Introduction
En vertu du principe « Nul ne peux se faire justice à soi-même » l’Huissier de justice joue un
rôle majeur dans la procédure de saisie conservatoire. En effet le créancier lésé dans ses droits
et n’ayant pas été payé par le débiteur peut à travers les voies d’exécutions obtenir l’exécution
forcée d’une décision de justice sans recourir aux vindictes populaires c’est-à-dire réclamer
lui-même l’exercice de ses droits. C’est ce qui a été admis par la loi sur la théorie générale des
obligations en son article 53 que « Lorsque le débiteur n’exécute pas l’obligation, le créancier
peut l’y contraindre par toutes voies de droit. » Dans tous les cas, la principale condition serait
que le débiteur doit être munie d’un titre exécutoire pour pouvoir prétendre à cette exécution
forcée.
La procédure de saisie conservatoire a pour texte de base le Code de Procédure Pénale
Malgache. Sa particularité est qu’elle a pour principal objectif de garantir le recouvrement
d’une créance en immobilisant les biens du débiteur afin qu’il soit dans l’impossibilité de les
donner, de les vendre ou encore de les détériorer c’est-à-dire pour qu’il ne puisse organiser
son insolvabilité et vider son patrimoine. Il est à remarquer que cette procédure est diligentée
par le créancier sans que le débiteur ne soit au courant des démarches menées contre lui.
Néanmoins, elle est procédée sur autorisation préalable par le juge et elle possède un effet
provisoire et un effet d’indisponibilité dans la mesure où les biens du débiteur seront bloqués
jusqu’à la conversion ou main levée de la saisie conservatoire.
Il importe de préciser que la procédure de saisie conservatoire se distingue de la perquisition
dans la mesure où cette dernière est mise en œuvre plutôt au niveau pénal, dans la cadre d’une
enquête préliminaire en vue de rechercher les auteurs ou les preuves relatives à une infraction
effectuées par les officiers de police judiciaire soit d’office à chaque fois qu’il est nécessaire,
soit uniquement sur autorisation du juge.
La question qui se pose est donc de savoir comment se manifeste la saisie conservatoire dans
la pratique ?
Pour répondre à la problématique, il y a lieu à voir les éléments clés de la saisie conservatoire
(I) et la mise en œuvre de la saisie conservatoire (II).
I- Les éléments clés de la saisie conservatoire
En premier lieu, le titre exécutoire. Un titre est exécutoire lorsqu’elle atteste officiellement
l’existence d’un droit. C’est une décision rendue par le juge portant sur une condamnation à
faire quelque chose, s’abstenir de faire quelque chose, payer une somme en valeur ou en
équivalence. Ensuite la décision en question doit être porter à la connaissance de la partie
adverse par notification du greffier ou par assignation de l’huissier. Les décisions qui ont
force exécutoire sont les décisions ayant autorité de la chose jugée et les décisions passées en
force de chose jugée. Dans le premier cas il s’agit des décisions rendues ayant déjà réglé le
fond du droit (jugements ou arrêts) auxquelles il n’est plus possible d’intenter un recours
puisque les délais sont expirés ou lorsque le jugement a été rendue en premier et dernier
ressort sur les montants qui n’excèdent pas 400.000 ariary. Rappelons que le délai d’appel en
matière civil et commercial est de 1 mois et le délai d’exercice de l’opposition en matière civil
et commercial est de 15 jours.
Dans le deuxième cas sur les décisions passés en force de chose jugée sont les décisions
provisoires à titre conservatoire qui ne tranche pas le fond du litige, qui ne doivent ni faire
préjudice au principal ni empiété la compétence du juge du fond mais doivent être exécuté en
raison de l’urgence constaté. Elles sont exécutoires par provision nonobstant appel ou
opposition. Ce sont les ordonnances de référé, les ordonnances sur requête et l’ordonnance du
juge de la mise en Etat.
Dans le cadre de la procédure de saisie conservatoire on assiste à la fois à une décision passée
en force de chose jugée et une décision ayant autorité de la chose jugée.
Deuxièmement, la grosse. Elle est un document officiel et une copie exécutoire d’un titre
exécutoire qui est certifié conforme à l’original. Elle permet donc de rendre exécutoire le titre
c’est- à-dire qu’elle permet à celui qui détient la grosse de procéder à l’exécution forcée des
droits qui y sont énoncé. Par exemple dans le cadre d’une saisie conservatoire la grosse
permet à l’Huissier de Justice d’engager la procédure de saisie des biens du débiteur.
