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Alice Corrigé

Le document présente 'Alice au pays des merveilles' de Lewis Carroll, un récit où la réalité et le rêve se mêlent dans un monde fantastique. Alice, une petite fille curieuse, se retrouve dans un univers où les animaux parlent et où des événements étranges se produisent, reflétant ses questionnements identitaires. Le texte explore les réflexions d'Alice, oscillant entre la logique enfantine et adulte, tout en mettant en avant des objets et des personnages merveilleux.

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Alice Corrigé

Le document présente 'Alice au pays des merveilles' de Lewis Carroll, un récit où la réalité et le rêve se mêlent dans un monde fantastique. Alice, une petite fille curieuse, se retrouve dans un univers où les animaux parlent et où des événements étranges se produisent, reflétant ses questionnements identitaires. Le texte explore les réflexions d'Alice, oscillant entre la logique enfantine et adulte, tout en mettant en avant des objets et des personnages merveilleux.

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Classe de Sixième

☛ Le conte et le récit merveilleux

Alice au pays
des merveilles
Lewis Carroll
Édition de Marie Abdolrazzak

Étrange pays que ce


pays des merveilles…
Tous les repères de la vie
ordinaire ont disparu :
les animaux parlent
et prennent le thé, on
joue au croquet avec
des flamants roses et
une terrible Reine de
Cœur cherche à couper
la tête de tous ses sujets !
À travers les étonnantes
aventures d’Alice,
découvrez un monde ISBN 978-2-7011-5641-5
224 pages — 3 e
où le bizarre est devenu
la norme, et où le rêve et la réalité s’entremêlent.
Alice au pays des merveilles Arrêt sur lecture 1

situation initiale semble s’ancrer dans un cadre réaliste. Cependant, comme dans

Arrêt sur lecture 1 p. 40-45


un conte, l’histoire se déroule à une époque et dans un lieu indéterminés. C’est
l’apparition du Lapin Blanc, vêtu comme un humain et doué de parole, qui fait
pleinement basculer le texte dans le merveilleux.

3 En vous appuyant sur des passages précis du chapitre 2, montrez qu’Alice


Un quiz pour commencer p. 40-41 réfléchit tantôt comme une enfant, tantôt comme une adulte. Alice semble hési-
ter entre raisonnement enfantin et logique d’adulte ; l’un et l’autre se succèdent
1 Que fait Alice au début du récit ? Elle se repose à côté de sa sœur. de façon alternée. Au début du chapitre 2, Alice témoigne d’un mode de pensée
enfantin : elle veut être « gentille » avec ses pieds et leur « offrir une paire de sou-
2 Quel animal passe en courant près d’Alice ? Un lapin.
liers neufs à chaque Noël » afin qu’ils la mènent où elle voudrait aller (p. 21-22,
3 Quelle est la particularité de cet animal ? Il porte un gilet. l. 14-36). Puis Alice semble adopter un raisonnement d’adulte lorsqu’elle réalise
que sa réflexion précédente était dénuée de sens : « Oh ! mon Dieu ! quelles bêtises
4 Lorsque Alice boit le contenu du petit flacon, que se passe-t-il ? Elle rétrécit. je raconte ! » (l. 37). Elle se considère d’ailleurs comme une « grande fille » et non
5 Lorsque Alice mange le petit gâteau, que se passe-t-il ? Elle grandit. plus tout à fait comme un enfant : « Tu devrais avoir honte, une grande fille comme
toi (c’était le cas de le dire) » (l. 46-47). Elle adopte même la posture d’un adulte
6 Qu’est-ce que la mare aux larmes ? Une mare formée par les larmes d’Alice. qui pourrait la réprimander : « Veux-tu bien t’arrêter immédiatement ! » (l. 48).
7 Quel animal Alice rencontre-t-elle dans la mare aux larmes ? Une souris. Lors de la rencontre avec la Souris (p. 28), l’attitude d’Alice oscille entre pensée
logique et étourderie tout enfantine : elle ne cesse en effet d’évoquer sa chatte
8 Qui gagne la course au Caucus ? Tous les participants. Dinah en présence de la Souris, manquant de tact vis-à-vis de l’animal.
Le passage le plus significatif est peut-être celui des pages 24 à 26. Alice y pose
des interrogations fondamentales, à la fois philosophiques et existentielles. Puis
Des questions pour aller plus loin p. 42-43 ce questionnement se transforme en raisonnement incongru. À ses interrogations
identitaires sérieuses et légitimes (« Qui diable puis-je bien être » ; « Est-ce que
☛ Découvrir le début d’un récit merveilleux j’étais bien la même quand je me suis levée ce matin ? », p. 24), elle donne fina-
lement une réponse farfelue : elle suppose qu’elle s’est changée en l’une des filles
Alice, une petite fille comme les autres
de son âge qu’elle connaît. Les préoccupations enfantines reprennent le dessus :
1 Où se trouve Alice au début de l’histoire ? Relevez les adjectifs et les expres- elle songe à sa maison, elle craint de ne plus avoir de jouets. Pour Alice qui n’est
sions qui indiquent ce qu’elle fait et quel est son état d’esprit. Lorsque l’histoire encore qu’une enfant, le questionnement universel ne peut trouver de réponse
débute, Alice se repose à côté de sa sœur. La phrase liminaire indique qu’elle se que dans sa sphère personnelle.
sent alors « très lasse » (p. 11). L’adjectif recouvre deux significations. D’une part,
© Éditions Belin/Éditions Gallimard, 2011.

4 Après avoir lu les trois premiers chapitres, dites quels sont, selon vous, les
elle est désœuvrée et s’ennuie de « n’avoir rien à faire ». Elle essaie de s’intéresser
principaux traits de caractère d’Alice. Dans les trois premiers chapitres, Alice
au livre dans lequel sa sœur est plongée, mais n’y parvient pas, car elle ne com-
apparaît comme une petite fille curieuse, qui prend tous les risques afin de satis-
prend pas « à quoi peut bien servir un livre où il n’y a ni images ni conversations ».
faire son envie d’exploration et de connaissances : elle suit le Lapin dans le terrier
D’autre part, elle se sent « tout endormie et toute stupide à cause de la chaleur ».
sans se demander comment elle pourra en sortir, elle n’hésite qu’un court instant
2 Dans les premières lignes du texte (p. 11), le lecteur a-t-il l’impression d’être avant de boire le contenu du flacon et de manger le gâteau. Ces passages souli-
dans un conte ? Pourquoi ? Dans l’incipit du récit n’apparaissent pas certaines gnent en outre qu’elle est tantôt une fillette étourdie et insouciante (lorsqu’elle
caractéristiques du conte : la formule liminaire traditionnelle en est absente, la s’engouffre dans le terrier), tantôt une « grande fille » prudente (comme l’indiquent

2 3
Alice au pays des merveilles Arrêt sur lecture 1

sa circonspection face à l’inscription « Bois-moi » et sa recherche du mot « poison » p. 19-22 Gâteau portant 2,75 m Impression que son corps lui
sur le flacon). Par ailleurs, elle fait preuve de courtoisie à l’égard des personnages l’inscription échappe, en particulier ses pieds :
qu’elle rencontre, mais n’évite pas certaines maladresses, notamment à l’égard de « Mange‑moi » « peut-être qu’ils refuseront de
marcher dans la direction où je
la Souris lorsqu’elle lui parle de chats. voudrai aller ! » (p. 22).
p. 26 Éventail du Lapin 60 cm Sensation d’être en train de
Du monde ordinaire au pays des merveilles Blanc « disparaître tout à fait » (p. 26).

5 Quel événement déclenche le début des aventures d’Alice ? La poursuite


Ces événements suscitent chez Alice un mélange d’étonnement, de joie et d’in-
du Lapin Blanc dans un énorme terrier (p. 12) est le déclencheur des aventures
quiétude. Dans une perspective de lecture qui interprète le texte comme un récit
d’Alice. C’est par ce biais que la petite fille, et le récit avec elle, basculent d’un uni-
d’apprentissage, les métamorphoses symbolisent manifestement les bouleverse-
vers ordinaire au pays des merveilles.
ments du corps et les questionnements identitaires qui les accompagnent.
6 Faites la liste des objets qu’Alice aperçoit au cours de sa chute dans le terrier.
9 Après avoir mangé le petit gâteau, à quel objet Alice se compare-t-elle ?
Semble-t-elle surprise de les voir ? Au cours de sa chute, Alice remarque que les
Pourquoi ? Après avoir mangé le gâteau, Alice se compare à une « longue-vue ».
parois du puits sont « garnies de placards et d’étagères » (p. 12). Elle y aperçoit par
En effet, elle grandit et s’allonge tellement que ses pieds lui paraissent être très
exemple « des cartes de géographie et des tableaux » (p. 13), un pot vide sur lequel
loin ; en quelque sorte, elle coulisse, comme les différents emboîtements de l’ap-
est indiqué « confiture d’oranges » (p. 13). Elle ne semble pas du tout surprise de
pareil, jusqu’à une taille démesurée. Ces images qui assimilent Alice à un objet
voir ces objets et s’interroge plutôt sur la distance qu’elle est en train de parcourir
rétractable mettent en valeur l’importance de ses changements de taille.
dans sa chute et sur le fait qu’elle va manquer à sa chatte Dinah.

7 Relevez deux exemples d’objets magiques dans le chapitre 1. Quel est leur Des animaux étonnants
pouvoir ? Le chapitre 1 fait intervenir des objets magiques, dont les plus emblé-
 Relevez, dans les trois premiers chapitres, les différents animaux rencontrés
matiques sont le petit flacon posé sur la table, sur lequel est écrit « Bois-moi »,
par Alice. En quoi appartiennent-ils à un monde merveilleux ? Dans le premier
et qui fait rapetisser Alice (p. 17), ainsi que le gâteau qu’Alice découvre dans une
chapitre, Alice rencontre le Lapin Blanc, doué de parole, comme presque tous les
boîte de verre placée sous la table, qui porte l’inscription « Mange-moi » et qui la
animaux qu’Alice rencontrera par la suite. Dans le deuxième chapitre, Alice fait la
fait grandir (p. 19).
connaissance d’une Souris avec laquelle elle tient une conversation sur les chats.
8 Quelles métamorphoses Alice subit-elle ? Quelles sensations éprouve-t-elle À la fin du même chapitre, plusieurs animaux se trouvent dans la mare formée par
pendant ces transformations ? Dans cette partie du récit, Alice subit trois méta- les larmes d’Alice lorsqu’elle était géante, en particulier un Canard, un Dodo, un
morphoses successives, chacune déclenchée par un objet magique : Lori et un Aiglon. Trois animaux parlent encore à la fin du chapitre 3 : une mère
Crabe, une vieille Pie, un Serin. Ces animaux sont tous doués de parole, ce qui
Pages Objet Taille après la Sensations est leur principale caractéristique merveilleuse. Ils ont en outre des préoccupa-
déclencheur de la métamorphose tions bien humaines, comme celle de ne pas être en retard pour le Lapin, celle de
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métamorphose
raconter son histoire pour la Souris, celle d’organiser une course pour l’ensemble.
p. 16-18 Flacon portant 25 cm Goût « fort agréable », « sensation
l’inscription bizarre » comme si elle était « en Il faut enfin remarquer que la présence du Dodo, animal disparu, est en elle-même
« Bois‑moi » train de rentrer en [elle]-même, merveilleuse.
comme une longue-vue ! » (p. 18).
 Dans les illustrations des pages 11 et 35, quels détails assimilent les animaux
à des êtres humains ? Suivant les indications données par le texte, John Tenniel
a conféré aux animaux des attitudes et des attributs humains, ce qui les anthro-
pomorphise très nettement. Dans l’illustration de la page 11, le Lapin Blanc est

