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UFMC Moha

Ce mémoire analyse l'UFMC (Universal Filtered Multi-Carrier) comme une alternative à l'OFDM (Orthogonal Frequency Division Multiplexing) pour les communications sans fil de nouvelle génération, en réponse aux exigences croissantes de connectivité et d'efficacité spectrale. Les résultats des simulations MATLAB montrent que l'UFMC surpasse l'OFDM en termes de performance, en particulier dans des environnements asynchrones et pour l'Internet des Objets (IoT). Ainsi, l'UFMC est identifiée comme une candidate prometteuse pour les systèmes de communication futurs.

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Mohamed Adda
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UFMC Moha

Ce mémoire analyse l'UFMC (Universal Filtered Multi-Carrier) comme une alternative à l'OFDM (Orthogonal Frequency Division Multiplexing) pour les communications sans fil de nouvelle génération, en réponse aux exigences croissantes de connectivité et d'efficacité spectrale. Les résultats des simulations MATLAB montrent que l'UFMC surpasse l'OFDM en termes de performance, en particulier dans des environnements asynchrones et pour l'Internet des Objets (IoT). Ainsi, l'UFMC est identifiée comme une candidate prometteuse pour les systèmes de communication futurs.

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‫الجمهـــــــوريــة الجـــزائــريـــة الديـــــــــمقراطيــــة الشـــعبيــــة‬

REPUBLIQUE ALGERIENNE DÉMOCRATIQUE ET POPULAIRE


MINISTERE DE L'ENSEIGNEMENT SUPÉRIEUR ET DE LA RECHERCHE
SCIENTIFIQUE
UNIVERSITE MUSTAPHA STAMBOULI DE MASCARA

FACULTE DES SCIENCES ET DE LA TECHNOLOGIE


DÉPARTEMENT D’ELECTROTECHNIQUE

SPÉCIALITÉ : RESEAUX ET TELECOMMUNICATIONS

THEME

UFMC for Next-Generation Wireless Communication

Présenté par : Encadré par :

 ADDA MOHAMMED - Dr. Besseghier Mokhtar

Promotion 2024-2025
Remerciements
En préambule à ce projet, nous remercions Allah qui nous aide et nous a donné la patience et
le courage durant ces longues années d'étude.

Nos remerciements s’adressentaux membres du jury,pour avoir accepté de discuter et


d’examiner ce travail. Nous vous sommes profondément reconnaissants de prendre le temps
D’évaluer notre recherche.

Nous exprimons nos remerciements également et notre profonde gratitude :

À Dr. Besseghier Mokhtar à qui nous exprimons toute notre reconnaissance pour son
encadrement, ses précieux conseils, son soutien constant, sa confiance et sa patience, ainsi que
pour ses remarques pertinentes et ses contributions considérables tout au long de la réalisation
de ce travail.

À tous les enseignants et le personnel du Département D’ELECTROTECHNIQUE de


l'université MUSTAPHA STAMBOULI de Mascara, qui ont assuré nos études durant ces
cinq années.

À tous nos collègues, amis et toutes les parties qui ont contribué directement ou
indirectement au développement de ce travail.

À tous les membres de nos familles pour leur soutien moral, affectif et financier.
Dédicace

Je dédie ce travail à ...


A mon cher père, que dieu le protège
A ma très chère mère, que dieu la protège

Mes frèreset ma sœur


Ma grande famille . . .
Et tous mes amis . . .

Adda.Mohammed
Résumé

Thème : UFMC for Next-Generation Wireless Communication


Résumé :

Face à la croissance continue des besoins en connectivité, en faible latence et en


efficacité spectrale, les réseaux 5G et au-delà exigent de nouvelles formes d’ondes capables
de dépasser les limites des technologies existantes. Ce mémoire propose une analyse
comparative approfondie entre deux techniques majeures de modulation multi-porteuse :
l’OFDM (Orthogonal Frequency Division Multiplexing), largement utilisée dans les standards
actuels, et l’UFMC (Universal Filtered Multi-Carrier), une alternative émergente prometteuse.
L’OFDM est appréciée pour sa robustesse face aux canaux à trajets multiples et sa simplicité
de mise en œuvre grâce à l’utilisation de la FFT/IFFT. Toutefois, elle souffre d’inconvénients tels
qu’un PAPR élevé, une sensibilité extrême à la synchronisation et des émissions hors bande
significatives.
L’UFMC, quant à elle, applique un filtrage par sous-bandes, ce qui réduit efficacement les
interférences hors bande tout en maintenant une structure basée sur l’IFFT. Elle offre une
meilleure adaptation aux scénarios asynchrones et répond mieux aux exigences des
communications massives de type machine (mMTC) propres à l’Internet des Objets (IoT).
Des simulations ont été menées sous MATLAB pour évaluer les performances des deux
techniques sur des critères tels que le taux d’erreurs binaires (BER), le rapport signal/bruit
(SNR), la densité spectrale de puissance (PSD) et le PAPR. Les résultats démontrent la
supériorité de l’UFMC dans plusieurs scénarios, la désignant comme une candidate idéale pour
les communications sans fil de nouvelle génération.
Mots-clés : OFDM, UFMC, 5G, modulation multi-porteuse, MATLAB, efficacité spectrale, PAPR,
IoT.
Summary

Theme: UFMC for Next-Generation Wireless Communication

Summary:

With the exponential growth of wireless communication demands—ranging from


ultra-fast data rates to low-latency and high spectral efficiency—next-generation networks like
5G and 6G require more advanced waveform technologies. This thesis presents a
comprehensive comparative study between two key multicarrier modulation schemes:
Orthogonal Frequency Division Multiplexing (OFDM), which is a foundational technique in
modern communication systems, and Universal Filtered Multi-Carrier (UFMC), a newer
alternative designed to overcome OFDM’s limitations.
OFDM is known for its robustness against multipath fading and its efficient implementation
using FFT/IFFT algorithms. However, it suffers from critical drawbacks such as high Peak-to-
Average Power Ratio (PAPR), strict synchronization requirements, and significant out-of-band
emissions that reduce spectral efficiency.
UFMC offers a hybrid solution by applying filtering to subbands of carriers rather than
individual subcarriers or the full band. This approach improves spectral localization, reduces
inter-carrier interference, and enables better performance in asynchronous and dense
communication environments, including the Internet of Things (IoT).

MATLAB simulations were conducted to compare the two techniques based on key metrics
such as Bit Error Rate (BER), Signal-to-Noise Ratio (SNR), Power Spectral Density (PSD), and
PAPR. The results confirm that UFMC provides superior performance and higher spectral
efficiency, making it a strong candidate for future wireless communication systems.
Keywords: OFDM, UFMC, 5G, MATLAB, Spectral Efficiency, PAPR, Wireless Communication,
Multicarrier Modulation
‫الملخص‬

