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Barrage L2

Le document présente un cours sur les barrages pour le niveau Licence 2, abordant les généralités, les études techniques, le dimensionnement et l'évaluation des cubatures. Il détaille les éléments constitutifs d'un barrage, les critères pour le choix du site, ainsi que les différents types de barrages. Des méthodes d'évaluation des volumes et des études topographiques sont également décrites pour la conception de barrages.

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ANNEE ACADEMIQUE 2022-2023

COURS DE BARRAGE
NIVEAU : LICENCE 2

ENSEIGNANT : M. SAKANDE Seydou


SOMMAIRE

CHAPITRE 1 : Généralités sur les barrages

1.1- Définition
1.2- Eléments constitutifs d’un barrage
1.3- Différents types de barrages

CHAPITRE 2 : Etudes techniques indispensables sur un projet d’études de barrage

2.1- Critères pour le choix du site


2.2- Etudes topographiques
2.3- Etudes hydrologiques du bassin versant
2.4- Etudes du bilan d’eau
2.5- Etudes géotechniques

CHAPITRE 3 : Dimensionnement des ouvrages (conception)

3.1- Dimensionnement d’un déversoir


3.2- Dimensionnement d’un mur bajoyer

CHAPITRE 4 : Evaluations des cubatures

4.1- Avant métré de la digue en terre


4.2- Démarche globale en évaluation des cubatures de la digue
4.3- Avant métré du déversoir poids
PREMIERE PARTIE
CHAPITRE 1 : Généralités sur les barrages

1.1- Définition

Un barrage représente un ouvrage de Génie civil construit sur le profil transversal d’un cours
d’eau pour répondre à plusieurs sollicitations à savoir :

- L’approvisionnement en eau potable (vocation AEP)


- La satisfaction des besoins agricoles et pastoraux (vocation agricole)
- Une couverture énergétique dans la production de l’hydro-électricité (vocation
énergétique)
- Une régulation du cours d’eau

Suivant la capacité d’un ouvrage en projet, le barrage pourra être construit pour satisfaire une
ou plusieurs vocations.

1.2- Eléments constitutifs d’un barrage

Un barrage peut être constitué de diverses éléments parmi lesquels on peut retenir :

1.2.1- La digue

Elle constitue l’élément primordial du barrage et son implantation se fait sur le profil transversal
du cours d’eau permet la montée des eaux en période de crue. La digue du barrage peut se
présenter sous différentes formes donnantes ainsi :

- Une digue en terre homogène : constitue d’un corps de remblais argileux


- Une digue en terre hétérogène : constitué d’un corps en matériaux hétérogènes
(matériaux constitués de différentes perméabilités)
0
1.2.2- Le déversoir

Il est encore appelé seuil déversant et représente un ouvrage de sécurité permettant une
évacuation des crues en période hivernale.

La cote crête du déversoir est appelé cote du plan d’eau normal (cote PEN) ou cote de
retenue d’eau normale (PEN). Le remplissage du barrage implique un niveau d’eau à la cote
PEN.

La charge hydraulique maximale au-dessus du déversoir correspond à la cote des plus haute
eaux (PHE). Le déversoir peut être implanter dans le lit mineur notamment dans la partie
centrale de la digue et constitue dans ce cas un déversoir central.

Des aménagements seront cependant nécessaires dans son lit aval (déversoir latéral) pour
ramener les eaux dans le lit naturel.

Le déversoir peut être de type poids en béton armé ou en béton cyclopéen avec une forme
linéaire ou en forme de ‘‘bec de canard’’

Sur les petits ouvrages, le seuil déversant peut-être constituer d’un remblai enveloppé par une
membrane en béton muni d’un coursier à son aval. Le déversoir poids pourrai avoir donc un
profil Creager à son aval facilitant l’évacuation des crues de projet. Sa mise en œuvre nécessite
toutefois des entreprises spécialisées.
1.2.3- Le bassin de dissipation

Il représente un ouvrage en béton situé en aval immédiat du seuil déversant et comporte des
blocs de chutes et des blocs de chicanes destinés à réduire l’énergie cinétique des eaux issues
du seuil. Il est muni de barbacanes qui permettent l’évacuation des eaux d’infiltrations en
dessous du seuil.

L’ouvrage est protégé en aval par un lit d’enrochement ou des gabions pour minimiser les
affouillements (érosion hydrique) en aval.
1.2.4- Les murs bajoyers

Il représente les ouvrages structuraux situés aux extrémités du seuil déversant et constitue ainsi
les éléments séparateurs entre le corps de la digue et le seuil déversant. Ils sont en béton armé
et dimensionner pour résister à la poussée des terres.
1.2.5- L’ouvrage de prise

Cet ouvrage permet un prélèvement de la ressource dans la cuvette du barrage. Pour un barrage
à vocation agricole de type gravitaire, l’ouvrage de prise est généralement constitué de deux
bacs amont et aval relie entre eux par une conduite en acier muni d’un robinet vanne en amont
ou en aval.

Pour les barrages à vocation AEP, l’ouvrage de prise est généralement juxtaposé à une station
de pompage.

1.2.6- L’ouvrage de vidange

L’ouvrage de vidange constitue un ouvrage de sécurité pour vidanger le barrage en cas de


danger (lors d’une crue exceptionnelle, lors des travaux de réhabilitations, lors d’une
pollution…). L’ouvrage de vidange peut se confondre à l’ouvrage de prise sur les petits
barrages. Sur les grands barrages (hdigue > 40m), l’ouvrage de vidange est souvent constitué
d’une galerie en béton armé dimensionné pour une évacuation du volume de la retenue dans un
délai de temps réduit (une demie journée à trois jours).

L’ouvrage de vidange est généralement situé dans le lit mineur et renferme un tour en béton
relié par une galerie, par un système de robinet vanne en amont.

1.2.7- Le chenal

Le chenal représente une zone aménagée situé en aval du bassin de dissipation pour la restitution
des crues dans le lit naturel du cours d’eau. Il est généralement constitué de diguettes en terres
issues du déblai et aménagée avec une pente conséquente pour l’évacuation rapide des crues.
1.3- Les différents types de barrages

Les barrages peuvent être placés en différentes catégories à savoir : souples, rigides, mobiles et
souterraines.

1.3.1- Les barrages souples

Ils sont constitués de diverses matériaux souples et se compose de barrage en terre homogène,
des barrages hétérogènes à noyau argileux, barrage en enrochement et barrage en gabions…
Ces ouvrages sont les plus couramment utilisé dans la sous-région compte tenu de la
disponibilité des matériaux et leurs couts relativement moins chers. Le relief peu accidenté
justifie la conception des barrages dans la sous-région.

1.3.2- Les barrages rigides

Ils sont constitués de matériaux rigides (béton armé ou béton cyclopéen) destinés à résister à la
poussée hydrostatique. Ces barrages se regroupent comme suit :

- Les barrages poids caractérisés par un volume important d’eau


- Les barrages en contreforts constitués d’un voile en béton muni d’un contrefort
- Les barrages voutes avec une forme curviligne. Ces barrages permettent un report des
poussées des rives rocheuses de la vallée

La conception des barrages rigides nécessite un relief encaissé avec les parois rocheuses sur
une longueur réduite.
1.3.3- Les barrages mobiles

Ils sont constitués d’une succession de module en masque transversant un cours d’eau suivant
son profil transversal.

Les modules en masques sont constitués des culés en béton armé reliés entre elles par des
vannes plaques (plaques métalliques). L’ouverture pour la fermeture des vannes permet un
stockage de l’eau en amont en période de crue.

