Droit
Droit
L’essentiel à connaître :
-Les juridictions de l’ordre judiciaire sont compétentes dans les affaires civiles et commerciales et
peuvent condamner la partie perdante à payer une somme d’argent pour réparer un dommage ou à
faire ou ne pas faire quelque chose.
-Les juridictions de l’ordre judiciaire sont aussi compétentes en matière pénale, elles peuvent juger
des infractions (crimes, délits, contraventions). La personne concernée peut être relaxée, acquittée
ou déclarée coupable, elle écope dans ce cas d’une peine de prison, d’amende ou d’interdictions
diverses.
-Les greffiers préparent les dossiers, certifient par leur signature sur les procès-verbaux l’authenticité
des débats et co-signent avec les magistrats toutes les décisions de justice.
-Issus du même corps, les magistrats sont payés par l’Etat et sont de 2 types : les magistrats du
parquet et les magistrats du siège.
Ceux du parquet (ministère public) sont procureur, substitut du procureur dans les tribunaux
judiciaires, avocat général, substitut général dans la cour d’appel et premier avocat général, avocat
général, référendaire dans la cour de cassation. Ils dirigent l’enquête, convoquent à l’audience,
soutiennent l’accusation, requièrent une peine et procèdent à son exécution. Ils ne jugent pas.
Ceux du siège sont juges aux fonctions diverses, conseillers en cour d’appel et de cassation. Ils
jugent.
-Les juridictions civiles ou tribunaux civils règlent les différends survenus entre personnes privées,
elles appliquent donc le droit privé.
-Elles comptent 2 degrés de juridiction : les juridictions du 1er degré (première instance) et les
juridictions du 2nd degré (appel) qui jugent des appels contre les juridictions du 1er degré. Elles
jugent de nouveau l’affaire en fait et en droit, càd qu’elles revoient et interprètent la situation aussi
bien dans les faits que dans la correcte application du droit. On les appelle les juges du fond.
-Les juridictions du 1er degré (tribunaux judiciaires, prud’hommes) rendent des jugements et le cas
échéant des ordonnances.
Les juridictions du 2nd degré (cours d’appel) rendent des arrêts.
-La cour de cassation est la plus haute juridiction de l’ordre judiciaire mais ne constitue pas un 3ème
degré de juridiction et siège à Paris.
Elle juge uniquement en droit, càd qu’elle a pour fonction de dire si la décision attaquée est
conforme au droit en vigueur.
Les juges des cours d’appel s’appellent des conseillers.
-Le tribunal judiciaire est la seule juridiction de droit commun, elle a vocation à juger tous les litiges
privés sauf ceux qui sont confiés à une autre juridiction.
-Les juges du tribunal statuent en nombre impair et en formation collégiale (une chambre = au
moins 3 juges). Exceptionnellement, certaines formations siègent à juge unique (juge affaires
familiales, juge de l’exécution).
Les audiences sont publiques sauf exceptions (changement régime matrimonial)
-Un tribunal comporte 1 ou plusieurs chambres. Sa direction est bicéphale : 1 président, magistrat
du siège et 1 procureur de la République, magistrat du parquet.
-Le président gère l’administration du tribunal, il organise le travail de la juridiction et des juges de
celle-ci qui ne sont pas soumis au pouvoir hiérarchique de leur président.
-Le procureur de la République organise le travail des magistrats de son parquet qui travaillent sous
son autorité hiérarchique.
-Le tribunal judiciaire dispose d’une compétence générale en matière civile, il a une compétence
exclusive dans certains domaines : droit de la famille, état civil, nationalité, redressement judiciaire..
-Le tribunal territorialement compétent est en principe celui où demeure le défendeur, celui contre
lequel l’action est introduite.
-Le tribunal de commerce est composé de commerçants élus par leurs pairs pour juger des affaires
commerciales.
-Il existe 134 tribunaux de commerce répartis sur tout le territoire, lorsque dans une région il n’en
existe pas, le tribunal judiciaire statuant commercialement juge l’affaire.
-Le vice-président du tribunal de commerce est désigné par le président parmi les juges du tribunal
ayant exercé des fonctions judiciaires depuis au moins 3 ans.
Il assiste le président et le remplace en cas d’empêchement.
-Les formations juridictionnelles sont composées d’un nombre impair de juges, les audiences sont
publiques sauf exception (redressement et liquidation judiciaire) et la procédure est orale.
-Le conseil des Prud'hommes est composé de juges élus, il a pour mission de concilier les litiges et le
cas échéant, de juger les litiges individuels (ceux collectifs sont jugés par le tribunal judiciaire)
opposant employeurs et salariés.
Il est aussi le seul juge en cas de contestation d’un contrat de travail et possède la compétence
exclusive.
-Les juges sont élus par leurs pairs au suffrage direct, ils sont pour partie des employés et pour partie
des employeurs, leur mandat dure 5 ans et est renouvelable, ce sont des conseillers prud’homaux. Ils
siègent en nombre pair.
-La procédure est orale, l’assistance d’un avocat n’est pas obligatoire (pareil en appel).
-Si les juges n’arrivent pas à se départager, le juge d’instance du ressort dans lequel est situé le
conseil tiendra une audience supplémentaire spéciale qu’il présidera avec les 4 conseillers ou bien
seul si l’un d’eux est empêché.
-Le conseil statue en 1er ressort (appel possible) pour les litiges de plus de 4000€. En dessous de ce
montant, il statue en dernier ressort (sans appel). Territorialement, le conseil compétent est celui du
ressort dans lequel se trouve l’entreprise concernée.
-La cour d’appel de Paris a seule compétence pour connaître des recours contre les décisions de
l’Autorité de la concurrence. Elle est la plus importante du pays et est compétente pour juger les
affaires ayant fait l’objet d’un jugement rendu en 1ère ressort des juridictions situées à Paris centre,
dans le Val de Marne, de la Seine Saint Denis, de la Seine et Marne, de l’Essonne et de l’Yonne.
-La cour d’appel connaît les litiges ayant été jugés par les juridictions de 1ère instance situées dans
son ressort, il en existe 36.
-La cour d’appel est présidée par un 1er président côté siège et par un procureur général côté
parquet.
-Le citoyen qui a perdu en 1ère instance peut faire juger son affaire une 2nde fois à condition que le
montant de l’enjeu soit d’une valeur de plus de 4000€
-Tous les juges de la cour d’appel sont des magistrats professionnels, y compris ceux qui jugent en
matière commerciale ou Prud’homale. Ce sont des conseillers et des présidents de chambre.
-La cour d’appel compte 1 ou plusieurs chambres selon son importance. Le terme désigne également
la composition qui juge les affaires et qui est en nombre impair et comporte au moins 3 magistrats.
-Les juridictions pénales de 1ère instance sont abritées par le tribunal judiciaire, parfois les mêmes
magistrats siègent au civil et au pénal car les juridictions civiles sont aussi compétentes pour juger
des affaires pénales.