‫الموضوع ‪ UFMC :‬لالتصاالت الالسلكية من الجيل التالي‬

‫الملخص ‪:‬‬
‫في ظل التطور المتسارع لتقنيات االتصاالت الالسلكية‪ ،‬أصبح من الضروري البحث عن أشكال موجية وتقنيات‬
‫إرسال أكثر كفاءة تواكب متطلبات الجيل الخامس )‪ (5G‬وما بعده‪ .‬تسعى هذه المذكرة إلى تقديم دراسة مقارنة بين تقنيتي‬
‫)‪OFDM (Orthogonal Frequency Division Multiplexing‬و ‪UFMC (Universal Filtered Multi-‬‬
‫)‪ ،Carrier‬اللتين تمثالن حجر األساس في نظم االتصال الحديثة‪.‬‬
‫تُعد تقنية ‪ OFDM‬مستخدمة بشكل واسع في أنظمة مثل ‪ LTE‬و ‪Wi-Fi‬و‪ ، G5‬لما توفره من مرونة وسهولة في المعالجة‪،‬‬
‫إال أنها تواجه تحديات حقيقية‪ ،‬أبرزها ارتفاع نسبة الذروة إلى المتوسط للطاقة)‪ ، (PAPR‬والحاجة إلى تزامن صارم بين‬
‫المرسل والمستقبل‪ ،‬باإلضافة إلى وجود تداخل خارج النطاق )‪ (OOB‬يؤثر على كفاءة استغالل الطيف الترددي‪.‬‬
‫من هنا جاءت الحاجة إلى تقنيات جديدة مثل‪ ، UFMC‬والتي تعتمد على تقسيم الحامالت إلى مجموعات مفلترة لتحسين‬
‫العزل الترددي وتقليل التسرب الطيفي دون التضحية بالكفاءة الحسابية‪ .‬وتُظهر ‪ UFMC‬أدا ًء جيدًا في البيئات غير المتزامنة‪،‬‬
‫مما يجعلها مناسبة لتطبيقات مثل إنترنت األشياء )‪ (IoT‬واالتصاالت ذات الكمون المنخفض‪.‬‬
‫لقد تم اعتماد بيئة ‪ MATLAB‬إلجراء محاكاة عددية دقيقة‪ ،‬تم من خاللها تقييم األداء من حيث‪ ،SNR ، BER‬الكثافة‬
‫الطيفية للطاقة)‪ ، (PSD‬و ‪PAPR.‬وأكدت النتائج أن ‪ UFMC‬توفر أدا ًء أعلى وكفاءة طيفية أفضل مقارنة بـ‪، OFDM‬‬
‫صا في حاالت اإلرسال المتعدد المستخدمين‪.‬‬
‫خصو ً‬
‫الكلمات المفتاحية ‪:‬التعدد الحاملي‪ ،G5 ،MATLAB ،UFMC ،OFDM ،‬الكفاءة الطيفية‪ ،‬التداخل الطيفي‪PAPR. ،‬‬
Table des matières
Introduction Générale: .......................................................................................................... 16
Chapitre 1: Évolution De Technologies De Communication Sans Fil. ................................... 19
Introduction : ........................................................................................................................ 19
1.1PREMIÈRE GÉNÉRATION (1G) : LES PRÉMICES DE LA COMMUNICATION
MOBILE .............................................................................................................................. 20
1.1.1 Caractéristiques techniques: ......................................................................................... 20
1.1.2 Limitations significatives ............................................................................................. 21
1.1.3 Importance historique .................................................................................................. 21
1.2 DEUXIÈME GÉNÉRATION (2G) : LA RÉVOLUTION NUMÉRIQUE ........................ 21
1.2.2 Services innovants ....................................................................................................... 22
1.2.3 La génération 2.5G : une étape intermédiaire ............................................................... 22
1.3 TROISIÈME GÉNÉRATION (3G) : L’AVÈNEMENT DE L’INTERNET MOBILE ...... 22
1.3.1 Avancées technologiques ............................................................................................. 23
1.3.2 Applications et services rendus possibles ..................................................................... 23
1.3.3 Impact sur l’écosystème mobile ................................................................................... 23
1.4 QUATRIÈME GÉNÉRATION (4G) : LA CONVERGENCE IP ..................................... 24
1.4.1 Innovations technologiques clés: .................................................................................. 24
1.4.2 Techniques d’accès multiple avancées .......................................................................... 24
1.5 CINQUIÈME GÉNÉRATION (5G) : AU-DELÀ DE LA CONNECTIVITÉ HUMAINE 25
1.5.1 Caractéristiques techniques révolutionnaires ................................................................ 26
1.5.2 Formes d’ondes avancées ............................................................................................. 26
1.5.3 Cas d’usage transformationnels .................................................................................... 26
1.6 PERSPECTIVES FUTURES : 6G ET AU-DELÀ ........................................................... 28
1.6.1 Visions pour la 6G ....................................................................................................... 28
1.6.2 Défis techniques à surmonter ....................................................................................... 28
1.6.3 Évolutions des formes d’ondes ..................................................................................... 29
Conclusion : ......................................................................................................................... 30
Chapitre 2 : L’OFDM Comme Fondement Des Communications Modernes ......................... 32
2.1 Introduction .................................................................................................................... 32
2.2 Historique de l’OFDM .................................................................................................... 33
2.2.2 Évolution et maturation (1970-1990) : ......................................................................... 34
2.2.3 Standardisation et adoption massive (1990-2010) : ...................................................... 35
2.2.4 Évolution récente (2000 à aujourd’hui) : ...................................................................... 35
2.3 Principes fondamentaux de l’OFDM ............................................................................... 36
2.3.1 Concept de modulation multi-porteuse : ....................................................................... 36
2.3.2 Orthogonalité des sous-porteuses : ............................................................................... 37
2.3.3 Efficacité spectrale et résistance aux canaux multipath : ............................................... 39
2.4 Fonctionnement de l’OFDM ........................................................................................... 39
2.4.1 Types de modulation numérique utilisés avec l’OFDM : .............................................. 39
2.4.1.1 Modulation de phase BPSK (Binary Phase-Shift Keying) : ....................................... 40
2.4.1.2 Modulation QPSK (Quadrature Phase-Shift Keying):................................................ 40
2.4.1.3 Modulation QAM (Quadrature Amplitude Modulation) : .......................................... 41
2.4.2 Principe de modulation OFDM : .................................................................................. 42
2.4.3 Principe de démodulation OFDM................................................................................. 42
2.4.4 Implémentation numérique de l’OFDM ....................................................................... 43
2.4.5 L’intervalle de garde et le préfixe cyclique................................................................... 45
2.5 Avantages et défis de l’OFDM ........................................................................................ 46
2.5.1 Avantages de l’OFDM ................................................................................................. 47
2.5.2 Défis et limitations de l’OFDM .................................................................................... 48
2.6 Applications actuelles de l’OFDM .................................................................................. 49
2.6.1 Diffusion numérique .................................................................................................... 50
2.6.1.1 Radio numérique (DAB/DAB+) ................................................................................ 50
2.6.2 Réseaux sans fil ........................................................................................................... 50
2.6.3 Communications mobiles 4G et 5G.............................................................................. 51
2.7 Limitations et évolutions de l’OFDM.............................................................................. 52
2.7.1 Limitations de l’OFDM pour les communications de nouvelle génération : .................. 52
2.7.2 Évolutions récentes de l’OFDM : ................................................................................. 53
Conclusion : ......................................................................................................................... 55
Chapitre 3 : L’UFMC comme Solution Innovante pour les Communications Sans Fil de
Nouvelle Génération ............................................................................................................. 57
Introduction : ........................................................................................................................ 57
1. Définition Technique de l’UFMC ..................................................................................... 58
1.1 Motivation et Contexte ................................................................................................... 58
1.2 Origine et Développement .............................................................................................. 59
3. Architecture de l’Émetteur UFMC .................................................................................... 62
3.1 Structure Générale : ........................................................................................................ 62
3.2 Formulation Mathématique ............................................................................................. 62
3.3 Éléments de Conception ................................................................................................. 63
4. Architecture du Récepteur UFMC ..................................................................................... 64
4.1 Structure Générale .......................................................................................................... 64
4.2 Formulation Mathématique ............................................................................................. 64
5. Technologies de Filtrage dans l’UFMC ............................................................................. 65
5.1 Filtres Prototypes ............................................................................................................ 65
5.2 Bancs de Filtres : ............................................................................................................ 65
5.3 Filtre FIR Dolph-Tchebyshev.......................................................................................... 67
6. Système de transmission UFMC ....................................................................................... 69
6.1 Architecture et principes fondamentaux .......................................................................... 69
6.2 Comparaison avec d’autres formes d’onde ...................................................................... 70
6.3 Organisation et allocation des sous-bandes ..................................................................... 71
7. Avantages et Inconvénients de la Modulation UFMC ........................................................ 73
7.1 Avantages Principaux ...................................................................................................... 73
7.2 Inconvénients et Défis: ................................................................................................... 73
Conclusion ........................................................................................................................... 75
Chapitre 4 : Simulations Et Analyse Comparative Des Performances De L’UFMC ............... 78
4.1 Introduction à l’environnement de simulation : ............................................................... 78
4.2 Configuration de la plateforme de simulation .................................................................. 78
4.2.1 Environnement logiciel et matériel ............................................................................... 78
4.2.2 Paramètres communs des simulations .......................................................................... 79
4.2.3 Architecture du système simulé .................................................................................... 80
4.3 Indicateurs de performance et métriques d’évaluation ..................................................... 81
4.3.1 Densité Spectrale de Puissance (PSD) : ........................................................................ 81
4.3.2 Efficacité Spectrale : .................................................................................................... 81
4.3.3 Rapport Puissance Crête/Moyenne (PAPR) : ................................................................ 82
4.3.4 Taux d’Erreur Binaire (BER) : ..................................................................................... 82
4.4 Résultats des simulations et analyses comparatives ......................................................... 83
4.4.1 Analyse de la Densité Spectrale de Puissance :............................................................. 83
4.4.2 Évaluation de l’efficacité spectrale : ............................................................................. 84
4.4.3 Analyse du Rapport Puissance Crête/Moyenne (PAPR) ................................................ 84
4.4.4 Évaluation du Taux d’Erreur Binaire (BER) : ............................................................... 85
4.4.4.1 Performances dans un canal AWGN : ........................................................................ 85
4.4.4.2 Impact des erreurs de synchronisation : ..................................................................... 86
4.5 Analyse comparative synthétique et discussion ............................................................... 88
4.5.1 Synthèse comparative des deux techniques : ................................................................ 88
4.5.2 Analyse de compromis (trade-offs) : ............................................................................ 88
4.5.3 Domaines d’application privilégiés pour l’UFMC : ...................................................... 89
4.5.4 Limites et contraintes de l’UFMC : .............................................................................. 89
Conclusion ........................................................................................................................... 91
Conclusion Générale: ........................................................................................................... 93
Les Références Bibliographiques .......................................................................................... 95
Liste de figures
Figure 1 : Évolution chronologique des technologies sans fil de la 1G à la 6G : caractéristiques
et innovations ....................................................................................................................... 20
Figure 2: Évolution des techniques d'accès multiple.............................................................. 25
Figure 3: Le triangle de services 5G...................................................................................... 27
Figure 4: Comparaison des débits théoriques par génération. ................................................ 28
Figure 5: Principe d’OFDM ................................................................................................. 37
Figure 6: Spectre du signal OFDM pour 8 porteuses............................................................. 38
Figure 7: Modulation BPSK ................................................................................................ 40
Figure 8: Modulation QPSK ................................................................................................. 41
Figure 9: Constellation de la modulation QAM-16................................................................ 41
Figure 10: Schéma de principe d’un modulateur OFDM ....................................................... 42
Figure 11: Schéma de principe du démodulateur OFDM ....................................................... 43
Figure 12: Modulateur OFDM numérique.............................................................................44
Figure 13: Démodulateur OFDM numérique......................................................................... 45
Figure 14: Principe du préfixe cyclique dans un symbole OFDM. ......................................... 46
Figure 15: Architecture Émetteur UFMC .............................................................................. 59
Figure 16: Architecture d’un récepteur UFMC. ..................................................................... 60
Figure 17: Schéma fonctionnel du système UFMC. .............................................................. 60
Figure 18: Structure générale de l’émetteur UFMC. .............................................................. 62
Figure 19: Structure générale du récepteur UFMC ................................................................ 64
Figure 20: Exemple d’un banc de filtres. ............................................................................... 66
Figure 21: Système de sous-bande et configurations de Trans-multiplexeur. ......................... 67
Figure 22: Caractéristiques d’impulsion et de fréquence du filtre numérique. ........................ 69
Figure 23: Diagramme fonctionnel d’un émetteur-récepteur UFMC......................................70
Figure 24: Différentes formes d’onde OFDM et UFMC et principe de filtrage. ..................... 70
Figure 25: Tracés de la densité spectrale de puissance (PSD) en fonction de la fréquence
normalisée pour les schémas de modulation (a) OFDM et (b) UFMC . ................................. 72
Figure 26: Architecture du système de simulation pour l’évaluation comparative OFDM-
UFMC. ................................................................................................................................. 80
Figure 27: Comparaison des densités spectrales de puissance de l’UFMC et de l’OFDM. ..... 83
Figure 28: Efficacité spectrale en fonction de la durée des rafales pour l’UFMC et l’OFDM. 84
Figure 29: Distribution cumulée complémentaire du PAPR pour l’UFMC et l’OFDM. ......... 85
Figure 30: BER vs SNR pour l’UFMC et l’OFDM. .............................................................. 86
Figure 31: Impact du décalage temporel sur le BER pour l’UFMC et l’OFDM ..................... 87
Liste des Tableaux

Tableau 1: Résumé des éléments de conception pour l’UFMC .............................................. 63


Tableau 2: Paramètres fondamentaux des simulations OFDM et UFMC ............................... 79
Tableau 3: les performances relatives de l’UFMC et de l’OFDM ..........................................88
Liste des Abréviations
1G - 6G: Générations de réseaux mobiles
OFDM: Orthogonal Frequency Division Multiplexing
UFMC: Universal Filtered Multi-Carrier
FFT: Fast Fourier Transform
IFFT: Inverse Fast Fourier Transform
IDFT: Inverse Discrete Fourier Transform
DFT: Discrete Fourier Transform
QAM: Quadrature Amplitude Modulation
QPSK: Quadrature Phase Shift Keying
BPSK: Binary Phase Shift Keying
LTE: Long Term Evolution
DVB-T / DVB-T2: Digital Video Broadcasting - Terrestrial
DAB / DAB+: Digital Audio Broadcasting
Wi-Fi: Wireless Fidelity
IEEE 802.11: Standard Wi-Fi
WiMAX: Worldwide Interoperability for Microwave Access
MIMO: Multiple Input Multiple Output
SC-FDMA: Single Carrier Frequency Division Multiple Access
OFDMA: Orthogonal Frequency Division Multiple Access
F-OFDM: Filtered Orthogonal Frequency Division Multiplexing
FBMC: Filter Bank Multi-Carrier
GFDM: Generalized Frequency Division Multiplexing
PAPR: Peak to Average Power Ratio
BER: Bit Error Rate
SNR: Signal to Noise Ratio
CP: Cyclic Prefix
PSD: Power Spectral Density
CCDF: Complementary Cumulative Distribution Function
NR (5G NR): New Radio (5G)
IoT: Internet of Things
LDPC: Low Density Parity Check
BCH: Bose–Chaudhuri–Hocquenghem
MATLAB: Matrix Laboratory
MTC: Machine Type Communication
CP-OFDM: Cyclic Prefix OFDM
DFT-s-OFDM: DFT Spread OFDM
Introduction
Générale
Introduction Générale

Introduction Générale:
Les communications sans fil ont révolutionné notre quotidien en apportant une
connectivité ubiquitaire, une mobilité accrue et une capacité de transmission de données en
perpétuelle croissance. Dans un monde de plus en plus interconnecté, où les échanges
d’informations s’effectuent en temps réel à travers des continents, la technologie sans fil
représente un pilier fondamental de la société numérique. Depuis l’introduction de la première
génération de réseaux cellulaires (1G) dans les années 1980, chaque transition vers une nouvelle
génération 2G, 3G, 4G, et récemment la 5G – a incarné un saut technologique majeur, répondant
à des exigences toujours plus complexes en matière de débit, de latence, de fiabilité et de densité
de connexion.
La 2G a introduit la numérisation des communications vocales, la 3G a permis l’accès à
Internet mobile, la 4G a démocratisé les services de vidéo en continu et les applications en ligne,
tandis que la 5G inaugure une ère nouvelle marquée par la virtualisation des infrastructures, la
connectivité massive des objets (IoT), les véhicules autonomes, la réalité augmentée et
l’intelligence artificielle intégrée dans les réseaux.
Dans cette quête d’amélioration continue, la gestion efficace du spectre, la robustesse des
transmissions et l’adaptabilité aux environnements hétérogènes deviennent des enjeux
stratégiques. La modulation multiporteuse, et en particulier l’OFDM (Orthogonal Frequency
Division Multiplexing), s’est imposée comme une solution de référence grâce à sa capacité à
lutter contre les interférences intersymboles et à s’intégrer aisément aux systèmes à large bande.
Adoptée dans des standards tels que LTE, Wi-Fi et 5G NR, cette technique présente toutefois
certaines limites structurelles, notamment une faible efficacité spectrale liée au préfixe cyclique
et une sensibilité marquée aux effets Doppler dans des scénarios de mobilité élevée.
Face à ces défis, des approches innovantes comme l’UFMC (Universal Filtered Multi-
Carrier) émergent pour offrir des performances supérieures. En appliquant un filtrage par sous-
bandes, l’UFMC vise à réduire les fuites spectrales, améliorer la localisation fréquentielle et
faciliter l’intégration dans des architectures de réseau flexibles et dynamiques, notamment dans
les contextes de transmissions sporadiques ou asynchrones, typiques des usages 5G/6G.
Ce mémoire s’inscrit dans cette dynamique technologique. Il propose une étude
comparative approfondie entre l’OFDM et l’UFMC, en analysant leurs principes
fondamentaux, leurs avantages et leurs limitations, à la lumière de simulations réalisées sous
MATLAB. Structuré en quatre chapitres, ce travail débute par une rétrospective sur l’évolution
des générations de réseaux mobiles, examine ensuite les fondements et les applications de
16
Introduction Générale

l’OFDM, explore en détail l’architecture de l’UFMC, et se conclut par une évaluation


comparative à travers des expérimentations numériques.
Notre objectif est de contribuer à une meilleure compréhension des technologies
émergentes dans le domaine des télécommunications, en mettant en lumière les mécanismes
qui façonnent l’avenir des réseaux sans fil.

17
CHAPITRE 1 :
ÉVOLUTION DES
TECHNOLOGIES DE
COMMUNICATION
SANS FIL
CHAPITRE 1 Evolution de technologies de communication sans fil

Chapitre 1: Évolution De Technologies De Communication Sans Fil.

Introduction :
Les réseaux de communication sans fil ont connu une évolution spectaculaire au cours
des dernières décennies, transformant radicalement notre façon de communiquer et d’accéder à
l’information. Chaque génération technologique, désignée par la lettre “G”, a marqué une
avancée significative en termes de performances, de capacités et de services. Cette évolution
continue représente non seulement une prouesse technique, mais aussi un moteur de
transformation sociétale, affectant des secteurs aussi divers que la santé, l’éducation, l’industrie
et les transports.
La progression des technologies sans fil, de la 1G à la 5G et au-delà, témoigne de la quête
incessante d’amélioration des performances réseaux pour répondre aux besoins croissants en
connectivité. Dans un monde de plus en plus dépendant des communications numériques,
comprendre cette évolution et ses implications devient fondamental pour anticiper les exigences
des futures technologies comme l’UFMC (Universal Filtered Multi-Carrier), qui sera l’objet
principal de notre étude.
Ce chapitre présente un panorama chronologique des générations successives de
technologies sans fil, en mettant en évidence leurs caractéristiques distinctives, leurs
innovations majeures et leurs limitations. Cette mise en perspective historique nous permettra
de mieux comprendre les défis auxquels les technologies de nouvelle génération doivent faire
face et d’apprécier la place de l’UFMC dans ce continuum d’innovation.
Une frise chronologique montrant l'évolution des générations de technologies sans fil (1G
à 6G) avec les dates clés de lancement et d'adoption massive, ainsi que les principales
caractéristiques de chaque génération.

