Décrire Les Mécanismes Physiopathologiques Des Infections Urinaires
Décrire Les Mécanismes Physiopathologiques Des Infections Urinaires
L’urine et l’arbre urinaire sont normalement stériles à l’exception du méat urétral qui peut être colonisé par des bactéries d’origine digestive.
Contamination des voies urinaires se fait par :
Voie ascendante+++ :
Bactéries remontent le long de l’urètre avant d’atteindre la vessie cystite
ou continuent à remonter le long de l’uretère pour atteindre pyélon, cavités excrétrices et parenchyme rénal pyélonéphrite.
Cette infection provient d’un déséquilibre entre moyens de défense de l’hôte, facteurs favorisants et pouvoir pathogène des bactéries.
Moyens de défense :
Flux permanent de l’urine au niveau de l’uretère
Longueur de l’urètre : plus important chez l’homme
Fréquence des mictions : assure un nettoyage mécanique de la vessie et de l'urètre
Intégrité de la muqueuse vésicale avec présence d’une couche de mucopolysaccharide acide
Présence d’oromucoïde (ou protéine de Tamm - Horsfall) : secrétée par rein, améliore clairance bactérienne lors de la miction
Constantes biochimiques de l’urine : pH acide et osmolarité faible impropre à la multiplication bactérienne
Voie hématogène :
Beaucoup plus rare.
Fait suite à une septicémie surtout à staphylocoque avec localisation parenchymateuse rénale
2. Préciser les différents agents infectieux responsables des infections urinaires en
fonction de l’âge et du terrain, et leur profil de sensibilité aux antibiotiques
CHEZ L’ENFANT :
E. coli : près de 70% des infections urinaires.
Enterococcus ssp : 10% des cas
Proteus mirabilis et Klebsiella pneumoniae : 7-8% des cas.
Pseudomonas aeruginosa et Staph aureus : contextes particuliers, d’uropathie sous-jacente ou d’ATB préalable.
Staphylocoque à coagulase négative : correspondent en règle à des cystites chez l’adolescente.
Infections urinaires nosocomiales :
Entérobactéries avec profil de sensibilité différent : K. pneumonie secrétrice de bétalactamase à spectre étendu (BLSE)
Autres BGN : Serratia marcessens, Pseudomonas aeruginosa
Cocci à Gram positif : S. aureus, Enterococcus et levures.
Molécules à éviter en 1ere intention dans tt des IUC de l’adulte : Amino- pénicillines, amoxicilline-acide clavulanique, TMP-SMX,
C3G orale et FQ.
Molécules pouvant être utilisées en 1ére intention dans tt des IUC de l’adulte : fosfomycine, nitrofurantoine, gentamicine, amikacine
et C3G si pas de facteurs de risque d’acquisition de BLSE.
Prévalence d’[Link] BLSE dans les IUC est en augmentation.
Un suivi régulier de ces souches est impératif pour limiter au maximum leur diffusion.
Pour patients ayant un facteur de risque d’acquisition d’une BLSE, molécules les plus actives : carbapénèmes, fosfomycine,
nitrofurantoine et amikacine.
3. Identifier à partir des données de l’examen clinique et des examens complémentaires,
les facteurs favorisant les infections urinaires chez l’enfant et chez l’adulte
CHEZ L’ENFANT
Facteurs favorisant des infections urinaires sont souvent d'ordre organique.
Facteurs généraux :
Mauvaise hygiène locale
Vulvite
Phimosis serré
Constipation
Affaiblissement congénital ou acquis des défenses immunes
Lithiase urinaire
Cathétérisme vésical et sondage urinaire pour une période prolongée.
Uropathies malformatives :
Toute stase ou obstacle à l’écoulement urinaire favorise l’infection :
Reflux vésico-urétéral (stase)
Malformation obstructive des voies urinaires comme syndrome de la jonction pyélo-urétérale
Mauvaise vidange vésicale lors de dyssynergie vésico-sphinctérienne.
CHEZ L’ADULTE
Facteurs favorisant : généralement d'ordre hormonal et comportemental chez la femme et organique chez l'homme.
