THEME 1 : LA FAMILLE
TEXTE : LA MORT DE LA PETITE CHEVRE………………………………….
TEXTE 1 : AMOUR MATERNEL
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A la mort de mon père j’étais âgé de quelques années seulement.
Ma mère entreprit donc de m’élever. Elle y a apporté une sollicitude TABLE DES MATIERES
extrême. Elle a fait tout, m’entends-tu ? Tout ce qu’elle croyait faire
pour mon bien. Elle me gravait de nourriture, de bonne nourriture. THEME 1 : LA FAMILLE………………………………………………………………………2
Chaque soir, elle me plongeait dans une énorme marmite plaine d’eau TEXTE 1 : AMOUR MATERNEL…………………………………………..…..2
tiède et me frottait longuement tout le corps. Trois fois par semaine, TEXTE 2 : TANTE BELLA……………………………………………………………4
elle m’envoyait écouter les leçons du catéchiste…. J’étais mieux habillé THEME 2 :
que les gosses de mon âge qui avaient leur père. L’ECOLE…………………………………………………………………………………6
Nous dormions sur des lits de bambou des deux côté du feu que TEXTE 1 : VOL DE QUESTION D’EXAMEN (1ière partie)…………..6
ma mère ne cessait d’attiser la nuit tandis qu’elle me racontait des TEXTE 2 : VOL DE QUESTION D’EXAMEN (2ième partie………………..7
fables ou me parlait de mon père, de son enfance à elle, du pays où TEXTE 3 : TENTATIVE DE CORRUPTION (1ière partie)…………………..8
elle était née, de ma grand-mère morte peu avant ma naissance … TEXTE 4 : TENTATIVE DE CORRUPTION (2ième partie)………………..10
THEME 3 : L’AMITIE…………………………………………………………………….13
Certaines nuits, nous entendions hululer un hibou ou hurler un TEXTE 1 : AMITIE D’ENFANTS…………………………………………………………13
chimpanzé : je me faisais tout petit dans mon lit, et ma mère en riant TEXTE 2 : DES AMIS INSPEPARABLES………………………………………………15
me TEXTE 3 : LA RONDE AUTOUR DU MONDE………………………………………..17
THEME 4 : VILLE ET
VILLAGE……………………………………………………………………18
TEXTE 1 : CONKRY……………………………………………………………………….19
TEXTE 2 : LA CAMPAGNE……………………………………………………………20
TEXTE 3 : UN VILLAGE PAISIBLE………………………………………………..21
THEME 5 : COMMERCES ET MARCHES……………………………………………23
TEXTE 1 : SCENE DE MARCHANDAGE…………………23
TEXTE 2 : UN MARCHE AU SENEGAL…………………….24
TEXTE 3 : UN COMMERCANT HABILE……………………..26
THEME 6 : LE TRAVAIL DES CHAMPS…………………………………………28
TEXTE 1 : LE TRAVAIL……………………………………………………28
TEXTE 2 : LA MOISSON DU RIZ……………………………………..29
THEME 7 : ATELIERS USINES………………………………………………………31
TEXTE 1 : LE TRAVAIL DE L’OR………………………………………………………….31 6. L’enfant aimait-il partir à l’école de la ville ? Pourquoi ?
TEXTE 2 : UNE FORGE………………………………………………………………………32 7. Montrez par des passages du texte que la mère aimait son
TEXTE 3 : UNE USINE MODERNE……………………………………………………….34 fils ?
THEME 8: CHASSE ET 8. Dans cet extrait, l’auteur s’adresse-t-il à quelqu’un ? A quoi le
PECHE……………………………………………………………………36 vois-tu ?
TEXTE 1 : LA MORT DE BATOUALA……………………………………………… 9. Donnez la fonction des pronoms personnels employés dans ce
36 texte
TEXTE 2 : LA MORT DE MOUROU LA PANTHERE…………………………38
3 10. Quel est le temps et mode les plus employés dans ce texte ?
THEME 9 : LA LUTTE CONTRE LES ANIMAUX…………………………………
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disant : « N’aie donc pas peur, fils ; il ne viendra tout de même pas te
chercher là, devant moi … »
D’autres nuits, la pluie crépitait sur le toit, tandis que de violentes
rafales balayaient la cour, agitaient les arbres là-bas derrière le village ;
alors ma mère me disait : « Mon Dieu ! Ecoute les mangues tomber. Un
qui va être content demain, c’est toi. Pas vrai ? » Oh ! Elle me
corrigeait souvent et sans ménagement. Mais le souvenir même de ces
punitions me la rend encore plus chère.. TEXTE 2 TANTE BELLA
Tout ce qu’elle était pour moi, je ne l’ai deviné que ce jour où j’ai
souffert pour la première fois de ma vie : ma mère était allée Les femmes, insouciantes et joyeuses le matin, quand elles
m’inscrire à l’école de la ville. Désormais, cinq jours sur sept, je serais partaient aux champs, en revenaient maintenant, non plus en fille,
séparé d’elle, j’ai pleuré ce jour-là comme jamais plus je ne pourrai le mais à une muettes de fatigue.
faire. J’ai bien fini par me faire à cette nouvelle existence ; mais, au Toutes étaient depuis longtemps, lorsque, au bout du village,
début. Ce fut très difficile : ma mère, jalouse, ne m’avait pas habitué à apparut, enfin, la silhouette familière de notre tante, de Tante Bella, la
fréquenter les enfants de mon âge. grande sœur de notre père.
Ezo Boto, Ville cruelle (Présence Africaine) Lourdement bâtie, elle ployait pourtant sous le poids de
I. Questions sur le texte l’immense panier de rotin qu’elle portait sur son dos. Ce panier
1. Quand le père de l’auteur est-il mort ? contenait un peu de tout : des morceaux de bois de chauffage, des
2. Sa mère s’est-elle beaucoup occupée de lui ? Prouve-le morceaux de cannes à sucre, un régime de plantain, des courges, des
3. Que faisait-elle le soir, quand l’enfant était déjà couché ? bottes de feuilles de manioc et une diversité de fruits comestibles,
4. L’enfant avait-il peur des animaux ? Qu’est-ce qui le prouve ? juteux, farineux, doux, un tas de bonne choses dont elle nous savait
5. La mère ne punissait-elle jamais son fils friands et qu’elle nous offrait. En retour, tous les enfants, petits
garçons et petites filles, ses neveux et ses nièces, nous lui faisons fête Questions sur le texte
quand elle rentrait des champs, presque toujours la dernière.
Nous guettions son retour, et nous placions à proximité du 1. Pourquoi organise-t-on cette danse ?
chemin par lequel elle devait arriver. Elle donnait toujours plus, et le 2. Explique les paroles dites par les élèves.
meilleur fruit à celui qui, le premier, parvenait jusqu’à elle, et lui 3. Pourquoi les élèves jettent-ils du bois dans le feu ?
prenait la main. 4. Pourquoi a-t-on associé les prêtresses à cette fête ?
Aussi, quand elle apparut, toute la marmaille se précipita à sa 5. Quelles sont les différentes composantes de ce texte ?
rencontre.