Troisièmement, le juge de l’ordonnance sur requête. La requête est une instance gracieuse,
c’est une demande unilatéral utilisé dans des situations spécifiques lorsqu’il n’est pas requis
de notifier au préalable la partie adverse. Dans la procédure que nous abordons le demandeur
s’adresse d’abord au tribunal dans afin de lui demander autorisation en vue d’une saisie.
Le juge compétent est le président du tribunal de première instance qui constitue à lui seul une
véritable juridiction, il va rendre ce qu’on appelle l’Ordonnance sur requête qu’il va rendre
dans des cas d’urgences exceptionnelles, tel que la mise en péril du recouvrement d’une
créance. Le principe est que l’OSR n’a qu’un caractère provisoire qui ne préjuge pas sur le
fond de l’affaire, le juge de l’OSR n’a donc pas compétence pour condamner le débiteur à
payer la somme due il va prononcer uniquement sur l’autorisation ou non de la saisie selon
que la créance lui parait fondée ou non. Elle n’est pas contradictoire c’est-à-dire le juge n’a
pas besoin d’écouter le demandeur ni le défendeur, le juge sur requête du justiciable va tout
simplement examiner seul le dossier et il rendra une décision dans son bureau.
Dans la suite de la procédure, on a affaire au juge du fond, il est saisi par voie d’assignation.
L’assignation en justice constitue le point de départ formel d’une procédure judiciaire selon
laquelle le demandeur (créancier) convoque officiellement le défendeur (débiteur) devant le
tribunal pour résoudre le litige les parties doivent comparaitre ou se faire représenter. Les
parties doivent déposer des conclusions et se défendre contre les prétentions de l’autre, on
assiste ici à un débat contradictoire et le respect des droits de la défense dès le début de
l’instance jusqu’au prononcé du jugement.
Le juge du fond joue un rôle majeur dans la validation de la saisie conservatoire,
préalablement autorisé par président du TPI une fois que ladite procédure a été entièrement
achevé. Il lui appartient de se prononcer cette fois ci sur la condamnation ou non du débiteur
au payement de la dette.
Quatrièmement, l’acte d’huissier est appelé exploit d’huissier qui revêt divers noms selon
leur objet tel que l’assignation, le commandement, le constat, la sommation et la signification.
Les exploits font expressément par lui ont un caractère authentique et donc une force probante
ne pouvant être combattue que par une inscription de faux. Dans tous les cas, a peine de
nullité tout exploit d’Huissier doit revêtir certaines mentions obligatoires prévu à l’article 139
du Code de Procédure Pénale Malgache que l’acte en question comporte l’énonciation des
noms, prénoms, professions et domiciles pour les personnes physiques débitrices et leur
forme, dénomination sociale, siège social et l'organe qui les représente légalement pour les
personnes morales débitrices. L’objet de l’acte ou l’indication de l’autorisation ou du titre en
vertu duquel la saisie conservatoire est pratiquée. Le décompte pour les sommes pour
lesquelles la saisie conservatoire est pratiquée. La signature de l’Huissier. Après que l’acte a
été frappé par l’huissier, il doit être porter à la connaissance de la partie concernée à partir de
cinq heures du matin et avant sept heures du soir et ne doivent y procéder les jours de fête
légale. Les frais d’huissier sont à la charge du créancier mais imputer au débiteur à titre
d’accessoire à la dette.
Ce qui nous intéresse dans la saisie conservatoire c’est la sommation de payer et le
commandement de payer. L’objet de l’acte est la même elle vise à mettre en demeure le
débiteur de payer ses obligations arrivées à terme. Pour la première on peut en distinguer
deux types : la sommation de payer et la sommation interpellative. La sommation de payer
est l’acte de l’Huissier de Justice mettant en demeure le débiteur de payer sa dette. Elle
constitue ainsi le commandement de payer toute dette d’argent qui n’a pas été effectuer par le
débiteur tel que les loyers, factures impayées, etc.
Concernant sommation interpellative celle-ci se distingue du commandement par huissier
dans la mesure où l’acte ne se fonde pas sur aucune décision de justice passé en force de
chose jugée. Elle vise tout simplement à trouver une solution amiable au litige en évitant le
recours à une procédure judiciaire, elle constitue un mode d’interpellation du débiteur à
fournir des clarifications relatives au retard dans le paiement de la dette. Le rôle de l’Huissier
est donc de donner force probante aux réponses et réaction donné par celui-ci qui pourra
servir de preuve dans le cadre d’un litige.
