Sur le plan strictement juridique, le barème CIMA étant issu d’un traité, ce problème est réglé par le
principe découlant de la primauté de la norme communautaire sur la loi nationale.
Par conséquent, la plupart des assureurs cantonnent le remboursement des débours aux
organismes sociaux sur la base des plafonds prévus par le code CIMA.

Paragraphe 4 : La désignation d’un expert médico-légal

En cas d’examen médical pratiqué en vue de l’offre d’indemnité, l’assureur informe la victime
quinze jours au moins avant l’examen, de l’identité et des titres du médecin chargé d’y procéder, de
l’objet, de la date et du lieu de l’examen, ainsi que du nom de l’assureur pour le compte duquel il
est fait. Il informe en même temps la victime qu’elle peut se faire assister, à ses frais, d’un médecin
de son choix (article 244 du code CIMA).

Après l’examen médical de la victime, le médecin doit dans un délai de vingt jours adresser un
exemplaire de son rapport à l’assureur, à la victime et, le cas prétexte qu’ils en auraient l’ordre de la
part de l’assureur(article 245 du code CIMA).

Par ailleurs, un autre point qui traduit encore une fois la volonté manifeste des rédacteurs du code
de protéger les victimes, est celui relatif aux compétences du médecin examinateur.
En effet, aux termes de l’article 272, les médecins examinateurs doivent justifier d’un certain niveau
de compétence et d’expérience bien clairement défini par le code.
Par conséquent, il revient aux assureurs, d’opérer un choix objectif quant aux médecins experts
destinés à animer leur réseau d’expert médico-légal.

En cas de divergence sur le rapport d’expertise médicale, l’expert de l’assureur et celui de la victime
désignent d’un commun accord un tiers expert dont les conclusions s’imposent à tous. Dans pareille
situation, le délai imparti à l’assureur pour présenter l’offre d’indemnité est prorogé d’un
mois(article 252 bis du code CIMA).

84
SECTION 2 : LE REGLEMENT DES PREJUDICES CORPORELS
Le règlement des préjudices corporels varie selon qu’on est en présence de victime blessée ou
de victime décédée.

Paragraphe 1 : Les préjudices consécutifs à des blessures non mortelles (victimes blessées)

L’assureur procède ici à l’indemnisation directe de la victime selon les postes de préjudices
limitativement énumérés et prévus par les articles 258 à 263 du code CIMA. Il s’agit :

- Des frais médicaux


- De l’incapacité temporaire
- De l’incapacité permanente
- De l’assistance d’une tierce personne
- Du pretium doloris (souffrance physique) et du préjudice esthétique
- Du préjudice de carrière
a- Le remboursement des frais médicaux (article 258)

Le code CIMA prévoit deux types de frais médicaux : les dépenses présentes dont le
remboursement incombe à l’assureur qui les rembourse sur présentation des pièces justificatives
ou les prises en charges et celles futures.
Toutefois le plafond est limité à deux fois le tarif le plus élevé des hôpitaux publics du pays de
l’accident et en cas d’évacuation sanitaire justifiée par expertise, une fois le tarif le plus élevé des
hôpitaux publics du pays de l’accueil.
A la demande de la victime, l’assureur est tenu de lui délivrer une lettre de garantie pour la prise en
charge des frais médicaux (article 258 alinéa 3).
A ce niveau, force est de reconnaitre que dans la pratique, les victimes rencontrent de réelles
difficultés avant de se faire délivrer des lettres de prise en charge par les assureurs.
A la lumière de cette disposition, il apparaît que la lettre de prise en charge est un droit pour la
victime, et eu égard au contexte socio-économique dans lequel nous vivons, de réels efforts doivent
être consentis par les régleurs de sinistres pour leur délivrance.
Enfin, s’agissant des frais futurs raisonnables et indispensables au maintien de l’état de la victime
postérieurement à la consolidation, ils sont remboursés sur la base d’une évaluation forfaitaire
après avis d’un médecin expert.

Exemples de frais médicaux et pharmaceutiques

b- L’Incapacité Temporaire
Il y a incapacité temporaire de travail du fait que la victime se trouve dans l’obligation
d’interrompre le travail pendant un certain temps. L’incapacité temporaire de travail entraîne un
préjudice résidant dans la perte de revenu subie par la victime pendant la période d’inactivité.

85
La durée de l’incapacité temporaire est fixée par expertise médicale et elle couvre la période allant
de l’accident à la consolidation. Elle a pour objet de rembourser à la victime blessée la perte de
revenu qu’elle a subie.
La notion d’incapacité temporaire Totale a donné lieu à de nombreuses exégèses aboutissant à
plusieurs définitions et développements de la doctrine. Mais dans tous les cas, le contenu de la
notion d’ITT en droit commun doit tenir compte, à la fois de la spécificité de la réparation dans ce
régime, et à la fois des critères pragmatiques issus de la réalité de la vie quotidienne. Ces impératifs
amènent à proposer trois définitions différentes selon le type d’activité de la victime :
- Pour une personne exerçant une activité rémunérée, l’ITT correspond à la période
d’indisponibilité pendant laquelle, pour des raisons médicales en relation certaine, directe et
exclusive avec l’accident, la victime ne peut exercer son activité habituelle génératrice de
revenus.
- Pour un demandeur d’emploi, l’ITT correspond à la période d’indisponibilité pendant
laquelle, pour des raisons médicales en relation certaine, directe et exclusive avec l’accident,
la victime n’aurait pu exercer un emploi adapté à ses compétences.
- Pour une personne n’exerçant pas d’activité rémunérée, l’ITT correspond à la période
d’indisponibilité pendant laquelle, pour des raisons médicales en relations certaine, directe
et exclusive avec l’accident, la victime ne peut plus exercer ses activités habituelle.

Dans le cadre du code CIMA, l’article 259 reprend ces différents paramètres à travers les critères
d’évaluation de ce chef de préjudice qui sont les suivants :
- Pour les personnes salariées, sur le revenu net (salaires, avantages ou primes de nature
statutaire) perçu au cours des six mois précédant l’accident ;
- Pour les personnes non salariées disposant de revenus, sur les déclarations fiscales des deux
dernières années précédant l’accident ;
- Pour les personnes majeures ne pouvant justifier de revenus, sur le SMIG mensuel.

Dans les deux premiers cas, l’indemnité mensuelle à verser est plafonnée à six fois le SMIG annuel
du pays ou s’est produit l’accident ou s’il est plus élevé, le SMIG du pays de l’espace CIMA où la
victime a sa résidence habituelle.
Le SMIG s’entend pour le pays sur le territoire duquel s’est produit l’accident.
c- L’Incapacité Permanente (Article 260)

L’incapacité permanente, avec la recherche de ses éléments constitutifs et celle de ses


conséquences, correspond à la partie la plus importante de l’expert. Il en est ainsi parce que cet
aspect du dommage conditionne en grande partie l’indemnisation, mais encore et surtout, parce
que c’est à son sujet que l’expert va rencontrer les plus grandes difficultés d’appréciation.
L’Incapacité Permanente, selon la définition du Pr Dérobert, lors des Journées d’Etude du Comité
Européen des Assurances en 1963, représente « La réduction du potentiel physique, psycho
sensoriel ou intellectuel résultant d’une atteinte à l’intégrité corporelle d’un individu dont l’état est
considéré comme consolidé. »
De manière traditionnelle, la réparation de ce chef de préjudice vise à compenser la diminution des
capacités physiologiques ou fonctionnelles, et même si le code ne le dit pas expressément, la baisse
des aptitudes intellectuelles.

86
De même, l’incapacité permanente peut avoir aussi une composante économique et morale en
fonction de l’importance du taux arrêté par le médecin.
Comme nous pouvons le constater, l’IPP est un poste de préjudice assez complexe car telle qu’elle
est définie elle tient compte à la fois du préjudice physiologique (non économique) et dupréjudice
professionnel (économique).
Le degré de l’invalidité permanente doit être évalué par des médecins ayant reçu une formation en
médecine légale c'est-à-dire titulaire d’un diplôme d’études médicales relatives à la réparation de
préjudices corporels.
Dans le cadre du code CIMA, trois préjudices sont indemnisés au titre de l’incapacité permanente :

1- Le préjudice physiologique

Le taux d’incapacité, fixé par expertise médicale, tient compte ici de la réduction de capacité
physique.
Le degré de l’invalidité permanente est évalué par un médecin ayant reçu une formation en
médecine légale c'est-à-dire titulaire d’un diplôme d’études médicales relatives à la réparation de
préjudices corporels.
Le médecin fait son évaluation sur la base du barème figurant dans le code CIMA.
L’indemnité prévue est calculée suivant l’échelle de points d’incapacité mentionnés dans un tableau
annexé au code CIMA(Article 260-a).

