MAT193
MAT193
Le but principal de ce chapitre est d’étudier les opérations et les propriétés de matrices.
Applications des matrices se trouvent dans la plupart des domaines scientifiques et du génie.
En informatique et en infographie, elles sont utilisées pour classer l’importance des pages
web, pour représenter des couleurs et pour projeter une image en 3 dimensions sur un écran
en 2 dimensions.
Partout dans ce cours, on désigne par Z l’ensemble des entiers, par Q l’ensemble des
nombres rationnels et par R l’ensemble des nombres réels.
1.1. Matrices
Le but de cette section est d’introduire les opérations arithmétiques sur les matrices
et d’étudier leurs propriétés. En tant qu’application, on parlera de coordonnées RVB des
couleurs numériques.
C1 C2 · · · Cn
a11 a12 ··· a1n L1
a21 a22 ··· a2n
L2
.. .. .. ..
. . . .
am1 am2 · · · amn Lm
Le nombre aij s’appelle (i, j)-terme où i est l’indice de ligne et j est l’indice de colonne.
Deux matrices sont dites égales si elles sont du même type et les termes en même position
sont égaux.
La matrice est dite nulle, notée 0m×n , si aij = 0 pour tous 1 ≤ i ≤ m et 1 ≤ j ≤ n.
La matrice s’appelle une matrice-ligne si m = 1; et une matrice-colonne si n = 1.
La matrice est dite carrée d’ordre n si m = n; et dans ce cas, a11 , a22 , . . . , ann sont appelés
les termes diagonaux.
Une matrice carrée (a) d’ordre 1 sera identifiée avec le nombre a.
Notation. On désignera par Mm×n (R) l’ensemble des matrices réelles de type m × n; et
par Mn (R) l’ensemble des matrices carrées réelles d’ordre n.
1
Exemple. Considérons les matrices réelles suivante:
√ √ !
2 2
−
0 0 0 2 2
A= ;B = √ √ .
0 0 0 2 2
2 2
Alors
(1) A = 02×3 , la matrice nulle de type 2 × 3; √ √
2 2
(2) B est une matrice carrée d’ordre 2, dont les termes diagonaux sont 2
, 2
.
rouge vert bleu blanc noir cyan magenta jaune gris pourpre
1
1 0 0 1 0 0 1 1 3
0, 6
1
0 1 0 1 0 1 0 1 3
0
1
0 0 1 1 0 1 1 0 3
1
est obtenue par mélanger 20% du rouge, 30% du vert et 10% du bleu.
1.1.3. Définition. Soient A = (aij )m×n , B = (bij )m×n ∈ Mm×n (R). On définit
(1) a · A = (aaij )m×n = A · a, pour tout a ∈ R;
(2) −A = (−aij )m×n , appelé opposé de A.
(3) A + B = (aij + bij )m×n ;
(4) A − B = (aij − bij )m×n .
2
Les opéatrations matricielles définies dans la définition 1.1.3 satisfont aux axiomes énoncés
dans le résultat suivant.
A + B + C = (A + B) + C.
A1 + A2 + · · · + Ar = (· · ·(A1 + A2 ) + · · · + Ar−1 ) + Ar .
(2) Si A = (aik ) ∈ Mm×n (R) et B = (bkj ) ∈ Mn×p (R), alors le produit de A et B est défini
comme étant AB = (cij )m×p , où
b1j
Xn
cij = (ai1 · · · ain ) ... = aik bkj , i = 1, . . . , m; j = 1, . . . , p.
k=1
bjn
Exemple. Dans le calcul de la note finale du MAT193, les pondérations des devoirs, de
l’examen intra et de l’examen final sont 15%, 35% et 50%, respectivement. Si les notes des
devoirs, de l’examen intra et de l’examen final d’un étudiant sont 80, 56 et 75 respectivement,
alors sa note finale est donnée par
0, 15
80 × 0, 15 + 56 × 0, 35 + 75 × 0, 5 = (80, 56, 75) 0, 35 .
0, 50
3
Exercice. Soient
√
2 3 2 2 2
A = −2 0 0 , B = 0 3 .
√ √
1 3 2 0 2
Exemple.
1 0 0
1 0
I1 = (1); I2 = ; I3 = 0 1 0 .
0 1
0 0 1
ABC := (AB)C.
4
(2) En générale, si A1 , · · · , Ar avec r > 2 sont des matrices réelles telles que Ai Ai+1 est
défini, pour i = 1, . . . , r − 1, alors on définit
(4) Le produit AB peut être nul sans que A ou B est nulle. Par exemple,
0 1 1 1 0 0
= .
0 1 0 0 0 0
1.1.8. Proposition. Soit A une matrice réelle dont les colonnes sont A1 , A2 , . . . , An . Si
a1 , a2 , . . . , an ∈ R, alors
a1 a1
a2 a2
A . = (A1 A2 · · · An ) . = a1 A1 + a2 A2 + · · · + an An .
.
. .
.
an an
1 0 −1 1 0 −1
3 0
(1) 1 0 1 4 ; (2) 1 0 1 1 .
0 1 1 −1 0 1 1 0
1 0 −1 −1
3 1 0 4
1 0 1 4 =3· 1 +4· 0 + (−1) · 1 = 2 .
0 1 1 −1 0 1 1 3
5
1 0 −1 −1
0 1 0 0
1 0 1 1 =0· 1 +1· 0 +0· 1 = 0 .
0 1 1 0 0 1 1 1
Le résultat suivant nous dit que le calcul d’un produit de deux matrices générales se
ramème au produit traité dans la proposition précédente.
1.1.9. Proposition. Soit A ∈ Mm×n (R). Si B ∈ Mn×p (R) dont les colonnes sont
B1 , B2 , . . . , Bp , alors
1.1.10. Définition. Soit A = (aij )n×n une matrice carrée réelle. On dit que A est
diagonale si aij = 0 pour tous 1 ≤ i, j ≤ n avec i 6= j.
6
Exercice. Calculer le produit
√
2 0 0
2 2 1
√ 0 3 0 .
3 3 2
0 0 4
√ √ √
2 0 0
2 2 1 2 · 2 3 · 2 4 · 1 4 3 2 4
√ 0 3 0 = √ = √ .
3 3 2 2·3 3· 3 4·2 6 3 3 8
0 0 4
7
Exemple. Soient
1 0
0 1 0
A= ;B = 0 1 .
0 0 1
0 0
On a
0 1
AB = .
0 0
De l’autre côté,
0 0
1 0 0
AT = 1 0 ; T
B = .
0 1 0
0 1
Maintenant,
0 0
1 0 0 0 0
B T AT = 1 0 = = (AB)T .
0 1 0 1 0
0 1
Remarquons que
0 0 0
AT B T = 1 0 0 .
0 1 0
D’où, (AB)T 6= AT B T .
1.1.14. Définition. Une matrice carrée A = (aij )n×n est dite symétrique si AT = A,
c’est-à-dire, aji = aij , pour tous 1 ≤ i, j ≤ n.
Solution. On calcule
1 2 3 1 2 3
AT = 2 5 4 = A; B T = 2 5 −4 =
6 B.
3 4 6 3 4 6
1.2. Rang
8
Le but de cette section est d’introduire la notion du rang d’une matrice. On commence
par les matrices échelonnées et les opérations élémentaires sur les lignes de matrices.
1.2.1. Définition. Soit A = (aij )m×n une matrice de lignes L1 , . . . , Lm . On dit que A
est échelonnée si, pour tout i = 2, . . . , m, la condition suivante est vérifiée:
Si Li est non nulle dont le premier terme non nul est dans la colonne ji , alors Li−1 est
non nulle dont le premier terme non nul est dans la colonne ji−1 < ji .
Dans ce cas, le premier terme non nul d’une ligne non nulle s’appelle pivot de cette ligne.
1.2.2. Définition. Les opérations élémentaires sur les lignes d’une matrice sont les
opérations suivantes:
Type 1: Échanger deux lignes, notée Li ↔ Lj , où i 6= j.
Type 2: Additionner à une ligne un multiple d’une autre ligne, notée Li + aLj , où i 6= j
et a ∈ R.
Type 3: Multiplier une ligne par un nombre non nul, notée aLi , où a 6= 0.
En outre, on dit qu’une matrice A se réduit à une autre matrice B si cette dernière est
obtenue à partir de A par une suite finie d’opérations élémentaires sur les lignes.
Exemple.
9
1 2 3 4 1 2 3 4
L2 ↔L3
4 5 6 7 −→ 7 8 9 12 .
7 8 9 12 4 5 6 7
1 2 3 4 1 2 3 4
L2 −4L1
4 5 6 7 −→ 0 −3 −6 −9 .
7 8 9 12 7 8 9 12
1 2 3 4 1 2 3 4
3L2
4 5 6 7 −→ 12 15 18 21 .
7 8 9 12 7 8 9 12
1.2.3. Lemme. Toute opération élémentaire T sur les lignes d’une matrice est inversible.
Plus précisément,
(1) Si T est Li ↔ Lj , alors T −1 est Li ↔ Lj .
(2) Si T est Li + aLj avec i 6= j, alors T −1 est Li − aLj .
(3) Si T est aLi avec a 6= 0, alors T −1 est a−1 Li .
Exemple.
1 2 3 4 1 2 3 4 1 2 3 4
L2 ↔L3 L2 ↔L3
4 5 6 7 −→ 7 8 9 12 −→ 4 5 6 7 .
7 8 9 12 4 5 6 7 7 8 9 12
1 2 3 4 1 2 3 4 1 2 3 4
L2 −4L1 L2 +4L2
4 5 6 7 −→ 0 −3 −6 −9 −→ 4 5 6 7 .
7 8 9 12 7 8 9 12 7 8 9 12
1 2 3 4 1 2 3 4 1
1 2 3 4
3L2 L
3 2
4 5 6 7 −→ 12 15 18 21 −→ 4 5 6 7 .
7 8 9 12 7 8 9 12 7 8 9 12
10
Remarque. Une matrice échelonnée est une forme échelonnée d’elle-même, dont le rang
est le nombre de pivots.
D’où, rg(A) = 2.
Exemple.
2 0 0 2 3 4
A = 3 1 0 , AT = 0 1 5 .
4 5 5 0 0 5
Ainsi rg(A) = 3.
On sait que tout nombre réel non nul a admet un inverse a−1 tel que
aa−1 = a−1 a = 1.
1.3.1. Définition. Une matrice A ∈ Mn (R) est dite inversible s’il existe une matrice
B ∈ Mn (R) telle que
AB = In et BA = In .
11
Dans ce cas, B s’appelle l’inverse de A, et notée B = A−1 .
(AB)−1 = B −1 A−1 .
Exemple. On a vu que
−1
1 1 1 −1
= .
0 1 0 1
12
et
−1 T !−1 −1 !T T
1 0 1 1 1 1 1 −1 1 0
= = = = .
1 1 0 1 0 1 0 1 −1 1
Maintenant
1 1 1 1 2 3
= .
0 1 1 2 1 2
D’après la proposition 1.3.2(4),
−1 −1 −1
2 3 1 1 1 1 2 −1 1 −1 2 −3
= = = .
1 2 1 2 0 1 −1 1 0 1 −1 2
Le résultat suivant est un critère pour une matrice carrée soit inversible.
1.3.3. Théorème. Si A ∈ Mn (R), alors A est inversible si, et seulement si, rg(A) = n.
Exercice. Soient
2 4 2 1 0 0
A = 1 2 2 ; B = a 2 0 .
1 2 1 b c 3
On étudiera comment inverser une matrice inversible. Pour ce faire, on introduira les
notions suivantes.
13
1.3.4. Définition. Une matrice carrée A = (aij )n×n est dite
(1) triangulaire supérieure si aij = 0, pour tous 1 ≤ j < i ≤ n;
(2) triangulaire inférieure si aij = 0, pour tous 1 ≤ i < j ≤ n;
(3) triangulaire si A est triangulaire supérieure ou inférieure.
Exemple. Soient
√
3 0 4 5
2 0 0
0 1 0 5
A= −3 −1 0 , B = .
0 0 0 2
2 −3
5
0 0 0 0
1 2 −2
0 1 1 .
0 0 2
Solution.
1 2 −2 1 2 −2
1 L2 −L1 1 2 0 1 0 0
L L3 −2L1 1 −2L2
0 1 2 3
1 −→ 0 1 1 −→ 0 1 0 L−→ 0 1 0 .
0 0 2 0 0 1 0 0 1 0 0 1
Le résultat suivant nous dit comment trouver l’inverse d’une matrice inversible.
14
1 2 2 3 4
A= , B= .
3 4 1 2 0
− 12 L2 1 2 2 3 4 1 0 L1 −2L2 1 0 −3 −4 −8 −2 1
−→ −→ .
5 7 3
0 1 2 2 6 2 − 21 0 1 5
2
7
2
3
6 − 2 − 12
D’où,
−1 −3 −4 −8 −1 −2 1
A B= 5 7 , A = .
2 2
6 − 32 1
15
D’où, A s’échelonne à la matrice
1 2
C= .
0 −1
Ainsi 2
−2 −1 2 −5 2 31 −12
A = (A ) = = .
3 −1 −18 7
−3 −2 −1 31 −12 −5 2 −191 74
A =A A = = .
−18 7 3 −1 111 −43
On conclut cette section par la décomposition LU de matrice, qui sera utile pour la
résolution de systèmes d’équations linéaires et le calcul du déterminant d’une matrice carrée.
1.3.8. Définition. Une opération élémentaire T sur les lignes d’une matrice s’appelle
opération triangulaire inférieure si
(1) T est de type Li + aLj avec i > j, ou
(2) T est de type aLi avec a 6= 0.
1.3.9. Lemme. (1) L’inverse d’une opération triangulaire inférieure est triangulaire
inférieure.
(2) Les opérations triangulaires inférieures préservent les matrices triangulaires inférieures.
Exemple.
1 0 L2 +3L1 1 0 5L2 1 0
(1) −→ −→ .
0 1 3 1 15 5
1 0 L1 ↔L2 0 1 1 0 L1 +3L2 1 3
(2) −→ ; −→ .
0 1 1 0 0 1 0 1
On effectue des opérations élémentaires à I2 , une matrice triangulaire inférieure. Dans
la partie (1), les deux opérations sont triangulaires inférieures, et donc, la matrice rśultante
16
est encore triangulaire inférieure. Mais dans la partie (2), les deux opérations ne sont pas
triangulaires inférieures, et les matrices résultantes ne sont plus triangulaires inférieures.
où U est échelonnée et les Ti sont des opérations triangulaires inférieures. Si l’on effectue les
opérations Ti−1 à partir de In comme suit:
−1
Tr−1 Tr−1 T1−1
In / L1 / L2 / ··· / Lr−1 / L,
A = LU,
appelée décomposition LU de A.
Remarque. Ce n’est pas vrai que toute matrice admet une décomposition LU.
1.4. Exercices
17
1. Calculer le produit suivant:
√1 − √110 √1 2
2 15 √1
√ 0
√1 √1 − √115 2 2
√5 √2
2 10
0 .
0 √2 √3 10 10
10 15
0 0 √3
0 √2 − √215 15
10
2. Donner, à l’aide de les propositions 1.1.8 et 1.1.9, la troisième colonne du produit AB, où
2 1 2
3 0 1 2
0 1 0
A= 0 9 0 7 ; B= .
√2 0 0
√
0 8 1 2
2 −1 1 + 3
√
0 0 0 0 1
1 7 4 6 3
√ 0 0 0 1 0
3 7 11 3 1
(2) √ 0 0 1 0 0 .
√0 4 5 0 3
0 1 0 0 0
5 0 1 0 5
1 0 0 0 0
18
6. Considérer deux matrices symétriques suivantes:
a b 0 1
A= , B= .
b c 1 0
Trouver la condition pour que AB soit symétrique.
10. Dans chacun des cas suivants, trouver le rang de chacun des matrices suivantes:
1 −1 2 −1
1 2 −3
1
3 1 4 3
(1) 2 3 6 −5 ; (2) .
−5 −3 −6 −7
3 −1 2 −7
−2 2 −4 2
19
14. Trouver une décomposition LU de chacune des matrices suivantes:
−1
1 1 2 1 2
(1) 2 3 6 ; (2) 1 4 −3 .
3 −1 2 3 −6 −7
20
Chapitre II: Déterminants
À chaque matrice carrée réelle, on associe un nombre réel, appelé son déterminant. Ceci
sera appliqué pour déterminer si une matrice carrée est inversible ou non, et pour calculer les
valeurs propres d’une matrice carrée. En géométrie, on utilise le déterminant pour calculer
l’aire d’un parallélogramme et le volume d’un parallélépipède.
2.1. Définition. Soit A = (aij )n×n ∈ Mn (R). Le déterminant de A est un nombre réel,
noté det(A) ou |A|, qui est défini par récurrence comme suit.
Si n = 1, on définit alors det(a11 ) = a11 .
Supposons que n > 1 et le déterminant de toute matrice carrée d’ordre n − 1 est défini.