19
CHAPITRE 1 Evolution de technologies de communication sans fil

Figure 1 : Évolution chronologique des technologies sans fil de la 1G à la 6G :


caractéristiques et innovations

1.1PREMIÈRE GÉNÉRATION (1G) : LES PRÉMICES DE LA


COMMUNICATION MOBILE
La première génération de réseaux sans fil, lancée dans les années 1980, a marqué le début
de l’ère des communications mobiles. Basée exclusivement sur une technologie analogique, la
1G était principalement conçue pour la transmission vocale. 1
1.1.1 Caractéristiques techniques:
Technologie analogique : Utilisation de signaux radio analogiques pour la transmission
vocale
Modulation de fréquence (FM) : Technique principale de transmission du signal.
FDMA (Frequency Division Multiple Access) : Méthode d’accès multiple permettant de
partager le spectre entre plusieurs utilisateurs
Bande de fréquence : 824-894 MHz
Débit maximal : 2,4 kbps, suffisant uniquement pour les communications vocales
Système AMPS (Advanced Mobile Phone System) : Premier standard largement déployé,
notamment aux États-Unis dès 1982

1
-C. Smith and D. Collins, " 3G Wireless Networks".

20
CHAPITRE 1 Evolution de technologies de communication sans fil

1.1.2 Limitations significatives


Sécurité déficiente : Transmissions facilement interceptables sans mécanismes de
chiffrement
Qualité audio médiocre : Sensibilité aux interférences et au bruit
Absence de services de données : Impossibilité de transmettre des informations autres
que la voix
Faible efficacité spectrale : Utilisation sous-optimale des fréquences disponibles
Capacité limitée : Nombre restreint d’utilisateurs simultanés sur le réseau
1.1.3 Importance historique
Malgré ses limitations manifestes, la 1G a joué un rôle déterminant en démontrant la
faisabilité et l’utilité des communications mobiles. Elle a posé les fondations d’une industrie
qui allait connaître une croissance exponentielle, tout en préparant le terrain pour les
générations futures de technologies sans fil. L’expérience acquise avec la 1G a notamment mis
en évidence la nécessité d’une transition vers le numérique pour surmonter les contraintes
inhérentes aux systèmes analogiques. 1

1.2 DEUXIÈME GÉNÉRATION (2G) : LA RÉVOLUTION


NUMÉRIQUE
La deuxième génération, introduite au début des années 1990, a marqué un tournant
décisif avec l’adoption de la technologie numérique. 2 Cette transition fondamentale a non
seulement amélioré la qualité des communications vocales, mais a également ouvert la voie aux
premiers services de données mobiles.
1.2.1 Innovations majeures
Transition vers le numérique : Passage des signaux analogiques aux signaux numériques
Introduction des SMS (Short Message Service) : Premier service de données textuelles
Chiffrement des communications : Amélioration significative de la sécurité normes GSM
(Global System for Mobile Communications) : Standard mondial facilitant l’interopérabilité
internationale techniques d’accès multiple : TDMA (Time Division Multiple Access) et CDMA

1
-A. Gani, X. Li, R. Salleh, and O. Zakaria, “The future of mobile wireless communication
networks,” in “Proc. Int. Conf. Software and Communication Networks”, 2009.
- G. Naik, V. Aigal, P. Sehgal, and J. Poojary, “Challenges in implementing fourth generation
2

wireless systems,” “Int. J. Eng. Res. Appl. (IJERA)”, vol. 2, 2012.

21
CHAPITRE 1 Evolution de technologies de communication sans fil

(Code Division Multiple Access) débit de données : Jusqu’à 64 kbps, permettant les premiers
services de données mobiles.
1.2.2 Services innovants
Messagerie texte (SMS) : Service emblématique ayant révolutionné les communications
interpersonnelles
Messagerie multimédia (MMS) : Évolution permettant l’échange de contenus plus riches
Accès Internet basique : Navigation Web rudimentaire via WAP (Wireless Application
Protocol)
Roaming international : Possibilité d’utiliser son téléphone à l’étranger
Première génération de services à valeur ajoutée : Tonalités, logos personnalisés, etc.
1.2.3 La génération 2.5G : une étape intermédiaire
Face à la demande croissante en services de données, des améliorations ont été apportées
aux réseaux 2G, donnant naissance à ce qu’on a appelé la 2.5G : 1
GPRS (General Packet Radio Service) : Introduction de la commutation par paquets pour
un usage plus efficace des ressources réseau
EDGE (Enhanced Data rates for GSM Evolution) : Amélioration des débits jusqu’à 384
kbps
Facturation basée sur le volume : Passage d’une tarification à la durée à une tarification
au volume de données
Cette étape intermédiaire a permis aux opérateurs d’introduire progressivement des
services de données plus avancés tout en préparant la transition vers la troisième génération.

1.3 TROISIÈME GÉNÉRATION (3G) : L’AVÈNEMENT DE


L’INTERNET MOBILE
Lancée au début des années 2000, la 3G a transformé les appareils mobiles en véritables
terminaux multimédias connectés. Avec des débits significativement plus élevés, elle a permis
l’accès à Internet haut débit en situation de mobilité et ouvert la voie à de nombreuses
applications innovantes. 2

1
- A. K. Mishra, “Fundamentals of Cellular Network Planning and Optimization, 2G/2.5G/3G...
Evolution of 4G”. John Wiley & Sons, 2004.
2
- T. S. Rappaport, “Wireless Communications: Principles and Practice”, 2nd ed.

22
CHAPITRE 1 Evolution de technologies de communication sans fil

1.3.1 Avancées technologiques


Débits de données améliorés : De 144 kbps (zones rurales) à 2 Mbps (zones urbaines)
Conformité aux normes IMT-2000 (International Mobile Telecommunications-2000)
Technologies UMTS (Universal Mobile Telecommunications System) en Europe
WCDMA (Wideband Code Division Multiple Access) : Technique d’accès radio
dominante
CDMA2000 : Alternative développée principalement aux États-Unis
Architecture réseau plus sophistiquée : Séparation entre réseau cœur et réseau d’accès
1.3.2 Applications et services rendus possibles
Navigation Web fluide : Accès à des sites web complets, non simplifiés
Vidéoconférence mobile : Communications audiovisuelles en temps réel
Streaming multimédia : Consommation de contenus audio et vidéo en ligne
Applications mobiles avancées : Émergence des premiers app stores
Services de localisation : Exploitation des données GPS dans les applications
Courrier électronique mobile : Consultation et envoi d’emails en déplacement
1.3.3 Impact sur l’écosystème mobile
La 3G a coïncidé avec l’essor des smartphones, établissant une synergie qui a
profondément transformé l’industrie mobile : 1
Démocratisation des smartphones : Terminaux polyvalents combinant téléphonie et
informatique
Développement de l’économie des applications : Création d’un marché pour les
développeurs
Nouveaux modèles économiques : Forfaits de données, services par abonnement
Modification des habitudes de consommation : Accès permanent à l’information et aux
services
Cette génération a posé les bases de notre société hyperconnectée actuelle, où l’accès
mobile à Internet est devenu une commodité essentielle.

1
- Bindiakumari, “Présentation sur la technologie 4G,” Séminaire.

23
CHAPITRE 1 Evolution de technologies de communication sans fil

1.4 QUATRIÈME GÉNÉRATION (4G) : LA CONVERGENCE IP


Introduite à la fin des années 2000, la 4G a représenté une rupture technologique majeure
avec l’adoption d’une architecture entièrement basée sur le protocole IP (Internet Protocol).
1
Cette génération a permis une véritable convergence entre réseaux mobiles et Internet fixe.
1.4.1 Innovations technologiques clés:
Architecture all-IP : Abandon des circuits commutés au profit d’une architecture
entièrement en commutation par paquets
LTE (Long Term Evolution) : Standard dominant de la 4G
OFDM (Orthogonal Frequency Division Multiplexing): Technique de modulation
fondamentale
MIMO (Multiple Input Multiple Output) : Utilisation de multiples antennes pour
améliorer les performances
Débits théoriques : Jusqu’à 1 Gbps en situation stationnaire, 100 Mbps en mobilité
Latence réduite : Entre 10 et 50 millisecondes, permettant des applications en temps réel
1.4.2 Techniques d’accès multiple avancées
OFDMA (Orthogonal Frequency Division Multiple Access) : Extension de l’OFDM pour
l’accès multiple en liaison descendante
SC-FDMA (Single Carrier Frequency Division Multiple Access) : Variante utilisée en
liaison montante pour optimiser la consommation d’énergie
Allocation dynamique des ressources : Adaptation en temps réel aux conditions du canal
et aux besoins des utilisateurs2
Un schéma illustrant les différentes techniques d'accès multiple utilisées dans chaque
génération (FDMA pour 1G, TDMA/CDMA pour 2G, WCDMA pour 3G, OFDMA/SC-FDMA
pour 4G).

1
- ALTHOS, “UMTS LTE,” Présentation technique.
- W. W. Lu, “Open Wireless Architecture and Enhanced Performance,” “IEEE Commun.
2

Mag.”, 2003.

24
CHAPITRE 1 Evolution de technologies de communication sans fil

Figure 2: Évolution des techniques d'accès multiple

1.4.3 Applications et services


Streaming vidéo haute définition : Consommation fluide de contenus HD
Jeux en ligne : Applications interactives à faible latence
Services cloud : Stockage et traitement déportés des données
Réalité augmentée mobile : Fusion entre monde réel et informations numériques
Vidéoconférence HD : Communications professionnelles de qualité
IoT (Internet des Objets) : Premiers déploiements à grande échelle
La 4G, avec sa technologie OFDM que nous étudierons plus en détail dans le chapitre
suivant, a établi un nouveau paradigme pour les communications mobiles, offrant des
performances comparables à celles des réseaux fixes tout en maintenant la mobilité. Son
architecture et ses principes fondamentaux constituent la base sur laquelle s’appuient les
technologies de nouvelle génération. 1 2
1.5 CINQUIÈME GÉNÉRATION (5G) : AU-DELÀ DE LA CONNECTIVITÉ
HUMAINE
Déployée à partir de 2019, la 5G représente l’état de l’art actuel des technologies de
communication sans fil. Elle n’est pas une simple évolution incrémentale, mais une refonte
profonde de l’architecture réseau visant à répondre à des cas d’usage bien plus diversifiés.

1
- M. Kachhavay and A. Thakare, “5G Technology Evolution and Revolution,” “Int. J. Comput.
Sci. Mobile Comput.”, vol. 3, no. 3, 2014.
- H. H. Chen, M. Guizani, and W. Mohr, “Evolution towards 4G wireless network,” “IEEE
2

Network”, vol. 21, no. 1, 2007.

25
CHAPITRE 1 Evolution de technologies de communication sans fil

1.5.1 Caractéristiques techniques révolutionnaires


Débits ultra-élevés : Jusqu’à 10 Gbps théoriques
Latence ultra-faible : Inférieure à 1 milliseconde
Densité de connexion massive : Jusqu’à 1 million d’appareils par km²
Utilisation de bandes de fréquences millimétriques : Exploitation de nouvelles portions
du spectre (24-86 GHz)
Architecture réseau définie par logiciel : Virtualisation et découpage du réseau (network
slicing)
Edge computing : Rapprochement des capacités de calcul des utilisateurs

1.5.2 Formes d’ondes avancées


OFDM amélioré : Évolution de la technique utilisée en 4G
Techniques de filtrage : Introduction de méthodes comme F-OFDM (Filtered OFDM)
UFMC (Universal Filtered Multi-Carrier) : Technique novatrice de modulation multi-
porteuse filtrée
FBMC (Filter Bank Multi-Carrier) : Alternative avec filtrage par bancs de filtres
GFDM (Generalized Frequency Division Multiplexing) : Approche flexible de
multiplexage
1.5.3 Cas d’usage transformationnels
eMBB (Enhanced Mobile BroadB and) : Connectivité ultra-rapide pour les usages grand
public
URLLC (Ultra-Reliable Low-Latency Communications) : Communications critiques
nécessitant fiabilité et réactivité extrêmes
mMTC (Massive Machine Type Communications) : Support de l’Internet des objets
massif
Applications sectorielles spécifiques : Industrie 4.0, véhicules autonomes, télémédecine,
villes intelligentes

26
CHAPITRE 1 Evolution de technologies de communication sans fil

Un diagramme triangulaire illustrant les trois cas d'usage principaux de la 5G (eMBB,


URLLC, mMTC) avec leurs exigences respectives en termes de débit, latence et densité de
connexion. 1

Figure 3: Le triangle de services 5G. 2


La 5G établit un paradigme fondamentalement nouveau où les réseaux doivent s’adapter
à des exigences radicalement différentes selon les applications. Cette flexibilité exige des
formes d’ondes innovantes, dont l’UFMC qui sera l’objet central de notre étude. 3
Un graphique à barres logarithmique comparant les débits maximaux théoriques de
chaque génération (1G : 2,4 kbps, 2G : 64 kbps, 3G : 2 Mbps, 4G : 1 Gbps, 5G : 10 Gbps, 6G
prévision : 1 Tbps). 4 5 6

1
- C. Yiping and Y. Yuhang, “A new 4G architecture providing multimode terminals always
best connected services,” “IEEE Wireless Commun.”, vol. 14, no. 2, 2007.
- A. Kumar, Y. Liu, and J. Sengupta, “Evolution of Mobile Wireless Communication
2

Networks: 1G to 4G,” “Int. J. Electron. Commun. Technol. (IJECT)”, vol. 1, no. 1, 2010.
3
- S. Mondal, A. Sinha, and J. Routh, “A Survey on Evolution of Wireless Generations 0G to
7G,” “Int. J. Adv. Res. Sci. Eng.”, vol. 1, no. 2.
4
- T. Arunkumar and L. Kalaiselvi, “Latest Technology of Mobile Communication and Future
Scope of 7.5G,” “Int. J. Eng. Technol. Res.”, vol. 2, 2014.
5
- K. Tachikawa, “A perspective on the Evolution of Mobile Communications,” “IEEE
Commun. Mag.”, 2003.
6
- S. Singh and P. Singh, “Key Concepts and Network Architecture for 5G Mobile Technology,”
“Int. J. Sci. Res. Eng. Technol. (IJSRET)”, vol. 1, no. 5, 2012.