Exemple :
Si nous considérons une victime âgée de 49 ans, à qui le médecin alloue une IPP de 25 %, la valeur
d’un point pour une personne blessée de 49 ans ayant une IPP de 25 % correspond dans le tableau
de l’article 260-adu code CIMA à un indice de 14. Le produit de cet indice va être multiplié par
l’unité de valeur. Le tableau indique que la valeur du point d’IP est donnée en pourcentage du SMIG
annuel.
Ainsi,si l’accident est survenu au Bénin, le SMIG mensuel est de : 40 000 FCA et le SMIG annuel de
40 000 F CFA x 12 = 480 000 F CFA
La valeur du point sera de 480 000 F CFAx 14% =67 200 F CFA
L’indemnité à verser à la victime sera de 67 200 F CFAx 25 = 1 680 000 FCFA

2- Le préjudice économique

Selon le 4ème alinéa de l’article 260 du Code CIMA, le préjudice économique causé par l’incapacité
permanente ne donne lieu à une indemnisation que lorsque le taux de cette incapacité permanente
se chiffre à 50% au moins.
L’indemnité est calculée :
- Pour les salariés en fonction de la perte réelle et justifiée
- Pour les actifs non-salariés, en fonction de la perte de revenus établie et justifiée.
- Pour les actifs non-salariés ne pouvant justifier de revenu, sur la base du SMIG annuel.

87
Dans tous les cas, l’indemnité est plafonnée à dix fois le montant du SMIG annuel du pays où s’est
produit l’accident, ou, s’il y est plus élevé, du pays de l’espace CIMA où la victime a sa résidence
habituelle.
Selon l’interprétation retenue:
Le préjudice économique est indemnisé selon les conditions suivantes :
 La victime est atteinte d’un taux d’incapacité permanente d’au moins 50% ;
 La victime apporte la preuve d’une perte de revenus, lorsqu’il est un salarié ;
 Pour les actifs non-salariés, sur la base du SMIG.
Ces deux conditions sont cumulatives. Les victimes dont le taux d’incapacité permanente est d’au
moins 50% et qui ne peuvent pas apporter la justification de leur perte de revenus, sont exclues du
bénéfice du préjudice économique.
Exemple :
M. AKOBA âgé de 40 ans a eu un accident et son taux d’incapacité est évalué à 70 % ; il est un agent
commercial du Courtier ASSUR-INTER et a un revenu mensuel moyen de 500 000 F CFA.
Après le sinistre dont il a été victime, il ne peut plus faire la prospection et est réduit au montant
fixe de son salaire qui est de 350 000 F CFA.
N.B. M. AKOBAa 40 ans à la date de sa consolidation et il lui reste 25 ans pour jouir de sa retraite.
Calculer ce qu’il recevra au titre de l’invalidité permanente.
 Composante physiologique :
Valeur d’IP = (40 000F CFA x 12) x 17% = 81 600 F CFA
Nombre d’IP : 70
Composante physiologique de l’IP = 81 600F CFA x 70 = 5 712 000 F CFA
 Composante économique :
Revenu mensuel avant sinistre = 500 000 F CFA
Revenu mensuel après sinistre = 350 000 F CFA
Perte de revenu mensuel subi = 500 000 F CFA - 350 000 F CFA = 150 000 F CFA
Age de départ à la retraite = 65 ans
M. AKOBA ayant 40 ans, le prix du franc de rente correspondant à son âge dans le barème de
capitalisation des rentes temporaires limitées à 65 ans est de : 11,330
Composante économique est de : (150 000 F CFA x12) x 11,330 = 20 394 000 F CFA
Selon le dernier de l’article 260, l’indemnité au titre du préjudice économique est plafonné à dix
(10) fois le SMIG annuel, soit : (40 000 F CFA x 12) x 10 = 4 800 000 FCFA
La composante économique à retenir est donc de : 4 800 000 FCFA
Composante économique = 4 800 000 FCFA

88
Invalidité permanente : 5 712 000 F CFA+ 4 800 000 F CFA = 10 512 000FCFA

3- Le préjudice moral

C’est la réparation du préjudice subi par la victime et résidant dans la douleur, le chagrin, les
angoisses ou inquiétudes qui lui sont causés par les blessures ou infirmités.
Ce préjudice n’est indemnisé que s’il est lié à l’attribution d’un taux d’incapacité permanente d’au
moins 80 %.
L’indemnité est fixée à deux fois le montant du SMIG annuel du pays où s’est produit l’accident, ou,
s’il y est plus élevé, du pays de l’espace CIMA où la victime a sa résidence habituelle.

Exemple :
Si M. AKOBA âgé de 40 ans avait un taux d’incapacité évalué par le médecin-expert à 80 %, son
invalidité permanente serait de :

 Composante physiologique :
L’indice qui correspond à 40 ans et 80 % d’IP est de : 18
Valeur d’IP = (40 000F CFA x 12) x 18% = 86 400 F CFA
Nombre d’IP : 80
Composante physiologique de l’IP = 86 400F CFA x 80 = 6 912 000 F CFA
 Composante économique :
Revenu mensuel avant sinistre = 500 000 F CFA
Revenu mensuel après sinistre = 350 000 F CFA
Perte de revenu mensuel subi = 500 000 F CFA - 350 000 F CFA = 150 000 F CFA
Age de départ à la retraite = 65 ans
M. AKOBA ayant 40 ans, le prix du franc de rente correspondant à son âge dans le barème de
capitalisation des rentes temporaires limitées à 65 ans est de : 11,330
Composante économique est de : (150 000 F CFA x12) x 11,330 = 20 394 000 F CFA
Selon le dernier alinéa de l’article 260, l’indemnité au titre du préjudice économique est plafonné à
dix (10) fois le SMIG annuel, soit : (40 000 F CFA x 12) x 10 = 4 800 000 FCFA
La composante économique à retenir est donc de : 4 800 000FCFA
Composante économique = 4 800 000 FCFA
 Composante morale : Deux fois, le SMIG annuel, soit (40.000 F CFA x 12) x2 = 960 000 F CFA
Composante morale= 960.000 FCFA

89
Invalidité permanente : 6 912 000+ 4 800 000 F CFA + 960.000 F CFA = 12 672 000 F CFA

d- L’assistance d’une Tierce Personne (Article 261)

Une indemnité doit être allouée à ce titre lorsque l’importance de l’infirmité est telle que
des aides soient nécessaires à la victime pour l’accomplissement des actes essentiels de la vie
courante (déplacement, alimentation).
Selon l’article 261 du code, la victime n’a droit à cette indemnisation qu’à la condition que le taux
d’incapacité permanente soit au moins égal à 80 % et l’assistance doit faire l’objet d’une
prescription médicale expresse confirmée par expertise.
Sous ce rapport, il est loisible de relever que les conditions posées pour bénéficier d’une prise en
charge au titre de ce chef préjudice sont réellement draconiennes (80% d’IP au moins). Ceci traduit
la volonté des rédacteurs du code de n’accorder l’assistance d’une tierce personne qu’aux victimes
qui en ont réellement besoin et éviter ainsi tout abus.
L’indemnité allouée à ce titre est plafonnée à 50% de l’indemnité fixée pour l’incapacité
permanente.