-Quasiment toutes les juridictions pénales sont composées de magistrats professionnels sauf la cour
d’assise (3 magistrats pro + citoyens) et la juridiction pour enfants (juges citoyens).
-Un magistrat professionnel peut passer du siège au parquet (et inversement) et des juridictions
pénales aux juridictions civiles (et inversement).
-Les juridictions pénales et civiles exercent sous le principe de la publicité des débats (sauf
exceptions) et du principe de collégialité (sauf : JLD, JAP, juge d’instruction).
-Le juge d’instruction siège au tribunal judiciaire, il est unique et nommé pour 3 ans par le Président
de la République.
Il réunit les preuves, instruit à charge et à décharge, procède à des interrogatoires, se rend sur les
lieux de l’infraction, ordonne des perquisitions et des saisies qui seront réalisées par les policiers,
ordonne des expertises, des écoutes téléphoniques, des auditions de témoins et prononce la mise en
examen.
-Le mis en examen a le droit à l’assistance d’un avocat, à prendre connaissance du dossier et
solliciter des mesures d’instruction particulières (confrontations, expertises).
-Toutes les affaires criminelles font l’objet d’une instruction, c’est aussi le cas pour 5% des délits et
c’est très rare pour les contraventions.
2. Le JLD :
-Le JLD est un magistrat du siège du tribunal judiciaire et est désigné par le président du TJ.
Il dispose de pouvoirs en matière de détention provisoire et de contrôle judiciaire et peut être saisi
par le juge d’instruction ou le procureur de la République, soit pour une détention initiale, soit pour
une prolongation.
-La chambre de l’instruction connaît de l’appel des ordonnances du juge d’instruction et du JLD.
Le ministère public, la partie civile ou le mis en cause ou le mis en détention provisoire forme un
recours.
Lorsqu’elle infirme la décision du juge d’instruction, elle peut soit évoquer l’affaire (la juger elle-
même), soit la renvoyer au juge d’instruction.
Elle juge également la régularité des procédures : elle prononce la nullité d’un acte de tout ou partie
de la procédure ultérieure.
II. Les juridictions de jugement :
-Le tribunal de police est abrité par le tribunal judiciaire statuant en matière contraventionnelle.
Pour les contraventions de 5ème classe et les contraventions de 4ème classe commises
concomitamment à une contravention de 5ème classe il siège à juge unique.
Il rend des jugements et des ordonnances.
-Le ministère public est représenté par le procureur de la République pour les contraventions de
5ème classe et par un commissaire de police pour les autres.
-La saisine du tribunal de police résulte d’un renvoi par la juridiction d’instruction, de la comparution
volontaire des parties ou de la citation délivrée par le ministère public.
La compétence territoriale dépend du lieu de commission de l’infraction et du domicile de son
auteur.
La compétence matérielle s’étend aux contraventions de 5ème classe commises par un majeur.
2. Le tribunal correctionnel :
-Le tribunal correctionnel est un tribunal judiciaire qui statue en principe à 3 juges : 1 président et 2
assesseurs et rend des jugements.
Pour les délits routiers, abandons de famille, il statue à juge unique.
Le ministère public est assuré par le procureur de la République ou un de ses substituts.
-La personne déférée devant le tribunal correctionnel pour y être jugé s’appelle le prévenu.
-La compétence territoriale est en principe celle du lieu du délit, le lieu de résidence du prévenu ou
le lieu d’arrestation.
La compétence d’attribution concerne tous les délits qui se définissent par l’importance de la peine
encourue, càd une peine d’emprisonnement et une amende supérieure ou égale à 3750€ (vol,
escroquerie, homicide involontaire, consommation et vente de certains stupéfiants, coups et
blessures volontaires avec ITT +8 jours, abus de confiance)
-La saisine peut s’effectuer par la comparution volontaire des parties, par citation directe à la
requête du parquet ou de la victime, par convocation par procès-verbal, par comparution immédiate
ou par le renvoi ordonné par la juridiction d’instruction.
3. La cour d’assises :
-La cour d’assises juge des infractions qualifiées de crime par la loi (meurtre, assassinat, viol, vol à
mains armées), il en existe 1 par département.
Le déféré s’appelle l’accusé.
Le ministère public est assuré par un membre du parquet.
-La cour d’assises comprend 1 président et 2 assesseurs qui siègent aux côtés de 9 citoyens en 1ère
instance et 12 en appel, tirés au sort sur les listes électorales avec certaines conditions :
Être français d’au moins 23 ans, sachant lire et écrire en français et ayant pleine capacité juridique.
Ne pas avoir été condamné pour un crime ou un délit à une peine d’emprisonnement égale ou
supérieure à 6 mois.
Ne pas avoir été fonctionnaire révoqué, un failli non réhabilité, un officier ministériel destitué.
Ne pas être le conjoint, parent ou allié jusqu’au degré d’oncle de l’accusé, de son conseil, d’un
expert, d’un interprète ou d’un témoin sous peine de nullité du verdict.
-Des formations spécialisées siègent sans jurés pour les crimes terroristes, certains trafics de
stupéfiants, les crimes contre les intérêts fondamentaux de la Nation.
La cour d’assises est alors composée d’1 président et de 6 assesseurs, tous magistrats
professionnels.
-Sauf à Paris, la cour d’assises ne siège pas de manière permanente mais par sessions.
-Les jurés assistent aux audiences, peuvent poser des questions, se retirent pour délibérer sur
l’action pénale mais n’interviennent pas sur l’action civile.
Ils doivent faire preuve d’impartialité et de réserve.
Toute décision défavorable à l’accusé doit recueillir la majorité de 8 voix sur 12.
-Lorsqu’ils sont capables de discernement, les mineurs sont pénalement responsables des crimes,
délits ou contraventions dont ils sont reconnus coupables.
La présomption de discernement est fixée à l’âge de 13 ans et la présomption de non discernement
est pour les mineurs de moins de 13 ans. Les mineurs de moins de 13 ans ne peuvent donc pas être
condamnés pénalement sauf preuve contraire sur leur discernement.
-Le magistrat du parquet qui suit les affaires des mineurs est spécialement désigné à cet effet.
-Un ou plusieurs juges d’instruction spécialisés dans les affaires de mineurs sont désignés auprès de
chaque TJ comportant un tribunal pour enfants.
-Ce juge est spécialisé pour les crimes commis par des mineurs, pour les délits et contraventions de
5ème classe, il partage cette compétence avec le juge pour enfants.
Si des mineurs sont seuls en cause, le parquet a le choix entre les deux magistrats.
Lorsque des majeurs sont aussi en cause, c’est le juge d’instruction qui est le seul compétent.
-La détention provisoire est décidée par le président du tribunal sur saisine du juge d’instruction.
