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Cours Analyse Fonctionnelle

Ce document est un polycopié de cours d'analyse fonctionnelle destiné aux étudiants de M1 en mathématiques à l'Université de Médéa. Il couvre des sujets fondamentaux tels que les espaces vectoriels, le théorème de Hahn-Banach, les théorèmes de Baire et Banach-Steinhaus, ainsi que les opérateurs compacts, avec des exercices pour renforcer la compréhension. L'objectif est de faire le lien entre les connaissances en topologie et les applications en analyse mathématique.

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République Algérienne Démocratique et Populaire

Ministère de l’Enseignement Supérieur et de la Recherche Scientifique


Université Yahia Fares de Médéa
Faculté des Sciences
Département de Mathématiques et d’ informatique

Analyse fonctionnelle :
Cours et exercices
Rédigé par :
Rafa Saïd

Destiné aux étudiants de M1 "Analyse Mathématique et Applications"

3 octobre 2022
TABLE DES MATIÈRES

1 Généralités et Rappels 5
1.1 Ensembles convexes . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 5
1.2 Espaces vectoriels normés . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 6
1.3 Opérateurs linéaires continus . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 11
1.4 Exercices . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 22

2 Théorème de Hahn-Banach 34
2.1 Introduction . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 34
2.2 Théorème de Hahn-Banach forme analytique . . . . . . . . . . . . . . . . . . 34
2.3 Théorème de Hahn-Banach forme géométrique . . . . . . . . . . . . . . . . . 43
2.3.1 Séparation des ensembles convexes . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 43
2.3.2 Première forme géométrique du théorème de Hahn-Banach . . . . . . 45
2.3.3 Deuxième forme géométrique du théorème de Hahn-Banach . . . . . . 48
2.4 Exercices . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 49

3 Théorème de Baire, théorème de Banach-Steinhaus 57


3.1 Théorème de Baire . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 57
3.2 Théorème de Banach-Steinhaus . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 59
3.3 Exercices . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 62

4 Théorème de l’application ouverte, théorème du graphe fermé, dualité, supplé-


mentaire topologique et relations d’orthogonalité 69
4.1 Théorème de l’application ouverte . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 69
4.2 Opérateur fermé et théorème du graphe fermé . . . . . . . . . . . . . . . . . . 74
4.3 Dualité et supplémentaire topologique . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 76
4.4 Opérateur inverse à droite . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 79
4.5 Relations d’orthogonalité . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 81
4.6 Exercices . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 87

5 Topologie faible et topologie faible-∗ 96


5.1 Topologie faible . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 96
5.1.1 Définition et propriétés élémentaires de la topologie faible σ(E, E 0 )
dans un espace de Banach . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 98
5.1.2 Topologie faible, ensembles convexes et opérateurs linéaires . . . . . . 105
5.2 Topologie faible-∗ σ(E 0 , E) . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 108
5.3 Théorème de Banach-Alaoglu-Bourbaki . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 110
5.4 Espaces réflexifs . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 112
5.5 Théorème de Kakutani . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 114

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TABLE DES MATIÈRES 3

5.6 Exercices . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 118


5.7 Exercices sur les espaces réflexifs . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 124

6 Espaces Lp et espaces de Hilbert : projection sur un convexe fermé non vide,


théorème de Riesz, théorème de Stampacchia et de Lax-Milgram et bases hil-
bertiennes 129
6.1 Rappels sur des résultats d’intégration . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 129
6.2 Espaces Lp . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 130
6.2.1 Définitions et propriétés élémentaires . . . . . . . . . . . . . . . . . . 130
6.2.2 Réflexibilité et dualité des espaces Lp (Ω) . . . . . . . . . . . . . . . . 132
6.2.3 Séparabilité des espaces Lp . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 134
6.2.4 Résumé . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 136
6.3 Espaces de Hilbert : Définitions et propriétés . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 136
6.3.1 Système orthogonal et système orthonormal . . . . . . . . . . . . . . . 141
6.4 Projection sur un convexe fermé . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 145
6.5 Théorème de : Riesz, Stampacchia, et lax-Milgram . . . . . . . . . . . . . . . 149
6.5.1 Théorème de Stampacchia . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 149
6.5.2 Théorème de Lax-Milgram . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 152
6.6 Bases hilbertiennes . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 153
6.7 Exercices sur les espaces Lp . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 154
6.8 Exercices sur les espaces de Hilbert . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 160

7 Opérateurs compacts : alternative de Fredholm, spectre d’un opérateur com-


pact et diagonalisation d’un opérateur compact auto-adjoint sur un espace de
Hilbert 167
7.1 Définitions, propriétés élémentaires et adjoints . . . . . . . . . . . . . . . . . 167
7.1.1 Convergence faible et les opérateurs compacts . . . . . . . . . . . . . . 175
7.1.2 Adjoint d’un opérateur dans les espaces de Hilbert . . . . . . . . . . . 176
7.2 Alternative de Fredholm . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 182
7.3 Théorie spectrale d’un opérateur compact . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 186
7.4 Diagonalisation d’un opérateur compact auto-adjoint sur un espace de Hilbert 194
7.5 Exercices . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 197

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TABLE DES MATIÈRES 4

Introduction
Ce polycopié s’agit d’un ensemble de cours d’analyse fonctionnelle qui ont été présentés
ces dernières années aux étudiants de première année master 1 filière analyse mathématique
et applications de la faculté des sciences de l’université de Médéa.
L’objectif de ce cours est de faire une transition entre les connaissances en topologie (en-
seigné en licence 2) qui est un des piliers dans la formation en analyse fonctionnelle, ainsi
que la mesure et intégrations vus en licence 3.
Nous rappelons que le contenu de ce polycopié est exactement le même proposé dans l’offre
de formation officiel applicable actuellement dans tous les départements de Mathématiques
des Universités Algériennes.
Venons-en à une description plus précise de ce que l’on trouvera dans ce polycopié.
Ce polycopié débute par le premier chapitre qui rassemblent une bonne partie des résultats
de base de Topologie tels que espaces métriques, espaces vectoriels normés et de Banach et
les opérateurs linéaires bornés et non bornés sur ces espaces qu’évidemment les étudiants de
Master 1 sont supposés connaître et qu’ils peuvent être amenés à utiliser dans différentes de
ce cours.
Dans le deuxième chapitre, on se tourne vers le théorème de Hahn-Banach forme analy-
tique et ses conséquences et la première et deuxième forme géométrique de ce théorème.
Quant au troisième chapitre, il est consacré aux théorèmes de Baire et Banach Steinhaus
qui sont des grands outils pour faire des démonstrations des divers théorèmes de l’analyse
fonctionnelle.
Le quatrième chapitre est consacré aux théorème de l’application ouverte et théorème du
graphe fermé.
Le chapitre cinq de ce polycopié traite une porte très importante dans le domaine de l’ana-
lyse et dans la recherche scientifique, il s’agit de la topologie faible et la topologie faible-∗ sur
les espace de Banach et de Hilbert, où on va citer plusieurs théorèmes importants comme le
théorème de Banach-Aloaglu-Bourbaki et de Kakutani et applications aux espaces fonction-
nels.
Le sixième chapitre comprend les espaces Lp et de Hilbert : Projection sur un convexe
fermé non vide, théorème de Riesz, théorème d’Ascoli, théorème de Stampachia et de Lax-
Milgram.
Le dernier chapitre comprend un concept très important aussi dans le domaine de l’analyse,
il s’agit des opérateurs compacts : alternative de Fredholm, spectre d’un opérateur compact,
diagonalisation d’un opérateur auto-adjoint sur un espace de Hilbert.
A la fin de chaque chapitre, nous avons présenté une série d’exercices divers et riches afin
d’obtenir une meilleure compréhension du cours, dont une partie de ces exercices ont été
abordés dans les séances de travaux dirigés.

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CHAPITRE 1
GÉNÉRALITÉS ET RAPPELS

1.1 Ensembles convexes

Définition 1.1.

Soit E un K-espace vectoriel et C un sous-ensemble de E.


1) Soient x, y ∈ E. On appelle segment de E d’extrémités x et y l’ensemble

[x, y] = {xt + (1 − t)y, 0 ≤ t ≤ 1}.

2) On dit que C est convexe si pour tout x, y ∈ C le segment [x, y] de E est contenu dans
C. Autrement dit
   
C est convexe ⇔ ∀t ∈ [0, 1], ∀x, y ∈ C : tx + (1 − t)y ∈ C .

Exemple 1.1.

1. Soit E un espace vectoriel et F un sous-espace vectoriel de E. Alors ∀a ∈ E : a + F


est un sous-ensemble convexe de E.
2. Les sous-ensembles convexes de l’espace vectoriel R sont les intervalles.
3. L’intersection d’un nombre quelconque d’ensembles convexes est un ensemble convexe.
4. Toute somme de parties convexes de E est un convexe de E.
5. Le cône positif de Rn est convexe et, plus généralement, un ensemble défini par un
système d’inéquations toutes dans le même sens est un convexe.

Définition 1.2.

Soit E un K-espace vectoriel et soit f : E −→ R une application.

1. L’application f est dite convexe sur E si pour deux éléments quelconques x, y ∈ E


et pour tout t ∈ [0, 1] on a :
 
f (1 − t)x + ty ≤ (1 − t)f (x) + tf (y). (1.1)

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Espaces vectoriels normés 6

2. L’application f est dite concave sur E si pour deux éléments quelconques x, y ∈ E


et pour tout t ∈ [0, 1] on a :
 
f (1 − t)x + ty ≥ (1 − t)f (x) + tf (y). (1.2)

3. Si l’inégalité (1.1) est stricte, on dit alors que f est strictement convexe.
4. Si l’inégalité (1.2) est stricte, on dit alors que f est strictement concave.

Remarque 1.1.

f est convexe sur E ⇐⇒ −f est concave sur E.

Exemple 1.2.

1. Les fonctions f, g telles que f (x) =| x | et g(x) = x2 sont convexes sur R.


2. Les fonctions affines sont à la fois convexes et concaves sur R.

1.2 Espaces vectoriels normés


Les espaces vectoriels normés sont extrêmement utilisés dans de nombreuses branches des
mathématiques. Nous étudions dans ce chapitre leurs propriétés élémentaires.
Nous montrons d’abord que sur un espace vectoriel de dimension finie, toutes les normes
son équivalentes. Nous étudions aussi les applications linéaires continues entre ces espaces
vectoriels et nous définirons une norme sur ces espaces. En particulier nous introduisons
l’importante notion de dual d’un espace vectoriel normé.
Toute application linéaire d’un espace vectoriel de dimension finie dans un espace vectoriel
normé est continue. Il n’en est plus de même lorsque l’espace sur lequel l’application est
définie n’est pas de dimension finie, et l’existence même de formes linéaires continues n’est
pas évidente.
Le théorème de Hahn-Banach que l’on verra dans le deuxième chapitre de ce polycopié qui
permet d’affirmer cette existence sera établi.

Définition 1.3.

Une norme sur un K-espace vectoriel est une application

k.k : E → K+
x 7−→ kxk,

possédant les propriétés suivantes :


1) ∀x ∈ E : kxk = 0 ⇔ x = 0.
2) ∀x ∈ E, ∀λ ∈ K : kλxk =| λ | kxk.
3)∀x, y ∈ E : kx + yk ≤ kxk + kyk (Inégalité triangulaire).
L’espace E muni de la norme k.k est dit espace normé ou espace vectoriel normé (ou
K-espace vectoriel normé si on veut préciser le corps K).
On note souvent un tel espace (E, k.k).

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Espaces vectoriels normés 7

Remarque 1.2.

Remarquons que dans le cas Rn , la propriété 3) revient à dire que la longueur d’un
côté du triangle est toujours inférieure à la somme des deux autres côtés.
Il en découle que la longueur d’un côté dans un triangle est supérieure à la différence
des deux autres côtés.
En termes de normes, cette inégalité s’écrit

kx − yk ≥ kxk − kyk .

Remarque 1.3.

L’espace métrique est une généralisation de l’espace normé.

Exemple 1.3.

1. La valeur absolue | . | est une norme sur R.


- Le module | . | est une norme sur C.
2. Sur le K-espace vectoriel Kn , on peut définir les trois normes suivantes :
∀x = (x1 , x2 , ...xn ) ∈ Kn , on a :
n
X n
X 1
p
kxk1 = | xi |, kxkp = | xi |p , kxk∞ = max | xi | .
1≤i≤n
i=1 i=1

Pour la norme [Link] , si p = 2 on reconnait la norme euclidienne sur Kn .


3. Soit (E, k.k) un espace normée et F un sous-espace vectoriel de E. la restriction de
la norme k.k sur F est une norme appelée norme induite.
4. Soit Ω un ouvert de Rn et K un compact, K ⊂⊂ Ω.
Si f ∈ C(Ω) = {les fonctions continues sur Ω}, PK définie par :

PK (f ) = sup |f (x)|
x∈K

n’est pas une norme car le premier sens de la première propriété de la norme n’est
pas satisfait.
n
X 1
p
n
5. Soit x = (x1 , ...xn ) ∈ K , pour p ≥ 1, x 7→ kxkp = |xi |p est une norme tel
i=1
que lim kxkp = kxk∞ = max |xi |.
p→+∞ 1≤i≤n
6. Soit Ω un Zouvert de Rn
et f ∈ Lp (Ω)
avec 1 ≤ p ≤ ∞. On a :
 1
p
kf kp = |f (x)|p dx si 1 ≤ p < ∞, kf k∞ = sup ess|f (x)| sont des normes.
Ω x∈Ω
7. Soit l’espace des suites complexes p− sommables
X
lp (C) = {x = (xn ), xn ∈ C; |xn |p < ∞}, 1 ≤ p < ∞.
n≥1

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Espaces vectoriels normés 8

Alors pour x ∈ lp (C),


X 1
p
kxkp = |xn |p ,
n≥1

est une norme.


Si,
x ∈ l∞ (C) = {x = (xn ), xn ∈ C; (xn ) est bornée},
alors,
kxk∞ = sup {|xn |},
n∈N∗
est une norme.

Théorème 1.1

Sur un espace vectoriel de dimension finie, toutes les normes sont équivalentes.

Démonstration.
(Voir [5] page 133).

Définition 1.4.

Si (E, k . k) est un espace vectoriel normé, on appelle :


1. La boule fermée de centre x0 et de rayon r, l’ensemble

B(x0 , r) = {x ∈ E : kx − x0 k ≤ r}.

2. La boule ouverte de centre x0 et de rayon r, l’ensemble

B(x0 , r) = {x ∈ E : kx − x0 k < r}.

3. La sphère de centre x0 et de rayon r, l’ensemble

S(x0 , r) = {x ∈ E : kx − x0 k = r}

Remarque 1.4.

Il est évident que :


B(x0 , r) = B(x0 , r) ∪ S(x0 , r).

Définition 1.5. (limite d’une suite)

Soit E un espace vectoriel normé et (xn ) une suite d’éléments de E.


On dit que l’élément x0 ∈ E est la limite de (xn ) si,

kxn − x0 k → 0 pour, n → +∞.

Autrement dit

k xn − x0 k−→ 0 ⇐⇒ ∀ε > 0, ∃N ∈ N, ∀n ≥ N : k xn − x0 k< ε

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Espaces vectoriels normés 9

Dans ce cas, on note x0 = lim xn ou xn → x0 pour n → +∞ et l’on dit que (xn )


n→+∞
converge ou tend vers x0 ou (xn ) est convergente dans E.

Exemple 1.4.

1. On considère E = R2 muni de la norme k . k∞ . Soit (xn ) ⊂ R2 telle que :


1 7
xn = (1 + , 4 − 2 ), x0 = (1, 4).
n n
On a :
1 7 1 7 1
k xn − x0 k∞ =k ( , − 2 ) k∞ = max{| |, | − 2 |} = −→ 0.
n n n n n
Donc,
xn −→ x0 = (1, 4) dans R2 .

2. On considère E = C([0, 1], R) et la suite (fn ) telle que :

fn (x) = xn .

La suite (fn ) converge vers la fonction nulle f = 0 pour les normes k . k1 et k . k2


mais (fn ) ne converge pas vers la fonction nulle pour la norme k . k∞ .
En effet,
Z 1
1
k fn − 0 k1 = xn dx = −→ 0 quand n −→ +∞.
0 n+1

Donc, (fn ) converge vers 0 au sens de la norme k . k1 .


De même on a :
Z 1 1  1 1
2 2
k fn − 0 k2 = x2n dx = −→ 0 lorsque n −→ +∞.
0 2n + 1

Donc la suite (fn ) converge vers 0 au sens de la norme k . k2 .


D’autre part on a :
n o
k fn − 0 k∞ = max xn , x ∈ [0, 1] = 1 9 0.

Donc la suite (fn ) ne converge pas vers 0 au sens de la norme k . k∞ .

Proposition 1.1

Soient (xn ) et (yn ) deux suites d’un espace vectoriel normé (E, k . k) convergeant
respectivement vers x0 et y0 .
Soit (λn ) une suite de K convergeant vers λ0 .
Les propriétés suivantes sont vérifiées :
1. Tout voisinage de x0 contient tous les termes de (xn ) sauf peut être un nombre fini
d’entre eux.
2. La limite x0 est unique.

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Espaces vectoriels normés 10

3. Toute sous-suite de (xn ) converge vers x0 .


4. λn xn → λ0 x0 pour n → +∞ dans E.
5. xn + yn → x0 + y0 pour n → +∞.
6. kxn k → kx0 k pour n → +∞.

Proposition 1.2

Soit E un espace vectoriel normé et M un sous-espace vectoriel de E. Alors les pro-


priétés suivantes sont équivalentes,
1. M est fermé.
2. Pour toute suite (xn )n∈N de M convergente vers x lorsque n → +∞, on a x ∈ M .

Définition 1.6.

1. Une suite (xn ) d’un espace métrique (E, d) est dite suite de Cauchy si :

∀ ε > 0, ∃ N ∈ N; ∀ n, m > N ⇒ d(xn , xm ) < ε.

2. Un espace métrique est dit complet si toute suite de Cauchy est convergente.
3. Un espace vectoriel normé complet est appelé espace de Banach .

Exemple 1.5.

Tout espace vectoriel normé de dimension finie est un espace de Banach.

Définition 1.7. ( critère de convergence de Cauchy) :

Dans un espace de Banach, une suite est convergente si et seulement si elle est de
Cauchy.

Exemple 1.6.

1. L’espace E = C([a, b]) = l’espace des fonctions numériques continues sur [a, b] est
de Banach pour la norme de convergence uniforme kf k∞ = sup | f (x) |.
a≤x≤b
la convergence de (fn ) vers f dans E signifie que

kfn − f k∞ = sup |fn (x) − f (x)| → 0 lorsque n → +∞.


a≤x≤b

C’est à dire que la suite de fonctions continues (fn ) telle que fn : [a, b] → R converge
uniformément sur [a, b] vers la fonction f : [a, b] → R.
2. Tout espace vectoriel normé de dimension fini est un espace de Banach.
3. Tout espace de Hilbert est aussi un espace de Banach.

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Opérateurs linéaires continus 11

4. Si M un ensemble non vide et E un espace de Banach, alors les fonctions bornées


f : M → E, munies de la norme

kf k∞ = sup kf (x)kE ,
x∈M

forment un espace de Banach.

1.3 Opérateurs linéaires continus


Dans cette section E et F désignent deux espaces vectoriels normés sur K, dont les normes
sont respectivement k . kE et k . kF .

Définition 1.8.

Un opérateur linéaire T de E dans F est une application linéaire,

T : D(T ) ⊂ E −→ F,

définie sur un sous-espace vectoriel D(T ), appelé le domaine de T , et à valeurs dans F .

Remarque 1.5.

1. Si T est linéaire, alors T (0) = 0.


2. D(T ) ⊂ {x ∈ E : T x ∈ F }.

Définition 1.9.

Soit T : E → F un opérateur linéaire. On définit l’image de T par

Im(T ) = {T x : x ∈ E},

et le noyau de T par
Ker(T ) = {x ∈ E : T x = 0}.

Définition 1.10.

Soit T : E → F un opérateur linéaire.


T est continu si et seulement s’il existe une constante positive C > 0 telle que

kT xkF ≤ CkxkE , pour tout x ∈ E.

Exemple 1.7.

Si dim(E) < ∞ , alors tout opérateur linéaire est continu.

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Opérateurs linéaires continus 12

Proposition 1.3

Soit T : E → F une application linéaire continue.


Alors on a :
∀x ∈ E, kT xkF ≤ kT kkxk.

Théorème 1.2

Les assertions suivantes sont équivalentes,


1. T est continu sur E.

2. T est continu en 0.

3. Il existe une constante C > 0 telle que kT xkF ≤ CkxkE , ∀x ∈ E

Définition 1.11. (Norme d’un opérateur linéaire continu)

Soit T : E → F un opérateur linéaire continu.


On note L(E, F ) l’espace vectoriel des applications linéaires continues de E dans F .
Lorsque E = F on note simplement L(E, E) = L(E).
La norme de T dans l’espace L(E, F ) est le nombre fini défini par

kT xkF
kT k = kT kL(E,F ) = sup kT xkF = sup kT xkF = sup . (1.3)
kxkE ≤1 kxkE =1 x6=0 kxkE

Remarque 1.6.
n o
kT k = inf C > 0 : kT xkF ≤ CkxkE , ∀x ∈ E .

Remarque 1.7.

Le nombre défini dans (1.3) vérifie les trois propriétés de la norme. En effet :
1. Montrons que kT k = 0 ⇐⇒ T = 0.
- Supposons que kT k = 0 et montrons que T = 0.
D’après la proposition (1.3), on a ∀x ∈ E : 0 ≤ kT xkF ≤ kT kkxkE , alors on
conclut que kT xkF = 0, ce qui implique T x = 0. Comme x est quelconque dans E
on en déduit que T = 0.
- Réciproquement, supposons que T = 0 et montrons que kT k = 0.
Si T = 0, alors ∀x ∈ E : T x = 0. Donc kT k = sup kT xkF = 0.
kxkE ≤1

2. Soit T ∈ L(E, F ), λ ∈ K. Montrons que kλT k =| λ | kT k. On a


kλT k = sup k(λT )xkF = sup kλT (x)kF = sup | λ | kT xkF =| λ |
kxkE ≤1 kxkE ≤1 kxkE ≤1

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Opérateurs linéaires continus 13

sup kT xkF
kxkE ≤1
=| λ | kT k.

3. Soit A, T ∈ L(E, F ). Montrons que kA + T k ≤ kAk + kT k.


Soit x ∈ E. On a
k(T + A)xkF = kT x + AxkF ≤ kT xkF + kAxkF ≤ kT kkxk + kAkkxk = (kT k +
kAk)kxk.
On en déduit que kT + Ak ≤ kT k + kAk.
En vertu de i) , ii) et iii) on conclut que l’application T 7−→ kT k est une norme sur
L(E, F ).

Exemple 1.8.

E = C([0, 1]), F = K. Soit T : E → K une application définie par


Z 1
T (f ) = f (t) dt.
0

T est linéaire continue et on a kT k = kT kL(E,F ) = 1.

Exemple 1.9.

On considère l’espace E = C([0, 1], R) muni de la norme de convergence uniforme

kf k∞ = sup |f (x)|.
0≤x≤1

Soit l’opérateur de Volterra


Z x
T f (x) = f (t)dt, ∀x ∈ [0, 1].
0

Il est clair que l’opérateur T est linéaire. De plus on a pour tout f ∈ E : kT f k∞ ≤


kf k∞ . Donc T ∈ L(E) et on a :
kT kL(E) ≤ 1. (1.4)
D’autre part kT kL(E) = 1, en effet :
On prend f0 = 1 ∈ E et kf0 kE = 1.
Alors
kT kL(E) = sup kT f k ≥ kT f0 k = sup |T f0 (x)| = 1. (1.5)
f ∈E,kf k≤1 0≤x≤1

De (1.4) et (1.5), on conclut que kT kL(E) = 1.

Proposition 1.4

Si (F, [Link] ) est un espace de Banach, alors (L(E, F ), k.k) est un espace de Banach.

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Opérateurs linéaires continus 14

Démonstration.

Pour simplifier l’écriture, on pose k.k = [Link](E,F ) .


Supposons que F est un espace de Banach et montrons que L(E, F ) est un espace de Banach.
On montre que toute suite de Cauchy dans L(E, F ) est convergente dans L(E, F ) c’est á dire
par rapport à la norme de l’espace de L(E, F ).
Soit (Tn ) une suite de Cauchy dans L(E, F ), alors,
∀ε > 0, ∃N ∈ N, ∀p, q ∈ N : (p ≥ N, q ≥ N ) =⇒ kTp − Tq k < ε.
Soit x ∈ E.
Comme,
kTp x − Tq xk ≤ kTp − Tq kkxk,
alors on a :
∀ε > 0, ∃N ∈ N : ∀p, q ∈ N : p ≥ q ≥ N ) =⇒ kTp x − Tq xk < εkxk.
Cela signifie que la suite (Tn x)n∈N est de Cauchy dans F .
Comme F est de Banach, alors la suite (Tn x)n∈N est convergente dans F et lim Tn x = T x
n→+∞
existe dans F .
Montrons maintenant que T ∈ L(E, F ).
On considère l’opétateur :
T : E → F : x 7−→ T x.
T est linéaire car Tn est linéaire.
T est continu, en effet :
Comme la suite (Tn ) est de Cauchy, alors elle est bornée , c’est á dire qu’ il existe C > 0 telle
que kTn k ≤ C et par conséquent,
kTn xk ≤ Ckxk pour tout, x ∈ E. (1.6)
En faisant n → +∞ dans (1.6), on obtient,
kT xk ≤ Ckxk pour tout, x ∈ E.
Ce qui signifie que T est continu.
Donc T ∈ L(E, F ).
Maintenant, on montre que kTn − T kL(E,F ) → 0 lorsque n → +∞.
On a :
∀ε > 0, ∃N ∈ N, ∀x ∈ E, ∀n, m ∈ N : (n > m > N ) =⇒ kTn (x) − Tm (x)k < εkxk.
En faisant tendre m vers +∞, on obtient,

∀ε > 0, ∃N ∈ N, ∀x ∈ E, ∀n ∈ N, n > N =⇒ kTn (x) − Tm (x)k < εkxk.


Par conséquent, on a :
∀ε > 0, ∃N ∈ N, ∀n ∈ N, n > N =⇒ sup kTn (x) − Tm (x)k < ε.
kxk≤1

C’est á dire que :


∀ε > 0, ∃N ∈ N, ∀n ∈ N, n > N =⇒ kTn − Tm kL(E,F ) < ε.
Ceci signifie que kTn − Tm k → 0 lorsque n → +∞.
Alors la suite (Tn ) converge vers T dans L(E, F ). par conséquent l’espace L(E, F ) est de
Banach.

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Opérateurs linéaires continus 15

Définition 1.12. (Dual topologique)

On appelle dual topologique de E, et l’on note E 0 , l’ensemble des formes linéaires


continues sur E, c’est-à-dire l’ensemble des applications linéaires de E dans R ou C
bornées sur la boule unité fermée B E = {x ∈ E, kxk ≤ 1}. Pour T ∈ E 0 , on utilisera la
notation hT, xi pour désigner T (x).
L’espace E 0 est un espace vectoriel normé pour la norme,

|T x|
kT k = kT kE 0 = sup = sup |T x| = sup |T x|. (1.7)
x6=0 kxkE kxk≤1 kxk=1

On parlera couramment du dual de E pour désigner E 0 , lorsqu’il n’y a pas d’ambiguité,


étant entendu qu’il s’agit du dual topologique.

Remarque 1.8.
E 0 = L(E, K). Comme K est un espace de Banach, alors en vertu de la proposition (1.4),
E 0 est un espace de Banach muni de sa norme duale définie dans (1.7).

Théorème 1.3

Un opérateur linéaire T de domaine D(T ) est borné si et seulement s’il est continu.

Démonstration.

1. Supposons que T est continu en 0, alors il existe δ > 0 tel que kT xk < 1, pour x ∈ D(T )
avec kxk ≤ δ. Ainsi
1
kT k ≤ .
δ
D’où T est borné.
2. Supposons que T est borné.
Alors,
kT x − T yk ≤ kT k kx − yk.
Par conséquent T est continu.

Définition 1.13.

Soient (E, k . kE ), (F, k . kF ) deux espaces de Banach.


1. On appelle opérateur linéaire non borné de E dans F toute application linéaire
T : D(T ) ⊂ E −→ F définie sur un sous-espace vectoriel D(T ) ⊂ E, à valeurs
dans F .
D(T ) est le domaine de T . (L’opérateur T n’est pas défini sur E tout entier).

2. On dit que l’opérateur T est borné si k T x k reste borné sur l’ensemble


{x ∈ D(T ) :k x kE ≤ 1}, c’est à dire s’il existe une constante C > 0 telle que

k T x kF ≤ C k x kE , ∀x ∈ E.

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Opérateurs linéaires continus 16

Dans le cas contraire on dit que T est non borné.

Définition 1.14. (Caractérisation d’un opérateur linéaire non borné)

Soit T : D(T ) ⊂ E −→ F un opérateur linéaire.


On dit que T est non borné s’il existe une suite (xn )n∈N ⊂ D(T ) et une constante C > 0
telle que k xn kE ≤ C et k T xn kF −→ +∞ lorsque n −→ +∞.

Exemple 1.10.

On considère l’espace vectoriel,


  n o
E = C [0, 1] = f : [0, 1] → R continue ,

et on le munit de la norme de la convergence uniforme,

k f k= sup |f (x)|.
x∈[0,1]

On définit sur l’espace de Banach E, k . k un opérateur linéaire A par :
n o
D(A) = f ∈ C 2 [0, 1] ; f (0) = f 0 (0) = 0 et A(f ) = f 00 + f .


En considérant la suite de fonctions,


1 
fn (x) = cos(2nπx) − 1 ,
2
l’opérateur A n’est pas borné.

Définition 1.15.

On dit qu’un espace vectoriel E est de dimension infinie si pour tout entier naturel n
il existe une famille libre de n éléments dans E.

Exemple 1.11.
Soient a, b ∈ R.
1. Les espace C([a, b]) et C k ([a, b]) sont de dimension infinie.
2. Les espaces Lp ([a, b]) sont de dimension infinie.

Théorème 1.4

(Théorème du prolongement d’un opérateur linéaire continu)


Soient E un espace vectoriel normé, F un espace de Banach et D(A) un sous-espace
vectoriel normé de E.
Soit A : D(A) −→ F un opérateur linéaire.
Supposons que
1. D(A) est dense dans E c’est-à-dire que (D(A) = E).
2. A est continu sur D(A).

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Opérateurs linéaires continus 17

Alors il existe un opérateur unique A


e linéaire continu de E dans F tel que A
e =A
D(A)
où A
e est la restriction de A
e sur D(A). (A
e est le prolongement de A.)
D(A)

Démonstration.

L’unicité de A.
e
Supposons qu’ils existent A e2 linéaires continus de E dans F tels que A
e1 , A e1 =A
e2 .
D(A) D(A)
Montrons que A e2 c’est-à-dire que A
e1 = A e2 x, pour tout x ∈ E.
e1 x = A
Montrons par l’absurde. Supposons que ∃x0 ∈ E tel que
e1 x0 6= A
A e2 x0 . (1.8)

D’après l’hypothèse, on a D(A) = E. Alors il existe une suite (xn )n∈N ⊂ D(A) telle que
xn −→ x0 quand n −→ +∞.
On a :
Ae1 xn −→ A
e1 x0 quand n −→ +∞ (puisque A e1 est continu)
e2 xn −→ A
A e2 x0 quand n −→ +∞(puisqueA
e2 est continu)).

D’où,
A
e1 x0 = A
e2 x0 ,

(grâce à l’unicité de la limite, car l’espace F est séparé).


Contradiction avec (1.8).
Maintenant on veut définir Ax. e
On a (D(A) = E) , alors il existe une suite (xn )n∈N ⊂ D(A) telle que xn −→ x0 quand
n −→ +∞.
S’il existe A,
e alors on a :

Ax e lim xn ) = lim Ax
e = A( e n = lim Axn (puisque A
e = A).
n→+∞ n→+∞ n→+∞ D(A)

Donc on établit l’existence de lim Axn .


n→+∞
On a lim xn = x =⇒ (xn )n∈N est de Cauchy, c’est-à-dire que
n→+∞

∀ε > 0, ∃Nε , ∀p ≥ Nε , ∀q ≥ Nε =⇒ kxp − xq k ≤ ε.

D’autre part on a :
kAxp − Axq k ≤ kAkL(D(A),F ) kxp − xq kE .
Donc (Axn )n∈N est de Cauchy dans F .
Comme F est de Banach, alors lim Axn existe.
n→+∞
On pose,
e ∈ F.
lim Axn = Ax
n→+∞

Maintenant on montre que lim Axn ne dépend que de x (ne dépend pas de xn ).
n→+∞
Soit (x0n )n∈N ⊂ D(A) telle que :

lim x0n = x et lim Axn = y et lim Ax0n = y 0 ,


n→+∞ n→+∞ n→+∞

et on montre que y = y 0 .
On a :
ky − y 0 k ≤ ky − Axn k + kAxn − Ax0n k + kAx0n − y 0 k ≤ kAk kxn − x0n k.

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Opérateurs linéaires continus 18

car,

lim ky−Axn k = lim kAx0n −y 0 k = 0 et kAxn −Ax0n k ≤ kAk kxn −x0n k (puisque A est linéaire continu).
n→+∞ n→+∞

Plus de ça, on a :

lim kxn − x0n k = 0, (puisque lim xn = lim x0n = x).


n→+∞ n→+∞ n→+∞

D’où,
y = y0.
e ∈ L(E, F ).
Maintenant, montrons que A
On a :
lim Axn = Ax.
e
n→+∞

e est linéaire (évident d’après la linéarité de la limite).


A
Montrons maintenant que A e est continu, c’est-à-dire on montre que :

∃ C > 0 : kAxk
e F ≤ CkxkE , pour tout x ∈ E.

Soit x ∈ E. Alors il existe une suite (xn ) ⊂ D(A) telle que lim xn = x.
n→+∞
On a :
kAxk
e F = k lim Axn k = lim kAxn kF ≤ lim (kAkL(D(A),F ) kxn kE = kAkL(D(A),F ) lim kxn k =
n→+∞ n→+∞ n→+∞ n→+∞
kAkL(D(A),F ) kxk, (C = kAkL(D(A),F ) ).
D’où
kAxk
e F ≤ kAkL(D(A),F ) kxk. (1.9)

Par conséquent Ae est continu.


Montrons que kAkL(E,F ) = kAkL(D(A),F ) .
e
En vertu de (1.9), on a :
kAk
e L(E,F ) ≤ kAkL(D(A),F ) (1.10)

D’autre part, puisque A


e est un prolongement de A on a :

kAkL(D(A),F ) ≤ kAk
e L(E,F ) (1.11)

On conclut d’après (1.10) et (1.11) l’égalité :

kAk
e L(E,F ) = kAkL(D(A),F ) .

Proposition 1.5

Soient E, F deux espaces de Banach et soit un opérateur T : E −→ F .


Si,
1. T est continu sur E.
2. T (x) = 0, ∀x ∈ M, avec M = E.
Alors T ≡ 0 sur E tout entier.

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Opérateurs linéaires continus 19

Définition 1.16.

Soient E et F deux espaces vectoriels normés et T ∈ L(E, F ). On dit que T est


inversible s’il existe un opérateur S ∈ L(F, E) tel que T S = IdF (inversible à droite) et
ST = IdE (inversible à gauche). Un tel opérateur (s’il existe) est unique. On l’appelle
opérateur inverse de T et on le note S = A−1 .
On désigne par GL(E, F ) l’ensemble opérateurs inversibles de E dans F .

Remarque 1.9.

Si T un opérateur inversible à droite et injectif (resp. inversible à gauche et surjectif )


alors il est inversible et tout inverse à droite (ou à gauche) est égal à l’inverse T −1 .

Exemple 1.12.

On considère l’espace
+∞
X
2
E = l (N, R) = {x = (xn )n∈N : |xn |2 < +∞},
n=0

muni de la norme usuelle


+∞
X 1
2
kxk = |xn |2 .
n=0

On considère l’opérateur T : l2 → l2 défini par :

T x = (0, x0 , x1 , x2 , .......xn , ......), pour x = (x0 , x1 , x2 , .......xn , ......) ∈ l2 .

On a kT xk = kxk pour tout x ∈ l2 . Alors T est une isométrie donc continu, c’est à dire
que T ∈ L(E).
L’opérateur T admet un inverse S à gauche (car T est injectif) défini par :

Sx = (x1 , x2 , .......xn , xn+1 ......),

car ST = IdE . Mais T n’a pas d’inverse à droite (car T n’est pas surjectif).

Proposition 1.6

Soient E un espace de Banach et F un espaces vectoriel normé et T ∈ L(E, F ) bijectif.


Alors les propriétés suivantes sont équivalentes,
a) T −1 ∈ L(F, E).
b) Il existe une constante C > 0 telle que pour tout x ∈ E : kT xk ≥ Ckxk.
c) F est un espace de Banach.

Démonstration.

1. Montrons que a) =⇒ b).


Comme T −1 est continu, alors on a :
∀x ∈ E, kT −1 T xk ≤ kT −1 kkT xk.

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Opérateurs linéaires continus 20

Il s’en suit que :


∀x ∈ E : kT xk ≥ Ckxk, C = kT −1 k−1 .
2. Montrons que b) =⇒ c).
On montre que F est de Banach. Soit (yn ) une suite de Cauchy dans F et on montre
que (yn ) est convergente et sa limite est dans F .
On a (yn ) ⊂ F , alors il existe une suite (xn ) dans E telle que yn = T xn .
D’après la propriété b), on a :

∀n, m ∈ N, =⇒ kxn − xm k ≤ CkT (xn − xm ) ≤ Ckyn − ym k.

Comme la suite (yn ) est de Cauchy, alors la suite (xn ) est de Cauchy dans l’espace de
Banach E. Donc (xn ) est convergente vers x ∈ E.
Puisque T ∈ L(E, F ), alors yn = T xn → T x ∈ F quand n → +∞. D’où F est un espace
de Banach.

3. Montrons que c) =⇒ a). Cette implication découle du corollaire 4.2 (chapitre 4) [théo-
rème d’isomorphisme de Banach].

Corollaire 1.1.

Soient E, F deux espaces de Banach et T ∈ L(E, F ). Alors les propriétés suivantes sont équi-
valentes,
a) ∃C > 0 : ∀x ∈ E on a kT xk ≥ Ckxk.
b) T est injectif et Im(T ) est fermée dans F .
Démonstration.

1) Montrons que a) =⇒ b).


De l’inégalité kT xk ≥ Ckxk, on conclut que T est injectif. Donc T est bijectif de E dans
Im(T ). Alors en vertu de la proposition 1.6, on conclut que Im(T ) est un espace de Banach
et donc fermée dans F .
2) Montrons que b) =⇒ a).
On suppose que T est injectif et Im(T ) est fermée dans F et on montre que :

∃C > 0, telle que pour tout x ∈ E, on a : kT xk ≥ Ckxk.

Alors T est bijectif de E dans Im(T ) qui est de Banach, alors d’après la proposition 1.6 on a :

∃C > 0 : ∀x ∈ E, kT xk ≥ Ckxk.

Corollaire 1.2.

Soient E un espace de Banach et F un espace vectoriel normé et T ∈ L(E, F ). Alors les


propriétés suivantes sont équivalentes,
a) Im(T ) = F et ∃ C > 0 : ∀x ∈ E on a kT xk ≥ Ckxk.
b) T est inversible.
Démonstration.

Montrons que a) =⇒ b).


Supposons que a) est satisfaite, alors en vertu du corollaire 2.1 T est injectif et Im(T ) est

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Opérateurs linéaires continus 21

fermée dans F .
Alors on a :
Im(T ) = Im(T ) = F.
Donc, T est surjectif et donc inversible.
Montrons que b) =⇒ a).
Supposons que b) est satisfaite.
On a :
F = Im(T ) ⊂ Im(T ) ⊂ F.
Alors,
Im(T ) = Im(T ) = F.
Donc d’après le corollaire 2.1 on a le résultat.

Proposition 1.7

Soit E un espace de Banach et T ∈ L(E).


Si kT k < 1, alors I − T est inversible et on a :
+∞
X
(I − T )−1 = T n.
n=0

Démonstration.
+∞
X
Comme kT k < 1, alors on conclut que la série T n est normalement convergente.
n=0
Puisque l’espace E est de Banach, alors L(E) = L(E, E) est de Banach aussi.
+∞
X
Par conséquent la série T n est convergente.
n=0
On pose :
+∞
X
S= T n.
n=0
De plus, on a :
+∞
X +∞
X
S(I − T ) = S − ST = Tn − T n+1 = T 0 = I. (1.12)
n=0 n=0
De même, on a :
+∞
X +∞
X
(I − T )S = S − T S = Tn − T n+1 = T 0 = I. (1.13)
n=0 n=0

Alors I − T est inversible.


En vertu de (1.12) et (1.13), on conclut que :
+∞
X
S= T n = (I − T )−1 .
n=0

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Exercices 22

1.4 Exercices

Exercice 1.1.

Soient E, F deux espaces vectoriels normés.


On considère T : E −→ F un opérateur linéaire borné défini sur D(T ) = E.
- Montrer que :
kT xkF
kT kL(E,F ) = sup .
x∈E,x6=0 kxkE

Exercice 1.2.

Soient E, F deux espaces vectoriels normés.


On considère T : E −→ F un opérateur linéaire borné défini sur D(T ) = E qui vérifie
l’inégalité
kT xk ≤ Ckxk, ∀x ∈ E, où C est une constante positive.
- Montrer que : n o
kT kL(E,F ) = inf C : kT xk ≤ Ckxk, ∀x ∈ E .

Exercice 1.3.

On considère
 nles espaces : o
C [−1, 1] = f : [−1, 1] −→ R, f est continue .
  n o
C 1 [−1, 1] = f : [−1, 1] −→ R, f est dérivable et f 0 est continue .
  n Z 1 o
2
L [−1, 1] = f : [−1, 1] −→ R, f est mesurable et | f (x) |2 dx < +∞ .
−1
Dans les cas suivants, montrer que l’opérateurZT est linéaire continu et calculer k T k :
    x
a) T : C [−1, 1] −→ C [−1, 1] , T f (x) = f (t) dt.
    −1
b) T : C [−1, 1] −→ C [−1, 1] , T f (x) = f (x).
   
c) T : C [−1, 1] −→ C [−1, 1] , T f (x) = x2 f (−1).
   
d) T : C [−1, 1] −→ C [−1, 1] , T f (x) = f (x2 ).
   
e) T : C 1 [a, b] −→ C [a, b] , T f (x) = f 0 (x).
    Z 1
2 2
f) T : L [−1, 1] −→ L [−1, 1] , T f (x) = x f (t) dt.
−1

Exercice 1.4.

Soient E, F deux espaces vectoriels normés et soit T : E −→ F un opérateur linéaire.


Supposons que dim(Im(T )) < +∞ et ker(T ) est fermé dans E.
- Montrer que l’opérateur T est continu.

Exercice 1.5.

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Exercices 23

Soit E un espace de Banach et T : E −→ E un opérateur linéaire borné tel que


D(T ) = E.
Supposons qu’il existe une constante C > 0 telle que :

∀x ∈ E : kT xk ≥ Ckxk.

- Montrer que Im(T ) est un sous-espace vectoriel de E.

Exercice 1.6.
 
Soit l’espace E = C 0 [0, 1] muni de la norme

kf k = sup | f (x) |.
x∈[0,1]

1. Soit T l’opérateur de E dans R défini par :


Z 1
T (f ) = f (t) sin tdt.
0

-Montrer que T ∈ E0et calculer k T kE 0 .


2. Soit A l’opérateur de E dans R défini par :
Z 1 √
A(f ) = f (t2 ) tdt.
0

- Montrer que A ∈ E 0 et calculer k A kE 0 .


3. On définit maintenant sur E les deux normes suivantes :
Z 1 Z 1 1
2
k f k1 = | f (t) | dt, k f k2 = | f (t) |2 dt .
0 0

On considère l’application linéaire S de (E, k . k2 ) dans (E, k . k1 ) définie par :

S(f ) = xf (x).

-Montrer que S ∈ L(E) = L(E, E) et calculer sa norme.

Exercice 1.7.

Onnconsidère l’espace : o
G = x = (xn ), xn ∈ R et xn → 0 muni de la norme :

kxk = sup | xn |.
n≥1

On définit sur G une forme linéaire g par :

+∞
X xk
g(x) = .
2k−1
k=1

- Montrer que g ∈ G0 et kgkG0 = 2.

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Exercices 24

Exercice 1.8.

Soit (fn )n∈N∗ une suite de fonctions définie par :

| x |≥ n1 ,

0 si
fn (x) = 2
n − n |x| si | x |≤ n1 .

Pour tout n ∈ N∗ , on définit un opérateur Tn par :


Z
Tn (ϕ)(x) = fn (y)ϕ(x − y)dy, ∀ϕ ∈ L1 (R).
R

1. Montrer que Tn ∈ L L1 (R) (c’est à dire que Tn : L1 (R) → L1 (R) est linéaire


continu) et que k Tn k 1
 ≤ 1, ∀n ∈ N∗ .
L L (R)

Exercice 1.9.

Soit H l’espace vectoriel sur C formé des suites complexes x = (xn ) qui vérifient la
condition :
+∞
X
|xn |2 < +∞.
n=1

+∞
X 1
2
On munit H par la norme : kxk = |xn |2 .
n=1
1. On considère le sous-espace vectoriel E formé par les suites à support fini, c’est à dire :

x ∈ E ⇐⇒ x ∈ H et ∃Nx ∈ N∗ : xn = 0 ∀n ≥ Nx .

Montrer que E est dense dans H.


2. Pour p ∈ N∗ on définit l’application Ap qui fait correspondre chaque x de H Ap (x)
dans lui même et telle que :

  xn si p 6= n,
Ap (x) =
n pxp si p = n.

a) Vérifier que Ap ∈ L(H, H), ∀p ∈ N∗ .


b) Montrer que : lim k Ap (x) − x k= 0, ∀x ∈ E.
n→∞
c) En justifiant la réponse, montrer que le résultat : lim k Ap (x) − x k= 0, ∀x ∈ H n’est
n→∞
pas vrai.

Exercice 1.10.

On considère les espaces,


n o n +∞
X o
l∞ (R) = x = (xn )n∈N , xn ∈ R, (xn ) est bornée et l1 (R) = x = (xn )n∈N , xn ∈ R, |xn | < ∞ .
n=0

On munit l’espace l∞ (R) de la norme,

kxk∞ = sup |xn |,


n∈N

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Exercices 25

et l’espace l1 (R) de la norme,


+∞
X
kxk1 = |xn |.
n=0

Pour f = (fn ) ∈ l∞ (R), on définit l’opérateur A de l1 (R) dans R tel que


+∞
X
Ax = fn xn , pour tout x ∈ l1 (R).
n=1

1. Montrer que A ∈ (l1 )0 .


2. Montrer que kAk = kf k∞ .

Exercice 1.11.

Soit 1 ≤ p < ∞.
On considère l’espace
  n Z 1 o
Lp [0, 1] = f : [0, 1] −→ R, f mesurable et |f (x)|p dx < +∞
0

muni de la norme,
Z 1 1
p p
kf k = |f (t)| dt .
0

Soit l’opérateur T, D(T ) défini par :
n     o
D(T ) = f ∈ C [0, 1] , f 0 ∈ Lp [0, 1] , f (0) = 0 et T f = f 0 ,
 
où C [0, 1] est l’espace des fonctions continues de [0, 1] dans R, muni de la norme de la
convergence uniforme,
kf k∞ = sup |f (t)|.
0≤t≤1
1
1. Montrer que T est non borné. ( On peut utiliser la suite fn (t) = n p tn ).

Exercice 1.12.

On considère l’espace de Hilbert H = L2 (R) et l’opérateur T : H → H défini par :


n o
D(T ) = f ∈ L2 (R) : T f ∈ L2 (R) et T f (x) = −if 0 (x),

avec i est le nombre complexe qui vérifie i2 = −1.


1) Montrer que D(T ) est un sous-espace vectoriel de L2 (R).
2) Montrer que T est linéaire non borné. On peut utiliser la suite suivante :

sin(nx), si x ∈ [0, 2π]
fn (x) =
0, ailleurs.
.

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Exercices 26

Exercice 1.13.

On considère l’espace de Hilbert,


n +∞
X o
2
l = x = (xn )n∈N∗ : xn ∈ C et |xn |2 < +∞ ,
n=1

muni du produit scalaire,


+∞
X
(x, y) = xn yn ,
n=1

et la norme induite,
+∞
X 1
2
kxk = |xn |2 .
n=1

Soit l’opérateur Tn : l2 → l2 défini par :

Tn x = (0, 0, 0, ..., 0, x1 , x2 , x3 , ....), où x = (x1 , x2 , x3 , ....) ∈ l2 .


| {z }
nzros

1) Montrer que Tn ∈ L(l2 ).

Exercice 1.14.

On considère l’espace de Banach,


n +∞
X o
l1 (N, C) = x = (xn )n∈N∗ : xn ∈ C et |xn | < +∞ ,
n=1

muni de la norme,
+∞
X
kxk = |xn |.
n=1

On considère l’opérateur T : l1 → l1 défini par :


xn x2 x3 xn
T x = (T x)n = ( ) = (x1 , , , ...., , .....).
n 2 3 n
1. Montrer que l’opérateur T ∈ L(l1 ).
2. Montrer que l’opérateur T n’est pas inversible. (On pourra montrer que T n’est pas
surjectif).

Exercice 1.15.

Soit
n +∞
X o
2
E = l (N, C) = x = (xn )n∈N∗ : xn ∈ C, |xn |2 < +∞ ,
n=1

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Exercices 27

muni de la norme,
+∞
X 1
2
kxk = |xn |2 .
n=1

On considère (λn )n∈N∗ une suite bornée des nombres complexes et M = sup |λn |.
n∈N∗
On définit l’opérateur T : l2 −→ l2 par :

T x = (T x)n = λn xn , pour tout x = (x1 , x2 , ...., xn , ......) ∈ l2 .