Cystite récidivante
≥ 4 épisodes de cystite aiguë / an ou ≥ 3 épisodes / 6 mois.
Présence d’anomalies gynécologiques ou urologiques sous-jacentes : doivent être éliminées avant de retenir diagnostic de cystite récidivante
Nécessitant des mesures préventives.
Souvent liée à des facteurs favorisants notamment :
Relations sexuelles
Boisson insuffisante
Mictions rares
Constipation
Utilisation de spermicide
Excès d'hygiène intime
ATCD de cystite chez la mère
Prolapsus, ménopause.
Bactériurie asymptomatique
Présence de germes (> 105 UFC/ml chez femme enceinte) sans manifestations cliniques quelle que soit la leucocyturie.
Survient souvent chez femme âgée ou après sondage, mais aussi chez l’homme âgé porteur d’un adénome de prostate.
Doit être recherchée systématiquement chez :
Femme enceinte : en raison de ses répercussions possibles sur fœtus : infection, accouchement prématuré, hypotrophie fœtale….
Patient programmé pour une procédure urologique invasive.
Examen clinique : apprécie gravité d’IU, recherche de signes d’une prostatite aigue et recherche de facteurs de complications associés.
Critères de diagnostic d’une prostatite aiguë dans sa forme typique reposent sur les symptômes et signes suivants :
Syndrome infectieux : fièvre, frissons
Signes urinaires :
Pollakiurie, nycturie et urgenturie, dysurie et brûlures mictionnelles, sensation de vidange incomplète et parfois incontinence urinaire
Ces signes peuvent s’associer à ceux d’une rétention vésicale aiguë.
Hématurie macroscopique : habituelle et ne représente pas un facteur de complication de la prostatite aiguë.
Douleurs : pelviennes, périnéales, urétrales, péniennes, parfois rectales
Examen clinique recherchera :
Un globe vésical
Au toucher rectal : prostate douloureuse, prostate fluctuante évoquant un abcès
Des signes d’épididymite ou d’orchiépididymite associée.
Modifications anatomiques :
Développement utérin compression du bas appareil urinaire et ascension du trigone de la vessie avec déplacement des orifices urétéraux
favorisant reflux vésico-urétéral.
Développement de veine ovarienne droite qui croise l’uretère droit et dextrorotation utérine compression préférentielle de ce dernier.
Imprégnation hormonale :
Progestérone a une action relaxante sur fibres lisses et son augmentation au cours de grossesse atonie et dilatation pyélocalicielle et
urétérale favorisant stase des urines et reflux vésico-urétéral.
Elle peut avoir des effets néfastes pour la mère et le fœtus (accouchement prématuré, faible poids de naissance).
Sujets âgés sont caractérisés par vieillissement pelvien (atrophie, prolapsus chez femme, adénome prostatique chez l'homme) qui associés à des
anomalies neurologiques, musculaires et inflammatoires sont à l'origine du synd pelvien chronique : principal diagnostic différentiel de IU
L'interrogatoire doit rechercher : fuites récentes, modification des symptômes préexistants en premier.
Apparition d’une aggravation des troubles cognitifs ou de la dépendance, l’apparition et/ou l’aggravation d’une incontinence urinaire,
associés ou non à des signes fonctionnels mictionnels ou à une fièvre sont évocateurs d’IU
Cependant, il faut éliminer d’autres sites d’infection devant des signes évocateurs d’IU associée aux soins même en présence d’une bactériurie.
Chez patients ayant une vessie neurologique : une fièvre et/ou spasticité et/ou modification de l’aspect des urines sont évocateurs d’IU.
Infection urinaire de l’enfant
Manifestations cliniques varient selon que l’infection soit vésicale (cystite) ou parenchymateuse (PNA).
Fièvre isolée : parfois la seule manifestation d’une IU surtout chez petit enfant.
Distinction clinique entre cystite et PNA n’est pas toujours aisée.
Cystite :
Peut se manifester par : douleurs hypogastriques, urgences mictionnelles, sensations de brûlures mictionnelles, énurésie secondaire,
pollakiurie, urines fétides.
