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22 IntG

Le document traite de l'intégration sur des intervalles non bornés et présente la théorie des intégrales généralisées, en définissant la convergence des intégrales et en introduisant des exemples. Il aborde également des propriétés des intégrales dépendant d'un paramètre et des critères de convergence, notamment pour les fonctions positives. Enfin, il souligne des similitudes entre la convergence des séries et celle des intégrales tout en précisant des différences importantes.

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Le document traite de l'intégration sur des intervalles non bornés et présente la théorie des intégrales généralisées, en définissant la convergence des intégrales et en introduisant des exemples. Il aborde également des propriétés des intégrales dépendant d'un paramètre et des critères de convergence, notamment pour les fonctions positives. Enfin, il souligne des similitudes entre la convergence des séries et celle des intégrales tout en précisant des différences importantes.

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Lycée Lakanal, MP Intégration sur un intervalle quelconque

Intégration sur un intervalle quelconque

La théorie de l’intégration, qui trouve ses origines dans le calcul d’aires ou de volumes et a été développée par Newton,
Leibniz et Jean Bernoulli, puis Riemann (à qui l’on doit la première présentation rigoureuse), a été exposée en première année
dans le cadre élémentaire des fonctions réelles ou complexes continues par morceaux sur un segment, puis étendue dans un
chapitre antérieur au cas des fonctions continues par morceaux sur un segment à valeurs dans un espace vectoriel normé
de dimension finie. Il s’avère que cette théorie est insuffisante pour traiter le cas de fonctions continues par morceaux sur
Z +∞ 2
un intervalle non borné ou borné mais non fermé. Comment définir l’intégrale de Gauss e−t dt , l’intégrale de Dirichlet
Z +∞ Z +∞ Z +∞ −∞
sin t
dt ou celles de Fresnel sin(t 2 ) dt et cos(t 2 ) dt ? Pour définir ces intégrales qu’on qualifie d’impropres ou
0 t 0 0
de généralisées, le premier point de Z xvue, le plus ancien et le plus naturel, consiste à étudier, pour une fonctionZf +∞ continue
par morceaux sur R+ , la limite de f (t ) dt quand x tend vers +∞ ; si cette limite existe, on dit que l’intégrale f (t ) dt
Z +∞ 0 0

converge et on note f (t ) dt cette limite. On va partir de cette idée pour aboutir finalement à la notion de fonction
0
intégrable sur un intervalle.
Dans un second temps, on étudiera quelques propriétés des intégrales dépendant d’un paramètre dont l’importance est
considérable en mathématiques comme dans toutes les autres sciences (intégrales eulériennes, transformées de Fourier ou
Laplace, etc.).

I Intégrales généralisées sur un intervalle [a, +∞[


Dans toute cette section, les fonctions sont à valeurs complexes et continues par morceaux sur un intervalle [a, +∞[, avec
a ∈ R.

I.1 Définition de la convergence d’une intégrale


Définition 1 ( Intégrale généralisée, convergente ou non, sur [a, +∞[).Z
x
Soit f : [a, +∞[−→ C une fonction continue par morceaux. L’intégrale f (t ) dt existe pour tout x ∈ [a, +∞[.
Z +∞ Z x a
On dit que l’intégrale f (t ) dt converge si la fonction x 7−→ f (t ) dt admet une limite dans C quand x tend vers
a Z a
+∞
+∞. Cette limite est notée f (t ) dt et appelée l’intégrale généralisée (ou impropre) de f sur [a, +∞[.
a Z +∞
Dans le cas contraire, on dit que l’intégrale f (t ) dt diverge.
a
Déterminer la nature de l’intégrale, c’est étudier si elle converge ou diverge.

Remarques. 1. La lettre t est une variable muette, sansZ existence réelle, et peut être remplacée par toute autre lettre.
Z +∞ +∞
On peut aussi écrire plus simplement f au lieu de f (t ) dt .
a a
Z +∞
2. Au lieu de dire que l’intégrale f (t ) dt converge, il serait plus correct de dire que f a une intégrale convergente sur
a
[a, +∞[ ou encore que f est d’intégrale convergente sur [a, +∞[.

Z +∞ Z +∞
Abus de langage ! Dans la phrase « f diverge »,
f n’existe pas en tant que nombre. Il est par
 a a Z +∞
~
exemple impossible de l’utiliser dans des calculs. On ne peut utiliser le symbole f dans des égalités
a
ou des inégalités qu’après la preuve de la convergence de l’intégrale.

Z x Z x
1 1 1
Exemple 2. La fonction t 7−→ est continue sur [0, +∞[. Pour tout x > 0, dt = Arctanx. Donc dt
1+ t2 0 1 + t 2
0 1 + t2
π π
Z +∞ Z +∞
1 1
tend vers quand x tend vers +∞. Ainsi, l’intégrale 2
dt converge et on pose 2
dt = .
2 0 1+t 0 1+t 2

1/22
Z x Z x
Exemple 3. La fonction t 7−→ sin x est continue sur [0, +∞[. Pour tout x > 0, sin t dt = 1 − cos x. Donc sin t dt n’a
Z +∞ 0 0

pas de limite quand x tend vers +∞. Ainsi, l’intégrale sin t dt diverge.
0

Théorème 4 (Utilisation d’une primitive).


Soit f : [a, +∞[−→ C une fonction continue et F une primitive de f sur [a, +∞[
Alors f est d’intégrale convergente sur [a, +∞[ si et seulement si F a une limite en +∞. Dans ce cas,
Z +∞
f = lim F − F (a),
a +∞

£ ¤+∞
quantité que l’on note lim F − F (a) = F a .
+∞

Z +∞ 5 (Relation de Chasles).
Proposition ZSoit Z c f : [a,
une fonction continue parZ morceaux Z +∞[−→ C, et c ∈ [a, +∞[.
+∞ +∞ +∞
Alors f converge si et seulement si f converge. Dans ce cas, f = f+ f.
a c a a c

Z x Z c Z x Z c Z x
Démonstration. Pour tout x ∈ [c, x[, f = f+ f . Comme f est une constante, f a une limite en +∞ si et seule-
Z x a a c Z +∞ a a Z +∞
ment si f a une limite en +∞, autrement dit, l’intégrale f converge si et seulement si l’intégrale f converge ;
c Z +∞ a Z c Z +∞ c

alors, en faisant tendre x vers +∞, on obtient l’égalité f = f+ f.


a a c

Remarque. Pour une fonction continue par morceaux sur [a, +∞[, la convergence de l’intégrale apparaît comme une
notion locale « en +∞ ». On dira que l’intégrale converge/diverge en +∞.

Proposition Z6 (Intégrale reste d’uneZintégrale convergente).


+∞ +∞
Si l’intégrale f converge, alorsf tend vers 0 quand x tend vers +∞.
a x Z +∞
Si de plus f est continue, alors la fonction x 7−→ f est de classe C 1 sur [a, +∞[, de dérivée − f .
x

Z +∞ Z +∞ Z x
Démonstration. Il suffit d’écrire, pour x ∈ [a, +∞[, f = f− f.
x a a

Théorème 7 (Fonctions de référence).


Z +∞ Z +∞
1
1. Soit λ > 0. L’intégrale e−λx dx converge et e−λx dx = .
0 0 λ
Z +∞
1
2. Soit α ∈ R. L’intégrale dx converge si et seulement si α > 1.
1 xα

Démonstration. Toutes les fonctions en jeu dans la proposition sont continues.


¸x
1 − e−λx
Z x · Z x
1 1
Pour tout x > 0, e−λt dt = − e−λt = ; donc e−λt dt tend vers quand x tend vers +∞. Donc l’intégrale
Z +∞ 0 Z +∞ λ 0 λ 0 λ
1
e−λx dx converge et e−λx dx = .
0 0 λ
¶ si α = 1,

Z x
1  ln x µ
Pour tout x > 1, dt = 1 1
α −1 sinon.
1 t
1 − α x α−1

Z x
1
Donc α
dt a une limite finie quand x tend vers +∞ si et seulement si α > 1.
1 t Z +∞
1
Autrement dit, l’intégrale dx converge si et seulement si α > 1.
1 xα

À Zce stade, on peut noter de grandes similitudes entre la convergence d’une série et celle d’une intégrale, la fonction
x
x 7−→ f jouant le rôle de la suite des sommes partielles d’une série. Il y a néanmoins une différence importante.
a

 Comportement asymptotique en +∞ Contrairement à ce que pourraient laisser penser les exemples ~


précédents, une fonction d’intégrale convergente sur [a, +∞[ ne tend pas forcément vers 0 en +∞, elle
peut même ne pas être bornée au voisinage de +∞. Voir l’exemple suivant 8.

2/22
Exemple 8. Soit la fonction f définie sur R+ comme suit :
pour tout n ∈ N, f est nulle sur [n, n + 12 − 2−(n+1) ] et sur [n + 1
2 + 2−(n+1) , n + 1], et affine sur [n + 1
2 − 2−(n+1) , n + 12 ] et sur
[n + 12 , n + 12 + 2−(n+1) ]. On note M n = f n + 12 .
¡ ¢

On va expliquer comment choisir la suite (M n ).


n+1 Z
Mn
def
Ainsi construite, f est continue et positive. Pour tout n ∈ N, τn = f est l’aire d’un triangle, donc τn = n+1 . Pour
2
Z n Z x n Z n+1 n−1 Z x n
τk 6 τk . Par positivité
X X
x ∈ [0, +∞[, soit n sa partie entière ; comme f est positive, f 6 f 6 f , donc f 6
0 0 0 k=0 0 k=0 X
de f et de la suite (τn ), on en déduit que f a une intégrale convergente sur [0, +∞[ si et seulement si la série τn converge.
On choisit, pour tout n ∈ N, M n = n. Comme la suite (M n ) n’est pas bornée, la fonction f n’est Z +∞ pas bornée. En revanche,
2
comme n τn −−−−−−→ 0, d’après la règle de Riemann, la série τn converge, donc l’intégrale
X
f (t ) dt converge.
n−→+∞ 0

I.2 Intégrales généralisées de fonctions positives


Pour étudier la nature d’une intégrale, on aimerait disposer de résultats permettant d’éviter le calcul de primitives.
Comme pour les séries, de tels énoncés existent, en particulier pour les fonctions positives. Z
x
Soit une fonction f : [a, +∞[−→ R, continue par morceaux, positive. La fonction F : x 7−→ f est croissante sur [a, +∞[.
a
On en déduit le théorème élémentaire 9.
Z +∞
Théorème 9. Soit une fonction f : [a, +∞[−→ R, continue par morceaux, positive. L’intégrale f converge si et
Z x a

seulement si la fonction F : x 7−→ f est majorée. Dans ce cas,


a
Z +∞ Z x Z x
f = lim f = sup f.
a x−→+∞ a x∈[a,+∞[ a
Z x Z +∞
Dans le cas contraire, f −−−−−−→ +∞. . . et on convient de noter f = +∞.
a x−→+∞ a

On en déduit le critère de convergence par majoration suivant.


