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Apui Au Developpement Autonome

ADA se concentre sur la finance inclusive pour soutenir les objectifs de développement durable et répondre aux besoins des populations vulnérables entre 2022 et 2025. L'organisation met l'accent sur l'entrepreneuriat des jeunes, les chaînes de valeur agricoles et l'accès aux services de base, tout en intégrant des dimensions telles que le changement climatique et l'égalité des genres. Avec un budget de 63 millions d'euros, ADA vise à diversifier ses sources de financement et à renforcer ses partenariats pour maximiser son impact.

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Apui Au Developpement Autonome

ADA se concentre sur la finance inclusive pour soutenir les objectifs de développement durable et répondre aux besoins des populations vulnérables entre 2022 et 2025. L'organisation met l'accent sur l'entrepreneuriat des jeunes, les chaînes de valeur agricoles et l'accès aux services de base, tout en intégrant des dimensions telles que le changement climatique et l'égalité des genres. Avec un budget de 63 millions d'euros, ADA vise à diversifier ses sources de financement et à renforcer ses partenariats pour maximiser son impact.

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ADA

Appui au
Développement
Autonome

© Philippe Galland
ADA en 2022-2025
Vers une finance inclusive
durable et innovante
© José Manuel del Busto

ADA en chemin vers 2025


Durant les années à venir, ADA va utiliser la finance inclusive pour
contribuer aux objectifs de développement durable et répondre aux
besoins des populations vulnérables.

P
endant plus de 25 ans, ADA a renforcé des conseil en investissement pour IforD (Inves-
institutions de microfinance et des réseaux ting for Development), des activités de gestion
dans le but de favoriser l’inclusion finan- des connaissances et des activités de commu-
cière. Durant les années à venir, ADA va utili- nication. Les activités seront menées prioritai-
ser la finance inclusive, qui reste son principal rement dans cinq pays, à savoir, le Sénégal, le
domaine d’expertise, pour contribuer aux objec- Burkina Faso, le Laos, le Cambodge et le Gua-
tifs de développement durable et répondre en temala. Toutefois, d’autres pays seront consi-
particulier aux besoins des populations suivantes: dérés, en particulier lorsqu’ils présentent des
les jeunes entrepreneurs, les petites exploi- opportunités d’investissements d’impact en lien
tations agricoles familiales et les ménages avec le Luxembourg Microfinance and Develop-
vulnérables. La nouvelle orientation favorise ment Fund (LMDF).
l’innovation et se concentre sur trois axes théma-
tiques prioritaires : l’entrepreneuriat des jeunes, En termes d’organisation, l’équipe de l’associa-
les chaînes de valeur agricoles et forestières tion est composée de 40 à 50 employés auxquels
et l’accès aux services de base ; ainsi que trois viennent s’ajouter une dizaine de conseillers
dimensions transversales : les aspects liés aux techniques, basés sur le terrain. Le budget pour
changements climatiques, les questions de la période 2022-2025 est estimé à 63 millions
genre et le rôle des femmes, ainsi que l’utilisa- d’euros, variant de 14 à 17 millions d’euros par
tion des technologies digitales. Cette évolution an et sera financé à hauteur de 59 % par la Coo-
dans les orientations de l’ONG l’amènera à colla- pération luxembourgeoise et représentent 92 %
borer avec de nouveaux types d’acteurs, au-delà du total, ce qui laisse 8% du budget pour couvrir
des institutions de microfinance. les frais administratifs. 41 % par d’autres sources
AU NIVEAU OPÉRATIONNEL publiques et privées. Les frais directement liés
aux activités de développement représentent 92
Au niveau opérationnel, ADA combinera des acti- % du total, ce qui laisse 8% du budget pour cou-
vités de gestion et de mise en œuvre de pro- vrir les frais administratifs.
grammes d’appui technique, des activités de

2
Présentation simplifiée de la théorie
du changement de ADA

POUR QUI ?

Jeunes entrepreneurs
Petites exploitations agricoles familiales
Ménages vulnérables

COMMENT ? QUOI ? POURQUOI ?

Par des
activités dans Résultats Effets à court Impact
des secteurs attendus et moyen terme à long terme
prioritaires

Entrepreneuriat Ressources
Services financiers
des jeunes économiques

Climat Renforcement Amélioration des


Capital humain
de capacités conditions de vie
Genre &
femmes des populations
Services financiers
vulnérables, tout
Digital
en préservant les
Accès aux marchés Intégration sociale
générations futures
Agriculture Services
& Forêts de base
Services de base Besoins essentiels

3
© shutterstock

Tendances du secteur du
développement international

L
es objectifs de développement durable opportunités à prendre en compte pour
(ODD) constituent le référentiel com- étendre la portée de certaines actions de
mun qui guident les efforts de coo- développement. Au niveau du financement,
pération au niveau international. Dans ce tant le Programme d’action d’Addis Abeba
contexte, certains sujets mobilisent une établi en 2015 que la définition des ODD
attention croissante de la part des acteurs à l’horizon 2030, mettent l’accent sur la
du développement. La question des chan- nécessité de diversifier les sources de
gements climatiques est une préoccupation financement du développement. Au-delà
majeure qui menace l’humanité dans son de l’aide publique au développement, ali-
ensemble et en particulier les populations mentée par les contributions des États aux
les plus vulnérables. La notion d’inclusion programmes de développement bilaté-
est un autre sujet important, qu’il s’agisse raux et multilatéraux, l’Organisation de
de pauvreté, de minorités ou d’aspects liés coopération et de développement éco-
aux migrations. La résilience est également nomiques (OCDE) souligne le rôle croissant
un élément crucial, en particulier dans le du secteur privé. À travers les concepts de
contexte pandémique actuel. «blended finance» 1 et «impact investing» 2, le
secteur privé devient de facto un financeur
L’INCOUTOURNABLE INNOVATION du développement. De multiples expériences
montrent l’intérêt de mobiliser des finance-
ments de sources publiques et privées et
Face à ces défis, l’innovation représente un de combiner des subsides et des donations
moyen incontournable pour favoriser l’émer- avec des investissements dans le but de
gence de solutions adaptées aux besoins générer un effet de levier en faveur du finan-
des populations vulnérables. En particu- cement du développement .
lier, les technologies digitales sont des
4
Problématiques

D
’après le dernier rapport sur les objectifs à l’eau potable et l’assainissement, aux soins de
de développement durable 2020 et mal- santé ou même à l’alimentation.
gré les avancées dans divers domaines
tels que la santé maternelle ou la participation poli- Enfin, les changements climatiques s’accé-
tique des femmes, les efforts actuels demeurent lèrent, la décennie 2010-2019 étant la plus
pour l’instant insuffisants pour atteindre les objec- chaude jamais enregistrée. Au-delà de la
tifs fixés à l’horizon 2030. En particulier, la hausse hausse des températures, l’augmentation de
de l’insécurité alimentaire, la détérioration de la fréquence et de l’ampleur des phénomènes
l’environnement et la persistance des inégalités climatiques extrêmes, l’élévation du niveau des
restent des problèmes majeurs qui contreba- mers et la dégradation des terres impactent les
lancent les progrès réalisés. écosystèmes et menacent la vie et les activités
humaines. Si toutes les régions du monde sont
concernées, les pays les moins développés
sont à la fois plus exposés aux phénomènes

«
L’année 2020 marque en extrêmes et moins préparés pour y faire face.
particulier la première
hausse de la pauvreté à RENFORCER LA RÉSILIENCE, UN DÉFI
l’échelle mondiale depuis MAJEUR
1998.
Ainsi, la multiplication des risques, des chocs
potentiels et l’ampleur croissante de leurs
conséquences semblent être le défi majeur des
Au-delà de ces difficultés qui perdurent, la pan- années à venir pour les populations, en parti-
démie de Covid-19 est venue perturber encore culier les plus vulnérables. Par conséquent,
davantage la progression vers les objectifs de l’un des enjeux principaux du développement
développement durable : l’année 2020 marque consiste aujourd’hui à renforcer la résilience des
en particulier la première hausse de la pauvreté populations, c’est-à-dire leur capacité à absor-
à l’échelle mondiale depuis 1998. En cause : la ber les chocs, à s’adapter à des conditions chan-
perte d’emploi et de revenus qui affecte parti- geantes, mais aussi à initier des transformations
culièrement les travailleurs de l’économie infor- plus profondes qui permettront à long terme de
melle, le manque de protection sociale et l’accès réduire les risques.
encore plus limité aux services de base pour les
ménages qui étaient déjà en situation de préca-
rité, notamment l’accès à un logement adéquat,
5
Des fondements stratégiques
confortés
En accord avec la vision de ADA de « jouer le rôle de catalyseur dans la genèse,
l’identification, le développement et la mise en œuvre de solutions facilitant
le développement inclusif », l’élaboration de nouvelles orientations est
l’occasion pour l’association de conforter certains fondements stratégiques,
précisés ci-dessous.

