Faculté des Sciences Economiques et de
Gestion
SEANCE 3
SUPPORT DE COURS D’INTRODUCTION A L’AUDIT
LICENCE CCA
ABOUDOU M. T. Watara
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II. Différents audits et leurs acteurs
Différents audits peuvent être réalisés dans le cadre de missions d’expertise comptable
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ou dans le cadre de missions de commissariat aux comptes, ou encore dans le cadre de
missions d’audit interne, soit dans d’autres missions.
1. Missions d’audit de l’expert-comptable
Dès 1966, le Conseil supérieur de l’Ordre des experts comptables avait adopté un
certain nombre de recommandations relatives aux missions du professionnel : ces
recommandations portaient notamment sur les travaux comptables, la révision
contractuelle et l’informatique.
À partir de 1990, le Conseil supérieur a programmé la transformation de l’ensemble des
recommandations relatives à l’exercice des missions en normes. Un nouveau cadre
conceptuel a été approuvé par le Conseil supérieur en 1999, les normes d’audit et la
norme d’examen limité en décembre 2000.
Il est à noter que le dispositif mis en place par l’Ordre apparaît comme très proche de
celui de l’IFAC, certaines normes étant reprises textuellement. Toutefois, la mission de
présentation des comptes présente des obligations plus strictes que celles de la
compilation.
L’ensemble des normes de l’Ordre des experts-comptables se compose :
de normes générales (normes de comportement professionnel, normes
de travail et normes de rapport) ;
de normes spécifiques : normes d’audit et d’examen limité ;
d’une norme distincte relative à la mission de présentation ;
des normes relatives aux « autres missions » (missions de procédures
convenues sans expression d’assurance).
Les missions d’audit effectuées par un expert-comptable sont appelées « mission
d’audit contractuel ».
1.1 Fondements économiques de l’audit contractuel
La demande d’un audit peut être effectuée par l’entreprise ou par des tiers.
a) Demande faite par l’entreprise
Les préoccupations d’un audit demandé par l’entreprise sont le plus souvent :
le besoin pour l’entreprise, d’une information financière fiable avant
de l’utiliser ou de la présenter à des tiers ;
l’appréciation de son organisation actuelle, en vue d’en déceler les
insuffisances et de l’améliorer ;
la nécessité d’éviter la survenance des fraudes, ou de détournements
éventuels.
b) Demande faite par des tiers
Certains tiers en relation avec l’entreprise ont souvent intérêt à ce que les comptes qui
leur sont soumis soient préalablement audités avant de prendre des décisions
susceptibles d’avoir des incidences sur leur devenir et celui de l’entreprise. C’est ainsi
que les banquiers sollicités pour un emprunt, les salariés, par l’intermédiaire du comité
d’entreprise ou des syndicats, une entreprise désireuse de prendre une participation, un
groupe minoritaire d’actionnaires désirant être informés, l’Autorité des marchés
financiers, préalablement à l’introduction en bourse des titres d’une société, seront à la
base d’audits contractuels.
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1.2 Fondements juridiques de l’audit contractuel
Le contrat qui lie l’auditeur est considéré par les juristes comme un contrat d’entreprise,
c’est-à-dire selon l’article 1710 du Code civil (contrat de louage d’ouvrage) : « un
contrat par lequel l’une des parties s’engage à faire quelque chose pour l’autre,
moyennant un prix convenu entre elles ».
a) Formation du contrat
L’offre émane généralement du client ; si un tiers est à l’origine de l’offre, celle-ci devra
être accompagnée de l’accord donné par l’entreprise à auditer.
En raison même du climat de confiance qui s’instaure entre le client et l’auditeur, la
forme non écrite est parfois usitée. Cependant, il est conseillé par les normes
professionnelles que l’expert-comptable et son client définissent par un écrit ou lettre
de mission leurs obligations réciproques.
b) Obligations de l’auditeur et de son client
En matière d’audit contractuel, l’obligation du professionnel est une obligation de
moyens, en raison même de l’impossibilité de vérifier l’exactitude ou le fondement de
tous les renseignements communiqués par le client.