Le commandement de payer avec procès-verbal de saisie conservatoire est celle utiliser pour
contraindre le débiteur à régler la dette impayée tout en prenant des mesures conservatoires
sur les biens de manière simultané. Cet acte suppose que le créancier est muni d’un titre
exécutoire
Cinquièmement, l’Huissier de Justice il est l’organe principal de la saisie conservatoire car
c’est l’officier ministériel qui dirigera toute la procédure. Son Statut est régi par la loi n° 2005
-034 du 21 décembre 2005 portant Statut des Huissier de Justice et Commissaires-Priseurs de
Madagascar. Selon les termes de la loi : l’Huissier de Justice est celui qui a été candidats au
concours d’aptitude professionnel ayant remplis les conditions fixées par la loi pour être
éligibles à participer au dit concours qui sont au nombre de sept, et ayant par la suite réussi au
concours, qui sera ensuite nommé Huissier de Justice Stagiaire par arrêter du Garde Des
Sceaux, Ministre de la Justice. A l’expiration d’un stage de deux ans effectués dans une étude
d’Huissier de Justice, au sein duquel il a été affecté par décision du Ministère de la justice.
Après avis favorable de la Chambre Nationale des Huissiers de Justices et Commissaires-
Priseurs, l’intéressé est titularisé par arrêté du garde des sceaux, Ministre de la Justice. Avant
d’entrer en fonction il sera tenu sous peine de déchéance de prêter serment de « remplir ses
fonctions avec exactitudes et probité » à l’audience de la Cour d’Appel. En effet l’Huissier de
Justice sont des officiers ministériels chargés de la signification des actes judiciaires et extra
judiciaire, de l’exécution forcée des décisions judiciaires et des actes notariés, ainsi que du
service intérieur des Cours et tribunaux en tant qu’huissiers audienciers.
Ensuite nous avons le Clerc d’Huissier. Au cours de nos descentes et de nos séances de
questionnement nous n’avons été reçus que par celui-ci. D’après la loi citée précédemment en
son article 9 et 5 alinéa 2 « En cas d’absence, de maladie ou d’empêchement, l’Huissier de
Justice sur sa demande est remplacé (…) par un clerc (…) » Il est a remarqué que les
candidats qui ont réussi le concours d’aptitude à la profession d’Huissier ayant exercé pendant
deux ans au moins les fonctions de Clerc d’Huissier sont dispensé de stage.
En dernier lieu, les biens faisant l’objet d’une saisie conservatoire. La loi cite en son article
488 du Code de Procédure Civil Malgache une série de bien considérés comme insaisissable
au nombre de 21, dont les plus importants sont les biens indispensables à la subsistance
immédiate du débiteur et de sa famille, énumères ci-après :
Le coucher nécessaire au saisi, à son conjoint et à ses enfants vivant avec lui ;
Les habits dont ils sont vêtus, quelle qu’en soit la valeur ;
Les sommes d’argent ou les denrées nécessaires à la subsistance du saisi et de sa famille
pendant un mois ;
Les livres inachevés et les instruments de travail servant à la profession du saisi jusqu’à la
somme de vingt mille francs ;
Les outils des artisans nécessaires à leurs occupations ;
Les équipements des militaires, vêtements de marins et les objets servant à leur profession ;
Un bovidé, ou trois brebis, ou deux chèvres au choix du saisi avec la nourriture de ces
animaux pendant un mois ;
Les semences nécessaires à l’ensemencement d’une superficie de 5 hectares.
Ainsi en dehors de ces biens tous les biens du débiteur sont donc saisissable. L’article 721 du
même code apporte quand même une précision dans sa dernière phrase qui dispose que « Tout
créancier d’une somme d’argent (…) peut obtenir par ordonnance l’autorisation de saisir
conservatoirement les effets mobiliers et meubles corporels de son débiteur (…) »
La saisie conservatoire de compte bancaire est possible. Elle se combine avec la saisie-arrêt
entre les mains d’un tiers à l’occurrence auprès de la banque du débiteur. Elle permet au
créancier de bloquer les sommes d’argent disponible sur tous les comptes bancaires ouverts
par le débiteur auprès d’un établissement bancaire qu’il s’agit de compte courant, de compte
épargne, des comptes mobil money.
