0% ont trouvé ce document utile (0 vote)
17 vues42 pages

CM3 BioMécaFlu v2024

Ce document présente un cours sur la biomécanique des fluides, en se concentrant sur le système cardiovasculaire et les solutions d'écoulement. Il aborde des concepts tels que l'écoulement laminaire, la loi de Poiseuille-Hagen, et les lois de Murray, tout en discutant des interactions entre le fluide et les structures élastiques des vaisseaux. La modélisation mathématique est essentielle pour comprendre la circulation sanguine et ses caractéristiques complexes.

Transféré par

Aya Attoui
Copyright
© © All Rights Reserved
Nous prenons très au sérieux les droits relatifs au contenu. Si vous pensez qu’il s’agit de votre contenu, signalez une atteinte au droit d’auteur ici.
Formats disponibles
Téléchargez aux formats PDF, TXT ou lisez en ligne sur Scribd
0% ont trouvé ce document utile (0 vote)
17 vues42 pages

CM3 BioMécaFlu v2024

Ce document présente un cours sur la biomécanique des fluides, en se concentrant sur le système cardiovasculaire et les solutions d'écoulement. Il aborde des concepts tels que l'écoulement laminaire, la loi de Poiseuille-Hagen, et les lois de Murray, tout en discutant des interactions entre le fluide et les structures élastiques des vaisseaux. La modélisation mathématique est essentielle pour comprendre la circulation sanguine et ses caractéristiques complexes.

Transféré par

Aya Attoui
Copyright
© © All Rights Reserved
Nous prenons très au sérieux les droits relatifs au contenu. Si vous pensez qu’il s’agit de votre contenu, signalez une atteinte au droit d’auteur ici.
Formats disponibles
Téléchargez aux formats PDF, TXT ou lisez en ligne sur Scribd

Introduction à la biomécanique des fluides

L3 STS Mécanique Semestre Printemps


Département de Mécanique – X.Escriva

Vu Pham 1
Plan général du cours:

I. Introduction générale
II. Structure et fonction du système cardiovasculaire
III. Solutions d’écoulement en biomécanique des fluides
IV. Modélisation par compartiments du système cardiovasculaire

2
III. Solutions d’écoulement en biomécanique des fluides:
1. Ecoulement stationnaire dans un tube droit rigide (Solution de Poiseuille-Hagen)
2. Ecoulement stationnaire dans un tube droit élastique
3. Ecoulement pulsant dans un tube droit rigide (Solution de Womersley)
4. Ecoulement instationnaire dans un tube droit élastique - Propagation d’une onde
élastique dans une artère

3
Introduction :

L’objectif de ce chapitre est de donner un aperçu des solutions mathématiques les plus abordables
de la circulationIntroduction générale:
sanguine/hémodynamique.

Rappelons les caractères généraux de l’hémodynamique réelle :


• pulsatilité (instationnaire)
• géométries complexes
• interaction fluide-structure (paroi artérielle élastique)
• rhéologie sanguine visco-élastique: relation contrainte-déformation non-linéaire (fluide non-
newtonien)

La modélisation mathématique de la circulation cardio-vasculaire devient rapidement assez


complexe. Nous partons de la solution mathématique la plus simple, la solution de Poiseuille-
Hagen, et nous augmentons progressivement la complexité.

NB: Les résultats principaux sont présentés à la suite, les démonstrations (sauf celle de Womersley)
sont laissées au titre d’exercices de cours, dans l’annexe A.

Solution de Poiseuille-Hagen 4
Ecoulement laminaire stationnaire dans un tube droit rigide:
La solution de Poiseuille-Hagen

5
Ecoulement laminaire stationnaire dans un tube rigide : Solution de Poiseuille-Hagen

Dans les artérioles et les capillaires, le nombre de Reynolds est faible (𝑅𝑒 < 100) et
comparativement aux grandes artères, ces vaisseaux sont aussi peu souples: On peut supposer

applicables. Introduction générale:


valable les hypothèses d’écoulement laminaire stationnaire dans un tube rigide droit sont

La solution résultante a été étudié expérimentalement par le physiologiste français J-M. Poiseuille
au XIXème siècle. C’est une solution classique de MdF (cf. cours MdF semestre Automne).

𝑃𝐿
𝐷

𝑃0

On se base sur le schéma ci-dessus et les hypothèses de l’écoulement suivantes :


 Tube rigide de rayon constant 𝑅 = 𝐷/2, de longueur 𝐿 donc géométrie axisymétrique et 𝐿 ≫ 𝑅
 Ecoulement stationnaire, incompressible, laminaire, de fluide newtonien
 L’écoulement est généré par un gradient de pression global constant: 𝐾 = 𝐿 0
𝑃 −𝑃
𝐿
 Ainsi les champs de vitesse et pression sont, à priori, de la forme :
𝑢 = 𝑢𝑥 𝑟 𝑒𝑥 et 𝑃 = 𝑃(𝑥)

Solution de Poiseuille-Hagen 6
Les éléments de la démonstration sont dans le cours de MdF d’Automne et en annexe A.1. On obtient
la solution de Poiseuille :

Introduction
𝑢𝑥 𝑟générale:
2
= 𝑢𝑚𝑎𝑥 1− 𝑟 2 = −𝐾𝑅
4𝜇
2 2
1− 𝑟 2 (𝑎)
𝑅 𝑅
avec 𝐾 =
𝑃 𝐿−𝑃 0
𝑃 𝑥 = 𝐾𝑥 + 𝑃0 (𝑏)
𝐿
La solution de Poiseuille est un paraboloïde avec le maximum de vitesse 𝑢𝑚𝑎𝑥 = −𝐾𝑅² au sommet.
4𝜇