1.3.4- Les barrages souterrains

Ils représentent des barrages destinés à capté la ressource souterraine qui nécessite une étude
préliminaire notamment une étude hydrologique afin de déterminer les potentialités de la nappe
phréatique ainsi que son sens d’écoulement.
Ces barrages favorisent l’exploitation des petits périmètres agricoles ainsi que la renaissance de
la flore.
CHAPITRE 2 : Les études techniques indispensables sur un projet d’études
de barrage

La réalisation d’un barrage nécessite des investigations :

- Topographique
- Géotechnique
- Hydrologique
- Hydraulique

Ces investigations interviendront en phase préliminaire ou en phase APS et auront pour objectif
de définir un site potentiel pour l’implantation du barrage.

2.1- Critères pour le choix du site

Les critères à prendre en compte dans la recherche du site peut se résumer comme suit :

- Critères morphologiques ou topographiques : les investigations de terrain veilleront à la


recherche d’une vallée naturellement encaissée. Ces dépressions (vallée) permettront un
stockage de l’eau dans la cuvette après la réalisation du barrage. Les études topographiques
interviendront par la suite pour fournir des détails sur le profil longitudinal de l’axe ainsi que
sur la capacité de la cuvette.

- Critères hydrologique et hydraulique : la mobilisation des ressources en eau de surface


nécessite l’existence d’un cours d’eau alimenté par un grand bassin versant. Le choix du site
tiendra ainsi compte des investigations hydrologiques établis à partir des documents
cartographiques.

- Critères géologiques et géotechnique : le choix du site pour l’implantation d’un barrage doit
tenir compte des paramètres géologiques de l’axe de la digue ainsi que sa cuvette. Ces
investigations veilleront à la recherche d’une cuvette assez imperméable ainsi que des sols de
fondation de bonne qualité.

Le choix définitif du site du barrage résultera alors d’une analyse approfondie des critères
préalablement cités. A cela s’ajoute les critères socio-économiques et environnementales.

2.2- Etudes topographiques du site

Les investigations topographiques sont indispensablement dans un projet d’étude de barrage.


Elles se focaliseront sur l’axe de la digue ainsi que la cuvette.
Les études topographiques de l’axe se donne pour objectif de générer le profil longitudinal de
celle-ci afin d’apprécier la morphologie du site indispensable au calage des ouvrages (déversoir,
digue, ouvrages annexes). Le profil longitudinal de l’axe servira en outre dans l’estimation des
cubatures de la digue. Ces études sont menées à partir des profils transversaux à une
équidistance bien déterminé (20 à 40m) en phase APD sur tout le long de l’axe.

Les investigations topographiques de la cuvette conduiront à l’établissement des courbes de


niveau qui serviront de base à l’établissement de la courbe hauteur-surface et hauteur-volume.

2.2.1- Etablissement de la courbe hauteur-surface


La courbe hauteur-surface illustre la variation surfacique de la cuvette en fonction des
différentes altitudes correspondantes aux différentes courbes de niveau obtenus par planimétrie
de manière indépendantes. L’altitude moyenne du fond de la cuvette constitue le point de
démarrage de courbe hauteur-surface.

2.2.2- Etablissement de la courbe hauteur-volume

La courbe hauteur-volume illustre la variation de la capacité totale de la cuvette en fonction des


différentes altitudes. Elle est dressée à partir des résultats de la courbe hauteur-surface et le
volume de la cuvette du barrage pourrait être déterminer par différentes approches.

❖ La méthode simplifiée

La méthode simplifiée se fonde sur l’hypothèse que la cuvette du barrage se présente sous forme
d’un cône de hauteur ℎ et de superficie 𝑆 à son sommet. Son expression se présente sous la
𝑉 ∶ 𝑣𝑜𝑙𝑢𝑚𝑒 𝑑𝑒 𝑙𝑎 𝑐𝑢𝑣𝑒𝑡𝑡𝑒 𝑒𝑛 𝑚3
𝑆×ℎ
forme : 𝑉= 𝑎𝑣𝑒𝑐 { ℎ ∶ ℎ𝑎𝑢𝑡𝑒𝑢𝑟 𝑚𝑎𝑥𝑖𝑚𝑎𝑙𝑒 𝑒𝑛 𝑚
3
𝑆 ∶ 𝑠𝑢𝑟𝑓𝑎𝑐𝑒 𝑑𝑒 𝑙𝑎 𝑐𝑢𝑣𝑒𝑡𝑡𝑒 𝑒𝑛 𝑚²

❖ La méthode de Grésillon ou méthode CIEH-EIER

Cette méthode s’inspire de la méthode simplifiée et permet une détermination du volume de la


cuvette sur des sites moyennement encaissés. Cette méthode est issue des expériences réalisées
sur des bassins versants au Burkina Faso. Son expression se présente sous la forme de : 𝑉 =
𝑉 ∶ 𝑣𝑜𝑙𝑢𝑚𝑒 𝑑𝑒 𝑙𝑎 𝑐𝑢𝑣𝑒𝑡𝑡𝑒 𝑒𝑛 𝑚3
𝑆×ℎ
𝑎𝑣𝑒𝑐 { ℎ ∶ ℎ𝑎𝑢𝑡𝑒𝑢𝑟 𝑚𝑎𝑥𝑖𝑚𝑎𝑙𝑒 𝑒𝑛 𝑚
2,67
𝑆 ∶ 𝑠𝑢𝑟𝑓𝑎𝑐𝑒 𝑑𝑒 𝑙𝑎 𝑐𝑢𝑣𝑒𝑡𝑡𝑒 𝑒𝑛 𝑚²
Remarque : Les résultats issues de la méthode simplifiée et de Grésillon pourront être accepter
en APS. En phase avant-projet détaillé APD, le volume de la cuvette du barrage serait élaboré
à partir de la méthode détaillée aboutissant à la réalisation de la courbe hauteur-volume.

❖ La méthode détaillée

Cette méthode permet une détermination des volumes partiels compris entre les différentes
courbes de niveau de la cuvette. Les volumes partiels sont obtenus à partir de la superficie
moyenne entre 2 courbes successives en tenant compte de la dénivelée des courbes successives.

𝑉𝑖 ∶ 𝑣𝑜𝑙𝑢𝑚𝑒 𝑝𝑎𝑟𝑡𝑖𝑒𝑙 𝑒𝑛𝑡𝑟𝑒 2 𝑐𝑜𝑢𝑟𝑏𝑒𝑠 𝑠𝑢𝑐𝑐𝑒𝑠𝑠𝑖𝑣𝑒𝑠 𝑒𝑛 𝑚3


𝑆𝑛 + 𝑆𝑛+1 ∆𝐻 ∶ 𝑑𝑒𝑛𝑖𝑣𝑒𝑙𝑙é𝑒 𝑒𝑛 𝑙𝑎 𝑐𝑜𝑢𝑟𝑏𝑒 𝑛 𝑒𝑡 𝑙𝑎 𝑐𝑜𝑢𝑟𝑏𝑒 (𝑛 + 1)
𝑉𝑖 = ( ) ∆𝐻 𝑎𝑣𝑒𝑐
2 𝑆𝑛+1 ∶ 𝑠𝑢𝑟𝑓𝑎𝑐𝑒 𝑑𝑒 𝑙𝑎 𝑐𝑜𝑢𝑟𝑏𝑒 𝑑𝑒 𝑛𝑖𝑣𝑒𝑎𝑢 (𝑛 + 1) 𝑒𝑛 𝑚2
{ 𝑆𝑛 ∶ 𝑠𝑢𝑟𝑓𝑎𝑐𝑒 𝑑𝑒 𝑙𝑎 𝑐𝑜𝑢𝑟𝑏𝑒 𝑑𝑒 𝑛𝑖𝑣𝑒𝑎𝑢 𝑛 𝑒𝑛 𝑚2

Le volume total de la cuvette se déduit alors par le cumul des différents volumes partielles.
𝑛

𝑉𝑡 = ∑ 𝑉𝑖
𝑖=1

La courbe hauteur-volume est dressée à partir du volume total de la cuvette correspondant à


chaque altitude.