Exemple :
Dans le cas précédent, M. AKOBA a 80% d’incapacité permanente et l’indemnité qui lui est due au
titre de l’IP est de : 12 672 000 F CFA.
L’indemnité qui lui est due au titre de l’assistance d’une tierce personne est de :
12 672 000 F CFA x 50 % = 6 336 000 F CFA.

e- La souffrance physique ou Pretium Doloris (Article 262)

Il appartient au médecin expert d’apprécier l’importance des souffrances endurées du fait des
lésions initiales et de leur traitement afin de permettre au régleur de déterminer le Pretium Doloris
« prix de la douleur ».
Le Pretium Doloris est l’indemnisation du préjudice subi par la victime en raison des souffrances
physiques qu’elle a ressenties des suites des blessures qu’elle a eues lors de l’accident et des soins
douloureux (intervention chirurgicale, séances de rééducation, …etc.) reçus jusqu’à la consolidation
de la victime.
Le pretium doloris est qualifié par expertise médicale et indemnisé selon le barème ci-dessous
exprimé en pourcentage du SMIG annuel :

1- Très léger 5
2- Léger 10
3- Modéré 20
4- Moyen 40
5- Assez important 60
6- Important 100
7- Très important 150
8- Exceptionnel 300

90
Le SMIG s’entend pour le pays sur le territoire duquel s’est produit l’accident, ou, s’il y est plus
élevé, pour le pays de l’espace CIMA où la victime a sa résidence habituelle.
Exemple :Le pretium doloris de M. AKOBA est qualifié d’exceptionnel
Pretium doloris exceptionnel= 300 % du SMIG annuel
Indemnité au titre du pretium doloris = 480.000 F CFA x 300% = 1.440.000 F CFA

f- Le Préjudice esthétique (Article 262)

Il résulte de la persistance de séquelles disgracieuses et visibles consécutives à l’accident. L’impact


du préjudice esthétique varie en fonction de plusieurs facteurs tels que le sexe, l’âge, la situation
matrimoniale de la victime, le contexte socioprofessionnel …etc.)
La qualification du préjudice esthétique se fait également par expertise médicale et la
détermination de l’indemnité correspondantese fait de la même manière que pour le pretium
doloris.

Exemple : Le préjudice esthétique M. AKOBA est qualifié d’assez important


Préjudice esthétique « assez important » = 60% du SMIG annuel
Indemnité au titre du préjudice esthétique= 480.000 F CFA x 60% = 288 000 F CFA
g- Le Préjudice de Carrière(Article 263)

Il s’entend :
1- Soit de la perte de chance certaine d’une carrière à laquelle peut raisonnablement espérer un
élève ou un étudiant de l’enseignement primaire, supérieur ou leur équivalent
2- Soit de la perte de carrière subie par une personne déjà engagée dans la vie active.

Dans le premier cas, l’indemnité à allouer ne saurait dépasser douze mois de bourse officielle de la
catégorie correspondante.

Dans le second cas, l’indemnité est limitée à six mois de revenus calculés et plafonnés à trente-six
fois le SMIG annuel du pays de l’accident, ou, s’il y est plus élevé, du pays de l’espace CIMA où la
victime a sa résidence habituelle. Elle se calcule de la manière suivante :

- En ce qui concerne les salariés, les revenus sont évalués, sur la base des revenus
nets (salaires, avantages ou primes) qu’ils ont perçue au cours des six mois
précédant l’accident.
- En ce qui concerne les personnes non-salariés, les revenus sont évalués sur la base
des déclarations fiscales de deux années précédant l’accident.
- En ce qui concerne les personnes majeures ne pouvant justifier d’un revenu, le
SMIG annuel sert de base pour le plafonnement de l’indemnisation au titre de la
perte de carrière.

91
Les indemnités ci-dessus ne peuvent être cumulées.
En cas de désaccord entre l’assureur et la victime sur la réalité du préjudice, ces indemnités sont
fixées dans les limites ci-dessus par le juge compétent. Le désaccord ne saurait faire obstacle au
règlement des autres indemnités.

[Link] préjudices que nous venons d’étudier sont les seuls indemnisables conformément à l’article
257 du code CIMA. Ainsi, les nombreux préjudices qualifiés quelque fois par certains médecins
légistes comme le préjudice d’agrément, le préjudice scolaire, le préjudice juvénile, lepréjudice
sexuel….etc. ne sont pas prévus par le code.

Cas pratique
Monsieur Rémi âgé de 35 ans est marié et père de 3 enfants. A la suite de l’accident dont il a
été victime le 02 mars 2005, son médecin traitant dresse un rapport d’expertise médical après
consolidation qui donne les informations ci-après. Taux d’IP = 85% ; pretium doloris et préjudice
esthétique très important ; incapacité temporaire de travail ITT = 3 mois.
Monsieur Rémi vous adresse un courrier prouvant sa perte de revenu réel et justifié de
500 000 F CFA son salaire étant réduit du fait de l’accident de 800.000 F CFA à 300.000 F CFA.

Travail à faire
1) Décrire les différentes étapes de la procédure d’offre ;
2) Calculer le montant de l’indemnité qu’il recevra de l’assureur du civilement responsable?

Correction
SMIG du Cameroun = 36.270 FCFA
1) Les différents chefs de préjudice indemnisables :

a) FMP
b) ITT
PP

c) IP PE si TIP ≥ 50%
PM si TIP ≥ 80%

d) Assistance d’une tierce personne


e) La perte de carrière
f) Le pretium doloris
g) Le préjudice esthétique
h) Le PM de la conjointe ou du conjoint

92
PREJUDICES MONTANT PLAFOND INDEMNITES
1°) FMP : Absence de justificatifs 0F 0F
2.400.000 F Plafond mensuel 6 x 2.400.000 F
2°) ITT : 3 x 800.000 F 435.240 = 2.611.440 >
800.000

3°) IP 85%
a) IPP = valeur de points en % du SMIG 7.029.126 F _ 7.029.126 F
annuel x nombre de point
= 435.240F x 19% x 85

b) IPE = perte de revenu annuel x le franc


de rente temporaire
Correspondant à son âge dans le 69.627.000 P = 10 x SMIG annuel 4.352.400 F
tableau de rente temporaire limité à 4.352.400 F
l’âge de départ à la retraite
= 500.000F x 12 x 11,612

c) IPM = 2 x 435.240F= 2 x le SMIG annuel


870.480 _ 870.480
∑( a ; b ; c) = 7.029.126F + 4.352.400F
+870.480F = 12.252.006F

4°) Assistance d’une tierce personne (ATP) 6.126.003 _ 6.126.003


I ATP = 50% x ∑des préjudices au titre de l’IP =
50 % x 12.252.006 F
P = 36 x SMIG annuel
5°)Perte de Carrière (PC) I PC = 6 x 800.000 F 4.800.000 F P= 36 x 435.240 4.800.000 F
P = 15.668.640

6°) Le Prétium Doloris (I PD) = 435.240 x 150 % 652.860 F _ 652.860 F

7°) Le Préjudice esthétique IPE = 435.240 x 150 652.860 F _ 652.860 F

8°) Préjudice Moral de la conjointe 2x 435.240 870.480 F _ 870.480 F

Indemnité Totale 27.754.209 F

Paragraphe 2 :Les préjudices consécutifs au décès de la victime

Les différents postes de préjudices indemnisables au titre de l’indemnisation des victimes par
ricochet sont : les frais funéraires (a), le préjudice économique (b) et le préjudice moral (c).

93
a- Les frais funéraires

L’article 264 du Code CIMA dispose que les frais funéraires sont remboursés sur présentation des
pièces justificatives et plafonnés à deux fois le SMIG annueldu pays de l’accident, ou, s’il y est plus
élevé, du pays de l’espace CIMA où les funérailles ont lieu (article 264 du code CIMA). Il s’agit de
tout ce qui tourne autour des funérailles de manière générale (habillement du corps, transport au
lieu d’enterrement, cercueil, sépulture, …etc.)., mais aussi de nos us et coutumespropres à chaque
terroir.
Il est clair que l’assureur ne remboursera pas tous ces frais qui peuvent être très importants dans
certaines régionsdu fait, du plafond de garantie prévu par l’article 264.
Malgré les contestations de certains ayants droit qui trouvent ce plafond dérisoire par rapport aux
frais funéraires réellement supportés pour l’organisation des funérailles, ce plafond est maintenu
jusqu’à présent car, en réalité les obsèques luxueuses doivent être supportées par le patrimoine
familial, l’assureur n’apportant qu’une contribution.

Il faut préciser aussi que les frais de traitement avant le décès(frais médicaux et d’hospitalisation
exposés avant le décès) sont remboursés par l’assureur sur la base des dispositions de l’article 258
du Code CIMA.

b- Le préjudice économique

C’est le préjudice financier que subissent du fait du décès de la victime, les personnes qui vivaient
de ses ressources.
Nous proposons d’étudier dans un premier temps les ayants droit à l’indemnisation (1) avant
d’aborder les règles d’évaluation (2).