Attention la saisie conservatoire immobilière n’existe pas. Il s’agit d’un abus de langage
faisant référence à l’hypothèque judiciaire conservatoire.
II- La mise en œuvre de la saisie conservatoire
Le recouvrement d’une créance impayée passe par plusieurs étapes.
Tout d’abord le recouvrement passera par une phase de relance couramment appelée
recouvrement amiable par une lettre de mise en demeure. Le créancier va procéder à une
interpellation de son débiteur qui n’a pas exécuté son obligation arrivée à terme. Elle peut
résulter d’une simple lettre missive envoyer au débiteur ou résulter d’un exploit d’huissier.
Lorsque la mise en demeure amiable résulte d’acte d’huissier on est en présence de la
sommation de payer.
Si cette démarche ne suffit pas à récupérer les impayés du créancier, il est nécessaire de passer
par une phase judiciaire, au cours de laquelle la créance va être soumise à un juge et être
consacrée par une décision de justice. Le créancier pourra introduire une requête aux fins
d’ordonnance d’injonction de payer particulièrement sollicité par le créancier pour le
recouvrement de petites créances civiles et commerciales.
Dans tous les cas le créancier qui n’est pas entré dans ses droits va introduire une requête
devant la juridiction du président du TPI aux fins d’ordonnance de saisie conservatoire des
biens du débiteur sous réserve de deux conditions prévues par l’article 721 du Code de
Procédure Civil Malgache : une créance fondée et une menace de recouvrement. Dans la
première condition, une créance fondée doit répondre à trois caractères cumulés notam-
ment la créance doit être certaine d’abord en d’autres termes son existence n’est pas sujette
à contestation au préalable. Ce caractère peut être prouvé par des documents tels que le
contrat, une facture, des écrits émanant du débiteur : la reconnaissance de dette, un enga-
gement de payer, etc. Ensuite la créance doit être liquide c’est-à-dire le montant exigé est
clair et n’est plus sujet à évaluation ou calcul. Et enfin la créance doit être exigible dans la
mesure où le paiement n’est plus subordonné à un délai ou à un évènement quelconque. Ce
critère est surtout conditionné par l’envoie de la lettre de mise en demeure par le créancier
ou la signification de la sommation de payer par l’Huissier de Justice demeurant infruc-
tueuse.
Remarque : L’article 60 de la Loi sur la Théorie Générale des Obligations précise qu’il
n’est pas nécessaire que la créance soit exigible pour prendre toute mesure conservatoire la
créance doit simplement être certaine pour assurer l’exercice du droit de gage du créancier.
Dans la seconde condition sur la menace de recouvrement, le créancier rapporte la preuve de
circonstances pouvant établir un risque d’insolvabilité du débiteur. Par exemple
l’appauvrissement futur de ce dernier.
En présence de ces éléments de preuve le juge dispose de deux options soit il approuve
l’urgence en admettant que l’affaire requiert une certaine célérité, ainsi il va autoriser de saisir
à titre conservatoire les biens du débiteur à travers l’OSR rendue par le président du tribunal
sur requête du justiciable qui est par principe directement exécutoire de plein droit nonobstant
appel ou opposition. A défaut du respect de ces conditions, le juge peut refuser la requête,
donc le créancier devra aller devant le juge du fond pour qu’il y ait procédure contradictoire et
il devrait diligenter par la suite une autre procédure de saisie si le débiteur condamné ne
venait toujours pas à s’exécuter automatiquement.
Dans l’hypothèse où l’OSR sollicité par le justiciable a été rendue par le juge et étant
bénéficiaire du titre exécutoire celui-ci va recourir au service de l’Huissier de Justice pour
procéder à l’exécution de cette ordonnance. Il y aura une signification de l’OSR : signification
commandement avec le Procès-verbal de saisie conservatoire. La signification de tous les
documents cités au domicile du débiteur vaut condamnation du débiteur valant saisie
conservatoire de ces biens. Lors de la phase de signification, plusieurs possibilités peuvent
s’ouvrir à l’Huissier. Le débiteur est absent c’est-à-dire que la maison est close ou les
responsables de la société ne sont pas présents et donc la procédure de saisie ne peut avoir lieu
et l’huissier va juste repartir. Au cours de notre descente en mai dernier, lors de la
signification de l’acte par le Clerc d’Huissier à la société débitrice, la procédure de saisie
conservatoire n’a pas pu avoir lieu car la société était fermée et il a été fait mention dans une
affichage sur la porte soit disant que la société en question cessait ses activités pour des
raisons d’amélioration de leur qualité de service depuis le mois de février et aucun
responsable de la société n’était présent. Les seules personnes que l’on a rencontré étaient les
gardiens de la société qui ont insisté de leur remettre l’acte en question. L’Huissier Clerc nous
a affirmé que c’était la quatrième fois qu’il est venu pour la saisie mais la situation se trouvait
être la même. Ainsi, dans le cas où le débiteur n’est toujours pas présent après plusieurs
interventions de l’Huissier, il a été autorisé par l’avocat du créancier de dresser le procès-
verbal de carence et l’affaire va tomber dans la qualification pénale.
