Geometrie de Masse
Geometrie de Masse
110
GEOMETRIE DES MASSES
Objectifs du chapitre
Afin de comprendre et de pouvoir décrire les mouvements des systèmes matériels, il est
important de connaître la répartition géométrique afin de se préparer aux concepts de
cinétiques et dynamiques des solides.
L’intérêt de cette partie est de nous permettre de connaître un certain nombre de données sur
la répartition des masses des systèmes. Nous, nous intéresserons à la détermination :
- des centres de masse du solide
- des moments d’inertie, des produits d’inertie par rapport à des axes et aux tenseurs
d’inertie des solides quelconques dans différents repères.
L’opérateur d’inertie sert à caractériser la répartition des masses d’un solide, afin d’étudier
par la suite, un mouvement quelconque de celui-ci.
M = ∫
P∈( S )
dm( P)
Mi(P)
L’élément dm (P ) est la mesure de la masse
au voisinage du point (P).
111
Un système matériel est un ensemble discret ou continu des points matériels ou encore une
réunion d’ensembles continus ou discrets de points matériels.
n
m = ∑ mi mi
i =1
112
2. Centre d’inertie (centre de masse) des solides
On appelle centre d’inertie d’un système matériel (S) le point G défini par la relation :
−→ →
∫ GP dm = 0
P∈( S )
−→ → → → −→ → → →
où P est un point du solide avec OP = x i + y j + z k et OG = xG i + y G j + z G k
→ → →
Soit O le centre d’un repère orthonormé (O, i , j , k ) nous pouvons écrire dans ce
−→ −→ −→ −→ −→ −→
repère : OP = OG + GP ∫
P∈( S )
OP dm = ∫
P∈( S )
OG dm + ∫ GP dm
P∈( S )
alors nous obtenons :
1424
3
=0
−→ −→ −→ 1 −→
1
OG = ∫ OP dm ; OG =
m ∫ OP dm
∫ dm
P∈( S ) P∈( S )
P∈( S )
Les coordonnées du centre d’inertie G d’un système homogène sont déterminées par des
calculs utilisant les éléments infinitésimaux tel que : dl pour les éléments linéaires, ds pour
les éléments surfaciques et dv pour les éléments volumiques. Ainsi nous pouvons écrire :
∫x dm
1
∫y dm
1
∫z dm
1
m P∈∫( S ) m P∈∫( S ) m P∈∫( S )
P∈( S ) P∈( S ) P∈( S )
xG = = x dm , y G = = y dm , zG = = z dm
∫ dm
P∈( S )
∫ dm
P∈( S )
∫ dm
P∈( S )
Remarques :
- Le centre d’inertie des masses homogènes coïncide avec le centre d’inertie de leurs
volumes s’ils sont volumiques ou de leurs surfaces s’ils sont surfaciques.
- Si le solide présente des éléments de symétrie (axes ou plans) son centre d’inertie est
nécessairement situé sur ces éléments de symétrie.
113
3. Centre d’inertie d’un système composé
Dans la réalité, c’est le cas le plus souvent rencontré, les calculs sont élémentaires
en raisonnant sur chacun des éléments qui composent les systèmes.
On détermine d’abord le centre d’inertie de chaque élément Δ i du système au point Gi , puis
→ ∑r i Δi
Le centre d’inertie de ce système est donné par : rG = i =1
n
; où Δ i est la iième
∑Δ
i =1
i
quantité.
Elle peut être un élément de longueur, de surface, de volume ou de masse.
Le centre d’inertie du système aura pour coordonnées :
n n n
∑ xi Δ i ∑ yi Δ i ∑z i Δi
xG = i =1
n
, yG = i =1
n
, zG = i =1
n
∑Δ i =1
i ∑Δ i =1
i ∑Δ
i =1
i
n n n
∑x i mi ∑y i mi ∑z i mi
xG = i =1
n
, yG = i =1
n
, zG = i =1
n
∑m i =1
i ∑m i =1
i ∑m i =1
i
114
4. Théorème de Guldin
Une seconde méthode pour la détermination des centres d’inertie des solides linéaires ou
surfaciques homogènes fut trouvée par Guldin. Elle consiste à faire tourner ces solides autour
des axes qu’ils n’interceptent pas. Les solides linéaires décriront des surfaces et les solides
surfaciques décriront des volumes.
