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ARRET N 21-15, Habré, Nomination Magistrats

La Cour suprême du Sénégal a rejeté le recours en annulation de Hissein Habré contre le décret n°2013-212 autorisant la nomination de magistrats sénégalais par le Président de la Commission de l'Union Africaine. La Cour a confirmé que le décret était conforme à l'accord de 2012 entre le Sénégal et l'Union Africaine et n'enfreignait pas la Constitution. Habré a été inculpé pour crimes contre l'humanité et le décret a été jugé valide malgré les objections soulevées par Habré.

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ARRET N 21-15, Habré, Nomination Magistrats

La Cour suprême du Sénégal a rejeté le recours en annulation de Hissein Habré contre le décret n°2013-212 autorisant la nomination de magistrats sénégalais par le Président de la Commission de l'Union Africaine. La Cour a confirmé que le décret était conforme à l'accord de 2012 entre le Sénégal et l'Union Africaine et n'enfreignait pas la Constitution. Habré a été inculpé pour crimes contre l'humanité et le décret a été jugé valide malgré les objections soulevées par Habré.

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ARRET N°21 REPUBLIQUE DU SENEGAL

du 12/3/15 AU NOM DU PEUPLE SENEGALAIS


J/273/RG/13 ----------------
22/7/13 COUR SUPREME
Administrative ----------------
------ CHAMBRE ADMINISTRATIVE
----------------
- Hissein Habré -A l’audience publique ordinaire du jeudi douze mars de l’an deux
(Me Ibrahima Diawara, mille quinze ;
Me François Serres) ENTRE :
-Hissein Habré, né à Faya-largeau (République du Tchad),
Contre : Administrateur civil, ancien chef d’Etat, demeurant à Ouakam,
- Etat du Sénégal Quartier Air Afrique, villa n°26 à Dakar, ayant pour conseils
(Agent judiciaire de constitués : Maître Ibrahima Diawara et Maître François Serres, élisant
l’Etat) domicile pour les besoins de la procédure en l’étude de Maître
Ibrahima Diawara, avocat à la cour, Rue 43 x Boulevard Général De
PRESENTS : Gaulle à Dakar,
Fatou Habibatou Diallo, D’UNE PART ;
Président de chambre, ET :
Président, -L’État du Sénégal pris en la personne de Monsieur l’Agent
Abdoulaye Ndiaye, judiciaire de l’État, en ses bureaux sis au Ministère de l’Économie et
Amadou Bal, des Finances, building Peytavin, Avenue de la République x Carde à
Waly Faye, Dakar ;
Sangoné Fall, D’AUTRE PART ;
Conseillers, Vu la requête reçue le 22 juillet 2013 au greffe central de la Cour
suprême, par laquelle Hissein Habré, élisant domicile en l’étude de ses
Conseils, Maître Ibrahima Diawara et Maître François Serres, sollicite
RAPPORTEUR :
l’annulation du décret n°2013-212 du 30 janvier 2013 portant
Fatou Habibatou Diallo,
autorisation au Président de la Commission de l’Union Africaine de
nommer des Magistrats Sénégalais au niveau des Chambres Africaines
PARQUET GENERAL: Extraordinaires au sein des Juridictions Sénégalaises ;
Ndary Toué;
Vu la Constitution de la République du Sénégal ;
GREFFIER :
Cheikh Diop Vu la loi organique n°2008-35 du 8 août 2008 sur la Cour suprême ;
AUDIENCE : Vu la loi n°70-14 du 6 février 1970 fixant les règles d’applicabilité des
12 mars 2015 lois, des actes administratifs à caractère réglementaire et des actes
administratifs à caractère individuel ;
MATIERE :
Administrative
Vu l’exploit du 25 juillet 2013 de Maître Malick Sèye Fall, huissier de
justice à Dakar, portant signification de la requête à l’Etat du Sénégal
RECOURS :
pris en la personne de l’Agent judiciaire ;
Excès de pouvoir
Vu le reçu du 25 juillet 2013, attestant de la consignation de
l’amende ;

Vu le mémoire en défense de l’Agent judiciaire de l’Etat reçu au


greffe le 25 septembre 2013 ;
Vu le mémoire en réponse de Hissein Habré reçu au greffe le 25
novembre 2013 ;

Vu l’arrêt n°6 du 23 janvier 2015 de la Chambre administrative de la


Cour suprême ;

Vu la décision n°1 du 2 mars 2015 du Conseil constitutionnel ;

Vu le second mémoire en réponse de Hissein Habré reçu au greffe le


11 mars 2015 ;

Vu le décret attaqué ;

Ouï Madame Fatou Habibatou Diallo, Présidente de la Chambre, en


son rapport ;

Ouï Monsieur Ndary Touré, Avocat général, en ses conclusions,


tendant au rejet du recours ;