-Le juge des enfants est un magistrat du siège du TJ nommé par décret du président de la
République après avis du Conseil supérieur de la magistrature pour 3 ans renouvelables.
Sa compétence en tant que magistrat instructeur est limitée aux seules contraventions de 5ème
classe et aux délits commis par les mineurs (avec le juge d’instruction).
-Cette juridiction constitue une exception au principe de la séparation des fonctions d’instruction et
de jugement : le juge pour enfant instruit et juge lui-même l’affaire.
-Le juge pour enfant peut prononcer la relaxe, une mesure éducative ou une dispense de peine.
Dans les autres cas, il doit renvoyer l’affaire devant le tribunal pour enfants.
-Sa compétence concerne les contraventions de 5ème classe, les délits pour lesquels le juge des
enfants a renvoyé l’affaire devant lui, ainsi que les crimes commis par des mineurs de moins de 16
ans.
-Le juge doit privilégier les mesures éducatives mais peut prononcer des sanctions en tenant compte
de la minorité (réduction de peine), cela s’appelle l’excuse atténuante de minorité.
Elle peut être écartée lorsque le mineur est âgé de plus de 16 ans.
-Il est présidé par 1 magistrat professionnel (juge des enfants) et 2 juges appelés des assesseurs
titulaires (secondés par 2 suppléants) qui ne sont pas des professionnels.
-Ils sont choisis parmi des personnes de plus de 30 ans ayant un intérêt pour les questions de
l’enfance.
Le ministère public est assuré par un membre du parquet du TJ spécialisé dans les mineurs.
-La cour d’assise des mineurs est compétente pour juger des crimes commis par des mineurs âgés de
16 à 18 ans au moment des faits. Il en existe 1 par département.
-Elle est composée de 3 magistrats (1 président et 2 assesseurs choisis parmi les juges des enfants)
désignés par le 1er président et du jury (6 jurés et 9 en appel).
Le ministère public est assuré par le procureur général.
-La publicité des débats est écartée pour la protection des mineurs (huis clos).
2 questions supplémentaires sont posées au jury : Y-a-t-il lieu d’appliquer à l’accusé une
condamnation pénale ? Y-a-t-il lieu d’exclure l’accusé du bénéfice de l’excuse atténuante de minorité
?
-Les mineurs ne peuvent pas être condamnés à une peine de perpétuité, peines et mesures
éducatives peuvent se cumuler.
-Elle est composée d'1 président de chambre et de 2 conseillers qui sont assesseurs.
Le ministère public est représenté par un avocat général.
-L’appel est toujours ouvert pour les délits mais ce n’est pas toujours le cas pour les contraventions.
L’appel est suspensif de l’exécution du jugement rendu, càd qu’une peine d’amende ne peut pas
être réclamée à la personne condamnée si celle-ci fait appel du jugement.
Il faut attendre que la cour d’appel ait rendu sa décision et confirme la première.
-Elle comprend un conseiller délégué à la protection de l’enfance et juge les appels formés contre les
décisions prises par le tribunal de police, le juge des enfants, le tribunal pour enfants.
Elle statue aussi en appel des décisions prises par le juge d’instruction ou le juge des enfants lors de
l’instruction.
-Appel des décisions des cours d’assises avec 9 jurés, la décision se prend à la majorité qualifiée.
-L’accusé, le ministère public (parquet), le civilement responsable ou la partie civile pour ses intérêts
civils ont 10 jours à compter du prononcé de l’arrêt pour faire appel.
-La cour d’assises qui juge en appel sur l’action civile, sur le seul appel de l’accusé, du civilement
responsable ou de la partie civile ne peut aggraver le sort de l’appelant.
-Les mineurs condamnés par une cour d’assises des mineurs peuvent faire appel devant la cour
d’assises d’appel des mineurs.
-L’aménagement des peines et le suivi de leur exécution s’appelle l’application des peines.
Il s’agit d’une juridiction à part entière dont les décisions qui sont rendues sont également
susceptibles d’appel.
-Le JAP est un magistrat du siège désigné par décret du Président de la République après avis du
CSM.
Il est assisté dans sa mission par un greffe et par une commission d’application des peines qu’il
préside. Il siège cependant à juge unique.
Il prend les décisions les plus simples concernant les condamnés les moins dangereux.
-Il fixe les principales modalités de l’exécution des peines pénales, des peines privatives de liberté et
de certaines peines restrictives de liberté en orientant et en contrôlant leur application.
-Il rend également, après avis de la commission d’application des peines des ordonnances pour :
Réduire ou supprimer les réductions de peine : chaque condamné à une peine de prison a droit à
une réduction automatique de 7 jours par mois sauf s’il cause des incidents en détention.
Dans ce cas, les réductions sont supprimées par le JAP.
Accorder ou refuser les autorisations de sortie sous escorte ou les permissions de sortie demandées
par les condamnés incarcérés.
Faire évoluer les obligations du sursis avec mise à l’épreuve et les faibles peines de prison qui
peuvent se transformer en semi-liberté.
Si le condamné ne se conforme pas à ses obligations, le JAP révoquera son sursis et il ira en prison.
-Cette juridiction prend les décisions les plus complexes concernant les condamnés considérés
comme plus dangereux (pédophiles).
-Les tribunaux d’application des peines comprennent 1 président et 2 assesseurs désignés par le 1er
président de la cour d’appel parmi les JAP du ressort de la cour.
Le ministère public est assuré par le procureur ou ses substituts du TJ.
-Elle statue sur les appels des décisions prises sous forme de jugement après un débat
contradictoire, soit par le JAP, soit par le tribunal d’application des peines.
Le délai d’appel est de 10 jours.
-Les décisions de la chambre sont susceptibles d’un pourvoi en cassation non suspensif.
-La rétention de sûreté sert à éloigner provisoirement la personne de la société en la plaçant dans un
centre médical de sûreté pour éviter la récidive et à la soigner.
Elle est surtout destinée aux condamnés pour infraction grave à caractère sexuel.
-Elle permet de maintenir en état de privation de liberté des personnes ayant déjà purgé leur peine
mais jugés comme dangereux.
-Il existe 8 juridictions régionales composées de 3 magistrats de la cour d’appel concernée, désignés
pour 3 ans par le 1er président (+ préfet, psychiatre, avocat et représentant assos victimes).
Elles sont compétentes pour décider d’une rétention de sûreté des personnes condamnées à une
réclusion criminelle égale ou supérieure à 15 ans pour des faits particulièrement graves.
La décision est prise pour 1 an renouvelable.
-La juridiction peut aussi décider d’une surveillance de sûreté en cas d’arrêt de la rétention de
sûreté.
-Il existe une juridiction nationale de rétention de sûreté composée de 3 conseillers à la cour de
cassation désignés pour 3 ans par le 1er président.
Elle juge en appel des décisions des juridictions régionales.
IV. Les juridictions compétentes pour certains hommes politiques : la Haute Cour de justice et la
Cour de justice de la République.