4 5
Alice au pays des merveilles Arrêt sur lecture 1

représenté debout sur ses pattes arrière. De plus, il consulte l’heure sur sa montre
De la lecture à l’écriture p. 44
à gousset, porte un parapluie sous son bras et est vêtu à la mode anglaise : gilet,
veste en tweed et foulard soigneusement noué. Dans l’illustration de la page 35,
le Dodo est muni de deux mains. L’une s’appuie sur une canne, l’autre tend le dé à
Des mots pour mieux écrire
coudre à Alice, et l’on devine une manche de vêtement à son poignet. 1 a. Ennui ; b. exténué ; c. délicate ; d. perplexe.
 Dans le chapitre 3, comment Alice prononce-t-elle les mots « chiens » et 2 Rétrécir : rétrécissement, irrétrécissable, rétréci…
« chats » ? Pourquoi ? Lorsque Alice évoque pour la première fois les chats et les Grandir : agrandissement, grand, s’agrandir, agrandi…
chiens en s’adressant à la Souris, elle la froisse profondément : l’animal bondit à la S’allonger : allongement, allonger, rallonger…
seule prononciation de ces mots. C’est pourquoi, lorsque Alice évoque à nouveau
ces animaux, elle prend la précaution d’épeler les mots « C, H, A, T, S » et « C, H, I,
E, N, S » comme si cela pouvait atténuer la douleur de la Souris en évitant la pro- Du texte à l’image p. 45
nonciation brutale des mots.
➥ Charles Dodgson (alias Lewis Carroll), Alice Liddell, photographie, 1860.
 À la page 38, Alice et la Souris emploient toutes les deux le mot « nœud » ➥ Tim Burton, Alice au pays des merveilles, film, 2010.
mais dans des sens différents. Pouvez-vous préciser lesquels ? La Souris (Images reproduites au verso de la couverture, en début d’ouvrage.)
emploie la première le mot « nœud », reprochant à Alice de ne pas l’écouter : « Je
n’étais pas encore au nœud de mon histoire. » (l. 153). Il s’agit de l’emploi figuré du Lire l’image
mot, qui désigne le moment où l’intrigue d’un récit arrive à son point essentiel. Il
1 La petite Alice Liddell, âgée de huit ans, adopte une pose pour la photogra-
peut être intéressant ici de mentionner le terme « dénouement » que les élèves
phie. À quoi le voyez-vous ? Sur cette photographie, la fillette adopte manifes-
seront amenés à rencontrer très fréquemment. Un quiproquo s’installe donc entre
tement une pose : elle regarde l’objectif du photographe, tient ses mains et ses
les deux personnages, car Alice, qui a l’esprit occupé, interprète le mot « nœud »
pieds croisés, ce qui suggère l’immobilité. Par ailleurs, elle semble porter une robe
au sens propre : « Il y a donc un nœud quelque part ? […] laisse-moi t’aider à le
pour l’occasion. La présence de la plante à sa droite et celle d’un fond uni révè-
défaire ! » Dans ce cas, le mot désigne l’enlacement ou l’entrecroisement serré
lent le souci de composition du photographe. Il y a donc eu un travail de mise en
d’un objet flexible et de forme filaire comme un ruban, un fil ou une corde.
scène pour prendre la photographie. On sait que Lewis Carroll aimait costumer les
 Dans l’épisode de la course au Caucus, quel est le rôle du Dodo ? Comment petites filles pour faire leur portrait et donner ainsi un caractère plus théâtral à
s’adresse-t-il à l’assistance ? C’est le Dodo qui propose de faire la course au ses photographies. Il a par exemple pris une photographie d’Alice Liddell en men-
Caucus, il trace les limites d’un champ de courses circulaire et c’est lui égale- diante, vêtue de guenilles.
ment qui décide de la fin de la compétition. C’est encore lui qui déclare tout le
2 Regardez attentivement ces deux images et décrivez les deux Alice (appa-
monde vainqueur et qui désigne Alice pour décerner les prix. Il s’octroie un rôle
rence physique, attitude, expression du regard). Sur la photographie, Alice est
de meneur, même si ce statut ne semble pas particulièrement légitime. Il tient des
encore une enfant, ses cheveux sont coupés au carré avec une frange qui sou-
© Éditions Belin/Éditions Gallimard, 2011.

discours cérémonieux. Ses premiers mots sont d’ailleurs immédiatement repris


ligne son regard, elle est assise dans une attitude calme et posée. Le personnage
par l’Aiglon, qui lui demande de parler plus simplement (p. 33). Outre son rôle
d’Alice, interprété par l’actrice Mia Wasikowska dans le film réalisé par Tim Burton,
narratif, le Dodo représente probablement une personne réelle, comme la plupart
est complètement différent : Alice n’est pas une enfant mais une jeune fille, elle a
des animaux du récit. On peut le considérer comme une hypostase de l’auteur : à
les cheveux longs, blonds et bouclés. Elle se meut dans le pays des merveilles, et
cause de son bégaiement, celui-ci prononçait « Do-Do-Dodgson » lorsqu’il se pré-
non dans un cadre réaliste comme sur la photographie en noir et blanc. Le regard
sentait auprès d’un inconnu.
de la petite Alice fixe avec sérénité l’œil du photographe, tandis que la grande
Alice du film semble aux aguets. La première se trouve dans un décor modeste

6 7
Alice au pays des merveilles Arrêt sur lecture 2

et épuré, habillée d’une simple robe blanche, la seconde porte une toilette plus 5 Les larges champignons Alice rencontre une Chenille qui fume
élaborée et s’inscrit dans un décor aux couleurs vives. un narguilé, tranquillement assise sur un
champignon. Alice se plaint de sa petite taille,
3 Sur l’image du film, relevez les détails qui indiquent au spectateur qu’il est la Chenille lui apprend alors qu’elle pourra
au pays des merveilles. La photographie tirée du film est composée des éléments grandir ou rapetisser selon qu’elle mangera
le côté gauche ou droit du champignon.
clés qui balisent le récit : au premier plan, le Lapin en gilet et sa montre à gousset,
7 Le Chapelier Après sa rencontre avec le Chat, Alice prend
le Chapelier fou et Alice. Au second plan se trouve la table dressée pour le thé (qui apparaît au premier le chemin qui mène chez le Chapelier et le
extravagant, et on aperçoit à l’arrière-plan la porte, symbolique du passage d’un et au second plan à la trouve assis à table avec ses convives, occupé
monde à l’autre. La nature est merveilleuse : les roses sont affublées d’une tête fois), la table dressée à prendre le thé.
pour le thé
humaine, les champignons sont démesurés, les couleurs saturées donnent le ton
8 Les roses Dans le jardin, Alice voit des jardiniers peindre
d’un pays hallucinatoire.
des roses blanches avec de la peinture rouge
car ils craignent la colère de la Reine, qui
Comparer le texte et l’image voulait uniquement des roses rouges.

4 Quelle Alice vous paraît le mieux correspondre au récit de Lewis Carroll ?


Justifiez votre réponse en quelques lignes. Du point de vue de l’âge, la petite Alice
de la photographie est plus proche du personnage construit par Lewis Carroll.
D’autre part, Lewis Carroll ayant écrit ce conte pour cette petite fille en particulier,
elle semble incarner une figure privilégiée pour illustrer l’héroïne de l’histoire. Tim
Burton a choisi de donner une nouvelle dimension au personnage en mettant en
scène une Alice âgée de dix-neuf ans, mais encore habitée par ses rêves d’enfant.
L’aspect physique et la maturité du personnage, même si Alice reste crédule et
innocente, correspondent moins à la représentation attendue du personnage. En
revanche, l’univers très coloré, farfelu et manifestement merveilleux visible sur Arrêt sur lecture 2 p. 95-100
l’image du film paraît très cohérent avec le texte de Lewis Carroll.

5 Dans l’image du film, retrouvez les différentes étapes de l’histoire en indi-


quant à quels chapitres elles correspondent. Un quiz pour commencer p. 95-96
Chapitre Élément de la Étape du récit 1 Pour qui le Lapin Blanc prend-il Alice ? La bonne Marie-Anne.
photographie
1 Le Lapin Blanc Au tout début, Alice suit le Lapin Blanc et 2 Comment la Chenille se comporte-t-elle avec Alice ? Elle est désagréable.
tombe dans le tunnel qui débouche au pays
© Éditions Belin/Éditions Gallimard, 2011.

des merveilles. Elle le retrouvera à plusieurs 3 Quel est le pouvoir magique du champignon offert par la Chenille à Alice ?
reprises, dans le jardin de la Reine (chap. 11) Il modifie la taille de celui qui le mange.
et lors du procès (chap. 12).
1 La porte Après sa longue chute dans le tunnel, Alice se 4 Quelle est la particularité du Chat de Chester ? Il sourit tout le temps.
trouve devant une porte qu’elle tente d’ouvrir
pour suivre le Lapin dans le jardin. 5 Quel pouvoir le Chat de Chester possède-t-il ? Il peut disparaître.
6 Avec quels personnages Alice prend-elle le thé ? Le Chapelier, le Lièvre de
Mars et le Loir.

8 9
Alice au pays des merveilles Arrêt sur lecture 2

7 Quelle est la particularité de la montre du Chapelier ? Elle indique le jour du Valet de pied Stupide Ignare Non
mois. (chap. 6)
Duchesse Indélicate Grossière Non
8 Alice écoute-t-elle attentivement l’histoire du Loir ? Non, elle lui coupe sans (chap. 6)
cesse la parole.
Cuisinière Brutale Ignorante Non
(chap. 6)
9 Où Alice arrive-t-elle à la fin du chapitre 7 ? Dans un jardin.
Chat de Chester Malicieux Espiègle Oui : il indique son
(chap. 6) chemin à Alice.

Des questions pour aller plus loin p. 97-98 Chapelier


(chap. 7)
Déroutant, impoli Mélancolique Rencontre peu agréable,
mais il fait réfléchir
Alice.
☛ Étudier les épreuves affrontées par Alice Lièvre de Mars Absurde, insensé Impatient
(chap. 7)
Les habitants du pays des merveilles
Loir (chap. 7) Assoupi Borné
1 Indiquez, pour chacun des personnages rencontrés par Alice, son nom, son
attitude et son caractère. Précisez si la rencontre est bénéfique ou pas pour
2 Dressez en quelques lignes le portrait de la Chenille. Quel rôle particulier
l’héroïne.
joue-t-elle auprès d’Alice ? La Chenille fume confortablement son narguilé sur un
champignon lorsque Alice fait sa rencontre. Elle est « bleue, assise les bras croi-
Nom du Attitude Caractère Rencontre bénéfique ?
personnage sés » et ne prête tout d’abord pas attention à Alice. Elle est d’un naturel plutôt
Lapin blanc Toujours pressé Anxieux Oui : il fait découvrir désagréable et irritable. Elle se vexe lorsque Alice fait la remarque que « huit cen-
(chap. 1) le terrier à Alice. timètres est une bien piètre taille » alors que c’est justement sa taille. Avec sa voix
Souris (chap. 2) Méfiante Susceptible Échange tendu, mais « languissante et endormie », elle ne se gêne pas pour contredire Alice sans cesse
elle raconte son histoire et corriger le poème que celle-ci lui récite. Pourtant, elle est un personnage clé. En
à Alice et lui fait
rencontrer les autres
effet, lors de cet épisode, Alice ne sait plus très bien qui elle est : « Ça vous brouille
animaux. les idées de changer si souvent de taille dans la même journée » (p. 59), confie-t-
Canard (chap. 3) Tatillon Minutieux elle à son interlocutrice. Le premier enseignement de la Chenille sera le suivant :
Dodo (chap. 3) Cérémonieux Austère Il attribue un rôle à Alice
« Ne te mets jamais en colère » (p. 60). Il porte d’ailleurs ses fruits, puisque plus
(elle décerne les prix). loin, le narrateur souligne qu’Alice réussit à maîtriser sa colère et à patienter :
Lori (chap. 3) Fier Boudeur, râleur « Cette fois Alice attendit patiemment qu’il lui plût de parler » (p. 63). C’est la
Petit chien Joyeux Joueur Oui : elle joue avec lui.
première fois que le personnage évolue et progresse dans le récit. En outre, par
(chap. 4) Il s’agit du seul animal ses conseils avisés, la Chenille aide Alice à maîtriser ses métamorphoses impré-
© Éditions Belin/Éditions Gallimard, 2011.

