LECON 6 : L’INDUSTRIE
Justification : Cette leçon permet d’installer chez l’apprenant les ressources en vue de
contribuer à la résolution de l’offre énergétique dans son milieu de vie.
Introduction : Le secteur industriel du Cameroun est diversifié et en phase de réhabilitation
grâce aux mesures d’ajustement structurel, à la dévaluation du FCFA (1994) et la
libéralisation de l’économie. Avec un énorme potentiel énergétique et des ressources minières
importantes, l’industrie camerounaise se positionne comme l’un des véritables leviers de
développement économique de notre pays.
I-Un énorme potentiel énergétique
Le réseau hydrographique très dense du Cameroun constitue un véritable atout pour booster
l’offre énergétique du pays. Aujourd’hui, le Cameroun possède le 2ème potentiel
hydroélectrique de l’Afrique subsaharienne (20gw) mais ce potentiel n’est encore que
partiellement mis en valeur. Dans le cadre de la vision d’émergence en 2035, l’Etat du
Cameroun s’est lancé dans la construction de barrages et centrales énergétiques : c’est le cas
de Lom Pangar, Mekin, Memvele, Natchtigal…
A-Les projets de première génération
1-Le barrage-réservoir de Lom-Pangar
Le barrage de Lom-Pangar induira l’exploitation des barrages hydroélectriques de Song-
loulou et d’Edéa lesquels seront susceptibles de générer une meilleure régulation de leurs
débit un surplus de puissances d’environ 17O mw. Il est cofinancé par plusieurs banques
telles que : la banque Mondiale (66 milliards), la banque européenne d’investissement (19,7
milliards), l’Etat camerounais… Une fois achevé, il réduira les variations saisonnières du
fleuve Sanaga avec une augmentation de 120 mw, ainsi que l’efficacité dans la production
d’électricité de toute future centrale hydroélectricité sur le fleuve. Il permettra aussi de
produire à faible cout 30 mw supplémentaire pour l’électrification rurale de la région orientale
du pays et créer environ 1500 emplois durant les travaux de construction.
2-Le Barrage hydroélectrique de Mékin
Le barrage hydroélectrique de Mekin financé à 85°/° par Eximbank China est construit sur le
Dja d’une puissance de 15 MW et d’une ligne d’évacuation d’énergie de 33 KM annoncé en
2015. La réalisation de cet ouvrage devrait permettre de délimiter une zone de pêche étendue
sur environ 8000 hectares pour un potentiel de production estimé à 500 tonnes par an.
3-Le barrage de Memve’ele
D’une capacité de 201 MW et situé dans le Sud Cameroun. Construit par la société chinoise
Sino-hydro, ce barrage fournira 200 MW supplémentaires et participera ainsi à la réduction du
déficit énergétique dont souffre le Cameroun. Financé en majorité par un prêt
d’Eximbank China.
4-La Centrale à gaz de Kribi
Le projet vise la construction d’une centrale à gaz naturel d’une capacité de 216 MW et d’une
ligne de transport d’énergie de 100 KM à Edéa-Kribi.
B-Les projets de seconde génération
1-La Centrale de Nachtigal
Le projet porte sur la construction par le groupe canadien Rio Tinto Alcan d’une centrale
hydro-électrique de 230-250 MW au site de Nachtigal. Ce projet s’inscrit dans le cadre de
l’extension de l’usine d’aluminium d’Edéa dont la capacité va passer des 100 milles tonnes
actuelles à 400 milles tonnes.
2-La Centrale de Song Mbenguè
Le projet porte sur la construction par le groupe Rio Tinto Alcan d’une centrale hydro-
électrique de l’ordre de 950 MW au site de Song Mbeguè sur le fleuve Sanaga et d’une ligne
de transport d’énergie vers Kribi. Il s’inscrit dans le cadre du projet de développement de la
filière bauxite-aluminium.
3-La Centrale de Noun-Wouri
Le projet de construction d’une Centrale hydro-électrique au site de Noun-Wouri d’une
capacité de 1200 MW. Une lettre d’intention a été signé entre le gouvernement et le groupe
sud-africain pour les études préliminaires et la réalisation dudit aménagement.
4-La centrale de Bini à Warak
Ce projet hydroélectrique a pour objectif de renforcer le réseau interconnecté Nord dans la
perspective d’une fourniture du Tchad en courant électrique d’une puissance de 75 MW. Une
énergie abondante, moindre cout et de bonne qualité est un levier incontournable de
développement.