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‘’Nous ne voyons pas allume nos torches à la lueur de ton esprit, à une
flamme plus vivante. ô Mobale-O-Tembé, ouvre nos yeux, nourris
notre jeune esprit. Bonsoir Mobalé-O-Tembé’’. A tour de rôle, après Question sur le texte
avoir décrit un tour de cercle sur lui-même, chaque enfant vient jeter 1. Quel âge pouvait avoir les acteurs de ce récit ?
sa torche devant me jeune instituteur. En courant, les gosses vont 2. Où habitaient-ils ?
ensuite chercher chacun un petit fagot de bois mort pour venir le jeter 3. Quel moment préféraient-ils pour jouer ensemble ?
dans le feu du bûcher, entretenu par les torches, qui éclate en un feu 4. Cite quelques jeux auxquels ils jouaient. Comment les jouait-on ?
d’artifice gigantesque devant l’entrée de l’école. Donne leur appellation et leur équivalent chez nous.
Là-bas, près du logement du directeur, le tam-tam se met à crépiter 5. Comment se terminaient ces jeux ?
sourdement d’abord, et de plus en plus nettement, à égrener ses
notes, tandis que Tango, toujours belle, vite rejointe par sa fille, TEXTE : DANSE D’ACCUEIL
esquisse une danse des plus significatives, les mains et les yeux levés Mambeké à terminé ses études à Brazzaville et à Paris. Il est reçu
vers le ciel, les deux prêtresses invoquent les divinités du pays pour la instituteur et nommé dans son village. Les enfants et les parents ont
réussite de l’œuvre de Mambeké. Les élèves accompagnent la mère et organisé une fête pour lui souhaiter la bienvenue.
la fille de leurs chants mélodieux et des battements de leurs petites Dans la case de Yoka, tout le monde s’est envolé pour le centre scolaire
mains. à l’exception d’Omboko restée là pour prévenir Mambeké de suivre la
D’après jean Malonga, Cœur d’Aryenne. famille déjà occupée aux préparatifs de la réception. Yoka, qui a reçu
un congé de ses maitres, a lui aussi organisé avec le concours des
moniteurs une autre danse, plus intime, celle-ci, dans l’enceinte même 1. Qui parle dans ce texte ?
de l’école. 2. Précisez quel lien parenté unit tante Bella et celui qui parle
Vite, le frère et la sœur grimpent la colline à une allure de bolide et 3. A quel moment de la journée se trouve-t-on ?
s’arrêtent, ahuris, stupéfaits, devant l’entrée du Centre scolaire 4. Tante Bella rapporte-t-elle beaucoup de vivres des champs ?
pavoisé et illuminé. Prouve-le par quelques exemples tirés du texte
Echelonnés tout le long de l’allée principale, les élèves sont alignés de 5. Les enfants aiment-ils leur tante Bella ? Pourquoi
chaque côté, une torche allumée à la main. Les trois moniteurs
s’avancent au-devant de Mambeké pur lire un discours.
Quatre élèves choisis parmi les plus jeunes, leur petit corps luisait au
reflet de la lumière clignotante des torches, sortent des rangs et
viennent jeter leurs flammes fumants aux pieds de Mambeké. Au coup
de sifflet du moniteur le plus gradé, une certaine de gosses, se tenant
par une main tandis que l’autre grade la torche, sont venus former un
cercle autour de l’instituteur Mambeké. A un nouveau signe du
moniteur, tous les enfants crient d’une seule voix pénétrante et claire :
« sono a soaaaaah », criaient les petites voix. Notre tante est
venue !
On se frayait un passage pour aller jusqu’à elle, et celui qui tenait THEME 2 : L’ECOLE 6
sa main s’y cramponnait solidement pour ne pas perdre sa TEXTE 1 : VOL DE QUESTION D’EXAMEN (1ière Partie)
récompense. Mapera (entrant) : Victoire ! Victoire, mon ami … Nous sommes
Tante Bella, elle, sans arrêter sa lente progression, touchait à la ronde, sauvés !
de petites têtes, de petites mains, et lorsqu’on lui marchait sur les Tsongo : Nous sommes sauvés ?
pieds ou qu’on entravait sa marche elle tentait de nous écarter, et Mapera : Oui, mon cher ; je suis parvenu à dérober le questionnaire de
proférait des menaces qui ne trompaient personne, et n’écartaient géographie !
personne. Elle nous aimait tant. Tsongo : Le questionnaire ? Ce n’est pas possible
Aussi, entourée de cette bande sautillante et jacassante, elle nous Mapera : J’étais allée chercher la petite sœur du géographe. En entrant
pilotait vers la case, d’où nous ressortions bientôt, mangeant, dans la maison, je ne trouve personne. Sur la table, les fiches de
croquant, suçant toutes sortes de choses. préparation de Monsieur climat ainsi que ce questionnaire.
D’après Joseph Owono, Tante Bella (Librairie Au messager) Tsongo : Montre-le donc !
Questions sur le texte
Mapera (exhibe un papier et lit) : La question est unique : établissez un et qui n’auraient pu être joués qu’au clair de la lune, et pas en plein
parallélisme entre le climat et la végétation des Monts Bleus des jour, ni par nuit noire…
Mitumba J’étais des plus tumultueux, de ceux qui ne pouvaient pas rester à
Tsongo : Etablissez quoi ? rêver près de leur maman, en regardant la lune voguer dans un ciel
Mapera : Un pararér … pararél … pa-ral-lli-sme. pervenche et traverse de temps en temps de gros flots nuageux.
Tsongo : Il est fou : ce mot n’existe pas en fraçais. J’appartenais à la bande frénétique de ceux qui se réunissaient devant
Mapera : Je connais le palarélogramme, les droites pararères, le l’église, près de l’école des ‘’petits’’, notre ancienne école
palaroropipède, mais le palarolisme … Ah non ! Je n’y pige rien. Quand parmi nous il y avait beaucoup de filles, on jouait à la ronde. De
Tsongo : Consulte un peu tes bras. ces rondes démesurées, bien scellées par nos mains. Et nous chantions
d’une voix innombrable et légère comme des vols de petits oiseaux,
des chansons que nous n’avions jamais apprises, et qu’on chantait
parce qu’il y avait clair de la lune et qu’on était nombreux et joyeux.
Et puis, nous jouions à l’aiguille pour palper les ombres dormant sous
les arbustes, aux ‘’boulines’’ pour nous asseoir côte à côte très serrés,
à cache-cache pour courir un peu, ‘’à mon sac’’ pour le plaisir de taper
avec un boudin d’étoffe les uns sur les autres. Nul doute, nous aurions
continué jusqu’au jour si, soudain, la voix de nos parents ne nous avait
appelés les uns et les autres. Et c’était tout en jouant ou en chantant
que nous courions aux bornes fontaines pour laver la poussière de nos
pieds et rentrer.