L’APPROCHE «CLIENT CENTRIC» ET LA DYNAMIQUE D’INNOVATION


«HOLISTIQUE»

E
Une particularité de ADA réside dans sa capacité
n ligne avec sa vision et sa mission, ADA va à soutenir des solutions innovantes en matière
s’appuyer sur son expérience passée pour d’inclusion financière. Cette dynamique a été ren-
renforcer son approche « client centric » et forcée depuis 2019 à travers les Innovation Labs
« holistique ». Il s’agit non seulement de concevoir thématiques qui facilitent, de manière collabo-
et mettre en œuvre des projets en partant d’une rative, l’émergence de concepts et projets inno-
identification approfondie des besoins des vants, que ce soit au niveau du type de solution
populations ciblées, mais également de consi- offerte, du mode de distribution, ou de la mobi-
dérer leurs besoins de manière holistique lisation des technologies digitales lorsque cela
(alimentation, santé, habitat, éducation, revenu permet de mieux répondre aux besoins des popu-
économique, protection face aux chocs, etc.) lations ciblées. Cette volonté de favoriser l’inno-
afin de tenir compte du caractère multi-dimen- vation sera encore renforcée durant les années à
sionnel de la pauvreté. Dans ce sens, l’inclusion venir à travers des activités de prospection pour
financière, à travers l’accès et surtout l’utilisation identifier de nouvelles solutions en matière de
de services financiers adaptés, est à considé- développement et de nouveaux partenaires ; et
rer comme un moyen pour mieux répondre aux à travers des projets-tests qui viendront alimen-
besoins des populations ciblées. ter l’identification et la formulation de nouveaux
programmes.
Cette approche « centrée sur les clients » et «
holistique » entraînera pour ADA une évolution LA GESTION DES CONNAISSANCES ET
dans le type de partenaires avec lesquels elle LE PARTAGE D’EXPÉRIENCES
sera amenée à collaborer en considérant non
seulement des prestataires de services finan-
Depuis plusieurs années, ADA a fortement déve-
ciers tels que des institutions de microfinance,
loppé ses outils et sa méthodologie de gestion
des banques ou des compagnies d’assurance
des connaissances. Par exemple, la définition
comme cela a été très largement le cas jusqu’à
et le suivi d’indicateurs spécifiques, la réalisa-
maintenant, mais également d’autres acteurs tels
tion d’une évaluation systématique, en interne
que des petites et moyennes entreprises (PME)
ou en externe, et l’utilisation d’enquêtes auprès
de transformation ou de commercialisation, des
des bénéficiaires, permettent de mieux mesu-
incubateurs, des fintechs, etc.
rer l’impact des activités menées dans les
projets. Plus largement, l’acquisition et la créa-
tion de connaissances à travers des échanges
avec d’autres acteurs ou la réalisation d’études

6
© Philippe Lissac / Godong
permettent à ADA de capitaliser et renforcer ses Fondation Raiffeisen Belgique. Cette diversifica-
connaissances de façon continue. Cette approche tion des sources de financement sera poursuivie
sera encore approfondie à l’avenir en mettant à l’avenir en renforçant également les contribu-
également l’accent sur les activités de diffusion tions des participants aux événements organisés
d’informations pour permettre à d’autres acteurs par ADA et en développant le concept « Donate
du développement de bénéficier davantage de to Invest »3.
l’expérience de ADA.

LA DIVERSIFICATION DES SOURCES DE


FINANCEMENT

«
Sur base du partenariat historique avec la Coo-
pération luxembourgeoise, ADA reçoit un finan- L’inclusion financière, à tra-
cement pluriannuel du MAEE, lequel offre à ADA vers l’accès et surtout l’utili-
la possibilité de mener ses projets avec flexibi- sation de services financiers
lité et continuité ; ce qui permet de favoriser tant
adaptés, est à considérer comme
l’innovation que l’appui d’initiatives sur le long
terme. Au-delà de cette source de financement
un moyen pour mieux répondre
stratégique, ADA mobilisera des sources de aux besoins des populations
financement complémentaires qui permettront à ciblées.
certains projets d’entraîner un effet de levier. Par
le passé, des collaborations ont déjà été établies
avec des financeurs publics tels que la banque
européenne d’investissement (BEI), le fonds
international de développement agricole (FIDA),
la Food and Agriculture Organization (FAO) ou la
Coopération suisse et avec des financeurs privés
tels que les Rotary Clubs du Luxembourg ou la
7
Justification et logique
d’intervention
POPULATIONS CIBLÉES IMPACT VISÉ

E
n tant qu’acteur œuvrant pour un dévelop- Tel que son nom l’indique, ADA, appui au déve-
pement inclusif, ADA cible à travers ses loppement autonome, ne vise pas seulement à
interventions les populations vulnérables, travers ses interventions à améliorer les condi-
c’est-à-dire les personnes exposées aux risques, tions de vie des populations vulnérables, mais à
qui tendent à se multiplier. Ces risques peuvent permettre à ces populations de choisir et mettre
être encourus par des groupes sociaux entiers en œuvre par elles-mêmes des stratégies d’amé-
en raison de leurs contextes socioéconomiques lioration de leurs conditions de vie. Autrement dit,
(pays moins développés, manque d’infrastruc- l’action de ADA vise à rendre les populations ac-
tures) ou géographiques (zones exposées aux trices de la réduction de leur vulnérabilité, non
aléas climatiques), mais également par des pas parce qu’elles en sont responsables, les
individus en raison de caractéristiques (l’âge, facteurs de vulnérabilité étant bien souvent ex-
le genre) ou de trajectoires (migration) particu- ternes, mais parce qu’elles sont les mieux pla-
lières. Les populations vulnérables ne sont pas cées pour identifier les meilleures solutions.
nécessairement en situation de pauvreté ou d’ex-
clusion, mais pourraient y sombrer dans le cas Par ailleurs, parce que les modes de vie actuels
où les chocs ou aléas qui pourraient les affecter entraînent des conséquences à long terme, l’ac-
surviendraient. tion de ADA vise également à ce que les straté-
gies choisies et mises en œuvre aujourd’hui par
Compte tenu des facteurs de vulnérabilité ma- les populations vulnérables soient en mesure de
jeurs que représentent l’accès limité aux services préserver les conditions de vie des générations
de base, le manque d’opportunités d’emplois et futures, et contribuent en ce sens à un dévelop-
de ressources économiques, ou le très faible pement durable.
niveau de préparation aux changements clima-
tiques, notamment dans les zones rurales dépen- Ainsi, les interventions de ADA visent à dévelop-
dantes de l’agriculture, les principaux groupes per et renforcer les « capabilités4 » des popula-
tions vulnérables, c’est-à-dire à rendre effectives
cibles des interventions de ADA dans les pays en
leur possibilité et capacité de choisir et mettre en
développement seront :
œuvre ces stratégies.
les ménages vulnérables, notamment
ceux ayant un accès restreint aux services de
base ;
les jeunes entrepreneurs, hommes et
EFFETS RECHERCHÉS
femmes, qui font face à des contraintes d’autant
Pour cela, certaines conditions sont nécessaires.
plus importantes d’accès à l’emploi et d’intégra-
Avant tout, pour développer leurs capabilités,
tion socioprofessionnelle ;
les groupes cibles de ADA ont besoin d’accéder,
les petites exploitations familiales et
d’utiliser et de développer différents types de res-
les autres acteurs des chaînes de valeur agri-
sources. En particulier, il est nécessaire pour ces
coles et forestières exposés aux risques clima-
groupes de :
tiques et à l’insécurité économique jouant un rôle
crucial pour renforcer la sécurité alimentaire.
satisfaire leurs besoins essentiels in-
dispensables à l’existence (se nourrir, se loger,
Il est important de préciser que pour ces trois
se vêtir, etc.), en particulier pour les ménages
groupes cibles, les questions de genre seront
vulnérables des pays moins développés ;
systématiquement prises en compte.
8
© José Manuel del Busto
améliorer leur capital humain, c’est-
à-dire leurs connaissances et compétences, et
leur capital social, c’est-à-dire leur intégration
dans les communautés et tissus économiques,

