Theme 3 axe 3 : La mémoire du génocide des Juifs et des Tziganes
I) L’apport de la justice pour la mémoire du génocide
A) Le tribunal de Nuremberg (1945-1949)
• Premier grand procès des responsables nazis.
• S’appuie sur beaucoup de preuves, notamment les photos prises lors de la libération des camps.
• Procès filmé et médiatisé (actualités de l’époque).
• Focalisé sur les crimes et criminels, moins sur les victimes juives.
• Une douzaine de procès organisés, dont ceux des Einsatzgruppen.
• Justice nationale aussi active, ex : le procès en Pologne et la condamnation de Rudolf Hoess
(Auschwitz).
B) Le procès Eichmann (1961)
• Eichmann, haut responsable nazi, organisateur de la « Solution Finale ».
• Capturé en Argentine par les services secrets israéliens (en dehors de la légalité).
• Procès très médiatique, premier à condamner un nazi pour crime contre les Juifs et crime contre
l’humanité.
• Défense : Eichmann prétend avoir « obéi aux ordres ».
• Condamné à mort, exécuté en 1962.
• Débat philosophique (ex : Hannah Arendt) sur la responsabilité d’Eichmann.
C) Le procès d’Auschwitz (1963)
• Procès organisé en Allemagne par le procureur F. Bauer.
• Premiers jugements en Allemagne même contre d’anciens nazis.
• Peines relativement légères mais mise en lumière des crimes à Auschwitz.
D) La multiplication des procès
• Loi française de 1964 : imprescriptibilité des crimes contre l’humanité (on peut juger longtemps
après les faits).
• Procès marquants en France : Klaus Barbie (1987), Paul Touvier (1994), Maurice Papon (1997).
• En Allemagne, procès récents d’anciens nazis secondaires, ex : Bruno Dey (2019).
II) La mémoire du génocide, un processus complexe
A) Le silence d’après-guerre
• Loi française de 1948 ignore les victimes juives et tziganes (seules les déportations politiques ou
résistants sont reconnues).
• Silence majoritaire des survivants, traumatisme difficile à exprimer (Simone Veil évoque ce silence
forcé).
B) L’émergence d’une mémoire du génocide
• Témoignages à partir des procès des années 60.
• Allemagne : culpabilité, réparations à Israël dès 1950, génération suivante s’interroge.
• 1970 : Willy Brandt s’agenouille à Varsovie.
• France : mémoire collective du génocide surtout à partir des années 80-90.
• Reconnaissance officielle en 1995 par Jacques Chirac (rafle du Vel d’Hiv).
• Multiplication des témoignages dans écoles et médias (ex : Lili Keller Rosenberg).
• Terme « Shoah » et « Holocauste » s’imposent.
• Message moral : « plus jamais ça ».
C) La mémoire fracturée en Pologne
• Sous régime communiste : sujet tabou.
• Années 90 : débats sur la responsabilité des Polonais non-juifs (ex : livre de Jan Gross).
• Droite et extrême droite freinent ces débats.
• Loi de 2018 interdit de présenter la Pologne comme responsable ou complice du génocide.
D) Mémoire du génocide des Tziganes
• Longtemps oubliée, discrète en France (peu de monuments, peu de lieux de mémoire).
• Discrimination persistante.
• Reconnaissance en Allemagne (centre documentaire 1997, mémorial 2012 à Berlin).
• Date commémorative : 2 août (liquidation des derniers Tziganes à Auschwitz en 1944).
III) Le génocide et ses lieux de mémoire
A) Lieux construits pour la mémoire
• 1956 : Mémorial du martyr juif inconnu à Paris.
• 1957 : Yad Vashem à Jérusalem.
• Depuis 2000 : renouveau, augmentation des visiteurs.
• 2005 : mémorial parisien devient Mémorial de la Shoah.
• Allemagne : mémorials à Berlin pour Juifs (2005) et Tziganes (2012).
• Ces lieux sont aussi des centres de recherche.
B) Les anciens camps comme lieux de mémoire
• Auschwitz-Birkenau : camp de concentration et d’extermination, musée dès 1947.
• Devient un lieu majeur du tourisme de mémoire dans les années 70-80.
• Inscrit au patrimoine mondial de l’UNESCO.
• 27 janvier : commémoration annuelle de la libération du camp.
• 27 janvier 2025 : commémoration des 80 ans avec les derniers survivants.
C) Lieux immatériels : la littérature et le cinéma
• Œuvres majeures portées par des rescapés ou proches.
• « Si c’est un homme » de Primo Levi (récit autobiographique, publié en 1947, succès dans les années
60).
• « Le Journal d’Anne Frank » (publié en 1947, plus de 30 millions d’exemplaires vendus).
• Bande dessinée « Maus » d’Art Spiegelman (années 90), accessible à un large public.
• Cinéma :
• Années 40-70 : films sur la Résistance, pas sur le génocide.
• 1985 : documentaire « Shoah » de Claude Lanzmann (10h, témoignages).
• Années 90-2000 : films à grand succès sur la Shoah (ex : « La Liste de Schindler » en 1993,
« Le Pianiste » en 2002).
• Débats sur la représentation de l’horreur dans ces œuvres (ex : « La Liste de Schindler » et « Le Fils
de Saul »).
IV) Une mémoire fragile ?
• Témoignages des survivants (moyenne d’âge 86 ans) essentiels mais disparition progressive.
• Crainte d’affaiblissement de cette mémoire vivante.
• Existence d’un courant négationniste (ex : Robert Faurisson à la fin des années 70).
• Loi Gayssot (1990) : interdit la négation des crimes contre l’humanité.
• Mémoire du génocide des Tziganes reste fragile, souvent ignorée à cause des préjugés.