UNIVERSITÉ JOSEPH KI-ZERBO ANNÉE ACADÉMIQUE 2024-2025
UFR/SH : Département de Philosophie
Module : Questions actuelles de philosophie/ Le transhumanisme Parcours : L2/S4 (P.BAC 2022)
Enseignant : Dr KOUSSE Kizito Tioro
UNIVERSITÉ JOSEPH KI-ZERBO
ANNÉE ACADÉMIQUE 2024-2025
UFR/SH : Département de Philosophie
CHARGÉ DU COURS
Dr Kizito Tioro
KOUSSE
COURS DE PHILOSOPHIE
PARCOURS : L2/S4
PROMOTION BAC 2022 (année 2023-2024)
Etudiant.e.
NOM :
Prénom (s) :
UNIVERSITÉ JOSEPH KI-ZERBO H+ ANNÉE ACADÉMIQUE 2024-2025
UFR/SH : Département de Philosophie
Module : Questions actuelles de philosophie/ Le transhumanisme Parcours : L2/S4 (BAC 2022)
Dates du déroulement : du 11 au 17 février 2025 Année 2023-2024
Enseignant : Dr KOUSSE Kizito Tioro
PLAN DU COURS
INTRODUCTION
I. Définition et brève historique du transhumanisme
II. L’humanisme
III. Les courants du transhumanisme
IV. Exemples de pratiques ou applications transhumanistes
V. Le post-humanisme
CONCLUSION
OBJECTIFS DU COURS
À la fin de ce cours, l’apprenant.e. devra :
Objectif général : comprendre l’actualité et l’utilité de la philosophie à travers l’exemple
du transhumanisme
Objectif spécifique 1 : savoir ce que c’est que le transhumanisme, son objectif
Objectif spécifique 2 : savoir déterminer les pratiques transhumanistes et les implications
éthiques au plan philosophique
Objectif spécifiques 3 : cerner la question du posthumain
MODALITÉS D’EVALUATION
- Devoir sur table (surveillé)
- Questions de compréhension du cours : explication de notions ; d’expressions etc.
- Dissertation et commentaire de texte au choix
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UFR/SH : Département de Philosophie
Module : Questions actuelles de philosophie/ Le transhumanisme Parcours : L2/S4 (BAC 2022)
Dates du déroulement : du 11 au 17 février 2025 Année 2023-2024
Enseignant : Dr KOUSSE Kizito Tioro
INTRODUCTION
Ce module intitulé Questions actuelles de philosophies vise un double objectif.
Premièrement, montrer l’actualité de la philosophie, sa capacité à se renouveler et à renouveler
la réflexion philosophique. C’est la preuve que la philosophie n’est pas un luxe, une activité
libérale sans importance sociale pratique. Contrairement aux idées qui font de la philosophie
une spéculation inféconde, le ours de questions actuelles de philosophie n’est qu’un exemple
parmi tant d’autres pour montrer que la philosophie sait se saisir des questions pratiques de la
société en pleine mutation. Deuxièmement, ce module, à travers le transhumanisme, questionne
la notion du progrès technoscientifique appliqué au vivant, et principalement le vivant humain.
Il ne s’agit pas ici de parler des applications biomédicales comme en Bioéthique (en L1/S2).
Pour questions actuelles de philosophie, le cas du transhumanisme montre comment le bonheur
de l’homme passe aussi par l’amélioration du naturel, de son corps.
Depuis quelques décennies, la technique est parvenue à un tel degré de développement
qu’elle peut transformer la vie et, un jour peut-être, en devenir l’origine exclusive. L’homme
fait la technique qui peut contribuer à faire ou à refaire l’homme. Faut-il alors magnifier ou
diaboliser la technique et sa pratique le transhumanisme ?
Le corps humain par exemple laissé tel est limité. Il faut le secours de la science pour
lui permettre de surmonter les limites de la nature : fatigue, mémoire faible, espérance de vie
courte, perte d’énergie physique très tôt, la vieillesse accélérée etc. Albert Jacquart, dans les
scientifiques parlent, montre justement que la nature n’a pas donné suffisamment de pouvoir à
l’être humain. C’est ainsi que l’homme utilise la science pour se transformer lui-même, il est
doté du pouvoir de se transformer. Parlant de l’injustice de la nature vis-à-vis des capacités, il
dit qu’« elle nous a refusé le pouvoir de voler, nous volons plus vite et plus loin qu’aucun
oiseau ». On dira aussi que la nature a refusé à l’homme de vivre longtemps, mais il vivra
longtemps grâce au pouvoir de se transformer lui-même. La raison permet de rendre justice à
la nature, améliore la nature, l’augmenter est une question de devoir moral, d’où Francis
Fukuyama (2002, p. 154) dira que « la nature humaine est fondamentale pour nos conceptions
de la justice, de la morale et de la vie bonne ». La notion de liberté de se libérer des limites du
corps est fondamentale. Will Kymlicka (2003, p. 121) exprime cette idée en disant que : « si je
suis propriétaire de ma personne, alors je suis propriétaire de mes aptitudes ». Le
transhumanisme repose sur les progrès :
- de la médecine,
- de la biotechnologie
- de la technologie (en général),
- des nanotechnologies,
- de l'informatique,
- de la robotique
- et de tout ce qui peut s'apparenter aux sciences et à l'intelligence artificielle.
