INSPECTION DES LYCEES Année Scolaire 2024-2025
D’ENSEIGNEMENT GENERAL ZONE 1
(Brazzaville)
DEPARTEMENT DE PHILOSOPHIE
CORRIGE DU BACCALAUREAT BLANC ZONAL, SESSION DE MAI 2025
Série: C/D
Sujet n°1 : Dissertation
Faut-il se méfier de la connaissance?
I-Compréhension du sujet
1-Explication des concepts :
Faut-il : est-ce nécessaire, doit-on.
Se méfier : craindre, redouter, avoir peur.
La connaissance : L’’acte par lequel l’esprit saisit et se représente de manière plus ou claire l’objet.
2-Reformulation du sujet
Est-ce nécessaire de craindre la connaissance ?
Doit-on redouter la connaissance ?
3-Thème : La connaissance.
Problème posé : La valeur de la connaissance.
Problématique :
La connaissance procure-t-elle le malheur à l’homme ? Ne fait-elle pas au contraire son bonheur ?
La connaissance est-elle négative ? N’est-elle pas Plutôt positive ?
II-Plan du développement
1-Explication du sujet : cf explication des concepts et reformulation du sujet.
2-Discussion
Thèse : Il faut craindre la connaissance.
Argument1: La connaissance est corruptible, elle déprave les mœurs. Par le biais de la techno science, la
connaissance occasionne la décadence des valeurs morales.
Référence : Rousseau : « Nos âmes se sont corrompues à mesure que nos sciences et nos arts se sont
avancés à la perfection.» (Discours sur les sciences et les arts)
Argument2 : La connaissance menace la vie et la survie des espèces. Voulant améliorer la qualité de sa
vie et assurer sa défense à partir de la connaissance, l’homme a malheureusement inventé les engins de la
mort.
Référence : Hans Jonas : « La connaissance compromet la qualité de la vie, la survie des générations
futures puisqu’ elle a créé les engins de la mort.» (Principe responsabilité)
Antithèse : Il ne faut pas toujours craindre la connaissance.
Argument1 : La connaissance a un caractère libérateur, car elle est un remède contre les angoisses
existentielles telles que l’ignorance, la superstition, la peur démesurée de la mort.
Référence : Aristote: « C’est pour dissiper leur ignorance que les premiers hommes ont cherché à
philosopher... » (La Métaphysique).
Argument2 : La crainte de la connaissance est une absurdité. La connaissance permet à l’homme de
produire des valeurs susceptibles d’améliorer la qualité de la vie. Elle rend la vie agréable et supportable.
Référence & : René Descartes : la connaissance sert à nous rendre « comme maitres et possesseurs de la
nature. » (Discours de la méthode)
Référence2 : Marcelin Berthelot : « La science est la bienfaitrice de l’humanité. » (Science et libre pensée)
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Synthèse : Ambivalence de la connaissance.
Argument : La connaissance est bidimensionnelle. Car elle procure en même temps le bonheur et le
malheur. Elle libère et aliène à la fois, donc c’est un mal nécessaire.
Référence : Roger Garaudy : La connaissance « peut agir au service de l’homme ou contre lui.» (Garaudy
par Garaudy)
Sujet n°2 : Dissertation
L’Africain est-il apte à philosopher?
A-Compréhension du sujet
a-Explication des concepts
L’Africain : originaire d’Afrique. Par extension, il renvoie à l’homme noir, c’est-à-dire, le Nègre.
Etre apte à philosopher : être capable de bâtir un discours philosophique, être en mesure de pratiquer la
philosophie, avoir la capacité de penser.
b-Reformulation du sujet :
Le Nègre est-il capable de pratiquer la philosophie?
L’homme noir a-t-il la capacité de penser ?
c-Thème : La philosophie africaine
d-Problème posé : L’existence de la philosophie africaine ou aptitude (capacité) du Nègre à philosopher
e-Problématique :
Peut-on dire que l’Africain est apte à la réflexion philosophique? N’en est-t-il pas au contraire
inapte ?
Le Nègre a-t-il des aptitudes philosophiques ? N’en est-il pas plutôt dépourvu ?
B-Plan du développement
a-Explication du sujet : cf explication des concepts et reformulation du sujet.
b-Discussion
Thèse : L’Africain est apte à la philosopher.
Argument1 : En tant que l’art de penser, la philosophie est apatride. Elle est un comportement universel
pour tous. L’Africain présente, au même titre que d’autres peuples, une aptitude à pratiquer la philosophie.
Référence : Tempels : « N’attendons pas du premier noir venu qu’il puisse nous faire un exposé
systématique de son système ontologique. Cependant, cette ontologie existe ; elle pénètre et informe toute
la pensée du primitif, elle domine et oriente tout son comportement. » (La Philosophie bantoue)
Argument2 : L’Afrique est le berceau de la philosophie. Les géniteurs de la pensée occidentale à l’instar
de Thalès et Pythagore ont eu pour maitres, les vieux prêtres égyptiens.
Référence : Théophile OBENGA: « Plus de 2000 ans avant Thalès, l’Egypte pharaonique a
magnifiquement philosophé et inventé une conception ordonnée de la vie. » (La Philosophie africaine de
la période pharaonique 2780-330 avant notre ère)
Antithèse : L’Africain est n’apte pas à la philosopher.
