MP
Lycée Chrestien de Troyes
Mathématique
Devoir surveillé n°2 (4h)
Séries numériques et révisions d’algèbre linéaire
Samedi 25 septembre 2021
David BLOTTIÈRE
1
Consignes
La présentation, la lisibilité, l’orthographe, la qualité de la rédaction, la clarté et la précision des
raisonnements entreront pour une part importante dans l’appréciation des copies. En particulier, les
résultats non justifiés ne seront pas pris en compte. Vous êtes invité à encadrer les résultats de vos calculs.
Si vous êtes amené à repérer ce qui peut vous sembler être une erreur d’énoncé, vous le signalerez
sur votre copie et devrez poursuivre votre composition en expliquant les raisons des initiatives que vous
avez été amené à prendre.
Le sujet comporte deux exercices et trois problèmes indépendants les uns des autres. Vous êtes libre
de les traiter dans l’ordre de votre choix.
Exercice 1. – Règle de Raabe-Duhamel
1
Q1. Soit β un nombre réel strictement positif. Pour tout n ∈ N∗ , on pose vn = β . Former un
n
vn+1
développement asymptotique à deux termes du quotient .
vn
Q2. Soient (un )n∈N∗ et (vn )n∈N∗ deux suites de nombres réels strictement positifs. On suppose qu’à
partir d’un certain rang :
un+1 vn+1
6 .
un vn
Démontrer que un = O (vn ).
n→+∞
Q3. Soit (un )n∈N∗ une suite de nombres réels strictement positifs. On suppose qu’il existe α > 1
tel que :
un+1 α 1
= 1− +o .
un n→+∞ n n
X
Démontrer, à l’aide d’une comparaison avec une série de Riemann, que la série un converge.
Q4. Soit (un )n∈N∗ une suite de nombres réels strictement positifs. On suppose cette fois qu’il existe
0 < α < 1 tel que :
un+1 α 1
= 1− +o .
un n→+∞ n n
X
Démontrer que la série un diverge.
X n−1
Y a+k
Q5. Soit a et b des nombres réels strictement positifs. Déterminer la nature de la série .
n>1 k=0
b+k
2
Exercice 2. – Familles libres
Soient E un R-espace vectoriel, n ∈ N>2 et (u1 , . . . , un ) ∈ E n .
Q6. Rappeler la définition de l’assertion : « la famille (u1 , . . . , un ) est libre ».
Q7. Démontrer que la famille (u1 , . . . , un ) est liée si et seulement s’il existe i ∈ J1, nK tel que
ui ∈ Vect ({u1 , . . . , ui−1 , ui+1 , . . . , un }).
Q8. Donner une condition nécessaire et suffisante sur a ∈ R pour que la famille
Ba := ((a, 1, 1), (1, a, 1), (1, 1, a))
soit une base de R3 .
Q9. Soit A = (ai,j )16i,j6n ∈ Mn (R) une matrice diagonalement dominante, i.e. telle que :
n
X
∀ i ∈ J1, nK, |ai,i | > |ai,j | .
j=1
j6=i
Démontrer que les colonnes de la matrice A :
a1,1 a1,2 a1,n
a2,1 a2,2 a2,n
C1 := .. , C2 := .. , . . . , Cn := ..
. . .
an,1 an,2 an,n
forment une base de Mn,1 (R). Qu’en déduire ?
Q10. Énoncer et démontrer le théorème des degrés échelonnés.
Problème 1. – Valeurs approchées de ln(2)
Soit x ∈ ] − 1, 1].
n−1
1 X (−1)n xn
Q11. Soit n un nombre entier naturel non nul. Démontrer l’égalité = (−1)i xi + .
1+x i=0
1+x
n x
(−1)i−1 (−1)n tn
X Z
Q12. En déduire l’égalité ln(1 + x) = i
x + dt.
i=1
i 0 1+t
X (−1)i−1 +∞
X (−1)i−1
Q13. Démontrer que la série x converge et que
i
xi = ln(1 + x).
i>1
i i=1
i
+∞ +∞
X (−1)i−1 X 1
Q14. Démontrer les identités ln(2) = et ln(2) = i
.
i=1
i i=1
i 2
3
Soit (un )n∈N∗ une suite décroissante de nombres réels, qui converge vers 0. Pour tout n ∈ N∗ :
n
X
Sn = (−1)i−1 ui .
i=1
Q15. Démontrer que les suites (S2n )n∈N∗ et (S2n−1 )n∈N∗ convergent vers une limite commune.
X
Q16. En déduire que la série (−1)n−1 un est convergente. Sa somme est notée S dans la suite.
Q17. Démontrer que, pour tout n ∈ N∗ , S2n 6 S 6 S2n−1 .
Q18. En déduire que pour tout n ∈ N∗ , |S − Sn | 6 un .
n
X (−1)i−1
Q19. Soit p ∈ N. Déterminer un nombre entier naturel Np tel que est une valeur
i=1
i
approchée de ln(2) à 10−p , pour tout entier naturel n > Np .
Soit p ∈ N. On se propose de calculer une valeur approchée de ln(2) à 10−p , en utilisant les sommes partielles :
n
X 1
i=1
i 2i
où n ∈ N∗ .
Q20. Pour tout n ∈ N∗ , on pose :
+∞
X 1
Rn = .
i=n+1
i 2i
1
Justifier l’inégalité 0 6 Rn 6 .
2n
n
X 1
Q21. Déterminer un nombre entier naturel Np0 tel que est une valeur approchée de ln(2) à
i=1
i 2i
10−p , pour tout entier naturel n > Np0 .