Nous allons tenter d’analyser le transhumanisme et les notions qui l’accompagnent comme le
posthumain, l’humanisme etc. Les pratiques transhumanistes impliquent une révision totale de
la conception de l’organisme humain, du rapport au corps, de l’appréhension de la vie. Il s’agit
également de la révision de l’humanisme. Cette révision a des implications éthiques qui, à leur
tour, ne sont pas épargnées par la révision. Donc une révision, une redéfinition de l’éthique et
de la morale.
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Enseignant : Dr KOUSSE Kizito Tioro
I. Définition et bref historique du transhumanisme
I.1. Définition
Qu’est-ce que le transhumanisme ? Ce mot et pratique qui fait désormais partie
intégrante de ce que l’on pourrait appeler « amélioration des conditions de vie de l’homme ».
Empiriquement, nous constatons qu’il est formé de « trans » et de « humanisme ». Le
transhumanisme est un mot composé du préfixe « Trans- » qui exprime l'idée de changement,
de mutation, de traversée et du mot « humanisme » qui provient du latin humanitas et désigne
« la nature humaine ». Traverser renvoie au dépassement : partir d’une situation moins
meilleure, à une situation meilleure, souhaitée. Le suffixe isme permet de former les mots qui
renvoie à l’attitude, à l’idéologie, au comportement.
Le Petit Robert 2017 définit le transhumanisme comme : « Un courant de pensée qui
vise l’amélioration des capacités intellectuelles, physiques et psychiques de l’être humain grâce
à l’usage de procédés scientifiques et techniques (manipulation génétique, nanotechnologies,
intelligence artificielle, etc) ».
Le biologiste et eugéniste Julian Huxley définit le transhumanisme dans « Le Meilleur
des mondes » exactement comme : « Un homme qui reste un homme, mais qui se transcende
en utilisant de nouvelles possibilités de et pour sa nature humaine ».
« Le transhumanisme est un mouvement social complexe qui associe le développement
technologique dans l’informatique et la biotechnologie à des considérations idéologiques et
philosophiques, l’ensemble étant soutenu par une poussée économique considérable. Ce
mouvement prône l’usage des sciences et des techniques afin de développer les capacités
humaines et de dépasser les limitations de l’homme » selon la définition de Parisien François-
Hugues.
Toutes ces définitions montrent l’objectif recherché : l’objectif du transhumanisme est
de dépasser, voire d’éliminer, par le biais de l’usage des sciences et des techniques, les aspects
négatifs inhérents à la condition humaine comme : la maladie, la dépression, le handicap, la
fatigue psychique, même la mort etc. : tout cela renvoie à « l’homme augmenté » désigné par
H+ ou h+ pour symboliser le transhumanisme et son objectif d’augmenter l’être humain.
Attention, H+ ou h+ peut désigner :
L’hydron ou le cation hydrogène : H+
Le transhumanisme : H+ ou h+
Un trou d’électron : h+
L’évolution de la norme de téléphonie mobile HSPA : H+ ou HSPA+
Une série télévisée serait également symbolisée par H+ (John Cabrera et Bryan Singer).
I.2. Bref historique
Nous allons aborder dans ce point l’idée du transhumanisme ; à quand remonte la
volonté de l’homme de s’affranchir des limites corporelles, mentales, d’augmenter les
performances de sa nature. Dans ce premier niveau, il s’agit de remonter à l’idée du
transhumanisme. Selon une de vos camarades étudiantes par exemple, ne peut-on pas considérer
le recours aux différentes drogues, le dopage, l’alcool, etc. comme des formes de
transhumanisme ? Oui, car dans une certaine mesure, c’est un recours qui vise à dépasser les
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capacités naturelles du corps, les capacités psychiques naturelles. On ne peut pas remonter à
l’origine d’une telle pratique. En plus, nous nous contentons des pratiques transhumanistes du
point de vue scientifique.
Le second niveau porte sur la conceptualisation du mot transhumaniste. Qui l’a forgé et
rendu populaire ?
I.2.1. Prométhée et l’idée de transhumanisme
Il est très difficile de se prononcer avec exactitude sur l’origine du transhumanisme (à
ne pas confondre avec l’origine, la conceptualisation du mot en question).