2.3- Etude hydrologique du bassin versant


Les études hydrologiques du bassin versant sont indispensables dans un projet d’étude de
barrage et dans le souci d’une meilleure évaluation des ressources en eau, l’évacuation des
débits de projet noté 𝑄𝑃 .

Ces études s’effectuent à l’aide de documents cartographiques et des données


climatographiques collectées respectivement auprès de IGB (Institut Géographique du Burkina)
et des directions Météorologique.

2.3.1- Etude des paramètres physiques du bassin versant


❖ Définition

Le bassin versant en amont de la section d’un cours d’eau se définit comme la totalité de la
surface topographique drainée par ce cours d’eau et ses affluents en amont de ladite section.
Cette section est appelée exutoire et correspond au site d’implantation du barrage de l’ouvrage
à savoir un dalot, un barrage, un pont, une route…

Le bassin versant est délimité par une ligne imaginaire appelée ligne de crête ou ligne de
partage des eaux.

❖ Recommandation pour le tracé d’un bassin versant

Le tracé d’un bassin versant est de la manière suivante :

▪ Repérer les coordonnées de l’exutoire (site de l’ouvrage) sur le terrain à l’aide d’un GPS
▪ Positionner l’exutoire sur un document cartographique
▪ Chercher sur les documents cartographiques de la zone de projet :
o Les coordonnées cartésiennes (X = … ; Y = …) où
o Les coordonnées graphiques (longitude = …o ; …’ ; …’’) (latitude = …o ; …’;
…’’)
▪ Rechercher le sens de l’écoulement
o Exploiter les données altimétriques (les points cotés ou les courbes de niveau)
du point le plus élevé (forte altitude) au point le plus bas (faible altitude).
o Exploiter le réseau hydrographique (petits cours d’eau matérialisé en trait fin
vont alimenter les grands cours d’eau matérialisés en trait fort).
o La nature du réseau permet d’avoir une idée sur le sens de l’écoulement
▪ Procéder au tracé du bassin versant en amont de l’exutoire.

Recommandations : Ne jamais couper un cours d’eau. Dans les zones de fortes altitudes
(collines) la ligne de crête doit traverser le milieu des courbes de niveau.
Pour la détermination de la superficie du bassin versant, on peut passer par la méthode
classique. On reporte le bassin versant sur un papier millimétré, on obtient une valeur théorique
que l’on doit ramener à l’échelle pour avoir la valeur réelle.

❖ La superficie et le périmètre du bassin versant

La superficie et le périmètre du bassin versant peuvent être déterminer par la méthode classique
à l’aide de la figure géométrique élémentaire contenu dans le bassin versant et les valeurs
théoriques obtenues doivent être ramener en valeur réelle et prenant en compte l’échelle de la
carte.

La superficie et le périmètre du bassin versant peuvent être respectivement déterminer à l’aide


d’un planimètre et un curvimètre. L’utilisation du logiciel cartographique (AutoCad, arcview,
google earth…) permet une obtention de la superficie et du périmètre après tracé du bassin
versant.

❖ L’indice de compacité ou indice de Gravelius (𝑰𝑮 𝒐𝒖 𝑲𝑺 )

𝑃 𝑃 𝑒𝑛 𝑘𝑚
𝐼𝐶 𝑜𝑢 𝐾𝐺 = 0,28 × 𝑎𝑣𝑒𝑐 {
√𝑆 𝑆 𝑒𝑛 𝑘𝑚²

NB : lorsque
𝐼𝐶 < 1 𝑙𝑒 𝑏𝑎𝑠𝑠𝑖𝑛 𝑣𝑒𝑟𝑠𝑎𝑛𝑡 𝑒𝑠𝑡 𝑑𝑒 𝑓𝑜𝑟𝑚𝑒 𝑎𝑟𝑟𝑜𝑛𝑑𝑖𝑒 𝑎𝑣𝑒𝑐 𝑢𝑛 é𝑐𝑜𝑢𝑙𝑒𝑚𝑒𝑛𝑡 𝑟𝑎𝑝𝑖𝑑𝑒
{
𝐼𝐶 > 1 𝑙𝑒 𝑏𝑎𝑠𝑠𝑖𝑛 𝑣𝑒𝑟𝑠𝑎𝑛𝑡 𝑒𝑠𝑡 𝑑𝑒 𝑓𝑜𝑟𝑚𝑒 𝑎𝑙𝑙𝑜𝑛𝑔é𝑒 𝑎𝑣𝑒𝑐 𝑢𝑛 é𝑐𝑜𝑢𝑙𝑒𝑚𝑒𝑛𝑡 𝑙𝑒𝑛𝑡

❖ Longueur du rectangle équivalent (𝑳𝒆𝒒 )


Le rectangle équivalent représente un rectangle imaginaire de même superficie et de même
périmètre que le bassin versant étudier. La longueur du rectangle équivalent est donnée par la
méthode relation :

1
𝐶 𝐼 1,128 2 1 𝐶𝐼 1,128 2
𝐿𝑒𝑞 = 𝑆 2 × 1,128 [1 + (1 − ( ) )2 ] ou 𝐿𝑒𝑞 = √𝑠 × 1,128 [1 + √1 − ( ) ]
𝐼𝐶 𝐼𝐶

𝑃+√𝑃 2 −16∗𝑆 𝑃−√𝑃2 −16∗𝑆


𝐿𝑒𝑞 = . Pour la largeur du rectangle équivalent on a : 𝑙𝑒𝑞 =
4 4

❖ Indice globale des pentes

Il représente un coefficient caractérisant la pente longitudinale ou la pente globale du bassin


versant.

∆𝐻
𝐼𝑔 = 𝐿 𝑎𝑣𝑒𝑐 ∆𝐻 = 𝐴𝑙𝑡(5%) − 𝐴𝑙𝑡(95%) Obtenu à partir de la courbe hypsométrique.
𝑒𝑞

▪ Détermination de la courbe hypsométrique

Elle représente la variation surfacique du bassin en fonction des différentes altitudes établies
sur la base des courbes de niveau interceptant le bassin versant. La superficie élémentaire
comprise entre 2 courbes de niveau successives est obtenue par la planimétrie et ramener en %
par rapport à la superficie totale du bassin versant.

Exemple :

Altitude (m) 242 240 235 230 225 220 217


Surface élémentaire (%) 0 13 24 30 20 9 4
Surface cumulées (%) 0 13 37 67 87 96 100
Courbe Hypsométrique
245

240

235

230

225

220

215
0 20 40 60 80 100 120

La valeur des indices global de la pente est exprimé en m/km, m/m, % ou ‰

Cet indice permet une appréciation du bassin versant et une classification des différents reliefs
a été proposé par les chercheurs du CIEH et l’ORSTOM. Ainsi on distingue :

▪ Bassin du type 𝐑 𝟏 → 𝐈𝐠 < 𝟎, 𝟐% 𝐨𝐮 𝟐 ‰ 𝐨𝐮 𝟐𝐦/𝐤𝐦.


▪ Bassin du type 𝐑 𝟐 → 𝟎, 𝟐 ≤ 𝐈𝐠 < 𝟎, 𝟓%
▪ Bassin du type 𝐑 𝟑 → 𝟎, 𝟓 ≤ 𝐈𝐠 < 𝟏%
▪ Bassin du type 𝐑 𝟒 → 𝟏 ≤ 𝐈𝐠 < 𝟐%
▪ Bassin du type 𝐑 𝟓 → 𝟐 ≤ 𝐈𝐠 < 𝟓%
▪ Bassin du type 𝐑 𝟔 → 𝐈𝐠 ≥ 𝟓%

A ce type de relief correspond des zones de plaines, de plateau, de collines et de montagnes.


