Année Universitaire 2023-2024
10 Juillet 2024
Session de Rattrapage
Université Ibn Zohr
Faculté des Sciences d’Agadir
Département de Physique
Examen de Mécanique Quantique I - SMP4
D UR ÉE 1 H 30 - AUCUN DOCUMENT N ’ EST AUTORIS É
N. B. : T OUTE R ÉPONSE NON D ÉMONTR ÉE OU NON JUSTIFI ÉE NE SERA PAS NOT ÉE !
Probl ème 1 Etude d’un puits de potentiel infini (10 pts)
Dans l’espace à une dimension, une particule quantique de masse m et d’énergie E est enfermée
dans un puits de potentiel infini :
(
V0 pour a ≤ x ≤ b,
V (x) =
+∞ pour x < a ou x > b .
avec : 0 < a < b et 0 < V0 < E.
1. Tracer l’allure de l’énergie potentielle.
2. (a) Écrire l’équation de Schrödinger indépendante du temps pour la région : a ≤ x ≤ b.
(b) Justifier que la fonction d’onde est nulle dans les régions x < a et x > b.
(c) Montrer que la dérivée première de la fonction d’onde est discontinue aux points x = a
et x = b.
3. Sachant que la solution générale de l’équation précédente est de la forme
φ (x) = Aeikx + Be−ikx
donner l’expression et la dimension de k.
4. En utilisant la condition à la limite au point x = a, montrer que
φ (x) = β sin k(x − α)
On explicitera α et β en fonction des données du problème.
5. En utilisant la condition à la limite au point x = b imposée à la fonction d’onde, montrez que
le vecteur d’onde k peut être exprimé en fonction de a, b et n (où n est un entier naturel).
6. (a) En déduire l’expression de φn (x) en fonction de n.
(b) Quelles sont les valeurs que peut prendre l’entier naturel n ?
(c) Tracer les deux premières fonctions d’onde.
1
7. (a) En déduire que l’énergie de la particule s’écrit sous la forme :
En = Dn2 +V0
On explicitera D en fonction des données du problème.
(b) Peut-on avoir En = V0 ? Justifier.
Probl ème 2 Probabilité de transition dans une molécule diatomique (10 pts)
On considère l’électron d’une molécule formée de deux atomes A et B. Soient |φA ⟩ et |φB ⟩ les
deux kets orthonormés qui décrivent l’état de cet électron lorsqu’il est localisé autour de A et de
B respectivement. L’hamiltonien H qui décrit l’état d’énergie de l’électron est de la forme :
H = H0 +W
H0 décrit l’électron lorsqu’il est localisé autour des atomes A et B. L’observable W rend compte de
la possibilité pour l’électron de passer d’un atome à l’autre. Ces deux observables sont définies
dans la base {|φA ⟩ , |φB ⟩} par :
H0 |φA ⟩ = E0 |φA ⟩ , H0 |φB ⟩ = E0 |φB ⟩
W |φA ⟩ = −a |φB ⟩ , W |φB ⟩ = −a |φA ⟩
E0 et a sont des constantes réelles.
1. (a) Écrire la matrice représentant H dans la base {|φA ⟩ , |φB ⟩}.
(b) Déterminer les valeurs propres E+ et E− de l’observable H.
(c) Déterminer les états propres |φ+ ⟩ et |φ− ⟩ de H correspondant à ces deux valeurs pro-
pres.
On suppose qu’à l’instant initial t = 0, l’électron est localisé autour de l’atome B, c’est-à-dire que
son état initial est |ψ(0)⟩ = |φB ⟩.
2. (a) Déterminer, dans la base {|φA ⟩ , |φB ⟩}, l’état |ψ(t)⟩ de l’électron à l’instant t > 0.
(b) Donner les probabilités PA (t) et PB (t) que l’électron soit localisé autour des atomes A et
B à l’instant t > 0.
(c) Tracer l’allure de PB (t) en fonction du temps. Conclure.
(d) Donner les instants tn où l’électron est parfaitement localisé autour de l’atome B.
(e) Quelle est la période d’oscillation de l’électron entre les atomes A et B ?