En fonction du contrat le liant à son client, l’auditeur devra organiser son travail en
conséquence et choisir les moyens nécessaires à l’établissement de son opinion. Il aura
ainsi recours aux techniques des sondages, recoupements, indices, sous réserve d’un
échantillonnage significatif et représentatif de l’ensemble des éléments contrôlés.
2. Missions d’audit du commissaire aux comptes
Sous réserve des règles propres aux SARL, aux sociétés de personnes, aux sociétés en
commandite par actions, aux sociétés par actions simplifiées, aux groupements d’intérêt
économique, aux personnes morales de droit privé non commerçantes et aux entreprises
publiques, les commissaires aux comptes interviennent dans la vie de ces
organisations dans les mêmes conditions que dans la vie des sociétés anonymes. Encore
faut-il que ces organisations en soient dotées, soit légalement (désignation en fonction
des seuils) soit facultativement, soit judiciairement.
Cette uniformité de régime apparaît sur le plan des missions confiées par la loi aux
commissaires aux comptes, missions permanentes ou missions occasionnelles. Aussi,
la Compagnie nationale des commissaires aux comptes, chargée de surveiller l’exercice
de la profession, a été amenée, sous le contrôle du ministère de la Justice, à définir un
certain nombre de normes s’appliquant à la profession.
La mission de contrôle et de vérification confiée aux commissaires aux comptes est une
tâche difficile et délicate. La loi du 24 juillet 1966 (Code de commerce, livre II) leur a
conféré un pouvoir d’investigation afin qu’ils s’acquittent de leurs obligations dans les
meilleures conditions.
Leur pouvoir d’investigation est permanent ; en effet à toute époque de l’année les
commissaires aux comptes peuvent procéder à toutes vérifications et contrôles qu’ils
jugent opportuns.
2.1 Différentes missions du commissaire aux comptes
a) Missions permanentes
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■ Vérification de la comptabilité sociale
« Le commissariat aux comptes est l’application de la technique comptable au contrôle
exercé sur les sociétés dans l’intérêt des associés et des tiers(1). »
Cette fonction essentielle du commissaire aux comptes est définie par l’article L. 823-
10 du Code de commerce dans lequel les commissaires aux comptes « ont pour mission
permanente, à l’exclusion de toute immixtion dans la gestion, de vérifier les valeurs et
les documents comptables de la personne ou de l’entité dont ils chargés de certifier les
comptes et de contrôler la conformité de sa comptabilité aux règles en vigueur. Ils
vérifient également la sincérité et la concordance avec les comptes annuels des
informations données dans le rapport de gestion du conseil d’administration ; du
directoire ou de tout organe de direction, et dans les documents adressés aux
actionnaires ou associés sur la situation financière et les comptes annuels ».
Des vérifications semblables doivent être effectuées lorsque la société établit des
comptes consolidés et un rapport sur la gestion du groupe.
Par ailleurs, (article L. 232-7 du Code de commerce) les commissaires aux comptes des
sociétés dont les actions sont admises aux négociations sur un marché réglementé
doivent vérifier la sincérité des informations contenues dans le rapport semestriel que
ces sociétés sont tenues de publier.
■ Information des organes d’administration, de direction et de surveillance
Les commissaires aux comptes portent à la connaissance de l’organe collégial chargé
de l’administration et le cas échéant de l’organe chargé de la direction (article L. 823-
16 du Code de commerce) :
leur programme général de travail mis en oeuvre ainsi que les
différents sondages auxquels ils ont procédé ;
les modifications qui leur paraissent devoir être apportées aux
comptes devant être arrêtés ou aux autres documents comptables, en faisant
toutes observations utiles sur les méthodes d’évaluation utilisées pour leur
établissement ;
les irrégularités et les inexactitudes qu’ils auraient découvertes ;
les conclusions auxquelles conduisent les observations et
rectifications ci-dessus sur les résultats de la période comparés à ceux de la
période précédente.
■ Certification des comptes annuels et de leurs annexes
L’article L. 823-9 alinéa 1 du Code de commerce stipule que les commissaires aux
comptes certifient, en justifiant de leurs appréciations, que les comptes annuels sont
réguliers et sincères et donnent une image fidèle du résultat, des opérations de l’exercice
écoulé ainsi que de la situation financière et du patrimoine de la personne ou de l’entité
à la fin de l’exercice.