Pour tous 1 ≤ i, j ≤ n, désignons par Mij la sousmatrice carrée de A d’ordre n − 1
obtenue en supprimant la i-ième ligne et la j-ième colonne. Par l’hypothèse de récurrence,
mij = det(Mij ) est défini, appelé mineur de A d’indices i, j. On définit alors
(1) det(A) = ai1 (−1)i+1 mi1 + ai2 (−1)i+2 mi2 + · · · + ain (−1)i+n min , où 1 ≤ i ≤ n,
appelé développement suivant la i-ième ligne; ou
(2) det(A) = a1j (−1)1+j m1j + a2j (−1)2+j m2j + · · · + anj (−1)n+j mnj , où 1 ≤ j ≤ n,
appelé développement suivant la j-ième colonne.
Remarque. Les nombres donnés dans (1) et (2) sont égaux pour tous 1 ≤ i, j ≤ n.
2.2. Proposition.
a11 a12
= a11 a22 − a12 a21 .
a21 a22
Exercice. Calculer
√ 2 3 −4
2 2
√ ; −1 0 3 .
−3 2 + 2
3 2 −1
2 3 −4
−1 3 2 −4 2 −4
−1 0 3 = 3 · (−1)1+2 + 0 · (−1)2+2 + 2 · (−1)3+2
3 −1 3 −1 −1 3
3 2 −1
21
= (−3)(1 − 9) − 2(6 − 4) = 20.
(3) En particulier, si A a une ligne nulle ou une colonne nulle, alors det(A) = 0.
Exemple.
Exercice. Calculer
√1 √2 0
2 3
√1 √1 √1
2 3 5
√1 − √13 − √15
2
√1 √2 0
2 3 1 2 0
√1 √1 √1
1 4
2 3 5 =√ 1 1 1 =√ .
30 30
√1 − √13 − √15 1 −1 −1
2
22
2.4. Proposition. Si A et B sont des matrices carrées, alors
A C A 0
det = det(A) · det(B) = det .
0 B D B
(2) √
3 0 34 95
√
0 5 0 5 √ √ √
= 3 5(−3)(−1) = 3 15.
0 0 −3 2
0 0 0 −1
En sachant que toute matrice carrée se réduit à une matrice échelonnée, ce qui est
nécessairement triangulaire supérieure, le résultat suivant nous permet de calculer le déterminant
d’une matrice carrée générale.
23
2.6. Théorème. Soient A, B ∈ Mn (R).
(1) Si B est obtenue en échangeant deux lignes (respectivement, deux colonnes) de A,
alors det(A) = −det(B).
(2) Si B est obtenue en additionnant un multiple d’une ligne (respectivement, colonne)
de A à une autre ligne (respectivement, colonne), alors det(A) = det(B).
(3) Si B est obtenue en multipliant une ligne (respectivement, colonne) de A par un
nombre non nul a ∈ R, alors det(A) = a−1 · det(B).
Démonstration. (3) Posons A = (A1 · · · An ) en colonnes. Supposons que
où 6= 0. D’après la proposition 2.3, det(B) = a · det(A). Ceci donne det(A) = a−1 · det(B).
La preuve du théorème s’achève.
Exercice. Calculer
2 1 0 −1
−1 2 −1 3
.
3 −1 −4 1
0 5 −1 3
Solution. En vue du théorème 2.6, on effectue des opérations élémentaires comme suit:
2 1 0 −1 −1 2 −1 3 −1 2 −1 3
L2 +2L1 L3 −L2
−1 2 −1 3 L1 ↔L2 2 1 0 −1 L3 +3L1 0 5 −2 5 L4 −L2
= − = − =
3 −1 −4 1 3 −1 −4 1 0 5 −7 10
0 5 −1 3 0 5 −1 3 0 5 −1 3
−1 2 −1 3 −1 2 −1 3 −1 2 −1 3
0 5 −2 5 0 5 −2 5 L4 −L3 0 5 −2 5
− = −(−5) = 5 = 25.
0 0 −5 5 0 0 1 −1 0 0 1 −1
0 0 1 −2 0 0 1 −2 0 0 0 −1
24
Exercice. À l’aide de la décomposition LU, calculer le détermineant suivant:
2 4 6
A = 3 5 7 .
1 2 3
2 0 0 1 2 3
det(A) = 3 1 0 · 0 −1 −2 = 2 × 0 = 0.
1 0 1 0 0 0
Le résultat suivant est très pratique pour déterminer si une matrice est inversible ou non.
2.8. Théorème. Une matrice carrée A est inversible si, et seulement si, det(A) 6= 0. Et
dans ce cas, det(Ar ) = (det(A))r , pour tout r ∈ Z.
Exercice. Soit
2 1 0 −1
−1 2 −1 3
A= .
3 −1 −4 1
0 5 −1 3
2.10. Exercices
25
2. Calculer, à l’aide de la proposition 2.3, le déterminant suivant:
− √12 − √16 √1
3
√1 − √16 √1
.
2 3
√3 √2 √1
2 6 3
5. Dans chacun des cas suivants, calculer le déterminant de la matrice donnée et donner les
valeurs réelles de a pour que la matrice soit inversible.
1 1 1 1 0 a 0 0
a+1 3 4
1 3 3 3 1 0 −1 0
(1) a 2 2 ; (2) ; (3) .
1 3 a a 0 −1 0 1+a
4 3 a
1 3 a 5 1 0 2 −1
6. Dans chacun des cas suivants, calculer le déterminant de A; déterminer si A est inversible
ou non; et si oui, trouver det(A−2 ) lorsque A est inversible.
3 1 −1 5 1 2 −1 0
9 3 −3 15 0 3 −1 0
(1) A = ; (2) A = .
6 7 −8 10 3 0 −2 0
−3 4 −8 2 0 4 −3 2
26
7. Considérer la matrice suivante:
a 1 −1 1
−1 a −1 −1
A= .
1 1 a −1
−1 1 1 a
(1) Pour toute valeur réelle de a, montrer que A est inversible. Indice: Calculer AAT et
appliquer les théorèmes 2.7 et 2.8.
(2) Calculer det(A−2 ).
27
Chapitre III: Systèmes d’équations linéaires
Le système est dit compatible s’il admet au moins une solution; et sinon, incompatible.
Deux systèmes d’équations linéaires sont dits équivalents s’ils ont le même ensemble de
solutions.
2x1 − x2 + x3 − x4 = 8,
(2) Considérons trois plans affines de l’espace définis par les équations
x + y − z = 1; 2x + y − z = 1; 3x + 2y − z = 2,
respectivement. Les points d’intersection de ces trois plans sont donnés par les solutions du
système d’équations linéaires suivant:
x + y − z = 1
2x + y − z = 1
3x + 2y − z = 2.
On verra que ce système a une seule solution (0, 1, 0). Ainsi, ces trois plans affines se
rencontrent en un seul point (0, 1, 0).
28
(3) Le système suivant n’est pas linéaire:
x + y = 1
2x + xy = 2.
On utilisera la théorie des matrices pour étudier les systèmes d’équations linéaires. Pour
ce faire, on introduira la notion suivante.
Remarque. On voit aisément que le système (∗) est équivalent à l’équation matricielle
a11 a12 · · · a1n x1 b1
a21 a22 · · · a2n x2 b2
(∗∗) .. .. =
.. .. . . ..
. . . . . .
am1 am2 · · · amn xn bm
de sorte que (s1 , s2 , . . . , sn ) est une solution du système (∗) si, et seulement si, la colonne
s1
s2
..
.
sn
2x − z = 1
x − 2y = 1
2x − 2z = 5.
29
La matrice des coefficients et la matrice augmentée sont respectivement
0 −1 0 −1 1
2 2
1 −2 0 et 1 −2 0 1 .
2 0 −2 2 0 −2 5
0 −1
2 x 1
1 −2 0 y = 1 .
2 0 −2 z 5
1 1 −1 2
0 2 1 3
0 0 2 0
1 1 −1
x 2
0 2 1 y = 3 ,
0 0 2 z 0
x + y − z = 2
2y + z = 3
2z = 0.
Dès maintenant, un système de m équations linéaires à n inconnues sera noté comme une
équation matricielle
AX = B,
où A ∈ Mm×n (R) et B ∈ Mm×1 (R). Le but est de résoudre un tel système, c’est-à-dire,
(1) déterminer si le système est compatible ou incompatible;
(2) trouver toutes les solutions s’il est compatible.
On commence par la résolution de certains systèmes asset simples, c’est-à-dire, les systèmes
échelonnés tels que définis ci-dessous.
AX = B
30
est dit échelonné si (A | B) est échelonnée. Dans ce cas,
(a) A est aussi échelonnée, dont les pivots sont des pivots de (A | B);
(b) une inconnue est dite libre si aucun de ses coefficients n’est un pivot de A.
2x1 + x2 − x3 + 2x4 − x5 = 0
5x3 + x4 + 5x5 = −1
7x4 = −8
2 1 −1 2 −1
0
0 0 5 1 5 −1
0 0 0 7 0 −8
est échelonnée. Les pivots de la matrice des coefficients sont 2, 5 et 7 qui sont coefficients de
x1 , x3 et x4 respectivement. Donc les inconnues libres sont x2 et x5 .
(2) Le système
0x1 + 3x2 − 4x3 − 5x4 + x5 = 1
est échelonné, dont les inconnues libres sont x1 , x3 , x4 et x5 .
(3) Le système
x − 2y + z = 3
5y − 5z = −15
−2z = −4
est échelonné sans inconnue libre.
(4) Les systèmes suivants ne sont pas échelonnés.
x + y − z = 0 x + y − z = 0
3y + z = 1 3y + z = 5
y + z = 3; 2x + z = 3.
31
Exemple. Considérons le système échelonné suivant:
2x − y − 2z = 1
2y − 3z = 0
0z = 2
0z = 0.
Comme rg(A) = 2 < 3 = rg(A | B), d’après la proposition 3.4, le système est incompatible.
2x − y + z = 1
y − z = 3
3z = 6
0z = 0.
Comme rg(A) = 3, d’après la proposition 3.5, le système a une seule solution. D’après la
troisième équation, on trouve z = 2. En substituant z = 2 dans la deuxième équation, on
trouve y = 5. Enfin, en substituant y = 5 et z = 2 dans la première équation, on trouve
x = 2. Donc la solution du système est (2, 5, 2).
AX = B.
32
(2) le système a une infinité de solutions qui sont en bijection avec les s-uplets (λ1 , . . . , λs ),
λj ∈ R, de la façon suivante :
2x1 + x2 − x3 + 2x4 − x5 = 0
5x3 + x4 + 5x5 = −1
7x4 = −8.
2x1 − x3 + 2x4 = −2
5x3 + x4 = 4
7x4 = −8.
du système original correspondant à (1, −1). Pour trouver toutes les solutions, on donne
x2 = λ et x5 = µ des valeurs réelles arbitraires. Ceci donne un système échelonné sans
inconnue libre comme suit:
2x1 − x3 + 2x4 = −λ +µ
5x3 + x4 = −5µ −1
7x4 = −8.
33
La stratégie de la résolution d’un système général consiste à réduire le système à un autre
système plus simple sans changer l’ensemble des solutions.
3.7. Théorème. L’ensemble des solutions d’un système d’équations linéaires n’est pas
changé par les opérations élémentaires suivantes:
Type 1: Échanger deux équations, notée Ei ↔ Ej .
Type 2: Additionner à une équation un multiple d’une autre équation, notée Ei + aEj .
Type 3: Multiplier une équation par un nombre non nul a, notée aEi .
Remarque. Effectuer une opération élémentaire sur les équations d’un système est
équivalent à effectuer une opération élémentaire de même type sur les lignes de la matrice
augmentée.
Exemple.
1 2 3 0 L2 −4L1 1 2 3 0 1 2 3 0
−7L1 −2L2
4 5 6 1 L3=⇒ 0 −3 6 1 L3=⇒ 0 −3 6 1 .
7 8 9 2 0 −6 12 2 0 0 0 0
On voit que la nouvelle matrice augmentée est la matrice augmentée du nouveau système.
x2 − x3 + x4 = 0
2x1 − x2 + 3x3 − x4 = 6
4x1 + 4x2 + 4x4 = 12
3x1 − 3x2 + 6x3 − 3x4 = 9.
34
1 2 −1 2 3 1 2 −1 2 3 1 2 −1 2 3
L3 +4L2
0 −5 5 −5 0 1 −1 1 −1 1 0
−1E
0 1 0 0
5 2 L4 +9L2
=⇒ =⇒ .
0 −4 4 −4 0 0 −4 4 −4 0 0 0 0 0 0
0 −9 9 −9 0 0 −9 9 −9 0 0 0 0 0 0
x1 + 2x2 − x3 + 2x4 = 3
x2 − x3 + x4 = 0
0x4 = 0
0x4 = 0.
x1 + 2x2 = 3 + λ − 2µ
x2 = λ − µ.
x1 = 3 − λ, x2 = λ − µ, x3 = λ, x4 = µ.
{(3 − λ, λ − µ, λ, µ) | λ, µ ∈ R} .
x + y + 3z = a
x + 2y + 2z = a
x + ay + z = 3.
35
Solution. On échelonne la matrice augmentée (A | B) comme suit:
1 1 3 a L2 −L1 1 1 3 a 1 1 3 a
3 −L1 L3 −(a−1)L2
1 2 2 a L=⇒ 0 1 −1 0 =⇒ 0 1 −1 0 .
1 a 1 3 0 a − 1 −2 3 − a 0 0 a−3 3−a
On conclut cette section par étudier des systèmes d’équations linéaires dont les termes
constants sont tous nuls.
AX = B
est dit homogène si B = 0. Dans ce cas, X = 0 est une solution, appelée la solution nulle.
On verra plus tard que les systèmes homogènes seront utilisés pour déterminer si des
vecteurs sont linéairement dépendants ou indépendants.
AX = 0.
(1) Le système admet des solutions non nulles si, et seulement si, rg(A) < n.
(2) Si m < n, alors le sysème admet des solutions non nulles.
Comme le nombre d’équations est inférieur que celui d’inconnues, d’après le théorème
3.11(2), ce système homogène admet des solutions non nulles.
Exercice. Donner la valeur de a pour que le système homogène suivant ait des solutions
non nulles.
x + 2y + z = 0
x + y + 3z = 0
2x + 3y + 4z = 0
2x + 4y + az = 0.
36
Solution. Comme le système est homogène, on échelonne la matrice des coefficients
1 2 1 1 2 1 1 2 1
1 1 3 0 −1 2 0 −1 2
A= ⇒ ⇒ .
2 3 4 0 −1 2 0 0 a−2
2 4 a 0 0 a−2 0 0 0
Cette dernière matrice est échelonnée pour toute valeur de a. D’après le théorème 3.11(1),
le système homogène admet des solutions non nulles si, et seulement si, rg(A) < 3, si, et
seulement si, rg(A) = 2 si, et seulement si, a = 2.
3.12. Exercices
2. Trouver le point d’intersection de trois plans affines définis par les équations x+2y−z = 1,
et 2x − y + z = 2, et 3x + 2y − z = 3, respectivement.
x + y + z = 1
x + 2y + 2z = 2
2x + ay + 2z = 3.
Déterminer les valeurs réelles de a pour lesquelles le système
(1) n’ait pas de solution;
(2) ait une infinité de solutions;
(3) ait une seule solution.
4. Dans chacun des cas suivants, trouver la condition pour que le système soit compatible.
(1) x − 2y + z = 6
3x + y − z = 7
−x + y + az = 6.
37
(2) x + 2y − 3z = a
2x + 6y − 11z = b
x − 2y + 7z = c.
5. Soient P1 , P2 , et P3 les plans affines définis par les équations x+2y+z = 1; 2x+5y+az = 1
et x + ay + 2z = 2, respectivement. Trouver les valeurs réelles de a pour que les trois
plans se coupent, c’est-à-dire, leur intersection est non vide.
x − y + z = 0
x − 4y + z = 0
3x + y + az = 0
−x − 2y − z = 0,
a-t-il des solutions non nulles? Si c’est le cas, trouver toutes les solutions.
7. Dans chacun des cas suivants, déterminer si le système homogène admet des solutions
non nulles.
(1) 2x − y + 4z = 0
y + z = 0
3x + y = 0;
(2) 3x − y + 2z = 0
y + z = 0
3x + 3z = 0;
38
Chapitre IV: Espaces vectoriels
4.1.1. Définition. Les nombres réels s’appellent scalaires. Un ensemble E, ses éléments
s’appellent vecteurs, est dit espace vectoriel réel (ou bien, espace vectoriel sur R) s’il est
muni d’une multiplication par scalaires
· : R × E → E : (a, u) 7→ a · u
et d’une addition
+ : E × E → E : (u, v) 7→ u + v
satisfaisant aux axiomes suivants pour tous a, b ∈ R et u, v, w ∈ E.
(1) (associativité) a · (b · u) = (ab) · u.
(2) (neutralité) 1 · u = u.
(3) (commutativité) u + v = v + u.
(4) (associativité) u + (v + w) = (u + v) + w.