Solution de pression sous forme non-dimensionnelle


𝑃 𝑥 −𝑃 0
Profil de vitesse 𝑢𝑥 𝑟 sous forme de paraboloïde 3D. 𝑃 𝐿−𝑃 0

Solution de Poiseuille-Hagen 7
On en déduit, par conséquent :

• Le débit volumique à travers une section droite 𝑆 (𝐾 < 0):


Introduction générale:
𝑄 =∬ 𝑆 𝑢∙𝑛𝑑𝑆 ⟹ 𝑄 = − 𝜋𝐾𝑅
4

8𝜇
• La vitesse moyenne dans une section droite 𝑆:
2
𝑢 =𝑄 = 𝑄
2
= − 𝐾𝑅
⟹ 𝑢 = 1
𝑢𝑚𝑎𝑥
𝑆 𝜋𝑅 8𝜇 2
Pour la solution de Poiseuille-Hagen dans un tube cylindrique, la vitesse moyenne est la moitié de la
vitesse maximale

• La contrainte pariétale 𝜏𝑝 = 𝜏𝑥𝑟 (𝑟 = 𝑅):


𝑑𝑢 𝑥 4𝜇𝑢
𝜏𝑝 = 𝜏𝑥𝑟 𝑟 = 𝑅 = 𝜇 ⟹ 𝜏𝑝 =
𝑑𝑟 𝑟=𝑅 𝑅

Dans un écoulement de Poiseuille-Hagen en tube cylindrique: à une vitesse moyenne donnée, la


contrainte pariétale augmente lorsque le rayon diminue.

La contrainte pariétale est appelée « Wall shear stress (WSS) » en anglais.

Solution de Poiseuille-Hagen 8
1er résultat corollaire :
La loi de Poiseuille-Hagen

9
En intégrant la solution (𝑎) avec la définition du débit, on obtient :

Introduction générale:
8𝜇𝐿
∆𝑃 = − 𝑄 ⟹ Δ𝑃 = −𝑅𝑣 𝑄
𝜋𝑅 4
Ce résultat très important dans la suite est la loi de Poiseuille. En définissant, la résistance
vasculaire/hydraulique:
8𝜇𝐿
𝑅𝑣 =
𝜋𝑅 4

On obtient une loi analogue à la loi d’Ohm Δ𝑈 = −𝑅𝐼 dans un circuit électrique (le signe moins pour
signifier que la différence de pression est dans le sens opposé au débit → convention récepteur).

Ce résultat est la base de la théorie des modèles par compartiment du système cardiovasculaire, que
nous étudierons au chapitre IV.

Il est important de remarquer que:


– La résistance hydraulique 𝑅𝑣 dépend linéairement de la longueur 𝐿 et de la viscosité 𝜇
– 𝑅𝑣 est inversement proportionnelle, à la puissance 4, au rayon 𝑅: donc elle est faible dans les grandes
artères, mais très importante dans les artérioles et capillaires. Ce résultat est cohérent avec la figure de la
page 39 du chapitre II.

Loi de Poiseuille-Hagen 10
2nd résultat corollaire :
Les lois de Murray

11
Première loi de Murray:

En se basant sur la loi de Poiseuille, le physiologiste américain Cecil D. Murray en 1926 s’est posé la
question suivante:
Introduction
Existe-t-il générale:
un rayon optimal d’un vaisseau sanguin de longueur L et diamètre D, pour un
écoulement de débit donné Q ?

C.D. Murray a considéré que la circulation globale est représentée par un seul vaisseau de rayon 𝑅 et
longueur 𝐿.

Lois de Murray 12
Première loi de Murray:
La démonstration est détaillée en annexe A.2. Le résultat obtenu est:
1/6
16𝜇

Introduction générale: 3
𝑅𝑜𝑝𝑡 = 𝑄1/3
𝑏𝜋 2
𝑃𝑜𝑝𝑡 = 𝑏𝐿𝜋𝑅2𝑜𝑝𝑡
2

Où 𝑅𝑜𝑝𝑡 est la valeur du rayon optimal pour un débit donné 𝑄 (𝑏 est la densité de puissance
métabolique des cellules de l’organisme, cf. annexe A.2).
Cette théorie, très simpliste, montre toutefois que pour que la dépense d’énergie nécessaire à la
circulation sanguine soit minimale, il faut que les rayons des vaisseaux évoluent selon une puissance
1/3 du débit 𝑄 dans un vaisseau donné.

Cette hypothèse a été vérifiée en 1990 par LaBarbera (Science, 1990, vol. 249, pg. 992-999) sur des
systèmes sanguins de petits mammifères.

Lois de Murray 13
La deuxième loi de Murray

C.D. Murray a aussi déterminé mathématiquement la forme optimale d’une bifurcation entre un
vaisseau-mère et deux vaisseaux-filles.

Soit le système d’une bifurcation suivant: vaisseau-mère=(AB) et vaisseaux-filles=(BC) et (BD):


C
,𝐿1
B 𝑅1

A
𝜃

𝑅0 , 𝐿0 𝜙
𝑅
2,𝐿
2

D’après la démonstration, en annexe A.3, on obtient les résultats suivants:

𝑅40 + 𝑅41−𝑅42
cos 𝜃 =
2𝑅20𝑅21 𝑅40−𝑅41−𝑅42
cos 𝜃 + 𝜙 =
𝑅40−𝑅41 + 𝑅42 2𝑅21𝑅22
cos 𝜙 =
2𝑅20𝑅22

Lois de Murray 14
Résultat corollaire de la 1ère loi de Murray: La deuxième loi de Murray

Si on ajoute la conservation du débit à la bifurcation :


𝑄0 = 𝑄1 + 𝑄2
on la relation géométrique supplémentaire suivante :
𝑅30 = 𝑅31 + 𝑅32

On trouve alors une relation entre les angles 𝜃et 𝜙 en fonction de 𝑅1et 𝑅2. En particulier, si 𝑅1 = 𝑅2:

alors 𝜽 = 𝝓 = 𝟑𝟕.𝟒𝟕°

C’est la deuxième loi de Murray qui spécifie que si deux vaisseaux-filles ont même rayon, la
bifurcation est symétrique et avec un angle inférieur à 45 .

