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0. INTRODUCTION GENERALE
0.1. REVUE DE LA LITTERATURE
Plusieurs études ont analysé l’impact des politiques
fiscales actuelles sur la performance économique en République
Démocratique du Congo, mettant en lumière des résultats
variés et des recommandations pour améliorer l’efficacité
fiscale.
Selon une étude menée par Elie NDEMBA
TSHILAMBU (2021) a estimé un model ARDL sur la période de
1990-2020 révèlent une relation croissante entre la fiscalité et
la croissance économique en RDC. L’auteur a identifié un taux
optimal de pression fiscale de 23% suggérant que le niveau
observé étaient insuffisants pour soutenir une croissance
économique soutenue.
Selon une étude menée par Fréderic KAHINDO
(2024), a utilisé un modèle SVAR et modèle de régression a
seuil, indiquant que la pression fiscale affecte négativement la
croissance économique à court terme avec un taux optimal
estimé a 10%. Cependant, un modèle de régression a seuil a
suggéré un taux de 12,56% ou l’impact reste positif.
Selon une étude menée par Antoine BATAMBA
BALEMBU et Ali (2024) a utilisé un modèle ARDL pour
analyser l’impact des dépenses publiques sur la croissance
économique de 1980 à 2022. Les résultats ont montré que les
dépenses publiques ont un effet positif sur le PIB a cout et à
long terme. La courbe d’Armey a été utilisée pour déterminer la
taille optimale de l’Etat, identifiant des pourcentages
spécifiques pour les dépenses publiques, les recettes publiques
et les dépenses en capital.
Selon le centre de recherche en finances
publiques et développement local (CREFDL) a rapporté en
2024 une contre-performance de 5 milliards de dollars dans
l’exécution du budget 2023, attribuée à une mauvaise gestion
des régies financières. Cette situation a conduit à un déficit
budgétaire de 1,2 milliards de dollars, affectant la mobilité
économique du pays.
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Les études suggèrent que la relation entre les publiques
fiscales et la performance économique en RDC est complexe et
dépend des divers facteurs, notamment le niveau de pression
fiscale, l’efficacité de la mobilisation des recettes et la gestion
des dépenses publiques. Il est essentiel d’adopter une approche
équilibrée, en tenant compte des spécificités économiques et
institutionnelles du pays pour optimiser l’impact des politiques
fiscales sur la croissance économique.
0.2. PROBLEMATIQUE
Malgré la richesse naturelle et le potentiel économique
considérable de la République Démocratique du Congo, le pays
peine à atteindre une croissance économique durable et
inclusive. Les politiques fiscales mises en œuvre ces dernières
années visent à accroître les recettes de l’État, à élargir
l’assiette fiscale et à renforcer la gouvernance financière.
Cependant, leur impact réel sur la performance économique
reste sujet à débat.
Les entreprises formelles se plaignent souvent d’une
pression fiscale excessive, tandis que le secteur informel
continue de dominer l’économie sans réelle contribution fiscale.
Par ailleurs, la faible capacité de l’administration fiscale, la
corruption et l’instabilité politique fragilisent l’efficacité des
politiques fiscales.
De ce qui précède, nous allons nous poser qu’une seule
question principale celle de savoir :
Dans quelle mesure les politiques fiscales actuelles en
RDC favorisent-elles ou freinent-elles la performance
économique du pays ?
Cette question soulève des enjeux cruciaux liés à
l’équité, à l’efficacité de la fiscalité et à la mobilisation des
ressources internes pour le développement.
0.3. HYPOTHESE
Nous supposons que la faiblesse de la performance
économique en RDC est partiellement due à une politique fiscale
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inadaptée, caractérisée par une assiette fiscale étroite, une
mauvaise gouvernance et une administration inefficace.
0.4. OBJECTIF DU TRAVAIL
L’objectif principal est d’analyser comment les politiques
fiscales influencent la performance économique de la RDC.
De manière spécifique, il s’agit de :
Évaluer l’efficacité des politiques fiscales actuelles ;
Identifier les obstacles à la mobilisation des ressources
internes ;
Proposer des recommandations pour une réforme fiscale
propice à la croissance.
