0% ont trouvé ce document utile (0 vote)
26 vues18 pages

Résumé Chap4 Complet

Le chapitre 4 traite des mécanismes de financement des agents économiques, en distinguant ceux qui ont une capacité de financement de ceux qui en ont besoin. Il explique le rôle des taux d'intérêt, des marchés financiers et des intermédiaires financiers dans le transfert de fonds, ainsi que les différentes formes de financement. Les ménages se financent principalement par leur épargne et des emprunts, tandis que les entreprises et l'État sont souvent en besoin de financement.

Transféré par

bernielmahdy237
Copyright
© © All Rights Reserved
Nous prenons très au sérieux les droits relatifs au contenu. Si vous pensez qu’il s’agit de votre contenu, signalez une atteinte au droit d’auteur ici.
Formats disponibles
Téléchargez aux formats PDF, TXT ou lisez en ligne sur Scribd
0% ont trouvé ce document utile (0 vote)
26 vues18 pages

Résumé Chap4 Complet

Le chapitre 4 traite des mécanismes de financement des agents économiques, en distinguant ceux qui ont une capacité de financement de ceux qui en ont besoin. Il explique le rôle des taux d'intérêt, des marchés financiers et des intermédiaires financiers dans le transfert de fonds, ainsi que les différentes formes de financement. Les ménages se financent principalement par leur épargne et des emprunts, tandis que les entreprises et l'État sont souvent en besoin de financement.

Transféré par

bernielmahdy237
Copyright
© © All Rights Reserved
Nous prenons très au sérieux les droits relatifs au contenu. Si vous pensez qu’il s’agit de votre contenu, signalez une atteinte au droit d’auteur ici.
Formats disponibles
Téléchargez aux formats PDF, TXT ou lisez en ligne sur Scribd

Chapitre 4 : Comment les agents économiques se financent-ils ?

Notions du chapitre : capacité et besoin de financement, taux d'intérêt nominal, taux d'intérêt
réel, revenu disponible brut, épargne, excédent brut d'exploitation, autofinancement, solde
budgétaire, solde public, marché financier, coût du crédit, dépenses publiques, effet d'éviction,
marché des fonds prêtables.
Objectifs du chapitre.
• Comprendre les notions de besoin et une capacité de financement.
• Comprendre que le taux d’intérêt est le prix sur le marché des fonds prêtables.
• Comprendre que les ménages se financent grâce à leur épargne et par des emprunts
bancaires.
• Comprendre les notions excédent brut d'exploitation et d'autofinancement.
• Comprendre les différents modes de financement externes des entreprises
• Distinguer solde budgétaire et solde public.
• Montrer les effets positifs d'une hausse des dépenses publiques
• Comprendre qu'une politique de relance peut avoir des effets négatifs
I. Quels sont les principes du financement de l’économie ?
1. Qu’est-ce qu’un financement ?
Le financement de l’économie désigne l’ensemble des modalités qui sont utilisées par les agents
économiques pour se procurer les fonds nécessaires à la réalisation de leurs activités.
2. Qu’est-ce qu’un besoin et une capacité de financement ?
Un agent économique à capacité de financement est un agent dont les revenus sont supérieurs aux
dépenses. Il peut donc non seulement financer ses propres investissements, mais aussi dégager une
épargne qui pourra être utilisée par les autres agents économiques.
Un agent économique en besoin de financement est un agent dont les dépenses sont supérieures à
ses revenus, ce qui l’oblige à utiliser l’épargne des autres agents économiques pour réaliser ses
activités.
Dans un même secteur économique, la situation individuelle des agents peut être différente. Par
exemple, les ménages sont globalement en capacité de financement (épargne > investissement),
mais certains d’entre eux peuvent ne pas réussir à dégager une épargne. Les entreprises et les
administrations publiques sont en besoin de financement (épargne < investissement.
Un État, est en besoin de financement (ou subit un déficit budgétaire) si ses recettes sont inférieures
à ses dépenses. Le système financier va permettre l’ajustement entre capacité et besoin de
financement.

1
Les deux acteurs institutionnels les plus souvent en besoin de financement sont les sociétés non
financières1 (SNF) et les États.
Il est souvent difficile aux agents économiques de financer leur investissement car les
investissements supposent souvent une dépense immédiate importante (cas d’un achat de logement
ou la construction d’un rond-point). L’épargne peut ne pas être suffisante.
Pour information : En France, les start-up et les PME ? Sont les entreprises qui ont le plus du mal
à se financer : 53 % d'entre elles ont eu des difficultés à se financer en 2015. C'est 10 % de plus
qu'en 2014. Les start-up2 évoluent dans le secteur des nouvelles technologies qui nécessite des
équipements importants, il faut également financer des innovations, ce qui suppose des coûts de
recherche élevés (plusieurs prototypes, essais, etc.). Faute de financement, les petites entreprises
ne peuvent effectuer certains investissements et risquent de perdre en rentabilité. D’autres
entreprises aux outils davantage modernisés peuvent les concurrencer. Par ailleurs le manque
d’investissement risque de les priver des possibilités de l’innovation, ce qui les affaiblie davantage
devant leurs concurrents.
3. Comment l’économie se finance-t-elle ?
Les agents à capacité de financement sont principalement les ménages et les sociétés financières,
dont les banques.
Les agents à besoin de financement sont principalement les sociétés non financières, les entreprises
individuelles et les États.
Le système financier permet de transférer l’épargne des agents à capacité de financement afin de
financer les investissements aux agents en besoin de financement.
En l’absence de système financier, les agents économiques à besoin de financement, c’est à dire
ceux qui ne possèdent pas une épargne suffisante pour financer leur investissement, devraient
renoncer à leurs projets d’investissement même s’ils étaient rentables alors que des capacités de
financement resteraient inutilisées.
Le bon fonctionnement de l’économie requiert donc l’existence d’un système financier efficace,
qui favorise la rencontre de ces deux agents économiques, de façon à permettre la meilleure
allocation des ressources possible : les capacités de financement des uns permettent de financer
les besoins des autres, ce qui stimule l’investissement et la croissance économique. Cette mise en
relation sera possible grâce aux intermédiaires financiers.
En effet, les intermédiaires financiers (principalement les banques) collectent l’épargne des agents
à capacité de financement et octroient des crédits à ceux ayant des besoins de financement. Ce type
de financement est le seul auquel les ménages et les petites entreprises en besoin de financement
peuvent avoir recours. Cette mise en relation des agents à capacité et à besoin de financement
correspond au financement externe. Celui-ci peut s’effectuer de deux manières :

1
Des entreprises (hors entreprises individuelles) dont la fonction principale est de produire des biens et services
marchands non financiers. Par exemple, EDF est une société non financière ; le Crédit agricole n’est pas une SNF.
2
Jeunes entreprises innovantes dans le domaine de la nouvelle technologie.