Fréquentes, surtout chez fillettes > 2 ans.
PNA :
Chez nné et nourrisson, présentation clinique des IU : souvent très peu spécifique.
Il faut y penser devant toute fièvre inexpliquée chez nourrisson.
Fièvre, refus alimentaire, stagnation de courbe pondérale, troubles gastro-intestinaux, irritabilité, ictère prolongé : signes de gravité
fréquemment rencontrés.
DEMARCHE DIAGNOSTIQUE
Bandelette urinaire (BU) :
L’intérêt essentiel du dépistage par les BU réside dans sa faisabilité à domicile, à la consultation, ou même au lit du malade.
Ne nécessitent pas de toilette périnéale préalable
Doivent être réalisées sur des urines du « milieu du jet » fraîchement émises
Récipient propre et sec.
Permettent de rechercher essentiellement : leucocyturie et nitrites.
Nitrites+ = présence de germes capables de réduire nitrates en nitrites grâce à la nitrate réductase. C’est le cas des entérobactéries.
Certains germes ne produisent pas de nitrate réductase : staphylocoques, entérocoques, Pseudomonas spp et Acinetobacter spp.
BU seule n’est recommandée que dans cystite aiguë simple.
Peut être demandée dans les autres situations pour aider au diagnostic.
En cas de positivité ECBU systématique sauf dans cystite simple non récidivante.
Il n’est pas recommandé d’utiliser BU pour diagnostic des IU associées aux soins.
Conservation et transport :
Les urines recueillies doivent être acheminées rapidement au laboratoire.
Ne doivent jamais être conservées > 2 h à température ambiante avant la mise en culture.
Peuvent être conservées à +4°C pour une durée maximale de 12h
6. Examens complémentaires nécessaires à PEC d’IU en fonction de topographie et terrain
9. Explorations radiologiques à visée étiologique au décours d’un épisode d’IU et en cas
de récidive
LES MOYENS
Arbre urinaire sans préparation (AUSP)
Normal au cours d’une PNA simple en dehors d'un flou de la ligne du psoas homolatéral.
Permet de renseigner sur : taille des reins et présence de lithiases radio-opaques ou calcifications se projetant sur l’aire prostatique.
Parfois, en cas de complications : une extension au muscle psoas peut être suspectée ou la présence d'air au niveau de l'aire rénale.
Tomodensitométrie
L’examen de référence pour le parenchyme rénal.
Permet de déceler les lésions parenchymateuses passées inaperçues à l’échographie.
Indispensable pour l’étude des complications suppuratives (abcès, phlegmon).
Permet, en outre, de montrer :
Cicatrices corticales
Atrophie rénale
Lithiases urinaires
Dilatation des cavités excrétrices
Lésions de néphrite (images hypodenses)
Cystographie isotopique
Garde un peu d'intérêt dans la recherche de RVU intermittent de l’enfant, devant un enfant présentant des IU récidivantes avec UCR normale
et dans les reflux infimes de l'adulte.
Scintigraphie rénale au DMSA
Méthode fiable pour détection d’atteintes parenchymateuses au décours d’une IU
Du fait de son coût et des difficultés pratiques, elle n’est pas utilisée en routine exceptée en cas de doute diagnostic.
Permet de mesurer la fonction rénale séparée et d’étudier type et nombre de cicatrices rénales à distance de l’épisode infectieux.
Préférentiellement demandée en cas d’uropathies malformatives sévères et/ou PNA à répétition.
LES INDICATIONS
Cystite aigue simple
Ne nécessite pas d’explorations radiologiques
Cystite récidivante
Bilan morphologique : doit être discuté :
Comprenant au minimum échographie des voies urinaires avec mesure du résidu post-mictionnel,
Et Selon contexte : débimétrie urinaire associée ou non à un bilan urodynamique, uroscanner ou à défaut échographie, cystoscopie, UCR et
évaluation gynécologique.
