Correction de la Série N°1 : Applications
Linéaires
Corrigé par : El Boutahiri Hamza
U. S. M. A
F. S. T. Fès
GMSI, GI, GESE et MSD (S2)
Année universitaire 2024-2025
Exercice .1:
Parmi les applications suivantes, déterminer celles qui sont linéaires :
1. f : R2 → R2 définie par f (x, y) = (2x + 3y, 3x − 5y).
2. f : R2 → R2 définie par f (x, y) = (x + 1, x − y).
3. f : R2 → R3 définie par f (x, y) = (3x, sin(y), x − y).
4. f : R2 → R3 définie par f (x, y) = (|x|, y, 0).
Solution:
1. Soient (x, y), (x′ , y ′ ) ∈ R2 et λ ∈ R, on a
f (x, y) + λ(x′ , y ′ ) = f (x + λx′ , y + λy ′ )
= 2(x + λx′ ) + 3(y + λy ′ ), 3(x + λx′ ) − 5(y + λy ′ )
′ ′ ′ ′
= 2x + 3y + λ(2x + 3y ), 3x − 5y + λ(3x − 5y )
= 2x + 3y + λ(2x′ + 3y ′ ), 3x − 5y + λ(3x′ − 5y ′ )
= f (x, y) + λf (x′ , y ′ ).
Ce qui prouve que f est linéaire.
2. On a
f (0, 0) = (1, 0) ̸= (0, 0).
Donc f n’est pas linéaire.
3. Nous avons π π
f (0, π) = (0, 0, −π) et f 0, − = 0, −1, .
2 2
1
Alors
π π −π
f (0, π) + f (0, − ) = (0, 0, −π) + (0, −1, ) = (0, −1, ).
2 2 2
D’autre part, on a
−π π
f (0, π) + 0, = f 0,
2 2
−π
= (0, 1, )
2
−π π
̸= (0, −1, ) = f (0, π) + f (0, − ).
2 2
Alors f n’est pas linéaire.
4. Soient (x, y) et (x′ , y ′ ) dans R2 , nous avons
f ((x, y) + (x′ , y ′ )) = f (x + x′ , y + y ′ )
= (|x + x′ |, y + y ′ , 0)
Comparons avec
f (x, y) + f (x′ , y ′ ) = (|x|, y, 0) + (|x′ |, y ′ , 0) = (|x| + |x′ |, y + y ′ , 0).
Or, |x + x′ | =
̸ |x| + |x′ | en général (par exemple si x = −1 et x′ = 1).
Ainsi,
f (x + x′ , y + y ′ ) ̸= f (x, y) + f (x′ , y ′ ).
Donc f n’est pas linéaire.
Exercice .2:
On considère les applications f : R2 → R3 et g : R3 → R2 définies par :
f (x, y) = (x − y, x + y, x + y), g(x, y, z) = (x − y + z, 2x + y − 3z).
1. Montrer que f est linéaire, injective et non surjective. Donner une base de
Im(f ).
2. Montrer que g est linéaire, surjective et non injective. Donner une base de
ker(g).
Solution :
1. (a) Linéarité :
Soient (x, y), (x′ , y ′ ) ∈ R2 et λ ∈ R, on a :
f (x, y) + λ (x , y ) = f (x + λx′ , y + λy ′ )
′ ′
= (x + λx′ − (y + λy ′ ), x + λx′ + y + λy ′ , x + λx′ + y + λy ′ )
= (x − y, x + y, x + y) + λ(x′ − y ′ , x′ + y ′ , x′ + y ′ )
= f (x, y) + λf (x′ , y ′ ).
Donc f est linéaire.
El Boutahiri Hamza 2
(b) Injectivité :
On a
Ker(f ) = (x, y) ∈ R2 | f (x, y) = (0, 0, 0) .
Soit (x, y) ∈ Ker(f ) ⇐⇒ f (x, y) = (0, 0)
⇐⇒ (x − y, x + y, x + y) = (0, 0, 0)
⇐⇒ (x, y) = (0, 0)
Donc
Ker(f ) = {(0, 0)} .