2
• Par le financement indirect : on parle de financement indirect lorsque la mise en relation entre
les agents à besoin de financement et les agents à capacité de financement se fait par des
intermédiaires financiers. Ces derniers sont très souvent des banques. On parlera ainsi
d’intermédiation bancaire.
• Par le financement direct : on parle de financement direct lorsque les agents à CAF et à BDF
rentrent en contact, sans intermédiaire, sur les marchés financiers. Les agents à BDF offrent des
titres financiers3 qui seront achetés par les agents à CAF sur les marchés financiers. Ces titres sont
généralement des actions et des obligations.
Une action est un titre de propriété qui permet de détenir une part du capital d’une entreprise. En
devenant actionnaire, l’acquéreur obtient un double droit :
⁕ Il reçoit chaque année un dividende, prélevé sur les profits de l’entreprise, si celle-ci en a
réalisé et qu’elle décide d’en verser,
⁕ Il possède un droit de vote au cours de l’assemblée générale des actionnaires de la société.
Une obligation est un titre de créance, dont le fonctionnement est relativement similaire à celui
d’un prêt bancaire. Par l’achat du titre, l’acquéreur prête de l’argent à une entreprise (ou à un État)
pour une durée définie et perçoit en contrepartie des intérêts périodiques appelés « coupons ». Une
fois l’obligation arrivée à échéance, le capital initialement prêté est entièrement remboursé. Par
ces caractéristiques, l’obligation devient un placement fiable et moins risqué pour un horizon
d’investissement court ou moyen terme.
Les actions diffèrent des obligations par deux autres aspects importants :
⁕ Le détenteur d’une obligation perçoit un intérêt fixe annuel et est sûre d’être remboursé à
l’échéance de l’obligation. Néanmoins, si l’acquéreur décide de vendre l’obligation avant
sa date d’échéance, il risque de perdre une partie du capital si les taux d’intérêt évoluent à
la hausse au moment de la vente, ou plus rarement si l’émetteur fait faillite.
⁕ L’actionnaire, quant à lui, n’a aucune garantie quant au versement de dividendes éventuels
de l’entreprise. Ces derniers varient en fonction des résultats (les profits) et des choix de
l’entreprise. De même, il ne sera pas remboursé du montant qu’il a apporté à l’entreprise
(mais pourra, s’il le souhaite, revendre l’action sur le marché financier).
4. Le taux d’intérêt : un coût pour l’emprunteur, un revenu pour le prêteur.
L’investisseur est un agent économique (un ménage, une entreprise, l’Etat) qui souhaite avoir une
somme d’argent aujourd’hui (le principal) et la rembourser dans le futur en renonçant à une partie
de ses revenus futurs.
Le prêteur est un agent économique (un ménage, une banque, par exemple) qui est prêt à renoncer
à une somme d’argent aujourd’hui (le principal) et la recevoir dans le futur lorsqu’elle sera
remboursée. Le prêteur va donner cette somme d’argent à l’emprunteur. Il lui rend donc un service.
En contrepartie de ce service, il reçoit un prix : l’intérêt.

3
Un titre financier est un instrument qui représente un droit de propriété ou une créance sur des actifs financiers. Il peut
prendre différentes formes, comme des actions, des obligations, des options ou des dérivés. Les titres financiers sont
utilisés pour lever des fonds, investir ou se couvrir contre des risques financiers.

3
Dans le futur, l’emprunteur remboursera donc une somme supérieure à celle qu’il a obtenue : le
principal + l’intérêt.
Le taux d’intérêt est le prix à payer pour disposer d’épargne immédiatement, sans avoir à attendre
de l’avoir soi-même accumulée. Les agents à CDF acceptent de prêter leur épargne car ils sont
rémunérés par le taux d’intérêt.
La rémunération de l’épargne par le biais du taux d’intérêt augmente ainsi la valeur totale du
montant épargné. Un taux d’intérêt élevé rend l’épargne plus rentable et peut ainsi inciter les agents
à la prolonger.
Le taux d’intérêt est donc une rémunération pour le prêteur (agents à CF) et un prix à payer pour
les emprunteurs afin d’obtenir un emprunt.
Remarque :
Le taux d’intérêt affiché par la banque est un taux d’intérêt nominal (nom), il s’appelle ainsi car
c’est ce qui est inscrit sur l’offre de prêt. C’est aussi le taux indiqué sur le contrat de prêt ou le taux
qui rémunère l’épargne. Ce taux ne prend donc pas en compte l’évolution du niveau général des
prix durant la période considérée.
Pour rembourser son emprunt, l'emprunteur doit donc tenir compte des évolutions des prix, car
l'inflation peut affecter le pouvoir d'achat de l'argent remboursé. C'est pourquoi l'emprunteur doit
prendre en compte l'inflation, qui est la hausse générale des prix des biens et services au fil du
temps. L'inflation réduit la valeur de l'argent, ce qui signifie que les 100 € empruntés aujourd'hui
ne vaudront peut-être plus autant demain. Ainsi, il est important de considérer le taux réel, qui
ajuste le taux nominal par l'inflation, afin de connaître le véritable coût de l'emprunt.
Le taux d’intérêt réel mesure donc le coût réel du transfert de pouvoir d’achat du futur vers le
présent. Il constitue le coût réel du crédit pour l’emprunteur et le pouvoir d’achat de la
rémunération obtenue par le prêteur. Il est obtenu par la formule : Taux réel= taux nominal – taux
d’inflation. Il peut arriver que ce taux soit négatif si le taux d’intérêt nominal est inférieur au taux
d’inflation.
5. Le marché de fonds prêtables.
Le marché des fonds prêtables est une représentation simplifiée du marché financier où se
confrontent une offre de fonds ou de capitaux émanant des agents qui disposent d'épargne et une
demande de fonds ou de capitaux, émanant des agents qui souhaitent emprunter pour investir.