Cette prédiction théorique est bien vérifiée expérimentalement.

Lois de Murray 15
Écoulement laminaire stationnaire dans un tube droit élastique

16
Principe d’interaction fluide-structure (écoulement sanguin-paroi artérielle)

Dans un vaisseau artériel élastique réel, telle que l’aorte par exemple:
• la pressionIntroduction générale:
de l’écoulement déforme la paroi artérielle
• Celle-ci modifie alors la géométrie/section de l’artère
• Cela entraîne une modification de la vitesse d’écoulement (par conservation du débit)
• Cela induit une variation de la pression et ainsi de suite …
Cela peut se résumer par le schéma suivant:

Equations du solide élastique:

fluide sur le solide


Déformation de la paroi artérielle

imposées par le
champ de déformation

contraintes
géométrique par le

Champ de
Modification de la

Equations de l’écoulement de
fluide (le sang) : Ecoulement
sanguin

Pour obtenir une solution, il faut résoudre simultanément la déformation élastique (mécanique
des structures) et l’écoulement du sang (mécanique des fluides). Ce type de problème est appelé
un problème de couplage fluide-structure ou interaction fluide-structure.

Solution stationnaire dans une artère élastique 17


Solution stationnaire d’écoulement dans une artère élastique:

Il existe une solution mathématique « approchée » de l’écoulement stationnaire dans un vaisseau


Introduction
élastique rectiligne, générale:
par extension de la solution de Poiseuille-Hagen.
Le principe schématique est le suivant :
Situation A: Fluide et solide au repos, aucune
différence de pression entre l’extérieur du tube
et le fluide: 𝑃𝐿 = 𝑃0 = 𝑃𝑒𝑥𝑡 = 𝑃 𝑥 ∀𝑥

Situation B: Fluide en mouvement d’après la


solution de Poiseuille: 𝑃 𝑥 = 𝐾𝑥 + 𝑝0 𝐾 < 0
Donc: 𝑃𝐿 < 𝑃 𝑥 < 𝑃0 = 𝑃𝑒𝑥𝑡

NB: on appelle pression transmurale la différence de pression entre la pression interne


(intravasculaire) et extérieur (extravasculaire): 𝑃𝑡𝑚 𝑥 = 𝑃 𝑥 −𝑃𝑒𝑥𝑡

Solution stationnaire dans une artère élastique 18


Solution stationnaire d’écoulement dans une artère élastique:

Analyse :
• Situation A:Introduction générale:
la pression transmurale est nulle: l’artère élastique ne se déforme pas (on néglige son
propre poids qui peut entrainer une déformation intrinsèque)
• Situation B: la pression intravasculaire diminue en fonction de 𝑥 d’après la solution de Poiseuille:
donc avec 𝑃𝑒𝑥𝑡 constante, 𝑝𝑡𝑚 𝑥 < 0, donc l’artère élastique se déforme en réduisant son
diamètre, donc la section. Ainsi par conservation du débit (𝑄 = 𝑆𝑢) la vitesse moyenne augmente
et cela entraîne une diminution de pression (Bernoulli) qui entraine une nouvelle réduction du
rayon et donc amplifie l’augmentation de le la vitesse moyenne etc …

Quantitativement (démonstration Annexe A.4), pour des petites déformations (𝛼 ≪ 1), on obtient
l’évolution du rayon en fonction de la coordonnée longitudinale 𝑥 :

5 20𝜇𝛼
𝑅 𝑥 = 𝑅50− 𝑄 𝑥
𝜋

Solution stationnaire dans une artère élastique 19


Solution stationnaire dans une artère élastique:
Le tracé ci-dessous de 𝑅(𝑥), pour 𝑅0 = 0.02𝑚 , 𝜇 = 10−3 𝑃𝑎.𝑠 ,𝛼 = 0.01, représente la déformée du
tube élastique pour un débit donné 𝑄 :

Section d’entrée: Section de sortie:


𝑆(𝑥 = 0 𝑐𝑚) 𝑆(𝑥 = 𝐿 = 9𝑐𝑚)

Solution stationnaire dans une artère élastique 20


Solution stationnaire dans une artère élastique:

Enfin (cf. annexe A.4) on peut exprimer le débit en fonction de Δ𝑃:


5 5
𝜋
𝑄= 𝑅0 + 𝛼 𝑃0 − 𝑅0 + 𝛼 (𝑃0 + Δ𝑃)
20𝜇𝛼𝐿 2 2
En utilisant l’expansion binomiale 𝑥 + 𝑦
5
= 𝑥5 + 5𝑥4 𝑦 + 10𝑥3 𝑦2 + 10𝑥2 𝑦3 + 5𝑥𝑦4 + 𝑦5
Puis en linéarisant :
4
𝜋𝑅 40
𝑄 ≅− 1 + 𝛼 𝑃0 Δ𝑃 ⟹ Δ𝑃 = −𝑅é𝑙𝑎𝑠𝑡
𝑣 𝑄
8𝜇𝐿 2𝑅0
8𝜇𝐿
𝑅é𝑙𝑎𝑠𝑡
𝑣 = 4
𝛼
𝜋𝑅 40 1+ 𝑃 0
2𝑅 0

