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Cession de créances professionnelles
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Type Étude doctrinale
Droit d'origine Maroc
Date de fraîcheur 15 juillet 2022
Thématique Crédit
La cession de créances professionnelles est une technique de crédit permettant la mobilisation de créances
commerciales et ayant vocation à favoriser le développement d'un crédit global d'exploitation à destination des
entreprises. Par le biais de ce dispositif, les entreprises désireuses d'obtenir du crédit, ont la possibilité de
transférer globalement leurs créances à terme, via un mode simplifié de transmission de créances moins
formaliste et coûteux que la cession de créances de droit commun. Le législateur marocain s'inspirant de la
cession Dailly de droit français, a au travers des articles 529 à 536 du Dahir n° 1-96-83 du 1er août 1996
formant Code de commerce (dont certaines dispositions ont été modifiées ou complétées par le Dahir n° 1-19-76
du 17 avril 2019 portant promulgation de la loi n° 21-18 relative aux sûretés mobilières : Bulletin Officiel n° 6840
du 19 décembre 2019, p. 2512), établi le cadre légal de cet instrument de crédit, utilisable exclusivement dans les
rapports entre professionnels et établissements bancaires. En pratique, le banquier reçoit de son client cédant un
bordereau qui représente des créances professionnelles non échues, détenues sur une personne de droit public ou
de droit privé et ces créances lui sont transmises en propriété avec toutes leurs garanties.
En contrepartie, le banquier remet au cédant la valeur des créances cédées, sous déduction de sa rémunération.
Le transfert de la créance s'effectue ainsi au moyen d'un bordereau érigé en titre représentatif de créance : les
cessions effectuées pouvant du reste être effectuées soit à titre d'escompte, les créances cédées étant celles dont
l'établissement de crédit fait l'avance, soit à titre de garantie, les créances cédées étant destinées à garantir le
remboursement des crédits consentis.
Cette technique génère ainsi un intérêt important dans le monde des affaires. En effet, ce procédé est utile à la
fois pour le cédant et pour le banquier. Pour les établissements bancaires, la cession de créances professionnelles
présente l'avantage de simplifier l'opération d'escompte (l'abondance des effets escomptés rend leur manipulation
onéreuse) en permettant l'escompte d'un ensemble de créances et non d'une créance unique, comme c'est le cas en
matière de lettre de change. En outre cette opération n'est pas soumise aux formalités de la cession de créances de
droit commun et permet une gestion de masse des transmissions de créances, nécessaire au développement des
entreprises. Pour le cédant, ce procédé peut être utilisé pour réaliser une opération de crédit isolée, comme
garantie d'une ouverture de crédit, dont le montant sera celui des créances cédées ou d'une ligne de crédit
revolving. Garantie incontournable dans la pratique et instrument juridique utile, la cession de créances
professionnelles obéit néanmoins à un certain nombre de conditions relatives à la nature de la créance cédée et à
un formalisme qui doit obligatoirement être respecté lors de l'établissement du bordereau, pour lui permettre de
produire ses effets : en outre, régulièrement établi, le bordereau produira effets aussi bien à l'égard des parties
que des tiers autres que le débiteur cédé.
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I. - Conditions de la cession
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1. - Définition - La cession de créance professionnelle s'entend comme la remise, par bordereau à un
Cession debancaire
établissement créances professionnelles
de la créance détenue sur un tiers, personne physique dans l'exercice de son activité,
ou personne morale de droit privé ou de droit public. C'est ce qui résulte des dispositions de l'article 529 du
Code de commerce marocain.
Les dispositions textuelles afférentes à cet instrument juridique s'inspirent largement de la cession Dailly
de droit français : la loi n° 81-1 du 2 janvier 1981 dénommée loi Dailly du nom du sénateur, à l'origine de la
proposition et désormais intégrée au sein du Code monétaire et financier français (C. mon. fin., art. L. 313-
23 à L. 313-35) avait en effet pour objectif de faciliter les rapports entre les établissements de crédits et
leurs clients, en créant un nouveau mode de cession de créances professionnelles en forme simplifiée. Le
but recherché consistant d'une part à faciliter la mobilisation de plusieurs créances présentes ou futures,
grâce à un même bordereau et d'autre part, à réduire les coûts de traitement pour les préteurs. En outre la
simplicité de ce procédé se retrouve également à travers la transmission des créances, laquelle s'effectue par
simple bordereau ce qui permet d'éviter le formalisme lourd, coûteux et lent des cessions de créances de
droit commun. De plus, ce bordereau est en principe opposable aux tiers sans signification ou acceptation
par le débiteur cédé dans un acte authentique comme c'est le cas dans le droit commun de la cession de
créance : en effet, dans le cadre de la cession Dailly, la cession produit ses effets à la date portée sur le
bordereau.