2 Pr. L. Rahili
Année Universitaire 2023-2024
10 Juillet 2024
Session de Rattrapage
Université Ibn Zohr
Faculté des Sciences d’Agadir
Département de Physique
Correction de l’Examen de Méca. Quantique I - SMP4
Probl ème 1 Etude d’un puits de potentiel infini (10 pts)
Dans l’espace à une dimension, une particule quantique de masse m et d’énergie E est enfermée
dans un puits de potentiel infini :
(
V0 pour a ≤ x ≤ b,
V (x) =
+∞ pour x < a ou x > b .
avec : 0 < a < b et 0 < V0 < E.
1. L’allure de l’énergie potentielle est donnée par la figure ci-dessous
1pt
2. (a) À l’intérieur du puits, où a ≤ x ≤ b et V (x) = V0 , on note la fonction d’onde par φ2 (x) ≡
φ (x), et on écrit l’équation de Schrödinger indépendante du temps comme :
h̄2 d 2 φ (x) 2m
− 2
+V0 φ (x) = E φ (x) soit encore φ ′′ (x) + 2 (E −V0 ) φ (x) = 0 1pt (1)
2 m dx h̄
(b) La fonction d’onde dans les régions x < a et x > b :
Classiquement, la particule étant piégée dans le puits entre a et b (ne peut qu’osciller
entre ces deux parois) et donc n’existe pas en dehors.
Quantiquement parlant sa probabilité de présence dans les régions x < a (1) et x > b
(3) est nulle et par suite les fonctions d’onde (φ1 et φ3 ) dans ces régions (l’extérieur du
puits) est identiquement nulle. 0.5pt
1
(c) Dérivée première de la fonction d’onde est discontinue aux points x = a et x = b
au point x=a
Considérons un nombre ε très petit et intégrons l’équation (1) entre a − ε et a + ε :
Z a+ε Z a+ε ia+ε 2 m Z a+ε
′′ 2m h
′
φ (x)dx = 2
[V0 − E]φ (x)dx =⇒ φ (x) = 2 [V0 − E]φ (x)dx
a−ε a−ε h̄ a−ε h̄ a−ε
ensuite faisons tendre ε vers 0, il s’en suit que
Z a+ε
′ + ′ 2m
−
h i
φ (a ) − φ (a ) = 2 lim [V (x) − E]φ (x)dx → ∞
h̄ ε→0 a−ε
Donc la dérivée première n’est pas continue au point x = a.
Même raisonnement pour x = b. 1pt
3. La forme de la solution générale de l’équation de Schrödinger est de la forme
φ (x) = Aeikx + Be−ikx
Cela suggère que dans l’équation de Schrödinger, on doit poser :
r
2 2m 2m
k = 2 (E −V0 ) =⇒ k = (E −V0 ) (E > V0 ) (2)
h̄ h̄2
L’argument de l’exponentiel dans la solution doit être sans dimension : ikx sans dimension
=⇒ la dimension de k est celle de l’inverse d’une distance (m−1 ). 0.5pt
4. En utilisant la condition de raccordement (continuité) au point x = a, on écrit :
φ1 (x = a− ) = φ2 (x = a+ ) =⇒ Aeika + Be−ika = 0 =⇒ B = −Ae2ika
et donc
φ (x) = Aeikx − Ae2ika e−ikx = Aeika eikx−ika − e−ikx+ika = Aeika eik(x−a) − e−ik(x−a)
soit alors
φ (x) = 2iAeika sin k(x − a)
En posant β = 2iAeika et α = a, on écrit finalement
φ (x) = β sin k(x − α) 1pt
5. La continuité de la fonction d’onde au point x = b nous permet d’écrire :
φ2 (x = b− ) = φ3 (x = b+ ) = 0 =⇒ β sin k(b − α) = 0 =⇒ k(b − a) = n π
ce qui donne :
nπ
k= 1pt (3)
b−a
6. (a) expression de φn (x) en fonction de n.
D’apres ce qui precede, on écrit :
nπ
φ (x) = φn (x) = β sin x−a 0.5pt
b−a
2
(b) Les valeurs que peut prendre l’entier naturel n
La fonction d’onde φ (x) doit être non nulle car la probabilité de présence de la particule
dans le puits est non nulle =⇒ n ̸= 0, n est donc un entier naturel non nul (n ∈ N∗ ).
0.5pt
(c) Les deux premières fonctions d’onde.
La premiere fonction d’onde correspond à n = 1 et s’exprime par
π
φ (x) = φn (x) = β sin x−a
b−a
et s’annule en deux points x = a et x = b. La deuxieme fonction d’onde correspond à
n = 2 et s’exprime par
2π
φ (x) = φn (x) = β sin x−a
b−a
et s’annule en trois points x = a, x = (a + b)/2 et x = b. Voir figure ci-dessous.