1) Montrer que T ∈ L(l2 ) et calculer kT k.


2) Montrer que si |λn | ≥ C, ∀n ∈ N∗ avec C > 0, alors T est bijectif.
- Trouver dans ce cas l’expression de T −1 et calculer |T −1 k.
3) On suppose que l’un des λn est non nul. Montrer que T n’est ni injectif ni surjectif et
que Im(T ) 6= E.
4) On suppose que ∀n ∈ N∗ : λn 6= 0 et inf{|λn |, n ∈ N∗ }.
- Montrer que T est injectif mais non surjectif et que Im(T ) = E.

Exercice 1.16.

Soit E un espace de Banach et T, S ∈ L(E).


1) Montrer que si T S = ST , alors T S est inversible si et seulement si T et S sont
inversibles.
2) Montrer par un exemple que si T S 6= ST , alors 1) peut être n’est pas vraie.

Exercice 1.17.
 
Soit E = C [0, 1] muni de la norme k.k∞ et pour f ∈ E, on définit l’opérateur T
par : Z x  
T f (x) = K(x, t)f (t) dt, où k(., .) ∈ C [0, 1] × [0, 1] .
0
Soit M = sup |K(x, t)|.
0≤x,t≤1
1) Montrer que T ∈ L(E).
2) - Montrer que :
Mn n
∀n ∈ N∗ : |T n f (x)| ≤ x kf k∞ .
n!
- En déduire que :
Mn
∀n ∈ N∗ : kT n k ≤ .
n!

Exercice 1.18. (opérateur de Volterra)


 
Soit E = C [0, 1] muni de la norme k.k∞ et pour f ∈ E, on définit l’opérateur T
par : Z x
T f (x) = f (t) dt.
0
(1) (i) Montrer que :
x
(x − t)n−1
Z
∀n ∈ N∗ : T n f (x) = Kn (x, t)f (t) dt, où Kn (x, t) = .
0 (n − 1)!

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Exercices 28

∈ N∗ : kT n k ≤ 1.
ii) En déduire que : ∀n X
(2) Calculer la somme T n.
n≥1
(3) Soit g ∈ E. Résoudre l’équation (I − T )f = g.

Exercice 1.19.
   
Soit l’opérateur T : C 1 [0, 1] −→ C [0, 1] défini par :

T f (x) = f 0 (x).

- Montrer que T admet un inverse A−1 à droite.


- Montrer que T n’admet pas un inverse à gauche.

Exercice 1.20.
   
Soit l’opérateur A : C [0, 1] −→ C [0, 1] défini par :
Z x
Af (x) = f (t) dt.
0

1) Trouver l’ensemble Im(A).


2) L’inverse A−1 existe-t-il sur Im(A) et est-il borné ?

Exercice 1.21.
   
On définit un opérateur A : C [0, 1] −→ C [0, 1] par :
Z 1
Af (x) = f (x) + ex+y f (y) dy.
0

- Montrer que A est continûment inversible et chercher A−1 .

Exercice 1.22.

On considère l’opérateur T : l2 −→ l2 défini pour x = (x1 , x2 , ......, xn , ...) ∈ l2 par :


 1 1 1 
T x = x1 , (x1 + x2 ), (x1 + x2 + x3 ), ..., n−1 (x1 + x2 + x3 + ... + xn ), ... .
2 4 2
- Montrer que T est borné et n’est pas surjectif.

Exercice 1.23.

Soit H un espace de Hilbert sur R muni d’un produit scalaire (., .) et la norme induite
k . k, avec ∀x ∈ H :< x, x >=k x k2 .
Soit A ∈ L(H) = L(H, H) et M ∈]0, ∞[ et qui vérifie

k A(x) k≥ M k x k, ∀x ∈ H.

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Exercices 29


1. Montrer que A(H) est fermée. On rappelle que A(H) = Im(A) .
 ⊥
2. Montrer que A(H) = {0}.
- En déduire que A est surjectif.
1
3. Montrer que A est un isomorphisme de H dans H et que k A−1 k≤ .
M

Exercice 1.24.

On considère
 nles espaces suivants : o
C [−1, 1] = f : [−1, 1] −→ R, f est continue .
  n o
C 1 [−1, 1] = f : [−1, 1] −→ R, f est continue .
  n Z 1 o
1
L [−1, 1] = f : [−1, 1] −→ R, f est mesurable et | f (x) | dx < +∞ .
  n Z−1
1 o
L2 [−1, 1] = f : [−1, 1] −→ R, f est mesurable et | f (x) |2 dx < +∞ .
−1
Dans les cas suivants, montrer que T : E −→ C est une forme linéaire continue (T ∈ E 0 )
puis calculer sa norme kT k :
  Z 1
1) E = C [−1, 1] et T f = xf (x) dx.
Z 1−1
 
2) E = C 1 [−1, 1] et T f = xf (x) dx.
0
Z 1
 
3) E = L1 [−1, 1] et T f = xf (x) dx.
−1
Z 1
 
4) E = L2 [−1, 1] et T f = xf (x) dx.
Z 1−1
  1
2
5) E = L [0, 1] et T f = x− 3 f (x) dx.
0
6) E = l2 et T x = x1 + x2 avec x = (x1 , x2 , ....., xn , .......) ∈ l2 .
+∞
X xk
7) E = l2 et T x = , avec x = (x1 , x2 , ....., xn , .......) ∈ l2 .
k
k=1
+∞
X xk
8) E = l1 et T x = , avec x = (x1 , x2 , ....., xn , .......) ∈ l1 .
k
k=1

Exercice 1.25.
 
On considère l’espace E = C [−1, 1] muni de la norme k . k∞ et on définit sur E
l’opérateur T .
- Montrer dans tout les cas suivants que T est linéaire continu et calculer kT k :
1 
1) T f = f (−1) + f (1) .
3 
2) T f = 2 f (1) + f (0) .
1 
3) T f = f (ε) + f (−ε) − 2f (0) , ε ∈ [−1, 1].
Z2ε 1
4) T f = f (t) dt.
0

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Exercices 30

Z 1
5) T f = f (t) dt − f (0).
Z0 1
6) T f = f (t) dt − f (0).
Z−1
0 Z 1
7) T f = f (t) dt − f (t) dt.
−1 0

Exercice 1.26.

Soit E = L2 (0, 1). On considère l’opérateur T : L2 (0, 1) −→ L2 (0, 1) défini par :

T f = xf.

- Montrer que T est linéaire continu et calculer sa norme kT k.

Exercice 1.27.

Soit E un espace de Banach.


On considère une suite d’opérateurs (An )n∈N dans L(E) qui converge vers A et soit
(xn )n∈N une suite d’éléments de E qui converge vers x.
- Montrer que la suite (An x)n∈N converge vers Ax.

Exercice 1.28.

On considère l’espace E tel que


n o
E = u ∈ L2 [−1, 1], u0 ∈ L2 [−1, 1] .

On munit E de la norme :

k u k2E =k u k2L2 [−1,1] + k u0 k2L2 [−1,1] .

On définit la fonctionnelle f de E dans R par :


Z 1
f (x) = [x(t) sin t + x0 (t) cos t]dt.
−1

1. Montrer que f ∈ E 0 . √
2. Montrer que k f kE 0 = 2.

Exercice 1.29.

On considère
 l’espace
 n : o
1 f 0 ∈ C [−1, 1], R

E = C [−1, 1] = f ∈ C [−1, 1], R , muni de la norme :

k f k∞ = sup |f (x)| + sup |f 0 (x)|.


x∈[−1,1] x∈[−1,1]

Soit l’opérateur A tel que :

A : E → R, A(f ) = −f 0 (0).

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Exercices 31

1. Montrer que A ∈ E 0 .
2. On munit le même espace E défini ci-dessus de la norme

k f k∞ = sup |f (x)|.
x∈[−1,1]

- L’opérateur A est-il continu pour cette norme ?


x 
Indication : utiliser la suite de fonctions définies par : fn (x) = 2 2
, n∈N .
1+n x

Exercice 1.30.

Soit l’espace E = C 1 ([0, 1]) l’espace des applications de [0, 1] dans R de classe C 1 sur
[0, 1], muni de la norme de la convergence uniforme sur [0, 1] :

k f k= sup |f (x)| + sup |f 0 (x)|.


x∈[0,1] x∈[0,1]

Soit, n o
M = u ∈ C 1 ([0, 1]) : u(0) = u(1) = 0 .

1. Montrer que M est un sous-espace vectoriel fermé de C 1 ([0, 1]).


2. Soient a et b deux nombres réels tels que 0 ≤ a ≤ b ≤ 1 et f la fonction définie sur
[0, 1] par : 
 0 si 0 ≤ x < a,
f (x) = 2
(x − a) (b − x)2 si a ≤ x ≤ b,
0 si b < x ≤ 1.

Z 1
- Vérifier que f ∈ M et calculer f (x)dx.
0
3. Soit g une fonction réelle définie et continue sur [0, 1].
- Montrer que l’application G : M −→ R définie par :
Z 1
G(u) = g(x)u(x)dx,
0

est linéaire et continue sur M .


4. Montrer que, s’il existe x0 ∈ [0, 1] tel que la fonction g vérifie l’inégalité g(x0 ) > 0, il
existe un intervalle [a, b] (avec a < b) tel que [a, b] ⊂ [0, 1] et un nombre α > 0 tels que
l’on ait :

∀x ∈ [a, b] : g(x) ≥ α.
 
- En déduire que G(u) = 0, ∀u ∈ M ⇐⇒ (g = 0).

Exercice 1.31.

On considère V l’espace des suites complexes défini par :


n +∞
X o
V = x = (xn )n≥0 ; (1 + n2 )|xn |2 < +∞ .
n=0

1. On munit V du produit scalaire :

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Exercices 32

+∞
X
(x, y) = (1 + n2 )xn yn .
n=0

- Écrire la norme associée.


- Montrer que V est un espace complet (et donc un espace de Hilbert).
2. Soit (an )n≥0 une suite complexe bornée et

M = sup | an | .
n≥0

On considère l’application linéaire A de V dans V définie par :



A(x) n = an xn .

- Montrer que A est continue.


3. En considérant la suite (ep )p≥0 définie par :

p 0 si p 6= n,
(e )n = δnp =
1 si p = n.

- Vérifier que la suite (e√p )p≥0 est dans V et calculer k ep kV .


- montrer que k A k= M .

Exercice 1.32.

On considère l’espace de Banach E = l1 tel que :


n +∞
X o
l1 = x = (xn )n≥1 : xn ∈ R, |xn | < +∞ .
n=1

muni de la norme,
+∞
X
k x k= |xn |.
n=1

On considère la forme An de E dans R définie par :

An (x) = xn .

1. Montrer que An ∈ E 0 et calculer k An kE 0 .

Exercice 1.33.

Soit E et F deux espaces de Banach et (An )n∈N ∈ L(E, F ) pour tout n ∈ N.


On suppose que An (x) → A(x) lorsque n → +∞ pour tout x ∈ E.
1. Montrer que sup k An kL(E,F ) < +∞.
n∈N
2. Montrer que A ∈ L(E, F ).

Exercice 1.34.

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Exercices 33

Soit E un espace de Banach et (fn ) une suite de E 0 pour tout n ∈ N.


Supposons qu’on a :

∀x ∈ E : hfn , xi → hf, xi lorsque n → +∞.

- Montrer que f est continue.

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CHAPITRE 2
THÉORÈME DE HAHN-BANACH

2.1 Introduction
Soient (E, k . kE ), (F, k . kF ) deux espaces vectoriels normés et M ⊂ E un sous-espace
vectoriel normé de E et soit f : E −→ F une application linéaire continue.
Supposons que M = E. Dans ce cas et d’après le théorème (1.4) du prolongement d’une
application linéaire continue, il existe une unique application fe ∈ L(E, F ) un prolongement
de f qui vérifie fe |M = f et k fe k=k f k. Mais dans le cas où M n’est pas dense dans
E (M 6= E), en général il n’existe pas un prolongement fe de f sur E tout entier, sauf dans
le cas où F = R ou F = C, il existe un prolongement fe de f mais n’est pas unique ce qui
l’annonce le théorème de Hahn-Banach.
Donc le théorème de Hahn-Banach est une généralisation du théorème du prolongement
d’une application linéaire continue, c’est un outil puissant, fondamental et utile dans l’analyse
fonctionnelle. Il admet deux formes. la première dite analytique, assure le prolongement
avec conservation de la norme d’une forme linéaire continue définie sur un sous-espace d’un
espace vectoriel normé tout entier, et le lemme de Zorn est un des piliers pour démontrer la
forme analytique du théorème de Hahn-Banach, et la deuxième dite géométrique, permet
de séparer strictement un ensemble convexe fermé d’un ensemble compact fermé par un
hyperplan fermé.
Le théorème de Hahn-Banach dû aux deux mathématiciens sont, l’autrichien Hans Hahn
(1897-1934) et le polonais Stefan Banach (1892-1945).

2.2 Théorème de Hahn-Banach forme analytique

Définition 2.1. ( Semi-norme :)

Une semi-norme sur un espace vectoriel E est une application p : E −→ R+ vérifiant


les deux conditions suivante

1) p(λx) = |λ|p(x), ∀x ∈ E, ∀λ ∈ K.

2) p(x + y) ≤ p(x) + p(y), ∀x, y ∈ E, ∀λ ∈ K.

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Théorème de Hahn-Banach forme analytique 35

Remarque 2.1.

L’implication p(x) = 0 ⇒ x = 0 de la troisième condition de la norme n’est pas


satisfaite pour la semi-norme comme le montre l’exemple suivant :

Exemple 2.1.

Soit Ω un ouvert de Rn (c’est à dire par rapport à la topologie définie sur Rn ).


Soit S un compact, S ⊂ Ω. On considère,

E = C 0 (Ω) = {f : Ω → C, f continue}.

(f + g)(x) = f (x) + g(x), pour tout x ∈ Ω.


(λf )(x) = λ(f (x)), pour tout x ∈ Ω et pour tout λ ∈ C.
On a E est un espace vectoriel sur C.
On définit l’application PS par :

PS (f ) = sup |f (x)|.
x∈S

PS est bien définie car f est continue sur un compact, donc elle atteint sa borne supérieure.
PS est une semi-norme sur E.
On remarque que l’implication PS (f ) = 0 ⇒ f = 0 n’est pas satisfaite car f 6= 0 sur S.

Définition 2.2.

Soit A un ensemble muni d’une relation d’ordre notée ” ≤ ”.


1) On dit qu’un sous-ensemble B ⊂ A est totalement ordonné si

∀a, b ∈ B, on a : (a ≤ b) ou (b ≤ a).

2) Soit B ⊂ A un sous-ensemble de A. On dit que m ∈ A est un majorant de B si

∀x ∈ B : x ≤ m.

3) On dit que m ∈ A est un élément maximal de A si

(∀x ∈ A tel que x ≥ m) ⇒ x = m.

4) Ensemble inductif :
On dit que A est inductif si tout sous-ensemble totalement ordonné admet un majorant.

Lemme 2.1. (de Zorn) (axiome de choix)


Tout ensemble ordonné, inductif et non vide admet un élément maximal.

Théorème 2.1

(de Hahn-Banach (forme analytique)


Soit E un espace vectoriel sur K et soit p : E → R une semi-norme sur E.
Soit G ⊂ E un sous-espace vectoriel et soit g : G → R une application linéaire telle que :

∀x ∈ G : g(x) ≤ p(x),

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Théorème de Hahn-Banach forme analytique 36

où p est l’application définie dans la définition 2.1 avec λ > 0 dans cette définition.
Alors il existe un prolongement f de g tel que :
1. f : E → R.
2. f est linéaire.
3. ∀x ∈ G : f (x) ≤ g(x).
4. ∀x ∈ E : f (x) ≤ p(x).

Démonstration.

La démonstration repose sur le lemme 2.1 de Zorn.


On pose
(h : D(h) → R : ∀x ∈ G : h(x) = g(x),)
D(h) un s.e.v de E,
A= (2.1)
h est linéaire ,
∀x ∈ D(h) : h(x) ≤ p(x).
On veut démontrer qu’il existe un élément k de A qui est défini sur D(h), tel que D(k) = E.
On définit une relation d’ordre sur A comme suit :
h1 ≤ h2 ⇔ D(h1 ) ⊂ D(h2 ) et ∀x ∈ D(h1 ) : h1 (x) = h2 (x) (h2 prolonge h1 ).
La relation ≤ est une relation d’ordre et A n’est pas totalement ordonnée.
On va appliquer le lemme 2.1 de Zorn sur A.
On montre alors que A est inductif, c’est à dire que toute partie de A totalement ordonnée
admet un majorant.
Soit B = (hi )i∈I une partie quelconque totalement ordonnée de A.
B est totalement ordonnée ⇔ (∀i 6= j : hi ≤ hj ou hj ≤ hi ).
On trouve h tel que :
h ≥ hi ∀i ∈ I.
 
h ≥ hi ⇔ D(hi ) ⊂ D(h), ∀i ∈ I et h(x) = hi (x), ∀x ∈ D(hi ) .

On définit :
[
D(h) = D(hi ) et h(x) = hi (x) si x ∈ D(hi ).
i∈I

x ∈ D(h) ⇒ ∃i0 ∈ I : x ∈ D(hi0 ), h(x) = hi0 (x).


Montrons que h est une application (c’est à dire que h est bien définie).
Soit i0 , j0 ∈ I tels que i0 6= j0 .
Soit x ∈ D(hi0 ), x ∈ D(hj0 ).
Montrons que :
h(x) = hi0 (x) = hj0 (x).
On suppose par exemple que hi0 ≤ hj0 , donc D(hi0 ) ⊂ D(hj0 ) (car B est totalement ordon-
née).
On a :
∀x ∈ D(hi0 ) : hi0 (x) = hj0 (x).
Donc,
hi0 (x) = hj0 (x), ∀j0 : i0 6= j0 .
D’où h est bien définie.
Maintenant, montrons que h est un majorant de B. C’est à dire que ∀i ∈ I : hi ≤ h.
On a :
hi ≤ h ⇔ (D(hi ) ≤ D(h) et h(x) = hi (x), ∀x ∈ D(hi )).

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Théorème de Hahn-Banach forme analytique 37

[
Comme D(h) = D(hi ), alors,
i∈I

∀i ∈ I : D(hi ) ⊂ D(h) et h(x) = hi (x), ∀x ∈ D(hi ) (d’après la définition de h).

D’où A est inductif (car A est quelconque).


Montons que A 6= ∅.
On a g ∈ A, alors A 6= ∅ (car g est un prolongement de lui même).
D’après le lemme 2.1 de Zorn, A admet un élément maximal k tel que :

k : D(k) → R,

et vérifie :
• k est linéaire.
• ∀x ∈ G : k(x) = g(x).
• ∀x ∈ D(k) : k(x) ≤ p(x).
Montrons maintenant que E = D(k).
Montrons par l’absurde. Supposons que E 6= D(k). C’est à dire que D(k) E.
Alors ∃x0 ∈ E\D(k). On pose L = [x0 ] (l’ensemble engendré par x0 ).
et M = D(k) + L ⊂ E.
On a M est un sous-espace vectoriel de E, et M 6= D(k) car x0 ∈
/ D(k) et D(k) M.
On construit une application m telle que :

m : M → R : x + λx0 7→ m(x + λx0 ) = m(x) + λα0 = k(x) + λα0 oùalpha0 = m(x0 ).

Car m est déjà définie et k un prolongement.


On veut que m soit linéaire car les éléments de A sont linéaires.
On remarque que x ∈ D(k) ⇔ x = x + 0.x0 .
m(x) = k(x) + 0.α0 = k(x).
m est linéaire car k est linéaire.
m est un prolongement de k.
On choisit α0 tel qu’il vérifie la condition précédente, pour démontrer que m ∈ A et α0
vérifie :
∀x ∈ D(k), ∀λ ∈ K : k(x) + λα0 = m(x + λx0 ) ≤ p(x + λx0 ).
i) Si λ > 0.
On a :
x x
λm( + x0 ) ≤ λp( + x0 ).
λ λ
Donc
x x
+ x0 ) ≤ p( + x0 ).
m( (2.2)
λ λ
On a :
  x
x ∈ D(k), λ ∈ K∗ , D(k) un sous-espace vectoriel ⇒ ∈ D(k).
λ
Donc,
(2.2) ⇔ m(y + x0 ) ≤ p(y + x0 ).
D’où
k(y) + α0 ≤ p(y + x0 ), pour tout y ∈ D(k). (2.3)
ii) Si λ < 0.
On a :
x x
(−λ)m( − x0 ) ≤ (−λ)p( − x0 ).
−λ −λ
Alors,
m(y − x0 ) ≤ p(y − x0 ) pour touty ∈ D(k).

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Théorème de Hahn-Banach forme analytique 38

D’où,
k(y) − α0 ≤ p(y − x0 ), pour tout y ∈ D(k). (2.4)
En vertu de (2.3) et (2.4), on conclut que :

k(y) − p(y − x0 ) ≤ α0 ≤ p(y + x0 ) − k(y), pour tout y ∈ D(k).

Il faut choisir α0 tel que on a :

sup {k(y) − p(y − x0 )} ≤ α0 ≤ inf {p(x + x0 ) − k(x)}.


y∈D(k) x∈D(k)

Un tel choix de α0 est possible car k ∈ A ⇒ k(x) ≤ p(x), ∀x ∈ D(k).


On a :
k(x + y) ≤ p(x + y), ∀(x, y) ∈ D(k) × D(k).
d’où
k(x + y) ≤ p(x + y) ≤ p(x + x0 − x0 + y).
Comme k est linéaire, alors

k(x) + k(y) ≤ p(x + x0 ) + p(y − x0 ).

D’où
k(y) − p(y − x0 ) ≤ p(x + x0 ) − k(x), ∀x ∈ D(k), ∀y ∈ D(k).
1) x est fixé.

k(y) − p(y − x0 ) ≤ p(x + x0 ) − k(x), ∀y ∈ D(k).


Ce qui implique que

sup {k(y) − p(y − x0 )} ≤ inf {p(x + x0 ) − k(x)}.


y∈D(k) x∈D(k)

Donc α0 existe car k(y) − p(y − x0 ) ≤ p(x + x0 ) − k(x), ∀x ∈ D(k), ∀y ∈ D(k).


Maintenant, on montre que m ≥ k.
La dernière inégalité est évidente car :
 
m ≥ k ⇔ D(k) ⊂ D(m) et m(x) = k(x), ∀x ∈ D(k) .

On a :
D(k) ⊂ D(k) + [x0 ] = D(m) et m(x + λx0 ) = k(x) + λα0 .
Donc,
λ = 0 : x ∈ D(k) ⇒ m(x) = k(x).
D’où la contradiction car k est un élément maximal (ce qui contredit la maximalité de k).
Alors,
D(k) = E.

Corollaire 2.1.

Soit E un espace vectoriel normé et soit G un sous-espace vectoriel normé de E.


Soit g : G → R une application linéaire continue de norme

kgkG0 = sup |hg, xi|.


x∈G,kxk≤1

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Théorème de Hahn-Banach forme analytique 39

Alors il existe f ∈ E 0 (le dual de E) telle que f est un prolongement de g et vérifie

kf kE 0 = kgkG0 .

Démonstration.

On pose p(x) = kgkG0 kxk.


p : E → R+ .
On vérifie que les conditions du théorème de Hahn-Banach ont lieu.
On a :
p(x + y) = kgkG0 kx + yk ≤ kgkG0 kxk + kgkG0 kyk,
et
p(λx) = kgkG0 kλxk = |λ|p(x).
Donc p est une semi-norme sur E.
on va montrer que l’application g vérifie l’inégalité g(x) ≤ p(x).
On a :
g(x) ≤ kgkG0 kxk = p(x).
Donc toutes les conditions du théorème de Hahn-Banach sont satisfaites.
Alors il existe f : E → R qui vérifie :
i) f est linéaire.
ii) ∀x ∈ G : f (x) = g(x).
iii) ∀x ∈ E : f (x) ≤ kgkG0 kxk = p(x).
Il nous reste à montrer que f est continue.
On a d’après l’inégalité f (x) ≤ kgkG0 kxk, on conclut que

f (x) ≤ ckxk et f (−x) ≤ ck − xk.

Ce qui signifie que :


|f (x)| ≤ ckxk, pour tout x ∈ E.
D’où f est continue sur E et on a :
kf k ≤ kgkG0 . (2.5)
Montrons l’inégalité réciproque kf k ≥ kgkG0 .
On a :

kf kE 0 = sup |hf, xi| ≥ sup |hf, xi| = sup |hg, xi| = kgkG0 .
x∈E,kxk≤1 x∈G,kxk≤1 x∈G,kxk≤1

Donc,
kf k ≥ kgkG0 . (2.6)
De (2.5) et (2.6), on conclut que
kf kE 0 = kgkG0 .

Corollaire 2.2.

Soit E un espace vectoriel normé. Alors pour tout x0 ∈ E et x0 6= 0, il existe f ∈ E 0 tel que
hf, x0 i = kx0 k2 et kf k = kx0 k.

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Théorème de Hahn-Banach forme analytique 40

Démonstration.

On applique le corollaire 2.1 avec G = [x0 ] = Rx0 = ( l’ensemble engendré par x0 ) et

g : G → R, g(x) = g(λx0 ) = λg(x0 ) = λkx0 k2 .

Montrons que g ∈ G0 .
La linéarité de g :
Soient α, β ∈ R, et x, y ∈ E avec x = λ1 x0 et y = λ2 x0 .
g(αx + βy) = αλ1 kx0 k2 + βλ2 kx0 k2 = αg(x) + βg(y).
La continuité de g :
|g(x)| = |λ|kx0 k2 = (kλx0 k)kx0 k = kx0 kkxk.
D’où g est continu et on a :
kgkG0 ≤ kx0 k.
|hg, xi| |hg, λx0 i| |λ|kx0 k2
kgk = sup |hg, xi| = sup = sup = sup = kx0 k.
x∈G,kxk≤1 x∈G,x6=0 kxk λ∈K∗ kλx0 k λ∈K∗ |λ|kx0 k
D’où
kgk = kx0 k.
∀x ∈ G : f (x) = g(x) ⇒ f (x0 ) = kx0 k2 ,
car,
f (λx0 ) = λkx0 k2 ⇒ λf (x0 ) = λkx0 k2 ⇒ f (x0 ) = kx0 k2 .

Corollaire 2.3.

Soit E un espace vectoriel normé. Pour tout x dans E, on a

kxk = sup |hf, xi| = max |hf, xi|.


f ∈E 0 ,kf kE 0 ≤1 f ∈E 0 ,kf kE 0 ≤1

Démonstration.

i) Montrons que kxk ≥ sup |hf, xi|


f ∈E 0 ,kf kE 0 ≤1
On a pour x fixé dans E et pour tout f dans E 0 ,

|hf, xi| ≤ kf kkxk, ∀x ∈ E.

Donc on prend le sup dans les deux membres pour la dernière inégalité, on obtient

kxk ≥ sup |hf, xi|. (2.7)


f ∈E 0 ,kf kE 0 ≤1

ii) Montrons que kxk ≤ sup |hf, xi|.


f ∈E 0 ,kf kE 0 ≤1

Soit x ∈ E. Alors il existe f dans E 0 tel que hf, xi = kxk2 et kf k = kxk d’après le corollaire

4.3 .
Pour x 6= 0, on pose :
f
fe = ∈ E0.
kxk
On a :
kfek = 1.

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Théorème de Hahn-Banach forme analytique 41

D’autre part on a :

f 1 kxk2
|hfe, xi| = |h , xi| = |hf, xi| = = kxk.
kxk kxk kxk

Donc,
kxk = |hfe, xi| ≤ sup |hf, xi|. (2.8)
f ∈E 0 ,kf kE 0 ≤1

En vertu de (2.7) et (2.8), on conclut le résultat.

Corollaire 2.4.

Soit E un espace vectoriel normé et x 6= 0 un élément de E. Alors il existe une application


f ∈ E 0 telle que
kf kE 0 = 1 et f (x0 ) = kx0 k.

Démonstration.

On considère le sous-espace G de E tel que

G = [x] = {αx : α ∈ R} (l’ensemble engendré par x).

On définit sur G l’application linéaire f par :

f (αx) = αkxk. (2.9)

f est bornée et kf k = 1. En effet,


pour y = αx, on a
|f (y)| = |f (αx)| = |α|kxk = kαxk = kyk.
D’autre part on a :
|f (y)|
kf k = sup = 1.
y6=0 kyk

Le théorème de Hahn-Banach implique que f possède un prolongement fe définie sur E tout


entier de norme kfek = kf k = 1.
D’après (2.9), on conclut que :
fe(x) = f (x) = kxk.

Corollaire 2.5.

Soit E un espace vectoriel normé et M un sous-espace vectoriel normé de E tels que M 6= E


et x0 ∈/ M . Alors il existe f ∈ E 0 telle que :
i) hf, x0 i = 1.
ii) ∀x ∈ M, hf, xi = 0.
1
iii) kf kE 0 = avec d = d(x0 , M ).
d
Démonstration.

On a x0 ∈ E\M .
On pose,
G = M + Rx0 .

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Théorème de Hahn-Banach forme analytique 42

Soit g : G → R .
Utilisons le théorème de Hahn-Banach.
On choisit g comme suit :
•g(m) = 0 avec m ∈ M .
•g(x0 ) = 1
•g(m + λx0 ) = λ.
D’où,
g = 0 et g 6= 0 car hg, x0 i = 1.
M
- Il est clair que g est linéaire.
- On montre que g est continue :
On a :
|g(x)| = |g(m + λx0 )| = |λ|.
D’autre part, on a :
m m
∀x ∈ G : kxk = km+λx0 k = |λ|k +x0 k = |λ|k− −x0 k = |λ|ky−x0 k ≥ |λ| inf ky−x0 k = |λ|d.
λ λ y∈M

Donc,
kxk ≥ |λ|d.
D’où,
1
|λ| ≤ kxk.
d
Ce qui signifie que :
1
|g(x)| ≤ kxk,
d
et on a :
1
kgk ≤ .
d
1
Montrons que kgk = .
d
On a :
|hg, m + λx0 i| |λ| 1 1
kgk = sup = sup = sup m = sup −m =
m∈M,λ∈K km + λx0 k m∈M,λ∈K km + λx0 k m∈M,λ∈K k λ + x0 k m∈M,λ∈K k λ − x0 k
1 1 1 1
sup = = = .
x∈M kx − x 0 k inf kx − x 0 k d(x0 , M ) d
x∈M
En vertu du théorème de Hahn-Banach, il existe f ∈ E 0 telle que :
1
f = g et kf k = kgk = ,
G d

(où f est la restriction de f sur G).


G

Théorème 2.2

Soit E un espace vectoriel normé et soit M un sous-espace vectoriel normé de E.


Alors M n’est pas dense dans E si, et seulement s’il existe f ∈ E 0 tels que f 6= 0, telle
que hf, xi = 0 pour tout
 x ∈M . 
Autrement dit M = E ⇔ ∀f ∈ E 0 : f =0⇒f ≡0 .
M

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Théorème de Hahn-Banach forme géométrique 43

Démonstration.

i) ⇒ ) (la condition est nécessaire) :


Supposons que M 6= E.
Alors,
∃x0 ∈ E\M tel que : d(x0 , M ) = inf kx0 − yk > 0.
y∈M

Comme M est un sous-espace vectoriel , alors x0 6= 0 (car 0 ∈ M ).


En vertu du corollaire 2.5, il existe f ∈ E 0 tel que hf, x0 i = 1 6= 0. Ce qui signifie que f n’est
.
pas nulle et hf, xi = 0, pour tout x ∈ M . C’est à dire que f = 0.
M
ii) ⇐ ) (la condition est suffisante) :
Supposons que ∀f ∈ E 0 : f = 0 ⇒ f ≡ 0 et montrons que M = E.
M
Il suffit de montrer que M ⊥ = {0}.
Soit f ∈ M ⊥ , alors d’après l’hypothèse on a f ≡ 0.

2.3 Théorème de Hahn-Banach forme géométrique


2.3.1 Séparation des ensembles convexes

Définition 2.3.

Soit E un espace vectoriel normé. On appelle hyperplan affine H, l’ensemble sous la


forme suivante : 
H = x ∈ E : f (x) = α ,
où f est une forme linéaire sur E, telle que f 6= 0 et α ∈ R.
On appelle [f = α] l’équation de l’hyperplan H.

Remarque 2.2.

f n’est pas nécessairement continue (lorsque l’espace E est de dimension infinie, il


existe toujours des formes linéaires non continues).

Définition 2.4.

Soient E un espace vectoriel normé. et A et B deux sous-ensembles de E.


1. On dit que A et B sont séparés par l’hyperplan H d’équation [f = α] au sens strict
s’il existe ε > 0 tel que

A ⊂ {x ∈ E : f (x) ≤ α − ε} et B ⊂ {x ∈ E : f (x) ≥ α + ε}.

2. On dit que A et B sont séparés par l’hyperplan H d’équation [f = α] au sens large


si l’on a
A ⊂ {x ∈ E : f (x) ≤ α} et B ⊂ {x ∈ E : f (x) ≥ α}.

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Théorème de Hahn-Banach forme géométrique 44

Définition 2.5.

Soient E un espace vectoriel et A un sous-ensemble de E. On dit que A est convexe si

tx + (1 − t)y ∈ A, ∀x, y ∈ A, ∀t ∈ [0, 1].

Théorème 2.3

Soit H un hyperplan d’équation [f = α]. Alors

   
H est fermé ⇐⇒ f est continue .

Démonstration.

- La condition est suffisante (⇐=).  


Si f est continue, il est bien clair que H est fermé car H = f −1 {α} .
- La condition est nécessaire (=⇒).
Supposons que H est fermé et montrons que f est continue.
Comme H est fermé , donc le complémentaire H c de H est ouvert et non vide car f non
identiquement nulle.
Soit x0 ∈ H c et on suppose par exemple que f (x0 ) < α. Soit r > 0 tel que B(x0 , r) ⊂ H c où
B(x0 , r) est la boule ouverte de E de centre x0 et de rayon r > 0, c’est à dire que
n o
B(x0 , r) = x ∈ E : kx − x0 k < r .

On a
f (x) < α, ∀x ∈ B(x0 , r). (2.10)
Soit x1 ∈ B(x0 , r) et on suppose que f (x1 ) > α.
On a :
{x1 = (1 − t)x0 + tx1 : t ∈ [0, 1] ⊂ B(x0 , r)},

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Théorème de Hahn-Banach forme géométrique 45

et donc f (x1 ) 6= α, pour tout t ∈ [0, 1].


D’autre part on a :
f (x1 ) − α
f (x1 ) = α pour t = .
f (x1 ) − f (x0 )
ce qui contredit le fait que f (x1 ) > α.
Donc (2.10) a lieu.
En vertu de (2.10), il en résulte que,

f (x0 + ry) < α, ∀y ∈ B(0, 1).

Ce qui signifie que f est continue et on a :


1 
kf k ≤ α − f (x0 ) .
r

2.3.2 Première forme géométrique du théorème de Hahn-Banach


Théorème 2.4

Soient E un espace vectoriel normé et A et B deux sous-ensembles non vides de E.


On suppose qu’on a les propriétés suivantes :
1) A est un ouvert non vide et convexe,
.
2) B est convexe non vide et A ∩ B = ∅.
Alors ils existent f ∈ E 0 telle que f 6= 0 et γ ∈ R tels que :

f (x) ≤ γ ≤ f (y), pour tout x ∈ A, y ∈ B.

Autrement dit, il existe un hyperplan fermé qui sépare A et B au sens large.

Démonstration.

i) Soit M un sous-ensemble ouvert, convexe non vide de E tel que 0 ∈ M , c’est à dire que
(M contient l’origine).
Soit p : E → [0, +∞[ la fonction définie par :
x
p(x) = inf{β > 0, ∈ M }, pour tout x ∈ E. (2.11)
β
Supposons que p possède la propriété suivante :

il existe une constante C telle que 0 ≤ p(x) ≤ Ckxk, pour tout x ∈ E :

M = {x ∈ E : p(x) < 1}.


La fonction p vérifie les deux propriétés suivantes :
1. p(αx) = αp(x), ∀α ≥ 0, ∀x ∈ E.
2. p(x + y) ≤ p(x) + p(y), ∀x, y ∈ E.
Comme M est un ouvert et 0 ∈ M , alors il existe r > 0 tel que B(0, r) ⊂ M .
kxk x x x
On a ∀x ∈ E, ∀β > : ∈ B(0, r) (donc k k < r et alors ∈ M .
r β β β
D’où,
x kxk kxk
p(x) = inf{β > 0; ∈ M } ≤ inf{β > }= .
β r r

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Théorème de Hahn-Banach forme géométrique 46

Alors,
1
0 ≤ p(x) ≤ Ckxk, ∀x ∈ E, avec C = .
r
Soit x ∈ M , alors comme M est un ouvert, il existe δ > 0 tel que (1 + δ)x ∈ M .
Ainsi,
x 1
p(x) = inf{β > 0; ∈ M } ≤ < 1.
β 1+δ
Réciproquement :
Soit x ∈ E tel que p(x) < 1.
Alors,
x
∃ 0 < β < 1 tel que : ∈ M.
β
Comme M est convexe et 0 ∈ M , alors
x
x = (β + (1 − β)0) ∈ M.
β
Par conséquent
M = {x ∈ E : p(x) < 1}.
On a ∀α > 0 et ∀x ∈ E,
αx αx x
p(αx) = inf{βe > 0, ∈ M } = inf{αβ >, = ∈ M } = αp(x).
β αβ β
En outre, p(0) = 0.
Ainsi
p(αx) = αp(x), ∀α ≥ 0 et ∀x ∈ E. (2.12)
Finalement, soient x, y ∈ E et ε > 0, alors d’après la propriété (2.12), on a
x p(x)
p( )= < 1.
p(x) + ε p(x) + ε
Donc
x y
∈ M et ∈ M.
p(x) + ε p(y) + ε
Comme M est convexe, alors
µ 1−µ
x+ ∈ M, ∀ 0 < µ < 1.
p(x) + ε p(y) + ε
On choisit
p(x) + ε
µ= ∈ M,
p(x) + p(y) + ε
alors,
1
(x + y) ∈ M.
p(x) + p(y) + 2ε
Par conséquent,
p(x + y) < p(x) + p(y) + 2ε.
Ainsi,
p(x + y) ≤ p(x) + p(y), ∀ε > 0. (2.13)
Ce qui montre que p est sous-linéaire.
ii) Soit M un sous-ensemble ouvert non vide, convexe de E, et y0 ∈ / M.
Alors,
∃f ∈ E 0 : f (x) < f (y0 ), pour tout x ∈ M.

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Théorème de Hahn-Banach forme géométrique 47

Supposons que 0 ∈ M .
Soit p : E → [0, +∞[ est définie comme (2.11).
Soit F = Span{y0 }, (y0 6= 0 car 0 ∈ M et y0 ∈/ M ).
Soit
f0 : F → R,
l’application définie par :
f0 (αy0 ) = α, ∀α ∈ R.
Alors,
f0 (y) ≤ p(y), ∀y ∈ F,
et
f0 (αy0 ) = α ≤ αp(y0 ) = p(αy0 ), pour tout α ≥ 0,
(d’après i), p(y0 ) ≥ 1 car y0 ∈
/ M ), et

f (αy0 ) = α ≤ 0 ≤ p(αy0 ), pour tout α ≤ 0,

(d’après i), p(y) ≥ y pour tout y ∈ E).


Comme p est sous-linéaire d’après i), le théorème de Hahn-Banach (forme analytique), montre
qu’il existe une application f : E → R, f 6= 0 telle que

f (y0 ) = f0 (y0 ) = 1 et f (x) ≤ p(x), pour tout x ∈ E.

De plus, l’inégalité p(x) ≤ Ckxk pour tout x ∈ E établie dans i) implique que :

f (x) ≤ p(x) ≤ Ckxk et − f (x) ≤ p(−x) ≤ Ckxk, pour tout x ∈ E.

Ainsi
| f (x) |≤ C k x k, ∀x ∈ E,
c’est à dire que f est continue.
Donc f ∈ E 0 .
De plus, on a :
g(x) ≤ p(x) < 1 = f0 (y0 ) = f (y), pour tout x ∈ M,
(d’après i) p(x) < 1 pour tout x ∈ M ). Ainsi l’assertion est prouvée si 0 ∈ M .
Dans la suite, supposons que 0 ∈ / M.
On choisit un certain x0 ∈ M et on pose :
n o
f = x − x0 ∈ E; x ∈ M et ye0 = y0 − x0 .
M (2.14)

Comme 0 ∈ M
f et ye0 ∈
/Mf, alors en vertu (2.14) on conclut qu’il existe f ∈ E 0 telle que :

f (e
x) < f (e e∈M
y0 ), pour tout x f.

Comme f est linéaire, donc f (x) < f (y0 ) pour tout x ∈ M .


iii) Finalement, soit A un sous-ensemble ouvert non vide et convexe de E et soit B un sous-
ensemble non vide et convexe de E tels que A ∩ B = ∅ ( comme l’ennoncé du théorème).
On définit l’ensemble M comme suit :
[n o
M= x−y ∈E :x∈A .
y∈B

On a M est un ouvert car il est union des ouverts, et M est aussi convexe. En effet :
Soit zi = xi − yi ∈ C avec xi ∈ A et yi ∈ B pour i = 1, 2.
Comme
µx1 + (1 − µ)x2 ∈ A et µy1 + (1 − µ)y2 ∈ B pour tout 0 < µ < 1,

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Théorème de Hahn-Banach forme géométrique 48

et comme A et B sont tous les deux convexes, alors on conclut que,

µz1 + (1 − µ)z2 = [µx1 + (1 − µ)x2 ] − [µy1 + (1 − µ)y2 ] ∈ M, pour tout 0 < µ < 1.

Finalement, comme A ∩ B = ∅, alors 0 ∈ /M.


D’après ii),
∃f ∈ E 0 , f 6= 0 telle que : f (z) < f (0) = 0, pour tout z ∈ M,
où z = x − y avec x ∈ A et y ∈ B.
En d’autre terme,

f (x) < f (y) pour tout x ∈ A et pour tout y ∈ B.

Par conséquent,

∃γ ∈ R tel que : f (x) ≤ γ ≤ inf f (y), pour tout x ∈ A.


y∈B

Ce qui achève la démonstration.

2.3.3 Deuxième forme géométrique du théorème de Hahn-Banach


Théorème 2.5

Soit E un espace vectoriel réel et Soient A et K deux sous-ensembles non vides, tels
que :
1) A est fermé et convexe.
2) K est compact et convexe tel que A ∩ K = ∅.
Alors il existe f ∈ E 0 , f 6= 0, γ ∈ R et δ > 0 tels que :

f (x) ≤ γ − δ < γ + δ ≤ f (y), pour tout x ∈ A, y ∈ K.

Autrement dit, A et B sont séparés au sens strict par un hyperplan fermé.

Démonstration.

Pour tout r > 0, on pose :


[ [
Ar = B(x, r) et Kr = B(y, r).
x∈A y∈K

Alors les deux ensembles Ar et Kr sont ouverts non vides et convexes. De plus, il existe r0 > 0
tel que
.
Ar ∩ Kr = ∅ pour tout r ≤ r0 . (2.15)
On montre (2.15) par l’absurde.
Supposons qu’il existe xn ∈ A et yn ∈ K, n ≥ 1 tels que :

xn + vn = yn + wn pour tout n ≥ 1 et vn → 0 et wn → 0 quand n → +∞.

Comme l’ensemble K est compact, alors il existe une sous-suite (ynk ) qui converge dans K.
Donc la sous-suite (xnk ) converge aussi dans E et lim xnk ∈ A car A est fermé.
k→+∞
Ainsi lim xnk = lim ynk ∈ A ∩ K. Ce qui contredit le fait que A ∩ B = ∅.
k→+∞ k→+∞
Donc d’après le théorème 2.4, les deux ensembles Ar0 et Br0 sont séparés par un hyperplan,
c’est-à-dire qu’il existe f ∈ E 0 , f 6= 0 et γ ∈ R tels que :

f (x+v) ≤ γ ≤ f (y+w) pour tout x ∈ A, y ∈ K et pour tout v, w ∈ E avec kvk = kwk = r0 .

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Exercices 49

Ainsi

f (x)+r0 klk = f (x)+ sup l(v) ≤ γ ≤ f (y)+ inf f (w) = f (y)−r0 kf k pour tout x ∈ A, y ∈ B.
kvk=r0 kwk=r0

Comme f 6= 0, on peut prendre δ = r0 kf k.


La preuve est achevée.

Corollaire 2.6.

Soit E vectoriel normé et soit M ⊂ E un sous-espace vectoriel de E tel que M 6= E.


Alors, il existe
∃f ∈ E 0 , f 6= 0 telle que : hf, xi = 0, ∀x ∈ M.

Démonstration.

Soit x0 ∈ E, x0 ∈ / M . Appliquons le théorème 2.5 avec A = M et B = {x0 }.


Alors il existe f ∈ E 0 et f 6= 0 telle que l’hyperplan H d’équation [f = α] sépare au sens strict
M et {x0 }.
On a :
hf, xi < α < hf, x0 i, ∀x ∈ M.
Par conséquent,
comme λhf, xi < α pour tout λ ∈ R, on a :

hf, xi = 0, ∀x ∈ M.

Remarque 2.3.

L’intérêt du corollaire 2.6 est qu’on l’utilise pour montrer qu’un sous espace vectoriel
M de E est dense dans E (c’est à dire que M = E).
Et pour cela on utilise le résultat suivant :

M = E ⇔ M ⊥ = {0} où M ⊥ = {f ∈ E 0 : hf, xi = 0 ∀x ∈ M }.

2.4 Exercices

Exercice 2.1.
1. On considère L’espace de Banach L∞ (0, 1) muni de la norme k . k∞ , définie par :

k f k∞ = sup |f (t)|,
x∈t∈[0,1]

et le sous-espace C [0, 1] formé des fonctions
 continues.
a) Montrer que l’opérateur T : C [0, 1] −→ R, défini par :

T (f ) = f (1)

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Exercices 50

est linéaire et continue, puis calculer k T k.


b) En déduire qu’il existe une forme linéaire continue Te : L∞ (0, 1) −→ R qui vérifie :

k Te k= 1 et Te(f ) = T (f ) ∀f ∈ C [0, 1] .

2. On considère l’espace de Banach L1 (0, 1) muni de la norme k . k1 , définie par :


Z 1
k f k1 = |f (t)|dt.
0
Z 1
a) Soit g ∈ L1 (0, 1). On pose Lg (f ) = f (t)g(t)dt.
0
- Montrer que Lg est une forme linéaire continue sur L∞ (0, 1).
b) On considère La suite de fonctions continues (fn )n définie par :

si 0 ≤ t ≤ 1 − n1 ,

0
fn (t) =
nt − (n − 1) si 1 − n1 ≤ t ≤ 1.

- Montrer que Lg (fn ) → 0 lorsque n → +∞.


c) En déduire qu’il n’existe pas g ∈ L1 (0, 1) tel que :

Te(f ) = Lg (f ) ∀f ∈ L∞ (0, 1).

Exercice 2.2.
Soit E un espace de Banach réel.
Soit x ∈ E, x 6= 0.
- Montrer qu’il existe T ∈ E 0 tel que T x =k x kE et k T kE 0 = 1.
Indication : On peut définir T sur la droite engendrée par x et puis on utilise le théorème
de prolongement de Hahn-Banach.

Exercice 2.3.
Soit E un espace de Banach sur R et E 0 son dual topologique . Soit x ∈ E tel que x 6= 0.
1. Montrer qu’il existe f ∈ E 0 telle que kf kE 0 = 1 et f (x) = kxkE .
2. Soit F un espace de Banach sur R tel que F est réflexif et g ∈ F 0 . Montrer qu’il existe
y ∈ F , y 6= 0 tel que :
g(y) = kykF kgkF 0 .

3. Soit G = x = (xn )n≥1 , xn ∈ R, xn → 0 .
On munit G de la norme,
kxk = sup | xn | .
n≥1

On rappelle que G muni de la norme précédente est un espace de Banach sur R.


a) On définit sur G une forme linéaire g par :
+∞
X xk
g(x) = .
2k−1
k=1

- Montrer que g ∈ G0 et kgkG0 = 2.


b) Montrer qu’il n’existe pas x ∈ G qui vérifie :

g(x) = 2 k x kG .

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Exercices 51

c) En déduire que G n’est pas réflexif.

Exercice 2.4.
Soient E un espace de Banach sur R et M un sous-espace vectoriel de E et x ∈ E.
Montrer que :
   
x∈/ M ⇐⇒ ∃f ∈ E 0 tel que f (x) 6= 0 et f (y) = 0, ∀y ∈ M .

Exercice 2.5.
Soit E un espace vectoriel normé et soient x, y ∈ E tels que x 6= y.
Montrer qu’il existe f ∈ E 0 telle que

hf, xi =
6 hf, yi.

Exercice 2.6.
Soit E un espace de Banach et (fn )n∈N une suite de E 0 .
On suppose que pour tout x ∈ E la limite lim fn (x) = f (x) existe.
n→+∞
- Montrer que f est une forme linéaire continue sue E, c’est à dire que f ∈ E 0 .

Exercice 2.7.
Soit E un espace vectoriel normé et soit une suite (fn )n∈N de E 0 .
On désigne par B E (0, 1) = {x ∈ E : kxk ≤ 1} la boule unité fermée de E.
- Montrer que :
(fn )n∈N est convergente dans E 0 ⇐⇒ la suite (hfn , xi)n∈N est uniformément convergente dans B E (0, 1).

Exercice 2.8.
Soit E un espace vectoriel normé et x0 ∈ E.
On suppose que pour tout f ∈ E 0 tel que kf kE 0 = 1, on a |hf, x0 i| ≤ 1.
- Montrer que kx0 kE ≤ 1.