4.1. 1er Théorème de Guldin
La surface S engendrée par la rotation d’un arc de courbe de longueur L autour d’un axe ( Δ )
sans l’intercepter dans son plan est égale au produit de la longueur L de l’arc par la longueur
de la circonférence 2 π RG décrite par le centre d’inertie G de l’arc de courbe.
S totale / Δ
Dans le cas d’un système homogène de plusieurs éléments on aura : RG =
2 π Ltotale
→ S / oy
si l’axe (Δ ) représente l’axe (O, y ) nous aurons : xG =
2π L
→ S / ox
si l’axe (Δ ) représente l’axe (O, x ) nous aurons : yG =
2π L
4.2. 2ième Théorème de Guldin
Une surface plane homogène S , limitée par une courbe fermée
S
simple et tournant autour d’un axe (Δ ) sans le rencontrer
RG
engendre un volume V.
G
Le volume V engendré est égal au produit de la surface S
par la longueur du périmètre 2 π RG décrit par le centre
(Δ)
d’inertie G de cette surface autour de l’axe (Δ ) .
115
Soit S la surface et RG la distance de son centre d’inertie à (Δ ) .
La longueur (périmètre) décrite par la rotation du centre d’inertie G par rapport à l’axe (Δ )
est donnée par : 2 π RG , alors le volume décrit par cette surface est égal à :
V/ Δ
V/ Δ = 2 π RG S d’où RG =
2π S
Dans le cas d’un système homogène composé de plusieurs surfaces on aura :
Vtotale / Δ
RG =
2 π Stotale
→ Vtotal / oy
si l’axe (Δ ) représente l’axe (O, y ) nous aurons : xG =
2 π S totale
→ Vtotal / ox
si l’axe (Δ ) représente l’axe (O, x ) nous aurons : y G =
2 π S totale
La notion d’opérateur d’inertie permet d’exprimer les divers torseurs, déjà vue précédemment,
afin de faciliter l’étude de la cinétique et de la dynamique des solides.
→ → → → → → → →
u = ux i + u y j+ uz k , V = X i + Y j+ Z k
⎡u x ⎤ ⎡ X ⎤ ⎡ u y Z − u z Y ⎤
→ →
⎢ ⎥
Le produit vectoriel des deux vecteurs s’écrit : u ∧ V = ⎢⎢u y ⎥⎥ ∧ ⎢⎢ Y ⎥⎥ = ⎢u z X − u x Z ⎥
⎢⎣u z ⎥⎦ ⎢⎣ Z ⎥⎦ ⎢⎣u x Y − u y X ⎥⎦
116
→ →
Comme le vecteur u est connu et V quelconque, on constate que l’on peut passer du
→ → →
vecteur V au vecteur u ∧ V par une opération linéaire très simple à vérifier. Le produit
vectoriel est distributif, par rapport à l’addition et à la multiplication, nous pouvons alors
écrire :
→ → → → →
∀ λ ∈ IR et ∀ V ∈ IR 3 on a : u ∧ λ V = λ ( u ∧ V )
→ → → → → → → → →
∀V1 , V2 ∈ IR 3 on a aussi : u ∧ (V1 + V2 ) = u ∧ V1 + u ∧ V2
→ → →
on peut conclure que l’on passe du vecteur V au vecteur u ∧ V , par application d’un
→ → →
opérateur linéaire que l’on notera : [A] ; d’où l’écriture : u ∧ V = [ A]V qui se traduit sous
→ → →
forme matricielle dans la base orthonormée R (O, i , j , k ) par :
⎡ u y Z − u zY ⎤ ⎡ 0 − uz u y ⎤⎡ X ⎤ ⎡X ⎤
⎢ ⎥ ⎢ ⎥⎢ ⎥
⎢u z X − u x Z ⎥ = ⎢ u z 0 − u x ⎥ ⎢ Y ⎥ = [A]⎢⎢ Y ⎥⎥
⎢u xY − u y X ⎥ ⎢− u y ux 0 ⎥⎦ ⎢⎣ Z ⎥⎦ ⎢⎣ Z ⎥⎦
⎣ ⎦ ⎣
⎡ 0 − uz uy ⎤
⎢ ⎥
La matrice ⎢ u z 0 − u x ⎥ est antisymétrique dans cette base.
