DM de MPSI2
Corrigé de devoir non surveillé
Problème – Sur le calcul des variations
Partie A – Un lemme de du Bois-Reymond
A.1 1 est racine triple de P , donc 1 P (k) (1) = 0 pour tout k ∈ {0, 1, 2}. De plus,
P (X) = −(1 + X)3 (X − 1)3 = −(X − 1)3 (2 + (X − 1))3 = (X − 1)3 (−8 − 12(X − 1) − 18(X − 1)2 − (X − 1)3 ),
donc la formule de Taylor donne P (3) (1) = −48.
A.2 h|[−1,1] , h|[1,+∞[ et h|]−∞,−1] sont évidemment de classe C ∞ leurs domaines respectifs : les seuls problèmes
se posent en −1 et 1. Par parité de h, il suffit de considérer le cas de 1.
D’après la question précédente, h0g (1) = h00g (1) = 0 et h000
g (1) = −48.
Bien sûr, h étant identiquement nulle sur [1, +∞[, h0d (1) = h00d (1) = h000
d (1) = 0 : h est donc bien de classe C
2
mais non de classe C 3 sur R.
A.3 La fonction h convient pour (x0 , x1 ) = (−1, 1) : pour le cas général, il suffit de transporter le segment
−1
[−1, 1] sur [x0 , x1 ], par le paramétrage usuel ϕ : t ∈ [−1, 1] 7→ 1−t 1+t
2 x0 + 2 x1 : la fonction g = h ◦ ϕ répond
à la question.
A.4 Raisonnons par l’absurde, en supposant f non nulle en un certain x ∈ [0, 1] : par continuité de f , il
existe un segment [x0 , x1 ] inclus dans [0, 1], de longueur non nulle (i.e. x0 < x1 ), tel que f ne s’annule pas (et
garde donc un signe constant) sur ce segment. Avec les notations de la question précédente, et en prenant u = g,
obtient une fonction continue, de signe constant, non identiquement nulle, et d’intégrale pourtant nulle : c’est
absurde.
Partie B – Une condition nécessaire d’Euler-Lagrange
B.1
a Soit t ∈ R. On a
q(t) = J(f0 + tu)
Z 1
= (P (f0 (x) + tu(x)) + Q(f00 (x) + tu0 (x))) dx
0
R
1
X 0 P (k) (f0 (x))(u(x))k + Q(k) (f00 (x))(u0 (x))k dx
= tk
k!
k>0
d’après la formule de Taylor, donc q est bien polynomiale.
b D’après le calcul effectué ci-dessus :
Z 1
a1 = (P 0 (f0 (x))(u(x)) + Q0 (f00 (x))(u0 (x))) dx.
0
2 2
B.2 Pour tout réel t, f0 + tu ∈ Ea,b puisque f0 ∈ Ea,b et u ∈ E0,0 (2). Par hypothèse, la fonction q, dérivable
sur R car polynomiale, présente donc un minimum en 0, d’où q 0 (0) = 0, i.e. a1 = 0.
1. et P (3) (1) 6= 0, ce qui suffit pour répondre à la question suivante.
En effectuant une intégration par parties dans l’expression de a1 trouvée ci-dessus (licite car les fonctions
sont bien de classe C 1 ), on obtient
Z 1
a1 = (P 0 (f0 (x))(u(x)) + Q0 (f00 (x))(u0 (x))) dx
0
Z 1 Z 1
0 0 1 d
= P (f0 (x))u(x)dx + [Q − (f00 (x))u(x)]0 (Q0 (f00 (x)))u(x)dx
0 0 dx
Z 1
d
= P 0 (f0 (x)) − (Q0 (f00 (x))) u(x)dx.