Joseph Zobel, La rue Cases-Nègres
THEME 11 : JEUX ENFANTS 47 44
TEXTE 1 : LES JEUX ENFANTINS -
Nous faisons tant des choses qui nous amusaient et nous attiraient des - Mais tu es aveugle, toi ! Et ce jeu subtil de Bouaké !... «
fessées, et nous sentions la vie si touffue autours de nous ! Par les Le ballon franchit la doture, un spectateur à ses trousses. Celui –ci a
beaux soirs, nous jouions au clair de lune. Les soirs de clair de lune, payé et il entend être satisfait.
c’est une manière de fête nocturne dans le village. Le ballon donc reprend sa place sous des centaines de paires d’yeux
Les enfants s’assemblaient et grouillaient en sarabandes dans tous les mécontents de sa fugue.
endroits pouvant servir de terrains de jeux. Ainsi, très tard dans la nuit, Des Européens et des Africains, en, sportifs, se tapaient amicalement
le bourg célébrait le clair de la lune. Il y avait, me semble-t-il, des sur les épaules en se tutoyant :
propos qu’on ne tenait qu’au clair de la lune, des jeux qu’on ne jouait ‘’Tu vois, mon ami, nous battons Bouaké.
- Impossible… Nous vous battons. pour avoir l’amabilité de me dire si notre examen est déjà
Entre eux, toute distance était abolie. Et Climbié, debout près d’une corrigé, Citoyen Professeur.
marchande d’oranges qui, très habilement, pelait ses fruits, regardait Kakule : Si j’ai bonne souvenance, vous avez remis une feuille toute
les gens des tribunes, les gens des pelouses, tous ces hommes que la blanche n’est-ce pas ? (il l’exhibe)
joie, en les dominant, avait unis, et il se disait : « ah, si cette harmonie, Mapera : C’est que, Citoyen, la question était supemétaphysique,
cette franche cordialité pouvaient durer ! « Citoyen, et je vous prie, Citoyen, de trouver, Citoyen, une
solution, à ce problème, Citoyen, Et puis, je me demande si
Bernard Dadié, Climbié (Seghers). c’était la question prévue.
Question sur texte Kakule : Je ne vois pas du tout ce que vous voulez dire.
1. Quelles sont les équipes en présence ? Questions sur le texte
2. Quels sont les différents acteurs de cette scène ?
3. Comment chaque acteur ou chaque groupe d’acteurs participe-t-il
au déroulement du match ? 1. Les classes de cette école sont-elles nombreuses ? Explique-toi
4. Pourquoi est-ce que l’arbitre n’est bon pour personne ? 2. Le professeur de géographie n’a-t-il que des corrections à faire ?
5. Cite quelques avantages de ce match de football. Justifiez ta réponse.
3. Pourquoi Mapera veut-il voir ce professeur ? Espère-t-il avoir
TEXTE 2 : LE MILLIEME BUT DE PELE bien travaillé ?
9 4. Quel effet produit la répétition de « Citoyen » ?
Pour Pelé, l’année 1969 va se terminer le 19 novembre. 5. Qu’est-ce que vous pensez de la démarche de Mapera ?
Vers le milieu du mois d’octobre, la presse brésilienne s’est aperçue, 6. Combien y at-il de temps en conjugaison ?
en dressant des statistiques, que le total des buts qu’il a marqués 7. Indiquez les adjectifs numéraux dans ce texte ?
depuis le début de sa carrière professionnelle approchait le nombre de
mille (…). (A Bahia), apparemment, Pelé met tout en œuvre pour 10
répondre à l’Attente de la population noire la plus dense des villes du
Brésil. A ,
Kakule : Passez chez moi demain à seize heures trente (il a consulté TEXTE 4 : TENTATIVE DE CORRUPTION (2ième partie)
un mini-agenda avant de dire l’heure)
Mapera : Il semble, Citoyen, qu’il pourrait être trop tard. Mapera : Pour être plus claire, Citoyen, je voudrais obtenir 60 sur 60 à
Kakule : Il n’est jamais trop tard pour causer et demain, pour l’examen. Je vous jure que serez satisfait de ma reconnaissance,
bavarder autour d’une tasse de thé, je serai très libre. Citoyen.
Mapera : Parce que, Citoyen, c’est-à-dire que je voulais tout Kakule : Je prie de quitter ce lieu avant que je me fâche.
simplement vous supplier de bien vouloir être assez gentil Mapera : Dix zaïres par point Citoyen.
Kakule : Disparaissez de ma vue avant que je m’énerve.
Mapera : Cinquante zaïres par point.
Kakule : Arrêtez ce discours avant qu’il ne soit trop tard
Mapera : Cent zaïres par point, Citoyen
Kakule : Assez de vous moquer ! A qui donc croyez-vous adresser ?
Mapera : Croyez-moi, Citoyen, le commerce des points est très
profitable. Un homme raisonnable ne pourrait s’en passer. Et pour
preuve, voici des billets, Citoyen, si vous me prenez pour un mendiant
de points.
Kakule : Il ne vous reste qu’une fraction de seconde pour être fou.
Mapera : Si l’argent n’est pas ce qui vous intéresse, je suis d’une
éloquence exceptionnelle auprès des filles et, si vous voulez, en moins
d’une heure, je vous amène au même moment toutes les plus belles
filles du Collège. Ecrivez leurs noms sur ce papier.
Kakule : Je ne sais pas si vous n’avez jamais été normal.
Mapera : S’il y a un homme anormal dans cette école …
Kakule : S’il y a un homme anormal dans cette école, eh bien …
achevez.
Mapera : Non, Citoyen …
Kakule : Achevez !
Mapera : Citoyen, je le dirai puisque vous insistez : tous les
villageois, tous les élèves, tous les professeurs, tous les cuisiniers, tout
le monde vous prend pour un homme anormal. Anormal,
contradictoire, démodé, hypocrite, détraqué, malade et malheureux.
Voici un conseil d’ami : puisque le commerce des points profite et
aux élèves, et aux professeurs, et aux parents, vous avez tout intérêt à 42
le pratiquer. Autrement vous resterez éternellement malheureux,
malade, détraqué hypocrite démodé,
m'occupait, cherchant l’instant favorable où je poserais la question qui
me tenait si fort à cœur. Et tout à coup je dis :
- Père, quel est ce petit serpent qui te visite ?
- De quel serpent parles-tu ?
- Eh bien ! du petit serpent noir que ma mère me défend de tuer. Kakule : Allez dire à ce « tout le monde » de me ficher la paix, à
- Ah ! fit-il. moi un détraqué.
Il me regarda un long moment. Il paraissait hésiter à me répondre. Mapera : Comprenez-moi, Citoyen, c’est de points que j’ai besoin.
Sans doute pensait-il à mon âge, sans doute se demandait-il s’il n’était Donnez-moi-même 30 sur 60, Citoyen.
pas un peu tôt pour confier ce secret à un enfant de douze ans. Puis Kakule : Une question : de quel pays provient le carburant que
subitement il se décida. nous utilisons à l’internat ?
- Ce serpent, dit-il, est le génie de notre race. Comprends-tu ? Mapera : De l’Arabie Saoudite.