27
CHAPITRE 1 Evolution de technologies de communication sans fil

Figure 4: Comparaison des débits théoriques par génération.

1.6 PERSPECTIVES FUTURES : 6G ET AU-DELÀ


Bien que la 5G soit encore en cours de déploiement, la recherche sur la sixième génération
(6G) est déjà activement engagée, avec des déploiements commerciaux envisagés à l’horizon
2030.
1.6.1 Visions pour la 6G
Débits théoriques : Jusqu’à 1 Tbps, soit 100 fois plus rapide que la 5G
Latence : Réduite à quelques microsecondes
Bandes de fréquences : Exploitation du spectre térahertz (THz)
Intégration des réseaux terrestres et spatiaux : Couverture mondiale sans faille
Communications quantiques : Exploitation des principes de la physique quantique pour une
sécurité absolue
Intelligence artificielle native : Réseaux auto-optimisants et auto-réparateurs
1.6.2 Défis techniques à surmonter
Propagation des ondes térahertz : Atténuation rapide nécessitant des solutions innovantes
Consommation énergétique : Nécessité de développer des technologies plus efficientes
Complexité algorithmique : Gestion de réseaux ultra-denses et hétérogènes
Cybersécurité : Protection contre des menaces de plus en plus sophistiquées
Normalisation : Établissement de standards mondiaux dans un environnement géopolitique
complexe

28
CHAPITRE 1 Evolution de technologies de communication sans fil

1.6.3 Évolutions des formes d’ondes


Les recherches actuelles explorent plusieurs pistes pour dépasser les limitations des
techniques existantes :
Formes d’ondes non-orthogonales : Dépassement du paradigme de l’orthogonalité pour une
meilleure efficacité spectrale
Modulations spatiales : Exploitation complète du domaine spatial
Formes d’ondes adaptatives : Reconfiguration dynamique selon l’environnement et les
besoins
Solutions hybrides : Combinaison optimale des avantages de différentes techniques, dont
l’UFMC
Ces développements futurs s’inscrivent dans une quête constante d’optimisation des
ressources spectrales, particulièrement précieuses dans un monde où la demande en
connectivité ne cesse de croître. 1

1
- S. Singh and P. Singh, “Key Concepts and Network Architecture for 5G Mobile Technology,”
“Int. J. Sci. Res. Eng. Technol. (IJSRET)”, vol. 1, no. 5, 2012.

29
CHAPITRE 1 Evolution de technologies de communication sans fil

Conclusion :
L’évolution des technologies de communication sans fil, de la 1G analogique à la 5G et
au-delà, illustre un parcours d’innovation continue guidé par des exigences toujours plus
élevées en termes de performances, de capacité et de flexibilité. Chaque génération a non
seulement amélioré les réseaux, mais a également transformé profondément notre société en
rendant possibles de nouvelles applications et de nouveaux services.
La progression de ces technologies met en évidence plusieurs tendances fondamentales :
L’augmentation exponentielle des débits : De quelques kbps en 1G à potentiellement 1
Tbps pour la 6G
La réduction drastique de la latence : De plusieurs secondes à quelques microsecondes
La densification des réseaux : D’une couverture clairsemée à des réseaux ultra-denses
La diversification des cas d’usage : De la simple voix à des applications critiques et
transformationnelles
L’évolution des formes d’ondes : Des simples modulations analogiques aux techniques
multi-porteuses filtrées sophistiquées
C’est dans ce contexte d’évolution constante que s’inscrit l’UFMC (Universal Filtered
Multi-Carrier), objet central de notre étude. Cette technique de modulation représente une
réponse prometteuse aux défis actuels et futurs des communications sans fil, notamment en
termes d’efficacité spectrale, de flexibilité et de robustesse.
Dans les chapitres suivants, nous approfondirons d’abord les principes fondamentaux de
l’OFDM, technique dominante de la 4G qui constitue la base de nombreuses innovations
récentes. Puis, nous explorerons en détail l’UFMC, ses principes de fonctionnement, ses
avantages par rapport aux techniques existantes, et son potentiel pour les communications sans
fil de nouvelle génération. Enfin, nous présenterons et analyserons des résultats de simulations
réalisées sous MATLAB pour évaluer concrètement les performances de cette technologie
prometteuse.

30
CHAPITRE 2 :
L’OFDM COMME
FONDEMENT DES
COMMUNICATIONS
MODERNES
CHAPITRE 2 L’OFDM COMME FONDEMENT DES COMMUNICATIONS MODERNES

Chapitre 2 : L’OFDM Comme Fondement Des Communications Modernes

2.1 Introduction
La communication sans fil est une technologie qui a connu des progrès considérables
depuis plusieurs décennies, révolutionnant la manière dont les informations sont transmises et
reçues à distance. Parmi les nombreuses techniques utilisées dans ce domaine, la technologie
multi-porteuse se distingue par son rôle fondamental dans l’amélioration des performances des
systèmes de communication moderne.
L’une des implémentations les plus efficaces de cette approche multi-porteuse est le
Multiplexage Orthogonal par Division de Fréquence (OFDM), qui constitue aujourd’hui la base
de nombreux standards de communication sans fil. L’OFDM se caractérise par sa capacité à
fragmenter les données numériques en plusieurs sous-signaux, chacun modulant une fréquence
porteuse distincte. Cette technique permet non seulement d’augmenter la capacité de
transmission mais aussi de réduire les interférences et les perturbations dues aux effets de canal.
Contrairement aux méthodes classiques de modulation où chaque signal est transmis sur
une bande de fréquences disjointe, l’OFDM utilise des porteuses orthogonales entre elles, ce
qui permet un recouvrement spectral efficace tout en minimisant les interférences inter-
symboles (ISI) et inter-porteuses (ICI). Cette orthogonalité est obtenue grâce à une conception
mathématique précise des signaux, rendant possible une utilisation optimale du spectre
disponible.
Le regain d’intérêt pour l’OFDM ces dernières années s’explique principalement par ses
avantages en termes d’efficacité spectrale et de résistance aux effets de propagation dans les
canaux multipath. En effet, dans les environnements réels, les ondes radio subissent souvent
des réflexions, des diffractions et des diffusions, créant ainsi des versions retardées du signal
initial. Ces phénomènes peuvent entraîner des interférences destructrices si les signaux ne sont
pas correctement gérés. L’OFDM pallie ce problème en augmentant la durée des symboles
transmis, ce qui diminue significativement l’impact des délais introduits par les chemins
multiples.
Un autre avantage majeur de l’OFDM est sa simplicité d’implémentation grâce à la
Transformée de Fourier Rapide (FFT) et à sa version inverse (IFFT). Ces outils mathématiques
puissants permettent de convertir facilement les signaux temporels en domaines fréquentiels et
vice versa, facilitant ainsi la modulation et la démodulation des porteuses multiples. Cela a
permis une adoption massive de l’OFDM dans divers standards modernes de communication

32
CHAPITRE 2 L’OFDM COMME FONDEMENT DES COMMUNICATIONS MODERNES

sans fil tels que Wi-Fi (IEEE 802.11), LTE, 5G, et même dans les réseaux câblés comme DVB-
T pour la télévision numérique terrestre.
Dans ce chapitre, nous explorerons en détail l’historique, les principes fondamentaux, le
fonctionnement et les caractéristiques de l’OFDM. Nous examinerons également les avantages
et les défis associés à cette technologie, ainsi que son rôle crucial dans l’évolution vers les
formes d’onde avancées comme l’UFMC (Universal Filtered Multi-Carrier), qui fera l’objet du
chapitre suivant.

2.2 Historique de l’OFDM


L’histoire de la modulation multi-porteuse remonte à la fin des années 1950, lorsque les
chercheurs ont commencé à explorer des solutions pour optimiser la transmission de données à
haut débit. Cette section retrace les principales étapes ayant conduit au développement et à
l’adoption de l’OFDM comme technologie de référence dans les communications sans fil
modernes.
2.2.1 Les premiers pas (1950-1970) :
La genèse de l’OFDM débute à la fin des années 1950, lorsque les États-Unis ont exploré
pour la première fois la technologie multi-porteuse dans le cadre d’applications en haute
fréquence (HF). À cette époque, l’idée novatrice de transmettre un débit élevé en fragmentant
les données sur plusieurs porteuses modulées à des débits plus faibles a vu le jour.
En 1957, un premier modem HF utilisant une modulation 2-FSK sur 20 ou 40 voies
parallèles fut proposé. Ce système permettait d’émettre simultanément sur des fréquences
porteuses différentes, réduisant ainsi leur sensibilité aux effets du canal tout en atteignant un
débit binaire de 3 Kbit/s dans la bande de 0 à 3 kHz. Bien que cette approche ait été prometteuse,
elle souffrait d’un inconvénient majeur : l’encombrement spectral croissant lié au nombre élevé
de voies transmises en parallèle. Cette limitation a conduit au développement du modem
KINEPLEX, qui garantissait un bon débit tout en minimisant les erreurs de transmission (BER),
mais restait limité par son inefficacité spectrale 1.
Un tournant décisif fut marqué en 1966 avec la mise en évidence des conditions
d’orthogonalité entre les sous-porteuses. Cette avancée théorique permit de chevaucher les
spectres des différentes sous-porteuses sans interférence, optimisant ainsi l’utilisation de la

1
Weinstein, S. B., & Ebert, P. M. (1971). Data transmission by frequency-division multiplexing
using the discrete Fourier transform. IEEE transactions on communication technology, 19(5),
628-634.

33
CHAPITRE 2 L’OFDM COMME FONDEMENT DES COMMUNICATIONS MODERNES

bande passante. Les travaux publiés à cette époque incluaient plusieurs lemmes et théorèmes
définissant précisément les paramètres nécessaires pour assurer l’orthogonalité (formes d’onde,
espacement entre sous-porteuses, etc.). C’est à partir de ce moment que la terminologie
Orthogonal Frequency Division Multiplexing (OFDM) est apparue, désignant une forme
particulière de modulation multi-porteuse caractérisée par l’orthogonalité entre ses
composantes 1.
En 1968, des chercheurs américains développèrent le premier modem OFDM
opérationnel. Ce dispositif atteignait un débit total de 4800 bits/s avec une bande passante de 3
kHz, réparti sur 34 porteuses espacées de 82 Hz. L’étude de ce système mit en lumière
l’importance cruciale de la synchronisation (temporelle et fréquentielle) pour maintenir
l’orthogonalité entre les sous-porteuses. Malgré ces défis techniques, l’OFDM s’imposa comme
une solution robuste, offrant des performances supérieures aux modulations à porteuse unique
dans les canaux HF. En 1970, le premier brevet de modem OFDM fut déposé aux États-Unis,
marquant une étape importante dans sa reconnaissance industrielle.
2.2.2 Évolution et maturation (1970-1990) :
Au cours des années suivantes, de nombreux progrès furent réalisés. En 1979, un modem
OFDM pour la bande HF fut commercialisé, comprenant 48 sous-porteuses espacées de 45 Hz
et utilisant une modulation 32-QAM pour atteindre un débit de 9,6 Kbit/s. Ces avancées
confirmèrent l’efficacité de l’OFDM dans les applications HF, tout en introduisant des concepts
innovants tels que la vérification du critère de Nyquist, rendant superflu l’utilisation de filtres
complexes 2.
Dans les années 1980, alors que les projets de radiodiffusion numérique (DAB)
commençaient à émerger, l’intérêt pour les systèmes OFDM s’intensifia. En 1989, le CCETT
(Centre Commun d’Études de Télécommunications et Télédiffusion) basé à Rennes proposa un
système de transmission OFDM associé à un codage convolutif et un entrelacement. Cette
architecture permit de corriger les erreurs dues aux atténuations causées par les échos destructifs
du canal grâce aux informations transmises par des porteuses affectées par des échos
constructifs. Le système, appelé COFDM (C pour “Coding”), devint rapidement la référence

1
Nee, R. V., & Prasad, R. (2004). OFDM for wireless multimedia communications. Artech
House
2
Weinstein, S. B., & Ebert, P. M. (1971). Data transmission by frequency-division multiplexing
using the discrete Fourier transform. IEEE transactions on communication technology, 19(5),
628-634.