En pratique et dans le cadre des cessions effectuées, la cession à titre de garantie est la plus usitée
contrairement à la cession à titre d'escompte, certes génératrice de trésorerie pour les entreprises et de
commissions pour les établissements de crédits mais qui n'est que ponctuellement utilisée, car elle
implique une gestion lourde. En effet la cession à titre de garantie présente l'avantage de la simplicité de sa
gestion et permet de transférer la propriété des créances cédées au cessionnaire. Cette sûreté dénommée en
droit français, « cession fiduciaire » est particulièrement efficiente lorsque survient une procédure de
redressement ou de liquidation judiciaire ouverte contre le cédant : les créances cédées étant sorties du
patrimoine de ce dernier, elles échappent par conséquent à l'emprise de la procédure collective et partant au
concours des autres créanciers du cédant. D’ailleurs, l’ordonnance française n° 2021-1192 du 15 septembre
2021 portant réforme du droit des suretés a consacrée la cession de créance à titre de garantie aux termes
des dispositions de l’article 2373 du Code civil : en effet et en l’absence de texte le prévoyant, la Cour de
cassation française a toujours refusé de reconnaitre cette sureté et a requalifiée l’opération, en
nantissement de créance (Cass. com., 19 dec. 2006, n° 05-16.395).
En tout état de cause, quelle que soit la nature de la cession, elle a vocation à intervenir dans le cadre d'une
convention, cadre préalable qui prévoit les conditions dans lesquelles les cessions s'effectueront. Si cette
convention éclaire souvent la volonté des parties, il convient toutefois de préciser que la validité des
créances n'est guère subordonnée à son existence.
A. - Conditions de fond
1° Conditions de fond concernant les parties
2. - Cession de créance professionnelle - La cession de créance professionnelle obéit à des conditions de
fond relatives à la qualité des parties à l'opération, lesquelles doivent satisfaire aux prescriptions du Code de
commerce (C. com.) en la matière. Ces conditions se rapportent en outre à la nature du crédit consenti,
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octroyé par l'établissement bancaire cessionnaire, ainsi qu'à la nature des créances cessibles.
3. - Qualités des parties - Les parties impliquées à l'opération de cession de créances professionnelles sont
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le cédant,
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MAcédé et l'établissement cessionnaire.
le débiteur
2° Conditions concernant le cédant
Cession de créances professionnelles
4. - Exigences relatives à la qualité du créancier cédant - Le cédant doit être une personne morale de
droit privé ou de droit public, exerçant ou non une activité professionnelle, ou une personne physique dans
l'exercice de son activité professionnelle (Cass. com., 3 janv. 1996 : RTD com. 1996, p. 308). C'est ce qui
résulte des termes de l’article 529 du Code de commerce marocain.
Ainsi il importe peu que la créance soit née dans le cadre de l'activité professionnelle lorsqu'il s'agit de
personnes morales de droit privé ou public : en revanche, cette exigence est maintenue s'agissant des
personnes physiques. Ce n'est donc pas la qualité de commerçant qui permet de circonscrire le champ
d'application de la loi mais la distinction désormais classique entre le professionnel considéré comme
averti, aguerri et le non professionnel éligible à davantage de protection législative du fait de son
inexpérimentation du monde des affaires.
En outre, aucune distinction n'est faite d'une part, entre les crédits dès lors qu'ils sont consentis à une
personne morale ou physique dans le cadre de son activité professionnelle. Sont donc visés les crédits à
court, moyen et long terme ainsi que les crédits par signature.
D'autre part, les formes simplifiées de la cession étant réservées aux opérations de crédit, le cédant ne peut
être que le bénéficiaire du crédit. Ainsi en droit marocain, à l'instar de la cession Dailly de droit français il
est exclu que la cession puisse garantir un crédit accordé à une personne autre que le cédant. La caution de
l'emprunteur ne peut donc céder des créances en garantie du crédit de l'emprunteur ou une maison mère en
garantie du crédit de sa filiale emprunteur.
3° Conditions concernant le débiteur cédé
5. - Personne physique ou morale de droit privé ou publique - Le débiteur cédé est soit une personne
physique ou morale de droit privé ou publique. S'agissant des personnes physiques, il est nécessaire que la
créance soit née dans le cadre de l'exercice de leur activité professionnelle Est ainsi exclue la cession de
toutes les créances nées sur les consommateurs. Cette exigence n'est pas requise lorsque le débiteur cédé
est une personne morale de droit privé ou de droit publique tels une association, un syndicat de copropriété,
un organisme d'intérêt général : en effet dans ce cas d'espèce, il importe peu que le débiteur cédé exerce ou
non une activité professionnelle.
4° Conditions concernant le cessionnaire
6. - Exigence de la qualité d'établissement bancaire - Aux termes de l’article 529 du Code de commerce
marocain, le cessionnaire ne peut être qu'un établissement bancaire (un établissement de crédit au sens du
Da. n° 1-14-193, 24 déc. 2014, portant promulgation de la loi n° 103-12 relative aux établissements de crédit
et organismes assimilés, art. 1er : BORM n° 6340, p. 978 tel que modifié et complété par le Dahir n° 1-20-74
du 25 juillet 2020 portant promulgation de la loi n° 44-20).