«
en particulier pour les groupes cibles de popula-
tions actives que sont les jeunes entrepreneurs
hommes et femmes et les acteurs des chaînes ADA ne vise pas seulement
de valeur agricoles et forestières ; à travers ses interventions
à améliorer les conditions
sécuriser et diversifier leurs ressources de vie des populations vulné-
économiques, qu’il s’agisse de revenus ou de rables, mais à permettre à ces
patrimoine matériel ou immatériel, et ce pour populations de choisir et mettre
tous les groupes cibles.
en œuvre par elles-mêmes des
Ces conditions constituent les changements
stratégies d’amélioration de
auxquels ADA cherche à contribuer, ou encore leurs conditions de vie.
les effets recherchés de ses interventions pour
ses groupes cibles. Ces effets sont bien sûr in-
terdépendants : par exemple, une amélioration
du capital humain et du capital social contribue
à la sécurisation, voire à l’augmentation des res-
sources économiques des populations actives,
en leur permettant de développer ou mieux gérer
leur activité source de revenus.
9
D
’autres conditions nécessaires au largement aux communautés présentes et
développement des capabilités futures des contextes dans lesquels s’inscrivent
concernent davantage les contextes ces interventions.
dans lesquels les populations cibles et leurs
communautés évoluent. Elles constituent un Les deux niveaux de changements sont encore
second niveau de changement auquel ADA une fois interdépendants : l’amélioration des
souhaite contribuer ou d’effet recherché de ses compétences techniques et managériales des
interventions : producteurs agricoles pourra les amener à
adopter des pratiques durables et résilientes qui
Un développement économique bénéficieront à leurs communautés ; la sécurisation
et social inclusif, c’est-à-dire bénéficiant à et la diversification des ressources économiques,
tous types de populations (en particulier les ainsi que l’amélioration des compétences de
populations les plus vulnérables telles que les gestion des jeunes entrepreneurs, pourront les
jeunes, les femmes, les populations rurales) et conduire à créer des emplois. Les groupes cibles
créateur d’emplois ; peuvent donc être également, à leur échelle,
acteurs de changements.
L’adoption de pratiques respectueuses
de l’environnement, résilientes face aux
changements climatiques (c’est-à-dire favorisant RÉSULTATS ATTENDUS
l’adaptation à ces changements) et cohérentes
avec un modèle de développement sobre en Afin que ces changements puissent survenir,
émissions de gaz à effets de serre (contribuant ADA s’appuiera sur son expérience passée de
ainsi à leur échelle à l’atténuation de ces recours à une approche « client centric » et «
changements), nécessaires à un développement holistique » : il s’agira non seulement de centrer
durable préservant les conditions de vie des les interventions sur la réponse aux besoins
générations futures. des populations ciblées, mais également de
considérer ces besoins de manière holistique
Ce second niveau d’effets recherchés bénéficiera (alimentation, santé, habitat, éducation et capital
non seulement aux groupes directement ciblés humain, protection face aux chocs, ressources
par les interventions de ADA, mais aussi plus économiques, inclusion, etc.).
© Fondation Grameen Crédit Agricole / Godong

10
« L’inclusion financière, à travers l’accès, mais surtout l’utilisation
de services financiers variés (crédit, épargne, assurance, moyens
de paiement, etc.), restera au coeur des interventions de ADA.

D ACTIVITÉS À METTRE EN OEUVRE


ans ce sens, l’inclusion financière, à
travers l’accès, mais surtout l’utilisation
de services financiers variés (crédit, Pour produire ces résultats, les interventions de
épargne, assurance, moyens de paiement, etc.), ADA se concentreront sur trois axes thématiques
restera au coeur des interventions de ADA et afin de répondre aux problématiques des groupes
sera le principal résultat attendu pour tous les cibles identifiés :
groupes ciblés.
Toutefois, l’inclusion financière n’étant pas une fin L’entrepreneuriat des jeunes ;
en soi, l’accès et l’utilisation d’autres types de Le renforcement des chaînes de valeur
services en complément des services financiers agricoles et forestières ;
sont également nécessaires pour que les L’accès aux services de base.
effets recherchés surviennent. L’adoption d’une
approche holistique se traduira donc pour ADA Sur ces trois axes, ADA poursuivra et renforcera
par des interventions qui chercheront également les dynamiques initiées au cours de ces dernières
à favoriser l’accès et l’utilisation de services de années. Il s’agira en particulier de traduire l’ap-
base (électricité, eau, assainissement, habitat, proche holistique par l’identification et la mobi-
santé, éducation, etc.) pour les ménages d’une lisation de différents types de partenaires, en
part, et de services de renforcement de capacités considérant non seulement des fournisseurs de
techniques et entrepreneuriales (formations, services financiers, mais également des acteurs
mentoring, coaching) et solutions d’accès aux non-financiers, tels que des PME de transforma-
informations et aux marchés (plateformes tion ou de commercialisation, des incubateurs,
digitales facilitant l’accès à l’information et les des centres de formation, des fournisseurs de
transactions, relations contractuelles spécifiques) services de base, de solutions digitales, etc. Pour
pour les groupes cibles de populations actives être en mesure d’offrir une combinaison de ser-
d’autre part. vices et solutions répondant aux divers besoins
des populations ciblées, ADA cherchera à initier
Ces différents types de services, afin d’être
et faciliter des partenariats entre ces différents
accessibles et utilisés, devront être adaptés aux
types d’acteurs.
besoins de ces groupes cibles, abordables en
termes de coût, et durables dans le sens où ils
Il s’agira alors d’accompagner ces acteurs dans
devraient être offerts par des fournisseurs de
la conception, le développement ou la distri-
proximité, financièrement et institutionnellement
bution de solutions intégrées et innovantes qui
viables, et compatibles avec la protection de
répondent aux besoins des populations ciblées.
l’environnement, l’adaptation et éventuellement
Cet accompagnement sera réalisé à travers des
l’atténuation des changements climatiques.
projets d’appui technique pour lesquels ADA
Afin de faciliter le développement et l’offre de jouera un rôle de fournisseur d’expertise et de
ces différents types de services et solutions, conseil, un rôle de catalyseur ou encore un rôle
les interventions de ADA devront s’assurer que de gestionnaire de projet.
l’environnement politique et réglementaire le
permet. Le cas échéant, ADA pourrait même Afin de favoriser la viabilité et la capacité de ces
soutenir certaines actions en vue de rendre le acteurs à accroître leur portée, ADA facilitera éga-
cadre réglementaire plus propice à l’inclusion lement les liens avec les investisseurs.
financière.
11
C
es investisseurs pourront inclure entre aussi une portée potentielle plus importante des
autres ceux avec lesquels des liens ont interventions, des réseaux, des associations
commencé à être créés via des projets professionnelles et des acteurs institutionnels
existants, comme le Smallholder Safety Net Ups- pourront également être impliqués en tant que
caling Programme (SSNUP), ainsi que Investing partenaires. Dans ce cas, l’objectif ne sera pas de
for Development (IforD) avec ses fonds Luxem- centrer les interventions sur le renforcement de
bourg Microfinance and Development Fund leurs capacités, mais de favoriser, via ces parte-
(LMDF) et Forestry and Climate Change Fund naires, l’offre et le développement à plus grande
(FCCF), le nouvel instrument de financement échelle, de solutions adaptées aux besoins des
de l’innovation dont la création est envisagée au populations ciblées.
cours des prochaines années, ou encore d’autres
fonds d’impact, en particulier des fonds donnant
la priorité au financement d’initiatives d’adapta-
tion et/ou d’atténuation des effets des change-