34
CHAPITRE 2 L’OFDM COMME FONDEMENT DES COMMUNICATIONS MODERNES

pour la radiodiffusion numérique DAB, permettant la diffusion d’un débit de 1,5 Mbit/s dans
une largeur de bande de 1,5 MHz vers des terminaux fixes ou mobiles.
2.2.3 Standardisation et adoption massive (1990-2010) :
En 1991, l’ETSI adopta officiellement l’OFDM comme modulation standard pour le
DAB, tandis que des recherches supplémentaires étaient menées pour la télévision numérique
DVB. En 1997, l’EBU retint également l’OFDM comme modulation pour le système DVB,
consolidant ainsi sa position comme technologie clé pour les applications de diffusion
numérique.
Parallèlement, l’OFDM trouva son chemin dans d’autres domaines, notamment l’ADSL,
où il permit des transmissions à haut débit (jusqu’à 8 Mbps) sur des paires torsadées en
exploitant pleinement son efficacité spectrale 1 .
Les années 1990 furent marquées par l’intégration de l’OFDM dans les standards sans fil.
En 1996, la société TELLA proposa l’OFDM pour le système de communication mobile
UMTS, ouvrant la voie à des interfaces radio basées sur l’OFDM pour le MC-CDMA. De 1999
à 2001, les normes WLAN IEEE 802.11a/g (Wi-Fi) et ETSI HiperLAN II adoptèrent également
l’OFDM comme spécification principale pour leur couche physique.
2.2.4 Évolution récente (2000 à aujourd’hui) :
En 2005, l’apparition du WiMAX (IEEE 802.16) offrit des débits théoriques allant
jusqu’à 80 Mbps avec une portée maximale de 50 km, tandis que le standard 802.11n introduisit
en 2006 la technique MIMO, permettant des débits allant jusqu’à 540 Mbps.
Début 2006, l’alliance WiMedia adopta l’OFDM pour les communications à très haut
débit (jusqu’à 480 Mbps) et à courte portée (10 m), basées sur la technologie Ultra Wide Band
(UWB). Ces avancées représentent aujourd’hui les nouvelles frontières des réseaux sans fil,
combinant efficacité spectrale, résilience aux interférences et flexibilité d’utilisation.
Plus récemment, l’OFDM a joué un rôle clé dans le développement des standards LTE et
5G. Dans le LTE, l’OFDM est utilisé dans le lien descendant, tandis que le SC-FDMA (Single
Carrier Frequency Division Multiple Access), une variante de l’OFDM, est utilisé dans le lien
montant pour réduire le PAPR (Peak-to-Average Power Ratio). Dans la 5G, une version
modifiée de l’OFDM appelée CP-OFDM (Cyclic Prefix OFDM) est utilisée pour le lien

1
Nee, R. V., & Prasad, R. (2004). OFDM for wireless multimedia communications. Artech
House.

35
CHAPITRE 2 L’OFDM COMME FONDEMENT DES COMMUNICATIONS MODERNES

descendant, tandis que des formes d’onde dérivées comme l’UFMC sont envisagées pour le
lien montant et certaines applications spécifiques.
Ainsi, l’historique de l’OFDM reflète une évolution continue depuis ses premières étapes
expérimentales jusqu’à son adoption massive dans les standards modernes de communication.
Sa capacité à répondre aux défis posés par les canaux multipath, les exigences en large bande
passante et les contraintes spectrales en fait une technologie incontournable dans les
infrastructures de communication actuelles et futures 1.

2.3 Principes fondamentaux de l’OFDM


Pour comprendre pleinement la technologie OFDM, il est essentiel d’explorer ses
principes fondamentaux, incluant les concepts de modulation multi-porteuse, d’orthogonalité
et d’efficacité spectrale.
2.3.1 Concept de modulation multi-porteuse :
La modulation multi-porteuse est une technique de transmission qui consiste à diviser un
flux de données à haut débit en plusieurs flux parallèles à bas débit, chacun modulé sur une
sous-porteuse distincte. Cette approche présente plusieurs avantages par rapport aux techniques
de modulation à porteuse unique.
Dans les systèmes traditionnels de transmission de données en série, les symboles sont
transmis en séquence, et le spectre de chaque élément de données est autorisé à occuper toute
la bande passante disponible 2. Cette approche devient problématique lorsque le canal de
transmission présente des caractéristiques de sélectivité en fréquence, c’est-à-dire que certaines
fréquences sont plus atténuées que d’autres. Dans un tel scénario, les symboles transmis
peuvent subir des distorsions importantes, rendant la récupération de l’information difficile.
En revanche, dans un système multi-porteuse, le signal à large bande est divisé en
plusieurs signaux à bande étroite. Chaque sous-porteuse occupe une petite portion de la bande
passante totale, ce qui réduit considérablement la probabilité qu’une sous-porteuse soit affectée
par un évanouissement sélectif en fréquence. De plus, la durée du symbole sur chaque sous-
porteuse est plus longue, ce qui diminue la sensibilité aux interférences inter-symboles causées
par les trajets multiples du canal.

1
Weinstein, S. B., & Ebert, P. M. (1971). Data transmission by frequency-division multiplexing
using the discrete Fourier transform. IEEE transactions on communication technology, 19(5),
628-634.
2
Chang, R. W. (1966). Synthesis of band-limited orthogonal signals for multichannel data
transmission. Bell System Technical Journal, 45(10), 1775-1796.

36
CHAPITRE 2 L’OFDM COMME FONDEMENT DES COMMUNICATIONS MODERNES

Figure 5: Principe d’OFDM 1

2.3.2 Orthogonalité des sous-porteuses :


L’un des aspects les plus innovants de l’OFDM est l’utilisation de sous-porteuses
orthogonales. L’orthogonalité est une propriété mathématique qui garantit que, lorsque le
produit intégral de deux fonctions est calculé sur un intervalle donné, le résultat est nul. En
termes mathématiques, deux fonctions f(t) et g(t) sont orthogonales sur l’intervalle [𝑎, 𝑏] si :
𝑏
∫ 𝑓 (𝑡) ⋅ 𝑔(𝑡)𝑑𝑡 = 0
𝑎

Dans le contexte de l’OFDM, cette propriété est fondamentale car elle permet de faire se
chevaucher les spectres des sous-porteuses adjacentes sans créer d’interférences entre elles. Les
sous-porteuses sont espacées de manière à ce que, lorsqu’une sous-porteuse atteint son
amplitude maximale, toutes les autres sous-porteuses passent par zéro à ce même instant. Cette
caractéristique est illustrée dans la figure suivante :

1
Nee, R. V., & Prasad, R. (2004). OFDM for wireless multimedia communications. Artech
House.

37
CHAPITRE 2 L’OFDM COMME FONDEMENT DES COMMUNICATIONS MODERNES

Figure 6: Spectre du signal OFDM pour 8 porteuses.

Comme on peut l’observer sur la figure 2.2, lorsque le spectre d’une sous-porteuse atteint
son maximum, les spectres de toutes les autres sous-porteuses sont nuls à cette fréquence
précise. Cette propriété permet une utilisation très efficace du spectre disponible tout en
éliminant les interférences entre sous-porteuses.
Pour atteindre cette orthogonalité, la fréquence de chaque sous-porteuse dans un système
OFDM est choisie de manière à ce que l’écart entre deux sous-porteuses adjacentes soit
exactement égal à l’inverse de la durée d’un symbole (1/𝑇𝑢). Mathématiquement, cela se
traduit par:
𝑘
𝑓𝑘 = 𝑓0 +
𝑇𝑠
où:
- 𝑓𝑘 est la fréquence de la k-ième sous-porteuse
- 𝑓0 est la fréquence de la première sous-porteuse
- 𝑇𝑠 est la durée du symbole
- 𝑘 est l’indice de la sous-porteuse (0, 1, 2, … , 𝑁 − 1)
Cette relation garantit que, sur la durée d’un symbole, chaque sous-porteuse effectue un
nombre entier de cycles, et le nombre de cycles diffère exactement d’une unité entre deux sous-
porteuses adjacentes.
38
CHAPITRE 2 L’OFDM COMME FONDEMENT DES COMMUNICATIONS MODERNES

2.3.3 Efficacité spectrale et résistance aux canaux multipath :


L’efficacité spectrale est une mesure de la quantité d’information qui peut être transmise
dans une bande passante donnée. Dans les systèmes conventionnels, pour éviter les
interférences entre canaux adjacents, il est nécessaire de maintenir des bandes de garde entre
les canaux, ce qui réduit l’efficacité spectrale.
L’OFDM, grâce à l’orthogonalité de ses sous-porteuses, permet de s’affranchir de cette
contrainte en autorisant le chevauchement des spectres des sous-porteuses. Cette caractéristique
peut améliorer l’efficacité spectrale jusqu’à 50% par rapport aux systèmes traditionnels à
porteuse unique.
Par ailleurs, l’OFDM présente une excellente résistance aux effets des canaux multipath.
Dans un environnement de propagation réel, le signal émis peut emprunter plusieurs chemins
pour atteindre le récepteur, en raison des réflexions, des diffractions et des diffusions causées
par différents obstacles. Ces trajets multiples entraînent l’arrivée de versions décalées dans le
temps du signal émis, ce qui peut causer des interférences inter-symboles (ISI) significatives.
L’OFDM résout ce problème grâce à deux mécanismes principaux :
Allongement de la durée du symbole : En divisant le flux de données en N sous-flux
parallèles, la durée du symbole sur chaque sous-porteuse est N fois plus longue que celle d’un
système à porteuse unique équivalent. Cela réduit proportionnellement la sensibilité aux délais
introduits par les trajets multiples.
Utilisation d’un intervalle de garde : Un intervalle de garde (ou préfixe cyclique) est
inséré au début de chaque symbole OFDM. Tant que la durée maximale de l’étalement des
retards du canal est inférieure à celle de l’intervalle de garde, les interférences inter-symboles
peuvent être complètement éliminées.
Ces caractéristiques font de l’OFDM une technologie particulièrement adaptée aux
environnements de propagation difficiles et aux applications nécessitant de hauts débits de
transmission.

2.4 Fonctionnement de l’OFDM


Après avoir présenté les principes théoriques de l’OFDM, cette section se concentre sur
les aspects pratiques de son fonctionnement, en détaillant les processus de modulation et de
démodulation, ainsi que son implémentation numérique.
2.4.1 Types de modulation numérique utilisés avec l’OFDM :
Avant d’entrer dans les détails du processus de modulation OFDM, il est important de
comprendre les différents types de modulation numérique qui peuvent être utilisés pour coder
39
CHAPITRE 2 L’OFDM COMME FONDEMENT DES COMMUNICATIONS MODERNES

les bits d’information sur chaque sous-porteuse. Les trois principales techniques de modulation
utilisées sont :
2.4.1.1 Modulation de phase BPSK (Binary Phase-Shift Keying) :
La BPSK est une forme simple de modulation numérique qui encode un bit par symbole.
Elle utilise deux phases différentes de la porteuse, généralement séparées de 180°, pour
représenter les valeurs binaires 0 et 1. Cette modulation offre une excellente résistance au bruit
et aux interférences, mais au prix d’une efficacité spectrale limitée.

Figure 7: Modulation BPSK 1

2.4.1.2 Modulation QPSK (Quadrature Phase-Shift Keying):


La QPSK est une extension de la BPSK qui encode deux bits par symbole. Elle utilise
quatre phases différentes de la porteuse, généralement séparées de 90°, pour représenter les
quatre combinaisons possibles de deux bits (00, 01, 10, 11). Cette modulation double
l’efficacité spectrale par rapport à la BPSK, tout en maintenant une bonne résistance au bruit.

1
Weinstein, S. B., & Ebert, P. M. (1971). Data transmission by frequency-division multiplexing
using the discrete Fourier transform. IEEE transactions on communication technology, 19(5),
628-634.

40
CHAPITRE 2 L’OFDM COMME FONDEMENT DES COMMUNICATIONS MODERNES

Figure 8: Modulation QPSK

2.4.1.3 Modulation QAM (Quadrature Amplitude Modulation) :


La QAM est une forme avancée de modulation qui combine à la fois la modulation
d’amplitude et la modulation de phase. Elle permet d’encoder plusieurs bits par symbole,
généralement 4, 6, ou 8 bits pour les variantes 16-QAM, 64-QAM, et 256-QAM
respectivement. Cette modulation offre une efficacité spectrale élevée, mais au prix d’une plus
grande sensibilité au bruit et aux distorsions du canal.

Figure 9: Constellation de la modulation QAM-16


Le choix de la technique de modulation dépend des exigences spécifiques de
l’application, telles que le débit de données souhaité, la qualité du canal de transmission, et la
résistance aux interférences requise. Dans les systèmes OFDM adaptatifs, différentes sous-
porteuses peuvent utiliser différents schémas de modulation en fonction des conditions du
canal.

41
CHAPITRE 2 L’OFDM COMME FONDEMENT DES COMMUNICATIONS MODERNES

2.4.2 Principe de modulation OFDM :


La modulation OFDM consiste à répartir les données à transmettre sur un ensemble de N
sous-porteuses orthogonales. Chaque symbole de données module une sous-porteuse
spécifique. Le signal OFDM résultant est la somme de tous ces signaux modulés
individuellement.
Mathématiquement, si nous notons 𝐶𝑘 le symbole de données à transmettre sur la k-ième
sous-porteuse, le signal OFDM s(t) pendant la durée d’un symbole peut être exprimé comme:
𝑁−1

𝑠(𝑡) = ∑ 𝐶𝑘 𝑒 𝑗2𝜋𝑓𝑘𝑡
𝑘=0
𝑘
où 𝑓𝑘 = 𝑓0 + 𝑇 est la fréquence de la k-ième sous-porteuse, 𝑇𝑠 est la durée du symbole
𝑠

OFDM, et N est le nombre total de sous-porteuses.