D’où f est une appliation injective.
(c) Non-surjetivité :
On suppose que f est surjective.
Puisque (2, 1, 2) ∈ R3 , donc il existe (x, y) ∈ R2 tel que f (x, y) = (2, 1, 2).
Ainsi, on a
(x − y, x + y, x + y) = (2, 1, 2).
Ce qui donne
x − y = 2
x+y =1
x + y = 2.
Or, les deux dernières équations impliquent 1 = 2, ce qui est une contradiction.
Donc, f n’est pas surjective.
(d) Une base de Im(f )
On a
Im(f ) = f (x, y) | (x, y) ∈ R2
= (x − y, x + y, x + y) | (x, y) ∈ R2
= x(1, 1, 1) + y(−1, 1, 1) | (x, y) ∈ R2
= Vect {(1, 1, 1), (−1, 1, 1)}
On vérifie si ces vecteurs sont linéairement indépendants dans R3 .
Soient α, β ∈ R, tels que
α(1, 1, 1) + β(−1, 1, 1) = (0, 0, 0)
ce qui implique (
α−β =0
α+β =0
Cela donne α = β = 0.
Donc {(1, 1, 1), (−1, 1, 1)} est une base de Im(f ).
El Boutahiri Hamza 3
2. (a) Linéarité :
Soient (x, y, z), (x′ , y ′ , z ′ ) ∈ R3 et λ ∈ R, on a
g (x, y, z) + λ (x′ , y ′ , z ′ ) = g (x + λx′ , y + λy ′ , z + λz ′ )
= (x + λx′ − (y + λy ′ ) + z + λz ′ , 2(x + λx′ ) + y + λy ′
− 3(z + λz ′ ))
= (x − y + z, 2x + y − 3z) + λ(x′ − y ′ + z ′ , 2x′ + y ′ − 3z ′ )
= g(x, y, z) + λg(x′ , y ′ , z ′ ).
Donc g est linéaire.
(b) Surjectivité :
On a
Im(g) = g(x, y, z) | (x, y, z) ∈ R3
= (x − y + z, 2x + y − 3z) | (x, y, z) ∈ R3
= x(1, 2) + y(−1, 1) + z(1, −3) | (x, y, z) ∈ R3
= Vect {(1, 2), (−1, 1), (1, −3)} .
Puisque nous avons
−2 5
(1, −3) = (1, 2) − (−1, 1),
3 3
cela montre que (1, −3) est une combinaison linéaire des vecteurs (1, 2) et
(−1, 1). Ainsi, {(1, 2), (−1, 1)} est une famille génératrice de Im(g).
Ensuite, on vérifie si ces vecteurs sont linéairement indépendants dans R2 .
Soient α, β ∈ R, tels que
α(1, 2) + β(−1, 1) = (0, 0),
ce qui implique le système d’équations suivant :
(
α − β = 0,
2α + β = 0.
Cela donne α = β = 0.
Donc {(1, 2), (−1, 1)} est une base de Im(g).
cela implique que
dim(Im(g)) = 2 = dim(R2 ).
Sachant que Im(g) est un sous-espace vectoriel de R2 , on en déduit que
Im(g) = R2 .
D’où g est surjective.
El Boutahiri Hamza 4
(c) Non-injectivité et la base de Ker(g):
Soit (x, y, z) ∈ Ker(g) ⇐⇒ g(x, y, z) = (0, 0)
⇐⇒ (x − y + z, 2x + y − 3z) = (0, 0)
(
x−y+z =0
⇐⇒
2x + y − 3z = 0
(
x−y+z =0
⇐⇒
3x − 2z = 0
x = 2 z
⇐⇒ 3
2 5
y = x + z = z + z = z
3 3
Donc
2 5
Ker(g) = z, z, z , z ∈ R
3 3
2 5
= z , ,1
3 3
2 5
= Vect , ,1
3 3
2 5 2 5
Puisque , , 1 ̸= (0, 0, 0), alors g n’est pas injective et , ,1 est
3 3 3 3
une famille libre, ainsi c’est une base de Ker(g).