⎢− u y ux 0 ⎥⎦
⎣
Pour déterminer le tenseur d’inertie, nous avons besoin d’un nouvel opérateur qui est le
⎛→ → → ⎞ ⎛→ → → ⎞
double produit Vectoriel : ⎜ u ∧ (V ∧ u ) ⎟ = −⎜ u ∧ ( u ∧ V ) ⎟ car le produit vectoriel est
⎝ ⎠ ⎝ ⎠
antisymétrique. D’après les relations précédentes, nous pouvons écrire cet opérateur sous la
⎛→ → → ⎞ → ⎛ →⎞ →
forme : ⎜ u ∧ ( u ∧ V ) ⎟ = u ∧ ⎜ [A]V ⎟ = [ A] V .
2
⎝ ⎠ ⎝ ⎠
117
Cet opérateur est aussi un opérateur linéaire et son écriture sous la forme matricielle dans la
⎡− (u y2 + u z2 ) uxu y u xu z ⎤
→ → →
⎢ ⎥
base R (O, i , j , k ) est la suivante : [A] = ⎢ u x u y − (u x + u z )
2 2 2
u yuz ⎥
⎢ u xu z u yuz − (u x2 + u y2 ) ⎥⎦
⎣
On voit bien que la matrice [A] est symétrique et de même pour la matrice [B ] = −[A] ,
2 2
alors nous utiliserons cette dernière afin de représenter les tenseurs d’inertie d’un solide dans
→ → →
une base orthonormée R (O, i , j , k ) .
Soit un solide de masse dm lié à une tige (AA’) de masse négligeable, en rotation autour
d’un axe ( Δ ) . Si on applique un couple au système (tige + masse), il se mettra à tourner
librement autour de l’axe (Δ ) . L’étude dynamique de ce système se fera dans les prochains
chapitres. Le temps nécessaire à cet élément de masse dm pour atteindre une vitesse de
rotation donnée est proportionnel à la masse dm et au carré de la distance r qui sépare la
masse de l’axe (Δ ) . C’est pour cette raison que le produit r 2 dm est appelé moment
d’inertie de la masse dm par rapport à l’axe (Δ ) .
dm
A r A’
(Δ)
118
les intégrales sont calculées sur le solide. Celui-ci peut être linéaire, surfacique ou volumique.
L’élément d’intégration dm(P) est situé en un point P du solide.
→ −→ −→ → →
L’opérateur d’inertie s’écrit : I O (V ) = − ∫ OP ∧ (OP ∧ V )dm , le vecteur V est indépendant du
(S )
point P . Le point P est un point quelconque du solide (S) et dm est l’élément de masse
entourant le point P . Le tenseur d’inertie du solide au point O est représenté dans la base
→ → →
R(O, i , j , k ) par une matrice notée I O ( S ) / R : appelée matrice d’inertie en O dans la base
⎡ A − F − E ⎤ ⎡ I xx − I xy − I xz ⎤
→ → →
⎢ ⎥
R(O, i , j , k ) du solide (S) : I O (S ) / R = ⎢⎢− F B −D ⎥ = ⎢− I xy
⎥ I yy − I yz ⎥
⎢⎣ − E − D C ⎥⎦ ⎢⎣ − I xz − I yz I zz ⎥⎦
La matrice I O ( S ) / R est symétrique, réelle et diagonisable. Elle admet trois valeurs propres
réelles et trois directions propres réelles et orthogonales.