1. La Haute Cour :
-La Haute Cour ne dépend d’aucun ordre de juridiction et juge le Président de la République.
Elle est présidée par le président de l’Assemblée Nationale et statue dans le délai d’1 mois, à bulletin
secret et à la majorité des 2/3 des membres. Sa décision est d’effet immédiat.
-Le Président de la République ne peut être destitué qu’en cas de manquement à ses devoirs
incompatibles avec l’exercice de son mandat.
La destitution est prononcée par le Parlement en Haute Cour.
Cette cour peut prononcer sa destitution, ce qui permet ensuite sa poursuite devant les autres
juridictions pénales si des infractions pénales ont été commises.
-Toute personne se déclarant lésée peut porter plainte contre un membre du gouvernement
pénalement responsable des actes commis dans l’exercice de ses fonctions et qualifiés de crimes ou
délits au moment où ils ont été commis.
-La plainte est examinée par une commission des requêtes pour être classée ou transmise au PG de
la cour de cassation.
La commission d’instruction est chargée d’instruire l’affaire et de décider d’un non-lieu ou d’un
renvoi devant la cour de justice de la République.
-La décision de la cour de justice de la République est susceptible d’un pourvoi devant l’assemblée
plénière de la Cour de Cassation.
3. La Cour de cassation :
-C’est la juridiction la plus haute juridiction de l’ordre judiciaire, elle est unique et siège à Paris.
Elle juge les pourvois contre toutes les décisions rendues en dernier ressort par toutes les
juridictions judiciaires, civiles ou pénales situées en France.
-Elle n’est pas un 3ème degré de juridiction, elle juge en droit et seulement en droit la qualité des
décisions rendues par les juridictions inférieures.
Son rôle est de dire le droit et d’en uniformiser l’interprétation sur tout le territoire.
Elle œuvre pour une meilleure lisibilité, intelligibilité et prévisibilité du droit ainsi que pour l’égalité
des citoyens devant la loi.
-Elle est saisie par un pourvoi formé par la partie qui a succombé en appel (ou en 1ère instance dans
le cas où le jugement était en dernier ressort), le pourvoi est ouvert contre les jugements rendus en
dernier ressort (valeur -4000€) ou contre les arrêts de la cour d’appel.
Le moyen de cassation est fondé sur la violation d’une ou plusieurs règles de droit.
-Elle rend des avis sur toute question de droit nouvelle que lui soumet une juridiction du fond à
l’occasion d’un litige porté à son examen.
-La formation spécialisée de cette cour se prononce dans un délai de 3 mois, son avis ne s’impose
pas à la juridiction qui l’a sollicitée, il est diffusé à celle-ci, au ministère public, au 1er président et au
procureur général de la cour d’appel concernée et peut être publié au JO.
-La cour de cassation est bicéphale : le 1er président a autorité sous un aspect administratif et
d’organisation des services sur l’ensemble des magistrats du siège de la cour ; le procureur général a
autorité sur l’ensemble des membres du ministère public de la cour, il exerce un pouvoir
hiérarchique sur les magistrats du parquet de son service et peut leur imposer de prendre une
certaine position dans une affaire.
-Le 1er président participe à l’activité juridictionnelle de la cour (préside les débats), il préside la
formation spéciale pour avis et le CSM statuant sur des poursuites disciplinaires.
Il veille au bon fonctionnement de la cour.
-Les conseillers référendaires élaborent un rapport sur les affaires et préparent une note ou un
projet d’arrêt.
Ils participent aux débats avec une voix délibérative pour le jugement des affaires dont ils sont
chargés, pour les autres affaires, ils disposent d’une seule voix consultative.
-Les auditeurs exercent des fonctions administratives et la chambre dispose de 200 greffes.
-Le procureur général est le chef du parquet composé de 1ers avocats généraux, d’avocats généraux
et d’avocats généraux référendaires.
Il donne un éclairage aux affaires soumises à la cour, il ne décide pas de la solution à donner aux
affaires.
-La cour de cassation accueille des conseillers et avocats généraux en service extraordinaire, càd des
personnes non professionnelles choisies pour leurs compétences.
La chambre mixte composée du 1er président qui la préside, les présidents et les doyens de
chambre qui la composent, 2 conseillers de chacune de ces chambres.
Le renvoi du pourvoi en cassation devant la chambre mixte s’effectue soit de manière facultative
soit de manière obligatoire.
L’assemblée plénière devant laquelle le renvoi du pourvoi est obligatoire en cas de deuxième
pourvoi en cassation fondé sur les mêmes moyens qu’un premier pourvoi déjà jugé.
Le renvoi est facultatif en cas de divergence de jurisprudence sur une question de principe.
Elle est composée du premier président, des 6 présidents et des 6 doyens de chambre, ainsi que
d’un conseiller de chacune des six chambres.
-Elle peut soit rejeter le pourvoi parce que la décision attaquée a respecté les règles de droit. La
décision attaquée devient alors irrévocable, les actes d’exécution sont confirmés.
Elle peut aussi casser la décision soumise à son examen, par exemple lorsqu’il existe une violation de
la règle de droit ou que la décision attaquée manque de base légale.
-La cour de cassation assure également la fonction de cour de révision et de réexamen des décisions,
après condamnation de l'Etat français par la Cour européenne des droits de l'Homme (CEDH).
Cela concerne les affaires pénales ainsi que les affaires civiles.
-Les tribunaux administratifs (TA) composent le premier degré de juridiction, les cours d’appel
administratives (CAA), le second degré de juridiction.
Le Conseil d’Etat est la plus haute juridiction de l’ordre administratif, il juge seulement en droit,
lorsqu’il est saisi contre une décision rendue en dernier ressort.
Il ne constitue pas un troisième degré de juridiction.
-Ces juridictions sont spécialisées dans le jugement des litiges impliquant l’administration et qui
commandent l’application du droit public.
Ces juridictions (TA et CAA) sont composées de magistrats administratifs issus du concours de l'Ecole
nationale d’administration (ENA) ou du concours des conseillers administratifs des TA.
Les conseillers d'Etat composent un corps encore différent, autonome, issu principalement de l'ENA.
-La loi du 24 mai 1872 qui a donné son autonomie au Conseil d’Etat (justice déléguée).
-Les juridictions administratives jugent les litiges en matière de contestation des décisions à de l’Etat,
des collectivités territoriales et de l’administration, en matière d’aide et d’action sociales, des litiges
de l’administration avec ses fonctionnaires ou agents publics, des questions d’urbanisme, la
responsabilité d’une administration dans la commission d’un dommage, le contentieux des contrats
administratifs.
-Les TA sont le juge de droit commun en premier ressort du contentieux administratif, sous réserve
des compétences que l’objet du litige ou l’intérêt d’une bonne administration de la justice
conduisent à attribuer au Conseil d’Etat.