En effet, la cession à titre de garantie étant affectée au remboursement d'un crédit, celui-ci ne peut être
accordé que dans le respect du monopole bancaire : ainsi cela suppose, conformément à l’article 34 de la loi
Bancaire, qu'il s'agisse d'un établissement de crédit de droit marocain ou étranger bénéficiant d'un
agrément délivré par le Wali de Bank Al Maghrib après avis du comité des établissements de crédits. Cette
limitation peut s'expliquer par la volonté de préserver la sécurité du commerce juridique en la réservant
expressément aux professionnels. Le crédit inter entreprise est donc exclu du mécanisme. En revanche, un ⯅︎
fonds commun®de titrisation s'il ne peut consentir un crédit garanti par un bordereau Dailly, peut
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néanmoins MA
se faire transférer des créances, elles-mêmes garanties par de tels bordereaux (CA Versailles, 28
févr. 2013 : D. 2013, p. 829). Par ailleurs, il convient de noter que les nouvelles dispositions issues de la loi n°
Cession
21-18 relativedeauxcréances professionnelles
suretés mobilières,, et modifiant certaines des dispositions du Dahir du 12 août 1913 (ci-
après dénommé « DOC ») permet aux créanciers de désigner l'agent de sûretés dans le cadre d'un mandat de
droit commun. Le droit positif marocain a consacré l’agent des suretés dans le cadre de la loi n° 21-18
précitée (chapitre V articles 19 et suivants), afin d’assurer une meilleure représentation des créanciers.
L’agent des suretés est ainsi investit de différents pouvoirs aux fins d'agir au nom et pour le compte des
créanciers dans la constitution, l'inscription, la gestion et la réalisation des sûretés consentis au profit de
ceux-ci, sans qu'il soit besoin que ces derniers, concourent à l'acte et quelles que soient l'évolution et la
composition du pool bancaire (le transfert des créances ne nécessitant pas l'accomplissement de formalités :
« le cessionnaire succède au cédant en sa qualité de partie au mandat » (article 22 de la loi n° 21-18).
La formulation adoptée aux termes des dispositions textuelles afférentes à l’agent des suretés dans le cadre
de la loi n° 21-18 est suffisamment large puisque le terme « toute personne » n'implique pas que cet agent
de sûretés soit un établissement de crédit au sens de l’article 1er de la loi bancaire marocaine ou préteur au
titre de la convention de crédit. De même, le terme « toute sûreté » sans autre précision restrictive, incite à
conclure qu'il pourrait s'agir à la fois tant des sûretés réelles que personnelles visées par le Dahir portant
Code des obligations et des contrats et par le Code de commerce marocain mais également les sûretés de
droit étranger portant sur des actifs à l'étranger et au Maroc.
Ainsi et dans le cadre d'une cession de créance à titre de garantie, l'agent des sûretés deviendra propriétaire
des créances et les détiendra dans un patrimoine d'affectation distinct de son patrimoine personnel. Ce
patrimoine d'affectation distinct aura vocation à réserver les créances à la garantie exclusive des créanciers
représentés par l'agent des sûretés : c'est un mécanisme redoutable car parfaitement imperméable aux aléas
relatifs à la survenance d'une procédure collective susceptible d'être ouverte contre le débiteur ou contre
l'agent des sûretés (article 23 de la loi n° 21-18 «.Les sommes figurant au compte cité à l’alinéa ci-dessus,
qui sont affectées au seul profit des créanciers représentés par l’agent des sûretés, ne peuvent faire l’objet
de procédures d’exécution »).
5° Conditions de fond relatives aux crédits et aux créances
7. - Nature du crédit octroyé et diversité des créances cessibles - Comme précédemment indiqué, outre
la qualité des parties, les conditions de fond concernent également la nature du crédit consenti, octroyé par
l'établissement bancaire cessionnaire, ainsi que la nature des créances cessibles.
6° Conditions relatives aux crédits consentis
8. - Crédits concernés - Mécanisme de financement des entreprises, la cession de créances professionnelles
est un crédit garanti. Il peut s'agir d'un crédit à court, moyen ou long terme même si en pratique, il s'agit
essentiellement de crédit consenti à court terme. Il peut aussi s'agir de crédits par signature. Enfin, la
cession peut être usitée pour la garantie d'une opération de crédit isolée.
Dans le cadre de la mise en œuvre des financements de projets, les créances ayant vocation à être cédées
sont en général, celles résultant des contrats afférents auxdits projets : elles permettent ainsi de garantir le
prêt consenti à l'entreprise porteuse du projet.
Toutefois, le crédit octroyé peut n'avoir aucun lien avec la créance cédée. Le législateur marocain à l'instar
du droit français, n'exige aucunement l'existence d'un tel lien de connexité entre le crédit et la créance
cédée en garantie. ⯅︎
À noter que l'établissement de crédit pourrait voir sa responsabilité éventuellement engagée pour rupture
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de crédit dès lors MA
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qu'il refuse de mobiliser les créances sur la base de motifs fallacieux (CA Paris, 15e ch.,
sect. B, 15 janv. 2009 : JurisData n° 2009-375767).
Cession de créances
7° Conditions professionnelles
relatives aux créances cédées
9. - Diversité des créances cédées - L’article 530 du Code de commerce marocain permet la cession de
toutes créances, liquides ou non, exigibles ou à terme à échéances distinctes et même celles résultant d'un
acte à intervenir (créances futures) et dont le montant et l'exigibilité ne sont pas encore déterminés.