Z +∞
Théorème 10. Soit f , g : [a, +∞[−→ R, continues par morceaux, telles que 0 6 f 6 g . Si l’intégrale g converge,
a
Z +∞
alors l’intégrale f converge.
a Z +∞ Z +∞
Par contraposition, si l’intégrale f diverge, alors l’intégrale g diverge.
a a

Z x Z x Z +∞ Z x Z +∞
Démonstration. Pour tout x ∈ [a, +∞[, f (t ) d t 6 g (t ) d t . Si l’intégrale g converge, g 6 g , donc
Z x Z +∞ a Z +∞ a a a a

f 6 g . D’après le théorème 10, l’intégrale f converge.


a a a

Remarque. Z 0 6 f (t ) 6 g (t ) soient réalisées


Comme la notion d’intégrale convergente est locale, il suffit que les inégalités
+∞
au voisinage de +∞ pour obtenir les conclusions du théorème précédent : si l’intégrale g converge, alors l’intégrale
Z +∞ a

f converge.
a

2 2
Exemple 11. La fonction de Gauss x 7−→ e−x est continue
Z +∞ sur [0, +∞[. Pour tout x > 1, 0 6 e−x 6 e−x et la fonction
2
x 7−→ e−x est d’intégrale convergente sur [0, +∞[. Donc e−t dt converge.
0

3/22
Les relations de comparaison locale – domination, négligeabilité, équivalence – permettent d’obtenir des inégalités lo-
cales et des conclusions semblables. Comme la multiplication par −1 ne change pas la nature de l’intégrale, on obtient les
énoncés suivants.

Corollaire 12. Soit deux fonctions f , g : [a, +∞[−→ R deux fonctions continues par morceaux, de signe constant au
voisinage
Z +∞
de +∞, telles Z f = O +∞ (g ) ou f = o +∞ (g ).
que
+∞
Si g converge, alors f converge.
a Z +∞a Z +∞
Par contraposition, si f diverge, alors g diverge.
a a

Corollaire 13. Soit deux fonctions f , g : [a, +∞[−→ R deux fonctions continues par morceaux, l’une des deux étant de
signe constant au voisinage de +∞ (donc l’autre aussi).
Z +∞ Z +∞
Si f ∼ g , alors g converge si et seulement si f converge : les deux intégrales sont de même nature.
+∞ a a

Démonstration. Si f = O +∞ (g ), alors il existe c ∈ [a, +∞[ et M > 0 tels que 0 6 f 6 M g sur [c, +∞[ ; si f = o +∞ (g ), alors
f = O +∞ (g ). La preuve de la première propriété découle donc de la remarque qui suit le corollaire 10. Enfin, si f ∼ g , alors
+∞
f = O +∞ (g ) et g = O +∞ ( f ). La seconde propriété découle donc de la première.

Hypothèse de signe indispensable dans le corollaire 13


Les résultats énoncés dans le corollaire 13 sont en défaut si les fonctions ne sont pas de signe constant au
 |sin x| sin x ~
voisinage de +∞. Par exemple, soit f : x 7−→ et g : x 7−→ p ; alors f et g sont continues sur [π, +∞[
x x
et f = o +∞ (g ) ; pourtant, f a une intégrale divergente sur [π, +∞[ alors que g a une intégrale convergente
sur cet intervalle. Voir l’exemple 19 pour une justification de ces affirmations.

Exemple 14 (Intégrales de Bertrand sur [2, +∞[).


1
Soit α, β ∈ R et f α,β : x 7−→ . La fonction f α,β est positive et continue sur [2, +∞[.
x lnβ x
α
f α,β (x) f α,β (x)
µ ¶
1 1
Soit γ ∈ R. Pour tout x > 2, 1
= β
. Si α > γ, alors 1
−−−−−−→ 0, donc f α,β (x) = o +∞ γ ; si α < γ, alors
x α−γ ln x x−→+∞ x
xγ xγ
f α,β (x) 1 ¡ ¢
1
−−−−−−→ +∞, donc γ = o +∞ f α,β (x) .

x−→+∞ x
µ ¶
1 1
On suppose d’abord α > 1. Soit γ ∈]1, α[. Alors f α,β (x) = o +∞ γ et x 7−→ γ a une intégrale convergente sur [2, +∞[ ;
x x
donc f α,β a une intégrale convergente sur [2, +∞[.
1 1
On suppose maintenant α < 1. Alors = o +∞ f α,β (x) et x 7−→ a une intégrale divergente sur [2, +∞[ ; donc f α,β a une
¡ ¢
x x
intégrale divergente sur [2, +∞[.
Z x Z ln x Z x
1 1 1
Reste le cas α = 1. Pour x > 2, β
dt = β
du. D’après la proposition 7 (troisième cas), dt a une
2 t ln t ln 2 u 2 t lnβ t
limite finie quand x tend vers +∞ si et seulement si β > 1, donc f 1,β a une intégrale convergente sur [2, +∞[ si et seulement
si β > 1.
On en déduit que f α,β a une intégrale convergente sur [2, +∞[ si et seulement si α > 1 ou si (α = 1 et β > 1).

On peut formaliser la méthode employée dans l’exemple précédent sous la forme suivante.

Propriété 15 (Règle de Riemann en +∞).


Soit f : [a, +∞[−→ R, continue par morceaux, de signe constant au voisinage de +∞.
Z +∞
α
1. S’il existe α > 1 tel que x f (x) −−−−−−→ 0, alors f converge.
x−→+∞ a
Z +∞
2. S’il existe α 6 1 tel que x α f (x) −−−−−−→ +∞, alors f diverge.
x−→+∞ a

`
Démonstration. Si ` > 0, x α f (x) −−−−−−→ ` signifie f (x) ∼ ; si, de plus, α > 1, alors f a une intégrale convergente sur
x−→+∞ µ ¶x−→+∞ xα
1
[a, +∞[. Si ` = 0, x α f (x) −−−−−−→ ` signifie f (x) = o +∞ α ; si, de plus, α > 1, alors f a une intégrale convergente sur [a, +∞[.
x−→+∞ x
1 `
Enfin, x α f (x) −−−−−−→ ` ∈ R, avec ` 6= 0 signifie α = o +∞ f (x) si ` = +∞, f (x) ∼
¡ ¢
sinon ; dans les deux cas, f a une
x−→+∞ x x−→+∞ xα
intégrale divergente sur [a, +∞[.

4/22
p p p
Exemple 16. La fonction x 7−→ e− x est positive, continue sur [0, +∞[.
p Pour α ∈ R et x > 0, x α e− x = e− x+α ln x . Or,
p p p α − x
− x + α ln x ∼ − x, donc − x + α ln x tend vers −∞ et donc x e tend vers 0. On choisit α > 1, par exemple α = 2.
x−→+∞ p
x
D’après la règle de Riemann, la fonction x −→ e− a une intégrale convergente sur [0, +∞[.
p
Exercice 1. Étudier la convergence de l’intégrale de la fonction x 7−→ x 2 + 6x + 10 − x − 3 sur [0, +∞[.
p
ln x
Exercice 2. Étudier la convergence de l’intégrale de la fonction x 7−→ e− sur [1, +∞[.

I.3 Intégrabilité sur [a, +∞[


Définition
Z +∞ 17. Une fonction f : [a, +∞[−→ C est dite intégrable
Z +∞ sur [a, +∞[ si f est continue par morceaux et l’inté-
¯ ¯
grale ¯ f est convergente. On dit aussi que l’intégrale
¯ f est absolument convergente.
a a

Remarque. Pour une fonction positive f : [a, +∞[−→ R, l’intégrabilité de la fonction, la convergence et la convergence
¯ ¯
absolue de l’intégrale sur [a, +∞[ sont trois appellations différentes d’une même notion. Pour une fonction quelconque, ¯ f ¯
est intégrable si et seulement si f est intégrable.

Théorème 18 (Convergence de l’intégrale d’une fonction intégrable). Z +∞


Soit une fonction f : [a, +∞[−→ C intégrable sur [a, +∞[. Alors l’intégrale f est convergente.
a

Démonstration. ¯ ¯ ¯ ¯ ¯ ¯
Cas d’une fonction réelle
¯ ¯ f . La fonction f − f est continue par morceaux ; elle¯ vérifie
¯ ¯
¯ les inégalités 0 6 ¯ f ¯ − f 6 2 ¯ f ¯.
Comme f est ¯ intégrable,
¯ ¯ ¯
¯ f ¯ est d’intégrale convergente. D’après le théorème 10, ¯ f ¯ − f est aussi d’intégrale convergente.
Comme f = f − ( f − f ), f est aussi d’intégrale
¯ ¯ ¯ ¯
¯ convergente.
¯ ¯ ¯ ¯ ¯ ¯ ¯ ¯ ¯
¯ Cas d’une
¯ ¯ fonction
¯ complexe f . Comme 0 6 ¯Re f ¯ 6 ¯ f ¯ et 0 6 ¯Im f ¯ 6 ¯ f ¯, et que ¯ f ¯ a une intégrale convergente sur I ,
¯Re f ¯ et ¯Im f ¯ ont une intégrale convergente sur [a, +∞[ ; autrement dit, Re f et Im f sont intégrables. Comme Re f et
Im f sont des fonctions réelles, d’après le premier cas, elles ont une intégrale convergente sur I , donc aussi leur combinaison
linéaire f = Re f + i Im f .

 Fonctions non intégrables mais d’intégrale convergente Il existe des fonctions continues par morceaux ~
dont l’intégrale converge mais qui ne sont pas intégrables, c’est-à-dire des fonctions d’intégrale conver-
gente sans être absolument convergente.

sin x
Exemple 19. Soit α ∈]0, 1]. La fonction f : x 7−→
, représentée ci-dessous dans le cas α = 1, est continue sur ]0, +∞[.

On va montrer Zque f a une intégrale convergente sur [π, +∞[, mais que f n’est pas intégrable sur cet intervalle, c’est-à-dire
+∞
que l’intégrale f n’est pas absolument convergente.
π

1. Convergence de l’intégrale de f , première méthode. Soit x > π. Une intégration par parties donne
x 1 − cos t x
Z x
sin t 1 − cos t
Z · ¸
dt = + α dt .
π tα tα π π t α+1

5/22
1 − cos t
L’intégration par parties a permis d’augmenter l’exposant au dénominateur ; la fonction g : t 7−→ obtenue a
t α+1
2 1
une intégrale convergente sur [π, +∞[ ; en effet, sur [π, +∞[, 0 6 g (t ) 6 α+1 et, comme α + 1 > 1, t 7−→ α+1 a une
Z x t t
1 − cos t
intégrale convergente sur [π, +∞[. On en déduit que dt a une limite finie quand x tend vers +∞.
Z x π t α+1
1 − cos x sin t
De plus, α
−−−−−−→ 0 ; donc dt a une limite finie quand x tend vers +∞. Autrement dit, f a une intégrale
x x−→+∞ π tα
convergente sur [π, +∞[.
µZ nπ ¶
¯ ¯
2. Non-convergence absolue de l’intégrale de f . On va montrer que la suite ¯ f (t )¯ dt tend vers +∞. Comme, pour
π n >1
Z nπ ¯ ¯ n−1
X Z (k+1)π ¯ ¯ X
n > 1, ¯ f (t )¯ dt = I k , où I k = ¯ f (t )¯ dt , il s’agit de montrer que la série à termes positifs I n diverge.
π k=1 kπ
|sin t | ¯ |sin t |
Pour tout n ∈ N , sur le segment [nπ, (n + 1)π],

¯
α α
6 ¯ f (t )¯ 6 α α ; par croissance de l’intégrale et en remar-
Z (n+1)π Z π (n + 1) π n π Z (n+1)π
2 ¯ f (t )¯ d t 6 2 .
¯ ¯
quant que |sin t | dt = sin t dt = 2, on obtient l’encadrement 0 < α α
6
nπ 0 (n + 1) π nπ n α πα
1 X Z (n+1)π ¯
Comme α 6 1, la série
X ¯ ¯ ¯
diverge, donc la série ¯ f (t )¯ dt diverge. Donc ¯ f ¯ a une intégrale diver-
(n + 1)α nπ
gente sur [0, +∞[.
3. Convergence de l’intégrale de f , seconde méthode. On reprend l’idée du découpage utilisé pour montrer la divergence
de l’intégrale de ¯ f ¯ sur [π, +∞[. Soit x > π. On note n l’unique entier tel que nπ 6 x < (n + 1)π, c’est-à-dire n = bx/πc.
¯ ¯