4
Sur ce marché, l’offre et la demande des fonds prêtables évoluent en fonction de l’évolution du
taux d’intérêt.
Plus le taux d’intérêt est élevé, plus les agents à capacité de financement (les ménages et les fonds
d’investissement) qui disposent de fonds prêtables sont disposés à les proposer à ceux qui en ont
besoin. En effet, Plus le taux est élevé, plus les revenus que les ménages obtiennent de leur épargne
sont importants et les incitent à épargner. La quantité offerte augmente donc lorsque les taux
d’intérêt augmentent : la courbe d’offre est donc croissante par rapport au taux d’intérêt. À
l’inverse, un taux d’intérêt élevé accroît le coût des fonds prêtables pour les demandeurs, ils
empruntent moins, la quantité demandée baisse :la demande est donc d’autant plus faible que le
taux est élevé : la courbe est décroissante.
Comment le marché s’équilibre-t-il ?
Comme est le cas sur le marché de biens et de services, le prix d’équilibre est celui qui égalise
l’offre et la demande. Sur le marché de fonds prêtables, le taux d’intérêt joue le rôle du prix. La
rencontre des deux courbes qui expriment les souhaits des agents en fonction du taux d’intérêt, se
fait au taux 8%. À ce taux, tous les emprunteurs disposés à payer ce prix parviennent à trouver des
prêteurs pour financer leur projet.
Il faut noter cependant qu’afin d’accepter d’emprunter à ce taux (taux d’équilibre) un investisseur
doit estimer le taux de rendement de son investissement par rapport au taux d’intérêt du marché.
S’il estime que son investissement rapportera moins que le taux du marché, il renoncera à
emprunter.
Remarque : Si l’offre augmente, le taux d’intérêt d’équilibre sera plus bas car la courbe d’offre se
déplace vers la gauche tandis que la courbe de demande reste stable.
II. Comment les ménages se financent-ils ?
1. Par le revenu disponible.
Le revenu primaire correspond aux flux de revenus qu’un individu reçoit sur une période de temps
donné. Il provient des revenus d’activité et des revenus de la propriété. Il se compose :
⁕ Des revenus du travail : en général les salaires du ménage.
⁕ Des revenus mixtes que l’entrepreneur tire de son activité et qui résultent de l’apport des
facteurs de production en capital, comme les locaux, les machines et en travail : d’où le
terme de revenus mixtes, capital et travail. (Exemple : honoraires des professions libérales,
revenus des agriculteurs exploitants).
⁕ Des revenus du capital ou de la propriété liés aux placements du patrimoine, comme les
loyers, les intérêts et les dividendes.
Le revenu disponible est le revenu qu’un ménage peut dépenser après :
⁕ Avoir versé les prélèvements obligatoires (impôts directs et cotisations sociales).
⁕ Avoir reçu les transferts monétaires des administrations publiques tels que les allocations
chômage ou les allocations familiales : ce sont les prestations sociales, que l’on nomme
aussi revenus de transfert.
Revenu disponible = revenus primaires – Prélèvements + prestations sociales.
Revenu primaire = revenu du travail + revenu du patrimoine ou de la propriété + revenus mixtes

5
Comment les ménagent utilisent-ils leur revenu disponible ?
Les ménages répartissent, généralement, leur revenu disponible entre deux usages : la
consommation et l’épargne.
La consommation correspond aux dépenses effectuées pour acquérir des biens et services, qu'ils
soient marchands ou non, (acheter une voiture, payer pour un voyage).
L’épargne représente la portion du revenu disponible que les ménages choisissent de ne pas
dépenser immédiatement, en prévision d'achats futurs. C’est le cas par exemple lorsqu’un ménage
économise pour acheter une voiture.
L’épargne des ménages contribue à former un patrimoine qui peut être utilisé ultérieurement. Ce
patrimoine se divise principalement en deux catégories4 :
⁕ Épargne financière : inclut des produits comme les livrets d’épargne, les assurances-vie,
les actions et les obligations, qui peuvent servir à financer des achats futurs.
⁕ Épargne non financière : se concentre sur l’investissement immobilier, principalement
l’achat de logements.
Pourquoi les ménagent épargnent-ils ?
Selon leur besoin ou leur capacité de financement, les ménages épargnent pour deux raisons
principales.
Lisser5 la consommation contre les aléas du revenu : Les revenus peuvent fluctuer
considérablement en fonction de l'activité du ménage, notamment en cas de perte d'emploi pour
un salarié. Dans ces situations, l'épargne permet de maintenir les dépenses courantes et de faire
face aux remboursements de prêts immobiliers. En ayant des réserves, le ménage peut compenser
une baisse de revenu, ce qui offre une forme d'auto-assurance. En période d'incertitude
économique, comme un risque accru de chômage, les ménages tendent à épargner davantage pour
se protéger contre ces pertes de revenu.
Lisser la consommation au cours du cycle de vie : La capacité d'épargne varie au cours de la vie
d'un individu. Par exemple, une personne jeune peut anticiper un premier emploi, suivi d'une
carrière avec des revenus en progression, puis d'une période de retraite où les revenus seront plus
faibles. Les ménages anticipent ces variations futures de revenu et épargnent ou empruntent en
conséquence pour équilibrer leur consommation en fonction de ces ressources au fil du temps.