5-Les centrales de Bakassi et Njock
Les Malaisiens par Asia Pacific Wing (APW) veulent construire deux barrages
hydroélectrique d’une capacité totale de plus de 120 MW à Bakassi et Njock.
6-Le projet hydroélectrique de Makay
Platinum Power, une filiale du capital-investisseur américain Brookstone Partners a signé un
accord-cadre avec le gouvernement camerounais pour le développement de la Centrale
hydroélectrique de Makay. Disposé d’une capacité de 400 KW.
II-Des réserves minières importantes
Le sous-sol camerounais dispose de nombreuses réserves minières dont les plus importantes
sont :
-Le fer à Kribi et dans la boucle du Dja ;
-La bauxite dans les gisements de Minim-Martap et Ngaoundal dans l’Adamaoua ; de Fongo-
Tongo-Bangan dans l’Ouest
-La cassité à Mayo-Darlé entre Foumban et Banyo ;
-L’or à Bétaré-Oya dans l’Est
-Diverses ressources déjà exploitées en carrière : calcaire à Figul dans le Nord, Mabre,
Pouzzole de Manjo et de Loum, divers sables et argiles ;
-Les eaux thermo-minérales du Golfe de Mamfé, de l’Adamaoua, du Littoral et des hauts
plateaux de l’Ouest. Autres minerais et pierres précieuses : cuivre,uranium, nickel chrome,
platine, plomb, manganèse, diamant…
III-L ’industrie brisée par la crise
Depuis quelques années, le Cameroun est fortement frappé par la crise socio-politique et
sanitaire. Les conséquences de ces diverses crises ont des effets néfastes au plan économique
mondial en général et sur les entreprises camerounaises en particulier. La situation s’est
aggravée au cours de ces derniers mois avec l’arrêt des activités par exemple de la SONARA
en 2019 à la suite d’un incendie et les mesures de confinement pour stopper le coronavirus.
Face à ces mesures, certaines entreprises ont réduits leur effectif tandis que d’autres ont plutôt
fermé leurs unités industrielles. Néanmoins le gouvernement a mis en place un dispositif
stratégique pour appuyer les entreprises.
IV-Les types d’industrie
1-Les industries lourdes
L’usine d’aluminium d’Alucam est l’une des premières industries lourdes du Cameroun. La
bauxite, importé de Guinée est transportée par le rail depuis le port de Douala et l’électricité
fournie par des puissants barrages hydroélectriques d’Edéa et de Song-loulou sur la Sanaga.
Les lingots d’aluminium sont exportés mais les plaques de laminage sont utilisées sur place
par la Socatral en vue de la fabrication de toitures et pour les besoins d’alubassa qui fabrique
des articles ménagers.
-la cimenterie : favorisée par l’expansion du batiment et des travaux publics, plusieurs usines
implantées au Cameroun, comblent les besoins nationaux : CIMENCAM, implanté à Douala
et Figuil ; Dangote, CIMAF
2-Les Agro-industries et des PME
a-Les agro-industries
Les industries Agroalimentaires sont celles qui font dans la transformation des produits
alimentaires ou la matière première agricole. Au Cameroun nous avons : Camlait, Sosucam,
Chococam, Sic-Cacao à coté de celles-ci on peut ajouter les huileries à Kaélé, Garoua,
Maroua, Dizangué… Les brasseries ne sont pas en reste représentées par la SABC à Douala,
Yaoundé, Bafoussam et Garoua, la Guinness à Douala, UCB à Douala
b-Les PME
Le secteur des PME tout comme celui industriel participe à la croissance économique de notre
pays. Elles constituent une source majeure d’emplois, de revenus et de recettes fiscales pour
l’Etat ; constituant 95°/° du tissu économique national, les PME font face à de grandes
contraintes : difficultés de garanties, contraintes de mobilisation des fonds propres, faiblesse
des indices de rentabilité. D’après les chiffres de l’INS datant de 2019, on dénombre 209.482
unités de PME recensées (79,2°/° très petites entreprises, 19,3°/° de petites entreprises, 1,3°/°
de moyennes entreprises, 0,2°/° de grandes entreprises) localisées majoritairement à Douala et
Yaoundé. Ce secteur contribue à 36°/° du PIB du Cameroun et regroupe plus de 60°/°
d’emplois décents.
Conclusion : Le Cameroun regorge d’énormes atouts pour faire décoller son secteur
industriel. Le Cameroun ne saurait rester éternellement un pays exclusivement agricole, le
moment est venu de conduire de manière méthodique et rationnelle l’industrialisation de notre
pays. Toutefois, malgré cette volonté politique, le secteur industriel connait toujours quelques
difficultés.