(5) Il existe un vecteur nul, noté 0E , de E tel que u + 0E = u.
(6) u admet un opposé, noté (−u), tel que u + (−u) = 0E .
(7) (distributivité) a · (u + v) = a · u + a · v.
(8) (distributivité) (a + b) · u = a · u + b · u.
En outre, E est dit nul si E = {0E }.
u − v := u + (−v).
u + v + w := (u + v) + w.
39
(3) En général, pour tous u1 , . . . , un ∈ E avec n > 2, on définit
u1 + · · · + un := (· · · (u1 + u2 ) + · · · + un−1 ) + un .
Exemple. E = {0} est un espace vectoriel réel nul, pour les opérations suivantes:
0 + 0 = 0; a · 0 = 0, pour tout a ∈ R.
Remarque. Pour tout entier n ≥ 1, l’espace vectoriel réel Rn s’appelle espace vectoriel
canonique.
Exemple. (1) Prenant n = 1, on voit que R est un espace vectoriel sur R, noté R R.
(2) Prenant n = 2, on obtient le plan réel
2 a
R = | a, b ∈ R .
b
u
- x
−bu
On peut aussi additionner deux vecteurs d’une façon géométrique comme suit:
y
r u+v
6 *
u
*
v
- x
41
ne représentent aucune couleur numérique.
Dès maintenant, on se fixe E un espace vectoriel réel. D’abord, on rassemble des pro-
priétés élémentaires d’espaces vectoriels dans le résultat suivant.
La notion de combinaison linéaire joue un rôle important dans l’étude d’espaces vectoriels.
Exemple. (1) Tout vecteur v ∈ E est une combinaison linéaire de lui-même, car v = 1·v.
(2) Pour tous u1 , . . . , un ∈ E, le vecteur nul 0E est toujours une combinaison linéaire de
u1 , . . . , un . En effet,
0E = 0 · u1 + · · · + 0 · un .
3v
+
2u
2u
3v
42
On parlera d’une application des combinaisons linéaires aux couleurs numériques.
4.1.5. Proposition. Une couleur numérique C est obtenue en mélangeant des couleurs
numériques C1 , . . . , Cn si, et seulement si, C est une combinaison linéaire de C1 , . . . , Cn aux
coefficients a1 , . . . , an entre 0 et 1, c’est-à-dire,
C = a1 C1 + · · · + an Cn ; 0 ≤ a1 , . . . , an ≤ 1,
Le résultat suivant nous dit qu’exprimer un vecteur comme une combinaison linéaire
de vecteurs d’un espace vectoriel canonique se ramène à trouver une solution d’un système
d’équations linéaires.
an
43
Exercice. Soient
1 2 1 0
u= 5 , u1 =
3 , u2 =
0 , u3 =
1 ∈ R3 .
1 2 1 0
(u1 u2 u3 )X = u,
c’est-à-dire,
2 1 0 x 1
3 0 1 y = 5 .
2 1 0 z 1
Maintenant, on échelonne la matrice augmentée
−1 1 −1 −4 −1 1 −1 −4
2 1 0 1
(u1 u2 u3 | u) = 3 0 1 5 ⇒ 3 0 1 5 ⇒ 0 3 −2 −7 .
2 1 0 1 2 1 0 1 0 0 0 0
−x + y − z = −4
3y − 2z = −7
0z = 0.
Comme z est une inconnue libre, le système admet une infinité de solutions. Pour trouver
une solution particulière, on pose par exemple z = 2. Cela nous donne y = −1 et x = 1.
C’est-à-dire,
u = 1 · u1 + (−1) · u2 + 2 · u3 .
Par contre, si l’on pose z = 5, alors y = 1 et x = 0. Ceci nous donne une autre expression
u = 0 · u1 + 1 · u2 + 5 · u3 .
Le résultat suivant nous donne un critère pour qu’un vecteur soit une combinaison linéaire
d’une famille de vecteurs.
(u1 · · · un )X = u.
44
(3) rg(u1 · · · un ) = rg(u1 · · · un | u).
Solution. D’après le théorème 4.1.7, on doit comparer rg(v1 v2 ) et rg(v1 v2 | v). Pour ce
faire, on échelonne la matrice (v1 v2 | v) comme suit:
1 3 2 1 3 2
3 2 −1 ⇒ 0 1 1 .
1 −4 1 0 0 1
D’où, rg(v1 v2 ) = 2 et rg(v1 v2 | v) = 3. Par conséquent, v n’est pas une combinaison linéaire
de v1 , v2 .
a1 u1 + · · · + an un = 0E
entraı̂ne que a1 = · · · = an = 0.
Remarque. (1) On dit qu’une famille {u1 , . . . , un } est liée ou libre si u1 , . . . , un sont
linéairement dépendants ou indépendants, respectivement.
(2) Par convention, la famille vide ∅ est libre.
(∗) x1 u1 + x2 u2 + · · · + xn un = 0E .
45
Alors la famille {u1 , u2 , . . . , un } est liée si (∗) a une solution non nulle et libre si (∗) n’a que
la solution nulle.
Exercice. Soient
1 1
u1 = , u2 = ∈ R2 .
1 0
Vérifier si la famille {u1 , u2 } est liée ou libre.
admet une solution non nulle. Cette équation est équivalente au système homogène
x1 + x2 = 0
x2 = 0.
Le résultat suivant nous dit comment déterminer si une petite famille de vecteurs est liée
ou libre.
Solution. D’après le lemme 4.1.9(1), la première famille est liée, et la deuxième est libre.
Enfin, pour tout a ∈ R, on voit que
2a 0
au = 6= v; av = 6= u.
0 3a
Le résultat suivant nous dit que déterminer si une famille de vecteurs d’un espace vectoriel
canonique est liée ou libre se ramène à déterminer si un système homogène d’équations
linéaires admet des solutions non nulles ou non.
46
(2) Le système homogène suivant n’a que la solution nulle
(u1 , . . . , un )X = 0.
(1)
1 1 0 1
v1 = 1 , v2 = 0 , v3 = 1 , v4 = 1 ⊆ R3 ;
0 1 1 1
(2)
2 1 0
3 0 1
u1 = , u2 = , u3 = ⊆ R4 .
2 1 0
1 2 1
(2) On échelonne
2 1 0 1 2 1
3 0 1 0 3 2
(u1 u2 u3 ) = ⇒ .
2 1 0 0 0 2
1 2 1 0 0 0
47
(4) Toute combinaison linéaire u de u1 , . . . , un s’écrit d’une façon unique
u = a1 u1 + · · · + an un , avec a1 , . . . , an ∈ R.
Exemple. Soient
2 1 0 1
u1 = 3 , u2 = 0 , u3 = 1 ; u = 5 ∈ R3 .
2 1 0 1
On a vu que
u = 1 · u1 + (−1) · u2 + 2 · u3 = 0 · u1 + 1 · u2 + 5 · u3 .
D’après la proposition 4.1.11(4), la famille {u1 , u2 , u3 } est liée.
Exercice. Vérifier qu’aucune des trois couleurs parmi le rouge, le vert et le bleu n’est
obtenue en mélangeant les deux autres.
Démonstration. Les vecteurs des coordonnées RVB de ces couleurs sont respectivement
1 0 0
R= 0 ;V =
1 ;B =
0 .
0 0 1
48
Démonstration. D’abord, considérons la matrice
1 1
A = (u1 u2 ) = .
1 −1
4.1.13. Proposition. Pour tout entier n ≥ 1, l’espace vectoriel réel Rn a pour base,
appelée base canonique, la famille ordonnée suivante:
1 0 0
..
0 1
e1 = . , e2 = . , · · · , en = . .
.. .. 0
0 0 1
an
s’écrit évidemment
u = a1 e1 + · · · + an en , où a1 , . . . , an ∈ R.
Par définition, {e1 , . . . , en } est une base de Rn . Ceci achève la démonstration.
49
y
6
e2 6
- - x
e1
e3
6
-
e2
- y
e1
4.1.14. Théorème. Toutes les bases de E ont le même nombre de vecteurs; ce nombre
commun s’appelle dimension de E, noté dim(E).
Le résultat suivant nous dit que la dimension de E est le plus grand nombre de vecteurs
linéairement indépendants.
50
Exemple. (1) On a dim(R2 ) = 2. Mais la famille
1 2
u= ,v =
2 4
n’est pas une base de R2 . En effet, comme v = 2u, cette famille est liée.
Ainsi rg(u1 u2 u3 ) = 3. D’après le théorème 4.1.10(3), {u1 , u2 , u3 } est libre. Comme dim(R3 ) =
3, {u1 , u2 , u3 } est une base de R3 .
4.2. Coordonnées
Le but de cette section est d’appliquer la théorie de matrices pour étudier les espaces
vectoriels de dimension finie. Partout dans cette section, on se fixe E un espace vectoriel
réel ayant une base finie. Rappelons qu’une base est une famille ordonnée.
(∗) u = a1 u1 + · · · + an un .
51
colonne des coordonnées de u dans la base {u1 , . . . , un }.
an
a1 u1 + a2 u2 = u.
52
Pour ce résoudre, on échelonne
5
1 1 2 1 1 2 1 1 2 1 0 2
⇒ ⇒ ⇒ .
1 −1 3 0 −2 1 0 1 − 21 0 1 − 12
5
Ceci nous donne la solution a1 = 2
et a2 = − 12 . C’est-à-dire,
5 1
u = u1 − u2 .
2 2
D’où, les coordonnées de u dans {u1 , u2 } sont 25 ; − 12 , et donc, la colonne des coordonnées de
u dans {u1 , u2 } est !
5
2
.
− 21
On écrit aussi !
5
2
u = (u1 , u2 ) .
− 21
(2.2) On voit aisément que
2 2 0
u= = + = 2 · e1 + 3 · e2 .
3 0 3
(2.3) Par contre, comme u = 3 · e2 + 2 · e1 , les coordonnées de u dans {e2 , e1 } sont {3; 2},
et donc, la colonne des coordonnées de u dans {e2 , e1 } est
3
.
2
an
53
Plus généralement, on a la notion suivante.
4.2.3. Définition. Soient {u1 , . . . , un } une base de E et {v1 , . . . , vm } une famille or-
donnée de vecteurs de E. Si Aj est la colonne des coordonnées de vj dans {u1 , . . . , un },
j = 1, . . . , m, alors la matrice
(A1 · · · Am ) ∈ Mn×m (R)
{v ,...,v }
s’appelle matrice des coordonnées de {v1 , . . . , vm } dans {u1 , . . . , un }, notée P{u11,..., umn } .
{v}
Remarque. (1) P{u1 ,...,un } est la colonne des coordonnées de v dans {u1 , . . . , un }.
(2) En considérant (v1 , . . . , vm ) et (u1 , . . . , un ) comme des matrices-ligne, on a
{v ,...,v }
(v1 , . . . , vm ) = (u1 , . . . , un )P{u11,..., umn } .
Trouver la famille {v1 , v2 , v3 } ⊆ R2 , dont la matrice des coordonnées dans {u1 , u2 } est
1 2 1
A= .
2 1 1
C’est-à-dire,
3 3 2
v1 = 1 · u1 + 2 · u2 = ; v2 = 2 · u1 + 1 · u2 = ; v3 = 1 · u1 + 1 · u2 = .
−1 1 0
54
Exercice. Considérer les vecteurs
1 2 0
u1 = 0 , u2 =
1 , u3 =
1 ∈ R3 ,
2 0 2
et poser v1 = u1 − u2 ; v2 = u2 − u3 ; v3 = u1 − u3 ; v4 = u3 .
{v ,v ,v ,v }
(1) En sachant que {u1 , u2 , u3 } est une base de R3 , trouver P{u11,u22 ,u33 } 4 .
{v ,v ,v ,v4 }
(2) Considérant la base canonique {e1 , e2 , e3 }, trouver P{e11,e22,e33} .
Solution. (1) On cherche les coordonnées de vi dans la base {u1 , u2 , u3 }. Mais, d’après
l’hypothèse, on voit aisément que
v1 = 1 · u1 + (−1) · u2 + 0 · u3
v2 = 0 · u1 + 1 · u2 + (−1) · u3
v3 = 1 · u1 + 0 · u2 + (−1) · u3
v4 = 0 · u1 + 0 · u2 + 1 · u3
D’où,
1 0 1 0
{v ,v ,v ,v }
P{u11,u22 ,u33 } 4 = −1 1 0 0 .
0 −1 −1 1
(2) On doit trouver les coordonnées canoniques de chacun des vi . D’après l’hypothèse,
on trouve
−1
2 1 0
v1 = −1 , v2 = 0 , v3 = −1 , v4 = 1 .
2 −2 0 2
D’après le lemme 4.2.4, on a
−1
2 1 0
{v ,v ,v ,v4 }
P{e11,e22,e33} = (v1 v2 v3 v4 ) = −1 0 −1 1 .
2 −2 0 2
Le résultat suivant nous dit comment déterminer si une famille de vecteurs est une base
ou non en utilisant sa matrice des coordonnées dans une base connue.
4.2.6. Corollaire. Si A ∈ Mn (R), alors les colonnes de A forment une base de Rn si, et
seulement si, A est inversible.
Démonstration. Posons A = (A1 · · · An ), où Aj ∈ Rn . Soit {e1 , . . . , en } la base canon-
ique de Rn . D’après le lemme 4.2.4, on a
{A ,...,A }
P{e1 1,...,en }n = (A1 · · · An ) = A.
55
D’après le théorème 4.2.5, {A1 . . . An } est une base de Rn si, et seulement si, A est inversible.
La preuve du corollaire s’achève.
1 −2
2
A= 0 2 3 .
1 −2 −4
Comme rg(A) = 3, la matrice A est inversible. Par conséquent, R3 a une base comme suit:
−2
2 1
0 , 2 , 3 .
−2 −4
1
On étudiera la matrice des coordonnéees d’une base dans une autre base.
56
Ceci est illustré par le diagramme suivant:
{v ,...,v }
P{u 1,...,un }
{u1 , · · · , un }
1 n
/ {v1 , · · · , vn }.
(2) Posons
2 4
(v1 , v2 ) = (u1 , u2 ) .
3 1
C’est-à-dire,
5 5
v1 = 2u1 + 3u2 = , v2 = 4u1 + u2 = .
−1 3
Par définition,
{v ,v } 2 4
P{u11,u22 } = := P
3 1
Comme det(P ) = −10, on voit que P est inversible. D’après le théorème 4.2.5, {v1 , v2 } est
une base de R2 . Par définition, la matrice de passage de {u1 , u2 } à {v1 , v2 } est P .
57
D’après 4.2.8, la matrice de passage de la base canonique {e1 , e2 , e3 } à cette base {A1 , A2 , A3 }
est simplement
1 −2
2
(A1 A2 A3 ) = 0 2 3 .
1 −2 −4
D’après le lemme 4.2.2, c’est trivial de trouver les coordonnées d’un vecteur de Rn dans la
base canonique. Le résultat suivant nous dit comment trouver les coordonnées d’un vecteur
dans une base non canonique au moyen de la matrice de passage.
{u1 , · · · , un }
P / {v1 , · · · , vn }
P −1 A
A
&
{w1 , . . . , wm }.
Exercice. (1) Montrer que le jaune J, le magenta M , le cyant C forment une base de
3
R.
(2) Déterminer si l’on peut mélanger le jaune, le magenta et le cyant pour obtenir la
couleur
1
1
D = 4 .
1
4
58
Comme det(P ) = −2, on voit que P est inversible. D’après le théorème 4.2.5, {J, M, C} est
une base de R3 .
(2) En vue de la proposition 4.1.5, la couleur D est obtenue en mélangeant J, M, C si, et
seulement si,
D = a1 J + a2 M + a3 C, avec 0 ≤ a1 , a2 , a3 ≤ 1.
Ainsi, on doit trouver les coordonnées de A dans la base {J, M, C}. D’après le théorème
4.2.9, on considère le diagramme suivant
{e1 , e2 , e3 }
P / {J, M, C}
P −1 A
A
%
A.
Donc,
1
2
{D} 1
P{J,M,C} = ,
2
− 14
c’est-à-dire,
1 1 1
D= J+ M− C.
2 2 4
1
Comme − 4 < 0, d’après la proposition 4.1.5, on ne peut pas obtenir la couleur D en
mélangeant le jaune, le magenta, et le cyan.
Le résultat suivant donne une méthode pour trouver la matrice de passage entre deux
bases quelconques.
59
Remarque. Le théorème 4.2.10(2) est illustré par le diagramme commutatif suivant:
{u1 , . . . , un }
P / {v1 , . . . , vn }
P −1 Q
Q
&
{w1 , . . . , wn }
Le but de cette section est d’étudier des sous-ensembles particuliers d’un espace vectoriel,
appelés sous-espaces vectoriels. Un sous-espace vectoriel de Rn est toujours relié à une
matrice.
60
4.3.1. Définition. Un sous-ensemble non vide F de E s’appelle sous-espace vectoriel si
les conditions suivantes sont vérifiées.