Exercice 2.9.
Soit E un espace vectoriel normé et f ∈ E 0 et soit T ∈ L(E).
- Montrer que :
kT k = sup |hT x, f i|.
kxkE =1, kf kE 0 =1

Exercice 2.10.
Soit E un espacenvectoriel normé et M un sous-ensemble
o quelconque de E.
⊥ 0
On pose M = f ∈ E : hf, xi = 0, ∀x ∈ M .
1) Montrer que M ⊥ est un sous-espace vectoriel de E 0 .
2) Supposons que E est un espace de Hilbert.
- Que peut-on dire de M ⊥ ?
3) Soit M un sous-espace de E.
- Montrer que : n o
M = x ∈ E : hf, xi = 0, ∀f ∈ M ⊥ .

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Exercices 52

Exercice 2.11.
Soit E un espace vectoriel normé.
Supposons que x0 ∈ E tel que |f (x0 )| ≤ C (où C une constante positive ) , pour tout
f ∈ E 0 et kf k = 1.
- Montrer que kx0 k ≤ C.

Exercice 2.12.
Soit E un espace vectoriel normé et {f1 , f2 , ...., fp } ⊂ E 0 une famille libre.
- Montrer que l’application T : E → Cp définie par :
 
T x = f1 (x), f2 (x), ...., fp (x) ,

est surjective.

Exercice 2.13.
Soit E un espace vectoriel normé et M un sous-espace vectoriel normé de E.
1) Montrer que n o
M = ∩ ker(f ) : f ∈ E 0 et M ⊂ ker(f ) .

2) En déduire que M est dense dans E si et seulement si toute forme linéaire continue sur
E qui s’annule sur M s’annule sur E.

Exercice n
2.14. o
Soit E = f ∈ C([0, 1]) : f (0) = 0 muni de la norme kf k = sup |f (t)|.
0≤t≤1
On considère l’opérateur T : E → C défini par :
Z 1
T (f ) = f (t) dt.
0

1) Montrer que T ∈ E 0 et calculer kT kE 0 .


2) Existe-t-il f ∈ E tel que kf k = 1 et T (f ) = kT kE 0 ?

Exercice 2.15.
Soit, n o
E = x = (xn )n∈N∗ : lim∗ xn = 0 ,
n∈N

muni de sa norme usuelle,


kxk = sup |xn |.
n∈N∗

On considère l’opérateur T : E → C défini par :


+∞
X xn
T (x) = .
2n
n=1

1) Montrer que T ∈ E 0 et calculer kT kE 0 .


2) Existe-t-il x ∈ E tel que kxk = 1 et T (x) = kT kE 0 ?

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Exercices 53

Exercice 2.16.
Soit E un espace vectoriel normé et soit I un ensemble d’indices.
Soit (xi )i∈I ⊂ E et (αi )i∈I ⊂ R.
- Montrer que les deux assertions suivantes sont équivalentes :
1) Il existe f ∈ E 0 tel que f (xi ) = αi , ∀i ∈ I.
2) Il existe une constante C > 0 telle que ∀J ⊂ I, ∀(βi )i∈J ⊂ R, on a :
X X
| βi αi | ≤ Ck βi xi k.
i∈J i∈J

- Montrer que l’on peut choisir f ∈ E 0 avec kf kE 0 ≤ C dans l’implication 2) =⇒ 1).

Exercice 2.17.
Soit E = Rn . On pose :
n o
L = x = (x1 , x2 , ...., xn ) ∈ Rn , xi > 0, ∀i = 1, 2, ...., n .

Soit M un sous-espace vectoriel de E tel que M ∩ L = {0}.


- Montrer qu’il existe un hyperplan H de E tel que M ⊂ H et H ∩ L = {0}.
(Indication : On peut commencer par prouver que M ⊥ ∩ L̊ = ∅).

Exercice 2.18.
Soit E un espace vectoriel normé et f ∈ E 0 avec f 6= 0.
On considère l’hyperplan H d’équation [f = 0].
Le but de cet exercice est d’établir l’égalité suivante :

|hf, xi|
∀x ∈ E : d(x, H) = inf kx − yk = . (2.16)
y∈H kf k

1) vérifier que :
|hf, xi| ≤ kf k d(x, H), ∀x ∈ E.
hf, xi
2) Soit u ∈ E, u ∈
/ H ; en supposant que y = x − u ∈ H.
hf, ui
- Montrer que
|hf, xi|
d(x, H) ≤ kuk, ∀x ∈ E.
|hf, ui|
3) Démontrer (2.16).

Exercice 2.19.
 
Soit E = C [0, 1], C .
On désigne par E1 l’espace E muni de la norme

kf k∞ = sup |f (t)|,
0≤t≤1

et on note E2 l’espace E muni de la norme


Z 1
kf k2 = |f (t)| dt.
0

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Exercices 54

On considère l’application A : E → C définie par :


Z 1
Af = tf (t) dt.
0

1) Montrer que A ∈ E10 et A ∈ E20 .


- Calculer k A kE10 et k A kE20 .
- Existe-t-il f ∈ E avec kf k = 1 et kAf k = kAk ? Autrement dit, kAk est-elle atteinte ?
2) Soit g ∈ E. On définit l’application Ag : E1 → C par :
Z 1
Ag f = g(t)f (t) dt.
0

- Montrer que Ag ∈ E20 et calculer k Ag k.


- k Ag k est-t-elle atteinte ?.
Même question si Ag ∈ E10 .
3) Soit l’opérateur T : E → C défini par :
Z 1
f (t)
Tf = √ dt.
0+ t
- Montrer que T est bien défini sur E.
- Montrer que T n’est pas continu.

Exercice 2.20.
Soit E un espace vectoriel normé et soit K une partie convexe de E avec 0 ∈ K.
On pose
n o
K1 = f ∈ E 0 : ∀x ∈ K : hf, xi ≤ 1 et
n o
K2 = y ∈ E : ∀f ∈ K1 : hf, yi ≤ 1 .
- Montrer que K = K2 .

Exercice 2.21.
 
Soit E = C [0, 1] muni de la norme de convergence uniforme kf k∞ = sup |f (x)|.
0≤x≤1
1) On pose : n o
X = f ∈ E : f (x) > 0, ∀x ∈ [0, 1] .

- Montrer que X est un ouvert convexe de E.


2) Soit, n 1 1 ∗
o
F = g ∈ E : g( ) = − , ∀n ∈ N .
n n
0
- Montrer qu’il existent ϕ ∈ E et α ∈ R tels que :

ϕ(g) ≤ α ≤ ϕ(f ), ∀f ∈ X, ∀g ∈ F.

Exercice 2.22.
Soit n o
S = f ∈ L∞ (R) : ∃ Ω un ouvert de R tel que f (x) = 0 p.p. x ∈ Ω .

On pose :  = (1, 1, 1, ....).


1) Montrer que S est un sous-espace vectoriel de L∞ (R).
2) Montrer que k − f k∞ ≥ 1 pour toute f ∈ S.

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Exercices 55

3) En déduire qu’il existe ϕ ∈ (L∞ (R))0 telle que ϕ = 0 sur S et ϕ() = 1.


(Indication : on construit une forme linéaire continue de norme 1 sur le sous-espace
vectoriel engendré par S et  ).

Exercice 2.23.
On considère l’espace
n o
l∞ = x = (xn )n∈N , xn ∈ R et (xn ) est bornée .

Soit x = (x1 , x2 , x3 , ....) ∈ l∞ . On définit l’opérateur T sur l∞ par :

T x = (x2 , x3 , ....).

1) Soit M le sous-espace vectoriel de l’espace réel l∞ formé par les vecteurs x − x̃ pour
x ∈ l∞ .
On note  = (1, 1, 1, ....).
- Montrer que dis(, M ) = 1.
2) Montrer qu’il existe une forme linéaire continue L sur l∞ telle que :

kLk = 1 et L(x) = L(x̃) pour tout x ∈ l∞ .

Exercice 2.24.
1) Soit X un espace vectoriel normé.
On considère une  forme linéaire T sur X.  
- Montrer que : T est continue sur X ⇐⇒ ker(T ) est fermé .
2) Soit E un espace vectoriel sur R localement convexe et soit ϕ : E → R une forme
linéaire telle que ϕ 6= 0.
a) On suppose que H = ker ϕ est fermé dans E.
- Montrer qu’il existe ψ ∈ E 0 telle que ψ 6= 0 et ψ = 0 sur H.
(Indication : On utilise le théorème de Hahn-Banach forme géométrique, en séparant H
d’un point a ∈ E\H).
- Montrer que ϕ est continue.
b) Montrer que si ϕ n’est pas continue alors ker(ϕ) = E.

Exercice 2.25.
1) Soit E un espace de Banach réel et E 0 son dual.
Soient ϕ, ψ ∈ E 0 telles que kϕk = kψk = 1.
Soit ε > 0 tel que
|ϕ(x)| ≤ ε, ∀x ∈ ker ∩BE ,
où BE est la boule unité fermée de E.
a) On pose ϕ1 = ϕ |ker ψ (la restriction de ϕ sur ker ψ).
- En utilisant ϕ1 , montrer que :

∃ϕ̃ ∈ E 0 et α ∈ R tels que kϕ̃k ≤ ε et ϕ̃ − ϕ = αψ

b) Montrer que 1 − |α| ≤ ε (on rappelle que kϕk = kψk = 1 ).


c) En déduire que kϕ + ψk ≤ ε ou kϕ − ψk ≤ ε.
(Indication : On sépare les cas α ≥ 0 et α < 0).
Soit E un espace de Banach.

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Exercices 56

On dit qu’un sous-espace vectoriel fermé N de E 0 est normant si


n o
∃a > 0 tel que : sup |f (x)|, f ∈ N ∩ BE ≥ akxk, ∀x ∈ E.
0

2) On suppose que E est un espace de Banach sur R.


Soit ψ ∈ E 00 \E et soit δ = dist(ψ, E) > 0.
- Montrer qu’il n’existe pas x0 ∈ E tel que :
n o δ
kx0 k = 1 et sup |f (x0 )|, f ∈ ker ψ ∩ BE 0 ≤ .
4kψk

Indication : On utilise 1) c).


- Conclusion.

Exercice 2.26.
Le but de cet exercice est de montrer qu’en dimension infinie, on ne peut pas séparer deux
convexes fermés.
Soit l’espace de Banach
n +∞
X o
1
l = x = (xn )n∈N ⊂ R tel que
∗ |xn | < +∞ ,
n=1

muni de la norme,
+∞
X
kxk = |xn |.
n=1

On considère
n les ensembles suivants : o
A = x = (xn )n∈N∗ ∈ l1 : ∀n ∈ N∗ : x2n = 0 et
n x2n−1 o
B = x = (xn )n∈N∗ ∈ l1 : ∀n ∈ N∗ : x2n = .
2n
1) Montrer que A et B sont deux sous-espaces fermés de l1 et que l1 = A + B.
2) Soit y = (yn )n∈N∗ ∈ l1 tel que
1
∀n ∈ N∗ : y2n−1 = 0 et y2n = .
2n
n o
- Montrer que y ∈
/ A + B et que si D = A − c = a − c, a ∈ A , on a D ∩ B = ∅.
- Montrer que D et B ne peuvent pas être séparés au sens large.

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CHAPITRE 3
THÉORÈME DE BAIRE, THÉORÈME DE BANACH-STEINHAUS

3.1 Théorème de Baire


Soit E un espace topologique ; un ouvert U de E est dense dans E si et seulement si le
fermé complémentaire U c est d’intérieur vide. Si on a un nombre fini d’ouverts denses, on
vérifie facilement de proche en proche que U1 ∩ U2 ∩ ... ∩ Un est encore un ouvert dense. Le
théorème de Baire donne un cas où cette propriété triviale d’intersection finie peut s’étendre
aux suites d’ouverts denses.
Théorème 3.1

(Théorème de Baire)
Soit E un espace métrique complet \ ; si (Un )n∈N est une suite de parties ouvertes et
denses dans E, alors l’intersection Un est dense dans l’espace E.
n∈N

Démonstration.

Soit (Un )n∈N une


\suite d’ouverts denses de E, soit V une partie ouverte non vide de E, on
doit montrer que Un ∩ V 6= ∅.
n∈N
Comme U0 est dense alors U0 ∩ V 6= ∅ et on peut choisir un point x0 ∈ V ∩ U0 .
Puisque V ∩ U0 est ouvert, alors il existe un nombre r0 > 0, que l’on peut choisir inférieur ou
égal à 1, tel que la boule ouverte B(x0 ; 2r0 ) ⊂ V ∩ U0 .
Par récurrence sur n ∈ N, on construit une suite (xn ) ⊂ E et une suite (rn ) ⊂ R∗+ tels que
1
rn ≤ ,
2n
et tels que :

∀n ∈ N, B(xn ; 2rn ) ⊂ Un ∩ B(xn−1 ; rn−1 ).


En effet,
supposons que xn et rn construits, comme Un+1 est dense alors,
∃ xn+1 ∈ Un+1 ∩ B(xn ; rn ).
Comme Un+1 ∩ B(xn ; rn ) est ouvert alors,
1
∃rn+1 tel que 0 < rn+1 ≤ et B(xn+1 2rn+1 ) ⊂ Un+1 ∩ B(xn , 2rn ).
2n−1

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Théorème de Baire 58

Notons maintenant Bn la boule fermée de centre xn et de rayon rn . On a :

Bn+1 ⊂ B(xn+1 , 2rn+1 ) ⊂ B(xn , rn ) ⊂ Bn .

Comme l’espace E est complet et que les ensembles Bn sont fermés, décroissants, non vides
et qu’aussi leur diamètre tend vers 0, on a
\
Bn 6= ∅.
n∈N

Par construction on a \ \ 
Bn ⊂ V ∩ Un .
n∈N n∈N

Ce qui montre que \ 


V ∩ Un =6 ∅.
n∈N

Théorème 3.2

(Théorème de Baire)
Soit (E, d) un espace métrique complet. Soit (Fn )n∈N une suite des sous-ensembles
fermés de E tels que F˚n = ∅ pour tout n ∈ N. Alors
[ ◦
Fn = ∅,
n∈N
[ ◦ [
où Fn est l’interieur de Fn .
n∈N n∈N

Démonstration.
c
F˚n = ∅ ⇔ E = Fnc = F˚n .
On pose :
On = Fnc .
On a On est dense dans E.
Soit \
O= On .
n≥0

On a : [ ◦
Fn = ∅ ⇔ O est dense dans E.
n∈N

Donc il suffit de montrer que O est un ensemble dense dans E.


En d’autre terme, on montre que l’intersection de O avec tout ouvert de E est non vide.
Soit Ω un ouvert non vide de E. on veut montrer que Ω ∩ O = 6 ∅.
Utilisons le théorème des boules emboitées.
Soit x0 ∈ Ω et r0 > 0 tels que B(x0 , r0 ) ⊂ Ω (puisque Ω est un ouvert).
r0
On choisit x1 ∈ On ∩ B(x0 , r0 ) et r1 > 0, 0 < r1 < et B(x1 , r1 ) ⊂ B(x0 , r0 ) ∩ O1 .
2
Par récurrence on construit une suite qui vérifie les mêmes conditions, on obtient une suite
(xn )n∈N , rn > 0 avec xn ∈ E.

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Théorème de Banach-Steinhaus 59

B(xn+1 , rn+1 ) ⊂ B(xn , rn ) ∩ On , 0 < rn+1 < rn .


Donc les boules B(xi , ri ) sont emboitées.
La suite (xn )n∈N est de Cauchy car,
1
∀ε > 0, ∃Nε ∈ N, ∀p > q ≥ Nε ⇒ d(xp , xq ) ≤ ε = rp ( )p−1 .
2
Comme l’espace (E, d) est complet, la suite (xn )n∈N est convergente vers une limite que l’on
note x.
Comme les boules B(xi , ri ) sont emboitées alors,
∀p ∈ N : xn+p ∈ B(xn , rn ) pour tout n ∈ N.

lim xn+p = x ∈ B(xn , rn ) pour tout n ∈ N.


p→+∞

Donc on a aussi x ∈ B(xn , rn ) ∩ On , pour tout n ∈ N. C’est à dire que x ∈ O.


x ∈ Ω puisque B(x0 , r0 ) ⊂ Ω ∩ O1 . Et donc Ω ∩ O =6 ∅.
ce qui signifie que O est dense dans E.
La démonstration est achevée.
Corollaire 3.1.

Soit (E, d) un espace métrique complet. (E 6= ∅).


On considère la suite [
des sous-ensembles fermés (Fn )n∈N de E.
Supposons que E = Fn . Alors il existe n0 ∈ N tel que F˚
n0 6= ∅, en réalité on peut même dire
[ n∈N
que F˚n est dense dans E.
n∈N
Démonstration.

˚
[ l’absurde. c’est-à-dire qu’on suppose que Fn = ∅ pour tout n ∈ N.
Montrons par
Comme E = Fn , alors d’après le théorème 3.2,
n∈N
[ ◦
Fn = ∅ = E̊ = E = ∅.
n∈N

Ce qui est impossible car E 6= ∅.

3.2 Théorème de Banach-Steinhaus

Théorème 3.3

(Théorème de Banach-Steinhaus)
Soient (E, [Link] ) un espace de Banach et (F, [Link] ) un espace vectoriel normé quel-
conque.
On considère la famille d’opérateurs (Ai )i∈I telle que Ai ∈ L(E, F ), pour tout i ∈ I.
C’est-à-dire que :

Ai : E → F est linéaire continu pour tout i ∈ I.

On suppose que
∃ Cx > 0, ∀x ∈ E : sup kAi (x)kF ≤ Cx < +∞,
i∈I

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Théorème de Banach-Steinhaus 60

alors,
∃ C > 0 : sup kAi kL(E,F ) ≤ C < +∞.
i∈I

C’est-à-dire que la famille d’opérateurs (Ai )i∈I est uniformément bornée.

Remarque 3.1.

Le théorème de Banach-Steinhaus est dit aussi théorème de principe de la borne


uniforme.

Démonstration.

Rappels :
1. A : E → F est linéaire continu ⇔ ∃C > 0 : sup kAxkF ≤ C, ∀x ∈ E.
kxk≤1

2. L(E, F ) est espace vectoriel normé muni de la norme suivante :

kAkL(E,F ) = sup kAxkF .


kxk≤1

3. Si F est de Banach, alors l’espace L(E, F ) est de Banach.


On commence la démonstration du théorème 3.3.
Pour n ≥ 1, on pose :
Gn = {x ∈ E : kAi xkF ≤ n, ∀i ∈ I}.
On va appliquer le théorème de Baire.
Gn 6= ∅ car 0 ∈ Gn (puisque Ai est linéaire).
L’ensemble
\ Gn est fermé. En effet :
Gn = Gni où Gni = {x ∈ E : kAi xk ≤ n et i est fixé} est fermé car il est l’image
i∈I
réciproque d’un ensemble fermé par une
[application continue.
D’après l’hypothèse du théorème, E = Gn .
n≥1
En vertu du théorème de Baire 3.1, il existe n0 ∈ N : G˚n0 6= ∅.
G˚n0 6= ∅, donc il existe x0 ∈ G˚n0 et r > 0 tels que B(x0 , r) ⊂ Gn0 .
D’après la définition de Gn0 , on a :

kAi xkF ≤ n0 , ∀i ∈ I, ∀x ∈ B(x0 , r).

Comme B(x0 , r) = x0 + rB(0, r) (car B(x0 , r) est convexe), on pose x = x0 + rz.


Donc,
kAi (x0 + rz)kF ≤ n0 , ∀z ∈ B(0, 1), ∀i ∈ I.
On a :
1
∀i ∈ I : kAi zk ≤ (kAi x0 kF + n0 ), ∀z : kzk ≤ 1.
r
Donc,
2n0
∀i ∈ I : kAi zk ≤ = C.
r

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Théorème de Banach-Steinhaus 61

Corollaire 3.2.

Soient E et F deux espaces de Banach.


On considère la famille d’opérateurs (An )n∈N telle que An ∈ L(E, F ) pour tout n ∈ N.
On suppose que ∀x ∈ E : An (x) → A(x) lorsque n → +∞. Alors
1. sup kAn kL(E,F ) < C.
n∈N
2. A ∈ L(E, F ).
3. kAk ≤ limkAn k.
Démonstration.

1. Comme la suite (An (x))n∈N est convergente dans F , alors elle est bornée. Donc,

∃Cx > 0, pour tout x ∈ E : sup kAn (x)k ≤ Cx .


n∈N

En vertu du théorème de Banach-Steinhaus 3.3,

∃C > 0 telle que : sup kAn kL(E,F ) < C.


n∈N

En d’autre terme il existe C > 0 telle que :

kAn (x)k ≤ Ckxk, ∀x ∈ E.

2. Comme An est linéaire, alors A est linéaire (la linéarité de la limite).


D’autre part on a :
kAn (x)k ≤ Ckxk ⇒ kA(x)k ≤ Ckxk.
Par conséquent A est continu.
D’où A ∈ L(E, F ).
3. On a :
kAn (x)kF ≤ kAn kL(E,F ) kxk, ∀n ∈ N, ∀x ∈ E,
(car An est linéaire continu), et donc (kAn k) est bornée.
Alors,
kAk ≤ limkAn k.

Proposition 3.1

Soient E un espace de Banach et F un espace vectoriel normé. On considère la famille


d’opérateurs (An )n∈N telle que An ∈ L(E, F ) pour tout n ∈ N et on considère A ∈
L(E, F ).
Alors
 on a l’équivalence suivante
 :
An (x) → A(x), ∀x ∈ E ⇐⇒
 
1. sup kAn kL(E,F ) < C < ∞
n∈N
.
 
 et
2. An (x) → A(x), ∀x ∈ M, tel que M = E

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Exercices 62

Démonstration.

i) La condition est nécessaire :


Supposons que An (x) → A(x), ∀x ∈ E. Alors la suite (An (x))n∈N est bornée. Et d’après le
théorème de Banach-Steinhaus (kAn k) est bornée.
ii) La condition est suffisante :
On a : M = E. Soit x ∈ E.
Alors,
∀ε > 0, ∃xε ∈ M : kx − xε k ≤ ε.
D’autre part, on a :
kAn x − Axk ≤ kAn x − An xε k + kAn xε − Axε k + kAxε − Axk ≤ kAn kkx − xε k + kAn xε −
Axε k + kAkkx − xε k ≤ Ckx − xε k + kAn xε − Axε k + kAkkx − xε k = ε0 .

3.3 Exercices

Exercice 3.1.

Soit l’espace,

C0 = {x = (xn )n∈N∗ , xn ∈ R, xn → 0 quand n → +∞},

muni de la norme :
kxk = sup |xn |.
n∈N∗

Soit α = (αn )n∈N qui vérifie :


+∞
X
∀x = (xn )n∈N∗ ∈ C0 : αn xn < +∞.
n=0

On considère l’espace,
+∞
X
l1 (R) = {y = (yn ), yn ∈ R, |yn | < +∞}.
n=0

Montrer que α ∈ l1 (R).

Exercice 3.2.

On considère l’espace de Hilbert,


+∞
X
H = l2 (C) = {x = (xn )n∈N∗ , xn ∈ C : |xn |2 < +∞},
n=1

muni du produit scalaire,


+∞
X
(x, y) = xn yn
n=1

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Exercices 63

et la norme induite
+∞
X 1
2
kxk = |xn |2 .
n=1

On considère la suite réelle α = (αn )n∈N∗ qui vérifie :


+∞
X
∀ξ ∈ H : αn ξn < +∞.
n=1

- Montrer que α ∈ l2 .

Exercice 3.3.

1) Soit
[ E un espace de Banach et (Fn )n∈N∗ une suite de fermés de E tels que
E= Fn .
n∈N∗ [
- Montrer que F˚n est un ouvert dense dans E.
n∈N∗ [
(Indication : On peut poser U = F˚n et on considère Gn = Fn ∩ (E \ U ).
n∈N∗
2) Soient E, F deux espaces de Banach et (fn )n∈N∗ une suite de fonctions continues de E
dans F .
Pour k ∈ N∗ et n ∈ N∗ , on pose :
1
Fk,n = {x ∈ E : ∀p, q ≥ n : kfp (x) − fq (x)k ≤ }.
k

- Montrer que Fk,n est fermé et que Uk = ∪n∈N∗ F˚ k,n et un ouvert dans E.
- En déduire que f est continue sur un ensemble dense dans E.
3) Soit f ∈ C(R) dérivable.
- Montrer que f 0 est continue sur une partie dense dans E.

Exercice 3.4.

Soit 1 < p < +∞.


On considère l’espace :
+∞
X
p
H = l = {x = (xn )n∈N∗ , xn ∈ C : |xn |p < +∞}
n=1

muni de la norme,
+∞
X 1
p
kxk = |xn |2 .
n=1

On considère la suite réelle α = (αn )n∈N∗ qui vérifie :


+∞
X
∀ξ ∈ H : αn ξn < +∞.
n=1

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Exercices 64

1 1
Soit q l’exposant conjugué de p , c’est à dire que + = 1.
p q
- Montrer que α ∈ lq .

Exercice 3.5.

Soit l’espace,
n +∞
X
lp = x = (xn )n∈N : xn ∈ C, |xn |p < +∞},
n=0

muni de la norme
+∞
X 1
p
kxk = |xn |p .
n=0
1 1
On note q le conjugué de p (i.e + = 1).
p q
+∞
X
Soit a = (an )n∈N ⊂ R telle que la série an xn converge ∀x = (xn )n∈N ∈ lp .
n=0
- Montrer que a ∈ lq .

Exercice 3.6.

On considère les deux espaces,


F = l2 ,
et n o
E = x = (xk )k∈N ∈ l2 : xk = 0 sauf pour un nombre fini de k .

Soit la famille d’opérateurs (Tn ) telle que Tn : E → F défini par :


   0 si k 6= n,
Tn (x) = Tn (xk )k =
nxn si k = n.

1) Montrer que la famille (Tn ) vérifie les hypothèses du théorème de Banach-Steinhaus.


2) - Montrer que la conclusion du théorème de Banach-Steinhaus n’est pas vérifiée.
- Justifier votre réponse.

Exercice 3.7.
+∞
X
Soit x = (xn ) ⊂ C telle que la série xn yn soit convergente pour tout
n=0
y = (yn ) ∈ lp (1 ≤ p ≤ +∞).
1) Pour tout entier N , on considère la forme linéaire TN sur lp , i.e TN : lp → C, définie
par :
XN
TN (y) = xn yn .
n=0

- En utilisant l’inégalité de Hölder, calculer la norme de TN .


1 1
2) En utilisant le théorème de Banach-Steinhaus, en déduire que x ∈ lq où + = 1.
p q

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Exercices 65

+∞
X
3) On pose T (y) = x n yn .
n=0
- Calculer lim (T − TN ).
N →+∞

Exercice 3.8.

On considère l’espace,
n +∞
X o
l1 = x = (xn )n∈N : xn ∈ C et |xn | < +∞ .
n=0

Soit (λn )n∈N une suite de nombres complexes telle que pour tout x = (xn )n∈N ∈ l1 , la
+∞
X
série λn xn converge.
n=0
- Montrer que :
sup |λn | < +∞.
n∈N

Exercice 3.9.
 
Soit E un espace de Banach et (xn )n∈N une suite de E telle que la suite f (xn )
n∈N
est bornée pour tout f ∈ E 0 .
- Montrer que (kxn k)n∈N est bornée.

Exercice 3.10.

Soient E et F deux espaces de Banach et soit (Tn )n∈N une suite de L(E, F ).
- Montrer que les assertions suivantes sont équivalentes :
i) (kTn k)n∈N est bornée.
 est bornée, pour tout x ∈ E.
ii) (kTn xk)n∈N
iii) |g(Tn x)| n∈N est bornée, pour tout x ∈ E et pour tout g ∈ F 0 .

Exercice 3.11.

Soit E un espace de Banach et F un espace vectoriel


 normé. On considère une famille
d’opérateurs (Tn )n∈N de L(E, F ), telle que Tn x) n∈N est une suite de Cauchy dans F
pour tout x ∈ E.
- Montrer que (kTn k)n∈N est bornée.

Exercice 3.12.

Soit E un espace de Banach et F un espace vectoriel normé complet. 


On considère une famille d’opérateurs (Tn )n∈N de L(E, F ), telle que Tn x) n∈N est une
suite de Cauchy dans F pour tout x ∈ E.
- Montrer que Tn x → T x lorsque n → +∞, où T ∈ L(E, F ).

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Exercices 66

Exercice 3.13.

Soit l’espace,

C0 = {x = (xn )n∈N∗ , xn ∈ C, xn → 0 quand n → +∞}.

C0 est un sous-espace de l∞ .
+∞
X
Soit y = (yn ) telle que yn ∈ C et la série xn yn est convergente ∀x = (xn ) ∈ C0 .
n=0
+∞
X
- Montrer que la série |yn | est convergente.
n=0

Exercice 3.14.

Dans cet exercice on va montrer que l’espace E = C0 (C) défini ci-dessous n’est pas de
Banach (n’est pas complet).
1) Rappeler de façon précise l’énoncé du théorème de Banach-Steinhaus.
2) On considère l’espace vectoriel normé (l’espace des suites à support fini.)
n o
E = C0 (C) = x = (xn )n∈N , xn ∈ C telle que ∃N ∈ N : xn = 0, ∀n ≥ N

muni de la norme kxk∞ = sup |xn |.


n∈N
Soit l’opérateur Tn : E −→ C défini par :
n
X
Tn x = kxk avec x = (xn ) ∈ E.
k=1

a) Montrer que Tn ∈ E 0 .
b) Montrer que la suite numérique (Tn x)n∈N est bornée pour tout x ∈ E.
c) Montrer que la famille d’opérateurs (Tn )n∈N n’est pas bornée.
d) Conclusion.

Exercice 3.15.

Soient E un espace de Banach et F un espace vectoriel normé. On considère la famille


d’opérateurs (An )n∈N telle que An ∈ L(E, F ) pour tout n ∈ N et on considère A ∈
L(E, F ).
Montrer qu’on a l’équivalence
  suivante :
An (x) → A(x), ∀x ∈ E ⇐⇒
 
1. sup kAn kL(E,F ) < C < ∞
n∈N
.
 
 et
2. An (x) → A(x), ∀x ∈ M, tel que M = E

Exercice 3.16.

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Exercices 67

Soient E un espace de Banach et F un espace vectoriel normé.


On considère une suite d’opérateurs bornés Tn : E −→ F telle que :

sup kTn k = +∞.


n∈N

- Montrer qu’il existe x0 ∈ E tel que :

sup kTn (x0 )k = +∞


n∈N

Exercice 3.17.

Soit (E, k.k) un espace de Banach et on considère une suite (fn )n∈N de E 0 .
On suppose que lim fn (x) existe pour tout x ∈ E.
n→+∞
On pose pour tout x ∈ E
g(x) = lim fn (x).
n→+∞

- Montrer que g ∈ E 0 .

Exercice 3.18.

Soit (E, k.k) un espace vectoriel normé et soit S un sous-ensemble de E.


- Montrer que S est borné dans (E, k.k) si et seulement si sup |f (x)| = +∞, ∀f ∈ E 0 .
x∈S

Exercice 3.19.

Soient (E, [Link] ) un espace de Banach et (F, [Link] ) un espace vectoriel normé, et soit S
un sous-ensemble de L(E, F ). n o
Si pour tout x ∈ E, l’ensemble T x; T ∈ S est borné dans (F, [Link] ), montrer qu’il
existe une constante positive C > 0 telle que

kT xkF ≤ CkxkE , pour tout x ∈ E et pour tout T ∈ S.

Exercice 3.20.

On considère l’espace de Hilbert


+∞
X
H = {x = (xn )n∈N∗ , xn ∈ C : |xn |2 < +∞}
n=1

muni du produit scalaire,


+∞
X
(x, y) = xn yn ,
n=1

et la norme induite,
+∞
X 1
2 2
kxk = |xn | .
n=1

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Exercices 68

On considère la suite complexe α = (αn )n∈N∗ qui vérifie la condition suivante :


+∞
X
∀x ∈ H : xn αn est convergente.
n=1

- Montrer que α ∈ H.

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CHAPITRE 4
THÉORÈME DE L’APPLICATION OUVERTE, THÉORÈME DU
GRAPHE FERMÉ, DUALITÉ, SUPPLÉMENTAIRE TOPOLOGIQUE ET
RELATIONS D’ORTHOGONALITÉ

4.1 Théorème de l’application ouverte


On sait que l’image d’un ensemble ouvert par une application continue n’est pas néces-
sairement un ensemble ouvert, par contre l’image réciproque d’un ensemble ouvert par une
application continue est un ensemble ouvert. Le théorème de l’application ouverte affirme
qu’une application linéaire continue surjective entre deux espaces de Banach est ouverte,
c’est à dire que l’image directe d’un ensemble ouvert par cette application est ouverte.

Théorème 4.1

Soient
 E et F deux
 espaces de Banach et soit T un opérateur linéaire continu
i.e T ∈ L(E, F ) et surjectif de E sur F .
Alors il existe une constante C > 0 telle que :
 
BF (0, c) ⊂ T BE (0, 1) (4.1)

Remarque 4.1.

La propriété (4.1) entraîne que l’opérateur T transforme tout ouvert de E en un ouvert


de F , c’est pour ça le théorème 4.1 s’appelle théorème de l’application ouvert.

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Théorème de l’application ouverte 70

Démonstration. (du théorème 4.1 )

La démonstration sera divisée en deux étapes.

1ere étape :

Lemme 4.1.

Soient E et F deux espaces de Banach et soit T un opérateur linéaire continu et surjectif


de E sur F . Alors il existe une constante positive c > 0 telle que :

BF (0, 2c) ⊂ T BE (0, 1). (4.2)

Démonstration.

La démonstration repose sur le théorème de Baire.


On pose :
Fn = nT BE (0, 1), n ∈ N∗ .
Fn est un ensemble fermé.
Comme T est surjectif, alors on a :

[
F = Fn .
n=1

En effet :

[
On montre que F ⊂ Fn .
n=1
Soit y ∈ F . Comme T est surjectif, alors ∃x ∈ E : T x = y.
On a :
x Tx
∈ BE (0, 1) ⇒ ∈ T BE (0, 1) pour tout ε > 0.
kxkE + ε kxkE + ε
Donc,
T x ∈ (kxkE + ε)T BE (0, 1).
D’où,
y = T x ∈ nT BE (0, 1) = Fn pour tout n ∈ N∗ .
Le théorème de Baire implique qu’il existe n0 ∈ N∗ tel que l’intérieure de n0 T BE (0, 1) est non
vide. Donc l’intérieure de T BE (0, 1) est non vide.
Soie y0 ∈ F et c > 0 tels que
BF (y0 , 4c) ⊂ T BE (0, 1), (4.3)

y0 ∈ T BE (0, 1) =⇒ −y0 ∈ T BE (0, 1). (4.4)


En sommant (4.3) et (4.4), on obtient :

BF (0, 4c) ⊂ T BE (0, 1) + T BE (0, 1),


c’est-à-dire que BF (0, 4c) ⊂ 2T BE (0, 1) car T BE (0, 1) est convexe.
Donc
BF (0, 2c) ⊂ T BE (0, 1).

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Théorème de l’application ouverte 71

2eme étape :

Lemme 4.2.

Soient E et F deux espaces de Banach et soit T un opérateur linéaire continu de E sur


F tels que BF (0, 2c) ⊂ T BE (0, 1). Alors

BF (0, c) ⊂ T BE (0, 1).

Démonstration.

Soit y ∈ F fixé tel que kyk < c.


On cherche x tel que kxkE < 1 et y = T x.
Par hypothèse on a :
BF (0, 2c) ⊂ T BE (0, 1).
On a :
1
y ∈ BF (0, c) =⇒ 2y ∈ BF (0, 2c) =⇒ 2y ∈ T BE (0, 1) =⇒ y ∈ T BE (0, ).
2
D’après le lemme 4.1, on a :
1
∀ε > 0, ∃z ∈ E, kzkE < : ky − T zkF < ε.
2
1
On choisit ε = , alors il existe z1 ∈ E tel que :
2
1 c
kz1 k < , ky − T z1 k < .
2 2
On a :
c c
y − T z1 ∈ BF (0, ) et ε = ,
2 4
alors il existe z2 ∈ E tel que :
1 c
kz2 k < , ky − T z1 − T z2 k < .
4 4
Par récurrence, on construit une suite (zn )n∈N∗ telle que :
1 c
kzn k < n
, ky − T (z1 + z2 + ... + zn k < n , pour tout n ∈ N∗ .
2 2
n
X
Soit xn = zk ∈ E. la suite (xn ) est de Cauchy, donc elle converge vers une limite x car,
k=1

n n n
X X X 1
k zk kE ≤ kzk kE ≤ .
2k
k=1 k=1 k=1

Donc (xn ) est normalement convergente.


Comme E est de Banach, alors (xn ) est convergente.
Donc E est de Banach.
Alors,

X X∞
kxn kE < ∞ =⇒ xn < ∞.
n=1 n=1

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Théorème de l’application ouverte 72

On a :
n
X c
y − T( zk ) ≤ .
F 2n
k=1

x ∈ BE (0, 1), ky − T xk = 0.
Xn
x = lim xn = lim zk .
n→+∞ n→+∞
k=1
n n 1
X X 1 1 1 − 2k
kxn k = k zk k < = < 1.
2k 2 1 − 12
k=1 k=1
Donc kxk < 1 et y = T x puisque l’opérateur T est continu.

Corollaire 4.1.

Soient E et F deux espaces de Banach et soit T un opérateur linéaire continu et surjectif de E


sur F . Alors T est ouvert, c’est-à-dire que pour tout ouvert U ⊂ E, alors T(U) est un ouvert.

Démonstration.

Soit Ω un ouvert de E et on montre que T (Ω) est un ouvert. Pour cela, on montre que T (Ω)
est un voisinage de chacun de ses points.
Soit y0 ∈ T (Ω). Alors il existe x0 ∈ Ω tel que T x0 = y0 .
Comme Ω est un ouvert, alors il existe r > 0 tel que BE (x0 , r) ⊂ Ω, c’est-à-dire que
x0 + BE (0, r) ⊂ Ω. Alors

T (x0 + B(0, r)) = y0 + T (BE (0, r)) ⊂ T (Ω).

En vertu de (4.1), on a :
BF (0, rc) ⊂ T (BE (0, r).
D’où,
BF (y0 , rc) ⊂ T (Ω).
Par conséquent T (Ω) est un ouvert.

Corollaire 4.2. (Théorème d’isomorphisme de Banach)

Soient E et F deux espaces de Banach et soit T un opérateur linéaire continu et bijectif de E


sur F .
Alors, T −1 est linéaire continu de F sur E.

Démonstration.

T est bijectif et linéaire alors T −1 est linéaire (évident).


Montrons que T −1 est continu.
D’après (4.1), on a :
∃c > 0 : BF (0, c) ⊂ T BE (0, 1).
Ce qui implique que :
∀x ∈ E : kT xkF < c =⇒ kxkE < 1.
C’est-à-dire que,
y ∈ BF (0, c) =⇒ kxkE < 1.
On a :  
c kzkF + ε
∀z ∈ F : z = z , pour tout ε > 0.
kzkF + ε c

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Théorème de l’application ouverte 73

Donc,  
−1 −1 c kzkF + ε
T (z) = T z. .
kzkF + ε c
D’où,
cz kzkF + ε
kT −1 (z)k = T −1 .
kzkF + ε E c
cz
Comme kzkF +ε F < c alors,
cz
T −1 < 1.
kzkF + ε E
Ce qui implique que :
kzkF + ε
kT −1 zkE < pour tout ε > 0.
c
Par conséquent
1
kT −1 zkE ≤ kzkF .
c
D’où la continuité de T −1 .

Exemple 4.1.

On a le contre-exemple suivant : Soit E = l2 et on considère i : l2 → l∞ l’injection


canonique. Soit F = i(E) muni de la norme induite par l∞ . Alors i est continue, bijective
de E dans F , mais i−1 : l∞ → l2 n’est pas continue, c’est à dire il n’existe aucune
constante C > 0 telle que :
X 1
2
| un |2 ≤ C sup | un | .
n≥0 n∈N

Corollaire 4.3.

Soit E un espace vectoriel muni des deux normes k.k1 et k.k2 . Supposons que (E, k.k1 ) et
(E, k.k2 ) sont de Banach et supposons qu’il existe une constante C1 > 0 telle que

kxk1 ≤ C1 > kxk2 .

Alors il existe une constante C2 > 0 telle que :

kxk2 ≤ C2 > kxk1 .

Démonstration.

On considère T = Id : (E, k.k2 ) −→ (E, k.k1 ).


On a Id est linéaire, et d’après l’hypothèse on a :

kxk1 ≤ C1 > kxk2 .

Donc Id est continu. d’autre part on a Id = Id−1 , alors d’après le corollaire 4.2, Id est
continu, c’est-à-dire qu’il existe une constante C2 telle que :

kxk2 ≤ C2 > kxk1 .

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Opérateur fermé et théorème du graphe fermé 74

4.2 Opérateur fermé et théorème du graphe fermé

Définition 4.1.

1) Soit X et Y deux ensembles et T : D(f ) ⊂ X −→ Y une application linéaire, où


D(T ) est le domaine de définition de T .
Le graphe de T est par définition l’ensemble G(T ) tel que
n o
G(T ) = (x, T (x)) ∈ X × Y : x ∈ D(T ) .

2) Soient E et F deux espaces vectoriels normés et D(T ) un sous-espace vectoriel normé


de E. On considère l’opérateur linéaire T : D(T ) −→n F . On dit que T est fermé si o et
seulement si G(T ) est fermé dans E × F où G(T ) = (x, T (x)) ∈ E × F : x ∈ D(T ) .

Caractérisation du graphe fermé :


L’opérateur
h T est fermé si et seulement si i
Pour toute suite (xn ) telle que (xn ) ⊂ D(T ), xn → x dans E et T xn → y dans F
h i
=⇒ x ∈ D(T ) et T x = y .

Proposition 4.1

Soient E et F deux espaces vectoriels normés et soit T un opérateur linéaire continu


de E dans F . Alors T est fermé.

Démonstration.

D’après l’hypothèse, D(T ) = E. Soit (xn )n∈N une suite de E telle que xn −→ x dans E
lorsque n → +∞ et T xn −→ y dans F lorsque n → +∞. On montre que x ∈ D(T ) et
T x = y.
x ∈ D(T ) = E évident.
Comme T est continu alors,
lim T xn = T x.
n→+∞

Donc T x = y puisque l’espace F est séparé.

Proposition 4.2

Soient E et F deux espaces vectoriels normés et T : D(T ) ⊂ E −→ Im(T ) ⊂ F un


opérateur fermé et bijectif. Alors l’opérateur,

T −1 : D(T −1 ) = Im(T ) −→ D(T ),

est fermé.

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Opérateur fermé et théorème du graphe fermé 75

Démonstration.

T est fermé ⇐⇒ G(T ) est fermé dans E × F où,

G(T ) = {(x, T x) ∈ E × F : x ∈ D(T )},

et
G(T −1 ) = {(y, T −1 y) ∈ F × E : y ∈ D(T −1 )}.
Donc,
G(T −1 ) = {(T x, x) ∈ F × E : x ∈ D(T )}.
Comme l’application,
J : F × E −→ E × F : J(y, x) = (x, y),
est continue, alors
G(T −1 ) = J −1 (G(T )),
est fermé.

Théorème 4.2

(Théorème du graphe fermé)


Soient E et F deux espaces de Banach. Soit T un opérateur linéaire de E dans F .
On a :

T est continu ⇐⇒ T est fermé.

Démonstration.

i) La condition est nécessaire (=⇒) : Supposons que T est continu.


On a T est fermé d’après la proposition 4.1.
La condition est suffisante (⇐=) :
Supposons que G(T ) est fermé et montrons que T est continu.
On considère l’espace (E, [Link] ) où [Link] est la norme du graphe définie par :

kxkG = kxkE + kT xkF .

Comme G(T ) est fermé (puisque T est fermé), alors (E, [Link] ) est un espace de Banach. En
effet.
Soit (xn )n∈N une suite de Cauchy dans l’espace (E, [Link] ).
Alors,
∀ε > 0 ∃Nε ∈ N, ∀p ≥ Nε , ∀q ≥ Nε =⇒ kxp − xq kG ≤ ε.
On a :
kxp − xq kG = kxp − xq kE + kT xp − T xq kF ≤ ε.
Donc la suite (xn )n∈N est de Cauchy dans (E, [Link] ) et la suite (T xn )n∈N est de Cauchy dans
(F, [Link] ).
Comme les espaces E et F sont de Banach d’après l’hypothèse, alors (xn ) converge vers une
limite x et (T xn ) converge vers une limite y quand n tend vers +∞.
Puisque T est fermé, alors on conclut que T x = y.
Donc on a :

xn −→ x dans (E, [Link] ) quand n −→ +∞ et T xn −→ T x dans (F, [Link] ) quand n −→ +∞.

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Dualité et supplémentaire topologique 76

D’où,
xn −→ x dans (E, [Link] ) quand n −→ +∞.
Par conséquent l’espace (E, [Link] ) est un espace de Banach.
Maintenant on considère l’application :
Id : (E, [Link] ) −→ (E, [Link] ) : Id(x) = x.
On a :
kId(x)kE = kxkE ≤ kxkG = kxkE + kT xkF .
D’après le corollaire 2.1, on a Id−1 est continue.
Donc,
∃ C > 0 telle que kxkG ≤ CkxkE .
C’est-à-dire que :
kxkE + kT xk ≤ CkxkE , ∀x ∈ E.
D’où,
kT xkF ≤ CkxkE , ∀x ∈ E.
Ce qui signifie que T est continu.

Proposition 4.3

Soient E et F deux espaces de Banach et soit T : E −→ F un opérateur linéaire et


bijectif. Alors

T est fermé =⇒ T −1 est continu.

Démonstration.

Montrons que T est fermé =⇒ T −1 est fermé.


Supposons que T est fermé. Alors d’après la proposition 4.2, et comme E et F sont des
espaces de Banach, alors d’après le théorème 4.2, T −1 est continu.

4.3 Dualité et supplémentaire topologique


On rappelle un résultat dans l’algèbre linéaire est le suivant :
si E un espace vectoriel sur K et G, L sont deux sou-espaces vectoriels de E. Alors
G + L = G ⊕ L ⇔ G ∩ L = {0}.
On dit dans ce cas que L est un supplémentaire algébrique de G, (et on écrit E = G ⊕ L),

Théorème 4.3

Soit E un espace de Banach. Soient G, L deux sous-espaces vectoriels fermés tels que

G + L est fermé.

Alors il existe une constante positive C telle que :

∀z ∈ G + L : z = x + y, avec x ∈ G et y ∈ L et kxk ≤ Ckzk, kyk ≤ Ckzk. (4.5)

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Dualité et supplémentaire topologique 77

Démonstration.

Soit l’espace produit G × L muni de la norme

k(x, y)kG×L = kxkE + kykE ,

et on considère aussi l’espace G + L muni de la norme de E

kx + ykG+L = kx + ykE .

On a l’espace G × L est un espace de Banach car G × L est fermé dans E.


On a aussi l’espace G + L est de Banach.
Soit l’application T : G × L → G + L définie par :

T (x, y) = x + y.

L’application T est linéaire continue et surjective, alors en vertu du théorème 4.1 de l’appli-
cation ouverte, il existe une constante C > 0 telle que :

∀z ∈ G + L : kzk < C.

Donc on peut écrire z sous la forme :

z = x + y, où x ∈ G et y ∈ L et kxk + kyk < 1.

Par homogénéité, on a :
1
∀z ∈ G + L, z = x + y avec x ∈ G, y ∈ L et kxk + kyk ≤ kzk.
C
D’où (4.5) a lieu.

Corollaire 4.4.

Soit E un espace de Banach. Soient G, L deux sous-espaces vectoriels fermés tels que :

G + L est fermé.

Alors il existe une constante positive C telle que :


 
d(x, G ∩ L) ≤ C d(x, G) + d(x, L) , pour tout x ∈ E. (4.6)

Démonstration.
On sait que,
d(x, G) = inf kx − hk.
h∈G

Donc en vertu de la propriété caractéristique de la borne inférieure, on a :

∀x ∈ E, ∀ε > 0, ∃a ∈ G : kx − ak ≤ d(x, G) + ε et ∃b ∈ L : kx − bk ≤ d(x, L) + ε.

On a : a − b ∈ G + L, car −b ∈ L.
On applique (4.5) sur z = a − b, on conclut qu’il existe a0 ∈ G et b0 ∈ L tels que :

a − b = a0 + b0 , ka0 k ≤ Cka − bk, kb0 k ≤ Cka − bk.

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Dualité et supplémentaire topologique 78

Comme a − b = a0 + b0 ⇒ a − a0 = b + b0 , avec a − a0 ∈ G et b + b0 ∈ L, donc

a − a0 ∈ G ∩ L et b + b0 ∈ G ∩ L.

Alors par définition de la borne inférieure inf, on a :  


d(x, G∩L) ≤ kx−(a−a0 )k ≤ kx−ak+ka0 k ≤ kx−ak+Cka−bk ≤ kx−ak+C kx−ak+kx−bk .
D’où,  
d(x, G ∩ L) ≤ (1 + C) d(x, G) + d(x, L) + ε(1 + 2C). (4.7)

En faisant ε tendre vers 0 dans (4.7), on conclut l’inégalité (4.6).

Définition 4.2. (Supplémentaire topologique)

Soient E un espace de Banach et G un sous-espace fermé de E.


on dit qu’un sous-espace L de E est un supplémentaire topologique de G si les deux
propriétés suivantes sont satisfaites :
1) L est fermé.
2) G ∩ L = {0} et G + L = E.
On écrit E = G ⊕ L.

Exemple 4.2.

1) Dans un espace de Hilbert H tout sous-espace fermé M de H admet un supplémen-


taire topologique car M ∩ M ⊥ = {0} et M + M ⊥ = H (voir le corollaire ( 6.3 dans le
chapitre six).

Remarque 4.2.