Ils peuvent être également amenés à donner leur avis sur les questions qui leur sont soumises par
les préfets.
Ils exercent alors une fonction non contentieuse.
-Territorialement, le TA compétent est celui dans le ressort duquel l’autorité a pris la décision
attaquée ou a signé le contrat litigieux a son siège.
-Il existe d’autres juridictions dans l’ordre administratif, qui disposent d’une compétence restreinte à
un domaine particulier : par ex, la commission nationale du droit d'asile qui statue sur les recours de
plein contentieux formés contre les décisions rendues par l'Office français de protection des réfugiés
et des apatrides (Opfra) en matière d'asile.
Ses décisions peuvent faire l'objet d'un recours en cassation devant le Conseil d'Etat.
-Elles sont au nombre de 8 et chaque cour comporte des chambres présidées par un conseiller
d’Etat.
-Les conseillers de TA peuvent être affectés à une cour d’appel administrative. Cela suppose qu’ils
comptent au moins 4 ans d’ancienneté.
-Lorsqu’une partie est mécontente du jugement rendu en 1ère instance et estime que celui-ci a
commis une erreur d’appréciation des faits soumis à son examen ou une erreur en appliquant le
droit, il forme un recours devant la cour administrative territorialement compétente.
-La cour administrative d’appel statue en appel des jugements rendus en premier ressort des TA ou
de certaines juridictions spécialisées, sous réserve des compétences réservées au Conseil d’Etat.
Le Conseil d’Etat :
-Les membres du Conseil d’Etat sont principalement issus du concours de l’ENA, parmi les premiers
sortis.
Ils sont successivement auditeurs, à leur installation au Conseil d’Etat, puis, selon leur ancienneté,
maîtres des requêtes et conseillers d’Etat.
Composition :
-Le Conseil d’Etat est présidé par son vice-président.
Il est composé de sections, spécialisées chacune présidée par un président.
Un secrétaire général, nommé par décret du président de la République parmi les conseillers d’Etat
et les maîtres des requêtes, dirige les services du conseil.
Dans les formations contentieuses, siègent également des rapporteurs publics.
Fonctionnement :
-Le Conseil d’Etat est aussi un organe administratif qui participe à l’élaboration des lois et des
décrets en donnant son avis, requis à titre le plus souvent obligatoire.
Le Conseil d’Etat est le conseiller du gouvernement.
Le Conseil d'Etat peut être saisi pour avis, par le président d'une assemblée, avant son examen d’une
proposition de loi déposée par l'un des membres de cette assemblée sauf si ce dernier s'y oppose.
-La section du contentieux juge toutes les affaires. Elle est divisée en 17 sous-sections participant à
l’instruction et au jugement des affaires.
Elle comprend 1 président et 3 présidents adjoints, des conseillers, des maîtres des requêtes et des
auditeurs chargés des fonctions de rapporteur public.
Selon la difficulté de l’affaire à juger, celle-ci est confiée à une ou deux sous-sections réunies, voire à
la section toute entière.
L’Assemblée du contentieux juge les affaires les plus compliquées et comporte au moins 9 membres.
En cas de partage égal, la voix du président est prépondérante.
-Le Conseil d’Etat statue sur les recours en cassation dirigés contre les décisions rendues en dernier
ressort par les juridictions administratives de premier degré ou d’appel, il juge alors en Droit
uniquement.
-Le Conseil d’Etat est également seul compétent pour statuer sur les recours en cassation dirigés
contre les décisions rendues en dernier ressort par toutes les juridictions administratives.
-Le Conseil d’Etat connaît plus rarement, des appels formés contre les décisions rendues en premier
ressort par les autres juridictions administratives (hors TA).
Il en est ainsi en matière d'élections cantonales et municipales, contre les arrêtés préfectoraux de
reconduite à la frontière, les rejets des référés-libertés.
Ici, il juge donc en fait et en droit.
-Le Conseil d’Etat conserve une compétence de 1er et dernier ressort pour les recours dirigés contre
les décrets et ordonnances du président de la République, les actes réglementaires des ministres ou
leurs décisions en matière de contrôle des concentrations économiques, ainsi que pour les actes
administratifs dont le champ d’application s’étend au-delà du ressort d’un seul TA.
Il juge en droit uniquement ici aussi.
S’il annule un décret ou un arrêté, celui-ci sort du corpus juridique en vigueur
-Agissant comme juge de cassation, lorsqu’il casse une décision, l’affaire doit donc être jugée à
nouveau. Il peut renvoyer l’affaire devant la même juridiction autrement composée ou devant une
juridiction de même nature, soit, plus exceptionnellement, régler l’affaire au fond lui-même, dans le
but d’une bonne administration de la justice. Lorsque l’affaire fait l’objet d’un second pourvoi en
cassation, le Conseil d’Etat statue définitivement. Il n’y a pas de renvoi devant une autre Cour.
-Les sections administratives sont au nombre de 5. Elles sont spécialisées : intérieur, finances,
travaux publics, sociale, rapport et des études. Cette dernière section adresse des propositions de
réforme au pouvoirs publics et prépare un rapport d’activité annuel remis au président de la
République sur l’action du Conseil d’Etat.
-Une commission permanente examine les projets de lois et d’ordonnances lorsque l’urgence est
signalée par le ministre compétent et constatée par décision spéciale du premier ministre.
-L’Assemblée générale du Conseil d’Etat se réunit périodiquement (au moins 12 fois par an) sous la
présidence de son vice-président.
Le Conseil d’Etat est alors le conseiller du gouvernement. Il est obligatoirement consulté sur les
projets de loi, avant adoption par le Conseil des ministres, les ordonnances et certains décrets (ceux
qui sont pris après avis du Conseil d’Etat).
-La cour des comptes siège à Paris. A sa tête, il y a un 1er président et un Procureur général.
Des conseillers maîtres et des avocats généraux composent la cour.
-Elle exerce des attributions juridictionnelles en ce qu’elle est juge de droit commun des comptes
des comptables publics.
En l’absence d’irrégularité, elle rend un arrêt de décharge, et un arrêt de débet dans le cas contraire.
Ses arrêts sont susceptibles de recours en cassation devant le Conseil d’Etat.
-La cour juge l’appel formé contre les arrêts définitifs rendus par les Chambres régionales des
comptes.
-Elle vérifie la bonne exécution du budget de l’Etat, à travers les comptes des entreprises publiques
et des organismes de sécurité sociale.
Elle effectue un véritable audit de gestion du bon emploi des crédits, fonds et valeurs de l’Etat, elle
élabore un rapport public remis chaque année au président de la République sur l’exécution de la
précédente loi de finances.
-Une chambre a été créée par région, comprenant un président, des conseillers et un rapporteur
public assurant les fonctions du ministère public, pour contrôler les comptes des collectivités locales.