qui ne lui parle pas, et visibles : en grignotant un petit morceau de champignon, d’un côté ou de l’autre,
c’est paradoxalement
avec lui qu’elle parvient
Alice pourra désormais adapter sa taille à chaque situation.
à communiquer.
3 Quelle atmosphère règne dans la maison de la Duchesse ? Avant même d’en-
Chenille Hautaine, Exigeante Oui : elle aide Alice dans
trer dans la maison de la Duchesse, Alice entretient un dialogue de sourds avec
(chap. 5) méprisante ses métamorphoses.
le Valet de pied. Elle demande plusieurs fois comment faire pour entrer, puisque
Pigeon (chap. 5) Décontenancé Orgueilleux Non
frapper ne sert à rien à cause du « vacarme vraiment extraordinaire » qui se
fait entendre à l’intérieur de la maison, mais le Valet répond systématiquement

10 11
Alice au pays des merveilles Arrêt sur lecture 2

quelque chose d’absurde ou sans rapport avec la question (p. 69-72). Le passage 6 À la fin du chapitre 7, Alice a-t-elle compris comment maîtriser ses transfor-
s’annonce donc sous de mauvais augures. Une fois à l’intérieur, Alice est incommo- mations ? Pourquoi peut-on dire qu’elle agit de manière méthodique ? À partir
dée par la fumée provenant du chaudron de soupe et par le poivre. La Duchesse de la ligne 309, Alice prend la résolution de « [s]’y prendre un peu mieux » (p. 94).
tient un bébé dans les bras, qu’elle appelle « Cochon », et qui hurle très fort. Tout Elle agit de façon méthodique car elle ne veut pas être à nouveau bloquée devant
cela donne une impression de chaos, de désordre, de confusion. la porte comme la toute première fois. Elle veille à anticiper et à fixer un ordre
dans lequel accomplir ses gestes : « Elle commença par s’emparer de la petite clé
De nouvelles aventures pour Alice d’or et par ouvrir la porte qui donnait dans le jardin. Puis elle se mit à grignoter le
champignon. » Cette organisation porte ses fruits puisqu’elle parvient à pénétrer
4 Dans les chapitres 4 à 6, relevez les métamorphoses subies par Alice. Quel
dans le jardin.
effet produisent-elles sur la jeune fille ? Au début du chapitre 4, Alice grandit en
buvant le contenu de la bouteille dans la maison du Lapin, mais elle se sent « mal à
Un thé extravagant (p. 83-94)
l’aise » et « malheureuse » (p. 49) car elle est si grande qu’elle ne peut sortir de la
maison. Elle réussit à diminuer sa taille en mangeant des cailloux, transformés en 7 Comment Alice est-elle accueillie par le Chapelier et par le Lièvre ? Comment
petits gâteaux (p. 53), et sort donc soulagée de la maison. Au chapitre 5, Alice est réagit-elle ? Alice est mal accueillie par le Chapelier et le Lièvre : leur première
d’une toute petite taille quand elle rencontre la Chenille. Elle mange des morceaux réaction à sa vue est de s’écrier : « Pas de place ! Pas de place ! » (l. 10, p. 83) alors
du champignon, dont un côté fait grandir et l’autre rapetisser. Le champignon a que la table est très vaste et peut accueillir beaucoup de convives. Alice s’indigne
un effet plus immédiat et moins proportionné que le flacon ou le gâteau, et Alice et rétorque : « Il y a de la place à revendre ! » (l. 12, p. 83). Malgré l’accueil peu enga-
se retrouve tantôt le menton près des pieds, tantôt le cou bien allongé. À la fin geant qui lui est réservé, Alice tente de s’imposer et de faire appel au bon sens afin
du chapitre, elle essaie de maîtriser les métamorphoses pour revenir à une taille de raisonner ces personnages qui lui avaient été présentés comme fous.
normale, puis finalement grignote à nouveau un morceau pour ne plus mesurer
8 Quel est le caractère du Lièvre et du Chapelier ? Pourquoi dit-on qu’ils sont
que « vingt centimètres » (p. 68). Les changements de taille transforment sa per-
fous ? Appuyez votre réponse sur des citations du texte. C’est le Chat de Chester
ception du monde : une petite table devient une montagne, un petit chien devient
qui, le premier, déclare que les personnages du pays des merveilles sont fous,
énorme et fait penser à un « cheval de trait » (p. 56). Le Pigeon lui-même est
Alice et lui-même compris : « Tu peux aller rendre visite à l’un ou à l’autre : ils
trompé par le cou d’Alice, la prend pour un serpent et nie son statut de petite fille
sont fous tous les deux […] Je suis fou. Tu es folle » (p. 79). Plus loin, le Chapelier
(p. 65-67). Les réactions et les sentiments d’Alice sont souvent doubles et contra-
confirme l’état de folie du Lièvre : « Nous nous sommes disputés en mars dernier,
dictoires. La petite fille est contente quand le changement de taille se produit,
juste avant que lui ne devienne fou » (p. 88).
mais s’inquiète des proportions qu’il prendra. En témoignent ses exclamations :
La folie du Lièvre de Mars et du Chapelier se manifeste à travers le langage.
« Ce que je regrette d’avoir tant bu ! » (p. 48) ; « Comme tous ces changements
Le Lièvre propose à Alice de boire du vin alors qu’il n’y en a pas sur la table, le
sont déconcertants ! D’une minute à l’autre je ne sais jamais ce que je vais être ! »
Chapelier lui suggère de but en blanc de se faire couper les cheveux (p. 83-84). Le
(p. 68).
Chapelier propose une devinette (p. 84) dont il ignore lui-même la réponse (p. 87).
5 Dans la maison du Lapin, quel est le comportement d’Alice ? Du fait de sa À la page 86, un étrange débat s’installe entre les deux protagonistes à propos du
© Éditions Belin/Éditions Gallimard, 2011.

très grande taille quand elle est dans la maison du Lapin, Alice occupe totale- beurre utilisé pour graisser la montre du Chapelier : au début de cet échange, le
ment l’espace. Elle a d’abord peur de la réaction du Lapin, au point d’« ébranler reproche du Chapelier (« Je t’avais bien dit que le beurre ne conviendrait pas pour
toute la maison » (p. 50), puis prend peu à peu confiance et essaie d’intimider le graisser les rouages ! ») paraît sensé, mais quelques lignes plus loin, il s’avère en
Lapin par les menaces suivantes : « Vous ferez bien de ne pas recommencer ! », « Si fait fondé sur un argument bien différent de celui qu’Alice ou le lecteur auraient
vous faites ça, je lance Dinah à vos trousses ! » (p. 53). Se sentant en danger, Alice imaginé : « quelques miettes ont dû entrer en même temps […] Tu n’aurais pas dû y
tire les leçons de ses précédentes expériences pour utiliser ce qui l’entoure (les mettre le beurre avec le couteau à pain. » Étonnamment, le jugement d’Alice quant
cailloux devenus gâteaux) afin de s’éloigner. à la santé mentale des deux personnages est moins catégorique que celui du Chat,

12 13
Alice au pays des merveilles Arrêt sur lecture 2

déclarant toute la scène « stupide » mais non absurde (« C’est le thé le plus stupide Les mots du pays des merveilles
auquel j’aie jamais assisté de ma vie ! », p. 94).
 Quelle affirmation le Chat de Chester énonce-t-il p. 80 ? Alice paraît-elle d’ac-
9 Avec quels pronoms personnels et sur quels tons se parlent les personnages cord avec lui ? Le Chat de Chester veut prouver sa folie par ce raisonnement : « Un
à table ? À plusieurs reprises, Alice estime que les personnages sont « grossiers », chien gronde lorsqu’il est en colère, et remue la queue lorsqu’il est content. Or,
surtout le Chapelier fou (p. 84, 93). Alice est la seule à vouvoyer les personnages moi, je gronde quand je suis content, et je remue la queue quand je suis en colère.
pendant le thé extravagant. Elle s’adresse avec courtoisie au Lièvre de Mars mal- Donc, je suis fou. » Alice ne paraît pas d’accord puisqu’elle essaie de contredire
gré son mécontentement : « En ce cas, ce n’est pas très poli de votre part de m’en le Chat sur un terme : « Moi j’appelle ça ronronner, pas gronder », mais elle n’a
offrir », ce à quoi il répond : « Ce n’est pas très poli de ta part de t’asseoir sans y de toute façon pas le temps de donner son avis puisque le Chat passe à un autre
être invitée. » (p. 84). Le Chapelier fou la tutoie aussi et se permet de lui déclarer : sujet.
« Tu as besoin de te faire couper les cheveux » ; Alice réplique : « Vous ne devriez
 Comment le Chapelier comprend-il les expressions « perdre le temps » et
pas faire d’allusions personnelles ». L’échange prend une tournure plus tendue.
« battre le temps » (p. 87-88) ? Le Chapelier comprend au sens propre les expres-
La discussion s’engage très mal entre les différents protagonistes, chacun voulant
sions « perdre le temps » et « battre le temps », il ne saisit pas leur sens figuré (res-
défendre son avis : tous « s’écrient » (p. 83), Alice répond sur un « ton furieux »
pectivement « ne rien faire, faire des choses inutiles » et « respecter la mesure en
(p. 84). Le dialogue est animé, ponctué aussi de silences, qui ne durent pas long-
musique »). La notion de temps est en outre personnifiée par le Chapelier, comme
temps. Les exclamations et les interrogations d’Alice pendant l’histoire racontée
le souligne l’antonomase dans son discours : « Le Temps est un être vivant » (p. 87)
par le Loir, le « ton maussade » (p. 91) de ce dernier, perturbent une communica-
capricieux, qui « refuse de faire ce qu’[il] lui demande » (p. 89). Le Chapelier est
tion qui ne parvient pas à s’instaurer.
donc choqué par les propos d’Alice, qui ne parle pas au Temps et qui veut le battre.
 Le Chapelier connaît-il la réponse à la devinette qu’il pose à Alice ? Et Alice ?
 Sur Internet ou dans un dictionnaire d’anglais, cherchez deux expressions
Le Chapelier ne connaît pas la réponse à la devinette qu’il pose à Alice ; Alice
anglaises commençant par as mad as, traduisez-les et expliquez le jeu de mots
l’ignore également (l. 111-112, p. 87). À l’origine, quand Lewis Carroll l’avait inventée,
de Lewis Carroll. Lewis Carroll reprend deux expressions populaires afin de justi-
cette devinette était sans réponse. Mais à la demande de nombreux lecteurs, il
fier la folie du Chapelier et celle du Lièvre. En effet, en anglais, l’expression mad
proposa plusieurs solutions possibles : « Poe écrivit sur l’un et l’autre », en réfé-
as a hatter (« fou comme un chapelier ») évoque les chapeliers victimes d’halluci-
rence à Edgar Allan Poe qui écrivit Le Corbeau ; ou bien « Un bureau et un corbeau
nations car ils inhalaient les vapeurs de mercure servant au traitement du feutre.
peuvent produire quelques notes, bien que très quelconques, et jamais leur der-
L’autre expression, mad as a march hare (« fou comme un lièvre de mars »), fait
rière n’est devant ! »
référence au comportement du lièvre au printemps, pendant la saison des amours.
 Pourquoi peut-on dire que les personnages n’arrivent pas à communiquer ?
Les personnages n’arrivent pas à communiquer car le langage est constamment
source de quiproquos, de malentendus ou même de querelles. La devinette que le De la lecture à l’écriture p. 99
Chapelier pose à Alice est sans réponse, le Loir raconte une histoire totalement
© Éditions Belin/Éditions Gallimard, 2011.

absurde, Alice et le Chapelier utilisent les mêmes mots dans des sens différents.
Des mots pour mieux écrire
Les raisonnements produits sont soit des lapalissades (c’est-à-dire des énoncés
totalement évidents), soit des discours complètement loufoques. Lorsqu’un per- 1 a. Préfixe in- : élément négatif, qui vient du préfixe latin in-.
sonnage fait une déclaration, un autre le contredit immédiatement (par exemple, Suffixe -able : du latin -abilis, signifiant « qui peut être » ou moins souvent « qui
p. 84-85, les affirmations dont la réciproque n’est pas vraie). La conversation ne donne », « enclin à ».
s’attarde pas sur un même sujet : les digressions, les sauts de pensée par image et b. Intolérable, irréalisable, irrécupérable, insurmontable, impraticable, immuable…
non par logique, viennent perturber l’échange.