Analyse : on obtient une relation de type « loi de Poiseuille » avec une résistante vasculaire
modifiée 𝑅é𝑙𝑎𝑠𝑡
𝑣 :

en artère élastique 𝑅é𝑙𝑎𝑠𝑡 alors qu’en artère rigide 𝑅𝑣


8𝜇𝐿 𝑟𝑖𝑔𝑖𝑑 8𝜇𝐿
𝑣 = 4
=
𝛼 𝜋𝑅 4
𝜋𝑅 40 1+ 𝑃
2𝑅 0 0

On remarque que si 0 < 𝛼 ≪ 1:


𝑟𝑖𝑔𝑖𝑑
𝑅é𝑙𝑎𝑠𝑡
𝑣 < 𝑅𝑣

Solution stationnaire dans une artère élastique 21


Solution stationnaire d’écoulement dans une artère élastique:

Donc, on en déduit que :


Introduction générale:
• la résistance vasculaire diminue avec l’augmentation de l’élasticité des vaisseaux pour les mêmes
conditions géométriques.

• Pour un débit cardiaque donné, moins d’énergie de pompage sera nécessaire au cœur, dans un
réseau de vaisseaux souples par rapport à un réseau de vaisseaux rigidifiés.

Ceci est confirmé expérimentalement:


Lorsque les artères se calcifient (avec l’âge ou/et modification du régime alimentaire par excès de
sel,…), un effort cardiaque supplémentaire est nécessaire pour pomper le sang, pouvant entraîner à
terme une insuffisance cardiaque.

A noter qu’en plus de l’élasticité passive des artères, celles-ci ont une élasticité active, i.e. la capacité
des grosses artères de se dilater ou se contracter par elle-même: la vaso-motricité.

Solution stationnaire dans une artère élastique 22


Écoulement laminaire instationnaire dans un tube droit rigide

23
Ecoulement instationnaire dans un tube rigide: la solution de Womersley:

Dans le système cardiovasculaire, au niveau des grandes artères (aorte, artères carotide, radiale,
iliaque, … ), le transport du sang est fortement instationnaire/pulsant. Pour plus nous rapprocher
Introduction
de cette réalité, générale:dans un vaisseau rigide a été étudiée par le
une solution instationnaire
mathématicien britannique John R. Womersley (1955): la solution de Womersley.

Cette solution est mathématiquement plus difficile que celle de Poiseuille. L’idée de base consiste
à décomposer le signal de pression (plutôt son gradient) instationnaire (supposé périodique) sous
la forme de la série de Fourier suivante :
𝜕𝑝 𝜕𝑝
𝑡 = 𝑅𝑒 + ∑𝑁 𝑛=1 𝐶 𝑛 exp(𝑖𝑛𝜔 0 𝑡)
𝜕𝑥 𝜕𝑥
Ainsi le signal de pression au cours d’un cycle cardiaque (le pouls, figure de gauche) est décomposé
en harmoniques de Fourier (figure de droite):

Solution de Womersley 24
Ecoulement instationnaire dans un tube rigide: la solution de Womersley:

• est la moyenne temporelle du gradient de pression (= 𝐾 dans la solution de Poiseuille)


𝜕𝑝
𝜕𝑥
• 𝜔0 = 2𝜋 est la pulsation fondamentale du pouls cardiaque (de période 𝑇 ≅ 1𝑠)
𝑇
• 𝐶𝑛 ∀ 𝑛 = 1..𝑁 sont les modes de gradient de pression (i.e coefficients de Fourier) et 𝑖
l’imaginaire pur

En suivant la démonstration de l’annexe A.5, on obtient la solution (composante /x) :

𝑖𝐶 𝑛 𝐽 0(𝑖 3 2 𝑛𝛼 𝑟/𝑅)
𝑢𝑥 (𝑟,𝑡) = 𝑅𝑒 ∑ 𝑁
𝑛=0 1− exp(𝑖𝑛𝜔 0 𝑡)
𝜌𝑛𝜔 0 𝐽 0(𝑖 3 2 𝑛𝛼)

𝑢𝑛 (𝑟)

Dans le cas particulier simplifié où


𝜕𝑝
𝑡 = −cos(𝜔0 𝑡) ⟹ 𝐶𝑛 = 0 ∀ 𝑛 ≠ 1 , 𝐶1 = −1
𝜕𝑥
On obtient alors la solution particulière:

𝑖 𝐽0(𝑖 3 2𝛼 𝑟/𝑅)
𝑢𝑥 (𝑟,𝑡) = 𝑅𝑒 1− exp(𝑖𝜔0 𝑡)
𝜌𝜔 0 𝐽0(𝑖 3 2𝛼)

Solution de Womersley 25
Ecoulement instationnaire dans un tube rigide: la solution de Womersley:

La figure suivante montre l’allure de cette solution pour différent nombre de Womersley 𝛼 = 3.34 à
𝛼 = 6.67 à différentes phases d’une période: θ = 90° ⟺ 𝑡 = 𝑇/4, θ = 180° ⟺ 𝑡 = 𝑇/2,…

Solution de Womersley 26
Ecoulement instationnaire dans un tube rigide: la solution de Womersley:

La solution de Womersley introduit le nombre adimensionnel de Womersley


𝜔 0𝜌
𝛼 = 𝑊𝑜 = 𝐿
𝜇

Développement asymptotique à 𝛼 ≪ 1 et 𝛼 ≫ 1: En se basant sur la démonstration de l’annexe A.5,


on obtient deux formes particulières de la solution de Womersley:
• Si 𝛼 ≪ 1:
2 2
𝑢𝑥 𝑟,𝑡 ≅ 𝑅 1− 𝑟 2 cos 𝜔0 𝑡
4𝜇 𝑅
Avec 𝛼 ≪ 1, la solution de Womersley est équivalente à la solution de Poiseuille modulée par une sinusoïdale en temps.