Il n'y a pas de limitation à la possibilité en droit marocain, de céder des créances futures pourvu qu'elles
soient déterminables au vu du bordereau ou procédé informatique, objet de la transmission. C'est le cas par
exemple d'une créance à naître dans le cadre d'un marché non conclu, dès lors que la soumission de
l'entrepreneur a été retenue. Pareillement les créances échues peuvent faire l'objet d'une cession, même à
titre de garantie (Cass. com., 8 janv. 1991 : RJ com. 1993, p. 190, note D. Fenouillet).
De plus, les créances cédées peuvent être de toute nature : contractuelles, délictuelles, quasi délictuelles ou
d'origine légale. Elles peuvent aussi avoir une nature publique lorsqu'elles résultent d'un marché public,
d'une relation avec l'Administration fiscale (P.-A. Jeanneney et L. Ayache, Cessions Dailly et créances
publiques : Banque et droit 2004, n° 98, p. 26 s.) ou avec une personne morale de droit public : c'est par
exemple le cas des créances dues par le délégant dans le cadre d'un contrat de gestion déléguée (Da. n° 1-
06-15, 14 févr. 2006, portant promulgation de la loi n° 54-05 relative à la gestion déléguée des services
publics).
Néanmoins, il convient de préciser que les créances cédées doivent exister ce qui exclut les créances
éteintes : en effet le débiteur cédé est fondé à se prévaloir pour obtenir la restitution de l'acompte versé, de
la disparation de la créance consécutive à la résolution de la vente ayant donné naissance à la créance cédée
par voie de bordereau Dailly (Cass. com., 20 févr. 1996 : RTD com. 1996, p. 309, obs. M. C. – Cass. com., 11
juill. 2006 : D. 2006, p. 2788, obs. X. Delpech).
S'agissant des créances futures, leur cessibilité ne pose pas de problème au regard de l’article 530 du Code
de commerce marocain : il suffit qu'elles soient identifiables au vu du bordereau ou du procédé informatique
par lequel elles sont transmises (Cass. 1re civ., 20 mars 2001, n° 99-14.982 : JurisData n° 2001-008773).
Or l'analyse des dispositions combinées des articles 530 et 531 alinéa 4 du Code de commerce marocain : «
le bordereau comporte la liste des créances cédées avec l'indication, pour chacune d'elles, des éléments
susceptibles de permettre son individualisation, notamment par la mention du nom du débiteur, de son lieu
de paiement, de son montant ou de son évaluation, de son échéance et éventuellement, du numéro de la
facture » (C. com. marocain, art. 530 et 531, al. 4), sont de nature à limiter sensiblement une telle cession (la
cession du seul poste client est impossible faute d'individualisation précise des créances, Cass. com., 13 nov.
2003 : JurisData n° 2003-021023 ; CA. Rouen, 1ere ch., 11 oct. 2005, Banque et Droit, jan.-fev. 2006, p 59 ;
Cass. com., 1er fevr. 2011, n° 10-13.595 : JurisData n° 2011-001018 : « L’absence du nom du débiteur cédé
n’affecte pas la validité d’un bordereau dès lors que la créance qui en est l’objet, est identifiée par une
référence au marché générateur de la créance »)) bien que la cession globale de créances futures puisse être
un procédé fort utile (M. Attal, De la validité et des utilités de la cession de créance future à titre de garantie
: Dr. et patrimoine 2005, n° 137, p. 134). En effet, les établissements bancaires font montre d'une nette
préférence pour la cession de créances existantes au moins en germe et dont le débiteur est au moins
identifiable, faisant souscrire à leurs clients, une convention cadre aux termes de laquelle, ces derniers
s'engagent à ne céder au profit de l'établissement bancaire, que des créances résultant d'actes déjà
intervenus. ⯅︎
En outre, et sur®le plan pénal le cédant engage sa responsabilité pénale à l'égard de l'établissement de crédit
Lexis MA
(R. KoeringJoulin, La cession Dailly de créances fictives est-elle pénalement répréhensible ? : Mél. Vitu, p.
277) et s'expose à des poursuites du chef d'escroquerie dès lors qu'il procède à la transmission de créances
Cession de
inexistantes créances
ou devenues sans professionnelles
valeur (Cass. crim., 22 févr. 1993, n° 91-85-162 et n° 92-81-811 : Bull. crim.
n° 83 ; RTD com. 1993, p. 695, obs. Cabrillac et B. Teyssié. – Cass. crim., 8 oct. 2003, n° 03-80.941 : JurisData
n° 2003-020939). Pareillement, le cédant qui remet à sa banque de fausses factures à l'appui du bordereau,
commet le délit de faux (Cass. crim., 30 mars 1992, n° 91-81.143 : JurisData n° 1992001540 ; Bull. crim. n°
132 ; Banque 1992, p. 951, obs. J.-L. Rives-Lange).