Dans le cas où L est un supplémentaire topologique de G dans E. Alors,


1) ∀z ∈ E, ∃!x ∈ G, ∃!y ∈ L : z = x + y, c’est à dire que l’application

T : G × L → G + L,

définie par :
T (x, y) = x + y,
est une bijection.
Donc ∀z ∈ E, z s’écrit de façon unique comme suit :

z = x + y où x ∈ G et y ∈ L.

2) En vertu du théorème (4.3) on conclut que les projecteurs :

P1 : E → G, P2 : E → L,

définis par :
P1 (z) = x et P2 (z) = y,
sont des opérateurs linéaires continus c’est à dire qu’il existe C > 0 telle que :

P1 (z) ≤ ckzk et P2 (z) ≤ ckzk.

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Opérateur inverse à droite 79

4.4 Opérateur inverse à droite


On considère E et F deux espaces de Banach et soit T : E −→ F un opérateur linéaire
continu et surjectif. On sait que

∃C > 0 telle que : ∀y ∈ F, ∃x ∈ E : T x = y,

( la surjectivité de T ).
En vertu du corollaire 4.3 du théorème de l’application ouverte, on a kxkE ≤ CkykF .
Question : Est ce qu’il existe un opérateur S linéaire continu tel que T ◦ S = IdF ?

Théorème 4.4

Soient E, F deux espaces de Banach et soit T ∈ L(E, F ). Alors les deux propriétés
suivantes sont équivalentes,
1) T admet un inverse à droite.
2) ker(T ) = T −1 ({0}) admet un supplémentaire topologique dans E.

Démonstration.

1. Montrons que i) =⇒ ii).


Soit S un inverse à droite de T .
S : F −→ E.
On a :
T ◦ S = IdF .
Donc,
(T ◦ S)(f ) = f, ∀f ∈ F.
On vérifie que R(s) = S(F ) est un supplémentaire topologique de N (T ).
Tout d’abord on montre que :
N (T ) ∩ S(F ) = {0}.
Soit x ∈ N (T ) ∩ S(F ), alors x ∈ N (T ) et x ∈ S(F ).
On a :
x ∈ N (T ) =⇒ T x = 0 et x ∈ S(F ) =⇒ ∃y ∈ F : S(y) = x.
D’autre part, on a :
T (x) = T (S(y)) = 0.
Donc, y = 0.
Comme S est linéaire alors,
x = S(y) = S(0) = 0.
Montrons que S(F ) est fermé.
Comme S(F ) est un espace métrique, donc utilisons les suites. Soit zn ∈ S(F ) telle que
zn −→ z quand n −→ +∞ et montrons que z ∈ S(F ).
On a :
zn ∈ S(F ), alors il existe yn ∈ F telle que zn = Syn .
Comme la suite (zn ) est convergente, alors la suite (yn ) est convergente vers une limite y
(puisque yn = (T ◦ S)(yn ) = IdF (yn ) = yn et T est continu.)
Et comme S est continu et yn −→ y quand n −→ +∞, donc,

zn = S(yn ) −→ S(y) quand n −→ +∞.

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Opérateur inverse à droite 80

Comme l’espace S est séparé alors,


S(y) = z.
maintenant on montre que :
N (T ) + S(F ) = E.
Soit x ∈ E.
On a :
x = [x − S(T (x))] + S(T (x)).
Il est clair que :
S(T (x)) ∈ S(F ).
Il reste à montrer que :
x − S(T (x)) ∈ N (T ).
On a :
T (x − S(T (x))) = T (x) − T (S(T (x))) = 0,
(puisque T (S(T (x))) = T (x) car l’opération de composition ” ◦ ” est associative).
2. Montrons que ii) =⇒ i).
Soit L un supplémentaire topologique de N (T ).
L est fermé et on a :
N (T ) + L = E et N (T ) ∩ L = {0}.
Soit P l’opérateur de projection sur L.

P : E −→ L : x 7−→ P (x).

Alors,
P : N (T ) + L −→ L : x = a + b 7−→ P (x) = b.
Cette application est bien définie grâce à l’unicité de l’expression et aussi elle est linéaire
continue.
Pour f ∈ F , il existe x ∈ E (x n’est pas unique) tels que T x = f (puisque T est surjectif) .
On définit l’opérateur S, en posant :

S(f ) = P (x).

On a S est bien défini car, pour x0 ∈ E =⇒ T x0 = f ,


On a :
T x = T x0 =⇒ T (x − x0 ) = 0 =⇒ x − x0 ∈ N (T ) =⇒ P (x − x0 ) = 0.
Comme P est linéaire alors,
P (x) − P (x0 ) = 0.
Donc,
P (x) = P (x0 ).
D’où S est bien défini.
On a :
1. S est linéaire car P est linéaire .
2. T ◦ S = IdF . En effet,
Soit f ∈ F , alors T (x) = f .
Comme S(f ) = p(x) alors,    
T S(f ) = T p(x) .
On a :
   
x = y + P (x) ∈ N (T ) + L et T (y + P (x)) = T (y) + T p(x) = T p(x) car T (y) = 0.

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Relations d’orthogonalité 81

Donc,    
T S(f ) = T p(x) = T (x) = f.
D’où,
T ◦ S = idF .
3. S est continu. En effet ;
D’après le corollaire 4.3 du théorème de l’application ouverte, on a :
kS(f )k = kP (x)k ≤ C1 kxkE ≤ C2 kf k.
D’où la continuité de l’opérateur S.

4.5 Relations d’orthogonalité

Définition 4.3.
Soit E un espace de Banach, E 0 le dual topologique de E et M un sous-espace vectoriel
de E et N un sous-espace vectoriel de E 0 .
On pose n o
M ⊥ = f ∈ E 0 : hf, xiE 0 ×E = 0, ∀x ∈ M

M ⊥ est dit l’orthogonal de M .


n o n o
N ⊥ = g ∈ E 00 : hg, f iE 00 ×E 0 = 0, ∀f ∈ E 0 = x ∈ E : hf, xiE 0 ×E = 0, ∀f ∈ N

N ⊥ est dit l’orthogonal de N .

Proposition 4.4

L’espace M ⊥ est fermé dans E 0 .

Démonstration.

Soit (fn ) une suite de M ⊥ telle que fn → f dans E 0 et f (x) = lim fn (x).
n→+∞
Montrons que f ∈ M ⊥ .
On a (fn ) ⊂ M ⊥ , donc fn (x) = 0, pour tout x ∈ M .
On a : 
f (x) = fn (x) + f (x) − fn (x) ,
alors,
| f (x) |≤| fn (x) | + | f (x) − fn (x) |≤ kf (x) − fn (x)k ≤ kf − fn kE 0 kxkE . (4.8)
En faisant n −→ +∞ dans (4.8), et Puisque kf − fn kE 0 → 0, alors on conclut que | f (x) |= 0
pour tout x ∈ M . donc
hf, xi = f (x) = 0 pour tout x ∈ M.
. Ce qui signifie que f ∈ M ⊥ .
Par conséquent, M ⊥ est fermé.

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Relations d’orthogonalité 82

Proposition 4.5

L’espace N ⊥ est fermé dans E.

Proposition 4.6

Soit E un espace de Banach et soient M un sous-espace vectoriel de E et N un sous-


espace vectoriel de E 0 . Alors on a

(M ⊥ )⊥ = M, et N ⊂ (N ⊥ )⊥ .

Démonstration.

1) Montrons que M ⊂ (M ⊥ )⊥ .
On a l’inclusion M ⊂ (M ⊥ )⊥ est évidente, et comme (M ⊥ )⊥ est fermé, alors on conclut le
résultat.
2) Montrons que (M ⊥ )⊥ ⊂ M .
Montrons par l’absurde, c’est à dire qu’on suppose qu’il existe x0 ∈ (M ⊥ )⊥ et x0 ∈
/ M.
Alors les deux ensembles M et {x0 } sont séparés au sens strict par un hyperplan fermé.
Donc d’après le théorème de Hahn-Banach deuxième forme géométrique,

∃f ∈ E 0 et α ∈ R tels que, ∀x ∈ M : f (x) < α < f (x0 ). (4.9)

Comme M est un sous-espace vectoriel alors x ∈ M ⇒ −x ∈ M et donc f (x) < α et


f (−x) < α et alors −f (x) < α car f est linéaire.
Par conséquent
f (x) = 0, ∀x ∈ M.
Ce qui implique que f ∈ M ⊥ .
Et comme x0 ∈ (M ⊥ )⊥ , alors,
f (x0 ) = 0.
Ce qui contredit la propriété (4.9).
- Montrons maintenant que N ⊂ (N ⊥ )⊥ .
De même, il est clair que N ⊂ (N ⊥ )⊥ , et comme N est fermé, alors on conclut que

N ⊂ (N ⊥ )⊥ .

Maintenant on montre que l’égalité n’est pas satisfaite, c’est à dire que N (N ⊥ )⊥ .
Montrons par l’absurde, c’est à dire qu’il existe f0 ∈ (N ⊥ )⊥ et f0 ∈/ N.
00
D’après le corollaire de Hahn-Banach , il existe ϕ ∈ E tel que ϕ 6= 0.
/ (N ⊥ )⊥ . Ce qui contredit le fait que f0 ∈ (N ⊥ )⊥ .
ϕ(f0 ) 6= 0 ⇒ f0 ∈

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Relations d’orthogonalité 83

Remarque 4.3.

1) On a l’égalité N = (N ⊥ )⊥ si E est réflexif.


2) Plus généralement si E est un espace de Banach quelconque on a N = (N ⊥ )⊥ pour
la topologie faible σ(E 0 , E).

Proposition 4.7

Soit E un espace de Banach et soient G, L deux sous-espaces vectoriels fermés de E.


On a
G ∩ L = (G⊥ + L⊥ )⊥ . (4.10)
G⊥ ∩ L⊥ = (G + L)⊥ . (4.11)

Démonstration.

Montrons (4.10).
i) Montrons que G ∩ L ⊂ (G⊥ + L⊥ )⊥ .
Soit x ∈ G ∩ L et montrons que x ∈ (G⊥ + L⊥ )⊥ .
Si f ∈ G⊥ + L⊥ , alors il existent f1 ∈ G⊥ et f2 ∈ L⊥ telles que f = f1 + f2 .
Donc,
f (x) = f1 (x) + f2 (x) = 0 + 0 = 0.
Par conséquent,
x ∈ (G⊥ + L⊥ )⊥ .
ii) Montrons que (G⊥ + L⊥ )⊥ ⊂ G ∩ L.
On a :
G⊥ ⊂ G⊥ + L⊥ ,
donc, en vertu de la proposition 4.6, on a :

(G⊥ + L⊥ )⊥ ⊂ G⊥⊥ = G = G,

(car G est fermé) et on sait qu’aussi le résultat :

H1 ⊂ H2 ⇒ H2⊥ ⊂ H1⊥ .

Et de même on a :

L⊥ ⊂ G⊥ + L⊥ ⇒ (G⊥ + L⊥ )⊥ ⊂ L⊥⊥ = L = L.

Donc,
h i
(G⊥ + L⊥ )⊥ ⊂ G et (G⊥ + L⊥ )⊥ ⊂ L ⇒ (G⊥ + L⊥ )⊥ ⊂ G ∩ L.

Montrons que G⊥ ∩ L⊥ = (G + L)⊥ .


- Montrons la première inclusion G⊥ ∩ L⊥ ⊂ (G + L)⊥ :
Soit f ∈ G⊥ ∩ L⊥ . Alors f ∈ G⊥ et f ∈ L⊥ .
Donc,
f (x) = 0, ∀x ∈ G et f (y) = 0, ∀y ∈ L.

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Relations d’orthogonalité 84

D’où,
f (x) + f (y) = f (x + y) = 0.
Il en résulte que :
f ∈ (G + L)⊥ car x + y ∈ G + L.
- Montrons la deuxième inclusion (G + L)⊥ ⊂ G⊥ ∩ L⊥ :
Soit f ∈ (G + L)⊥ . Donc,

f (x + y) = f (x) + f (y) = 0, ∀x ∈ G, ∀y ∈ L.

Pour y = 0 alors,
f (x) + f (0) = f (x) = 0, ∀x ∈ G.
Donc,
f ∈ G⊥ . (4.12)
Pour x = 0 alors,
f (0) + f (y) = f (y) = 0, ∀y ∈ L.
Donc,
f ∈ L⊥ . (4.13)
En vertu de (4.12) et (4.13) on conclut que :

f ∈ G ⊥ ∩ L⊥ .

Finalement,
(G + L)⊥ = G⊥ ∩ L⊥ .

Corollaire 4.5.

Soit E un espace de Banach et soient G et L deux sous-espaces vectoriels fermés de E.


On a :
1) G⊥ + L⊥ ⊂ (G ∩ L)⊥ .
2) (G⊥ ∩ L⊥ )⊥ = G + L.

Démonstration.

1) Montrons que G⊥ + L⊥ ⊂ (G ∩ L)⊥ .


En vertu de la proposition 4.6, on a :

G⊥ + L⊥ ⊂ (G⊥ + L⊥ )⊥⊥ .

Donc d’après la proposition 4.7, on a :


h i
G⊥ + L⊥ ⊂ (G⊥ + L⊥ )⊥ = (G ∩ L)⊥ .

2) En vertu de la proposition 4.7, on a :

G⊥ ∩ L⊥ = (G + L)⊥ .

Il s’en suit que


(G⊥ ∩ L⊥ )⊥ = (G + L)⊥⊥ = G + L.

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Relations d’orthogonalité 85

Théorème 4.5

Soit E un espace de Banach et soient G et L deux sous-espaces fermés de E.


Les propriétés suivantes sont équivalentes :
1) G + L est fermé dans E.
2) G⊥ + L⊥ est fermé dans E 0 .
3) G + L = (G⊥ ∩ L⊥ )⊥ .
4) G⊥ + L⊥ = (G ∩ L)⊥ .

Démonstration.

1) ⇔ 3) résulte de la propriété 2) de la proposition 4.7.


4) ⇒ 2) évidente.
Il reste à montrer que 1) ⇒ 4) et 2) ⇒ 1).
- Montrons que 1) ⇒ 4).
En vertu de la première propriété de la proposition 4.7, il suffit de montrer que
(G ∩ L)⊥ ⊂ G⊥ + L⊥ .
Soit donc f ∈ (G ∩ L)⊥ .
On définit l’application ϕ suivante : ϕ : G + L → R comme suit :
Pour tout x ∈ G + L de sorte que x = y + z, avec y ∈ G et z ∈ L.
On pose :
ϕ(x) = hf, yi.
ϕ est linéaire.
D’après le théorème 4.3, on peut choisir une décomposition de x telle que kyk ≤ Ckxk, donc

| ϕ(x) |≤ Ckxk, ∀x ∈ G + L.

L’application ϕ peut être prolongée en une forme linéaire continue ϕ̃ sur E.


D’où on trouve :
f = (f − ϕ̃) + ϕ̃
avec f − ϕ̃ ∈ G⊥ et ϕ̃ ∈ L⊥ .
Montrons que 2) ⇒ 1).
Grâce au corollaire 4.6, il existe une constante C > 0 telle que :
h i
d(f, G⊥ ∩ L⊥ ) ≤ C d(f, G⊥ ) + d(f, L⊥ ) , ∀f ∈ E 0 . (4.14)

D’autre part on a :
d(f, G⊥ ) = sup | hf, xi |, ∀f ∈ E 0 . (4.15)
x∈G,kxk≤1

En appliquant le théorème I.11 de [6] page 11 avec

ϕ(x) = IB E (0,1) (x) − hf, xi et ψ(x) = IG (x).

De même manière, on a :

d(f, G⊥ ) = sup | hf, xi |, ∀f ∈ E 0 . (4.16)


x∈L,kxk≤1

et aussi on a :

d(f, G⊥ ∩ L⊥ ) = d(f, (G + L)⊥ ) = sup | hf, xi |, ∀f ∈ E 0 . (4.17)


x∈G+L,kxk≤1

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Relations d’orthogonalité 86

On injecte les relations (4.15), (4.16) et (4.17) dans la relation (4.14), on trouve
h i
sup | hf, xi |≤ C sup | hf, xi | + sup | hf, xi |, ∀x ∈ E 0 . (4.18)
x∈G+L,kxk≤1 x∈G,kxk≤1 x∈L,kxk≤1

En vertu de (4.18), on va établir l’inclusion suivante :


1
B (0, 1) ⊂ BG (0, 1) + BL (0, 1). (4.19)
C G+L
Donc on montre (4.19).
Utilisons la démonstration par l’absurde. C’est à dire on suppose que :
1
x0 ∈ B (0, 1),
C G+L
ce qui est équivalent à dire que :
1
∃x0 ∈ G + L tel que : k x0 k≤ et x0 ∈
/ BG (0, 1) + BL (0, 1).
C
Alors en vertu du théorème de Hahn-Banach deuxième forme géométrique, les deux en-
sembles {x0 } et BG (0, 1) + BL (0, 1) peuvent être séparés au sens strict par un hyperplan
fermé dans E.
C’est à dire :

∃g ∈ E 0 et ∃α ∈ R tels que : g(x) < α < g(x0 ), ∀x ∈ BG (0, 1) + BL (0, 1).


Par conséquent, on trouve

sup | g(x) | + sup | g(x) |≤ α < f (x0 ).


x∈G,kxk≤1 x∈L,kxk≤1

Ce qui contredit (4.18).


Finalement, on considère les deux espaces F = G × L et H = G + L munis successivement
par les normes k(x, y)k = max(kxk, kyk) et k . kE .
On a l’application T : F → H définie par :
 
T (x, y) = x + y,

est linéaire continue.


En vertu de (4.19) on a :
1  
) ⊂ T BF (0, 1) .
BH (0,
2C
D’où, on en déduit d’après la deuxième étape de la démonstration du théorème 4.1 que
1  
BH (0, ) ⊂ T BF (0, 1) .
2C
T est surjectif de F dans H.
C’est à dire que :
G + L = G + L.
Ce qui montre que G + L est fermé.

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Exercices 87

4.6 Exercices

Exercice 4.1.

On considère E, F deux espace  f : E → F une application.


 vectoriels normés et soit
1) Montrer que : f est ouverte =⇒ f est surjective.
2 - Donner un exemple d’application surjective non ouverte.
- Est ce qu’il on a une contradiction avec le théorème de l’application ouverte ?

Exercice 4.2.

1) Soit f : R → R une application linéaire.


- Montrer que :
f est ouverte ⇐⇒ f (1) 6= 0.
2) Soient E, F deux espaces vectoriels normés avec dim(E) < +∞ et f : E → F une
application linéaire.
- Montrer que :
f est ouverte ⇐⇒ f est surjective.

Exercice 4.3.

Soit T : l2 → l2 un opérateur défini par :

T x = (T x)n∈N∗ = (nxn ).

- Montrer que T est fermé.

Exercice 4.4.

Soit T : l2 → l2 un opérateur défini par :

T x = (T x)n∈N∗ = ((n − 1)xn ) = (x2 , 2x3 , 3x4 , .......).

- Montrer que T est fermé.

Exercice 4.5.

Soit E un espace de Banach et soit T : D(T ) ⊂ E → E un opérateur linéaire fermé et


soit A ∈ L(E).
- Montrer que les opérateurs A + T et T A sont fermés.

Exercice 4.6.

Soient E, F deux espaces de Banach et soit T : D(T ) ⊂ E → F un opérateur linéaire


fermé.
On suppose que les suites (un )n∈N , (vn )n∈N ⊂ D(T ) satisfont la condition

lim un = lim vn .
n→+∞ n→+∞

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Exercices 88

- Montrer que si (T un )n∈N , (T vn )n∈N sont convergentes simultanément, alors

lim T un = lim T vn .
n→+∞ n→+∞

Exercice 4.7.
   
On considère l’opérateur T : C [0, 1] → C [0, 1] défini par :

f (t) n   f (t) o
T f (t) = et D(T ) = f ∈ C [0, 1] : lim existe .
t t→0+ t

- Montrer que T est fermé.

Exercice 4.8.

Soit un opérateur,    
T : C [0, 1] → C [0, 1]

défini par :
n   o
T f (t) = f 0 (t) et D(T ) = f ∈ C 1 [0, 1] : f (0) = f (1) = 0 .

- Montrer que T est fermé .

Exercice 4.9.

On considère l’opérateur,
   
T : C [0, 1] → C [0, 1] ,

défini par :
n   o
T f (t) = f 00 (t) + f (t) et D(T ) = f ∈ C 2 [0, 1] : f (0) = f 0 (0) = 0 .

- Montrer que T est fermé et non borné.

Exercice 4.10.

Soient E, F deux espaces de Banach et soit T : D(T ) ⊂ E → F linéaire borné.


Montrer que :
T est fermé ⇐⇒ D(T ) est fermé dans E.

Exercice 4.11.

Soit T : D(T ) ⊂ E → F un opérateur linéaire.


On munit D(T ) de la norme,

kxk1 = kxkE + kT xkF .

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Exercices 89

Montrer que :
T est fermé ⇐⇒ D(T ) un espace de Banach.

Exercice 4.12.

Soit E et F deux espaces vectoriels normés et soit T : D(T ) ⊂ E → F un opérateur


linéaire fermé.
- Montrer que ker(T ) est un sous-espace fermé de E.

Exercice 4.13.

Soit T un opérateur linéaire fermé.


On considère deux suites (xn ) et (yn ) dans D(T ) telles que :

lim xn = lim yn = α.
n−→+∞ n−→+∞

Supposons que (T xn ) et (T yn ) convergent simultanément.


- Montrer que : lim (T xn ) = lim (T yn ) .
n−→+∞ n−→+∞

Exercice 4.14.

Soient E et F deux espaces vectoriels normés et F est compact.


On considère un opérateur T : E → F linéaire fermé.
- Montrer que T est borné.

Exercice 4.15.

Soient E et F deux espaces vectoriels normés et E est compact.


On considère un opérateur T : E → F linéaire fermé et bijectif.
- Montrer que T −1 est borné.

Exercice 4.16.

Soient E et F deux espaces vectoriels normés et soit T : E → F un opérateur linéaire


fermé et S ∈ L(E, F ).
- Montrer que T + S est un opérateur linéaire fermé.

Exercice 4.17.

Soient E un espace de Banach et F un espace vectoriel normé.


On considère un opérateur T linéaire fermé de domaine D(T ) ⊂ E et son image Im(T ) ⊂
F.
On suppose que T −1 existe et est borné.
- Montrer que Im(T ) est fermé.

Exercice 4.18.

On considère l’espace E tel que


  n o
E = C 1 [0, 1] = f : [0, 1] → C telle que f est continue, dérivable et f 0 est continue

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Exercices 90

et n o
F = C([0, 1]) = f : [0, 1] → C telle que f est continue .

On munit les deux espaces E et F par la norme kf k∞ = sup |f (x)|.


0≤x≤1
Soit l’opérateur T : E → F défini par :

∀f ∈ E : T f = f 0 .

1) Montrer que T est fermé.


2) Montrer que T n’est pas borné.
(Indication : On peut utiliser la suite fn (x) = xn ).
3) Expliquer le résultat.

Exercice 4.19.

On considère l’espace
  n Z 1 o
L2 [0, 1] = f : [0, 1] −→ R, f mesurable et |f (t)|2 dt < +∞ muni de la
0
norme,
Z 1 1
2
kf k = |f (t)|2 dt .
0

Soit l’opérateur T, D(T ) défini par :
n     o
D(T ) = f ∈ C [0, 1] , f 0 ∈ L2 [0, 1] , f (0) = 0 , et T f = f 0 ,
 
où C [0, 1] est l’espace des fonctions continues de [0, 1] dans R, muni de la norme de
convergence uniforme kf k∞ = sup |f (t)|.
0≤t≤1
 
1. Montrer que T : D(T ) −→ L2 [0, 1] est non borné.

Indication : Utiliser la suite fn (t) = n tn , n ∈ N .


2. Montrer que T est fermé.

Exercice 4.20.
 
Soit E = C [0, 1] muni de la norme de convergence uniforme,

kuk∞ = sup |u(x)|.


0≤x≤1

On considère l’opérateur A : E → E défini par :


Z x n o
Au(x) = u(x) + u(t) dt, D(A) = u ∈ C 1 ([0, 1]) : u(0) = 0 .
0

1. Résoudre l’équation différentielle


 0
u (x) + u(x) = 0, x ∈ [0, 1]
u(0) = 0.

-Montrer que ker(A) = {0}. En déduire que l’opérateur A est injectif.


2. Soit f ∈ C [0, 1] .

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Exercices 91

- Montrer que : Z x
u(x) = f (x) − et−x f (t) dt
0
est une solution de l’équation différentielle :

u0 + u = f 0 ,


u(0) = f (0) = 0.

- En déduire que l’opérateur A est surjectif.


- Trouver l’expression de A−1 .
3. Montrer que A−1 est borné.
4. Montrer que A est fermé.

Exercice 4.21.
   
1
Soient les deux espaces C [0, 1] et C [0, 1] et on les munit par la norme de la
convergence uniforme
kf k∞ = sup |f (x)|.
x∈[0,1]

Soit l’opérateur linéaire,    


A : C [0, 1] → C [0, 1] ,

défini par : n   o
Af = f 0 et D(A) = f ∈ C 1 [0, 1] : f (0) = 0 = le domaine de définition de A.
1. Montrer que l’opérateur A est non borné.
(Indication : On peut utiliser la suite de fonctions fn (x) = sin(nπx), n ∈ N∗ .)
2. Montrer que l’opérateur A admet un inverse A−1 .
3. Montrer que A−1 est continu.
4. Montrer que A est fermé.

Exercice 4.22.
 
On considère l’espace de Hilbert l2 , (.) tel que :

n +∞
X o
l2 = x = (xn )n∈N ; xn ∈ R; |xn |2 < +∞ ,
n=0

muni du produit scalaire,


+∞
X
(x, y) = x n yn ,
n=0

et de la norme induite
+∞
X 1
2
k x k= | xn |2 .
n=0

Pour tout p ∈ N on désigne par ep le vecteur de l2 défini par :



p 1 si n = p,
(e )n =
0 si n 6= p

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Exercices 92

et on désigne par M le sous-espace de l2 engendré par {ep , p ∈ N}.


1. Montrer que M est dense dans dans l2 .
2. Soit (αn )n∈N une suite réelle. On pose :
+∞
X  
D(T ) = {x ∈ l2 , αn2 x2n < +∞} et T (x) = αn xn .
n
n=0

- Montrer que l’opérateur T : D(T ) → l2 est fermé et à domaine dense.

Exercice 4.23.

On considère l’espace suivant :


n +∞
X o
E = l2 = x = (xn )n∈N∗ , xn ∈ R : |xn |2 < +∞ .
n=1

muni de la norme
+∞
X 1
2
k x kE = |xn |2 .
n=1

On rappelle que (E, k . kE ) est un espace de Banach.


On considère D(T ) le sous-espace vectoriel de E tel que :
n +∞
X o
D(T ) = x ∈ l2 : |n2 xn |2 < +∞
n=0

On définit l’opérateur T comme suit :


T fait correspondre chaque x de D(T ), T (x) dans l2 tel que
T (x) n = n2 xn .


1. Montrer que D(T ) est dense dans l2 .


2. Montrer que T admet un inverse T −1 . Trouver l’expression de T −1 .
3. Montrer que T n’est pas borné.
4. Montrer que T −1 est continu.
- En déduire que T est fermé.

Exercice 4.24.

on considère l’espace H = L2 (]0, 1[], C).


1. Soit l’opérateur T défini par :
 
D(T ) = C 1 [0, 1], C et T f = f 0

- Montrer que l’opérateur T n’est pas fermé.


2. Soit l’opérateur S défini par :
D(S) le sous-espace de H tel que :
n   o
D(S) = f ∈ C [0, 1], C , f 0 ∈ L2 (]0, 1[], C) et Sf = f 0

où f 0 est prise au sens des distributions sur ]0, 1[.


- Montrer que l’opérateur S est fermé.

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Exercices 93

Exercice 4.25.

Soit P (x) un polynôme de variable x = (x1 , x2 , ...., xn ) ∈ Rn .


On considère l’opérateur T défini sur L2 (Rn ) par :
n Z o
T f (x) = P (x)f (x), et D(T ) = f ∈ L2 (Rn ) : |P (x)|2 |f (x)|2 dx < ∞ .
Rn

- Montrer que l’opérateur T est non borné et est fermé.

Exercice 4.26.

Soient E et F deux espaces de Banach et T ∈ L(E, F ) tel que T est bijectif.


- Montrer que :

T −1 : T (E) → E est borné ⇐⇒ T (E) est fermé dans F.

Exercice 4.27.

Soient E et F deux espaces vectoriels normés.


Soit T : E → F un opérateur linéaire fermé.
a) On considère M un sous-ensemble compact de E.
- Montrer que T (M ) est fermé dans F .
b) On considère L un sous-ensemble compact de F .
- Montrer que T −1 (L) est fermé dans E, où T −1 (L) est l’image réciproque de L par T .

Exercice 4.28.

Soit E un espace de Banach. et soit G un sous-espace vectoriel de E. On suppose qu’il


existe un sous-espace vectoriel L de E tel que dim(L) < +∞.
Montrer que si E = G ⊕ L alors G admet un supplémentaire topologique.

Exercice 4.29.

Soit E un espace de Banach. On considère un sous-espace vectoriel G de E tel que


dim(G) < +∞, c’est à dire que G = V ect{ei , i = 1, 2, 3, ...., n}. Donc ∀x ∈ G, x s’écrit
n
X
de façon unique x = xi e i .
i=1
- Montrer que G admet un supplémentaire topologique L.
(Indication : Considérer l’application ϕi : G → R définie par ϕi (x) = xi , pour tout x ∈
G, puis utiliser le théorème de Hahn-Banach et on pose L = ∩ni=1 ϕ̃i −1 ({0}), avec ϕ̃i est
le prolongement de ϕi sur E.

Exercice 4.30.

Soit H un espace de Hilbert muni d’un produit scalaire (., .)


Montrer que si G un sous-espace vectoriel fermé de E, alors G admet un supplémentaire
topologique G⊥ = {x ∈ H : (x, y) = 0, ∀y ∈ G}.

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Exercices 94

Exercice 4.31.

Soient les deux espace,


n o
n→+∞
G = x = (xn )n∈N∗ : xn ∈ R et xn −→ 0

et n o
H = x = (xn )n∈N∗ : (xn ) est convergente .

On munit H et G de la norme : kxk = sup |xn |.


n∈N∗
- On désigne par l la forme suivante l : H → R définie par :

l(x) = lim xn ,
n→+∞

L constante telle que  = (1)n≥1 = (1, 1, 1, ....) ∈ H.


et on désigne par  la suite
1) Montrer que H = G LR.
2) Montrer que H 0 = G0 Rl.

Exercice 4.32. (Inverse à gauche)

Soit E, F deux espaces de Banach. On considère l’opérateur T : E → F tel que T est


linéaire continu et injectif.
Montrer que 1) ⇔ 2),
1) T admet un inverse à gauche.
2) T (E) est fermée et admet un supplémentaire topologique dans F .

Exercice 4.33. (Inverse à gauche)

Soit E un espace de Banach, soient F, G deux sous-espaces vectoriels supplémentaires,


c’est à dire E = F ⊕ G. On considère PF (resp PG ) la projection sur F (resp sur G)
parallèlement à G (resp à F ).   
- Montrer que : PF , PG sont continues ⇐⇒ F et G sont fermés .

Exercice 4.34.

Soit E un espace vectoriel normé.


1) Soit P une projection sur E, c’est à dire une application linéaire P : E → E telle que
P ◦ P = P 2 . On suppose que P est continue .
- Montrer alors que
E = Im(P ) ⊕ ker(P ).
2) Réciproquement si E est un espace de Banach et si E = A ⊕ B (avec A et B sont deux
sous-espaces vectoriels fermés de E), alors la projection de l’image de A et de noyau de B
est continue.
3) En déduire qu’un sous-espace vectoriel normé d’un espace de Banach E admet un
supplémentaire topologique si et seulement s’ il est l’image d’une projection continue sur
E.

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Exercices 95

Exercice 4.35.

Soit E un espace vectoriel normé et M un sous-espace vectoriel normé fermé de E.


- Montrer que M admet un supplémentaire topologique dans E dans les cas suivants :
1) dim(E) < +∞.
2) dim(E/M ) < +∞.

Exercice 4.36.

Soit E = l1 , ainsi E 0 = l∞ . On considère l’opérateur T ∈ L(E) défini par :


x 
n
Tx = , ∀x = (xn )n≥1 ∈ l1 .
n n≥1

Déterminer ker(T ), ker(T )⊥ , T ∗ , Im(T ), Im(T ∗ ).

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CHAPITRE 5
TOPOLOGIE FAIBLE ET TOPOLOGIE FAIBLE-∗

5.1 Topologie faible


Préliminaire :

Soit X un ensemble et soit (Yi )i∈I une famille d’espaces topologiques munie de la famille
de topologies (Oi )i∈I . Pour chaque i ∈ I, on se donne une application ϕi : X −→ Yi .
Notre but est de chercher une topologie T sur X qui permet rendre continues toutes les
applications (ϕi )i∈I . Si possible, on construit la topologie T la moins fine c’est-à-dire que T
contient un minimum d’ouverts. Autrement dit T la topologie la plus économique qui rend
continues toutes les applications (ϕi )i∈I .
• La topologie T est différente de la topologie P(X) = l’ensemble des parties de X.
• La topologie T est différente de la topologie triviale {X, ∅}.
ϕi est continue, alors pour tout Ui ∈ Oi : ϕ−1 i (Ui ) ∈ T .
On pose :
( )
[ \
T = U ⊂ X, U = Uλ , Uλ = ϕ−1
i (Ui ), Ui ∈ Oi , J est fini
λ∈Λ i∈J
\
•T est stable par l’intersection finie .
f inie
[
•T est stable par la réunion quelconque .
quelconque

Proposition 5.1

T est une topologie sur X.

Définition 5.1.

Pour x ∈ X, on définit la base de voisinages de x comme suit :


( )
\  
B(x) = B = ϕ−1
i (Vi ), J ⊂ I, J est fini, ∀i : Vi ∈ V ϕi (x), Yi , Oi .
i∈J

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Topologie faible 97

B(x) est une base de voisinages de x dans (X, T ) ou un système fondamental de voisi-
nages de x, ce qui est équivalent à dire

∀v ∈ V(x, , X, T ), ∃B ∈ B(x) : B ⊂ V.

Proposition 5.2

Y
Soit ϕi : X −→ Yi avec X = Yi : x 7−→ ϕi (x) = yi .
i∈I
La topologie produit coïncide avec la topologie T définie précédemment.

Proposition 5.3

Soit (xn )n∈N une suite de X et soit (Yi , Oi ) l’espace topologique. Alors les deux pro-
priétés suivantes sont équivalentes,
i) xn −→ x lorsque n −→ +∞ dans (X, T ) .
ii) ϕi (xn ) −→ ϕi (x) lorsque n −→ +∞ dans (Yi , Oi ), pour tout i ∈ I.

Démonstration.

1. i) =⇒ ii).
Supposons que xn −→ x et montrons que ϕi (xn ) −→ ϕi (x) pour tout i ∈ I dans (Yi , Oi ) c’est
évident car ϕi est continue pour tout i ∈ I .
2. Supposons que ϕi (xn ) −→ ϕi (x) pour tout i ∈ I dans (Yi , Oi ) et montrons que xn −→ x.
Soit U un voisinage de x dans la topologie T , c’est-à-dire que U ∈ V(x, , X, T ). Alors il existe
B ∈ B(x) tel que B ⊂ U .
On a : \
B= ϕ−1
i (Vi ) tel que Vi ∈ V(ϕi (x), , Yi , Oi ).
i∈J fini

On a ϕi (xn ) −→ ϕi (x) lorsque n −→ +∞ dans (Oi ) , alors,

∀i ∈ J, ∃Ni ∈ N, ∀n ≥ Ni : ϕi (xn ) ∈ Vi ,

c’est-à-dire que :
xn ∈ ϕ−1
i (Vi ).

On pose,
N = max Ni .
i∈J

N existe car J est fini.


Donc,
∀n ∈ N : ϕi (xn ) ∈ Vi , ∀i ∈ J.
D’où,
xn ∈ ϕ−1
i (Vi ), ∀i ∈ J.

Alors, \
xn ∈ ϕi (xn ) ∈ Vi = B ⊂ U.
i∈J

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Topologie faible 98

Par conséquent,
xn ∈ U.
Alors,
∀U, ∃N ∈ N, ∀n ≥ N =⇒ xn ∈ B ⊂ U.
Ce qui signifie que la suite (xn ) converge vers x.

Proposition 5.4

Soit Z un espace topologique et soit ψ une application de Z dans X. Alors ψ est


continue si et seulement si ϕi ◦ ψ est continue de Z dans Yi pour chaque i ∈ I, où

ϕi : (X, T ) −→ (Yi , Oi ).

Démonstration.

i) =⇒).
Comme ψ est continue alors ϕi ◦ ψ est continue, pour chaque i ∈ I (c’est évident).
ii) ⇐=)
Supposons que ϕi ◦ ψ est continue, pour chaque i ∈ I et montrons que ψ est continue.
Soit Ω un ouvert de X, et montrons que ψ −1 (Ω) est un ouvert de Z.
On sait que Ω est de la forme :
[ \   [ \
Ω= ψ −1 ϕ−1
i (w i ) = (ϕi ◦ ψ)−1 (wi ),
quelconque f ini quelconque f ini

qui est un ouvert de Z puisque ϕi ◦ ψ est continue pour chaque i ∈ I.

5.1.1 Définition et propriétés élémentaires de la topologie faible σ(E, E 0 ) dans


un espace de Banach
Soit E un espace de Banach et soit E 0 son dual topologique. On désigne par :

ϕf : E −→ R

ou
ϕf : E −→ C,
l’application définie par :
ϕf (x) = hf, xi = f (x).
Quand f décrit E 0 , on obtient une famille d’applications (ϕf )f ∈E 0 de E dans R ou dans C.

Définition 5.2.

La topologie faible T sur E est la topologie moins fine sur E rendant continues toutes
les applications (ϕf )f ∈E 0 que l’on désigne par σ(E, E 0 ). (c’est-à-dire que T = σ(E, E 0 )).

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Topologie faible 99

Remarque 5.1.

Ici (X, T ) = (E, σ(E, E 0 )), (Yi , Oi ) = (R, |.|) ou (Yi , Oi ) = (C, |.|), I = E 0 , i = f .

Proposition 5.5

La topologie faible σ(E, E 0 ) est séparée.

Démonstration.

On fait la démonstration dans le cas où E est un espace vectoriel sur R.


Soient x1 , x2 ∈ E tels que x1 6= x2 . On veut trouver deux ouverts O1 et O2 pour la topologie
faible σ(E, E 0 ) tel que x1 ∈ O1 et x2 ∈ O2 et O1 ∩ O2 = ∅.
En vertu du théorème 2.5 ( deuxième forme géométrique du théorème de Hahn-Banach) il
existe un hyperplan fermé séparant {x1 } et {x2 } au sens strict. Alors il existe g ∈ E 0 et α ∈ R
tels que
g(x1 ) < α < g(x2 )
On pose,
   
O1 = {x ∈ E, g(x) < α} = ϕ−1
g ] − ∞, α[ et O2 = {x ∈ E, g(x) > α} = ϕ−1
g ]α, +∞[

On a x1 ∈ O1 , x2 ∈ O2 et O1 ∩ O2 = ∅.

Proposition 5.6

Soit E un espace de Banach et soit x0 ∈ E et soit σ(E, E 0 ) la topologie faible sur E et


soit (fi )i∈I , fi ∈ E 0 , ∀i ∈ I, I est fini.
Pour ε > 0, on pose
V = {x ∈ E, |hfi , x − x0 i| < ε}.
Alors,
1. V est un un voisinage de x.
2. Tous les ensembles de la forme V forment une base de voisinages de x0 .

Démonstration.

1. Montrons que V = {x ∈ E, |hfi , x − x0 i| < ε} est un un voisinage de x.


On a : \  
V = ϕ−1fi ]fi (x 0 ) − ε, fi (x 0 ) + ε[ .
i∈I

En effet,
on a :

|hfi , x − x0 i| < ε =⇒ |fi (x) − fi (x0 )| < ε =⇒ fi (x) ∈]fi (x0 ) − ε, fi (x0 ) + ε[,

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Topologie faible 100

c’est-à-dire que :
ϕfi (x) ∈]fi (x0 ) − ε, fi (x0 ) + ε[, pour tout i ∈ I.
D’où,  
x ∈ ϕ−1
fi ]fi (x 0 ) − ε, fi (x 0 ) + ε[ , pour tout i ∈ I.
Par conséquent,  
\
x∈ ϕ−1
fi ]f (x
i 0 ) − ε, f (x
i 0 ) + ε[ = V.
i∈I

2. Montrons que tout voisinage de x0 contient un élément de la forme V .


Soit U un voisinage de x0 dans σ(E, E 0 ). On sait que qu’il existe un voisinage W de x0 tel
que : \
W ⊂ U et W = ϕ−1
fi (Vi ),
i∈I,I fini

où Vi est un voisinage de ϕfi (x0 ).


D’autre part on a fi (x0 ) = ϕfi (x0 ) donc Vi est un voisinage de fi (x0 ) dans R ou C.
On sait aussi que les intervalles ouverts forment une base de voisinages dans R , alors,

∃ε > 0 tel que :]fi (x0 ) − ε, fi (x0 ) + ε[⊂ Vi , pour tout i ∈ I et I est fini.

On prend, \
V = ϕ−1
fi (]fi (x0 ) − ε, fi (x0 ) + ε[) ⊂ W ⊂ U.
i∈I

Notations :
Étant donnée une suite (xn )n∈N de E. dans la suite on va utiliser les notations suivantes.
1. xn −→ x dans (E, k.k) lorsque n −→ +∞ désigne la convergence forte ou la convergence
en norme kxn − xk −→ 0 lorsque n −→ +∞, et on dit aussi que la suite (xn ) converge
fortement vers x.
2. xn * x désigne la convergence de (xn ) vers x pour la topologie faible σ(E, E 0 ), et on dit
aussi que la suite (xn ) converge faiblement vers x, et on dit aussi que x est limite faible de la
suite (xn ).

Proposition 5.7

Soit (xn )n∈N une suite de E. On a :


1. xn * x pour σ(E, E 0 ) ⇐⇒ hf, xn i −→ hf, xi.
2. Si xn −→ x fortement, alors xn * x faiblement pour σ(E, E 0 ).
3. Si xn * x faiblement pour σ(E, E 0 ), alors kxn k est bornée et kxk ≤ lim inf kxn k.
4. Si xn * x faiblement pour σ(E, E 0 ) et si fn −→ f fortement dans E 0 ,
(c’est-à-dire que kfn − f kE 0 −→ 0), alors hfn , xn i −→ hf, xi.

Démonstration.

1. Montrons =⇒)
Si xn * x, alors,
∀V ∈ V(x), ∃n0 ∈ N tel que ∀n ≥ n0 : xn ∈ V.
D’après la proposition 5.6, on a :

∀f ∈ E 0 et ε > 0, il existe n0 ∈ N tel que, ∀n ≥ n0 : xn ∈ {y ∈ E : |hf, yi − hf, xi| ≤ ε}.

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Topologie faible 101

C’est-à-dire que :
n→+∞
hf, xn i −→ hf, xi.
Réciproquement, montrons ⇐=)
Soit ε > 0 et f1 , f2 , ...., fk ∈ E 0 .
On a :
∀j ∈ {1, 2, ...., k}, hfj , xn i → hfj , xi dans R lorsque n → ∞.
Donc,

∃n0 ∈ N tel que ∀n ≥ n0 et pour tout j ∈ {1, 2, ...., k}, on a :|fj (xn ) − fj (x)| ≤ ε.

Par conséquent,
xn ∈ V = Vf1 ,f2 ,....,fk ,ε .
D’où le résultat.

Remarque 5.2.

Si V ∈ V(x0 ), alors
n o
V = Vf1 ,f2 ,....,fk ,ε = x ∈ E, ∀j ∈ {1, 2, ..., k} : |fj (x) − |fj (x0 ) ≤ ε ,

d’après la proposition (5.6) .

2. Supposons que xn −→ x dans (E, k.k) (pour la topologie forte) et montrons que xn * x
pour σ(E, E 0 ), c’est à dire qu’on montre que pour tout f ∈ E 0 , hf, xn i −→ hf, xi.
Soit f ∈ E 0 . On a :
|hf, xn i| = |hf, xn − xi| ≤ kf kE 0 kxn − xk.
Et comme kxn − xk −→ 0. On conclut le résultat.
3. On utilise le théorème de Banach-Steinhaus et de Hahn-Banach. On considère l’opérateur

Tn : E 0 −→ C : f 7−→ Tn (f ) = hf, xn i.

On a d’après la propriété 1.
Tn (f ) = hf, xn i −→ hf, xi.
Donc la suite (Tn (f ))n∈N est bornée, pour tout f ∈ E 0 , c’est-à-dire que :

∃ Cf > 0 : |Tn (f )| ≤ Cf .

En vertu du théorème de Banach-Steinhaus,

∃ C > 0 : kTn kE 0 < C.

Et d’après le corollaire 2.3 de Hahn-Banach :

kTn kE 0 = sup |hTn , f i| ≤ sup |hf, xn i| = kxn k.


kf k≤1 kf k≤1

Par conséquent,
kxn k < C.
Montrons que kxk ≤ lim inf kxn k.
Comme (kxn k) est bornée, donc lim inf kxn k existe.
On a :
|hf, xn i| ≤ kf kkxn k =⇒ |hf, xi| ≤ kf k lim inf kxn k.

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Topologie faible 102

Et d’après le corollaire 2.3 de Hahn-Banach, on a :


k x k= sup |hf, xi|.
f ∈E 0 ,kf k≤1

Alors on introduit le sup dans la dernière égalité, on trouve,


kf k≤1

kxk ≤ lim inf kxn k.


4. Supposons que xn * x faiblement pour σ(E, E 0 ) et fn −→ f fortement dans E 0 et mon-
trons que hfn , xn i −→ hf, xi.
On a :
|hfn , xn i − hf, xi| ≤ |hfn − f, xn i| + |hf, xn − xi| ≤ kfn − f kkxn k + |hf, xn − xi|. (5.1)
Comme kxn k est bornée et kfn − f k −→ 0 , on a :
kfn − f kkxn k −→ 0.
Et d’autre part d’après la propriété 1. on a :
|hf, xn − xi| −→ 0.
Alors (5.1) implique que :
|hfn , xn i − hf, xi| −→ 0.

Remarque 5.3.

Dans la propriété 2. la réciproque est fausse en dimension infinie comme le montre


l’exemple suivant :

Exemple 5.1.

On a l’exemple suivant qui montre que la convergence faible n’implique pas la conver-
gence forte en dimension infinie :
On considère l’espace de Hilbert
+∞
X
H = l2 (R) = {x = (xn )n∈N , xn ∈ R et |xn |2 < +∞},
n=0

muni du produit scalaire


+∞
X
(x, y)H = xn yn ,
n=0

et la norme induite
+∞
X 1
2
kxk = |xn |2 .
n=0

On a dim l2 (R) = +∞.




On peut identifier l2 (R) par son dual.


On considère la suite orthonormée (en ) ⊂ l2 (R), en = (0, 0, ....., 0, 1, 0, 0, 0, .......).
Pour x = (xn ) ∈ l2 (R), on a :
(x, en )l2 = xn .

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Topologie faible 103

D’autre part on a d’après l’inégalité de Bessel,


X
|(x, en )|2 ≤ kxk2l2 .
n≥0
X
Donc la série |(x, en )|2 est convergente et par conséquent (x, en ) → 0. Ce qui montre
n≥0
que en * 0.
Notons que la suite (en ) ne converge pas fortement vers 0, car ken kl2 = 1

Remarque 5.4.

On a l’équivalence
h i
(un * u) ⇔ (un ) est bornée et (un , ei ) → (u, ei ) ∀i ∈ N .

En effet,
i) ⇒). On suppose que un * u.
Donc kun k < +∞ (c’est-à-dire que la suite (un ) est bornée.)
On a aussi pour tout x dans l2 (R) : (un , x) → (u, x) lorsque n → +∞. En particulier
(un , ei ) → (u, ei ) lorsque
h n → +∞ pour tout i ∈ N. i
ii) ⇐) Supposons que (un ) est bornée et (un , ei ) → (u, ei ) ∀i ∈ N et montrons que
un * u.
Soit x ∈ l2 (R). Montrons que (un , x) → (u, x) lorsque n → +∞.
On a x ∈ l2 (R), alors : ∀ε > 0, ∃i ∈ N : kx − ei k ≤ ε car {ei } est une base Hilbertienne 
de l2 (R) donc {ei } = l2 (R) l’espace vectoriel engendré par (ei ) est dense dans l2 (R) .
On a |(un , x) − (u, x)| = |(un , x − ei + ei ) − (u, x − ei + ei )| = |(un , x − ei ) + (un , ei ) −
(u, x − ei ) − (u, ei )| ≤ |(un , x − ei )| + |(un , ei ) − (u, ei )| + |(u, x − ei )| ≤ kun kkx − ei k +
kukkx − ei k + |(un , ei ) − (u, ei )| ≤ M ε + kukε + ε = ε(M + kuk + 1) → 0 lorsque ε → 0.

Proposition 5.8

Lorsque E est de dimension finie, la topologie faible σ(E, E 0 ) et la topologie forte


coïnsident.
En particulier une suite (xn ) converge faiblement si et seulement si elle converge for-
tement. Si on désigne par σ(E) à la topologie forte induite par la norme k.k, alors on
écrit :
σ(E, E 0 ) = σ(E).

Démonstration.

i)σ(E, E 0 ) ⊂ σ(E) est toujours vraie.


ii) Montrons que σ(E) ⊂ σ(E, E 0 ). C’est-à-dire que tout ouvert de σ(E) appartient à σ(E, E 0 ).
Soit x0 ∈ E et soit Ω un voisinage de x0 pour la topologie forte σ(E). On va chercher un
voisinage V de x0 tel que V ⊂ Ω.
D’après la proposition 5.6, V est sous la forme :

V = {x ∈ E, |hfi , x − x0 i| < ε, ∀i ∈ I}, avec I est fini et f ∈ E 0 , ε > 0.