0.5. METHODOLOGIE DE LA RECHERCHE
La recherche adopte une approche qualitative et
quantitative. Elle repose sur :
Une revue documentaire (rapports, articles, données
statistiques) ;
Une analyse descriptive des indicateurs économiques et
fiscaux ;
Des entretiens avec des experts fiscaux et des responsables
d’entreprise.
0.6. CHOIX ET INTERET DU SUJET
Le choix de ce sujet repose sur l’importance de la fiscalité
dans la croissance économique, surtout dans un pays en
développement comme la RDC.
Comprendre les lacunes du système fiscal congolais
permet d’envisager des pistes de réforme crédibles. Ce travail
peut ainsi contribuer à la réflexion sur la gouvernance
économique et la mobilisation des ressources domestiques.
0.7. DELIMITATION DU TRAVAIL
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Ce travail se limite à l’analyse de la politique fiscale
nationale en RDC entre 2010 et 2023, en mettant l’accent sur les
politiques fiscales appliquées aux entreprises formelles et au
secteur extractif. Les politiques douanières et les impôts locaux
ne seront abordés que de manière périphérique.
0.8. CANEVAS DU TRAVAIL
Hormis l’introduction et la conclusion générale, Le travail
est structuré en trois chapitres :
Le premier chapitre est axé sur le cadre théorique et
conceptuel sur la fiscalité et la performance économique ;
Le deuxième chapitre présente le système fiscal en RDC et
analyse sa performance, en fin ;
le troisième chapitre, analyse de l’impact des politiques
fiscales sur la performance économique et propositions de
réforme.
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CHAPITRE I : CADRE THEORIQUE ET CONCEPTUEL
Dans ce chapitre, nous allons rendre plus claire ce
chapitre en définissant quelques concepts clés et en donnant
quelques théories sur la fiscalité en République Démocratique du
Congo.
I.1. DEFINITION DES CONCEPTS CLES
1.1.1. POLITIQUE FISCALE
La politique fiscale désigne l’ensemble des mesures
prises par un gouvernement pour mobiliser des ressources à
travers les impôts, les taxes et les contributions. Elle vise à
financer les dépenses publiques, à influencer l’activité
économique, à stabiliser l’économie et à redistribuer les richesses.
1.1.2. PERFORMANCE ECONOMIQUE
La performance économique fait référence à la capacité
d’un pays à générer de la croissance, de l’emploi, des revenus, et
à assurer la stabilité macroéconomique. Elle est souvent mesurée
à travers des indicateurs tels que le PIB, le taux d’investissement,
la balance commerciale, et la réduction de la pauvreté.
1.1.3. MOBILISATION DES RESSOURCES INTERNES
Ce concept renvoie à la capacité de l’État à collecter
efficacement les impôts et à réduire sa dépendance vis-à-vis des
financements extérieurs. C’est un levier essentiel pour
l’autonomie budgétaire.
1.2. FONDEMENTS THEORIQUES DE LA POLITIQUE FISCALE
1.2.1. THEORIE KEYNESIENNE
Selon Keynes, la fiscalité peut être utilisée pour stabiliser
l’économie à court terme. En période de récession, une baisse des
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impôts stimule la consommation et l’investissement ; en période
d’expansion, une hausse des impôts peut prévenir la surchauffe.
1.2.2. THEORIE DE LA FISCALITE OPTIMALE
Cette théorie vise à concevoir un système fiscal qui
maximise le bien-être social en réduisant au minimum les
distorsions économiques. Elle met l’accent sur l’équité, l’efficacité,
et la simplicité.
1.2.3. THEORIE DE LA COURBE DE LAFFER
Cette courbe illustre qu’il existe un niveau optimal de
taxation au-delà duquel une hausse des taux d’imposition
entraîne une baisse des recettes fiscales, à cause de l’évasion, de
la fraude et de la dés incitation au travail.