4
Ne pas confondre entre le terme : placements financiers et le terme investissement utilisé dans le langage courant, mais
qui, en économie, correspond à un achat de biens d’équipement, c’est-à-dire des biens tels que des machines ou des
bâtiments, sans oublier la possibilité d’acquérir des investissements immatériels pour un entrepreneur individuel (par
exemple, des logiciels).
5
Le terme "lisser" signifie rendre quelque chose plus uniforme, plus régulier ou moins variable. Dans un contexte
économique, comme celui de la consommation ou des revenus, "lisser" fait référence à l'idée de réduire les fluctuations
ou les variations pour obtenir une trajectoire plus stable. Par exemple, lorsqu'on parle de "lisser la consommation", cela
signifie essayer de maintenir un niveau de consommation constant malgré les variations de revenu, en utilisant des 6
épargnes pour compenser les baisses temporaires de revenus.
2. Par le crédit bancaire.
Lorsqu'un ménage souhaite acquérir un bien immobilier, comme un appartement, et que son
épargne est insuffisante pour couvrir la totalité du coût, il peut se tourner vers un crédit bancaire.
Le montant emprunté, ou capital, représente la différence entre le coût total de l'investissement et
l'épargne disponible. Par exemple, si l'achat nécessite 200 000 euros et que l'épargne du ménage
est de 50 000 euros, le capital à emprunter sera de 150 000 euros. La banque, en tant qu'agent
économique en capacité de financement, propose alors une simulation du prêt, incluant la durée et
le montant des mensualités à rembourser. Mais afin d’obtenir ce crédit une assurance prêt
immobilier est obligatoire. Celle-ci sert à couvrir les risques de non-remboursement. Le montant
de cette assurance est calculé en fonction du capital emprunté et du taux d'assurance.
Ainsi, le financement par crédit bancaire permet aux ménages de réaliser leurs projets
d'investissement en étalant le remboursement sur une période définie, tout en prenant en compte
l'impact des intérêts et des assurances sur le coût total du crédit.
La situation des crédits des ménages en France est marquée par un recours important au crédit,
essentiel pour financer leurs besoins, notamment immobiliers. En 2016, le taux de détention de
crédit par les ménages qui désigne la proportion de ménages qui détiennent un crédit (quelle que
soit la nature de ce crédit) parmi l’ensemble des ménages montre que près de la moitié des
ménages détenaient un crédit, ce qui montre leur dépendance au crédit malgré leur épargne. Cela
montre que, malgré leur épargne, les ménages ont besoin du crédit. Le taux d'endettement des
ménages qui représente le rapport entre le montant de la dette détenue par les ménages et celui de
leur revenu disponible brut, a connu une forte augmentation, passant de 54 % de leur revenu
disponible en mars 2000 à 93,9 % en novembre 2018, selon la Banque de France. Cette hausse
peut être attribuée à la baisse des capacités d'épargne après la crise de 2008 et aux faibles taux
d'intérêts incitant les ménages à emprunter. Cependant, cette situation présente des risques de
surendettement, notamment parmi les ménages locataires, souvent en situation professionnelle
précaire. Le portrait-type des ménages surendettés révèle qu'ils sont majoritairement des femmes
en couple, dans la période active de leur vie, et résidant dans les régions du Nord de la France,
telles que la Normandie et les Hauts-de-France. Ces ménages doivent utiliser le crédit avec
précaution pour éviter le surendettement et pouvoir rembourser leurs emprunts.
III. Comment les entreprises se financent-elles ?
1. Le financement interne : L’autofinancement.
1.1. Qu’est-ce que l’EBE ?
Excédent brut d'exploitation est un indicateur important de la performance économique d'une
entreprise. Il désigne le profit de l’entreprise lié à son exploitation : ce qui reste à l'entreprise une
fois payées toutes les charges liées à l'exploitation. Il est égal à la valeur ajoutée moins toutes les
charges d’exploitation.
Les charges d'exploitation sont les coûts engagés par une entreprise pour assurer son activité
quotidienne. Elles incluent plusieurs types de dépenses nécessaires au fonctionnement normal de
l'entreprise. Ces charges sont essentielles pour le fonctionnement de l'entreprise et doivent être
couvertes par les revenus générés par l'activité de l'entreprise pour assurer sa viabilité économique.
Parmi ces charges nous pouvons citer les salaires et charges sociales, les loyers et charges locatives,
les taxes et les assurances.

7
EBE = VA – (salaires versés + Cotisation sociales) – impôts sur la production.
VA = CA – CI
CA = Prix× quantités vendues
CI= tous les produits qui disparaissent ou qui se transforment durant le processus de production.
1.2. Comment se calcul l’épargne des entreprises ?
Epargne = EBE – impôts sur le revenu – Revenus nets de la propriété – Divers.
L’EBE est essentiel car il permet de couvrir les coûts de rémunération des actionnaires
(dividendes), des administrations publiques (impôts) et des prêteurs (intérêts). Il reflète la santé
financière de l'entreprise et sa capacité à satisfaire les attentes de ses différents partenaires
financiers.
L’EBE permet de Rémunérer les actionnaires :
Les actionnaires investissent dans l'entreprise en achetant des actions. En retour, ils attendent des
dividendes, qui sont des parts des bénéfices distribuées par l'entreprise. L'EBE, représentant le
profit généré par les opérations de l'entreprise, permet de calculer les bénéfices disponibles pour
distribution. Les dividendes versés aux actionnaires proviennent ainsi de l'EBE.
L’EBE permet de Rémunérer les administrations publiques :
Les administrations publiques perçoivent des impôts sur les bénéfices de l'entreprise, notamment
des impôts sur le revenu et le patrimoine. Ces impôts sont déduits de l'EBE avant que le bénéfice
net ne soit calculé. Par conséquent, une partie de l'EBE est utilisée pour payer ces impôts,
contribuant ainsi aux recettes publiques.
L’EBE permet de Rémunérer les prêteurs :
Les prêteurs, tels que les banques et autres institutions financières, prêtent de l'argent à
l'entreprise et attendent des intérêts en retour. L'EBE montre la capacité de l'entreprise à générer
des flux de trésorerie suffisants pour couvrir ses obligations financières, y compris le paiement
des intérêts sur les prêts. Par conséquent, une partie de l'EBE est utilisée pour rémunérer les
prêteurs à travers les intérêts.
L’épargne est égale à l’EBE moins les intérêts et les dividendes versés ainsi que les impôts sur le
revenu autrement dit l’épargne est égale à tout ce qui reste à l'entreprise une fois rémunérés ses
actionnaires (dividendes), les prêteurs (intérêts), les administrations publiques (impôts sur les
bénéfices principalement) et qui est disponible pour financer la formation brute de capital fixe
(investissement), pour faire des prêts ou acheter des titres (actions, obligations), pour rembourser
les emprunts.
Remarque : Lorsque l’épargne finance les investissements, on dit que l’entreprise s’autofinance.
L’autofinancement désigne la part des investissements que l’entreprise finance avec ses propres
ressources. Il désigne un financement interne grâce à l’épargne préalablement accumulée par
l’entreprise. Quand une entreprise s’autofinance, elle finance donc ses investissements avec ses
ressources propres, c’est-à-dire son épargne brute.

8
2. Le financement externe.
2.1. Les différentes formes de financement externe.