Ainsi le bassin versant de type : R1 ; R2 → zones de plaines, R3 → zones de plateaux, R4 ;
R5 → zones de collines, R6 → zones de montagnes.

❖ Perméabilité ou infiltrabilité du bassin versant

La géologie du bassin versant et la couverture végétale en surface représente deux paramètres


qui influenceront l’écoulement de surface. Il caractérise la perméabilité et l’infiltration.

La détermination de la perméabilité du bassin versant s’effectuera à l’aide de document


cartographique (carte de perméabilité fournit par le BUMIGEB).

Une classification normalisée de la perméabilité du bassin versant a été proposé par les
chercheurs du CIEH et l’ORSTOM. On distingue :
- Bassin du type P1 : il représente un bassin rigoureusement imperméable (bassin
entièrement rocheux ou argileux)
- Bassin du type P2 ou I : il représente un bassin rigoureusement imperméable à l’ordre
de 80 à 90% avec des zones de perméabilité de faible étendue de l’ordre de 10 à 20%.
- Bassin du type P3 ou RI : il représente un bassin relativement imperméable avec des
proportions égales de sol imperméable et perméable. Ces bassins généralement
constitués de couvertures végétales non négligeables.
- Bassin du type P4 ou P : il correspond à un bassin perméable constitué de fragments
rocheux avec des produits de décomposition granitiques très disloqués.
- Bassin du type P5 ou TP : il correspond probablement à un bassin perméable constitué
d’affleurement rocheux très disloqués ou de carapaces latéritiques extrêmement
fissurés.
❖ La densité de drainage 𝑫𝒅

Elle exprime le rapport entre la longueur totale du réseau hydrographique et la superficie du


bassin versant.

𝐷𝑑 ∶ 𝑑𝑒𝑛𝑠𝑖𝑡é 𝑑𝑒 𝑑𝑟𝑎𝑖𝑛𝑎𝑔𝑒 𝑒𝑛 𝑘𝑚/𝑘𝑚2


𝑛
∑𝑛𝑖=1 𝐿𝑖
𝐷𝑑 = 𝑎𝑣𝑒𝑐 ∑ 𝐿𝑖 ∶ 𝑙𝑜𝑛𝑔𝑢𝑒𝑢𝑟 𝑡𝑜𝑡𝑎𝑙𝑒 𝑑𝑢 𝑟𝑒𝑠𝑒𝑎𝑢 𝑒𝑛 𝑘𝑚
𝑆𝑇
𝑖=1
{𝑆𝑇 ∶ 𝑠𝑢𝑝𝑒𝑟𝑓𝑖𝑐𝑖𝑒 𝑑𝑢 𝑏𝑎𝑠𝑠𝑖𝑛 𝑣𝑒𝑟𝑠𝑎𝑛𝑡 𝑒𝑛 𝑘𝑚²

2.3.2- Détermination du débit de projet 𝑸𝑷

La conception des ouvrages hydraulique (barrage, ouvrage de franchissement, caniveaux…)


nécessite la détermination du débit de projet qui représente le débit maximal transitant dans
l’ouvrage. Il est calculé à partir d’un choix judicieux de la période de retour.

La période de retour est définie comme une fréquence d’apparition de phénomène (la pluie, une
crue exceptionnelle, la sécheresse…) liée à la loi du hasard. Le phénomène apparait une fois
durant la période de retour donnée mais la date de manifestation reste cependant inconnue.

Exemple : une crue décennale survient à l’exutoire d’un bassin uniquement tous les 10 ans.

Le débit de projet peut être déterminer à partir des données hydrométriques du cours d’eau à
l’aide des formules empiriques en cas d’inexistence de données sur le cours d’eau étudié. Les
formules empiriques les plus utilisé se présente comme suit :

❖ Méthode rationnelle
La méthode s’applique sur des bassins de superficie 𝑆 ≤ 4 𝑘𝑚². Le débit de projet est déterminé
par la relation suivante :

𝐶 ∶ 𝑐𝑜𝑒𝑓 𝑑𝑒 𝑟𝑢𝑖𝑠𝑠𝑒𝑙𝑙𝑒𝑚𝑒𝑛𝑡
1
𝑄10 = × 𝐶. 𝐼. 𝐴 ← (ℎ𝑎) 𝐼 ∶ 𝑖𝑛𝑡𝑒𝑛𝑠𝑖𝑡é 𝑑𝑒 𝑙𝑎 𝑝𝑙𝑢𝑖𝑒 𝑒𝑛 𝑚𝑚/ℎ
{ 360 𝑎𝑣𝑒𝑐
𝐴 ∶ 𝑠𝑢𝑝𝑒𝑟𝑓𝑖𝑐𝑖𝑒 𝑑𝑢 𝑏𝑣 𝑒𝑛 𝑘𝑚2
𝑄10 = 0,278 × 𝐶. 𝐼. 𝐴 ← (𝑘𝑚²)
{𝑄10 ∶ 𝑑é𝑏𝑖𝑡 𝑑𝑒𝑐𝑒𝑛𝑛𝑎𝑙 𝑒𝑛 𝑚3 /𝑠

L’intensité de la pluie peut être déterminer par les formules empiriques suivantes :

−𝐵
1 𝐿1,15 1 𝐿0,77
𝐼 = 𝐴𝑡𝑐 𝑎𝑣𝑒𝑐 𝑡𝑐 = × 𝑜𝑢 𝑡𝑐 = ×
52 𝐻 0,385 52 𝑃0,38

𝑡𝑐 ∶ 𝑡𝑒𝑚𝑝𝑠 𝑑𝑒 𝑐𝑜𝑛𝑐𝑒𝑛𝑡𝑟𝑎𝑡𝑖𝑜𝑛 𝑐𝑎𝑙𝑐𝑢𝑙é à 𝑝𝑎𝑟𝑡𝑖𝑟 𝑑𝑒 𝐾𝐼𝑅𝑃𝐼𝐶𝐻


(𝐴, 𝐵): 𝑐𝑜𝑒𝑓𝑓𝑖𝑐𝑖𝑒𝑛𝑡 𝑑𝑒 𝑀𝑜𝑛𝑡𝑎𝑛𝑎 𝑓𝑜𝑛𝑐𝑡𝑖𝑜𝑛 𝑑𝑒 𝑙𝑎 𝑧𝑜𝑛𝑒
Avec : 𝐿 ∶ 𝑙𝑒 𝑝𝑙𝑢𝑠 𝑙𝑜𝑛𝑔 𝑐ℎ𝑒𝑚𝑖𝑛 ℎ𝑦𝑑𝑟𝑎𝑢𝑙𝑖𝑞𝑢𝑒
𝐻 ∶ 𝑙𝑎 𝑑𝑒𝑛𝑖𝑣𝑒𝑙𝑙é𝑒 𝑒𝑛𝑡𝑟𝑒 𝑙𝑒 𝑠𝑜𝑚𝑚𝑒𝑡 𝑒𝑡 𝑙 ′ 𝑒𝑥𝑢𝑡𝑜𝑖𝑟𝑒𝑑𝑢 𝑏𝑣
{ 𝑃 ∶ 𝑙𝑎 𝑝𝑒𝑛𝑡𝑒 𝑚𝑜𝑦𝑒𝑛𝑛𝑒 𝑑𝑢 𝑏𝑎𝑠𝑠𝑖𝑛 𝑣𝑒𝑟𝑠𝑎𝑛𝑡

Tableau : coefficient (a, b) fonction de la zone d’étude (zone sahélo-soudanienne)