Sur le plan de la responsabilité civile, le cédant engage sa responsabilité à l'égard de l'établissement
bancaire cessionnaire dès lors qu'il s'agit d'une faute détachable de ses fonctions : la double mobilisation de
créances intentionnelles entraîne la responsabilité personnelle du dirigeant de l'entreprise cédante dont la
faute est considérée par la Cour de cassation française d'une gravité particulière (Cass. com., 20 mai 2003, n°
99-17.092 : Bull. civ. IV, n° 84. – CA Douai, 6 avr. 2004 : JurisData n° 2004-246999).
Par ailleurs, en cas de contestation sur l'existence de la créance cédée, il appartient à celui qui se prévaut de
celle-ci de l'établir : en effet la jurisprudence française est constante et décide que « sauf acceptation de la
cession par le prétendu débiteur cédé, il incombe à celui qui invoque contre lui la carence, de le prouver »
(Cass. com., 14 juin 2000, n° 97-13.019 : JurisData n° 2000-002450 ; RTD com. 2000, p. 994, obs. M.
Cabrillac).
Reste à préciser en dernier lieu que l'insertion d'une clause interdisant la cession en faveur du cessionnaire
ou la soumettant à l'agrément préalable du cédé est totalement inefficiente : est de nul effet la clause par
laquelle il est fait interdiction au cocontractant de céder à des tiers des créances qu'il détient sur lui (Cass.
com., 21 nov. 2000, n° 97-16.874 : JurisData n° 2000006944 ; D. 2001, jurispr. p. 125, obs. Avena Robardet. –
Cass. com., 22 oct. 2002, n° 98-22.772 : JurisData n° 2002-016143 ; RD bancaire et fin. 2003, comm. 42).
B. - Conditions de forme
1° Énonciations du bordereau
10. - Formalisme du bordereau - Les créances sont cédées via le bordereau de transmission de créances.
Ce bordereau peut constater plusieurs créances de débiteurs distincts bien qu'en pratique et pour des
raisons de confidentialité, il est souvent prévu un bordereau par débiteur cédé. De plus, il est tout à fait
possible d'insérer en son sein, une clause à ordre par laquelle les cessionnaires qui souhaitent se refinancer,
puissent transmettre les créances professionnelles qui leur ont été cédées par bordereau. Cette mobilisation
est néanmoins réservée aux seuls établissements de crédit conformément à l’article 533 du Code de
commerce marocain, ce qui signifie que la cession ne peut s'effectuer que par endossement.
De plus, l'écrit est en la matière, conformément à l’article 531 du Code de commerce marocain, exigé à titre
de validité de la cession (Cass. com., 25 fevr. 2003, RTD com. 2003, p. 555 « en l’absence de bordereau écrit
compotant toutes les mentions prévues à l’article L 313-23 et suivants du code monétaire et financier, une
cession de créance ou une affectation de créance en garantie effectuée en application des articles L 323-23
et suivants du code financier et monétaire, est inopposable aux tiers ; de sorte que le cessionnaire,ne peut
demander paiement au débiteur cédé sur le fondement de bordereaux qu’il ne représente pas »).
En outre, le bordereau est un titre formaliste qui doit impérativement contenir un certain nombre
d'énonciations légales permettant d'identifier l'acte juridique conclu (la dénomination acte de cession
intégralement reproduite sur le bordereau La cour de cassation française refuse de se contenter des
mentions « bordereau Dailly » et « cession de créances » puisqu’il manque le terme professionnelles), le
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professionnelle : Cass. com., 13 sept. 2017, n° 16-11.408 : JurisData n° 2017-020724 : cette formule doit être
bénéficiaire de ®la cession de créances (le nom ou la dénomination de l'établissement bancaire bénéficiaire),
Lexis cédées
et les créances MA(la liste des créances cédées avec l'indication pour chacune d'elles, des éléments
susceptibles de permettre son individualisation, notamment…).
Cession de créances professionnelles
Concernant ce dernier point, il échet de préciser d'une part, que par l'emploi du terme « notamment »,
l'article 531 du Code de commerce marocain prévoit uniquement des éléments d'identification qui
permettent une déterminabilité suffisante. Ainsi, la désignation du débiteur cédé n'est pas exigée au titre
des mentions obligatoires mais uniquement comme l'un des éléments alternatifs permettant aux parties
d'identifier les créances cédées (Cass. com., 7 juin 2006, n° 04-18.211, : JurisData n° 2006-034086 ; RD
bancaire et fin. 2006, comm. 187. – Cass. com., 1er févr. 2011, n° 09-73.000, : JurisData n° 2011-001023 ; RD
bancaire et fin. 2011, comm. 99, obs. A. C). D'autre part, force est de constater la souplesse des exigences
textuelles puisqu'il suffit que l'identification des créances ne donne pas lieu à contestations. Ainsi le
bordereau sera dépourvu de tous effets dès lors qu'il devient impossible d'identifier les créances objet de la
cession de celles qui ne le sont pas, lorsque les mentions sont erronées et ne permettent pas par exemple
l'identification requise (Cass. com., 13 nov. 2003, n° 01-10.724 : JurisData n° 2003-021023). De même, la
mention listing joint doit être considérée insuffisante (CA Rouen, 11 oct. 2005 : JurisData n° 2005-
293388 ;)Les énonciations portées sur le bordereau doivent donc reprendre de façon extrêmement précise
les termes de la loi en précisant que l'acte de cession de créance est soumis aux dispositions des articles 529
et suivants du Code de commerce marocain (C. com., art. 529 et s.). À noter que ni l'acte de notification ou
d'acceptation de la cession, n'a vocation à suppléer au formalisme requis.