PNA
1er épisode de PNA simple non hyperalgique d’évolution rapidement favorable L’imagerie n’est pas nécessaire
PNA à risque de complication / formes hyperalgiques / évolution défavorable à 72 h d’ATB uroscanner systématique ou à défaut
échographie (contre-indication ou indisponibilité de TDM)
PNA graves Uroscanner (ou échographie si contre-indication) souvent en urgence et au plus tard dans les 24 h.
PNA gravidique Echographie des voies urinaires :
Doit être réalisée dans les 24h : en cas de signe de gravité ou PNA hyperalgique.
Doit être interprétée en prenant en compte dilatation physiologique des cavités pyélo-calicielles
Echographie endorectale :
Déconseillée à la phase aiguë car très douloureuse et risque d'aggraver le sepsis.
Mérite d’être discutée à la phase initiale en cas de suspicion d’abcès prostatique (douleur exquise, évolution défavorable) et alors en
alternative à l’IRM si elle est impossible à avoir, puis à distance à la recherche d’un facteur favorisant de l’IU (adénome, cancer)
TDM : moins performante pour l’analyse de la prostate, peut être indiquée pour explorer reste de l’appareil urinaire en fonction des signes
d’appel et de l’évolution.
IU de l’enfant
Tout enfant présentant une 1ére PNA Echographie rénale :
A la recherche de signes en faveur de : uropathie sous-jacente refluante (RVU) ou obstructive (syndrome de jonction pyélo-urétérale), lithiases
(intérêt dans diagnostic étiologique)
Doit être demandée en urgence, lors de l'épisode infectieux : si pas d'amélioration clinique malgré un tt bien adapté ou devant présence
d'une insuffisance rénale aigue.
Dans certains cas, le diagnostic est porté alors que ces 2 conditions ne sont pas totalement remplies :
A cause de présence d’un facteur favorisant général ou urologique, tableau clinique peut être trompeur, incomplet ou sévère avec des signes
8. Les
urinaires au second plan voire absents. complications aiguës et chroniques des IU
Choc septique :
Sepsis (sepsis sévère / grave) peut aboutir à des localisations secondaires et/ou au choc septique.
Abcès du rein
Contact lombaire inconstant
Intérêt de l’imagerie qui montre : une masse liquidienne développée au dépend de la corticale.
Secondaire à une IU à BGN
A différencier de l’abcès d’origine hématogène surtout dû à Staph aureus : généralement pas de leucocyturie ni bactériurie.
Phlegmon périnéphrétique
Suppuration de la loge rénale
Empâtement, défense ou contracture lombaire
Nécrose papillaire
Sujets diabétiques
Hématurie macroscopique.
PNA emphysémateuse
Surtout diabétique ++
Secondaire à une production locale de gaz par des BGN gazogènes : E. coli, K. pneumoniae
Présence de gaz dans loge rénale, cavités excrétrices et/ou parenchyme rénal nécrose locale +/- importante avec choc toxinique pouvant
entrainer le décès (mauvais pronostic)
Traitement médico-chirurgical
Pouvant être conservateur avec drainage des cavités
Nécessitant souvent recours à la néphrectomie en urgence.
Pyonéphrose
Rétention de pus dans les cavités rénales avec destruction du parenchyme rénal sur un terrain d’hydronéphrose.
Il existe toujours un obstacle sur voies urinaires : souvent lithiasique
L’examen : gros rein donnant contact lombaire, douloureux, accompagné de signes infectieux sévères allant du sepsis au choc septique.
ATB + drainage urgent des voies urinaires par voie percutanée : afin d’obtenir une guérison de l’infection et un sauvetage du rein.
Néphrectomie :
à éviter en urgence : risque important de complications per opératoires (plaies digestives, vasculaires)
réalisée de préférence après 6 semaines.
Cystite :
10. Traitement
Cystite aiguë simple : curatif et préventif chez un patient consultant pour IU
Molécule Posologie durée
1ère intention Nitrofurantoïne 100 mg x 3/j 5 jours
Ou Fosfomycine-trométamol 3g dose unique
2ème intention Pivmecillinam 400 mg x2/j 6 jours
3ème choix Ciprofloxacine 500 mg x 2/j 3 jours
exceptionnellement Ou Ofloxacine 200 mg x 2/j
FQ ne sont utilisées qu’en cas d’impossibilité d’utiliser les molécules sus-citées ; à cause des résistances en augmentation importante.