14 15
Alice au pays des merveilles Arrêt sur lecture 2

2 a. « Poser un lapin » : aujourd’hui, signifie ne pas aller à un rendez-vous, sans John Tenniel Walt Disney
prévenir la personne qui nous attend.
Allure Toilette soignée : robe de petite fille sage, cheveux bien coiffés (en arrière
Cependant, le sens était autrefois différent. Le sens attesté en 1880 est « ne d’Alice chez Tenniel, tenus par un ruban chez Walt Disney).
pas rétribuer les faveurs d’une jeune fille ». En effet, à cette époque, le « lapin » Décor Monde à l’échelle d’Alice et des Décor disproportionné (tasse de
désignait un refus de paiement. Par la suite, il a également désigné un voyageur autres personnages. thé démesurée par rapport aux
clandestin. L’expression, sous sa forme actuelle, serait apparue vers 1890 chez personnages).

les étudiants, et pourrait provenir de « laisser poser », qui signifie « faire attendre Chapelier Le Chapelier se reconnaît à son grand chapeau haut de forme qui porte
encore une étiquette comme si l’objet sortait à peine de l’atelier. Ce détail
quelqu’un ». se retrouve aussi chez le Chapelier de Walt Disney où l’on peut lire que
b. « Avoir la tête dans les nuages » : l’expression signifie « être distrait, se perdre le chapeau coûte 10 shillings et 6 pence. Dans les deux illustrations, le
dans des rêveries confuses ». L’idée de hauteur et la matière nébuleuse expriment Chapelier porte une chemise à col monté, un nœud papillon clownesque
(à gros pois chez Tenniel) et une redingote qui dénote un souci
la perte de contact avec le réel, symbolisé par le sol terrestre. d’élégance. Il semble d’un âge avancé ; chez Walt Disney, il a même
c. « Mettre la charrue avant les bœufs » : l’expression signifie « faire les choses les cheveux gris et hirsutes.
dans le désordre ». Lièvre Il porte, à l’image d’un chapeau de La touffe de cheveux jaunes
L’image d’une charrue tirée par des bœufs est un symbole de logique puisqu’elle de Mars paille, des épis de blé noués entre ébouriffés rappelle les épis de
les oreilles, ce qui lui donne un l’illustration de Tenniel ; la couleur
sous-entend que les éléments sont placés dans un ordre tel que le système
aspect ébouriffé et loufoque. Ces rouge de la veste, plus marquée
puisse fonctionner. C’est cet aspect logique qui est mis en avant dans l’expression épis de blé constituent le détail qui que les teintes neutres portées par
« mettre la charrue avant les bœufs ». En effet, cela signifie que les choses ne sont différencie le Lièvre du Lapin Blanc le Chapelier, semblent représenter
et qui représente le grain de folie l’extravagance du personnage.
pas faites dans le bon ordre et que par conséquent, le résultat s’en ressentira.
caractéristique du personnage.
Auparavant, on disait « mettre la charrue devant les bœufs ».
Lien entre Le rapport de complicité est manifeste sur les deux images : ils portent
d. « Plus on est de fous, plus on rit » : plus les gens sont nombreux pour faire la fête Chapelier tous deux une tenue à la même mode, sont complices d’une conversation
avec un esprit débridé, plus elle sera animée et plus les gens s’amuseront. et Lièvre étrange, dans l’illustration de Tenniel, ou d’un mauvais coup dans le
dessin animé.
Loir Forme animale, non Absent de l’image.
anthropomorphisé ; endormi
Du texte à l’image p. 100 comme dans le texte.
➥ John Tenniel, illustration pour Alice au pays des merveilles.
(Image reproduite p. 85.)
➥ Walt Disney, Alice au pays des merveilles, dessin animé, 1951. 2 Comparez l’attitude d’Alice dans ces deux documents. Sur le dessin de
(Image reproduite au verso de la couverture, en fin d’ouvrage.) John Tenniel, Alice porte un regard agacé et maussade à ses voisins de table,
elle semble fatiguée de leur présence et de leur conversation. Elle est enfoncée
Lire l’image dans son fauteuil, avachie, tandis que le Chapelier et le Lièvre de Mars se tien-
nent droits, apparemment au beau milieu d’une conversation animée. Ils semblent
© Éditions Belin/Éditions Gallimard, 2011.

1 Observez attentivement les personnages représentés sur ces deux images ignorer leur jeune convive. À l’inverse, sur l’image tirée du dessin animé de Walt
et décrivez-les (apparence physique, vêtements). John Tenniel était un grand Disney, Alice est dans l’action : elle essaie de garder son équilibre sur une petite
caricaturiste, c’est lui qui demeure encore aujourd’hui la référence pour les illus- cuillère tandis que le Chapelier et le Lièvre de Mars tentent de la pousser dans une
trations d’Alice au pays des merveilles, d’autant plus qu’elles ont été commandées tasse de thé démesurément grande. Alice paraît affolée du jeu d’équilibre auquel
et supervisées par Lewis Carroll lui-même. Les nombreux illustrateurs d’Alice sont les deux compères la contraignent.
souvent restés fidèles aux premiers dessins de Tenniel, c’est pourquoi on décèle
de nombreuses similitudes entre le dessin de Walt Disney et les illustrations de
Tenniel.

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Alice au pays des merveilles Arrêt sur lecture 2

3 Le comportement des personnages à l’égard d’Alice est-il le même d’une 6 Les deux images renvoient-elles au même moment du chapitre 7 ? Les deux
image à l’autre ? Le comportement du Chapelier et du Lièvre de Mars à l’égard images évoquent la rencontre d’Alice avec le Chapelier, le Lièvre de Mars et le Loir,
d’Alice diffère totalement d’une image à l’autre. Sur le dessin de John Tenniel, le occupés à boire du thé. Le thé et les personnages présents sont les éléments clés
Chapelier et le Lièvre de Mars semblent ignorer la présence de la fillette, animés qui illustrent ce chapitre 7, « Un thé extravagant ». On reconnaît immédiatement
par leur conversation. Ils se regardent tous deux, formant un duo, tandis qu’Alice la scène dans le dessin de Tenniel, fidèle au texte de Lewis Carroll, tandis que
est seule dans son fauteuil. Le Loir reste, lui, indifférent à ce qui se passe puisqu’il chez Walt Disney c’est le décor (tasse à thé) qui permet de rapprocher l’image
dort sur la table entre les deux complices. Chez Walt Disney, tout s’anime, Alice du chapitre 7, car à aucun moment du texte Alice n’est menacée par les convives
est le centre de l’action et le Chapelier et le Lièvre de Mars s’acharnent sur elle. d’être poussée.
Ils ne sont plus sagement attablés devant leurs innombrables tasses de thé, mais
7 Laquelle de ces images vous paraît la plus fidèle au texte ? Justifiez votre
debout, en équilibre sur une cuillère, ils tentent de faire basculer la petite fille dans
réponse. John Tenniel a proposé une illustration très fidèle au texte de Lewis
le thé. Walt Disney fait donc du Lièvre et du Chapelier des personnages qui s’op-
Carroll, tandis que les créateurs de Walt Disney ont pris quelques libertés pour
posent à Alice.
nourrir leur dessin animé. En effet, à aucun moment Alice n’est en équilibre sur
4 À quels détails voyez-vous qu’on est dans un univers merveilleux ? Dans les une petite cuillère, elle ne quitte pas sa place, et surtout elle n’a pas une taille
deux images, les animaux possèdent des attributs humains, les vêtements et la minuscule par rapport au monde qui l’entoure puisque avant d’aller chez le Lièvre,
parole, ce qui annonce d’emblée que le cadre est merveilleux et non réaliste. Sur elle prend soin de manger un morceau de champignon pour grandir un peu afin de
l’illustration de Tenniel, le Lièvre de Mars se tient assis à table sur une chaise et s’adapter à la taille de la maison (p. 81-82). John Tenniel a respecté le plan de table
boit le thé de façon distinguée en compagnie d’un homme, le Chapelier, et d’un décrit dans le texte de Lewis Carroll. Le Loir est endormi entre le Chapelier et le
autre animal, le Loir, certes endormi, mais tout de même assis sur une chaise. En Lièvre de Mars qui discutent au-dessus de lui : « le Lièvre de Mars et le Chapelier
plus d’être à table, le Lièvre de Mars est habillé avec élégance d’une chemise à étaient en train de prendre le thé ; un Loir, qui dormait profondément, était assis
col haut, d’un nœud papillon et d’une veste et semble en pleine conversation avec entre eux, et les deux autres appuyaient leurs coudes sur lui comme sur un cous-
son voisin le Chapelier. Outre ces détails vestimentaires qui anthropomorphisent sin en parlant au-dessus de sa tête » (p. 83). Alice est placée en bout de table,
les animaux, dans l’image tirée du dessin animée, le merveilleux réside également assise dans un fauteuil, comme l’indique le texte : « puis elle s’assit dans un grand
dans le décor, et en particulier dans le jeu avec les échelles. La tasse et la petite fauteuil à un bout de la table » (p. 83). De surcroît, Tenniel a pris soin de placer
cuillère sont démesurées par rapport à la petitesse des personnages. On retrouve Alice à gauche du Lièvre en sachant que lorsqu’ils se décaleront pour boire le thé
ici un des thèmes clés de l’œuvre, celui de la disproportion entre les êtres et les dans un service propre, la fillette se retrouvera avec la tasse du Lièvre ayant déjà
objets. servi. Pour donner l’impression d’une grande table, les convives sont amassés à
une de ses extrémités, comme le décrit Lewis Carroll : « la table était très grande ;
Comparer le texte et l’image pourtant tous trois se serraient l’un contre l’autre à un même coin » (p. 83).
5 Dans le dessin de Tenniel, combien de couverts sont placés sur la table ?
Est-ce que cela correspond au nombre de convives évoqués dans le texte ? La
© Éditions Belin/Éditions Gallimard, 2011.

table comporte sept couverts, alors que seuls quatre personnages sont attablés :
Alice, le Lièvre de Mars, le Loir et le Chapelier. Ce n’est pas parce que ces derniers
attendent d’autres convives qu’il y a plus de couverts, mais parce qu’ils passent
leur temps à boire du thé, figés « at tea time », comme l’explique le Chapelier
page 89 : ils font le tour de la table, se décalant d’un couvert à un autre, afin de
boire leur interminable thé dans des tasses propres.