En outre, lorsque la transmission des créances cédées s'effectue via un procédé informatique, permettant de
les identifier, le bordereau peut se borner à indiquer outre les mentions visées aux 1° (« la dénomination
acte de cession de créances professionnelles »), 2° (« la mention que l'acte est soumis aux dispositions du
présent chapitre »), 3° (« le nom ou ma dénomination de l'établissement bancaire bénéficiaire ») et
éventuellement au 5° (« s'il s'agit d'une cession à titre de garantie, toutes indications permettant d'identifier
le crédit garanti ») de l'article 531, le moyen par lequel elles sont transmises, leur nombre et leur montant
global (Cass. com., 20 févr. 2007, n° 05-20.562. JurisData n° 2007-037499 ; D. 2007, p. 793, obs. Delpech « Si
la transmission des créances professionnelles cédées peut être effectuée par un procédé informatique, tel
qu’un listing joint au bordereau permettant de les individualiser, le bordereau de cession n’en doit pas
moins être lui-même revêtu de toutes les mentions exigées par la loi en ce cas, c’est-à-dire outre
l’indication du moyen par lequel les créances sont transmises, le nombre et le montant global des
cessions »).
Quant à la qualification juridique du bordereau, la question s'est posée de savoir si le bordereau pouvait être
qualifié d'effet de commerce. Si la parenté est certes manifeste entre le formalisme cambiaire et les
exigences formelles auxquelles est soumis le bordereau, cette qualification est inopportune s'agissant du
bordereau qui est davantage un instrument de crédit qu'un moyen de paiement (F. Perochon et R.
Bonhomme, Entreprises en difficultés, instruments de paiement et de crédit : LGDJ, 5e éd., 2001, n° 755) et
dont la vocation n'est pas de circuler à l'instar d'un effet de commerce.
De surcroît, le formalisme requis en matière de bordereau se justifie par des considérations autres que la
protection du porteur de l'effet comme c'est le cas en matière de lettre de change : il a davantage vocation à
prévenir les fraudes éventuelles et à permettre la réalisation d'une cession simplifiée de créances. En son
absence, la cession réalisée est inopposable aux tiers.
11. - Sanctions du formalisme - Lorsque la cession de créances professionnelles s’effectue selon les
modalités prévues aux articles 529 et suivants du Code de commerce marocain (C. com., art. 529 et s.), elle
produit valablement effet et est opposable aux tiers et au débiteur cédé dans les conditions prévues par les⯅︎
dispositions légales, auxquelles aucune autre condition ne peut être ajoutée dans le contrat générateur de la
Lexis
créance (Com., 11MA
®
oct. 2017, n° 15-18.372 : JurisData n° 2017-019858 : D. 2017 Actu 2028).
En revanche,de
Cession Le bordereau
créances dansprofessionnelles
lequel l'une des mentions obligatoires fait défaut, ne vaut pas comme acte
de cession de créances professionnelles au sens des articles 529 à 536 du Code de commerce marocain.
La cession ne produira donc aucun effet entre le cédant et le cessionnaire ne pourra donc s'en prévaloir tant
à l'encontre du débiteur cédé que des tiers. Pour autant, le bordereau ne sera pas nul mais aura valeur de
simple reconnaissance de dettes civiles justiciable du régime applicable à la cession de créances de droit
commun à la condition que le bordereau en remplisse les conditions.
En droit français, la jurisprudence dans le dessein d'assurer la célérité et de préserver la sécurité juridique
des transactions, est particulièrement stricte lorsque les mentions obligatoires requises font défaut.
Ainsi la Cour de cassation française a considéré que « l'indication de mentions obligations sur l'acte de
notification de la cession au débiteur cédé ne pouvait suppléer leur absence sur le bordereau lui-même,
dont le vice pouvait être invoqué par le débiteur cédé en vue de s'opposer au paiement » (Cass. com., 9 avr.
1991 : RTD com. 1991, p. 421. – Cass. com., 16 oct. 2007 : D. 2007, p. 2728, obs. X. Delpech, le débiteur cédé
est en droit de se prévaloir à l'encontre du cessionnaire qui l'actionne en paiement, des exceptions fondées
sur ses rapports personnels avec le cédant). Cet arrêt a été rendu dans une espèce ou le bordereau ne
contenait pas la désignation des créances cédées ou des éléments permettant d'effectuer cette désignation.
Sauf recours à l'informatique, c'est donc à la lecture seule du bordereau, comparé à ses propres pièces
comptables, que le débiteur doit pouvoir facilement identifier sans ambiguïté, les créances dont le paiement
lui est réclamé.