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Topologie faible 104

On suppose que B(x0 , r) ⊂ Ω. On choisit une base {e1 , e2 , ...., en } de E tel que kei k = 1, ∀i ∈
{1, 2, ..., n} (car E est de dimension finie).
Xn
Pour tout x ∈ E, x = xi e i .
i=1
Les applications x 7−→ xi définissent n formes linéaires continues sur E notées fi . On a alors
n
X
kx − x0 k ≤ |hfi , x − x0 i| < nε, pour x ∈ V.
i=1

r
On choisit ε = , on obtient V ⊂ Ω.
n

Proposition 5.9

Dans un espace de Hilbert H de dimension finie, la convergence faible est équivalente


à la convergence forte.

Démonstration.

i) La convergence forte =⇒ la convergence faible est toujours satisfaite d’après la proposi-


tion 5.7 (propriété 2).
ii) Montrons que la convergence faible =⇒ la convergence forte. Soit {e1 , e2 , ...., ep } une base
orthonormée de H et soit (xn ) une suite faiblement convergente et soit x sa limite i.e xn * x.
On a d’après l’égalité de Parseval :
p
X
kxn − xk = |hei , xn − xi|2 .
i=1

D’après la propriété 1) de la proposition 5.7, on a :

lim hei , xn − xi = 0, ∀i = 1, 2, ...., p.


n−→+∞

D’où,
lim kxn − xk = 0.
n−→+∞

Remarque 5.5.

Si E est de dimension infinie, la topologie forte est différente de la topologie faible,


c’est-à-dire que σ(E, E 0 ) 6= σ(E), (σ(E, E 0 ) σ(E)).

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Topologie faible 105

Définition 5.3.

Soient E un espace de Banach et M un sous-ensemble de E. On dit que M est faible-


ment borné si pour toute f ∈ E 0 l’ensemble de nombres

D = {hf, xi, x ∈ M }

est borné.

Proposition 5.10

Tout ensemble borné est faiblement borné.

Démonstration.

Exercice.

Proposition 5.11

Dans un espace de Banach E, tout sous-ensemble M de E faiblement borné est borné.

Démonstration.

Supposons que M est faiblement borné et montrons qu’il est borné.


Supposons que M n’est pas borné. Alors il existe une suite (xn ) ⊂ M telle que kxn k > n2 .
xn
On considère la suite ( )n∈N∗ . Pour toute f ∈ E 0 on a :
n
xn 1
|hf, i| ≤ sup |hf, xi| −→ 0 lorsque n −→ +∞.
n n x∈M

Autrement dit,
xn
*0 lorsque n −→ +∞.
n
xn
Alors d’après la proposition 5.7 (propriété 3), il ressort que la suite (k k) est bornée, ce qui
n
xn
contredit l’inégalité k k > n.
n

5.1.2 Topologie faible, ensembles convexes et opérateurs linéaires


D’après la remarque 5.5, tout ensemble fermé pour la topologie faible σ(E, E 0 ) est fermé
pour la topologie forte σ(E), mais quand dim(E) = +∞ la réciproque est fausse.
On va voir que pour les ensembles convexes ces deux notions coïncident.

Théorème 5.1

Soit C un sous-ensemble convexe de E. Alors C est faiblement fermé pour σ(E, E 0 ) si et


seulement s’il est fortement fermé.

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Topologie faible 106

Démonstration.

=⇒) est toujours vraie.


⇐=) :
Supposons que C est fortement fermé et montrons qu’il est faiblement fermé. Donc on va
montrer que C c (le complémentaire de C ) est un ouvert pour la topologie σ(E, E 0 ), c’est-à-
dire qu’il est un voisinage de chacun de ses points.
Soit x0 ∈ C c . D’après le théorème de Hahn-Banach deuxième forme géométrique, il existe un
hyperplan fermé qui sépare {x0 } et C au sens strict, c’est à dire que :

∃f ∈ E 0 et α ∈ R tels que hf, x0 i < α < hf, yi, pour tout y ∈ C.


On pose
V = {x ∈ E : hf, xi < α},
de sorte que x0 ∈ V et V ∩ C = ∅ (c’est-à-dire que V ⊂ C c ) et V est un ouvert pour la
topologie σ(E, E 0 ).

Théorème 5.2

Soient E et F deux espaces de Banach. Soit A un opérateur linéaire de E dans F . Alors


les deux assertions suivantes sont équivalentes
1) A est continu de E dans F .
2) A est continu de E faible σ(E, E 0 ) dans F faible σ(F, F 0 ).

Démonstration.

i) Montrons que 2) =⇒ 1).


Utilisons le théorème du graphe fermé.
On a d’après la propriété 2) l’application,
 
A : E, σ(E, E 0 −→ (F, σ(F, E 0 )),

est continu. Donc G(A) est fermé dans E × F, σ(E × F, E 0 × F 0 ), et comme G(A) est convexe
(puisqu’il un sous-espace vectoriel), alors en vertu
 du théorème 5.1, G(A) est fermé pour la
topologie forte (c’est-à-dire pour la topologie E × F, σ(E × F ) et donc A est fermé pour la
topologie forte.
Par conséquent, d’après le théorème  du graphe fermé 4.2, on conclut que A est continu (pour
la topologie forte, i.e A ∈ L(E, F ) .
ii) Montrons que 1) =⇒ 2).
On va utiliser la proposition suivante :

Proposition 5.12

Soient E et F deux espaces de Banach et A : E −→ F un opérateur linéaire continu


(c’est-à-dire que A ∈ L(E, F ) . Alors il existe un opérateur T = At : F 0 −→ E 0 linéaire
t 0 0

continu (c’est-à-dire que A ∈ L(F , E ) , tel que :

hf, AxiF 0 ,F = hAt f, xiE 0 ,E et

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Topologie faible 107

kAkL(E,F ) = kAt kL(F 0 ,E 0 ) .

Démonstration.

Supposons que :
A : (E, [Link] ) −→ (F, [Link] )
est continu et montrons que
   
A : E, σ(E, E 0 ) −→ F, σ(F, F 0 ) est continu.

Soit (xn ) une suite de E. On va montrer que si xn * x (pour la topologie σ(E, E 0 )), alors
Axn * Ax ( pour la topologie faible σ(F, F 0 )). C’est-à-dire qu’on montre que :

hf, Axn i −→ hf, Axi pour tout f ∈ F 0 dans (C, |.|).

On a :
hf, Axn i = hAt f, xn i.
Comme A ∈ L(E, F ) fortement, alors on a aussi At ∈ L(F 0 , E 0 ).
On a xn * x alors,
hg, xn i −→ hg, xi pour tout g ∈ E 0 .
Puisque At f ∈ E 0 , donc
hAt f, xn i −→ hAt f, xi.
Alors,

hAt f, xn i = hf, Axn i −→ hAt f, xi = hf, Axi.


D’où le résultat.

Définition 5.4. (Convergence des suites des opérateurs)

Soient E, F deux espaces normés et soit (Tn )n∈N une suite de l’espace L(E, F ).
1. On dit que la suite (Tn )n∈N converge uniformément vers T si (Tn )n∈N converge en
norme dans L(E, F ), c’est à dire que k Tn − T kL(E,F ) −→ 0 lorsque n −→ +∞. On
dit alors que T est la limite uniforme de la suite (Tn )n∈N .

2. On dit que la suite (Tn )n∈N converge fortement vers T si (Tn (x))n∈N converge for-
tement vers T x dans F pour tout x ∈ E, c’est à dire que k Tn (x) − T (x) kF −→
0, ∀x ∈ E lorsque n −→ +∞. On dit alors que T est la limite forte de la suite
(Tn )n∈N .

3. On dit que la suite (Tn )n∈N converge faiblement vers T si (Tn (x))n∈N converge
faiblement vers T x dans F pour tout x ∈ E, c’est à dire que |f (Tn x) − f (T x)| −→
0, ∀x ∈ E, ∀f ∈ E 0 lorsque n −→ +∞. On dit alors que T est la limite faible de la
suite (Tn )n∈N .

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Topologie faible-∗ σ(E 0 , E) 108

Théorème 5.3

( La convergence faible et la continuité)


Soient E et F deux espaces de Banach et A un opérateur linéaire continu de E dans F .
Si xn * x lorsque n → +∞, alors Axn * Ax lorsque n → +∞.

Démonstration.

On montre que hAxn , gi → hAx, gi dans R lorsque n → +∞ pour tout g ∈ F 0 .


Soit g ∈ F 0 . On a :

hAxn , gi − hAx, gi = hAxn − Ax, gi = hA(xn − x), gi = hxn − x, A∗ gi.

Comme xn * x et A∗ g ∈ E 0 , alors,

hxn − x, A∗ gi −→ 0.
R
n→∞

5.2 Topologie faible-∗ σ(E 0 , E)


Soit E un espace de Banach, soit E 0 son dual topologique (muni de la norme duale kf kE 0 =
sup |hf, xi|) et soit E 00 son bidual (c’est-à-dire le dual de E 0 ) muni de la norme
x∈E,kxk≤1

kξk = sup |hξ, f i|


f ∈E 0 ,kf k≤1

Définition 5.5.

la topologie faible-∗ désignée aussi par σ(E 0 , E) est la topologie la moins fine sur E 0
rendant continues toutes les applications (ϕx )x∈E où ϕx : E 0 −→ C définie par :

ϕx (f ) = hf, xi

Remarque 5.6.

1) Comme E 0 ⊂ E 00 , il est clair que la topologie σ(E 0 , E) est plus fine que la topologie
σ(E 0 , E 00 ). C’est-à-dire que la topologie σ(E 0 , E) possède moins d’ouverts (resp fermés)
que la topologie σ(E 0 , E 00 ).
2) On utilise la topologie faible-∗ dans le cas où les espaces ne sont pas réflexifs car dans
le cas où les espaces sont réflexifs les topologies σ(E, E 0 ) et σ(E 0 , E) ont le même sens.

Proposition 5.13

La topologie faible-∗ σ(E 0 , E) est séparée.

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Topologie faible-∗ σ(E 0 , E) 109

Démonstration.

On montre que pour tous f1 , f2 ∈ E 0 tels que f1 6= f2 , ∃ O1 , O2 deux ouverts pour la


topologie σ(E 0 , E) tels que f1 ∈ O1 et f2 ∈ O2 et O1 ∩ O2 = ∅.
Soient f1 , f2 ∈ E 0 avec f1 6= f2 , il existe donc x ∈ E tel que hf1 , xi =
6 hf2 , xi
(puisque f1 6= f2 ).
On suppose par exemple que hf1 , xi < hf2 , xi et on introduit α tel que :
hf1 , xi < α < hf2 , xi.
On pose :
O1 = {f ∈ E 0 : hf, xi < α} et O2 = {f ∈ E 0 : hf, xi > α}.
On a :
O1 = ϕ−1
x (] − ∞, α[),
et
O2 = ϕ−1
x (]α, +∞[).
Comme ϕx est continue alors O1 et O1 sont des ouverts pour la topologie σ(E 0 , E) et f1 ∈
O1 , f2 ∈ O2 et
O1 ∩ O2 = ∅.

Proposition 5.14

Soit f0 ∈ E 0 .
On pose :

V = {f ∈ E 0 : |hf −f0 , xi i| < ε, ∀i ∈ I, avec I est fini} où xi ∈ E pour tout i ∈ I et ε > 0.

Tous les ensembles de la forme V forment une base de voisinages du point f0 pour la
topologie σ(E 0 , E).

Démonstration.

On fait la démonstration de même manière que la démonstration de la proposition 5.6.

Notations :
Étant donnée une suite (fn ) de E 0 . On désigne par

1. fn * f la convergence de (fn ) vers f pour la topologie faible-∗ σ(E 0 , E).
2. fn → f dans E 0 désigne la convergence forte de (fn ) vers f dans E 0 .

Proposition 5.15

Soit (fn ) une suite de E 0 . On a :


   

1. fn * f ⇐⇒ hfn , xi −→ hf, xi, ∀x ∈ E .


2. Si fn −→ f , alors fn * f .


3. Si fn * f , alors kfn k est bornée et kf k ≤ lim inf kfn k.

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Théorème de Banach-Alaoglu-Bourbaki 110

∗ (E,k.k)
4. Si fn * f et si xn −→ x (fortement), alors hfn , xn i −→ hf, xi.
n→∞

Démonstration.

On fait la démonstration de même manière que la démonstration de la proposition 5.7.

Remarque 5.7.

Si fn * f et si xn * x, on ne peut pas conclure que hfn , xn i −→ hf, xi.
En dimension finie, la topologie forte σ(E) et la topologie faible-∗ σ(E 0 , E) coïncident.

5.3 Théorème de Banach-Alaoglu-Bourbaki

Théorème 5.4

( de Banach-Alaoglu-Bourbaki)
L’ensemble BE 0 = {f ∈ E 0 : kf k ≤ 1} est compact pour la topologie faible-∗ σ(E 0 , E).

Rappels :
1) Topologie
Y produit :
Soit X = Xi l’espace produit et T (Pi )i∈I la topologie produit sur X.
i∈I

Théorème 5.5

 
„s Soit (Xi , Ti ) une famille d’espaces topologiques et (E, T ) un espace topologique.
i∈I
On a : Y  P
f j
(E, T ) −→ Xi , T (Pi )i∈I −→ (Xj , Tj ),
i∈I
Pj ◦f
(E, T ) −→ (Xj , Tj ).
L’application f est continue si et seulement si l’application Pj ◦ f est continue pour tout
j ∈ I.

Remarque 5.8.

l’application Pj est continue par définition de la topologie produit T (Pi )i∈I qui fait
rendre continues toutes les applications (Pj )j∈I .

Définition 5.6. (Application homéomorphisme)

Soient (X1 , T1 ) et (X2 , T2 ) deux espaces topologiques et f : (X1 , T1 ) −→ (X2 , T2 ) une


application.
On dit que f est un homéomorphisme si et seulement si les conditions suivantes sont
satisfaites
1) f est continue

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Théorème de Banach-Alaoglu-Bourbaki 111

2) f est bijective
3) l’application inverse f −1 : (X2 , T2 ) −→ (X1 , T1 ) est continue.

Démonstration. (du théorème 5.4)


Y
On pose R = Rx , Y = Rx = RE , c’est-à-dire que Y = {ω = (ωx )x∈E et ωx ∈ R}.
x∈E
On munit l’espace Y de la topologie produit (la topologie moins fine sur Y rendant continues
toutes les applications Px : Y −→ R : Px (w) = ωx pour tout x ∈ E).
On munit E 0 de la topologie faible-∗ σ(E 0 , E).
On considère l’apllication :

Φ : E 0 −→ Y : Φ(f ) = (hf, xi)x∈E .

Pour chaque x ∈ E fixé,


(Φ(f ))x = (hf, xi)x∈E .
On a Φ est continue de E 0 dans Y car pour chaque x fixé dans E l’application,
f 7−→ (Φ(f ))x = hf, xi est continue.
On a besoin de la proposition (5.4), pour cela on a le diagramme suivant :
Φ Px
Y
E 0 −→ Y = Rx −→ R.
x∈E

Donc Px ◦ Φ : E 0 −→ R, avec Px est continue d’après la définition de la topologie produit.


D’autre part on a Px ◦ Φ est continue d’après la définition de la topologie faible-∗ σ(E 0 , E),
puisque on a vu que l’application ϕx : E 0 −→ R : ϕx (f ) = hf, xi et la topologie faible-∗ fait
rendre continues toutes les applications ϕx .
Montrons maintenant que Φ est un homéomorphisme de E 0 dans Φ(E 0 ).
a) D’après ce qu’on a vu Φ est continue.
b) Montrons que Φ est bijective.
La surjectivité de Φ est évidente.
Montrons l’injectivité de Φ.
Soit f ∈ E 0 . On a :
Φ(f ) = 0 ⇒ (Φ(f ))x = 0, pour tout x ∈ E.
Donc,
hf, xi = 0 pour tout x ∈ E.
D’où f ≡ 0.
Par conséquent Φ est injective.
D’où Φ est bijective.
c) Montrons que Φ−1 est continue.
On a :
Φ−1 : Φ(E 0 ) −→ E 0 .
Grâce à la proposition 5.4, il suffit de prouver que pour tout x ∈ E fixé, l’application,

ω 7−→ hΦ−1 ω, xi,

est continue sur Φ(E 0 ), ce qui est évident puisque hΦ−1 ω, xi = ωx .


D’autre part on a Φ(BE 0 ) = K où

K = {ω ∈ Y, |ωx | ≤ kxk, ωx+y = ωx + ωy , ωλx = λωx , ∀λ ∈ R, ∀x, y ∈ E},

car,
ωx = Φ(f ) x = hf, xi, pour ω ∈ K, f ∈ E 0 .


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Espaces réflexifs 112

Donc,
|ωx | = |hf, xi| ≤ kf kE 0 kxkE ≤ kxkE ,
et
ωx+y = hf, x + yi = hf, xi + hf, yi = ωx + ωy (puisque f est linéaire),
et
ωλx = hf, λxi = λhf, xi = λωx (puisque f est linéaire).
Afin de montrer que Φ(BE 0 ) est compacte de E 0 , il suffit donc de montrer que K est compacte
de Y .
On peut écrire K sous la forme :
K = K1 ∩ K2 ,

K1 = {ω ∈ Y : |ωx | ≤ kxk, ∀x ∈ E},
et
K2 = {ω ∈ Y : ωx+y = ωx + ωy et ωλx = λωx , ∀λ ∈ R, ∀x, y ∈ E}.
On a : Yh i
K1 = − kxk, kxk .
x∈E

K1 est compact car il est un produit des intervalles compacts.


D’autre part, on a :
K2 = A ∩ B,

A = {ω ∈ Y, ωx+y − ωx − ωy = 0}
et
B = {ω ∈ Y : ωλx − λωx = 0}.
Alors,
A = h−1 {0} ,


et
B = k −1 {0} ,



h : Y −→ R : h(ω) = ωx+y − ωx − ωy ,
et
k : Y −→ R : k(ω) = ωλx − λωx .
Les deux applications h et k sont continues, donc A et B sont fermés.
Finalement K1 est compact et K2 est fermé, alors K1 ∩ K2 est compact, c’est-à-dire que K est
compact. D’où Φ(BE 0 ) est compact de E 0 (puisque Φ(BE 0 ) = K).
On a BE 0 = Φ−1 (K) et comme Φ−1 est continue et K est compact, alors on conclut que BE 0
est compacte.

5.4 Espaces réflexifs


Le fait que le dual E 0 d’un espace vectoriel normé E soit un espace de Banach va nous
permettre de donner certaines propriétés sur le dual E 00 de E 0 qu’on appelle le bidual de E.
Soit x ∈ E et considérons l’application d’évaluation en x suivante : Jx : x ∈ E 7−→ Jx ∈ E 00
définie par
Jx : E 0 → K, telle que Jx(f ) = hf, xi = f (x)

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Espaces réflexifs 113

Proposition 5.16

Soit E un espace vectoriel normé. Alors l’application

Jx : x ∈ E 7−→ Jx ∈ E 00

définie pour tout x ∈ E par

Jx(f ) = f (x), pour tout f ∈ E 0

est une forme linéaire continue de norme kxk sur l’espace E 0 , donc un élément du bidual
E 00 de E.
De plus l’application :
J : E −→ E 00 , x 7−→ Jx (5.2)
est une injection isométrique de E dans E 00 , dite isométrie canonique.

Démonstration.

Étant donné x ∈ E, l’opérateur

Jx : f ∈ E 0 7−→ Jx(f ) = f (x) ∈ K,

est linéaire continu. En effet,


- la linéarité :
Pour tout α, β ∈ K et pour tout f, g ∈ E 0 , on a :

Jx(αf + βg) = (αf + βg)(x) = αf (x) + βg(x) = αJx(f ) + βJx(g).

- La continuité :
Soit f ∈ E 0 . On a :
|Jx(f )| = |f (x)| ≤ kf k kxk.
D’où Jx est continue.
Montrons que J est isométrique.
Pour tout x ∈ E, on a d’après le corollaire de Hahn-Banach :

|Jx(f )| |f (x)|
kJxkE 00 = sup = sup = kxk.
f 6=0 kf k f 6=0 kf k

D’où
kJxkE 00 = kxkE .
Donc l’application J : x 7−→ Jx est linéaire isométrique de E dans E 00 .

Remarque 5.9.

J(E) est identifié à E, et dans ce cas E est considéré comme sous-espace de E 00 .


E est dit réflexif si J(E) = E 00 , c’est à dire E est réflexif si et seulement si pour tout
g ∈ E 00 , il fait correspondre x ∈ E tel que Jx = g

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Théorème de Kakutani 114

Définition 5.7.

Soit E un espace de Banach et soit J l’injection canonique de E dans E 00 . On dit que


E est réflexif si
J(E) = E 00

Remarque 5.10.

Lorsque l’espace E est réflexif, à l’aide de l’isomorphisme on peut identifier implicite-


ment E et E 00 , c’est à dire que E ∼
= E 00 .

Remarque 5.11.

Un espace vectoriel normé est réflexif si l’isométrie canonique J : E → E 00 définie dans


le théorème (5.16) est surjective. Ainsi, il nous permet d’identifier E avec son bidual E 00 .
D’un autre terme E est réflexif si, pour g ∈ E 00 donné, il existe (un unique) x ∈ E tel
que :
hg, f i = hf, xi, ∀f ∈ E 0 .
L’essentiel de cette définition est que l’identification de E avec E 00 soit réalisée par
l’isometrie canonique.
On observe que, comme espace dual, un espace réflexif est nécessairement complet.

Exemple 5.2.

i) Tous les espaces Lp et lp avec 1 < p < ∞ sont réflexifs.


ii) Tout espace de Hilbert est réflexif.

5.5 Théorème de Kakutani

Théorème 5.6

(de Kakutani)

Soit E un espace de Banach et E 0 son dual topologique.


Alors,
E est réflexif si et seulement si la boule unité fermée BE = {x ∈ E, kxkE ≤ 1} de E est
compacte pour la topologie faible σ(E, E 0 ).

Démonstration.

i) =⇒). Supposons que l’espace E est réflexif et montrons que BE est compacte pour la
topologie faible σ(E, E 0 ).
Comme E est réflexif, alors E = E 00 et donc J(BE ) = BE 00 = BE .
En vertu du théorème 5.6 BE 00 est compacte pour la topologie σ (E 0 )0 , E 0 .


D’autre part on a σ (E 0 )0 , E 0 = σ(E, E 0 ) (puisque E 00 = E), on conclut le résultat.


ii) ⇐=)
Supposons que BE est compacte pour la topologie faible σ(E, E 0 ) et montrons que E est

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Théorème de Kakutani 115

réflexif.
Pour cela on a besoin des deux lemmes suivants :

Lemme 5.1. (de Helly)

Soit E un espace de Banach, f1 , f2 , ...., fn ∈ E 0 et α1 , α2 , ...., αn ∈ R fixés.


Les assertions suivantes sont équivalentes
1) ∀ε > 0, ∃xε ∈ E tel que kxε k ≤ 1 et |hfi , xε i − αi | < ε, ∀i = 1, 2, ...., n.
X n Xn
2) βi αi ≤ βi fi , ∀β1 , β2 , ...., βn ∈ R.
i=1 i=1

Démonstration. ( du lemme 5.1)

i) Montrons que 1) =⇒ 2).


n
X
On fixe β1 , β2 , ...., βn dans R et on pose S = |βi |.
i=1
D’après 1) on a :
n
X n
X n
X n
X
βi hfi , xε i − βi αi = βi (hfi , xε i − αi ) ≤ |βi | |hfi , xε i − αi | ≤ Sε.
i=1 i=1 i=1 i=1

D’où,
Xn n
X n
X n
X n
X
αi βi ≤ αi βi − βi hfi , xε i + βi hfi , xε i ≤ Sε + hβi fi , xε i ≤ Sε +
i=1 i=1 i=1 i=1 i=1
X n
βi fi kxε k.
E0
i=1
Donc,
n
X n
X
αi βi ≤ Sε + βi fi . (5.3)
E0
i=1 i=1
En faisant ε tendre vers 0 dans (5.3), on obtient :
n
X n
X
αi β i ≤ βi fi .
E0
i=1 i=1

ii) Montrons que 2) =⇒ 1).


On pose α = (α1 , α2 , ...., αn ) ∈ Rn et on considère l’application :
 
φ : E −→ Rn : x 7−→ φ(x) = f1 (x), f2 (x), ...., fn (x) .

On montre que 1) est équivalente à α ∈ φ(BE ).


Montrons par l’absurde. Supposons que α ∈ / φ(BE ).
Comme BE est convexe, alors φ(BE ) est convexe, et par conséquent φ(BE ) est convexe.
D’autre part on a (Rn )0 = Rn .
En vertu du théorème de Hahn-Banach forme géométrique on peut séparer strictement les
ensembles {α} et φ(BE ), c’est-à-dire que :

∃γ ∈ R et β ∈ (Rn )0 = Rn tels que : hβ, φ(x)i < hβ, αi, ∀x ∈ BE .

D’où,
n
X n
X
βi hfi , xi < γ < βi αi , ∀x ∈ BE .
i=1 i=1

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Théorème de Kakutani 116

Alors,
n
X n
X
βi hfi , xi ≤ γ < βi αi , ∀x ∈ BE .
i=1 i=1

Par conséquent,
n
X n
X
hβi fi , xi ≤ γ < βi αi , ∀x ∈ BE .
i=1 i=1

D’où,
n
X n
X
sup h βi fi , xi ≤ γ < βi αi .
kxk≤1 i=1 i=1

On conclut que :
n
X n
X
βi fi < β i αi .
E0
i=1 i=1

Ce qui contredit la propriété 2).

Lemme 5.2. (de Goldstine)

Soit E un espace de Banach et soit J l’application définie comme dans (5.2) proposi-
tion 5.16.
Alors J(BE ) est dense dans BE 00 (la boule unité fermée de E 00 ) pour la topologie σ(E 00 , E 0 )

Démonstration. (du lemme 5.2)

Soit ξ ∈ BE 00 et soit V un voisinage de ξ dans la topologie σ(E 00 , E 0 ).


On montre que V ∩ J(BE ) 6= ∅. On peut toujours choisir V sous la forme :
n o
V = η ∈ E 00 :| hη − ξ, fi i |< ε, i = 1, 2, ..., n, ε > 0 et fi ∈ E 0 , ∀i = 1, 2, ..., n .

On cherche x ∈ BE tel que Jx ∈ V , c’est à dire que :

| hJx − ξ, fi i |< ε, ∀i = 1, 2, ..., n,

ce qui est équivalent à


| hfi , xi − hξ, fi i |< ε, ∀i = 1, 2, ..., n.
Il suffit de montrer la condition ii) du lemme 5.1, c’est à dire pour β1 , β2 , ..., βn ∈ R, on
montre que
Xn n
X
| βi αi |< k βi fi kE 0 .
i=1 i=1

On a :
n
X n
X n
X n
X
| βi αi |=| hξ, βi fi i |6 kξkE 0 k βi fi k 6 k βi fi k, car kξkE 0 6 1.
i=1 i=1 i=1 i=1

En vertu du lemme 5.1, il existe x ∈ BE tel que | hfi , xi − αi |< ε , c’est à dire que :

Jx ∈ JBE ∩ V.

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Théorème de Kakutani 117

On revient maintenant à la démonstration de l’implication inverse ⇒) du théorème 5.6.


On a d’après la proposition 5.16, J : E → E 00 est linéaire continue (pour la topologie forte)
et kJxk = kxk, alors on a :
   
J : σ E, σ(E, E 0 ) → E 00 , σ(E 00 , E 000 ) ,

est continue,  
où, σ(E 00 , E 0 ) ⊂ E 00 , σ(E 00 , E 000 ) .
Supposons que BE est compacte par rapport à la topologie σ(E, E 0 ) donc JBE est compacte
par rapport à la topologie σ(E 00 , E 0 ). Comme JBE est dense dans BE 00 par rapport à la topo-
logie σ(E 00 , E 0 ) alors,
JBE = BE 00 .
D’où,
JE = E 00 ,
ce qui signifie que E est réflexif.

Proposition 5.17

Soit E un espace de Banach et M ⊂ E un sous-espace vectoriel fermé (muni de la


norme induite par E). Alors

E est réflexif ⇒ M est réflexif .

Démonstration.

i) Supposons que M est réflexif et montrons que E est réflexif.


En utilisant les restrictions et les prolongements des formes linéaires continues, on conclut
que σ(M, M 0 ) = σ(E, E 0 ) |M .
ii) Montrons que BM est compacte par rapport à la topologie σ(M, M 0 ).
Comme E est réflexif, alors d’après le théorème 5.6, on a alors BE est compacte par rapport
à la topologie σ(E, E 0 ).
Comme M est fermé dans E, alors en vertu du théorème 5.1 M est fermé pour la topologie
σ(E, E 0 ).
Et comme BM = BE ∩M ⊂ BE et que BE est compacte et BE ∩M est fermé, alors on conclut
que BM est compacte pour la topologie σ(E, E 0 ). Par conséquent BM est compacte pour la
topologie σ(M, M 0 ).

Proposition 5.18

Soit E un espace de Banach. Alors

E est réflexif ⇔ E 0 est réflexif.

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Exercices 118

Démonstration.

i) ⇒) Supposons que E est réflexif et montrons que E 0 est réflexif.


En vertu du théorème 5.4 BE est compacte pour la topologie σ(E, E 0 ).
Comme E est réflexif alors,
E = JE = E 00 ,
et par conséquent,
(E 0 )00 = (E 00 )0 = E 0 .
Donc E 0 est réflexif.
ii) ⇐) Supposons que E 0 est réflexif et montrons que E est réflexif.
Comme E 0 est réflexif, alors d’après la première implication de i) de cette proposition on
conclut que E 00 est réflexif.
D’autre part on a :
E ' JE ⊂ E 00 ,
et comme J(E) est fermé dans E 00 , alors JE est réflexif et donc E est réflexif.

Corollaire 5.1.

Soit E un espace de Banach réflexif.


Soit K ⊂ E un sous-ensemble convexe, fermé et borné. Alors K est compact par rapport à la
topologie faible σ(E, E 0 ).

Démonstration.

En vertu du théorème 5.1 K est fermé pour la topologie σ(E, E 0 ). Et comme K est borné
alors il existe une constante m telle que K ⊂ mBE et d’après le théorème 5.6, mBE est
compacte par rapport à la topologie σ(E, E 0 ). Comme K est fermé, alors on conclut que K
est compact.

5.6 Exercices

Exercice 5.1.

Soit E un espace de Banach. soient (xn ) une suite de E et (fn ) une suite de E 0 , n ∈ N.
Soient x ∈ E et f ∈ E 0 . Montrer que < xn , fn > → < f, x > dans les cas suivants :
a) xn → x, fn → f .
b) xn * x, fn → f .
c) xn → x, fn converge vers f au sens faible-∗.

Exercice 5.2.

Soit E un espace vectoriel normé. Soient (fn )n∈N une suite de E 0 et f ∈ E 0 .


On suppose que fn → f lorsque n → +∞.
- Montrer que fn converge vers f au sens faible-∗.

Exercice 5.3.

On considère l’espace de Hilbert H = l2 . On considère la suite orthonormée (en ) dans


H.
1. Montrer que la suite (en ) est bornée dans H.

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Exercices 119

+∞
X
2. Montrer que la série numérique |(x, en )|2 est convergente.
n=1
- En déduire que en * 0.
3. La suite (en ) converge-t- elle fortement
h vers 0 ? justifier votre réponse. i
4. Montrer l’équivalence : (un * u) ⇔ (un ) est bornée et (un , ei ) → (u, ei ) ∀i ∈ N .

Exercice 5.4.

Soit H un espace de Hilbert. Soient (xn )n∈N et (yn )n∈N deux suites de H et x, y ∈ H.
Quelle est la convergence de la suite {(xn , yn )}n∈N dans les cas suivants ? :
a/ xn * x et yn → y.
b/ xn * x et yn * y.
c/ xn −→ x (fortement) et yn −→ y (fortement).

Exercice 5.5.

Soit H un espace de Hilbert. Soient (xn )n∈N une suite de H et x ∈ H.


On suppose que :
xn * x et que lim kxn k =k x k.
n−→+∞
- Montrer que xn → x.

Exercice 5.6.

Soit E et F deux espaces de Banach.


On considère la famille (An )n∈N , telle que :∀n ∈ N : An ∈ L(E, F ).
On suppose que la suite < An (x), f > est bornée pour tout x ∈ E et pour tout
n
f ∈ F 0.  
- Montrer que la suite k An k est bornée.
n∈N

Exercice 5.7.

Soit E un espace vectoriel normé. Soit (xn )n∈N une suite de E.


On désigne par BE 0 = {f ∈ E 0 :k f kE 0 ≤ 1} la boule unité fermée de E 0 .
- Montrer l’équivalence
 suivante : 
xn → x ⇔ xn * x et < xn , f > → < x, f > uniformément sur BE 0 , ∀f ∈ E 0 .


Exercice 5.8.
 
On considère l’espace H = L2 [−1, 1] muni du produit scalaire :
Z 1
(f, g) = f (t)g(t)dt
−1
et de la norme induite :
!1
Z 1 2

k f k= | f (t) |2 dt ,
−1

et pour tout n ∈ N∗ , on définit une forme linéaire Tn qui fait correspondre chaque f de
H dans R telle que :

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Exercices 120

Z 1
Tn (f ) = f (t) cos(nπt)dt.
−1

1. Montrer que Tn est continue ( c’est à dire Tn ∈ H 0 ), et montrer que k Tn kH 0 = 1



Indication : Pour calculer k Tn kH 0 en utilisant la suite de fonctions définies par :

fn (t) = cos(nπt) .
2. Montrer que la suite (Tn )n≥1 converge faiblement vers 0.
3. La suite (Tn )n≥1 converge t-elle fortement vers 0 ? justifier.

Exercice 5.9.

On considère l’espace E = C 2 ([−1, 1], R) et on le munit de la norme

k f kE =k f k∞ + k f 0 k∞ + k f 00 k∞ .

C’est à dire :

k f kE = sup |f (x)| + sup |f 0 (x)| + sup |f 00 (x)|.


x∈[−1,1] x∈[−1,1] x∈[−1,1]

On rappelle que (E, k . kE ) est un espace de Banach.


Pour 0 < ε < 1 et f ∈ E on pose :
f (ε) + f (−ε) − 2f (0)
Tε (f ) = et T (f ) = f 00 (0).
ε2
1. Montrer que Tε ∈ E 0 , T ∈ E 0 .
2. Montrer que k T kE 0 = 1.
cos(nt) 
(Indication : Utiliser la suite de fonctions définies par fn (t) = .
0
n2
3. Montrer que Tε converge vers T lorsque ε → 0 dans E muni de la topologie ∗-faible.
4. Montrer que Tε ne converge pas vers T lorsque ε → 0 dans E 0 par rapport à la topologie
forte.
 
Indication : Utiliser la suite de fonctions définies ci-dessus.

Exercice 5.10.

On considère l’espace de Hilbert


n +∞
X o
2
l (N, C) = x = (xn )n∈N : xn ∈ C et |xn |2 < +∞ .
n=0

Soit l’opérateur Tn : l2 → C défini par :

Tn x = (Tn x)n = xn .

1. Montrer que Tn est une forme linéaire continue sur l2 et calculer sa norme kTn k.
2. Montrer que la suite (Tn ) converge au sens de la topologie ∗-faible, ( et donc faiblement
car l’espace l2 est de Hilbert ) vers 0.
3. La suite (Tn ) converge-t-elle fortement vers 0 ?

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Exercices 121

Exercice 5.11.

Soit E un espace de Banach, M un sous-ensemble de E.


On dit que M est faiblement fermé si pour toute suite (xn )n∈N de M qui converge faible-
ment vers x, alors x ∈ M .
1. Montrer que si M est faiblement fermé, alors il est fermé.
2. Trouver un exemple d’ensemble fermé dans E qui n’est pas faiblement fermé.

Exercice 5.12.

Soit (E, k . k) un espace de Banach uniformément convexe.


1. On considère une suite (xn )n et x 6= 0 dans E vérifiant :
xn * x dans σ(E, E 0 ) et k xn k→k x k dans R.
On pose : an = kxxnn k ; a = kxk x
.
an + a
i) vérifier que : an +a
2 * a dans σ(E, E 0 ) et que : k a k≤ lim inf k k.
n→+∞ 2
ii) montrer qu’en fait on a :
an + a
lim k k= 1.
n→+∞ 2

Exercice 5.13.

Trouver dans l’espace C([0, 1]) un exemple d’une suite faiblement convergente mais non
convergente en norme (fortement) de C([0, 1]) .

Exercice 5.14.

On considère l’espace,
n +∞
X o
l1 = x = (xn )n∈N : xn ∈ C et |xn | < +∞ .
n=0

- Montrer que dans l’espace l1 la convergence faible est équivalente à la convergence en


norme (forte).

Exercice 5.15.

Soit E un espace de Banach.


- Montrer que toute suite faiblement de Cauchy dans E est bornée.

Exercice 5.16.

On considère l’espace de Hilbert l2 (N, C). Soient x = (x1 , x2 , x3 , ....) ∈ l2 et la suite


(xn ) 2 n n n n
n∈N de l telle que x = (x1 , x2 , x3 , ....).
Montrer l’équivalence suivante
   
n→+∞
la suite (xn )n∈N converge faiblement vers x ⇔ sup kxn k ≤ C et xnk −→ xk , k ∈ N .
n∈N

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Exercices 122

Exercice 5.17.

Soit E un espace de Banach.


- Montrer que toute suite faiblement convergente dans E est faiblement de Cauchy.

Exercice 5.18.

- Montrer que tout sous-espace vectoriel M d’un espace de Banach E est faiblement
fermé.

Exercice 5.19.

Soient H1 et H2 deux espaces de Hilbert et soit T : H1 → H2 un opérateur linéaire


continu.
- Montrer que l’image par T d’une suite faiblement convergente dans H1 est faiblement
convergente dans H2 .

Exercice 5.20.

Soient E, F deux espaces de Banach et soit T : E → F une application linéaire.


Montrer que les assertions suivantes sont équivalentes :
i) Si xn → x dans E, alors T xn → T x.
ii) Si xn * x dans E, alors T xn * T x.
iii) Si xn → x dans E, alors T xn * T x.

Exercice 5.21.

On considère l’espace l2 et soit l’opérateur Tn : l2 → l2 défini par :

Tn x = (0, 0, 0, ..., 0, x1 , x2 , x3 , ....), où x = (x1 , x2 , x3 , ....) ∈ l2 .


| {z }
nzros

1) Montrer que Tn ∈ L(l2 ).


2) Montrer que Tn * 0.
3) Tn → 0 (fortement ) ? Justifier.

Exercice 5.22.

On considère l’espace de Hilbert Z


n o
L2 (R)= u : R → C telle que u est mesurable et |u(x)|2 dx < +∞ , muni du
R
produit scalaire usuel, Z
(u, v) = u(x)v(x) dx,
R
et la norme induite,
Z 1
2 2
kuk2 = |u(x)| dx .
R
Soit f ∈ D(R) telle que kf k2 = 1. (D(R) est l’espace des fonctions indéfiniment dérivables
sur R et à support compact.)

On pose un (x) = nf (nx).
1) Calculer kun k2 .

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Exercices 123

2) Montrer que la suite (un )n∈N converge faiblement vers 0.


3) La suite (un )n∈N converge-t-elle fortement vers 0 ? Justifier.

Exercice 5.23.

On considère l’espace H = L2 (R) muni du produit scalaire


Z
(u, v)H = u(x)v(x)dx
R

et la norme induite
Z 1
2
kuk = |u(x)|2 dx .
R

Soit f ∈ C0∞ (R) l’espace de fonctions indéfiniment dérivables sur R et à support compact ,


telle que kf kH = 1.
On considère la suite de fonctions {un }n∈N définie par :

un (x) = e2iπnx f (x).

1. Montrer que la suite {un }n∈N converge faiblement vers 0 dans H.


2. La suite {un }n∈N converge-t-elle fortement vers 0 dans H ? justifier.

Exercice 5.24.

Soit x = (x1 , x2 , .......) dans l’espace de Hilbert :

n +∞
X o
E = l2 (C) = x = (xn )n∈N∗ , xn ∈ C : |xn |2 < +∞ ,
n=1

muni du produit scalaire :


+∞
X
(x, y) = xn yn ,
n=1

et la norme induite
+∞
X 1
2
k x kE = |xn |2 .
n=1

On définit la suite d’opérateurs (Tn )n∈N∗ telle que Tn : E → C comme suit :

< Tn , x >= xn , ∀n ∈ N∗ .
1. Montrer que Tn ∈ E 0 . Calculer kTn kE 0 .
2. Montrer que Tn * 0 ∗-faiblement lorsque n → +∞.
3. La suite (Tn ) converge-t-elle fortement ver 0 lorsque n → +∞ ? Justifier.

Exercice 5.25.

Soit l’espace H = L2 (0, 1). On considère la suite de fonctions {fn }n∈N définie par :

fn (x) = sin(nπx).

- Montrer que fn * 0 mais fn 9 0.

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Exercices sur les espaces réflexifs 124

Exercice 5.26.

On considère l’espace de Banach E = l1 tel que

n +∞
X o
l1 = x = (xn )n≥1 : xn ∈ R, |xn | < +∞ ,
n=1

muni de la norme :
+∞
X
k x k= |xn |.
n=1

On considère l’opérateur : An : E −→ R définie par :


An (x) = xn
1. Montrer que An ∈ E 0 et calculer k An kE 0 .
2. Montrer que la suite (An ) converge vers 0 au sens ∗− faible .
3. La suite (An ) converge t-elle fortement vers 0 ? justifier.

5.7 Exercices sur les espaces réflexifs

Exercice 5.27.

Soit E un espace de Banach réflexif, M un sous-espace vectoriel de E et

M ⊥ = f ∈ E 0 : hf, xi = 0, ∀x ∈ M .


- Montrer que : (M ⊥ )⊥ = M .

Exercice 5.28.

Soit E un espace de Banach réflexif, et soit f ∈ E 0 .


- Montrer qu’il existe x ∈ E avec x 6= 0 tel que :

hf, xi = kf k kxk.

Exercice 5.29.

Soit E un espace de Banach.


- Montrer que :
E est réflexif ⇐⇒ E 0 est réflexif.
(indication : on peut montrer qu’un sous-espace fermé d’un espace de Banach réflexif est
réflexif. Utiliser ce résultat sans le prouver.)

Exercice 5.30.

Soit E un espace vectoriel normé et M un sous-espace fermé de E.


Soit x0 ∈ E\M et δ = inf kz − x0 k .
z∈M

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Exercices sur les espaces réflexifs 125

- Montrer qu’il existe une fonctionnelle linéaire borné f sur E tel que
1
kf k = , f (y) = 0, ∀y ∈ M, f (x0 ) = 1.
δ

Exercice 5.31.

Soit E un espace vectoriel normé et M un sous-espace vectoriel de E.


Soit x0 ∈ E.
- Montrer que :

x0 ∈ D = V ect(M ) ⇐⇒ f (x0 ) = 0 ∀f ∈ E 0 tel que f/M = 0,

( où V ect(M ) est le sous-espace vectoriel engendré par M ).

Exercice 5.32.

Soit E un espace vectoriel normé.


- Montrer que :
E est réflexif =⇒ E 0 est réflexif.

Exercice 5.33.

Soit E un espace de Banach.


- Montrer que :
E est réflexif ⇐⇒ E 0 est réflexif.

Exercice 5.34.

Soit E un espace vectoriel normé réflexif.


Soit M un sous-espace vectoriel normé fermé de E.
- Montrer que M est réflexif.

Exercice 5.35.

Soit E un espace réflexif, et M un sous-espace vectoriel fermé de E. On définit l’opéra-


teur de restriction R de E 0 dans M 0 qui à ϕ ∈ E 0 associe sa restriction à M 0 , et T de M 00
dans E 00 qui à ξ ∈ M 00 associe T ξ ∈ E 00 , forme linéaire sur E 0 définie par :
< T ξ, ϕ >=< ξ, Rϕ >.
1. Montrer que pour tout ξ ∈ M 00 , il existe x ∈ E tel que :
< ξ, Rϕ >=< ϕ, x >, ∀ϕ ∈ E 0 .
2. Montrer que l’élément x construit à la question 1) est dans M .
3. Montrer que M est réflexif.

Exercice 5.36.

Soit E un espace vectoriel normé et E 0 son dual.


On note hf, xi = f (x) et pour tout M ⊂ E et N ⊂ E 0 :

M ⊥ = {f ∈ E 0 : hf, xi = 0 ∀x ∈ M } et N ⊥ = {x ∈ E : hf, xi = 0 ∀f ∈ N }.

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Exercices sur les espaces réflexifs 126

1) Montrer que M ⊥⊥ = V ect(M ).


2) Montrer que si E est réflexif, alors N ⊥⊥ = V ect(N ).

Exercice 5.37.

Soit E un espace réflexif et soit f ∈ E 0 .


- Montrer que kf kE 0 est atteinte.
Remarque 5.12.

On peut utiliser ce critère pour montrer qu’un espace n’est pas réflexif.)

Exercice 5.38.

Soit E un espace de Banach réflexif.


1) Montrer que :

∀f ∈ E 0 , ∃x0 ∈ E tel que kx0 k = 1 et kf k = sup |f (x)| = f (x0 ).


kxk=1

2) Réciproquement : Soit E un espace de Banach.


Montrer que si :

∀f ∈ E 0 , ∃x0 ∈ E tel que kx0 k = 1 et kf k = sup |f (x)| = f (x0 ),


kxk=1

alors E est réflexif.

Exercice 5.39.

Soit E un espace vectoriel normé, et J est l’isométrie canonique.


- Montrer que :
J(E) est fermée dans E 00 ⇐⇒ E est un espace de Banach.

Exercice 5.40.

Soit E un espace de Banach séparable.


- Montrer que toute suite bornée dans E 0 contient une sous-suite convergente ∗- faible-
ment.

Exercice 5.41.

Soit E un espace de Banach tel que dim(E) = +∞ et satisfait une des deux propriétés
suivantes :
1) E 0 est séparable.
2) E est réflexif.
- Montrer qu’il existe une suite (xn ) ⊂ E telle que :

kxn k = 1 et xn * 0 dans σ(E, E 0 ).

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Exercices sur les espaces réflexifs 127

Exercice 5.42.

Soit K un espace métrique compact qui n’est pas fini.


- Montrer que C(K) n’est pas réflexif.

Exercice 5.43.

Soient E un espace de Banach sur C, F = E 0 et (xn )n∈N∗ une suite de E.


1) On suppose que :

∀f ∈ E 0 : (hxn , f i)n∈N∗ est une suite de Cauchy. (5.4)

- Montrer que la suite (xn )n∈N est bornée.


2) On suppose de plus que, pour une sous-suite (xn(p) )p∈N∗ de la suite (xn )n∈N∗ il existe
y ∈ F telle que xn(p) * y lorsque p → +∞.
- Montrer que xn * y lorsque n → +∞.

3) On suppose que

E est réflexif (c’est à dire que E 00 = E). (5.5)

- Montrer que toute suite bornée de E admet une sous-suite faiblement convergente.
4) On suppose que l’espace E et la suite (xn )n∈N∗ vérifient (5.4 ) et (5.5 ).
- Montrer que la suite (xn )n∈N∗ est faiblement convergente dans E.

Exercice 5.44.

Soient E, F deux espaces de Banach tel que E est réflexif et T : E → F un opérateur


linéaire.
Supposons que l’opérateur T vérifie la propriété suivante :

xn * x dans E ⇒ T xn → T x dans F.

- Montrer que T est compact.

Exercice 5.45.

Soit E un espace vectoriel normé.


a) On suppose que E est de dimension finie. Soit C ⊂ E un fermé non vide.
- Montrer que la distance de tout point x à C est atteinte, c’est à dire qu’il existe y ∈ C
tel que
d(x, C) = inf kz − xk = ky − xk.
z∈C

b) On suppose maintenant que E (éventuellement dim(E) = +∞) est un espace réflexif.


Soit C un convexe fermé non vide.
- Montrer que la distance de tout point x à C est atteinte.
c) Montrer que la propriété précédente est fausse en général si l’on ne suppose pas que C
convexe.

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Exercices sur les espaces réflexifs 128

(Indication : On peut considérer l’ensemble C ⊂ l2 défini par :


n 1 o
C = x = (xn )n∈N ∈ l2 : xn = 0 ou xn = 1 + n et ∃N ∈ N tel que xN 6= 0) .
2

Exercice 5.46.

Soit E un espace de Banach sur R et E 0 son dual topologique . Soit x ∈ E tel que
x 6= 0.
1. Montrer qu’il existe f ∈ E 0 telle que kf kE 0 = 1 et f (x) = kxkE .
2. Soit F un espace de Banach sur R tel que F est réflexif et g ∈ F 0 . Montrer qu’il existe
y ∈ F , y 6= 0 tel que
g(y) = kykF kgkF 0 .

3. Soit G = x = (xn )n≥1 , xn ∈ R, xn → 0 .
On munit G de la norme
kxk = sup | xn | .
n≥1

On rappelle que G muni de la norme précédente est un espace de Banach sur R.


a) On définit sur G une forme linéaire g par :
+∞
X xk
g(x) = .
2k−1
k=1

- Montrer que g ∈ G0 et kgkG0 = 2.


b) Montrer qu’il n’existe pas x ∈ G qui vérifie :
g(x) = 2 k x kG .
c) En déduire que G n’est pas réflexif.

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CHAPITRE 6
ESPACES LP ET ESPACES DE HILBERT : PROJECTION SUR UN
CONVEXE FERMÉ NON VIDE, THÉORÈME DE RIESZ, THÉORÈME
DE STAMPACCHIA ET DE LAX-MILGRAM ET BASES
HILBERTIENNES

Dans la suite Ω désigne un ouvert de Rn muni de la mesure de Lebesgue dx.