18 19
Alice au pays des merveilles Arrêt sur lecture 3

de Cœur ne parle pas, mais elle crie (p. 106, 111), hurle (p. 104, 107), ou braille

Arrêt sur lecture 3 p. 160-165


(p. 107). Sa voix est désagréable, « perçante » (p. 106), assimilée par métaphore
au tonnerre (p. 107). Elle est perpétuellement en colère (« d’un air courroucé »
p. 105 ; « entrant dans une furieuse colère » p. 108). Lors de ses fréquents accès
de rage, elle devient « écarlate de fureur » (p. 104) et joint le geste à la parole, ainsi
lorsqu’elle « parcour[t] le terrain en tapant du pied » (p. 108), dans une attitude
Un quiz pour commencer p. 160-161 qui n’est pas sans rappeler celle d’un caprice enfantin. Enfin, la Reine a toujours
quelque chose à reprocher aux autres, ce qu’elle fait par le biais des insultes : elle
1 De quelle couleur les roses du jardin de la Reine doivent-elles être repeintes ?
traite par exemple le Valet de Cœur d’« imbécile » (p. 104) et le Griffon de « pares-
En rouge.
seux » (p. 119). Tout l’entourage de la Reine de Cœur craint son comportement.
2 Qui sont « Cinq » et « Sept » ? Des cartes à jouer. Les jardiniers passent leur temps aplatis sur le sol, pliés en deux ou agenouillés
(p. 102). Le Lapin Blanc murmure au lieu de parler à voix haute (p. 145), s’exprime
3 Quel animal sert de maillet à Alice ? Un flamant rose.
« avec brusquerie, nerveusement » (p. 146) et d’une voix « timide » ou « basse »
4 Quelle phrase la Reine ne cesse-t-elle de répéter ? « Qu’on lui coupe la tête ! » (p. 146). Même le Roi de Cœur semble soumis et s’adresse « timidement » à sa
femme (p. 104). Il prend certaines décisions en cachette, notamment celle de
5 Quelle est la particularité de la Simili-Tortue ? Elle n’arrête pas de pleurer. gracier les joueurs de croquet, qui avaient été condamnés à mort (p. 118). Seul le
6 Au cours du procès, qu’arrive-t-il à Alice ? Elle grandit. Griffon ne semble pas impressionné, et qualifie de « drôle » le comportement de la
Reine de Cœur (p. 119). La Reine de Cœur est donc un personnage capricieux, colé-
7 Qu’est-ce qui réveille Alice ? Des feuilles mortes qui tombent sur elle. rique, tyrannique, qui cherche à asseoir son autorité par la terreur. Mais cette stra-
8 Que fait Alice à la fin de l’histoire ? Elle raconte son rêve à sa sœur. tégie ne lui gagne manifestement pas le respect de son entourage et de ses sujets :
son obsession de faire tomber les têtes, bien que leitmotiv récurrent, ne semble
pas suivie d’effet, et conduit finalement les autres personnages à se jouer d’elle.
Des questions pour aller plus loin p. 162-163 3 Dans les répliques de la Reine, quel est le mode verbal dominant ? Pourquoi ?
La Reine passe son temps à donner des ordres, utilisant des phrases injonctives et
☛ Analyser la fin des aventures d’Alice exclamatives, par exemple « Debout ! » (p. 106), « Prenez vos places ! » (p. 107). Le
La Reine de Cœur mode verbal dominant dans ses paroles est l’impératif : « Retournez-les ! » (p. 105),
« Arrêtez ! » (p. 106), « Alors, arrive ! » (p. 107), etc.
1 Pourquoi les jardiniers peignent-ils des rosiers au début du chapitre 8 ? De On peut noter aussi l’emploi du subjonctif présent à valeur injonctive dans la
quoi ont-ils peur ? Les jardiniers peignent les roses blanches en rouge, car la Reine fameuse phrase : « Qu’on lui coupe la tête ! »
avait commandé précisément des roses rouges. Ils se hâtent de camoufler leur
erreur car ils craignent la colère impitoyable de la Reine. C’est « Deux » qui fait 4 Dans l’illustration p. 105, décrivez l’attitude des différents personnages.
© Éditions Belin/Éditions Gallimard, 2011.

cette confidence à Alice : « ma foi, voyez-vous mam’selle, pour dire la vérité vraie, Comment l’autorité de la Reine est-elle représentée ? La Reine porte un sceptre
ce rosier-là, ç’aurait dû être un rosier rouge, et nous en avons planté un blanc par en forme de cœur, tout comme le Roi, mais le sien est d’une plus grande taille. Elle
erreur ; et si la Reine venait à s’en apercevoir, on aurait tous la tête coupée, voyez- pointe Alice du doigt et vocifère manifestement. Le sceptre, la couronne, le man-
vous » (p. 102). teau d’hermine sont les attributs qui symbolisent l’autorité royale. Alice semble
défier cette autorité par sa posture effrontée, les bras croisés. Le Roi regarde Alice
2 Quelle est l’attitude et quel est le caractère de la Reine ? Que pensez-vous d’un air dubitatif. Derrière lui, à l’arrière-plan, se tient le cortège des courtisans. À
de son comportement à l’égard de ses sujets ? La plupart du temps, la Reine sa gauche se trouve le Valet de Cœur qui porte la couronne royale sur un coussin

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Alice au pays des merveilles Arrêt sur lecture 3

et semble faire bonne figure, comme décrit p. 103. On devine derrière lui le Lapin — « L’un d’eux, ne sachant pas orthographier “imbéciles”, était obligé de demander
Blanc dressé sur ses pattes, habillé de son gilet, mais qui se trouve caché. Enfin, à son voisin de lui épeler le mot » (p. 138-139).
le premier plan présente une partie des trois jardiniers, qu’on ne repère pas d’em- — Pierre le Lézard se fait dérober son crayon par Alice et continue d’écrire avec
blée. Ils sont allongés par terre et cherchant à disparaître, au point qu’on pourrait son doigt, « ce qui ne ser[t] pas à grand-chose car le doigt ne laiss[e] aucune trace
les confondre avec la pelouse : ils doivent, selon la description de Lewis Carroll, sur l’ardoise » (p. 139).
« s’aplatir le visage contre terre » (p. 103). — Sur ordre du Roi, lorsque le Chapelier est interrogé, les jurés écrivent « les trois
dates sur leur ardoise », puis ils les additionnent et convertissent « le total en
5 En vous aidant d’un dictionnaire, recherchez l’étymologie du verbe « déca- francs et en centimes » (p. 140).
piter ». Donnez deux autres mots de la même famille. Le verbe « décapiter » est — Après qu’Alice a renversé le banc sur lequel ils se tenaient, les jurés s’appliquent
formé du préfixe -dé, et son radical vient du latin caput, capitis : la tête. Deux mots à rédiger en détail « l’histoire de leur accident » (p. 149).
de la même famille : décapitation (action de décapiter, fait d’être décapité), capi- — Pierre le Lézard écrit à l’aide de l’encre qui coule le long de son visage, la Reine
taine (la tête d’une équipe). lui ayant jeté l’encrier à la figure (p. 154).

Le procès 8 Qui sont les différents témoins de ce procès ? Peut-on dire qu’Alice est un
témoin docile ? Les différents témoins du procès sont :
6 En vous appuyant sur les deux derniers chapitres, retrouvez les différentes — Le Chapelier, accompagné du Loir, et pas du tout rassuré (« il devint tout pâle
étapes du procès. Le Valet de Cœur est soupçonné d’avoir volé des tartes, il est et commença à s’agiter » p. 141). Il ne peut que répéter « Je ne suis qu’un pauvre
« chargé de chaînes, gardé par deux soldats » (p. 137). Le procès s’ouvre d’abord homme » (p. 142, 143) puis a la permission de se retirer. La Reine voudrait lui cou-
par la lecture de l’acte d’accusation, effectuée par le Lapin Blanc sur ordre du Roi per la tête, mais il disparaît avant que l’huissier ne l’atteigne.
(p. 139). Ce dernier voudrait en finir au plus vite puisqu’il demande déjà aux jurés : — La cuisinière de la Duchesse, qui refuse de faire sa déposition (p. 145). Le Roi l’in-
« Délibérez pour rendre votre verdict. » (p. 140). Le Lapin Blanc lui rétorque qu’« il terroge alors sur la composition des tartes, mais le Loir intervient et est expulsé
y a beaucoup à faire avant d’en arriver là ». Viennent à la barre différents témoins : du tribunal. La cuisinière a profité de ce moment pour s’échapper.
le Chapelier, la cuisinière de la Duchesse qui disparaît bien vite après l’expulsion — Alice est le témoin suivant.
du Loir, Alice. Des preuves sont examinées, notamment un poème écrit. Le Roi Comme elle est « troublée » (p. 147), elle se lève brusquement, oubliant qu’elle a
demande à nouveau la délibération des jurés, la Reine exige plutôt « la sentence bien grandi, et renverse le banc des jurés. Le Roi invente alors un nouvel article du
d’abord » (p. 155), Alice trouve que « c’est stupide » et les cartes s’abattent sur elle. code : « Toute personne dépassant un kilomètre de haut doit quitter le Tribunal »
Elle se réveille et le lecteur ne connaît donc pas l’issue du procès. (p. 150). Alice rétorque qu’elle ne fait pas cette taille-là. À plusieurs reprises, elle
essaie de contrer le raisonnement du Roi, peu plausible, et parvient à le contrarier
7 Qui sont les membres du jury et quel est leur rôle ? En quoi leur manière de
(sur l’article du code, sur la culpabilité du Valet concernant la lettre, sur la signifi-
prendre des notes est-elle étrange ? Les membres du jury sont « douze créatures
cation des vers, sur la proposition de la Reine de prononcer la sentence d’abord).
[…] à la fois des animaux et des oiseaux » (p. 138). D’ordinaire, à l’issue du procès,
Alice s’insurge contre ce tribunal et n’est donc pas un témoin docile lors de ce
les jurés se prononcent sur la culpabilité de l’accusé. Ils doivent par conséquent
© Éditions Belin/Éditions Gallimard, 2011.

procès dénué de justice et de bon sens.


prêter une attention particulière aux débats, aussi bien à ceux qui font état de
charges contre l’accusé qu’à ceux qui lui sont favorables. Il leur est conseillé de 9 À quoi s’attache particulièrement le Roi de Cœur ? Emploie-t-il les mots à
prendre des notes durant le procès. Les membres du jury, à l’image du procès bon escient et mène-t-il correctement les débats ? Le Roi de Cœur, avant même
dans son ensemble, sont complètement farfelus ; il règne le désordre le plus total d’avoir entendu les témoins, veut déjà que le jury délibère et rende le verdict
à cause de leur comportement insensé : (p. 140).
— Les jurés écrivent leur nom sur les ardoises destinées à prendre des notes, « de Sa toute première question est dénuée d’intérêt puisqu’il demande au Chapelier à
peur de l’oublier avant la fin du procès » (p. 138). quel moment il a commencé à prendre son thé (p. 140). Il rebondit sur des propos

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Alice au pays des merveilles Arrêt sur lecture 3

