FICHE DE LECTURE 2
Titre : La négociation collective – Normes de l’OIT et principes des organes de contrôle
Source : Bureau international du Travail (BIT), 2000
Mise en contexte
La négociation collective constitue l’un des piliers fondamentaux du droit international du
travail, tel que défini par l’Organisation internationale du Travail (OIT). Elle vise à renforcer
le dialogue social entre partenaires sociaux pour réguler les relations professionnelles et
améliorer les conditions de travail. L’OIT, à travers ses conventions et recommandations,
promeut un cadre institutionnel dans lequel les représentants des travailleurs et des employeurs
peuvent conclure des accords collectifs ayant une portée juridique.
Problématique
Comment la négociation collective, selon les instruments de l’OIT, se distingue-t-elle de la
consultation sociale, et en quoi sa portée contribue-t-elle à redéfinir les rapports entre
partenaires sociaux et autorités publiques dans les domaines du travail et de la politique
sociale ?
Résumé du contenu
Le document présente la négociation collective comme un processus structuré, visant à
conclure une convention collective entre employeurs (ou leurs organisations) et organisations
représentatives des travailleurs. L’OIT insiste sur son caractère volontaire, mais aussi sur son
effet obligatoire une fois signée. Ces conventions ont une valeur normative et s’imposent aux
parties, à moins que les contrats individuels ne prévoient des conditions plus favorables.
La Recommandation n° 91 de 1951 énonce le principe de force obligatoire des conventions
collectives, les assimilant à des instruments juridiques de régulation du travail. La Convention n°
154 de 1981 élargit ce rôle : la négociation collective ne se limite plus aux salaires ou aux
horaires, elle couvre désormais les relations professionnelles dans leur ensemble, y compris les
relations intersyndicales, la participation des travailleurs, et l’organisation du travail.
Le texte distingue également la consultation, qui donne lieu à des échanges sur des sujets
d’intérêt général, comme la législation sociale, la fiscalité ou les grandes orientations
économiques. Si la consultation relève de la participation politique, la négociation collective
s’inscrit dans un cadre contractuel, fondé sur un accord contraignant.
Cependant, les deux pratiques tendent à s’articuler. Dans certains pays, des thèmes auparavant
réservés à la consultation (par exemple, les politiques salariales ou la protection sociale) sont
désormais négociés dans des cadres tripartites, associant les syndicats, les employeurs et l’État.
Cette évolution reflète une tendance vers une gouvernance plus démocratique, et un
élargissement du champ d’action des partenaires sociaux dans la définition des politiques
publiques.
Analyse critique personnelle
Ce texte met en lumière la puissance normative de la négociation collective, qui dépasse le
simple cadre contractuel pour s’imposer comme un outil de gouvernance sociale.
L’élargissement de son champ d’application marque une avancée vers une démocratie sociale
participative. Cependant, l’efficacité de ce modèle repose sur la représentativité, la
compétence et l’autonomie des partenaires sociaux, ce qui reste inégalement réalisé selon les
pays. Il faut également questionner la capacité des États à encadrer durablement ces dispositifs
dans une logique d’équité et de pérennité.
Mots-clés
Négociation collective – OIT – Convention collective – Dialogue social – Consultation
tripartite – Droit du travail – Démocratie sociale – Recommandation n° 91 – Convention n°
154 – Relations professionnelles – Législation sociale