• Si𝛼 ≫ 1 : elle est de la forme (𝑅(1−𝜀) = épaisseur de la couche limite):


𝑅2 𝑟 𝜋 𝑟
𝛼𝜇
1− 𝑅 sin 𝜔 0 𝑡 + 4 1−𝜀 < 𝑅 ≤ 1
𝑢 𝑟,𝑡 ≈
𝑅2 𝑟
sin 𝜔 0 𝑡 0 ≤ 𝑅 < 1−𝜀
𝛼 2𝜇
Avec 𝛼 ≫ 1, la solution de Womerslet est équivalente à un profil constante au centre du vaisseau et linéaire près de la paroi.

L’animation en fin de §5.6.1 de cette page web visualise ce comportement.

Conclusion: Elle montre que dans les grandes artères, la solution de Poiseuille n’est plus valable. Le
profil de vitesse est plus aplati au centre, à cause de l’inertie du fluide. On retiendra que la solution
instationnaire de Womersley prend en compte de l’inertie du fluide.

Solution de Womersley 27
Ecoulement instationnaire dans un tube droit élastique

28
Ecoulement instationnaire dans un tube droit élastique :

Il n’existe pas de solution mathématique simple de la circulation sanguine instationnaire dans une
Introduction
artère élastique. La résolution d’ungénérale:
tel problème se fait par la simulation numérique des équations
de la mécanique des fluides complètes (équations de Navier-Stokes) et des équations de la
mécaniques de solides.

Une configuration assez simple permet d’observer la propagation d’un pulse cardiaque (pouls) sur
les vidéo suivantes:
• Déformation de la paroi artérielle d’un artère simple élastique avec un pulse de pression
• Pulse (champ de pression) dans le fluide se propageant dans la même simulation

Malgré la complexité de ce problème, on peut tirer quelques explications simples sur la


propagation du pouls cardiaque sur les artères élastiques.

Solution de Poiseuille-Hagen 29
Propagation d’une onde élastique dans une artère élastique:

Dans un tube rigide, la solution de Womersley nous

D’après R.Nevrière, département de physiologie, faculté de médecine de Lille)


Introduction
indique que la vitesse générale:
varie au cours du temps, mais
le profil de vitesse est uniforme en 𝑥: il est le même
quelque soit la coordonnée longitudinale 𝑥.

En réalité pendant un cycle cardiaque, dans les


artères élastiques, le champ de vitesse varie
localement: donc les artères se dilateront
localement (cf. figure à droite).

Donc lors de l’éjection systolique, l’artère se dilate à


son entrée (A), cette dilation se propage en aval
celle-ci en se dirigeant vers la sortie (B).
Après une seconde, le cycle reprend …

Ce phénomène de propagation d’une onde


élastique, est similaire à la propagation d’une onde
sismique dans la lithosphère, c-à-d un tremblement
de terre.

Propagation d’une onde élastique sur une artère élastique 30


Propagation d’une onde élastique dans une artère élastique:

1ère conséquence : La pouls cardiaque:


Introduction
• Cette dilatation du rayon due générale:
au volume d’éjection
systolique dans l’aorte se propage dans toutes les
artères élastiques de la vasculature. La mesure du pouls
radial ou carotidien n’est rien d’autre que la perception
du pulse de pression comme onde élastique
(transversale) se propageant le long des artères
élastiques.
• La vitesse de propagation de onde élastique est donnée
par la formule de Moens-Korteweg (rayon interne 𝑟𝑖,
d’épaisseur ℎ, de masse volumique des tissus 𝜌𝑠 et
module de Young 𝐸) :

D’après J.Miller. www.solitaryroad.com


𝐸ℎ
𝑐=
2𝜌 𝑠𝑟 𝑖
Suivant les patients, cette vitesse varie entre 2 et 10 𝑚 𝑠−1.
Cette vitesse est bien supérieure à celle du fluide qui est de
l’ordre de 50 𝑐𝑚 𝑠−1 à 1 𝑐𝑚 𝑠−1 dans les artères élastiques.

Propagation d’une onde élastique sur une artère élastique 31


Propagation d’une onde élastique dans une artère élastique:

D’un point de vue plus général, l’élasticité des artères a un


effet global sur la circulation sanguine:
Introduction générale:
L’effet Windkessel

Appelé aussi « effet réservoir », il permet de stocker une


partie du VES pendant la phase de diastole: cet effet régule
le débit sanguin et ainsi réduit l’effort fourni par muscle
cardiaque (cf. vidéo de l ’effet Windkessel)

Cet effet est caractérisé par la compliance de l’artère. Elle


est définie formellement par 𝐶 = Δ𝑉 .
Δ𝑝

Chez un sujet sain : 𝐶 ≅ 2.5 𝑚𝐿 𝑚𝑚𝐻𝑔−1 et 𝐶 ≅


0.8 𝑚𝐿 𝑚𝑚𝐻𝑔−1 pour un sujet âgé.

Plus la valeur est élevée, plus la capacité de stockage est


élevée et mieux le débit cardiaque sera régulé.

Nous verrons au chapitre IV la modélisation par


compartiments de l’effet Windkessel.