- Oui, dis-je, bien que je ne comprisse pas très bien. Kakule : Votre grand-père peut-il comprendre qu’une guerre en
- Ce serpent, poursuit-il, est toujours présent ; toujours il apparait à Arabie Saoudite puisse priver d’électricité l’internat d’une
l’un de nous. Dans notre génération, c’est à moi qu’il s’est école de brousse ?
présenté.. Mapera : Mon grand-père ! Ignore l’utilité du pyrèthre qu’il cultive.
- Oui, dis-je. Kakule : Pouvez-vous vivre dans une ignorance telle que la
Et je l’avais dit avec force, car il me paraissait évident que le serpent sienne ?
n’avait pu se présenter qu’à mon père. N’était-ce pas mon père qui Mapera : Vous m’injuriez, Citoyen. Une véritable caverne sans
était le chef de la concession ? N’était-ce pas lui qui commandait tous fenêtre : mon grand-père ne connaît ni le swahili, ni le
les forgerons de la région ? lingala, ni le français.
N’était-il pas le plus habile ? Enfin n’était-il pas mon père ? Kakule : Nous sommes là pour vous sortir de l’ignorance, pour
vous apprendre des choses, le plus de choses possible.
D’après Camara Laye, L’enfant noir (plan). Nous sommes venus ajouter à votre caverne le plus de
fenêtres possible. Nous ne sommes pas venus vous
Questions sur le texte distribuer des points.
Mapera : Citoyen, nous aurons le temps de philosopher en long et
1. Pourquoi le serpent n’est-il pas un serpent comme les autres ? en large demain à seize heures trente autour d’une tasse
2. Décris le comportement de l’animal. de café. Pour le moment, je veux montrer de classe et ce
3. Pourquoi l’enfant ne pose-t-il pas directement à son père la que je veux sur mon bulletin, c’est plutôt des points : ce
question qui le préoccupe ? n’est pas le pétrole d’Arabie Saoudite. Pour vous dire la
4. Pourquoi le père n’explique-t-il pas tout de suite le rôle du vérité, je n’ai jamais ni écrit ni lu votre cours ; il est
serpent ? 11 métaphysique. Pendant les deux semaines d’études, je
5. Montre que l’enfant est fier de son père ? cherchais cet argent pour vous Citoyen, Prenez, Citoyen.
Kakule : Songez surtout que j’ai 600 copies à corriger et 70 bulletins à
contradictoire et anormal comme tout le monde le dit. remplir et surtout que je ne suis pas votre petit frère.
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41
Mapera : Dictez-moi la réponse à cette question, attribuez-moi 59 sur « Enfin ! » dit la pauvre, qui la pauvre bête, qui n’attendait plus que le
60, et je vous laisse tous ces billets. Si vous voulez le double jour pour mourir ; et elle s’allongea par terre dans sa belle fourrure
de cet argent, je vous l’apporte tout à l’heure avec toutes blanche toute tachée de sang…
les plus belles filles du Collège si cela vous plaît. Alors le loup se jeta sur la petite chèvre et la mangea.
Kakule : Sortez !
Mapera : Tu es donc un rocher comme tout le monde le dit, un D’après Daudet A., Les lettres de mon moulin.
anormal, un détraqué, un malade, un hypocrite, un Questions sur le texte
contradictoire, un malheureux, un démodé, eh bien, je
t’apprends que tu me verras en face de ton bureau au 1. Décris le loup, aux points de vue physique et moral.
septembre prochain, dans la classe supérieure. 2. La petite chèvre a-t-elle décidé de lutter ? Pourquoi ?
Il claque la porte. 3. Est-elle courageuse ? A-t-elle réussi à tenir toute la nuit ?
Questions sur le texte TEXTE 2 : LE SERPENT FAMILIER
Un jour, je remarquai un petit serpent noir au corps particulièrement
1. De quelle façon Mapera veut-il montrer sa reconnaissance ? brillant, qui se dirigeait sans hâte vers l’atelier. Je courus avertir ma
2. Les sommes d’argent proposées par Mapera sont-elles mère, comme j’en avais pris l’habitude ; mais ma mère n’eut pas
importantes ? Justifiez-vous ? plutôt aperçu le serpent noir, qu’elle me dit gravement :
3. Que veut dire Mapera par « un mendiant de points » ? - Celui-ci, mon enfant, il ne faut pas le tuer : ce serpent n’est pas
4. Qu’est-ce qu’il propose ensuite au professeur ? comme les autres, il ne te fera aucun mal : néanmoins, ne
5. Expliquez les deux expressions : « une caverne sans fenêtre » contrarie jamais sa course.
« ajouter des fenêtres à cette caverne » - Ce serpent, ajouta ma mère, est le génie de ton père.
6. Que faisait Mapera au lieu d’étudier ses cours ? Je considérai le petit serpent avec ébahissement. Il poursuivit sa
7. La dernière proposition de Mapera est-elle acceptée ? route vers
8. De quoi menace-t-il le professeur ? Pourquoi, dans cette réplique, L’atelier. Il avance gracieusement très sûr de lui eut-on dit, et comme
passe-t-il du « vous » au « tu » ? conscient de son immunité : son corps éclatent et noir étincelait dans
9. Quelles sont les expressions dans le texte qui peuvent vous la lumière crue quand il fut parvenu à l’atelier, j’avisai pour la
permettre d’exposer un petit problème ? première fois qu’il y avait là, ménagée au ras du sol, un trou dans la
10. Transformez certaines phrases du style direct en indirect. paroi le serpent disparut par ce trou.
- Tu vois : le serpent vas faire visite à ton père dit encore ma
mère.
… sitôt après le repas du soir, quand les palabres terminée mon père
eut pris congé dès ses amis et ses fut retiré sous la véranda de sa
casse je me rendis près des lui. Je commençais par le questionner à Cela dura toute la nuit. De temps en temps la chèvre de M. Seguin
40
fort et à travers comme font les enfants ; mais ce soir-là, je le faisais regardait les étoiles d’auner dans le ciel clair, et elle se disait : « Oh !
pour dissimuler ce qui pourvu que je tienne jusqu’à l’aube… »
THEME 9 : LUTTE CONTRE LES ANIMAUX L’une après les étoiles s’teignirent. Blanquette redoubla de coups de
cornes, les loups de dents… une lueur pale parut à l’horizon… le chant
13
TEXTE 1 : LA MORT LA PETITE CHEVRE d’un coq enroué montant d’une métairie.
La petite chèvre de monsieur Seguin veut découvrir la montagne elle
se sauve THEME 3 : L’AMITIE
De l’étable s’amuse tout le jour et quand la nuit tombent elles entent
approche le loup.
Enorme, immobile assis sur son train de dernier, il était là regardant la TEXTE 1 : AMITIE D’ENFANTS
petite chèvre blanche et la dégustant par avance. Comme il savait bien
qu’il la mangerait, le loup ne se pressait pas ; seulement quand elle se « Bonjour, Peter
retourna il se mit à méchamment. - Salut, Ellen.