(S )
(S )
(S )
119
Moment d’inertie par rapport au plan (Oxy) : I xy = ∫ xydm
(S )
: ou produit d’inertie
Certains solides présentent des formes particulières admettant des plans de symétrie par
→ → →
rapport aux axes du repère R(O, i , j , k ) choisi. Pour chaque plan de symétrie, les produits
d’inertie sur les deux autres plans sont nuls :
⎡ I xx − I xy 0⎤
y
I O (S ) / R = ⎢⎢− I xy I yy 0 ⎥⎥
⎢⎣ 0 0 I zz ⎥⎦ x
P(-z)
−→
Dans ce cas l’axe Oz qui est perpendiculaire au plan (xOy) est un axe principal d’inertie ;
nous pouvons le montrer facilement par le produit suivant :
⎡ I xx − I xy 0 ⎤ ⎡0 ⎤ ⎡0 ⎤
⎢− I
⎢ xy I yy 0 ⎥ ⎢0⎥ = I zz ⎢⎢0⎥⎥
⎥ ⎢ ⎥
⎣⎢ 0 0 I zz ⎦⎥ ⎣⎢1⎦⎥ ⎣⎢1⎦⎥
120
En effet, tout axe orthogonal à un plan de symétrie matérielle est axe principal d’inertie sur
tous les points du plan.
∫ xzdm = 0
P∈( S )
et ∫ xydm = 0
P∈( S )
donc I xz = I xy = 0
x
P(+x)
⎡ I xx 0 0 ⎤
⎢ ⎥ z
I O (S ) / R =⎢0 I yy − I yz ⎥
⎢0 − I yz I zz ⎥⎦
⎣ y
P(-x)
−→
Dans ce cas l’axe Ox perpendiculaire au plan (yOz) est un axe principal d’inertie .
∫ yzdm = 0
P∈( S )
et ∫ xydm = 0
P∈( S )
donc I yz = I xy = 0
y
P(+y)
⎡ I xx 0 − I xz ⎤
I O (S ) / R = ⎢⎢ 0 I yy ⎥
⎥
x
⎢⎣− I xz 0 I zz ⎥⎦ z
P(-y)
−→
Dans ce cas l’axe Oy perpendiculaire au plan (xOz) est un axe principal d’inertie.
121
−→
On remarque de la même manière que précédemment, l’axe Ox est un axe principal d’inertie.
Tout axe de symétrie matériel est un axe principal d’inertie sur tous les points de l’axe.
Remarques
• Tout repère orthogonal direct, dont deux de ses plans sont des plans de symétrie matérielle
du solide, est un repère principal d’inertie du solide.
• Tout repère orthogonal direct, dont deux de ses axes sont des axes de symétrie matérielle
du solide, est un repère principal d’inertie du solide.
Dans le cas des solides ayant un axe de révolution tel que (cylindre, disque, cône, etc…), la
masse est répartie de façon symétrique autour de cet axe. Soit un cylindre d’axe de révolution
−→ → → → −→
Oz dans un repère orthonormé R (O, x , y, z ) . Tout plan passant par l’axe Oz est un plan de
symétrie, d’après ce que l’on a vu précédemment tous les produits d’inertie sont nuls.
I xy = I xz = I yz
z
z
x y
y
x
122
I xx = I yy = I zz et tous les produits d’inertie sont nuls car tous les plans sont des plans de
symétrie : I xy = I xz = I yz = 0
(S ) (S ) (S ) (S )
2
3 (∫S )
I xx = ( x 2 + y 2 + z 2 )dm
I zz = ∫ (x + y 2 ) dm = I xx + I yy ; et I xz = I yz = 0 ; I xy = ∫ xydm
2
(S ) (S )
o
x
Le moment d’inertie par rapport à l’axe perpendiculaire au plan du solide est égal à la somme
des moments par rapport aux deux axes du plan du solide.
→ → →
5.6. Moments d’inertie par rapport à O , aux axes et aux plans du repère R (O, x , y, z )
Le moment d’inertie d’un solide (S) déjà défini précédemment par rapport à un point O, un
∫r
2
axe où un plan est donné par l’intégrale : dm( P ) où P est un point du solide et r la
(S )
distance du point P par rapport au point O, par rapport à l’axe ou par rapport aux plans du
repère.