Mais en principe il faut toujours mener à bout la procédure, donc le créancier devra de
nouveau aller devant le juge en vue de l’obtention d’une décision d’ouverture des lieux. En
cas de résistance ou de rébellion, l’Huissier de Justice peut être assisté pas la force publique.
Il est à remarquer que les entraves aux fonctions des agents qui poursuivent l’exécution d’une
décision de justice sont constitutives d’une infraction pénale, l’agent en question peut porter
plainte et la personne responsable peut se voir emprisonner.
Dans l’hypothèse où aucune incidence n’a lieu, l’Huissier de Justice ou le Clerc d’Huissier, en
cas d’empêchement de celui-ci, va procéder à l’inventaire des biens meubles présents lui
appartenant, en procédant à un listing sans encore estimer la valeur des biens et désignera un
séquestre judiciaire ou un gardien des biens saisis qui peut être un tiers sous réserve de frais
de garde en contre partie ou le débiteur lui-même qui sera désigné comme gardien car les
biens en question se trouvent déjà entre ses mains. Le déplacement ou l’enlèvement des biens
inventoriés engage la responsabilité personnelle du gardien nommé pour détournement
d’objet saisi.
Attention ! Sous peine de nullité de la saisie conservatoire, la procédure doit être
minutieusement respectée telle que la non présence du créancier pendant la procédure de
saisie, peu importe qu’il s’agît d’un simple stagiaire au sein de la société créancière qui a
accompagné l’Huissier ou les fautes de frappes du nom de la personne présente qui a assisté à
la saisie apposée sur le PV. Toutes les circonstances relatives à la saisie seront consignées
dans un procès-verbal et le travail d’Huissier s’arrête ici pour la saisie conservatoire.
Lorsque la saisie a pu avoir lieu, en principe, l’ordonnance de saisie conservatoire a fixé un
délai de deux mois pour permettre au créancier d’assigner son débiteur en payement de la
créance et en validation de la saisie conservatoire devant le tribunal civil s’il s’agit d’une
créance civile et devant le tribunal commercial si la créance est commerciale. Le juge va
décortiquer le respect de la procédure et le fondement de la créance. Dans cette phase dite de
« validation », il y a trois possibilités qui peut avoir lieu. D’abord le jugement sur le fond
valide la saisie conservatoire et déclare la créance bonne et valable : la procédure va pouvoir
poursuivre, la vente des objets saisies est autorisée par le juge et l’huissier sera de nouveau
solliciter pour effectuer toutes les formalités relatives à la vente. Ensuite, il se peut que le
tribunal déboute le créancier de ses demandes car la créance n’est pas fondée, le jugement
vaudra main levée de la saisie. Le dernier cas concerne l’hypothèse selon laquelle le tribunal
admet une créance fondée et condamne le débiteur au paiement de celle-ci, néanmoins la
saisie est invalide en raison d’un vice quelconque, donc il y a lieu de recommencer toute la
procédure mais puisque qu’une décision au fond a déjà été rendue, le créancier va diligenter
la procédure de saisie exécution.
Enfin il convient de préciser que « L’annulation ou la main levée de la saisie pourra donner
lieu à des dommages et intérêts au profit du saisi » d’après l’article 733 du Code de
Procédure Pénale Malgache.
Conclusion
Cette procédure de saisie conservatoire offre une protection maximale au créancier en
sécurisant la créance et gelant temporairement les biens du débiteur pour s’assurer que si le
débiteur ne paie pas volontairement, le créancier dispose des biens sur lesquels la saisie a été
effectuée pour obtenir le paiement. C’est une procédure longue et rigoureuse, elle est
minutieusement encadrée par la loi car elle porte atteinte au droit de propriété des biens
appartenant au débiteur.