(Ha ! Ha ! la petite chèvre de M. Seguin » et il passa sa langue rouge - Tu viens te promener avec moi au bout du terrain de jeux ?
sur ses babines. - Je ne peux pas : tu sais bien que je dois faire la queue à la
Blanquette se sentit perdu… un moment, en se rappelant l’histoire de cantine.
la vieille renaude, qui s’en était battue toute la nuit pour être mangée - Tu n’as pas besoin de faire la queue aujourd’hui.
le matin, elle se dit qu’il voudrait peut-être mieux se laisser manger - Moi, je veux manger.
tout de suite, puis, s’étant ravissée , elle tomba en garde, la tête basse - Tu sais, j’ai apporté deux déjeuners.
et la come en avant, comme une brave chèvre de M. Seguin qu’elle - Et il y en a un pour moi ?
était… Non pas qu’elle ait eu l’espoir de tuer le loup – les chèvres ne - Oui.
tuent pas le loup – mais seulement pour voir si elle pourrait tenir aussi - Mais pourquoi ? Je croyais que tu étais plus pauvre que moi,
longtemps que la Renaude… comme tu es plus maigre.
Alors le monstre s’avança, et les petites cornes entrèrent en danse. - Nous sommes très pauvres que tout mais pas pour la nourriture.
Ah ! la brave chevrette comme elle y allait de bon cœur ! Plus de dix Là où ma mère travaille, ils gaspillent beaucoup de choses, alors,
fois, je ne mens pas, elle força le loup à reculer pour reprendre haleine. elle rapporte tout ce qu’elle peut chez nous. Il y a du poulet dans
Pendant ces trêves d’une minute. La gourmande cueillait en hâte tes sandwiches. Moi, j’ai beau manger, je ne deviens pas plus
encore un brin de sa chèvre ; puis elle retournait au combat, la grosse ! Maintenant il vaut mieux que je te dise quelque chose :
bouche pleine… je suis faible de la poitrine.
- Ça, ça m’est égal !
- On est loin maintenant : tiens, prends tes sandwiches. Si on - Bon … Je suis si contente que tu fasses plus la queue … Cela me
s’asseyait sous cet arbre ? … C’est bon ? … donnait envie de pleurer lorsque je les entendais faire leurs
- Mmmmmmm. réflexions.
- Je suis tellement contente ! … Je t’apporterai toutes sortes de - Si seulement je pouvais te donner quelque chose … Dis donc, j’ai
bonnes choses. J’ai aussi des bombons pour après. une toupie. Ou tu veux des billets ?
- Je ne peux rien te donner, moi. - Garde-les, sois mon ami seulement.
- Je suis ton ami, et je pense que tu es la fille la plus gentille de
14 toute l’école ».
Peter Abrahams, Je ne suis pas un homme libre.
- Ne me donne rien du tout. Je veux seulement que tu sois mon
ami, si cela te va. C’est pour cela que je t’ai expliqué pour ma
poitrine ; ma grand-mère m’a dit qu’il ne faut jamais cacher la 39
vérité. D’ailleurs, même si tu ne n’aimes pas, je t’apporterai à
déjeuner tous les jours … enfin, tous les jours, tant que maman C’est la fin. Elle n’en peut plus. Elle s’allonge sur le flanc tout de
restera avec nous ! Si elle s’en va, il n’y aura plus rien à manger … son long au pied de la termitière rougie de sang et râle, d’une voix
Tu n’aimes bien ? rauque, en en faisant aller sa queue et ses pattes avec des gestes
- Oui. convulsifs.
- Vrai ? Crache par terre …
- J’ai craché. Ses poumons ont encore de grands halètements sourds,
- Je pensais bien que oui, mais je n’étais pas sûre … Mais ça alors, espacés, profonds, qui se raréfient. Elle essaie, une dernière fois, de
j’étais sûre que tu ne le dirais jamais, si je ne te le demandais pas dresser son mufle, comme pour menacer la brousse.
la première ! Tu sais, ce n’est pas commode pour une fille de dire
à un garçon qu’elle le trouve gentil ! Un dernier hoquet. Ses pattes se détendent l’une après l’autre,
- Ce n’est pas facile pour un garçon, non plus ! de plus en plus, les griffes détirées. Puis ses yeux se vitrent,
- Bien sûr s’il est comme toi … Prends un peu du mien, veux-tu ? Je deviennent fixes. Et le bourdonnement des premières mouches à
ne peux pas tout manger et un homme, ça mange plus qu’une charogne s’abat sur elle.
femme … J’ai tant parlé de toi à grand-mère qu’elle me permet de René Maran, Le livre de la brousse (Albin Michel)
t’amener à la maison, mais si ça t’ennuie, ne viens pas.
- Mais non, cela ne m’ennuie pas du tout ! Je te porterai tes livres, Questions sur le texte
ce soir, après l’école. 1. Dans ce roman, on parle aussi de Mourrou la panthère. Que lui
arrive-t-il ?
2. Kossi a-t-il risqué sa vie dans cette chasse ? Expliquez-vous
3. De qui s’agit-il quand l’auteur parle d’un mauvais signe sans Elle voudrait le mettre en pièces, réduire en boue sanglante
pelage ? Pourquoi ce nom ? ce mauvais signe sans pelage qui vient, en grimpant à un arbre,
4. L’animal s’est-il beaucoup débattu pour se libérer de la sagaie ? d’échapper au châtiment qui l’attendait ! …
Relève les passages qui les prouvent. De vrai, elle n’a plus le temps de s’occuper de lui ni des deux
5. Quels ont les signes extérieurs qui prouvent que la mort de la chiens qu’elle convoitait. La sagaie a déchiré sa gorge, perforé ses
panthère est proche ? poumons. Elle bave des flots de sang, hoquette désespérément, tâche
6. Quels sont les différentes étapes de cette pêche ? d’extraire avec ses griffes cet os de fer de l’endroit où il s’est fiché, s’y
7. Justifiez l’accord du participe passé dans ce texte ? acharne, la rage au ventre.
Elle a beau se démener : l’os ne bouge pas de place.
Une fureur sauvage le secoue alors … Elle fait des bonds
insensés, se roule sur le dos, sur le flanc, éraille les roches de coups de
griffes, mord de ses crocs ensanglantés le sol fendillé de sécheresse.
L’os est toujours là où ne devait pas être, l’os qui la tue peu à
38 peu, peu à peu …
Doucement, lentement, avec précaution comme si elle cherchait à
TEXTE 2 : LA MORT DE MOUROU LA PANTHERE désipter son ennemi. Elle ramasse ses muscles pour un suprême effort,
fait, en voltant sur elle-même, un bord prodigieux 15 et retombe, à bout
Kossi se tourna tout d’une pièce, regarda du côté que ses de souffle, masse flasque.
chiens fixaient avec effroi et eut juste le temps de voir une énorme Questions sur le texte
bête, qui bondissait sur lui, gueule ouverte. 1. Où se trouvent les deux enfants ? A quel moment de la journée ?
2. Pourquoi Peter doit-il faire la queue ? pourquoi certains élèves
Il avait sa sagaie en main. Un réflexe détendit de son bras. font-ils des réflexions ?
L’arme, poussée à fond, disparut dans le trou béant. 3. Expliquez comment Ellen, bien que pauvre a beaucoup de
nourriture.