6.1 Rappels sur des résultats d’intégration

Théorème 6.1

(Théorème de convergence monotone de Beppo-Levi) Z


Soit (fn ) une suite de fonctions croissante de L1 (Ω) telle que sup fn (x) dx < ∞.
n∈N Ω
Alors fn (x) converge vers une limite finie notée f (x) ; de plus f ∈ L1 (Ω) et
kfn − f kL1 (Ω) → 0 lorsque n → +∞.

Théorème 6.2

(Théorème de convergence dominée de Lebesgue)


Soit (fn ) une suite de fonctions de L1 (Ω). On suppose que
1. fn (x) → f (x) p.p sur Ω.
2. Il existe une fonction g ∈ L1 (Ω) telle que pour chaque n ∈ N, |fn (x)| ≤ g(x) p.p sur
Ω. Alors
f ∈ L1 (Ω) et kfn − f kL1 (Ω) → 0 lorsque n → +∞.

Lemme 6.1. (de Fatou)

Soit (fn ) une suite de fonctions de L1 (Ω) telle que


a) pourZchaque n ∈ N, fn (x) ≥ 0 p.p x ∈ Ω.
b) sup fn (x) dx < ∞.
n∈N Ω
Pour chaque x ∈ Ω, on pose f (x) = lim inf fn (x).
n→+∞ x∈Ω

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Espaces Lp 130

Alors Z Z
1
f ∈ L (Ω) et f (x) dx ≤ lim inf fn (x) dx
Ω n→+∞ x∈Ω Ω

6.2 Espaces Lp
6.2.1 Définitions et propriétés élémentaires

Définition 6.1.

Soit p ∈ R avec 1 ≤ p < ∞ ; on pose


 Z 
p p
L (Ω) = f : Ω → R; f mesurable et |f (x)| dx < ∞ .

On note
Z 1
p
p
kf kLp (Ω) = kf kp = |f (x)| dx .

[Link] est une norme.

Définition 6.2.
n o
L∞ (Ω) = f : Ω → R : f mesurable, ∃C > 0 telle que |f (x)| ≤ C p.p. sur Ω .
On note n o
kf kL∞ (Ω) = kf k∞ = inf C : |f (x)| ≤ C p.p. sur Ω .

Remarque 6.1.

Si f ∈ L∞ (Ω).
On a alors,
|f (x)| ≤ kf kL∞ (Ω) p.p. sur Ω.

En vertu de la remarque 6.1, k.k∞ est une norme.


Notation :
1 1
Soit 1 ≤ p ≤ ∞, on désigne par q l’exposant conjugué de p, c’est à dire que + = 1.
p q

Théorème 6.3

Soit 1 ≤ p ≤ ∞ et soient f ∈ Lp (Ω), g ∈ Lq (Ω). Alors f g ∈ L1 (Ω) et on a :


Z
|f (x)g(x)| dx ≤ kf kp kgkq .

Démonstration.

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Espaces Lp 131

Supposons le cas 1 < p < ∞.


Utilisons l’inégalité de Young suivante :
1 p 1 q
ab ≤ a + b , ∀a ≥ 0, ∀b ≥ 0,
p q
on obtient,
1 1
|f (x)| |g(x)| ≤ |f (x)|p + |g(x)|q p.p. sur Ω.
p q
Il en résulte donc que f g ∈ L1 (Ω) et que
Z
1 1
|f (x)| |g(x)| dx ≤ kf kpp + kgkqq . (6.1)
Ω p q

Dans (6.1), en remplaçant f par αf , où α > 0, on trouve,

αp−1
Z
1
|f (x)g(x)| dx ≤ kf kpp + kgkqq .
Ω p αq
q
On choisit α = kf k−1 p
p kgkq , on obtient le résultat.
La démonstration des cas p = 1 et p = ∞ est évidente.

Théorème 6.4

Soit 1 ≤ p ≤ ∞.
L’espace Lp (Ω) est un espace vectoriel et [Link] est une norme.

Démonstration.

On démontre le cas 1 < p < ∞.


Montrons que Lp (Ω) est un espace vectoriel.
Soient f, g ∈ Lp (Ω). On a
p
|f (x) + g(x)|p ≤ |f (x)| + |g(x)| ≤ 2p |f (x)|p + |g(x)|p .


Donc f + g ∈ Lp (Ω).
Montrons que [Link] est une norme. On montre seulement l’inégalité triangulaire

kf + gkp ≤ kf kp + kgkp .

On a :
Z Z Z
kf +gkpp = |f (x)+g(x)| p−1
|f (x)+g(x)| dx ≤ |f (x)+g(x)| p−1
|f (x)| dx+ |f (x)+g(x)|p−1 |g(x)| dx.
Ω Ω Ω

Comme |f + g|p−1 ∈ Lq (Ω) et en vertu de l’inégalité de Hölder, on obtient :

kf + gkpp ≤ kf + gkp−1 p−1


p kf kp + kf + gkp kgkp .

C’est à dire que,


kf + gkp ≤ kf kp + kgkp .
Pour les cas p = 1 et p = ∞, on utilise la remarque 6.1.

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Espaces Lp 132

6.2.2 Réflexibilité et dualité des espaces Lp (Ω)


Théorème 6.5

L’espace Lp (Ω) est réflexif pour 1 < p < ∞ c’est à dire que (Lp )00 (Ω) = Lp (Ω).

Démonstration.

La démonstration sera divisée en trois étapes.

Étape 1 :

Lemme 6.2. (Première inégalité de Clarkson.)

Soit 2 ≤ p < ∞ ; alors on a :


f +g p f −g p 1 
+ ≤ kf kpp + kgkpp , ∀f, g ∈ Lp (Ω).
2 p 2 p 2

Démonstration. 
du lemme 6.2

Il suffit de montrer l’inégalité :


a+b p a−b p 1 p 
+ ≤ |a| + |b|p , ∀a, b ∈ R.
2 2 2
p
On a αp + β p ≤ (α2 + β 2 ) 2 , ∀α, β ≥ 0.
p
( La dernière inégalité a lieu au cas β = 1 et le fait que la fonction x 7−→ (x2 + 1) 2 − xp − 1
est croissante sur [0, +∞[. )
a+b a∗b
On choisit α = et β = , on obtient :
2 2
p p
a+b p a−b p  a+b 2 a − b 2  2  a2 b2  2 1 1
+ ≤ + = + ≤ |a|p + |b|p ,
2 2 2 2 2 2 2 2
p
car le fait que p ≥ 2, alors la fonction x 7−→ |x| 2 est convexe.

Étape 2 :

Lemme 6.3.

Soit 2 ≤ p ≤ ∞. L’espace Lp (Ω) est uniformément convexe, et donc réflexif.

Démonstration. 
du lemme 6.3

Soit ε > 0 fixé.


Supposons que :
kf kp ≤ 1, kf kp ≤ 1 et kf − gkp > ε.
En vertu du lemme 6.2, on en déduit que :

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Espaces Lp 133

f +g p  ε p
<1− .
2 p 2
f +g p   ε p  1
p
D’où < 1 − δ , où δ = 1 − 1 − > 0.
2 p 2
p
On en déduit que l’espace L (Ω) est uniformément convexe, et donc réflexif.

Étape 3

Lemme 6.4.

Soit 1 < p ≤ 2. L’espace Lp (Ω) est réflexif.


Démonstration. 
du lemme 6.4
Soit 1 < p ≤ 2.
On considère l’opérateur T : Lp (Ω) → (Lq )0 (Ω) défini par :
pour u ∈ Lp (Ω) fixé ; l’application,
T u : Lq (Ω) → R
définie par : Z
hT u, f i = u(x)f (x) dx, ∀f ∈ Lq (Ω),

est continue.
En effet :
Grâce à l’inégalité de Hölder, on a :
|hT u, f i| ≤ kukp kf kq
D’où,
kT uk(Lq )0 (Ω) ≤ kukp . (6.2)
Montrons que kT uk(Lq )0 (Ω) = kukp .
Pour cela, montrons que kT uk(Lq )0 (Ω) ≥ kukp .
On a :
| hT u, f i | | hT u, f0 i |
kT uk(Lq )0 (Ω) = sup ≥ , où f0 ∈ Lq (Ω) et f0 6= 0.
f 6=0 k f k k f0 k
On prend :
f0 (x) = |u(x)|p−2 u(x).
Il est facile de montrer que f0 ∈ Lq (Ω) et kf0 kq = kukpp−1 .
D’autre part on a :
| hT u, f0 i |= kukpp .
Donc,
| hT u, f0 i |
kT uk(Lq )0 (Ω) ≥ = kukp . (6.3)
kf0 k
En vertu de (6.2) et (6.3), on obtient
kT uk(Lq )0 (Ω) = kukp .
Il en résulte que l’opérateur T est une isométrie de Lp (Ω) vers un sous-espace fermé de
(Lq )0 (Ω).
Or d’après le lemme 6.3 Lq (Ω) est réflexif, donc (Lq )0 (Ω) est réflexif.
Il s’ensuit que T (Lp (Ω)) est réflexif et donc Lp (Ω) est réflexif.

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Espaces Lp 134

Proposition 6.1

On a : 0
L1 (Ω) = L∞ (Ω).

Proposition 6.2

On a : 0
L1 (Ω) L∞ (Ω) .

6.2.3 Séparabilité des espaces Lp


Théorème 6.6

L’espace D(Ω) est dense dans Lp (Ω) pour 1 ≤ p < +∞

Théorème 6.7

L’espace Lp (Ω) est séparable, pour 1 ≤ p < +∞.

Démonstration.

On considère la famille (Pi )i∈I une famille dénombrable des pavées P de la forme :
n
Y
P = ]ak , bk [ , où ak , bk ∈ Q et P ⊂ Ω.
i=1

Soit la fonction indicatrice 1P : Ω → C telle que



1 si x ∈ P
1P (x) =
0 si x ∈ / P.
 
On considère E = {1Pi , i ∈ I} l’espace engendré par les fonctions 1Pi sur Q, c’est à dire
que,  
X
f ∈E⇔ f = λj 1Pj , J est fini, λj ∈ Q .
j∈J

- On a E est dénombrable.
On montre que E est dense dans Lp (Ω) ([Link] = Lp (Ω)).
On a en vertu du théorème 6.6 :

∀ε > 0, ∀f ∈ Lp (Ω), ∃f1 ∈ D(Ω) : kf − f1 kp ≤ ε.

Soit f ∈ Lp (Ω) et soit ε > 0 fixés.


f1 ∈ D(Ω), alors supp(f1 ) ⊂⊂ Ω (i.e supp(f1 ) est compact dans Ω). En d’autre terme
supp(f1 ) ⊂ Ω0 ⊂⊂ Ω (Ω0 est compact dans Ω.)
Comme f1 est continu sur un compact, alors il existe f2 ∈ E tel que supp(f2 ) ⊂ Ω0 telle que
ε
| f2 (x) − f1 (x) |≤ 1 , p.p x ∈ Ω0 .
(mes(Ω0 )) p

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Espaces Lp 135

Donc on a
kf − f2 kp ≤ kf − f1 kp + kf1 − f2 kp < ε + ε = 2ε.
D’où E est dense dans Lp (Ω).

Lemme 6.5.

Soit E un espace de Banach. On suppose qu’il existe une famille (Oi )i∈I telle que
1) ∀i ∈ I : Oi est un ouvert non vide de E.
2) Oi ∩ Oj = ∅, ∀i 6= j.
3) I est non dénombrable.
Alors E n’est pas séparable.

Démonstration.

Montrons par l’absurde, c’est à dire qu’on suppose que E est séparable.
Soit (un )n∈N une suite telle que {un , n ∈ N} = E.
On a donc, puisque (un )n∈N est dense dans E,

∀i ∈ I : Oi ∩ {un , n ∈ N} =
6 ∅.

On choisit alors n(i) tel que un(i) ∈ Oi (car l’intersection est non vide).
On a l’application : A : I → N définie par :

A(i) = n(i),

est injective. En effet,


si n(i) = n(j), alors,
un(i) = un(j) ∈ Oi ∩ Oj .
Donc,
i = j.
Ce qui contredit le fait que I est non dénombrable.

Proposition 6.3

L’espace L∞ (Ω) n’est pas séparable.

Démonstration.

la démonstration repose sur le lemme 6.5.


On pose I = Ω.
Pour tout a ∈ Ω, on choisit ra = d(a, Ωc ) > 0 car {a} est compact et Ωc est fermé. (Ωc est le
complémentaire de Ω).
Soit
B(a, ra ) = {x : kx − ak < ra }.
On considère la fonction indicatrice 1B(a,ra ) de B(a, ra ).
On a 1B(a,ra ) ∈ L∞ (Ω).
On pose ua = 1B(a,ra ) et
1
Oa = {f ∈ L∞ (Ω) : kf − ua k∞ < }.
2

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Espaces de Hilbert : Définitions et propriétés 136

On a Oa vérifie les hypothèses du lemme 6.5.


L’hypothèse 2) du lemme 6.5 revient au a 6= b ⇒ B(a, ra ) 6= B(b, rb ), donc Oa ∩ Ob = ∅ car
kua − ub k = 1.

6.2.4 Résumé
1 1
1) Pour 1 < p < +∞, Lp est réflexif, séparable et (Lp )0 = Lq , avec + = 1.
p q
2) p = 1, L1 n’est pas réflexif, séparable et (L1 )0 = L∞ .
3) p = +∞, L∞ n’est ni réflexif ni séparable et L1 (L∞ )0 .

6.3 Espaces de Hilbert : Définitions et propriétés

Définition 6.3. (Espace préhilbertien)

Soit E un espace vectoriel sur C.


L’application :
(., .) : E × E → C, (6.4)
est dite produit scalaire sur E si pour tous x, y, z ∈ E et α, β ∈ C, les conditions suivantes
sont satisfaites :
a) (x, y) = (y, x), (la barre désigne le nombre complexe conjugué) ;
b) (αx + βy, z) = α(x, y) + β(y, z) ;
c) (x, x) ≥ 0 et (x, x) = 0 implique x = 0.
Un espace vectoriel muni d’un produit scalaire est dit espace préhilbertien.

- En vertu de la définition 6.3 le produit scalaire de deux vecteurs de E est un nombre


complexe.
- Notation :
On désigne par (x, y) le produit scalaire entre les vecteurs x, y.
D’après la condition a) de la définition 6.3, on a (x, x) = (x, x) qui signifie que (x, x) ∈
R, pour tout x ∈ E.
- Il vient de la condition b) de la définition 6.3 que :

(x, αy + βz) = (αy + βz, x) = α(y, x) + β(z, x) = α(x, y) + β(x, z).

En particulier,
(αx, y) = α(x, y) et (x, αy) = α(x, y).
Ainsi si α = 0, alors on a (0, y) = (x; 0) = 0.

Définition 6.4.

Une forme sesquilinéaire sur E, est toute application sous la forme (6.4) vérifiant :
∀x, y ∈ E, ∀α, β ∈ C On a :
1) (αx + βy, z) = α(x, z) + β(y, z).
2) (x, αy + βz) = α(x, y) + β(x, z).
On dit que l’application (la forme) (6.4) est hermitienne si elle vérifie les propriétés 1),
2) et la condition a) de la définition 6.3

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Espaces de Hilbert : Définitions et propriétés 137

Remarque 6.2.

1) Notons que dans le cas où K = R, une forme sesquilinéaire est simplement une
forme bilinéaire, et une forme hermitienne est une forme bilinéaire symétrique.
2) On dit que la forme (6.4) est positive si (x, x) est positive, c’est à dire que

(x, x) ≥ 0, ∀x ∈ E.

Exemple 6.1.

1) C est un espace préhilbertien, muni du produit scalaire (x, y) = xy.


2) Cn est un espace préhilbertien, muni du produit scalaire :
n
X
(x, y) = xk y k , x = (x1 , x2 , ...., xn ) ∈ Cn , y = (y1 , y2 , ...., yn ) ∈ Cn .
k=1

Exemple 6.2.

L’espace,
n +∞
X o
l2 = x = (xn )n∈N∗ : xn ∈ C et | xn |2 < +∞
n=1

est un espace préhilbertien, muni du produit scalaire,


+∞
X
(x, y) = xn y n , x = (x1 , x2 , ....) ∈ l2 , y = (y1 , y2 , ....) ∈ l2 .
n=1

Exemple 6.3.

L’espace
n o
C([a, b]) = f : [a, b] → C telle que f est continue sur [a, b] ,

est un espace préhilbertien, muni du produit scalaire :


Z b
(f, g) = f (x)g(x) dx.
a

Exemple 6.4.

L’espace
n Z b o
2
L ([a, b]) = f : [a, b] → C telle que f est mesurable et | f (x) |2 dx < +∞ ,
a

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Espaces de Hilbert : Définitions et propriétés 138

est un espace préhilbertien, muni du produit scalaire :


Z b
(f, g) = f (x)g(x) dx.
a

Remarque 6.3.

1) Tout espace préhilbertien est aussi un espace vectoriel normé muni de la norme
définie par
1
kxk = (x, x) 2 .
2) On remarque que k.k est bien définie car (x, x) est toujours un nombre réel non
négatif.
3) La condition c) de la définition (6.3) implique que kxk = 0 ⇔ x = 0. De plus
p q
kλxk = (λx, λx) = λλ(x, x) =| λ | kxk.

Théorème 6.8

(Inégalité de Cauchy Schwarz)


Pour tout x, y d’un espace préhilbertien E, on a

| (x, y) |≤ kxk kyk. (6.5)

L’égalité | (x, y) |= kxk kyk aura lieu si et seulement x, y sont linéairement indépen-
dants.

Démonstration.

- Si y = 0, alors (6.5) est satisfaite car les deux membres sont nuls.
Si y 6= 0. D’après la condition c) de la définition 6.3, on a :
0 ≤ (x + αy, x + αy) = (x, x) + α(x, y) + α(y, x)+ | α |2 (y, y). (6.6)
−(x, y)
On pose maintenant α = dans (6.6) et on multiplie par (y, y), on obtient
(y, y)
0 ≤ (x, x)(y, y)− | (x, y) |2 .
D’où le résultat.
- Si x, y sont linéairement indépendants alors y = αx, pour α ∈ C.
Ainsi,
| (x, y) |=| (x, αx) |=| α(x, x) |=| α kxk kxk = kxk kαxk = kxk kyk.
Maintenant, soient x, y deux vecteurs tels que | (x, y) |= kxk kyk ou équivalente à
(x, y)(y, x) = (x, x)(y, y). (6.7)
On va montrer que (y, y)x − (x, y)y = 0.
On prouve que x, y sont linéairement indépendants. En effet,
En
 vertu de (6.7), on a : 
(y, y)x − (x, y)y, (y, y)x − (x, y)y = (y, y)2 (x, x) − (y, y)(y, x)(x, y) − (x, y)(y, y)(y, y) +
(x, y)(y, x)(y, y) = 0.
La preuve est achevée.

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Espaces de Hilbert : Définitions et propriétés 139

Corollaire 6.1. (Inégalité triangulaire)

Soit E un espace préhilbertien et soient x, y ∈ E. On a

kx + yk ≤ kxk + kyk. (6.8)

Démonstration.

Lorsque α = 1 l’égalité (6.6) peut prendre la forme suivante :

kx + yk2 = (x + y, x + y) = (x, x) + 2<e(x, y) + (y, y) ≤ (x, x) + 2 | (x, y) | +(y, y).

Utilisons l’inégalité de Cauchy Schwarz,

2 | (x, y) |≤ 2kxk kyk.

D’où 2
kx + yk2 ≤ kxk2 + 2kxk kyk + kyk2 = kxk + kyk (6.9)

Définition 6.5. (Norme d’un espace préhilbertien)

D’après la norme dans un espace préhilbertien E, la fonction définie par


1
kxk = (x, x) 2

désigne la norme dans E.

Remarque 6.4.

On a montré que tout espace préhilbertien est un espace vectoriel normé. Il est natu-
rel de poser la question : un espace vectoriel normé est-il un espace préhilbertien ? Plus
précisément, est-il possible définir dans un espace vectoriel normé (E, k.k) un produit
1
scalaire (., .) tel que kxk = (x, x) 2 ∀x ∈ E ?
En général la réponse est négative.
Dans le théorème suivant, on prouve une propriété de la norme dans un espace préhil-
bertien qui est une condition nécessaire et suffisante pour qu’un espace vectoriel normé
soit préhilbertien.

Théorème 6.9

(Identité de parallélogramme)
Soit E un espace préhilbertien.
Pour tout x, y ∈ E, on a :

kx + yk2 + kx − yk2 = 2 kxk2 + kyk2



(6.10)

Démonstration.

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Espaces de Hilbert : Définitions et propriétés 140

On a :
kx + yk2 = (x + y, x + y) = (x, x) + (x, y) + (y, x) + (y, y).
Donc
kx + yk2 + = kxk2 + (x, y) + (y, x) + kyk2 . (6.11)
En remplace maintenant y par −y dans (6.11), on obtient,

kx − yk2 + = kxk2 − (x, y) − (y, x) + kyk2 . (6.12)

En sommant (6.11) et (6.12) membre à membre, on trouve l’identité voulue.

Théorème 6.10

(Formule de Pythagore)
Soit E un espace préhilbertien. Pour tout x, y ∈ E, on a

kx + yk2 = kxk2 + kyk2 . (6.13)

Démonstration.

On a :

kx + yk2 = (x + y, x + y) = (x, x) + 2<e(x, y) + (y, y) = kxk2 + 2<e(x, y) + kyk2 . (6.14)

Si x ⊥ y. alors (x, y) = 0. Donc On remplace dans l’égalité (6.14), on obtient,

kx + yk2 = kxk2 + kyk2 .

Définition 6.6. (Espace de Hilbert)

Un espace de Hilbert est un espace préhilbertien sur K qui est complet pour la norme
1
k x k= (x, x) 2 .

Remarque 6.5.

Un espace de Hilbert est donc encore un espace de Banach , dont la norme provient
d’un produit scalaire. Une telle norme est parfois appelée norme de la convergence en
moyenne quadratique.

Exemple 6.5.

1) Comme l’espace C est complet, alors il est de Hilbert.


2) Comme l’espace Cn est complet, alors il est de Hilbert.
3) L’espace,
n +∞
X o
l2 (N, C) = x = (xn )n∈N : xn ∈ C et |xn |2 < +∞ ,
n=0

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Espaces de Hilbert : Définitions et propriétés 141

muni du produit scalaire usuel


+∞
X
(x, y) = xn yn
n=0

et la norme induite
+∞
X 1
1 2
(x, x) 2 = kxk = |xn |2 .
n=0

est un espace de Hilbert sur C.


4) De même l’espace,
n +∞
X o
l2 (N, R) = x = (xn )n∈N : xn ∈ R et |xn |2 < +∞ ,
n=0

muni du produit scalaire usuel :


+∞
X
(x, y) = xn yn ,
n=0

et la norme induite
+∞
X 1
1 2
(x, x) = kxk =
2 |xn |2 ,
n=0

est un espace de Hilbert sur R.


5)) L’espace,
n Z b o
2 2
L ([a, b], C) = f : [a, b] → C : f est mesurable et |f (x)| dx < +∞ ,
a

muni du produit scalaire usuel,


Z b
(f, g) = f (x)g(x)dx,
a

et la norme induite,
Z b 1
2
kf k = |f (x)|2 dx ,
a
est un espace de Hilbert sur C.

6.3.1 Système orthogonal et système orthonormal

Définition 6.7.

Soit H un espace préhilbertien. Une famille S des éléments non nuls de H est dit
système orthogonal si x ⊥ y pour tous x, y ∈ S tels que x 6= y.
De plus, si kxk = 1, ∀x ∈ S, alors S est dit système orthonormal.

Théorème 6.11

Tout système orthogonal est linéairement indépendant.

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Espaces de Hilbert : Définitions et propriétés 142

Démonstration.
n
X
Soit S un système orthogonal. Supposons que αk xk = 0, pour tous x1 , x2 , ..., xn ∈ S et pour tous
k=1
α1 , α2 , ..., αn ∈ C. Alors
n
X n
X  n
X
0= αk xk , αk xk = | αk |2 kxk k2 .
k=1 k=1 k=1

Donc αk = 0 pour tout k ∈ {1, 2, 3, ..., n}. Par conséquent x1 , x2 , ..., xn sont linéairement
indépendants.

Définition 6.8. (Suite orthonormale)

Une suite finie ou infinie de vecteurs qui forment un système orthonormal s’appelle
une suite orthonormale.

Remarque 6.6.

La condition d’orthogonalité de la suite (xn )n∈N peut être écrite en terme de symbole
de Kroneker : 
1 si m = n,
(xn , xm ) = δmn =
0 si m 6= n.

Exemple 6.6.

Soit en = (0, 0, 0, ..., 0, 1, 0, 0, ....).


| {z }
(n−1) zros
S = (en )n∈N∗ est un système orthonormal dans l2 .

Exemple 6.7.

Soit,
einx
φn (x) = √ , n = 0, ±1, ±2, ......

L’ensemble {φn } est un système orthonormal dans L2 [−π, π] . En effet,


pour m 6= n, on a :
π
eiπ(m−n) − e−iπ(m−n)
Z
1
(φm , φn ) = ei(m−n)x dx = = 0.
2π −π 2iπ(m − n)

D’autre part, on a : Z π
1
(φn , φn ) = ei(n−n)x dx = 1.
2π −π

Donc (φm , φn ) = δmn , pour tout m, n ∈ N.

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Espaces de Hilbert : Définitions et propriétés 143

Lemme 6.6.

i) Soit {u1 , u2 , ....., uN } une suite orthonormée de H.


Alors on a :

ku1 + u2 + .... + uN k2 = ku1 k2 + ku2 k2 + .... + kuN k2 .

ii) Soit (en )n∈N une suite orthonormée de H. On a alors


N
X N
X
2
a) ∀u ∈ H, ∀N ∈ N : kuk = 2 | (u, ek ) | +ku − (u, ek )ek k2 .
k=0 k=0
b) L’inégalité de Bessel :
+∞
X
| (u, en ) |2 ≤ kuk2 .
n=0

Démonstration.

i) Par récurrence à partir de l’identité de Pythagore pour 2 vecteurs.


XN N
X
ii) a) On pose u1 = (u, ek )ek et u2 = u − (u, ek )ek .
k=0 k=0
Alors,
u1 ⊥ u2 .
Comme u = u1 + u2 , alors d’après l’identité de Pythagore on a :

kuk2 = ku1 k2 + ku2 k2 .

b) D’après la propriété a), on a ∀N ≥ 1 et en minorant simplement ku2 k2 par 0, on aura


N
X
| (u, en ) |2 ≤ kuk2 .
k=0

Par passage à la limite quand N → +∞, on obtient l’inégalité de Bessel.

Lemme 6.7.
Soit H un espace de Hilbert. une suite orthonormée (en )n∈N est une base hilbertienne si

(u, en ) = 0, ∀n ∈ N ⇒ u = 0.

Théorème 6.12

Soit H un espace de Hilbert et soit (en )n∈N une suite orthonormée.


Les conditions suivantes sont équivalentes :
1) (en )n∈N est une
Xbase hilbertienne.
2) ∀u ∈ H : u = (u, en )en .
n∈NX
3) ∀u ∈ H : kuk2 = | (u, en ) |2 (Identité de Parseval).
n∈N

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Espaces de Hilbert : Définitions et propriétés 144

Démonstration.

- Montrons que 1) ⇒ 2).


∀j ∈ N, on a :  X 
u− (u, en )en , ej = (u, ej ) − (u, ej ) = 0,
n∈N

alors, l’hypothèse 1) de ce théorème entraîne,


X
u− (u, en )en = 0,
n∈N

c’est à dire que : X


u= (u, en )en .
n∈N

- Montrons 2) ⇒ 3).
D’après la propriété ii) a) du lemme 6.6, on a :
N
X N
X
2 2
∀N ∈ N : kuk = | (u, ek ) | +ku − (u, ek )ek k2 .
k=0 k=0

Ainsi quand N → +∞, on obtient l’identité de Parseval.


- Montrons 3) ⇒ 1).
Comme par l’hypothèse, on a :
(u, en ) = 0, ∀n ∈ N.
D’après l’identité de Parseval, on en déduit que :

kuk2 = 0.

C’est à dire que :


u = 0.

Notation :
Soit (E, k.k) un espace vectoriel normé. On note S2 (E) l’espace vectoriel sur K des formes
sesquilinéaires continue sur E.
Si B ∈ S2 (E), on pose
kBk = sup |B(x, y)|.
x,y∈E, kxk≤1, kyk≤1

Ce qui définit une norme sur S2 (E).


En particulier, on a
∀x, y ∈ E : |B(x, y)| ≤ kBk kxk kyk.

Définition 6.9.

Soit H un espace de Hilbert et soit T ∈ L(H). On dit que T est coercif (ou elliptique)
s’il existe α > 0 telle que
∀x ∈ H : |(T x, x)| ≥ αkxk2 .

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Projection sur un convexe fermé 145

Proposition 6.4

Soient E et F deux espaces de Banach sur K et soit T ∈ L(E, F ).


Alors les deux propriétés suivantes sont équivalentes,
1) Im(T ) = F et ∃C > 0 telle que, ∀x ∈ E : kT x kF ≥ Ckx kE .
2) T est inversible.

Proposition 6.5

Soit T ∈ L(H).
Alors on a :
 ⊥
1. ker(T ) = Im(T ∗ ) .
 ⊥
2. Im(T ) = ker(T ∗ ) .

Proposition 6.6

Soit H un espace de Hilbert muni de son produit scalaire (., .) et T ∈ L(H).


Si T est coercif, alors il est inversible sur L(H).

Démonstration.

On a d’après l’inégalité de Cauchy Schwartz et la coercivité de T :

∀x ∈ H :k T x k k x k≥ (T x, x) ≥ αkxk2 .

Donc
∀x ∈ H :k T x k≥ kxk.
Donc en vertu de la proposition 6.4, il suffit de montrer que Im(T ) = H.
Or, ∀x ∈ H, on a
| (T ∗ x, x) |=| (x, T x) ≥ αkx k2 .
Donc T ∗ est aussi coercif. Ce qui entraîne comme pour T l’injectivité de T ∗ .
Donc en vertu de la proposition 6.5 on obtient :
⊥
Im(T ) = ker T ∗ = {0}⊥ = H.

Ce qui donne le résultat.

Dans la suite H désigne un espace de Hilbert.

6.4 Projection sur un convexe fermé

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Projection sur un convexe fermé 146

Théorème 6.13

(de projection sur un convexe fermé).


Soit K ⊂ H, un convexe fermé tel que K 6= ∅. Alors
i) ∀f ∈ H, il existe une unique u ∈ K tel que

kf − uk = min kf − vk,
v∈K

de plus, la fonction u est caractérisée par :



u ∈ K,
ii)
(f − u, v − u) ≤ 0, ∀v ∈ K.

Notation :
On pose u = P rK (f ) = la projection de f sur K.

Démonstration.

i) L’ensemble {kf − vk, v ∈ K} est minoré (par 0) non vide. Il admet donc une borne
inférieure : d = inf kf − vk.
v∈K
Par suite, d’après la caractérisation de la borne inférieure, on a :
1
∀ε = > 0, ∃vε ∈ K tel que d ≤ dn = kf − vn k ≤ d + ε,
n
c’est à dire qu’il existe une suite (appelée suite minimisante) (vn ) ⊂ K vérifiant

dn = kf − vn k −→ d = inf kf − vk, lorsque n −→ +∞.


v∈K

- la suite (vn )n est de Cauchy. En effet :


d’après l’identité de parallélogramme, en posant :

λ = f − vn ∈ H, µ = f − vm ∈ H.

On a :

λ+µ 2 λ − µ 2 1 
k k +k k = kλk2 + kµk2 ,
2 2 2
soit
vn + vm 2 vn − vm 2 1 2
kf − k +k k = (dn + d2m ).
2 2 2
vn + vm
Mais, puisque d est la borne inférieure et que ∈ K, on a :
2
vn + vm 2
d2 ≤ kf − k .
2
D’où
1 1
d2 + kvn − vm k2 ≤ (d2n + d2m ),
4 2
i.e h1 i
kvn − vm k ≤ 2 (d2n + d2m ) − d2 −→ 0 quand n, m −→ +∞.
2

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Projection sur un convexe fermé 147

Par suite il existe u ∈ H telle que la suite (un )n converge vers u.


Mais K est fermé, donc u ∈ K et l’on a d = kf − uk, c’et à dire que :

u ∈ K et kf − uk = min kf − vk.
v∈K

ii) On montre que ii) ⇔ i)


Soit u ∈ K vérifiant i), i.e kf − uk ≤ kf − vk, ∀v ∈ K.
Soit w ∈ K quelconque.
Puisque K est convexe on a :

v = (1 − t)u + tw ∈ K, ∀t ∈ [0, 1].

Donc,
kf − uk ≤ kf − vuk = k(f − u) − t(w − u)k.
D’où :

kf − uk2 ≤ k(f − u) − t(w − u)k2 = kf − uk2 − 2t(f − u, w − u) + t2 kw − uk2 . (6.15)

Faisons tendre t vers 0 dans (6.15), on obtient :

(f − u, w − u) ≤ 0, ∀w ∈ K.

Inversement, soit u ∈ K vérifiant ii), c’est à dire que :

(f − u, v − u) ≤ 0, ∀v ∈ K.

On a, pour tout v ∈ K :

(f −u, v−u) = f −u, (f −u)−(f −u)+(v−u) = f −u, (f −u)−(f −v) = kf −uk2 −(f −u, f −v) ≤ 0, ∀v ∈ K.
 

Donc d’après l’inégalité de Cauchy Schwarz, on obtient,

kf − uk2 ≤ (f − u, f − v) ≤ kf − uk kf − vk.

D’où :
kf − uk ≤ kf − vk, ∀v ∈ K.
- Montrons l’unicité de u :
Supposons que u1 , u2 soient deux solutions de i). On a :

(f − u1 , v − u1 ) ≤ 0, ∀v ∈ K, (6.16)

et
(f − u2 , v − u2 ) ≤ 0 ∀v ∈ K. (6.17)
On remplace v par u2 dans (6.16) et v par u1 dans (6.17), puis faisons l’addition, on obtient

ku2 − u1 k2 ≤ 0.

D’où : u2 = u1 .

Corollaire 6.2.

Soit K ⊂ H un convexe fermé tel que K 6= ∅. La fonction P rK est lipschitzienne sur H, i.e

kP rK (f1 ) − P rK (f2 )k ≤ kf1 − f2 k, ∀f1 , f2 ∈ H.

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Projection sur un convexe fermé 148

Démonstration.

On pose u1 = P rK (f1 ), u2 = P rK (f2 ). on a :



(f1 − u1 , v − u1 ) ≤ 0 ∀v ∈ K,
(6.18)
(f2 − u2 , v − u2 ) ≤ 0 ∀v ∈ K.
On remplace v par u2 dans la première inégalité de (6.18) et v par u1 dans la deuxième
inégalité de (6.18), il vient,

(f1 − u1 , u2 − u1 ) ≤ 0 ∀v ∈ K
(6.19)
−(f2 − u2 , u2 − u1 ) ≤ 0 ∀v ∈ K.
Faisons l’addition des deux inégalités de (6.19), il vient,
 
(f1 − f2 ) + (u2 − u1 ), u2 − u1 ≤ 0,

c’est à dire que :

ku2 − u1 k2 ≤ (f1 − f2 , u2 − u1 ) ≤ kf2 − f1 k ku2 − u1 k.

En simplifiant par ku2 − u1 k, on obtient le résultat.

Corollaire 6.3.

Soit L un sous-espace vectoriel fermé de H et f ∈ H. Alors


u = P rL (f ) ⇔ 
u ∈ L,
iii)
(f − u, v) = 0 ∀v ∈ L.

Démonstration.

Si u = P rL (f ) alors,
(f − u, v − u) ≤ 0, ∀v ∈ L.
Donc,
(f − u, tv − u) ≤ 0, ∀v ∈ L, ∀t ∈ R.
Par conséquent
t(f − u, v) ≤ (f − u, u), ∀v ∈ L, ∀t ∈ R. (6.20)
Faisons t = 0 dans (6.20) , on obtient (f − u, u) ≥ 0
Faisons t = 1 ou t = −1 dans (6.20) alors,

|(f − u, v)| ≤ (f − u, u).

Lorsque t > 0, alors (6.20) est équivalente à


1
|(f − u, v)| ≤ (f − u, u).
t
Lorsque t −→ +∞, alors, (f − u, v) = 0, ∀v ∈ K.
Réciproquement : Si u ∈ L vérifie iii), c’est à dire que :

(f − u, v) = 0, ∀v ∈ L,

alors
(f − u, v − u) = 0, ∀v ∈ L.

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Théorème de : Riesz, Stampacchia, et lax-Milgram 149

6.5 Théorème de : Riesz, Stampacchia, et lax-Milgram


Notation :
Soit H un espace de Hilbert, H 0 le dual topologique de H, h., .i le crochet de dualité et (., .)
le produit scalaire sur H.

Théorème 6.14

( Riesz-Frechet)
Soit f ∈ H 0 . Il existe u ∈ H unique telle que :

hf, vi = (u, v), ∀v ∈ H.

De plus on a :
k ϕ kH 0 =k f kH .

Démonstration.

Soit l’application T : H −→ H 0 telle que ∀ϕ ∈ H : T ϕ = f et hT ϕ, vi = (ϕ, v).


On vérifie que T ϕ est une forme linéaire continue qui vérifie grâce à l’inégalité de Cauchy
Schwarz
|hT ϕ, vi| = |(ϕ, v)| ≤ kϕk kvk, ∀v ∈ H.
Donc kT ϕkH 0 = kϕkH , i.e T est une isométrie.
Par conséquent
k ϕ kH 0 =k f kH .
Par suite T (H) est fermé dans H 0 .
Pour montrer que T est surjectif, il suffit de montrer que T (H) est dense dans H 0 (car T (H)
est fermé dans H 0 ) .
H étant réflexif car il est de Hilbert, (donc H 00 = H).
Soit F ∈ H 00 tel que :
hF, T ϕiH 00 ×H 0 = 0, ∀ϕ ∈ H,
(ce qui veut dire que ∀T ϕ ∈ T (H)) , i.e grâce á l’identification H 00 = H, on a

(F, T ϕ)H×H 0 = 0, ∀ϕ ∈ H.

Soit, par définition de T : (F, ϕ) = 0, ∀ϕ ∈ H. Donc F = 0.


Par suite, toute forme linéaire nulle sur T (H) est nulle partout, ce qui veut dire que

T (H) = T (H) = H 0 .

6.5.1 Théorème de Stampacchia


On considère dans la suite H un espace de Hilbert sur R et
a : H × H −→ R : (u, v) 7−→ a(u, v) une forme bilinéaire sur H.

Définition 6.10.

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Théorème de : Riesz, Stampacchia, et lax-Milgram 150

1) a est une forme continue sur H s’il existe C > 0 telle que

|a(u, v)| ≤ Ckuk kvk, ∀u, v ∈ H.

2) a est dite coercive, s’il existe α > 0 tel que :

a(u, u) ≥ αkuk2 , ∀u ∈ H.

Remarque 6.7.

En dimension finie (H = Rn ), et dans le cas où la forme bilinéaire continue et coer-


cive est de plus symétrique (c’est à dire que a(u, v) = a(v, u) pour tous u, v ∈ H), on
retrouve la notion de forme bilinéaire associée à une matrice symétrique définie posi-
tive. La coefficient α est alors la plus petite valeur propre de la matrice associée, et la
constante C de la continuité sa plus grande valeur propre.

Théorème 6.15

( de Stampacchia )
Soient a un forme bilinéaire, continue coercive sur H et K un convexe fermé dans H
tel que K 6= ∅ .
Alors,

∀f ∈ H 0 : il existe u ∈ K unique vérifiant a(u, v − u) ≥ hf, v − ui, ∀v ∈ K.


 
De plus, a est une forme symétrique i.e a(u, v) = a(v, u), ∀u, v ∈ H , alors la solution
u est caractérisée par :

 u ∈ K,
1 1
 a(u, u) − hf, ui = min a(v, v) − hf, vi .
2 v∈K 2

Démonstration.

Soit f ∈ H 0 . D’après le théorème (6.14) de Riesz il existe ϕ ∈ H unique telle que :

hf, viH 0 ×H = (ϕ, v), ∀v ∈ H et kf kH 0 = kϕkH .

Pour u fixé dans H : la forme H −→ R : v 7−→ a(u, v) est linéaire continue, donc appartient
à H 0.
Donc d’après le théorème 6.14 de Riesz, il existe Au ∈ H unique telle que :

a(u, v) = (Au, v) ∀v ∈ H.

En vertu de la continuité de a, on en déduit que kAuk ≤ Ckuk, ∀u ∈ H et de la coercivité de


a, on en déduit que :
kAuk ≥ αkuk, ∀u ∈ H.
Cette dernière s’obtient grâce à l’inégalité de Cauchy Schwarz :

αkuk2 ≤ (Au, u) = a(u, u) ≤ kAuk kuk.

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Théorème de : Riesz, Stampacchia, et lax-Milgram 151

Le problème 
trouver u ∈ K vérifiant :
P
a(u, v − u) ≥ hf, v − ui, ∀v ∈ K,
devient équivalent à 
0 trouver u ∈ K vérifiant :
P (6.21)
(Au, v − u) ≥ (ϕ, v − u), ∀v ∈ K.
Soit r > 0, à choisir. Alors la dernière inégalité de (6.21) est équivalente à
 
(rϕ − rAu + u) − u, v − u ≤ 0, ∀v ∈ K.

D’après le théorème de projection, cela signifie que :

PK (rϕ − rAu + u) = u,

ou encore, que l’application

T : H −→ H telle que ∀v ∈ H : T (v) = PK (rϕ − rAv + v), (6.22)

admet un point fixe unique dans K.


Pour cela rappelons le théorème de point fixe de Banach suivant :

Théorème 6.16

On considère (X, d) un espace métrique complet et T : X −→ X une application véri-


fiant :
d(T x1 , T x2 ) ≤ k(x1 , x2 ), ∀x1 , x2 ∈ X, avec k < 1.
Alors T admet un point fixe unique u = T u.

C’est le théorème des approximations successives de Piccard.


T est dite contraction stricte.
Appliquons le théorème 6.16 à l’application T dans (6.22) définie sur H.
On a :
kT v1 − T v2 k = kPK (rϕ − rAv1 + v1 ) − PK (rϕ − rAv2 + v2 )k ≤ k(rϕ − rAv1 + v1 ) − (rϕ −
rAv2 + v2 )k, (car PK est lipschitzienne ).
Donc,
kT v1 − T v2 k = k(v1 − v2 ) − r(Av1 − Av2 )k.
D’où,    
kT v1 − T v2 k ≤ r2 kA(v1 − v2 )k2 + kv1 − v2 k2 − 2r A(v1 − v2 ), v1 − v2 ≤ r2 C 2 kv1 − v2 k2 +
   
kv1 − v2 k2 − 2r αkv1 − v2 k2 = r2 C 2 + 1 − 2rα kv1 − v2 k2 .

Il suffit alors de choisir r de sorte que k = r2 C 2 + 1 − 2rα < 1, soit : 0 < r < 2 , pour que T
C
dans (6.22) admette un point fixe.
On suppose que a est symétrique. Alors : a(u, v) définit un autre produit scalaire sur H et la
1 1
norme associée |u| = a(u, u) 2 est équivalente à la norme initiale kuk = (u, u) 2 .
Grâce aux deux inégalités suivantes :

a(u, u) ≥ αkuk2 et a(u, u) ≤ Ckuk2 , ∀u ∈ H.

Dans ce cas, le problème

∀f ∈ H 0 , il existe un unique u ∈ K :

P
a(u, v − u) ≥ hf, v − ui ∀v ∈ K,

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Théorème de : Riesz, Stampacchia, et lax-Milgram 152

devient grâce au théorème 6.14 de Riez comme suit :

∀f ∈ H 0 , il existe un unique u ∈ K :

0
P
a(u, v − u) ≥ a(ψ, v − u) ∀v ∈ K, ψ ∈ H telle que hf, vi = a(ψ, v).

Or,
a(u, v − u) ≥ a(ψ, v − u) ⇔ a(ψ − u, v − u) ≤ 0 ∀v ∈ K.
Cela est équivalent à dire, grâce au théorème de projection appliqué au produit scalaire a,

u = PK ψ ( projection au sens du produit scalaire a)

et ceci est équivalent â dire (théorème de projection encore) que :


1 1
a(ψ − u, ψ − u) 2 = min a(ψ − v, ψ − v) 2 ,
v∈K

ou encore,
a(ψ − u, ψ − u) = min a(ψ − v, ψ − v),
v∈K
ou encore,
h i
a(ψ, ψ) + a(u, u) − 2a(ψ, u) = min a(ψ, ψ) + a(v, v) − 2a(ψ, v) ,
v∈K

ou encore
1 h1 i
a(u, u) − hf, ui = min a(v, v) − hf, vi .
2 v∈K 2

6.5.2 Théorème de Lax-Milgram


On a l’important corollaire suivant, qui est en fait le théorème de lax-Milgram.

Théorème 6.17

(lax-Milgram)

Soit a(u, v) une forme bilinéaire continue et coercive. Alors

∀f ∈ H 0 , il existe une unique u ∈ H telle que a(u, v) = hf, vi, ∀v ∈ H.

Si de plus a est symétrique, alors u est caractérisée par :


1 1
u ∈ H et a(u, u) − hf, ui = min a(v, v) − hf, vi .
2 v∈H 2

Démonstration.

On applique le théorème de Stampacchia.


Donc a(u, v − u) ≥ hf, v − ui ∀v ∈ H, u solution appartient à H.

a(u, w) ≥ hf, wi ∀w ∈ H. (6.23)


On change dans (6.23) w par −w, on obtient :

−a(u, w) ≥ −hf, wi ∀w ∈ H,

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Bases hilbertiennes 153

c’est à dire que :

a(u, w) ≤ hf, wi ∀w ∈ H. (6.24)


Comparons (6.23) et (6.24) il vient,

a(u, w) = hf, wi, ∀w ∈ H.

6.6 Bases hilbertiennes

Définition 6.11.

On appelle base hilbertienne de H, une suite (en ) d’éléments de H telles que


1) ken k = 1, ∀n ∈ N.
2) (en , em )H = 0, ∀n, m ∈ N, n 6= m.
3) L’espace vectoriel engendré par les (en ) est dense dans H, c’est à dire

V ect{en , n ∈ N} = H.

Proposition 6.7

Tout espace de Hilbert séparable H admet une base orthonormée.

Démonstration.

Soit (yn ) une suite dense dans H.


Soit nk le premier index tel que y1 , ....ynk engendrent un sous-espace de dimension k, alors
(ynk ) est une sous-suite libre, et

y1 , ....ynk et yn1 , ...., ynk

engendrent le même sous-espace pour chaque k. On écrit xk = ynk pour simplifier, et on pose
X
xn − (xn , ek )ek
x1 k<n
e1 = et en = , n = 2, 3, .....
kx1 k
X
kxn − (xn , ek )ek k
k<n

Alors la suite (en ) est orthonormée. En outre,

x1 , x2 , ...., xn et e1 , e2 , ...., en

engendrent le même sous-espace pour chaque n.


Par conséquent, le sous-espace engendré par (en ) est dense dans H.

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Exercices sur les espaces Lp 154

6.7 Exercices sur les espaces Lp

Exercice 6.1. (lemme de Riemann-Lebesgue).

On considère une fonction f telle que f est bornée et mesurable sur (0, +∞) et vérifie :

1 m
Z
lim f (x) dx = 0.
m→+∞ c 0

1) Soit g = χ[m,l] , où [m, l] ⊂ (0, +∞).


- Montrer que Z +∞
lim g(x)f (ωx) dx = 0. (6.25)
ω→+∞ 0

2) En déduire que (6.25) est vraie pour tout g ∈ L1 (0, +∞).


3)Soit a > 0, b > 0 et on suppose que g ∈ L1 (a, b).
Établir l’égalité suivante :
Z b Z b
lim g(x) cos(nx) dx = lim f (x) sin(nx) dx = 0.
n→∞ a n→∞ a

Exercice 6.2.

On considère C([0, 1]) l’espace des fonctions continues sur [0, 1] et soit f ∈ C([0, 1])
telle que : Z 1
∀n ∈ N : xn f (x) dx = 0.
0
- Montrer que f ≡ 0.

Exercice 6.3.

1) Soient α, β > 0 et p ≥ 1.
On considère la fonction g définie par :

g(x) = xp .

- Montrer que
(α + β)p ≤ 2p−1 (αp + β p ).
2) Soient α, β > 0 et 0 < p < 1 et on considère la fonction h définie par :

h(x) = αp + xp − (α + x)p .

- Montrer que
(α + β)p ≤ αp + β p .

Exercice 6.4.

Soit a, b ∈ R.
- Montrer que L2 ([a, b]) ⊂ L1 ([a, b]).

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Exercices sur les espaces Lp 155

Exercice 6.5.

Soient α > 0, β > 0.


On pose
−1 
β −1
 
f (x) = 1 + |x|α 1 + lg |x| .

- Donner les conditions sur lesquelles f ∈ Lp (Rn ).

Exercice 6.6.

Soit (0, 1) ⊂ R.
I) On considère la suite de fonctions (fn ) définie par :

fn (x) = ne−nx .

- Montrer que :
1) fn → 0, p.p x ∈ (0, 1).
2) (fn ) est bornée dans L1 ((0, 1)).
3) fn 9 0 fortement dans L1 ((0, 1)).
4) (fn ) ne converge pas faiblement vers 0 dans σ(L1 ((0, 1)), L∞ ((0, 1))), c’est à dire qu’
il n’existe pas une sous-suite qui converge faiblement dans σ(L1 ((0, 1)), L∞ ((0, 1))).
II) On considère la suite de fonctions (gn ) définie par :
1
gn (x) = n p e−nx .

- Montrer que :
1) gn → 0, p.p x ∈ (0, 1).
2) (gn ) est bornée dans Lp ((0, 1)).
3) gn 9 0 fortement dans Lp ((0, 1)).
0
4) gn * 0 faiblement vers 0 dans σ(Lp ((0, 1)), Lp ((0, 1))).