Coefficient a
Période de retour (T) 1 an 2 ans 5 ans 10 ans 20 ans
Coefficient 𝑏 = 0,5 5,4 6 6,9 7,5 8,2

❖ La méthode d’ORSTOM

Encore appelé méthode de RODIER AUVRAY permet la détermination du débit décennal sur
les grands bassins versants 4 < 𝑆 < 200𝑘𝑚². L’expression se présente sous la forme de :

𝑄10 ∶ 𝑑é𝑏𝑖𝑡 𝑑é𝑐𝑒𝑛𝑛𝑎𝑙 𝑒𝑛 𝑚3 /𝑠


𝐴 ∶ 𝑐𝑜𝑒𝑓 𝑑 ′ 𝑎𝑏𝑎𝑡𝑡𝑒𝑚𝑒𝑛𝑡
𝛼0 ∶ 𝑐𝑜𝑒𝑓 𝑑𝑒 𝑝𝑜𝑖𝑛𝑡𝑒 𝑒𝑥𝑡𝑖𝑚é à 2,6 à 2,7
𝑆
𝑄10 = 𝐴 × 𝛼0 × 𝑃10 × 𝐾𝑟10 × 𝑎𝑣𝑒𝑐 𝑃10 ∶ 𝑝𝑙𝑢𝑖𝑒 max 𝑗𝑜𝑢𝑟𝑛𝑎𝑙𝑖è𝑟𝑒 𝑒𝑛 𝑚
𝑇𝑏
𝐾𝑟10 ∶ 𝑐𝑜𝑒𝑓 𝑑𝑒 𝑟𝑢𝑖𝑠𝑠𝑒𝑙𝑙𝑒𝑚𝑒𝑛𝑡 %
𝑆 ∶ 𝑠𝑢𝑝𝑒𝑟𝑓𝑖𝑐𝑖𝑒 𝑒𝑛 𝑚2
{ 𝑇𝑏 ∶ 𝑡𝑒𝑚𝑝𝑠 𝑑𝑒 𝑏𝑎𝑠𝑒 𝑒𝑛 𝑠

▪ Détermination des paramètres de la formule


- Coefficient d’abattement

161 − 0,042 × 𝑃𝑎𝑛 𝑃𝑎𝑛 ∶ 𝑝𝑙𝑢𝑖𝑒 𝑎𝑛𝑛𝑢𝑒𝑙𝑙𝑒 𝑒𝑛 𝑚𝑚


𝐴=1−[ log(𝑆)] 𝑎𝑣𝑒𝑐 {
1000 𝑆 ∶ 𝑠𝑢𝑝𝑒𝑟𝑓𝑖𝑐𝑖𝑒 𝑑𝑢 𝑏𝑣 𝑒𝑛 𝑘𝑚2
- Coefficient de ruissellement
𝑎𝑝𝑝𝑟𝑜𝑐ℎ𝑒 𝑎𝑛𝑎𝑙𝑦𝑡𝑖𝑞𝑢𝑒
Deux approches : {
𝑎𝑝𝑝𝑟𝑜𝑐ℎ𝑒 𝑔𝑟𝑎𝑝ℎ𝑖𝑞𝑢𝑒 à 𝑙 ′ 𝑎𝑖𝑑𝑒 𝑑𝑒𝑠 𝑎𝑏𝑎𝑞𝑢𝑒𝑠
❖ Méthode de CIEH

Cette méthode propose la détermination du débit décennal pour de grands bassins versants et
l’expression générale se présente sous la forme :

𝑄10 = 𝐾 × 𝑆 𝑠 × 𝑃𝑝 × 𝐼𝑔𝑖 × 𝐾𝑟10 𝑘 × 𝐷𝑑 𝑑 ….

Avec : K, s, p, i, k et d les coefficients qui varie suivant la zone du projet

Les équations 39 et 40 pour les cas du Burkina Faso se présente sous la forme :

𝑄10 𝑒𝑛 𝑚3 /𝑠
𝑄 = 0,41 × 𝑆 0,425 × 𝑘𝑟10 0,923 (39) 𝑆 𝑒𝑛 𝑘𝑚2
{ 10 𝑎𝑣𝑒𝑐
𝑄10 = 0,254 × 𝑆 0,46 × 𝑘𝑟10 0,976 × 𝐼𝑔0,101 (40) 𝑘𝑟10 𝑒𝑛 % 𝑒𝑛 𝑣𝑎𝑙𝑒𝑢𝑟 𝑟é𝑒𝑙𝑙𝑒
{ 𝐼𝑔 𝑒𝑛 𝑚/𝑘𝑚

❖ Méthode de GRADEX

La méthode de GRADEX permet une détermination du débit de projet à partir du débit décennal
obtenu par la méthode de CIEH et d’ORSTOM. L’approche de la méthode de GRADEX se
fonde sur l’hypothèse que le débit de projet et le débit décennal sont liées par une relation
linéaire de la forme :

𝑇𝑏 0,12
𝑃𝑝𝑟𝑜𝑗𝑒𝑡 −𝑃10 ( )
24
𝑄𝑝𝑟𝑜𝑗𝑒𝑡 = 𝐶 × 𝑄10 Avec 𝐶 = 1 + [ × ]
𝑃10 𝐾𝑟10

C= coefficient majorateur >1

Pprojet : Pluie maximal journalière pour la période de retour quelconque

𝑷𝟏𝟎 = pluie maximal journalière pour T=10 ans

𝑻𝒃 = temps de base (h)

𝑲𝒓𝟏𝟎 = coefficient du ruissellement (valeur réelle)

2.4- Etude du bilan d’eau de la retenue


L’étude du bilan d’eau dans la retenue se donne pour objectif de préciser la vocation réelle du
barrage en tenant compte de la morphologie de la cuvette et des ressources en eau disponibles.
Cette étude du bilan nécessite alors :

- La détermination des apports liquides et solides ;


- La détermination des pertes en eaux par évaporation et par infiltration ;
- L’estimation des besoins en eaux suivants la vocation du barrage ;
- La détermination du volume de la cuvette à travers les études topographiques.

2.4.1- Détermination des apports liquides et solides


[Link]- Détermination des apports liquides

Les apports liquides sont influencés par plusieurs facteurs à savoir :

- La superficie du bassin versant ;


- La pluviométrie annuelle de la zone ;
- La morphologie du bassin versant (relief et imperméabilité)

Le volume des apports liquide peut être déterminer par la relation :

𝐕𝐥𝐢𝐪𝐮𝐢𝐝𝐞 = 𝐏𝐚𝐧 × 𝐒 × 𝐊 𝐞

Avec : 𝑉𝑙𝑖𝑞𝑢𝑖𝑑𝑒 : volume des apports liquide mobilisable à l’échelle annuelle sur le b.v

𝑃𝑎𝑛 : pluviométrie annuelle en m

𝑆 : superficie du bassin versant en m²

𝐾𝑒 : coefficient d’écoulement en % pris entre 3% à 6% pour la zone sahélienne


Remarque : sur les cours d’eaux à régime permanent, le volume des apports liquides peut être
déterminer à partir du débit moyen annuel correspondant au module du cours d’eau :

𝐕𝐥𝐢𝐪𝐮𝐢𝐝𝐞 = 𝐐𝐦𝐨𝐲 × 𝟑𝟔𝟓 × 𝟐𝟒 × 𝟑𝟔𝟎𝟎 (Régime permanent)

[Link]- Détermination des apports solides

Les apports solides sont issus de la dégradation des particules du bassin versant lors du
ruissellement des eaux de surface. Ces apports constituent des dépôts dans la cuvette du barrage
qui réduisent la capacité durant son fonctionnement.

L’évaluation des apports solides indispensable dans une étude de projet de barrage permet une
meilleure appréciation des volumes d’eau pour les besoins.