1.3. ROLE DE LA FISCALITE DANS LE DEVELOPPEMENT
ECONOMIQUE
1.3.1. FINANCEMENT DES INFRASTRUCTURES ET SERVICES
PUBLICS
Une fiscalité bien gérée permet de financer l’éducation, la
santé, les routes, etc., créant un environnement favorable au
développement économique.
1.3.2. INCITATION OU DES INCITATION A
L’INVESTISSEMENT
Des politiques fiscales adaptées peuvent attirer les
investisseurs, notamment à travers des mesures incitatives, ou au
contraire les repousser si la pression fiscale est excessive ou
instable.
1.3.3. REDUCTION DES INEGALITES
Par des mécanismes de redistribution (impôts progressifs,
subventions sociales), la fiscalité peut réduire les écarts de revenu
et promouvoir la cohésion sociale.
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1.4. CADRE CONCEPTUEL D’ANALYSE
Ce travail repose sur l’idée que la qualité de la politique
fiscale (simplicité, transparence, équité, efficacité) a une
incidence directe sur :
La mobilisation des ressources ;
L’attractivité économique du pays ;
Le niveau des investissements publics et privés ;
La croissance et le développement socio-
économique.
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CONCLUSION PARTIELLE
Ce premier chapitre a permis de poser les bases
conceptuelles et théoriques de l’analyse. Il ressort que la politique
fiscale, loin d’être un simple outil de collecte, est un instrument
stratégique pour le développement. Son efficacité dépend de sa
conception, de sa mise en œuvre et de l’environnement
institutionnel.
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CHAPITRE II : PRESENTATION DU SYSTEME FISCAL EN RDC
2.1. APERÇU HISTORIQUE DU SYSTEME FISCAL CONGOLAIS
La fiscalité en RDC a évolué au fil des régimes politiques
et des réformes économiques. Hérité du système colonial belge, le
système fiscal congolais a longtemps été centralisé, orienté vers
l’exploitation des ressources naturelles, notamment minières.
Depuis les années 2000, plusieurs réformes ont été
entreprises, notamment avec le Code général des impôts (CGI) de
2010 et la mise en œuvre de la TVA en 2012, dans le but de
moderniser et rationaliser la fiscalité.
2.2. STRUCTURE DU SYSTEME FISCAL CONGOLAIS
Le système fiscal congolais se compose de plusieurs
catégories d’impôts et de taxes, regroupées en deux grandes
familles : les impôts directs et les impôts indirects.
2.2.1. IMPOTS DIRECTS
Parmi les impôts directs, nous distinguos :
Impôt sur les bénéfices et profits (IBP) :
Concerne les entreprises et les personnes physiques
exerçant une activité lucrative.
Impôt professionnel sur les rémunérations
(IPR) : Prélevé sur les salaires des employés.
Impôt exceptionnel sur la rémunération des
expatriés (IERE) : S’applique aux rémunérations
versées au personnel expatrié.
2.2.2. IMPOTS INDIRECTS
Parmi les impôts directs, nous distinguons également :
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Taxe sur la valeur ajoutée (TVA) : Introduite en
2012, elle a remplacé la taxe sur le chiffre d’affaires.
Taux normal : 16 %.
Droits d’accises et droits de douane :
S’appliquent aux produits importés, à la production
locale de certains biens (alcool, tabac, carburant,
etc.).
Taxes parafiscales : Perçues par des organismes
publics ou paraétatiques (ex. : FPI, OGEFREM),
souvent critiquées pour leur multiplicité et leur
manque de transparence.
2.3. ORGANES DE GESTION FISCALE
Les organes de gestion fiscale sont nombreux, dont nous
citons quelques ;
2.3.1. DIRECTION GENERALE DES IMPOTS (DGI)
Crée par le Décret n° 017/2003 du 02 mars 2003 portant
création de la DGI. Elle est Chargée de la gestion des impôts
d’État, elle est l’organe central de collecte fiscale.
Elle exerce toutes les missions et prérogatives en matière
fiscale relevant du pouvoir central, en l’occurrence celles relatives
à l’assiette, au contrôle, au recouvrement et au contentieux des
impôts, taxes, redevances ainsi que des prélèvements à caractère
fiscal.