Exercice 6.7.

Soient a > 0, b > 0.


On considère les suites de fonctions (fn ), (gn ) définies par :

fn (x) = cos(nx) et gn (x) = sin(nx).


 
- Pour 1 ≤ p < +∞, montrer que fn * 0 et gn * 0 dans Lp (a, b) .
2) Soit la suite de fonctions (hn ) définie par :

hn (x) = cos2 (nx)

Supposons que 1 ≤ p < +∞.  


- Montrer que (hn ) ⊂ Lp (a, b) .
- Trouver la limite faible de la suite de fonctions (hn ), c’est à dire : lim w − hn (x).
n−→+∞

Exercice 6.8.

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Exercices sur les espaces Lp 156

I) Pour 1 < p < ∞, on considère la suite de fonctions (fn ) telle que (fn ) ⊂Lp (Ω), et
soit f ∈ Lp (Ω).
On suppose que :
0
1) fn * f faiblement dans σ(Lp (Ω), Lp (Ω)).
2) kfn kLp (Ω) → kf kLp (Ω) fortement dans Lp (Ω).
- Montrer que fn → f fortement dans Lp (Ω), c’est à dire : lim k fn − f kLp (Ω) = 0.
n−→+∞
II) Trouver une suite de fonctions (fn ) ⊂L1 (0, 1) , fn ≥ 0 telle que


1) fn * f faiblement dans σ(L1 (0, 1) , L∞ (0, 1) .


2) kfn k1 → kf k1 .
3) kfn − f k1 9 0, c’est à dire que (fn ) ne converge pas fortement vers f .

Exercice 6.9. (Inégalité de Hardy) :


1 1
Soit 0 < p < +∞ et soit q tel que + = 1.
p q
Pour f est une fonction ou une classe de fonctions sur ]0, +∞[, on définit la fonction g
sur R par :
x
g(x) = e p f (ex ).
Supposons que f ∈ Lp (]0, +∞[). Pour x > 0, on définit l’opérateur T comme suit :

1 x
Z
T f (x) = f (t) dt.
x 0

1) Montrer que :
   
f ∈ Lp (]0, +∞[) ⇐⇒ g ∈ Lp (R) et que kf kLp (]0,+∞[) = kgkLp (R) .

2) Soit h la fonction définie sur R par :


− xq
h(x) = e 1]0,+∞[ (x).

avec 1]0,+∞[ (x) est la fonction caractéristique de ]0, +∞[.


- Montrer que h ∈ L1 (R)  et que si f ∈
p
 L (]0, +∞[), T f = g ∗ h.
c
- En déduire que T ∈ L Lp (]0, +∞[) et que k T k≤ q.
3) Soit (fn )n∈N la suite de fonctions définies sur ]0, +∞[ par :
− p1
fn (t) = (nt) 1[1,en ] (t).

- Montrer que :
∀n ∈ N : fn ∈ Lp (]0, +∞[),
et que
lim kT fn kLp (]0,+∞[) = q.
n→+∞

- En déduire que k T k= q.
- Montrer que :
, lim T fn (x) = 0, pour x > 0.
n→+∞

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Exercices sur les espaces Lp 157

Exercice 6.10.

Soit h ∈ Rn . Pour une fonction f mesurable ( au sens de Lebesgue) définie sur Rn , on


définit une translation par h par :

fh (x) = f (x + h).

Supposons que, ∀1 ≤ p < +∞ : f ∈ Lp (Rn ).


- Montrer que :

fh ∈ Lp (Rn ) et que kf − fh kp → 0 lorsque h → 0 dans Rn .

Exercice 6.11.

Soient f, g ∈ L1 (Rn ).
- Montrer que : Z
(f ∗ g)(x) = f (y)g(x − y) dy,
Rn
est bien définie pour presque tout x ∈ Rn .
- Montrer que :
f ∗ g ∈ L1 (Rn ) et que kf ∗ gk1 ≤ kf k1 kgk1 .

Exercice 6.12.

Soit ε > 0.
On définit la famille de fonctions (ρε ) telle que (ρε ) ⊂ C ∞ (Rn ) et vérifie :

∀ε > 0 : ρε (x) ≥ 0, ∀x ∈ Rn ,
 
et supp( ρε ⊂ B(0, ε), où B(0, ε) est la boule fermée définie par :

B(0, ε) = {x ∈ Rn :k x k≤ ε}.

Supposons que la famille (ρε ) vérifie :


Z
ρε (x) dx = 1.
Rn

1) Soit ψ ∈ Cc (Rn ) (l’espace des fonctions continues à support compact.) .


- Montrer que : ρε ∗ ψ converge uniformément vers ψ sur Rn lorsque ε → 0.
2) Soit f ∈ Lp (Rn ). Déduire alors que : lim ρε ∗ f = f dans Lp (Rn ).
ε−→0

Exercice 6.13.

Soient a, b ∈ R et 1 ≤ p ≤ +∞.
On considère la suite de fonctions (fn ) de Lp (]a, b[) telle que (fn ) est bornée.
- Supposons que 1 ≤ p < +∞.

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Exercices sur les espaces Lp 158

- Montrer que fn * f dans Lp (]a, b[) et


   Z b Z b 
∗ ∞ ∞
fn * f dans L (]a, b[) ⇐⇒ ∀ϕ ∈ Cc (]a, b[) on a : fn ϕ dx → f ϕ dx
a a

où Cc∞ (]a, b[) est l’espace des fonctions infiniment dérivables sur ]a, b[ et à support com-
pact.

Exercice 6.14.

Soit 1 ≤ p < +∞ et soient les fonctions fk ∈ Lp (Ω), k ≥ 1 et f ∈ Lp (Ω) telles que

lim kfk kLp (Ω) = kf kLp (Ω) p.p x ∈ Ω et lim fk = f p.p x ∈ Ω.


k−→+∞ k−→+∞

. - Montrer que :
lim kfk − f kLp (Ω) = 0.
k−→+∞

Exercice 6.15.

Soient f ∈ L1 (Rn ) et g ∈ Lp (Rn ) telle que 1 ≤ p ≤ ∞.


1) On considère la fonction h telle que

h(y) = f (x − y)g(y).

- Montrer que : h ∈ L1 (Rn ) p.p x ∈ Rn .


- Montrer que la fonction ϕ définie par :
Z
ϕ(x) = (f ∗ g)(x) = f (x − y)g(y) dy
Rn

est bien définie p.p x ∈ Rn .


( La fonction ϕ s’appelle le produit de convolution de f et g.)
2) Montrer que f ∗ g ∈ Lp (Rn ) et

kf ∗ gkLp (Rn ) ≤ kf kL1 (Rn ) kgkLp (Rn ) .

Exercice 6.16.
1 1 1
Soient p, q, r ∈ R ∈ tels que p ≥ 1, q ≥ 1 et r ≥ 1 et qui vérifient : = + .
r p q
- Montrer que si f ∈ Lp , g ∈ Lq , alors f g ∈ Lr et

kf gkr ≤ kf kp kgkq .

Exercice 6.17.

1) Soit g une fonction mesurable sur E telle que pour tout f ∈ Lp , on a f g ∈ Lp .


- Montrer que g ∈ L∞ .
2) Pour g ∈ L∞ , on définit l’application linéaire Tg : Lp −→ Lp par :

Tg f = gf.

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Exercices sur les espaces Lp 159

Soit T : Lp −→ Lp une application linéaire continu qui commute avec tous les Tg ,
g ∈ L∞ .
- Montrer qu’il existe un h ∈ L∞ tel que T = Th .
T (g)
Indication : Construire une fonction g > 0 telle que g ∈ Lp ∩ L∞ . Soit alors h = .
g
Puis montrer que
∀f ∈ Lp ∩ L∞ : T (f ) = hf,
et conclure.

Exercice 6.18.

Pour ε > 0, on considère la fonction fε définie par :

fε (x) = e−ε|x| .

Soit n o
E = f : R −→ R telle que fε est intégrable .

1) Montrer que Lp ⊂ E.
2) Montrer que si f ∈ Lp , alors fε ∈ Lp et que

lim fε = f, dans Lp .
ε−→0

Exercice 6.19.

On considère Cc (Rn ) = l’espace des fonctions continues sur Rn à support compact.


a) Trouver Cc (Rn ) dans L∞ (Rn ).
b) Montrer que : Cc (Rn ) 6= L∞ (Rn ) pour la convergence faible-∗, c’est à dire que pour
tout f ∈ L∞ (Rn ), il existe une suite de fonctions (fn ) ⊂ Cc (Rn ) telle que
Z Z
1
∀ϕ ∈ L , hfn , ϕi = fn (x)ϕ(x) dx → f (x)ϕ dx.
Ω Ω

c) Montrer que Cc (Rn ) 6= L∞ (Rn ) pour la convergence faible, c’est à dire qu’il existe des
fonctions f de L∞ (Rn ) telles qu’il n’existe aucune suite de Cc (Rn ) qui converge faiblement
vers f .

Exercice 6.20.

Soit (fn ) une suite de fonctions de Rn dans R, telle que :

∀1 ≤ p ≤ +∞, fn ∈ Lp (Rn ).

On suppose que :
Z
∀ϕ ∈ Cc (Rn ), on a : lim fn (x)ϕ(x) dx = ϕ(0).
n→+∞ Rn

- Montrer que :
lim kfn kLp = +∞, ∀1 ≤ p ≤ +∞.
n→+∞

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Exercices sur les espaces de Hilbert 160

Exercice 6.21.

Soit Ω un ouvert de Rn et 1 ≤ p < +∞.


Soient la suite de fonctions (gn ) et la fonction g dans Lp (Ω).
On suppose que :

lim gn (x) = g(x), ∀x ∈ Rn (la convergence simple.)


n−→+∞

- Montrer l’équivalence des propriétés suivantes :


i) gn → g dans Lp (Ω).
ii) kgn kLp → kgkLp .

Exercice 6.22.
1 1
a)- Soient p, q ∈ ]1, ∞[ vérifiant + = 1. On considère les suites de fonctions
p q
(fn )n dans Lp (R) et (gn )n dans Lq (R) telles que :

lim fn = f dans Lp ; lim gn = g dans Lq .


n−→+∞ n−→+∞
Z Z
- Montrer que l’on a : lim fn gn dx = f g dx.
n−→+∞ R R
b)- Étudier le cas particulier où p = 1 et q = ∞.

Exercice 6.23.

Soit Ω un ouvert de Rn et 1 ≤ p < ∞.


Soient la suite de fonctions (fn ) et la fonction f dans Lp (Ω).
On suppose que :
lim fn = f dans Lp (Ω),
n−→+∞

et qu’il existe une constante C > 0 telle que

∀n ∈ N, |fn | ≤ C p.p sur Ω.

- Montrer que :
|f | ≤ C p.p. sur Ω.

6.8 Exercices sur les espaces de Hilbert

Exercice 6.24.

Soit H un espace de Hilbert muni d’un produit scalaire (., .).


1) Montrer que si H est réel, alors
1h i
(x, y) = kx + yk2 − kx − yk2 .
4

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Exercices sur les espaces de Hilbert 161

2) Montrer que si H est complexe, alors


1h i
(x, y) = kx + yk2 − kx − yk2 + ikx + iyk2 + ikx − iyk2 .
4

Exercice 6.25.

Soit (E, k.k) un espace vectoriel normé sur R, et on suppose que la norme k . k satisfait

∀x, y ∈ E : kx + yk2 + kx − yk2 = 2(kxk2 + kyk2 ).

- Montrer que
1h i
(x, y) = kx + yk2 − kx − yk2
4
définit un produit scalaire et que la norme est induite par ce produit scalaire.

Exercice 6.26.

Soit H un espace vectoriel réel muni d’un produit scalaire et la norme induite associée.
2
Pour x, y ∈ H, en développant kykx − kxky , établir l’inégalité de Cauchy Schwarz.

Exercice 6.27.

Soit E un espace vectoriel réel muni d’un produit scalaire (., .),
- Montrer qu’on a  
kxk = kyk =⇒ (x + y, x − y) = 0.

Exercice 6.28.

Soit E un espace vectoriel muni d’un produit scalaire (., .) et soient x, y ∈ E.


1) Montrer que
h i
(x, y) = 0 ⇔ kx + αyk = kx − αyk, pour tout α ∈ K .

2) Montrer que
h i
(x, y) = 0 ⇔ kx + αyk ≥ kxk, pour tout α ∈ K .

Exercice 6.29.

Soit E un espace vectoriel complexe muni d’un produit scalaire (., .) et soient x, y ∈ E.
On suppose que kx + yk2 = kxk2 + kyk2 .
- Y’a-t-il (x, y) = 0 ?.

Exercice 6.30.

Soit T : L2 (R) → L2 (R) un opérateur linéaire satisfait

f ≥ 0 =⇒ T f ≥ 0.

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Exercices sur les espaces de Hilbert 162

- Montrer que kT (|f |)k ≥ kT (f )k.

Exercice 6.31.

Soit H un espace de Hilbert et soit (en ) une base orthonormale de H .


- Montrer que l’opérateur T défini par :
+∞
X 
T xn en = (x1 , x2 , .....),
n=1

définit un isomorphisme entre H et l2 et satisfait (T x, T y) = (x, y), ∀x, y ∈ H.

Exercice 6.32.

Soit H un espace de Hilbert et M un sous-ensemble de H.


1) Montrer que M ⊥ est un sous-espace fermé de H.
2) Montrer que M ⊂ (M ⊥ )⊥ et que (M ⊥ )⊥ est le plus petit sous-espace fermé qui contient
M.

Exercice 6.33.

Soit H un espace de Hilbert.


1) Montrer que si M est un sous-espace fermé de H, alors

(M ⊥ )⊥ = H. (6.26)

2) Est ce que (6.26) est vraie si M n’est pas fermé dans H ? Justifier.

Exercice 6.34.

Soit H un espace de Hilbert et soit (xn ) une suite orthogonale dans H, satisfaisant
+∞
X
kxn k2 < ∞.
n=1

+∞
X
- Montrer que la série xn est convergente dans H.
n=1
+∞
X
- Si on supprime l’hypothèse d’orthogonalité, est ce que la série xn est convergente
n=1
dans H ?

Exercice 6.35.

Soit H un espace de Hilbert tel que dim(H) = +∞.


- Montrer qu’il existe une suite (xn ) de H telle que :

kxn k = 1 et ∀n ∈ N, ∀x ∈ H : (xn , x) = 0.

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Exercices sur les espaces de Hilbert 163

Exercice 6.36.

Soit H un espace de Hilbert.


- Montrer que :
   
kx − zk = kx − yk + ky − zk ⇐⇒ y = αx + (1 − α)z pour α ∈ [0, 1] .

Exercice 6.37.

Soit [a, b] ⊂ R et soit (en ) une suite orthonormale dans L2 ([a, b]).
Soit f une fonction continue sur [a, b] et f ∈ L2 ([a, b]).
On suppose que :
N
X
∀ε > 0, ∃N ∈ N, ∃ c1 , c2 , ...., cN ( des constantes), telles que : f− ak ek < ε.
k=1

- Montrer que (en ) est une base orthonormale pour L2 ([a, b]).

Exercice 6.38.

Soit H un espace de Hilbert sur C muni d’un produit scalaire (., .) et soient T, S ∈
L(H).
- Montrer que :   
∀x ∈ H : (T x, x) = (Sx, x) =⇒ T = S . (6.27)

- En donnant un contre-exemple, montrer que si H est un espace de Hilbert sur R, (6.27)


est fausse.

Exercice 6.39.

Soit H un espace de Hilbert séparable. Montrer que toute famille orthonormée est au
plus dénombrable dans H.

Exercice 6.40.

Soit H un espace de Hilbert et soit {x1 , x2 , ...., xn } une famille orthogonale dans H.
Supposons que :
Xn
x= xj .
j=1

- Montrer que :
n
X
kxk2 = kxj k2
j=1
.

Exercice 6.41.

Soit H un espace de Hilbert et soit (en )n∈N une suite orthonormée dans H.
On considère (λn )n∈N une suite de nombres réels ou complexes.

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Exercices sur les espaces de Hilbert 164

- Montrer que :
 +∞
X  +∞
X 
la série λn en est convergente dans H ⇐⇒ ]λn ]2 < +∞ .
n=1 n=1

Exercice 6.42.

On considère H un espace de Hilbert muni du produit scalaire (., .) et soit M un sous-


espace de H de dimension 1.
Soit M ⊥ l’orthogonal de M .
Soit a ∈ M tel que a 6= 0.
- Soit x ∈ H. Montrer que :
|(x, a)|
d(x, M ⊥ ) = .
kak

Exercice 6.43.
Z 1
Soit H = L2 ([0, 1]) muni du produit scalaire usuel (f, g) = f (x)g(x) dx.
0
1) Montrer que le sous-espace
n Z 1 o
M = f ∈H: f (x) dx = 0 ,
0

est un hyperplan fermé de [Link] son orthogonal M ⊥ .


2) Calculer la distance de la fonction f (x) = x2 au sous-espace M .

Exercice 6.44.

Soit H un espace de Hilbert muni d’un produit scalaire (., .) et a ∈ H tel que a 6= 0.
- Montrer que :
|(x, a)|
∀x ∈ H : d(x, {a}) = .
kak
 
2) On considère l’espace de Hilbert L2 [0, 1] .
   
a) Montrer que si f ∈ L2 [0, 1] , alors f ∈ L1 [0, 1] .
- On considère l’ensemble F tel que :
n   Z 1 o
2
F = f ∈ L [0, 1] : f (t) dt = 0 .
0
 
b) Montrer que F est un sous-espace vectoriel fermé de L2 [0, 1] .
c) Déterminer F ⊥ .
d) Calculer d(f, F ) pour f (t) = et .

Exercice 6.45.

Soit H un espace de Hilbert et P : H → H un projecteur, c’est à dire une application


linéaire telle que P 2 = P .
1) On désigne par IH l’identité de H et ⊕ la somme directe algébrique.

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Exercices sur les espaces de Hilbert 165

- Montrer que :

Im(P ) = ker(IH − P ) et que H = ker(P ) ⊕ Im(P )

On suppose dans la suite que P est continu et P 6= 0.


2) a) Montrer que kP k ≥ 1.
b) Montrer que l’opérateur adjoint P ∗ est aussi un projecteur.
3) On suppose maintenant que P = P ∗ .
a) Montrer que kP k = 1.
b) Montrer que P est la projection orthogonale sur Im(P ).
4) On suppose maintenant que kP k = 1.
a) Développer kx − P ∗ xk2 et en déduire que ker(IH − P ) ⊂ ker(IH − P ∗ ).
b) Montrer que P = P ∗ .

Exercice 6.46.

Soit H un espace préhilbertien sur R.


On considère l’isométrie T : H → H, (∀x, y ∈ H : kT x − T yk = kx − yk) telle que
T (0) = 0.
1) Montrer que :
∀x, y ∈ H : (T x, T y) = (x, y).
2) En déduire que T est linéaire.
(Indication : Développer kT (x + y) − T x − T yk2 ).

Exercice 6.47.

On considère l’espace de Hilbert L2 ([0, 1]).


Soit la suite de fonctions (un ) définie par :
 
un (x) = sign sin(2n πx) , n ∈ N, x ∈ [0, 1],

et 
+1 si x ≥ 0,
sign(x) =
−1 sinon.
1) La suite (un ) est-elle un système orthonormal de L2 ([0, 1]) ?
2) La suite (un ) est-elle une base hilbertienne de L2 ([0, 1]) ?
Z 1
(Indication : montrer que ∀n ∈ N : cos(2πx)un (x) dx = 0 ).
0

Exercice 6.48.

On considère l’espace de Hilbert :


n +∞
X o
2
l (N) = x = (xn ) : | xn |2 < +∞ ,
n=1

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Exercices sur les espaces de Hilbert 166

et soit la famille (en ) la base canonique de l2 (N).


On définit la famille d’opérateurs (An )n∈N par :

en si k = n,
An e k =
0 si k 6= n.

- Montrer que :

∀x ∈ l2 (N) : lim An x = 0 et kAn k = 1, ∀n ∈ N


n−→+∞

- Montrer que :

k An k9 0.

Exercice 6.49.

Soit H un espace de Hilbert séparable tel que dim(H) = +∞, muni d’un produit
scalaire (., .) et la norme induite k.k.
Soit (en )n∈N une base Hilbertienne de H.
On définit l’application N par :
+∞
X 1
N (u) = | (u, en ) | .
2n
n=1

1) Montrer que N est une norme sur H., et que N (u) ≤ kuk.
2) Soit (un )n∈N une suite de H.
Montrer que :
un * u =⇒ N (un − u) → 0.
3) Montrer que :
h i  
N (un − u) → 0 et (|un |) est bornée =⇒ un * u .

4) Donner un exemple d’une suite (un ) telle que N (un ) → 0 et (un ) ne converge pas
faiblement vers 0.
5) Montrer que H muni de la norme N n’est pas complet.
6) Montrer que (BH , N ) (la boule unité de H pour la norme Hilbertienne k.k, munie de
la norme N ) est compacte.

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CHAPITRE 7
OPÉRATEURS COMPACTS : ALTERNATIVE DE FREDHOLM,
SPECTRE D’UN OPÉRATEUR COMPACT ET DIAGONALISATION
D’UN OPÉRATEUR COMPACT AUTO-ADJOINT SUR UN ESPACE DE
HILBERT

Introduction :
Les opérateurs compacts, et surtout leurs spectres sont une généralisation naturelle de l’al-
gèbre linéaire en dimension finie. Ce sont les opérateurs intégraux (étudiés par E. Fredholm
et V. Volterra, ...), premiers exemples d’opérateurs compacts, qui sont à l’origine de cette
classe d’opérateurs. Les notions essentielles des opérateurs compacts ont été introduites par
D. Hilbert en 1906. Onze ans après, F. Riesz publie une étude presque complète sur les opéra-
teurs compacts. En 1930, J. Schauder rajoute quelques raffinements à la théorie en montrant
que l’adjoint d’un opérateur compact est lui même compact. La plupart des résultats des
sections de ce chapitre sont dus à F. Riesz.

7.1 Définitions, propriétés élémentaires et adjoints

Définition 7.1.

Soient E et F deux espaces de Banach. Un opérateur linéaire continu T ∈ L(E, F ) est


dit compact si l’image de la boule unité fermée de E, T (B E (0, 1)) est une partie relati-
vement compacte de F pour la topologie forte (c’est à dire que T (B E (0, 1)) est compacte
dans F ). On note K(E, F ) l’ensemble des opérateurs compacts de E dans F .

Théorème 7.1

(Théorème d’Ascoli)
Soit K un espace métrique compact .
On considère l’espace de Banach des fonctions complexes continues sur K
n o
C(K) = f : K → C tel que f est continue ,

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Définitions, propriétés élémentaires et adjoints 168

muni de la norme de convergence uniforme kf k∞ = sup |f (x)|.


x∈K
Soit H ⊂ C(K). Si
1) H est borné, c’est à dire que : ∃M > 0, |f (x)| ≤ M, ∀x ∈ K, ∀f ∈ H.
2) H est équicontinu, c’est à dire que :

(∀ε > 0), (∃δ > 0) : d(x1 , x2 ) < δ =⇒ |f (x1 )−f (x2 )| < ε, ∀f ∈ H, (δ ne dépend pas de f ).

Alors H est relativement compact.

Démonstration.
Voir ([8]).

Exemple 7.1.
   
E = F = C [a, b] . Soit K ∈ C [a, b] × [a, b] .
On pose M = sup | K(x, y) |.
(x,y)∈[a,b]×[a,b]
 
Soit f ∈ C [a, b] .
On définit,
Z b
T f (x) = K(x, y)f (y) dy.
a
T s’appelle opérateur intégral et K s’appelle le noyau de T .
T est un opérateur compact.
En effet :
Utilisons le théorème d’Ascoli 7.1.
1) on montre que T B E (0, 1) est borné, c’est à dire que :

∃C > 0, ∀f ∈ B E (0, 1) : kT f kE ≤ C.

2)On montre que l’ensemble, T B E (0, 1) est équicontinu, c’est à dire :

∀ε > 0, ∃δ > 0, d(x1 , x2 ) < δ ⇒| T f (x1 ) − T f (x2 ) |< ε, ∀f ∈ B E (0, 1).

Montrons 1).
Soit f ∈ B E (0, 1), alors kf k ≤ 1.
On a :
kT f kE = sup | T f (x) | .
x∈[a,b]
Z b Z b
| T f (x) |≤ | K(x, y) | | f (y) | dy ≤ M | f (y) | dy ≤ M (b − a).
a a
D’où,
kT f k ≤ M (b − a).
Montrons 2).
Soit ε > 0 et soit f ∈ B E (0, 1).
On a : Z b
| T f (x1 ) − T f (x2 ) |≤ | K(x1 , y) − K(x2 , y) | | f (y) | dy.
a

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Définitions, propriétés élémentaires et adjoints 169

Puisque K est uniformément continu sur [a, b] × [a, b] (car[a, b] × [a, b] est compact) ,
alors on a :

∃δ > 0, k(x1 , y) − (x2 , y)k < δ ⇒| K(x1 , y) − K(x2 , y) |< ε.

Donc,
Z b
| T f (x1 ) − T f (x2 ) |≤ ε | f (y) | dy ≤ ε(b − a)kf kE ≤ ε(b − a).
a

En vertu de 1) et 2) on conclut que T B E (0, 1) est relativement compact et donc T est un


opérateur compact.

Exemple 7.2.

Soit (a, b) ⊂ R un intervalle fini et


 soit 1 ≤ p <
 +∞.
L’injection canonique i : W 1,p a, b) → Lp a, b) est compacte d’après le théorème 6.6.4
de Rellich, voir ([15]).

Théorème 7.2

(de Riesz)
Soit E un espace vectoriel normé, alors la boule unité fermée B̄E (0, 1) de E est com-
pacte si et seulement si la dimension de E est finie i.e dim(E) < +∞.

Démonstration.

La démonstration repose sur le lemme 7.3.


Montrons que :
dim(E) = +∞ ⇐⇒ la boule unité fermée de E n’est pas compacte.
Alors on construit par récurrence (en commençant par un point x0 ∈ E unitaire et arbitraire)
une suite (xn )n∈N telle qu’en notant En l’espace vectoriel (de dimension finie fermé) engendré
par (xk )k≤n on ait
1
xn ∈ En , kxn kE = 1 et d(xn , En−1 ) ≥ .
2
En particulier on a
1
∀m < n, kxn − xm kE ≥ .
2
Donc la suite (xn )n∈N n’admet aucune sous-suite convergente.
Donc la boule unité fermée n’est pas compacte. Ce qui contredit l’hypothèse.

Remarque 7.1.

1) Si T est compact, on écrit T ∈ K(E, F ).


2) Si E = F , on pose K(E) = K(E, E).
3) Si E est un espace de Banach de dimension infinie, alors l’opérateur identité IdE :
E → E n’est pas compact car la boule unité fermée de E n’est pas compacte puisque
dim(E) = +∞ d’après le théorème de Riesz. Et de même l’opérateur identité IdE est
compact si et seulement si la dimension de E est finie.

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Définitions, propriétés élémentaires et adjoints 170

4) Si E et F sont de dimensions infinies, le théorème de Riesz entraîne que si T ∈


L(E, F ) est inversible, alors T n’est pas compact.

Proposition 7.1

Soient E et F deux espaces de Banach.


L’ensemble K(E, F ) est un sous-espace vectoriel fermé de L(E, F ).

Démonstration.

- Montrons que K(E, F ) est un sous-espace vectoriel de L(E, F ).


Si T ∈ K(E, F ) et λ ∈ K alors il est clair que λT ∈ K(E, F ).
Soient T, S ∈ K(E, F ) et montrons que T + S ∈ K(E, F ).
On a :
(T + S)(B E (0, 1)) ⊂ T (B E (0, 1)) + S(B E (0, 1)).
Comme T (B E (0, 1)) et S(B E (0, 1)) sont relativement compacts alors, T (B E (0, 1))+S(B E (0, 1))
est relativement compact et donc (T + S)(B E (0, 1)) est relativement compact.
Montrons maintenant que K(E, F ) est fermé dans L(E, F ).
On considère la suite (Tn ) ⊂ K(E, F ) Qui converge vers T dans L(E, F ) c’est dire que
lim kTn − T k = 0 et on montre que T ∈ K(E, F ).
n→+∞
On a T BE (0, 1) est compact dans F et comme l’espace F est de Banach donc il est complet
et métrique ce qui est équivalent à

[
∀ε > 0, ∃f1 , f2 , ...., fNε ∈ F telles que T BE (0, 1) ⊂ BF (fi , ε).
i=1

Puisque TNε est compact, alors TNε BE (0, 1) est compact. Donc

[ ε
∃f1 , f2 , ...., fNε ∈ F telles que TNε BE (0, 1) ⊂ BF (fi , ).
2
i=1


[
On veut T BE (0, 1) ⊂ BF (fi , ε).
i=1
On a :
ε ε ε ε
kT x−fi k ≤ kT x−TNε xk+kTNε x−fi k ≤ kT −TNε kkxk+kTNε x−fi k ≤ kxk+ ≤ + = ε.
2 2 2 2
Car kxk ≤ 1.

Proposition 7.2

Soient E et F deux espaces de Banach et soit T ∈ L(E, F ).


Les deux assertions suivantes sont équivalentes.
1) T ∈ K(E, F ).
2) Pour tout sous-ensemble borné M de E, l’ensemble T (M ) est relativement compact

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Définitions, propriétés élémentaires et adjoints 171

de F .

Démonstration.

2) =⇒ 1) est claire car on prend M = B E (0, 1).


- Montrons 1) =⇒ 2).
Comme M est borné alors,

∃c > 0 tel que : M ⊂ B E (0, c) = cB E (0, c),

car B E (0, c) est convexe.


Donc,
T (M ) ⊂ cT B E (0, 1),
car T est linéaire.
Comme T B E (0, 1) est relativement compacte alors cT B E (0, 1) l’est. Et par conséquent T (M )
est relativement compact.

Proposition 7.3

Soient E et F deux espaces vectoriels normés et T ∈ L(E, F ). Les conditions suivantes


sont équivalentes :
i) T est compact.
ii) Pour tout M ⊂ E borné, T (M ) est compact.
iii) Toute suite bornée (xn )n∈N de E, (T xn )n∈N admet une valeur d’adhérence.

Démonstration.

1. Montrons que i)=⇒ ii).


Soit M ⊂ E borné.
Alors,
∃r > 0 tel queM ⊂ r.B E (0, 1).
D’où,
T (M ) ⊂ rT B̄E (0, 1).
Ainsi, T (M ) est compact, comme fermé dans le compact r.T B̄E (0, 1).
2. Montrons que ii) =⇒ iii).
Il suffit de poser M = {xn , n ∈ N}.
3. Montrons que iii) =⇒ i).
Soit (yn )n∈N une suite de T B̄E (0, 1).
On a :
1
∀n ∈ N, ∃zn ∈ T (BE (0, 1)) tel que :kyn − zn kF ≤ n .
2
Comme d’après l’hypothèse, la suite (zn )n∈N admet une valeur d’adhérence, alors il en est de
même pour (yn )n∈N .

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Définitions, propriétés élémentaires et adjoints 172

Lemme 7.1.

Soit (E, d) un espace métrique complet et soit M un sous ensemble de E. Si M est


fermé de E, alors M est compact si et seulement si pour tout ε > 0 il existe n ∈ N∗ et

[
y1 , y2 , ....., yNε ∈ E tels que M ⊂ BE (yi , ε). Où BE (yi , ε) = {x ∈ E : d(x, yi ) < ε}.
i=1

Proposition 7.4

(Caractérisation des opérateurs compacts)

Si T ∈ L(E, F ), alors les deux assertions suivantes sont équivalentes :


1) T ∈ K(E, F ).
2) Pour toute suite bornée (xn )n∈N de E, la suite (T xn )n∈N admet une sous-suite conver-
gente dans F .

Théorème 7.3

Si E ou F est de dimension finie, alors K(E, F ) = L(E, F )

Démonstration.

Si dim(E) < +∞, alors B̄E (0, 1) est compacte d’après le théorème de Riesz. Donc T B̄E (0, 1)
est compacte pour tout T ∈ L(E, F ) (car T est continu).
Si dim(F ) < +∞, alors T B̄E (0, 1) est bornée, donc elle est relativement compacte car
dim(F ) < +∞.

Exemple 7.3.

1) Toute forme linéaire continue T ∈ E 0 c’est à dire T : E → K est compacte, car


dim(K) = 1.
2) Les opérateurs intégraux sont des opérateurs compacts.

Définition 7.2. (Opérateur de rang fini )

Soit T ∈ L(E, F ). On dit que l’opérateur T est de rang fini si et seulement si T (E) est
de dimension finie, c’est à dire que dim T (E) < +∞.

Exemple 7.4.

On considère l’espace E = L2 (]0, 1[, R) et soit l’opérateur T : E → E défini par :


Z 1
Pour tout f ∈ E : T f (x) = xy(1 − xy)f (y)dy, ∀x ∈]0, 1[.
0

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Définitions, propriétés élémentaires et adjoints 173

On a T est à valeurs dans l’espace R2 [X]= l’espace des polynômes à coefficients réels de
degré ≤ 2.
On sait que dim(R2 [X]) < +∞, alors T est de rang fini.

Proposition 7.5

Tout opérateur borné de rang fini est compact.

Démonstration.

Soit T ∈ L(E, F ) un opérateur de rang fini.


Comme T est continu, alors

∀x ∈ B̄E (0, 1) : kT xk ≤ kT k.

Alors T B̄E (0, 1) est borné dans F et par conséquent T B̄E (0, 1) aussi.
De plus Im(T ) est fermée car est un sous-espace vectoriel de dimension finie.
Donc,
T B̄E (0, 1) ⊂ Im(T ) = Im(T ).
Finalement T B̄E (0, 1) est fermé borné de Im(T ), donc il est compact de Im(T ).
D’où T ∈ K(E, F ).

Remarque 7.2.

Si T (E) est de dimension finie, alors l’opérateur T est compact.

Corollaire 7.1.

On considère la suite d’opérateurs (Tn )n∈N telle que Tn ∈ L(E, F ) pour tout n ∈ N. On
suppose que Tn (E) est de dimension finie (c’est à dire que Tn est compact) pour tout n ∈ N. On
suppose que Tn → T lorsque n → +∞ (c’est à dire que kTn − T k → 0 lorsque n → +∞). Alors
T est compact.

Remarque 7.3.

On a la réciproque, pour un espace de Hilbert :

Tout opérateur compact est limite d’une suite d’opérateurs de rang fini.

Proposition 7.6

Soit T ∈ K(E, F ). Alors Im(T ) est fermée si et seulement si T est de rang fini.

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Définitions, propriétés élémentaires et adjoints 174

Démonstration.

i) ⇐) Supposons que T est de rang fini. Donc Im(T ) est de dimension finie et alors il est
évident que Im(T ) est fermé.
ii)=⇒). La preuve de cette implication repose sur le théorème de l’application ouverte.
Supposons que Im(T ) est fermé dans l’espace de Banach F , alors Im(T ) est de Banach.
D’autre part T est continu et surjectif de E dans Im(T ). Donc d’après le le théorème de l’ap-
plication ouverte on conclut que T est ouvert.
Comme la boule unité fermée BE (0, 1) est un voisinage de 0 dans E et T ouvert, alors
T BE (0, 1) est un voisinage de T (0) = 0 dans Im(T ). Alors il existe r > 0 tel que

BIm(T ) (0, r) = {z ∈ Im(T ) : kzk < r} ⊂ T BE (0, 1).


F F
On a BIm(T ) (0, r) est fermé dans T BE (0, 1), donc BIm(T ) (0, r) est compact de F .
De plus, on a
F F F
BIm(T ) (0, r) ⊂ T BE (0, 1) ⊂ Im(T ) = Im(T ).

Donc BIm(T ) (0, r) est compact de Im(T ).


On en déduit que la boule unité de Im(T ) est un compact de Im(T ), ce qui prouve d’après
le théorème de Riesz que dim(Im(T )) < +∞. Par conséquent T est de rang fini.

Proposition 7.7

Soient E, F et G des espaces de Banach et soient T ∈ L(E, F ) et S ∈ L(F, G).


Si T ∈ K(E, F ) ou S ∈ K(F, G), alors S ◦ T ∈ K(E, G).

Démonstration.

Si T est compact, alors pour tout sous-ensemble borné M de E, T (M ) est compact.


Or l’image d’un compact par une application continue est compacte, donc S(T (M )) est com-
pact. Il en résulte que S ◦ T (M ) ⊂ S(T (M )) est relativement compacte.
Si S est compact, alors pour tout sous-ensemble borné M de E, on a T (M ) est borné aussi et
donc S ◦ T (M ) est relativement compacte.

Corollaire 7.2.

Soit E un espace vectoriel normé de dimension infinie. Alors l’opérateur identité Id de E n’est
pas compact. Plus généralement, tout isomorphisme T : E → E n’est pas compact.

Démonstration.

1) Montrons que Id : E → E n’est pas compact.


On a IdB̄E (0, 1) = B̄E (0, 1) qui ne peut pas être compacte car dim(E) = +∞.
2) Soit T : E → E un isomorphisme. Supposons que T est compact, alors en vertu de la
proposition 7.7 Id = T −1 ◦ T est compact ce qui est impossible car Id n’est pas compact dans
le cas où dim(E) = +∞.

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Définitions, propriétés élémentaires et adjoints 175

Définition 7.3. (Opérateur de Hilbert-Schmidt)

Soit H un espace de Hilbert séparable. Un opérateur T ∈ L(H) est un opérateur de


Hilbert-Schmidt s’il existe une base hilbertienne (en )n∈N telle que
+∞
X
kT en k2 < +∞.
n=0

+∞
X 1
2 2
Le réel kT kHS = kT en k est appelé la norme de Hilbert-Schmidt de l’opérateur
n=0
T.

Proposition 7.8

Tout opérateur de Hilbert-Schmidt est compact.

Démonstration.

Soit H un espace de Hilbert et (en )n∈N une base hilbertienne de H et soit T un opérateur
de Hilbert-Schmidt.
X+∞
On pose C = kT en k2 .
n=0
Soit ε > 0. Alors,
+∞
X
∃Nε ∈ N tel que : kT en k2 ≤ ε2 .
n>Nε

On pose Fε = V ect{e0 , e1 , ...., eNε } et Pε : H → H la projection orthogonale sur Fε . Alors


Tε = Pε ◦ T est de rang fini et,
+∞
X
kT − Tε k2 ≤ kT − Tε k2HS = kT en k2 ≤ ε2 .
n>Nε

Ainsi T est limite d’opérateurs de rang fini, il est donc compact.

7.1.1 Convergence faible et les opérateurs compacts

Lemme 7.2.

Soit E un espace de Banach et soit (xn )n∈N une suite de E qui converge faiblement
vers x i.e (xn * x) et {xn } est compact. Alors la suite (xn )n∈N converge fortement vers x
(c’est à dire xn → x).

Démonstration.

Montrons par l’absurde.


Supposons que la suite (xn )n∈N ne converge pas vers x ce qui est équivalent à :

∃ε > 0, ∀N ∈ N, ∃n ≥ N : kxn − xk ≥ ε.

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Définitions, propriétés élémentaires et adjoints 176

Donc,
∃ε > 0, ∃(xnk )k∈N : kxnk − xk ≥ ε.
Comme {xn } est compact et l’espace E est métrique , alors il existe une sous-suite (xnkl )
convergente vers y.
D’autre part, on sait que la convergence forte implique la convergence faible toujours, et on
sait aussi que la topologie faible est séparée, donc on conclut que x = y.
Alors la suite (xnkl ) converge fortement vers x ce qui contredit l’hypothèse.

Théorème 7.4

Soient E et F deux espaces de Banach et soit T ∈ L(E, F ). On a :


 
T est compact =⇒ xn * x =⇒ T xn → T x .

Remarque 7.4.

la réciproque n’est pas vraie sauf si E est réflexif.

Démonstration. (du théorème 7.4)

Comme xn * x alors {(xn } est bornée.


Puisque T est compact, alors {(T xn } est compact car {(xn } est bornée.
On sait que la continuité par rapport à la topologie forte est équivalente à la continuité par
rapport à la topologie faible. Donc
σ(E,E 0 ) σ(F,F 0 )
xn * x =⇒ T xn * Tx

Utilisons le lemme 7.2 pour l’espace F , on conclut que T xn → T x.

7.1.2 Adjoint d’un opérateur dans les espaces de Hilbert

Définition 7.4.

Soient E et F deux espaces de Banach. On appelle opérateur linéaire non borné de E


dans F toute application linéaire T : D(T ) ⊂ E → F définie sur un sous-espace vectoriel
D(T ) ⊂ E, à valeurs dans F . On appelle D(T ) le domaine de l’opérateur T .
On dit que T est borné s’il existe une constante C ≥ 0 telle que :

kT xkF ≤ CkxkE , ∀x ∈ D(T ).

Remarque 7.5.

Dans la pratique, la plupart des opérateurs non bornés que l’on rencontrera sont fer-
més et à domaine dense dans E, c’est dire que D(T ) = E).

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Définitions, propriétés élémentaires et adjoints 177

Notations :
(E, k.k) un espace de Banach.
(E 0 , k.k) le dual topologique de E.
h., .i le crochet de dualité.
Pour x ∈ E et f ∈ E 0 , on a f (x) = hf, xi ∈ C

Définition 7.5. (Adjoint d’un opérateur)

Soit T : D(T ) ⊂ E → F un opérateur non borné à domaine dense ( i.e D(T ) = E).
On définitnun opérateur non borné T ∗ : D(T ∗ ) ⊂ F 0 → E 0 comme suit :
D(T ∗ ) = y ∈ F 0 ; x 7−→ hy, T xi est continue sur D(T ) i.e ∃C > 0 tel que |hy, T xi| ≤
o
Ckxk, ∀x ∈ D(T )

Il est clair que D(T ∗ ) est un sous-espace vectoriel de F 0 car 0 ∈ D(T ∗ ) .


On définit T ∗ (y) pour y ∈ D(T ∗ ).
Soit y ∈ D(T ∗ ). On considère l’application ly : D(T ) → R définie par :

ly (x) = hy, T xi ∀x ∈ D(T ).

On a :
|ly (x)| ≤ Ckxk, ∀x ∈ D(T ).
Comme D(T ) est dense dans E, alors d’après le théorème de prolongement, ly se prolonge
de façon unique en une application linéaire continue ley : E → R définie par :

hley , xi = hy, T xi, ∀x ∈ D(T ),

et on a :
|ley (x)| ≤ Ckxk, ∀x ∈ E.
Par suite ly ∈ E 0 , ley ∈ E 0
On définit aussi un opérateur T ∗ : E 0 → E 0 par :

T ∗ y = ley ,

de domaine D(T ∗ ).
Il est clair que T ∗ est linéaire.
L’opérateur :
T ∗ : D(T ∗ ) ⊂ F 0 → E 0 ,
s’appelle l’adjoint de T .
Par conséquent on a la relation fondamentale entre T et T ∗ suivante :

hy, T xiF 0 ,F = hT ∗ y, xiE 0 ,E , ∀x ∈ D(T ), ∀y ∈ D(T ∗ ).

Proposition 7.9

Soit T : D(T ) ⊂ E → F un opérateur non borné à domaine dense. Alors T ∗ est fermé,
c’est à dire que G(T ∗ ) est fermé dans F 0 × E 0 .

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Définitions, propriétés élémentaires et adjoints 178

Démonstration.

Soit (yn )n∈N une suite de D(T ∗ ) telle que yn → y dans F 0 et T ∗ y → z dans E 0 . On montre
que y ∈ D(T ∗ ) et T ∗ y = z.
On a :
hyn , T xi = hT ∗ yn , xi, ∀x ∈ D(T ). (7.1)
On passe à la limite dans (7.1), on obtient :

hy, T xi = hz, xi, ∀x ∈ D(T ).

Par conséquent, en vertu de la définition de D(T ∗ ), on a :

y ∈ D(T ∗ ) et T ∗ = z.

Donc T ∗ est fermé.

Proposition 7.10

Soient E, F deux espaces de Banach et soit T ∈ L(E, F ) et T est fermé. Alors on a :


 ⊥  ⊥
1) ker(T ) = Im(T ∗ ) , ker T ∗ = Im(T ) .
 ⊥  ⊥
2) Im(T ∗ ) ⊂ ker(T ) , Im(T ) = ker(T ∗ ) .
 ⊥
3) Im(T ) est fermée ⇔ Im(T ∗ ) est fermée ⇔ Im(T ) = ker(T ∗ ) ⇔ Im(T ∗ ) =
⊥
ker(T ) .

Cas d’un espace de Hilbert :


Soit H un espace de Hilbert muni d’un produit scalaire (., .) et soit T : D(T ) ⊂ H → H un
opérateur linéaire non borné défini sur H.
On suppose que D(T ) est dense dans H. On a
n o
D(T ∗ ) = z ∈ H : l’application x 7−→ hT x, zi est linéaire continue sur D(T ) .

Comme l’application x 7−→ hT x, zi est linéaire continue sur D(T ) et D(T ) est dense dans H,
alors elle se prolonge de façon unique en une application linéaire continue lz : H, (., .) → C.
D’après le théorème de représentation de Riesz il existe y ∈ H unique tel que :

lz (x) = (x, y), ∀x ∈ H.

Donc
hT x, zi = (x, y), ∀x ∈ D(T ), ∀z ∈ D(T ∗ ).
On a défini donc un opérateur T ∗ de domaine D(T ∗ ) par

T ∗ z = y.

On a donc
hT x, zi = hx, T ∗ zi, ∀x ∈ D(T ), ∀z ∈ D(T ∗ ).

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Définitions, propriétés élémentaires et adjoints 179

Définition 7.6.

L’application T ∗ : H2 → H1 définie par :

∀x ∈ H1 , ∀y ∈ H2 : (T x, y)2 = (x, T ∗ y)1 ,

s’appelle l’adjoint de T .

Définition 7.7.

On dit qu’un opérateur T ∈ L(H) est auto-adjoint si T = T ∗ , c’est à dire

(T x, y) = (x, T y), ∀x, y ∈ H.

Proposition 7.11

Soient H1 et H2 deux espaces de Hilbert munis des deux produits scalaires (., .)1 et
(., .)2 successivement et les normes induites k.k1 et k.k2 et soit T ∈ L(H1 , H2 ). Alors,

∀y ∈ H2 , il existe un unique z ∈ H1 tel que ∀x ∈ H1 : (T x, y)2 = (x, z)1 .

On note
z = T ∗y

Démonstration.

Soit y ∈ H2 . On définit l’application ly : H1 → K par

ly (x) = (T x, y)2 .

- Montrons que ly est une forme linéaire continue. Il est clair que ly est linéaire.
Montrons que ly est continue sur H1 .
Soit x ∈ H1 . On a

|ly (x)| = |(T x, y)| ≤ kT k kyk2 kxk1 pour tout x ∈ H1 .

(On a utilisé l’inégalité de Cauchy Schwartz et le fait que T est continu).


0
Ce qui signifie que ly est une forme linéaire continue sur H1 , c’est à dire que ly ∈ H1 .
Donc en vertu du théorème de représentation de Riesz, il existe un unique z ∈ H1 tel que

ly (x) = (x, z)1 , ∀x ∈ H1 .

C’est à dire que,


(T x, y)2 = (x, z)1 .

Proposition 7.12

Soient H1 et H2 deux espaces de Hilbert munis des deux produits scalaires (., .)1 et (., .)2

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Définitions, propriétés élémentaires et adjoints 180

successivement et les normes induites k.k1 et k.k2 et soit T ∈ L(H1 , H2 ). Alors

T ∗ ∈ L(H2 , H1 ) et kT ∗ k = kT k.

Démonstration.

i) Montrons que T ∗ : H2 → H1 est linéaire.


Soient y1 , y2 ∈ H2 et α ∈ K.
Pour x ∈ H1 , on a :
(x, T ∗ (y1 + αy2 ))1 = (T x, y1 + αy2 )2 = (T x, y1 )2 + ᾱ(T x, y2 )2 = (x, T ∗ y1 )1 + ᾱ(x, T ∗ y2 )1 =
(x, T ∗ y1 + αT ∗ y2 )1 .
D’où,
T ∗ (y1 + αy2 ) = T ∗ y1 + αT ∗ y2 .
Alors T ∗ est linéaire.
Montrons que T ∗ est continu.
Soit y ∈ H2 .
On a :
kT ∗ yk21 = (T ∗ x, T ∗ x)H1 = (y, T T ∗ y)H2 . (7.2)
Utilisons l’inégalité de Cauchy Schwarz dans (7.2), on obtient :
kT ∗ yk21 = (y, T T ∗ y)H2 ≤ kyk2 kT k kT ∗ yk1 .
D’où,
kT ∗ yk1 ≤ kyk2 kT k.
Ce qui signifie que T ∗ ∈ L(H2 , H1 ) et on a :
kT ∗ k ≤ kT k. (7.3)
Montrons que kT ∗ k = kT k.
Soit x ∈ H1 . On a :

kT xk22 = (T x, T x)2 = (x, T ∗ T x)1 ≤ kxk1 kT ∗ k kT xk.


Donc,
kT xk2 ≤ kT ∗ k kxk1 .
D’où,
kT k ≤ kT ∗ k. (7.4)
En vertu de (7.3) et (7.4), on conclut que
kT ∗ k = kT k.

Proposition 7.13

Soient T, S ∈ L(H1 , H2 ) et Q ∈ L(H2 , H) et soient α, β ∈ K. On a


1) (IdH )∗ = IdH .
2) T ∗∗ = T .
3) (αT + βS)∗ = ᾱT ∗ + β̄S ∗ .
4) QT ∈ L(H1 , H) et (QT )∗ = T ∗ Q∗ .
5) kT T ∗ k = kT ∗ T k = kT k2 .

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Définitions, propriétés élémentaires et adjoints 181

Démonstration.
La démonstration est facile, elle découle de la définition 7.6.