En substituant l’expression de 𝑓𝑘 , nous obtenons:
𝑁−1
𝑘
𝑗2𝜋[𝑓0 + ]𝑡
𝑠 (𝑡) = ∑ 𝐶𝑘 𝑒 𝑇𝑠

𝑘=0

Le schéma de principe d’un modulateur OFDM classique est présenté ci-dessous:

Figure 10: Schéma de principe d’un modulateur OFDM

2.4.3 Principe de démodulation OFDM


À la réception, le signal OFDM est démodulé pour récupérer les symboles de données
originaux. En supposant un canal de transmission avec une fonction de transfert 𝐻𝑘 (𝑡) pour la
k-ième sous-porteuse, le signal reçu 𝑦(𝑡) peut être exprimé comme:
𝑁−1
𝑘
𝑗2𝜋(𝑓0 + )𝑡
𝑦(𝑡) = ∑ 𝐶𝑘 𝐻𝑘 (𝑡)𝑒 𝑇𝑠

𝑘=0

Pour récupérer le symbole 𝐶𝑘 transmis sur la k-ième sous-porteuse, le récepteur multiplie


le signal reçu par 𝑒 −𝑗2𝜋𝑓𝑘𝑡 et intègre le résultat sur la durée du symbole. Grâce à l’orthogonalité

42
CHAPITRE 2 L’OFDM COMME FONDEMENT DES COMMUNICATIONS MODERNES

des sous-porteuses, cette opération permet d’isoler le symbole 𝐶𝑘 sans interférence des autres
sous-porteuses.
Le schéma de principe d’un démodulateur OFDM classique est présenté ci-dessous:

Figure 11: Schéma de principe du démodulateur OFDM

2.4.4 Implémentation numérique de l’OFDM


Dans les systèmes de communication modernes, l’OFDM est généralement implémenté
numériquement à l’aide de processeurs de signal numérique (DSP) ou de circuits intégrés
spécifiques (ASIC). Cette implémentation numérique présente plusieurs avantages, notamment
la possibilité d’ajouter des codes correcteurs d’erreurs pour protéger le signal contre les
perturbations du canal de transmission.
2.4.4.1 Implémentation numérique du modulateur :
Dans le domaine numérique, la modulation OFDM est réalisée en utilisant la Transformée
de Fourier Discrète Inverse (IDFT). Pour un symbole OFDM comprenant N sous-porteuses, le
signal temporel discret 𝑠(𝑛) est donné par:
𝑁−1
𝑘𝑛
𝑠(𝑛) = ∑ 𝐶𝑘 𝑒 𝑗2𝜋 𝑁 , 𝑛 = 0,1, . . . , 𝑁 − 1
𝑘=0

Cette expression correspond exactement à la Transformée de Fourier Discrète Inverse


(IDFT) des symboles de données 𝐶𝑘 . En pratique, l’IDFT est implémentée efficacement à l’aide
de l’algorithme de Transformée de Fourier Rapide Inverse (IFFT), surtout lorsque N est une
puissance de 2.

43
CHAPITRE 2 L’OFDM COMME FONDEMENT DES COMMUNICATIONS MODERNES

Le schéma d’un modulateur OFDM numérique est présenté ci-dessous:

Figure 12: Modulateur OFDM numérique


Comme on peut le voir, le flux de données série est d’abord converti en flux parallèle,
puis chaque groupe de bits est mappé sur un symbole de la constellation choisie (BPSK, QPSK,
QAM, etc.). Ces symboles sont ensuite traités par l’IFFT pour générer le signal OFDM dans le
domaine temporel. Après l’ajout du préfixe cyclique (intervalle de garde), le signal est converti
en analogique et transmis sur le canal.
2.4.4.2 Implémentation numérique du démodulateur :
À la réception, le processus inverse est appliqué. Le signal analogique reçu est d’abord
échantillonné et converti en signal numérique. Après la suppression du préfixe cyclique, la
Transformée de Fourier Discrète (DFT) est appliquée pour convertir le signal du domaine
temporel au domaine fréquentiel. En pratique, la DFT est implémentée efficacement à l’aide de
l’algorithme de Transformée de Fourier Rapide (FFT).
Le signal discret reçu dans le domaine temporel y(n) est lié aux symboles transmis par:
𝑁−1
𝑘𝑛
𝑦(𝑛) = ∑ 𝐶𝑘 𝐻𝑘 𝑒 𝑗2𝜋 𝑁 , 𝑛 = 0,1, . . . , 𝑁 − 1
𝑘=0

où 𝐻𝑘 est la réponse fréquentielle du canal pour la k-ième sous-porteuse.


En appliquant la FFT à y(n), nous obtenons:
𝑌(𝑘) = 𝐶𝑘 𝐻𝑘 , 𝑘 = 0,1, . . . , 𝑁 − 1
Une simple égalisation peut ensuite être appliquée pour récupérer les symboles de
données originaux:
𝑌 (𝑘 )
𝐶̂𝑘 = , 𝑘 = 0,1, . . . , 𝑁 − 1
𝐻𝑘

44
CHAPITRE 2 L’OFDM COMME FONDEMENT DES COMMUNICATIONS MODERNES

Le schéma d’un démodulateur OFDM numérique est présenté ci-dessous:

Figure 13: Démodulateur OFDM numérique.

2.4.5 L’intervalle de garde et le préfixe cyclique


Un aspect essentiel du fonctionnement de l’OFDM est l’utilisation d’un intervalle de
garde entre les symboles consécutifs. Cet intervalle de garde, généralement implémenté sous
forme de préfixe cyclique, joue un rôle crucial dans l’élimination des interférences inter-
symboles (ISI) causées par les trajets multiples du canal.
La durée totale d’un symbole OFDM, notée 𝑇𝑠 , est composée de la durée utile du symbole
𝑇𝑢 (pendant laquelle les données sont effectivement transmises) et de la durée de l’intervalle de
garde 𝛥:
𝑇𝑠 = 𝑇𝑢 + 𝛥
Pour que l’intervalle de garde soit efficace, sa durée doit être au moins égale à l’écho non
négligeable le plus long, c’est-à-dire au retard maximal introduit par les trajets multiples du
canal 1.
Le préfixe cyclique est créé en copiant la fin du symbole OFDM et en la plaçant au début
du symbole. Cette approche présente plusieurs avantages:
Élimination des ISI: Tant que la durée du préfixe cyclique est supérieure à l’étalement
maximal des retards du canal, les interférences inter-symboles sont complètement éliminées.
Préservation de l’orthogonalité: Le préfixe cyclique transforme la convolution linéaire du
signal avec la réponse impulsionnelle du canal en une convolution circulaire. Cette propriété
permet de maintenir l’orthogonalité entre les sous-porteuses même en présence de trajets
multiples, éliminant ainsi les interférences inter-porteuses (ICI).

1
Schmidl, T. M., & Cox, D. C. (1997). Robust frequency and timing synchronization for
OFDM. IEEE transactions on communications, 45(12), 1613-1621.

45
CHAPITRE 2 L’OFDM COMME FONDEMENT DES COMMUNICATIONS MODERNES

Facilité de synchronisation: Le préfixe cyclique facilite la synchronisation temporelle au


niveau du récepteur.
Cependant, l’utilisation du préfixe cyclique a aussi un coût en termes d’efficacité
spectrale, puisqu’il introduit une redondance dans le signal transmis. Le rapport entre la durée
utile du symbole et la durée totale, 𝑇𝑢 /𝑇𝑠 représente l’efficacité du système OFDM en termes
d’utilisation du temps de transmission. Plus ce rapport est proche de 1, plus le système est
efficace. En pratique, la durée du préfixe cyclique est généralement choisie comme un
compromis entre la robustesse contre les trajets multiples et l’efficacité spectrale.
Pour illustrer l’effet du préfixe cyclique, considérons la figure suivante:

Figure 14: Principe du préfixe cyclique dans un symbole OFDM.


L’ajout du préfixe cyclique permet de transformer la convolution linéaire en convolution
circulaire, ce qui présente un avantage majeur: dans le domaine fréquentiel, une convolution
circulaire dans le domaine temporel devient une simple multiplication. Cela simplifie
considérablement l’égalisation du canal au niveau du récepteur 1.

2.5 Avantages et défis de l’OFDM


L’OFDM présente de nombreux avantages qui expliquent son adoption massive dans les
standards de communication modernes. Cependant, cette technologie n’est pas sans défis, et
plusieurs aspects critiques doivent être maîtrisés pour garantir des performances optimales.

1
Zou, W. Y., & Wu, Y. (1995). COFDM: An overview. IEEE transactions on broadcasting,
41(1), 1-8.

46
CHAPITRE 2 L’OFDM COMME FONDEMENT DES COMMUNICATIONS MODERNES

2.5.1 Avantages de l’OFDM


2.5.1.1 Résistance aux canaux sélectifs en fréquence :
L’un des principaux avantages de l’OFDM est sa robustesse face aux canaux sélectifs en
fréquence. Dans un système à porteuse unique, l’ensemble de la bande de fréquence est affecté
par les évanouissements du canal, ce qui peut entraîner une perte totale de l’information
transmise. En revanche, dans un système OFDM, seule une fraction des sous-porteuses est
affectée par un évanouissement localisé en fréquence. Grâce aux techniques de codage canal et
d’entrelacement, l’information transportée par ces sous-porteuses peut être récupérée à partir
des sous-porteuses non affectées, assurant ainsi une transmission fiable même dans des
conditions de propagation difficiles 1.
2.5.1.2 Simplicité d’égalisation :
Dans les systèmes à porteuse unique, l’égalisation du canal nécessite des filtres complexes
dont les coefficients doivent être adaptés en permanence aux variations du canal. En revanche,
dans un système OFDM, l’égalisation est beaucoup plus simple car elle se fait dans le domaine
fréquentiel, où chaque sous-porteuse peut être égalisée indépendamment par une simple
multiplication complexe. Cette approche réduit considérablement la complexité du récepteur.
2.5.1.3 Efficacité spectrale élevée :
Contrairement aux systèmes conventionnels qui nécessitent des bandes de garde entre
canaux adjacents, l’OFDM autorise le chevauchement des spectres des sous-porteuses tout en
évitant les interférences grâce à l’orthogonalité. Cette caractéristique permet d’atteindre une
efficacité spectrale théorique proche de la limite de Shannon pour les canaux à bande limitée et
bruit blanc additif gaussien (AWGN).
2.5.1.4 Flexibilité d’adaptation aux conditions du canal :
L’OFDM offre une grande flexibilité pour s’adapter aux conditions variables du canal.
Par exemple, dans les systèmes OFDM adaptatifs, l’ordre de modulation et le taux de codage
peuvent être ajustés individuellement pour chaque sous-porteuse en fonction de son rapport
signal sur bruit (SNR). Les sous-porteuses avec un bon SNR peuvent utiliser des modulations
d’ordre élevé (comme la 64-QAM) pour maximiser le débit, tandis que celles avec un faible

1
Wang, Z., & Giannakis, G. B. (2000). Wireless multicarrier communications. IEEE Signal
Processing Magazine, 17(3), 29-48.

47
CHAPITRE 2 L’OFDM COMME FONDEMENT DES COMMUNICATIONS MODERNES

SNR peuvent utiliser des modulations plus robustes (comme la BPSK) ou être complètement
désactivées 1.
2.5.2 Défis et limitations de l’OFDM
2.5.2.1 Sensibilité aux erreurs de synchronisation :
L’OFDM est particulièrement sensible aux erreurs de synchronisation, tant au niveau
temporel que fréquentiel:
Synchronisation temporelle: Si le récepteur ne détermine pas correctement le début de
chaque symbole OFDM, des interférences inter-symboles peuvent apparaître. Bien que le
préfixe cyclique offre une certaine tolérance aux erreurs de synchronisation temporelle, une
erreur trop importante peut entraîner une dégradation significative des performances.
Synchronisation fréquentielle: L’OFDM est extrêmement sensible aux décalages de
fréquence entre l’émetteur et le récepteur. Un tel décalage détruit l’orthogonalité entre les sous-
porteuses, provoquant des interférences inter-porteuses (ICI). Même un décalage de fréquence
relativement faible peut entraîner une dégradation importante des performances 2.
2.5.2.2 Problème du rapport puissance crête sur puissance moyenne (PAPR) :
Un inconvénient majeur de l’OFDM est son rapport puissance crête sur puissance
moyenne (PAPR - Peak-to-Average Power Ratio) élevé. En effet, la somme des 𝑁 sous-
porteuses modulées indépendamment peut conduire à des pics de puissance instantanée très
élevés par rapport à la puissance moyenne du signal. Ce phénomène est particulièrement
problématique pour les amplificateurs de puissance, qui doivent maintenir une grande linéarité
sur une large plage dynamique pour éviter les distorsions non linéaires.
Mathématiquement, le PAPR d’un signal OFDM 𝑠(𝑡) peut être défini comme:
max |𝑠(𝑡)|2
0≤𝑡<𝑇𝑠
𝑃𝐴𝑃𝑅 =
𝐸 [|𝑠(𝑡)|2 ]
où 𝐸 [|𝑠(𝑡)|2 ] représente la puissance moyenne du signal.