0 dx
2
Comme a1 = 0, et ceci valant pour tout u ∈ E0,0 , le lemme de du Bois-Reymond permet de conclure :
d
∀ x ∈ [0, 1], P 0 (f0 (x)) = (Q0 (f00 (x))) .
dx
B.3
a Ici, P = 0 et Q = X 2 , donc l’équation différentielle correspondante est
(∆) 2y 00 = 0,
2
dont les solutions sont les fonctions affines, et donc l’unique solution de ∆ appartenant à E0,1 est Id [0,1] .
2
b Soit f ∈ E0,1 . On a J(Id [0,1] ) = 1 et, d’après l’inégalité de Cauchy-Schwarz :
Z 1 2 Z 1 Z 1
0 0 2
1= f (x)dx 6 1dx (f (x)) dx = J1 (f ),
0 0 0
2
donc J1 admet 1 pour minimum sur E0,1 et ce minimum n’est atteint qu’en Id [0,1] .
B.4
a Ici, P = 0 et Q = X 2 + X 3 , donc P 0 = 0, Q0 = 2X + 3X 2 , et dx
d
(Q0 (f 0 (x))) = 2f 00 (x) + 6f 0 (x)f 00 (x),
d’où l’équation différentielle
(∆) : 2y 00 + 6y 0 y 00 = 0.
Soit f une solution de ∆ : f 00 + 3f 0 f 00 = 0, donc f 0 + 23 (f 0 )2 est constant, puis f 0 prend au plus deux valeurs
(un polynôme de degré deux admet au plus deux racines), donc f 0 est constant d’après le théorème des valeurs
intermédiaires, puis f est affine : la seule solution de ∆ s’annulant R 1en 0 et en 1 est la fonction nulle.
b Soit λ ∈ R. Un calcul limite indécent nous informe que 0 (f 0 (x))3 dx 6= 0, de sorte que J2 (λf ) est un
2
polynôme en λ de degré 3 : son image est donc R, ce qui prouve que J2 n’admet pas de minimum sur E0,0 .
Partie C – Fonctions de carré intégrable
C.1 Supposons f minorée par un réel strictement positif c sur un voisinage [a, +∞[ de +∞. Pour tout x > a :
Z x Z a Z x Z a
f (t)dt = f (tdt) + f (t)dt > f (t)dt + c(x − a),
0 0 a 0
Rx
puis lim f (t)dt = +∞, ce qui est absurde : f n’est pas minorée par un réel strictement positif au voisinage
x → +∞ 0
de +∞.
C.2
a Soit x ∈ R+ . On a, par croissance de l’intégrale et de Ig
Z x Z x Z +∞
f (t)dt 6 g(t)dt 6 g(t)dt,
0 0 0
Rx
donc la fonction x 7→ 0 f (t)dt est croissante et bornée : elle admet une limite finie en +∞, et f est intégrable.
b On a, par linéarité de l’intégrale, If +g = If + Ig , donc If +g admet une limite finie en +∞, i.e. f + g
est intégrable.
C.3
a Comme f+ (x) = f (x)+|f 2
(x)|
et f− (x) = f (x)−|f
2
(x)|
pour tout réel x, f+ et f− sont bien continues. On
a de plus f+ 6 |f |, 0 6 −f− 6 |f | et |f | = f+ + (−f− ), d’où le premier résultat.
Soit x ∈ R+ . Z x Z x Z x
f (t)dt = f+ (t)dt − −f− (t)dt,
0 0 0
Rx
donc si f est intégrable, alors f (t)dt admet une limite finie lorsque x tend vers +∞.
0
C.4 L est une partie de l’espace vectoriel C 0 (R+ ), non vide, puisqu’il comprend la fonction nulle.
1
Soit f, g ∈ L1 , λ, µ ∈ R. Comme |λf + µg| 6 |λ||f | + |µ||g|, et que
I|λ||f |+|µ||g| = |λ|I|f | + |µ|I|g| ,
λf + µg est intégrable.
L1 est bien un R-espace vectoriel.