L’entier n est une fonction de x tendant vers +∞ quand x tend vers +∞.
Z x n−1
X Z (k+1)π sin t Z x
sin t
On peut écrire f (t ) dt = α
dt + α
dt et on étudie séparément les comportements des deux
π k=1 kπ t nπ t
termes.
D’abord la série : pour tout k ∈ N, par changement de variable affine t = u + kπ, on obtient
Z (k+1)π Z π Z π
sin t sin(u + kπ) k sin u
α
dt = α
d u = (−1) α
du.
kπ t 0 (u + kπ) 0 (u + kπ)
Z π
sin u
Or, la suite de terme général a k = α
du est décroissante et de limite nulle. En effet, d’une part, pour tout
0 (u + kπ)
k ∈ N, Z π µ ¶
1 1
a k+1 − a k = sin u − du 6 0 ;
0 (u + (k + 1)π)α (u + kπ)α
Z π
1 1
d’autre part, pour tout k ∈ N∗ , 0 6 a k 6 α α
du = α α−1 . D’après le critère spécial des séries alternées, la série
0 k π k π
n−1
X Z (k+1)π sin t
k
X
(−1) a k converge, donc dt a une limite finie quand x tend vers +∞.
k=1 kπ tα
Z x
sin t
Ensuite, le terme correctif α
dt :
nπ t
¯Z x ¯ Z x Z x
¯ sin t ¯¯ |sin t | 1 x − nπ 1
¯
α
dt 6 α
dt 6 α α
dt 6 α α 6 α α−1 .
nπ t nπ t nπ n π n π n π
¯ ¯
Z x
sin t
Comme n tend vers +∞ quand x tend vers +∞ et que α > 0, le terme correctif α
dt tend vers 0 quand x tend
nπ t
vers +∞. Z x
sin t
Finalement, dt a une limite finie quand x tend vers +∞ ; on retrouve la convergence de l’intégrale de f sur
π tα
[π, +∞[.

Remarque. Ce qui suit n’est pas clairement au programme mais formalise ce qu’on vient de voir sur un exemple et doit
être compris. Soit une fonction continue par morceaux sur [a, +∞[ et (a n )n∈N une suite strictement croissante, de premier
Z an n−1
X Z ak+1
terme a 0 = a, tendant vers +∞. Pour tout n ∈ N, f (t ) dt = f (t ) dt
a k=0 a k
Z +∞ XZ a k+1
1. Si f (t ) dt converge, alors la série f (t ) dt converge et
a ak
Z +∞ +∞
X Z ak+1
f (t ) dt = f (t ) dt .
a k=0 a k

2. La réciproque est fausse. Par exemple, la fonction sinus a une intégrale divergente sur [0, +∞[ bien que la série de terme
Z 2(n+1)π
général sin t dt converge (série nulle).
2nπ

6/22
XZ a k+1 Z x
3. Si f est positive, la réciproque est vraie. En effet, si la série f (t ) dt converge, alors, en notant F : x 7−→ f (t ) dt ,
ak a
la suite Z(F (a n ))n∈N converge, donc la fonction F ne peut pas tendre vers +∞ ; comme elle est croissante, F a une limite
+∞
finie et f (t ) dt converge.
a
4. Avec une fonction f de signe quelconque, dans l’exemple 19, on a pu améliorer l’idée évoquée ici pour montrer la
convergence de l’intégrale.

À travers la convergence absolue, on ramène l’étude de la nature d’une intégrale à celle d’une fonction positive ; on peut
alors utiliser les critères rencontrés dans la section I.2.

Théorème 20 (Intégrabilité par domination par une fonction intégrable).


Soit une fonction f : [a, +∞[−→ C et g : [a, +∞[−→ R, continues par morceaux. Si ¯ f ¯ 6 g et si g est intégrable, alors f est
¯ ¯

aussi intégrable.

¯ ¯
Z +∞ Z +∞
Autrement dit, si ¯ f ¯ 6 g et que g (t ) dt converge, alors l’intégrale f (t ) dt converge absolument (donc converge).
a a

¯ ¯
Remarque. Bien sûr, si l’inégalité ¯ f (t )¯ 6 g (t ) n’est vérifiée qu’au voisinage de +∞, la conclusion reste valable.

sin x 1
Soit α > 1 et f : x 7−→ . Alors f est continue sur [π, +∞[. De plus, ¯ f (x)¯ 6 α sur [π, +∞[. Comme α > 1,
¯ ¯
Exemple 21.
xα x
1
x 7−→ a une intégrale convergente sur [π, +∞[, donc f a une intégrale absolument convergente sur [π, +∞[.

Propriété 22 (Comparaison en module à des fonctions positives).


Soit deux fonctions continues par morceaux f : [a, +∞[−→ C et g : [a, +∞[−→ C.
1. Si f ∼ g , alors g est intégrable sur [a, +∞[ si et seulement si f est intégrable sur [a, +∞[.
+∞
2. Si f = o +∞ (g ) ou si f = O +∞ (g ), et si g est intégrable sur [a, +∞[, alors f est intégrable sur [a, +∞[.

Exercice 3. Montrer qu’une fonction f : [a, +∞[−→ C ayant une limite non nulle en +∞ n’est pas intégrable sur [a, +∞[.

II Intégrales généralisées sur un autre type d’intervalle


On a étudié la notion d’intégrale convergente sur un intervalle [a, +∞[. On va maintenant étendre l’étude aux intervalles
semi-ouverts [a, b[, ] − ∞, b] et ]a, b], avec a, b ∈ R et a < b, et aux intervalles ouverts ]a, b[, avec a, b ∈ R et a < b.

II.1 Définition d’une intégrale convergente


II.1.1 Cas d’une fonction continue par morceaux sur [a, b[

Soit une fonction continue par morceaux f : [a, b[−→ C, avec −∞ < a < b < +∞.

Définition 23 (Intégrale impropre, convergente ou non, sur [a, b[).


Z b Z x
On dit que l’intégrale f (t ) dt converge si x 7−→ f (t ) dt admet une limite dans C quand x tend vers b − . Cette limite
Z b a a

est notée f (t ) dt et appelée l’intégrale impropre de f sur [a, b[.


a Z b
Dans le cas contraire, on dit que l’intégrale f (t ) dt diverge.
a

Proposition 24 (Fonctions usuelles).


Z b 1
Soit a, b, α ∈ R, avec a < b. L’intégrale dx converge si et seulement si α < 1.
a (b − x)α

Remarque. Si f est la restriction à l’intervalle [a, b[ d’une fonction fe continue par morceaux sur le segment [a, b], autre-
Z b Z b Z b
ment dit, si f admet un prolongement continu par morceaux sur [a, b], alors f (t ) dt converge et f (t ) dt = fe(t ) dt .
a Z b a a

On note en général de la même façon la fonction f et son prolongement fe et alors f (t ) dt représente la valeur commune
a
de l’intégrale de f considérée comme une fonction continue par morceaux sur le segment [a, b] et l’intégrale impropre de f
considérée comme une fonction continue par morceaux sur [a, b[. On parle d’intégrale faussement impropre en b.

7/22
On est dans cette situation si f est continue sur [a, b[ et admet en b − une limite finie : f admet un prolongement continu
Z b
sur le segment [a, b] et donc f (t ) dt converge.
a Z b

Si f est seulement continue par morceaux sur [a, b[ et admet en b une limite finie, f (t ) dt converge encore (au
a
voisinage de b, f = O(1) et le critère de domination s’applique. Voir la propriété 49), même si dans ce cas le prolongement
naturel en b n’est pas forcément continu par morceaux sur le segment [a, b]. Voir par exemple la fonction x 7−→ x x1 qui est
¥ ¦

continue par morceaux sur ]0, 1], admet une limite finie en 0+ , mais aussi une infinité de discontinuités sur ]0, 1], et donc
dont le prolongement naturel sur [0, 1] n’est pas continu par morceaux sur [0, 1]. Cette situation – rare – peut être oubliée
pour la pratique.

ln t
Z 1 ln t
Exemple 25. La fonction t 7−→ est continue sur [ 12 , 1[ et admet une limite finie en 1− , donc dt converge.
1−t 1
2
1−t

Z b
Proposition 26 (Relation de Chasles). Soit c ∈ [a, b[. Alors l’intégrale f (t ) dt converge si et seulement si l’intégrale
Z b Z b Z c Z b a

f (t ) dt converge. Dans ce cas, f (t ) dt = f (t ) dt + f (t ) dt .


c a a c

Remarque. Pour une fonction continue par morceaux sur [a, b[, la convergence de l’intégrale apparaît comme une notion
locale « en b − ».

Proposition 27 (Intégrale reste d’une intégrale convergente).


Z b Z b
Si l’intégrale f converge, alors f tend vers 0 quand x tend vers b − .
a x Z b
Si de plus f est continue, alors la fonction x 7−→ f est de classe C 1 sur [a, b[, de dérivée − f .
x

II.1.2 Cas d’une fonction continue par morceaux sur ]a, b]

On peut réaliser une étude analogue pour les fonctions continues par morceaux sur ]a, b]. Soit f :]a, b] −→ C, continue
par morceaux, avec −∞ 6 a < b < +∞, .
Z b Z b
Définition 28. On dit que l’intégrale f (t ) dt converge si x 7−→ f (t ) dt admet une limite dans C quand x tend
Z b a x

vers a + . Cette limite est notée f (t ) dt et appelée l’intégrale impropre de f sur ]a, b]. Dans le cas contraire, on dit que
Z b a

l’intégrale f (t ) dt diverge.
a

Z b
Remarque. Si a est un nombre réel et si f admet un prolongement continu par morceaux sur [a, b], alors f (t ) dt
Z b a

converge et alors f (t ) dt représente la valeur commune de l’intégrale de f considérée comme une fonction continue par
a
morceaux sur le segment [a, b] et l’intégrale impropre de f considérée comme une fonction continue par morceaux sur ]a, b[.
On parle d’intégrale faussement impropre en b.
On est dans cette situation si f est continue sur [a, b[ et admet en b − une limite finie : f admet un prolongement continu
Z b
sur le segment [a, b] et donc f (t ) dt converge.
a Z b
Si f est seulement continue par morceaux sur [a, b[ et admet en b − une limite finie, f (t ) dt converge encore, même si
a
dans ce cas le prolongement naturel en b n’est pas forcément continu par morceaux sur le segment [a, b].

Proposition 29 (Fonctions usuelles).


Z b 1
Soit a, b, α ∈ R, avec a < b. L’intégrale dx converge si et seulement si α < 1.
a (x − a)α

Démonstration. Les fonctions puissances  sont continues.


 ln(b −µa) − ln(x − a) ¶ si α = 1,
Z b
1
Pour tout x ∈]a, b], dt = 1 1 1
α − sinon.
x (t − a)
1 − α (b − a)α−1 (x − a)α−1

Z b
1
Donc α
dt a une limite finie quand x tend vers a si et seulement si α < 1.
x (t − a)

8/22
Z b 1
Autrement dit, l’intégrale dx converge si et seulement si α < 1.
a (x − a)α
Z 1
Exercice 4. Montrer que l’intégrale ln x dx converge.
0

Z b
Proposition 30 (Relation de Chasles). Soit c ∈]a, b]. Alors l’intégrale f (t ) dt converge si et seulement si l’intégrale
Z c Z b Z c Z b a

f (t ) dt converge. Dans ce cas, f (t ) dt = f (t ) dt + f (t ) dt .


a a a c

Remarque. Pour une fonction continue par morceaux sur ]a, b], la convergence de l’intégrale apparaît comme une notion
locale « en a + ».

Proposition 31 (Intégrale reste d’une intégrale convergente).