Exercice .3:
Soit B = (e1 , e2 , e3 ) la base canonique de R3 et T l’endomorphisme de R3 défini par
:
T (e1 ) = e1 − e2 , T (e2 ) = −e1 + e2 + e3 , T (e3 ) = e3 .
1. Donner l’expression de T (x, y, z) pour tout (x, y, z) ∈ R3 .
2. Déterminer une base de ker(T ). En déduire le rang de T .
3. Déterminer une base de Im(T ).
Solution :
1. Soit (x, y, z) ∈ R3 . On a
T (x, y, z) = T (xe1 + ye2 + ze3 ) = xT (e1 ) + yT (e2 ) + zT (e3 )
= x(e1 − e2 ) + y(−e1 + e2 + e3 ) + ze3
= xe1 − xe2 − ye1 + ye2 + ye3 + ze3
= (x − y, −x + y, y + z).
Donc T : R3 → R3 est donnée par
T (x, y, z) = (x − y, −x + y, y + z).
El Boutahiri Hamza 5
2.
Soit (x, y, z) ∈ Ker(T ) ⇐⇒ T (x, y, z) = (0, 0, 0)
⇐⇒ (x − y, −x + y, y + z) = (0, 0, 0)
x − y = 0
⇐⇒ −x + y = 0
y+z =0
(
x=y
⇐⇒
z = −y
Ainsi, le noyau de T est
Ker(T ) = {(y, y, −y) | y ∈ R} = Vect {(1, 1, −1)} .
Puisque (1, 1, −1) ̸= (0, 0, 0), cela signifie que {(1, 1, −1)} est une famille libre et
donc une base de Ker(T ).
- Calcul du rang de T :
D’après le théorème du rang, on a:
rg(T ) = dim(R3 ) − dim(Ker(T )) = 3 − 1 = 2.
Ainsi, on en déduit que rg(T ) = 2.
3. On a
Im(T ) = T (x, y, z) | (x, y, z) ∈ R3
= (x − y, −x + y, y + z) | (x, y, z) ∈ R3
= x(1, −1, 0) + y(−1, 1, 1) + z(0, 0, 1) | (x, y, z) ∈ R3
= Vect {(1, −1, 0), (−1, 1, 1), (0, 0, 1)} .
Puisque nous avons
(1, −1, 0) = −1(−1, 1, 1) + (0, 0, 1),
cela montre que (1, −1, 0) est une combinaison linéaire des vecteurs (−1, 1, 1) et
(0, 0, 1). Ainsi, {(−1, 1, 1), (0, 0, 1)} est une famille génératrice de Im(T ).
Nous vérifions ensuite si ces vecteurs sont linéairement indépendants dans R2 .
Soient α, β ∈ R, tels que
α(−1, 1, 1) + β(0, 0, 1) = (0, 0, 0),
ce qui implique le système d’équations suivant :
(
−α = 0,
α + β = 0.
Cela donne α = β = 0.
Donc {(−1, 1, 1), (0, 0, 1)} est une base de Im(T ).
El Boutahiri Hamza 6
Exercice .4:
Soient B = {e1 , e2 , e3 } la base canonique de E = R3 et f l’endomorphisme de E
défini par :
f (e1 ) = 2e1 − 3e2 + e3 , f (e2 ) = e1 − e2 , f (e3 ) = e2 − e3 .
1) Expliciter f (x, y, z) pour tout (x, y, z) ∈ R3 .
2) Déterminer f 2 = f ◦ f et vérifier que f 3 = 0.
3) Calculer (IdE − f ) ◦ (IdE + f + f 2 ).
4) Montrer que IdE − f est bijective et calculer (IdE − f )−1 .
5) Déterminer une base de ker(f ). En déduire le rang de f .