Nitrofurantoïne, Ou
Pivmécillinam, Ou
Fosfomycine-trométamol
Ce traitement, alors probabiliste : doit être systématiquement réévalué cliniquement et avec le résultat de l’ECBU initialement demandé.
Cystite récidivante :
Traitement curatif : similaire à celui d’une cystite simple.
Recherche d’un facteur favorisant génito-urinaire (Bilan morphologique)
Mesures hygiéno-diététiques :
L’utilité de ces mesures à conseiller pour prévenir récidives des cystites n’a pas été validée par des études scientifiques, toutefois, elles
continuent à être rappelées, d’autant plus qu’elles peuvent être efficaces chez certaines patientes :
Apports hydriques suffisants.
Mictions fréquentes et non retenues.
Régularisation du transit intestinal.
Mictions post-coïtales lorsque cystites sont liées aux rapports sexuels.
Eviter sous-vêtements en produits synthétiques et/ou trop moulants.
Eviter l'excès d'hygiène intime
Eviter l’utilisation des spermicides et des préservatifs féminins imprégnés de spermicides puisqu’ils favorisent la colonisation intra-vaginale.
Antibioprophylaxie :
Ne doit être conseillée que lorsque les cystites récidivent malgré une rigueur dans l’application des mesures sus détaillées.
Permet fréquence des cystites.
Antibiotiques utilisés : cotrimoxazole (triméthoprime - sulfaméthoxazole) ou fosfomycine - trométamol.
L’objectif de l’antibioprophylaxie n’est pas la stérilisation des urines.
Contrôle par ECBU sous antibioprophylaxie n’est pas indiqué.
Protocoles possibles :
Cystites récidivantes ≥ 1 SMX + TMP (400/80) 1 cp/j ou 1cp/j x 3 j / semaine A prendre le soir au coucher
fois / mois : Ou Fosfomycine- trométamol 3g Tous les 7-10 jours
Cystites post-coïtales SMX+TMP (400/80) : 1cp 2h précédant ou suivant le rapport
Ou Fosfomycine-trométamol 3g (au maximum 1 x / 7j). sans dépasser les doses curatives
Pyélonéphrite aigue
PNA simple :
Traitement d'une PNA simple sans signe de gravité : souvent ambulatoire.
Hospitalisation nécessaire devant présence d’un ou plusieurs parmi les critères suivants :
Conditions socio-économiques défavorables
PNA hyperalgique
Vomissements
Doute diagnostique
Doute concernant l’observance du traitement
Nécessité d’un tt par voie iv (poly allergie aux antibiotiques, à risque d’infection par BMR ou qui consulte avec un ECBU + à BMR,..).
Traitement de relais par voie orale guidé par l’antibiogramme, par ordre de spectre moins large : amoxicilline, cotrimoxazole
Durée de traitement :
7 jours : si C3G parentérale ou C3G parentérale relayée par FQ ou fluoroquinolone pendant toute la durée du traitement.
5 jours : si aminoside
10 jours : dans les autres situations
5 à 7 jours : aminoside
10 à 14 jours : autres molécules
PNA grave :
ATB +
Drainage chirurgical ou interventionnel en urgence en cas d’obstacle ou d’abcès (sonde JJ, sonde urétérale ou sonde de néphrostomie).
1ère intention : C3G parentérale (céfotaxime 2 g x 3 /j ou ceftriaxone 2 g/j) + amikacine (30 mg/kg /j).
Si sepsis grave ou nécessité de drainage avec ATCD de colonisation ou d’infection urinaire à BLSE / choc septique avec au moins un
facteur de risque de BLSE : imipénème + amikacine
Traitement de relais : idem PNA sans signes de gravité.
Durée d’ATB : 10 à 14 jours dont 1 à 3 jours d’association avec les aminosides.