Un craquement sec : la sagaie pète, hampe broyée à ras de 4. Elle donne un sandwich à Peter, que demande-t-elle en
gueule, et Mourou, la panthère, lacère l’air de ses pattes monstrueuses échange ?
… 5. Ellen est-elle en bonne santé ? Justifie ta réponse.
6. Pourquoi Peter doit-il cracher par terre ?
Mais elle ne pense plus à présent qu’à éventrer l’homme qui 7. Quels sont les cadeaux que Peter leur propose ? Ellen accepte-t-
lui a enfoncé sa sagaie dans la gorge … elle ?
TEXTE 2 : DES AMIS INSEPARABLES
« Ne réfléchis pas tant, disait Kouyaté. Prends ta guitare ! » négligeant l’heure des repas et les repas eux-mêmes, ou bien nous ne
J’allais décrocher ma guitare – Kouyaté m’avait appris à en jouer quittons pas la concession, si bien qu’à l’heure du repas surgissaient
et, le soir, au lieu de demeurer dans ma case, nous partions nous deux invités sur lesquels on ne comptait pas. Il y avait là assurément un
promener par les rues de la ville, grattant, Kouyaté et moi de la peu de sans-gêne. Mais ce mécontentement avait été de courte
guitare, Check du banjo, et chantant tous trois. Les jeunes filles, durée : nos parents eurent tôt fait de s’apercevoir que si nous
souvent déjà couchées à l’heure où nous passions devant leur disparaissions deux jours sur trois, les invités, eux, n’apparaissaient
concession, se réveillaient et tendait l’oreille. Celles qui étaient de que tous les trois jours, et ils avaient compris le très équitable et très
nos amies, nous reconnaissaient à nos voix ; et elles se levaient, elles judicieux roulement que nous avions établi sans les consulter.
s’habillaient prestement, puis accouraient nous rejoindre. Partis à « Et tu n’aurais pas pu m’en parler ? m’avait dit mère. Tu n’aurais
trois, nous étions bientôt six et dix, et parfois quinze à réveiller les pas pu m’avertir pour que je soigne plus particulièrement la cuisine, ce
échos des rues endormies. jour-là ?
Kouyaté et Check avaient été mes condisciples à l’école primaire - Non, avais-je répondu. Notre désir précisément était qu’on ne se
de Kouroussa. mit pas spécialement en frais pour nous : nous voulions manger le
plat quotidien.
Dès ce temps-là, il y avait eu de l’amitié entre nous, mais une
amitié comme peuvent en concevoir de tout jeunes écoliers : pas Camara Laye, L’enfant noir (Plan)
toujours très stable et sans beaucoup d’avenir.
Notre grande amitié n’avait vraiment commencé qu’à l’époque
où j’étais parti pour Conakry, et où, de leur côté, Kouyaté et Check
étaient
16
Allés poursuivre leurs études, l’un à l’école normale de Popodra, 37
l’autre à l’Ecole normale de Dakar.
Nous avions alors échangé de nombreuses et longues lettres, où Par contre, là, tout près, Batouala, le grand chef, râlait, au milieu d’un
nous décrivions notre vie de collégien et comparions les matières attroupement de rabatteurs et de chasseurs.
qu’on nous enseignait. Irritée par cette sagaie qu’elle avait vue venir – et qui ne lui était
Puis, le temps des vacances venu, nous nous étions retrouvés à pourtant pas destinée - la panthère, au passage, lui avait ouvert le
Kouroussa et nous étions très vite devenus inséparables. ventre d’un coup de patte.
Cette amitié, nos parents ne l’avaient pas d’abord regardée d’un
trop bon œil : ou bien nous disparaissions des journées entières, D’après René Maran, Batouala (Albin Michel).
- Att …attention !
- Mourou, la panthère !
Questions sur le texte - Sauve-qui-peut !...
- Vite à cet arbre !...
1. Explique comment sa pratique cette chasse. - Dans ce fourré…
2. Comment se marque la peur des chasseurs ? - Dépêche-toi !...
3. Qui a lancé la sagaie ? Quelle a été la conséquence de ce geste - Où trouver un abri ?...
pour le chasseur ? - Mourou !...
4. De quoi est constitué « l’abondant gibier » ? Cite quelques - La panthère !...
exemples d’animaux. - Sauve-qui-peut !...
5. Qu’est-il arrivé au chasseur nommé Bissibi’ngui ? Bissibi’ngui n’a pas eu le temps d’entendre ni de réfléchir davantage.
L’aboiement des chiens, les cris de leurs maitres, les flammes, leur
éclat leur chaleur, l’ivresse née de la vue du sang et de la violence des
mouvements auxquels lui et ses compagnons venaient de se livrer ;
tout ce tumulte de sons, de gestes et de lumière l’avait étourdi.
Juste à ce moment, une sagaie siffla au-dessus de lui.
Qui l’avait lancée ?
Batouala.*
Heureusement pour lui, il venait de se jeter à coté, à plat ventre, afin
d’éviter la panthère qui bondissait dans sa direction.
Lorsqu’il se releva, tout tremblant encore, le fauve disparaissait avec
des feulements furieux.
36 17
THEME 8 : CHASSE ET PECHE Questions sur le texte
1. A quel moment de la journée les jeunes gens jouaient-ils de la
TEXTE 1 : LA MORT DE BATOUALA musique dans les rues ? Prouve-le par le texte.
2. Quand une amitié profonde a-t-elle commencé entre l’auteur,
Tandis que, poussée par le vent, la ligne des feux que les rabatteurs ont Kouyaté et Check ?
allumés jette dans les fosses cachées et sous les sagaies des chasseurs 3. Les trois amis gardaient-ils des contacts fréquents ? Comment
l’abondant gibier qui tente de fuir, soudain retentit un cri de terreur. communiquaient-ils ?
4. L’auteur mangeait-il chaque jour chez ses parents ? Explique
5. Les jeunes gens voulaient-ils avertir les parents de leur visite ?
Pourquoi ?
6. Avez-vous des amis inséparables ?
7. Justifiez l’accord des articles dans le texte
TEXTE 3 : LA RONDE AUTOUR DU MONDE
Si toutes les filles du monde voulaient s’donner la main,
Tout autour de la mer, elles pourraient faire une ronde.
Si tous le gars du monde voulaient bien être marins,
Ils feraient avec leurs barques un joli pont sur l’onde.
Alors on pourrait faire une ronde autour du monde,
Si tous les gars du monde voulaient s’donner la main.
Paul Fort.
35
- Hé ! Si j’en suis sûr ! … Puisque c’est moi qui suis chargé de la
faire fonctionner… Et ce bouton, tu vois, si j’appuie dessus, toute
l’usine s’arrête : électricité, chauffage, tout ! Et cet autre bouton,
si je le touche, l’usine entière est en état d’alerte, tout Paris se
demandera ce qui arrive.
- Comment ça ? demanda Kocoumbo.
- Comment çà ? Si j’appuie là je te dis, c’est la sirène qui sonne.
- La sirène ? 4. Quel genre de garçon présente-il dans le dernier paragraphe ?