2.3.2. DIRECTION GENERALE DES DOUANES ET ACCISES
(DGDA)
Décret n°09/43 du 3 décembre 2009. Ce décret a établi
la DGDA en tant que service public doté de l'autonomie
administrative et financière, placé sous l'autorité directe du
ministre des Finances.
Elle est chargée, entre autres : (i) de percevoir les droits,
taxes et redevances à caractère douanier et fiscal, présents et à
venir, qui sont dus soit du fait de l’importation ou de l’exportation
des marchandises de toute nature ; (ii) de déterminer la valeur en
douane des marchandises à l’importation et à l’exportation ; (iii)
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de participer à la politique d’intégration du pays dans les
communautés économiques régionales.
2.3.3. DIRECTION GENERALE DES RECETTES
ADMINISTRATIVES, JUDICIAIRES, DOMANIALES ET DE
PARTICIPATION (DGRAD)
Créée le 27 décembre 1995. Par le DÉCRET n° 0058
portant création, organisation et fonctionnement de la DGRAD.
Elle a pour mission, l’encadrement des recettes non
fiscales générées par les différentes Administrations Publiques ou
Ministères (services d’assiette) en assurant leur ordonnancement
et leur recouvrement après constatation et liquidation exercées
par les services d’assiette.
2.3.4. ADMINISTRATIONS PROVINCIALES
Chaque province dispose de sa propre régie financière
(ex. : DGRK pour Kinshasa), ce qui entraîne parfois des conflits de
compétence.
2.4. PERFORMANCE DU SYSTEME FISCAL
2.4.1. FAIBLE PRESSION FISCALE
La pression fiscale en RDC reste l’une des plus faibles
d’Afrique subsaharienne, oscillant autour de 11 à 13 % du PIB,
contre une moyenne de 18 % dans les pays comparables.
2.4.2. FORTE DEPENDANCE AUX SECTEURS EXTRACTIFS
Les recettes fiscales proviennent en grande partie du
secteur minier et pétrolier, exposant le pays aux chocs extérieurs
(ex. : chute des cours des matières premières).
2.4.3. INFORMALITE DE L’ECONOMIE
Plus de 70 % de l’activité économique échappe à l’impôt.
L’économie informelle reste dominante, ce qui limite
l’élargissement de l’assiette fiscale.
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2.4.4. MAUVAISE GOUVERNANCE ET CORRUPTION
Selon la Cour des comptes et les partenaires techniques,
une part importante des recettes fiscales n’est ni tracée ni
reversée au Trésor public.
2.5. REFORMES FISCALES RECENTES
Informatisation de l’administration fiscale : Déploiement
du logiciel ISYS-Régies pour améliorer la gestion des
contribuables.
Rationalisation des taxes : Tentatives de réduire les taxes
parafiscales et les chevauchements entre autorités fiscales
Accords avec les entreprises minières : Révision de
certains contrats pour accroître la contribution du secteur extractif
au budget de l’État.
2.6. LIMITES ET DEFIS DU SYSTEME FISCAL CONGOLAIS
Multiplicité des taxes et complexité administrative ;
Incohérences entre fiscalité nationale et provinciale ;
Faible capacité de contrôle fiscal ;
Déficit de confiance entre contribuables et administration
fiscale ;
Pressions politiques sur les régies financières.
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CONCLUSION PARTIELLE
Ce chapitre a mis en évidence la complexité du système
fiscal congolais et ses nombreuses faiblesses structurelles. Bien
que des réformes aient été engagées, la fiscalité reste peu
performante, inefficace et peu équitable. Cela affecte
négativement la capacité de l’État à jouer son rôle de moteur du
développement économique.
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CHAPITRE III : ANALYSE DE L’IMPACT DES POLITIQUES
FISCALES SUR LA PERFORMANCE ECONOMIQUE
DE LA RDC
3.1. PRESENTATION ET ANALYSE DES DONNEES
3.2. CADRE D’ANALYSE
Ce chapitre vise à évaluer empiriquement et
analytiquement comment les politiques fiscales influencent la
performance économique en RDC. Il s’appuie sur des données
économiques, des rapports institutionnels (Banque mondiale, FMI,
DGI, etc.) et des études de cas.