Autres formes en absence de signes de gravité : idem PNA à risque de complication, sauf pour aminosides (mauvaise diffusion prostatique)
Sepsis sévères et chocs septiques : idem PNA graves.
Cotrimoxazole : (contre indiqué < 1 mois) : 30 mg/kg/j de sulfaméthoxazole et 6 mg/kg/j de triméthoprime en 2 prises quotidiennes
Ou
Céfixime : 8mg/kg/j en 2 prises quotidiennes
Durée : 3 à 5 jours.
PNA de l’enfant :
Hospitalisation initiale : recommandée si :
enfant < 3 mois
signes d’infection sévère.
Les autres enfants peuvent être traités de la même façon en ambulatoire.
Traitement doit être immédiat en cas de certitude diagnostique.
En cas de syndrome septique, uropathie connue, immunodépression, et chez nourrisson < 3 mois :
Traitement d’attaque : C3G injectables pendant 2 à 4 jours : ceftriaxone 50mg/kg/j ou céfotaxime 100mg/kg/j
Suivi d’une ATB orale par céfixime ou TMP-SXT en fonction des résultats de l’antibiogramme.
Cystite
Suivi sous traitement : essentiellement clinique.
Signes urinaires disparaissent généralement dans les 48- 72h
Il n’est pas recommandé de prévoir systématiquement une consultation ou un ECBU de contrôle dans cystites aiguës simples.
Au cours de cystite à risque de complication : tt, généralement probabiliste, doit être systématiquement réévalué cliniquement et avec le
résultat de l’ECBU initialement demandé.
Un ECBU de contrôle : ne réalisé qu’en cas d’évolution défavorable (persistance des signes cliniques après 3 j) ou de récidive précoce des
symptômes dans les 2 semaines.
Dans cystites récidivantes : contrôle par ECBU sous antibioprophylaxie n’est pas indiqué.
Par contre diagnostic d’une cystite aiguë symptomatique sous antibioprophylaxie impose un ECBU et interruption de cette dernière. Sa reprise
sera rediscutée après obtention de la guérison.
PNA grave
Sous traitement, une surveillance rapprochée est nécessaire
Une réévaluation à 48 heures est obligatoire :
Identification du germe et antibiogramme
Désescalade : relais par une antibiothérapie efficace à spectre plus étroit
Pas d’ECBU de contrôle
ECBU + uroscanner si l’évolution défavorable à 72h.
Infections Urinaires
Epidémiologie, Physiopathologie, Diagnostic, Traitement
Objectifs
1. Décrire les mécanismes physiopathologiques des infections urinaires.
2. Préciser les différents agents infectieux responsables des infections urinaires en fonction de l’âge et du terrain, et
leur profil de sensibilité aux antibiotiques.
3. Identifier à partir des données de l’examen clinique et des examens complémentaires, les facteurs favorisant les
infections urinaires chez l’enfant et chez l’adulte.
4. Etablir, en fonction de l’âge, le diagnostic positif d’une infection urinaire à partir des données cliniques et
paracliniques.
5. Identifier à partir des données cliniques et paracliniques les différentes formes cliniques des infections urinaires.
6. Planifier les examens complémentaires nécessaires à la prise en charge d’une infection urinaire en fonction de la
topographie et du terrain.
7. Interpréter les résultats de l’examen cytobactériologique des urines en fonction des données cliniques.
8. Identifier à partir des données cliniques et paracliniques les complications aiguës et chroniques des infections
urinaires.
9. Planifier les explorations radiologiques à visée étiologique au décours d’un épisode d’infection urinaire et en cas de
récidive.
10. Planifier le traitement curatif et préventif chez un patient consultant pour une infection urinaire.
11. Enumérer les arguments cliniques et paracliniques de surveillance des infections urinaires après traitement.
12. Justifier par leurs caractéristiques pharmacocinétiques et/ou pharmacodynamiques l’indication des différents
antibiotiques utilisés dans le traitement des infections urinaires.
13. Décrire les effets indésirables des antibiotiques utilisés dans le traitement des infections urinaires.
14. Etablir une démarche de surveillance clinique et paraclinique d’un patient traité pour une infection urinaire.