Z b Z x
Si l’intégrale f converge, alors f tend vers 0 quand x tend vers a.
a a Z x
Si de plus f est continue, alors la fonction x 7−→ f est de classe C 1 sur ]a, b], de dérivée f .
a

Remarque. On peut toujours ramener les problèmes de convergence d’intégrale en une borne finie à des problèmes de
convergence en 0+ . En effet, avec a, b réels vérifiant a < b,
Z b Z b−a
• pour f : [a, b[−→ C, f (t ) dt converge si et seulement si f (b − t ) dt converge ;
Zab Z0b−a
• pour f :]a, b] −→ C, f (t ) dt converge si et seulement si f (t − a) dt converge.
a 0
Ces cas particuliers du théorème de changement de variable (théorème 59) peuvent être démontrés élémentairement dès
maintenant.

II.1.3 Cas d’une fonction continue par morceaux sur ]a, b[

Comment étendre la notion précédente pour une fonction continue par morceaux sur un intervalle ouvert ?

Exemple 32. On étudie l’exemple de la fonction Zsinus sur R.


x Z x
On remarque tout d’abord que, pour tout x ∈ R, sin t dt = 0, donc sin t dt −−−−−−→ 0.
−x −x x−→+∞
Z x+π Z x+π
En revanche, pour tout x ∈ R, sin t dt = 2 cos x, donc sin t dt n’a pas de limite quand x tend vers +∞.
−x −x

Z +∞
Pour décider si f (t ) dt converge. . . et obtenir une notion « solide », on ne peut donc pas se contenter d’étudier l’exis-
Z x−∞ Z y
tence d’une limite pour f (t ) dt quand x tend vers +∞. On doit étudier le comportement de f (t ) dt quand x tend vers
−x x
−∞ et y vers +∞ de manière indépendante. Cela revient à séparer l’étude en deux parties indépendantes.

Soit une fonction continue par morceaux f :]a, b[−→ C, avec −∞ 6 a < b 6 +∞.

Z c Z b
Théorème et définition 33. Soit c ∈]a, b[. Alors la proposition « les intégrales f (t ) dt et f (t ) dt convergent » est
Z c a Z b c

indépendante de c. De plus, si ces deux intégrales convergent, le nombre f (t ) dt + f (t ) dt est indépendant de c.


Z b Z c Z b a c

On dit que l’intégrale f (t ) dt converge si les intégrales f (t ) dt et f (t ) dt convergent.


aZ a c
c Z b
Dans ce cas, le nombre f (t ) dt + f (t ) dt , indépendant de c, est appelé intégrale impropre de f sur ]a, b[ et noté
Z b a c

f (t ) dt :
a Z b Z c Z b
f (t ) dt = f (t ) dt + f (t ) dt .
a a c

Démonstration. Soit c, c 0 ∈]a, b[.

9/22
Z b Z b
D’après la proposition 26, l’intégrale f (t ) dt converge si et seulement si l’intégrale f (t ) dt converge ; de même,
c c0
Z c Z c0 Z c Z b
l’intégrale f (t ) dt converge si et seulement si l’intégrale f (t ) dt converge. Donc les intégrales f (t ) dt et f (t ) dt
a
Z c0 Z b a a c

convergent si et seulement si les intégrales f (t ) dt et f (t ) dt convergent. De plus, dans ce cas,


a c0
Z c Z b Z c0 Z c Z c0 Z b
f (t ) dt + f (t ) dt = f (t ) dt + f (t ) dt + f (t ) dt + f (t ) dt
a c a c0 c c0
Z c0 Z b
= f (t ) dt + f (t ) dt .
a c0

Divergence de l’intégrale des fonctions puissances


 Z +∞
1
Z +∞
1
Z 1
1
~
Pour tout α ∈ R, l’intégrale dt diverge. En effet, si α 6 1, dt diverge ; si α > 1, dt
0 tα 1 tα 0 t
α
diverge.

Z +∞ Z +∞
Exemples 34. 1. L’intégrale sin t dt diverge. En effet, sin t dt diverge. Voir exemple 3.
−∞
Z +∞0
π
Z +∞ Z +∞
1 1 1
2. L’intégrale 2
dt converge. En effet, l’intégrale 2
dt converge et 2
d t = (voir exemple 2).
Z−∞ 1 + t Z0 0 1 + t Z0 0 1 + t 2
0 1 π 1 1 π
De même, 2
dt = −Arctanx −−−−−−→ ; donc 2
dt converge et 2
dt = . Ainsi, l’intégrale
Z +∞ x 1+t x−→−∞ 2 −∞ 1 + t −∞ 1 + t 2
1
2
dt converge. De plus,
−∞ 1 + t
Z +∞ Z 0 Z +∞
1 1 1
2
dt = 2
dt + dt = π.
−∞ 1 + t −∞ 1 + t 0 1+ t2
Z c Z b Z b
Remarques. 1. Si l’une au moins des intégrales f (t ) dt et f (t ) dt diverge, alors f (t ) dt diverge.
a c a
Z x Z b
2. On note F : x 7−→ f (t ) dt ; F est définie sur ]a, b[. Par définition, l’intégrale f (t ) dt converge si et seulement
c Z c a Z b
si la fonction F admet une limite finie en a + et en b − ; dans ce cas, f (t ) dt = − lim F et f (t ) dt = lim F , donc
a− b+
Z b h ib Z b a h ib
c

f (t ) dt = lim F − lim −
F , quantité que l’on va noter F . Ainsi, f (t ) dt = F .
a b+ a a a a
Si f est continue sur ]a, b[, F est la primitive de f s’annulant en c. Comme les primitives de f sur ]a, b[ diffèrent d’une
constante, on peut remplacer F par toute autre primitive de f .
Ces résultats restent valables si f est continue par morceaux sur [a, b[ ou ]a, b].
Z ont une intégrale convergente sur un intervalle borné uniquement. En effet, si γ
3. Les fonctions constantes non nulles
y
est un nombre complexe non nul, γ dt = γ(y − x), donc a une limite finie quand x tend vers a et y tend vers b si et
x
seulement si a et b sont dans R.
4. Si f a une intégrale convergente sur ]a, b[, alors
Z x Z b Z b
f (t ) d t −−−−−→

f (t ) d t et f (t ) d t −−−−−→

0,
a x−→b a x x−→b
Z b Z b Z x
f (t ) d t −−−−−→ f (t ) d t et f (t ) d t −−−−−→ 0.
x x−→a + a a x−→a +

5. Si ]a, b[ est borné et que f :]a, b[−→ C admet un prolongement continu par morceaux (encore noté f ) sur un intervalle
contenant ]a, b[ et de mêmes bornes que ]a, b[ (soit [a, b], [a, b[ ou ]a, b]), alors f a une intégrale convergente simul-
Z b
tanément sur les deux intervalles et ces intégrales ont la même valeur ; f (t ) d t représente alors simultanément ces
a
intégrales.
Z 1 dt
Z 1 t
Exercice 5. Montrer la convergence et calculer la valeur de p et de p dt.
−1 1 − t 2 −1 1 − t 2

Z x
Exercice 6. On suppose que f : R −→ C a une intégrale convergente sur R. Que dire de f (t ) d t quand x tend vers +∞ ?
−x

10/22
II.2 Intégrales impropres des fonctions positives
On étend sans démonstration aux fonctions positives sur un intervalle [a, b[ ou ]a, b] des résultats rencontrés pour les
fonctions positives sur un intervalle du type [a, +∞[.

Z b
Théorème 35. Soit f : [a, b[−→ R, continue par morceaux, positive. L’intégrale f (t ) dt converge si et seulement si
Z x a

la fonction F : x 7−→ f (t ) dt est majorée. Dans ce cas,


a
Z b Z x
f (t ) dt = sup f (t ) dt .
a x∈[a,b[ a
Z x
Dans le cas contraire, f (t ) dt −−−−→ +∞.
a x−→b

Théorème 36 (Convergence par comparaison de fonctions positives).


Soit f , g : [a, b[−→ R deux fonctions continues par morceaux telles que 0 6 f 6 g .
Z b Z b
Si l’intégrale g (t ) dt converge, alors l’intégrale f (t ) dt converge.
a Z b a Z b
Par contraposition, si l’intégrale f (t ) dt diverge, alors l’intégrale g (t ) dt diverge.
a a

Remarque. Comme la notion d’intégrale convergente est locale, il suffit que les inégalités 0 6 f (t ) 6 g (t ) soient réalisées
Z b Z b
au voisinage de b pour obtenir les conclusions du théorème précédent : si l’intégrale g converge, alors l’intégrale f
Z b Z b a a

converge ; si l’intégrale f diverge, alors l’intégrale g diverge.


a a

Les relations de comparaison locale – domination, négligeabilité, équivalence – permettent d’obtenir des inégalités lo-
cales et des conclusions semblables. Comme la multiplication par −1 ne change pas la nature de l’intégrale, on obtient les
énoncés suivants.

Corollaire 37. Soit f , g : [a, b[−→ R deux fonctions continues par morceaux, de signe constant au voisinage de b, telles
que f = O b (g ) ou f = o b − (g ).
Z b Z b
Si g (t ) dt converge, alors f (t ) dt converge.
a Z b a Z b
Par contraposition, si f (t ) dt diverge, alors f (t ) dt diverge.
a a

Corollaire 38.
Soit f , g : [a, b[−→ R deux fonctions continues par morceaux, l’une des deux étant de signe constant au voisinage de b
Z b Z b
Si f ∼ g , alors g (t ) dt converge si et seulement si f (t ) dt converge : les deux intégrales sont de même nature.
b a a

On verra plus loin comment la notion de fonction intégrable permet d’améliorer ces énoncés.

 Hypothèse de signe indispensable dans le corollaire 38 ! ~


Les résultats énoncés dans le corollaire 38 sont en défaut si les fonctions ne sont pas de signe constant au
voisinage de b.

Propriété 39 (Règle de Riemann sur un intervalle borné b − ).


Soit f : [a, b[−→ R une fonction continue par morceaux, de signe constant au voisinage de b ∈ R.
Z b
1. S’il existe α < 1 tel que (b − x)α f (x) −−−−→ 0, alors l’intégrale f (t ) dt converge.
x−→b a
Z b
2. S’il existe α > 1 tel que (b − x)α f (x) −−−−→ +∞, alors l’intégrale f (t ) dt diverge.
x−→b a

On dispose d’énoncés analogues pour l’étude de la convergence d’intégrales sur ]a, b], avec −∞ 6 a < b < +∞.

11/22
Z b
Théorème 40. Soit f :]a, b] −→ R une fonction continue par morceaux et positive. L’intégrale f (t ) d t converge si
Z b a

et seulement si la fonction F : x 7−→ f (t ) d t est majorée. Dans ce cas,


x
Z b Z b
f (t ) d t = sup f (t ) d t .
a x∈]a,b] x

Z b
Dans le cas contraire, f (t ) d t −−−−−→ +∞.
x x−→a +

Théorème 41 (Convergence par comparaison de fonctions positives).