6) Montrer que la famille {v, −f (v), f 2 (v)} est une base de E, pour tout vecteur
/ ker(f 2 ).
v∈
7) En déduire que B ′ = {f 2 (e3 ), −f (e3 ), e3 } est une base de E.
Solution :
1. Soit (x, y, z) ∈ R3 . On a
f (x, y, z) = f (xe1 + ye2 + ze3 )
= xf (e1 ) + yf (e2 ) + zf (e3 )
= x(2e1 − 3e2 + e3 ) + y(e2 − e2 ) + z(e2 − e3 )
= (2x, −3x, x) + (y, −y, 0) + (0, z, −z)
= (2x + y, −3x − y + z, x − z).
2. Soit (x, y, z) ∈ R3 . On a
f 2 (x, y, z) = f f (x, y, z)
= f (2x + y, −3x − y + z, x − z)
= 2(2x + y) − 3x − y + z, −3(2x + y) − (−3x − y + z) + x − z, 2x + y − x + z
= (x + y + z, −2x − 2y − 2z, x + y + z)
Ainsi
3 2
f (x, y, z) = f f (x, y, z)
= f (x + y + z, −2x − 2y − 2z, x + y + z)
= 2(x + y + z) − 2x − 2y − 2z, −3(x + y + z) − (−2x − 2y − 2z)
+ x + y + z, x + y + z − (x + y + z)
= (0, 0, 0).
El Boutahiri Hamza 7
3. On a
(IdE − f ) ◦ (IdE + f + f 2 ) = IdE + f + f 2 − f − f 2 − f 3
= IdE
4. On a d’après 3)
(IdE − f ) ◦ (IdE + f + f 2 ) = IdE ,
de plus, nous avons (IdE + f + f 2 ) ◦ (IdE − f ) = IdE , ce qui implique que IdE − f
est bijective.
D’où
(IdE − f )−1 = IdE + f + f 2 .
5.
Soit (x, y, z) ∈ Ker(f ) ⇐⇒ f (x, y, z) = (0, 0, 0)
⇐⇒ (2x + y, −3x − y + z, x − z) = (0, 0, 0)
2x + y = 0
⇐⇒ −3x − y + z = 0
x=z
(
x=z
⇐⇒
y = −2z
Ainsi, le noyau de f est
Ker(u) = {z, −2z, z) | z ∈ R} = Vect {(1, −2, 1)} .
Puisque (1, −2, 1) ̸= (0, 0, 0), cela signifie que {(1, −2, 1)} est une famille libre et
donc une base de Ker(f ).
Calcul du rang de f :
D’après le théorème du rang, on a:
rg(f ) = dim(R3 ) − dim(Ker(f )) = 3 − 1 = 2.
Ainsi, on en déduit que rg(f ) = 2.
6. Il suffit de vérifier que les vecteurs sont independants.
Soient α, β, η ∈ R, v ∈ / Ker(f 2 ), tq
αv − βf (v) + ηf 2 (v) = 0 (1)
puisque f linéaire, on a
αf 2 (v) − βf 3 (v) + ηf 4 (v) = 0
Or f 3 (v) = f 4 (v) = 0. Ce qui implique
αf 2 (v) = 0
El Boutahiri Hamza 8
Puisque v ∈/ Ker(f 2 ), cela donne α = 0.
D’après (1), on obtient donc
−βf (v) + ηf 2 (v) = 0.
Ce qui nous donne
−βf 2 (v) + ηf 3 (v) = 0.
Cela implique β = 0, et finalement, nous avons α = β = η = 0.
Alors la famille {v, −f (v), f 2 (v)} est une base de E, ∀v ∈
/ Ker(f 2 ).
/ Ker(f 2 ).
7. Il suffit de montre que e3 = (0, 0, 1) ∈
On a f 2 (e3 ) = (1, −2, 1) ̸= 0R3 .
Ainsi, d’après (6), on en déduit que B ′ est une base de E.
Exercice .5:
Soit E un K-espace vectoriel de dimension n et f une forme linéaire non nulle sur
E, c’est-à-dire une application linéaire de E dans K.