Si l’autofinancement s’avère insuffisant, les entreprises feront appel au financement externe.


Trois possibilités peuvent s’offrir :
• Se financer directement à travers les marchés financiers.
• Se financer en passent par un intermédiaire financier.
• Se financer sur fonds propres.
• Faire appel au financement participatif.
Le financement direct repose essentiellement sur l’émission de titres financiers (actions et
obligation).
Une action est un titre de propriété d’une partie du capital social d’une entreprise. Elle permet à
celui qui l’achète de percevoir une partie des bénéfices de l’entreprise sous forme de dividende.
Elle lui donne le droit de participer et de voter à l’assemblée général des actionnaires.
Une obligation est un titre de créance. Le détenteur d’une action accède à une part de la propriété
de l’entreprise ; le détenteur d’une obligation n’est qu’un prêteur. Il perçoit des intérêts et est
remboursé à la fin de la période du prêt. Il peut aussi revendre ses obligations sur le marché avant
échéance.
Le financement indirect passe par les intermédiaires financiers. Les entreprises peuvent solliciter
trois types de crédits en fonction de leur durée : Les crédits peuvent être à court, moyen ou long
terme.
Un financement à court terme peut permettre de régler des fournisseurs pour entamer la production
d’un produit (régler des problèmes de liquidité). Un financement à Moyen terme permet d’acheter
des moyens de production tels que les machines. Un crédit à long terme peut permettre de financer
des investissements coûteux, par exemple, aux biens d’équipement de l’entreprise. Les deux
financements ne correspondent pas aux mêmes besoins : les entreprises ont parfois besoin de
davantage de temps pour rembourser car les gains générés par un investissement sont tardifs.

9
Financement sur fond propre6 : Les fonds propres d'une entreprise sont constitués des sommes
versées par les actionnaires lors de sa constitution et des réserves correspondant aux résultats
accumulés non distribués en dividendes. Si l’entreprise n’est pas côté en bourse, elle peut
augmenter son capital social en vendant de nouvelles parts sociales aux propriétaires de
l’entreprise.
Le financement participatif : « Crowdfunding » signifie littéralement « financement par la foule ».
C'est une forme de financement de projets professionnels et de projets particuliers faisant appel à
l'épargne des ménages et des entreprises. Il consiste à collecter une multitude de petites sommes
pour financer des projets plus ou moins importants dans des domaines très variés. Chaque
contributeur propose le montant de son choix en fonction de ses capacités d'épargne.
Les contributeurs du crowdfunding peuvent être : des personnes privées ; des personnes morales,
comme des entreprises.
Le financement participatif peut être attribuer sous différentes formes :
⁕ Des dons : Le crowdfunding peut prendre la forme d'un don : une entreprise ou une
personne privée contribue à un projet, sans rien attendre en retour.
⁕ Des récompenses : Le contributeur à un crowdfunding offre des fonds à un projet. En
retour, si ce projet est entièrement financé, il recevra une récompense sous la forme d'un
objet.
Exemple : le financement d'un album donne lieu à l'envoi d'un CD à tous ceux qui ont
participé au financement.
⁕ Des prêts : Le financement participatif peut prendre la forme d'un prêt. Dans ce cas, le
contributeur qui a financé le projet attend le remboursement de ce prêt. (Le prêt peut être
avec ou sans intérêt).

6
Il ne faut pas confondre L'EBE et les fonds propres : L’EBE mesure la performance opérationnelle d'une entreprise. Il s'agit
du résultat généré par l'activité principale de l'entreprise avant la déduction des charges financières, des impôts et des
amortissements. Il permet d'évaluer la rentabilité des opérations courantes et de comparer la performance de l'entreprise
avec celle d'autres entreprises du même secteur.
Les fonds propres représentent les ressources financières apportées par les actionnaires et les bénéfices non distribués
de l'entreprise. Ils constituent une mesure de la valeur nette de l'entreprise. Ils incluent le capital social, les réserves, et le
résultat net accumulé. Les fonds propres montrent la capacité de l'entreprise à financer ses activités, à absorber des pertes
et à investir dans sa croissance. Ils reflètent également la solvabilité de l'entreprise.
Les différences Clés sont :
1. Nature : L'EBE est un indicateur de performance opérationnelle, tandis que les fonds propres représentent la structure
financière de l'entreprise. 10
2. Utilisation : L'EBE est utilisé pour évaluer la rentabilité des opérations, tandis que les fonds propres sont utilisés pour
mesurer la solidité financière et la capacité d'investissement.
3. Temporalité : L'EBE est calculé sur une période (trimestrielle ou annuelle), alors que les fonds propres sont un instantané
à un moment donné dans le temps (au bilan).
2.2. Les avantages et inconvénients des différents modes de financement.

Remarque.
Pour une petite entreprise, l’émission d’actions est exclue, de même que le crédit obligataire car
l’accès aux marchés financiers est réduit. Le financement bancaire sera privilégié, sauf si la somme
est modeste, auquel cas le financement participatif peut être une solution.
L’augmentation de capital (fonds propres) permet de se financer sans coût (ni remboursement, ni
taux d’intérêt). En revanche, pour les actionnaires en place avant cette opération, il y a une
diminution de leur part dans la propriété de l’entreprise, ce qui réduit le montant de leurs futurs
dividendes ainsi que leur pouvoir de décision.
III. Comment l’Etat se finance-t-il ?
1. Qu’est-ce que le budget de l’Etat.
Le budget de l’État est un document comptable prévisionnel élaboré par le gouvernement durant
l’année n-1 pour l’année N. Il est voté dans le cadre de la loi de finance par le parlement. En effet,
le budget est une loi qui est adopté par vote au parlement. C’est le parlement qui prévoit et définit
les recettes et les dépenses que l’Etat a le droit d’engager et de percevoir pour l’année avenir. Une
loi de finance rectificative est généralement prévue afin de tenir compte d’événement imprévus ou
pour modifier la politique budgétaire de l’Etat.
1.1. D’où viennent les recettes de l’Etat ?
L’État perçoit des recettes fiscales et des recettes non fiscales.
Les recettes fiscales de l’État sont composées d’impôts directs et d’impôts indirects :
Les impôts directs sont les impôts supportés directement par les agents économiques qui y sont
assujettis nous pouvons citer l’impôt sur le revenu payé par les ménages ou encore l’impôt sur les
sociétés payé par les entreprises.
Les impôts indirects sont les impôts prélevés sur les dépenses des agents économiques. Ces impôts
sont incorporés dans le prix des biens et des services. Ces impôts sont appelés ainsi car ce sont les
entreprises qui les versent à l’État et non pas le contribuable lui-même. C’est le cas de la taxe sur
la valeur ajoutée (TVA) que les ménages paient lorsqu’ils achètent un bien ou un service.