«
ments climatiques.
La mobilisation d’acteurs
Au niveau sectoriel, ADA soutiendra, dans cer- locaux sera privilégiée
tains pays, les acteurs institutionnels dans la défi-
afin d’assurer la viabilité
nition et/ou la mise en oeuvre de leurs stratégies
des initiatives lancées, mais
d’inclusion financière. Plus globalement, ADA
mènera également des activités de gestion des aussi de contribuer à la dyna-
connaissances, de communication et de diffusion misation et au renforcement
d’information pour favoriser les échanges d’ex- des écosystèmes locaux.
périences. Il s’agira entre autres de publier des
études et d’organiser des événements tels que
la Semaine africaine de la microfinance (SAM),
les Midis de la microfinance ou la formation en
finance agricole et rurale (FAR). Ces études et En complément des ressources provenant du
événements seront alimentés par les activités MAEE, d’autres financeurs publics seront appro-
d’évaluation, de mesure d’impact et de capitali- chés de manière pro-active sur base de projets
sation menées par ADA ou par d’autres acteurs formulés qui cadrent avec leurs priorités théma-
clés du secteur. tiques et géographiques. ADA participera égale-
ment de façon sélective à certains appels d’offre
qui seront cohérents avec ses objectifs. Des
financements privés seront aussi mobilisés pour
RESSOURCES TECHNIQUES ET compléter, générer des effets de levier ou soute-
FINANCIÈRES À MOBILISER nir des initiatives innovantes et plus risquées, via
des fondations ou le concept « Donate to Invest ».
La mise en oeuvre de cette logique d’interven-
tion nécessitera pour ADA de mobiliser des par- La logique d’intervention de ADA et les objectifs
tenaires techniques qui pourront apporter une de développement durable auxquels elle contri-
expertise sur des sujets précis, complémentaire buera sont présentés dans le schéma ci-après.
à celle de ADA qui concerne le développement
de services financiers. La mobilisation d’acteurs
locaux sera privilégiée afin d’assurer la viabilité
des initiatives lancées, mais aussi de contribuer
à la dynamisation et au renforcement des éco-
systèmes locaux. De plus, toujours dans l’optique
d’assurer une appropriation au niveau local, mais

12
THÉORIE DU CHANGEMENT DE ADA

13
LIEN AVEC LES

En suivant cette logique


d’intervention, ADA
contribuera à plusieurs ODD,
à certains de manière plus
significative étant donné les
objectifs visés et les modes En ciblant les petites exploitations agricoles
d’intervention adoptés, à familiales et les autres acteurs des chaînes de
d’autres de manière plus valeur agricoles et forestières pour leur permettre
de sécuriser et diversifier leurs ressources éco-
secondaire. nomiques, en favorisant l’adoption de pratiques
respectueuses de l’environnement, résilientes et
sobres en émissions de gaz à effets de serre non
seulement par ce groupe cible mais également
par les autres, et en soutenant le développement
de solutions durables, ADA contribuera à l’ODD
2, notamment aux cibles relatives à la réduction
de l’insécurité alimentaire (2.1), à l’amélioration
de la productivité agricole et des revenus des
petits producteurs (2.3) et à l’adoption de pra-
tiques productives, durables et résilientes (2.4), et
à l’ODD 13, en particulier aux cibles concernant
la résilience et l’adaptation aux changements cli-
matiques (13.1) et à la sensibilisation aux chan-

E
gements climatiques (13.3).
n cherchant à permettre aux populations
vulnérables de sécuriser et diversifier
leurs ressources économiques par l’accès
et l’utilisation de services financiers adaptés et
durables, à contribuer à un développement éco-
nomique créateur d’emplois, et en ciblant les
jeunes entrepreneurs, ADA contribuera à l’ODD
1, en particulier aux cibles relatives à la réduc-
tion de la pauvreté (1.1), à l’accès aux ressources
économiques et aux services financiers (1.4) et Enfin, en facilitant les collaborations entre diffé-
au renforcement de la résilience des personnes rents types d’acteurs, les liens avec les inves-
vulnérables (1.5), et à l’ODD 8, en particulier aux tisseurs, les partenariats publics-privés, et le
cibles relatives au développement économique, renforcement des acteurs institutionnels, ADA
au soutien à l’entrepreneuriat et à la création contribuera également à l’ODD 17, notamment
d’emplois (8.3), à l’accès à un emploi et revenu aux cibles liées à la facilitation des investisse-
décents (8.5) et au renforcement de capacités ments (17.3 et 17.5), au renforcement de capaci-
des institutions financières (8.10). tés sur les plans sectoriels ou nationaux dans les
pays en développement (17.9) et à la facilitation
des partenariats (17.17).
14
En visant l’amélioration des compétences tech-
niques et entrepreneuriales des jeunes entrepre-
neurs hommes et femmes, en cherchant à faciliter

A
leur accès aux services financiers et aux mar-
DA contribuera également de manière chés et leur intégration sociale et économique,
plus secondaire aux ODD suivants, dans ADA contribuera à l’ODD 4 (Éducation de qua-
la mesure où, si ces ODD ne représentent lité), l’ODD 9 (Industrie, innovation et infrastruc-
pas le coeur de ses objectifs ou modes d’interven- tures, dont l’une des cibles concerne l’accès des
tion, certains éléments de la logique d’intervention petites entreprises aux services financiers et leur
y contribueront. Dans ce sens, en développant intégration dans les chaînes de valeur), et l’ODD
des solutions de financement pour accéder aux 10 (Inégalités réduites, dont l’inclusion sociale et
services de base pour la satisfaction des besoins économique de tous les groupes sociaux fait par-
essentiels des populations vulnérables, ADA tie des cibles).
contribuera à l’ODD 3 (Bonne santé et bien-être),
l’ODD 4 (Éducation de qualité), l’ODD 6 (Accès à
l’eau potable et assainissement), l’ODD 7 (Éner-
gie propre à un coût abordable) et l’ODD 11 (Villes
et communautés durables, dont la première cible
concerne l’amélioration de l’habitat).de finance-
ment pour accéder aux services de base pour
la satisfaction des besoins essentiels des popu-
lations vulnérables, ADA contribuera à l’ODD 3
(Bonne santé et bien-être), l’ODD 4 (Éducation de En tenant compte de manière transversale des
qualité), l’ODD 6 (Accès à l’eau potable et assai- questions de genre à travers son action sur les
nissement), l’ODD 7 (Énergie propre à un coût trois axes thématiques, ADA contribuera à l’ODD
abordable) et l’ODD 11 (Villes et communautés 5 (Égalité entre les sexes).
durables, dont la première cible concerne l’amé- Enfin, en favorisant les pratiques respectueuses
lioration de l’habitat). de l’environnement et résilientes par les acteurs
des chaînes de valeur agricoles et forestières,
ADA contribuera également à l’ODD 15 (Vie ter-
restre, dont les cibles incluent la gestion durable
des forêts, la lutte contre la désertification et la
restauration des terres dégradées).ADA contri-
buera à l’ODD 4 (Éducation de qualité), l’ODD 9
(Industrie, innovation et infrastructures, dont l’une
des cibles concerne l’accès des petites entre-
prises aux services financiers et leur intégration
dans les chaînes de valeur), et l’ODD 10 (Inéga-
lités réduites, dont l’inclusion sociale et écono-
mique de tous les groupes sociaux fait partie des
cibles).
15
Orientations thématiques
DÉCLINAISON DES TROIS AXES Entrepreneuriat des jeunes
THÉMATIQUES

D
Le contexte et les besoins
omaine d’expertise historique de
ADA, le développement de solu- Selon les Nations unies, un jeune sur cinq dans
tions permettant de favoriser l’inclu- le monde est sans emploi et n’est ni scolarisé,
sion financière des populations vulnérables ni en formation6 ; autrement dit, il n’acquiert pas
restera le fil conducteur des projets et des d’expérience professionnelle, ne génère pas de
programmes qui seront mis en oeuvre par revenu et ne développe pas ses connaissances.
l’association. Cependant, sur base des Dans ce contexte, favoriser l’entrepreneuriat des
besoins des populations ciblées, ADA a iden- jeunes est crucial, en sachant que les micros,
tifié trois axes thématiques autour desquels petites et moyennes entreprises formelles et in-
vont se concentrer ses projets. Il s’agit de formelles contribuent, en moyenne, à 70 % de
l’entrepreneuriat des jeunes, des chaînes l’emploi. Pour y parvenir, il est nécessaire de sur-
de valeur agricoles et forestières et de monter plusieurs obstacles, en particulier: l’ac-
l’accès aux services de base. Pour chaque cès limité au financement, le manque de com-
axe thématique, une théorie du changement pétences et d’outils de gestion et les contraintes
et les pistes de programmes qui l’accom- d’accès aux marchés.
pagnent sont présentées ci-dessous.
Les programmes envisagés
Cette approche « centrée sur les clients » et «
holistique » entraînera pour ADA une évolution Sur base d’un portefeuille de projets-tests qui
dans le type de partenaires avec lesquels elle permettront d’identifier et tester à la fois cer-
sera amenée à collaborer en considérant non taines solutions innovantes7 et des partenaires
seulement des prestataires de services finan- spécialisés dans l’appui aux jeunes entrepre-
ciers, tels que des institutions de microfinance, neurs, des programmes seront envisagés dans
des banques ou des compagnies d’assurance les domaines suivants :
comme cela a été très largement le cas jusqu’à
maintenant, mais également d’autres acteurs tels Développement de services financiers inno-
que des petites et moyennes entreprises (PME) vants, tels que revenue-based funding8, garan-
de transformation ou de commercialisation, des tie, crédit moyen terme, adaptés aux besoins des
incubateurs, des fintechs, etc. jeunes entrepreneurs ;

Accompagnement des jeunes entrepreneurs,


formels et informels, à travers des formations, du
coaching et des outils pour renforcer les compé-
© Philippe Lissac / Godong

tences entrepreneuriales et managériales et faci-


liter l’accès au marché ;

Solutions digitales pour favoriser l’entrepreneu-


riat des jeunes (formation, outils de gestion, ac-
cès aux marchés, accès au financement, etc.).