Théorème 7.5

Soient H1 , H2 deux espaces de Hilbert et soit T ∈ L(H1 , H2 ).


On a :
T est inversible ⇐⇒ T ∗ est inversible,
et on a :
(T ∗ )−1 = (T −1 )∗ .

Démonstration.

i) Montrons =⇒).
Supposons que T est inversible et montrons que T ∗ est inversible.
D’après la proposition 7.13 on a :

(T −1 )∗ T ∗ = (T T −1 )∗ = IdH2 ,

et
T ∗ (T −1 )∗ = (T −1 T )∗ = IdH1 .
Donc T ∗ ∈ L(H2 , H1 ) est inversible et (T ∗ )−1 = (T −1 )∗ .
ii) Montrons ⇐=).
Supposons que T ∗ ∈ L(H2 , H1 ) est inversible et montrons que T est inversible.
D’après i), on a (T ∗ )∗ ∈ L(H1 , H2 ) est inversible.
Or d’après la proposition 7.13, on a T ∗∗ = T . Donc T est inversible.

Définition 7.8.

Un opérateur T ∈ L(H1 , H2 ) est dit unitaire si

T T ∗ = IdH2 et T ∗ T = IdH1 .

Définition 7.9.

Un opérateur T ∈ L(E) est dit normal s’il commute avec son adjoint, c’est à dire si
T T ∗ = T ∗T .

Dans la suite, on considère un espace de Hilbert H et l’opérateur T ∈ L(H). D’après l’identi-


fication de H avec H 0 , on peut considérer que l’adjoint T ∗ de T est aussi dans L(H).

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Alternative de Fredholm 182

7.2 Alternative de Fredholm


Le théorème de Fredholm permet, entre autre, de montrer l’existence et l’unicité des équa-
tions aux dérivées partielles de type elliptique ne vérifiant pas la condition de coercivité.

Définition 7.10.

Soit E un espace de Banach et T ∈ L(E).


- On dit que T est un opérateur de Fredholm si les trois conditions suivantes sont satis-
faites
1) Im(T ) est fermée.
2) ker(T ) est de dimension finie.
3) Im(T ) est de codimension finie. (ce qui est équivalent à dire dim ker(T ∗ ) < +∞).


On note

Ind(T ) = dim(ker(T )) − codim(Im(T )) = dim(ker(T )) − dim ker(T ∗ ) .




Le nombre entier Ind(T ) s’appelle l’indice de T .


- On dit que T est un opérateur semi-Fredholm si
1) Im(T ) est fermée.
2) ker(T ) est de dimension finie.

Exemple 7.5.

Si T est un opérateur compact sur E, alors I + T est un opérateur de Fredholm et


Ind(I + T ) = 0.

Définition 7.11.

Soit E, F deux espaces de Banach et soit T ∈ L(E, F ).


L’opérateur T est dit semi-Fredholm si
1) La dimension de ker(T ) est finie.
2) L’image de T est fermée.
On note SF(E, F ) l’ensemble des opérateurs semi-Fredholm de E dans F .

Remarque 7.6.

Le fait que ker(T ) est de dimension finie implique qu’il existe un sous-espace M fermé
M de E tel que E = ker(T ) ⊕ M (voir [6] page 38). De plus Im(T ) = T (M ) est un
espace de Banach muni de la norme k . kF .

Théorème 7.6

Soit T ∈ L(E, F ) et supposons que ker(T ) est de dimension finie. Alors on a


T ∈ SF(E, F ) si et seulement si

∃C > 0, ∀x ∈ M :k T x kF ≥k x kE . (7.5)

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Alternative de Fredholm 183

Démonstration.

i) Supposons que (7.5) est satisfaite et montrons que T ∈ SF(E, F ).


On a (7.5) implique que Im(T ) est fermée. En effet, soit (yn ) = (T xn ) telle que yn −→ y
dans F .
Soit (un ) et (vn ) telles que xn = un + vn avec (un ) ⊂ M et (vn ) ⊂ ker(T ). Ainsi yn = T un .
Comme la suite (yn ) est de Cauchy car elle est convergente, donc la suite (un ) est de Cauchy.
En effet,
1
∀n, m ∈ N, on a k un − um k≤ k yn − ym kF .
C
Donc la suite (un ) est convergente. On pose lim un = u.
n−→+∞
On a lim T un = T u. D’où y = T u.
n−→+∞
ii) Réciproquement.
Supposons que T ∈ SF(E, F ) et montrons que (7.5) est satisfaite.
On a Im(T ) est un espace de Banach et S = T |M : M −→ Im(T ) est bijective, donc d’après
le théorème des isomorphismes de Banach on conclut que S −1 est continue. Ce qui entraîne
que (7.5) a lieu.

Théorème 7.7

(Alternative de de Fredholm [1866-1927] )


Soit E un espace de Banach et soit T un opérateur compact de E dans lui même i.e
T ∈ K(E). Alors
1) ker(I − T ) est de dimension finie.
 ⊥
2)Im(I − T ) est fermée et Im(I − T ) = ker(I − T ) . ∗

3) L’opérateur I − T est injectif si et seulement s’il est surjectif, c’est à dire Im(I − T ) =
E ⇔ ker(I − T ) = {0}.
4) dim ker(I − T ) = dim ker(I − T ∗ ).

Remarque 7.7.

1) On emploie ce résultat dans le cas d’un opérateur de la forme λI − T où T est un


opérateur compact et λ 6= 0 pour exprimer que deux cas, et deux seulement peuvent se
présenter :
- Ou l’équation homogène (λI − T )u = 0 n’admet que la solution nulle, et alors
l’équation (λI − T )u = f admet une solution unique pour tout f .
- Ou l’équation (λI − T )u = 0 admet un nombre fini n de solutions linéairement indé-
pendantes et alors l’équation (λI − T )u = f admet des solutions si et seulement si f
vérifie n relations linéairement indépendantes (n conditions d’orthogonalités), auquel
cas l’équation (λI − T )u = f admet n solutions.
T
2) Le même résultat est vrai pour l’opérateur I − T puisque est compact.
λ

Démonstration. (du théorème 7.7)

1) Montrons que dim(I − T ) < +∞.


Pour faciliter l’écriture, on pose M = ker(I − T ).
On a la boule unité fermée de M vérifie BM ⊂ T (BM ) et on a :

BK0 ⊂ T (BM ) ⊂ T (BE ).

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Alternative de Fredholm 184

Donc BM est compacte, et en vertu du théorème de Riesz on en déduit que dim(M ) < +∞,
c’est à dire que dim(I − T ) < +∞.
2) Montrons que : Im(I − T ) est fermée.
En vertu de la proposition 7.10, pour montrer que Im(I − T ) = ker(I − T ∗ )⊥ .
Il suffit de montrer que Im(I − T ) est fermée.
Soit (yn )n∈N ⊂ Im(I − T ) une suite convergente vers y et montrons que y ∈ Im(I − T ).
Il existe une suite (xn )n∈N ⊂ E telle que yn = xn − T xn .
On pose,  
dn = d xn , ker(I − T ) .

Tout d’abord, on montre d’abord que la suite (dn ) est bornée.


Montrons par l’absurde, c’est à dire on suppose qu’il existe une sous-suite qu’on la note tou-
jours (dn ))n∈N , telle que dn → +∞.
Comme dim ker(I − T ) < +∞, alors il existe une suite x0n ⊂ ker(I − T ) telle que :

dn = kxn − x0n kE .

xn − x0n
Posons zn = .
dn
Donc on a :
  1  
d zn , ker(I − T ) = d xn , ker(I − T ) = 1,
dn
yn
et zn − T zn = → 0.
dn
Comme T est compact, quitte à extraire à nouveau une sous-suite il existe z tel que T zn → z,
et donc comme zn − T zn → 0, on a zn → z.
Mais alors,  
z ∈ ker(I − T ) et d z, ker(I − T ) = 1.

Ce qui est absurde.


la suite (dn ) est donc bornée, et comme T est compact, il existe alors x tel que

T (xn − x0n ) → x et xn − x0n → y + x,

Comme yn = xn − x0n − T (xn − x0n ), alors on a :

y = (y + x) − T (y + x) ∈ Im(I − T ).

Ce qui montre que Im(I − T ) est fermée.


Par conséquent, on conclut d’après la proposition 7.10 que,

Im(I − T ) = ker(I − T ∗ )⊥ .

3) Montrons que :
I − T est injectif ⇐⇒ Im(I − T ) = E ⇔ ker(I − T ) = {0}.
Montrons Le premier sens =⇒), c’est à dire on suppose que
que I − T est injectif et I − T n’est pas surjectif.
Soit la suite En = (I − T )n (E).
Comme I − T n’est pas surjectif, alors E1 ( E est un sous-espace de E.
Par ailleurs E1 est stable par T .
De même on montre que E2 ( E1 est un sous-espace de E1 , car I − T est injectif et pas
surjectif, et par récurrence on obtient que En+1 est un sous-espace de En et l’inclusion est
stricte car I − T est injectif et pas surjectif.
Par conséquent, d’après la propriété 2) de ce théorème 7.7, comme la restriction T |En est un

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Alternative de Fredholm 185

opérateur compact de En , alors l’image En+1 de (I − T ) |En est fermée.


la suite (En )n∈N est donc une suite strictement croissante de sous-espaces fermés. Et d’après
le lemme 7.3, il existe donc une suite (xn )n∈N telle que :
1
xn ∈ En , kxn k = 1 et d(xn , En+1 ) ≥ .
2
Soient alors n et m tels que n > m, on a :
 
T (xn − xm ) = (xm − T xm ) − (xn − T xn ) + xn − xm ,

et comme
(xm − T xm ) − (xn − T xn ) + xn ∈ Em+1 ,
alors il vient que,
1
kT (xn − xm )kE ≥ .
2
 
Ce qui montre que la suite T (xn − xm ) n’est pas de Cauchy, donc n’est pas convergente.
Comme (xn ) est bornée et T est compact alors on a une contradiction.
Finalement on a I − T est surjectif.
Deuxième sens ⇐=). Supposons que I − T est surjectif c’est à dire que Im(I − T ) = E et
montrons que I − T est injectif.
Ce sens s’obtient, en appliquant le même raisonnement précédent à T ∗ , en utilisant les résul-
tats de la proposition 7.10.
4) Montrons que dim ker(I − T ) = dim ker(I − T ∗ ).
Pour cela on pose d1 = dim ker(I − T ) et d2 = dim ker(I − T ∗ ) .
 

Remarque 7.8.

On commence par remarquer que si dim(E) = d1 , alors Im(I − T ) = {0}.


Donc,
ker(I − T ∗ ) = {0} et le résultat est vrai.

i) Montrons que d1 > d2 .


Montrons par l’absurde,c’est à dire qu’on suppose d < d∗ .
Comme dim ker(I − T ) < +∞, alors ker(I − T ) admet un supplémentaire topologique dans
E. En effet :
Soit l’application :
ϕi : ker(I − T ) −→ (ei ),
telle que
ϕi (x) = xi ,
où (ei ) est la base de ker(I − T ).
En vertu du théorème de Hahn-Banach forme analytique, il existe un prolongement de ϕi sur
E tout entier.
\n
Donc on peut prendre ϕ−1
i ({0}) comme supplémentaire topologique de ker(I − T ).
i=1
Soit le projecteur continu :
p : E −→ ker(I − T ).
Comme Im(I − T ) = ker(I − T ∗ ) et de codimension finie d2 , alors il admet un supplémen-
taire topologique dans E que l’on note F tel que

dim(F ) = (d2 )2 .

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Théorie spectrale d’un opérateur compact 186

Comme d1 < d2 , alors il existe une application linéaire f : ker(I − T ) → F qui est injective et
non surjective.
On définit maintenant sur l’espace E l’opérateur
A = T + f ◦ p,
( f ◦ p est de rang fini).
Soit x ∈ ker(I − T ) alors
0 = x − Ax = (x − T x) − f (px).
Donc x − T x = 0 et px = 0 car f est injective. Donc x = 0.
D’après la propriété 3) de ce théorème 7.7 appliquée à A on a Im(I − A) = E.
Ce qui contredit le fait qu’ il existe y ∈ F \ Im(f ) et pour y quelconque, l’équation x − Ax = y
n’admet pas de solution.
Donc
d1 ≥ d2 . (7.6)
ii) Montrons que d1 ≤ d2 .
En appliquant le résultat de i) à T ∗ , on trouve
     
dim ker(I − T ∗∗ ) ≤ dim ker(I − T ∗ ) ≤ dim ker(I − T ) .

Il est facile de remarquer que ker(I − T ) ⊂ ker(I − T ∗∗ ).


d1 ≤ d2 . (7.7)
De (7.6) et (7.7), on conclut que :
d1 = d2 .
C’est à dire que
dim ker(I − T ) = dim ker(I − T ∗ ).

7.3 Théorie spectrale d’un opérateur compact


La théorie spectrale d’un opérateur compact est pour l’essentiel de création du mathémati-
cien F. Riesz aux alentours de 1910. Le théorème de Riesz (qui affirme que si E est un espace
vectoriel normé, alors B E (0, 1) est compacte si et seulement si E est de dimension finie) est
l’un des points clés de cette théorie.

Définition 7.12.

Soit E un espace de Banach et soit T ∈ L(E).


1) On appelle ensemble résolvant de l’opérateur T l’ensemble

ρ(T ) = {λ ∈ K : λI − T est inversible}.

Un élément λ de ρ(T ) est appelé valeur résolvante de T .


2) L’application
R(·, T ) : ρ(T ) → L(E),
où R(λ, T ) = (λI − T )−1 , ∀λ ∈ ρ(T ).
S’appelle la résolvante de l’opérateur T .
3) Le spectre σ(T ) de l’opérateur T est le complémentaire de l’ensemble résolvant, c’est
à dire qu’il est l’ensemble
σ(T ) = K\ρ(T ).

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Théorie spectrale d’un opérateur compact 187

Un élément λ de σ(T ) est appelé valeur spectrale de T .


L’espace ker(λI − T ) est l’espace propre associé à λ.
4) On dit λ ∈ K est une valeur propre de T si λI − T n’est pas injectif, autrement dit
l’ensemble des valeurs propres Vp (T ) de l’opérateur T est donné par
n o
Vp (T ) = λ ∈ K : ker(λI − T ) 6= {0} .

Remarque 7.9.
    
1. ker(λI − T ) 6= {0} ⇐⇒ ∃x ∈ E \ {0} : x ∈ ker(λI − T ) : T x = λx ⇐⇒ ∃x ∈

E \ {0} : T x = λx .
Dans ce cas x s’appelle le vecteur propre associé à la valeur propre λ.
2. Les définitions ci-dessus restent valables même si l’espace E n’est pas de Banach.
3. On a toujours Vp (T ) ⊂ σ(T ) et l’ensemble des valeurs propres s’appellent aussi
spectre ponctuel noté σp (T ).
En général l’inclusion est stricte, c’est à dire Vp (T ) σ(T ) (un tel λ appartient au
spectre mais n’est pas une valeur propre) sauf bien entendu si dim(E) < +∞ car
alors λI −T est inversible si et seulement si ker(λI −T ) = {0}. Donc Vp (T ) = σ(T ).
la situation est plus délicate comme la montre les deux exemples ci-dessous.

Exemple 7.6.

On considère l’espace de Hilbert H = l2 et l’opérateur (shift à droite) T : l2 → l2 défini


par :
T x = (0, x1 , x2 , .....) où x = (x1 , x2 , .....) ∈ l2 .
On a dim(l2 ) = +∞. Alors 0 ∈ σ(T ), mais 0 ∈
/ Vp (T ).

Exemple 7.7.
 
Soit E = C [0, 1], K l’espace des fonctions continues de [0, 1] vers K muni de la norme
de convergence uniforme kf k = sup | f (x) |.
0≤x≤1
On définit l’opérateur de Volterra T sur E par :
Z x
T f (x) = f (t) dt, ∀x ∈ [0, 1].
0

On a dim(E) = +∞. n o
D’autre part, on a ker(T ) = {0} et Im(T ) = g ∈ C 1 [0, 1], K : g(0) = 0 .


T est injectif, donc 0 ∈


/ Vp (T ), et T est non surjectif, donc 0 ∈ σ(T ).

Proposition 7.14

Soit E un espace de Banach et T ∈ L(E).


1. Si | λ |> kT k, alors λ ∈ ρ(T ). En particulier on a σ(T ) ⊂ D(0, kT k).

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Théorie spectrale d’un opérateur compact 188

2. ρ(T ) est un ouvert non vide de K.


3. σ(T ) est un compact de K.
4. Vp (T ) ⊂ σ(T ).

Démonstration.

1. Supposons que |λ| > kT k. Donc λ 6= 0 et kλ−1 T k < 1. Donc d’après la proposition 1.7
on a I − λ−1 T est inversible, c’est à dire que λ−1 (Iλ − T ) est inversible. Ce qui montre
que λ ∈ ρ(T ).

2. Montrons que ρ(T ) est un ouvert de K.


On a d’après 1), ρ(T ) 6= ∅.
On considère l’application ϕ : K −→ L(E) définie par :

∀λ ∈ K : ϕ(λ) = λI − T.

Alors
ρ(T ) = ϕ−1 (GL(E)),
où GL(E) est l’ensemble des application linéaires continues et inversibles.
De plus l’application ϕ est continue. En effet :

∀λ, µ ∈ K : kϕ(λ) − ϕ(µ)k = k(λ − µ)Ik ≤ |λ − µ|.

Alors d’après la proposition 1.7 GL(E) est un ouvert de L(E). Ainsi ρ(T ) = ϕ−1 (GL(E))
est un ouvert de K.

3. Montrons que σ(T ) est un compact de K.


On a d’après 2), σ(T ) = K\ρ(T ) est fermé, donc en vertu de 1) σ(T ) est borné, et donc
compact.

4. Montrons que : Vp (T ) ⊂ σ(T ).


Comme Vp (T ) ⊂ σ(T ) et σ(T ) est fermé, alors on conclut que

Vp (T ) ⊂ σ(T ).

Proposition 7.15

(Identité de la résolvante)

Soit E un espace de Banach et soient T ∈ L(E), et λ, µ ∈ ρ(T ). Alors

R(λ, T ) − R(µ, T ) = (µ − λ)R(λ, T )R(µ, T ) (7.8)

De plus, l’application λ 7−→ R(λ, T ) est dérivable sur ρ(T ) et sa dérivée est donnée par

dR(λ, T )
= −R(λ, T )2 . (7.9)

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Théorie spectrale d’un opérateur compact 189

Démonstration.

Montrons l’égalité (7.8).


On a R(λ, T ) = (λI − T )−1 . Donc, h i h
R(λ, T ) = R(λ, T )(µI − T )R(µ, T ) = R(λ, T ) λI − T + (µ − λ)I R(µ, T ) = I + (µ −
i
λ)R(λ, T ) R(µ, T ) = R(µ, T ) + (µ − λ)R(λ, T )R(µ, T ).
Montrons l’égalité (7.9).
D’après la proposition 1.7 l’application T 7−→ T −1 est continue sur GL(E), on en déduit que
l’application λ 7−→ R(λ, T ) est continue. De plus, pour tout h > 0, on a :
1
(R(λ + h, T ) − R(λ, T )) = −R(λ, T )R(λ + h, T ).
h
Alors la continuité de l’application λ 7−→ R(λ, T ) entraîne sa dérivabilité et donc on a l’égalité
(7.9).

Définition 7.13. (Rayon spectral)

Soit T ∈ L(E). On définit le rayon spectral de l’opérateur T noté r(T ) par

r(T ) = sup{|λ| : λ ∈ σ(T )},

et on a toujours r(T ) ≤ kT k.
Si σ(T ) = ∅, alors par convention, on pose r(T ) = 0.

Remarque 7.10.

1) On a r(T ) ∈ [0, kT k ].
La définition est plus précise : D(0, r(T )) est le plus petit disque fermé centré en 0
contenant σ(T ).
2) En particulier, ρ(T ) contient la couronne ouverte K\D(0, r(T )) et l’application
λ 7−→ R(λ, T ) est définie et dérivable sur cette couronne.

Proposition 7.16

1
Soit T ∈ L(E). Alors la suite kT n k n

n∈N∗
est convergente dans R+ et on a
1
lim kT n k n = inf kT n k ≤ kT k.
n→+∞ n≥1

1
Notation : r(T ) = lim kT n k n .
n→+∞

Démonstration.

Pour tout n ∈ N∗ , on a :
1
0 ≤ kT n k n ≤ kT k.

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Théorie spectrale d’un opérateur compact 190

1 1 1
Donc les limites suivantes lim kT n k n , lim kT n k n , l = inf kT k k k sont des réels positifs.
n→+∞ n→+∞ k≥1
1
Soit ε > 0 fixé, il existe q ∈ N∗
tel que kT q k q ≤
l + ε.
Or, pour tout n ∈ N , la division euclidienne de n par q assume qu’il existe (bn , rn ) ∈ N∗ )2 tel

que n = bn q + rn , avec 0 ≤ rn < q.


Supposons que kT k = 6 0, alors on obtient :
1 1 bn rn qbn rn
kT n k n = kT bn q+rn k n ≤ kT q k n kT n ≤ (l + ε) n kT k n .
On aura : bn q rn
lim (l + ε) n kT k n .
n→+∞
Comme 0 ≤ rn < q, alors
rn qbn rn
lim = 0, et =1− .
n→+∞ n n n
D’où
1
lim kT n k n ≤ l + ε. (7.10)
n→+∞
En vertu de (7.10), on conclut que
1
lim kT n k n ≤ l.
n→+∞

D’autre part, on a
1 1 1
lim kT n k n ≥ lim kT n k n = lim inf kT k k k ≥ l,
n→+∞ n→+∞ −→ k≥n
n→+∞
1 1
car inf kT k k ≥ inf kT k k = l.
k k
k≥n k≥1
Enfin, on obtient :
1 1 1
l = lim kT n k n = lim kT n k n = lim kT k n .
n→+∞ n→+∞ n→+∞

Lemme 7.3.

Soit E un espace vectoriel normé et F E un sous-espace fermé de E. Alors on a


1
∀ε > 0, ∃u ∈ E : kuk = 1 et d(u, F ) ≥ .
ε+1
Si dim(E) < ε, on peut prendre ε = 0.
Démonstration.

On choisit v ∈
/ F.
Comme F = F , alors d = d(v, F ) > 0. Donc il existe w ∈ F tel que :
kv − wk < (1 + ε)d.
v−w
On pose u = . Alors
kv − wk
kv − w − kv − wk kzk 1 1
∀z ∈ F : ku − zk = ≥ d= car w − kv − wkz ∈ F.
kv − wk (ε + 1)d ε+1
1
Si dim(E) < +∞, on a ε = fournit une suite (un ) qui admet une sous-suite convergente
n
vers u et ça grâce à la compacité de la boule unité fermée de E, avec donc d(u, F ) = 1.

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Théorie spectrale d’un opérateur compact 191

Proposition 7.17

Soit E un espace de Banach, et T un opérateur compact de E dans E c’est à dire que


T ∈ K(E).
Alors,  
1) dim ker(I − T ) < +∞ et Im(I − T ) est fermé.
2) I − T est inversible si et seulement s’il est injectif.
En d’autre terme 1 ∈ σ(T ) ⇔ 1 ∈ Vp (T ).

Proposition 7.18

Soit E un espace de Banach et soit T ∈ L(E) un opérateur compact i.e T ∈ K(E).


Alors
1) si dim(E) = +∞, alors 0 ∈ σ(T ) .
2)(λ 6= 0 ∈ σ(T )) ⇔ (λ ∈ Vp (T )) . Le sous-espace propre associé est de dimension finie.
3) σ(T ) est un compact au plus dénombrable, et s’il est fini, on peut ranger ses éléments
en une suite (λn ), | λn+1 |≤| λn | avec lim λn = 0.
n→+∞

Démonstration.

1) Supposons que dim(E) = +∞ et montrons que 0 ∈ σ(T ).


Utilisons la contraposée, c’est à dire qu’on suppose 0 ∈
/ σ(T ) et montrons que dim(E) < +∞.
−1
Si T est inversible et compact, alors on a I = T T est compact et on a vu qu’alors
dim(E) < +∞.
2) Montrons que :(λ 6= 0 ∈ σ(T )) ⇔ (λ ∈ Vp (T )).
T
Si λ 6= 0, on a λI − T = λ(I − ). Alors en vertu de la proposition 7.17 on conclut que
λ
T
λ ∈ σ(T ) ⇔ 1 ∈ Vp ( ) ⇔ λ ∈ Vp (T ).
λ
D’après 1) de cette proposition 7.18, on conclut que la dimension de l’espace propre est finie.
3) Soit ε > 0. On montre qu’il n’existe qu’un nombre fini d’éléments de σ(T ) de module
supérieur à ε.
Montrons par l’absurde.
Supposons qu’il existe une suite (λn ) ⊂ σ(T ) telle que ses éléments sont distincts et | λn |≥ ε.
En vertu de 2) de cette proposition 7.18, se sont des valeurs propres, et soit en un vecteur
propre unitaire associé à λn .
Les vecteurs en forment alors une famille libre, et soit En l’espace de dimension n engendré
par les n premiers vecteurs de cette famille.
D’après le lemme 7.3, il existe pour chaque n un vecteur unitaire un tel que
un ∈ En+1 , d(un , En ) = 1.
un
On pose vn = .
λn
1
la suite (vn ) est bornée par , et on va montrer que la suite (T (vn ))n n’admet pas une sous-
ε
suite convergente, ce qui contredit la compacité de T .

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Théorie spectrale d’un opérateur compact 192

Pour cela, on montre que les points de la suite (T (vn ))n sont isolés.
Pour n > m, on peut écrire
T vn − T vm = un − vn,m avec vn,m ∈ E n ,
de sorte que kT vn − T vm k ≥ 1.
λn+1 I − T
Il suffit donc de poser vn,m = T vm − un .
λn+1
On a par construction, T vm ∈ Em+1 ⊂ En , et (λn+1 I − T )(En+1 ) ⊂ En .
On a donc vn,m ∈ En .

Théorème 7.8

(spectre d’un opérateur compact)


Soit E un espace de Banach de dimension infinie et T un opérateur compact de E sur
lui même. Alors
1) 0 ∈ σ(T ).
2) σ(T )\{0} = Vp (T )\{0}.
3) On a l’une des situations suivantes : soit σ(T ) = {0}, soit σ(T )\{0} est fini, soit
σ(T )\{0} est une suite qui tend vers 0.

Démonstration.

La démonstration repose sur le théorème de Fredholm 7.7.


1) Montrons que 0 ∈ σ(T ).
Montrons par l’absurde.
Supposons que 0 ∈ / σ(T ).
Alors T est bijectif. Et comme T est compact, on en déduit alors que I = T T −1 est compact.
En particulier la boule unité fermée BE est compacte, ce qui implique d’après le théorème de
Riesz que dim(E) < +∞. Ce qui contredit le fait que dim(E) = +∞.
2) Montrons que σ(T )\{0} = Vp (T )\{0}.
On a σ(T )\{0} ⊃ Vp (T )\{0} est toujours vraie. Donc il suffit de montrer l’autre inclusion
σ(T )\{0} ⊂ Vp (T )\{0}.
Soit λ ∈ σ(T )\{0}. Montrons par l’absurde, c’est à dire qu’on suppose λ ∈
/ Vp (T )\{0}.
Alors,
ker(λI − T ) = {0}.
Donc d’après le théorème 7.7 point 3) on a Im(λI − T ) = E, et donc λ ∈ ρ(T ). Contradiction
car λ ∈ σ(T )\{0}.
3) Commençons par montrer que tous les points de σ(T )\{0} sont isolés.
Soit donc une suite (λn )n∈N de valeurs propres de T distinctes et non nulles, convergeant
vers une limite λ et montrons que λ = 0.
On a par définition et d’après 2) de ce théorème 7.8 il existe une suite de vecteurs non nuls
(en )n∈N de E tels que
(λn I − T )en = 0.
Soit Ek = V ect(ek ), 1 ≤ k ≤ n.
On montre par récurrence que les vecteurs (en )n∈N sont indépendants. En effet,
k
X
si ce résultat est vrai à l’ordre k, alors on suppose que ek+1 = αl el et on a alors
l=1

k
X
0 = (λk+1 I − T )ek+1 = αl (λk+1 − λl )el ,
l=1

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Théorie spectrale d’un opérateur compact 193

et donc λl = 0 pour tout 1 ≤ l ≤ k.


la suite (En ) est donc strictement croissante, et on a (λn I − T )En ⊂ En−1 .
En vertu du lemme 7.3 il existe une suite (xn )n∈N telle que xn ∈ En et kxn k = 1 et
1
d(xn , En−1 ) ≥ .
2
Soit alors 2 ≤ m < n, on a donc

Em−1 ⊂ Em ⊂ En−1 ⊂ En .

On écrit alors
1
kλ−1 −1 −1 −1
n T xn −λm T xm k = kλn (λn xn −T xn )−λm (λm xm −T xm )+xn −xm k ≥ d(xn , En−1 ) ≥ .
2
Et comme la suite (T xn ) admet une sous-suite convergente, alors λn → λ 6= 0.
1
Les éléments de σ(T ) \ {0} sont donc tous isolés et donc l’ensemble σ(T ) ∩ {λ ∈ C :| λ |≥ }
n
est soit vide soit fini ( comme σ(T ) est compact, s’il avait une infinité de points distincts il
aurait un point d’accumulation).
Enfin si σ(T ) \ {0} contient une infinité de points distincts, il forment une suite qui tend vers
0. D’où le résultat.

Théorème 7.9

(de Riesz-Schauder :)
Soit H un espace de Hilbert de dimension infinie et soit T un opérateur compact dans
H. Alors
1) σ(T ) est fini ou dénombrable, 0 lui appartient et est son seul point d’accumulation
possible.
2) Si λ ∈ σ(T ) distinct de 0, λ est une valeur propre de multiplicité finie, Im(λI − T )
est fermée de codimension finie ou égale à multiplicité de λ.

Remarque 7.11.

Le point 0 peut être ou ne peut être une valeur propre, et peut être une valeur propre
de multiplicité finie ou infinie.

Démonstration.

Montrons d’abord qu’une suite de valeurs propres distinctes λ1 , λ2 , ..... ne peut pas conver-
ger vers un nombre non nul λ0 .
Supposons que ce soit le cas. On choisit pour tout n ∈ N∗ un vecteur normé xn ∈ ker(T −λn I),
et on note En le sous-espace vectoriel engendré par x1 , x2 , ...., xn , pour n ≥ 2.
On choisit yn normé dans En ∩ En−1⊥ .
 
Comme la suite (λ−1n yn ) est bornée, alors il existe une sous suite (ynk ) telle que
1
λn T ynk
admet une limite.
D’autre part, pour m < n, on a :
1 1 1 1
T yn − T ym = yn + (T − λn I)yn − T ym avec T ym ∈ Em , (T − λn I)yn ∈ En−1 .
λn λm λn λm
Donc,
1 1
yn ⊥ (T − λn I)yn − T ym ,
λn λm

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Diagonalisation d’un opérateur compact auto-adjoint sur un espace de Hilbert 194

et
1 1
k T yn − T ym k ≥ kyn k = 1.
λn λm
 1 
Ce qui contredit le fait que T ynk admet une limite.
λnk
On en déduit de là que σ(T ) est fini ou dénombrable. En effet :
σ(T ) est la réunion de ses intersections avec les complémentaires des disques ouverts de
1
centre 0 et de rayon .
n
Or une telle intersection est compacte et discrète, donc finie.

7.4 Diagonalisation d’un opérateur compact auto-adjoint sur un


espace de Hilbert
On se place dans le cas où E = H est un espace de Hilbert sur R. Alors grâce au théo-
rème de représentation de Riesz on peut identifier H 0 et H et donc T ∗ est un élément de
L(H).

Définition 7.14.

Soit H un espace de Hilbert réel muni du produit scalaire (., .).


On dit qu’un opérateur T ∈ L(H) est auto-adjoint si T = T ∗ , c’est à dire si

(T x, y) = (x, T y), ∀x, y ∈ H.

Proposition 7.19

Soit H un espace de Hilbert muni du produit scalaire (., .) et T ∈ L(H) un opérateur


auto-adjoint.
On pose
m = inf (T x, x) et M = sup (T x, x).
kxk=1 kxk=1

Alors
{m, M } ⊂ σ(T ) ⊂ [m, M ].

Démonstration.

Nous allons étudier que M et les propriétés correspondantes sur m s’obtiennent en rem-
plaçant T par −T .
Montrons que [m, M ]c ⊂ σ(T )c .
Soit λ > M et montrons que λ ∈ σ(T )c = ρ(T ).
On sait que (T x, x) ≤ M kxk2 , ∀x ∈ H. Et donc
∀x ∈ H, (λx − T x, x) ≥ (λ − M )kxk2 .
En vertu du théorème de Lax-Milgram on conclut que λI − T est bijectif. En effet,
la forme bilinéaire
a(x, y) = (λx − T x, y),

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Diagonalisation d’un opérateur compact auto-adjoint sur un espace de Hilbert 195

est continue et coercive, donc,

∀z ∈ H : (λx − T x, y) = (z, y).

On montre maintenant que M ∈ σ(T ).


Supposons que M ∈ / σ(T ).
la forme bilinéaire définie par :

a(x, y) = (M x − T x, y),

est symétrique et l’on a :


a(x, x) ≥ 0, ∀x ∈ H.
On peut donc appliquer l’inégalité de Cauchy Schwarz, il vient que :

| a(x, y) |2 ≤ a(x, x)a(y, y), ∀x, y ∈ H.

Donc en l’appliquant à y = M x − T x et en utilisant la continuité de la forme a, on obtient


qu’il existe une constante C > 0 telle que :

kM x − T xk2 ≤ C(M x − T x, x), ∀x ∈ H.

Soit maintenant (xn ) une suite telle que kxn k = 1 et T xn , xn ) → M .


Alors,
kM x − T xk → 0.
Si M ∈ σ(T ) alors,
xn = (M I − T )−1 (M xn − T xn ) → 0.
Donc contradiction.
D’où M ∈ σ(T ).

Corollaire 7.3.
Soit H un espace de Hilbert réel et T ∈ L(H) un opérateur auto-adjoint.
Si σ(T ) = {0}, alors T = 0.
Démonstration.
D’après la proposition 7.19, on sait que

(T x, x) = 0, ∀x ∈ H.

On écrit :
2(T x, y) = (T (x + y), x + y) − (T x, x) − (T y, y),
On obtient le résultat cherché.

Proposition 7.20

Soit H un espace de Hilbert complexe et soit T ∈ L(H) un opérateur compact et


auto-adjoint. Alors σ(T ) ⊂ R.

Démonstration.

Soit λ 6= 0 un élément de σ(T ). Alors λ est une valeur propre de T et ainsi il existe x ∈ H
tel que x 6= 0 et T x = λx.
Donc λ(x, x) = (T x, x) = (x, T ∗ x) = (x, T x) = (x, λx) = λ(x, x). Comme x 6= 0, alors il vient
que λ = λ , c’est á dire que λ ∈ R.

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Diagonalisation d’un opérateur compact auto-adjoint sur un espace de Hilbert 196

On a le théorème suivant qui nous permet de diagonaliser les opérateurs auto-adjoints com-
pacts.

Théorème 7.10

Soit H un espace de Hilbert réel séparable et soit T ∈ K(H) un opérateur auto-adjoint


compact non nul. Alors H admet une base hilbertienne formée de vecteurs propres de
T.

Démonstration.

On désigne par (λn )n≥1 la suite des valeurs propres distinctes de T telles que

λn 6= 0, ∀n ∈ N∗ .

On désigne par λ0 = 0.
On pose :
En = ker(T − λn I), ∀n ∈ N∗ et E0 = ker(T ).
On sait que dim(En ) < +∞ si n ≥ 1 et que E0 = ∅ (éventuellement), mais peut être
dim(E0 ) = +∞.
- Montrons que (En )n≥0 est une base hilbertienne de H.
On commence par montrer que les En sont orthogonaux deux-à-deux.
Soit n 6= m et (x, y) ∈ En × Em . Alors

T x = λn x et T y = λm y,

Par conséquent, on obtient :

(T x, y) = λn (x, y) = (x, T y) = λm (x, y).

Ce qui est équivalent à dire que

(λn − λm )(x, y) = 0, ∀n 6= m

Donc (x, y) = 0.
Maintenant on désigne par X l’espace vectoriel engendré par la famille (En )n∈N .
Montrons que X = H.
Pour cela on utilise le résultat : X = H ⇐⇒ X ⊥ = {0}.
Comme ∀(x, y) ∈ X ⊥ × X : (T x, y) = (x, T y) = 0, on a alors T (X) ⊂ X et donc T (X ⊥ ) ⊂
X ⊥.
Soit T0 = T |X ⊥ , (la restriction de T sur X ⊥ ).
On a T0 =T∗0 , T0 est compact et σ(T0 ) = {0}, puisque σ(T ) \ {0} est constitué de valeurs
propres de T0 qui sont aussi des valeurs propres de T (un vecteur propre associé serait alors
à la fois dans X et dans X ⊥ ).
En vertu du corollaire 7.3, on a donc T0 = 0.
On en déduit que
X ⊥ ⊂ ker(T ) ⊂ X et X ⊥ = {0}.
Donc X est dense dans H.
On construit une base hilbertienne en choisissant une base hilbertienne dans chaque En ( de
dimension finie pour n ≥ 1 et grâce à la séparabilité de H pour E0 ).
La preuve est achevée.

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Exercices 197

7.5 Exercices

Exercice 7.1.

I) On considère l’opérateur T : C([0, 1]) → C([0, 1]). En utilisant le théorème d’Ascoli,


montrer dans
Z quel cas l’opérateur T est-il compact ?
t
1) T f (t) = f (s)ds.
0
2) T f (t) = tf (t).
Z 1
3) T f (t) = ets f (s)ds.
0
4) T f (t) = f (0) + tf (1).
5) T f (t) = f (t2 ).
II) On considère l’espace E = C([0, 1], R) muni de la norme de convergence uniforme
kf k∞ = sup |f (x)|.
0≤x≤1
On définit l’opérateur T : E → R par :
Z x
T f (x) = tf (t) dt.
0

- Montrer par deux méthodes que T est compact.


III) On considère l’espace E = L2 (R) muni de la norme
Z 1
2
kf k = |f (x)|2 dx .
R

On définit l’opérateur T : E → R par :


Z x
f (t)
T f (x) = √ dt.
−∞ t2 + 1
- Montrer que T est compact.

Exercice 7.2.

Soit l’espace E = C([a, b], R) muni de la norme de convergence uniforme kf k∞ =


sup |f (x)|, et soit K ∈ C([a, b]2 , R).
a≤x≤b
- Montrer que l’opérateur intégral TK : E → E défini par :
Z b
∀f ∈ E : TK (f )(x) = K(x, y)f (y)dy, ∀x ∈ [a, b]
a

est compact.

Exercice 7.3.
Z b 1
2
Soit l’espace E = L2 ([a, b]) muni de la norme kf k = |f (t)|2 dt .
a
Soit K ∈ C([a, b]2 , R), et soit l’opérateur TK : E → E défini par :
Z b
∀f ∈ E : TK (f )(x) = K(x, y)f (y)dy, ∀x ∈ [a, b].
a

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Exercices 198

Montrer que T est un opérateur compact.

Exercice 7.4.

Soient E un espace vectoriel normé et F un espace de Banach.


On considère la suite d’opérateurs de rang fini (Tn )n∈N de E dans F .
Supposons que la suite (Tn )n∈N converge uniformément vers T .
- Montrer que T est un opérateur compact.

Exercice 7.5.

Soit l’opérateur T : l2 → l2 défini par :


xn
T x = (T x)n = , où x = (x1 , x2 , x3 , ...., xn , .....) ∈ l2 .
2n
- Montrer que T est compact.

Exercice 7.6.

Soit l’opérateur A : lp → lp où 1 ≤ p ≤ +∞ défini par :


xn
Ax = (T x)n = , avec x = (x1 , x2 , x3 , ...., xn , .....) ∈ lp .
n
- Montrer que A est compact.

Exercice 7.7.

Soit (λn )n∈N une suite réelle telle que λn → 0 lorsque n → +∞.
On définit l’opérateur T : l2 → l2 par :

T x = (T x)n = λn xn .

- Montrer que T est compact.

Exercice 7.8.

n +∞
X o
On considère l’espace de Hilbert l2 = x = (xn )n∈N∗ : xn ∈ C et |xn |2 < +∞
n=1
+∞
X +∞
X 1
2
muni du produit scalaire (x, y) = xn y n et de la norme induite kxk = |xn |2 .
n=1 n=1
Soit (en ) une suite orthonormée dans l2 .
1) Montrer que la suite (en ) converge faiblement vers 0.
2) Montrer que si un opérateur T : l2 → l2 est compact, alors

lim kT (en )k = 0.
n→+∞

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Exercices 199

Exercice 7.9.

Soit l’opérateur Tn : l2 → l2 , défini par :

Tn x = (x1 , x2 , x3 , ...., xn , 0, 0, 0, .......) où x = (x1 , x2 , x3 , ...., xn , .....) ∈ l2 .

1) Montrer que Tn ∈ L(l2 ).


2) Montrer que Tn est compact.
3) On considère maintenant l’opérateur T : l2 → l2 défini par :
xn
T x = (T x)n = où x = (x1 , x2 , x3 , ...., xn , .....) ∈ l2 .
n
- Montrer que T ∈ L(l2 ).
- Calculer lim kTn − T k puis en déduire que T est compact.
n→+∞

Exercice 7.10.

Soit l’espace de Hilbert


+∞
X
H = l2 (N, R) = {x = (xn )n∈N∗ : xn ∈ R et |xn |2 < +∞},
n=1

+∞
X +∞
X 1
2
muni du produit scalaire usuel (x, y) = xn yn et la norme induite kxk = |xn |2 .
n=1 n=1
Soit l’opérateur Tn : H → H, n ∈ N∗ défini par :
 x2 x3 xn 
Tn x = x1 , , 2 , ..., n−1 , 0, 0, 0, ... où x = (x1 , x2 , x3 , ...) ∈ H et α > 1.
α α α
1. Montrer que Tn ∈ L(H) et que Tn est de rang fini pour tout n ∈ N∗ .
2. Soit l’opérateur T : H → H défini par :
 x2 x3 xn 
T x = x1 , , 2 , ..., n−1 , ... .
α α α
- Calculer lim kTn − T k et en déduire que T est compact.
n→+∞

Exercice 7.11.

Soit l’espace E = C([a, b], R) muni de la norme de convergence uniforme,

kf k∞ = sup |f (x)|.
a≤x≤b

On considère l’opérateur de Volterra A défini sur l’espace E par :


Z x
Af (x) = f (t)dt.
0

1) Montrer que A ∈ L(E).


2) En utilisant le théorème d’Ascoli, montrer que A est compact.

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Exercices 200

3) Montrer que l’ensemble des valeurs propres de A, Vp (A) = ∅.


4) Montrer que r(A) = 0, (où r(A) est le rayon spectral de A).

Remarque 7.12.
Si r(A) = 0 on dit que A est quasi nilpotent.

Exercice 7.12.

Soit (λn ) une suite de C et soit T l’opérateur de lp , (p ∈ [1, +∞]) défini par :

∀x ∈ lp , ∀n ∈ N : T x = (T x)n = (λn xn ).
   
1. Montrer que : T est compact ⇐⇒ lim λn = 0 .
n→+∞
2. On suppose que p = 2.
- Montrer que :
  +∞
X 
T est un opérateur de Hilbert-Schmidt ⇐⇒ |λn |2 < +∞ .
n=0

3. Soit l’opérateur A , tel que

Ax = (0, λ0 x0 , λ1 x1 , λ2 x2 , ..., λn xn , ....).

( A s’appelle le "shift" à droite de T dans lp , (p ∈ [1, +∞])).


- L’opérateur A est-il compact ?
4. On suppose que lim λn = 0.
n→+∞
- Déterminer Vp (AT ) et σ(AT ).

Exercice 7.13.

Soit E, F deux espaces de Banach et E est réflexif.


On considère un opérateur A ∈ L(E, F ) tel que pour toute suite (xn )n∈N ⊂ E faiblement
convergente on a (Axn )n∈N ⊂ F est une suite convergente.
- Montrer que A est compact.

Exercice 7.14.

Soit H un espace de Hilbert et {en }n∈N une base orthonormée dans H et soit E un
espace de Banach.
+∞
X
On considère un opérateur A ∈ (H, E), tel que la série kAen k2 soit convergente.
n=1
- Montrer que A ∈ K(H, E).

Exercice 7.15.

Soient E et F deux espaces vectoriels normés et soit (An )n∈N une suite d’opérateurs
telle que An ∈ K(E, F ), ∀n ∈ N.

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Exercices 201

Supposons que lim An = A.


n→+∞
- L’opérateur A est- il compact ?

Exercice 7.16.

Soit H un espace de Hilbert et soit {en }n∈N une base orthonormée dans H.
On considère une suite réelle (λn )n∈N telle que lim λn = 0.
n→+∞
+∞
X
Pour x ∈ H, on pose Ax = λn (x, en )en .
n=1
- Montrer que A est défini sur H tout entier.
- Montrer que A(H) ⊂ H. - Montrer que A est compact.

Exercice 7.17.

Soit l’opérateur T : L2 (]0, 1[) → L2 (]0, 1[) défini par :

∀f ∈ L2 (]0, 1[), ∀x ∈]0, 1[: (T f )(x) = xf (x).

- Montrer que T n’est pas compact. √


Indication : (on peut utiliser la suite de fonctions fn (x) = 2 sin nπx).

Exercice 7.18.

Soit H un espace de Hilbert tel que dim(H) = +∞.


Montrer que la boule unité fermée B H (0, 1) de H n’est pas compacte.

Exercice 7.19.

Soit l’espace,
n +∞
X o
2
l (C) = x = (xn ), xn ∈ C et | xn |2 < +∞ .
n=1

On considère l’opérateur A : l2 (C) → l2 (C) défini par :

T x = (T x)n = (λn xn )n ,

où (λn )n∈N est une suite de C qui vérifie lim λn 6= 0.


n→+∞
- Montrer que l’opérateur T n’est pas compact.
- En déduire que l’opérateur d’identité I : l2 (C) → l2 (C) n’est pas compact).

Exercice 7.20.

Soit H un espace de Hilbert et soient A, T deux opérateurs compacts de L(H).


On suppose α ∈ C.
- Montrer que l’opérateur A + αT est compact.

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Exercices 202

Exercice 7.21.

Soit H un espace de Hilbert et (en )n∈N∗ une base orthonormale dans H.


Soit l’opérateur T défini par :
+∞ +∞
X  X 1
T xn en = xn en−1 .
n
n=1 n=2

- Montrer que T est compact.

Exercice 7.22.

Soit [a, b] ⊂ R et E = F = C [a, b] = {f : [a, b] → R continue} muni de la norme

k f k= sup |f (x)|.
x∈[a,b]

Soit l’opérateur T : E → E défini par :


Z b 
∀f ∈ E, ∀x ∈ [a, b] : T (f )(x) = K(x, y)f (y)dy où K ∈ C [a, b] × [a, b] .
a

1. Montrer que l’opérateur T ∈ L(E).


2. Montrer que l’opérateur T ∈ K(E).
3. Existe-il un opérateur S ∈ L(E) tel que S ◦ T = Id ?.
- En déduire que si T est inversible ou non.

Exercice 7.23.

On considère l’espace de Hilbert H = L2 [0, π2 ] et soit T l’opérateur de H dans H




défini par :
h πi Z π
2
∀f ∈ H, ∀t ∈ 0, : (T f )(t) = cos t f (x) sin x dx.
2 0
π
1) Montrer que T ∈ L(H) et que kT k ≤ .
2
2) Déterminer l’adjoint T ∗ de T .
3) Montrer que T et T ∗ sont compacts.
4) On pose A = T + T ∗ .
- Montrer que l’opérateur A est auto-adjoint et compact.

Exercice 7.24.

n +∞
X o
Soit H = l2 = x = (xn )n∈N ; xn ∈ R;
∗ |xn |2 < +∞ .
n=1
Soit (λn ) une suite réelle bornée et on définit l’opérateur A : H → H par :

Ax = (A(x))n = (λx)n = λn xn .

1. Montrer que A ∈ L(H) .


[Link] considère l’opérateur AN : H → H défini par :

AN (x) = (λ1 x1 , λ2 x2 , ...., λN xN , 0, 0, .....).

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Exercices 203

a) Montrer que AN ∈ L(H) et que AN est compact.


b) Montrer que si λn → 0, alors A est un opérateur compact.

Exercice 7.25.

Soient E et F deux espaces de Banach et T ∈ L(E, F ).


- Montrer que les deux propriétés suivantes sont équivalentes.
a) Pour toute suite bornée (xn ) ⊂ E, il existe une sous-suite convergente de (T xn ) .
b) Pour tout ensemble borné M ⊂ E, l’ensemble T (M ) est relativement compact.

Remarque 7.13.
Dans ce cas on dit que l’opérateur T est compact. (Propriété caractéristique
des opérateurs compacts.)

Exercice 7.26.

Soit E un espace de Banach et soient T, A ∈ L(E)


1) Montrer que si les opérateurs T, A sont compacts, alors l’opérateur T + A est compact.
2) Montrer que si T est compact, alors les opérateurs T A et AT sont compacts.

Exercice 7.27.

Soit H un espace de Hilbert séparable, et soit T ∈ L(H) un opérateur auto-adjoint


compact.
1) Soit E ⊂ H un sous-espace stable par T .
- Montrer que E ⊥ est aussi stable par T .
2) Soit F ⊂ H tel que F est stable par T et F 6= {0}.
- Montrer que F contient un vecteur propre de T .
3) Soit M le sous-espace vectoriel de H engendré par les vecteur propres de T .
- Déduire de 1) et 2) que M = H.
4) Montrer que les sous-espaces propres de T sont orthogonaux deux à deux.
5) Montrer que T est diagonalisable par rapport à une base orthonormée.

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BIBLIOGRAPHIE

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