1
Cimini, L. (1985). Analysis and simulation of a digital mobile channel using orthogonal
frequency division multiplexing. IEEE transactions on communications, 33(7), 665-675.
2
Schmidl, T. M., & Cox, D. C. (1997). Robust frequency and timing synchronization for
OFDM. IEEE transactions on communications, 45(12), 1613-1621.

48
CHAPITRE 2 L’OFDM COMME FONDEMENT DES COMMUNICATIONS MODERNES

Pour un système OFDM avec 𝑁 sous-porteuses, le PAPR maximal théorique est de 𝑁, ce


qui peut être prohibitif pour certaines applications, notamment dans les terminaux mobiles où
l’efficacité énergétique est cruciale 1.
2.5.2.3 Sensibilité à l’effet Doppler
Dans les scénarios de mobilité élevée, l’effet Doppler peut provoquer des variations
rapides du canal, entraînant une perte d’orthogonalité entre les sous-porteuses. Ce phénomène,
connu sous le nom d’interférence inter-porteuse (ICI), peut dégrader significativement les
performances des systèmes OFDM dans les environnements à forte mobilité.
L’impact de l’effet Doppler dépend principalement du produit du décalage Doppler
maximal 𝑓𝑑 par la durée du symbole OFDM 𝑇𝑠 . Plus ce produit est élevé, plus les performances
sont dégradées. Pour maintenir de bonnes performances dans des scénarios de mobilité élevée,
il est souvent nécessaire de réduire la durée du symbole OFDM, ce qui implique d’augmenter
l’espacement entre les sous-porteuses et donc de réduire l’efficacité spectrale 2.
2.5.2.4 Fuites spectrales (sidelobes)
Le spectre de chaque sous-porteuse OFDM présente des lobes secondaires qui s’étendent
bien au-delà de sa fréquence centrale. Ces lobes secondaires, bien que d’amplitude relativement
faible, peuvent causer des interférences avec les systèmes opérant dans les bandes adjacentes.
Dans les applications où la coexistence avec d’autres systèmes est cruciale, il est nécessaire de
mettre en œuvre des techniques de réduction des lobes secondaires, telles que le fenêtrage
temporel ou l’insertion de sous-porteuses de garde, ce qui réduit l’efficacité spectrale 3.

2.6 Applications actuelles de l’OFDM


L’OFDM a trouvé des applications dans de nombreux domaines des télécommunications,
de la diffusion numérique aux réseaux sans fil à haut débit. Cette section présente les principales
applications actuelles de cette technologie.

1
Tellado, J. (2006). Multicarrier modulation with low PAR: applications to DSL and wireless.
Springer Science & Business Media.
2
Robertson, P., & Kaiser, S. (1999). The effects of Doppler spreads in OFDM (A) mobile radio
systems. In IEEE VTS 50th Vehicular Technology Conference (Vol. 1, pp. 329-333).
3
Sahin, A., Guvenc, I., & Arslan, H. (2013). A survey on multicarrier communications:
Prototype filters, lattice structures, and implementation aspects. IEEE Communications
Surveys & Tutorials, 16(3), 1312-1338.

49
CHAPITRE 2 L’OFDM COMME FONDEMENT DES COMMUNICATIONS MODERNES

2.6.1 Diffusion numérique


2.6.1.1 Radio numérique (DAB/DAB+)
Le Digital Audio Broadcasting (DAB) a été l’une des premières applications
commerciales de l’OFDM. Ce standard européen de radiodiffusion numérique, adopté en 1995,
utilise l’OFDM pour transmettre plusieurs programmes radio dans un même multiplex. Le DAB
opère dans la bande III (174–240 MHz) et la bande L (1452–1492 MHz), avec une largeur de
bande de 1,5 MHz permettant un débit de données d’environ 1,5 Mbit/s. Le DAB+ est une
évolution du DAB qui utilise le codec audio AAC+ pour une meilleure qualité sonore à des
débits plus faibles 1.
2.6.1.2 Télévision numérique terrestre (DVB-T/DVB-T2)
Le Digital Video Broadcasting — Terrestrial (DVB-T) est le standard européen de
télévision numérique terrestre. Adopté en 1997, il utilise l’OFDM avec 2k ou 8k sous-porteuses
pour transmettre plusieurs chaînes de télévision dans un multiplex de 8 MHz. DVB-T2, la
seconde génération de ce standard, améliore l’efficacité spectrale de 30 à 50% par rapport à
DVB-T en introduisant des fonctionnalités avancées telles que le LDPC (Low-Density Parity-
Check) et le BCH (Bose-Chaudhuri-Hocquenghem) pour le codage canal, ainsi que des
constellations plus denses (jusqu’à 256-QAM) 2.
2.6.2 Réseaux sans fil
2.6.2.1 Wi-Fi (𝑰𝑬𝑬𝑬 𝟖𝟎𝟐. 𝟏𝟏𝒂/𝒈/𝒏/𝒂𝒄/𝒂𝒙)
L’OFDM est au cœur des standards Wi-Fi modernes, à commencer par IEEE 802.11a
(1999) qui opère dans la bande des 5 GHz et IEEE 802.11g (2003) qui opère dans la bande des
2,4 GHz. Ces standards utilisent 52 sous-porteuses OFDM (48 pour les données et 4 pour les
pilotes) avec une largeur de bande de 20 MHz, permettant des débits allant jusqu’à 54 Mbit/s.
Les évolutions ultérieures, comme IEEE 802.11n (2009), ont introduit la technologie
MIMO (Multiple-Input Multiple-Output) en combinaison avec l’OFDM, permettant des débits
théoriques allant jusqu’à 600 Mbit/s. IEEE 802.11ac (2013) a étendu ces capacités avec des
canaux plus larges (jusqu’à 160 MHz), des constellations plus denses (jusqu’à 256-QAM) et
jusqu’à 8 flux spatiaux, permettant des débits théoriques dépassant 6,9 Gbit/s.

1
Hoeg, W., & Lauterbach, T. (Eds.). (2009). Digital audio broadcasting: principles and
applications of DAB, DAB+ and DMB. John Wiley & Sons.
2
Reimers, U. (2006). DVB-T: the COFDM-based system for terrestrial television. Electronics
& communication engineering journal, 9(1), 28-32.

50
CHAPITRE 2 L’OFDM COMME FONDEMENT DES COMMUNICATIONS MODERNES

Le standard le plus récent, IEEE 802.11ax (Wi-Fi 6), utilise une version améliorée de
l’OFDM appelée OFDMA (Orthogonal Frequency Division Multiple Access), qui permet
d’allouer des groupes de sous-porteuses (appelés Resource Units) à différents utilisateurs,
optimisant ainsi l’efficacité du système dans les environnements denses 1
2.6.2.2 WiMAX (IEEE 802.16)
Le Worldwide Interoperability for Microwave Access (WiMAX), basé sur le standard
IEEE 802.16, utilise l’OFDM pour fournir un accès sans fil à haut débit sur de longues
distances. La version fixe du WiMAX (IEEE 802.16d) utilise 256 sous-porteuses OFDM, tandis
que la version mobile (IEEE 802.16e) utilise l’OFDMA avec un nombre variable de sous-
porteuses (512, 1024, ou 2048) pour s’adapter aux différentes largeurs de bande (de 1,25 à 20
MHz) 2.
2.6.3 Communications mobiles 4G et 5G
2.6.3.1 LTE et LTE-Advanced
Le Long Term Evolution (LTE), également connu sous le nom de 4G, utilise l’OFDM
dans le lien descendant et le SC-FDMA (Single Carrier Frequency Division Multiple Access),
une variante de l’OFDM, dans le lien montant. Le LTE emploie une structure de trame flexible
avec un espacement de sous-porteuses de 15 kHz et un nombre variable de sous-porteuses (72
à 1200) en fonction de la largeur de bande du canal (1,4 à 20 MHz). Cette approche permet des
débits théoriques allant jusqu’à 300 Mbit/s en lien descendant et 75 Mbit/s en lien montant dans
la configuration maximale.
LTE-Advanced, une évolution du LTE, introduit des fonctionnalités avancées telles que
l’agrégation de porteuses (permettant d’utiliser jusqu’à 5 bandes de 20 MHz simultanément),
le MIMO avancé (jusqu’à 8x8) et les relais, portant les débits théoriques à 1 Gbit/s en lien
descendant 3.
2.6.3.2 5G NR (New Radio)
La 5G NR utilise une forme d’OFDM similaire à celle du LTE, mais avec une flexibilité
beaucoup plus grande pour s’adapter à une large gamme d’applications et de scénarios de

1
Perahia, E., & Stacey, R. (2013). Next generation wireless LANs: 802.11 n and 802.11 ac.
Cambridge university press.
2
Andrews, J. G., Ghosh, A., & Muhamed, R. (2007). Fundamentals of WiMAX: understanding
broadband wireless networking. Pearson Education.
3
Dahlman, E., Parkvall, S., & Skold, J. (2013). 4G: LTE/LTE-advanced for mobile broadband.
Academic press.

51
CHAPITRE 2 L’OFDM COMME FONDEMENT DES COMMUNICATIONS MODERNES

déploiement. La 5G NR prend en charge plusieurs espacements de sous-porteuses (15,


30, 60, 120, et 240 kHz) et des largeurs de bande allant jusqu’à 400 MHz, permettant des débits
théoriques dépassant 20 Gbit/s.
Dans le lien montant, la 5G NR utilise soit l’OFDM conventionnel, soit le CP-OFDM
(Cyclic Prefix OFDM), soit le DFT-s-OFDM (Discrete Fourier Transform spread OFDM,
similaire au SC-FDMA) en fonction des exigences spécifiques de l’application en termes de
débit, de latence et d’efficacité énergétique 1.

2.7 Limitations et évolutions de l’OFDM


Malgré ses nombreux avantages et son adoption généralisée, l’OFDM présente certaines
limitations qui deviennent particulièrement contraignantes dans le contexte des
communications sans fil de nouvelle génération. Cette section examine ces limitations et
introduit les évolutions récentes visant à les surmonter.
2.7.1 Limitations de l’OFDM pour les communications de nouvelle génération :
2.7.1.1 Efficacité énergétique limitée :
Comme mentionné précédemment, le PAPR élevé de l’OFDM constitue un défi majeur
pour l’efficacité énergétique des émetteurs. Dans les terminaux mobiles, où la consommation
d’énergie est un paramètre critique, ce problème est particulièrement contraignant. Bien que
diverses techniques de réduction du PAPR aient été proposées, elles impliquent souvent des
compromis en termes de complexité, d’efficacité spectrale ou de performances 2.
2.7.1.2 Synchronisation et overhead :
Les exigences strictes en matière de synchronisation temporelle et fréquentielle de
l’OFDM nécessitent l’utilisation de symboles pilotes et de séquences d’apprentissage, ce qui
augmente les overheads du système. De plus, le préfixe cyclique, bien qu’essentiel pour
éliminer les interférences inter-symboles, représente également une perte d’efficacité spectrale
pouvant atteindre 25% dans certains cas 3.

1
Dahlman, E., Parkvall, S., & Skold, J. (2018). 5G NR: The next generation wireless access
technology. Academic Press.
2
Li, X., & Cimini, L. J. (1998). Effects of clipping and filtering on the performance of OFDM.
IEEE Communications Letters, 2(5), 131-133.
3
Wu, S., & Bar-Ness, Y. (2004). OFDM systems in the presence of phase noise: consequences
and solutions. IEEE Transactions on Communications, 52(11), 1988-1996.

52
CHAPITRE 2 L’OFDM COMME FONDEMENT DES COMMUNICATIONS MODERNES

2.7.1.3 Lobes secondaires et interférences hors bande


Les lobes secondaires élevés du spectre OFDM peuvent causer des interférences
significatives dans les bandes adjacentes. Ce problème est particulièrement critique dans les
scénarios où différents services doivent coexister dans des bandes contiguës, comme dans les
cas d’accès dynamique au spectre ou de communications device-to-device (D2D) 1.
2.7.1.4 Exigences des applications 5G et au-delà :
Les applications envisagées pour la 5G et les générations futures de communications sans
fil imposent des exigences sans précédent en termes de débit, de latence, de densité de
connexion et d’efficacité énergétique. Par exemple, les communications de type machine (MTC
- Machine Type Communications) nécessitent une efficacité énergétique extrêmement élevée
pour des appareils fonctionnant sur batterie pendant plusieurs années, tandis que les
applications en temps réel comme la réalité virtuelle ou la conduite autonome exigent une
latence ultra-faible. L’OFDM conventionnel peut se révéler insuffisant pour répondre
simultanément à toutes ces exigences 2.
2.7.2 Évolutions récentes de l’OFDM :
Pour surmonter les limitations de l’OFDM conventionnel, plusieurs variantes et formes
d’onde alternatives ont été proposées ces dernières années. Ces évolutions visent à conserver
les avantages fondamentaux de l’OFDM tout en améliorant ses points faibles.
2.7.2.1 FBMC (Filter Bank Multi-Carrier):
Le FBMC remplace le préfixe cyclique de l’OFDM par un filtrage par sous-porteuse,
permettant une meilleure localisation spectrale et donc une réduction significative des
interférences hors bande. Cette approche améliore l’efficacité spectrale en éliminant le besoin
de préfixe cyclique, mais au prix d’une complexité accrue et d’une perte d’orthogonalité dans
le domaine complexe 3.