Propagation d’une onde élastique sur une artère élastique 32


Conséquences de la propagation d’une onde élastique dans une artère élastique:

La géométrie des vaisseaux sanguins influence la


Introduction
propagation du pouls cardiaque (PC) :générale:
1. L’amplitude du PC augmente proportionnellement avec la
diminution du diamètre artériel:

𝑝+ = + 𝜌𝑐𝑢0 avec 𝑐~𝐴−1/2

Ce phénomène, appelé « tapering » en anglais implique que


l’intensité de l’onde de pression diminue peu, voire augmente, loin
du muscle cardiaque (cf. deux figures ci-contre).

2. Dans les capillaires, l’onde du pulse cardiaque est dissipée par


la viscosité sanguine et la rigidité de paroi des capillaires
(relativement plus importante que dans les artères élastiques)

D’après Olson, J. Appl. Physiol. 24:


563-569, 1968
Propagation d’une onde élastique sur une artère élastique 33
Conséquences de la propagation d’une onde élastique dans une artère élastique:
3. La vitesse de propagation augmente avec la rigidité des
vaisseaux, donc le pulse cardiaque est plus rapide dans les
artères calcifiées. En effet d’après Moens-Korteweg :
𝑐∝𝐸1/2 oùIntroduction
𝐸 est le module degénérale:
Young

4. Le pulse cardiaque (pouls) se réfléchi en partie aux


bifurcations (cf. schéma ci-contre)

Ces deux dernières conséquences permettent d’expliquer la


modification de la position de l’onde dicrotique dans le signal
cardiaque avec la calcification et ainsi l’augmentation de la
pression systolique chez les personnes aux artères calcifiées (cf
figures ci-dessous).

D’après P.Abassade. Revues Générales. Hopital St Joseph. Paris

Flèche bleue: position de l’onde dicrotique

Propagation d’une onde élastique sur une artère élastique 34


Annexes : Démonstrations

35
La solution de Poiseuille-Hagen (solution de Poiseuille dans un tube) est obtenue en injectant les formes du
champ de vitesse et de pressions suivantes:
𝑢 = 𝑢𝑥 𝑟 𝑒𝑥 et 𝑝 = 𝑝(𝑥)

dans les équations de Navier-Stokes incompressible en coordonnées cylindriques, on obtient alors les deux EDO
intégrables suivantes (avec 𝐾 = 𝑐𝑠𝑡𝑒 < 0) :
𝑑 2𝑢 𝑥
𝜇 + 1 𝑑𝑢𝑥 (𝑟) = 𝐾
𝑑𝑟 2 𝑟 𝑑𝑟
𝑑𝑝
𝑥 =𝐾
𝑑𝑥
avec la condition d’adhérence à la paroi : 𝑢𝑥 𝑟 = 𝑅 = 0 et la condition de symétrie sur l’axe : 𝑑𝑢𝑥 𝑟 = 0 = 0.
𝑑𝑟

Pour plus de détails, se référer aux TD de mécanique des fluides du semestre d’automne L3.

Annexe A.1 : Eléments de démonstration de la solution Poiseuille-Hagen 36


On définit par le paramètre 𝑏, la densité de puissance métabolique dépensée par les cellules musculaires
cardiaques pour faire circuler le sang. Elle est proportionnelle au volume total sanguin dans le vaisseau:

𝒫𝑚é𝑡𝑎 = b𝑉𝑠𝑎𝑛𝑔 = 𝑏𝜋𝑅2 𝐿

Sachant que dans un vaisseau sanguin, la puissance dissipée par frottement (pertes de charge) de l’écoulement :

𝒫𝑓 = ∆𝑃𝑄 = −𝑅𝑣 𝐴𝑄2

est équilibrée par la puissance métabolique. Alors:


𝒫𝑡𝑜𝑡 = 𝒫𝑓 + 𝒫𝑚é𝑡𝑎 = 0 ⇒ 𝒫𝑓 = −𝒫𝑚é𝑡𝑎 ⇒ ∆𝑃𝑄 = 𝑏𝜋𝑅2 𝐿

En utilisant la loi de Poiseuille, on obtient : 8𝜇𝑄 2


𝐿𝑅−4 = 𝑏𝜋𝑅2 𝐿
𝜋

Puis on applique le principe de moindre action, en cherchant le minimum de cette puissance totale, on dérive par
rapport à 𝑅 l’expression ci-dessus :
𝑑(𝑃 𝑓+𝑃 𝑚é𝑡𝑎)
=0
𝑑𝑅
Ce minimum est obtenu pour les valeurs :
1/6
16𝜇
𝑅𝑚𝑖𝑛 = 𝑅𝑜𝑝𝑡 = 𝑄1/3
𝑏𝜋 2
𝒫𝑚𝑖𝑛 = 𝒫𝑜𝑝𝑡 = 3 𝑏𝐿𝜋𝑅2𝑜𝑝𝑡
2

Annexe A.2 : Eléments de démonstration de la 1ère loi de Murray 37


C
,𝐿1
B 𝑅1

En appliquant la 1ère loi de Murray pour chaque artère , la puissance dissipée dans 𝜃

le système est: A
3 𝑅0 , 𝐿0
𝒫𝑡𝑜𝑡𝑎𝑙 𝐴𝐵 𝐵𝐶 𝐵𝐷 2 2
𝑜𝑝𝑡 = 𝒫𝑜𝑝𝑡 + 𝒫𝑜𝑝𝑡 + 𝒫𝑜𝑝𝑡 = 𝜋𝑏 𝐿 0 𝑅0 + 𝐿 1 𝑅1 + 𝐿 2 𝑅2
2
𝑅
𝜙
2 2,𝐿
2