Cette évaluation s’effectue par la détermination de la dégradation spécifique du bassin versant


notée D et plusieurs relations empiriques ont été fournis par les chercheurs.

▪ Formule de GRESILLON ou CIEH-EIER

−𝟐,𝟐
𝐷 ∶ 𝑑é𝑔𝑟𝑎𝑑𝑎𝑡𝑖𝑜𝑛 𝑠𝑝é𝑐𝑖𝑓𝑖𝑞𝑢𝑒 𝑒𝑛 𝑚3 /𝑘𝑚2 /𝑎𝑛
𝐏
𝐃 = 𝟕𝟎𝟎 × (𝟓𝟎𝟎) × 𝐒 −𝟎,𝟏 𝑎𝑣𝑒𝑐 { 𝑃 ∶ 𝑝𝑙𝑢𝑣𝑖𝑜𝑚é𝑡𝑟𝑖𝑒 𝑎𝑛𝑛𝑢𝑒𝑙𝑙𝑒 𝑒𝑛 𝑚𝑚
𝑆 ∶ 𝑠𝑢𝑝𝑒𝑟𝑓𝑖𝑐𝑖𝑒 𝑑𝑢 𝑏𝑎𝑠𝑠𝑖𝑛 𝑣𝑒𝑟𝑠𝑎𝑛𝑡 𝑒𝑛 𝑘𝑚2

Remarque : la formule de GRESILLON est le plus utilisée au BURKINA FASO car elle
provient d’expérience menée sur des barrages nationaux.

▪ Formule de GOTTSCHALK

𝐷 ∶ 𝑑é𝑔𝑟𝑎𝑑𝑎𝑡𝑖𝑜𝑛 𝑠𝑝é𝑐𝑖𝑓𝑖𝑞𝑢𝑒 𝑒𝑛 𝑚3 /𝑘𝑚2 /𝑎𝑛


𝐃 = 𝟐𝟔𝟎 × 𝐒 −𝟎,𝟏 𝑎𝑣𝑒𝑐 {
𝑆 ∶ 𝑠𝑢𝑝𝑒𝑟𝑓𝑖𝑐𝑖𝑒 𝑑𝑢 𝑏𝑎𝑠𝑠𝑖𝑛 𝑣𝑒𝑟𝑠𝑎𝑛𝑡 𝑒𝑛 𝑘𝑚2

Le volume des apports solides peut être déterminer à partir de la dégradation spécifique, la
superficie du bassin versant et de la durée de vie de l’ouvrage. Elle est obtenue à partir de la
𝑉𝑠𝑜𝑙𝑖𝑑𝑒 ∶ 𝑣𝑜𝑙𝑢𝑚𝑒 𝑑𝑒𝑠 𝑎𝑝𝑝𝑜𝑟𝑡𝑠 𝑠𝑜𝑙𝑖𝑑𝑒
𝐷 ∶ 𝑑é𝑔𝑟𝑎𝑑𝑎𝑡𝑖𝑜𝑛 𝑠𝑝é𝑐𝑖𝑓𝑖𝑞𝑢𝑒 𝑒𝑛 𝑚3 /𝑘𝑚2 /𝑎𝑛
relation : 𝐕𝐬𝐨𝐥𝐢𝐝𝐞 = 𝐃 × 𝐒 × 𝐧 𝑎𝑣𝑒𝑐 {
𝑆 ∶ 𝑠𝑢𝑝𝑒𝑟𝑓𝑖𝑐𝑖𝑒 𝑑𝑢 𝑏𝑎𝑠𝑠𝑖𝑛 𝑣𝑒𝑟𝑠𝑎𝑛𝑡 𝑒𝑛 𝑘𝑚2
𝑛 ∶ 𝑛𝑜𝑚𝑏𝑟𝑒 𝑑′ 𝑎𝑛𝑛é𝑒 𝑒𝑛 𝑎𝑛

A l’échelle de 1 𝑎𝑛 ∶ 𝑉𝑠𝑜𝑙𝑖𝑑𝑒 = 𝐷 × 𝑆

2.4.2- Détermination des pertes par évaporation et par infiltration


[Link]- Pertes d’eau par évaporation
Les pertes d’eau par évaporation sont mesurées à l’échelle journalière dans les stations
météorologiques à l’aide du bac « classe A ». L’évaluation des pertes d’eau à la surface du
barrage nécessite une collection des données de l’évaporation journalière issue du bac pour tenir
compte de la charge hydraulique 𝒉𝒆 au niveau du barrage. La méthode de POUYAUD est
généralement utilisée par les corrections des données de l’évaporation au zone sahélienne et
tropicale sèche.

𝟎,𝟔𝟎𝟐
𝐄𝐏𝐥𝐚𝐧 𝐝"𝐞𝐚𝐮 = 𝟏, 𝟔𝟔𝟒 × 𝐄𝐛𝐚𝐜 𝐜𝐥𝐚𝐬𝐬𝐞 𝐀

𝐸 ∶ é𝑣𝑎𝑝𝑜𝑟𝑎𝑡𝑖𝑜𝑛 𝑗𝑜𝑢𝑟𝑛𝑎𝑙𝑖è𝑟𝑒 𝑠𝑢𝑟 𝑙𝑒 𝑏𝑎𝑟𝑟𝑎𝑔𝑒 𝑒𝑛 𝑚𝑚


Avec : { 𝑃𝑙𝑎𝑛 𝑑"𝑒𝑎𝑢
𝐸𝑏𝑎𝑐 "𝑐𝑙𝑎𝑠𝑠𝑒 𝐴" ∶ é𝑣𝑎𝑝𝑜𝑟𝑎𝑡𝑖𝑜𝑛 𝑗𝑜𝑢𝑟𝑛𝑎𝑙𝑖è𝑟𝑒 𝑖𝑠𝑠𝑢𝑒 𝑑𝑢 𝑏𝑎𝑐 "𝑐𝑙𝑎𝑠𝑠𝑒 𝐴" 𝑒𝑛 𝑚𝑚

Une méthode simplifiée permet une correction de l’évaporation issue du bac classe « classe A »
pour l’estimation à la surface du plan d’eau de l’évaporation.

𝐄𝐩𝐥𝐚𝐧 𝐝′𝐞𝐚𝐮 = 𝐊 × 𝐄𝐛𝐚𝐜"𝐜𝐥𝐚𝐬𝐬𝐞 𝐀"

𝑎𝑣𝑒𝑐 𝐾 𝑐𝑜𝑚𝑝𝑟𝑖𝑠 𝑒𝑛𝑡𝑟𝑒 0,7 𝑒𝑡 0,8 𝑒𝑛 𝑧𝑜𝑛𝑒 𝑠𝑎ℎ𝑒𝑙𝑖𝑒𝑛𝑛𝑒 𝑒𝑡 𝑡𝑟𝑜𝑝𝑖𝑐𝑎𝑙𝑒 𝑠è𝑐ℎ𝑒

La méthode est applicable au temps de pas des temps journaliers, mensuel et annuel.

Remarque : le volume d’eau évaporé au niveau de la cuvette peut être estimé à partir de la lame
d’eau évaporé (𝑬𝒑𝒍𝒂𝒏 𝒅′𝒆𝒂𝒖 ) en se référant à la courbe hauteur-volume de la cuvette :

𝐕𝐜𝐮𝐯𝐞𝐭𝐭𝐞 = 𝐕𝐢 − 𝐕é𝐯𝐚𝐩𝐨𝐫é

[Link]- Pertes d’eau par infiltration

Les pertes d’eau par infiltration sont influencées par la nature biologique de la cuvette du
barrage. Les investigations géotechniques réalisées sur la cuvette du barrage veilleront à la
recherche d’une cuvette imperméable. Les dépôts solides constitueront en outre une diminution
progressive des pertes d’eau par infiltration, celle-ci pourrait alors être négligé par le concepteur
lors des études.