Pour certains, l’idée de transhumanisme remonterait à l’antiquité, principalement au
mythe de Prométhée. Ce mythe apparait pour la première fois dans au VII ème siècle avant JC
dans le poème Théogonie d’Hésiode. Le rêve de dépasser les limites de l’humanité, de devenir
des hommes « augmentés » remonte au moins au mythe de Prométhée : le don aux hommes du
feu et de la technique les arrache à la nature pour les rapprocher des dieux. Prométhée est
considéré comme celui qui a transgressé ce que les dieux cachaient aux hommes : il est le
bienfaiteur des hommes et donc avoir transgressé les limites qui devaient être celles des
hommes. Jean-Michel Besnier dit dans ce sens que « Prométhée a sans doute donné l’impulsion
nécessaire à l’humanité pour s’arracher au destin que l’étourderie de son frère Epiméthée
semblait devoir lui imposer. Avec le feu et la connaissance des arts et des techniques, il a fait
un don inestimable aux mortels et a permis leur humanisation, ce dont les dieux avaient raison
de se méfier ».
Prométhée n’est plus le statuaire habile mais le créateur indépendant, isolé dans son
génie et qui sent en son être une puissance de création illimitée ; celui qui est capable de donner
vie à une forme intérieure qu’il conçoit et réalise. C’est ce que fait le transhumanisme
aujourd’hui.
I.2.2. La problématique de la conceptualisation du mot transhumanisme
La paternité de la conceptualisation du mot transhumanisme est aussi polémique. Pour
la conception du mot, l’histoire retient que l’ingénieur français Jean Coutrot (1895-1941), selon
lui-même, aurait développé une philosophie transhumaniste, et par conséquent, il est considéré
comme l’un des premiers à forger et à employer le mot transhumanisme pour la première fois
en 1935. Mais, c’est en 1939 qu’il livre plus de précision sur sa pensée dans le document intitulé
Ebauche d’un transhumanisme.
Quant au contenu ou à la teneur du mot transhumanisme de Jean Coutrot, il le définit
lui-même comme « des règles et méthodes à vocation prédictive et opérationnelle, permettant
le développement de l'humanité ». Nous constatons ici que sa définition du mot n’est pas
strictement ce que nous entendons dans le sens de « l’homme augmenté ». L’idée y est sans être
formulée clairement. Selon Cyrille Dounot, « Contrairement à ce qu’on lit à peu près partout,
Julian Huxley n’est pas l’inventeur du terme. C’est un Français, le polytechnicien Jean Coutrot,
qui le premier a utilisé le terme, en 1939. Coutrot, « théoricien et prophète d’une organisation
rationnelle de l’économie et de l’humanité » (O. Dard), forge l’expression lors des Entretiens
de Pontigny, en présentant pour la 6e session du Centre d’Étude des Problèmes humains (27-
29 mai 1939) un « précis de transhumanisme ».
Une situation autorise le doute quant à la paternité du mot. Jean Coutrot est un proche
des Huxley. L’ingénieur polytechnicien Jean Coutrot est un ami de l’écrivain Aldous Huxley,
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dont le Meilleur des mondes fait écho à de nombreux thèmes transhumanistes. Ce dernier est le
frère de Julian Huxley, biologiste et premier directeur général de l’UNESCO. A-t-il déjà
entendu le mot chez un des frères Huxley ? La question reste sans réponse. Mais, ce qui compte,
c’est que la paternité du mot transhumanisme est attribuée traditionnellement à Julian Huxley.
Cette attribution a été faite au cours d’une conférence donnée en 1951 et publiée sous forme
d’essai en 1957. Mais le doute existe toujours car, selon certains chercheurs, le terme aurait une
existence bien antérieure à son utilisation par Huxley, remontant à une utilisation religieuse. En
effet, À la fin des années 50, un autre auteur s’intéresse à la question du dépassement de la
condition humaine, le Jésuite Pierre Teilhard de Chardin. Le transhumanisme est pour lui une
grâce obtenue. Il emploie le verbe « transhumaniser » dans un sens plutôt religieux. Il s’agissait
alors, par le verbe transhumaniser (transumanar), de décrire l’action de la grâce dans une âme,
qui l’élève au-dessus de sa condition naturelle, dans une situation surnaturelle.
Teilhard de Chardin accorde également une place à la science dans l’évolution de l’être
humain. C’est une évolution tripartite qui ne s’éloigne pas des valeurs chrétiennes car il s’agit
d’une évolution à travers « le savoir plus, pour pouvoir plus, pour être plus ». La connaissance
scientifique augmente le pouvoir de l’homme, c’est-à-dire le pouvoir de son agir. Cela permet
l’accroissement de la conscience, l’émergence de plus d’amour et de responsabilité. C’est ce
que Njoh Mouellé appelle la perfectibilité chez les humanistes.
II. L’humanisme
La compréhension du mot transhumanisme nécessite une compréhension du mot
humanisme qui est une de ses composantes. L’humanisme à l’origine répondait à un besoin de
compréhension des textes latin et grecs. Il fallait les traduire pour rendre leur sens accessible,
et par ricochet permettre aux contemporains de comprendre la quintessence de la pensée
antique. C’est ainsi que le mot "humanisme" vient du latin "humanitas" qui désigne l'étude des
langues anciennes que sont le latin et le grec. A l'origine, ceux que l'on appelle "humanistes"
travaillent à la traduction de ces textes antiques et permettent à leurs contemporains de
découvrir la pensée de l'Antiquité.