(1) Si u ∈ F et a ∈ R, alors au ∈ F .
(2) Si u, v ∈ F , alors u + v ∈ F .
Pour tous 0
x x
u = y , v = y 0 ∈ Px,y ,
0 0
et tout a ∈ R, on a
x + x0
ax
au = ay , u + v = y + y 0 ∈ Px,y .
0 0
4.3.2. Lemme. Soit F un sous-espace vectoriel de E. Les énoncés suivants sont valides.
(1) 0E ∈ F.
(2) Si u ∈ F , alors −u ∈ F.
(3) Si u1 , . . . , ur ∈ F , alors a1 u1 + · · · + ar ur ∈ F , pour tous a1 , . . . , ar ∈ R.
· : R × F → F : (a, u) 7→ au
et
+ : F × F → F : (u, v) 7→ u + v.
En particulier, 0F = 0E .
61
Exemple. Considérons la droite affine de R2 suivante:
x 2
D= ∈R |x+y =1 .
y
D’où, 0 < dim(F ) < 2, et donc, dim(F ) = 1. C’est-à-dire, F est une droite vectorielle.
(2) Soit F un sous-espace vectoriel non trivial de R3 . Alors
D’où, 0 < dim(F ) < 3, et donc, dim(F ) = 1 ou 2. C’est-à-dire, F est une droite vectorielle
ou un plan vectoriel.
{a1 u1 + · · · + ar ur | a1 , . . . , ar ∈ R}
62
Solution. Par définition, on a
x
F =< e1 , e2 >= {xe1 + ye2 | x, y ∈ R} = y | x, y ∈ R ,
0
Exemple. Soient
1 1 2 0
u1 = 2 , u2 = 2 , u3 = 4 , u4 = 0 ∈ R3 .
3 0 3 0
On étudiera comment trouver une base d’un sous-espace vectoriel à partir de son ensemble
générateur. Le résultat suivant est evident.
est une droite vectorielle. En effet, comme u est non nul, {u} est libre. D’après le lemme
4.3.6, {u} est une base de < u >. En particulier, dim < u >= 1.
(2) Si u, v ∈ Rn sont non co-linéaires, alors
est un plan vectoriel. En effet, comme u, v ne se trouvent pas dans la même droite vectorielle,
aucun de u, v n’est un multiple de l’autre. D’après le lemme 4.1.9, {u, v} est libre; et d’après
le lemme 4.3.6, {u, v} est une base de < u, v >. En particulier, dim < u, v >= 2.
63
On va étudier deux sous-espaces associés à une matrice A ∈ Mm×n (R).
Par définition, on a
(2) Soit
1 2 3 6
A = 2 3 5 10 .
3 4 7 14
Alors
1 2 3 6
C(A) =< 2 , 3 , 5 , 10 >⊆ R3 .
3 4 7 14
AX = B
Exercice. Soient
1 2 3 6 2 2
A = 2 3 5 10 ; u = 1 ; v = 1 .
3 4 7 14 1 0
64
Solution. La question est de déterminer lequel des systèmes AX = u et AX = v est
compatible. Au lieu d’échelonner (A | u) et (A | v) séparément, on échelonne (A | u | v).
1 2 3 6 2 2 1 2 3 6 2 2
(A | u | v) = 2 3 5 10 1 1 ⇒ 0 1 1 2 3 3 .
3 4 7 14 1 0 0 0 0 0 1 0
D’où, on voit que
1 2 3 6
A ⇒ 0 1 1 2 ;
0 0 0 0
1 2 3 6 2
(A | u) ⇒ 0 1 1 2 3 ;
0 0 0 0 1
et
1 2 3 6 2
(A | v) ⇒ 0 1 1 2 3 .
0 0 0 0 0
Ainsi, rg(A) 6= rg(A | u), mais rg(A) = rg(A | v). Par conséquent, AX = u est incompatible,
et AX = v est compatible. D’après la proposition 4.3.8(2), u 6∈ C(A) et v ∈ C(A).
4.3.9. Proposition. Soit A ∈ Mm×n (R) dont les colonnes sont A1 , . . . , An . Comme
C(A) =< A1 , . . . , An >, les conditions suivantes sont équivalentes.
(1) A1 , . . . , An forment une base de C(A).
(2) A1 , . . . , An sont linéairement indépendants.
(3) rg(A) = n, le nombre de colonnes de A.
Exercice. Soit
1 4 1
1 3 1
A= .
−2 −4 1
1 4 2
Vérifier si les colonnes de A forment une base de C(A) ou non.
Solution. Comme
1 4 1 1 4 1
1 3 1 0 1 0
A= ⇒ ,
−2 −4 1 0 0 1
1 4 2 0 0 0
65
on a rg(A) = 3, le nombre de colonnes de A. D’après la proposition 4.3.9, les colonnes de A
forment une base de C(A).
On a le résultat général suivant pour trouver une base de l’espace-colonne d’une matrice.
Les pivots de B se trouvent dans les colonnes 1 et 2. D’après le théorème 4.3.10, {u1 , u2 }
est une base de F .
N (A) := {u ∈ Rn | Au = 0}
Remarque. On voit que N (A) est l’ensemble des solutions du système homogène
AX = 0.
Le résultat suivant nous dit comment trouver une base du noyau d’une matrice.
4.3.12. Théorème. Soit A ∈ Mm×n (R) dont A0 est une forme échelonnée.
Si le système homogène échelonné A0 X = 0 n’a aucune inconnue libre, alors N (A) est
nul et a pour base l’ensemble vide.
66
Si le système échelonné A0 X = 0 admet s inconnues libres xi1 , xi2 , . . . , xis , alors on le
résout successivement
(1) en posant xi1 = 1, xi2 = · · · = xis = 0, ce qui donne une solution u1 ;
(2) en posant xi1 = 0, xi2 = 1, xi3 = · · · = xis = 0, ce qui donne une solution u2 ;
..
.
(s) en posant xi1 = xi2 = · · · = xis−1 = 0, xis = 1, ce qui donne une solution us .
Alors {u1 , . . . , us } est une base de N (A).
En tout cas, dim N (A) = n − rg(A), le nombre d’inconnues libres du système homogène
échelonné A0 X = 0.
2x1 − x3 − x5 = −1
x3 + 5x5 = 0
x5 = 0.
67
(2) En posant x2 = 0, x4 = 1 et x6 = 0, on a un système sans inconnue libre
2x1 − x3 − x5 = −2
x3 + 5x5 = −1
x5 = 0.
2x1 − x3 − x5 = −3
x3 + 5x5 = 1
x5 = −2.
68
On a étudié les sous-espaces vectoriels de Rn dans la section précédente. Cette section a
pour but d’étudier les sous-espaces affines de Rn , un autre genre de sous-ensembles de Rn .
On commence par la notion de coordonnées homogènes, ce qui est important en infographie.
an
Un vecteur
x1
..
.
∈ Rn+1
xn
xn+1
s’appelle vecteur de coordonnées homogènes de u si xn+1 6= 0 et
x1
xn+1
..
= u.
.
xn
xn+1
69
(2) Par définition, on a
0
0
0̂ = ∈ R4 .
0
1
Remarquons que
0 0
0 0
,
0 0
√
2 2
sont aussi des vecteurs de coordonnées homogènes de 0.
Le résultat suivant décrit l’ensemble des vecteurs de coordonnées homogènes d’un vecteur
donné.
an
(1) Si v ∈ Rn+1 est un vecteur de coordonnées homogènes de u, alors w ∈ Rn+1 est aussi
un vecteur de coordonnées homogènes de u si, et seulement si, w = av avec a 6= 0.
(2) L’ensemble des vecteurs de coordonnées homogènes de v est
aa1
..
.
| 0 6= a ∈ R .
aan
a
Exercice. Soient
10 −15
−6 9
v= , w= ∈ R4 .
14 −21
2 −3
(1) Vérifier que v, w sont des vecteurs de coordonnées homogènes du même vecteur.
(2) Écrire w = av avec a non nul.
Solution. On voit que
10
− 35
2 5 5
6 9
−2 = −3 =: u et = −3 = u.
3
14 7 − 21 7
2 3
70
En outre, v = 2û et w = (−3)û. Par conséquent, w = − 23 v.
Exemple. D’après le lemme 4.1.9(1), toute famille d’un vecteur est affinement libre.
Exercice. Soient
1 2 0 1
u1 = 3 , u2 = 7 , u3 = 4 , u4 = 8 ∈ R3 .
7 6 7 6
Comme rg(A) = 3 < 4, d’après le théorème 4.1.10(3), {û1 , û2 , û3 , û4 } est liée dans R4 .
Par définition, {u1 , u2 , u3 , u4 } est affinement liée dans R3 .
u = c1 u1 + · · · + cr ur et c1 + · · · + cr = 1
71
Remarque. Un vecteur u est un barycentre de u1 , . . . , ur dans Rn si, et seulement si, û
est une combinaison linéaire de û1 , . . . , ûr dans Rn+1 .
Exercice. Soient
3 1 1 4
u1 = 1 , u2 = 2 , u3 = 7 , u = 3 ∈ R3 .
1 2 1 0
Vérifier que u est un barycentre de u1 , u2 , u3 , en donnant les coordonnées barycentriques.
Solution. On devra résoudre l’équation suivante:
c’es-à-dire, le système
(û1 û2 û3 )X = û.
Comme
3
3 1 1 4 1 0 0 2
1 2 7 3 0 1 0 −1
(û1 û2 û3 | û) = ⇒ 1 ,
1 2 1 0 0 0 1 2
1 1 1 1 0 0 0 0
on obtient
3 1
û = û1 − û2 + û3 .
2 2
Ainsi u est un barycentre de u1 , u2 , u3 , dont les coordonnées barycentriques sont 32 , −1, 12 .
C’est-à-dire,
3 1 3 1
u = u1 − u2 + u3 et + (−1) + = 1.
2 2 2 2
ce qui est la droite affine passant par u1 , u2 . En outre, le segment d’extrémités u1 , u2 est
donné par
{(1 − t)u1 + tu2 | 0 ≤ t ≤ 1} =: δ(u1 , u2 ).
72
Solution. On considère un vecteur quelconque
x
u= ∈ R2 .
y
Alors u ∈ D si, et seulement si, u est un barycentre de u1 , u2 si, et seulement si, û est
une combinaison linéaire de û1 , û2 si, et seulement si, rg(û1 û2 ) = rg(û1 û2 | û). Maintenant,
2 4 x 1 1 1
(û1 û2 | û) = 1 5 y ⇒ 0 2 x − 2 .
1 1 1 0 0 2x − y − 3
2x − y − 3 = 0.
Vérifier que u appartient à la droite affine passant par u1 , u2 , mais n’appartient pas au
segment d’extrémités u1 , u2 .
Solution. Comme
1 2 0 1 0 2
1 1 1 0 1 −1
(û1 û2 | û) = ⇒ ,
2 1 3 0 0 0
1 1 1 0 0 0
les coordonnées barycentriques de u dans {u1 , u2 } sont {2, −1}. Ainsi, u appartient à la
droite passant par u1 , u2 . Comme 2, −1 ne sont pas compris entre 0 et 1, u n’appartient pas
au segment d’extrémités u1 , u2 .
ce qui est le plan affine passant par u1 , u2 , u3 . En outre, le triangle de sommets u1 , u2 , u3 est
73
Exercice. Soient
−2
1 2 0
u1 = 3 , u2 = 7 , u3 = 4 ; v = 0 ∈ R3 .
7 6 7 8
(1) Vérifier que {u1 , u2 , u3 } est affinement libre.
(2) Donner une équation du plan affine P passant par u1 , u2 , u3 .
(3) Déterminer si u appartient au triangle ∆ de sommets u1 , u2 , u3 .
Solution. Soit un vecetur quelconque
x
u = y ∈ R3 .
z
Pour les parties (1), (2) et (3), on doit échelonner les matrices (û1 û2 û3 ), (û1 û2 û3 | u) et
(û1 û2 û3 | v), respectivement. Pour ce faire, on échelonne la matrice (û1 û2 û3 | u | v) comme
suit:
1 2 0 x −1 1 1 1 1 1
3 7 4 y 0 0 1 −1 x − 1 −2
(û1 û2 û3 | u | v) = ⇒ (∗)
7 6 7 z 8 0 0 1 x+z−8 1
1 1 1 1 1 0 0 0 x + y + 5z − 39 0
D’où, rg(û1 û2 û3 ) = 3. Donc {û1 , û2 , û3 } est libre dans R4 . Par conséquent, {u1 , u2 , u3 } est
affinement libre dans R3 .
(2) D’après (∗), on voit que (û1 û2 û3 | û) se réduit à
1 1 1 1
0 1 −1 x − 1
0 0 1 x+z−8
0 0 0 x + y + 5z − 39
74
(3) Il s’agit de vérifier si l’on peut exprimer
D’où, v̂ = û1 − û2 + û3 . Ainsi, v est un barycentre de u1 , u2 , u3 , dont les coordonnées
baricentriques dans {u1 , u2 , u3 } sont 1, −1, 1. Comme −1 est négatif, v 6∈ ∆.
C = a1 C 1 + a2 C 2 + a3 C 3 .
Exercice. Considérer
3 4 1 3
u1 = 1 , u2 =
3 , u3 =
5 ,u =
3 ∈ R3 .
7
5 4 1 2
Soit ∆ un triangle coloré de sommets u1 , u2 , u3 auxquels les couleurs sont le magenta {1; 0; 1},
le magenta claire {1; 0, 4; 1}, et le pourpre {0, 6; 0; 1} respectivement.
(1) Vérifier que u ∈ ∆.
(2) Donner la couleur C à u.
Solution. (1) Il s’agit de vérifier que û est une combinaison linéaire de û1 , û2 , û3 à
coefficients entre 0 et 1. Pour ce faire, on échelonne
3 4 1 3 1 0 0 14
1 3 5 3 0 1 0 12
(û1 û2 û3 | û) = ⇒ .
5 4 1 3, 5 0 0 1 14
1 1 1 1 0 0 0 0
75
D’où,
1 1 1
u = u1 + u2 + u3 .
4 2 4
Par conséquent, u ∈ ∆ dont les coordonnées barycentrique dans {u1 , u2 , u3 } sont 41 , 12 , 14 .
(2) D’après la proposition 4.4.7,
1 1 0, 6 0, 9
1 1 1
C = 0 + 0, 4 + 0 = 0, 2 .
4 2 4
1 1 1 1
4.5. Exercices
1. Montrer qu’un espace vectoriel réel non nul contient une infinité de vecteurs.
2. Soit D une couleur obtenue en mélangeant 20% du blanc, 25% du magenta, 30% du gris
et 10% du pourpre.
Donner les valeurs réelles de a et b pour que u soit une combinaison linéaire de v1 et v2 .
76
5. Considérer les vecteurs de R5 suivants:
3 2 0 5 1
2
0
5
31
0
u1 = 0 , u2 = 3 , u3 = 6 ,u = 24 ;v = 3 .
−2 −7 −1
1 0
1 −4 0 11 5
6. (1) Montrer qu’aucune des couleurs blanc, cyan et magenta ne peut être obtenue en
mélangeant deux autres. Indice: Vérifier que leurs colonnes des coordonnées RVB
sont linéairement indépendantes.
(2) Déterminer si l’on peut obtenir le pourpre en mélangeant le blanc, le cyan et le
magenta.
(3) Déterminer si l’on peut obtenir le blanc en mélangeant le jaune, le magenta et le cyan;
et si oui, donner l’intensité de chacune de ces trois couleurs?
8. Dans chacun des cas suivants, déterminer si les vecteurs de R3 sont linéairement dépendants
ou indépendants:
1 3 2 1 2 3
3 8 9 −2 1 −6
(1) , , ; (2) , , .
−1 −5 4 4 0 1
4 7 23 1 −3 4
77
9. Considérer les vecteurs de R3 suivants:
1 2
u1 = 2 , u2 = 1 .
1 −1
1 1 2 2
u1 = 1 , u2 = 2 , u3 = 1 ; u = 3 .
2 1 1 −1
(1) Vérifier, d’après la définition 4.1.12(1), que {u1 , u2 , u3 } est une base de R3 . Indice:
Appliquer les théorèmes 4.1.10(3) et 4.1.7(3).
(2) Donner la colonne des coordonnées de u dans la base {u1 , u2 , u3 }, en appliquant le
lemme 4.1.6 pour exprimer u comme une combinaison linéaire de u1 , u2 , u3 .
12. Soit E un espace vectoriel réel avec des vecteurs linéairement indépendants u1 , u2 , u3 .
Montrer, d’après la définition 4.1.8(2), que {v1 = 3u1 , v2 = 2u1 − u2 , v3 = u1 + u3 } est
libre.
78
14. Considérer les vecteurs de R3 suivants:
1 2 2
−1 , −1 , 1 .
1 a 3
Donner, à l’aide du corollaire 4.2.6, la valeur réelle de a pour que {u1 , u2 , u3 } soit une
base de R3 .