1.5pt
7. (a) Déduction
D’apres l’expression de k et k2 données par les Eqs (2) et (3) respectivement, on écrit:
2m n2 π
k2 = (E −V0 ) et k2 = = kn2
h̄2 (b − a)2
il s’en suit que l’énergie de la particule s’écrit sous la forme :
h̄2 2 h̄2 n2 π h̄2 π
E= k +V0 =⇒ En = +V0 (Soit D = )
2m 2m (b − a)2 2m (b − a)2
En = D n2 +V0 1pt
(b) Peut-on avoir En = V0 ?
Le cas En = V0 est a ecarter car il entraine n = 0 et donc fonction nulle (réponse 6-b).
0.5pt
3
Probl ème 2 (10 pts)
On considère l’électron d’une molécule formée de deux atomes A et B. Soient |φA ⟩ et |φB ⟩ les
deux kets orthonormés qui décrivent l’état de cet électron lorsqu’il est localisé autour de A et de
B respectivement. L’hamiltonien H qui décrit l’état d’énergie de l’électron est de la forme :
H = H0 +W
H0 décrit l’électron lorsqu’il est localisé autour des atomes A et B. L’observable W rend compte de
la possibilité pour l’électron de passer d’un atome à l’autre. Ces deux observables sont définies
dans la base {|φA ⟩ , |φB ⟩} par :
H0 |φA ⟩ = E0 |φA ⟩ , H0 |φB ⟩ = E0 |φB ⟩
W |φA ⟩ = −a |φB ⟩ , W |φB ⟩ = −a |φA ⟩
E0 et a sont des constantes réelles.
1. (a) Dans la base {|φA ⟩ , |φB ⟩}, la matrice H
b représentant l’hamiltonien H s’écrit :
|φA ⟩ |φB ⟩
⟨φA | E0 −a
b=
H 0.5pt
⟨φB | −a E0
(b) Les valeurs propres E+ et E− de l’observable H sont les valeurs propres sont du matrice
b Elles sont déterminées en calculant le déterminant de H
H. b comme suite :
E0 − λ −a
b − λ I2×2 )
det(H == =0
−a E0 − λ
⇐⇒ (E0 − λ )2 − a2 = 0
⇐⇒ (E0 − λ − a) (E0 − λ + a) = 0
Les valeurs propres de H
b sont alors
E− = E0 − a (simple) 0.5pt
E+ = E0 + a (simple) 0.5pt
(c) Soient |φ− ⟩ et |φ+ ⟩ les deux états propres de H correspondant aux deux valeurs propres
ci-dessus. Alors, d’apres la définition, on peut écrire
• |φ− ⟩ = α1 |φA ⟩ + β1 |φB ⟩ le vecteur propre associé à −→ E− = E0 − a.
• |φ+ ⟩ = α2 |φA ⟩ + β2 |φB ⟩ le vecteur propre associé à −→ E+ = E0 + a.
Alors
b |φ− ⟩ = E− |φ− ⟩ tel que ⟨φ− |φ− ⟩ = α 2 + β 2 = 1.
◦ On cherche le vecteur |φ− ⟩ vérifiant H 1 1
On obtient alors le système :
E 0 −a α 1 α
b |φ− ⟩ = E− |φ− ⟩ = (E0 − a) |φ− ⟩ =⇒
H = (E0 − a) 1
−a E0 β1 β1
E0 α1 − aβ1 = E0 α1 − aα1
=⇒ =⇒ β1 = α1
−aα1 + E0 β1 = E0 β1 − aβ1
4
Aussi
1
α12 + β12 = 1 =⇒ α1 = √ eiθ = β1 ; avec θ ∈ R.
2
Donc
1 h i
|φ− ⟩ = √ |φA ⟩ + |φB ⟩ 1.5pt
2
◦ On cherche le vecteur |φ+ ⟩ vérifiant Hb |φ+ ⟩ = E+ |φ+ ⟩ tel que ⟨φ+ |φ+ ⟩ = α 2 + β 2 = 1 et
2 2
⟨φ− |φ+ ⟩ = 0. On obtient alors le système :
E0 −a α 2 α
Hb |φ+ ⟩ = E+ |φ+ ⟩ = (E0 + a) |φ+ ⟩ =⇒ = (E0 + a) 2
−a E0 β2 β2
E0 α2 − aβ2 = E0 α2 + aα2
=⇒ =⇒ β2 = −α2
−aα2 + E0 β2 = E0 β2 + aβ2
Aussi
1
α22 + β22 = 1 =⇒ α2 = √ eiθ = −β2 ; avec θ ∈ R.