Le sens ne se limite pas à son étymologie. En effet, l’humanisme n’est pas homogène.
Son sens est lié à des paradigmes de l’histoire des aspirations de l’homme. L'humanisme est un
courant philosophique qui a eu une grande influence, sur l’art, la culture, sur la psychologie, la
politique, les sciences sociales en général et la vision de l’homme des sciences fondamentale.
C’est ce qui explique que l’humanisme n'existe pas comme quelque chose d'homogène, mais
sous plusieurs types.
Chacune de ces catégories d'humanisme exprime, à sa manière, l'idée fondamentale de
cette façon de penser qui peut être caractéristique également du paradigme concerné : que la
vie de tous les êtres humains compte et que, par défaut, nous devons respecter la vie des autres
humains sans prétendre la modifier de manière injustifiée ou non. Adam Schaff (1968, p. 3)
dans « L’Humanisme marxiste » dit qu’« On peut dire sans hésiter que notre époque est celle
du choc des humanismes. Les tendances qui se réclament de l’humanisme, ne sont pas
seulement nombreuses, mais elles sont aussi concurrentes, et vont même jusqu’à se combattre ».
L’homme est au centre de l’humanisme. Par conséquent tout ce qui touche sa vie, son existence
en termes d’amélioration nécessite une justification. Le projet transhumanisme se veut un
humanisme qui augmente l’être humain par la technoscience. Sans tenir compte de son opinion.
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Qu'est-ce que l'humanisme ? L’humanisme est vaste et s’étend à plusieurs domaines : la
religion, la politique, la littérature, la politique, la morale, l’éthique, la religion. Les principaux
types d'humanisme.
Ce sont les caractéristiques fondamentales des différents types d'humanisme. Pour bien les
comprendre, cependant, nous devons garder à l’esprit que chacun d'entre eux a émergé dans un
contexte historique différent et ne peut être compris sans comprendre le degré de
développement technologique, philosophique et éthique qui existait au moment de son
apparition.
Par humanisme nous entendons notamment un système de réflexion sur l'homme pour lequel
l'homme est le bien suprême, et qui cherche à lui assurer dans la pratique, les meilleures
conditions de bonheur. Dans une acception aussi large de l'humanisme, il y a place, bien
entendu, pour diverses tendances. (A. Schaff, 1968, p. 4).
Quelles sont les formes d’humanisme alors ?
II. 1. Humanisme théocentrique
Ce transhumanisme s’inscrit dans la logique de la question d’un de vos camarade
étudiants qui veut savoir si le transhumanisme n’est pas une pratique qui désacralise le vie
humaine. Sous l’angle du transhumanisme théocentrique, on dira oui car Dieu est le créateur,
et l’on doit respect à sa créature, principalement la vie de l’homme. Ce point de vue est celui
de l’existentialisme chrétien également : c’est la providence divine qui gouverne la vie de
chaque homme et des suites des générations.
Le transhumanisme théocentrique stipule que Dieu est la fin ultime de l’homme et de
toute chose. Le moyen âge était caractérisé par l’humanisme théocentrique. Ce type
d'humanisme base toute sa moralité sur l'existence d'un dieu déterminé qui révèle ce qui est bon
et ce qui est mauvais et, par conséquent, comment les êtres humains doivent être traités. Dieu
est au centre de l’humanité de l’homme. Selon Jacque Maritain, « ce que l’on peut reprocher au
Moyen Âge, et qui fut sans doute une des causes principales de son effondrement, ce n’est pas
d’avoir été théocentrique, mais d’avoir été « théocratique ». C’est-à-dire de ne pas avoir su
appliquer le commandement évangélique de rendre à César ce qui est à César, et à Dieu ce qui
est à Dieu ; en un mot, de ne pas avoir suffisamment su distinguer le spirituel du temporel ».
II.2. Humanisme historique
Il marque le début du déclin de l’humanisme théocentrique. C'était un type d'humanisme
né à Florence à la fin du Moyen Âge. En lui, les arts et l'activité intellectuelle se concentraient
peu à peu sur l'humain, cessant de considérer que le divin était le centre de tout.
II.3. Humanisme anthropocentrique
Il est marqué par les adieux, la renonciation à l’intervention divine. C’est un adieu à
Dieu. C'est ce type d'humanisme qui a commencé à caractériser les sociétés occidentales de la
Renaissance et, en particulier, du siècle des Lumières. Ici, la figure de Dieu cesse d'être le centre
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du système moral, et l'être humain reçoit tout le protagonisme. Une grande attention est
accordée au code de conduite écrit dans les textes sacrés et à la formulation de nouvelles formes
d'éthique humaniste.
De la même manière, l’idée qu’un être humain puisse en contrôler un autre est rejetée.
Ce qui peut être contrôlé et maîtrisé, c'est la nature, considérée comme un ensemble de
ressources pouvant être utilisées pour le bien-être de l'espèce.