Après en avoir délibéré conformément à la loi ;


Considérant que suite à la signature entre le Gouvernement de la
République du Sénégal et l’Union Africaine de l’Accord du 22 août
2012 portant sur la création des Chambres Africaines Extraordinaires
au sein des Juridictions Sénégalaises, le Président de la République a
été autorisé à ratifier ledit accord par la loi n°2012-25 du 19 décembre
2012 ; qu’en exécution de l’accord, il a, par décret n°2013-212 du 30
janvier 2013, autorisé le Président de la Commission de l’Union
Africaine, à nommer des Magistrats Sénégalais composant les
Chambres Africaines Extraordinaires au sein des Juridictions
Sénégalaises ; que la Chambre Africaine Extraordinaire d’instruction
ainsi instituée, a inculpé Hissein Habré pour crimes contre l’humanité,
crimes de guerres et tortures, et l’a mis sous mandat de dépôt ; que
c’est ce décret que Habré attaque présentement en annulation ;

Considérant que le requérant ayant soulevé in limine litis l’exception


d’inconstitutionnalité de l’accord du 22 août 2012, la Chambre de
Céans, par arrêt n°6 du 23 janvier 2015 a déclaré recevable en la forme
son recours en annulation, renvoyé l’exception au Conseil
constitutionnel et sursis à statuer sur le fond ;

Considérant que le Conseil constitutionnel par décision n°01 du 2


mars 2015, a rejeté l’exception d’inconstitutionnalité en décidant que
l’accord du 22 août 2012 signé entre le Gouvernement du Sénégal et
l’Union Africaine ne comporte aucune stipulation contraire à la
Constitution ;

Considérant qu’à la suite de la décision du Conseil constitutionnel,


Hissein Habré a produit au dossier un second mémoire en défense dans
lequel il développe deux nouveaux moyens ;
Considérant que le premier nouveau moyen critique la composition
du Conseil constitutionnel qui a statué sur l’exception
d’inconstitutionnalité et tend au renvoi à nouveau de l’exception au
Conseil qui doit statuer dans une composition conforme aux
dispositions de l’article 3 de la loi organique qui le régit ;

Considérant que le second nouveau moyen critique les motifs de la


décision du Conseil constitutionnel sur la procédure de ratification du
Traité signé entre l’Union Africaine et le Sénégal, sur l’analyse des
dispositions de l’article 96 de la Constitution et sur la signature du
Traité par le Ministre de la Justice ;

Considérant qu’il y’a lieu de faire observer que conformément à


l’article 92 de la Constitution, la décision du Conseil constitutionnel
n’est susceptible d’aucune voie de recours, et qu’elle s’impose aux
pouvoirs publics et à toutes les autorités administratives et
juridictionnelles ;
Qu’ainsi, la Cour suprême qui ne peut ni apprécier, ni censurer la
décision du Conseil constitutionnel, ne saurait lui renvoyer à nouveau
l’exception d’inconstitutionnalité, encore moins examiner le moyen
qui se borne à critiquer les motifs de la décision ;
Qu’il y’a lieu, dès lors de rejeter ces moyens développés dans le
second mémoire en réponse du requérant ;

Considérant qu’il échet, à présent, de statuer sur les moyens


d’annulation développés initialement dans la requête et qui ne visent
pas la violation de la Constitution, le Conseil constitutionnel ayant
déjà répondu à tous les moyens fondés sur la violation de la
Constitution;

Considérant que le premier moyen d’annulation est tiré de


l’absence de base légale du décret attaqué, en ce que l’accord du 22
août 2012 ayant fait l’objet d’une loi d’autorisation de ratification du
19 décembre 2012 sous le n°2012-25 publiée au Journal officiel
n°6712 du 9 février 2013, le décret attaqué a été signé le 30 janvier
2013 en violation de l’article 2 alinéa 3 de la loi n°70-14 du 6 février
1970, alors que ledit accord n’était pas encore entré en vigueur, pas
plus que la loi n°2012-29 du 28 décembre 2013 modifiant l’article
premier de la loi n°84-19 du 02 février 1984 fixant l’organisation
judiciaire ;

Considérant que l’Agent judiciaire de l’Etat conclut au mal fondé du


moyen au motif que le décret attaqué, a pour support légal l’accord du
22 août 2012 et ses annexes qui en sont partie intégrante et n’a eu pour
vocation que de mettre en œuvre son application provisoire
à compter de sa signature conformément à l’article 13 de l’annexe ;

Considérant que sous ce moyen, le requérant reproche au décret


attaqué d’avoir été pris le 30 janvier 2013 avant l’entrée en vigueur de
l’accord, puisque la loi d’autorisation de ratification dudit accord prise
le 19 décembre 2012, n’a été publiée que postérieurement à la prise du
décret, soit le 9 février 2013 ;

