2020 | Analyse |# 401
Famille, Culture & Éducation | Axelle Durant
L’intégration des enfants autistes
dans l’enseignement ordinaire
: lien consultable dans l’Internet
L’intégration des enfants autistes dans l’enseignement ordinaire 03
I. Introduction
Bien que les sujets liés à l’intégration de l’autisme dans la société soient aussi
vastes qu’intéressants (implication sociale, relations amoureuses et familiales,
euthanasie, recherche d’emploi…), par souci d’attention et de précision vis-à-
vis du sujet de cette publication, ne sera abordé dans le cadre de cet article
de vulgarisation que le sujet de l’intégration des enfants autistes dans l’ensei-
gnement ordinaire.
En Belgique, environ 80 000 personnes présentent un trouble du spectre de
l’autisme. Le nombre de cas recensés ne fait qu’augmenter : 850 nouveaux
cas seraient détectés par an. La prévalence de l’autisme, et plus généralement
des troubles du spectre de l’autisme est d’une personne sur cent. 1 Au vu du
nombre de plus en plus important de personnes touchées par ce handicap,
et également le manque de diagnostics et de services adaptés, il est important
de se demander quels sont les besoins et la place des individus autistes au
sein de notre société.
L’autisme, aussi appelé Trouble du Spectre de l’Autisme (TSA), qualifie les
personnes atteintes d’un trouble envahissant du développement humain,
ce qui se traduit par une altération de l’interaction sociale, de la communica-
tion, une modification du répertoire des activités et des intérêts ainsi que le
caractère répétitif de certains comportements dès la petite enfance. Les per-
sonnes autistes peuvent être atteintes de tous ces symptômes ou d’un seul à
la fois ; chaque individu autiste est différent et singulier.
Les troubles envahissants du développement humain sont caractérisés,
catégorisés et classés par le Manuel diagnostique et statistique des troubles
mentaux 2 ainsi que par la « Classification Internationale des Maladies » de
l’Organisation Mondiale de la Santé. Les termes d’« autisme » et de « trouble
envahissant du développement » sont remplacés peu à peu par l’expression
« Trouble du Spectre de l’Autisme » afin de mieux prendre en compte les spé-
cificités liées aux troubles du développement social et la grande différence
entre les symptômes des individus.
1
« Comprendre l’autisme », Autism Europe, [en ligne :], [Link]
[Link]/fr/a-propos-dautism-europe, consulté le 19 novembre 2019.
2
Convention de rééducation fonctionnelle pour le centre de référence des troubles
du spectre autistique, Bruxelles : Institut National d’Assurance Maladie-Invali-
dité, 2014, 3-19 p.
04 Famille, Culture & Éducation
L’autisme est un trouble du développement. Par conséquent, son évolution
et ses manifestations sont différentes en fonction de l’âge de l’individu, de ses
compétences, de son expérience mais aussi de son apprentissage. En effet,
des études démontrent qu’une éducation mise en place au plus tôt et adaptée
aux besoins de l’individu autiste, encourage le développement, l’accessibilité
de différents environnements et pallie certaines difficultés rencontrées par ce
dernier. 3 Il est donc primordial de souligner l’importance de l’éducation et de
l’apprentissage liés au développement cognitif, mais aussi du bien-être des
personnes autistes et de leur famille. En effet, l’autisme ne se guérit pas mais
peut s’améliorer au niveau des symptômes si la pathologie est prise en charge
rapidement et conformément aux besoins de l’individu atteint.
Les individus autistes ne présentent pas forcement de retard mental ; en effet,
environ 50 % des autistes ont un développement intellectuel dans la norme.
D’autres présentent même un haut potentiel intellectuel. Intégrer ces enfants
dans un système scolaire adapté à leurs besoins se révèle donc décisif pour
leur permettre un développement personnel optimal.
La collaboration harmonieuse entre les individus respectant leurs différences
est un thème essentiel dans notre société. Ceci est d’autant plus crucial pour
les enfants autistes et leur famille que le manque de certaines techniques
de diagnostic nuit au développement personnel, social, communication-
nel et scolaire des enfants touchés par un trouble du spectre de l’autisme.
C’est dans ce cadre que l’Institut National d’Assurance Maladie-Invalidité
(INAMI) a reconnu la nécessité de mettre en place des centres de référence
relatifs au diagnostic d’autisme afin d’établir un diagnostic professionnel per-
mettant une prise en charge thérapeutique adaptée aux besoins des patients. 4
3
« Comprendre l’autisme », Autism Europe, op. cit.