II.4. Humanisme empirique
C'est l'un des types d'humanismes qui essaient de se différencier des autres parce qu'ils
sont plus pratiques et plus appliqués. Tandis que d’autres formes de ce courant de pensée
reposent davantage sur des idées abstraites telles que la nécessité de ne pas dominer les autres
êtres humains, cela se produit, se concentre sur le rejet ou l'acceptation de certaines actions ou
attitudes spécifiques. Par exemple, l'humanisme empirique rejette la violence, déclare une
liberté totale d'expression et de conviction et souligne la nécessité de mettre en valeur les modes
de vie des minorités.
II.5. Humanisme existentialiste
Cette forme d'humanisme souligne l'importance de rejeter les totalitarismes matériel et
intellectuel qui forcent les gens à être recrutés pour une cause spécifique, les empêchant de
penser au-delà. Pour les philosophes existentialistes comme Jean-Paul Sartre, c'est l'individu
qui doit construire un sens pour sa propre vie sans que d'autres s'immiscent dans ce système
d'idées et de symboles. Certains l’appellent humanisme athée également. C’est l’homme qui se
choisit, il est responsable de ce qu’il devient.
II.6. Humanisme marxiste
Très basé sur la philosophie du philosophe Karl Marx, ce type d'humanisme issu du
Monde II Monde met en exergue l'idée que l'être humain est un être social dont l'identité ne
ressort que de l'interaction avec les autres, permis grâce aux liens de solidarité présents dans
des sociétés bien unies et unies. Cette philosophie rejette l'individualisme de nombreux autres
types d'humanisme et souligne que le bien-être de l'individu dépend de phénomènes collectifs
auxquels tous doivent participer pour ne pas être manipulés. « A cet égard, l'humanisme
marxiste est un humanisme pur et s'en tient résolument à la pratique : il ne se borne pas à
affirmer des principes, il en tire des conclusions pratiques. Ainsi, du temps de sa jeunesse déjà,
Marx tirait-il de son humanisme le postulat de la lutte révolutionnaire ». (A. Schaff, 1968, pp.
6-7). L’humanisme marxiste fait de la société celle de personnes autonomes, libres.
« L'humanisme combattant, nous l'avons dit, est la conséquence logique, en premier lieu, du
point de départ de l'humanisme marxien, la conséquence du fait que c'est un humanisme réel,
pour qui le monde des hommes est un monde autonome, créé par l'homme social et seulement
par lui. » (A. Schaff, 1968, p. 8).
Son objectif est le suivant comme le précise A. Shaff (1968, p. 9) : « Mais
l'aboutissement, l'objectif vers lequel tend Marx c'est l'homme dans le sens de l'ensemble de
l'humanité, c'est le bonheur de chaque individu. »
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II.7. Humanisme universaliste
C'est une façon de penser très influencé par la philosophie postmoderne. Il souligne la
nécessité de créer des sociétés inclusives pour tous, de respecter les différentes cultures
présentes dans la société et de ne pas se laisser guider par des codes de conduite rigides, mais
au contraire : apprécier la spontanéité et la créativité dans tous les aspects de la vie. Tout le
monde doit être respecté, d’où le rejet de la guerre et de la discrimination.
A partir des types d’humanisme, on peut dégager le sens des courants de transhumanisme.
III. Les courants du transhumanisme
Nous n’allons pas tout citer. Nous allons donner quelques exemples qui nous semblent
importants. Mais il revient aux étudiants de continuer la recherche dans ce sens. C’est un débat
d’actualité et du futur. Donc, prendre au sérieux la recherche personnelle. Il ne faut pas
confondre le transhumanisme à l’humanisme même si l’un comporte l’autre. Max More
justement nous invite à éviter la confusion :
« Le transhumanisme est une classe de philosophies ayant pour but de nous guider vers une condition
posthumaine. Le transhumanisme partage de nombreuses valeurs avec l'humanisme parmi lesquelles un
respect de la raison et de la science, un attachement au progrès et une grande considération pour
l'existence humaine (ou transhumaine) dans cette vie. […] Le transhumanisme diffère de l'humanisme en
ce qu'il reconnaît et anticipe les changements radicaux de la nature et des possibilités de nos vies
provoqués par diverses sciences et techniques ».
Les différents courants montrent que le transhumanisme est anthropocentré. Dans
l’idéologie transhumaniste, l’homme est mis au centre de l’univers, il est la mesure de toute
chose. Par conséquent, il doit être augmenté et amélioré, dans le but de devenir une sorte de
Dieu. En ce sens le transhumanisme semble être un anthropocentrisme, et même plus que cela,
une religion de l’homme et de sa science ce qui a priori n’aurait pas déplu aux scientistes et
positivistes. Le transhumanisme serait donc la libération finale de l’homme, libération de tout
ce qui l’a toujours opprimé, notamment la nature et l’évolution biologique qui semble être
incontrôlable.