1- Les ayants droit à l’indemnisation du préjudice économique

Les personnes admises à recevoir une indemnisation au titre du préjudice économique sont en
premier lieu celles à l’égard desquelles le défunt était tenu d’une obligation alimentaire, en raison
du caractère légal de cette obligation. Il s’agit des conjoints et des descendants (enfants) de la
victime, mais aussi des ascendants. Eventuellement, les personnes qui établissent être en
communauté de vie avec la victime décédée peuvent prétendre à cette indemnisation.

 Le(s) conjoint(s) survivant(s)

Le conjoint survivant a droit à la réparation des préjudices économiques et moraux du fait du décès
de la victime, ce droit ne cessant qu’en même temps que le mariage (séparation de corps, divorce).
C’est ainsi que par exemple, ce droit reste toujours acquis à la femme séparée de fait de son mari
sans qu’aucune séparation de corps ou qu’aucun divorce n’ait été prononcé par les tribunaux,
puisque l’obligation alimentaire dont son époux est tenu vis-à-vis d’elle, demeure.

 Les descendants

94
La capitalisation dans le cadre de la détermination du préjudice économique revenant aux enfants
est limitée à vingt-cinq an pour les enfants mineurs et les enfants majeurs, si ces derniers justifient
de la poursuite d’études. L’objectif dans ce dernier cas d’espèce est de permettre à l’enfant
poursuivant des études supérieures, de pouvoir continuer à s’assurer sa formation.
S’agissant par contre des enfants majeurs ne justifiant pas d’études supérieures, ils sont considérés
par le code CIMA comme devant être autonomes financièrement, d’autant plus que l’obligation
alimentaire des parents disparaît avec la majorité.
Toutefois, un simple constat de notre réalité sociale nous conduit à avoir un jugement moins
tranché, loin d’une application stricte des règles juridiques dans toute la rigueur qui les caractérise.
En effet, il est indéniable que dans nos pays, la dépendance financière vis-à-vis des parents perdure
bien après la majorité.
Enfin il est à noter que rentrent dans la catégorie des descendants indemnisables au titre du
préjudice économique aussi bien les enfants légitimes que ceux adoptés ou naturels (un enfant
adopté est assimilé à un enfant légitime ; un enfant naturel est un enfant issu de parents qui n’ont
pas un lien de mariage).

 Les ascendants
Jusqu’en 1999 ils n’avaient droit qu’au préjudice moral. Tenant compte de la réalité de nos sociétés,
le législateur communautaire a modifié l’art. 265 en incluant les ascendants parmi les bénéficiaires
du préjudice économique.
Ainsi, le père et la mère ont un droit d’indemnisation pour les préjudices de toutes sortes que leur
cause le décès de la victime.
Ils ont droit à la réparation du préjudice économique, même s’ils sont des parents naturels. Il est à
préciser que le droit à l’indemnisation des parents naturels demeure, même s’ils ne reconnaissent
l’enfant naturel qu’après son décès et ce malgré le caractère contestable de cette décision en raison
du caractère notoirement intéressé de cette reconnaissance.
Par contre, les parents adultérins n’ont droit à aucune indemnisation du fait du décès du défunt,
dans la mesure où ils ne peuvent pas se prévaloir de leurs œuvres immorales pour bénéficier d’une
indemnisation (un enfant adultérin est un enfant issu de deux personnes dont l’une au moins est dans
un lien de mariage).

 Les personnes lésées à la charge de la victime

Cette catégorie de bénéficiaires est prévue par l’article 229 du code CIMA. Il s’agit de personnes
justifiant d’une communauté de vie avec la victime et qui étaient à sa charge avant l’accident.
Le dernier alinéa de l’article 229 précise qu’en cas de décès de la victime directe, la personne lésée
par ricochet est assimilée, selon son âge, à un enfant majeur ou mineur et sera indemnisée en
fonction de ce critère.
Il en résulte en particulier que les concubines de la victime peuvent prétendre à une indemnisation
suite à l’accident, si elles remplissent les conditions posées par l’article 229 du Code CIMA.

95
2- Les règles d’évaluation du préjudice économique

Le préjudice économique étant le préjudice financier que subissent du fait du décès de la victime,
les personnes qui vivaient de ses ressources, l’indemnité due est égale au produit du prix du franc
de rente correspondant à l’âge du bénéficiaire au moment du décès de la victime par un
pourcentage de ses revenus annuels variant en fonction du nombre d’enfants qui étaient à sa
charge.

Deux critères entrent en ligne de compte pour déterminer cette indemnisation. Il s’agit :

 du montant des revenus de la personne décédée : à ce niveau, les moyens de preuve pour
les établir et les quantifier sont les même que ceux utilisés pour l’évaluation de l’incapacité
temporaire.
Dans l’hypothèse où les ayants droit ne sont pas en mesure de justifier les revenus du
décédé, l’assiette de calcul sera le SMIG annuel.
 la durée de la période pendant laquelle l’obligation alimentaire aurait été
vraisemblablement maintenue.
Pour les enfants, cette période va jusqu’à la majorité ou dans certains cas que nous avons déjà
analysés, jusqu’à l’âge de vingt-cinq ans.
Pour le(s) conjoint(s) et les ascendants, on considère que cette obligation alimentaire devait être
maintenue jusqu’à leur décès. Il faut donc se référer aux tables de conversion dont les calculs
tiennent compte de l’espérance de vie en fonction du sexe et de l’âge.
Pour les personnes lésées à la charge de la victime qui sont assimilées selon leur âge à un enfant
majeur ou mineur, lorsqu’ils sont majeurs, ils n’ont pas droit au préjudice économique ; lorsqu’ils
sont des mineurs, la limite est portée à vingt-cinq ans.

Conformément au barème de l’article 265 du Code CIMA :


 Jusqu’ à quatre (04) enfants à la charge, laclé de répartition en pourcentage du revenu
annuel de la victime à capitaliser selon l’âge du bénéficiaire est le suivant :
 Pour les conjoints 40% des revenus annuels de la victime ;
 Enfants orphelins simples 30% des revenus annuels de la victime ;
 Enfants orphelins doubles 50% des revenus annuels de la victime ;
 Ascendants 5% des revenus annuels de la victime.
 Au-delà de quatre (04) enfants à la charge :
 Pour les conjoints 35% des revenus annuels de la victime
 Enfants orphelins simples 40% des revenus annuels de la victime ;
 Enfants orphelins doubles 50% des revenus annuels de la victime ;
 Ascendants 5% des revenus annuels de la victime.
 Clé de répartition sans conjoint(s) sans enfant :

96
 Pour les conjoints 0% des revenus annuels de la victime ;
 Enfants orphelins simples 0% des revenus annuels de la victime ;
 Enfants orphelins doubles 0% des revenus annuels de la victime ;
 Ascendants 25% des revenus annuels de la victime.
 Clé de répartition avec conjoint(s) et sans enfants :
 Pour les conjoints 40% des revenus annuels de la victime ;
 Enfants orphelins simples 0% des revenus annuels de la victime ;
 Enfants orphelins doubles 0% des revenus annuels de la victime ;
 Ascendants 15%des revenus annuels de la victime.
 Clé de répartition avec enfants et sans conjoints
 Pour les conjoints 0% des revenus annuels de la victime ;
 Enfants orphelins simples 50% des revenus annuels de la victime ;
 Enfants orphelins doubles 60% des revenus annuels de la victime ;
 Ascendants 15%des revenus annuels de la victime.
Il est à préciser par ailleurs que les termes orphelins doubles désignent les enfants orphelins
de père et de mère.
Les indemnités obtenues par les différentes catégories de bénéficiaires en application des
taux ci-dessus se répartissent de façon égalitaire à l’intérieur de ces différentes catégories.
Les enfants mineurs et majeurs n’ont droit au préjudice économique que jusqu’à l’âge de 25 ans
lorsqu’ils poursuivent des études. Cf Règlement CIMA N°0002/CIMA/PCMA/PCE/2014 modifiant
certaines dispositions du Code CIMA.
Lorsque la victime laisse à la fois des orphelins simples et des orphelins doubles, le rapport du
revenu à capitaliser pour l’ensemble des enfants est celui qui est associé aux enfants orphelins
doubles.
L’indemnité globale due par l’assureur au titre du préjudice économique est plafonné à quatre-
vingt-cinq fois le montant du SMIG annuel de l’Etat membre sur le territoire duquel l’accident est
survenu, ou, s’il y est plus élevé, du pays de l’espace CIMA où la victime avait sa résidence
habituelle.
Exemple
M. Barnabas est décédé à l’âge de 45 ans suite à un accident de la circulation.