-Elle a des attributions juridictionnelles : elle vérifie l’ensemble des comptes des comptables publics
des collectivités territoriales et de leurs établissements publics, des établissements publics régionaux
ainsi que les comptes des personnes qu’elle a déclarées comptables de fait.
A l’issue de sa vérification, la chambre rend un jugement de décharge ou de débet, avec appel
possible devant la cour des comptes.
-Elle exerce également des attributions non juridictionnelles, dans le cadre du contrôle budgétaire.
Elle examine la gestion des collectivités territoriales, soit à son initiative soit à celle des préfets.
-Elle comprend six membres : le 1er président de la cour des comptes, 2 conseillers à cette cour et 3
conseillers d’Etat.
Elle siège à la cour des comptes et peut prononcer des sanctions pécuniaires contre les
ordonnateurs (agents publics ayant le pouvoir de gérer des crédits budgétaires) coupables
d’irrégularités financières commises dans la gestion des fonds de l’Etat, des collectivités publiques et
de leurs établissements publics, des entreprises publiques et des organismes soumis au contrôle de
la cour des comptes ou des chambres régionales des comptes.
-Elle est compétente pour sanctionner divers types de comportement : violation des règles
budgétaires ou de la comptabilité publique, fautes de gestion entraînant des préjudices graves.
Elle prononce des amendes dont le maximum correspond au double du traitement annuel de
l’intéressé. Ses arrêts sont publiés au Journal officiel (JO) et l’intéressé peut former un recours en
cassation devant le Conseil d’Etat.
-La cour de discipline budgétaire et financière présente chaque année un rapport au président de la
République.
-Le Tribunal des conflits peut être amené à régler les conflits de décisions ou de compétence (positifs
ou négatifs) :
Les conflits positifs opposent le juge judiciaire et l’Administration. On suppose que l’Administration
mise en cause devant le juge judiciaire par un particulier, soulève l’incompétence de cette juridiction
au profit de la juridiction administrative. Le préfet élève alors le conflit devant la juridiction
judiciaire. Il rédige un acte déclinatoire de compétence invitant la juridiction judiciaire à se dessaisir.
Si la juridiction judiciaire reconnaît son incompétence, la procédure s’arrête et aux parties de la
reprendre devant la juridiction administrative. Si elle rejette le déclinatoire, elle se déclare
compétente. Dans les 15 jours le préfet, s’il maintient sa position, prend un arrêté de conflit qui
oblige la juridiction judiciaire à surseoir à statuer sur le fond de l’affaire. Le tribunal des conflits
statue dans les 3 mois.
Si l’arrêté de conflit est confirmé, le juge judiciaire est définitivement incompétent pour statuer, le
justiciable devra saisir la juridiction administrative ; si l’arrêté de conflit est annulé, l’affaire peut
reprendre son cours devant la juridiction judiciaire dont la compétence est alors confirmée.
Pour les conflits négatifs une juridiction de l’ordre judiciaire et une juridiction de l’ordre administratif
ont toutes deux décliné la compétence de l’ordre auquel elles appartiennent pour statuer sur le
litige soumis : le Tribunal des conflits doit alors déterminer l’ordre de juridiction compétent. Le
renvoi devant le Tribunal des conflits est :
Obligatoire et préventif dans certaines situations par ex lorsque l’un des deux ordres s’est déclaré
incompétent par une décision définitive, l’autre ordre saisi à la suite estime que le précédent ordre
était bien compétent : il doit alors surseoir à statuer et renvoyer l’examen de la question de
compétence au Tribunal des conflits qui déterminera l’ordre juridictionnel compétent. Son jugement
n’est pas susceptible de recours.
Facultatif lorsque le litige à titre principal ou incident pose une question de compétence entre les
deux ordres : la cour de cassation et le conseil d’Etat peuvent surseoir à statuer et saisir le Tribunal
des conflits. Le tribunal des conflits déclare nuls et non avenus l’ensemble des jugements et actes de
procédure auxquels l’action a donné lieu devant la juridiction qui a prononcé le renvoi s’il estime
cette juridiction incompétente.
-La décision du Tribunal des conflits rendue sur renvoi s’impose à toutes les juridictions de l’ordre
administratif et judiciaire ; elle s’oppose à ce que le conflit positif d’attribution puisse être
ultérieurement élevé sur la question jugée par cette décision.
-Pour les conflits de décisions une juridiction de l’ordre judiciaire et une juridiction de l’ordre
administratif, dans la même affaire, ont rendu une décision définitive et contradictoire.
Dans les 2 mois du jour où la dernière des deux décisions est devenue définitive, le Tribunal des
conflits doit être saisi pour statuer définitivement sur le fond du litige.
-Une fonction nouvelle a donc été décernée au Conseil constitutionnel par l’article 61-1 de la
Constitution introduit en 2008 et complété par la loi organique qui a instauré un contrôle a
postériori par le justiciable.
Il s’agit de la question prioritaire de constitutionnalité.
Entré en vigueur en mars 2010, ce nouveau droit, connu sous le nom de QPC, permet la saisine du
Conseil constitutionnel, lorsqu’à l’occasion d’un litige en cours devant une juridiction, il est soutenu
qu’une disposition législative (promulguée et publiée) porte atteinte aux droits et libertés que la
Constitution garantit.
-Le Conseil constitutionnel n’est pas saisi directement par les parties au litige. Celles-ci ou l’une
d’elles, lorsqu’elles estiment inconstitutionnelles une loi applicable, forment devant la juridiction
saisie de leur litige une question prioritaire de constitutionnalité. Il appartient à cette juridiction de
décider du renvoi ou non de la question devant leur juridiction supérieure (la cour de cassation ou le
Conseil d’Etat). En dernier lieu, il revient à la cour de cassation (ou au Conseil d’Etat) de renvoyer ou
non l’examen de la question devant le Conseil constitutionnel.
-Une disposition déclarée non conforme à la Constitution par le Conseil constitutionnel, à l’issue de
cette procédure est abrogée à compter de la publication de la décision du Conseil constitutionnel ou
d’une date fixée par cette décision.
Elle ne peut donc plus s’appliquer au litige en cours qui a motivé la saisine du Conseil
constitutionnel.
La décision du Conseil conditionne la solution du litige et peut radicalement modifier son issue.
-Le Conseil constitutionnel se compose de membres de droit qui sont les anciens présidents de la
République et de 9 membres nommés discrétionnairement pour 9 ans (3 par le pdt de la République,
3 par le pdt du Sénat et 3 par le pdt de l’AN).
-Ces institutions n’ont pas le statut de juridiction mais leur rôle se rapproche de celui des
juridictions, elles se prononcent en droit et disposent également de pouvoirs de sanctions.
-La 1ère qui a vu le jour en France est la CNIL (commission nationale de l’informatique et des
libertés) avec la loi du 6 janvier 1978.
