Chapitre 2 : Variation de vitesse des machines à courant continu
1.1- Rappels et notions de base
La machine asynchrone est alimentée au stator par un système de tension triphasé équilibré de
valeur efficace Vs et de fréquence fs.
Figure 1.1. Schéma de principe d'une machine asynchrone
Dans son mode d’alimentation standard, le rotor n’est électriquement lié à aucune source
d’énergie, cela simplifie beaucoup sa construction. Un courant rotorique Ir est induit par le
champ tournant statorique. Les différentes grandeurs rotoriques sont à la fréquence fr. Les trois
pulsations qui se retrouvent au sein d’une machine asynchrone sont donc :
- s 2 pf s , pulsation des grandeurs statoriques
- r 2 pf r , pulsation des grandeurs rotoriques
- 2pf , pulsation des grandeurs mécaniques avec , est la vitesse mécanique et p
p
nombre de paires de pôles.
Ces trois pulsations sont liées par l’équation (1.1).
(1.1)
Le glissement est défini par l’équation (1.2), avec Ns vitesse de synchronisme, en tr/mn.
(1.2)
La relation de liaison des pulsations s’écrit donc aussi, relation souvent pratique.
(1.3)
Le Bilan des puissances de la machine asynchrone est donné par la figure suivante :
Figure 1.2. Bilan des puissances dans une machine asynchrone
Marwa Ben Said-Romdhane 2024/2025 P1/6
En négligeant les pertes au niveau du stator et les pertes mécaniques, nous rappelons que le
rendement de la machine h peut être approximé par :
(1.4)
1.2- Equations en régime permanent et loi V/f
Il existe plusieurs modèles équivalents simples (monophasés) de la machine asynchrone, dont
la complexité varie en fonction des hypothèses simplificatrices adoptées. Le modèle simplifié
illustré à la figure 1.3 est le plus fréquemment employé pour la commande des machines
électriques. Il repose sur des hypothèses généralement valides tant que la fréquence
d’alimentation fs reste inférieure ou égale à la fréquence nominale. Dans cette figure, Im est le
courant magnétisant, Ls et Lr respectivement les inductances cycliques statoriques et rotoriques
et Msr la mutuelle inductance cyclique stator-rotor.
Figure 1.3. Schéma simple équivalent de la machine asynchrone
Ce schéma donne les équations de régime permanent de la machine asynchrone :
(1.5)
(1.6)
(1.7)
Marwa Ben Said-Romdhane 2024/2025 P2/6
Les tensions et les courants sont exprimés avec leurs valeurs efficaces (avec j²=-1). En éliminant
Iμ des deux premières équations puis en multipliant la seconde par g (avec gs=r), nous
obtenons le système :
(1.8)
(1.9)
En écrivant la première équation sous la forme :
(1.10)
et en remarquant que la quantité (LsIs +MsrIr) peut être assimilée au flux statorique ϕs, nous
avons :
(1.11)
Dans la mesure où la relation RsIs<< sϕs est vérifiée nous pouvons écrire :
(1.12)
Cette loi montre que si nous voulons faire diminuer la vitesse de la machine asynchrone en
diminuant la fréquence d’alimentation fs, garder alors une tension constante entraînerait une
augmentation dangereuse du flux. La diminution de la fréquence d’alimentation doit donc
impérativement être accompagnée d’une diminution proportionnelle de la tension Vs. Le
fonctionnement est alors à flux constant.
De même, si nous voulons augmenter la vitesse par le rapport à la vitesse nominale Nn, la tension
Vs ne pouvant dépasser sa valeur nominale Vsn, c’est le flux qui devra diminuer (en 1/s). Le
fonctionnement est alors à tension constante (égale bien sûr à la tension nominale).
Cette relation exprime la loi classique généralement appelée « loi V/f »
Remarque 1 :
La valeur nominale du flux statorique est donnée, en première approximation par V sn . Soit
sn
donc, par exemple pour une machine 400/230V, 50Hz, V sn 230/314=0.73W b .
sn
Remarque 2 :
Cette loi « V/f » connaît principalement deux limitations : La première est qu’elle n’assure un
flux constant qu’en régime permanent, puisqu’elle est issue d’une relation de régime permanent.
La seconde provient de l’hypothèse RsIs<< sϕs, qui fait qu’en général cette loi est limitée à des
fréquences de fonctionnement supérieures à 20Hz.
Marwa Ben Said-Romdhane 2024/2025 P3/6
Remarque 3 :
Des études ont montré que les performances de la loi « V/f » peuvent être améliorées en utilisant
la loi V s s sn ( s k1 r ) R s Lr .
avec k1
R r Ls
1.3- Procédés de réglage de la vitesse d’une MAS
La puissance transmise au rotor d’écrit :
(1.13)
A partir des équations de régime permanant données précédemment, le couple Cm peut être
exprimé en fonction des grandeurs statoriques (Vs ou Is), plus facilement accessibles.
L’expression approchée couramment utilisée en régime permanent est :
(1.14)
avec
Marwa Ben Said-Romdhane 2024/2025 P4/6
Cette expression du couple en régime permanent illustre les différents principes de la variation
de la vitesse d’une machine asynchrone. En effet, à un couple résistant donné, on peut faire
varier le glissement, donc la vitesse, en modifiant l’une ou l’autre des grandeurs suivantes :
- le nombre de paires de pôles, p
- la résistance rotorique Rr
- la tension d’alimentation Vs
- la fréquence d’alimentation f s s (Hz) (ou la pulsation s)
2
La variation de p donne une variation non continue de la vitesse. Il est rarement utilisé
aujourd’hui. Le deuxième procédé est techniquement mauvais puisqu’il donne des
caractéristiques de plus en plus tombantes quand la résistance rotorique augmente, et
économiquement peu rentable à cause des pertes rotoriques qui en découlent. C’est néanmoins
ce principe d’action sur les tensions rotoriques qui sera repris dans le montage cascade
hyposynchrone.
La variation de tension à fréquence tension fixe correspond au montage gradateur.
La variation de la fréquence s’accompagne nécessairement d’une variation de tension pour
N<Nn et de flux pour N>Nn, comme nous l’avons vu avec la loi «V/f ». Ce procédé correspond
aux associations Onduleur de tensions-Machine asynchrone.
Les deux derniers procédés restent les plus utilisés aujourd’hui.
*Dans la mesure où nous avons R r N r s , l’expression du couple s’écrit aussi :
g
(1.15)
En multipliant haut et bas cette expression par s et en rappelant que gs=r, on obtient :
(1.16)
Avec :
(1.17)
Le couple ainsi exprimé montre que :
- si le flux est maintenu constant, nous avons intérêt à choisir cette constante égale au flux
maximal, donc au flux nominal, pour que le couple soit maximal.
- travailler à flux constant, permettra de contrôler le couple avec r.
- une variation du flux sera amplifiée au niveau du couple puisque ce dernier est proportionnel
au carré du flux.
Marwa Ben Said-Romdhane 2024/2025 P5/6
Ces courbes montrent que, pour une charge donnée (donc r donné), le couple ne change pas,
tant que le flux est maintenu contant.
Figure 1.4. Caractéristiques électromécaniques de la machine asynchrone en fonction de la
fréquence d'alimentation
Marwa Ben Said-Romdhane 2024/2025 P6/6