97
L’accident est survenu le 31 mars 2000 à Allada. Il a laissé deux (02) veuves, la 1ère du nom de Marie
a 35 ans, la 2ème Germaine a 48 ans. Il laisse également deux (02) enfants orphelins simples. Le 1er
René, âgé de 15 ans est inscrit au Collège Père Aupiais, la 2ème Rosalie de 23 ans est inscrite à
l’UCAO. Le revenu annuel de M. Barnabas est estimé à 1 800 000 ; le SMIG mensuel est de 40.000 F
CFA.
Déterminer le préjudice économique de ses ayants droit
Solution
1. Préjudice économique des conjoints
Préjudice économique des veuves : 1 800 000 F CFA x 40% =720 000 F CFA
Préjudice économique Marie = (720 000 F CFA / 2) x 13.807 = 4 970 520 F CFA
Préjudice économique Germaine = (720 000 F CFA / 2) x 12.339 = 4 442 040 F CFA
2. Préjudice économique des enfants
Préjudice économique des descendants :1 800 000 F CFA x 30% =540 000 F CFA
Préjudice économique René= (540 000 F CFA/ 2) x7,151 = 1 930 770 F CFA
Préjudice économique Rosalie = (540 000 F CFA / 2) x 1,819 = 491 130F CFA
Somme des préjudices économiques = 11 206 710 F CFA< au plafond de 85 fois SMIG annuel qui
est de : 85 x (40.000 F CFA x 12) = 40.800.000F CFA

2ème Exemple
Supposons que toutes autres données restent inchangées mais le SMIG du pays où le sinistre a eu
lieu est égal à 10 000 F CFA / mois (C’est un cas d’école).
Solution
Le plafond étant de 85 fois SMIG annuel, il serait de :85 x (10 000 F CFA x 12) = 10 200 000 F CFA
Ainsi,Préjudice économique Marie= 4 970 520 x 10 200 000 / 11 206 710 = 4 524 013 F CFA
Préjudice économique Germaine= 4 442 040 x 10 200 000 / 11 206 710 = 4 042 967 F CFA
Préjudice économique René= 1 303 020 x 10 200 000 / 11 206 710 = 1 185 957F CFA
Préjudice économique Rosalie=491 130 x 10 200 000 / 11 206 710 = 447 007F CFA
Somme des préjudices économiques = 10 200 000 F CFA

3ème Exemple

98
Supposons que M. Barnabas ait laissé en plus des deux autres enfants, un enfant orphelin double,
cet enfant nommé Rémi est âgé de 22 ans et poursuit ses études supérieures (les autres données
restant inchangées).
Solution
Préjudice économique Marie= 4 970 520 F CFA
Préjudice économique Germaine = 4 442 040 F CFA
Préjudice économique des descendants :1 800 000 F CFA x 50% =900 000 F CFA
Préjudice économique René= (900 000 F CFA/ 3) x7,151 = 2 145 300 F CFA
Préjudice économique Rosalie = (900 000 F CFA/ 3) x 1,819 = 545 700F CFA
Préjudice économique Rémi = (900 000 F CFA/ 3) x2,641 = 792 300F CFA
Somme des préjudices économiques = 12 198 360 F CFA

c- Le préjudice moral

Le préjudice moral est la souffrance que l’on ressent à la suite de la perte d’un être cher. Il découle
de cette définition que le préjudice moral a un caractère purement subjectif.
Le code CIMA limite les bénéficiaires de ce préjudice. Ainsi, seul le préjudice moral du (des)
conjoint(s), des enfants mineurs, des enfants majeurs, des Ascendants et des frères et sœurs de la
victime décédée est indemnisée. A ces catégories, il faudra y ajouter les tiers lésés justifiant d’une
communauté de vie avec la victime.
Les indemnités sont déterminées selon le barème ci-après exprimé en pourcentage du SMIG
annuelconformément à l’article 266 du Code CIMA :

Bénéficiaire En rapport du SMIG annuel


Conjoint 150%
Enfants mineurs 100%
Enfants majeurs 75%
Ascendant 1er degré 75%
Frères et sœurs 50%

Le Code CIMA précise par ailleurs que :


1. L’indemnité globale due par l’assureur au titre du préjudice moral des veuves ne peut
excéder en cas de pluralité de ces dernières, six (6) fois le SMIG annuel (article266 du
Code CIMA).

99
2. L’indemnité globale de tous les ayants droit au titre du préjudice moral ne peut excéder
vingt (20) fois le SMIG annuel.
3. Les tiers lésés sont assimilés aux enfants pour l’indemnisation de leur préjudice moral.
Le SMIG est celui du pays sur le territoire duquel s’est produit l’accident, ou, s’il y est plus élevé,
pour le pays de l’espace CIMA où la victime a sa résidence habituelle.

1erExemple : Reprenez le cas ci-dessus et calculez le préjudice moral de chaque ayant droit.

Solution :
SMIG annuel = 40.000 F CFA x 12 = 480.000 F CFA
Préjudice moral Marie = 480.000F CFA x 150% = 720.000 F CFA
Préjudice moral Germaine = 480.000 F CFA x 150% = 720.000 F CFA
Plafond/Préjudice moral des veuves = 6 fois le SMIG annuel, soit : 480.000 F CFA x 6= 2.880.000 F
CFA
Préjudice moral René = 480.000F CFA x 100% = 480.000 F CFA
Préjudice moral Rosalie = 480.000F CFA x 75% = 360.000 F CFA
Somme des préjudices moraux = 2.280.000 F CFA< à 20fois SMIG annuel = 9.600.000F CFA.
On retient alors :  PM = 2.280.000 F CFA.

Travaux dirigés : exemple de règlement de sinistre corporel (victimes blessées et


décédées)
L’accident survenu le 21 mai 2006 devant la SOGEMA à Dantokpa et qui avait traumatisé toute la
population de ce marché international s’était soldé par un blessé grave, le tout puissant homme
d’affaires Papabillet et un mort, la richissime dame d’affaires Sikirath.
M. Papabillet, âgé de 35 ans est une victime blessée et le rapport du médecin-expert comporte les
informations ci-après :
IPP = 85% ; pretium doloris et préjudice esthétique = très importants ; incapacité temporaire de
travail = 6 mois. Une prescription de l’assistance d’une tierce personne.
M. Papabillet est un homme d’affaires et des déclarations faites au fisc ces deux dernières années, il
ressort que son revenu mensuel est de francs CFA 350 000.
Suite aux infirmités de son époux qui a vu son chiffre d’affaires chuté de 50% à cause de l’accident,
MmePapabillet ne cesse d’être angoissée sur les incertitudes du lendemain.

100
Mme Sikirath qui est aussi une femme d’affaires et qui n’a jamais fait de déclaration de chiffre
d’affaires aux impôts, est décédée sur les lieux de l’accident laissant derrière elle, un veuf et trois
enfants.

Le certificat de vie et de charges des enfants comporte les renseignements suivants :


MlleDeen ………………………………………………………………………………. 12 ans
M. Ousmane ………………………………………………………………………….. 15 ans
M. Sikirou …………………………………………………………………………….. 19 ans
Kamal, le veuf …………………………………………………………………………. 45 ans
Procéder au règlement de ces sinistres.

101
CHAPITRE IV :
LA COMPETENCE JURIDICTIONNELLE

SECTION 1 : LA COMPETENCE D’ATTRIBUTION


Suivant l’organisation de la justice au Bénin et sachant que la totalité des sociétés d’Assurance du
Bénin étant des sociétés commerciales, elles peuvent être assignées devant les juridictions civiles
par un assuré non commerçant, ou devant le Tribunal de Commerce par un assuré commerçant.
De la même manière, l'assureur intentera son action en paiement de primes, ou en nullité de
contrat devant le Tribunal d'Instance ou le Tribunal de Grande Instance si l'assuré est un simple
particulier, ou devant le Tribunal de Commerce si l'assuré est commerçant.

SECTION 2 : LA COMPETENCE TERRITORIALE (ART 30 CODE CIMA)


En qualité d’assuré, le tribunal compétent sera celui de votre domicile au moment de la
saisine. Mais, en cas d’accident, le tribunal compétent sera celui du lieu du fait dommageable.