123
a) Moment d’inertie par rapport au point O.
il est donné par : I O = ∫r
2
dm( P )
(S )
z P
où r 2 : représente la distance OP 2 = x 2 + y 2 + z 2
O
alors : I O = ∫ ( x + y + z )dm( P)
2 2 2
x
(S )
y
−→
y
b.3.) axe Oz
il est donné par : I zz = ∫r
2
dm( P )
(S ) y
P
où r 2 : représente la distance du point P à l’axe Oz ; 2
r
d’où OP = x + y ; alors : I zz = ∫ (x + y )dm( P ) O
2 2 2 2 2
x
(S )
124
Les moments d’inertie par rapport aux plans (xOy), (xOz), (yOz) sont donnés en fonction de
la distance qui sépare le point (P) du plan considéré, ce qui se traduit par les équations
suivantes :
I xOy = ∫z I xOz = ∫y I yOz = ∫x
2 2 2
dm( P ) , dm( P ) , dm( P )
(S ) (S ) (S )
a) La somme des moments d’inertie d’un solide par rapport aux trois axes d’un repère
orthonormé est égale au double du moment d’inertie du solide par rapport au centre du
repère.
I xx + I yy + I zz = ∫(y + z 2 )dm + ∫ ( x 2 + z 2 )dm + ∫ ( x 2 + y 2 )dm
2
(S ) (S ) (S )
= 2 ∫ ( x 2 + y 2 + z 2 )dm = 2 I O
(S )
I xx + I yy + I zz = 2 I O
b) La somme des moments d’inertie d’un solide par rapport à deux plans perpendiculaires est
égale au moment d’inertie du solide par rapport à l’axe d’intersection des deux plans.
I yOx + I zOx = I xx , I xOy + I zOy = I yy , I xOz + I yOz = I zz
⎡ A −F − E⎤
forme : I O (S ) / R = ⎢⎢− F B − D ⎥⎥ , il existe au moins une base orthonormée de même
⎢⎣ − E − D C ⎥⎦
→ → → → → →
centre O et de vecteurs unitaires (e1 , e2 , e3 ) , notée R P (O, e1 , e2 , e3 ) appelée base
principale ou repère principal d’inertie au point O.
125
→ → →
Dans cette base principale, les axes (O, e1 ) , (O, e2 ) , (O, e3 ) sont les axes principaux
d’inertie et la matrice d’inertie est une matrice diagonale. Les éléments de cette diagonale sont
appelés moments principaux d’inertie dans cette base.
⎡I1 0 0⎤
= ⎢⎢ 0 0 ⎥⎥
→ → →
La matrice d’inertie dans la base R P (O, e1 , e2 , e3 ) s’écrirait : I O ( S ) / RP I2
⎢⎣ 0 0 I 3 ⎥⎦
⎡ →⎤ ⎡ →⎤ ⎡ →⎤
⎡ A − F − E ⎤ ⎢ e1 ⎥ ⎡ I 1 0 0 ⎤ ⎢ e1 ⎥ ⎡ A − I1 −F − E ⎤ ⎢ e1 ⎥ ⎡0⎤
→ → →
⎢− F
⎢
B − D ⎥ ⎢ e2 ⎥ = ⎢ 0
⎥⎢ → ⎥ ⎢
I2 0 ⎥ ⎢ e2 ⎥ ⇔
⎥⎢ → ⎥
⎢ −F
⎢ B − I2 − D ⎥⎥ ⎢ e2 ⎥ = ⎢⎢0⎥⎥
⎢ →⎥
⎢⎣ − E − D C ⎥⎦ ⎢ e3 ⎥ ⎢⎣ 0 0 I 3 ⎥⎦ ⎢ e ⎥ ⎢⎣ − E −D C − I 3 ⎥⎦ ⎢ e ⎥ ⎢⎣0⎥⎦
⎢⎣ ⎥⎦ ⎢⎣ 3 ⎥⎦ ⎢⎣ 3 ⎥⎦
→ → →
Les vecteurs unitaires (e1 , e2 , e3 ) ne sont pas nuls, alors ce système admet une solution si le
A − I1 −F −E
déterminant de la matrice est nul : −F B − I2 −D =0
−E −D C − I3
La solution de cette équation scalaire donne les trois valeurs propres qui sont les moments
→ →
principaux d’inertie. En reportant ces valeurs propres dans l’équation I O ( S ) / R e i = I i ei
on obtient les vecteurs propres qui ne sont autre que les directions principales.