À défaut de mention, est assimilé l'imprécision dans la formulation (Cass. com., 11 juill. 2000, n° 97-22.452 :
JurisData n° 2000-002904 ; RTD com. 2000, p. 992, obs. critiques M. Cabrillac, qui a considéré cette exigence
particulièrement stricte voire pointilleuse : a été censuré la cour d'appel pour avoir jugé régulier un
bordereau comportant « acte de cession de créance de la loi Dailly » et la mention qu'il est soumis à la « loi
du 2 janvier 1984 »). De même par un arrêt du 23 octobre 2001, la Cour de cassation française a annulé un
arrêt qui avait jugé régulier un bordereau ne comportant ni le nom ni la dénomination sociale de
l'établissement de crédit bénéficiaire (Cass. com., 23 oct. 2001, n° 98-20.442 : JurisData n° 2001-011414 ; D.
2001, p. 3430, obs. A. Lienhard).
De façon encore plus stricte, la Cour de cassation française s'est prononcée pour la première fois sur la
nature juridique du bordereau et décidé qu'en cas de défaut de production des bordereaux de cession de
créances revêtus de toutes les mentions exigées, fut-il justifié par une impossibilité matérielle, les cessions
ne sont pas opposables au débiteur cédé, tiers à l'opération : la production du bordereau est ainsi exigée ad
validatem et non à titre de preuve (Cass. com., 25 fevr. 2003, n° 00-22-117 : RTD com 2003.555).
2° Signature du bordereau
12. - Nature de la signature - Aux termes de l’article 531 du Code de commerce marocain, le bordereau
doit être signé par le cédant. C'est une formalité importante car elle permet de matérialiser et donc
d'exprimer le consentement du cédant à la cession mais encore son engagement en tant que garant solidaire
au paiement des créances cédées conformément aux dispositions de l'article 532, alinéa 2. Naturellement,
un bordereau non signé par le cédant est nul et dépourvu d'effets entre les parties (Cass. com., 14 oct. 2008
n° 07-18.660 : JurisData n° 2008-045436).
En tout état de cause, L'apposition par le cédant de sa signature sur le bordereau peut se faire de façon
manuscrite ou sous forme électronique à condition qu'un procédé d'identification fiable permette d'établir ⯅︎
le lien avec l'acte auquel la signature s'attache conformément à l'article 417, alinéas 2 et 3 du Dahir formant
Lexis
Code des
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MA
obligations et des contrats.
Enfin,
Cessionil est parfaitement
de créancesenvisageable que la signature puisse aussi être apposée non pas par le cédant mais
professionnelles
par un préposé de celui disposant à cet effet, d'une délégation de signature (CA Paris, 12 sept. 2000 : RTD
com. 2001, p. 204, obs. M. Cabrillac) étant bien entendu précisé que le défaut de pouvoir du signataire serait
sanctionné par une inopposabilité du bordereau, laquelle ne peut être invoqué que par le cédant (Cass.
com., 21 sept. 2010 : D. 2010, p. 2020, obs. M. Cabrillac).
13. - Sanctions du défaut de signature - À défaut de signature, le titre ne vaut pas comme acte de cession
de créances professionnelles (DOC, art. 531 : « le titre qui n'est pas signé du cédant ni daté par le
cessionnaire et dans lequel une des mentions indiquées ci-dessus fait défaut, ne vaut pas comme acte de
cession de créances professionnelles »). Cette omission est donc clairement de nature à affecter la validité
du document entre les parties. Le titre non signé est nul ou inexistant (CA Rennes, 25 mars 1999 : JurisData
n° 1999-042521. - F. Perochon et R. Bonhomme, Entreprises en difficultés, instruments de paiement et de
crédit : LGDJ, 5e éd., 2001, n° 763) et doit s'analyser comme l'inexécution d'une formalité substantielle
permettant d'exprimer le consentement du cédant et d'authentifier le titre.
3° Date du bordereau
14. - Opposabilité aux tiers - Conformément aux nouvelles dispositions de la loi n° 21-18 qui a modifié le
système de publicité des suretés mobilières sans dépossession, et a complété les dispositions de l’article 534
du code de commerce « La cession des créances professionnelles, à titre de garantie, est opposable aux tiers à
compter de la date de son inscription au registre national électronique des sûretés mobilières. » La validité de
l’inscription à une durée limitée de cinq années : au-delà de celle-ci, la sureté sera inopposable aux tiers,
sauf renouvellement de l’inscription.
Ainsi, La date est une mention de première importance car la cession ne prend effet entre les parties et n'est
opposable aux tiers qu'à compter de la date apposée sur le titre lors de sa remise (C. com. marocain, art. 534)
au cessionnaire. L'effet translatif du bordereau est en effet lié à la datation dudit bordereau (Cass. com., 26
nov. 2003, n° 0103.685 : JurisData n° 2003-021241). Autrement dit, cette remise par le cédant au
cessionnaire du bordereau signé, est une condition matérielle de formation de l'acte de cession de créances
professionnelles. n principe, la date apposée sur le bordereau devrait être celle de la remise du bordereau
par le cédant au cessionnaire, bien que le Code de commerce marocain n'apporte aucun éclairage à ce sujet.