3.2. ANALYSE DE LA MOBILISATION DES RECETTES
FISCALES
3.2.1. ÉVOLUTION DES RECETTES FISCALES (2010–2023)
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Malgré une croissance économique modérée, les recettes
fiscales n’ont pas suivi une trajectoire ascendante constante. Le
ratio recettes fiscales/PIB reste inférieur à 13 %, reflétant :
Une assiette fiscale étroite ;
Une économie largement informelle ;
Une faible efficacité de la collecte.
3.2.2. ANALYSE SECTORIELLE DES RECETTES
Secteur minier : Contribue à environ 35–45 % des
recettes mais reste sous-taxé en raison des
exonérations.
PME et secteur formel : Forte pression fiscale sur un
petit nombre de contribuables, créant un
déséquilibre.
Informel : Contribution quasi nulle, bien qu’il emploie
la majorité de la population active.
3.3. INCIDENCE DE LA FISCALITE SUR L’INVESTISSEMENT
3.3.1. POIDS DE LA FISCALITE DANS LA COMPETITIVITE
La RDC est classée parmi les pays où le climat fiscal est
peu favorable à l’investissement (rapport Doing Business 2020 :
184e sur 190). Les entreprises dénoncent :
Des taxes multiples et peu lisibles ;
Des contrôles fiscaux arbitraires ;
Un manque de stabilité des règles fiscales.
3.3.2. REACTIONS DES INVESTISSEURS
Les grandes entreprises obtiennent souvent des régimes
préférentiels ou négocient des conventions fiscales
Les PME locales, sans pouvoir de négociation, sont
fortement pénalisées et parfois poussées à l’informalité.
3.4. IMPACT SUR LA CROISSANCE ET LE DEVELOPPEMENT
3.4.1. FAIBLE CONTRIBUTION DE LA FISCALITE AU
FINANCEMENT DU développement
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Les investissements publics dans les secteurs productifs
(agriculture, industrie, infrastructures) restent limités.
Les recettes fiscales sont en grande partie absorbées par
les dépenses récurrentes (salaires, fonctionnement de
l’administration).
3.4.2. INEFFICACITE REDISTRIBUTIVE
Le système fiscal congolais n’est pas progressif.
Les taxes à la consommation (TVA, accises) affectent
davantage les couches pauvres.
3.5. ÉTUDES DE CAS ET CONSTATS EMPIRIQUES
3.5.1. CAS DU SECTEUR MINIER
Malgré son poids économique, il génère peu de recettes
fiscales proportionnellement à sa richesse. Les exonérations
fiscales et les contrats opaques réduisent l’impact fiscal positif de
ce secteur.
3.5.2. CAS DES REGIES FINANCIERES
Les audits de la Cour des comptes révèlent une faible
traçabilité des recettes, avec des cas récurrents de détournement,
de surfacturation, et de manque de contrôle interne.
3.6. PROPOSITIONS DE REFORME
3.6.1. REFORMES ADMINISTRATIVES
Informatisation et digitalisation de la collecte
fiscale ;
Renforcement de la DGI et réduction des régies
parafiscales ;
Formation des agents et promotion de la
transparence.
3.6.2. REFORMES FISCALES
Élaboration d’un code fiscal unifié, simple et
compréhensible ;
Réduction des exonérations non justifiées ;
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Élargissement de l’assiette fiscale (notamment dans
l’informel et l’agriculture moderne).
3.6.3. REFORMES INSTITUTIONNELLES
Amélioration de la gouvernance publique et lutte
contre la corruption ;
Renforcement des mécanismes de contrôle et de
redevabilité ;
Décentralisation fiscale mieux encadrée.
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CONCLUSION PARTIELLE
Il ressort de cette analyse que les politiques fiscales en
RDC, bien qu’essentielles pour le financement de l’économie,
présentent de nombreuses insuffisances : inefficacité de la
collecte, faible impact sur l’investissement, injustice redistributive.
Des réformes profondes sont nécessaires pour transformer la
fiscalité en levier de développement économique.