4
Qualité de vie des jeunes enfants autistes et de leur famille, Bruxelles, Conseil
Supérieur de la Santé, 2013, 13-67 p.
L’intégration des enfants autistes dans l’enseignement ordinaire 05
II. Une définition plus détaillée du trouble du spectre
de l’autisme
Depuis la fin du xxe siècle, la prise en considération de l’autisme par les cher-
cheurs a considérablement évolué. L’autisme est classé comme une maladie
de troubles envahissants du développement et comporte plusieurs sous caté-
gories de troubles liés, pouvant tous être considérés comme faisant partie de
la famille autistique :
• Le trouble autistique est caractérisé par des intérêts restreints mais
amplifiés, des comportements atypiques et de grandes difficultés dans
le domaine de l’interaction sociale, ce qui impacte en profondeur la com-
munication de l’enfant autiste.
• Le syndrome d’Asperger est différent du trouble autistique par le déve-
loppement du langage tout à fait classique.
• Le trouble envahissant du développement non spécifié est un trouble
reprenant les caractéristiques rencontrées par l’enfant étant atteint par
le trouble autistique mais n’étant pas aussi sévère et profond dans ses
symptômes.
• Le syndrome de Rett est une maladie génétique congénitale bien spéci-
fique mais dont les symptômes se rapprochent de ceux du trouble autis-
tique
• Le trouble désintégratif de l’enfance est caractérisé principalement par
une diminution évolutive des acquis de l’enfant atteint.
Toutes ces catégories de maladies répertoriées au sein du Trouble du Spectre
de l’Autisme (TSA) se manifestent chez les enfants avant l’âge de trois ans.
Les différents troubles liés à l’autisme sont spécifiquement distingués pour
permettre une meilleure compréhension des symptômes et donc par exten-
sion des besoins spécifiques des enfants autistes.
06 Famille, Culture & Éducation
III. Le diagnostic de l’enfant autiste
Le diagnostic précoce d’un enfant autiste est primordial car plus tôt l’enca-
drement et la prise en charge des besoins spécifiques à l’enfant se fait, plus
le développement de l’enfant peut être aidé à long terme augmentant ainsi sa
qualité de vie. Les parents doivent donc être accompagnés dès les premiers
symptômes par des professionnels pouvant les aiguiller sur le diagnostic pré-
cis de l’enfant.
Les médecins préconisent de diagnostiquer l’enfant atteint d’autisme entre
ses trois et cinq ans. En effet, c’est à cet âge que des problèmes liés au com-
portement et aux émotions peuvent se manifester chez les enfants atteints
de TSA.
On peut procéder à deux diagnostics possibles pour détecter l’enfant atteint
d’autisme ; les deux méthodes étant complémentaires mais différentes.
La première consiste à évaluer l’enfant à la manière d’un classement descrip-
tif : les critères de diagnostic établis par des institutions de santé internatio-
nales ont été classés et sont appliqués au patient pour comprendre si l’enfant
est autiste ou non en fonction des critères qu’il remplit. C’est cette première
méthode de diagnostic qui est nécessaire pour la demande d’accès à un sou-
tien particulier lié à la prise en charge de l’enfant.
La difficulté de cette méthodologie est qu’elle se base sur des critères stricts
et parfois mal délimités pour des patients dont l’état est complexe et unique,
ne rentrant pas simplement dans les cases des symptômes visibles et définis
théoriquement pour la plus grande partie des autistes. Des enfants présentant
des troubles du développement liés à un trouble du spectre de l’autisme ne
sont parfois pas reconnus comme autistes par ces instruments de diagnostic...
L’autisme, en plus d’engendrer des troubles de développement personnel,
amène chez certains patients un plus faible niveau intellectuel, des troubles de
la communication, de l’apprentissage, mais aussi des angoisses, la dépression
et des comportements obsessionnels compulsifs, rendant donc le diagnostic
encore plus complexe à rendre.
C’est pour ces raisons que la deuxième méthode, basée sur l’action, a vu
le jour. Elle permet de compléter le procédé de diagnostic précédent. Cette
démarche, basée sur l’action, prend en compte des descriptions plus détail-
lées des symptômes concrets associés à un trouble du spectre de l’autisme.
L’intégration des enfants autistes dans l’enseignement ordinaire 07
Le constat du comportement physique, social et intellectuel de l’enfant dia-
gnostiqué est pris en compte pour comprendre les points faibles et les points
forts de l’enfant, ce qui, par la suite, permettra une construction appropriée du
soutien et de l’accompagnement personnel destinés à l’enfant autiste.