11
Les recettes non fiscales proviennent généralement des dividendes perçus par l’État s’il est
actionnaire ou les loyers recouvrés (perçus) par l’État propriétaire.
1.2. Que dépense l’Etat ?
Les dépenses de personnels : il s’agit principalement de rémunération des fonctionnaires qui
travaillent dans les administrations publiques tels que les professeurs de l’Éducation nationale, aux
policiers, aux militaires ou encore aux magistrats.
Les dépenses de transfert : Les dépenses de transfert sont principalement des allocations et
subventions versées par l'État. Elles peuvent être destinées aux ménages sous forme d'allocations
familiales, d'aides sociales, de pensions de retraite, etc. Les subventions aux entreprises visent à
soutenir l'économie, encourager l'innovation, ou aider des secteurs spécifiques en difficulté. Ces
transferts permettent de redistribuer les ressources et de réduire les inégalités économiques.
Les dépenses de fonctionnement : Ces dépenses couvrent l'achat de biens et de services nécessaires
au fonctionnement quotidien des administrations publiques. Cela inclut des dépenses telles que le
matériel de bureau, les fournitures, les frais de maintenance des bâtiments, les coûts énergétiques
(électricité, chauffage), et autres dépenses courantes. Elles garantissent le maintien opérationnel
des services publics.
Les dépenses d’investissement : Les dépenses d'investissement sont les dépenses destinées à
financer des projets à long terme qui améliorent les infrastructures et les équipements publics. Cela
peut inclure la construction de routes, d'écoles, d'hôpitaux, de réseaux de transport, ainsi que des
investissements dans des technologies nouvelles et durables. Ces investissements sont essentiels
pour le développement et la modernisation du pays.
Les dépenses liées à la charge de la dette : Ces dépenses sont les paiements effectués par l'État
pour rembourser les intérêts et le principal de sa dette publique. Lorsqu'un gouvernement emprunte
de l'argent pour financer son déficit, il doit payer des intérêts aux prêteurs. Ces paiements sont une
part significative des dépenses publiques et peuvent limiter la capacité de l'État à investir dans
d'autres domaines si la dette est trop élevée.
Exemple : En décembre 2018 sous la pression du mouvement des gilets jaunes, le président de la
république a annoncé plusieurs mesures : la suppression de la CSG pour certains activités, hausse
de la prime d’activité et la défiscalisation des heures supplémentaires. Ces mesures ont réduit les
recettes et at ont augmenté les dépenses qui figuraient dans le budget initial 2019. Une loi
rectificative doit alors être votée.
Bien à savoir : Sur le plan institutionnel, on retrouve deux grandes phases dans la fabrication du
budget de l’État. Lors de la phase administrative s’élabore le budget avec les différentes
administrations, en particulier le ministère du Budget et de l’Économie. Puis lors de la phase
parlementaire, les députés et les sénateurs (qui forment le Parlement) sont souverains pour voter
ou non le budget et lui apporter des amendements.
Solde budgétaire = Recettes – Dépenses.
Si Recette > dépenses ⇒ Excédent
Si Recettes < Dépenses ⇒ Déficit

12
Des déficits à la dettes publique française.

Source : Insee, 2018

La dette publique est l'ensemble des engagements financiers des administrations publiques. C'est un stock alimenté
par des flux : les déficits, les remboursements.
Les Administrations Publiques doivent emprunter sur les marchés financiers en émettant des obligations (long terme)
et des bons du Trésor (court terme) et verser des intérêts aux prêteurs.

La dette publique française a connu une croissance substantielle entre 1978 et 2017, passant de
21,2 % à 98,5 % du PIB, selon les données de l'INSEE. Cette augmentation a été relativement
continue, avec des accélérations notables au début des années 1990 et après la crise financière de
2008. Le déficit public, quant à lui, est resté une constante sur cette période, contribuant à
l'augmentation de la dette publique. Les périodes de déficits les plus prononcés, comme en 1993
et après 2008, ont été suivies d'une augmentation marquée de la dette publique.

L'État, en tant que principal agent économique avec des besoins de financement importants, est
responsable de la plus grande part de la dette publique. En 2017, bien que la France ait réussi à
maintenir un déficit public inférieur à 3 % du PIB, satisfaisant ainsi aux critères de Maastricht, la
dette publique restait élevée. Les administrations publiques se financent majoritairement par
l'émission de titres obligataires sur les marchés financiers, dont 56 % étaient détenus par des non-
résidents en 2017. Cette dépendance accrue vis-à-vis des agents non-résidents expose le pays à des
risques financiers, notamment en cas de variation des taux d'intérêt ou de la confiance des
investisseurs étrangers.

2. Comment l’État finance-t-il son déficit budgétaire ?


Lors de la préparation du budget prévisionnel de l’année N et en cas de déficit de ce budget, l’État
devra emprunter tout au long de l’année N, pour combler l’écart existant entre ses recettes et ses
dépenses, autrement dit pour combler son besoin de financement.
L’État emprunte en vendant des obligations à court, moyen et long terme sur les marchés financiers
qui seront achetés par les ménages et les entreprises. Du fait de la mondialisation des marchés
financiers, les agents étrangers aussi peuvent acheter les obligations nationales.
Plusieurs avantages attirent ces investisseurs : l’État paie un taux d’intérêt fixe et rembourse
toujours sa dette. L’Etat est considéré comme un investissement sûr : le risque de défaut des États
est, en effet, généralement faible.