Cette mission est sans doute la plus importante que le législateur a confiée aux
commissaires aux comptes. La certification porte sur les comptes annuels : bilan,
compte de résultat, annexe, définis par la loi du 30 avril 1983 et le décret du 29
novembre 1983.
Elle porte aussi sur les annexes prévues par les articles L. 232-1, L. 232-7 et L. 232-8
du Code de commerce :
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- état des cautionnements, avals et garanties donnés par la société, état
des sûretés consenties par elle ;
- tableau de répartition et d’affectation des sommes distribuables, pour
les sociétés dont les actions sont admises aux négociations sur un marché
réglementé et certaines de leurs filiales.
■ Certification des comptes consolidés
Cette certification est imposée par l’article L. 823-9, alinéa 2 du Code de commerce
libellé comme suit :
« Lorsqu’une personne ou une entité établit des comptes consolidés, les commissaires
aux comptes certifient, en justifiant de leurs appréciations, que les comptes consolidés
sont réguliers et sincères et donnent une image fidèle du patrimoine, de la situation
financière ainsi que du résultat de l’ensemble constitué par les personnes et entités
comprises dans la consolidation... »
■ Information des assemblées: rapport spécial
Les commissaires aux comptes, dans leur rôle d’informateur des actionnaires, réunis en
assemblée, assument à ce titre l’obligation de signaler, à la prochaine assemblée
générale, les irrégularités et les inexactitudes relevées par eux au cours de
l’accomplissement de leur mission (article L. 823-12 alinéa 1 du Code de commerce).
Ils doivent, selon l’article L. 225-100, relater dans un rapport l’accomplissement de la
mission qui leur est dévolue.
b) Missions occasionnelles
L’ampleur de la mission du commissaire aux comptes le conduit à accomplir des tâches
variées de contrôle lors de différents événements de la vie sociale nécessitant une
protection plus vigilante des associés. Dans tous les cas, leur intervention se traduit par
la rédaction d’un rapport spécial.
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3. Missions d’audit de l’auditeur interne
Selon l’IFACI (Institut français de l’audit et du contrôle internes), « l’audit interne est
une activité indépendante et objective qui donne à une organisation une assurance sur
le degré de maîtrise de ses opérations, lui apporte ses conseils pour les améliorer, et
contribue à créer de la valeur ajoutée. Il aide cette organisation à atteindre ses objectifs
en évaluant, par une approche systématique et méthodique, ses processus de
management des risques, de contrôle, et de gouvernement d’entreprise, et en faisant des
propositions pour renforcer leur efficacité »(1).
3.1 Missions de l’auditeur interne
Les missions de l’auditeur interne sont de deux types : des missions d’assurance et des
missions de conseil.
Dans le cadre des missions d’assurance, l’auditeur interne procède à une évaluation
objective en vue de formuler en toute indépendance une opinion ou des conclusions sur
un processus, un système ou tout autre sujet. Il détermine la nature et l’étendue de ses
missions qui comportent généralement trois types d’intervenants :
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la personne ou le groupe directement impliqué dans le processus, le
système ou le sujet examiné (le propriétaire du processus) ;
la personne ou le groupe réalisant l’évaluation (l’auditeur interne) ;
la personne ou le groupe qui utilise les résultats de l’évaluation
(l’utilisateur).
Les missions de conseil sont généralement entreprises à la demande
d’un client. Leur nature et leur périmètre font l’objet d’un accord avec ce dernier.
Elles comportent généralement deux intervenants :
la personne ou le groupe qui fournit les conseils (en l’occurrence
l’auditeur interne) ;
la personne ou le groupe donneur d’ordre auquel ils sont destinés (le
client).
Lors de la réalisation de missions de conseil, l’auditeur interne doit faire preuve
d’objectivité et n’assumer aucune fonction de management.
3.2 Normes de l’audit interne
Les missions d’audit interne font l’objet de normes élaborées par l’IAA (The Institute
of
Internal Auditors). Les normes ont pour objet :
1. de définir les principes de base que la pratique de l’audit interne doit
suivre ;
2. de fournir un cadre de référence pour la réalisation et la promotion
d’un large éventail d’activités d’audit interne apportant une valeur ajoutée ;
3. d’établir les critères d’appréciation du fonctionnement de l’audit
interne ;
4. de favoriser l’amélioration des processus organisationnels et des
opérations.