Les pertes d’eau par infiltration peuvent être approximées à 10% de la charge utile (niveau
d’eau maximale dans le lit mineur)
2.4.3- Estimation des besoins en eau

La réalisation d’un barrage est justifiée par une ou plusieurs raisons caractérisant la vocation de
l’ouvrage. L’estimation des besoins en eau est indispensable lors des études car elle définira les
dimensions optimales de l’ouvrage. Cette évaluation des besoins en eau tient compte des
normes en vigueur.

[Link]- Normes en AEP


- Centre urbain : 150 litres/jour/habitant
- Centre secondaire : 70 litres/jour/habitant
- Centre ruraux : 40 litres/jour/habitant

Remarque : ces normes proposées tiennent compte de la procédure de traitement avant la


distribution dans l’agglomération.

L’estimation des besoins en eau dans un projet AEP se fera pour une population à l’horizon du
projet. Et cette population est déterminée par la relation :

𝑃𝑛 ∶ 𝑝𝑜𝑝𝑢𝑙𝑎𝑡𝑖𝑜𝑛 à 𝑙"ℎ𝑜𝑟𝑖𝑧𝑜𝑛 𝑑𝑢 𝑝𝑟𝑜𝑗𝑒𝑡


𝑃0 ∶ 𝑝𝑜𝑝𝑢𝑙𝑎𝑡𝑖𝑜𝑛 𝑖𝑛𝑖𝑡𝑖𝑎𝑙𝑒 à 𝑙 ′ 𝑎𝑛𝑛é𝑒
𝐏𝐧 = 𝐏𝟎 (𝟏 + 𝐚)𝐧 𝑎𝑣𝑒𝑐
𝑎 ∶ 𝑡𝑎𝑢𝑥 𝑑′ 𝑎𝑐𝑐𝑟𝑜𝑖𝑠𝑠𝑒𝑚𝑒𝑛𝑡𝑑𝑒 𝑙𝑎 𝑝𝑜𝑝𝑢𝑙𝑎𝑡𝑖𝑜𝑛
{𝑛 ∶ 𝑙 ′ ℎ𝑜𝑟𝑖𝑧𝑜𝑛 𝑑𝑢 𝑝𝑟𝑜𝑗𝑒𝑡 𝑜𝑢 𝑙𝑎 𝑑𝑢𝑟é𝑒 𝑑𝑒 𝑣𝑖𝑒 𝑑𝑢 𝑝𝑟𝑜𝑗𝑒𝑡

L’estimation des besoins en eau pour un barrage à vocation AEP s’effectuera à partir de la
population à l’horizon du projet déterminée par la relation :

𝐁𝐞𝐬𝐨𝐢𝐧 𝐞𝐧 𝐞𝐚𝐮 (𝐀𝐄𝐏) = 𝐍𝐨𝐫𝐦𝐞 × 𝟑𝟔𝟓 × 𝐏𝐧


[Link]- Normes agricoles

Les besoins en eau des cultures varient suivant les différentes spéculations. Ainsi :

- Riziculture :150 à 175 𝑚3 /𝑗𝑜𝑢𝑟/ℎ𝑎 soit 13000 𝑚3 /ℎ𝑎 en saison pluvieuse et soit
25000 𝑚3 /ℎ𝑎 en saison sèche
- Maraichage : 100 𝑚3 /𝑗𝑜𝑢𝑟/ℎ𝑎 soit 15000 𝑚3 /ℎ𝑎 à 25000 𝑚3 /ℎ𝑎
- Culture de céréales : 100 𝑚3 /𝑗𝑜𝑢𝑟/ℎ𝑎 soit 4000 𝑚3 /ℎ𝑎

Remarque : une moyenne de 20000 𝑚3 à 25000 𝑚3 /ℎ𝑎 est généralement adopté dans
l’estimation des besoins agricoles dans un projet d’étude de barrage.

[Link]- Normes pastorales


- Bovins : 30 litres à 40 litres ; 1 à 2 fois/jour
- Petits ruminants (caprins) : 5 litres à 10 litres ; 1 jour
- Chevaux : 20 litres à 30 litres ; 1 fois/jour
- Anes : 10 litres à 13 litres ; 1 fois/jour
- Chameaux : 60 litres à 90 litres ; 1 fois/jour

Remarque : la densité maximale est limitée à 6000 têtes pour les ouvrages en zones sahéliennes.
Les valeurs précises pourraient être recueillis auprès des structures spécialisées de l’élevage et
l’étude du bilan d’eau nécessite la prise en compte des différents prélèvements des pertes dans
la retenue.

Si la capacité du barrage est suffisante avec des ressources en eaux disponibles sur le bassin, la
totalité des besoins en eaux sera maintenue : le barrage pourra ainsi répondre à sa vocation
première. Dans le cas contraire les besoins en eau seront revus à la baisse pour tenir compte de
la morphologie de la cuvette et des ressources en eau disponible sur le terrain.

2.5- Etudes géotechniques et géologiques


Elles sont indispensables dans un projet de barrage, et ont pour objectif d’apprécier la nature
des sols de fondation de l’axe de la digue ainsi que la couverture géologique de la cuvette du
barrage. Les études géotechniques et géologiques veillent entre autres à la recherche de la zone
d’emprunt des matériaux pour le corps de la digue et des sites d’agrégats (sable, quartz, etc…)
pour les ouvrages en béton. Plusieurs sondages sont effectués suivi d’essais géotechniques en
laboratoire pour une appréciation des matériaux prélevés. Les différents essais généralement
effectués pour les projets de barrage se résument comme suit :
❖ La granulométrie, les limites d’Atterberg pour une identification du matériau.
❖ Les essais Proctor pour une appréciation de la teneur en eau et de la densité sèche
maximale.
❖ Les essais spécifiques sur les agrégats : Equivalence de sable, essai de formulation du
béton etc.

Les études géotechniques et géologiques recherchent les zones de fracture ou de faille à travers
des investigations géophysiques. La présence de failles ou de fractures sur l’axe de la digue ou
dans la cuvette nécessiteraient des traitements spécifiques (traitement par injection) ou
conduiront à l’abandon du site. Les investigations sur les ressources en eau de prélèvement pour
les travaux de barrage peuvent s’effectuer lors des études géotechniques et géologiques.

D’autres études interviendront sur le projet de barrage et seront exécutées par divers
spécialistes. Il s’agit entre autres :

❖ Les études environnementales ;


❖ Les études économiques ;
❖ Les études sociologiques et socio-économiques
CHAPITRE 3 : Dimensionnement des ouvrages (conception)

Le dimensionnement hydraulique du seuil se donne pour objectif de déterminer la longueur du


seuil ainsi que la charge max ℎ1 transitant par ce seuil. Ce dimensionnement peut s’effectuer à
partir du 𝑄𝑝𝑟𝑜𝑗𝑒𝑡 qui est le débit entrant dans la cuvette ou à partir du débit laminé. (Débit sortant
par le seuil 𝑄𝑙𝑎𝑚𝑖𝑛é )

La longueur hydraulique du seuil est donnée par l’expression suivante :

