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Chapitre 3

Le document traite de l'évolution de la politique de préservation et de valorisation du patrimoine en France, depuis la Révolution française jusqu'à nos jours. Il souligne l'importance des acteurs publics et privés dans cette démarche, ainsi que les enjeux économiques et mémoriels associés au patrimoine. Enfin, il met en avant le rôle du patrimoine dans le rayonnement culturel international de la France.

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Le document traite de l'évolution de la politique de préservation et de valorisation du patrimoine en France, depuis la Révolution française jusqu'à nos jours. Il souligne l'importance des acteurs publics et privés dans cette démarche, ainsi que les enjeux économiques et mémoriels associés au patrimoine. Enfin, il met en avant le rôle du patrimoine dans le rayonnement culturel international de la France.

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Axe 3 – La France et le patrimoine : valorisation et protection

I) Une politique de préservation et de mise en valeur très ancienne

A) La Révolution française : fondation du patrimoine


• Contexte révolutionnaire : période marquée par la destruction de biens symbolisant
l’Ancien Régime (églises, châteaux, statues royales) mais aussi par la prise de conscience de
la valeur historique et culturelle de certains biens.
• L’Abbé Grégoire, figure révolutionnaire, dénonce le « vandalisme » et défend la protection
des œuvres et monuments. Il affirme que ces biens appartiennent à la nation, à l’ensemble
des citoyens, posant ainsi les bases d’une patrimonialisation collective.
• Création des musées : le Louvre devient musée national en 1793, accessible au public ; le
Musée des monuments français (1795) rassemble des œuvres pour préserver la mémoire des
arts et de l’histoire de France. Cette politique traduit un changement radical, où le
patrimoine cesse d’être une possession privée ou religieuse pour devenir un bien commun.

B) L’époque administrative (XIXe siècle)


• 1830 : l’Inspection générale des Monuments historiques est créée par le ministère de
l’Intérieur, avec une double mission : réaliser un inventaire des monuments dignes d’intérêt
et engager leur protection.
• Prosper Mérimée, écrivain et historien, nommé inspecteur général, joue un rôle central
dans la conservation du patrimoine monumental. Il parcourt la France pour recenser et faire
restaurer les édifices en danger.
• Formation spécialisée : création de l’École des Chartes en 1821, formant des archivistes et
conservateurs experts dans les domaines de l’histoire, de l’archéologie et du patrimoine.

C) L’époque législative (fin XIXe siècle)


• La République instaure des lois protectrices afin d’institutionnaliser la préservation du
patrimoine.
• Victor Hugo, ardent défenseur du patrimoine, milite pour une protection renforcée,
notamment après avoir dénoncé la destruction de la cathédrale Notre-Dame de Paris.
• Lois majeures :
• 1887 : première loi de protection des monuments historiques (loi Briand).
• 1913 : loi fondamentale qui permet le classement des monuments, publics ou privés,
présentant un intérêt historique ou artistique, conférant un cadre juridique fort pour la
conservation.

D) Élargissement du patrimoine protégé


• La notion de patrimoine dépasse les monuments historiques pour intégrer des sites naturels
et urbains.
• Création des parcs nationaux dans les années 1960 (Vanoise en 1963) pour protéger les
espaces naturels exceptionnels.
• Loi Malraux (1962) : instauration des secteurs sauvegardés en ville, afin de préserver et
restaurer des quartiers historiques dégradés, notamment dans les centres-villes anciens.
• Depuis les années 70, la patrimonialisation s’étend à divers types de biens : objets, savoir-
faire, traditions, patrimoine immatériel.
• Les années 80-90 sont marquées par un engouement fort pour la défense patrimoniale, porté
par un renouveau mémoriel (commémorations, histoire sociale).
• Depuis les années 2000, malgré des défis budgétaires et des réductions de moyens, la
protection reste un enjeu central dans le débat public.

II) Des acteurs très divers

A) L’État, acteur central


• Le ministère de la Culture, créé en 1959, devient l’institution pivot pour la gestion et la
promotion du patrimoine.
• André Malraux, premier ministre de la Culture, impulse une politique ambitieuse de
sauvegarde et de démocratisation de l’accès au patrimoine.
• Chaque année, environ 300 nouveaux monuments sont classés ou inscrits sur la liste des
monuments historiques.
• Le ministère s’appuie sur les Directions régionales des affaires culturelles (DRAC) pour
coordonner la politique patrimoniale localement et veiller à la protection des biens
appartenant à l’État.
• Pour sensibiliser le public, les Journées européennes du patrimoine sont créées en 1984,
favorisant l’ouverture exceptionnelle des monuments.