Au nombre de plus de 40, on citera les plus connues : la CADA (1979), l’autorité de la concurrence
(1986), le CSA (1989), l’ART (1996), la CRE (2000), l’AMF (2003), le Défenseur des droits (comprend le
Défenseur des droits des enfants, le Médiateur et l'ancienne la Halde)
-Ces autorités peuvent être regroupées en deux catégories : les autorités chargées de la protection
des droits et libertés et les autorités de régulation économique. On pourrait également, d’un point
de vue plus fondamental encore, au plan institutionnel, distinguer les autorités selon qu’elles
disposent ou non d’un pouvoir de sanction. Car cette prérogative, lorsqu’elle existe, fait d’elles un
véritable juge.
-Ces sanctions, prononcées par des AAI, ont donc un caractère administratif.
Celles prononcées par l’autorité de la concurrence, se situent pourtant à des sommets que le juge
pénal le plus répressif ne pourrait pas même atteindre au dixième car la loi ne le leur permet pas ! En
revanche sanction administrative et sanction pénale peuvent se cumuler.
Le conseil constitutionnel a rappelé dans sa décision du 10/06/09 qu’une AAI ne pouvait disposer
d’un pouvoir de sanction général “qui puisse restreindre l’exercice d’une liberté aussi essentielle que
la liberté de communication”.
-Les recours contre leurs décisions sont portés devant les juridictions d’appel ou de cassation soit de
l’ordre administratif, soit de l’ordre judiciaire.
Les décisions de l’Autorité de la concurrence ou de l’AMF, par exemple, sont du ressort de la cour
d’appel de Paris, désignée exclusivement pour en connaître.
-La CEDH est composée d’autant de juges qu’il y a de parties contractantes à la Convention, c’est-à-
dire aujourd’hui 47.
Ces juges sont élus par l’Assemblée parlementaire, au titre de chaque Etat membre qui présente une
liste de 3 candidats pour un mandat de 9 ans non rééligible.
Ils doivent présenter toutes les garanties d’indépendance, d’impartialité et de compétence.
Saisine de la Cour :
En matière contentieuse :
-La CDEH peut juger toutes les affaires concernant l’interprétation et l’application de la Convention
ou de ses protocoles, qu’il s’agisse de litiges interétatiques ou de requêtes individuelles.
Elle peut être saisie par un justiciable, une ONG ou tout groupe de particuliers qui se prétend victime
d’une violation par l’un des Etats parties de droits reconnus par la Convention ou ses protocoles.
-Elle ne peut cependant être saisie que si toutes les voies de recours internes sont épuisées. Il doit
agir dans les 6 mois de la dernière décision définitive.
Il doit invoquer un droit que la Convention (ou ses protocoles) protège et présenter une demande
qui n’est ni abusive, ni manifestement mal fondée.
-La Cour juge normalement en formation de 7 juges qui pourra être réduite à 5 voire à un juge
unique pour les cas les plus simples.
Après une tentative de règlement à l’amiable infructueuse, la Cour statue sur la violation de la
Convention invoquée.
Elle se prononce par un arrêt déclaratoire, qui a autorité de la chose jugée à l’égard des parties,
c’est-à-dire qu'elle s’impose à elles sans formalités particulières.
L’Etat condamné doit prendre des mesures positives d’ordre général ou individuel pour se mettre en
conformité avec la Convention.
La Cour peut, en outre, condamner l’Etat défendeur à verser au requérant une satisfaction
équitable, qui est une somme d’argent. Sa décision s’appelle un arrêt.
-Un recours est possible contre cette décision devant la Grande Chambre composée alors de 17
juges.
-Hors contentieux porté devant elle, la CEDH dispose également d’un pouvoir de donner des avis
consultatifs motivés sur des questions juridiques qui concernent l’interprétation de la Convention ou
de ses protocoles, à la demande du Comité des ministres.
Les plus hautes juridictions d’un Etat, comme la Cour de cassation et le Conseil d’Etat peuvent
adresser à la Cour une demande d’avis consultatif sur les questions de principes relatives à
l’interprétation ou à l’application des droits et libertés définis par la Convention et qui se posent à
l’occasion d’une affaire pendante devant elles.
-La Cour siège en Grande Chambre pour donner des avis consultatifs sur les questions relatives à
l’interprétation ou l’application des droits et libertés définis par la Convention.
-Le juge national fait une application directe de la CEDH et procède à un contrôle de
conventionnalité des textes internes.
-Il s’agit d’un système juridique intégré, c’est-à-dire que le droit européen de l’homme fait partie
intégrante du droit appliqué par les juridictions.
-L’arrêt de la CEDH n’a pas force exécutoire dans l’ordre juridique interne, ce qui signifie qu’il n’a pas
pour effet d’abroger la disposition de droit interne jugée contraire à la convention européenne des
droits de l’Homme.
Le requérant ne peut pas non plus forcer l’Etat condamné à prendre des mesures de droit
correctives.
-Elle prononce un arrêt déclaratoire qui a l’autorité de la chose jugée à l’égard des parties. L’Etat
condamné doit, de lui-même, prendre des mesures positives, d’ordre général ou individuel pour se
mettre en conformité avec la Convention.
Si la condamnation ne permet pas de réparer le préjudice subi, la Cour condamne l’Etat défendeur à
verser au requérant une satisfaction équitable sous la forme d’une somme d’argent.
Toutefois, l’arrêt rendu fait l’objet d’un suivi par les organes internes du Conseil de l’Europe.
-L’arrêt de condamnation rendu contre l’Etat, permet à certaines conditions, de faire rejuger l’affaire
par les juridictions nationales : le Comité des ministres, composé d’1 représentant de chaque Etat
membre surveille l’exécution des arrêts définitifs rendus par la Cour.
Ce Comité peut, après avoir mis en demeure l’Etat qui n’exécute pas un arrêt de condamnation,
saisir la Cour, laquelle, si elle constate une méconnaissance de sa décision, renvoie l’affaire au
Comité des ministres afin qu’il examine les mesures à prendre
- En matière pénale, une procédure permet un réexamen des décisions pénales définitives en cas de
condamnation par la Cour européenne, si la violation constatée entraîne pour le condamné des
conséquences dommageables auxquelles l’indemnisation financière ne peut à elle seule mettre un
terme.
La demande est portée devant une commission de réexamen qui peut renvoyer l’affaire devant une
juridiction du fond (tribunal correctionnel, cour d’assises).
Pour un nouveau procès, ou devant l’assemblée plénière de la Cour de cassation pour un nouvel
examen du pourvoi en cassation.
Le même recours en révision est ouvert en matière civile.
-La mission essentielle de la Cour est d’assurer le respect du droit dans l’interprétation et
l’application des traités de l’Union.
-L’UE compte 2 juridictions : le tribunal de première instance (TPI) et la Cour de justice de l’Union.