16
La théorie du changement « Entrepreneuriat des jeunes »

17
Chaînes de valeur agricoles et
forestières

Le contexte et les besoins Les programmes envisagés


Le comité de la sécurité alimentaire (CSA) des Sur base d’un portefeuille de projets-tests qui
Nations unies a souligné en 2019 que la majorité permettront d’identifier et tester à la fois certaines
des 600 millions d’exploitations agricoles dans le solutions innovantes et des partenaires spéciali-
monde sont de petite taille et que les petits ex- sés dans l’appui aux chaînes de valeur agricoles
ploitants fournissent jusqu’à 80 % de la produc- et forestières, des programmes seront envisagés
tion alimentaire en Asie et en Afrique sub-saha- dans les domaines suivants :
rienne. Malgré les multiples programmes de
financement agricole, l’agriculture reste le parent
pauvre des institutions financières. Pourtant, de Structuration (renforcement, financement et
multiples exemples montrent l’impact des actions gestion des risques) des chaînes de valeur agri-
qui combinent le renforcement de capacités des coles et forestières en amont et en aval de la
producteurs, tant sur le plan technique que ma- production (transformation et commercialisation)
nagérial, l’accès aux intrants de qualité, le finan- en faveur des petites exploitations familiales et,
cement adapté et l’accès aux marchés. dans certains cas, en ciblant les jeunes en par-
ticulier ;
C’est cette approche « chaîne de valeur » qui doit
être au centre du développement de la finance Promotion de plateformes digitales favorisant
agricole avec un recours intelligent aux innova- les relations entre les acteurs des chaînes de va-
tions, y compris par la digitalisation. leur agricoles et forestières pour faciliter l’accès
des petites exploitations familiales aux intrants,
La prise en compte des questions liées aux au financement, aux marchés et à l’information ;
changements climatiques, notamment via la
promotion de pratiques agricoles climato-intelli- Renforcement de l’investissement dans les
gentes, est également cruciale, tant dans le but chaînes de valeur agricoles et forestières.
de renforcer la résilience des petits exploitants
face aux conséquences des changements clima- Outre le développement de services financiers
tiques que pour contribuer à leur atténuation, en inclusifs et le renforcement de la gestion des
particulier dans les filières forestières. risques des chaînes de valeur agricoles et fores-
tières, qui constituent le coeur de l’expertise de
ADA, ces programmes veilleront, avec l’appui de
© Fondation Grameen Crédit Agricole / Godong

partenaires techniques spécialisés : à promouvoir


les techniques de production agroécologiques ou
climato-intelligentes, à améliorer l’approvisionne-
ment en intrants, à renforcer les étapes de trans-
formation et à faciliter les partenariats qui favo-
risent l’accès aux marchés (y compris au niveau
local).

Par ailleurs, la digitalisation sera encoura-


gée à toutes les étapes des chaînes de valeur
considérées.

18
La théorie du changement « Chaînes de valeur agricoles et forestières »

19
Accès aux services de base
Le contexte et les besoins Les programmes envisagés
Bien qu’étant incontournable pour garantir le Sur base d’un portefeuille de projets-tests qui
bien-être, fournir des services de base aux po- permettront d’identifier et tester à la fois cer-
pulations vulnérables de manière pertinente, ac- taines solutions innovantes et des partenaires
cessible et à un prix abordable, reste un défi dans spécialisés dans l’accès aux services de base,
de nombreux pays. Les expériences passées des programmes seront envisagés dans les do-
ont montré l’interdépendance entre les services maines suivants :
essentiels en termes d’impact sur le développe-
ment et l’importance d’adopter une approche in- Faciliter l’accès à l’énergie, aux services de
tégrée / multidimensionnelle. Il s’agit entre autres santé, à l’habitat, à l’eau /assainissement ou à
de voir comment des services financiers inclusifs l’éducation par une approche durable, fondée sur
peuvent faciliter l’accès aux services de base aux l’entreprenariat et sur la prise en compte des pro-
personnes vulnérables, sans réduire pour autant blématiques liées aux changements climatiques ;
le rôle des services publics dans ce domaine. la conception de ces programmes veillera en
Dans tous les cas, il importe de tenir compte du particulier à vérifier la pertinence des solutions
contexte national (infrastructures, politiques na- techniques envisagées, à identifier des parte-
tionales, etc.), de bien choisir les fournisseurs naires spécialisés (fournisseurs de solutions
de services et les modèles de partenariat afin techniques, ONG spécialisées, IMF, Techs, etc.),
de maximiser les chances de pérenniser l’offre à s’assurer que les solutions appuyées puissent
de services de base tout en assurant un accès déboucher sur des « business models » viables,
adéquat des populations vulnérables. La sensibi- généralisables et innovants et à collaborer avec
lisation et la formation des clients sont également des partenaires bien implantés dans leur zone
des éléments essentiels à intégrer dans les inter- d’intervention, connectés à un écosystème
ventions envisagées. (ayant accès au marché).
© Pascal / Godong

20
La théorie du changement « Accès aux services de base »

21
DIMENSIONS TRANSVERSALES

T
rois dimensions transversales seront moins susceptibles d’avoir un compte bancaire
prises en compte dans l’ensemble des que les hommes (54 % des femmes contre 63 %
programmes envisagés et ce, à des des hommes adultes, d’après le dernier rapport
degrés divers en fonction des situations. Il du Global Findex), ou d’utiliser des services fi-
s’agit des aspects liés aux changements nanciers digitaux.
climatiques, des questions de genre et du
rôle des femmes et de l’utilisation des tech- Par conséquent, ADA veillera à s’assurer que
nologies digitales. les projets qui seront conçus et mis en oeuvre
sur les trois axes thématiques de ce nouveau
plan stratégique, non seulement ne conforteront
Les aspects liés aux changements pas des situations d’inégalité préexistantes mais
contribueront, chaque fois que cela sera possible
climatiques et dans le respect des contextes socio-culturels
concernés, à prendre en compte les obstacles
Politiques et programmes de développement ne
rencontrés spécifiquement par les femmes et à
peuvent plus se penser aujourd’hui sans intégrer
renforcer les « capabilités », leur permettant ainsi
la dimension climatique : pour être durables, ils
de jouer un rôle déterminant pour la progression
doivent tenir compte des risques climatiques
vers les ODD.
présents et à venir dans les contextes d’inter-
vention, veiller à renforcer la résilience des po-
pulations face aux changements climatiques et
s’assurer que les solutions de développement L’utilisation des technologies
promues soient sobres en émissions de gaz à digitales
effet de serre. Dans ce sens, les programmes
envisagés par ADA veilleront à promouvoir une Comme ADA le constate à travers de multiples
agriculture climato-intelligente, à encourager projets, la finance inclusive, qui vise à offrir une
une gestion durable des paysages, des terres et panoplie de services financiers adaptés aux be-
des forêts et à promouvoir les énergies renou- soins des populations vulnérables, repose de
velables, ainsi que l’habitat et les équipements plus en plus sur des solutions digitales. Toutefois,
énergétiquement efficaces dans les usages pro- la technologie digitale, qu’elle soit utilisée dans le
ductifs et domestiques. cadre de services financiers inclusifs ou pour tout
autre type de services, ne suffit pas pour assu-
rer des avancées sur le plan du développement.
Les questions de genre et le rôle Pour tirer le meilleur parti de la transition digitale,
des femmes réduire la fracture numérique et ainsi concrétiser
les « digital dividends9 », des compléments sont
Malgré les progrès réalisés au cours des der- nécessaires, en particulier en termes de régle-
nières décennies, notamment en termes de sco- mentation et de renforcement de capacités des
larisation des filles et d’occupation de postes de utilisateurs, organisations comme individus. Par
responsabilités dans les domaines politiques et conséquent, les projets/programmes qui seront
économiques par des femmes, de nombreux développés dans les trois axes thématiques
défis subsistent pour atteindre l’objectif d’éga- s’appuieront non seulement sur les technolo-
lité des sexes. Les femmes, qui travaillent plus gies digitales pour augmenter leur portée, mais
souvent dans le secteur informel, qui ont plus de tiendront aussi compte de la nécessité de ces
contraintes pour générer ou disposer d’un revenu compléments. À travers cette dimension trans-
ou pour accéder au foncier, sont donc plus sus- versale, l’intégration de technologies digitales
ceptibles de tomber dans la pauvreté. En matière dans certains projets représente une opportuni-
d’inclusion financière, le « gender gap » est éga- té pour renforcer l’innovation et développer des
lement fort marqué, puisque les femmes restent collaborations avec de nouveaux types d’acteurs
(fintech ou autres).
22
Orientations géographiques