qui n’ont rien à voir avec l’accusation du Valet de Cœur ; ainsi répond-il « Volé ! »  Dans le chapitre 10, quelle erreur Alice arrive-t-elle à éviter quand la Simili-
(p. 141) au Chapelier qui lui dit que son chapeau ne lui appartient pas. Le Roi le Tortue lui demande si elle a déjà été présentée à un homard ? Au contraire du
menace à plusieurs reprises de « l’exécuter » (p. 141, 142, 143) pour de futiles rai- chapitre 2, dans lequel Alice parle de chats à la Souris et la froisse, le chapitre 10
sons. Pendant l’interrogatoire de la cuisinière, il adopte un « ton mélancolique » met en scène une Alice plus réfléchie, qui fait attention à ce qu’elle dit. Elle se
(p. 145), indiquant qu’il accomplit sa tâche de juge avec amertume. Il la questionne rattrape de justesse quand la Simili-Tortue lui demande si elle n’a « jamais été pré-
sur la composition des tartes, est soulagé de sa fuite. Lorsque vient le tour d’Alice, sentée à un homard » (p. 126), car elle commence par dire « J’ai goûté une fois… »
il se préoccupe de savoir quel mot entre « d’importance » et « sans importance » et s’interrompt pour rétorquer : « Non jamais ». Elle a évolué par rapport au début
sonne le mieux (p. 149), au lieu de se demander lequel convient le mieux, alors que du récit en acquérant la délicatesse qui lui faisait alors défaut.
les deux expressions sont de sens opposé. Il invente une nouvelle loi, énumère une
série de syllogismes (cf. question 9 de l’Arrêt sur l’œuvre) sur le destinataire de la
 Quelle est la taille d’Alice lorsque le procès touche à sa fin ? Qu’est-ce que
lettre (p. 150) et la lecture du poème (p. 152). Le Roi tente de trouver des réponses cela indique ? Tout au long du procès, Alice n’a cessé de grandir. Or, lorsqu’elle pro-
dans le poème et opère des correspondances tout à fait invraisemblables. Pour nonce les mots : « Qui fait attention à vous ? », « Vous n’êtes qu’un jeu de cartes »
finir, il demande aux jurés, pour la « vingtième fois de la journée » (p. 154), de (p. 156), elle a retrouvé sa taille normale. Lorsque Alice grandit, elle n’a plus peur.
rendre leur verdict. Le Roi ne semble porter qu’une faible attention au sort du À la fin du procès, elle est capable de couper la parole au Roi. Alice a grandi au
Valet, il n’a qu’une hâte, que le procès se finisse. sens propre comme au sens figuré : de petite fille, elle est devenue une personne
qui ose contredire le jugement du Roi parce qu’elle pense qu’il a tort. Elle s’est
 Que pensez-vous du déroulement de ce procès ? De bout en bout, ce pro- affirmée et ne doute plus de son identité ni de sa raison.
cès est une mascarade. Le juge ne pose pas les bonnes questions, les jurés sont
incompétents et les témoins appelés à la barre ne sont pas concernés par les  Qu’a appris Alice au cours de toutes ses aventures ? A-t-elle mûri ? Alice est
débats. Les personnages font en quelque sorte le contraire de ce qu’on attend sans cesse confrontée à de nouvelles rencontres, qui sont souvent des mises à
d’eux. Le Roi n’a qu’une obsession : il faut que les jurés rendent leur verdict le plus l’épreuve. Alors qu’au début du récit elle exprimait son ressenti avec spontanéité,
vite possible, peu importent les débats. à voix haute, elle apprend petit à petit à observer avec plus de patience les évé-
nements qui se produisent, et à soigner ses réponses afin de ne pas blesser ses
 Dans quel sens Alice utilise-t-elle l’expression « étouffé par les huissiers », interlocuteurs. Elle tire donc des conclusions de l’expérience ou de ses erreurs.
p. 144 ? Dans quel sens faut-il la comprendre ? Alice utilise l’expression au sens Souvent la fillette pense tout bas ce qu’elle n’ose dire tout haut, ne voulant pas
propre alors qu’il faut la comprendre au sens figuré. Il est vrai que lors du procès, blesser son interlocuteur ou hésitant sur l’importance de ce qu’elle a à dire. À
les huissiers étouffent le cochon d’Inde au sens propre en l’enfermant dans un cette fin, le narrateur donne accès à ses pensées, comme au chapitre 9, où Alice
sac (p. 143). Mais plus loin, l’emploi du verbe dans son sens figuré (à propos de la se dit : « Voilà un cadeau qui ne coûte pas cher ! » après que la Duchesse lui a offert
« tentative d’applaudissement qui fut immédiatement étouffée par les huissiers », un conseil. « Mais elle ne se hasard[e] pas à exprimer cela tout haut » (p. 117). On
p. 144) signifie que les huissiers empêchent l’assistance de faire du bruit en inter- peut donc affirmer qu’Alice apprend à réfléchir avant de parler en pesant ses mots
disant les applaudissements. et en évaluant leur effet. Par ailleurs, la fillette témoigne de patience dans des
© Éditions Belin/Éditions Gallimard, 2011.

situations où elle est en difficulté, comme lorsqu’elle souffre du menton pointu de


L’apprentissage d’Alice
la Duchesse dans son épaule mais n’ose s’en plaindre : la Duchesse « avait exacte-
 Sur le terrain de croquet, Alice a bien du mal à jouer. Que choisit-elle de faire ment la taille qu’il fallait pour pouvoir appuyer son menton sur l’épaule d’Alice, et
cependant ? Alice cherche d’abord une manière de s’échapper du terrain, quand c’était un menton désagréablement pointu. Néanmoins, comme elle ne voulait pas
le Chat de Chester apparaît (p. 109). Elle lui avoue que la Reine ne lui plaît pas, que être grossière, elle supporta de son mieux ce désagrément » (p. 115). Il est intéres-
la partie est inutile puisque la Reine est sûre de gagner (p. 110). Elle se résout fina- sant de remarquer que si Alice a appris la patience, elle a aussi appris à l’employer
lement à « rejoindre les joueurs », à chercher son hérisson (p. 111) et à continuer la à bon escient et non pas systématiquement. Lors du procès, elle s’insurge et ose
partie. répondre à la Reine qui menace de lui faire couper la tête, lançant « Vous n’êtes

24 25
Alice au pays des merveilles Arrêt sur lecture 3

qu’un jeu de cartes ! » (p. 156). Elle a manifestement mûri lors de son voyage au
De la lecture à l’écriture p. 164
pays des merveilles : elle a appris à être patiente, mais elle est aussi apte à juger
des situations qui outrepassent les limites de ce qui est acceptable, et est alors Des mots pour mieux écrire
capable de s’affirmer lorsqu’il le faut.
1 Plainte (n.f.) : expression d’un mécontentement, dénonciation en justice par la
Rêves et réalité personne qui a subi une infraction ou un préjudice. On peut ainsi « porter plainte »
 Comment passe-t-on de l’univers du rêve au monde ordinaire ? Quel est le contre son agresseur.
rapport entre les cartes à jouer et les feuilles mortes ? Le passage d’un monde Plaidoirie (n.f.) : discours prononcé lors d’une audience de justice pour défendre le
à l’autre s’effectue par la métamorphose d’un objet : les cartes à jouer du pays droit d’une partie. L’avocat (ou l’accusé, s’il se défend seul) prononce une plaidoirie
des merveilles font place à des feuilles mortes qui tombent sur Alice endormie, le contre la partie adverse pour défendre son client lors d’un procès.
monde ordinaire se substitue alors au rêve. Le passage d’un objet à un autre se Déposition (n.f.) : déclaration, sous la foi du serment, d’une personne qui témoigne
fait en douceur, mais si Alice se réveille, c’est bien parce qu’elle est effrayée par ce en justice.
qu’elle subit : elle se réveille pour y échapper. Alors qu’elle s’indigne du simulacre Interrogatoire (n.m.) : ensemble des questions posées lors d’une instruction pour
de procès auquel elle assiste, les personnages se transforment en cartes à jouer mieux comprendre une affaire.
et s’abattent violemment sur elle. Effrayée, elle les repousse et se retrouve dans le Verdict (n.m.) : déclaration faite par la cour d’assises qui répond, après délibéra-
monde ordinaire, en présence de sa sœur (p. 156). Le passage des cartes à jouer tion, aux questions qui lui sont posées. Elle prononce alors un verdict de culpabi-
aux feuilles mortes s’effectue grâce aux perceptions sensorielles liées au toucher. lité ou d’acquittement. Le mot désigne aussi, plus largement, le jugement rendu
Les cartes s’abattent sur Alice et les feuilles mortes tombent sur elle de même. par une autorité.
Elle sent donc sur son visage les feuilles mortes du monde réel, en continuité avec
2 Le songe : songer ; la rêverie : rêver ; la vision : voir ; l’aspiration : aspirer.
les cartes à jouer de son rêve. On remarque en outre que le lien entre les deux
mondes se fait également par des perceptions sonores, Alice elle-même en prend
conscience : « Le tintement des tasses à thé deviendrait le tintement des clo-
chettes des moutons, les cris aigus de la Reine ne seraient plus que la voix du petit Du texte à l’image p. 165
berger… Les éternuements du bébé, les cris du Griffon et tous les autres bruits ➥ Arthur Rackham, illustration pour Alice au pays des merveilles, 1907.
étranges se transformeraient (elle ne le savait que trop) en la rumeur confuse qui ➥ Frances Broomfield, Le Roi et la Reine de cœur, huile sur toile, 2010.
montait de la basse-cour, tandis que les meuglements lointains du bétail remplace- (Images reproduites en couverture et au verso de la couverture, en fin d’ouvrage.)
raient les lourds sanglots de la Simili-Tortue » (p. 158).
Lire l’image
 Quel rêve la sœur d’Alice fait-elle à la fin du récit ? Quels sont les person-
nages communs aux rêves des deux sœurs ? En songeant à ce que sa cadette 1 Comparez l’attitude et la posture d’Alice sur les deux images. Sur l’illustra-
vient de lui raconter de ses aventures au pays des merveilles, la sœur d’Alice se tion d’Arthur Rackham, Alice est effrayée par la pluie de cartes qui s’abat sur elle.
© Éditions Belin/Éditions Gallimard, 2011.

plonge dans une rêverie. Celle-ci est en quelque sorte un résumé, un sommaire Elle se protège en levant les bras, ses cheveux volent comme si les cartes sou-
du récit et du rêve d’Alice. Sa sœur retrouve la majorité des personnages du pays levaient un vent violent. Ses cheveux sont longs et bruns. Elle porte une robe à
des merveilles, chacun dans leur contexte, mais sans entrer en relation avec eux. fleurs roses, qui s’oppose au bleu choisi par Frances Broomfield, mais les manches
Elle demeure spectatrice du rêve de sa sœur : elle voit « le Lapin Blanc pass[er] en bouffantes rappellent les manches ballon représentées sur la toile. L’Alice d’Arthur
hâte », « la Souris effrayée travers[er] la mare », elle entend « le bruit des tasses à Rackham ressemble davantage à une jeune fille qu’à une fillette.
thé du Lièvre de Mars et de ses amis » puis « la voix aiguë de la Reine », elle songe Sur la peinture de Frances Broomfield, Alice est vêtue, comme chez Tenniel et
aussi au bébé-cochon, à la Duchesse, au Griffon, au Lézard, et croit entendre les Walt Disney, d’une robe à manches courtes, bouffante, ceinturée à la taille par
« sanglots lointains de l’infortunée Simili-Tortue » (p. 158). un tablier blanc. Elle ressemble fort au personnage représenté par Walt Disney :

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Alice au pays des merveilles Arrêt sur lecture 3

robe bleu clair, cheveux blonds coiffés d’un ruban et souliers noirs fermés par une 3 En quoi les couleurs diffèrent-elles sur les deux images ? Arthur Rackham a un
boucle de cuir. Sur la toile, Alice est représentée de dos entre le Roi et la Reine de style de dessin relativement réaliste, délicat, fait de traits fins qu’il colore ensuite
Cœur, elle se tient droite, levant légèrement la tête vers le Chat de Chester. Ainsi d’aquarelle aux teintes pastel. Les tons couvrent une gamme de gris, de marron
placée au premier plan et de dos, Alice semble spectatrice d’un monde qui s’ouvre et de rose pastel, il s’agit de couleurs mélangées. À l’inverse, sur le tableau de
devant elle. Frances Broomfield, les personnages sont stylisés à la manière de cartes à jouer et
les couleurs sont vives et posées en aplats, sans nuances ni effets d’ombre. Toute
2 Comment la peinture de Frances Broomfield est-elle construite ? Décrivez ce
la force du tableau se joue sur le contraste des couleurs et des différents plans.
que vous voyez au premier plan, au deuxième plan et à l’arrière-plan. La compo-
sition de la peinture de Frances Broomfield est complexe ; elle est construite selon
Comparer le texte et l’image
les principes de la symétrie et du trompe-l’œil.
Le Roi et la Reine, ainsi que les valets à l’arrière-plan, sont stylisés à l’image de 4 À quel moment du récit correspond l’image de couverture ? Retrouvez le pas-
figurines de cartes à jouer, accentuant l’équilibre symétrique que l’on retrouve sage précis du texte. L’image représente la fin des aventures d’Alice au pays des
sur les cartes de jeu. Certains éléments se répondent à l’identique dans la par- merveilles, au moment où Alice, indignée de la tournure grotesque que prend le
tie haute de l’image, comme un nuage, une montagne, un pommier aux mêmes procès, s’insurge et lance « Qui fait attention à vous […] Vous n’êtes qu’un jeu de
pommes et un couple de valets. Par ailleurs, même si les autres éléments ne sont cartes ! » Le narrateur reprend la parole pour clore le récit dans un effet de chute
pas identiques, ils sont similaires : le Roi et la Reine portent à peu près les mêmes déceptif : « À ces mots, toutes les cartes montèrent en l’air et lui tombèrent dessus.
vêtements (l’hermine orne les deux robes royales), du moins dans les mêmes Elle poussa un petit cri de colère et de frayeur, essaya de les repousser avec ses
coloris, ils sont coiffés d’une couronne, ils ont sensiblement le même sceptre. On mains, et se retrouva couchée sur le talus, la tête sur les genoux de sa sœur qui
remarque que par souci de symétrie et d’identification, la Reine porte son sceptre enlevait doucement de son visage quelques feuilles mortes tombées des arbres »
dans la main droite tandis que le Roi le tient dans sa main gauche. Enfin, les élé- (p. 156).
ments uniques comme la tête du Chat ou Alice sont placés exactement dans l’axe
5 Dans la peinture de Frances Broomfield, les caractères des personnages
de la symétrie et sont eux-mêmes symétriques. De plus, Alice croise ses bras dans
vous semblent-ils être fidèles à la description donnée dans le texte ? Lorsqu’on
le dos en V parfait, son tablier descend de la même façon des deux côtés de sa
regarde cette peinture, on reconnaît immédiatement chaque personnage tel que
robe ; le chat sourit de dents régulières et ses oreilles se dressent également.
le texte le présente. Alice, personnage principal, est placée au premier plan, en
Pour ce qui est du jeu de trompe-l’œil, on pourrait croire au premier regard que le
position de spectatrice, observant le décor qui s’offre à elle, ce qui est très cohé-
tableau représente un gros chat qui ouvre les larges plis de son manteau (avec les
rent avec le caractère curieux et avide de découvertes du personnage de Lewis
bras du Roi et de la Reine) derrière lesquels un monde se laisse voir. Ainsi Alice,
Carroll. Elle tient dans ses mains une clé, qui à la fois rappelle l’objet convoité dans
une clé dans les mains, semble postée devant l’une des portes évoquées par le
le récit et symbolise probablement la volonté de la fillette de percer des mystères,
récit, s’apprêtant à découvrir l’univers qui se cache derrière.
de trouver des réponses.
On peut également lire le tableau en fonction de sa profondeur de champ, plan par
La Reine de Cœur est sur la peinture l’illustration parfaite du personnage du récit :
plan. Au premier plan, Alice se tient de dos, au deuxième plan se font face le Roi
elle tient jalousement son sceptre, dans un geste de pouvoir. Son nez et ses joues
© Éditions Belin/Éditions Gallimard, 2011.