𝜇0 ∶ 𝑐𝑜𝑒𝑓 𝑓𝑜𝑛𝑐𝑡𝑖𝑜𝑛 𝑑𝑒 𝑙𝑎 𝑓𝑜𝑟𝑚𝑒 𝑑𝑢 𝑠𝑒𝑢𝑖𝑙


𝐿 ∶ 𝑙𝑜𝑛𝑔𝑢𝑒𝑢𝑟 ℎ𝑦𝑑𝑟𝑎𝑢𝑙𝑖𝑞𝑢𝑒 𝑑𝑢 𝑠𝑒𝑢𝑖𝑙 𝑒𝑛 𝑚
𝑄𝑝 ou 𝑄𝑙𝑎𝑚 = 𝜇0 × 𝐿 × ℎ𝑒 3/2 × √2𝑔 ℎ𝑒 ∶ 𝑐ℎ𝑎𝑟𝑔𝑒 ℎ𝑦𝑑𝑟𝑎𝑢𝑙𝑖𝑞𝑢𝑒 𝑚𝑎𝑥𝑖𝑚𝑎𝑙𝑒 𝑒𝑛 𝑚
{ 𝑜𝑢 𝑎𝑣𝑒𝑐
𝑔 𝑝é𝑠𝑒𝑛𝑡𝑒𝑢𝑟 𝑚/𝑠² = 9,81 𝑚/𝑠²
𝑄𝑝 ou 𝑄𝑙𝑎𝑚 = 𝜇0 × 𝐿 × ℎ𝑒 × √2𝑔ℎ𝑒
𝑄𝑃 ∶ 𝑑é𝑏𝑖𝑡 𝑒𝑛𝑡𝑟𝑎𝑛𝑡 𝑒𝑛 𝑚3 /𝑠
{ 𝑄𝑙 ∶ 𝑑é𝑏𝑖𝑡 𝑠𝑜𝑟𝑡𝑎𝑛𝑡 𝑒𝑛 𝑚3 /𝑠

𝜇0 = 0,43 ∶ 𝑐𝑟𝑒𝑡𝑒 𝑚𝑖𝑛𝑐𝑒


Quelques valeurs de 𝜇0 : {𝜇0 = 0,39 ∶ 𝑐𝑟𝑒𝑡𝑒 é𝑝𝑎𝑖𝑠𝑠𝑒
𝜇0 = 0,49 ∶ 𝑝𝑟𝑜𝑓𝑖𝑙 𝑑𝑒 𝑐𝑟𝑒𝑎𝑔𝑒𝑟
CHAPITRE 4 : Evaluations des cubatures

L’évaluation des cubatures est indispensable dans un projet d’étude de barrage en vue de la
détermination du cout global de l’ouvrage. Et cette évaluation nécessite un avant métré sur les
différents éléments constitutifs à l’issu d’une décomposition définitive.

4.1- Avant métré de la digue

Le volume de matériaux nécessaire à la réalisation de la digue est obtenu à partir des données
topographiques de l’axe de la digue.

Les données altimétriques du terrain naturel varient d’un profil à un autre contrairement à la
cote de la digue qui reste constante sur le profil longitudinal de l’axe de la digue de l’ouvrage.
Cela entraine une variation de la hauteur de la digue qui influencera la superficie transversale
de celle-ci.

4.2- Démarche globale pour l’évaluation des cubatures de la digue en terre


homogène

1ère étape : déterminer la hauteur 𝒉 de la digue à chaque profil donné à partir de la relation :

𝐡𝐝𝐢𝐠𝐮𝐞 = 𝐜𝐨𝐭𝐞 𝐝𝐢𝐠𝐮𝐞 − 𝐜𝐨𝐭𝐞 𝐓𝐍 𝐝é𝐜𝐚𝐩é𝐞

2ème étape : calculer la superficie transversale du corps de la digue à partir de la hauteur obtenue
et des dimensions transversales de la digue.

𝐡𝐢 𝐡𝐢
𝐒𝐢 = [𝐡𝐢 (𝐦𝟏 + 𝐦𝟐 ) + 𝐥𝐜 + 𝐥𝐜] × 𝐨𝐮 𝐒𝐢 = [𝐡𝐢 (𝐦𝟏 + 𝐦𝟐 ) + 𝟐𝐥𝐜] ×
𝟐 𝟐
3ème étape : déterminer la superficie transversale de la tranchée à chaque profil à partir de la
profondeur d’ancrage 𝑷𝒊 et des dimensions transversales de la tranchée

𝐩𝐫𝐨𝐟𝐨𝐧𝐝𝐞𝐮𝐫 𝐭𝐫𝐚𝐧𝐜𝐡é = 𝐜𝐨𝐭𝐞 𝐓𝐍 𝐝é𝐜𝐚𝐩é𝐞 − 𝐜𝐨𝐭𝐞 𝐟𝐨𝐧𝐝 𝐭𝐫𝐚𝐧𝐜𝐡é𝐞

La surface transversale de la tranchée au profil est donnée par la relation :

𝟏 𝟏 𝐏𝐢
𝐒′𝐢 = [𝐏𝐢 ( + ) + 𝟐𝐥′] ×
𝐦′𝟏 𝐦′𝟐 𝟐

4ème étape : déterminer la surface totale du corps de la digue + la tranchée à chaque profil

𝑺𝒊 ∶ 𝑠𝑢𝑟𝑓𝑎𝑐𝑒 𝑐𝑜𝑟𝑝𝑠 𝑑𝑖𝑔𝑢𝑒


𝐒𝐓𝐨𝐭𝐚𝐥 = 𝐒𝐢 + 𝐒′𝐢 𝒂𝒗𝒆𝒄 {
𝑺′𝒊 ∶ 𝑠𝑢𝑟𝑓𝑎𝑐𝑒 𝑡𝑟𝑎𝑛𝑐ℎé𝑒 𝑑′𝑎𝑛𝑐𝑟𝑎𝑔𝑒

5ème étape : déterminer la surface moyenne de la digue (corps digue + tranché d’ancrage) situé
entre deux profils successifs 𝑖 et 𝑖 + 1

𝐒𝐭𝐨𝐭𝐚𝐥 (𝐢) + 𝐒𝐭𝐨𝐭𝐚𝐥 (𝐢+𝟏)


𝐒𝐓𝐨𝐭𝐚𝐥 =
𝟐
6ème étape : déterminer le volume partiel 𝑽𝒊 des matériaux situés entre deux profils successifs
à partir de la distance partielles 𝒅𝒊 fournie par les levés topographiques.

𝐕𝐢 = 𝐒𝐦𝐨𝐲 × 𝐝𝐢

6ème étape : déterminer le volume total 𝑽𝒕𝒐𝒕𝒂𝒍 du remblai de la digue à partir du cumul des
différents volumes partiels
𝐧

𝐕𝐓𝐨𝐭𝐚𝐥 = ∑ 𝐕𝐢
𝐢=𝟏

4.3- Avant métré des ouvrages rigides

Le seuil déversant de type poids est implanté à une cote sur son emprise compte tenu du
caractère rigide de l’ouvrage (déversoir poids en béton armé ou en béton cyclopéen)

L’estimation du volume de béton est obtenue par l’expression :

𝑽𝑻 ∶ 𝑣𝑜𝑙𝑢𝑚𝑒 𝑑𝑒 𝑏é𝑡𝑜𝑛 𝑒𝑛 𝑚3
𝐕𝐓 = 𝐒𝐓 × 𝐋 𝑎𝑣𝑒𝑐 {𝑺𝑻 ∶ 𝑠𝑢𝑟𝑓𝑎𝑐𝑒 𝑡𝑟𝑎𝑛𝑠𝑣𝑒𝑟𝑠𝑎𝑙𝑒 𝑑𝑢 𝑠𝑒𝑢𝑖𝑙 𝑒𝑛 𝑚²
𝑳 ∶ 𝑙𝑜𝑛𝑔𝑢𝑒𝑢𝑟 ℎ𝑦𝑑𝑟𝑎𝑢𝑙𝑖𝑞𝑢𝑒 𝑑𝑢 𝑠𝑒𝑢𝑖𝑙 𝑒𝑛 𝑚

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