Composition :
-Elle est juge des exceptions d’illégalité contre un acte de l’Union, soulevées par un Etat membre,
une institution communautaire, une personne physique ou morale. Elle statue également sur les
recours en manquement contre un Etat membre pour son inobservation du droit communautaire.
-A l’occasion d’un litige porté devant la CJUE, le justiciable peut se prévaloir de la protection d’un
droit fondamental.
-Le renvoi préjudiciel consiste pour une juridiction nationale de l’un des Etats membres à poser une
question à la CJUE au sujet notamment de l’interprétation du Traité ou du droit dérivé.
Sa réponse va s’imposer à cette juridiction.
L’objet du renvoi préjudiciel peut être une demande en interprétation soit une demande sur
l’appréciation de la validité.
Il s’agit de l’interprétation du droit primaire (traités) et du droit dérivé (règlements et directives
communautaires principalement) et de l’appréciation de la validité des actes des institutions
communautaires et de la BCE, ainsi que, au détour d’une question d’interprétation, une réponse est
apportée à la question de la conformité d’une disposition de droit interne au droit communautaire.
-L’exigence d’interprétation uniforme du droit communautaire impose au juge national qui a saisi le
Cour d’appliquer au litige dont il est saisi, la solution dégagée par celle-ci.
Cependant le respect de l’autonomie du juge national conduit à lui permettre de saisir à nouveau la
Cour s’il désire poser une nouvelle question de droit, s’il soumet des éléments nouveaux ou s’il se
heurte à des difficultés de compréhension ou d’interprétation de l’arrêt.
-A l’égard des autres juridictions et des autorités nationales, la situation est identique car
l’interprétation donnée par la Cour s’incorpore à la disposition interprétée.
Ces autorités doivent donc appliquer le droit communautaire à la lumière de l’interprétation qu’en
fait la Cour.
Cependant le juge national reste toujours libre de saisir la Cour d’une question déjà tranchée, qui
l’examinera au vu des éléments nouveaux qui pourraient lui être présentés et pourra si elle le juge
nécessaire, modifier sa jurisprudence.
-La solution est la même en ce qui concerne les arrêts statuant sur la validité d’un acte
communautaire.
-Tout autre juge national appliquera la solution découlant de la décision d’illégalité de la Cour.
-La portée de l’arrêt préjudiciel en interprétation est rétroactive puisque la règle est réputée
toujours avoir eu le même sens depuis son entrée en vigueur.
S’agissant de la validité des actes, l’illégalité constatée par le juge est également rétroactive, mais
dans tous les cas l’arrêt ne produit d’effets que dans le litige à propos duquel il a été rendu.
Compte-tenu de l’autorité de l’arrêt, si la légalité de l’acte est mise en cause dans d’autres affaires, il
sera déclaré illégal avec effet rétroactif.
-Il arrive que pour des raisons de sécurité juridique, la Cour limite, dans certains cas exceptionnels,
les effets de son interprétation ou de l’invalidité constatée qui ne vaudra alors que pour l’avenir.
Le parquet européen :
-Il est situé à Luxembourg, siège également de la Cour de justice et de la Cour des comptes
européennes et doit s’appuyer, dans chacun des Etats membres, sur des procureurs européens
délégués qui agissent au nom du procureur européen, ainsi que sur les juridictions nationales
désignées par des textes internes, pour, sur l'ensemble du territoire national, rechercher, poursuivre
et renvoyer en jugement les auteurs et complices des infractions pénales portant atteinte aux
intérêts financiers de l'Union européenne.
La juridiction parisienne est désignée par la loi de 2020 pour juger ces infractions.
-Elle a pour mission de trancher les litiges opposant des Etats souverains.
Elle est composée de 15 membres élus pour 9 ans renouvelables par l’Assemblée générale et le
Conseil de sécurité de l’ONU, sur des listes présentées par les Etats.
Les membres de la Cour bénéficient d’un statut spécial d’indépendance et d’impartialité ainsi que de
l’immunité diplomatique.
La Cour nomme pour 3 ans son président, son vice-président et son greffier.
-Elle a une compétence consultative et, à cette fin, peut être saisie par l’Assemblée générale et le
Conseil de sécurité des Nations Unies pour obtenir un avis sur toute question juridique. En principe
cet avis n’est pas obligatoire.
-Elle a également une compétence contentieuse et règle les différends qui lui sont soumis, en
conformité avec les conventions et les coutumes internationales et aux principes généraux de droit
reconnus par les nations civilisées.
-Sa saisine ne peut être réalisée que par les Etats et par l’ONU.
Les particuliers ne peuvent pas la saisir.
-Pour qu’elle puisse statuer, il faut que sa compétence ait été acceptée par les Etats concernés.
Elle siège à La Haye et est composée de 18 juges élus par l’Assemblée des Etats parties pour un
mandat de 9 ans non renouvelable.
Elle est organisée en 3 sections : la section préliminaire, la section de 1ère instance et la section
d’appel.
La présidence de la Cour est chargée de l’administration de la Cour.
-Le bureau du procureur est constitué par le procureur et par 1 ou plusieurs procureurs adjoints.
Il reçoit les informations sur les infractions qui relèvent de la compétence de la Cour, conduit les
enquêtes et soutient l’accusation à l’audience.
-La CPI exerce sa compétence à l’égard des personnes pour les crimes les plus graves ayant une
portée internationale : le génocide, le crime contre l’humanité, les crimes de guerre.
-Les peines applicables sont l’emprisonnement de 30 ans au plus, ainsi que la perpétuité ; la cour
peut ajouter une amende et la confiscation des produits du crime.
-La Cour est compétente à l’égard des personnes physiques et statue sur la responsabilité pénale des
chefs de gouvernements (non couverts par leur immunité interne) et celle des supérieurs
hiérarchiques pour négligence, défaut de surveillance ou consentement tacite.
-La CPI peut être saisie sur plainte d’un Etat partie signataire, ou par le Conseil de sécurité de l’ONU,
ou sur l’initiative du procureur.
Avant que la Cour ne puisse exercer sa compétence sur un crime, celui-ci doit avoir été commis sur
le territoire d’un Etat ayant déjà ratifié le Statut de Rome ou par un de ses ressortissants.
La Cour pénale internationale sera également compétente lorsqu’un Etat qui n’est pas partie au
Statut de Rome a consenti à ce que la Cour exerce sa compétence s’il s’agit de l’Etat où le crime a été
commis ou de l'État de la nationalité du suspect.
-Tout Etat peut engager des poursuites pénales à l’encontre des personnes soupçonnées d’avoir
commis des crimes dont la nature est réputée toucher l’ensemble de la communauté internationale
et aucun consentement n’est requis de la part d’aucun autre Etat.
-Seulement un Etat ayant ratifié le Statut de la Cour pénale internationale peut activer la
compétence de cette dernière : les propositions tendant à reconnaître un tel pouvoir aux seuls Etats
en liaison directe avec les crimes commis ont été rejetées.