Soit f , g :]a, b] −→ R deux fonctions continues par morceaux telles que 0 6 f 6 g .
Z b Z b
Si l’intégrale g (t ) dt converge, alors l’intégrale f (t ) dt converge.
a Z b a Z b
Par contraposition, si l’intégrale f (t ) dt diverge, alors l’intégrale g (t ) dt diverge.
a a

Remarque. Comme la notion d’intégrale convergente est locale, il suffit que les inégalités 0 6 f (t ) 6 g (t ) soient réalisées
Z b Z b
au voisinage de a pour obtenir les conclusions du théorème précédent : si l’intégrale g converge, alors l’intégrale f
Z b Z b a a

converge ; si l’intégrale f diverge, alors l’intégrale g diverge.


a a

Corollaire 42. Soit f , g :]a, b] −→ R deux fonctions continues par morceaux, de signe constant au voisinage de a, telles
que f = O a (g ) ou f = o a (g ).
Z b Z b
Si g (t ) dt converge, alors f (t ) dt converge.
a Z b a Z b
Par contraposition, si f (t ) dt diverge, alors f (t ) dt diverge.
a a

Corollaire 43.
Soit f , g :]a, b] −→ R deux fonctions continues par morceaux, l’une des deux étant de signe constant au voisinage de a, et
telles que f ∼ g .
a
Z b Z b
Alors g (t ) dt converge si et seulement si f (t ) dt converge : les deux intégrales sont de même nature.
a a

 Hypothèse de signe indispensable dans le corollaire 43 ! ~


Les résultats énoncés dans le corollaire 43 sont en défaut si les fonctions ne sont pas de signe constant au
voisinage de a.

Propriété 44 (Règle de Riemann sur un intervalle borné a + ).


Soit f :]a, b] −→ R une fonction continue par morceaux, de signe constant au voisinage de a ∈ R.
Z b
α
1. S’il existe α < 1 tel que (x − a) f (x) −−−−→ 0, alors l’intégrale f (t ) dt converge.
x−→a a
Z b
2. S’il existe α > 1 tel que (x − a)α f (x) −−−−→ +∞, alors l’intégrale f (t ) dt diverge.
x−→a a

Exercice 7. Retrouver la convergence de l’intégrale de la fonction ln sur ]0, 1] sans calcul de primitives.

Exercice 8. Étudier la convergence de l’intégrale de la fonction x 7−→ ln thx sur ]0, +∞[.

Remarque. Soit f , g :]a, b[−→ R deux fonctions continues par morceaux. Si 0 6 f 6 g et si g a une intégrale convergente
sur ]a, b[, alors f a également une intégrale convergente sur ]a, b[. En effet, le critère de convergence par comparaison a été
démontré avec un intervalle du type [c, b[, puis étendu à un intervalle du type ]a, c] ; donc, par définition d’une intégrale
convergente, il est vrai aussi sur un intervalle du type ]a, b[.

II.3 Notion de fonction intégrable


Soit I un intervalle de R, semi-ouvert ou ouvert, de bornes a = inf I et b = sup I , avec a, b ∈ R et a < b.

12/22
Z b¯
Une fonction continue par morceaux f : I −→ C est dite intégrable sur I si l’intégrale
¯
Définition 45. ¯ f (t )¯ dt est
Z b a

convergente. On dit aussi que l’intégrale f (t ) d t converge absolument.


a

Z b¯ ¯
Pour une fonction réelle positive f , l’intégrabilité de f , la convergence de l’intégrale ¯ f (t )¯ dt et sa convergence ab-
a
¯ ¯ appellations différentes d’une même notion. Dans le cas général, une fonction f est intégrable sur I si et
solue sont trois
seulement si ¯ f ¯ est intégrable sur I .

Remarque. Si I est l’intervalle ouvert ]a, b[, et c ∈ I , dire que f est intégrable sur ]a, b[, c’est dire qu’elle est intégrable sur
]a, c] et sur [c, b[.

Exemple 46. Soit γ ∈ C, non nul. La fonction constante x 7−→ γ est intégrable sur I si et seulement si I est borné.

Théorème 47 (Convergence de l’intégrale d’une fonction intégrable).


Z b
Soit f : I −→ C une fonction intégrable sur I . Alors l’intégrale f (t ) dt est convergente.
a

Démonstration. La propriété est connue sur un intervalle de la forme [a, +∞[. Elle se démontre de même sur un intervalle
borné de la forme [a, b[ et sur un intervalle borné ou non de la forme ]a, b]. Pour un intervalle ouvert ]a, b[, on considère
c ∈]a, b[. Comme f est intégrable sur ]a, b[, par définition, elle est intégrable sur ]a, c] et [c, b[, elle admet donc une intégrale
convergente sur ]a, c] et [c, b[, donc aussi, par définition, sur ]a, b[.

 La réciproque est fausse !


~
Une fonction complexe peut avoir une intégrale convergente sur I sans être intégrable.

Théorème 48 (Intégrabilité par domination par une fonction intégrable).


¯ ¯f : I −→ C et g : I −→ R deux fonctions continues par morceaux.
Soit
Si ¯ f ¯ 6 g et si g est intégrable sur I , alors f est intégrable sur I , donc a une intégrable convergente sur I .

Propriété 49 (Comparaison asymptotique à des fonctions positives).


On suppose I semi-ouvert, borné ou non : I = [a, b[ avec a < b.
Soit f : [a, b[−→ C et g¯ : [a,¯b[−→ R deux fonctions continues par morceaux. On suppose g intégrable sur [a, b[.
Si, au voisinage de b, ¯ f (t )¯ 6 g (t ), ou si f = o b (g ), ou si f = O b (g ), ou si f ∼ g , alors f est intégrable sur [a, b[.
b

On peut énoncer des résultats analogues pour un intervalle de la forme I =]a, b].

sin x 1
Soit α > 1 et f : x 7−→ . Alors f est continue sur [π, +∞[. De plus, ¯ f (x)¯ 6 α sur [π, +∞[. Comme α > 1,
¯ ¯
Exemple 50. α
x x
1
x 7−→ a une intégrale convergente sur [π, +∞[, donc f a une intégrale absolument convergente sur [π, +∞[.

Remarque. Lorsqu’on fait le bilan de l’étude, il apparaît deux groupes de fonctions, suivant que l’intervalle de définition
est borné ou non.
En effet, comme les fonctions constantes sont intégrables sur un intervalle borné, les fonctions continues par morceaux,
bornées sur un intervalle borné, sont intégrables. Sur un intervalle borné, la question d’intégrabilité se posera donc seule-
ment pour des fonctions non bornées. Ainsi, on a rencontré de nombreuses fonctions intégrables sur ]0, 1] tendant vers +∞
1
en 0 ; par exemple, les fonctions puissances x 7−→ α , avec α ∈]0, 1[.
x
La situation est très différente sur un intervalle non borné. Comme les fonctions constantes non nulles ne sont pas in-
tégrables
Z +∞ sur un tel intervalle, si f est une fonction intégrable sur [0, +∞[ et c une constante strictement positive, comme
¯ ¯ © ¯ ¯ ª
¯ f (t )¯ dt tend vers 0 quand n tend vers +∞, on sent que l’ensemble x > n, ¯ f (x)¯ > c doit être de plus en plus « ré-
n
duit » quand n tend vers +∞. On doit néanmoins prendre garde qu’une fonction intégrable sur [0, +∞[ peut ne pas tendre
vers 0 en +∞.
Z 1 1
Exercice 9. Justifier l’existence de sin d x.
0 x

Exercice 10. Trouver une fonction intégrable sur ]0, 1], non bornée, mais ne tendant pas vers ∞ en 0. On pourra s’inspirer
du test précédent.

13/22
+∞
p
sin x
Z
Exercice 11. Étudier la convergence de p d x.
0 x 1 + x2

III Propriétés de l’intégrale


Dans toute cette section, I est un intervalle de R d’intérieur non vide ; on note respectivement a et b ses bornes inférieure
et supérieure (a, b ∈ R, avec a < b).

Remarque. Une fonction continue par morceaux, intégrable sur I , est aussi intégrable sur tout intervalle ouvert ou semi-
ouvert inclus dans I , et même sur tout intervalle inclus dans I si on convient de dire qu’une fonction continue par morceaux
sur un segment est intégrable sur ce segment.

Z b Z Z b
Notations . Si f converge, on convient de noter f = f.
a Z a Z Z bI a

On convient également de noter f =− f =− f.


Z c b I a

Si c ∈ [a, b], on convient que f = 0.


c

III.1 Espace des fonctions d’intégrale convergente sur I , propriétés de l’intégrale


Les propriétés suivantes sont données dans le cas où I est de la forme [a, +∞[. Les autres cas se traitent de même.

Proposition 51 (Linéarité de l’intégrale).


Z b
Le sous-ensemble de C M (I , C) constitué des fonctions f : I −→ C telles que l’intégrale f (t ) d t converge est un sous-
Z b a

espace vectoriel de C M (I , C) ; sur cet espace, l’application f 7−→ f (t ) dt est linéaire.


a

Démonstration. (Dans le cas I = [a, +∞[) La propriété découle de manière immédiate de la linéarité de l’intégrale sur un
segment et de celle de la limite en +∞.

Remarque. Soit f , g : I −→ C, continues par morceaux, et α ∈ C. Si f a une intégrale convergente sur I et g une intégrale
divergente, ou vice versa, alors l’intégrale de f + g sur I diverge. En revanche, on ne peut rien dire de la nature de l’intégrale
de f + g si f et g ont une intégrale divergente.
De plus, si α 6= 0, f a une intégrale convergente sur I si et seulement si α f a une intégrale convergente sur [a, b[ .

Proposition 52 (Positivité, croissance).


Soit deux fonctions f , g : I −→ R, continues par morceaux et d’intégrale convergente.
Z b Z b Z b
Si f > 0, alors f (t ) dt > 0 ; si f > g , alors f (t ) dt > g (t ) dt .
a a a

Z x Z +∞
Démonstration. (Dans le cas I = [a, +∞[) Si f > 0, alors, pour x ∈ [a, +∞[, f > 0 ; par passage à la limite, f > 0.
Z +∞ Z +∞ Z +∞ a Z +∞ Z +∞ a

Si f > g , alors f − g > 0 ; par linéarité et positivité, f− g= ( f − g ) > 0. Donc f > g.


a a a a a

Proposition 53 (Cas de nullité de l’intégrale d’une fonction positive continue).


Soit une fonction continue f : I −→ R, positive et d’intégrale convergente. Alors
Z b
f (t ) dt = 0 ⇔ f = 0.
a

Z x
Démonstration. (Dans le cas I = [a, +∞[) Comme f est positive, la fonction F : x 7−→ f (t ) dt est croissante. De plus,
Z +∞ a

F (a) = 0. Si f = 0, alors lim F = 0, donc F est nulle sur [a, +∞[. Or, F est de classe C 1 , de dérivée f ; donc f est la fonction
a +∞
nulle. La réciproque est évidente.

14/22
Proposition 54 (Parties réelle et imaginaire, fonction conjuguée).
Soit f : I −→ C, continue par morceaux. Alors f a une intégrale convergente sur I si et seulement si Re f et Im f ont une
intégrale convergente sur I . Dans ce cas,
Z b Z b Z b
f (t ) dt = Re f (t ) dt + i Im f (t ) dt .
a a a

De plus, f a une intégrale convergente si et seulement si f a alors une intégrale convergente et, dans ce cas,
Z b Z b
f (t ) dt = f (t ) dt .
a a
Z x Z x Z x
Démonstration. (Dans le cas I = [a, +∞[) Pour tout x ∈ [a, +∞[, f = Re f + Im f . Comme une fonction com-
a a a
plexe a une limite en un point si et seulement si ses parties réelle et imaginaire ont une limite en ce point, f a une intégrale
convergente sur [a, +∞[ si et seulementZsi Re f et Z Im f ont une Z intégrale convergente sur [a, +∞[. Dans ce cas, en faisant
+∞ +∞ +∞
tendre x vers +∞, on obtient la relation f = Re f + i Im f .
a a a
Comme f et f ont même partie réelle et des parties imaginaires opposées, f a une intégrale convergente sur [a, +∞[ si
Z +∞ Z +∞ Z +∞ Z +∞
et seulement si f a une intégrale convergente sur [a, +∞[ et f = Re f − i Im f (t ) d t = f.
a a a a

Proposition 55 (Relation de Chasles). Z


Soit une fonction f : I −→ C, continue par morceaux, telle que l’intégrale f converge, et α, β, γ, trois éléments de R pris
I
dans I ou parmi les bornes de I . Alors
Z β Z γ Z β
f = f+ f.
α α γ

Démonstration. La relation est évidente si deux nombres parmi α, β, γ sont égaux. Désormais, on les suppose distincts.
Si α < γ < β, la relation est vraie par définition de l’intégrale.
Z γ Z β Z γ Z β Z γ Z γ Z γ Z β
Si α < β < γ, d’après le cas précédent, f = f+ f . Donc f = f− f = f+ f.
α α β α α β α γ
Les autres cas se traitent de la même façon.

