I.
Une ONG (organisation non gouvernementale) est une structure indépendante des États, à but non
lucratif, qui agit dans divers domaines pour défendre des causes sociales, humanitaires,
environnementales ou les droits de l’homme. On distingue principalement deux types d’ONG : les ONG
de plaidoyer, qui militent pour une cause ou défendent des droits, comme Human Rights Watch (HRW)
ou Amnesty International, qui dénoncent les violations des droits humains et font pression sur les
gouvernements ; et les ONG humanitaires, qui apportent une aide directe aux populations en détresse,
comme Médecins Sans Frontières (MSF) ou la Croix-Rouge, spécialisées dans les secours d’urgence.
Parmi les ONG humanitaires, on trouve aussi les ONG de développement, engagées dans des programmes
à long terme, telles que Plan International ou Solidarités International, qui œuvrent pour améliorer
durablement les conditions de vie. Ces ONG jouent un rôle fondamental en comblant les insuffisances des
États, en intervenant sur le terrain pour protéger les droits fondamentaux, apporter une assistance vitale et
sensibiliser l’opinion publique, grâce à leur indépendance et leur expertise spécifique.
II.
Les fondements théologiques et philosophiques des droits de l’homme reposent principalement sur l’idée
de la dignité inhérente à chaque être humain et sur le principe d’égalité universelle. Théologiquement, les
droits de l’homme sont souvent vus comme un don divin, fondés sur la volonté de Dieu qui confère à
chaque personne une valeur sacrée et inaliénable, ce qui implique que ces droits ne peuvent être ni retirés
ni négociés. Sur le plan philosophique, ils s’appuient sur la notion de droits naturels, qui sont des droits
inhérents à la nature humaine, indépendants de toute autorité sociale ou politique, et que tout individu
possède simplement parce qu’il est humain. Cette idée a été développée notamment par des penseurs
comme Locke, qui a défini la liberté, l’égalité et la propriété comme des droits naturels fondamentaux. La
philosophie des Lumières, avec Kant par exemple, a renforcé cette conception en insistant sur la dignité
humaine comme valeur centrale, affirmant que chaque personne doit être traitée comme une fin en soi et
non comme un moyen. Ces fondements justifient l’universalité, l’indivisibilité et l’inaliénabilité des droits
de l’homme, principes selon lesquels tous les individus, partout dans le monde, naissent libres et égaux en
dignité et en droits, qui doivent être protégés indépendamment des différences culturelles, sociales ou
religieuses. Ainsi, les droits de l’homme combinent une base morale, philosophique et parfois religieuse,
mais s’appliquent de manière laïque et universelle dans le cadre des sociétés modernes.
III.
Les ONG agissent de plusieurs manières complémentaires pour défendre les droits de l’homme. Elles
recueillent et diffusent des informations précises sur les violations des droits, ce qui permet de sensibiliser
l’opinion publique et de mettre la pression sur les gouvernements pour qu’ils respectent leurs obligations.
Par exemple, Amnesty International et Human Rights Watch publient régulièrement des rapports
documentant les abus et demandent des actions concrètes. Elles apportent aussi une aide directe aux
victimes, notamment par un soutien juridique ou une assistance pour faire valoir leurs droits devant les
tribunaux. Par ailleurs, les ONG mènent des campagnes de plaidoyer et de sensibilisation, mobilisant la
société civile et les institutions internationales, comme la Fédération internationale des ligues des droits
de l’homme (FIDH) qui agit à différents niveaux (local, national, international) pour renforcer les
capacités des acteurs locaux et influencer les politiques publiques. Elles interpellent régulièrement les
autorités nationales et internationales pour dénoncer les violations et réclamer justice, souvent en
coordination avec d’autres ONG et réseaux internationaux. Enfin, certaines ONG participent activement
aux négociations internationales et contribuent à l’élaboration de normes et mécanismes de protection des
droits humains, jouant un rôle de conseil et de contrôle auprès des institutions comme l’ONU. Ainsi, les
actions des ONG vont de la documentation et dénonciation des violations à l’assistance aux victimes, en
passant par le plaidoyer, la mobilisation citoyenne et la coopération institutionnelle, formant un ensemble
cohérent pour la défense effective des droits de l’homme.
IV.
Le rôle des ONG de protection des droits de l’homme est parfois controversé car, derrière leurs missions
humanitaires et de défense, certaines sont accusées de servir des intérêts politiques ou économiques
cachés. Par exemple, des critiques soulignent que des ONG comme Human Rights Watch ou Amnesty
International, bien qu’elles dénoncent des violations, peuvent être influencées par des financements privés
ou étatiques, notamment en provenance de gouvernements occidentaux ou de fondations comme celle de
George Soros, ce qui remet en question leur impartialité et leur indépendance réelle. Par ailleurs, ces
ONG sont parfois accusées d’instrumentaliser les droits humains pour justifier des interventions
politiques ou militaires dans certains pays, ou de cibler de manière sélective certains États tout en fermant
les yeux sur d’autres violations, ce qui nuit à leur crédibilité. Par ailleurs, certaines ONG
environnementales comme le WWF ont été critiquées pour des pratiques violentes à l’encontre des
populations locales, notamment des peuples autochtones, sous couvert de protection de la nature, ce qui
révèle un « colonialisme vert » dénoncé par d’autres ONG. Ainsi, bien que les ONG jouent un rôle
essentiel dans la défense des droits humains, leur image est parfois entachée par des liens politiques, des
conflits d’intérêts ou des pratiques controversées qui suscitent un débat sur leur véritable rôle et leurs
motivations.
(À vérifier à partir de l'exposé sur la controverse)