Alors qu’il existe un seul ensemble de normes de qualification et de normes de
fonctionnement, il peut exister différents ensembles de normes de mise en oeuvre,
correspondant chacun à un grand type d’activité d’audit interne. Les normes de mise en
oeuvre concernent les activités d’assurance (indiquées par la lettre « A » après le
numéro de la norme, par exemple 1130.A1) et les activités de conseil (indiquées par la
lettre « C » après le numéro de
4. Les autres audits
Le terme « audit » est aujourd’hui utilisé dans de nombreuses applications. Il oscille,
nous l’avons vu, entre des missions de contrôle (notamment dans le cadre de la mission
du commissariat aux comptes) à des missions de conseil. L’audit peut être conduit par
une personne issue d’une profession organisée (expert-comptable, commissaire aux
comptes, auditeur interne), mais il peut être également conduit par des personnes venant
d’horizons différents (informaticiens, avocats, ingénieurs, fonctionnaires, etc.). On peut
ainsi trouver :
l’audit juridique : consistant à analyser les règles de fonctionnement
d’une entité (statuts…), les contrats, etc. Ainsi, en matière d’audit de droit des
sociétés, l’auditeur contrôlera si les documents prescrits par la loi sont tenus, si
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les obligations légales, telles la tenue des assemblées générales, la signature des
procès-verbaux, l’inscription des mentions obligatoires sur les feuilles de
présence, sont effectuées, si les obligations, telles l’approbation annuelle des
comptes, l’affectation des résultats, le renouvellement des mandats des
administrateurs ou la nomination de nouveaux administrateurs, l’autorisation
régulière des conventions réglementées…, sont réalisées. L’auditeur repérera
les anomalies éventuelles et en déterminera les conséquences juridiques et
fiscales ;
l’audit fiscal : contrôle de la bonne application des règles fiscales ;
l’audit social : vérification de la bonne application de la
réglementation sociale dans l’entreprise et à identifier les zones de risques
(contrôle Urssaf, prud’hommes, etc.) ; il permet aussi de faire un point sur la
gestion des ressources humaines et à mesurer le climat social ;
l’audit informatique : évaluation du niveau de contrôle des risques
associés aux activités informatiques ;
l’audit du besoin informatique, lequel peut donner lieu à un projet ou
à plusieurs projets ;
l’audit de sécurité, qui répertorie les points forts, et surtout les points
faibles (vulnérabilités) de tout ou partie du système ;
l’audit de conformité réglementaire : réalisation d’un état des lieux du
site vis-à-vis des obligations réglementaires en environnement, santé sécurité
au travail et/ou incendie ;
l’audit stratégique : évaluation de l’organisation en vue d’une
proposition d’actions performantes ;
l’audit économique : réflexion sur le devenir d’une exploitation ;
l’audit énergétique : examen des caractéristiques énergétiques des
bâtiments (isolation thermique, orientation par rapport au soleil, surface
vitrée…), de l’efficacité énergétique des équipements consommateurs d’énergie
dans ces bâtiments, ainsi que du comportement des usagers en termes
d’économies (ou de gaspillages) d’énergie ;
l’audit organisationnel : analyse fine du contexte actuel d’une
structure pour impulser une dynamique et mettre en perspective une
réorganisation ;
l’audit de qualité : outil de suivi du bon fonctionnement de
l’organisation et de détection des dysfonctionnements ;
l’audit marketing : analyse de la position de l’entreprise au sein de
son environnement et de son marché ;
l’audit de gestion : a pour objectif, soit d’apporter une preuve sur un
gâchis ou une fraude, soit d’apporter un jugement sur les performances d’une
entité (c’est le rôle de la Cour des comptes dans l’audit des comptes publics ou
du Comité interministériel d’audit des programmes, organisme créé par le
gouvernement avec mission de lui apporter une garantie sur la pertinence et la
fiabilité des informations qui sont jointes aux projets de lois de finances) ; – etc.