15. Dans chacun des cas suivants déterminer, avec justification, si les vecteurs donnés forment
une base de R3 ou non.
1 2
(1) 1 , 1 ;
0 0
2 3 4
(2) 1 , 1 , 5 ;
0 0 6
5 2 7 1
(3) 6 , −3 , 3 , 2 .
−1 5 4 3
16. Dans chacun des cas suivants déterminer, à l’aide du théorème 4.2.5, si la famille de
vecteurs est une base de R4 ou non.
1 1 1 6
1 0 1 4
(1) , , , ;
1 1 1 6
1 1 0 3
3 −2 0 4 13
2 0 0 −1 −2
(2) , , , , .
−5 1 1 3 7
2 −3 1 0 5
(1) Donner la matrice des coordonnées de {u1 , u2 , u3 } dans la base canonique {e1 , e2 , e3 }.
79
(2) Vérifier, à l’aide du théorème 4.2.5, que {u1 , u2 , u3 } est une base de R3 .
(3) Donner le vecteur w dont les coordonnées dans {u1 , u2 , u3 } sont {2, 3, −2}.
(4) Trouver, à l’aide de le théorème 4.2.9, la colonne des coordonnées de u dans la base
{u1 , u2 , u3 }.
(1) En appliquant le théorème 4.2.5 à la matrice des coordonnées canoniques, vérifier que
{u1 , u2 , u3 } est une base de R3 .
(2) En utilisant la définition 4.2.1, trouver les coordonnées de u dans la base {u1 , u2 , u3 }.
(3) Donner v1 , v2 ∈ R3 tels que la matrice des coordonnées de {v1 , v2 } dans la base
{u1 , u2 , u3 } est
2 1
−1 2 .
1 −1
21. Soit {u1 , u2 , u3 } une base de R3 . Dans chacun des cas suivants, trouver la matrice de
passage de la base {u1 , u2 , u3 } à la base donnée:
(1) {u1 , u2 , u3 }; (2) {u3 , u1 , u2 };
(3) {u2 , u3 , u1 }; (4) {u3 , u2 , u1 }.
80
22. Dans chacun de cas suivants, déterminer si le sous-ensemble donné de R2 est un sous-
espace vectoriel ou non.
a a 2
(1) F1 = | b = 2a ; (2) F2 = |b=a .
b b
27. Soit D une droite vectorielle de Rn . Si u ∈ D est non nul, montrer que {u} est une base
de D.
81
28. Soit F le sous-espace vectoriel de R4 engendré par
−1 1 1
1 −1 1
u1 = , u2 = , u3 = ;
1 1 −1
1 1 1
30. Dans chacun des cas suivants, calculer la dimension du sous-espace vectoriel de R4 en-
gendré par les vecteurs donnés:
1 2 0 1 4 3
−1 0 −2 −1 −2 −1
(1) , , ; (2) , , .
2 −1 5 2 0 2
1 0 −1 1 1 −1
82
32. Trouver une base de N (A), où
1 3 1 5 4
3 8 −2 9 6
A= .
−1 7 4 10 11
4 1 −1 4 0
33. Trouver une base de l’espace-solution de chacun des systèmes homogènes suivants:
(1) 2x1 + x2 − x3 − x4 + x5 = 0
x1 − x2 + x3 + x4 − 2x5 = 0
3x1 + 3x2 − 3x3 − 3x4 + 4x5 = 0
4x1 + 5x2 − 5x3 − 5x4 + 7x5 = 0.
34. Donner une base de la droite vectoriel ` définie par les équations :
x + y − z = 0
x − 3y + z = 0.
2x − y + 5z = 0.
36. Dans chacun des cas suivants, déterminer si les vecteurs donnés sont des coordonnées
homgènes d’un même vecteur de R3 ; et si oui, donner ce vecteur.
7 3 5 1 2 1
−7 −3 −5 0 0 −1
(1) , , ; (2) , , .
14 6 10 2 4 2
21 9 15 1 2 −1
37. Considérer
1 2 1 1
u1 = 1 , u2 =
3 , u3 =
2 , u4 =
1 ∈ R3 .
1 1 4 5
83
(2) Vérifier que tout vecteur u de R3 est un barycentre de u1 , u2 , u3 , u4 . Indice: Appliquer
le théorème 4.1.15(1) à la famille {û1 , û2 , û3 , û4 }.
38. Soient
1 2 1 1 0
1 3 2 1 −2
u1 = , u2 = , u3 = ;u = , v = ∈ R4 .
0 4 4 5 −8
1 2 1 1 0
39. Soient
1 2 −1
u1 = , u2 = , u= ∈ R2 .
1 1 1
40. Soient 7
−1
3 2 4
u1 = −1 , u2 = 2 , u3 = 1 ; u = 14 ∈ R3 .
2 5 7 4
84
Chapitre V: Applications linéaires
On a étudié des propriétés d’espaces vectoriels. Dans la plupart de cas, il est utile de relier
un espace vectoriel réel à un autre par une application linéaire enter eux. Les applications
linéaires jouent un rôle important dans beaucoup de branches de mathématiques ainsi que
dans les sciences appliquées comme infographie.
Le but de cette section est d’étudier les applications entre deux ensembles généraux.
5.1.1. Définition. Soit X, Y deux ensembles. Une application T de X dans Y est une
règle qui associe à chaque élément x ∈ X un élément unique T (x) ∈ Y , notée
T : X → Y : x 7→ T (x).
1IX : X → X : x 7→ x.
(2) À chaque vecteur de R2 , on associe son vecteur des coordonnées homogènes nor-
malisées. Cela donne une application comme suit:
x
2 3 x
T :R →R : 7→ y .
y
1
(3) Considérons l’ensemble
x
3
Z6=0 = y ∈ R | z 6= 0 .
z
À chaque vecteur u ∈ Z6=0 , on associe le vecteur de R2 , dont u est un vecteur de coordonnées
homogènes. Cela donne une application comme suit:
x x
2 z
T : Z6=0 → R : y 7→ y .
z z
85
(4) Par contre, si l’on définit
x x
3 2 z
T :R →R : y 7→ y ,
z z
alors il ne s’agit d’une application. En effet, l’image du vecteur nul 0 par T n’est pas bien
défini.
{T (z) | z ∈ Z} =: T (Z).
86
Ainsi,
1
⊆ T (D).
1
Ceci montre que
1
T (D) = .
1
Solution. Soient
x0
x 0
u= ,u = ∈ R2 .
y y0
Si u 6= u0 , alors x 6= y ou y 6= y 0 . D’où,
0
x x
6
y = y0 .
1 1
Pour tout
x
u= ∈ R2 ,
y
on a
x
6 w.
T (u) = y =
1
Ainsi, w n’a aucune pré-image. Donc, T n’est pas surjective.
87
Exercice. Vérifier que l’application suivante est surjective et non injective:
x x
!
T : Z6=0 → R2 : y 7→ z
y .
z z
S ◦ T : X → Z : x 7→ S(T (x)).
T ◦ 1IX = T et 1IY ◦ T = T.
88
Solution. Pour tout
x
u= ∈ R2 ,
y
on a
2x
(T ◦ S)(u) = T (S(u)) = T 3y = 2x + 3y − 1.
1
C’est-à-dire,
2 x
T ◦S :R →R: 7→ 2x + 3y − 1.
y
On doit montrer que v admet une et une seule pré-image par T . D’abord, si
x
u= ∈ R2
y
89
Ainsi, !
a
2
b
3
est la seule pré-image de v par T . Ainsi T est bijective. En outre, T −1 est l’application
suivante: !
a
a
T −1 : R2 → R2 : 7→ 2
b
.
b 3
Dès maintenant, on s’intérèsse à des applications entre deux espaces vectoriels réels, qui
sont compatibles avec les opérations vectorielles.
5.2.1. Définition. Une application T : E → F est dite linéaire si, pour tous u, v ∈ E
et a ∈ R, les conditions suivantes sont vérifiées:
(1) T (u + v) = T (u) + T (v);
(2) T (au) = a T (u).
90
Exemple. L’application suivante, appelée translation, n’est pas linéaire:
x x 2
T : R3 → R3 : y 7→ y + 3 .
z z −1
En effet, T (0) 6= 0.
Le résultat suivant est un critère de la linéarité d’une application entre deux espaces
vectoriels canoniques.
5.2.3. Théorème. Une application T : Rn → Rm est linéaire si, et seulement si, T est
définie par une matrice A ∈ Mm×n (R) de la façon suivante:
T : Rn → Rm : u 7→ Au.
Dans ce cas, A = (T (e1 ) · · · T (en )), où {e1 , . . . , en } est la base canonique de Rn .
91
Solution. Pour tout vecteur
x
u = y ∈ R3 ,
z
d’après la définition, on a
x
1 2 3 x + 2y + 3z
T (u) = Au = y = .
4 5 6 4x + 5y + 6z
z
Le résultat suivant nous dit comment trouver l’application composée de deux applications
linéaires.
92
5.2.4. Proposition. Soient deux applications linéaires
T : Rn → Rm : u 7→ Au
et
S : Rm → Rp : v 7→ Bv,
où A ∈ Mm×n (R) et B ∈ Mp×m (R). Alors S ◦ T : Rn → Rp est linéaire définie par BA.
C’est-à-dire,
S ◦ T : Rn → Rp : u 7→ (BA)u.
Exercice. Trouver la matrice qui définit l’application composée des applications linéaires
2 2 x 2x − 3y
T :R →R : 7→
y 3x + 4y
et
x+y
x
S : R2 → R3 : 7→ x − y .
y
2x + 3y
Solution. On voit que T, S sont définies respectivement par les matrices suivantes:
1 1
2 −3
A= , B = 1 −1 .
3 −4
2 3
C’est-à-dire,
5 1 5x + y
x x
S ◦ T : R2 → R 3 : 7→ −1 −7 = −x + 7y .
y y
13 6 13x + 6y
On étudiera des propriétés d’applications linéaires. Le résultat suivant nous dit qu’une
application linéaire envoie un sous-espace vectoriel à un sous-espace vectoriel.
93
Remarque. La proposition 5.2.5(1) n’est pas valide si T n’est pas linéaire.
On voit que
1
T (G) = −1 ,
0
ce qui n’est pas un sous-espace vectoriel de R3 .
où la deuxième equalité est valide car T (v2 ) = T (v1 ). Ainsi, T (P ) est une droite vectorielle
de R3 .
94
Le résultat suivant nous dt comment déterminer si une application linéaire est injective
ou non.
{u ∈ E | T (u) = 0F } ,
Le résultat suivant nous dit comment trouver l’image et le noyau d’une application linéaire
à l’aide de sa matrice.
5.2.7. Théorème. Si T : Rn → Rm est une application linéaire définie par une matrice
A ∈ Mm×n (R), alors
(1) Im(T ) = C(A). En particulier, dim(Im(T )) = rg(A);
(2) N (T ) = N (A). En particulier, dim(N (T )) = n − rg(A).
95
Exercice. Soit une application linéaire:
x + 2y + 3z
x
2x + 4y − z
3 4
T : R → R : y 7→ .
3x + 6y + 2z
z
−x − 2y + 4z
(1) D’après le théorème 5.2.7(1), Im(T ) = C(A). Comme les pivots de B se trouve dans
les colonnes 1 et 3, d’après le théorème 4.3.10, Im(T ) a pour base
1 3
2 −1
A1 = , A3 = .
3 2
−1 4
Le résultat suivant nous donne un critère pour une application linéaire soit injective et
soit surjective.
96
Exercice. Déterminer si l’application linéaire suivante est injective ou surjective.
x+y
x
T : R2 → R3 : 7→ 2x + y .
y
x − 3y
Comme rg(A) = 2, d’après le corollaire 5.2.8, T est injective, mais non surjective.
97
Le but de cette section est d’étudier les applications linéaires d’un espace vectoriel dans
lui-même.
0 : E → E : u 7→ 0E
tels que
1
px (u) = = px (v).
0
Ainsi, px n’est pas injective. En particulier, px n’est pas un automorphisme de R2 .
Comme d’habitude, la théorie des matrices est très utile pour étudier les transformations
linéaires.
5.3.2. Définition. Soit T une transformation linéaire de E. Soit {u1 , . . . , un } une base
de E. Comme T (u1 ), . . . , T (un ) ∈ E, on obtient une matrice des coordonnées
{T (u ),...,T (un )}
1
P{u1 ,...,u n}
,
98
Ceci est illustré par
[T ]{u1 ,...,un }
{u1 , · · · , un } / {T (u1 ), · · · , T (un )}.
On voit que
1 1 1
px (u1 ) = = u
2 1
+ u,
2 2
0
1 1 1
px (u2 ) = = u
2 1
+ u
2 2
0
D’où !
1 1
{p (u ),px (u2 )} 2 2
[px ]{u1 ,u2 } = P{u1x,u21} = 1 1
.
2 2
T : Rn → Rn : u 7→ Au.
[T ]{e1 ,...,en } = A.
Remarque. Le lemme 5.3.3 dit que toute transformation linéaire de Rn est définie par
sa matrice dans la base canonique.
99
Solution. On voit aisément que
0 0·x+0·y 0 0 x
= = .
y 0·x+1·y 0 1 y
Le résultat suivant nous dit comment utiliser la matrice d’une transformation linéaire
pour caculer l’image d’un vecteur.
5.3.4. Théorème. Soit T une transformation linéaire de E. Soit {u1 , . . . , un } une base
{u}
de E. Si u ∈ E avec P{u1 ,...,un } = A, alors
{T (u)}
P{u1 ,...,un } = [T ]{u1 ,...,un } A.
où u1 , u2 forment une base de R2 . Soit T une transformation linéaire de R2 telle que T (u1 ) =
u1 et T (u2 ) = −u2 . Trouver les coordonnées de T (u) dans la base {u1 , u2 }.
Solution. D’après le théorème 5.3.4, on a
{T (u)} {u}
P{u1 ,u2 } = [T ]{u1 ,u2 } P{u1 ,u2 } .
On a vu que
1 0
[T ]{u1 ,u2 } = := A.
0 −1
Remarquons que la matrice de passage de {e1 , e2 } à {u1 , u2 } est
{u1 ,u2 } 1 −1 {u}
P{e1 ,e2 } = (u1 u2 ) = := P et P{e1 ,e2 } = u.
−1 2
100
Ainsi
{T (u)} 1 0 7 7
P{u1 ,u2 } = AB = = .
0 −1 5 −5
C’est-à-dire, T (u) = 7 · u1 − 5 · u2 .
où P est la matrice de passage de {u1 , . . . , un } à {v1 , . . . , vn }. Ceci est illustré par le dia-
gramme commutatif suivant:
[T ]{u1 ,...,un }
{u1 , . . . , un } / {T (u1 ), . . . , T (un )}
P P
[T ]{v1 ,...,vn }
{v1 , . . . , vn } / {T (v1 ), . . . , T (vn )} .
Soit T une transformation linéaire de R2 telle que T (u1 ) = u1 et T (u2 ) = −u2 . Trouver
sa formule en coordonnées canoniques.
Solution. On veut trouver [T ]{e1 ,e2 } . Par l’hypothèse, on a
T (u1 ) = 1 · u1 + 0 · u2
T (u2 ) = 0 · u1 + (−1) · u2 .
Ainsi,
{T (u ),T (u )} 1 0
[T ]{u1 ,u2 } = P{u1 ,u12 } 2 = := P.
0 −1
Comme P est la matrice de passage de {e1 , e2 } à {u1 , u2 }, d’après le théorème 5.3.4,
D’où,
−1
−1 1 −1 1 0 1 −1 3 2
[T ]{e1 ,e2 } = P [T ]{u1 ,u2 } P = = .
−1 2 0 −1 −1 2 −4 −3
101
Donc, la formule en coordonnées canoniques de T est donnée par
2 2 x 3x + 2y
T :R →R : 7→ .
y −4x − 3y
Soit S une transformation linéaire de R2 telle que S(u1 ) = u1 et S(u2 ) = −u2 , où
1 −1
u1 = , u2 = .
−1 2
Le résultat suivant nous dit comment déterminer si une transformation linéaire est un
automorphisme ou non; et si oui, comment trouver son inverse.
102
5.3.7. Théorème. Soit T une transformation linéaire de E. Pour toute base {u1 , . . . , un }
de E, les trois conditions suivantes sont équivalentes.
(1) T est un automorphisme de E.
(2) [T ]{u1 ,...,un } est inversible.
(3) {T (u1 ), . . . , T (un )} est aussi une base de E.
Dans ce cas, [T ]{u1 ,...,un } est la matrice de passage de {u1 , . . . , un } à {T (u1 ), . . . , T (un )},
et T −1 est aussi un automorphisme de E avec
−1
[T −1 ]{u1 ,...,un } = [T ]{u1 ,...,un } .
(2) D’après le théorème 5.3.7, la matrice de passage de {u1 , u2 } à {T (u1 ), T (u2 )} est
[T ]{u1 ,u2 } . Comme la matrice de passage de {e1 , e2 } à {u1 , u2 } est
1 1
P = (u1 u2 ) = .