Cela signifie que vous pourrez choisir entre :

• le tribunal du ressort de votre domicile

• le tribunal du fait dommageable

Par exemple, si vous vivez à Paris et que l’accident se produit à Marseille, vous pourrez saisir
le tribunal de Paris ou celui de Marseille.

Article 30 Code CIMA

« Dans toutes les instances relatives à la fixation et au règlement des indemnités dues, le
défendeur (assureur ou assuré) est assigné devant le tribunal du domicile de l’assuré, de quelque
espèce d’assurance qu’il s’agisse, sauf en matière d’immeubles ou de meubles par nature, auquel
cas le défendeur est assigné devant le tribunal de la situation des objets assurés.

102
Toutefois, s’il s’agit d’assurances contre les accidents de toute nature, l’assuré
peut assigner l’assureur devant le tribunal du lieu où s’est produit le fait
dommageable »

SECTION 3 : LES EXCEPTIONS

1- Litiges ayant un objet autre que la fixation et le règlement d'une indemnité d'assurance
(Compétence de Droit commun).

2- Litiges portant sur un meuble ou un immeuble : Lieu de situation du meuble ou de


l'immeuble.

3- Assurances garantissant les accidents de toute nature

Toutefois, s'il s'agit d'assurances contre les accidents de toute nature, l'assuré peut assigner
l'assureur devant le tribunal du lieu où s'est produit le fait dommageable.
II ne s'agit alors que d'une option de l'assuré.

4- Action directe de la victime :


La victime a le choix entre les règles de compétence territoriale du Code des Assurances et les
règles du Code de Procédure Civile.
Une Compagnie d'assurance peut être assignée non seulement au lieu de son siège social, mais
également devant la Juridiction du ressort dans lequel elle dispose d'une succursale ou d'une
agence ayant pouvoir de la représenter à l'égard des tiers, dès lors que l'affaire se rapporte à son
activité, ou que le fait générateur de responsabilité s'est produit dans ce ressort.

Exemple de Décisions de Justices rendues par les Juridictions du Bénin relatives à la compétence
territoriale.

Par assignation en date du 03/12/2008, Monsieur X a assigné la NSIA Bénin par devant le Tribunal
de Première Instance d’Abomey pour voir condamner celle-ci

Le Tribunal, par décision N° 37/08/-CM du 22/12/2008 s’est déclarée incompétente par application
des dispositions de l’article 30 du Code CIMA.

« Par ces motifs, statuant publiquement en matière civile moderne et premier ressort en la forme :

- Reçoit Monsieur X en son action ;


- Constate la violation de l’article 30 CC ;

103
- Se déclare incompétent à connaître de la présente cause ;
- Renvoie le demandeur à mieux se pourvoir ;
- Le condamne au dépend. »

Monsieur X a fait appel de cette décision et la cour d’appel d’Abomey, par arrêt 2010-
008/CH/CA/AB du 03/06/2010 a confirmé le jugement de première instance.

Monsieur X a pourvu en cassation contre l’arrêt et la Cour Suprême a décidé ainsi qu’il suit :

« La Cour après en avoir délibéré :

- Reçoit en forme le présent pourvoi ;


- Le rejette quant au fond ;
- Met les frais à charge de Monsieur X. »

Autre exemple de décision


Extrait de jugement n° 025/16/5ème CCM du 05 aout 2016

Par jugement n° 025/16/5ème CCM en date du 05 aout 2016 rendu par la 5ème chambre civile
moderne du Tribunal de Première Instance de première Classe de Cotonou statuant en matière de
droit civil moderne dans le dossier n°Coto/2014/RG/01045 de l’affaire opposant Joseph
DJOGBENOU (Mes DJIKUI, VLAVONOU-KPONOU, BADOU, DAVID, ANNASIDE) à la Centrale de
l’Automobile et de Matériel Industriel (CAMIN) SA (Me NATABOU et la NSIA BENIN SA (Mes
HOUNKPONOU, KOUNOU) ;

……………………...……..…Il a été décidé ce qui suit ;…………………………

……………………..……………..LE TRIBUNAL……………………………….

…………………..……………...PAR CES MOTIFS……………………………

Statuant publiquement, contradictoirement, en matière civile moderne et en premier ressort ;

- Se déclare compétent ;
- Reçoit DJOGBENOU Joseph en son action ;

104
- Déclare recevable l’intervention forcée de la Société NSIA BENIN SA à l’initiative de de
DJOGBENOU Joseph ;
Condamne la Centrale de l’Automobile et de Matériel Industriel (CAMIN) SA à payer la
somme de FCFA trente-deux millions (32.000.000) à DJOGBENOU Joseph en réparation du
préjudice par lui subi du fait du vice de fabrication ayant entrainé l’incendie du véhicule
sous garantie en principal outre les intérêts de droit au taux légal à compter du 04 mars
2014 ;

- Condamne par contre DJOGBENOU Joseph à restituer, à la société NSIA BENIN SA, la somme
de vingt millions deux cent quatre-vingt-dix mille (20.290.000) FCFA indûment perçue ;
- Rejette la demande de dommages et intérêts formulée par DJOGBENOU Joseph ;
- Ordonne l’exécution provisoire de la présente décision ;
- Déboute les parties du surplus de leurs demandes ;
- Condamne la Centrale de l’Automobile et de Matériel Industriel (CAMIN) SA aux dépens.

105
CHAPITRE V :
LE CONTENTIEUX EN ASSURANCE

La plus grande partie des contrats d'assurance s'exécute sans incident.

Le contentieux judiciaire n'est pas le seul mode de règlement des conflits en matière de droit des
assurances, parmi lesquels figurent en bonne place le règlement amiable, la médiation, ou
l'arbitrage.

Une infime partie connaît des difficultés qui nécessitent l'intervention des tribunaux, notamment en
cas de contestation sur l'application des garanties, des exclusions etc. mais c'est surtout dans le
contentieux de la responsabilité que l'assureur est le plus souvent assigné par la victime exerçant
son action directe, au côté de son assuré.

SECTION 1 : LES CAS DES DOMMAGES DIRECTS

Un litige avec votre assureur sur l’indemnisation d’un sinistre ou le montant d’une cotisation ?
Négocier avec votre assureur peut permettre d’aboutir à une solution amiable qui satisfera les deux
parties. Pour formaliser cet accord, une transaction est signée par chacune des parties, ce qui met
un terme au litige.

En cas de désaccord l’assureur doit être informé par lettre recommandée avec accusé de
réception pour attester que votre recours s’inscrit bien dans le délai de prescription de deux ans.

106
Si le litige persiste, vous pouvez saisir le médiateur, ou la Direction des Assurance ou même
l’association des sociétés d’Assurance du Bénin (ASA-Bénin).

Après avoir épuisé les voies de recours internes et sollicité en vain le médiateur des assurances, le
litige qui vous oppose à votre assureur demeure. Que faire ? Il faut vous résoudre à porter l’affaire
devant les tribunaux.

SECTION 2 : LES CAS DES LITIGES EN ASSURANCE RC

En l’absence d’accord, vous avez la possibilité de saisir les tribunaux.

1- La procédure obligatoire d’offre de transaction (article 231 cc)

« Indépendamment de la réclamation que peut faire la victime, l’assureur qui garantit la


Responsabilité Civile (RC) d’un véhicule terrestre à moteur est tenu de présenter dans un délai de
six (06) mois à compter du jour de l’accident, une offre d’indemnité à la victime qui a subi une
atteinte à sa personne. En cas de décès de la victime, l’offre est faite à ses ayant droits tels qu’ils
sont définis dans les articles 265 et 266 dans les six (06) mois du décès.

L’offre d’indemnité présentée ne saurait être inférieure au montant qui résulterait de


l’application des modalités de calcul des articles 260 et suivants du Code CIMA. L’absence de
présentation d’offre dans les délais sus mentionnés, est passible des sanctions administratives
prononcées par la commission.

L’offre comprend tous les éléments indemnisables du préjudice, y compris les éléments
relatifs aux dommages, aux biens lorsqu’ils n’ont pas fait l’objet d’un règlement préalable.

Elle peut avoir un caractère provisionnel lorsque l’assureur n’a pas dans les six (06) mois de
l’accident, été informé de la consolidation de l’état de la victime. L’offre définitive d’indemnisation
doit alors être faite dans un délai de deux (02) mois suivant la date à laquelle l’assureur a été
informé de cette consolidation.