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CONCLUSION GENERALE
L’objectif de ce travail était d’analyser l’impact des
politiques fiscales sur la performance économique de la
République Démocratique du Congo. À travers une approche
théorique et empirique, nous avons examiné la structure, la
gestion et les résultats du système fiscal congolais sur la période
2010–2023.
Il en ressort que la fiscalité en RDC demeure globalement
inefficace. Malgré des ressources naturelles abondantes et des
réformes initiées au fil des années, la pression fiscale reste faible,
l’assiette limitée, et la contribution au financement du
développement est insuffisante. L’économie informelle, la
mauvaise gouvernance, la complexité administrative et les
exonérations injustifiées affaiblissent considérablement la
capacité de l’État à mobiliser les ressources internes.
Par ailleurs, les politiques fiscales actuelles n’encouragent
ni l’investissement privé ni la croissance inclusive. Elles
accentuent même parfois les inégalités sociales et économiques,
en raison d’un système peu progressif.
Ainsi, une réforme fiscale globale, structurelle et
cohérente s’impose si la RDC veut atteindre une croissance
soutenue et améliorer la qualité de vie de sa population.
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SUGGESTIONS ET RECOMMANDATIONS
Nous suggestions s’étendent sur les différents niveaux
des reformes à savoir :
1. Réformes administratives
Renforcer les capacités des régies financières (DGI, DGDA,
DGRAD) à travers la formation, la digitalisation et
l'autonomisation des processus de gestion.
Améliorer la transparence et la traçabilité des recettes
fiscales, notamment via des systèmes informatiques
centralisés et interconnectés.
Mettre en place une plateforme de dialogue régulier entre
l’administration fiscale, le secteur privé et la société civile.
2. Réformes fiscales
Simplifier le système fiscal pour le rendre plus lisible,
prévisible et équitable.
Élargir l’assiette fiscale, notamment en intégrant
progressivement le secteur informel à travers des
mécanismes incitatifs.
Réduire le nombre de taxes parafiscales non pertinentes et
harmoniser les compétences entre l’État central et les
provinces.
Instaurer une fiscalité plus progressive pour corriger les
inégalités et renforcer la justice fiscale.
3. Réformes institutionnelles
Renforcer les institutions de contrôle et de lutte contre la
corruption, comme la Cour des comptes et l’Inspection
générale des finances (IGF).
Améliorer la gestion des dépenses publiques pour que les
contribuables perçoivent les bénéfices directs de leurs
contributions fiscales.
Décentraliser efficacement la fiscalité locale, en dotant les
entités territoriales de moyens techniques et financiers tout
en assurant une coordination nationale.
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BIBLIOGRAPHIE
I. Ouvrages et articles académiques
1. MUSUMARI, J.-F. (2020). Politique fiscale et développement
économique en RDC. Éditions L’Harmattan.
2. NDIKUMANA, L. & Boyce, J.K. (2012). Capital Flight from
Sub-Saharan Africa: Causes and Conséquences. Oxford
University Press
3. International MONETARY FUND (IMF). (2021). Democratic
Republic of Congo: Selected Issues.
4. World Bank (2020). Taxation in the Democratic Republic of
Congo: Challenges and Opportunities.
5. MAZANZA KINDULU, J. (2017). Réformes fiscales et
performance économique en République Démocratique du
Congo. Revue Congolaise d’Économie et de Management,
Vol. 5, n°2.
II. Sources institutionnelles et rapports
6. Banque Centrale du Congo (BCC). Rapports annuels
(disponibles sur [Link])
7. Contiennent des données macroéconomiques utiles sur les
recettes fiscales et la croissance.
8. Direction Générale des Impôts (DGI – RDC). Rapports
d’activités annuels
9. Observatoire de la Dépense Publique (ODEP). Rapports sur la
gouvernance fiscale en RDC
10. Organisation de Coopération et de Développement
Économiques (OCDE). Revue de la politique fiscale en
Afrique
11. Commission Économique pour l’Afrique (CEA). (2020).
Mobilisation des ressources internes en Afrique Centrale