Argument1 : La philosophie n’existe que chez le peuple ayant l’intuition de son être. Enfermé dans l’esprit
naturel, le nègre reste dénué de rationalité. Concevoir l’Africain comme philosophe serait donc un non-
sens.
Référence : F. Hegel : « Ce qui caractérise les nègres, c’est précisément que leur conscience n’en est pas
encore arrivée à l’intuition de quelque objectivité ferme… » (La raison dans l’histoire)
Argument2 : La philosophie est une exclusivité occidentale. Elle exige une certaine intelligence. Par
manque de science et de technologie, l’Africain ne présente aucun indice de l’intelligence. Ce manque
d’aptitude intellectuelle de l’Africain justifie en même temps son incapacité de produire un discours
philosophique.
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Référence : David Hume : « Je suspecte les Nègre(…) On n’a jamais découvert chez eux le moindre
signe d’intelligence. » (Caractères nationaux)
Sujet n°3 : Commentaire de texte philosophique
Dégagez l’intérêt philosophique de ce texte à partir de son étude ordonnée.
« L’histoire du développement de la société se révèle cependant, en un point, essentiellement différente de
celle de la nature. Dans la nature- dans la mesure où nous ne tenons pas compte de la réaction exercée sur
les hommes-ce sont simplement des facteurs inconscients et aveugles qui agissent les uns sur les autres et
c’est dans leur alternance que se manifeste la loi générale. De tout ce qui se produit-des innombrables
hasards apparents, visibles à la surface, comme des résultats finaux qui maintiennent l’ordre à travers tous
ces hasards-rien ne se produit en tant que but conscient, voulu. Par contre, dans l’histoire de la société, les
facteurs agissant sont exclusivement des hommes doués de conscience, agissant avec réflexion ou avec
passion et poursuivant des buts déterminés ; rien ne se produit sans dessein conscient, sans fin voulue (…).
Les hommes font leur histoire, quelque tournure qu’elle prenne, en poursuivant chacun leurs fins propres,
consciemment voulues, et ce sont précisément les résultats de ces nombreuses volontés agissant dans des
sens différents et de leur percussions variées sur le monde extérieur qui constituent l’histoire. Il s’agit aussi,
par conséquent, de ce que veulent les nombreux individus pris isolément. La volonté est déterminée par la
passion ou la réflexion. »
Friedrich ENGELS, Ludwig Feuerbach et la fin de la philosophie classique allemande, Moscou, Editions
du Progrès, 1974, pp. 62-63.
A-Compréhension du texte
a-Présentation du texte
Auteur : Friedrich ENGELS, Philosophe matérialiste allemand du XIXe siècle.
Ouvrage : Ludwig Feuerbach et la fin de la philosophie classique allemande
b-Thème : L’histoire
c-Problème posé : La place de l’homme dans l’histoire (fondement de l’histoire).
d-Thèse de l’auteur :
L’histoire est l’œuvre des hommes conscients.
L’homme est maître de l’histoire.
d-Structure du texte : Ce texte comporte deux (02) parties.
B-Plan du développement
a- Etude ordonnée : cf structure du texte
Première partie : « L’histoire du développement … but conscient, voulu. »
Idée secondaire : L’histoire de la nature.
Deuxième partie : « Par contre, dans l’histoire font (…) la réflexion.»
Idée secondaire : L’histoire de la société.
b-Intérêt philosophique
Rappel de la thèse de l’auteur : A travers ce texte de Friedrich ENGELS, nous avons compris que
selon l’auteur, l’histoire est l’œuvre consciente des hommes.
Problématique :
• Les hommes font-ils l’histoire ? Ne la subissent-ils pas au contraire ?
Discussion :
Thèse : L’histoire est l’œuvre consciente des hommes.
Argument1 : L’histoire obéit à un dessein conscient et voulu par les hommes. C’est en produisant leurs
moyens d’existence que les hommes deviennent des acteurs conscients de l’histoire.
Référence : Karl Marx : « Les hommes font leur histoire.» (Ludwig Feuerbach et la fin de la philosophie
classique allemande)
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Argument2 : L’homme est sujet libre, conscient et responsable de ses actes ; il fait son histoire sans
déterminisme.
Référence : Jean-Paul Sartre : « Les hommes font leur propre histoire. » (Critique de la raison dialectique)
Antithèse : L’histoire n’est pas l’œuvre des hommes.
Argument1 : L’histoire est providentielle, elle échappe donc à l’homme.
Référence : Jacques-Bénigne Bossuet : « Ce long enchainement des causes particulières qui font et défont
les empires dépend des ordres secrets de la divine providence. » (Discours sur l’histoire universelle)
Argument2 : Les événements historiques sont mus par une force supérieure, les hommes n’en sont que les
simples marionnettes, instruments.
Référence : Friedrich Hegel : « La Raison gouverne le monde. » (La Raison dans l’histoire)
Synthèse : L’homme est tout à la fois sujet et objet de l’histoire.
Référence : Maurice Godelier : « L’homme fait l’histoire et l’histoire le fait. »
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