En cas de pluralité de véhicules, et s’il y a plusieurs assureurs, l’offre est faite par l’assureur
désigné par la procédure d’indemnisation pour compte d’autrui visée aux articles 267 et suivants,
ou par l’assureur saisi comme il est dit ci-après, s’il est différent de l’assureur désigné
conformément aux articles 267 et suivants.

107
La victime directe ou ses ayants droit ont la faculté de saisir l’assureur garant de la
responsabilité civile du véhicule terrestre d’une demande motivée d’indemnisation. Celui-ci dispose
d’un délai de 30 jours pour répondre à cette demande. Les dispositions qui précèdent ne sont pas
applicables aux victimes à qui l’accident n’a occasionné que des dommages aux biens (véhicules et
objets transportés) »

Les sanctions en cas d’offre de transaction tardive

La présentation tardive de l’offre de transaction entraîne des pénalités pour l’assureur. En effet,
selon les dispositions de l’article 233 du code CIMA, lorsque l’offre n’a pas été faite dans les délais,
le montant de l’indemnité est de plein droit majoré des intérêts de retard égal à 5% par mois de
retard pour la période qui s’étend de l’expiration du délai de présentation de l’offre au jour où cette
offre devient définitive.

Mais l’article 233 du code précise par ailleurs que la pénalité peut être réduite ou annulée si
les circonstances du retard ne sont pas imputables à l’assureur et notamment lorsqu’il ne dispose
pas de l’adresse de la victime

2- La procédure judiciaire (article 239 cc)

« Lorsque l’assureur qui garantit la responsabilité civile et la victime ne sont pas parvenus à un
accord dans le délai prévu à l’article 231, l’indemnité due par l’assureur est calculée suivant les
modalités fixées aux articles 258 et suivants.

Le litige entre l’assureur et la victime ne peut être porté devant l’autorité judiciaire qu’à l’expiration
du délai de l’article 231.

Le juge fixe l’indemnité suivant les modalités fixées aux articles 258 et suivant »

108
CHAPITRE VI :
LE FONDS DE GARANTIE AUTOMOBILE

PRESENTATION DU FONDS DE GARANTIE AUTOMOBILE

Suite à la réunion du comité des experts de la CIMA tenue du 15 au 20 Avril 1999 à Dakar, il a été
inséré au code CIMA, un livre VI composé de deux articles qui institue un fonds de garantie
Automobile dans chaque Etat membre.
Le 25 septembre 2001, il y a eu le règlement N°0007/PCMA/CE/SG/CIMA/01 de la CIMA portant
fixation des modalités de fonctionnement du fonds de Garantie Automobile.
Au terme de l’article 600 du code CIMA, le fonds de Garantie Automobile est chargé, lorsque le
responsable des dommages demeure inconnu ou n’est pas assuré, sauf par l’effet d’une dérogation
légale à l’obligation d’assurance, de supporter, dans la limite des plafonds fixés par les textes de
chaque Etat membre relatifs audit Fonds, les frais médicaux et d’indemniser les victimes des
dommages résultant d’atteintes à leurs personnes nés d’un accident causé par un véhicule terrestre
à moteur en circulation, ainsi que ses remorques ou semi-remorques, à l’exclusion des chemins de
fer et des tramways.
Le Fonds de Garantie Automobile paie aux victimes ou à leurs ayants droit, les indemnités qui ne
peuvent pas être prises en charge à aucun autre titre, lorsque l’accident ouvre droit à réparation.
Le Fonds de Garantie Automobile créé dans un Etat membre de la CIMA prend en charge, dans les
conditions fixées par l’article 600 du Code des assurances, les indemnités dues aux victimes
d’accidents corporels ou à leurs ayants droit, lorsque ces accidents sont survenus sur le territoire
dudit Etat.

109
Les versements effectués au profit des victimes ou de leurs ayants droit et qui ne peuvent donner
lieu à une action récursoire contre le responsable des dommages ne sont pas considérés comme
une indemnisation à un autre titre au sens de l’alinéa 2 de l’article.
Les indemnités doivent résulter, soit d’une décision judiciaire exécutoire, soit d’une transaction
ayant reçu l’assentiment du Fonds de Garantie.

SECTION 1 : L’ORGANISATION ET LE FONCTIONNEMENT DU FONDS DE GARANTIE AUTOMOBILE


Paragraphe 1 : L’organisation du fonds de garantie
L’obligation d’assurance des responsables d’accidents de la circulation, apparaît comme
une très efficace protection des victimes.
Cependant, il peut arriver qu’un accident soit causé par un conducteur inconnu qui a
pris la fuite, ou non assuré. L’ultime recours des victimes réside alors dans l’intervention d’un Fonds
de Garantie Automobile, créé au Bénin par les décrets N° 2007-617 et 2007-618 du 31 décembre
2007 qui ont fixé son régime financier et son régime d’indemnisation.
Les statuts du fonds de Garantie Automobile du Bénin sont ceux d’une association accomplissant
des activités économiques dans les formes prescrites par la loi du 1er juillet 1901 relative au contrat
d’association.
Le fonds a adopté la forme d’une association d’assurance mutuelle.
Le fonds de Garantie Automobile du Bénin est un organisme à caractère social et à but
non lucratif, garant de la sécurité et de la protection des victimes d’accidents pour lesquels les
responsables demeurent inconnus ou ne sont pas assurés.
Le fonds de Garantie Automobile du Bénin est une association qui comprend des personnes
physiques et des personnes morales réparties dans les trois catégories suivantes :
Membres Fondateurs : Ont qualité de membres fondateurs, l’Etat béninois représenté par le
Ministère en charge des Assurances et toutes les entreprises d’Assurances qui étaient
agréées en République du Bénin au moment de la création du fonds pour opérer en
Assurance Responsabilité Automobile.
Membre Admis : Ce sont les personnes morales et les entreprises d’assurances opérant dans
la branche Automobile, qui adhèrent au fonds et s’acquittent de leurs droits d’adhésion. Les

110
entreprises d’assurances adhèrent au fonds dans les trois (03) mois qui suivent l’obtention
de leur agrément.
Membre d’honneur : Peuvent être membres d’honneur les personnes physiques ou morales
de bonne volonté qui apportent au fonds leurs services et leurs appuis intellectuels,
matériels ou financiers. Ils participent aux assemblées Générales en qualités d’observateurs.

Paragraphe 2 :Le fonctionnement du Fonds de Garantie Automobile


1. Conditions de saisine du Fonds
Peuvent prétendre au bénéfice des prestations du Fonds de Garantie Automobile, les
victimes d’accidents corporels causés par un véhicule terrestre à moteur, ses remorques ou
semi remorques, ou leurs ayants droit lorsque :
 L’auteur est inconnu ;
 L’auteur est connu mais non assuré ;
Les indemnités doivent résulter d’une décision judiciaire exécutoire ou d’une transaction
ayant reçu l’assentiment du Fonds de Garantie Automobile du Bénin.
Sont exclus du bénéfice des prestations du Fonds :
 Le conducteur du véhicule, pour les dommages qu’il a subis ;
 Les victimes se trouvant dans un véhicule volé ainsi que les complices du vol et, d’une
manière générale, toutes les personnes transportées dans le véhicule. Cette exclusion
n’est applicable que si le Fonds apporte la preuve de la connaissance du vol du véhicule
par les personnes transportées ;
 Les victimes des véhicules à deux roues non assurés.

2. Les sources de financement du fonds


Les ressources nécessaires au fonctionnement du Fonds de Garantie Automobile du
Bénin sont constituées :
 De la contribution des assurés ayant souscrit un contrat d’assurance de responsabilité
civile automobile ;

111
 De la contribution de l’Etat pour un montant à fixer chaque année par le Ministre des
Finances ;
 De la majoration des amendes forfaitaires prononcées contre les conducteurs de
véhicules non assurés ;
 Des pénalités mises à la charge des responsables d’accidents de la circulation qui ont
enfreint à l’obligation d’assurance de responsabilité civile automobile ;
 Des pénalités à la charge des entreprises d’assurances pour non reversement dans le
délai fixé, des contributions collectées pour le compte du Fonds ;
 De la contribution des sociétés d’assurance exploitant la branche automobile ;
 Des aides, subventions, dons et legs.