Il est fortement conseillé de procéder à un diagnostic multidisciplinaire se
déroulant en plusieurs fois, pour permette à l’enfant de s’adapter à l’environ-
nement d’observation. Cette multidisciplinarité permet d’écarter les sources
de distraction qui pourraient influencer le diagnostic si était seulement réalisé
un seul examen.
En Belgique, les diagnostics sont généralement posés chez les enfants de
deux à trois ans mais ne suivent pas toujours la procédure pluridisciplinaire
conseillée ; le processus de diagnostic des troubles du spectre de l’autisme
mériterait donc d’être plus élaboré et travaillé par les institutions belges com-
pétentes (INAMI, Office de la Naissance et de l’Enfance…)
Des centres spécialisés dans le diagnostic de l’autisme existent et permettent
une évaluation plus rapide permettant d’accéder plus facilement et prompte-
ment à une prise en charge adéquate. Ces centres spécialisés sont organisés
autour de plusieurs professionnels (kinésithérapeutes, pédiatres, infirmiers,
logopèdes…), outillés et compétents dans leur domaine, pour assurer le dia-
gnostic et la prise en charge complète des enfants autistes.
Pour établir une expertise dans un centre spécialisé, il faut introduire un dos-
sier administratif basé sur une suspicion d’autisme. Un premier rendez-vous
médical pour l’enfant est pris pour mettre au point la série de modules de
diagnostics à mettre en place pour un processus d'évaluation complet et per-
tinent pour l’enfant. La suite des examens comprend :
• un entretien avec les parents permettant de retracer les antécédents
médicaux de l’enfant, de parler des symptômes éveillant la suspicion des
parents ainsi que l’inventaire de toutes les explorations ayant déjà été
entreprises vis-à-vis de cette suspicion d’autisme de l’enfant ;
• un entretien préliminaire d’observation de l’enfant dans son environne-
ment ainsi que dans des situations créées pour l’occasion et donc non
familières pour l’enfant ;
• une évaluation comportementale de l’enfant ;
• un examen évaluant le développement et l’intelligence de l’enfant ainsi
que son avancement sociocognitif ;
08 Famille, Culture & Éducation
• un examen permettant de contrôler l’étendue des capacités sociales,
de langage, de la parole et de la communication en générale ;
• un examen de psychomotricité ;
• des examens médicaux plus poussés dans les domaines de la génétique
et de la neurologie.
En Belgique, la principale difficulté qu’observent ces centres spécialisés est
la liste d’attente et la faisabilité d’un examen pluridisciplinaire tout à fait
complet. En effet, les délais pour obtenir un rendez-vous dans l’un des huit
centres spécialisés du pays sont longs. Il faut plusieurs mois pour obtenir un
rendez-vous préliminaire. Il est aussi à noter que certains de ces centres de
diagnostic spécialisés offrent des services qui restent en-dessous du nombre
de prestations remboursées par l’INAMI, rendant dès lors leur accès difficile
aux familles socio-économiquement plus faibles, au détriment d’une prise en
charge de qualité pour l’enfant.
Au vu de la difficulté et du travail que représente l’évaluation des enfants
ayant un risque d’être touchés par un trouble du spectre de l’autisme, un ré-
seau de santé consolidé et spécialisé doit être mis en place. La détection de
l’autisme pourrait facilement être faite par des médecins généralistes et/ou
des professionnels de l’enfance (crèches, ONE, écoles…) formés aux signes
et symptômes de l’autisme afin d’accélérer la prise en charge professionnelle
et spécialisée de l’enfant.
IV. La prise en charge de l’enfant autiste
L’accompagnement d’un enfant autiste se fait dans plusieurs domaines :
le développement et la stimulation du langage, les compétences sociales,
la motricité, l’autonomie, la gestion du comportement… La largeur du spectre
concerné a pour conséquence que la prise en charge d’un enfant atteint
d’autisme est une préoccupation déterminante pour les parents et la famille
de l’enfant. En effet, la vie des parents peut être grandement impactée si les
changements et leurs répercussions dans la vie quotidienne ne sont pas cor-
rectement organisés et pris en compte. L’accompagnement spécifique néces-
saire à la prise en charge d’un enfant autiste conduit à des réaménagements
durables dans un foyer, pour devenir plus adapté aux particularités de l’enfant.