2 3
103
ce qui est la matrice de passage de {u1 , u2 } à {T (u1 ), T (u2 )}. C’est-à-dire,
Cette section a pour but d’étudier un type spécial d’automorphismes du plan, c’est-à-
dire, les rotations en 2D. On commence par un petit rappel de la trigonométrie. Étant donné
un vecteur non nul
x
u= ∈ R2 ,
y
p
la longueur de u est r = x2 + y 2 , et un argument θ de u est un angle de l’axe des abscisses
positifs à u. Dans ce cas, u est représenté par le vecteur du plan suivant:
y u
3
r
θ
-
x
Maintenant, on définit
x x y y
cos θ = =p ; sin θ = =p .
r x + y2
2 r x + y2
2
Le tableau suivant donne les valeurs de sinus et de cosinus de certains angles spéciaux
dans le premier quadrant.
104
π π π π
θ 0 6 4 3 2
√ √
3 2 1
cos θ 1 2 2 2
0
√ √
1 2 3
sin θ 0 2 2 2
1
cos( π2 + θ)
− sin θ
= .
sin( π2 + θ) cos θ
105
Solution. Soit θ ∈ [0, 2π] un argument de u. Alors
√
x 3 y 1
cos θ = p =− ; sin θ = p =− .
2
x +y 2 2 2
x +y 2 2
Exemple. Comme
cos π2
cos 0
e1 = , e2 = .
sin 0 sin π2
D’apprès la définition, on a
cos( π2 + θ)
cos θ − sin θ
ρθ (e1 ) = , ρθ (e2 ) = = .
sin θ sin( π2 + θ) cos θ
106
2π
Solution. Remarquons que 3
= π − π3 . D’après le théorème 5.4.4,
√
3
cos 2π − sin 2π − cos π3 − sin π3 − 21 −
! ! !
3 3 2
[ρ]{e1 ,e2 } = = = √ := A.
sin 2π
3
cos 2π
3
sin π3 − cos π3 2
3
− 12
D’où √
− 1+2 3
!
1
ρ(u) = A = √ .
1 3−1
2
Le but de cette section est d’étudier deux genres de transformations non linéaires de
n
R , qui ne sont pas représentables par la multiplication par une matrice si l’on utilise les
coordonnées canoniques. Cependant, elles sont représentables par la multiplication par une
matrice si l’on utilise les coordonnées homogènes. On commence par les transformations
affines.
TB : Rn → Rn : u 7→ u + B
Remarque. Une translation de la direction B est bijective; et elle est linéaire si, et
seulement si, B est nul.
T : Rn → Rn : u 7→ Au,
où A ∈ Mn (R).
107
5.5.2. Définition. Si A ∈ Mn (R) et B ∈ Rn , alors l’application
T : Rn → Rn : u 7→ Au + B
Exercice. Soit
2x − y + 1
x
T : R3 → R3 : y 7→ 3y − 2z + 2 .
z x−z+1
Vérifier que T est une transformation affine.
Démonstration. On voit aisément que
2x − y + 1 2x − y 2 −1
1 0 x 1
3y − 2z + 2 = 3y − 2z + 2 = 0 3 −2 y + 2 .
x−z+1 x−z 1 1 0 −1 z 1
2 −1
x 0 x 1
3 3
T :R →R : y 7→ 0 3 −2 y + 2 .
z 1 0 −1 z 1
Le résultat suivant dit qu’une transofrmation affine sera donnée aussi par la multipli-
cation à gauche par une matrice lorsqu’on utilise les coordonnées hommogènes au lieu de
coordonnées canoniques.
T : Rn → Rn : u 7→ Au + B,
108
Exemple. Soient
3 −2
B= ;v = ∈ R2 .
5 6
Considérer la transformation affine T = TB ◦ ρ π3 : R2 → R2 .
(1) Donner la formule en coordonnées canoniques de T .
(2) Calculer T (v), en utilisant la matrice en coordonnées homogènes de T .
Solution. (1) D’après le théorème 5.4.4, la rotation ρ π3 est définie par la matrice
! √ !
cos π3 − sin π3 1
2
− 23
A= = √ .
sin π3 cos π3 2
3 1
2
Pour tout u ∈ R2 , on a
Donc, 1
√
3
√
− −2 3 2−3 3
√2 2 √
[
T (v) = Âv̂ =
3 1
5 6 = 8 − 3
2 2
0 0 1 1 1
C’est-à-dire, √
2−3 3
T (v) = √ .
8− 3
109
Dans la prise d’une photo, un vecteur (ou bien un point) de R3 est projeté sur le plan
image défini par z = −d, où d est la distance focale (c’est-à-dire, la distance entre le point
optique et le plan image) de la caméra. On note
x x
Zd = y | x, y ∈ R et Z6=0 = y ∈ R3 | z 6= 0 .
d z
Le résultat suivant nous dit comment calculer la projection perspective en utilisant les
coordonnées homogènes.
110
C’est-à-dire,
1 ÷ (− 23 )
2
−3
P−2 (u) = 2 ÷ (− 2 ) = − 3 .
3
4
3 ÷ (− 23 ) −2
5.6. Exercices
x2 − y 2
2 2 x
T :R →R : 7→ .
y x + y2
111
5. Dans chacun des cas suivants, vérifier que l’application T est non linéaire.
2 2 x x+7
(1) T : R → R : 7→ .
y y−5
2 2 x x+y
(2) T :R →R : 7→ .
y y2
6. Dans chacun des cas suivants, trouver la matrice qui définit l’application linéaire T .
x
3 2 7x
(1) T : R → R : y 7→ .
−5y
z
7x
x
(2) T : R2 → R3 : 7→ 9y .
y
0
x
3 2 2x − y + 3z
(3) T :R →R : y →7 .
x − 5y + z
z
112
9. Considérer les vecteurs de R3 suivants:
−1 −1
1 0 a
u1 = 1 , u2 =
2 , u3 =
1 ; v=
0 , u=
b .
1 1 2 1 c
113
(1) Trouver, à l’aide du théorème 5.2.3, la matrice qui définit T .
(2) Donner la dimension de Im(T ) et déterminer si T est surjective ou non.
(3) Donner la dimension de N (T ) et déterminer si T est injective ou non.
13. Dans chacun des cas suivants, trouver une base pour chacun de N (T ) et Im(T ).
x x + 2y + 3z
(1) T : R3 → R3 : y 7→ 2x + 4y + 6z ;
z −3x − 6y − 9z
x1
x1 − x2 + x3 − x4
x
(2) T : R4 → R3 : 2 7→ 2x1 + 3x2 − 2x3 + 5x4 .
x3
3x1 + 2x2 − x3 + 4x4
x4
114
17. Dans chacun des cas suivants, trouver la transformation linéaire T : R3 → R3 dont la
matrice dans la base canonique {e1 , e2 , e3 } est la matrice donnée.
1 −2 −2 2 −1
2
(1) 21 −2 1 −2 ; (2) 31 −1 2 2 ;
−2 −2 1 2 −1 2
0 1 0
1
(3) 3 0 0 −1 .
−1 0 0
−1
v = b .
1
19. Dans chacun des cas suivants, trouver la dimension de chacun de Im(T ) et N (T ), et en
déterminer si T est un automorphisme ou non.
x1 1 2 3 4 x1
4 x2 2 3 4 5 x2
4
(1) T : R → R : 7→ .
x3 3 4 5 6 x3
x4 4 5 6 7 x4
115
20. Considérer la projection de R2 sur l’axe des y comme suit:
2 2 x 0
py : R → R : 7→ .
y y
(2) Posant u = 2u1 − 5u2 , à l’aide du théorème 5.3.4, trouver les coordonnées de T (u)
dans {u1 , u2 }. Attention: Les coordonnées de u dans {u1 , u2 } sont déjà données.
2x − 3y + z
x
T : R3 → R3 : y 7→ 3x + y − z .
z 2x − y + z
22. Trouver la transformation linéaire T de R2 telle que T (u1 ) = −u1 et T (u2 ) = u2 , où
−1 2
u1 = , u2 = .
2 1
116
23. Trouver une transformation linéaire T de R3 telle que T (u1 ) = 2u1 , T (u2 ) = 3u2 , et
T (u3 ) = 4u3 , où
−1
1 1
u1 = −1 , u2 = 1 , u3 = 1 .
1 −1 1
Indice: D’abord, vérifier que {u1 , u2 , u3 } est une base de R3 et trouver la matrice de T
dans cette base; et ensuite, trouver la matrice de T dans la base canonique {e1 , e2 , e3 } de
R3 à l’aide du théorème 5.3.5.
24. Dans chacun des suivants, déterminer si la transformation linéaire T est un automor-
phisme ou non; et si oui, trouver son inverse T −1 .
2 2 x x+y
(1) T : R → R : 7→ ;
y x−y
2 2 x x+y
(2) T :R →R : 7→ .
y x+y
2x − y + z
x
T : R3 → R3 : y 7→ x + 3y − z .
z 4x + 5y + 2z
(4) Donner la matrice de passage de la base {u1 , u2 , u3 } à la base {T (u1 ), T (u2 ), T (u3 )}.
26. Dans chacun des cas suivants, trouver les valeurs de a pour que T soit un automorphisme.
(1) T : R3 → R3 : u 7→ Au, où
0 −1
2
A = 3 −1 4 .
a 3 2
117
(2) T : R3 → R3 est linéaire satisfaisant à la condition suivante:
1 a 0
T (e1 ) = 0 , T (e2 ) = 1 , T (e3 ) = a ,
1 3 1
27. Calculer
π π
(1) cos 12 et sin 12 ; (2) cos 7π
12
et sin 7π
12
;
(3) cos 5π
12
et sin 5π
12
; (4) cos 17π
12
et sin 17π
12
.
28. Dans chacun des cas suivants, trouver un argument du vecteur donné.
√
3 −2 3 1 −1
(1) ; (2) ; (3) √ ; (4) .
−3 2 − 3 −1
31. Considérer la projection perspective P−3 de centre 0 sur le plan affine Z−3 . Soit ∆ le
triangle de sommets
1 0 0
u1 = 0 , u2 = 1 , u3 = 0 .
1 1 1
118
(2) Vérifier que l’image de ∆ par P−3 est le triangle de sommets v1 , v2 , v3 .
119
Chapitre VI: Diagonalisation
Comme on a déjà vu, une transformation linéaire d’un espace vectoriel de dimension
finie est complètement déterminée par sa matrice dans une base. Le but de ce chapitre
est d’étudier quand on peut trouver une base dans laquelle la matrice de la transformation
linéaire est diagonale. On dira que deux matrices carrées A, B sont semblables s’il existe une
matrice inversible P telle que B = P −1 AP . D’après le théorème 5.3.5, les matrices d’une
transformation linéaire dans deux bases sont semblables. Ainsi, le probléme se ramène à
celui quand une matrice carrée est semblable à une matrice diagonale. Pour ce faire, on a
besoin de notions de valeurs propres et de vecteurs propres. En tant qu’une autre application
de valeurs propres en informatique, on parlera de l’algorithme PageRank.
6.1. Polynômes
f (λ) = cn λn + · · · + c1 λ + c0 ,
f (a) = cn an + · · · + c1 a + c0 ∈ R.
Exemple. Si f (λ) = 3λ2 + 6, alors f (λ) n’a aucune racine réelle. En effet, pour tout
a ∈ R, on a f (a) = 3a2 + 6 ≥ 6.
6.1.2. Proposition. Soit f (λ) un polynôme réel de degré n. Alors a ∈ R est une racine
de f (λ) si, et seulement si, f (λ) = (λ − a)g(λ), où g(λ) est un polynôme réel de degré n − 1.
Par conséquent,
(1) f (λ) admet au plus n racines réelles; et
(2) f (λ) admet n racines réelles a1 , . . . , an (incluant les multiplicités) si, et seulement si,
f (λ) = c(λ − a1 ) · · · (λ − an ),
Remarque. Dans la situation de la proposition 6.1.2(2), on dit que f (λ) est totalement
factorisable sur R.
120
Exemple. Si f (λ) = 5(λ − 2)2 (λ − 3), alors f (λ) est totalement factorisable sur R et
admet trois racines 2, 2, 3.
Il n’y a pas de règle pour trouver les racines d’un polynôme réel général. Néanmoins, on
a le résultat suivant pour les polynômes de degré deux.
Alors f (λ) admet une racine réelle si, et seulement si, le discriminant ∆ = b2 − 4ac ≥ 0; et
dans ce cas, f (λ) admet deux racines réelles suivantes:
√ √
−b + ∆ −b − ∆
λ1 = , λ2 = .
2a 2a
Exemple. Soit f (λ) = 3x2 +2x+1. Comme ∆ = 22 −4·3·1 = −8, d’après la proposition
6.1.3, f (λ) n’a aucune racine réelle. Par conséquent, f (λ) n’est pas factorisable sur R.
Le résultat suivant est très pratique pour trouver des racines d’un polynôme entier.
−(−5) + 1 −(−5) − 1
λ1 = = 3; λ2 = = 2.
2 2
D’où, λ2 − 5λ − 6 = (λ − 2)(λ − 3). Par conséquent, f (λ) = (λ + 1)(λ − 2)(λ − 3).
6.2.1. Définition. Une matrice A ∈ Mn (R) est dite diagonalisable s’il existe une matrice
inversible P ∈ Mn (R) telle que P −1 AP est diagonale.
121
Les notions suivantes sont essentielles pour étudier la diagonalisation de matrices carrées.
6.2.2. Définition. Soit A ∈ Mn (R). On dit que λ0 ∈ R est valeur propre de A s’il existe
un vecteur non nul u0 ∈ Rn tel que Au0 = λ0 u0 ; et dans ce cas, u0 s’appelle vecteur propre
associé à λ0 .
Remarque. (1) Un vecteur propre est toujours non nul, mais une valeur propre peut
être nulle.
(2) Si u0 est un vecteur propre de A associé à une valeur propre λ0 , alors au0 l’est aussi
pour tout nombre réel non nul a.
Le résultat suivant dit qu’une matrice carrée est diagonalisable si elle possède assez de
vecteurs propres linéairement indépendants.
6.2.3. Théorème. Une matrice A ∈ Mn (R) est diagonalisable si, et seulement si, A
admet n vecteurs propres linéairement indépendants u1 , . . . , un . Dans ce cas, P = (u1 · · · un )
est inversible telle que
λ1 · · · 0
P −1 AP = ... . . . ... ,
0 ··· λn
où λi est la valeur propre à laquelle ui est associé.
Exemple. Soit
1 −1
A= .
2 4
122
On a vu que A a deux vecteurs propres associés à 2 et 3 respectivement comme suit:
1 −1
u1 = , u2 = .
−1 2
D’où, on a
−1 2 0
P AP = .
0 3
On étudiera comment trouver les valeurs propres et les vecteurs propres associés. Soient
A ∈ Mn (R) et λ une variable. Alors A − λIn est une matrice carrée dont les termes sont
des polynômes à λ. De la même façon qu’on définit le déterminant d’une matrice carrée de
nombres réels, on définit le déterminant d’une matrice carrée de polynômes réels à λ, ce qui
est un polynôme réel à λ.
Solution. On a
1 − λ −1 L1 +L2 3−λ 3−λ C2 −C1 3−λ 0
χA (λ) = = = = (3 − λ)(2 − λ).
2 4−λ 2 4−λ 2 2−λ
123
Voici le résultat pour trouver les valeurs propres d’une matrice carrée.
7 −6 −9
0 −1
A = −2 6 −6 ; B= .
1 0
−1 −2 7
7 − λ −6 −9 10 − λ λ − 10 λ − 10
L1 −(L2 +L3 )
χA (λ) = −2 6 − λ −6 = −2 6−λ −6
−1 −2 7 − λ −1 −2 7−λ
10 − λ 0 0
C2 +C1 ,C3 +C1 4 − λ −8
= −2 4 − λ −8 = (10 − λ)
−3 6 − λ
−1 −3 6 − λ
Le résultat suivant nous dit comment trouver les vecteurs propres d’une matrice carrée
associés à une valeur propre donnée.
6.2.6. Théorème. Soit A ∈ Mn (R) dont λ0 est une valeur propre. Les énoncés suivants
sont équivalents pour un vecteur u0 ∈ Rn .
(1) u0 est un vecteur propre de A associé à λ0 ;
(2) u0 est une solution non nulle du système homogène (A − λ0 In )X = 0;
(3) u0 est un vecteur non nul de N (A − λ0 In ).
124
(1) Une base de N (A − λ0 In ) est une famille libre maximale de vecteurs propres associés
à λ0 .
(2) dimN (A−λ0 In ) est le plus grand nombre de vecteurs propres linéairement indépendants
associés à λ0 , appelé multiplicité géométrique de λ0 et notée mg(λ0 ).
(3) D’après le théorème 4.3.12, mg(λ0 ) = n − rg(A − λ0 In ).
7 −6 −9
A = −2 6 −6 .
−1 −2 7
−3 −6 −9
1 2 3
A − 10I3 = −2 −4 −6 ⇒ 0 0 0 .