On applique le principe de déplacement virtuel (cf. figures ci-contres): Dans un D


premier temps, le point B est déplacé virtuellement en B’ dans la direction (AB)
d’une distance 𝑑𝐿. Préalablement, on calcule la différentielle de la puissance:
𝑑𝒫 = 3 𝜋𝑏 𝑑𝐿0 𝑅20 + 𝑑𝐿1 𝑅21 + 𝑑𝐿2 𝑅22
2

Puis on posant:
𝑑𝐿0 = 𝑑𝐿, 𝑑𝐿1 = −𝑑𝐿𝑐𝑜𝑠 𝜃 , 𝑑𝐿2 = −𝑑𝐿𝑐𝑜𝑠(𝜙)
𝑑𝒫 = 3 𝜋𝑏 𝑑𝐿 𝑅20−𝑅21 cos 𝜃 −𝑅22cos(𝜙)
2
Ainsi pour un déplacement dans la direction (AB), le minimum de puissance
dissipée est obtenue (𝑑𝒫 = 0) ssi:

𝑅20 = 𝑅21 cos 𝜃 + 𝑅22 cos 𝜙 (𝑎)

1er déplacement virtuel de B en B’ le long de AB, en posant:


𝑑𝐿0 = 𝑑𝐿 = δ, 𝑑𝐿1 = −𝑑𝐿𝑐𝑜𝑠 𝜃 , 𝑑𝐿2 = −𝑑𝐿𝑐𝑜𝑠 𝜙

Annexe A.3 : Eléments de démonstration de la 2nd loi de Murray 38


La même approche est appliquée pour un déplacement virtuel du point B dans
la direction (CB) d’une distance d𝐿, on pose:
𝑑𝐿0 = −𝑑𝐿𝑐𝑜𝑠 𝜃 , 𝑑𝐿1 = 𝑑𝐿, 𝑑𝐿2 = 𝑑𝐿𝑐𝑜𝑠(𝜃 + 𝜙)
Le minimum de puissance dissipée pour cette seconde configuration est alors:

𝑅21 = 𝑅20 cos 𝜃 −𝑅22 cos 𝜃 + 𝜙 (𝑏)

Enfin on déplace virtuellement le point B dans la direction (DB) de d𝐿, en 2nd déplacement virtuel de B en B’ direction BC:
posant:
𝑑𝐿0 = −𝑑𝐿𝑐𝑜𝑠(𝜃), 𝑑𝐿1 = 𝑑𝐿, = δ 𝑑𝐿2 = 𝑑𝐿𝑐𝑜𝑠(𝜃 + 𝜙)

𝑑𝐿0 = −𝑑𝐿𝑐𝑜𝑠 𝜙 , 𝑑𝐿1 = 𝑑𝐿𝑐𝑜𝑠 𝜃 + 𝜙 , 𝑑𝐿2 = 𝑑𝐿


Le minimum de puissance dissipée pour cette autre configuration est alors:

𝑅22 = 𝑅20 cos 𝜙 −𝑅21 cos 𝜃 + 𝜙 (𝑐)

On obtient un système linéaire 3x3 {(a),(b),(c)} avec les inconnues cos(𝜃),


cos(𝜙), cos 𝜃 + 𝜙 . Après résolution, on obtient l’expression cosinus des
angles, en fonction des rayons des vaisseaux mères (𝑅0) et filles (𝑅1 ,𝑅2):

𝑅 40+𝑅 41−𝑅 42
cos 𝜃 =
2𝑅 20𝑅 21
3ème déplacement virtuel de B en B’ direction BD:
𝑅 40−𝑅 41+𝑅 42 𝑑𝐿0 = −𝑑𝐿𝑐𝑜𝑠(𝜙), 𝑑𝐿1 = 𝑑𝐿𝑐𝑜𝑠 𝜃 + 𝜙 , 𝑑𝐿2 = 𝑑𝐿 = δ
cos 𝜙 =
2𝑅 20𝑅 22

𝑅 4−𝑅 4−𝑅 4
cos 𝜃 + 𝜙 = 0 21 2 2
2𝑅 1𝑅 2

Annexe A.3 : Eléments de démonstration de la 2nd loi de Murray 39


La solution pour un écoulement stationnaire d’un tube élastique est obtenue en suivant la démarche à la suite :
on réécrit la loi de Poiseuille avec les hypothèses suivantes:
• le gradient de pression n’est plus constant, il dépend de 𝑥 :
∆𝑃 𝑑𝑃
𝐿
↦ 𝑑𝑥 (𝑥)
• Le rayon 𝑅 = 𝑅(𝑥) dépend de 𝑥: on utilise une loi de comportement pour les petites déformations linéaires:
𝛼
𝑅 𝑥 = 𝑅 𝑃 𝑥 = 𝑅0 + 2 𝑃(𝑥)
où 𝛼 ≪ 1, 𝛼 est la compliance ou distensibilité du tube élastique (inverse de la rigidité)
• Le débit Q est considéré constant

Avec de ∆𝑃 = − 8𝜇𝐿
𝑄 soit
∆𝑝
=− 8𝜇
𝑄 où 𝑃 est la pression transmurale. On remplace :
𝜋𝑅 4 𝐿 𝜋𝑅 4
𝑑𝑝 8𝜇 2 𝑑𝑅 8𝜇
𝑥 𝑅4 𝑥 = − 𝑄 ⟹ 𝑥 𝑅4 𝑥 = − 𝑄
𝑑𝑥 𝜋 𝛼 𝑑𝑥 𝜋
Soit après intégration entre 0 et 𝑥:
20𝜇𝛼 20𝜇𝛼
𝑅5 𝑥 = − 𝑄 𝑥 + 𝑐𝑠𝑡𝑒 = 𝑅50− 𝑄 𝑥
𝜋
Puis en intégrant 𝑥 = 0 et 𝐿, on exprime le débit en fonction de 𝑃0 = 𝑝(𝑥 = 0) et 𝑃𝐿 = 𝑝(𝑥 = 𝐿) :
𝜋