Q22. Comparer Np et Np0 .
Problème 2. – Point(s) fixe(s) d’une fonction
Soient a et b des nombres réels tels que a < b. Soit f : [a, b] → R une fonction telle que :
f ([a, b]) ⊂ [a, b] .
On considère la suite (un )n∈N définie par la donnée de u0 ∈ [a, b] et la relation de récurrence :
un+1 = f (un )
4
valable pour tout n ∈ N. On rappelle qu’un point fixe de f est une solution de l’équation
f (x) = x
d’inconnue x ∈ [a, b].
Q23. On suppose dans cette question Q23 que f est dilatante, i.e. que :
∀ (x, y) ∈ [a, b]2 |f (x) − f (y)| > |x − y| .
Établir une condition nécessaire et suffisante sur u0 pour que la suite (un )n∈N converge.
Dans les questions Q24–Q28, on suppose que f est contractante, i.e. que :
∃ k ∈ [0, 1[ ∀ (x, y) ∈ [a, b]2 |f (x) − f (y)| 6 k |x − y| .
et on se propose de démontrer que f possède un unique point fixe.
Q24. Démontrer que si f admet un point fixe, alors celui-ci est unique.
Q25. Démontrer que f est continue sur [a, b].
Q26. Démontrer que, pour tout n ∈ N, |un+1 − un | 6 k n |u1 − u0 | .
X
Q27. Démontrer que la série un+1 − un converge.
Q28. En déduire que la suite (un )n∈N converge vers un point fixe de f .
Q29. On suppose dans cette question Q29 que f est de classe C 1 sur [a, b] et que :
∀ x ∈ [a, b] |f 0 (x)| < 1 .
Démontrer que f possède un unique point fixe.
Q30. Enfin, dans cette question Q30, on suppose qu’il existe p ∈ N∗ tel que f p est contractante,
où f désigne l’itérée p-ième de f pour le produit de composition. Démontrer que f possède un unique
p
point fixe.
Problème 3. − De la série harmonique alternée modifiée
X (−1)n+1
Nous avons démontré en classe que la série harmonique alternée converge et que sa somme vaut
n>1
n
ln(2), au moyen de la formule de Taylor avec reste intégral. Ce résultat a été démontré, d’une autre manière, dans
le problème 1 de ce devoir (cf. Q14).
Nous nous proposons, ici, d’étudier une série obtenue en modifiant l’ordre des termes de la série harmonique
alternée.
5
(−1)n+1
Soient a et b des nombres entiers naturels non nuls. À partir de la suite , on en construit une
n n∈N∗
nouvelle en prenant a termes positifs, puis b termes négatifs, puis a termes positifs, puis b termes négatifs... Cette
nouvelle suite sera notée (un )n∈N∗ .
Par exemple, si a = 3 et b = 2, les premiers termes de la suite (un )n∈N∗ sont :
1 1 1 1 1 1 1 1 1
1, , , − , − , , , , − , − , ...
3 5} | 2 {z 4} |7 9{z 11} | 6 {z 8}
| {z
3 termes 2 termes 3 termes 2 termes
Q31. Démontrer : [
N∗ = {q(a + b) + r : r ∈ J1 ; a + bK}
q∈N
et pour tout (q1 , q2 ) ∈ N2 :
q1 6= q2 =⇒ {q1 (a + b) + r : r ∈ J1 ; a + bK} ∩ {q2 (a + b) + r : r ∈ J1 ; a + bK} = ∅
Nous pouvons alors préciser la définition du terme général de la suite (un )n∈N∗ . Soit n ∈ N∗ . D’après ce qui
précède, il existe un unique couple (q, r) ∈ N × J1 ; a + bK tel que n = q(a + b) + r. Alors :
1
si r 6 a
2(qa + r) − 1
un =
1
−
si r > a + 1
2(qb + r − a)
X
Afin d’étudier la série un , on pose, pour tout n ∈ N∗ :
n>1
n
X
Sn := uk .
k=1
Q32. Écrire une fonction Python, nommée u, d’argument (a, b, p) où :
• a est un nombre entier naturel (indiquant le nombre de termes positifs consécutifs) ,
• b est un nombre entier naturel (indiquant le nombre de termes négatifs consécutifs) ,
• p est un nombre entier naturel non nul
et qui renvoie la liste :
[u1 , u2 , u3 , u4 , . . . , up ]
des p premiers termes de la suite (un )n∈N∗ définie ci-dessus.
Q33. Pour tout n ∈ N∗ , on pose :
n
X 1
Hn :=
k=1
k
6
Démontrer qu’il existe une unique constante réelle γ (nommée constante d’Euler) telle que :
Hn = ln(n) + γ + o(1) .
n→+∞
Q34. Soit m ∈ N∗ . En s’inspirant de la partition de N∗ introduite en Q31, démontrer :
ma mb
X 1 X 1
Sm(a+b) = −
k=1
2k − 1 k=1
2k
puis exprimer la somme Sm(a+b) à l’aide de certains des nombres Hn , où n ∈ N∗ .
Q35. Démontrer : r
a
Sm(a+b) −−−−→ ln 2 .
m→+∞ b
n
Q36. Soit n ∈ N . On pose m = E
∗
. Démontrer que :
a+b
Sn − Sm(a+b) −−−−→ 0 .
n→+∞
r
X a
Q37. Démontrer que la série un converge et que sa somme vaut ln 2 .
n>1
b