−1 −2 −3 0 0 0
D’où, mg(10) = 2.
(2) Il s’agit de trouver une base de N (A−λ1 I3 ), c’est-à-dire, l’espace-solution du système
homogène (A − 10I3 )X = 0. Ce dernier est équivalent au système homogène échelonné
x + 2y + 3z = 0,
On est prêt de donner un critère pour qu’une matrice carrée soit diagonalisable et une
méthode pour la diagonaliser si c’est possible.
6.2.7. Théorème. Une matrice A ∈ Mn (R) est diagonalisable si, et seulement si, les
deux conditions suivantes sont vérifiées.
(1) χA (λ) = (λ1 − λ)n1 · · · (λs − λ)ns , où ni > 0 et λi ∈ R avec λi 6= λj lorsque i 6= j.
(2) mg(λi ) = ni , pour i = 1, . . . , s.
Dans ce cas, si Bi est une base de N (A − λi In ), pour i = 1, . . . , s, alors
B1 ∪ · · · ∪ Bs
125
est une base de Rn composée de vecteurs propres de A, qui forme une matrice inversible P
telle que
n n
z }|1 { z }|s {
( )
P −1 AP = diag λ1 , . . . , λ1 , . . . , λs , . . . , λs := D
où la j-ième colonne de P est un vecteur propre de A associé à la j-ième valeur propre de la
diagonale de D, pour j = 1, . . . , n.
7 −6 −9
A = −2 6 −6 .
−1 −2 7
7 −6 −9 1 2 −7
A − λ2 I3 = −2 6 −6 =⇒ 0 1 −2 ,
−1 −2 7 0 0 0
x + 2y − 7z = 0
y − 2z = 0
0 = 0,
Ceci donne une base {u1 , u2 , u3 } de R3 composée de vecteurs propres de A associés aux
valeurs propres 10, 10, 0 repectivelement. On pose
−2 −3 3
P = (u1 u2 u3 ) = 1 0 2 ,
0 1 1
126
ce qui est inversible telle que
10 0 0
P −1 AP = 0 10 0 := D.
0 0 0
6.2.8. Définition. Une transformation linéaire T de Rn est dite diagonalisable s’il existe
une base {u1 , · · · , un } de Rn telle que
λ1 · · · 0
[T ]{u1 ,··· ,un } = ... . . . ... ,
0 ··· λn
127
Solution. D’abord,
1 −3 3
1−λ −3 3 −2 − λ 2 + λ 0
L1 −L2
χA (λ) = 3 −5 − λ 3 = 3 −5 − λ 3
6 −6 4−λ 6 −6 4−λ
−1 1 0 −1 0 0
C2 +C1
= (λ + 2) 3 −5 − λ 3 = (λ + 2) 3 −2 − λ 3
6 −6 4−λ 6 0 4−λ
−2 − λ 3
= (λ + 2)(−1) = (λ + 2)2 (4 − λ).
0 4−λ
3 −3 3 1 −1 1
A − (−2)I3 = 3 −3 3 ⇒ 0 0 0 .
6 −6 6 0 0 0
Cette dernière matrice représente le système homogène échelonné
x − y + z = 0,
−3 −3 3 1 1 −1
A − 4I3 = 3 −9 3 ⇒ 0 2 −1 .
6 −6 0 0 0 0
x + y − z = 0
2y − z = 0,
128
dont z est la seule inconnue libre. Posant z = 2, on trouve une base de N (A − λ2 I3 ) comme
suit:
1
u = 1 .
3
2
D’après le théorème 6.2.9, {u1 , u2 , u3 } est une base de R3 telle que
−2
0 0
[T ]{u1 ,u2 ,u3 } = 0 −2 0 .
0 0 4
Un réseau de pages web se compose d’un nombre fini de pages et des liens entre eux.
Un moteur de recherche affiche des pages web selon leur importance de sorte que la page la
plus importante apparaı̂t en premier. Le PageRank, inventé par Larry Page, est l’algorithme
utilisé par Google pour classer les pages web. Pour établir le modèle mathématique, on doit
représenter un réseau de pages web par un graphe orienté.
6.3.1. Définition. Un réseau de n pages web est représenté par un graphe orienté tel
que défini ci-dessous:
(1) Les pages sont représentées par les entiers 1, 2, . . . , n.
(2) Un lien de la page i vers la page j sera représenté par une flèche i → j.
1 o / 3
^ @ O
2 / 4
129
Exemple. Soit W le réseau de pages web représenté par le graphe suivant:
/
1 o 3
^ @ O
2 / 4
0 0 1 12
1
3 0 0 0
L= .
1 1 0 1
3 2 2
1 1
3 2
0 0
L’algorithme PageRank attribue à chaque page une valeur comprise entre 0 et 1, appelée
score d’importance, selon le principal suivant: le score d’importance d’une page est d’autant
plus grand qu’elle a un grand nombre de pages importantes la référençant.
X aj X n
ai = = lij aj , i = 1, . . . , n.
∃ j→i
lj j=1
Dans ce cas,
a1
..
.
an
s’appelle vecteur des scores d’importance pour W .
Le résultat suivant donne une interprétation d’un vecteur des scores d’importance en
termes de vecteurs propres.
6.3.4. Proposition. Soit W un réseau de pages web dont la matrice des liens est L. Un
vecteur des scores d’importance de W est un vecteur propre de L associé à la valeur propre
1 dont les termes sont strictement positifs et somment à 1.
On étudiera quand un réseau de pages web admet un seul vecteur des scores d’importance.
6.3.5. Définition. Un réseau de pages web est dit fortement connexe si son graphe
orienté admet un cycle orienté passant par toutes les pages.
130
Remarque. Si W est fortement connexe, alors toutes les deux pages i, j peuvent être
rejointes par un chemin comme suit:
i / j1 / ··· / js / j.
2 / 4
En effet, on trouve un cycle orienté comme suit:
1 / 2 / 4 / 3 / 1.
6.3.6. Théorème. Soit W un réseau de pages web dont L est la matrice des liens. Si
W est fortement connexe, alors L admet un vecteur propre u0 associé à la valeur 1 tel que
1
u0 v=
a
est le seul vecteur des scores d’importance pour W , où a est la somme des termes de u0 .
Exercice. Trouver le vecteur des scores d’importance du réseau de pages web suivant:
/
1 o 3
^ @ O
2 / 4
Solution. On voit que ce réseau est fortement connexe et sa matrice des liens est
0 0 1 12
1
3 0 0 0
L= .
1 1 0 1
3 2 2
1 1
3 2
0 0
D’abord, on cherche un vecteur propre de L associé à la valeur propre 1, c’est-à-dire, une
solution non nulle du système homogène (L − I4 )X = 0. Comme
1
−1 0 1 2
−2 0 2 1
1 0 0 −2
1
3
−1 0 0 1 −3 0 0 0 3 0 −2
L − I4 = ⇒ ⇒ ,
1 1
−1 1 2 3 −6 3 0 0 2 −3
3 2 2
1 1
0 0 0 0
3 2
0 −1 2 3 0 −6
131
Cette dernière matrice représente le système homogène suivant
x1 − 2x4 = 0
3x2 − 2x4 = 0
2x3 − 3x4 = 0,
est le vecteur des scores d’importance de W . C’est-à-dire, les scores d’importance des pages
sont donnés par
12 4 9 6
a1 = , a2 = , a3 = , a4 = .
31 31 31 31
6.4. Exercices
Vérifier que la valeur 2 est une valeur propre de A; et calculer sa multiplicité géométrique.
132
4. Dans chacun des cas suivants, trouver la valeur réelle de a pour que la valeur 3 soit une
valeur propre, et dans ce cas, calculer la multiplicité géométrique de 3.
1 2 3 3 2 1
(1) 3 1 2 ; (2) a 1 3 .
2 1 a 2 3 1
5. Montrer qu’une matrice carrée A est inversible si, et seulement si, la valeur 0 n’est pas
valeur propre A.
1
6. Soit A une matrice inversible. Montrer que si λ0 est une valeur propre de A, alors est
λ0
une valeur propre de A−1 .
2 −1
1
−1 1 −1 .
0 1 1
−4x − 4y − 8z
x
T : R3 → R3 : y 7→ 4x + 6y + 4z .
z 6x + 4y + 10z
133
11. Soit W un réseau de pages web représenté par le graphe suivant:
/
1 o 3
O O
/
2 o 4
12. (MATLAB) Donner le vecteur des scores d’importance du réseau des pages web suivant:
1 o @ 2
o
@ 3
^ O ^ O
4 / 5 / 6
134
Chapitre VII: Espaces euclidiens
Outre la structure d’espace vectoriel réel, le plan admet une géométrie euclidienne qui
mesure la longueur, la distance, et l’angle de vecteurs. Le but de ce chapitre est de généraliser
ces notions aux espaces vectoriels réels de dimensions supérieures.
La géométrie euclidienne de Rn est basée sur la notion de produit scalaire tel que défini
ci-dessous.
7.1.1. Théorème. Le produit scalaire sur Rn est, par définition, la fonction de deux
variables suivante:
Exemple. Si
√ √
2 − 2
√ √
u= 3 ,v =
3 ∈ R3 ,
−3 2
alors
< u, v >= uT v = −2 + 3 − 6 = −5.
135
(1) ||au|| = |a| · ||u||.
(2) u 6= 0 si, et seulement si, ||u|| =6 0.
u
(3) Si u 6= 0, alors ||u|| est unitaire, appelé le vecteur unitaire de même direction que u.
136
il existe un unique angle θ ∈ [0, π] tel que
< u, v >
cos θ = .
||u|| · ||v||
On appelle θ angle non orienté entre u et v.
D’où, θ = π4 .
7.2. Orthogonalité
F ⊥ := {u ∈ Rn | u ⊥ v, pour tout v ∈ F }
Exercice. Soit Dx l’axe des x de R3 . Vérifier que Dx⊥ = Py,z , le plan des y, z.
137
Démonstration. D’abord, tout v ∈ Py,z s’écrit
0
v= y .
z
Pour tout
x
u = 0 ∈ Dx ,
0
on a < u, v >= 0. Ainsi v ∈ Dx⊥ . D’où Py,z ⊆ Dx⊥ . Réciproquement, soit
a
w= b ∈ Dx⊥ .
c
Le résulat suivant nous dit en particulier comment calculer l’orthogonal d’un sous-espace
vectoriel lorsqu’un ensemble des générateurs est connu.
F ⊥ = {u ∈ Rn | u ⊥ vi , i = 1, . . . , r}.
2x − y = 0.
2x − y = 0,
138
En particulier, ` est engendrée par u1 . Pour tout
x
v= ∈ R2 ,
y
d’après le théorème 7.2.3(3), v ∈ `⊥ si, et seulement si, < v, u1 >= 0 si, et seulement si,
x + 2y = 0. C’est-à-dire, `⊥ est la droite vectorielle définie par
x + 2y = 0.
Remarque. Une famille orthonormée est une famille orthogonale de vecteurs unitaires.
est orthonormée.
Le résultat suivant est pratique pour déterminer une famille de vecteurs est orthogonale
ou orthonormée.
139
Exercice. Vérifier que la famille
1 −1
1 −1
u1 = , u2 =
0 3
2 1
Comme
T 6 0
A A= ,
0 12
d’après la proposition 7.2.5, {u1 , u2 } est orthogonale, mais non orthonormée.
Le résultat suivant nous dit, en particulier, comment obtenir une famille orthonormée à
partir d’une famille orthogonale.
Remarque. En générale, une famille orthogonale n’est pas nécessairement libre. Cepen-
dant, une famille orthonormée est toujours libre.
Comme < u, v >= 0, elle est orthogonale. Comme u, v sont tous non nuls, elle est libre. En
outre, les vecteurs √ √
2 2
u 2 v 2
= √0 , = 0
||u|| 2
||v|| √
2
2
− 2
140
7.2.7. Définition. Soit F un sous-espace vectoriel de Rn . Une base de F est dite orthog-
onale ou orthonormée si elle est une famille orthogonale ou orthonormée, respectivement.
s’écrit u = ae1 + be2 . Ainsi {e1 , e2 } est une base, et donc, une base orthonormée, de Px,y .
Solution. Considérons
√ √ !
2 2
2
− 2
B = (u1 u2 ) = √
2
√
2
.
2 2
7.2.8. Corollaire. Soit D une droite vectorielle de Rn . Si u est un vecteur non nul de
D, alors
u
||u||
141
est une base orthonormée de D.
Exemple. Soit Pxy le plan des x, y de R3 , dont {e1 , e2 } est une base orthonormée. Pour
tout
x
v = y ∈ R3 ,
z
on voit que
x
projPx,y v =< e1 , v > e1 + < e2 , v > e2 = xe1 + ye2 = y .
0
On calcule
1 5
1
< u, v − proju v >= < 2 , 1 >= 0.
3
−1 7
143
Le résultat suivant affirme en particulier que tout sous-espace vectoriel de Rn admet une
base orthonormée.
Exercice. Soient
1 0 0 1
1 1 0 0
A= ;v = .
0 1 1 0
0 1 0 0
(1) Donner une base orthonormée de C(A).
(2) Calculer proj C(A) v.
(3) Déterminer si v ∈ C(A) ou non.
Solution. Comme rg(A) = 3, d’après la proposition 4.3.9(3), C(A) a pour base
1 0 0
1 1 0
A1 = , A2 = , A3 = .
0 1 1
0 1 0
(2) Posons
−1
< B1 , A2 > 1 1 1
B2 = A2 − B1 = A2 − B1 = ,
< B1 , B1 > 2 2 2
2
144
et calculons
5
< B2 , B2 >= , < B2 , A3 >= 1.
2
(3) Posons
1
< B1 , A3 > < B2 , A3 > 2 1 −1
B3 = A3 − B1 − B2 = A3 − B2 = ,
< B1 , B1 > < B2 , B2 > 5 5 3
−2
et calculons
3
< B3 , B3 >= .
5
Cela nous donne une base orthogonale {B1 , B2 , B3 } de C(A). Posant
1 −1 1
B1 1 1 B2 1 1 B3 1 −1
C1 = = √ , C2 = =√ , C3 = =√ ,
||B1 || 2 0 ||B2 || 10 2 ||B3 || 15 3
0 2 −2
d’après le lemme 7.2.6, {C1 , C2 , C3 } est une base orthonormée de C(A). Enfin,
1 1 1
< C1 , v >= √ , < C2 , v >= − √ , < C3 , v >= √ .
2 10 15
D’après la définition 7.2.9, on a
10
1 1 1 1 5
proj C(A) v = √ C1 − √ C2 + √ C3 = .
15 0
2 10 15
−1
Soit A ∈ Mm×n (R) de rang n. D’après la proposition 4.3.9, les colonnes de A forment une
base de C(A). En appliquant le procédé de Gram-Schmidt à cette base, on obtient une base
orthonormée de C(A). En vue de la construction du Gram-Schmidt, on obtient le résultat
suivant.
7.2.13. Théorème. Soit A ∈ Mm×n (R) de rang n. Soit {C1 , . . . , Cn } la base or-
thonormée de C(A) obtenue en appliquant Gram-Schmidt aux colonnes de A. Si l’on pose
Q = (C1 · · · Cn ) ∈ Mm×n (R), alors
(1) QT Q = In ;
(2) R = QT A ∈ Mn (R) est triangulaire supérieure;
(3) A = QR, appelée décomposition QR de A.
145
Exercice. Donner une décomposition QR de la matrice suivante:
1 0 0
1 1 0
A= .
0 1 1
0 1 0
Posons
√1 − √110 √1
2 15
√1 √1 − √115
2 10
Q = (C1 C2 C3 ) =
0 √2 √3
10 15
0 √2 − √215
10
Alors
√1 √1 0 0
1 0 0 2
√ √1 0
2 2 2 2
1 1 0
R = QTA = − √110 √1 √2 √2 = 0 √5 √2
10 10 10
0 1 1 10 10
√1 − √115 √3 − √215 √3
0 0
15 15 0 1 0 15
Le but de cette section est d’appliquer les résultats de la section précédante pour étudier
la géométrie de l’espace R3 . Considérons un plan vectoriel P de R3 . D’après le théorème
7.2.3(1), P ⊥ est de dimension 1, c’est-à-dire, une droite vectorielle engendré par un vecteur
non nul. Cette observation conduit à la notion suivante.
146
7.3.1. Définition. Soit P un plan vectoriel de R3 . Un vecteur non nul de P ⊥ s’appelle
vecteur normal à P .
Le résultat suivant sera utile pour trouver l’équation d’un plan vectoriel de R3 .
ax + by + cz = 0
c’est-à-dire,
x1 x2 e 1
u∧v = y1 y2 e2 ,
z1 z2 e3
un déterminant formel développé suivant la dernière colonne.
Exemple.
−1
1 1 1 1 e1
2 ∧ 1 = 2 1 e2 = −e1 + 2e2 − e3 = 2 .
3 1 3 1 e3 −1
147
(2) u ∧ v est un vecteur normal au plan vectoriel engendré par u et v.