Considérant que le Conseil constitutionnel a statué sur la prise d’effet


de l’accord qui, selon lui, est un accord dit « en forme simplifiée » qui
n’est pas soumis à la procédure prévue par l’article 96 de la
Constitution, lequel subordonne la prise d’effet des accords dits « en
forme solennelle » à la prise préalable d’une loi de ratification ; que le
Conseil constitutionnel précise que l’article 13 de l’accord a prévu son
application provisoire à la date de la signature des parties
conformément à l’article 24 de la Convention de Vienne de 1969 qui
subordonne l’entrée en vigueur de tels accords aux stipulations
contractuelles ;

Considérant ainsi que, selon le Conseil constitutionnel, la loi de


ratification n’étant pas nécessaire pour l’entrée en vigueur de l’accord
du 22 août 2012 qui plus est, a prévu son application provisoire à la
date de la signature des parties, le décret pris avant la publication de la
loi de ratification ne saurait encourir le reproche du moyen ;

Considérant que le second moyen d’annulation est tiré de la


violation de l’article 4 de la loi organique n°92-27 du 30 mai 1992
portant statut des Magistrats, en ce que, celui-ci disposant que
les Magistrats sont nommés par décret du Président de la République,
sur proposition du Garde des Sceaux, Ministre de la Justice, le décret
attaqué, qui autorise le Président de la Commission de l’Union
Africaine à nommer des Magistrats Sénégalais au niveau
des Chambres Africaines Extraordinaires, viole gravement ce texte ;

Considérant que l’Agent judiciaire de l’Etat conclut au rejet de ce


moyen au motif que le décret attaqué ayant été pris en application de
l’article 11 de l’annexe de l’accord du 22 août 2012 qui a habilité le
Président de la Commission de l’Union Africaine sur proposition du
Ministre de la Justice du Sénégal à nommer les Juges titulaires et
suppléants des Chambres Africaines Extraordinaires d’accusation et
d’instruction, la supériorité normative de l’accord international prévu à
l’article 98 de la Constitution rend mal fondé la violation du texte visé
au moyen ;

Considérant que l’article 4 de la loi n°92-27 du 30 mai 1992 portant


statut des Magistrats visé au moyen est le pendant de l’article 90 de la
Constitution qui dispose que les Magistrats sont nommés par le
Président de la République après avis du Conseil supérieur
de la Magistrature ;

Considérant que le Conseil constitutionnel a répondu au moyen en


analysant la violation de l’article 90 de la Constitution invoquée par le
requérant et ce, en décidant que contrairement à la prétention de
Hisséne Habré l’accord du 22 août n’a pas violé l’article 90 de la
Constitution puisque les Magistrats de nationalité sénégalaise nommés
par le Président de la Commission de l’Union africaine n’ont pas pour
mission de rendre la justice au nom du peuple sénégalais, mais siègent
dans une juridiction internationalisée ou mixte, spécialisée qui prend
sa source dans l’accord conclu avec l’Union africaine, l’engagement,
ainsi pris, ayant été rappelé par la Cour de justice de la communauté
économique des Etats de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO) dans sa
décision n°ECW/CCJ/Jud/06/10 du 18 novembre 2010 ;
Qu’ainsi, au vu de cette décision, le décret attaqué n’a pu, en
conséquence, violer la loi portant statut des Magistrats et qu’il y’a lieu
de rejeter le recours comme mal fondé ;
PAR CES MOTIFS :
Vu l’arrêt n°6 du 23 janvier 2015 de la Chambre administrative de la
Cour suprême;

Vu la décision n°1 du 2 mars 2015 du Conseil constitutionnel ;

Rejette le recours en annulation formé par Hissein Habré contre le


décret n°2013-212 du 30 janvier 2013 portant autorisation au Président
de la Commission de l’Union Africaine de nommer des Magistrats
Sénégalais au niveau des Chambres Africaines Extraordinaires
au sein des Juridictions Sénégalaises ;

Dit que l’amende consignée est acquise au Trésor public ;


Ainsi fait, jugé et prononcé par la Cour suprême, Chambre
administrative, en son audience publique ordinaire tenue les jour, mois
et an que dessus et où étaient présents :
Fatou Habibatou Diallo, Président de chambre, Président,
Abdoulaye Ndiaye,
Amadou Bal,
Waly Faye,
Sangoné Fall, Conseillers,
Cheikh Diop, Greffier ;
En foi de quoi le présent arrêt a été signé par le Président de
Chambre, Président, les Conseillers et le Greffier.
Le Président de Chambre, Président :

Fatou Habibatou Diallo


Les Conseillers :
Abdoulaye Ndiaye Amadou Bal

Waly Faye Sangoné Fall


Le Greffier :

Cheikh Diop

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