1. Montrer que f est surjective.
2. Soit x ∈ E tel que f (x) ̸= 0. Montrer que E = ker(f ) ⊕ ⟨x⟩, où ⟨x⟩ désigne
le sous-espace vectoriel de E engendré par x.
Solution:
1. Nous devons montrer que f est surjective. Cela signifie que pour tout α ∈ K, il
existe x ∈ E tel que f (x) = α.
Puisque f n’est pas nulle sur E.
Alors il existe au moins un élément x0 ∈ E tel que f (x0 ) ̸= 0.
α
Soit β = f (x0 ). Considerons x = x0 , par linéarité, on a:
β
α α
f (x) = f x0 = f (x0 ) = α.
β β
Donc, pour tout α ∈ R, on a trouvé un x ∈ E tel que f (x) = α, ce qui prouve que
f est surjective.
2. Soit v ∈ E. On a:
f (x)
f (v) = f (v) ,
f (x)
f (v)
on note λ = ∈ K, donc f (v) = λf (x).
f (x)
D’autre part, on considère u = v − λx.
El Boutahiri Hamza 9
Exercice .6:
Soient B = {e1 , e2 , e3 } la base canonique de R3 et u l’endomorphisme de R3 défini
par :
u(e1 ) = (1, −2, 0), u(e2 ) = (−1, 2, 0), u(e3 ) = (0, 0, 2).
1. Calculer u(x, y, z) pour tout (x, y, z) ∈ R3 .
2. Déterminer une base de Ker(u) et une base de Im(u).
3. Montrer que R3 = ker(u) ⊕ Im(u).
4. Déterminer ker(u − Id) et Im(u − Id), où Id désigne l’identité de R3 .
5. En déduire que u − Id est un automorphisme.
Solution:
1. Soit (x, y, z) ∈ R3 , on a
u(x, y, z) = u(e1 x + e2 y + e3 z).
Par linéarité de u,
u(x, y, z) = xu(e1 ) + yu(e2 ) + zu(e3 )
= (x − y, −2x + 2y, 2z)
2. - Calcule la base de Ker(u):
Soit (x, y, z) ∈ Ker(u) ⇐⇒ u(x, y, z) = (0, 0, 0)
⇐⇒ (x − y, −2x + 2y, 2z) = (0, 0, 0)
x − y = 0
⇐⇒ −2x + 2y = 0
2z = 0
(
x=y
⇐⇒
z=0
Ainsi, le noyau de u est
Ker(u) = {y, y, 0) | y ∈ R} = Vect {(1, 1, 0)} .
Puisque (1, 1, 0) ̸= (0, 0, 0), cela signifie que {(1, 1, 0)} est une famille libre et donc
une base de Ker(u).
- Calcule la base de Im(u):
On a
Im(u) = u(x, y, z) | (x, y, z) ∈ R3
= (x − y, −2x + 2y, 2z) | (x, y, z) ∈ R3
= x(1, −2, 0) + y(−1, 2, 0) + z(0, 0, 2) | (x, y, z) ∈ R3
= Vect {(1, −2, 0), (−1, 2, 0), (0, 0, 2)} .
El Boutahiri Hamza 10
Puisque nous avons
(−1, 2, 0) = −1 × (1, −2, 0) + 0 × (0, 0, 2),
cela montre que (−1, 2, 0) est une combinaison linéaire des vecteurs (1, −2, 0) et
(0, 0, 2). Ainsi, {(1, −2, 0), (0, 0, 2)} est une famille génératrice de Im(u).
Nous vérifions ensuite si ces vecteurs sont linéairement indépendants dans R3 .
Soient α, β ∈ R, tels que
α(1, −2, 0) + β(0, 0, 2) = (0, 0, 0),
ce qui implique α = β = 0.
Donc {(1, −2, 0), (0, 0, 2)} est une base de Im(u).