III.2 Espace des fonctions intégrables sur I


Théorème 56 (Espace des fonctions intégrables sur un intervalle).
L’ensemble L 1 (I ) des fonctions complexes intégrables sur I est un sous-espace vectoriel de l’espace C M (I ) des fonc-
tions complexes continues par morceaux sur I et, sur cet espace,
¯Z ¯ Z
¯ ¯ ¯ ¯
¯ f ¯ 6 ¯f ¯.
¯ ¯
I I

Démonstration. L’ensemble L 1 (I ) est non vide (la fonction nulle est intégrable sur I ) et inclus dans l’espace vectoriel
C M (I ).
Stabilité par combinaison linéaire. Soit f , g ∈ L (I ) et α, β ∈ C. Alors ¯α¯ f ¯+ βg
¯ ¯ ¯6¯|α| f + β g . Comme f et g ont une
¯ ¯ ¯ ¯ ¯ ¯¯ ¯ ¯ ¯ ¯ ¯
¯ ¯ ¯ ¯ ¯¯ ¯ ¯ ¯ ¯ ¯
intégrale convergente sur I , il en est de même de la fonction positive |α| ¯ f ¯ + ¯β¯ ¯g ¯ ; cette fonction est donc intégrable sur I .
D’après le théorème 48, α f + βg est intégrable sur I . Donc L 1 (I ) est un ¯Z ysous-espace ¯ Zvectoriel de C M (I ).
¯ ¯ y¯ ¯ ¯ ¯
Inégalité triangulaire généralisée. Soit x, y ∈ I avec x 6 y. Alors ¯¯ f (t ) d t ¯¯ 6 ¯ f (t )¯ d t . Comme f et ¯ f ¯ ont une
x x¯
¯ b
Z ¯ Z b
¯ ¯ ¯
intégrale convergente sur I , en faisant tendre x vers a et y vers b, on obtient l’inégalité ¯ ¯ f (t ) d t ¯¯ 6 ¯ f (t )¯ d t .
a a

Z
¯ f ¯ est-elle une norme sur l’espace vectoriel L 1 (I ) des fonctions intégrables sur I ?
¯ ¯
Exercice 12. L’application N1 : f 7−→
I
Montrer que c’est une norme sur L c1 (I ) des fonctions continues intégrables sur I

Exercice 13. Montrer que le produit de deux fonctions de carré intégrable sur I est une fonction intégrable sur I .

Les deux petits exercices suivants sont des applications du précédent.

1
Exercice 14. On suppose qu’il existe une fonction f : I −→ R∗ , continue, telle que f et soient de carré intégrable sur I .
f
Montrer que I est borné.

15/22
Exercice 15. Montrer que, si I est borné, alors L 2 (I ) est inclus dans L 1 (I ), et que ce n’est plus vrai si I n’est pas borné.

III.3 Intégration par parties


Théorème 57 (Intégration par parties).
Soit I un intervalle de R de bornes respectives a et b, avec a, b ∈ R et a < b, et deux fonctions f , g : I −→ C de classe C 1 .
Z b Z b
Si la fonction f g admet des limites dans C en a et b, alors les intégrales f g 0 et f 0 g sont de même nature et, si elles
a a
convergent,
Z b £ ¤b
Z b
f g0 = f g a − f 0g ,
a a
£ ¤b
où f g a = lim( f g ) − lim( f g ).
b a

£ ¤b
Si I = [a, b[, alors f g a = lim( f g ) − f (a)g (a).
b

Remarque. Avec les hypothèses précédentes, une autre formulation de la conclusion est la suivante : si deux des trois
Z b Z b
£ ¤b
termes f g a , f g 0 et f 0 g existent, le troisième existe également et
a a
Z b £ ¤b
Z b
f g0 = f g a − f 0g .
a a

Z +∞ 1
Exemple 58. On souhaite calculer I n = d t pour tout n ∈ N, n > 1.
0 (1 + t 3 )n
1. Existence des intégrales
1 1
Soit n ∈ N∗ . La fonction f n : t 7−→ 3 n
est continue sur [0, +∞[. De plus, f n (t ) ∼ . Comme 3n > 1, la
(1 + t ) t −→+∞ t 3n
fonction f n est intégrable sur [0, +∞[.
1
2. Obtention d’une relation de récurrence Soit n ∈ N∗ . On écrit f n (t ) = 1. .
(1 + t 3 )n
1
Pour tout A > 0, comme t 7−→ t et t 7−→ sont de classe C 1 , par intégration par parties, on obtient
(1 + t 3 )n
¸A Z A
A −3nt 2 t3
Z A
dt t A
Z ·
3 n
= 3 n
− t 3 n+1
d t = 3 n
+ 3n 3 n+1
dt.
0 (1 + t ) (1 + t ) 0 0 (1 + t ) (1 + A ) 0 (1 + t )

t3 1
Comme t 7−→ est continue sur [0, +∞[ et équivalente en +∞ à 3n , elle est intégrable sur [0, +∞[. De plus,
(1 + t 3 )n+1 t
t3
Z +∞ Z +∞
A dt

− −−− −→ 0. On peut donc faire tendre A vers +∞ ; on obtient = 3n d t . En écri-
(1 + A 3 )n A−→+∞ 0 (1 + t 3 )n µ 0 (1¶ + t 3 )n+1
1
vant t 3 = (1 + t 3 ) − 1, par linéarité de l’intégrale, on obtient I n = 3n(I n − I n+1 ), soit I n+1 = 1 − In .
3n
n−1 µ
1

On en déduit facilement que, pour tout n ∈ N, n > 1, I n = I 1
Y
1− . Un logiciel de calcul formel donne la valeur
k=1 3k
p
2π 3 1
I1 = que l’on peut retrouver en calculant une primitive de t 7−→ (par décomposition en éléments simples
9 1+ t3
de la fraction).

Intégration par parties et intégrabilité


On ne dispose pas d’un théorème d’intégration
Z +∞par parties sur un intervalle quelconque. En effet, la pre-
 sin t ~
mière preuve de convergence de l’intégrale d t (voir exemple 19) montre qu’une intégration par
π tα
parties peut transformer une fonction intégrable en une fonction non intégrable. Pour réaliser une inté-
gration par parties sur un intervalle quelconque, on commence par travailler sur un segment.

16/22
III.4 Changement de variable
Théorème 59. Soit f : I −→ C, continue, et ϕ : I 0 −→ I , de classe C 1 , strictement monotone, bijective de l’intervalle I 0
sur l’intervalle I .
Alors f est d’intégrale convergente sur I si et seulement si ( f ◦ ϕ) · ϕ0 est d’intégrale convergente sur I 0 . Dans ce cas,
Z Z
f = ( f ◦ ϕ) · ¯ϕ0 ¯
¯ ¯
I I0

et, en notant a 0 = inf I 0 et b 0 = sup I 0 , puis a = lim ϕ et b = lim ϕ, les bornes de I (dans un ordre dépendant du sens de
a0 b0
variation de ϕ),
Z b Z b0
f = ( f ◦ ϕ) · ϕ0 .
a a0

Démonstration. ¯Comme ϕ est continue et strictement monotone, f ◦ ϕ est continue par morceaux ; ϕ0 étant elle-même
continue, ( f ◦ ϕ) · ϕ est continue par morceaux. Pour tout segment J ⊂ I , on note J 0 = ϕ−1 (J ) ; J 0 est un segment inclus dans

¯
¯
I 0 . De plus, quand J décrit l’ensemble des segments inclus dans I , J 0 décrit l’ensemble des segments inclus dans I 0 .
Z y Z y0
Soit x, y ∈ I , x 0 = ϕ−1 (x) et y 0 = ϕ−1 (y). Alors f (t ) d t = f (ϕ(u))ϕ0 (u) d u. On fait tendre x vers a et y vers b en
x x0
Z b Z b0
0 0 0
restant dans I ; comme x −−−−→ a et que y −−−−→ b , on obtient 0
f (t ) d t = ( f (ϕ(u)) · ϕ0 (u) d u.
x−→a y−→b a a0
Z Z b Z Z b0
Si ϕ est croissante, alors ϕ0 > 0, f = f et ( f ◦ ϕ) · ϕ0 = ( f ◦ ϕ) · ϕ0 .
I a I0 a0
Z Z a Z b Z Z b0
Si ϕ est décroissante, alors ϕ0 6 0, f = f =− f et ( f ◦ ϕ) · ϕ0 = ( f ◦ ϕ) · ϕ0 . Dans les deux cas, la relation
I b a I0 a0
Z b Z b0 Z Z
( f ◦ ϕ) · ϕ0 s’écrit f = ( f ◦ ϕ) · ¯ϕ0 ¯.
¯ ¯
f =
a a0 I I0

Corollaire 60. Soit f : I −→ C, continue par morceaux, et ϕ : I 0 −→ I , de classe C 1 , strictement monotone, bijective de
l’intervalle I sur l’intervalle I . Alors f est intégrable sur I si et seulement si ( f ◦ ϕ) · ϕ0 est intégrable sur I 0 .
0

Remarque. En particulier, on peut appliquer le théorème 59 lorsque ϕ est un difféomorphisme de I 0 sur I . C’est le cas
pour tout changement de variable affine (non constant).

On en déduit l’invariance de l’intégrale par translation. Soit f : I −→ C, continue par morceaux, intégrable Z Z I . Pour
sur
τ ∈ R, on considère la fonction f τ : I + τ −→ C définie par f τ (t ) = f (t − τ). Alors f τ est intégrable sur I + τ et fτ = f .
I +τ I

Exemple 61. Soit f : R −→ C, paire, continue par morceaux. D’après le théorème 59 appliqué au Zchangement
Z de variable
t 7−→ −t , la fonction f est intégrable sur R+ si et seulement si elle est intégrable sur R− ; dans ce cas, f = f , donc
R− R+
Z Z
f =2 f.
R R+

2
D’après l’exemple 11, la fonction x 7−→ e −x est intégrable sur R+ . Elle est paire, donc elle est intégrable sur R et
Z +∞ 2
Z +∞ 2
e −x d x = 2 e −x d x.
−∞ 0

1
Exemple 62. Soit a, b ∈ R avec a < b et f : t 7−→ p sur ]a, b[. La fonction f est continue sur ]a, b[ et positive.
(b − t )(t − a)
Soit c ∈]a, b[.
1 1 1 1
Comme f (t ) ∼ p .p =p . et que l’exposant de t − a est strictement inférieur à 1, f est inté-
t −→a + b−a t −a b − a (t − a)1/2
grable sur ]a, c].
1 1 1 1
De même, comme f (t ) ∼ p .p =p . , f est intégrable sur [c, b[. Finalement, f est intégrable
t −→b − b−a b−t b − a (b − t )1/2
sur ]a, b[ .
On calcule maintenant son intégrale. On écrit le trinôme du second degré (b − t )(t − a) sous forme canonique :

a +b 2 b−a 2
µ ¶ µ ¶
(b − t )(t − a) = −t 2 + (a + b)t − ab = − t − + .
2 2

17/22
a +b b −a
Le changement de variable u 7−→ t = + u est de classe C 1 , strictement croissant, et transforme −1 et 1 en a et
2 2
b respectivement (c’est donc une bijection de ] − 1, 1( sur ]a, b[). Donc
Z b 1 2
Z
1 1 b−a
Z 1 1 ¤1
d u = Arcsinu −1 = π.
£
p dt = p du = p
a (b − t )(t − a) −1 b − a 1−u 2 2 −1 1 − u 2

Exercice 16. Donner un argument très simple montrant que, sans valeur absolue, la formule du théorème 59 serait fausse.