126
→
7. Moment d’inertie par rapport à un axe Δ(O, n ) quelconque dans un repère
→ → →
orthonormé direct R (O, x , y, z )
Soit (P) un point du solide (S) de masse m et un axe (Δ ) passant par le centre O du repère
→
de vecteur unitaire n . Le moment d’inertie par rapport à l’axe (Δ ) est donné par :
−→
IΔ = ∫ r dm = ∫ HP dm ; avec HP = HP = r ; distance de l’élément matériel dm(P)
2 2
( P∈S ) ( P∈S )
→
z
P (Δ)
H
o
→
y
→
x
−− → −− → −− → → −− → −− → → −− → → −− →
Nous avons : OP = OH + HP , on déduit que : n ∧ (OH + HP) = n ∧ OH + n ∧ HP
⎧⎪ → −−→ → −− →
Comme ⎨→ n// OH et n = 1 alors : → −− → → −− →
n ∧ OP = n ∧ HP = OP = r
− −→
⎪⎩ n ⊥ HP
⎧α ⎧x
→ −− →
⎪ → −→
⎪
Si n et OP ont pour coordonnées n = ⎨ β et OP = ⎨ y
⎪γ ⎪z
⎩ ⎩
→
Les composantes du vecteur unitaire n porté par l’axe (Δ ) sont appelées cosinus directeurs.
⎛ α ⎞ ⎛ x ⎞ ⎛ βz − γy ⎞
⎜ ⎟ ⎜ ⎟ ⎜
→ − −→ ⎟
Nous avons alors n ∧ OP = ⎜ β ⎟ ∧ ⎜ y ⎟ = ⎜ γx − αz ⎟
⎜ γ ⎟ ⎜ z ⎟ ⎜αy − βx ⎟
⎝ ⎠ ⎝ ⎠ ⎝ ⎠
127
→ −− → 2 → −− → 2
D’où : n ∧ OP = n ∧ HP = (βz − γy ) + (γx − αz ) + (αy − βx ) = r 2
2 2 2
( P∈S )
− 2αβ ∫ xydm
( P∈S )
− 2αγ ∫ xzdm
( P∈S )
− 2 βγ ∫ yzdm
( P∈S )
Le moment d’inertie d’un solide (S) par rapport à un axe (Δ ) passant par un point O et de
→
vecteur unitaire n est égal au produit doublement contracté du tenseur d’inertie O par le
→
vecteur unitaire n .
→ →
8. Produit d’inertie par rapport à deux axes orthogonaux Δ(O, u ) et Δ' (O, v )
8.1. Définition
Le produit d’inertie noté I uv est défini comme étant l’intégrale des coordonnées xu et xv
→ →
du point P relativement au axes Δ(O, u ) et Δ' (O, v ) : I uv = ∫x
P(S )
u x v dm
→ −− → →
xu : coordonnée de P sur l’axe Δ(O, u ) tel que : xu = OP • u
→ −− → →
xv : coordonnée de P sur l’axe Δ' (O, v ) tel que : x v = OP • v
128
Le tenseur d’inertie étant connu au point O , le produit d’inertie par rapport aux deux axes a
→ →
pour expression : I uv = − v .I O ( S ). u
8.2. Démonstration