PAYS PRIORITAIRES PAYS À PROJETS

A
DA va maintenir ses interventions dans Des projets sont également envisagés dans
trois régions, à savoir : l’Afrique, l’Amé- d’autres pays, considérés comme « pays à pro-
rique centrale et l’Asie. jets ». Il s’agit de pays dans lesquels ADA :

opère à la demande d’un financeur et pour des


Au départ, cinq pays prioritaires seront consi- projets alignés sur ses trois axes thématiques ou
dérés, à savoir : le Burkina Faso, le Sénégal, le
Guatemala, le Laos et le Cambodge. Un sixième développe des activités qui alimentent les pro-
pays, en Amérique centrale, sera défini durant la jets menés dans des pays prioritaires ou
première année de ce nouveau plan.
souhaite renforcer un « investee » faisant partie
Le choix des nouveaux pays prioritaires fera l’ob- du portefeuille de LMDF.
jet d’une concertation avec le MAEE et résultera
d’une analyse du contexte socio-politique. Cette catégorie de pays comprend entre autres,
sans être exhaustif, le Cabo Verde, le Mali, le Ni-
Les pays considérés comme « pays prioritaires ger, le Bangladesh, le Myanmar, le Bhoutan, le
» sont ceux qui remplissent au moins les trois Kenya, la Tunisie, le Nicaragua et le Salvador.
critères suivants :
La répartition entre ces deux catégories de pays
Pays qui offrent un potentiel de progression peut évoluer au cours des 4 années selon l’évo-
en matière d’inclusion financière, tant en termes lution du contexte sécuritaire ou politique et les
d’accès que d’utilisation, pour répondre de ma- opportunités qui se présenteraient. Un « pays à
nière adéquate aux besoins des populations ci- projet » pourra devenir « pays prioritaire » sur
blées ; base d’une décision argumentée et reflétée
dans le plan d’action annuel. Inversement, un «
Pays pour lesquels ADA dispose d’une bonne pays prioritaire » pourra sortir de cette catégorie
connaissance historique du contexte et des ac- si les conditions pour y intervenir n’y sont plus
teurs de l’inclusion financière ; remplies. L’objectif n’étant pas nécessairement
d’augmenter le nombre de pays prioritaires, mais
Pays dans lesquels ADA peut envisager des d’éviter une dispersion géographique trop large.
interventions innovantes sur les trois axes thé- Par ailleurs, ADA interviendra de manière indi-
matiques envisagés. recte dans d’autres pays, par exemple dans le
cadre du SSNUP ou d’autres programmes éven-
Afin de maintenir une connaissance actualisée tuels.
du contexte et des actions menées par ADA dans
ces pays, un « point focal » sera identifié au sein
du personnel de l’association. Des « leaders ré-
gionaux » seront également nommés pour veiller
à la cohérence des interventions de ADA au ni-
veau de chaque région.

23
Mise en oeuvre et modes
d’intervention
Afin d’atteindre les effets recherchés par ce nouveau plan, ADA s’appuiera
d’une part sur ses projets d’appui technique pour partager son expertise
en matière de finance inclusive et d’autre part, sur son rôle de conseiller en
investissement d’impact auprès de LMDF.

L
es projets d’appui technique seront (IMF, investisseurs, etc.), mais aussi par
mis en oeuvre soit à travers des parte- exemple de fournisseurs de services (eau,
naires, soit de manière directe. Le choix énergie, incubateurs, etc.), de fournisseurs
entre ces deux modes d’intervention dépen- de solutions digitales (fintechs, plateformes,
dra du contexte et des aspects liés au projet etc.), d’organismes de recherche, etc. ;
concerné tout en veillant à être efficient. En
se basant sur les recommandations de l’éva- Gestionnaire de projets, ce qui constitue
luation externe et sur les leçons apprises au un rôle essentiel pour assurer l’atteinte des
cours de la crise sanitaire de 2020-2021, résultats, rôle qui suppose d’être capable
ADA fera évoluer ses modes d’intervention de conduire des identifications et des for-
afin de trouver un équilibre entre la création mulations de qualité, de disposer des capa-
de postes de conseillers techniques sur le cités de suivi, d’évaluation et de reporting
terrain, les missions de terrain nécessaires rigoureux.
lors de l’identification d’un projet ou pour le
transfert d’expertise et les réunions à dis- L’activité de conseil auprès du fonds IforD
tance pour les aspects de gestion de projet. pour LMDF sera assurée à travers une
équipe dédiée, spécialisée dans l’identifica-
Dans le cadre des projets d’appui technique, tion, l’analyse et le suivi d’investissements
ADA prévoit de pouvoir jouer, potentiellement d’impact. ADA veillera à renforcer les syner-
simultanément lorsque cela sera nécessaire, gies entre ces investissements d’impact et
trois rôles clés : les projets d’appui technique qu’elle met en
oeuvre.
Fournisseur d’expertise en mobilisant les
équipes internes de ADA ou des consultants Afin de renforcer ces domaines d’expertise,
externes, ce qui suppose d’être capable la gestion des connaissances sera favorisée
d’identifier les bons partenaires, d’élabo- tout au long des 4 années de ce plan. La for-
rer des cahiers des charges pertinents, de mulation d’une théorie du changement propre
suivre et d’évaluer la qualité des prestations à chaque axe thématique qui met l’accent sur
qui seront fournies ; l’identification des besoins des populations
ciblées et la définition d’indicateurs spéci-
Catalyseur, ce qui suppose de pouvoir fiques vont permettre de suivre et d’analy-
identifier et faire travailler ensemble les dif- ser les résultats atteints. Ces connaissances
férents acteurs nécessaires à la mise en seront complétées par les évaluations régu-
oeuvre d’un programme et à la pérennisation lières des projets et par les études qui seront
des solutions innovantes qui seront dévelop- publiées dans le secteur. Cette dynamique
pées, qu’il s’agisse d’institutions financières de gestion des connaissances jouera un rôle

24
© Philippe Lissac / Godong
fondamental pour alimenter les interventions LE PORTEFEUILLE DE PROJETS
de ADA de manière continue. D’APPUI TECHNIQUE
Pour compléter ces interventions liées aux
projets de développement et aux investisse-
ments d’impact, des activités de communi-
L e portefeuille de projets envisagé sera basé
sur les trois types d’interventions suivants.

cation, de formation et de promotion de la Prospection Labs et Projets-Tests


finance inclusive seront menées pour parta-
ger les résultats et les expériences menées Pour favoriser l’innovation dans les différents axes
auprès d’autres acteurs du développement. thématiques, ADA va organiser des Prospection
Labs. Il s’agit d’une méthodologie qui, sur base
d’une identification des besoins des populations
ciblées, permet de développer des solutions inno-
vantes adaptées. Concrètement, il s’agira, dans
un pays spécifique et pour un axe thématique
donné, d’identifier les besoins des populations

«
ciblées, de sélectionner des solutions potentielles
Dans le cadre des projets et de mener des projets-tests. Ces projets-tests,
d’appui technique, ADA d’une durée de 6 à 18 mois et d’un montant indi-
prévoit de pouvoir jouer catif allant de 20 000 à 50 000 EUR auront pour
trois rôles clés. objectif, d’une part, de favoriser à petite échelle
des solutions innovantes et d’autre part, de tester
une relation avec un partenaire spécifique. Ces
Prospection Labs renforceront la dynamique d’in-
novation dans l’ensemble des interventions de
ADA à travers une meilleure connaissance des
besoins des populations ciblées, des solutions
adaptées et des partenaires potentiels.