III.1. Le transhumanisme démocratique
C’est l’idée implicite de la bienfaisance par la charité scientifique. C’est un courant qui renvoie
à l’idée que les êtres humains seront plus heureux lorsqu’ils vont arriver à dominer
rationnellement les forces naturelles et sociales qui contrôle la vie humaine. La démocratie doit
s’élargir à la science, à la technologie et au transhumanisme. Les moyens techniques pour
augmenter l’homme doivent servir toute l’humanité.
III.2. Le transhumanisme singularien
Nous avons dit que le transhumanisme utilise plusieurs sciences : intelligence
artificielle, robotique, informatique, etc. Il s’agit de sciences singulières, spécifiques. Ce
courant renvoie à la singularité technologique. C’est l’idée selon laquelle l’intelligence
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artificielle va rendre les changements imprévisibles. Autrement dit, le progrès sera le produit
de l’intelligence artificielle qui rendra possible la superintelligence. L’homme mettra au point
des machines plus intelligentes que l’homme qui vont jouer le même rôle que l’homme mais
plus efficacement. Ce sont des superintelligence capables de fonctionner de façon autonome,
avec la possibilité d’avoir des émotions comme l’être humain. Les partisans sont entre autres
Jacques Lacan (1901-1981, psychiatre et psychanalyste français), Stanislaw Ulam (1909-1984,
mathématicien polono-américain).
III.3. Le transhumanisme hédoniste ou l’impératif hédoniste
C’est un courant qui lance un appel. C’est l’exigence morale qui stipule que les êtres
humains doivent travailler à la réduction, à l’abolition de la souffrance pour tous les organismes
qui sont doués de sensibilité.
III.4. L’extropianisme ou le transhumanisme extropien
C’est un courant du transhumanisme libertarien qui soutient que l’être humain est inachevé,
non fini. Il est appelé à évoluer en fonction de son environnement ou en fonction de ses propres
interventions. Chaque individu est responsable, maître de son corps et peut librement le
modifier à son gré. L’Etat ne doit pas les contrôler ni les interdire du moment où ces
interventions sur son propre corps ne nuisent pas à autrui. Selon Marx More, « les fins du
transhumanisme trouvent dans l’évolution combinée des progrès technologiques, du marché et
des principes libertariens les conditions nécessaires à sa réalisation ».
Pour montrer cette liberté de l’individu, Max O’Conner a changé son nom pour devenir
Max More pour montrer la volonté de s’améliorer sans cesse. C’est ainsi qu’il dégage cinq (5)
principe de l’extropianisme (du transhumanisme extropien) : a) l’expansion sans limite, b)
l’autotransformation, c) l’optimisme dynamique, d) la technologie intelligente, e) l’ordre
spontané.
IV. Exemples de pratiques ou applications transhumanistes
Il y a des pratiques transhumanistes qui défient le corps humain naturel. Certaines sont
de l’ordre de la fiction, mais qui peuvent devenir réalité un jour. Nous allons nous contenter de
donner quelques exemples.
IV.1. La biomécatronique
C’est une science appliquée interdisciplinaire qui cherche à intégrer des éléments
électroniques, mécaniques dans le vivant. Elle cherche à intégrer des éléments mécaniques dans
le corps humains. Elle intègre les éléments de recherches des sciences biomécanique associées
aux techniques médicales et robotiques pour ensuite les placer dans le corps humain selon les
besoins. C’est le cas des prothèses de jambes qui permettent de courir comme si les deux jambes
normales existaient.
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UFR/SH : Département de Philosophie
Module : Questions actuelles de philosophie/ Le transhumanisme Parcours : L2/S4 (BAC 2022)
Dates du déroulement : du 11 au 17 février 2025 Année 2023-2024
Enseignant : Dr KOUSSE Kizito Tioro
IV.2. L’ingénierie du paradis ou paradise ingeneering
Elle est basée sur la création artificielle de sentiments heureux continuels par des
modifications de l’activité neuronale. L’objectif recherché est l’élimination des sources de
souffrance physique et mentale. La biochimie responsable des mécontentements au quotidien
sera génétiquement éliminée et le sentiment de mal-être, de malaise, de gène serait remplacé
par la plénitude, la béatitude. L’être humain sera permanemment animé par la joie de vivre sans
tristesse morale, psychique et physique.
IV.3. L’interface neuronale directe ou Brain computer interface
L’interface neuronale directe (IND) rend possible la communication entre un cerveau et
un dispositif externe afin d’augmenter ou de réparer des fonctions cognitives et sensori-
motrices.
Travail de recherche : chaque étudiant doit faire des recherches sur les pratiques
transhumanistes d’origine technoscientifique. En plus, vous êtes invités à suivre l’actualité
scientifique dans le domaine et pourvoir poser les problèmes éthiques que ces pratiques posent
à la société. (NB : Recherches personnelles sur le clonage et ses différentes formes).