et la Reine de Cœur, derrière eux se tiennent deux figures de valets puis en pers-
sont rougis par son éternelle fureur. Le regard menaçant, la bouche tombante et
pective, au fond du jardin, se tient le Valet de Cœur qui porte la couronne du Roi
les sourcils froncés traduisent sa grogne habituelle et son mauvais caractère. Face
sur un coussin de velours rouge, encadré par le montant d’une porte d’argent. À
à elle, le Roi adopte une attitude dubitative, comme dans le récit.
l’arrière-plan, dans la partie haute du tableau, tel un animal céleste, la tête du Chat
Enfin, seule la tête du Chat de Chester est représentée : là encore, le tableau coïn-
domine la composition de l’image par sa taille et son emplacement.
cide avec le texte dans la mesure où le Chat a le pouvoir d’apparaître tout entier
Cette peinture est inspirée du dessin de Tenniel reproduit page 105, « Le terrain de
ou par parties. On le reconnaît à son étrange sourire et son « très grand nombre
croquet de la Reine ».
de dents » signalé dans le récit.

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Alice au pays des merveilles Arrêt sur l’œuvre

mare formée de ses propres larmes (chap. 2 et 3). Un peu plus tard, elle arrive

Arrêt sur l’œuvre p. 166-171


dans la maison du Lapin Blanc (chap. 4), y pénètre, boit le contenu d’une bou-
teille et grandit démesurément (p. 49). Elle parvient à en sortir en mangeant des
cailloux transformés en gâteaux, qui la font rétrécir (p. 54) ; elle traverse alors un
bois. La Chenille (chap. 5) l’aide à maîtriser ses changements de taille grâce au
champignon. C’est ainsi qu’Alice atteint une clairière, puis la maison de la Duchesse
Des questions sur l’ensemble du récit p. 166-167 (chap. 6), qu’elle quitte volontiers. Après la rencontre du Chat de Chester, elle voit
Un rêve au pays des merveilles la maison du Lièvre de Mars, devant laquelle le Chapelier, le Lièvre et le Loir sont
installés à table pour le thé (chap. 7). À la fin du chapitre 7, elle franchit une porte
1 Quelles sont les principales caractéristiques du pays des merveilles ? Le pays dans un arbre, se retrouve à nouveau dans la longue salle du chapitre 1, grignote
des merveilles est un lieu déconcertant et étrange. Face à cet univers, Alice tente
un morceau de champignon pour ne mesurer plus que trente centimètres, tra-
de se référer au monde réel et à son savoir scolaire, mais en vain, car les codes du
verse un corridor et se trouve dans un jardin (p. 94), qui s’avère être celui de la
rêve ne sont pas les mêmes que ceux de la vie réelle.
Reine (p. 102). La Simili-Tortue et le Griffon l’entraînent au procès annoncé, au
C’est tout d’abord un lieu magique : Alice peut manger et boire à sa guise pour se
tribunal (chap. 11). Sans raison apparente, Alice y est appelée comme témoin, se
transformer, les animaux y sont doués de parole. Le pays des merveilles est un lieu
révolte, retrouve sa taille normale, se réveille et rentre à la maison pour prendre le
de contradictions, de confrontations à soi-même (par les changements de taille) et
thé, sur les conseils de sa sœur.
aux autres (lors des nombreuses rencontres).
Dans le récit, les deux principaux modes de passage d’un lieu à un autre sont donc
Le langage lui-même y est un enjeu de conflits : Alice commet de nombreuses
les métamorphoses modifiant la taille d’Alice d’une part, et les suggestions des
maladresses dans ce pays (utilisant un mot pour un autre), les personnages ne se
personnages animaux d’autre part.
comprennent pas toujours, tous ne donnent pas le même sens aux mêmes mots.
Le pays des merveilles est aussi d’un lieu d’excès, d’extravagance : les personnages 3 À quels jeux Alice participe-t-elle ? Comparez-les avec les jeux du monde
sont atteints de douce folie et ont souvent des caractères extrêmes, à l’instar de la ordinaire. Au chapitre 3, Alice participe d’abord à une « course au Caucus »,
caricaturale Reine de Cœur. orchestrée par le Dodo, qui ressemble assez peu à une course du monde ordinaire.
La plupart des animaux réels ou fabuleux — à l’exception du chien qui jappe et Les limites du terrain sont circulaires, la course s’arrête à n’importe quel moment
aboie et du cochon qui grogne — et des objets que rencontre Alice sont personni- et non en un temps ou à l’issue d’un parcours déterminés à l’avance. Surtout, il n’y
fiés. Leur nom, par l’antonomase, en porte déjà la preuve. De surcroît, ils se com- a pas de gagnant, tous les participants l’emportent : c’est donc le principe même
portent et réagissent comme des êtres humains : ils parlent un langage humain, de la course qui est remis en question. « Caucus » est un mot employé dans le
éprouvent des sentiments humains, portent des vêtements. monde anglo-saxon pour désigner principalement des réunions de supporters, ou
Enfin, dans cet univers, le Temps (personnifié lui aussi) est déréglé : la montre du de membres de partis ou de mouvement politiques. Son sens exact varie suivant
Chapelier s’est arrêtée à l’heure du thé, le Lapin est toujours en retard. les pays. Il est également utilisé dans le sport et dans le théâtre d’improvisation.
Comme les rêves, le pays des merveilles fonctionne sans logique et sans ordre
Certains pensent que Lewis Carroll, lors de l’écriture de ce passage, voulait dénon-
© Éditions Belin/Éditions Gallimard, 2011.

établi. Seule la folie semble l’emporter.


cer le manque de clarté des systèmes d’organisation politique prévalant dans les
2 Quels sont les différents lieux traversés par Alice ? Comment fait-elle pour pays du Commonwealth.
passer d’un lieu à un autre ? Au tout début du récit, Alice est « assise à côté de sa Au chapitre 8, Alice se joint à une partie de croquet. Le croquet est un jeu d’exté-
sœur », dans le jardin de leur maison. Puis elle tombe dans un terrier en suivant rieur pratiqué en principe sur gazon. Le jeu est constitué de boules en bois pous-
le Lapin Blanc (p. 12). Elle se retrouve ensuite dans une salle avec plusieurs portes sées à l’aide de maillets à travers des arceaux. Il existe de nombreuses versions
fermées à clé (p. 15), elle voudrait passer l’une d’entre elles en transformant sa des règles du jeu. Dans tous les cas, le principe est d’arriver au bout d’un parcours
taille à l’aide d’un gâteau et d’une boisson magiques, mais est emportée dans une décrit par les arceaux, et l’on gagne des coups supplémentaires chaque fois que

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Alice au pays des merveilles Arrêt sur l’œuvre

l’on passe un arceau dans le bon ordre ou que l’on touche une autre boule. Le cro- À certains moments, elle paraît parfaitement intégrée. Elle vit pleinement ses
quet a été un jeu extrêmement populaire pendant la deuxième moitié du xixe siècle aventures au pays des merveilles, avec une entière participation et une parfaite
et la première moitié du xxe siècle et est aujourd’hui toujours pratiqué principale- adhésion à ce monde farfelu. Elle interagit avec les autres personnages, et porte
ment au Royaume-Uni, au Canada et aux États-Unis. un vif intérêt à tout ce qui l’entoure.
Dans le livre, les règles du jeu ne sont pas respectées, puisque tout est fait pour Mais au cours d’autres passages du récit, une distance s’instaure entre Alice et
que la Reine de Cœur gagne la partie. Les boules sont des hérissons, les maillets ses interlocuteurs. La fillette paraît alors insensible au monde environnant : elle
des flamants roses, et les arceaux des soldats qui se courbent. ne peut être touchée par ce qui l’entoure, car ce monde merveilleux ne peut inté-
Au chapitre 10, Alice assiste au « quadrille des Homards », une danse effectuée grer une petite fille issue d’un monde ordinaire. Elle est finalement le seul élément
par la Simili-Tortue et le Griffon. Alice ne danse pas, mais se fait marcher sur les stable de cet univers à l’ordre bouleversé, et entretient peu voire pas de relation
pieds par les deux animaux. Ils lui expliquent auparavant les règles, énonçant qu’il avec ses protagonistes. Elle n’est en fin de compte qu’une spectatrice, rarement
faut s’aligner sur deux rangs, avancer de deux pas, changer de partenaire, faire étonnée, souvent froide.
deux pas en arrière puis jeter son partenaire dans la mer. Héritier de l’ancienne À une époque où tous les récits pour enfants étaient chargés d’une intention
contredanse française du xviiie siècle, le quadrille est une danse de bal et de salon didactique, Alice l’indocile, la subversive, opposée aux adultes, était le premier
en vogue dès le début du xixe siècle. personnage de la littérature enfantine qui démasquait l’orgueil des grandes per-
sonnes à travers le langage et qui dévoilait l’hypocrisie de leur monde. Par sa vir-
L’apprentissage d’une petite fille tuosité à conjuguer fantaisie, réalisme, satire, ineptie, absurde et logique, Lewis
Carroll sut également s’attirer un lectorat adulte. Aujourd’hui, les noms, les atti-
4 Montrez qu’au tout début du récit, Alice est une petite fille dévorée par la
tudes et les propos de personnages tels que le Lièvre de Mars, le Chapelier fou,
curiosité. Appuyez votre réponse sur des passages précis du texte. Dès les pre-
le Chat de Chester ou le Lapin Blanc font partie du langage courant et de l’imagi-
mières pages, le narrateur souligne qu’Alice est « dévorée de curiosité » (p. 12). Elle
naire collectif.
n’hésite pas à suivre le Lapin Blanc dans le terrier, « sans se demander une seule
fois comment diable elle pourrait bien en sortir » (p. 12). 6 Retrouvez les différentes transformations d’Alice au cours de son périple.
Arrivée dans la salle, elle l’explore de fond en comble, trouve la porte derrière un Quelle est la signification de ces métamorphoses ? Les transformations d’Alice
rideau, l’ouvre avec la petite clé, mais ne peut y entrer (p. 16). sont systématiquement liées à des processus d’absorption par lesquels la petite
Elle fait preuve d’un peu plus de prudence lorsqu’elle découvre la bouteille fille est amenée à se transformer. La dislocation du corps, jusqu’à ne plus le
(« C’était très joli de dire “Bois-moi”, mais notre prudente petite Alice n’allait pas reconnaître, est intimement liée à la question identitaire, puisque l’intégrité de la
se dépêcher d’obéir » p. 17), mais cette attitude est vite balayée par l’irrésistible personne est alors ébranlée. À de nombreuses reprises, le récit donne à lire des
envie de savoir ce qui pourrait advenir après avoir bu le contenu du flacon, et séquences d’agrandissement ou de diminution suite à l’absorption de substances.
surtout d’accéder au jardin : « Alice se hasarda à en goûter le contenu ; comme il Seul l’éventail semble sortir de ce modèle et avoir des propriétés magiques qui
lui parut fort agréable […] elle l’avala séance tenante, jusqu’à la dernière goutte » agissent à son seul contact.
(p. 18).
Chapitre Objet provoquant Type de métamorphose
© Éditions Belin/Éditions Gallimard, 2011.