13
En France, l’État finance son déficit en émettant deux types de titres : des titres à court terme (Bons
de Trésor à taux fixe dont la durée est inférieure ou égale à un an et des titres à moyen et long
terme (obligations assimilables du Trésor, OAT) dont l’échéance est comprise entre 2 et 50 ans.
A savoir : différence entre dette publique et déficit public
Le déficit public est le solde annuel négatif (les dépenses étant supérieures aux ressources) du
budget des administrations publiques qui sont : l’État, les collectivités territoriales (préfectures par
exemples) et leurs établissements publics (universités par exemple) et les organismes de Sécurité
sociale (mais pas les entreprises publiques du secteur marchand). En 2020, le déficit public s’est
élevé en France à 212 milliards d’euros, soit 9,2 % du PIB.
La dette publique correspond au total des emprunts contractés par ces mêmes administrations
publiques. Ces administrations publiques empruntent peu auprès des banques à la différence des
ménages, mais émettent plutôt des titres (obligations) sur les marchés financiers. Chaque année,
ces administrations publiques empruntent à la fois pour couvrir le déficit public de l’année mais
aussi pour régler le stock de la dette arrivant à échéance. Fin septembre 2021, la dette publique
française s’établissait à 2 834 milliards d’euros, soit 116,3 % du PIB.
Les critères de convergences définis par le traité de Maastricht (article 121 du traité)
1. Stabilité des prix : le taux d'inflation d'un État membre donné ne doit pas dépasser de plus de 1,5
point celui des trois États membres présentant les meilleurs résultats en matière de stabilité des
prix.
2. Situation des finances publiques :
a. Interdiction d'avoir un déficit public annuel supérieur à 3 % du PIB [N-1].
b. Interdiction d'avoir une dette publique supérieure à 60 % du PIB [N-1].
[Link] d'intérêt à long terme : ils ne doivent pas excéder de plus de 2 % ceux des trois États membres
présentant les meilleurs résultats en matière de stabilité des prix.
IV. Quels sont les effets contradictoires d’une politique de dépenses publiques sur l’activité
économique ?
1. Les avantages d’une politique de hausse des dépenses publiques.
1.1. Stabilisateurs Automatiques : La Puissance des Dépenses Publiques.
Lorsque la situation économique d’un pays se trouve en crise (baisse de la production), l’Etat
intervient afin de relancer l’activité en utilisant la politique budgétaire. L’objectif de l’Etat est de
relancer la demande globale. La demande globale désigne tous les biens et services que l’ensemble
des agents utilisent dans une économie.
La demande globale se compose de l’ensemble de la demande des agents résidents (ménages,
entreprises et administrations publiques ainsi que les exportations (la demande des unités
étrangères de biens et services nationaux). L’accroissement de la demande globale nationale va
inciter les entreprises à accroitre leur production ce qui les pousse à embaucher et à investir.
Afin de stimuler la demande, l’Etat passe par la croissance des dépenses publiques. Ces dernières
agissent comme un stabilisateur économique.
Les stabilisateurs économiques, ou stabilisateurs automatiques, sont des mécanismes
économiques qui agissent spontanément pour atténuer les fluctuations du cycle économique sans

14
intervention directe du gouvernement. Ils jouent un rôle contra-cyclique, c'est-à-dire qu'ils tendent
à réduire les variations de l'activité économique en période de récession ou de croissance.
La récession (baisse du Produit Intérieur Brut (PIB) sur au moins deux trimestres consécutifs)
entraine la croissance du chômage et la baisse des revenus des ménages et des entreprises. Afin de
compenser la perte de revenus, l'État verse plus d'indemnités chômage et de prestations sociales
sous conditions de ressources afin de permettre aux agents de continuer à consommer et à soutenir
l'économie ; ce qui va augmenter ses dépenses.
En parallèle, les recettes publiques baissent car il y a moins d'impôts et de cotisations sociales
collectés. De même, en acceptant la diminution des recettes, on ne prélève pas davantage sur les
agents, ce qui permet d’éviter un effondrement de la consommation et de l’investissement.
L'augmentation des dépenses publiques et la baisse des recettes publiques entraînent une hausse
du déficit public qui en principe doit se résorber lors de la reprise de l’activité économique.
Ainsi, grâce à ces mécanismes, la récession est atténuée car les ménages et les entreprises
continuent à dépenser, ce qui soutient la demande globale et limite la baisse de l'activité
économique.
Remarque : L'effet des stabilisateurs automatiques est d'autant plus élevé que le poids des
dépenses publiques dans le PIB est important et que les dépenses publiques augmentent fortement
en période de récession. Cependant, ce mécanisme ne fonctionne pleinement que si les ménages
et les entreprises ne modifient pas leur comportement de consommation et si les taux d'intérêt ne
sont pas affectés par la croissance des dépenses publiques en période de récession.
1.2. Le Multiplicateur Keynésien : Instrument clé de la relance économique.
Le multiplicateur keynésien est un concept économique qui explique comment une augmentation
des dépenses publiques peut avoir un effet amplifié sur l'économie globale. Lorsqu'un
gouvernement met en place un plan de relance en augmentant les dépenses publiques, plusieurs
mécanismes entrent en jeu pour stimuler la demande globale.
En effet, lorsque l’Etat met en place une politique de relance, celle-ci passe le plus souvent par la
croissance de ses investissements (investissement dans de nouvelles infrastructures, comme la
construction d'hôpitaux, d'écoles, et d'autres projets publics) ce qui augmente les dépenses
publiques.
Les ménages bénéficient de cette injection de fonds sous forme de salaires pour ceux employés
dans les nouveaux projets d'infrastructure, ou par le biais d'augmentations des transferts sociaux
ou des baisses d'impôts. Avec des revenus plus élevés, les ménages augmentent leurs dépenses de
consommation. Ils achètent plus de biens et de services, ce qui augmente la demande globale dans
l'économie.
Afin de répondre à cette demande accrue, les entreprises augmentent leur production. Cela peut
nécessiter des investissements supplémentaires pour accroître leurs capacités de production. Elles
embauchent également plus de travailleurs, ce qui entraîne une augmentation des revenus
distribués.
La hausse de la production et des investissements des entreprises génère de nouveaux revenus
(sous forme de salaires, profits et impôts), qui, à leur tour, augmentent encore plus la
consommation et l'investissement. Cela crée un cercle vertueux où la croissance économique se
renforce elle-même.