IV.4. La problématique de l’humanisme entre humanistes et transhumanistes selon
Ebenezer Njoh Mouellé
L’humanisme pronné par le transhumanisme est-il de même nature que celui des
humanistes ? Pour Njoh Mouellé, il faut savoir faire la part entre les deux. Pour se faire, il
rapproche deux notions, à savoir la perfectibilité et la condition humaine. Les humanismes
classiques comme celui des Lumières recherchaient la perfectibilité de l’être humain sans sortir
de la condition humaine. Chez les transhumaniste, il s’agit de sortir de la condition humaine en
intégrant des artefacts techniques à l’être humain.
Les transhumanistes ont pour objectif premier de corriger les imperfections en recourant
à la technoscience, et principalement aux progrès réalisés dans les domaines biomédicaux.
Franck Damour et David Doat écrivent à ce propos qu'il s’agit d’une démarche technologique
qui a « la particularité de ne pas proposer une révolution sociale ou politique mais une
révolution technologique qui changerait le corps et par ricochet la société et la politique » (2018,
p. 14). L’homme augmenté et amélioré par le transhumanisme sort du cadre naturel, et c’est
pourquoi on parle de posthumanisme. Des problèmes éthiques se posent. Doit-t-on artificialiser
les êtres humains ? Les vivants, pour dire ainsi ?
V. Le posthumanisme
Les différentes pratiques transhumanistes nous renvoient à l’après homme augmenté.
Après l’amélioration de l’homme par des techniques technoscientifiques, peut-on encore parler
d’êtres humains à l’état naturel ? Cela montre l’importance de la question du philosophe Cyrille
Semdé : « Faut-il craindre le transhumanisme ? » dans la revue Baobab, N°19 en 2016. Pour
comprendre sa question fondamentale qui nous plonge dans une problématique éthique sans
issue tout de go, il convient de définir le posthumanisme.
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Le poshumanisme est l’homme après son augmentation (amélioration physique, mentale
par la technoscience). Le préfixe post désigne la postérité. Le préfixe « post » signifie en latin
« ce qui vient après ». Le posthumanisme est donc un programme visant à établir des valeurs et
des normes pour ce qui vient après l’humanisme. L’intervention de la technique et ses méthodes
sur l’homme implique l’idée de la machine. L’homme augmenté doit-il être considéré comme
un être humain naturel, ou comme une machine ? Ou les deux à la fois ? L’argument de fond
est que le posthumanisme vise l’immortalité, à défaut la longévité des êtres humains (150 ans ;
300 ans ; 500 ans etc.). L’espèce posthumaine serait d’une qualité de vie et d’une performativité
opératoire jamais égalée, couronnée d’une éternité ou d’une longévité qui défient les lois de la
nature. Dans ces conditions, le posthumanisme est une forme d’eugénisme. Qui n’aime pas
vivre ? « Le terme “posthumain” est employé comme une métaphore pour exprimer l’érosion
du sujet de l’humanisme et non comme une prévision relative à un développement ou à une
évolution qui conduiraient au-delà de l’humanité » (Jean Yves Goffi). Les cyborgs sont des
exemples de posthumains. Le cyborg est l’association de la machine à l’humain pour former
une entité à part entière. Le philosophe allemand Peter Sloterdjik est considéré comme le
premier à avoir utiliser le mot posthumanisme lors d’un colloque sur Heidegger et à la fin de
l’humanisme en 1999. Selon le philosophe allemand, « le développement des technosciences
imposait d’envisager un nouveau système de valeurs accompagnant la production d’être
nouveaux et légitimant le pouvoir de ceux qui bénéficieront des technologies d’augmentation
de l’être humain ». Le posthumanisme est la concrétisation du transhumanisme considéré
comme une phase transitoire. Il est, dans un certain sens, la sortie de la condition humaine. Il
reprendrait à son compte l’aspiration humaine immémoriale à une existence plus épanouie, plus
féconde, libérée de fléaux tels que la maladie, la mort prématurée, la misère, etc. Cet argument
est alléchant et tend à montrer que le posthumanisme est positif. C’est là où la question de
Cyrille Semdé invite à la précaution.
Avec le projet posthumain, il y a de quoi s’inquiéter pour l’avenir de l’être humain. Il
est probablement en voie de disparition ou de rabaissement irréversible. Ebenezer Njho Mouellé
ne cache pas son inquiétude sur la défiguration de la mission de la science lorsque Denise Epotè
lui a posé la question certains scientifiques qui s’écartent de la mission de la science. Ildit :
« Oui ! d’autant plus que et je vais me limiter là, pour indiquer effectivement les orientations
parmi les plus inquiétantes des déclamations des hauts responsables d’une des grosses
entreprises de développement de l’intelligence artificielle. C’est les co-fondateurs de Google et
leur PDG. En 2004 le co-fondateur Larry Page de Google déclare ceci : « Google sera inclus
dans le cerveau des gens et quand on vous pose une question, il vous répondra
automatiquement » (…). Six (6) ans après, l’autre co-fondateur qui s’appelle Sergueï Brin, lui
aussi il déclare : « nous voulons que Google soit la troisième moitié de votre cerveau » ».