C.5
a Soit x ∈ R+ . On a :
Z x Z x 1/2 Z x 1/2
2 2
|f (t)g(t)|dt 6 f (t) dt g(t) dt 6 kf k kgk ,
0 0 0
donc |f g| est intégrable (I|f g| est majorée).
b Soit f, g ∈ L2 : (f + g)2 = f 2 + 2f g + g 2 est la somme de trois fonctions intégrables, et est donc aussi
intégrable. Bien sûr, pour tout λ ∈ R, λf ∈ L2 .
Ainsi, L2 (par ailleurs partie évidemment non vide de l’espace vectoriel C 0 (R+ )) est un R-espace vectoriel.
Partie D – Un exemple avec dérivée seconde
Rx
D.1 Notons g : t 7→ e−t . 0 e−t dt = 1 − e−x tend vers 1 quand x tend vers +∞, donc la fonction positive g
est intégrable.
ψ est clairement de classe C 4 , et ψ 2 6 g donc ψ 2 est intégrable en vertu de C.2.a.
Clairement, ψ 00 ∈ Vect(t 7→ e−t/2 cos(t), t 7→ e−t/2 sin(t)), donc (ψ 00 )2 est intégrable.
Finalement, on a bien ψ ∈ E.
D.2
a f f 00 est intégrable car f, f 00 ∈ L2 (cf. C.5.a).
Supposons que f f 0 tende vers +∞ en +∞. On montre alors que 21 f 2 , qui en est une primitive, tend également
vers +∞ en +∞, ce qui contredit l’intégrabilité de f 2 (cf. C.1).
b Pour tout x ∈ R+ , Z x Z x
x
(f 0 (t))2 dt = [f (t)f 0 (t)]0 − f (t)f 00 (t)dt,
0 0
x
donc si la quantité de gauche tendait vers +∞ quand x tend vers +∞, alors par intégrabilité de f f 00 , [f (t)f 0 (t)]0
tendrait également vers +∞ en +∞, ce qui n’est pas le cas.
Ceci montre que (f 0 )2 est intégrable,
D.3
a Soit A ∈ R∗+ :
Z A Z A
0 00 2
(f (x))2 − (f 0 (x))2 + (f 00 (x))2 dx
(f (x) + f (x) + f (x)) dx −
0 0
Z A
f 0 (x))2 + f (x)f 00 (x) + f 0 (x)f 00 (x) + f (x)f 0 (x) dx
= 2
0
Z A
= 2(f 00 (x) + f 0 (x))(f 0 (x) + f (x))dx
0
A
(f (x) + f 0 (x))2 0
=
= (f (A) + f 0 (A))2 − (f (0) + f 0 (0))2 ,
d’où le résultat.
b On sait que (f + f 0 + f 00 )2 est intégrable, ainsi que f 2 − (f 0 )2 + (f 00 )2 , donc (f (A) + f 0 (A))2 tend vers
une limite finie en +∞. Cette limite est nécessairement nulle, puisque (f + f 0 )2 est intégrable (si cette limite
était strictement positive, (f + f 0 )2 serait absurdement minorée par un réel strictement positif au voisinage de
+∞).
c En passant à la limite dans la formule trouvée en D.3.a (ce passage est justifié par la question précé-
dente), on obtient
Z +∞
2
J(f ) = (f (0) + f 0 (0))2 + (f (x) + f 0 (x) + f 00 (x)) dx > 0.
0
d En observant la nouvelle expression de J(f ), on constate que J(f ) > 0, et que J(f ) = 0 si et seulement
si f 0 (0) + f (0) = 0 et f est solution de y 00 + y 0 + y = 0 : le cours sur les équations différentielles linéaires
homogènes d’ordre 2 à coefficients constants nous montre que l’ensemble cherché est une droite vectorielle. De
plus, ψ est (non nulle,) solution de cette équation différentielle, et vérifie ψ 0 (0) + ψ(0) = 0, d’où le résultat
demandé.