25
Programmes thématiques et du fait que ADA sera impliquée dans les
phases d’identification, de formulation et de mise
Au sein des trois axes thématiques envisagés en oeuvre des PIC que ce soit de manière directe
dans ce plan, des « programmes thématiques » ou à travers une collaboration étroite avec Lux-
seront formulés et mis en oeuvre. Alimentés par Dev, ce qui correspond aux recommandations is-
les travaux menés dans le cadre des Prospection sues de l’évaluation à mi-parcours du précédent
Labs, ces programmes thématiques concerne- mandat.
ront a priori plusieurs pays. Ils seront constitués
d’un ensemble de projets cohérents, centrés sur En Tunisie, ADA adoptera également cette ap-
une thématique particulière, qui visent à apporter proche afin de poursuivre, à la demande du
une solution holistique par rapport à un problème MAEE, l’appui à la stratégie nationale d’inclusion
donné et ce, dans une optique de pérennisation. financière.
Au cours des quatre prochaines années, ADA en-
visage de lancer deux à trois programmes spéci- Les programmes sectoriels qui, pour les pays
fiques pour chacun des trois axes thématiques concernés, permettent une plus grande implica-
considérés et qui s’inscrivent dans les théories tion de ADA dans le cadre des PIC constituent
du changement présentées plus haut. une opportunité de renforcement des synergies
et de la cohérence des actions financées par la
Le SSNUP, qui vise à améliorer la gestion des Coopération luxembourgeoise.
risques des petits exploitants agricoles pour favo-
riser l’investissement d’impact dans les chaînes
LE CONSEIL EN INVESTISSEMENT
de valeurs agricoles, ou le programme YES FI,
D’IMPACT
qui propose un mécanisme de financement « re-

D
venue based » en faveur des jeunes entrepre-
neurs, sont deux exemples de programmes thé- epuis plus d’une décennie, l’investisse-
matiques considérés pour les années 2022-2025. ment d’impact joue un rôle majeur en
matière de financement du développe-
ment. Dès sa création, au-delà de son métier de
Programmes sectoriels base que constitue l’appui technique en matière
d’inclusion financière, ADA s’est engagée dans
Dans les cinq pays prioritaires de ADA et quelques l’investissement d’impact comme forme d’appui
autres pays d’intérêt pour la coopération luxem- au développement qui peut générer un effet de
bourgeoise, des « programmes sectoriels » se- levier, tant en termes d’ampleur que d’efficacité.
ront formulés et mis en oeuvre. Ils s’inscriront Au cours des prochaines années, ADA entend
dans une logique d’appui à la stratégie nationale poursuivre son rôle de conseiller auprès de IforD
d’inclusion financière du pays concerné et cher- / LMDF et envisage également de lancer un
cheront à contribuer de manière cohérente aux «instrument de financement de l’innovation» en
résultats attendus sur les trois thématiques. Ces inclusion financière. Outre ce rôle de conseiller
programmes s’appuieront sur les expériences en investissement, ADA développera également,
passées de ADA, ainsi que sur les programmes à travers différents programmes, des synergies
thématiques. avec d’autres fonds d’investissement d’impact, en
particulier dans le domaine du «Climate finance».
Cette synergie entre programmes thématiques et
programmes sectoriels sera facilitée :
Conseiller en investissement pour
du fait que les axes thématiques prioritaires re-
tenus recoupent en grande partie les quatre thé-
LMDF
matiques prioritaires retenues dans la stratégie En tant que conseiller en investissement auprès
générale de la Coopération Luxembourgeoise de LMDF, ADA suivait, au 31 mars 2021, un por-
et se retrouvent donc dans la plupart des pro- tefeuille de 28,5 millions d’euros réparti auprès
grammes indicatifs de coopération (PIC) ; de 53 institutions de microfinance ou autres

26
partenaires. À travers ces investissements, ce efficaces que des subsides ou des donations
sont près de 56 000 entrepreneurs, dont 62 % pour certains projets de ce type. Accéder à des
de femmes, qui sont financés avec un crédit d’un ressources financières de type « investissement
montant moyen de 1 300 euros. Ceci illustre par- » qui soient flexibles, abordables en termes de
faitement la complémentarité avec les autres pro- coût et capables d’absorber un niveau de risque
grammes menés par ADA et l’effet de levier que élevé, permettrait à certains partenaires de se
ces investissements d’impact génèrent en faveur préparer pour devenir, à terme, éligibles pour des
du développement. fonds d’impact à part entière.
Au cours des prochaines années, ADA entend Afin de répondre à ce besoin, ADA envisage de
poursuivre son rôle de conseiller en investissement créer une structure indépendante qui serait dédiée
pour accompagner le développement de LMDF, à la gestion d’un instrument de financement
y compris en identifiant certaines opportunités de de l’innovation en inclusion financière durable.
diversification en lien avec l’accès aux services Une telle structure serait envisagée en étroite
de base. En effet, vu l’intérêt croissant pour les collaboration avec IforD sicav, qui comprend LMDF
investissements d’impact et l’engagement déjà ainsi que le FCCF. Cela permettrait d’assurer
pris par certains investisseurs, le portefeuille de une complémentarité avec les possibilités
LMDF à l’horizon 2025 devrait dépasser les 50 d’investissement actuelles offertes par IforD
millions d’euros. et de créer une relation d’investissement avec
L’implication de ADA en matière d’investissement certains partenaires de ADA impliqués dans les
d’impact n’est pas un objectif en soi, mais vient projets de développement. Des échanges seront
compléter les projets d’appui technique en également entretenus avec d’autres acteurs du
inclusion financière, qui constituent le coeur secteur de l’inclusion financière du Luxembourg
des activités de l’association. Dans ce sens, (par exemple avec le programme Agri+ de
l’investissement d’impact apporté par LMDF SOS Faim) afin de renforcer les synergies et la
génère un réel effet de levier et des perspectives cohérence dans les actions de développement.
de pérennité pour certains projets menés par les La création d’une telle structure indépendante,
partenaires de ADA sur le terrain. Inversement, capable d’offrir des ressources financières
certains projets de ADA peuvent faciliter ou sous forme d’investissements qui répondent
renforcer les investissements potentiels de aux contraintes intrinsèques de l’innovation,
LMDF. Faciliter cette complémentarité, déjà nécessite une période de préparation approfondie
initiée dans le passé, s’inscrit dans une logique afin d’intégrer les questions de durée et de types
de cohérence et de complémentarité des actions d’investissement, de gestion du risque y compris
de développement. de risque de change, des conditions par rapport
au marché, etc.

Lancement d’un « instrument de L’objectif sera d’atteindre un volume de 5 à 10


financement de l’innovation » en millions d’euros à un horizon de quatre ans
sachant qu’un montant de 1 million d’euros est
inclusion financière déjà disponible au niveau de ADA (Réserves
Comme mentionné plus haut, l’investissement pour projets à réaliser de ADA et Fonds MAEE
d’impact est un complément très pertinent par pour projets innovants). Les ressources
rapport aux projets de développement plus supplémentaires proviendraient de donations,
classiques. Toutefois, l’expérience montre que principalement de fondations ou d’entreprises, à
les contraintes liées aux fonds d’investissement travers le concept « Donate to Invest ».
ne permettent pas de répondre aux besoins de
financements flexibles et risqués de certains
partenaires avec lesquels ADA collabore, en Gestion des connaissances
particulier lorsqu’il s’agit de projets d’innovation.
Pourtant, un prêt, une garantie ou une participation Au cours des quatre années à venir, ADA
en capital constituent des formes de financement renforcera son rôle en matière de « Gestion des
qui pourraient être très pertinentes et plus connaissances ». Ce concept de gestion des
27
connaissances consiste à favoriser l’atteinte des la cohérence des interventions de ADA avec sa
objectifs globaux que se fixe ADA en facilitant stratégie globale tant en termes d’objectifs que de
la dynamique d’innovation et en assurant les mise en oeuvre, à définir des méthodologies de
conditions d’une amélioration continue de gestion de projets et de gestion des connaissances
l’activité centrale de ADA – la gestion de projets claires, harmonisées et cohérentes avec cette
de développement – tant en termes de processus stratégie et avec les standards d’exigence du
que de résultats. secteur du développement, et à faciliter leur
application grâce à des processus et outils
Pour remplir cette mission, l’équipe Gestion des adaptés ;
connaissances assurera trois grandes fonctions
interdépendantes : Une fonction « Reporting », qui visera à rendre
compte des ressources utilisées, des activités
Une fonction « Gestion des connaissances », menées et des résultats atteints par ADA à son
qui visera à identifier, capitaliser, créer, organiser, conseil d’administration, ses bailleurs et ses
partager les connaissances sur les principaux partenaires, mais aussi à alimenter la gestion
axes thématiques d’intervention de ADA, issues des connaissances et le suivi de la qualité.
des projets gérés par ADA ou par d’autres acteurs
des secteurs d’intervention de l’organisation, et à
faciliter l’exploitation de ces connaissances pour
favoriser l’innovation et assurer toujours plus de
pertinence et d’impact durable des projets ;
Une fonction « Qualité », qui visera à assurer
© François Galland/ Godong