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5. La documentation des travaux d’audit : le dossier de travail
Conformément à la norme internationale ISA 230 (et à la norme NEP 230 relative au
commissariat aux comptes), l’auditeur doit constituer pour chaque entité qu’il contrôle
un dossier contenant la documentation de l’audit des comptes. Cette obligation résulte,
pour l’auditeur légal, des dispositions de l’article R. 823-10 du Code de commerce.
L’auditeur doit faire figurer dans son dossier les documents qui permettent d’étayer
l’opinion formulée dans son rapport.
5.1 Structure générale du dossier de travail
La structure générale des dossiers de travail conduit à distinguer :
le dossier permanent ;
le dossier de l’exercice (un dossier par exercice).
Chaque dossier est composé de sous-dossiers, chacun de ces sous-dossiers comprenant
une ou plusieurs feuilles de travail.
Le dossier permanent contient les informations dont la portée dépasse le cadre de
l’exercice.
Le dossier permanent et les dossiers de l’exercice peuvent être tenus sur un support
papier, un support électronique ou tout support permettant de conserver l’intégralité des
données lisibles pendant la durée légale de conservation du dossier.
5.3 Contenu du dossier de travail
L’auditeur doit consigner dans son dossier les éléments qui permettent à toute autre
personne ayant une expérience de la pratique de l’audit et n’ayant pas participé à la
mission d’être en mesure de comprendre :
la planification de l’audit dont les principaux éléments sont formalisés
dans le plan de mission et le programme de travail ;
la nature, le calendrier et l’étendue des procédures d’audit effectuées ;
les caractéristiques qui permettent d’identifier les éléments qu’il a
testés afin de préciser l’étendue des procédures mises en œuvre ;
les résultats de ces procédures et les éléments collectés ;
les problématiques concernant les éléments significatifs des comptes
qui ont été relevées au cours de l’audit et les conclusions du commissaire
aux comptes sur ces problématiques.
Il doit également formaliser les échanges intervenus avec la direction de l’entité ou avec
d’autres interlocuteurs au titre des éléments significatifs des comptes.
Le rapport constitue l’aboutissement des travaux de l’auditeur. Il doit apporter une
réponse aussi précise que possible à une question non moins précise.
L’opinion formulée dans le rapport sera différente selon la mission de l’auditeur.
I. Perception de l’audit par le public : les rapports d’audit
Dans le cadre d’un audit (attestation d’assurance positive), l’auditeur certifie que les
comptes sont réguliers et sincères et donnent une image fidèle du patrimoine, de la
situation financière et des résultats de l’entité.
Dans le cadre d’un examen limité (attestation négative), l’auditeur précisera qu’il n’a
pas relevé d’anomalies de nature à remettre en cause la régularité et la sincérité des
comptes présentés et l’image fidèle qu’ils donnent du patrimoine, de la situation
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financière et des résultats de l’entité.
Enfin, dans le cas d’une mission de présentation (attestation négative), l’auditeur
précisera qu’à l’issue de ses travaux, il n’a pas relevé d’éléments remettant en cause la
cohérence et la vraisemblance des comptes présentés par l’entité.
1. Certification, observations, réserves, refus de certifier
Certaines évaluations des postes du bilan, en particulier pour ce qui est des provisions,
présentent un caractère subjectif évident et l’auditeur ne pourra à leur égard
qu’apprécier leur caractère raisonnable. Les techniques utilisées pour le contrôle sont à
base de sondages permettant d’aboutir à un degré de certitude raisonnable, non à une
certitude absolue.
Certaines omissions dans les comptes se révèlent pratiquement impossibles à déceler,
même pour un professionnel particulièrement diligent. Aussi, les conclusions des
auditeurs constituent essentiellement des opinions et non des affirmations de faits
incontestables. La formulation de son opinion par l’auditeur doit refléter son avis
personnel.
Dans le cadre de l’audit légal, mais ces dispositions sont également applicables en les
adaptant à l’audit contractuel, les commissaires peuvent présenter trois types de
conclusions :
soit, en justifiant de leurs appréciations, certifier que les comptes de
l’exercice et les comptes consolidés sont réguliers et sincères, et qu’ils
donnent une image fidèle du résultat des opérations de l’exercice écoulé
ainsi que de la situation financière et du patrimoine de la société et de
l’ensemble des entreprises comprises dons la consolidation à la fin de
l’exercice ;
soit assortir la certification de réserves ;
soit refuser la certification des comptes.