5 Quelle est l’attitude d’Alice lorsqu’elle rencontre les habitants du pays des concerné la métamorphose
merveilles ? Alice multiplie les remarques révélant sa surprise devant les événe- 1 Flacon portant l’inscription Alice rapetisse.
ments dont elle est témoin, les personnages qu’elle rencontre et tous les discours « Bois‑moi »
qui lui sont tenus. Les paysages et les habitants du pays des merveilles sont extra- 1 Gâteau portant l’inscription Alice grandit.
ordinaires, au sens premier du terme. « Mange-moi »
Selon les cas, Alice fait preuve de deux attitudes différentes face aux personnages 2 Éventail du Lapin Blanc Alice rapetisse.
qu’elle rencontre.

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Alice au pays des merveilles Arrêt sur l’œuvre

4 Bouteille trouvée dans la chambre Alice grandit. Au cours du récit, Alice grandit et devient plus autonome. L’enfant fait face à un
du Lapin problème d’envergure, elle se trouve confrontée à l’angoisse de grandir, dans
4 Cailloux qui se sont transformés Alice rapetisse. toutes les acceptions possibles du mot. Elle a à la fois le désir d’être grande et celui
en gâteaux de régresser en restant enfant, d’où l’alternance dans le récit des grandissements
5 Morceaux de champignon Plusieurs changements de taille et des rétrécissements. Alice évolue sur le chemin de cette découverte de soi,
consécutifs. laquelle mène à l’âge adulte.
6 Morceau de champignon Alice rapetisse.
11 Pas d’objet Alice grandit. Les jeux sur le langage

Alice est décontenancée par ces changements de taille incessants, ainsi qu’elle 8 À de nombreuses reprises, Alice emploie un mot à la place d’un autre (par
l’explique à la Chenille : « Je suis incapable de me rappeler les choses comme exemple, « antipattes » pour « antipodes », p. 14). Pouvez-vous donner quelques
avant… et je change de taille toutes les dix minutes ! » (p. 60) ; « Oh ! Je ne suis pas exemples de ces erreurs ? Le langage est constamment source de quiproquos, de
tellement difficile pour ce qui est de la taille […] Ce qu’il y a d’ennuyeux c’est de mésententes ou même de querelles. Plusieurs exemples de confusions parsèment
changer de taille si souvent, voyez-vous » (p. 62). le texte : outre les néologismes créés par Alice malgré elle, on relève également
Si les métamorphoses sont provoquées par des absorptions d’aliments, Alice des jeux sur les homonymes : le mot « nœud » est pris dans des sens différents par
redoute d’être elle-même absorbée par cet univers, comme au chapitre 2, au Alice et par la Souris (p. 38), le Roi confond « thé » et « T » (p. 142). Par ailleurs,
cours duquel elle craint d’être en train de « disparaître tout à fait » (p. 26). chaque fois qu’Alice essaie de se souvenir des poèmes qu’elle a appris, elle oublie
Par ailleurs, on remarque qu’un changement de fonctionnement des métamor- certains mots ou les remplace par d’autres. C’est l’occasion pour Lewis Carroll de
phoses s’opère à partir du chapitre 4 et ce jusqu’au chapitre 7 : l’action de boire a tourner la poésie en dérision.
désormais pour conséquence de grandir, tandis que manger conduit à rapetisser, 9 Trouvez d’autres personnages qui jouent avec les mots. Relisez, par exemple,
c’est l’inverse de ce qui se produisait au début du récit. le raisonnement du Pigeon (chapitre 5) ou la remarque du Griffon (chapitre 9).
Il paraît légitime de lire Alice au pays des merveilles comme un ouvrage traitant Au chapitre 5, le Pigeon doute de la véritable identité d’Alice et la prend pour un
de la quête de la personnalité et de l’instabilité de l’identité. Le récit traduit les serpent. Le raisonnement qu’il utilise est un syllogisme : les serpents mangent des
peurs refoulées de l’enfance, et notamment la peur de grandir, ce qui explique les œufs, or Alice mange des œufs, donc Alice est un serpent.
multiples changements de taille d’Alice dans un environnement froid et hostile. Le Au chapitre 9, le Griffon joue avec les homonymes « cours » et « courts » (p. 125) :
rêve d’Alice est peut-être en fait un cauchemar, dans lequel elle est en proie à une « C’est pour cette raison qu’on appelle ça des cours […] parce qu’ils deviennent
interrogation identitaire réelle et angoissante. chaque jour plus courts ».
7 Pendant la partie de croquet et lors du procès (chapitres 8, 11 et 12), de Au cours de ce même chapitre, la Simili-Tortue joue sur les paronymes, réinven-
quelles qualités Alice fait-elle preuve ? Son attitude est-elle la même qu’au tant les principes de l’arithmétique : l’addition devient « l’Ambition », la soustrac-
début du récit ? Lors de la partie de croquet, Alice fait preuve de courage en pro- tion « la Distraction », la multiplication est remplacée par « la Laidification », et la
tégeant les trois jardiniers et en leur évitant la décapitation. Elle témoigne d’une division devient « la Dérision » (p. 123).
© Éditions Belin/Éditions Gallimard, 2011.

assurance et d’une détermination qui transparaissent dans ses propos : « Je ne Le dialogue met en relation les êtres, il permet tout à la fois la confrontation des
veux pas qu’on leur coupe la tête ! » (p. 106). Elle fait particulièrement preuve d’au- idées, le débat, mais aussi l’humour. Lewis Carroll utilise largement les ressorts
dace lorsqu’elle tient tête à la Reine : « Quelle bêtise ! s’exclama Alice d’une voix comiques du langage.
forte et décidée. » (p. 104).
De l’humour avant tout
Lors du procès, au chapitre 12, c’est cette fois au Roi qu’Alice tient tête. Lorsqu’elle
est appelée comme témoin, elle se révolte : « C’est stupide ! […] en voilà une  Quels personnages vous ont particulièrement amusé(e)s ? Expliquez pourquoi.
idée ! » ; « Je ne me tairai pas ! » (p. 155). Certains personnages, caractéristiques du récit, sont nettement comiques, voire

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Alice au pays des merveilles Arrêt sur l’œuvre

parfois ridicules : le Lapin Blanc qui est toujours en retard, le Chat de Chester et Comme l’enfant en train de jouer, Lewis Carroll crée un monde de fantaisie, qu’il
son énorme sourire, la caricaturale Reine de Cœur et sa manie de toujours vouloir prend très au sérieux malgré sa conscience du fait qu’il est imaginaire.
couper la tête des gens à la moindre contrariété, le Loir qui ne cesse de s’endormir. Virginia Woolf remarquait à propos de l’œuvre de Lewis Carroll que « les deux
Alice ne sont pas des livres pour enfants, mais plutôt des livres par lesquels nous
 Quelles situations vous ont fait rire ? Répondez en citant des passages précis
devenons enfants ». L’auteur lui-même semble rejoindre cette analyse lorsqu’il
du texte. Certaines situations sont si imagées qu’elles parlent immédiatement à
déclare : « Alice, en tant qu’héroïne, découvre l’univers des adultes, cependant que
l’imagination du lecteur.
le lecteur, à travers le voyage d’Alice, découvre l’univers de l’enfance ».
Pierre le Lézard, par exemple, apparaît systématiquement comme une victime : il
est éjecté du conduit de la cheminée, se retrouve sans crayon lors du procès ou y
reçoit un encrier au visage : le comique naît ici du caractère mécanique des situa-
tions et de l’effet de répétition. Des mots pour mieux écrire p. 168-169
Les jardiniers de la Reine de Cœur peignent les roses blanches en rouge, pensant Lexique du rêve
duper la Reine par cet habile subterfuge. Les joueurs de croquet utilisent des fla- a. Réalité ; b. bizarre ; c. utopie ; d. conscience.
mants roses, des hérissons et des soldats en guise de matériel et cela paraît à tous
être la chose la plus naturelle du monde. Le comique réside ici dans le décalage Lexique du temps
entre la situation, étrange, grotesque ou absurde, et l’absence de réaction qu’elle
suscite auprès des personnages. Mots mêlés

 D’après vous, en mettant en scène de telles situations et de tels personnages, E T E R N E L L E M E N T


que cherche à faire Lewis Carroll ? Pour vous aider à répondre, vous pouvez
S P E A H C H I L L E N P
relire le poème d’ouverture qui évoque dans quelles circonstances l’histoire
R E T A R D E R O U R S E
d’Alice a été imaginée (p. 9-10). Dans le poème d’ouverture, Lewis Carroll évoque
les circonstances dans lesquelles l’histoire d’Alice a été imaginée. Les personnages R N P C A N C L A E B N R

sont dans une barque, par une belle « après-midi dorée » qui s’achève au coucher E D R R F L E T G T R A P
du soleil. Le conteur est en compagnie de trois petites filles : « Prima », « Secunda » P U R H E T O G I F A Z E
et « Tertia », qui sont en réalité les trois filles Liddell : Lorina, Alice et Edith. Alice U L W D A S M A L R S O T
sera nommée dans la dernière strophe. Elles réclament une histoire, que le S E D H S L S U G O R E U
conteur invente au fil de l’eau. C’est donc pour de réels enfants que Lewis Carroll
C R X E T R E E B I F E E
avait imaginé les aventures d’Alice, d’où le souci de construire des personnages
U E S A S M U O R D A T L
plaisants, souvent parodiques, et un univers merveilleux pour soutenir l’attention
et laisser rêver l’esprit. L W M O N T R E B G R R L
Les nombreux effets comiques permettent au lecteur d’accepter le passage vers E A U L R E R I N A I Z E
© Éditions Belin/Éditions Gallimard, 2011.

ce monde si particulier, de pénétrer dans le pays des merveilles, tout en instau- Z A T T E N D R E O N I M


rant une complicité progressive avec l’auteur. Lewis Carroll introduit en effet un R I N V I T A T I O N L E
échange tacite avec son lecteur, puisque au fil des idées farfelues et des jeux
O I N V I T A T I O N E N
de mots, le lecteur finit par bannir tous ses jugements objectifs et par accepter
I M M E D I A T E M E N T
ce monde qu’il aurait rejeté si l’auteur lui avait demandé d’y croire d’emblée, le
jugeant trop absurde.

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Alice au pays des merveilles

Bibliographie et sitographie
■ Ouvrages

Sur Lewis Carroll et Alice


Alice, sous la direction de Jean-Jacques Lecercle, Autrement, 1998.

Gilles Deleuze, Logique du sens, Éditions de Minuit, 1969.

Jean Gattegno, L’Univers de Lewis Carroll, José Corti, 1990.

Henri Parisot, Lewis Carroll, Seghers, 1952.

Sur le conte et le récit merveilleux


Pierre Brunel, Le Mythe de la métamorphose, José Corti, 2004.

Gilbert Millet, Les Mots du fantastique et du merveilleux, Belin, 2003.

Pierre Peju, La Petite Fille dans la forêt des contes, Robert Laffont,
1981.

Vladimir Propp, Morphologie du conte, Le Seuil, 1970.

■ Ressources sur Internet


www.lewiscarroll.net

www.lewiscarroll-site.com

www.alice-in-wonderland.net
© Éditions Belin/Éditions Gallimard, 2011.

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