28
Processus de suivi et évaluation

D
epuis plusieurs années, ADA développe ADA d’avoir une vision d’ensemble des diffé-
sa méthodologie de suivi et évaluation de rents types de changements et ODD auxquels
projets. Pour les années à venir, cette mé- elle contribue et d’illustrer ces changements via
thodologie sera encore améliorée, l’objectif étant les projets sélectionnés. En effet, en tant qu’ac-
de mieux appréhender l’efficacité, l’efficience et teur favorisant l’innovation par l’expérimentation,
l’impact de ses interventions, d’en tirer les le- l’objectif n’est pas de maximiser le nombre de
çons pour d’éventuels ajustements, et de parta- personnes touchées (la définition de cibles quan-
ger les connaissances avec les autres acteurs. titatives n’est donc pas pertinente), mais bien
d’identifier et favoriser les solutions et modes
Afin d’apprécier régulièrement si sa logique d’intervention les plus pertinents et efficaces pour
d’intervention produit bien les résultats et effets répondre aux besoins des populations ciblées.
escomptés, ADA suivra une série d’indicateurs
communs à l’ensemble de ses interventions En revanche, les indicateurs relatifs aux résultats
qui seront agrégés et analysés chaque année. atteints, aux activités menées et aux ressources
mobilisées seront collectés systématiquement
Des indicateurs ont été définis pour chaque niveau pour tous les projets, et permettront d’avoir cette
de la logique d’intervention présentée dans la fois une vision exhaustive de ce que ADA mobi-
théorie du changement de ADA (ressources, ac- lise, réalise et produit. L’analyse de ces indica-
tivités, résultats, effets), à l’exception du niveau « teurs permettra en particulier d’apprécier l’effica-
impact », qui ne peut être apprécié que sur du très cité et l’efficience des interventions.
long terme et dont il reste très difficile d’estimer si
l’intervention de ADA y a effectivement contribué. Au-delà de ces « indicateurs », d’autres plus
Ainsi, la méthodologie de « mesure d’impact » de spécifiques aux différents types de projets et
ADA consistera à apprécier les effets ou change- solutions développées seront définis, ainsi que
ments auxquels ADA a contribué, principalement des indicateurs spécifiques à chaque projet, afin
au niveau de ses groupes cibles, par exemple, de permettre une analyse plus fine à différents
en termes de sécurisation des revenus. Lorsque niveaux.
ce sera possible, cette analyse sera également
effectuée au niveau des contextes et commu- Les partenaires des interventions seront impli-
nautés dans lesquels ces groupes évoluent, qués dans ces processus dès le départ, ce qui
par exemple, en termes de création d’emplois. permettra d’identifier les modes de collecte les
plus pertinents et efficients en fonction des res-
Afin d’assurer un certain niveau de qualité et sources disponibles à leur niveau, et de garantir
fiabilité de cet exercice de « mesure d’impact », une appropriation de ces processus et un éven-
ADA adoptera des méthodologies rigoureuses tuel renforcement de capacités sur ce sujet pour
(ex : enquêtes auprès d’un échantillon représen- les partenaires.
tatif de bénéficiaires), systématiques (ex : ques-

«
tionnaires similaires pour assurer une compara-
bilité), et reconnues ou utilisées dans le secteur ADA suivra une série
(ex : outils de la FAO pour estimer le niveau de d’indicateurs communs
sécurité alimentaire, les émissions de gaz à ef- à l’ensemble de ses inter-
fets de serre, etc.). Néanmoins, pour des raisons ventions qui seront agrégés et
d’efficience, cet exercice ne sera pas réalisé
analysés chaque année, afin
pour chaque projet, mais pour une sélection de
d’apprécier régulièrement si
projets identifiés en amont, sélection qui devra
assurer la représentativité des différents axes
sa logique d’intervention pro-
thématiques sur lesquels ADA intervient. Ainsi, duit bien les résultats et effets
à défaut de quantifier de manière exhaustive les escomptés.
effets de ses interventions, il sera possible pour
29
Moyens financiers

S
ur les quatre années, le budget de dépenses est estimé à 62,6 millions d’euros. Au niveau des
sources de financement, le mandat pluriannuel envisagé par le MAEE comprend une contribution
financière à hauteur de 8,5 millions d’euros par an en moyenne. À cela, vient s’ajouter un
montant variant de 0,5 à 1,1 million d’euros par an sous forme de contrats d’exécution avec LuxDev,
ce qui représente une contribution totale de la part du MAEE de l’ordre de 59 % des ressources.
D’autres financeurs publics tels que la Coopération suisse, l’Initiative Internationale pour le Climat
(IKI) du ministère allemand de l’Environnement, l’Union européenne et la FAO ; ou privés tels que
des fondations sont pressentis à hauteur de 22 millions d’euros, soit 35 % du budget total sur quatre
ans. ADA cherchera également à renforcer l’auto-financement de certaines activités, ce qui pourrait
représenter 3,5 millions d’euros, soit 6 % du budget total sur les quatre années.

30
Notes

1 : « blended finance » ou « financement mixte ». identifiés en sélectionnant les cibles auxquelles


L’OCDE définit le financement mixte comme l’uti- ses interventions concourront.
lisation stratégique du financement à l’appui du
développement permettant de mobiliser des fi-
nancements additionnels en vue de la réalisation 6 : ADA adopte la définition donnée par l’Union
des ODD dans les pays en développement, ces Africaine, qui considère comme jeune, toute per-
financements additionnels désignant essentiel- sonne âgée de 15 à 35 ans.
lement des financements privés consentis dans
une perspective de rentabilité, dits financements
commerciaux.
7 : l’innovation peut concerner le type de service
ou solution offert aux populations cibles, mais
aussi le mode de distribution, les partenariats
2 : « impact investing » ou « investissement à im- créés pour faciliter le développement, la distribu-
pact ». L’investissement à impact social consiste tion ou le passage à l’échelle de services ou so-
à utiliser les capitaux publics, philanthropiques et lutions, ou encore le contexte d’offre d’un service
privés pour financer des entreprises dont la vo- ou solution déjà existant dans un autre contexte.
cation est d’agir de manière à produire des effets
positifs mesurables sur les plans social et/ou en-
vironnemental, et à obtenir en même temps un
8 : financement dont le remboursement est cal-
rendement financier.
culé en fonction de l’évolution du chiffre d’affaires
ou du cash-flow.

3 : le concept « Donate to Invest » permet de


collecter des dons pour les utiliser sous forme
9 : le « digital dividend » renvoie aux avantages
d’investissement dans un projet spécifique avec
additionnels que les technologies digitales sont
un niveau de risque et une perspective de long-
censées produire sur le plan du développement.
terme beaucoup plus flexibles que l’investisse-
Source : Banque Mondiale (2016), « Les divi-
ment classique tout en offrant la possibilité de
dendes du numérique », Rapport sur le dévelop-
réutiliser le montant une fois remboursé.
pement dans le monde.

4 : au sens des « capabilities » de Amartya Sen,


c’est-à-dire la possibilité effective de choisir ses
conditions de vie, qui dépend de l’accès à des
ressources matérielles et immatérielles et de la
capacité à convertir ces ressources en bien-être.

5 : les 17 Objectifs de Développement Durable,


adoptés en 2015 par 193 pays aux Nations Unies
pour assurer une transition juste vers un déve-
loppement durable d’ici à 2030, sont déclinés en
169 « cibles », ou sous-objectifs. Les ODD aux-
quels ADA est susceptible de contribuer ont été
31
© François Galland/ Godong

ADA asbl Tél. : (+352) 45 68 68 1


39 rue Glesener
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L-1631 Luxembourg

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