L’intégration des enfants autistes dans l’enseignement ordinaire 09
Les parents, premiers acteurs impliqués dans la vie de l’enfant autiste, doivent
pouvoir bénéficier d’une aide dans l’accompagnement du processus de déve-
loppement psychique, intellectuel, et éducatif de l’enfant atteint d’un trouble
du développement. Cet accompagnement doit être construit spécifiquement
autour des besoins uniques de l’enfant, permettant de s’adapter à sa vie
et ses capacités de façon cohérente. Cet accompagnement peut être géré par
plusieurs personnes, toutes travaillant sur une nécessité spécifique, comme
une psychologue, une logopède, un éducateur, un pédiatre…
Cette équipe de spécialistes, au service de l’enfant, soulage les parents de
certaines charges professionnelles et morales, tout en leur permettant de gar-
der uniquement le rôle de « parents » aux yeux de l’enfant. De plus, les parents
eux-mêmes peuvent obtenir de l’aide et un soutien psychologique pour les
aider vis-à-vis de leurs sentiments et de leur ressenti quant à la vie quoti-
dienne et la prise en charge de leur enfant autiste.
V. Intégration de l’enfant autiste à l’école
Une prise en charge adaptée aux besoins d’un enfant autiste se fait aussi par
un accompagnement scolaire adapté à ses points forts et ses difficultés.
Tous les enfants doivent être scolarisés jusqu’à leur 18 ans, la législation
belge reconnaissant le droit à l’éducation de tous les enfants, handicapés
ou non 5. En principe, les parents ont le choix quant à l’établissement scolaire
de leur enfant.
Des méthodes d’enseignement spécialisées existent pour permettre aux en-
fants autistes de se développer au niveau intellectuel et scolaire ; ces méthodes
pédagogiques sont spécialement élaborées pour prendre en compte les pro-
blèmes que rencontrent les enfants en difficulté dans leur développement et
environnement scolaire. Une de ces méthodes pédagogiques, renommée à
l’international, est celle du programme TEACCH 6 (Treatment and Education of
Autist and related Communication Handicaped Children – Traitement et éduca-
tion des enfants autistes ou atteints de troubles de la communication associés).
5
« L’obligation scolaire », [Link], [en ligne :], [Link]
[Link]/[Link]?page=24546, consulté le 2 2 février 2020.
6
« Qu’est-ce que TEACCH ? », Pro Aids Autisme, [en ligne :], [Link]
org, consulté le 3 février 2020.
10 Famille, Culture & Éducation
Ce programme, venu des États-Unis et élaboré dans les années septante par
le docteur Schopler, vise à intégrer les personnes atteintes d’un trouble du
spectre de l’autisme en les incluant de façon plus profonde dans une commu-
nauté familiale, scolaire et sociale établie, améliorant donc la qualité de vie des
enfants autistes et celle de leur famille.
D’autres méthodes pédagogiques existent, comme celle du Plan Individuel
d’Apprentissage (PIA) qui permet à chaque élève d’ajuster sa scolarité selon
ses besoins grâce aux soutiens du corps enseignant, formé spécifiquement
à des pédagogies parallèles. La pédagogie adaptée permet donc à un enfant
atteint d’un trouble du spectre de l’autiste de fréquenter aussi bien des écoles
de l’enseignement spécialisé que de l’enseignement ordinaire ; tout dépend
des besoins et des capacités de l’enfant.
Certains enfants touchés par le trouble du spectre de l’autisme ne présentent
aucun retard mental ou cognitif, les rendant tout à fait aptes à suivre un par-
cours scolaire dans l’enseignement ordinaire.
L’intégration des enfants autistes dans l’enseignement ordinaire est,
en Communauté française, encore très rare… Seules quelques écoles, grâce à
la collaboration des parents, du corps enseignant et de la direction, ont mis en
place des collaborations avec du personnel spécialisé, formé pour appliquer
les pédagogies particulières nécessaires pour les enfants autistes. Il n’existe
pas encore de programme pédagogique officiel pour favoriser l’intégration
et l’inclusion des enfants autistes dans l’enseignement ordinaire. Néanmoins,
un décret a été adopté par la Communauté française qui promeut l’intégra-
tion scolaire des enfants autistes grâce à la collaboration entre écoles de
l’enseignement ordinaire et écoles de l’enseignement spécialisé afin de mieux
organiser les programmes et les méthodes pédagogiques d’enseignement.
Cette collaboration entre enseignement ordinaire et spécialisé est plus fré-
quente en Flandre, où un soutien spécialisé est mis en place pour pallier les
besoins spécifiques des enfants atteints de handicap.