3. Pour démontrer que R3 = ker(u) ⊕ Im(u), nous devons vérifier les deux conditions
suivantes :
(a) {(1, 1, 0)} ∩ {(1, −2, 0), (0, 0, 2)} = ∅,
(b) {(1, 1, 0)} ∪ {(1, −2, 0), (0, 0, 2)} est une base de R3 .
Pour (a), c’est évident.
Pour (b), on considère l’ensemble S des trois vecteurs :
S = {(1, 1, 0), (1, −2, 0), (0, 0, 2)}.
Il suffit de montrer que S est libre car Card(S) = dim(R3 ). Pour cela, soient
λ, α, β ∈ R tels que :
λ(1, 1, 0) + α(1, −2, 0) + β(0, 0, 2) = (0, 0, 0).
Cela donne le système :
λ + α = 0,
λ − 2α = 0,
2β = 0.
Ce qui donne λ = α = β = 0.
Donc, les trois vecteurs sont linéairement indépendants.
Comme nous avons trois vecteurs libres dans un espace de dimension 3, ils forment
une base de R3 . D’où :
R3 = ker(u) ⊕ Im(u).
4. Nous avons u − Id défini par
(u − Id)(x, y, z) = u(x, y, z) − (x, y, z).
Or, on sait que
u(x, y, z) = (x − y, −2x + 2y, 2z).
Ainsi
(u − Id)(x, y, z) = (−y, −2x + y, z).
El Boutahiri Hamza 11
- Détermination de Ker(u − Id) :
Par définition, ker(u − Id) est l’ensemble des vecteurs (x, y, z) tels que
(u − Id)(x, y, z) = (0, 0, 0).
Cela donne le système
−y = 0,
−2x + y = 0,
z = 0.
Ainsi, la seule solution est (0, 0, 0), donc :
Ker(u − Id) = {(0, 0, 0)}.
- Détermination de Im(u − Id) :
Puisque ker(u − Id) = {(0, 0, 0)}, cela signifie que u − Id est injectif.
De plus, comme u − Id est un endomorphisme de R3 , l’injectivité implique la sur-
jectivité.
Ainsi, on a :
Im(u − Id) = R3 .
5. Puisque u − Id est un endomorphisme de R3 et que nous avons montré qu’il est à
la fois injectif et surjectif,
il en résulte que u − Id est un automorphisme de R3 .
Exercice .7:
a b
Soient E = | a, b, c ∈ R et f : E −→ E l’application définie par :
0 c
a b b−c a+c
f = .
0 c 0 a+b
1. Montrer que E est un sous-espace vectoriel de M2 (R) et déterminer sa base
canonique.
2. Montrer que f est une application linéaire.
1 −1 0 1 1 0
3. Montrer que M0 = ∈ ker(f ), M1 = et M2 = ∈
0 −1 0 1 0 1
Im(f ).
4. Montrer que {M0 } est une base de Ker(f ).
5. Montrer que {M1 , M2 } est une base de Im(f ).
Solution :
El Boutahiri Hamza 12
1. - Vérification que E est un sous-espace vectoriel de M2 (R).
On a
0 0
0M2 (R) = ∈ E.
0 0
Donc
E ̸= ∅.
a1 b 1 a2 b 2
D’autre part, soient A = , B= ∈ E et λ ∈ R.
0 c1 0 c2
a1 + λa2 b1 + λb2
A + λB = ∈ E.
0 c1 + λc2
Donc, E est bien un sous-espace vectoriel de M2 (R).
- Détermination d’une base de E.
On cherche une base de E, c’est-à-dire un ensemble de matrices indépendantes qui
engendrent tout élément de E.
Un élément générique de E s’écrit :
a b 1 0 0 1 0 0
A= =a +b +c .
0 c 0 0 0 0 0 1
Les matrices
1 0 0 1 0 0
E1 = , E2 = , E3 =
0 0 0 0 0 1
sont linéairement indépendantes et tout élément de E est une combinaison linéaire
de celles-ci.