1−x 2
Exercice 17. Soit f : R −→ R, définie par f (x) = (1+x 2 )2
.
Z +∞
À l’aide du changement de variable x = 1y , montrer que f (x) d x = 0.
0

IV Intégration des relations de comparaison


Soit deux fonctions continues par morceaux f , g : [0, +∞[−→ R. On suppose f (x) ∼ g (x). Si f et g ne sont pas inté-
Z xx−→+∞ Z x
grables sur [0, +∞[, peut-on comparer les comportements au voisinage de +∞ de f (t ) dt et g (t ) dt ? Et si f et g sont
0 Z 0
+∞ Z +∞
intégrables sur [0, +∞[, peut-on comparer les comportements au voisinage de +∞ de f (t ) dt et g (t ) dt ?
x x

Z +∞ Z x Z +∞
Remarque. Pour f (t ) dt , les quantités f (t )d t et f (t ) dt sont respectivement l’analogue d’une somme par-
0 0 x
tielle et d’un reste pour une série.

La réponse à ces questions est négative en général, comme pour les séries, mais elle est positive dans le cas de fonctions
positives. On dispose d’énoncés similaires avec les autres relations de comparaison.

Exemple 63. Z +∞ Arctan x 1


Z n Arctan x
v n , où, pour tout n ∈ N∗ , u n =
X X
Soit à étudier la nature des séries u n et dx et v n = γ p dx,
n x2 n 0 x
où γ est un nombre réel.
X Arctan x π/2
1. D’abord, la série u n . La fonction f : x 7−→ est continue et positive sur ]0, +∞[. L’équivalence f (x) ∼ 2
x2 +∞ x
assure l’intégrabilité de f sur [1, +∞[ et l’existence de la suite (u n )n >1 . On montre que u n a le même comportement
π/2 π
Z +∞
que 2
dx = en +∞.
n x 2n
Soit ε > 0.
¯ Arctan x π/2 ¯
¯ 6 ε π/2 .
¯ ¯
On peut trouver n 0 ∈ N tel que, pour tout x > n 0 , ¯¯ 2
− 2
x ¯ x ¯ x2
π/2 ¯ Arctan x − π/2 ¯ d x 6 ε π/2
¯ Z +∞ ¯ Z +∞ ¯ Z +∞
¯ ¯ ¯ ¯
Pour n > n 0 , ¯¯u n − d x ¯¯ 6 d x.
n x2 n
¯ x2 x2 ¯ n x2
π/2 π
Z +∞
Ainsi, u n ∼ 2
dx = . Comme les séries sont à termes positifs, cette équivalence assure la divergence de la
X +∞ n x 2n
série u n .
X Arctan x
2. Ensuite, la série v n . La fonction g : x 7−→ p est positive, continue sur ]0, +∞[ et de limite nulle en 0, donc
x
prolongeable en une fonction continue sur [0, +∞[.
π/2
Z n Z n
Arctan x Arctan x
Comme g (x) ∼ p , g n’est pas intégrable sur ]0, +∞[ et p d x −−−−−−→ +∞. On montre que p dx
+∞ x 0 x n−→+∞ 0 x
π/2
Z n
p
a le même comportement que p d x = π n en +∞.
0 x
Soit ε > 0.
¯ Arctan x π/2 ¯ π/2
¯ ¯
On peut trouver n 0 ∈ N tel que, pour tout x > n 0 , ¯¯ p − p ¯¯ 6 ε p .
x x x
π/2 ¯ Arctan x π/2 ¯
¯Z n Z n ¯ Z n¯ ¯
¯ Arctan x ¯
Pour n > n 0 , ¯¯ p dx − p d x ¯¯ 6 ¯ p − p ¯¯ d x. En coupant l’intégrale en n 0 , on obtient
0 x 0 x 0
¯ x x

π/2 ¯ Arctan x π/2 ¯ π/2


¯Z n Z n ¯ Z n0 ¯ ¯ Z n
¯ Arctan x ¯
¯ 6 ¯ dx +ε
¯ p d x − p d x ¯ p − p p dx
¯
0 x 0 x ¯
0
¯ x x¯ n0 x
π/2 ¯ Arctan x π/2 ¯ π/2
Z n Z n0 ¯ ¯ Z n0
= ε p dx + ¯ p − p ¯ dx −ε p d x.
0 x 0
¯ x x ¯
0 x

18/22
π/2
Z n
p
Comme p d x = π n −−−−−−→ +∞, il existe un rang n 1 , que l’on peut supposer supérieur à n 0 , tel que, pour
n−→+∞
Z n0 0 ¯ x
¯ Arctan x π/2 ¯ π/2 π/2
¯ Z n0 Z n
n > n1 , ¯ p − p ¯ dx −ε p d x 6 ε p d x.
0
¯ x x ¯
0 x x
¯ 0 Z n
π/2 π/2
¯Z n Z n
¯ Arctan x ¯
Alors, pour n > n 1 , ¯¯ p dx − p d x ¯¯ 6 2ε p d x.
0 x 0 x 0 x
π/2 π
Z n Z n
Arctan x p
Ainsi, p dx ∼ p d x = π n, donc v n ∼ γ−1/2 . Cette équivalence entre termes positifs assure la
0 x +∞ 0 x +∞ n
convergence de la série v n si et seulement si γ > 3/2.
X

Théorème 64 (Intégration des relations de comparaison, cas d’une fonction de référence positive et intégrable).
Soit deux fonctions continues par morceaux f : [a, b[−→ C et g : [a, b[−→ R. On suppose la fonction g positive au voisinage
Z b Z b
de b et intégrable (alors g (t ) dt existe pour tout x ∈ [a, b[ et g (t ) dt −−−−→ 0).
x x x−→b
¡ ¢
Z b Z b Z b µZ b ¶
1. Si f (x) = O b g (x) , alors f (t ) dt est dominé par g (t ) dt au voisinage de b : f (t ) dt = O b g (t ) dt .
x x x x
¡ ¢
Z b Z b Z b µZ b ¶
2. Si f (x) = o b g (x) , alors f (t ) dt est négligeable devant g (t ) dt au voisinage de b : f (t ) dt = o b g (t ) dt .
x x x x
Z b Z b Z b Z b
3. Si f (x) ∼ g (x), alors f (t ) dt et g (t ) dt sont équivalents au voisinage de b : f (t ) dt ∼ g (t ) dt .
b x x x b x

Remarque. Dans les trois situations évoquées dans le théorème 64, f est intégrable sur [a, b[

Démonstration. Soit d ∈ [a, b[ tel que g soit positive sur [d , b[.


¡ ¢
Cas de la négligeabilité. On suppose f (x) = o b g (x) . D’après la ¯ propriété ¯ 49,¯ f est intégrable sur [a, b[.
Soit ε > 0. On considère c ∈ [d , b[ tel que, pour tout t ∈ [c, b[, ¯ f (t )¯ 6 ε ¯g (t )¯ = εg (t ).
¯
¯Z b ¯ Z b Z b Z b µZ b ¶
¯ f (t )¯ dt 6 ε
¯ ¯ ¯ ¯
Pour x ∈ [c, b[, ¯¯ f (t ) dt ¯¯ 6 g (t ) dt . Ainsi, f (t ) dt = o b g (t ) dt .
x x x x x
¡ ¢
Cas de l’équivalence. Si f (x) ∼ g (x), par définition, f (x) − g (x) = o b g (x) . On peut appliquer le cas précédent au couple
b
Z b Z b
( f − g , g ) et on obtient immédiatement l’équivalence f (t ) dt ∼ g (t ) dt .
x b x

Théorème 65 (Intégration des relations de comparaison, cas d’une fonction de référence positive et non intégrable).
Soit deux fonctions continues par morceaux f Z: [a, b[−→ C et g : [a, b[−→ R. On suppose que la fonction g est positive au
x
voisinage de b mais n’est pas intégrable (alors g (t ) dt −−−−→ +∞).
a x−→b
Z x Z x Z ¶ x µZ x
¡ ¢
1. Si f (x) = O b g (x) , alors f (t ) dt est dominé par g (t ) dt au voisinage de b : g (t ) dt . f (t ) dt = O b
a a a a
Z x Z x Z x µZ x ¶
¡ ¢
2. Si f (x) = o b g (x) , alors f (t ) dt est négligeable devant g (t ) dt au voisinage de b : f (t ) dt = o b g (t ) dt .
a a a a
Z x Z x Z x Z x
3. Si f (x) ∼ g (x), alors f (t ) dt et g (t ) dt sont équivalents au voisinage de b : f (t ) dt ∼ g (t ) dt .
b a a a b a

Remarque. Dans les deux premiers cas évoqués dans le théorème 65 (domination, négligeabilité), on ne sait pas si la
fonction f est intégrable ou non, mais les résultats n’ont un intérêt que si elle ne l’est pas. Dans le troisième cas, f n’est pas
intégrable.

Démonstration. Soit d ∈ [a, b[ tel que g soit positive sur [d , b[.


Cas de la négligeabilité. On suppose f (x) = o b g (x) ¯. Soit¯ ε > 0.
¡ ¢

On considère c¯∈ [d , b[ tel ¯que, pour tout t ∈ [c, b[, ¯ f (t )¯ 6 ε ¯g (t )¯ = εg (t ).


¯ ¯
¯ x
Z Z x Z c Z x Z x Z c Z c
¯ f (t )¯ dt + ε g (t ) dt = ε ¯ f (t )¯ dt − ε
¯ ¯ ¯ ¯ ¯ ¯ ¯
Pour x ∈ [c, b[, ¯¯ f (t ) dt ¯¯ 6 ¯ f (t )¯ dt 6 g (t ) dt + g (t ) dt .
a a Z xa c a a a

Comme g est positive au voisinage de b, g (t ) dt tend vers +∞ quand x tend vers b, donc on peut trouver e ∈ [c, b[ tel
Z c Z c a Z x
¯ f (t )¯ dt − ε g (t ) dt 6 ε
¯ ¯
que, pour tout x > e, g (t ) dt .
a¯Z ¯ a Z x a
¯ x ¯
Z x µZ x ¶
Pour tout x ∈ [e, b[, ¯ ¯ f (t ) dt ¯ 6 2ε
¯ g (t ) dt . Ainsi, f (t ) dt = o b g (t ) dt .
a a a a
Cas de l’équivalence. On procède comme pour le théorème 64.

19/22
Remarque. On peut bien sûr énoncer et démontrer deux théorèmes analogues aux théorèmes 64 et 65 pour des intégrales
sur un intervalle de la forme ]a, b].