Dans ces deux derniers cas, les commissaires aux comptes doivent préciser les motifs
de leurs réserves ou de leur refus.
2. Forme du rapport d’audit
Bien qu’en théorie rien ne s’oppose à ce que le rapport soit oral, dans la pratique, pour
des raisons de commodité faciles à comprendre, il est pour ainsi dire toujours présenté
par écrit.
On distingue généralement le « rapport court » et le « rapport long ». Il est préférable
toutefois que le rapport soit concis ; il s’adresse la plupart du temps à des personnes,
que de multiples occupations obligent à agir rapidement. Les rapports trop longs
découragent l’attention, les faits dignes d’intérêt disparaissent dans la dilution d’un
texte riche en détails d’importance relativement minime.
3. Normalisation des rapports
Il est indéniable que la bonne interprétation d’un rapport se trouve considérablement
facilitée lorsque l’existence d’un texte type permet, par rapprochement, de faire
automatiquement ressortir les anomalies signalées par l’auditeur.
Si la normalisation est applicable pour les missions d’audit légal qui sont relativement
standardisées, la normalisation des rapports est plus difficile pour les missions d’audit
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contractuel qui sont bien plus diversifiées.
4. Contenu du rapport d’audit
4.1 Rapports présentés dans le cadre de l’expertise comptable
Il y a lieu de distinguer les rapports présentés dans le cadre de missions de procédures
convenues qui ne sont pas normalisées, des rapports présentés dans le cadre de missions
d’audit contractuel, de présentation ou d’examen des comptes annuels.
a) Exemple de rapport d’expertise comptable (dans le cadre d’un examen de
contrôle interne préalable à un audit)
RAPPORT D’EXPERTISE COMPTABLE
Monsieur le Président-directeur général,
Comme suite à notre dernier entretien, nous croyons devoir vous confirmer un certain
nombre de constatations que nous avons effectuées lors des visites que nous avons faites
dans les divers établissements de votre société.
Le fonctionnement de vos services administratifs ne nous paraît pas donner entière
satisfaction en ce qui concerne tant l’organisation de la caisse que celle de la
comptabilité. La confusion de certaines tâches (caisse et paye, comptabilité, facturation
et courrier) donne la possibilité à certains membres de votre personnel de détourner, à
leur profit, une partie des recettes sociales.
Devant certifier votre bilan, votre compte de résultats et votre annexe, il nous semble
indispensable que votre conseil prenne toutes mesures utiles pour éviter que l’on puisse
douter de la rigueur avec laquelle ces documents ont été établis.
Veuillez agréer…
Instructions détaillées
Sera fournie la liste détaillée des contrôles à effectuer pour vérifier les comptes clients.
Instructions générales
D’une manière générale, et en dehors des séries de documents, pièces ou écritures que
vous aurez examinées en exécution des instructions ci-dessus, vous devrez étudier
spécialement toute écriture dont le montant vous paraîtra anormalement élevé, par
rapport aux autres.
Vous noterez :
la date de vos interventions ;
les numéros des pièces examinées ;
les dates et numéros des écritures étudiées ;
les constats à caractère anormal que vous aurez pu faire.
Vous signalerez plus spécialement les constatations qui, à votre avis, pourraient cacher,
soit des détournements, soit des recettes ou des avoirs non comptabilisés.
b) Rapport d’audit de l’expert-comptable sur les comptes (norme ISA 700 OEC)
« RAPPORT D’AUDIT » (Destinataire)
Nous avons audité les comptes annuels (consolidés) de la société ABC relatifs à
l’exercice clos le 31 décembre 200X. Ces comptes relèvent de la responsabilité de la
direction de la société. Notre responsabilité consiste à exprimer une opinion sur ces
comptes sur la base de notre audit.