SECTION 2 : LES CONDITIONS D’INTERVENTION DU FONDS


Paragraphe 1 : Les conditions quant au responsable
L’intervention du Fonds de Garantie Automobile consiste à prendre en charge les
conséquences d’accidents mettant en jeu la responsabilité d’un auteur connu ou inconnu :
l’existence d’un auteur responsable est donc fondamentale. Cet auteur responsable de l’accident
peut être :
a) Responsable inconnu
La victime doit alors établir la preuve de la responsabilité de cet inconnu et seuls les dommages
corporels sont alors pris en charge par le Fonds de Garantie Automobile.
b) Responsable connu mais non assuré
La non-assurance pour absence de souscription d’un contrat est le cas le plus fréquent
de saisine de Fonds de Garantie Automobile, en raison du coût des primes. Il suffira tout
simplement à la victime d’établir la non-assurance de l’auteur responsable du sinistre.
c) Contrat résilié : l’absence d’assurance peut résulter de la résiliation du contrat. Mais il faut
rappeler que, en assurance automobile obligatoire, l’assureur ne peut résilier le contrat
après sinistre que si celui-ci a été causé par un conducteur en état d’imprégnation
alcoolique, ou si le sinistre a été causé par une infraction au code de la route entraînant une
suspension du permis de conduire d’au moins un mois, ou une décision d’annulation de ce
permis.

Paragraphe 2 : Les conditions quant aux victimes

112
a) La condition de nationalité
La victime doit justifier qu’elle est de nationalité béninoise.
b) Les autres conditions de la victime
Le Fonds de Garantie Automobile du Bénin, est un substitut du responsable. La victime doit donc
pouvoir invoquer un « droit à réparation » dans les termes de la législation béninoise sur la
responsabilité civile et établir qu’elle ne peut trouver une indemnisation complète à aucun titre.
 Les personnes exclues
On sait que selon le Code Civil, il n’existe pas de responsabilité envers soi-même : aussi
la victime responsable de son propre dommage est-elle exclue du bénéfice du Fonds de Garantie
Automobile. En pratique, trois hypothèses sont visées :

 Lorsque le dommage est causé par un véhicule terrestre à moteur impliqué, sont exclus
les dommages subis par le conducteur ;
 Lorsque le dommage est causé accidentellement « par des personnes circulant sur le sol
dans des lieux ouverts à la circulation publique », mais sans implication d’un véhicule
terrestre à moteur (piéton renversé par une bicyclette, un cheval, un chien, une planche
à roulettes, etc), sont exclus notamment le propriétaire ou le gardien de l’animal ou de la
chose au moment de l’accident ainsi que leurs ascendants, descendants et représentants
légaux de la personne morale propriétaire.
 En cas de vol d’un véhicule impliqué (ou de l’animal ou de la chose, cause de l’accident)
sont exclus le voleur, ses complices, et généralement « toutes les personnes
transportées dans le véhicule ou sur l’animal » si le Fonds de Garantie Automobile peut
prouver leur connaissance du vol.

113
Table des matières

114
Chapitre 1 : Généralités sur l’assurance automobile 1
Section 1 : L’assurance automobile dans l’ensemble des branches d’assurance 1
Paragraphe 1 : Distinction technique des assurances 1
Paragraphe 2 : Distinction juridique des assurances 2
Section 2 : L’obligation d’assurance automobile 3
Paragraphe 1 : Les principes de l’obligation d’assurance automobile 3
Paragraphe 2 : Les exclusions 7
Première partie : La production automobile 9
Chapitre 2 : La détermination des risques à assurer 10
Section 1 : Les garanties du contrat d’assurance automobile 10
Paragraphe 1 : Les garanties principales de base 10
Paragraphe 2 : Les garanties annexes 15
Section 2 : Déclaration des risques à assurer 17
Paragraphe 1 : La fiche d’information 17
Paragraphe 2 : Obligation de déclaration 17
Chapitre 3 : La tarification automobile 20
Section 1 : Les critères de tarification 20
Paragraphe 1 : Les critères propres aux véhicules 20
Paragraphe 2 : Les critères attachés au conducteur et à la zone géographique de circulation 22
Section 2 : Les autres déterminants du montant de la prime 23
Paragraphe 1 : Les règles particulières de tarification 23
Paragraphe 2 : Les règles de tarification des garanties dommages 29
Chapitre 4 : La finalisation du contrat d’assurance automobile 36
Section 1 : La conclusion du contrat d’assurance automobile 36
Paragraphe 1 : La formation du contrat d’assurance automobile 36
Paragraphe 2 : L’intervention du bureau central de tarification 39
Paragraphe 3 : Le paiement de la prime 40
Section 2 : La preuve et la présomption du contrat d’assurance automobile 43
Paragraphe 1 : Les moyens de preuve 43
Chapitre 5 : La vie du contrat d’assurance automobile 51
Section 1 : La modification du contrat d’assurance 51
Paragraphe 1 : Les conditions de la modification 51
Paragraphe 2 : L’initiative de la modification 52
Section 2 : Les délais de prescription du contrat d’assurance 57
Paragraphe 1 : La prescription biennale et quinquennale (art 28 du code CIMA) 57
Paragraphe 2 : Interruption de la prescription art 29 du Code CIMA 57
Deuxième partie : Le règlement sinistre 60
Chapitre 1 : La gestion des sinistres automobiles 61
Section 1 : La déclaration du sinistre 61
Paragraphe 1 : Le fondement et le délai de la déclaration du sinistre automobile 62
Paragraphe 2 : Les conséquences du non respect du délai de déclaration 63
Paragraphe 3 : Les supports de la déclaration de sinistre 63
Section 2 : L’instruction du dossier sinistre 64
Paragraphe 1 : Les pièces nécessaires pour l’instruction des dossiers sinistres 64
Paragraphe 2 : La vérification des garanties 68
Paragraphe 3 : La détermination du degré de responsabilité civile 68
Paragraphe 4 : L’expertise 71
Chapitre 2 : Le règlement des dommages matériels 74
Section 1 : Les facteurs influençant la détermination du montant des dommages dégagés 74

115
par les experts automobile
Paragraphe 1 : La valeur du véhicule 74
Paragraphe 2 : La vétusté des pièces à remplacer 74
Paragraphe 3 : La détermination de la base d’indemnisation des dommages causés aux
74
véhicules hors d’usage
Paragraphe 4 : Les autres préjudices consécutifs aux dommages matériels subis par les
75
véhicules
Section 2 : Le régime juridique issu du code CIMA pour la détermination des préjudices
77
matériels
Paragraphe 1 : Le cas d’impossibilité de partage de responsabilité 77
Paragraphe 2 : Les cas de la faute du conducteur non propriétaire 77
Section 3 : Les règlements s’effectuant dans le cadre des conventions professionnelles
78
d’indemnisation
Paragraphe 1 : Les principes généraux 78
Paragraphe 2 : La convention « Expertises » 78
Paragraphe 3 : La convention « I.D.A. » 78
Chapitre 3 : L’indemnisation des préjudices corporels 82
Section 1 : La procédure obligatoire d’offre d’indemnisation 82
Paragraphe 1 : La transmission du procès verbal de constat 82
Paragraphe 2 : L’initiative de la procédure d’offre de transaction 82
Paragraphe 3 : L’échange d’informations 84
Paragraphe 4 : La désignation d’un expert médico-légal 87
Section 2 : Le règlement des préjudices corporels 88
Paragraphe 1 : Les préjudices consécutifs à des blessures non-mortelles (victimes blessées) 88
Paragraphe 2 : Les préjudices consécutifs au décès de la victime 97
Chapitre 4 : La compétence juridictionnelle 105
Section 1 : La compétence d’attribution 105
Section 2 : La compétence territoriale 105
Section 3 : Les exceptions 106
Chapitre 5 : Le contentieux en assurance 109
Section 1 : Les cas des dommages directs 109
Section 2 : Les cas des litiges en assurance RC 109
Chapitre 6 : Le Fonds de Garantie Automobile 112
Section 1 : L’organisation et le fonctionnement du FGA 113
Paragraphe 1 : L’organisation du FGA 112
Paragraphe 2 : Le fonctionnement du FGA 114
Section 2 : Les conditions d’intervention du Fonds 115
Paragraphe 1: Les conditions quant au responsable 115
Paragraphe 2: Les conditions quant aux victimes 115

116

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