15
Cependant, la hausse des dépenses publiques accroît les besoins de financement de l’État et son
endettement à court terme. Le solde public devient davantage déficitaire, car les besoins de
financement de l'État augmentent. L'effet temporaire espéré est que l'expansion économique
résultante générera des recettes publiques accrues (via les impôts sur les revenus et la
consommation) et réduira les dépenses publiques en termes de transferts sociaux (comme les
allocations chômage), équilibrant ainsi le budget à moyen terme. Dans le cas contraire, le déficit
public et la dette publique continueront d’augmenter.
Point notion.
Suite à la crise de 1929, John Maynard Keynes (économiste américain : 1883-1946) avance en 1936
sa théorie selon laquelle les économies ne s’autorégulent pas nécessairement et qu’il existe des cas
dans lesquels l’intervention de l’État est nécessaire.
À l’aide de politiques de relance et en s’endettant pour financer ces politiques (notamment quand
les taux d’intérêt sont faibles, voire nuls), l’État joue, sur l’activité, un rôle contracyclique grâce aux
revenus supplémentaires qu’il injecte dans l’économie. En effet, la politique de relance entraine une
augmentation de l’investissement public et du revenu distribué. Le niveau de
la consommation augmente ce qui accroît les débouchés pour les producteurs de biens de
consommation. Ils vont alors augmenter leur production et distribuer autant de revenus, et ainsi de
suite. Ainsi, la hausse de la demande globale (consommation et investissement) permet une hausse
de la production et une baisse du chômage. Au passage, ces revenus et ces dépenses
supplémentaires vont générer des impôts qui réduiront ou supprimeront le déficit public initial.
2. Les risques d’une politique d’une hausse des dépenses publiques.
2.1. Qu’est-ce que l’effet d’éviction ?
Il y a éviction lorsque l'État augmente ses dépenses publiques ou emprunte davantage pour financer
des projets. Cette situation entraîne une hausse des taux d'intérêt et réduit, par conséquent,
l'investissement privé.
Cela se produit notamment lorsque les ressources financières disponibles sur le marché sont
limitées. L’Etat emprunte de manière significative, il "évince" ou écarte les emprunteurs privés en
rendant le crédit plus cher et moins accessible pour eux.
L’éviction peut être directe ou indirecte :
L'éviction directe se produit lorsque l'augmentation des dépenses publiques induit une contraction
des dépenses privées. Par exemple, si l'État augmente son budget et finance cette augmentation
par une hausse des impôts, les ménages verront leur revenu disponible après impôt diminuer. En
conséquence, ils seront incités à réduire leurs dépenses privées (consommation), car ils disposent
de moins d'argent.
L'éviction indirecte, ou éviction financière, se produit lorsque les entreprises privées sont
partiellement évincées du marché financier par les emprunts de l'État pour financer le déficit
budgétaire. Lorsque l'État emprunte massivement, il absorbe une part importante des capitaux
disponibles sur le marché. Cela réduit la disponibilité de fonds pour les entreprises privées et
entraîne une hausse des taux d'intérêt. Cette augmentation du coût du capital rend les emprunts
plus chers pour les entreprises, les dissuadant ainsi d'investir.

16
2.2. Effets Négatifs de l'Effet d'Éviction
Un État qui augmente sa dépense publique va devoir augmenter l’impôt soit pour équilibrer son
budget, soit pour honorer ses engagements financiers vis-à-vis des investisseurs (les créanciers) en
payant les intérêts de la dette et en remboursant à terme le capital.
L'augmentation des impôts pour financer les dépenses publiques réduit le revenu disponible des
ménages, ce qui diminue leur consommation et ralentit l'activité économique.
Les taux d'intérêt plus élevés augmentent le coût de financement pour les ménages et les
entreprises, limitant leur capacité à emprunter et à investir. La réduction de l'investissement privé
et de la consommation des ménages ralentit la croissance économique globale.
Si les dépenses publiques financées par emprunt sont trop élevées, cela conduit à un déséquilibre
budgétaire et à une augmentation de la dette publique, rendant l'économie plus vulnérable aux
chocs financiers.
Ainsi, l’effet d’éviction montre que les effets d’une politique de la relance des dépenses publiques
n’ont pas toujours des effets positifs sur l’activité économique. En effet, l’augmentation de la
dépense publique entraînerait par effet d’éviction une réduction des dépenses privées des
entreprises et des ménages. Ce qui tend à montrer les limites des politiques de relance.
3. Comment corriger les effets négatifs d’une politique de hausse de dépenses ?
Lorsqu'un gouvernement met en place une politique de relance économique, il augmente souvent
les dépenses publiques pour stimuler la demande, ce qui peut entraîner des déficits budgétaires
importants. Si ces déficits persistent et que la dette publique devient insoutenable, une politique
d'austérité peut être mise en œuvre pour corriger ce déséquilibre. L’objectif est de réduire les
dépenses publiques et/ou augmenter les impôts.
3.1. Qu’est-ce qu’une politique d’austérité ?
La politique d'austérité désigne un ensemble de mesures prises par un gouvernement pour réduire
les déficits budgétaires et stabiliser ou diminuer la dette publique. Ces mesures impliquent
généralement des réductions des dépenses publiques et/ou une augmentation des recettes fiscales.

17
En réduisant les dépenses publiques et en augmentant les recettes fiscales, l'objectif de la politique
d’austérité est de réduire les déficits budgétaires et de stabiliser la dette publique. Ceci permettra
d'assurer la viabilité des finances publiques à long terme et de prévenir une crise de la dette.
Une politique d'austérité peut aider à restaurer la confiance des marchés financiers et des
investisseurs en montrant que le gouvernement prend des mesures pour gérer ses finances
publiques de manière responsable.
Cependant, il est important de noter que l'application d'une politique d'austérité pour corriger une
politique de relance peut avoir des effets négatifs à court terme, tels que :
⁕ Réduction de la demande globale en raison de la baisse des dépenses publiques et de la
hausse des impôts, ce qui peut entraîner une récession économique.
⁕ Les réductions des dépenses publiques peuvent entraîner des licenciements dans le secteur
public et une réduction de l'activité économique, augmentant le chômage.
⁕ Les réductions des prestations sociales peuvent affecter les segments les plus vulnérables
de la population, aggravant les inégalités sociales.
Ainsi la politique d’austérité a pour effet de freiner l'activité économique, mais aussi et surtout de
réduire la progression du pouvoir d'achat (et parfois de réduire le pouvoir d'achat tout court)
notamment des bénéficiaires de prestations sociales, qui ne sont généralement pas les plus riches.
La politique d'austérité a donc généralement pour conséquence d'accentuer les inégalités sociales.

18

Vous aimerez peut-être aussi