Pourtant l’intégration scolaire, c’est-à-dire la création d’une classe « spéciale »
par son mode de pédagogie adaptée au sein d’un établissement de l’ensei-
gnement ordinaire permet aux enfants autistes de se développer plus facile-
ment et plus rapidement au contact d’autres enfants non autistes : meilleures
capacités sociales et comportementales, meilleure communication 7…
7
Prismes : intégration et inclusions à l’école, dans le vif du débat au crible des
idées à l’épreuve du terrain, Revue pédagogique hep Vaud, 2010. n°13, Lau-
sanne, 9-10 p.
L’intégration des enfants autistes dans l’enseignement ordinaire 11
VI. Témoignage
Edmond, papa du petit Clément, a remarqué que son petit garçon était curieu-
sement calme et silencieux pour son âge, à trois ans et demi. Après plusieurs
rendez-vous avec le corps médical, il s’avère que Clément est atteint d’au-
tisme. Edmond suit donc les conseils des médecins et inscrit Clément dans
un institut spécialisé pour les autistes, à raison de deux séances par semaine.
Clément est alors confronté à la réalité du centre : beaucoup d’enfants sont
admis, tous n’étant pas atteints de la même façon par un trouble du spectre
de l’autisme, certains enfants du centre étant plus agressifs et agités que
Clément qui se replie de plus en plus sur lui-même au fil des mois passés
au centre… Edmond et sa femme remarquent que le comportement de leur
enfant est différent au centre par rapport à la maison. À la maison, bien que le
petit garçon ne parle pas, il est ouvert à ses parents et à ses sœurs et parvient
à comprendre, communiquer avec eux ; au centre, Clément se morfond dans
un mutisme profond et est sur la défensive constamment. Voyant cette trans-
formation de la part de leur petit garçon, Edmond décide de changer le milieu
dans lequel Clément évolue pour une école appliquant la méthode Montessori
(éducation basée sur la kinesthésie et l’approche sensorielle de l’apprentis-
sage) et une pédagogue spécialisée aide l’enfant.
Clément s’est particulièrement bien adapté à ce nouveau milieu où il interagit
et se lie d’amitié avec les enfants de son école de l’enseignement ordinaire.
Il fait de tel progrès grâce à cette intégration scolaire, qu’il commence à former
des mots après quelques mois au sein de l’école, démontrant la plus-value
que peut apporter l’intégration d’un enfant autiste dans l’enseignement ordi-
naire pour son développement personnel, social et cognitif. 8
Il est tout de même important de noter que cette méthode, adaptée au cas de
Clément, ne l’est pas pour tous les enfants atteints de troubles du spectre de
l’autisme.
8
Prismes : intégration et inclusions à l’école […], op. cit.
12 Famille, Culture & Éducation
Conclusion
Les enfants autistes ont des besoins spécifiques devant être pris en compte
pour leur développement personnel : cette prise en compte se traduit par
une prise en charge adaptée et pertinente quant aux difficultés rencontrées
par les enfants ayant un trouble du spectre de l’autisme. L’identification
et le diagnostic de ces difficultés liées aux troubles du spectre de l’autisme sont
primordiaux pour aider le développement des acquis cognitifs, psychologiques
et scolaires des enfants concernés.
L’accompagnement personnel et scolaire est un facteur primordial de qua-
lité de vie pour les familles d’enfants autistes. Cet accompagnement donne
la possibilité aux enfants atteints par l’autisme de s’intégrer dans un établis-
sement scolaire de l’enseignement ordinaire. Néanmoins, cette intégration
scolaire et sociale doit se faire grâce à la mise en place d’une pédagogie spé-
cifique, souvent inconnue du corps professoral…
**
Axelle Durant est titulaire d’un bachelier en sciences politiques ainsi
que d’un master en administration publique (FUCaM) et chargée de
recherches au CPCP.
L’intégration des enfants autistes dans l’enseignement ordinaire 13
Pour aller plus loin…
ശ Convention de rééducation fonctionnelle pour le centre de référence
des troubles du spectre autistique, Bruxelles, Institut National d’Assu-
rance Maladie-Invalidité, 2014, 3-19 p.
ശ Prismes : intégration et inclusions à l’école, dans le vif du débat au
crible des idées à l’épreuve du terrain, Revue pédagogique hep Vaud,
2010, n°13, Lausanne, 9-10 p.
ശ Qualité de vie des jeunes enfants autistes et de leur famille, Bruxelles,
Conseil Supérieur de la Santé, 2013, 13-67 p.
14 Famille, Culture & Éducation
Durant Axelle, L’intégration des enfants autistes dans l’enseignement ordi-
naire, Bruxelles : CPCP, Analyse n° 401, 2020, [en ligne :] [Link]
publications/autisme-enseignement.
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