Nous avons effectué notre audit selon les normes internationales d’audit (ou selon les
pratiques nationales applicables). Ces normes requièrent la mise en oeuvre des
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diligences permettant d’obtenir l’assurance raisonnable que les comptes ne comportent
pas d’anomalies significatives. Un audit consiste à examiner, par sondages, les éléments
probants justifiant les données contenues dans ces comptes. Il consiste également à
apprécier les principes comptables suivis et les estimations significatives retenues pour
l’arrêté des comptes et à apprécier leur présentation d’ensemble. Nous estimons que
notre audit constitue une base raisonnable à l’expression de notre opinion.
À notre avis, les comptes annuels (consolidés) présentent sincèrement, dans tous leurs
aspects significatifs (ou « donnent une image fidèle ») de la situation financière
(consolidée) de la société au 31 décembre 200X, ainsi que du résultat (consolidé) de
ses opérations (et des mouvements de trésorerie consolidée) pour l’exercice clos à cette
date, conformément à… (le cas échéant et en conformité avec…).
Fait à…
Le…
Source : CSOEC : « Les normes et le cadre conceptuel
relatifs aux missions normalisées de l’expert-comptable ».
c) Rapport présenté dans le cadre d’une mission de présentation (rapport sans
observations)
ATTESTATION DES COMPTES ANNUELS
Dans le cadre de la mission de présentation des comptes annuels de l’entreprise X pour
l’exercice du… au… conformément à ma lettre de mission en date du…. (ou
conformément à nos accords), j’ai effectué les diligences prévues par les normes de ma
profession.
À l’issue de mes travaux, qui ne constituent pas un audit, je n’ai pas relevé d’éléments
remettant en cause la cohérence et la vraisemblance des comptes annuels.
Les comptes annuels ci joints, qui comportent… pages, se caractérisent par les données
suivantes :
– total du bilan :
– chiffre d’affaires :
– résultat net comptable :
Fait à…
Le…
Signature
Source : CSOEC : « Les normes et le cadre conceptuel relatifs aux missions
normalisées de l’expert-comptable ».
4.2 Commissaire aux comptes et rapport général
Selon la norme NEP 700, le commissaire aux comptes lorsqu’il certifie les comptes en
application de l’article L. 823-9 du Code de commerce (certification des comptes
sociaux, d’une part, et éventuellement des comptes consolidés, d’autre part), le
commissaire aux comptes établir un rapport à l’organe appelé à statuer sur les comptes
dans lequel, en justifiant de ses appréciations, il formule son opinion conformément
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aux dispositions de l’article R. 823-7 du code précité.
Il doit aussi rendre compte, dans le même rapport, des vérifications et informations
spécifiques prévues par les textes légaux et réglementaires.
Le rapport sur les comptes consolidés est distinct du rapport sur les comptes annuels.
a) Structure du rapport général proprement dit (art. R. 823-93 du Code de
commerce)
Dans la présentation du rapport, les trois parties doivent être nettement individualisées
afin que les trois composantes apparaissent clairement.
La norme NEP 700 indique que le rapport doit comporter :
un titre qui indique qu’il s’agit d’un rapport de commissaire aux
comptes ;
l’indication de l’organe auquel le rapport est destiné ;
une introduction qui :
précise l’origine de sa nomination, l’exercice sur lequel porte le
rapport, la nature des comptes, annuels ou consolidés, qui font l’objet du rapport
et sont joints à ce dernier, l’entité dont les comptes sont certifiés,
présente les trois parties du rapport,
rappelle les rôles respectifs de l’organe compétent de l’entité pour
arrêter les comptes et du commissaire aux comptes ;
Dans la première partie de son rapport relative à l’expression de son opinion, intitulée
« Opinion sur les comptes annuels (ou consolidés) », le commissaire aux comptes doit :
mentionner les objectifs et la nature de la mission d’audit, en précisant
que les travaux qu’il a effectués l’ont été conformément aux normes de la
profession et qu’ils constituent une base raisonnable à l’expression de son
opinion sur les comptes ;
exprimer son opinion sur les comptes, qui peut être selon le cas
(article R. 823-7 du Code de commerce) une certification sans réserve, une
certification avec réserve(s), un refus de certifier. Lorsque le commissaire aux
comptes certifie avec réserve(s) ou exprime un refus de certifier, il doit en
exposer clairement les raisons et, si possible, en chiffre l’incidence ;
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