(3) det(u, v, u ∧ v) = ||u ∧ v||2 > 0.
Solution. On a vu que
−1
u ∧ v = 2 ,
−1
ce qui est normal à P d’après la proposition 7.3.4. Ainsi, P est défini par l’équation suivante:
−x + 2y − z = 0.
7.3.5. Corollaire. Soit L une droite vectorielle engendrée par un vecteur u. On prend
un vecteur non nul v ∈ R3 avec < u, v >= 0 et pose w = u ∧ v. Alors
(1) {v, w} est une base orthogonale de L⊥ .
(2) {u, v, w} est une base orthogonale de R3 avec det(u v w) > 0.
x + y + z = 0.
−1
v= 1
0
−1
w = u ∧ v = −1 .
2
148
Ceci nous donne une base orthogonale {u, v, w} de R3 . En outre, det(u v w) = 6.
On conclut cette section par la notion d’un angle orienté entre deux vecteurs de R3 .
−1
1
u = 1 , v = 0 ∈ R3 .
0 1
√ √
Solution. D’abord, < u, v >= −1, ||u|| = 2 et ||v|| = 2. D’où
< u, v > 1
cos θ = =− .
||u|| · ||v|| 2
En suite,
−1
w = v ∧ u = 1 .
−1
√
avec ||w|| = 3. Comme
1 −1 −1
det(uvw) = 1 0 1 = −3,
0 1 −1
on a √
det(uvw) −3 3
sin θ = = √ =− .
||u|| · ||v|| · ||w|| 2 3 2
Pour trouver θ, on commence par un angle φ ∈ [0, π2 ] tel que
√
1 3
cos φ = | cos θ| = ; sin φ = | sin θ| = .
2 2
Selon le tableau, on voit que φ = π3 . Comme cos θ et sin θ sont négatifs, θ se trouve dans le
troisième quadrant. Ainsi,
π 4π
θ =π+φ=π+ = .
3 3
149
Le but de cette section est d’étudier une classe importante de matrices, appelées matrice
orthogonales. En appliquant la proposition 7.2.5(2), le lemme 7.2.6 et le corollaire 4.2.6, on
a le résultat suivant.
7.4.1. Théorème. Soit A ∈ Mn (R), dont les colonnes sont A1 , . . . , An . Les conditions
suivantes sont équivalentes:
(1) A est inversible avec A−1 = AT .
(2) ATA = In .
(3) {A1 , . . . , An } est une base orthonormée de Rn .
Dans ce cas, on dit que A est orthogonale.
−1
1 0 0 0 1 0 0 0
0 cos θ − sin θ ; cos θ 0 − sin θ ; − sin θ cos θ 0 .
0 sin θ cos θ sin θ 0 cos θ cos θ sin θ 0
Remarque. Lorsqu’on permute des lignes d’une matrice orthogonale, la matrice résultante
est orthogonale.
A = QR,
150
où Q est orthogonale et R est triangulaire supérieure.
En vertu des théorèmes 4.2.9 et 4.2.10 et la proposition 7.4.2, on obtient le résultat suiv-
ant, qui nous dit comment calculer les coordonnées d’un vecteur dans une base orthonormée
et comment trouver la matrice de passage entre deux bases orthonormées.
(2) Des vecteurs v1 , . . . , vn ∈ Rn forment une base orthonormée si, et seulement si,
{v ,...,v }
P{u11,...,unn } est orthogonale; et dans ce cas,
{v ,...,v }
P{u11,...,unn } = (u1 · · · un )T (v1 · · · vn ).
Le but de cette section est la diagonalisation d’une matrice symétrique par une matrice
orthogonale, qui sera utile dans la mécanique quantique.
151
7.5.1. Proposition. Si A ∈ Mn (R) est symétrique, alors
(1) χA (λ) = (λ1 − λ) · · · (λn − λ), avec λ1 , . . . , λn ∈ R ;
(2) deux vecteurs propres de A associés à deux valeurs propres distinctes respectives sont
orthogonaux.
Voici le procédé de la diagonalisation d’une matrice symétrique par une matrice orthog-
onale.
Exercice. Soit
3 2 4
A = 2 0 2 .
4 2 3
Donner une décomposition A = P DP T , où P est orthogonale et D est diagonale.
Solution. En effectuant L1 − L3 et C3 + C1 à partir de A − λI3 , on trouve
3−λ 2 4 −1 − λ 0 1 + λ −1 − λ 0 0
χA (λ) = 2 −λ 2 = 2 −λ 2 = 2 −λ 4
4 2 3−λ 4 2 3−λ 4 2 7−λ
152
Cette dernière matrice représente un système homogène échelonné
2x + y + 2z = 0,
−5 1 0 −1
2 4
A − 8I = 2 −8 2 ⇒ 0 2 −1 .
4 2 −5 0 0 0
x − z = 0
2y − z = 0.
153
ce qui est orthogonale. En la normalisant, on obtient une base orthonormée de N (A − 8I3 ):
2
3
1
w1 = 3
.
2
3
− √15 − 3√4 5 2
3
√2 − 3√2 5 1
P = (w1 w2 w3 ) =
5 3
5 2
0 √
3 5 3
telle que
−1
0 0
P T AP = 0 −1 0 .
0 0 8
Ceci donne une décomposition
3 2 4
− √15 − 3√4 5 2
3 −1
0 0
− √15 √2
5
0
2 0 2 = √2 − √2 1
0 −1 0 − √4 − √2 5
√ .
5 3 5 3 3 5 3 5 3 5
4 2 3 0 √5 2 0 0 8 2 1 2
3 5 3 3 3 3
Le but de cette section est d’étudier une classe spéciale d’automorphismes de Rn , soit les
transformations orthogonales telles que définies ci-dessous.
1I : Rn → Rn : u 7→ u
154
7.6.2. Proposition. Soit T une transformation orthogonale de Rn .
(1) Si u ∈ Rn , alors ||T (u)|| = ||u||.
(2) Si u, v ∈ Rn , alors d(T (u), T (v)) = d(u, v).
(3) Si u, v ∈ Rn sont non nuls, alors l’angle non orienté entre T (u), T (v) est égal à celui
entre u, v.
Le résultat suivant donne une méthode pour vérifier si une transformation linéaire est
orthogonale ou non.
Exemple. La rotation ρθ d’un angle θ du plan est orthogonale. En effet, {e1 , e2 } est une
base orthonormée de R2 telle que
cos θ − sin θ
[ρ]{e1 ,e2 } = ,
sin θ cos θ
ce qui est orthogonale. D’après le théorème 7.6.3(2), ρθ est orthogonale.
155
est une base orthonormée de R3 telle que
1 0 0
[ρθ ,u ]{u1 ,u2 ,u3 } = 0 cos θ − sin θ .
0 sin θ cos θ
En particulier, toute rotation de R3 est orthogonale.
156
Voici un procédé pour calculer une rotation de R3 , ce qui est une conséquence du lemme
7.2.6, le corollaire 7.3.5, le théorème 7.6.5, et le théorème 5.3.4.
x + y + z = 0.
−1
v= 1
0
−1
w = u ∧ v = −1 .
2
157
On pose
−1 −1
1
u 1 v 1 w 1
u1 = = √ 1 , u2 = = √ 1 , u3 = = √ −1 .
||u|| 3 ||v|| 2 ||w|| 6
1 0 2
Posant √ √
2 − 3 −1
1 √ √
P = (u1 u2 u3 ) = √ 2 3 −1 ,
6 √
2 0 2
on obtient
2 −1
2
1
[ρ]{e1 ,e2 ,e3 } = P AP T = 2 2 −1 .
3
−1 2 2
C’est-à-dire, la formule en coordonnées canonique de ρ est donnée par
2x − y + 2z
x
1
ρ : R3 → R3 : y 7→ 2x + 2y − z .
3
z −x + 2y + 2z
dans un repère caméra initial de R3 . Si l’on tourne la caméra d’un angle θ autour d’un
vecteur non nul u, alors M est à la position
a
BT b
c
dans le nouveau repère caméra de R3 , où B est la matrice de ρθ,u de R3 dans la base canonique.
158
Démonstration. Par l’hypothèse, la colonne des coordonnées de M dans la base canon-
ique {e1 , e2 , e3 } de R3 est
a
v = b .
c
Étant orthogonale, ρθ,u transforme {e1 , e2 , e3 } en une base orthonormée {e01 , e02 , e03 }, où e0i =
ρθ,u (ei ), i = 1, 2, 3. D’après le théorème 5.3.7, B est la matrice de passage de {e1 , e2 , e3 }
à {e01 , e02 , e03 }. D’après le théorème 7.4.4, la colonne des coordonnées de M dans la base
{e01 , e02 , e03 } est
a
T
B b ,
c
ce qui est la position de M dans le nouveau repère caméra.
2 −1
2
1
[ρ]{e1 ,e2 ,e3 } = 2 2 −1 =: B.
3
−1 2 2
D’après le théorème 7.6.7, dans le nouveau repère caméra, M est à la position suivante:
2 −1
1 2 1 2
1
B T 1 = −1 2 2 1 = −1 .
3
−2 2 −1 2 −2 −1
159
La méthode des moindres carrés, indépendamment élaborée par Legendre en 1805 et par
Gauss en 1809, permet de comparer des données expérimentales à un modèle mathématique
censé décrire ces données.
Le résultat suivant nous donne une méthode très pratique pour trouver les solutions à
moindres carrés d’un système d’équations linéaires.
Un vecteur S ∈ Rn est une solution à moindres carrés de ce système si, et seulement si, S
est une solution exacte du système compatible suivant:
(ATA)X = ATB.
x − y = 1
x + y + 2z = 1
−2x + 4y + 2z = 3.
1 −1 0
1
A= 1 1 2 et B = 1 .
−2 4 2 3
On calcule
6 −8 −2 −4
C = AT A = −8 18 10 et D = AT B = 12 .
−2 10 8 8
160
Or (C|D) s’échelonne à la matrice suivante:
1 −5 −4 −4
0 11 11 10 .
0 0 0 0
Posant z = 0, on obtient une solution à moindres carrés du système original suivante:
94
1
S = − 10 .
11
0
C’est-à-dire,
21
4
AS = − 26
11
−34
est la projection orthogonale de B sur C(A).
Si A ∈ Mm×n (R) est de rang n, alors ATA est définie positive. En particulier, ATA est
inversible. Cette observation nous donne le résultat suivant.
Si rg(A) = n, alors le système admet une seule solution à moindres carrés donnée par
S = (ATA)−1 AT B.
Dans la pratique, on décrira la relation entre deux variables x et y selon des données
observées. Ces données observées sont représentées par des points du plan. S’ils ont tendance
à former une droite, on peut trouver une droite qui correspond le mieux à ces points.
Exercice. En enregistrant la pression (en atm) d’un gaz à température (en Celsius)
différente, on obtient les données suivantes:
6
3
• (300, 2.4)
2 • (200, 2)
• (100, 1.5)
- t
0
100 200 300
161
Donner l’estimation de la pression du gaz à 400 degrés Celsius.
Solution. Comme les points ont tendance à former une droite, on va trouver une droite
qui correspond le mieux les données observées. Supposons que p = at + b, où a, b ∈ R.
D’après les données observées, on considère le système suivant:
100a + b = 1, 5
200a + b = 2
300a + b = 2, 4.
14 × 104 6 × 102
T
A A=
6 × 102 3
est inversible, d’après le corollaire 7.7.3, le système a une seule solution à moindres carrés
Lorsque les points représentant des données expérimentales ont tendance à former une
courbe, on peut trouver une fonction polynomiale qui correspond le mieux à ces points.
6
(16, 2)
2 •
(4, 1) •
(8, 0)
0 • - x
4 8 16
•
(8, −1)
Donner une fonction polynomiale quadratique qui correspond le mieux à ces données.
162
Solution. On cherche une fonction x = a + by + cy 2 . D’après les données observées, on
obtient le système suivant:
a − b +c = 8
a = 8
a + b + c = 4
a + 2b + 4c = 16.
Ceci donne
1 −1 1 8
1 0 0 8
A= et B = .
1 1 1 4
1 2 4 16
Ainsi
4 2 6 36
AT A = 2 6 8 et AT B = 28 .
6 8 18 76
Comme les colonnes de A sont linéairement indépendantes, AT A est inversible. D’après le
corollaire 7.7.3, le système admet une seule solution à moindres carrés suivante:
3 −5
11 36 5
1
S = (AT A)−1 (AT B) = 3 9 −5 28 = −1 .
20
−5 −5 5 76 3
x = 5 − y + 3y 2 .
7.8. Exercices
163
3. Dans chacun des cas suivants, calculer l’angle non orienté entre u et v.
√
− 3 −2
1 1
(1) u = 0 , v= 0 ; (2) u = 1 , v=
1 .
√
−1 3 −1 2
7. Vérifier, à l’aide de la proposition 7.2.5, que les colonnes de A forment une base or-
thonormée de C(A), où
− √15 √25
2
A= √ √1 .
5 5
0 0
8. Soient
√3 − √16
11 1 4
√1 √2
A = (A1 A2 ) =
11 6
;
u = 1 ; v = −1 .
√1 √1 −1 0
11 6
164
(1) En calculant AT A, vérifier que A1 , A2 forment une base orthonormée de C(A).
(2) En calculant la projection orthogonale de v sur C(A), vérifier que v ∈ C(A).
(3) Donner la projection orthogonale de u sur C(A), et en déterminer si u appartient
à C(A) ou non.
10. Déterminer si les vecteurs suivants forment une base orthonormée de R3 ou non:
1 2 2
3 3 3
2 2
u1 = − , u2 = , u3 = − 1 .
3 3 3
− 23 − 31 2
3
165
(2) En appliquant le procédé de Gram-Schmidt, donner une base orthonormée de F .
(3) Calculer projF v; et en déterminer si v appartient au F ou non.
14. Soient
1 1 0
1 0 1
A= .
0 1 2
0 1 0
(1) Vérifier, à l’aide du théorème 7.4.1, que {u1 , u2 , u3 } est une base orthonormée de
R3 .
(2) Trouver, à l’aide du théorème 7.4.4(1), la colonne des ccordonnées de u dans
{u1 , u2 , u3 }.
16. Trouver les valeurs de a, b, c telles que la matrice suivante soit orthogonale.
√1 √1 a
3 14
√1 √2
3 14
b
.
√1 3
− 14
√ c
3
166
17. Donner une décomposition QR de la matrice inversible suivante:
1 0 1 0
0 1 0 1
A= .
1 1 1 0
0 1 1 1
19. Dans chacun des cas suivants, à l’aide de la proposition 7.3.4(2), trouver un vecteur
normal au plan P engendré par u, v, et en donner une équation pour P.
2 0 5 4
(1) u = −1 , v = 3 ; (2) u = 0 , v = −1 .
1 2 −1 2
21. Dans chacun des cas suivants, diagonaliser la matrice symétrique donnée par une ma-
trice orthogonale.
5 −4 −2
1 1 0
(1) 1 2 1 ; (2) −4 5 2 ;
0 1 2 −2 2 2
2 0 1 0 0 1 1 0
0 2 0 1 1 −2 2 1
(3) ; (4) .
1 0 2 0 1 2 −2 1
0 1 0 2 0 1 1 0
167
23. Dans chacun des cas suivants, trouver la matrice de la transformation linéaire T dans
la base canonique; déterminer si T est orthogonale ou non; et si oui, donner son inverse
en spécifiant la formule sous les coordonnées canoniques.
a − 2b + 2c
a
(1) T : R3 → R3 : b 7→ 2a − 2b + c ;
c −2a + b + 2c
2 1 2
a a − b + c
3
32 3 3
3
(2) T : R → R : b 7→ 3 a + 3 b − 13 c
2
.
c − 13 a + 23 b + 23 c
7π
24. Soit ρ la rotation du plan d’angle 6
.
(1) Donner la matrice de ρ dans la base canonique {e1 , e2 } de R2 .
(2) Calculer l’image par ρ du rectangle de sommets
0 3 0 3
u1 = , u2 = ; u3 = , u4 = .
−1 −1 1 1
−1
u = 0 .
0
168
(2) Dans un repère caméra initial de R3 , un objet M est situé à la position
1
0 .
1
28. Dans chacun des cas suivants, trouver la solution à moindres carrés du système:
(1) x − z = 6
2x + y − 2z = 1
x + y = 9
x + y − z = 3;
(2) 2x − z = 0
x − 2y + 2z = 6
2x − y = 0
y − z = 6.
29. Trouver une solution à moindres carrés de chacun des systèmes suivants:
(1) x1 + x2 + 2x4 = 2
x1 − x3 = 5
x2 + x3 + 2x4 = 6
−x1 + x2 − x3 − x4 = 6;
30. Trouver la droite y = a + bx, qui correspond le mieux les données observées suivantes:
0 1 2 3
, , , .
2 1 3 6
31. Trouver la courbe quadratique y = a + bx + cx2 , qui correspond le mieux les données
observées suivantes:
0 −1 1 2
, , , .
2 6 4 12
169