V Solutions des petits exercices tests


p
Exercice 1. Étudier la convergence de l’intégrale de la fonction x 7−→ x 2 + 6x + 10 − x − 3 sur [0, +∞[.
p
Démonstration.
p La fonction
p x 7−→ x 2 + 6x + 10 − x − 3 est continue sur [0, +∞[ et positive ; en effet, pour tout x > 0, on a
x 2 + 6x + 10 − x − 3 = (x + 3)2 + 1 − (x + 3) > 0.
p
µr ¶
2
1 1 1 1
De plus, au voisinage de +∞, x + 6x + 10−x −3 = (x +3) 1+ 2
− 1 ∼ (x +3). 2
∼ . Comme x 7−→ 1/x
p (x + 3) 2 (x + 3) 2x
a une intégrale divergente sur [1, +∞[, x 7−→ x 2 + 6x + 10 − x − 3 a une intégrale divergente sur [0, +∞[.
p
ln x
Exercice 2. Étudier la convergence de l’intégrale de la fonction x 7−→ e− sur [1, +∞[.
p p
− ln x
Démonstration. La fonction x 7−→ e est continue et négative sur [1, +∞[. Au voisinage de +∞, ln x est négligeable
1 p p p
devant ln x et e− ln x = . . . On formalise cette idée. Pour x > 1, xe− ln x = eln x− ln x ; quand x tend vers +∞, comme ln x− ln x
x p
p Z +∞
ln x
tend vers +∞, x 1 e− ln x
tend aussi vers +∞, donc, d’après la règle de Riemann, e− dx diverge.
0

Exercice 3. Montrer qu’une fonction f : [a, +∞[−→ C ayant une limite non nulle en +∞ n’est pas intégrable sur [a, +∞[.

Démonstration. On note ` la limite de f en +∞ et c ∈]0, |`| [. Au voisinage de +∞, 0 6 c 6 ¯ f (x)¯. Or, la fonction constante c
¯ ¯

n’est pas intégrable sur [a, +∞[, donc f n’est pas intégrable sur cet intervalle.
Z 1
Exercice 4. Montrer que l’intégrale ln x dx converge.
0
Z 1
£ ¤1
Démonstration. La fonction logarithme est continue sur ]0, 1]. Pour tout x ∈]0, 1], ln t dt = t ln t − t x = −1 − x ln x + x.
Z 1 Z 1 x

Quand x tend vers 0 , ln t dt a pour limite finie −1. Donc l’intégrale ln x dx converge et vaut −1.
x 0

Z 1 dt
Z 1 t
Exercice 5. Montrer la convergence et calculer la valeur de p et de p dt.
−1 1 − t 2 −1 1 − t 2
Z x
dt
Démonstration. Première intégrale. Comme F : x −→ p = Arcsinx a une limite quand x tend vers 1 ou vers −1,
Z 1 Z 1 0 1− t2
dt dt h i 1
l’intégrale p converge et p = Arcsint = π.
−1 1 − t 2 −1 1 − t 2 −1
Z x
t h p ix p
Même raisonnement avec la seconde intégrale. Comme G : x −→ p d t = − 1 − t 2 = 1 − 1 − x 2 a une limite
Z 1 Z 1 0 1− t2 0
dt t h p i1
quand x tend vers 1 ou vers −1, p converge et p dt = − 1− t2 = 0. En revanche, on ne peut pas
−1 1 − t 2 −1 1 − Z t2 −1
x t
déduire la convergence de l’intégrale de l’existence d’une limite de p d t (qui vaut constamment 0 pour des raisons
−x 1− t2
de parité) quand x tend vers 1.
Z x
Exercice 6. On suppose que f : R −→ C a une intégrale convergente sur R. Que dire de f (t ) d t quand x tend vers +∞ ?
−x
Z x Z +∞ Z 0 Z 0
Démonstration. Comme f (t ) d t tend vers f (t ) d t et f (t ) d t tend vers f (t ) d t quand x tend vers +∞,
Z x Z 0 0 Z +∞ 0Z −x −∞
+∞
f (t ) d t tend vers f (t ) d t + f (t ) d t = f (t ) d t quand x tend vers +∞.
−x −∞ 0 −∞

Exercice 7. Retrouver la convergence de l’intégrale de la fonction ln sur ]0, 1].

Démonstration. La fonction x 7−→ ln x est continue et de signe constant sur ]0, 1]. Par croissances comparées, x α ln x −−−−→ 0
x−→0
Z 1
pour tout α > 0. Avec un choix de α < 1, la règle de Riemann en 0 assure la convergence de
+
ln x d x.
0

Exercice 8. Étudier la convergence de l’intégrale de la fonction x 7−→ ln thx sur ]0, +∞[.

20/22
Démonstration. La fonction x 7−→ ln thx est continue et négative sur ]0, +∞[. Au voisinage de 0+ , comme th est un infiniment
petit et que thx ∼ x, ln thx ∼ ln x ; donc x 7−→ ln thx a une intégrale convergente sur ]0, 1]. Au voisinage de +∞, th tend vers 1,
2e −x
donc − ln thx ∼ −(thx −1) = x ∼ 2e −2x ; comme x 7−→ e −2x a une intégrale convergente sur [0, +∞[, x 7−→ − ln thx a une
e + e −x Z +∞
intégrale convergente sur [1, +∞[. Finalement, l’intégrale ln thx d x converge.
0

Z 1 1
Exercice 9. Justifier l’existence de sin d x.
0 x

Démonstration. La fonction f : x 7−→ sin x1 est continue sur ]0, 1]. De plus, ¯ f ¯ 6 1 et la fonction constante 1 a une intégrale
¯ ¯

convergente sur ]0, 1] (et même sur [0, 1]). Donc f a une intégrale convergente sur ]0, 1]. En revanche, f n’a pas de limite en
0+ , donc n’est pas prolongeable en une fonction continue par morceaux sur [0, 1]

Exercice 10. Trouver une fonction intégrable sur ]0, 1], non bornée, mais ne tendant pas vers ∞ en 0. On pourra s’inspirer
de l’exercice précédent.
1 1
Démonstration. La fonction f : x 7−→ p sin répond à la question.
x x
– Elle est continue sur ]0, 1]. ³ ³ ´´ ³q ´
– Comme, pour n ∈ N, 2nπ+ 1
π est dans ]0, 1] et que f
1
2nπ+ π = 2nπ + π2 tend vers +∞, f n’est pas bornée.
¡ 1 ¢ 2 2
1
) = 0 ne tend pas vers ∞, f ne tend pas vers ∞ en 0+ .
¡ ¢
– Comme 2nπ n >1
converge vers 0 et que f ( 2nπ
¯ ¯ 1 1
– Comme sur ]0, 1], ¯ f (x)¯ 6 p et que x 7−→ p est intégrable sur ]0, 1], f est intégrable sur ]0, 1].
x x

+∞
p
sin x
Z
Exercice 11. Étudier la convergence de p d x.
0 x 1 + x2
p
sin x ¯ ¯ 1 1
Démonstration. La fonction f : x − 7 → p est continue sur ]0, +∞[. Au voisinage de +∞, ¯ f (x)¯ 6 p 6 2.
x 1+x 2
Z +∞ x 1+x 2 x
1
Comme x 7−→ 2 a une intégrale convergente sur [1, +∞[, l’intégrale f (x) d x converge absolument, donc converge. De
x p 1
x 1 1
plus, au voisinage de 0, f (x) ∼ = p . Comme x 7−→ p est une fonction positive d’intégrale convergente sur ]0, 1], l’inté-
x x x p
Z 1 Z +∞
sin x
grale f (x) d x converge (même absolument). Finalement, l’intégrale p d x converge (même absolument).
0 0 x 1 + x2
Z
¯ f ¯ est-elle une norme sur l’espace vectoriel L 1 (I ) des fonctions intégrables sur I ?
¯ ¯
Exercice 12. L’application N1 : f 7−→
I
Montrer que c’est une norme sur L c1 (I ) des fonctions continues intégrables sur I
Z Z Z
Démonstration. Homogénéité de N1 sur L 1 (I ). Soit f ∈ L 1 (I ) et λ ∈ C, N1 (λ f ) = ¯λ f ¯ = |λ| ¯ f ¯ = |λ| ¯ f ¯ = |λ| N1 ( f ).
¯ ¯ ¯ ¯ ¯ ¯
Z I Z I Z I Z
Inégalité triangulaire sur L 1 (I ). 1
Soit f , g ∈ L (I ). Comme f + g 6 f + g ,
¯ ¯ ¯ ¯ ¯ ¯ ¯ ¯ ¯ ¯ ¯ ¯ ¯ ¯ ¯ ¯
¯ ¯ ¯ ¯ ¯ ¯ ¯ f +g 6 ( f + g )=
¯ ¯ ¯ ¯ ¯ ¯ f + ¯g ¯, c’est-
¯
I I I I
à-dire N1 ( f + g ) 6 N1 ( f ) + N1 (g ). Z
Séparation sur L c1 (I ). Soit f ∈ L c1 vérifiant N1 ( f ) = 0, c’est-à-dire
¯ ¯ ¯ ¯ ¯ ¯
¯ f ¯ = 0. Comme ¯ f ¯ est continue et positive, ¯ f ¯ = 0,
I
donc f = 0. Finalement, N1 est une norme sur L c1 (I ).
Seulement une semi-norme sur L 1 (I ). l’application N1 est une semi-norme : elle vérifie l’inégalité triangulaire et la pro-
priété d’homogénéité, mais ne vérifie pas l’axiome de séparation.

Exercice 13. Montrer que le produit de deux fonctions de carré intégrable sur I est une fonction intégrable sur I .
¯ ¯ 1 ¯ ¯2 ¯ ¯2 1 ¯ ¯2 ¯ ¯2
Démonstration. Soit f et g de carré intégrable sur I . Comme ¯ f g ¯ 6 (¯ f ¯ + ¯g ¯ ) et que (¯ f ¯ + ¯g ¯ ) est intégrable sur I
2 2
(comme combinaison linéaire de fonctions intégrables sur I ), f g est intégrable sur I .

1
Exercice 14. On suppose qu’il existe une fonction f : I −→ R∗ , continue, telle que f et soient de carré intégrable sur I .
f
Montrer que I est borné.
1
Démonstration. Comme le produit de deux fonctions de carré intégrable est intégrable, f · = 1 est intégrable sur I , donc I
f
est de longueur finie.

21/22
Exercice 15. Montrer que, si I est borné, alors L 2 (I ) est inclus dans L 1 (I ), et que ce n’est plus vrai si I n’est pas borné.

Démonstration. Si I est borné, la fonction constante 1 est de carré intégrable sur I ; pour toute fonction f de carré intégrable
sur I , le produit 1. f = f est intégrable sur I ; d’où l’inclusion L 2 (I ) ⊂ L 1 (I ).
Si I n’est pas majoré, il contient un intervalle de la forme [c, +∞[, avec c > 0 ; la fonction f , nulle sur I ∩] − ∞, c[, définie
par f (x) = 1/x sur [c, +∞[, est de carré intégrable sur I , sans être intégrable. On adapte facilement l’exemple à un intervalle
non minoré.

Exercice 16. Donner un argument très simple montrant que, sans valeur absolue, la formule du théorème 59 serait fausse.

Démonstration. Avec f > 0 et ϕ décroissante, les deux intégrales auraient des signes contraires.

1−x 2
Exercice 17. Soit f : R −→ R, définie par f (x) = (1+x 2 )2
.
Z +∞
À l’aide du changement de variable x = 1y , montrer que f (x) d x = 0.
0

Démonstration. L’application y 7−→ x = 1y est un difféomorphisme strictement décroissant de ]0, +∞[ sur lui-même. Donc
Z 0 1 − 12 µ
1 − y2
Z +∞ ¶ Z +∞ Z +∞ Z +∞
y 1
f (x) d x = ´2 − d y = − d y. Donc 2 f (x) d x = 0, c’est-à-dire f (x) d x = 0.
y2 (1 + y 2 )2
³
0 +∞
1 + y12 0 0 0

Malheureusement, le court raisonnement précédent est incomplet. Il n’est possible qu’après avoir prouvé l’intégrabilité
de f ou, au moins, la convergence de son intégrale. Comme f est continue sur [0, +∞[, l’équivalent f (x) ∼ − x12 entre
x−→+∞
fonctions négatives assure l’intégrabilité de f .

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