Deux propriétés vectorielles seront utilisées dans la démonstration de l’expression du produit
d’inertie :
- le produit mixte dont on connaît la règle de permutation :
→ → → → → → → → →
(V1 , V2 , V3 ) = (V3 , V1 , V2 ) = (V2 , V3 , V1 )
⎡
→ → −→ −→ −→ → −→
⎤ ⎛ → → ⎞ −→ −→ ⎛ → −→ ⎞ → −→
= − v • ⎢u (OP • OP ) − OP ( u • OP )⎥ = − ⎜ v • u ⎟(OP • OP) + ⎜ v • OP ⎟( u • OP)
⎣ ⎦ 1⎝44 4⎠2444 3 ⎝1442 ⎠ 443
1 2
⎧x ⎧u1 ⎧ v1
⎪ −→ →
⎪ →
⎪
Soit : OP = ⎨ y ; u = ⎨u 2 ; v = ⎨v2
⎪z ⎪u ⎪v
⎩ ⎩ 3 ⎩ 3
129
⎛ → → ⎞ −→ −→
(1) : − ⎜ v • u ⎟(OP • OP ) = −(v1u1 + v 2 u 2 + v3 u 3 )( x 2 + y 2 + z 2 )
⎝ ⎠
= −v1u1 ( x 2 + y 2 + z 2 ) − v 2 u 2 ( x 2 + y 2 + z 2 ) − v3 u 3 ( x 2 + y 2 + z 2 )
⎛ → −→ ⎞ → −→
⎜ v • OP ⎟( u • OP ) = (v1 x + v 2 y + v3 z )(u1 x + u 2 y + u 3 z ) = v1u1 x + v1u 2 xy + v1u 3 xz
2
⎝ ⎠
(2) + v 2 u1 xy + v 2 u 2 y 2 + v 2 u 3 yz
+ v3 u 1 xz + v3u 2 yz + v3u 3 z 2
⎡ I xx − I xy − I xz ⎤⎛ u1 ⎞
⎢ ⎥⎜ ⎟ → →
I uv = (−v1 ,−v 2 ,−v3 ) ⎢− I xy I yy − I yz ⎥⎜ u 2 ⎟ ⇔ I uv = − v .I O ( S ). u
⎢ − I xz
⎣ − I yz I zz ⎥⎦⎜⎝ u 3 ⎟⎠
→ →
Le produit d’inertie du solide (S) par rapport aux axes orthogonaux Δ(O, u ) et Δ' (O, v ) est
égal à l’opposé du produit doublement contracté du tenseur d’inertie I O (S ) par les vecteurs
→ →
unitaires u et v .
130
9. Changement de repère.
→ → → → → →
Soit un repère orthonormé fixe: R0 (O, x 0 , y 0 , z 0 ) et un repère R1 (O, x1 , y1 , z1 ) en rotation par
rapport à celui-ci. A l’aide de la matrice de passage nous pouvons exprimer le moment
d’inertie dans l’un des repères et le déduire dans l’autre repère et inversement.
En effet nous pouvons écrire :
I O ( S ) / R1 = PRT0 → R1 .I O ( S ) / R0 .PR0 → R1
I O ( S ) / R0 = PRT1 → R0 .I O ( S ) / R1 .PR1 → R0
Exemple d’application :
Déterminer la matrice d’inertie de la barre AB de longueur L de masse m dans le repère
→ → → → → →
R1 (O, x1 , y1 , z1 ) en rotation par rapport au repère fixe R0 (O, x 0 , y 0 , z 0 ) .
En déduire la matrice d’inertie dans le repère R0 .