5 5
𝜋 𝜋
𝑄= 𝑅5 𝑥 = 0 −𝑅5 𝑥 = 𝐿 = 𝑅0 + 𝛼 𝑃0 − 𝑅0 + 𝛼 𝑃𝐿
20𝜇𝛼𝐿 20𝜇𝛼𝐿 2 2
5 5
𝜋
= 𝑅0 + 𝛼 𝑃0 − 𝑅0 + 𝛼 (𝑃0 + Δ𝑃)
20𝜇𝛼𝐿 2 2

NB : le rayon 𝑅0 est le rayon du vaisseau au repos, il est égal au rayon à la section en 𝑥 = 0: 𝑅0 = 𝑅(𝑥 = 0)

Annexe A.4 : Eléments de démonstration pour un tube élastique 40


Comme la forme du gradient de pression, décomposé en une série de Fourier:
𝜕𝑝
𝑡 = 𝑅𝑒 𝜕𝑝 + ∑ 𝑁
𝑛=1 𝐶 𝑛 exp(𝑖𝑛𝜔 0 𝑡)
𝜕𝑥 𝜕𝑥
La composante de solution de vitesse 𝑢 = 𝑢𝑥 𝑟,𝑡 𝑒𝑥 est aussi décomposée en une série de Fourier :
𝑢𝑥 (𝑟,𝑡) = 𝑅𝑒 ∑ 𝑁
𝑛=0 𝑢 𝑛 (𝑟)exp(𝑖𝑛𝜔 0 𝑡)
les 𝑢𝑛 (𝑟) sont les modes de vitesses associé à chaque mode de pression 𝐶𝑛. En substituant ces formes de solution
dans les équations de Navier-Stokes en coordonnées cylindriques, on arrive à l’EDP suivante :

𝜕𝑢 𝑥
𝛻∙𝑢 = 0 ⟹ 𝑟,𝑡 = 0
𝜕𝑥

𝜌 𝜕𝑢𝑥 𝑟,𝑡 = − 𝜕𝑝 𝑡 + 𝜇 1𝜕
𝑟 𝜕𝑢𝑥 𝑟,𝑡
𝜕𝑡 𝜕𝑥 𝑟 𝜕𝑟 𝜕𝑟
La difficile solution mathématique est solution d’un problème de Sturm-Liouville dont les solutions élémentaires
sont des fonctions de Bessel 𝐽0 du premier type d’ordre 0 et 𝐶𝑛 sont les valeurs des modes de la décomposition
en série du gradient de pression :
𝑖𝐶 𝑛 𝐽 0(𝑖 3 2 𝑛𝛼 𝑟/𝑅)
𝑢𝑥 (𝑟,𝑡) = 𝑅𝑒 ∑ 𝑁
𝑛=0 1− exp(𝑖𝑛𝜔 0 𝑡)
𝜌𝑛𝜔 0 𝐽 0(𝑖 3 2 𝑛𝛼)

𝑢𝑛 (𝑟)

Annexe A.5 : Eléments de démonstration de la solution de Womersley 41


Dans le cas particulier/simplifié d’un seul mode : 𝜕𝑝 𝑡 = −cos(𝜔0 𝑡) soit 𝐶𝑛 = 0 ∀ 𝑛 ≠ 1 sauf 𝐶1 = −1
𝜕𝑥

𝑖 𝐽 0(𝑖 3 2𝛼 𝑟/𝑅)
𝑢(𝑟,𝑡) = 𝑅𝑒 1− exp(𝑖𝜔 0 𝑡)
𝜌𝜔 0 𝐽 0(𝑖 3 2𝛼)

Il est utile d’étudier le comportement asymptotique de la solution pour 𝛼 = 𝑊𝑜 petit et grand :


– 𝛼 ≪ 1: on pose z = 𝑖 3/2 𝛼𝑟/𝑅 ≪ 1 et on réalise un DL de la fonction de Bessel : 𝐽0 𝑧 ≈ 1− + … .. Le
𝑧2 𝑧4
2
+
2 2 24 2
développement de la solution de vitesse à 𝛼 ≪ 1 s’écrit alors:

𝑅2 𝑟2 𝛼2 4𝑟 2 𝑟4
𝑢 𝑟,𝑡 = 4𝜇 1− cos 𝜔 0 𝑡 − 16 3− + sin 𝜔 0 𝑡 + …
𝑅2 𝑅 2 𝑅4
Lorsque 𝛼 ≪ 1, la solution de Womersley est équivalente à la solution de Poiseuille modulée par une
sinusoïdale en temps.
– 𝛼 ≫ 1: on pose z = 𝑖 3/2 𝛼𝑟/𝑅 ≫ 1 et par un développement asymptotique de 𝐽0: 𝐽0 𝑧
𝑧→∞ sin 𝑧 +cos 𝑧
𝜋𝑧
La solution s’écrit alors sous la forme:
𝑅2 𝑟 𝜋 𝑟
𝛼𝜇
1− 𝑅 sin 𝜔 0 𝑡 + 4 1−𝜀 < 𝑅 ≤ 1
𝑢 𝑟,𝑡 ≈
𝑅2 𝑟
sin 𝜔 0 𝑡 0 ≤ 𝑅 < 1−𝜀
𝛼 2𝜇
Pour plus de détails sur la démonstration, voir (en anglais) le lien suivant.

Annexe A.5 : Eléments de démonstration de la solution de Womersley 42

Vous aimerez peut-être aussi