2
Donc
1 h i
|φ+ ⟩ = √ |φA ⟩ − |φB ⟩ 1.5pt
2
On suppose qu’à l’instant initial t = 0, l’électron est localisé autour de l’atome B, c’est-à-dire que
son état initial est |ψ(0)⟩ = |φB ⟩.
2. (a) État |ψ(t)⟩ de l’électron à l’instant t > 0, dans la base {|φA ⟩ , |φB ⟩} :
L’hamiltonien H étant indépendant du temps, l’état du système à l’instant t peut être
−i
déterminé en appliquant l’opérateur d’évolution U(t, 0) = e h̄ H.t sur l’état initial |ψ(0)⟩ :
−i
H.t
|ψ(t)⟩ = U(t, 0) |ψ(0)⟩ = e h̄ |ψ(0)⟩ 0.5pt
Comme |φB ⟩ n’est pas état propre de H, il faut exprimer |φB ⟩ dans la base propre de H.
On écrit alors,
h i
|φ+ ⟩ = √1 |φA ⟩ − |φB ⟩ 1 h i
2
h i =⇒ |ψ(0)⟩ = √ − |φ+ ⟩ + |φ− ⟩
|φ− ⟩ = √1 |φA ⟩ + |φB ⟩ 2
2
et donc l’état |ψ(t)⟩ devient :
1 −i h i 1 h −i −i
i
|ψ(t)⟩ = √ e h̄ H.t − |φ+ ⟩ + |φ− ⟩ = √ − e h̄ E+ .t |φ+ ⟩ + e h̄ E− .t |φ− ⟩
2 2
1 −i E0 .t h −i i
i
= √ e h̄ − e h̄ a.t |φ+ ⟩ + e h̄ a.t |φ− ⟩
2
Finalement, exprimons |ψ(t)⟩ dans la base {|φA ⟩ , |φB ⟩}, en remplaçant les kets |φ+ ⟩ et
|φ− ⟩ par leurs expressions dans cette base :
i
1 −i E0 .t −i
a.t 1 h i i
a.t 1 h
|ψ(t)⟩ = √ e h̄ − e h̄ √ |φA ⟩ − |φB ⟩ + e h̄ √ |φA ⟩ + |φB ⟩
2 2 2
1 −i E0 .t i
a.t −i
a.t i
a.t −i
a.t
= e h̄ e h̄ − e h̄ |φA ⟩ + e h̄ + e h̄ |φB ⟩
2
5
Soit alors
−i
at at
E0 .t
|ψ(t)⟩ = e h̄ i sin |φA ⟩ + cos |φB ⟩ 1.5pt
h̄ h̄
−i
E0 .t
Ou bien, puisque e h̄ est un facteur de phase global :
at at
|ψ(t)⟩ = i sin |φA ⟩ + cos |φB ⟩
h̄ h̄
(b) Probabilités PA (t) et PB (t) pour que l’électron soit localisé autour des atomes A et B à
l’instant t > 0.
at 2 at
2
PA (t) = ⟨φA ||ψ(t)⟩⟩ = i sin = sin2 1pt
h̄ h̄
at 2 at
2
PB (t) = ⟨φB ||ψ(t)⟩⟩ = i cos = cos2 1pt
h̄ h̄
(c) Allure de PB (t) en fonction du temps.
0.5pt
Conclusion :
Les probabilités PA (t) et PB (t) qu’à l’électron d’être localiser autour des atomes A et B,
sont des fonctions périodiques du temps. Ainsi, l’électron oscille de façon périodique
entre les deux atomes.
(d) Instants tn où l’électron est parfaitement localisé autour de l’atome B.
L’électron est parfaitement localisé autour de l’atome B quand PB (t) = 1. Donc
at at
PB (t) = 1 =⇒ cos2 = 1 =⇒ = nπ
h̄ h̄
Il s’en suit alors que
π h̄
tn = n ; n∈N 0.5pt
a
(e) Période d’oscillation de l’électron entre les atomes A et B est donc :
π h̄
T= 0.5pt
a