L’accélération scientifique fait craindre la perte de l’éthique, de la morale.
Conclusion
Questions actuelles de philosophie nous donne une vue panoramique, à travers
l’exemple du transhumanisme, sur les aspirations profondes de l’homme et sa rédemption
immanente (se rendre heureux par lui-même, par ses propre efforts). D’emblée, condamner
l’aventure transhumaniste provoque de la gêne, car on se présente comme un antihumain. Le
principe éthique de la responsabilité de Hans Jonas nous invite au discernement ; à l’évaluation
du sens de l’essentiel. En développant la science, l’être humain doit travailler à rester dans la
dignité. La question de l’inégalité n’est pas exclue. En effet, l’accès équitable aux techniques
d’amélioration et d’augmentation humaine par les personnes, selon leur moyen économique,
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leur nationalité, leur appartenance aux classes sociales minoritaires, se posera à un moment ou
à un autre à l’humanité. L’Afrique est appelée à réfléchir sur la question pour anticiper car le
transhumanisme est aussi l’ère d’une nouvelle forme d’inégalité.
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FERRY Luc, 2016, La révolution transhumaniste. Comment la technomédecine et l’uberisation
du monde vont bouleverser nos vies, Paris, Plon.
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biotechnologique, trad. Apr Denis-Armand Canal, Paris, La Table Ronde.
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contemporaine/file:///H:/Lien%20mouvement.htm#
KOUSSE Kizito Tioro, 2024, « La défectuosité du corps : lorsque la technique et ses techniques
s’invitent », in Ghislain Thierry MAGUESSA EBOME (dir.), CAHIERS ÉPISTÉMO-
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constitution humaine », http://emmanueltaieb.fr/2018/09/traduction-de-la-lettre-
a-mere-nature-de-max-more/, trad./17 / 09 / 2018, (consulté le 15 août 2021).
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Enseignant : Dr KOUSSE Kizito Tioro
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NJOH MOUELLE Ébénézer, 2018, Quelle éthique pour le transhumanisme ? Des « hommes
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NJOH MOUELLE Ébénézer, 2020, Lignes rouges « éthiques » de l’intelligence artificielle,
Yaoundé, L'Harmattan.
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NJOH MOUELLE Ébénézer, 2013, « PENSEE » et « PHILOSOPHIE », (dir) E-Marie
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Afrique ?, Yaoundé, L’Harmattan.
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SEMDE Cyrille, 2016, « Faut-il craindre le transhumanisme ? », Baobab, n°19, pp. 132-144.
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suicidaires des transhumanistes, Paris, Seuil.
THOMAS Vincent, LUNEAU René, 1986, La terre africaine et ses religions, Paris,
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VERGELY Bertrand, 2019, Transhumanisme : la grande illusion, Paris, Le passeur.
TEILHARD DE CHARDIN Pierre , L’énergie humaine, Paris, Seuil, 2002.
THIBON G., 1959, Vous serez comme des dieux, Paris, Fayard.
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TABLE DES MATIÈRES
PLAN DU COURS ............................................................................................................................1
OBJECTIFS DU COURS .................................................................................................................1
MODALITÉS D’EVALUATION .....................................................................................................1
INTRODUCTION ............................................................................................................................2
I. Définition et bref historique du transhumanisme .....................................................................3
I.1. Définition .............................................................................................................................3
I.2. Bref historique ....................................................................................................................3
II. L’humanisme............................................................................................................................5
II. 1. Humanisme théocentrique ...............................................................................................6
II.2. Humanisme historique ......................................................................................................6
II.3. Humanisme anthropocentrique ........................................................................................6
II.4. Humanisme empirique ......................................................................................................7
II.5. Humanisme existentialiste .................................................................................................7
II.6. Humanisme marxiste .........................................................................................................7
II.7. Humanisme universaliste ..................................................................................................8
III. Les courants du transhumanisme ..........................................................................................8
III.1. Le transhumanisme démocratique ..................................................................................8
III.2. Le transhumanisme singularien ......................................................................................8
III.3. Le transhumanisme hédoniste ou l’impératif hédoniste .................................................9
III.4. L’extropianisme ou le transhumanisme extropien ..........................................................9
IV. Exemples de pratiques ou applications transhumanistes ......................................................9
IV.1. La biomécatronique .........................................................................................................9
IV.2. L’ingénierie du paradis ou paradise ingeneering ........................................................... 10
IV.3. L’interface neuronale directe ou Brain computer interface ......................................... 10
IV.4. La problématique de l’humanisme entre humanistes et transhumanistes selon
Ebenezer Njoh Mouellé ........................................................................................................... 10
V. Le posthumanisme .................................................................................................................. 10
Conclusion ....................................................................................................................................... 11
Références bibliographiques et webographiques ........................................................................... 13
TABLE DES MATIÈRES .............................................................................................................. 15
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