Ainsi, une base de E est donnée par :
{E1 , E2 , E3 } .
a1 b 1 a2 b 2
2. Soient A = et B = deux matrices de E, et soit λ ∈ R.
0 c1 0 c2
Calculons A + λB
a1 + λa2 b1 + λb2
A + λB = .
0 c1 + λc2
Appliquons f
(b1 + λb2 ) − (c1 + λc2 ) (a1 + λa2 ) + (c1 + λc2 )
f (A + λB) =
0 (a1 + λa2 ) + (b1 + λb2 )
(b1 − c1 ) + λ(b2 − c2 ) (a1 + c1 ) + λ(a2 + c2 )
=
0 (a1 + b1 ) + λ(a2 + b2 )
b1 − c1 a1 + c1 b 2 − c 2 a2 + c 2
= +λ
0 a1 + b 1 0 a2 + b 2
= f (A) + λf (B).
Ainsi, f est une application linéaire.
El Boutahiri Hamza 13
3. (a) Vérification que M0 ∈ ker(f ) :
Le noyau de f est défini par :
ker(f ) = {A ∈ E | f (A) = 0}.
Calculons f (M0 ) :
1 −1 (−1) − (−1) 1 + (−1) 0 0
f = = .
0 −1 0 1 + (−1) 0 0
Comme f (M0 ) = 0, on en déduit que M0 ∈ ker(f ).
(b) Vérification que M1 ∈ Im(f ) :
L’image de f est définie par :
Im(f ) = {f (A) | A ∈ E}.
a b
Nous cherchons une matrice A = telle que f (A) = M1 , soit :
0 c
b−c a+c 0 1
= .
0 a+b 0 1
Cela donne le système :
b − c = 0,
a + c = 1,
a + b = 1.
En résolvant :
- De la première équation, on a b = c.
- En remplaçant dans la troisième, a + c = 1.
- En remplaçant dans la deuxième, on obtient le même résultat a + c = 1.
Prenons a = 0, b = 1, c = 1, on obtient :
0 1
A= .
0 1
Comme f (A) = M1 , on en déduit que M1 ∈ Im(f ).
(c) Vérification que M2 ∈ Im(f ) :
a b
De la même manière, nous cherchons une matrice A = telle que f (A) =
0 c
M2 , soit
b−c a+c 1 0
= .
0 a+b 0 1
Cela donne le système
b − c = 1,
a + c = 0,
a + b = 1.
El Boutahiri Hamza 14
En résolvant :
- De la deuxième équation, a = −c.
- En remplaçant dans la troisième, −c + b = 1 ⇒ b = c + 1.
- En remplaçant dans la première, (c + 1) − c = 1, ce qui est vrai pour tout c.
Prenons c = 0, alors a = 0, b = 1, et :
0 1
A= .
0 0
Comme f (A) = M2 , on en déduit que M2 ∈ Im(f ).
4. Par définition, le noyau de f est l’ensemble des matrices A ∈ E telles que f (A) = 0,
soit
a b b−c a+c 0 0
f = = .
0 c 0 a+b 0 0
Ce qui donne le système
b − c = 0,
a + c = 0,
a + b = 0.
Ainsi, les matrices du noyau sont de la forme
1 −1
A=c = cM0 .
0 −1
Donc, tout élément de Ker(f ) est une combinaison linéaire de M0 , ce qui prouve
que M0 engendre Ker(f ), et puisque M0 ̸= 0, cela implique que {M0 } est libre, donc
{M0 } est une base de Ker(f ).
5. Il est facile de vérifier que {M1 , M2 } est libre, ce qui implique que dim⟨M1 , M2 ⟩ = 2.
Ainsi, {M1 , M2 } est une base de ⟨M1 , M2 ⟩.
De plus, ⟨M1 , M2 ⟩ est inclus dans Im(f ) et comme dim Im(f ) = dim⟨M1 , M2 ⟩.
On en déduit que
Im(f ) = ⟨M1 , M2 ⟩,
et donc {M1 , M2 } est une base de Im(f ).
El Boutahiri Hamza 15