Le jeune homme aurait voulu en savoir bien davantage. Pourquoi crois-tu qu’on l’appelle « fou » ?
- Tu vois la soupape, là-haut ? Si elle s’ouvre, toute la vapeur 5. Résume chaque paragraphe en une phrase.
comprimée s’engouffre dans la cheminée et tu entends ; hooo !
TEXTE 3 : UNE USINE MODERNE
D’après A.Loba, Kocoumbo, l’étudiant noir (Flammarion).
Une toux sèche vers sa droite le fit se tourner vers un ouvrier qui lui
Questions sur le texte parut être un vieillard. « A cet âge, un homme se repose, en Afrique »,
1. Kocoumbo se trouve-il en Afrique à ce moment ? Justifiez ta pensa-t-il. Le vieux surprit son regard et sourit en s’épongeant le front.
réponse par une phrase du texte. - Mon petit gars, dit l’ouvrier, c’est quelque chose que de se
2. Quel âge a cet ouvrier qu’il rencontre ? Parait-il plus, pu moins trouver dans le cerveau d’une usine … Il y a longtemps que tu
que son âge ? travailles ici ?
3. Quand l’amour était jeune, comment fonctionnait une usine ? Et - Non, à peine quinze jours.
maintenant ? - Ah ! aussi je me disais … Moi, ça fait quarante-cinq ans … je suis
4. A quoi peut servir la sirène de l’usine entré ici à seize ans.
5. La curiosité de Kocoumbo est-elle tout à fait satisfaite ? Cet homme-là avait donc soixante et un ans ! Il avait l’air d’en avoir
6. Le vieil ouvrier est-il fier de son rôle à l’usine ? Prouve-le par le cent ! Si maigre, si chenu ! Kocoumbo était plein de stupeur.
texte. - Oui, reprit le petit vieux, de mon temps, c’était bien autre chose !
Il fallait alimenter les chaudières avec des pelles et des seaux à
charbon ! Ah ! on en fait du progrès ! Tu vois ce bouton ? Si
j’appuie dessus, hop ! la chaudière a de quoi manger, elle se
remplit toute seule ! C’est beau !
Kocoumbo dit :
- Vous êtes sur ?
34 Le petit vieux fit un signe mystérieux
19
Questions sur le texte
1. Quel âge peut avoir le narrateur ? TEXTE 1 : CONAKRY
2. En quoi consiste son travail ? Je visitai la ville … Les avenues y étaient tirés au cordeau et se
3. Combien d’heures travaille-il par jour ? Compare-le avec les coupaient à angle droit. Des manguiers bordaient les avenues et par
ouvriers que tu connais autour de toi ? endroits formaient charmille, leur ombre épaisse était partout la
bienvenue, car la chaleur était accablante, non qu’elle fût beaucoup 4. Dans l’ensemble, comment trouve-il la ville de Conakry ? (cite le
plus forte qu’à Kouroussa, mais elle était saturée de vapeur d’eau à mot du texte qui le prouve).
un point inimaginable. Les maisons s’entouraient toutes de fleurs et 5. Pourquoi l’enfant devra-t-il changer plusieurs fois par jour ?
de feuillage ; beaucoup étaient comme perdues dans la verdure, Compare le climat de Conakry à celui de ta ville (ou de ton village).
noyées dans la verdure.
Et puis, je vis la mer. Je la vis brusquement au bout d’une avenue et TEXTE 2 : LA CAMPAGNE
je demeurai un long moment à regarder son étendue, à regarder les
vagues se suivre et se poursuivre, et finalement se briser contre les Maïmouna a quitté sa mère. Yaye Daro, et son village ; déçue par la
rochers rouges du rivage. Au loin, des îles apparaissaient, très vertes vile, elle regrette son pays natal.
en dépit de la buée qui les environnait. Il me sembla que c’était le Son pays natal … un vieux point du Sénégal où l’on pouvait suivre le là-
spectacle le plus étonnant qu’on pût voir ; du train de la nuit, je bas, les campagnes étaient vastes, il y avait des boqueteaux et des
n’avais fait que l’entrevoir ; je ne m’étais pas fait une notion juste de clairières, et les filles du bourg allaient cueillir des jujubes ridés et des
l’immensité de la mer, et moins et je m’en arrachai difficilement. cerises roses gonflées de jus.
- Eh bien, comment as-tu trouvé la ville ? me demanda mon oncle Elles envahissaient des villages paisibles qu’elles remplissaient un
à mon retour. moment de leur gaieté et e leurs cris, allaient chez l’un, chez l’autre,
- Oui, dit-il, bien qu’un peu chaude si j’en juge par l’état de tes demander à boire ; puis, de nouveau, elles s’égaillaient dans la brousse
vêtements. Va te changer. Il faudra te changer ici plusieurs fois à la recherche de fruits mûrs et de bois mort.
par jour. Mais ne traîne pas : le raps doit être prêt, et tes tantes Le soir, on rentrait avec des gros fagots, le pagne relevé, la démarche
seront certainement impatientes de le servir. vive er régulière, en chantant des mélopées. Leurs mamans les
attendaient, anxieuses, plus tard, au clair de lune, crépitaient des
Camara Laye, L’enfant noir (Plan) touques sonores ; on s’attroupait, nombreux et bruyants, dans les
ruelles et sur les places sableuses jusqu’à ce que la terre fût devenue
Questions sur le texte « froide », vraiment « froide ». on rentrait dans sa case déjà assoupie,
1. Quel temps fait-il à Conakry ? est-ce très différent du village de et l’on dormait d’une seule traite.
Kouroussa ? Pendant l’hivernage, les cours des concessions se couvraient de gazon,
2. Cite quelques éléments qui ont d’abord attiré l’attention de des petites mares s’y creusaient, où les grenouilles coassaient et où il
l’enfant. (1er paragraphe). était passionnant de suivre les évolutions si drôles des têtards. Puis,
20 quand le tonnerre grondait un peu trop fort et que la pluie tombait à
verse, on restait chez soi, blottie dans des pagnes, à côté de sa mère.
3. Qu’est-ce que l’auteur décrit dans le 2 ième paragraphe ? Qu’est-ce A. Sadji, Maïmouna (Présence africaine).
qui le frappe surtout ?