À cet égard, il eut été bienvenu que ledit Code exige de façon non équivoque une concordance voir une
concomitance entre l'apposition de la date sur le bordereau et la remise du titre par le cédant au
cessionnaire. L'avantage étant de limiter les antidates et les postdates.
En tout état de cause, la date est capitale car à compter de cette date et conformément à l'article 534 alinéa
2 du Code de commerce, le cédant ne peut sans l'accord du cessionnaire, modifier l'étendue des droits
attachés aux créances énumérées dans le bordereau. Selon Pierre Crocq (P. Crocq, Propriété et garantie :
LGDJ, 1995, n° 472), la date est bien plus qu'une simple condition d'opposabilité aux tiers : elle est une
condition de fond de la cession et c'est en s'y référant qu'il est permis de résoudre les conflits susceptibles
de naître lors de la cession.
15. - Conséquences de l'absence de date - Si le bordereau n'est pas daté, la cession ne prend pas effet
entre le cédant et le cessionnaire lequel n'est donc pas en mesure d'invoquer le titre à l'endroit du débiteur
cédé (Cass. com., 7 mars 1995 : RTD com. 1995, p. 632, obs. M. Cabrillac. – Cass. com., 8 févr. 2000, n° 97-
⯅︎
17.627 : JurisData n° 2000-000491 ; D. 2000, jurispr. p. 567. – Cass. com., 14 oct. 2008 : JurisData n° 2008-
045436) Il en va de même lorsque le bordereau porte une date inexacte, c'est-à-dire une date autre que la
date de remise ®au cessionnaire ou à son représentant. Dans une telle occurrence, le bordereau est dépourvu
d'effetLexis MA8 juill. 2010, n° 09-66.989 et n° 09-67.450 : JurisData n° 2010-011686). Par contre, le
(Cass. 1re civ.,
fait que la date ne figure pas à l’emplacement prévu à cet effet, est indiffèrent, tant qu’il est établi qu’elle a
Cession
été apposée desur lecréances professionnelles
bordereau par le cessionnaire (Cass. com., 3 juillet 2012, n° 11-19.796 : JurisData n° 2012-
015189).
Le cessionnaire ne peut donc pas avant d'apposer la date sur le bordereau, notifier la cession au débiteur
cédé et inviter ce dernier à l'accepter. L'acceptation du débiteur cédé, ne valant dans ce cas d'espèce, que
promesse d'acceptation. Le débiteur cédé peut donc régler directement le cédant puisque la cession lui est
inopposable. Bien plus, l'existence d'une notification ou d'une acceptation ne permet nullement de pallier
l'absence de mention de la date qu'il convient d'apposer sur le bordereau (Cass. com., 14 juin 2000 : RTD
com. 2000, p. 992, obs. M. Cabrillac).
À l'inverse, si plusieurs dates figurent sur le titre, celui-ci n'est pas nul pour autant : il appartient au
banquier de prouver par tous moyens celle qui correspond réellement au moment où il a décidé d'acquérir la
créance (Cass. com., 7 déc. 1993 : RTD com. 1994, p. 535, obs. M. Cabrillac).
En cas de concours des créanciers sur une même créance, le cessionnaire sera celui dont la date de
bordereau est la plus ancienne. Par contre si la notification a été adressée au débiteur cédé, il conviendra de
retenir la date de notification la plus ancienne (DOC, art. 240 en vertu duquel « est valable l'exécution faite
de bonne foi entre les mains de celui qui est en possession de la créance »).
Ainsi, le paiement effectué entre les mains du premier cessionnaire ayant notifié la cession sera libératoire
pour le débiteur cédé.
Par ailleurs, et en cas de double instrumentation de la créance, l'établissement de crédit détenteur du
bordereau le plus récent ou qui n'a pas notifié en premier, pourra engager la responsabilité civile et pénale
du cédant sur le fondement des dispositions de l’article 542 alinéa 2 du Code pénal marocain : en outre le
cessionnaire aura tout loisir compte tenu de ces circonstances, de mettre fin au crédit et d'en exiger le
remboursement anticipé conformément aux dispositions de l’article 525 du Code de commerce marocain.
Reste à mentionner l'hypothèse qui n'est pas d'école et portant sur la contestation de la date portée sur le
bordereau.
L’article 531 alinéa 4 du Code de commerce marocain permet au cessionnaire de prouver par tous moyens
que la créance objet de la contestation est comprise dans le montant global porté sur le bordereau.
L'établissement de crédit pourra par exemple produire tous documents permettant d'établir sans ambiguïté
la date à laquelle s'est opérée la cession : la banque peut produire l'original daté alors que la photocopie
n'était pas datée, ou bien produire l'acte comportant un tampon de la société cessionnaire accompagné
d'une date.
En toute occurrence, le cédant et sa caution ne peuvent pas se prévaloir d'une telle contestation sur la date
apposée sur le bordereau pour rejeter le recours exercé contre eux par le cessionnaire (Cass. com., 3 juill.
2012, nº 11-19.796 : JurisData nº 2012-015189 ; JCP E 2012, 1561).
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AUTEUR
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MABENIS
Professeure de l'enseignement supérieur
Cession de créances professionnelles
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