MRT Licence 2ème année– IAD Technologie réseaux mobile
Chapitre III : Interface radio
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Préparé par Mr. Mohamed HOUSSEIN
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Introduction
L’interface radio (Air interface) est l’interface entre la BTS et le mobile. C’est sans doute l’une
des parties les plus sophistiquées du système ; elle est riche en fonctions variées qui sont de
natures différentes. Elle offre surtout des ressources qui doivent être partagées.
Avant de rentrer dans le détail de ce cours, il est primordial de comprendre la notion de
fréquence.
• Quel élément rend tout ce système de communication possible ?
• C’est quoi une fréquence ? (Fréquence radio)
• Comment est-elle gérée ?
La réponse à cette question nous renvoie à deux grandes inventions de la fin du 20e siècle :
le réseau GSM et les bandes de fréquence.
De quoi s’agit-il exactement ?
Nous communiquons par la voix en modulant des ondes mécaniques issues de nos cordes
vocales, de grands physiciens comme Hertz, Tesla, Branly ou Marconi ont compris qu’il était
possible d’utiliser les ondes électromagnétiques pour transporter de l’information par la voie
des airs.
• Que ce qu’une Onde Électromagnétique ?
A la fin du XIXème siècle, la compréhension de l’électromagnétisme a conduit à la maîtrise de
l’électricité, qui a peuplé notre quotidien de sources artificielles de champ électromagnétique
(ou OEM).
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I. Les ondes radio
Alors que différents types d’OEM sont utilisables pour transporter de l’information à distance,
les plus répandues sont les ondes radio, également appelées radiofréquences.
Il s’agit d’un large spectre de fréquences comprises entre quelques dizaines de kilohertz à 300
gigahertz. A l’intérieur de ce spectre, des bandes de fréquence sont attribuées à chaque usage.
Cette répartition vise à assurer un service efficace à chaque utilisateur et à éviter le parasitage
des transmissions et communications, c’est-à-dire ne pas gêner les communications de la
police ou des pompiers, par exemple, avec un talkie-walkie de particuliers…
Par exemple, c’est la maîtrise des ondes radio qui a permis la naissance de la « télégraphie
sans fil » (TSF), puis de la radio, de la télévision et des formes modernes de télécommunication
: émetteurs de radio, TV, liaisons satellites, réseaux mobiles GSM…
Figure 1 : Le partage en fréquence
Comment les ondes radio transportent-elles l’information ?
Le principe de base est simple. D’un côté, un émetteur « code » un message en faisant varier
l’amplitude ou la fréquence de l’onde – un peu à l’image du morse. De l’autre côté, un
récepteur réglé sur la même longueur d’onde capte le signal et le décode pour le restituer sous
la forme voulue : sons, images, données…
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Figure 2 : Exemple de communication
Depuis la télécommande du salon jusqu’au satellite, tous les systèmes de télécommunication
sans fil s’appuient sur ce principe.
Maintenant que nous avons une idée de ce qu’est une onde électromagnétique, nous allons
nous focaliser sur la fréquence.
II. Qu’est-ce qu’une fréquence ?
Une fréquence est une onde électromagnétique qui se propage dans l’atmosphère et dont
on se sert dans la télécommunication pour assurer la diffusion d’informations à travers des
antennes de relai. Son unité est le mégahertz (MHz).
La formule ci-dessous nous donne la relation entre l’onde électromagnétique (identifié
comme la longueur d’onde ), la fréquence f, la célérité c’est la vitesse d’une onde
électromagnétique se propageant à la vitesse de la lumière c = 300 000 km/s dans le vide ; elle est
produite par une antenne et T, la période.
c=/T=×f
c Célérité, une constante égale à 300 000 km/s
Longueur d’onde (m)
T Période (en s)
F fréquence (Hz)
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Figure 3 : Le spectre de fréquence
La radio FM par exemple utilise des fréquences, variant entre 90 et 100 MHz.
La téléphonie mobile quant à elle, utilise deux bandes : l’une à 900 MHz et l’autre à 1800
MHz.
De la même manière que chaque station de radio ou bande FM se voit attribuer une
fréquence particulière, chaque communication utilise également une fréquence spécifique
(ou plutôt deux) :
▪ Une pour le trafic du téléphone vers l’antenne (UpLink).