33
Ouvrier de ces machines avaient un salaire hebdomadaire régulier. A Peter Abrahams, je ne suis pas un homme libre (Casterman)
l’autre extrémité, et dans un espace plus restreint, était installée une 32
rangée de petits foyers avec chacun son soufflet et sa provision de
charbon. Un ouvrier ajustait et soudait, au dessus de ces foyers, les Questions sur le texte
boites au fur et à mesure qu’elles sortaient des machines. Les 1. Pourquoi personne ne parle-t-il au début de la fonte de l’or ?
soudeurs travaillaient à la pièce, et, pour gagner deux ou trois mille 2. A quoi sert la brique ?
francs dans leurs semaine, il leur fallait souder une montagne de 3. Pourquoi l’or est-il comparé à du feu ?
boites à leur sortie des machines, e enduire les arêtes avec du souffre 4. Le père de Camara est-il un magicien ? Explique. A-t-il un don
pulvérisé et faciliter ainsi la soudure. Le jeune aide devait également particulier ? Ne fait-il que ce travail ?
en vérifier le nombre avant de les transporter dans la cour, où des 5. Quel est le résultat du travail du forgeron ?
camions venaient les chercher. 6. Donnez la fonction des adjectifs qualificatifs contenus dans ce
Dinny m’avait initié la veille au mystère du dénombrement des texte.
boites : je traçais douze marques au crayon sur une feuille de papier,
chaque marque représentait douze boites. Au fur et à mesure que TEXTE 2 : UNE FORGE
ces dernières étaient assemblées et soudées, je barrais un trait :
quand il y avait douze marques barrées, cela faisait une grosse, mais, Je débutai chez le forgeron le lundi matin avec un salaire de trois cents
comme moi, Dinny ignorait totalement ce que pouvait être une francs par semaine. Je travaillais de six heures du matin à six heures du
grosse. soir sauf une heure pour déjeuner.
Le premier jour, je traçai six ragns de marques et les barrai, je fis La forge était divisée en deux. A une extrémité, il y avait les machines
aussi du thé pour Boeta Dick, et j’allai inspecter, chaque fois que j’en qui découpaient, moulaient et assemblaient les boites
avais l’occasion, les curieuses machines qui rugissaient à l’autre bout métalliques : les
de l’atelier. Il y avait quatre autres garçons à part moi : trois d’entre
eux étaient à peu près de mon âge et de ma taille, le quatrième était
plus grand et tout le monde l’appelait Nondi le fou ; il travaillait pour
deux soudeurs à la fois. Vers la fin de l’près-midi, lorsque j’attendais
avec les autres garçons que les boites sortent des machines, Nondi
me poussa par-derrière. Ahuri, je me retournai pour le voir qui roulait
les yeux, et me tirait la langue en se moquant. « T’as des yeux comme
des soucoupes ! » Je me détournai et me poussa de
nouveau : « comment t’appelles-tu, espèce de baguette ? » Je n’osai
plus faire le sourd et je répondis :
« Lee-les-soucoupes ! » criait-il en éclatant de rire..
Pendant que nous visitions le village, j’ai éprouvé une sensation
étrange. Bitié ne respire ne respire pas seulement la force insolente,
l’insoucience de ceux qui n’ont rien à faire, mais aussi une espèce de
21 paix sans mélange, de tranquillité pure. Je ne sais à quoi attribuer le
sensation de joie qui m’a inondé. Est-ce à la lune ronde, brillante,
Questions sur le texte belle ? Est-ce à la lumière douce et sombre qui flottait
1. Où est née Maïmouna ? A la ville ou à la campagne ? mystérieusement sur la 22 forêt, sur les plantations de cacaoyers et sur
2. Quelle était la principe occupation des petites filles, pendant la les cases.
journée ? Les phonographes chantaient, emplissant la nuit de leurs notes
3. Comment les gens s’occupaient-ils, le soir ? criardes étrangères et inutiles… Malgré l’heure avancée, des gosses
4. Pendant la saison des pluies, les occupations changeaient-elles ? jouaient encore dans la poussière devant les cases.
Explique-toi. Bitié m’a rappelé mon village où il n’y avait pas encore des routes, et
5. Cite les principaux éléments pour lesquels Maïmouna regrette ces gosses, le gosse que je fus alors. Mon village aussi avait dû jouir de
son village natal. ce calme mystérieux avant que la route vînt le bousculer. Maman me
TEXTE 3 : UN VILLAGE PAISIBLE racontait souvent avant sa mort, que le creusement de cette route
causa d’Innombrables maux aux gens de chez nous.
Le village s’étend sur environ trois kilomètres à la ronde. Il ne s’agit Mongo Beti, La pauvre Christ de Bomba (Laffont).
pas, comme du côté de chez moi, de minuscules hameaux élargissant
de temps en temps l’étroite clairière que fait la route à travers la Questions sur le texte
forêt. Ici, le pays longue théorie de cases qui ne font face, séparées
par la piste qui, tantôt se tortille et tantôt s’élance en ligne droite ou 1. Comment les maisons sont-elles disposées dans ce village ? Est-ce
en oblique. ainsi aussi dans le tien ? Explique.
Les cases sont spacieuses, et construites avec beaucoup de soins, à 2. Les villageois trouvent-ils facilement les matériaux de
cause de la proximité de la forêt dont les villageois tirent les construction ? Quelle en est la conséquence ?
matériaux. Ils ne lampes-tempête ou des lampes à pression 3. Quelle est la source revenu des habitants de ce village ?
d’essence. Tout le long de la piste qui est ici une rue, nous 4. Cite les signes de richesse de ces villageois.
entendions les femmes chanter ou j’interpeller et les hommes rire en 5. Quelle est l’impression de l’auteur quand il visite le village ? Sait-il
se tapant sur la cuisse. Nous voyions leur profil se découper sur un expliquer pourquoi ? Prouve-le par le texte ?
fond clair. Nous apercevions souvent une bicyclette ou une machine 6. Penses-tu, comme l’auteur, que le creusement d’une route est un
à coudre dans un coin. Ils sont riches ici, avec ce cacao … En somme malheur pour les villageois ? Explique ton point de vue.
et c’est visible, ils vivent constamment dans l’insouciance, au
contraire des gens de la ville et de ceux de la route…
Ces paroles secrètes que nous n’entendions pas, ces paroles
magiques c’était là l’essentiel.
Appeler les génies du feu, du vent, de l’or, écarter les mauvais
esprits, c’était une science que mon père était seul à passer et c’est
pourquoi il était seul à pouvoir tout conclure.
D’après Camara Laye, « l’Enfant noir » (Plon)
31
THEME 7 : ATELIERS ET USINES
TEXTE 1 : LE TRAVAIL DE L’OR
Ce travail, la fabrication d’un bijou en or, demande des
précautions spéciales, et se déroule un peu comme une cérémonie.
Quand l’or commençait à fondre, j’aurais crié si un respect sacré
ne m’avait pas interdit d’élever la voix. Je travaillais et je sentais que
tous tressaillaient aussi en regardant mon père remuer la pâte
encore lourde où le charbon de bois finissait de brûler. La chaleur
augmentait et l’or devenait fluide comme de l’eau.
Les génies ne s’étaient pas opposés à l’opération.
« Approchez la brique « disait mon père, mettant fin à
l’interdiction qui nous avait empêché de parler jusque-là.
La brique qu’un apprenti osait près du foyer était creuse
généreusement graissée de beure de kerité. Mon père retirait la
marmite du foyer, la penchait doucement et je regardais l’or couler
dans la brique, je le regardais couler comme du feu liquide. En fait, ce
n’était qu’un mince trait de feu, mais si vif, si brillant ! A mesure que
l’or coulait dans la brique, la beure flambait ; il se transformait en une
fumée lourde qui prenait à la gorge et piquait les yeux.
Tout ce travail de fusion, mon père aurait pu le confier à l’un ou
l’autre de ses aides … Mais, je l’ai dit, mon père remuait les lèvres.