B) De nouveaux acteurs
• Depuis les années 80, la décentralisation accorde davantage de responsabilités aux
collectivités territoriales (régions, départements, communes).
• Les communes sont en première ligne, détenant 41 % des monuments historiques. Elles
assurent la gestion, l’entretien et la valorisation locale.
• Les régions contribuent à l’inventaire et à la planification des politiques patrimoniales
régionales.
• Le mécénat d’entreprise se développe, avec des entreprises finançant la restauration et la
valorisation du patrimoine.
• Les fondations privées (ex : Fondation du Patrimoine) jouent un rôle majeur dans la
sauvegarde, souvent par des collectes de fonds et la sensibilisation. Cette fondation est
reconnue d’utilité publique, ce qui lui confère une légitimité et des avantages fiscaux.
• De nombreuses associations locales militent pour la défense d’un patrimoine spécifique,
jouant un rôle de veille citoyenne.

III) Le patrimoine, la mémoire et le développement économique

A) Patrimoine et développement économique


• Depuis les années 80, le patrimoine est perçu comme un levier de développement territorial
et touristique.
• Exemple emblématique : le Bassin minier du Nord-Pas-de-Calais, touché par la
désindustrialisation, utilise son patrimoine industriel (mines, terrils, musées) pour dynamiser
l’économie locale.
• Le Centre historique minier à Lewarde illustre ce projet de valorisation et de transmission
de la mémoire ouvrière.
• Le projet du Louvre-Lens (ouverture en 2012 sur un ancien site minier) est un exemple de
reconversion culturelle ambitieuse, visant à attirer un large public et revitaliser la région.
• La labellisation joue un rôle important :
• « Villes d’Art et d’Histoire » décerné par le ministère de la Culture.
• « Plus beaux villages de France » (178 villages en 2024).
• Inscription au Patrimoine mondial de l’UNESCO (ex : Bassin minier du Nord en
2012).
• Les campagnes de publicité, notamment via les médias et les affichages urbains, valorisent
la richesse patrimoniale régionale (ex : campagne « Berry » à Paris en 2023).
• La participation à des programmes médiatiques, comme « Le village préféré des Français »,
favorise la notoriété mais peut aussi entraîner des problèmes de surfréquentation touristique.

B) Enjeux mémoriels
• Le patrimoine est un vecteur essentiel de mémoire collective et d’identité.
• Dans le Nord, la mémoire ouvrière est protégée par des associations d’anciens mineurs, qui
militent pour conserver la mémoire sociale liée au travail et à la communauté.
• Les sites liés aux conflits, notamment la Première Guerre mondiale, représentent un enjeu
fort de mémoire nationale et internationale.
• Depuis 2023, plusieurs sites autour de Verdun, comme le Fort de Douaumont, sont inscrits
au patrimoine mondial, renforçant leur rôle de mémoriaux.

C) Patrimoine et rayonnement international


• Pour l’État français, le patrimoine est aussi un outil de soft power et de rayonnement
culturel à l’étranger.
• Le château de Versailles est un symbole majeur du patrimoine français et un lieu de
diplomatie culturelle.
• La gastronomie française, inscrite en 2010 au patrimoine immatériel de l’UNESCO,
valorise « l’art du bien manger et du bien boire », soulignant le savoir-faire culinaire et la
tradition des repas conviviaux.
• Cette diplomatie culinaire est mise en œuvre par des dîners officiels (ex : sommet G7 à
Versailles en 1982) et des événements comme « Goût de France / Good France » lancés en
2015, organisant chaque année des repas à la française dans le monde entier.
• La politique d’ouverture de musées français à l’étranger (ex : Louvre Abu Dhabi) renforce
le prestige culturel international.

Conclusion générale
• La protection du patrimoine en France s’inscrit dans une continuité historique, débutant
dès la Révolution française avec une double volonté de rupture et de préservation.
• Au XIXe siècle, les outils administratifs et législatifs se mettent en place pour garantir une
protection durable.
• Au XXe siècle, l’action s’intensifie avec l’implication d’acteurs publics nationaux et locaux,
complétés par des acteurs privés et associatifs.
• Depuis les années 1980, les enjeux patrimoniaux dépassent la simple conservation pour
inclure des objectifs économiques (tourisme, développement territorial) et mémoriels
(mémoire collective, identité).
• Le patrimoine est aussi un vecteur puissant de rayonnement culturel international, utilisé par
l’État dans sa diplomatie culturelle.

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