On détermine la matrice d’inertie de la barre dans le repère R1 : Nous avons un solide
linéaire : dm = λdx ; y = 0 et z = 0 d’où : I xy = I xz = I yz = 0 et I xx = 0
→
→ y0
→
y1 B x1
α
α
o →
x0
A
131
⎡ ⎤
⎢0 0 0 ⎥
+L
mL2 ⎢ mL2 ⎥
I yy = I zz = ∫ x dm = ∫ x λdx = = ⎢0 0 ⎥
2 2
d’où : I O ( S ) R1
(S ) −L
3 ⎢ 3 ⎥
⎢ mL2 ⎥
⎢⎣0 0
3 ⎥⎦ R1
en fonction de ceux de R0 :
→ → → →
x1 = cos α x0 + sin α y 0 + 0. z 0 ⎡→⎤ ⎡→⎤
→ → → →
⎢ x→1 ⎥ ⎡ cos α sin α 0⎤ ⎢ x 0 ⎥
→
y1 = − sin α x0 + cos α y 0 + 0. z 0 ⇒ ⎢ y ⎥ = ⎢− sin α cos α 0⎥⎥ ⎢ y 0 ⎥
⎢ →1 ⎥ ⎢ ⎢→⎥
→ → → →
⎢ z1 ⎥ ⎢⎣ 0 0 1⎥⎦ ⎢ z ⎥
z1 = 0. x0 + 0. y 0 + z 0 ⎢⎣ ⎥⎦ ⎢⎣ 0 ⎥⎦
⎡ ⎤
⎡cos α − sin α 0⎤ ⎢⎢0 0 0 ⎥ ⎡ cos α sin α 0⎤
mL2 ⎥
I O ( S ) / R0 = ⎢⎢ sin α cos α 0⎥⎥ ⎢0 0 ⎥ ⎢⎢− sin α cos α 0⎥⎥
⎢ 3 ⎥
⎣⎢ 0 0 1⎥⎦ ⎢ mL2 ⎥ ⎣⎢ 0 0 1⎥⎦
⎢⎣0 0
3 ⎥⎦
⎡ mL2 mL2 ⎤
⎢ sin 2 α − sin α cos α 0 ⎥
⎢ 3 3 ⎥
2
mL mL2
I O ( S ) / R0 = ⎢− sin α cos α cos 2 α 0 ⎥
⎢ 3 3 ⎥
⎢ mL2 ⎥
⎢ 0 0 ⎥
⎣ 3 ⎦R
0
132
10. Translation du repère R de centre O vers un centre A
On considère un solide (S) dont la matrice d’inertie est connue au point O d’un repère fixe
→ → →
R (O, x 0 , y 0 , z 0 ) . Soit un point A de coordonnées ( x A , y A , z A ) centre du repère
→ → → → → →
R ( A, x 0 , y 0 , z 0 ) en translation par rapport à R (O, x 0 , y 0 , z 0 ) .
(S ) (S ) (S) (S ) (S )
1 1 1
expression : xG = ∫
m (S )
xdm ; yG = ∫ ydm
m (S )
; zG =
m (∫S )
zdm
∫ xdm = mx
(S )
G ; ∫ ydm = my
(S )
G ; ∫ zdm = mz
(S )
G
133
En remplaçant ces termes dans l’expression de I Axx , on obtient :
(
I Axx = I Oxx + m ( y A2 + z A2 ) − 2 y A y G − 2 z A z G ) , et par permutation les autres termes
Reprenons le cas précédent avec le point A qui coïncide avec le centre d’inertie du solide
→ → → −→ −→ −→
(S), nous aurons dans le repère R (G , x 0 , y 0 , z 0 ) : GP = OP − OG
→
→ z0
z0
→
→
G
y0
x0
→
O y0
→
x0
134
En remplaçant par les opérateurs d’inertie on obtient : I G ( S ) / R0 = I O ( S ) / R0 − J OG ( S ) / R0
( )
I Gyy = I Oyy + m ( xG2 + z A2 ) − 2 xG xG − 2 z G z G = I Oyy − m( xG2 + z A2 )
Cette expression permet de connaître les six relations de Huygens, qui lient les moments
d’inertie et les produits d’inertie en un point O d’un repère et le centre d’inertie G du solide
dans le même repère.
135
Le théorème de Huygens est très pratique car il permet de déterminer le moment d’inertie
→ → →
d’un solide dans n’importe point O de l’espace centre du repère R(O, x , y , z ) , en connaissant
le moment d’inertie au centre d’inertie G de coordonnées ( ( xG , y G , z G ) par rapport au même
repère.
Exemple :
Déterminer le moment d’inertie au point O de la plaque mince rectangulaire de masse m , de
longueur 2a et de largeur 2b de centre d’inertie G (a, b, 0)
On détermine le moment d’inertie de la plaque au point G, puis par le théorème de Huygens,
on le déduit au point O.
Les plans (xGz) et (yGz) sont des plans de symétrie, alors tous les produits d’inertie sont
nuls : I Gxy = I Gxz = I Gyz = 0 ; la matrice d’inertie en G est diagonale.
2b
x
2a
m 2
I Gzz = I Gxx + I Gyy = (a + b 2 )
3
136