▪ Une deuxième pour le trafic de l’antenne vers le téléphone (DownLink).
a) La notion de fréquence GSM dans la téléphonie mobile
Pour envoyer un signal jusqu’à une station de base, il faut avant toute chose que le
téléphone dont on se sert soit à la portée de cette antenne.
Cependant, la portée d’une antenne relais n’est que d’une trentaine de kilomètres et le
nombre de fréquences disponibles par antenne est limité. En pratique, cela se traduit par le
fait qu’une seule antenne installée au-dessus d’un site, couvrirait plus de 10 000 habitants
dans une zone, mais seuls quelques appels simultanés pourraient être possible.
Pour couvrir un espace géographique, un opérateur de téléphonie mobile (comme Djibouti
Télécom) doit donc commencer par installer un grand nombre d’antennes relais pour couvrir
tout le territoire qu’il veut desservir.
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b) Incompatibilité des bandes de fréquences européennes et américaines
En Europe, le GSM utilise les bandes de fréquence de 900 et 1800 MHz. Aux États-Unis, le
GSM utilise les bandes de fréquence de 850 et 1900 MHz. Voilà pourquoi les téléphones
mobiles utilisés aux États-Unis sont généralement incompatibles avec le réseau européen.
En revanche, l’Afrique, l’Asie et l’Europe ont des réseaux GSM parfaitement compatibles, car
elles utilisent toutes les trois des bandes de fréquence identiques.
Comment fait-on pour obtenir une fréquence GSM ?
En France, l’exploitation des bandes de fréquence est encadrée par l’ARCEP. C’est une
autorité administrative indépendante dont la responsabilité est d’encadrer le secteur de la
communication électronique et des postes.
Dans le secteur de la téléphonie par exemple, chaque bande de fréquence allouée
se subdivise en plusieurs canaux que l’autorité de régulation répartit aux différents
opérateurs mobiles (Orange, Bouygues Telecom, SFR, Free Mobile).
Ces canaux sont affectés à différentes fonctions. Ils peuvent être destinés au choix au :
▪ Transport des communications.
▪ Transport d’information de contrôle encore appelée signalisation.
Le choix d’une bande de fréquence ne se fait pas au hasard. Pour obtenir une bande
fréquence en France, il faut s’adresser à l’ARCEP et pour Djibouti, il faut s’adresser à l’Agence
de Régulation de fréquence du ministère de poste et des télécommunications.
c) Partage des ressources et accès multiple
Un système radio-mobile a besoin d’une partie du spectre radio pour fonctionner. La bande
dédiée par l’IUT au système GSM et à son extension DCS est spécifiée dans le tableau ci-
après.
Tableau 1 : Les bandes de fréquences du GSM
Pour que les ressources soient utilisées à bon escient, deux techniques sont adoptées :
- partage en fréquence (FDMA, Frequency Division Multiple Access)
- partage en temps (TDMA, Time Division Multiple Access)
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d) Le partage en fréquence
La bande allouée au GSM est divisée en canaux fréquentiels de largeur 200 kHz. Les
fréquences, allouées de façon différentes aux BTS sont souvent désignées sous le nom de
ARFC (Absolute Radio Frequency Channel).
Figure 4 : Le partage en fréquence
e) Le partage en temps
Chaque porteuse est divisée en intervalles de temps appelés Times slot dont la durée est
fixée à
Ts slot = 0.5769μ
Les slots sont regroupés par paquet de 8, formant ainsi une trame TDMA.
La durée d’une trame TDMA est donc de
T ms TDMA = 4.6152
Figure 5 : Le partage en temps
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f) La transmission sur l’interface radio : cas de la parole
Après avoir divisé le signal de parole en blocs de 20 ms, chaque bloc est codé (codage de
parole) en 260 bits qui subissent ensuite un codage de canal les conduisant à 456 bits de
parole protégée. Enfin vient la transmission où les 456 bits sont divisés en 8 blocs de 57 bits
(demi-burst) qui sont véhiculés à travers 8 trames TDMA. Chaque demi burst de paquet de
parole n° i est combiné avec un demi burst de la trame de parole n°i-1 correspondant aux 20
ms de paroles précédentes.
Figure 6 : La transmission d’une trame de parole sur 8 trames TDMA
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