1
Guvenc, I., Sahin, A., Yilmaz, H. B., Koc, A. T., & Arslan, H. (2014). 5G wireless network:
Then what?. IEEE Network, 28(6), 12-17.
2
Wunder, G., Kasparick, M., Wild, T., Schaich, F., Chen, Y., Dryjanski, M., … & Eged, B.
(2014). 5GNOW: challenging the LTE design paradigms of orthogonality and synchronicity.
In 2014 IEEE 79th Vehicular Technology Conference (VTC Spring) (pp. 1-5). IEEE.
3
Bellanger, M. (2010). FBMC physical layer: a primer. PHYDYAS, 1(1), 1-10.

53
CHAPITRE 2 L’OFDM COMME FONDEMENT DES COMMUNICATIONS MODERNES

2.7.2.2 GFDM (Generalized Frequency Division Multiplexing):


Le GFDM est une forme d’onde flexible qui organise les données en blocs temps-
fréquence et applique un filtrage par sous-porteuse. Cette approche permet de réduire les lobes
secondaires et d’améliorer l’efficacité spectrale, tout en offrant une grande flexibilité pour
s’adapter à différents scénarios. Cependant, le GFDM introduit des interférences inter-
symboles et inter-porteuses qui nécessitent des techniques avancées d’égalisation 1.
2.7.2.3 UFMC (Universal Filtered Multi-Carrier):
L’UFMC, qui sera détaillé dans le chapitre suivant, représente un compromis entre
l’OFDM et le FBMC. Au lieu de filtrer chaque sous-porteuse individuellement comme dans le
FBMC, l’UFMC applique un filtrage à des groupes de sous-porteuses adjacentes (appelés sous-
bandes), réduisant ainsi la complexité tout en conservant la plupart des avantages en termes de
suppression des interférences hors bande. Cette approche permet également de réduire la
longueur du préfixe cyclique, améliorant ainsi l’efficacité spectrale 2.
2.7.2.4 F-OFDM (Filtered-OFDM) :
Le F-OFDM applique un filtrage au signal OFDM complet pour réduire les lobes
secondaires, tout en conservant la structure et les avantages fondamentaux de l’OFDM. Cette
approche offre un bon compromis entre la suppression des interférences hors bande et la
complexité d’implémentation, et peut être facilement intégrée dans les systèmes OFDM
existants 3.

1
Michailow, N., Matthé, M., Gaspar, I. S., Caldevilla, A. N., Mendes, L. L., Festag, A., &
Fettweis, G. (2014). Generalized frequency division multiplexing for 5th generation cellular
networks. IEEE Transactions on Communications, 62(9), 3045-3061.
2
Vakilian, V., Wild, T., Schaich, F., ten Brink, S., & Frigon, J. F. (2013). Universal-filtered
multi-carrier technique for wireless systems beyond LTE. In 2013 IEEE Globecom Workshops
(pp. 223-228). IEEE.
3
Zhang, X., Jia, M., Chen, L., Ma, J., & Qiu, J. (2015). Filtered-OFDM-enabler for flexible
waveform in the 5th generation cellular networks. In 2015 IEEE Global Communications
Conference (pp. 1-6). IEEE.

54
CHAPITRE 2 L’OFDM COMME FONDEMENT DES COMMUNICATIONS MODERNES

Conclusion :
L’OFDM a indéniablement révolutionné les communications sans fil modernes grâce à
ses nombreux avantages, notamment sa robustesse face aux canaux multipath, sa simplicité
d’égalisation et son efficacité spectrale. Son adoption dans la plupart des standards de
communication récents, du Wi-Fi à la 5G en passant par la diffusion numérique, témoigne de
sa pertinence et de son efficacité.
Néanmoins, les exigences toujours croissantes des applications de communication sans
fil mettent en lumière certaines limitations de l’OFDM conventionnel, particulièrement en
termes d’efficacité énergétique, de synchronisation et d’interférences hors bande. Ces défis ont
motivé le développement de nouvelles formes d’onde susceptibles de répondre aux besoins des
communications de nouvelle génération.
Parmi ces évolutions, l’UFMC (Universal Filtered Multi-Carrier) se distingue comme une
solution particulièrement prometteuse, combinant les avantages éprouvés de l’OFDM avec des
améliorations significatives en termes de suppression des interférences hors bande et
d’efficacité spectrale. Le chapitre suivant sera consacré à une analyse approfondie de cette
technologie, examinant ses principes fondamentaux, son fonctionnement, ses avantages par
rapport à l’OFDM conventionnel et son potentiel pour les communications sans fil de nouvelle
génération.

55
Chapitre 3 : L’UFMC
comme Solution
Innovante pour les
Communications Sans
Fil de Nouvelle
Génération
Chapitre 3 L’UFMC comme Solution Innovante pour les Communications Sans Fil de
Nouvelle Génération

Chapitre 3 : L’UFMC comme Solution Innovante pour les Communications Sans Fil de
Nouvelle Génération
Introduction :
Les technologies de communication sans fil ont traversé une transformation spectaculaire
depuis les premiers essais de Marconi à traverser l’océan Atlantique jusqu’aux réseaux 5G
d’aujourd’hui, relevant continuellement les défis de débit, de densité spectrale et de résilience.
Parmi ces innovations, l’OFDM s’est imposé comme un pilier des standards modernes (Wi-Fi,
LTE, 5G) grâce à son efficacité spectrale exceptionnelle et sa capacité à lutter contre les effets
destructeurs des canaux multitrajet 1. Cependant, comme nous l’avons vu dans le chapitre
précédent, cette technologie présente des limitations significatives : un PAPR élevé pouvant
atteindre 10 dB , une sensibilité aux erreurs de synchronisation, et des fuites spectrales
compromettant la coexistence harmonieuse avec d’autres systèmes de communication.
Pour surmonter ces défis, diverses alternatives ont été explorées, notamment la Filter
Bank Multicarrier (FBMC). Cette technologie réduit considérablement les fuites spectrales
grâce à l’utilisation de filtres hautement sélectifs. Néanmoins, sa complexité algorithmique
substantielle et ses exigences rigoureuses en matière de traitement en temps réel ont freiné son
adoption à l’échelle industrielle, malgré ses promesses théoriques indéniables 2.
C’est dans ce contexte d’innovation continue que la modulation UFMC (Universal
Filtered Multicarrier) émerge comme une solution équilibrée, combinant judicieusement les
avantages de l’OFDM et de la FBMC. Cette technologie hybride préserve la simplicité
fondamentale des opérations IFFT/FFT caractéristiques de l’OFDM, tout en intégrant des filtres
spécialement adaptés pour réduire significativement le PAPR de 3 à 5 dB et limiter les
interférences spectrales, le tout en maintenant une complexité computationnelle maîtrisable 3.

1
3GPP, “NR; Physical channels and modulation (Release 15),” 3GPP TS 38.211 V15.2.0,
Jun. 2018.

2
F. Schaich and T. Wild, “Waveform contenders for 5G—OFDM vs. FBMC vs. UFMC,” in
2014 6th International Symposium on Communications, Control and Signal Processing
(ISCCSP), Athens, Greece, 2014, pp. 457–460.

3
3GPP, “NR; Physical channels and modulation (Release 15),” 3GPP TS 38.211 V15.2.0,
Jun. 2018.

57
Chapitre 3 L’UFMC comme Solution Innovante pour les Communications Sans Fil de
Nouvelle Génération

L’approche UFMC devient particulièrement cruciale dans le paysage actuel des réseaux
de communication, où les débits dépassent régulièrement les 100 Mbps, et où la coexistence
harmonieuse entre diverses technologies (5G, IoT, réseaux hétérogènes) constitue un impératif
stratégique pour l’évolution des infrastructures de télécommunication.

1. Définition Technique de l’UFMC


La modulation UFMC (Universal Filtered Multi-Carrier) représente une avancée
significative dans le domaine des techniques de modulation multiporteuse, intégrant un filtrage
universel appliqué à des sous-bandes de fréquences spécifiques. Cette approche novatrice vise
à transcender les limitations de la modulation OFDM traditionnelle, particulièrement dans le
contexte des systèmes de communication sans fil de nouvelle génération comme la 5G.
L’objectif principal de l’UFMC est double : réduire considérablement les contraintes de
synchronisation strictes associées à l’OFDM conventionnel tout en optimisant l’efficacité
spectrale et en minimisant les interférences entre sous-porteuses 1.
1.1 Motivation et Contexte
L’OFDM conventionnel, malgré sa large adoption, présente deux défis majeurs qui ont
motivé le développement de l’UFMC :
Facteur de crête élevé (PAPR - Peak-to-Average Power Ratio) : Cette caractéristique rend
la transmission particulièrement vulnérable aux non-linéarités des amplificateurs de puissance,
compromettant ainsi l’intégrité du signal. Le PAPR dans l’OFDM peut être exprimé
mathématiquement par :
max |𝑥(𝑡)|2
0≤𝑡≤𝑇
PAPR =
1 𝑇
| ( )|2
𝑇 ∫0 𝑥 𝑡 𝑑𝑡
Où 𝑥(𝑡) représente le signal OFDM et 𝑇 la durée du symbole.
Exigences strictes de synchronisation : L’OFDM nécessite une précision synchronique
exceptionnelle entre l’émetteur et le récepteur pour éviter les interférences destructrices.
En outre, les rayonnements hors bande (OOB - Out Of Band) générés par l’OFDM
entraînent des pertes spectrales significatives et créent des interférences avec les canaux

1
V. Vakilian, T. Wild, F. Schaich, S. ten Brink, and J. F. Frigon, “Universal-filtered multi-
carrier technique for wireless systems beyond LTE,” in 2013 IEEE Globecom Workshops (GC
Wkshps), Atlanta, GA, USA, 2013, pp. 223–228.

58
Chapitre 3 L’UFMC comme Solution Innovante pour les Communications Sans Fil de
Nouvelle Génération

adjacents. Ces limitations fondamentales ont catalysé la recherche de nouvelles formes d’onde
pour les systèmes de communication mobile futurs, particulièrement pour la 5G et au-delà.
1.2 Origine et Développement
L’UFMC, initialement proposée par les laboratoires Alcatel-Lucent & Bell, est également
connue sous la dénomination UF-OFDM (Universal Filtered OFDM) dans la littérature
scientifique. Contrairement à l’approche OFDM conventionnelle où un filtre unique est
appliqué à l’ensemble de la bande de fréquences, l’UFMC implémente un filtrage individuel
pour chaque sous-bande de fréquences. Cette stratégie de filtrage granulaire permet de réduire
significativement les émissions hors bande et d’améliorer la robustesse du système face aux
interférences et aux décalages de synchronisation.
Le schéma fonctionnel de l’UFMC est illustré dans les Figures 1 et 2. Ces représentations
schématiques démontrent comment les données sont méthodiquement divisées en sous-bandes,
filtrées individuellement selon des paramètres optimisés, puis combinées harmonieusement
pour former le signal final. Cette approche architecturale permet une localisation spectrale
supérieure et une réduction substantielle des interférences entre les sous-porteuses, positionnant
l’UFMC comme une solution particulièrement prometteuse pour les systèmes 5G et les
générations futures.

Figure 15: Architecture Émetteur UFMC

59
Chapitre 3 L’UFMC comme Solution Innovante pour les Communications Sans Fil de
Nouvelle Génération

Figure 16: Architecture d’un récepteur UFMC.

2. Principes Fondamentaux de l’UFMC


L’UFMC se distingue comme un format de signal à multi-porteuse caractérisé par des
sous-porteuses orthogonales. Cette conception fondamentale permet de corriger efficacement
la perte d’orthogonalité potentielle du côté du récepteur, notamment celle introduite par les
désalignements de fréquence et de temps, comme illustré dans la Figure 3.

Figure 17: Schéma fonctionnel du système UFMC.

60
Chapitre 3 L’UFMC comme Solution Innovante pour les Communications Sans Fil de
Nouvelle Génération

Cette robustesse inhérente résulte directement des propriétés spectrales améliorées par
rapport à l’OFDM conventionnel 1. La Figure 3 présente le schéma fonctionnel complet de
l’émetteur-récepteur UFMC, intégrant le récepteur qui applique la détection FFT (Fast Fourier
Transform). Par rapport à l’architecture OFDM standard, l’UFMC introduit des filtres
supplémentaires par sous-bande, réduisant significativement les niveaux spectraux des lobes
latéraux à l’extérieur de chaque sous-bande.
Cette innovation technique augmente substantiellement la robustesse contre toute source
d’interférence entre les porteuses et améliore considérablement l’aptitude au spectre fragmenté.
Ces propriétés distinctives de l’UFMC ouvrent la possibilité de gérer simultanément le trafic
synchrone et les transmissions avec une synchronisation détendue dans la même bande de
fréquences adjacentes.
Le signal UFMC peut être mathématiquement défini comme suit :
𝐵−1 𝑁𝑖 −1

𝑥(𝑡) = ∑ ∑ 𝑠𝑖,𝑘 ⋅ 𝑔𝑖,𝑘 (𝑡)


𝑖=0 𝑘=0

Où :
- 𝐵 est le nombre de sous-bandes
- 𝑁𝑖 est le nombre de sous-porteuses dans la 𝑖-ème sous-bande
- 𝑠𝑖,𝑘 est le symbole transmis sur la 𝑘-ème sous-porteuse de la 𝑖-ème sous-bande

- 𝑔𝑖,𝑘 (𝑡) est la fonction de base pour la 𝑘-ème sous-porteuse de la 𝑖-ème sous-bande,
définie par :
𝑔𝑖,𝑘 (𝑡) = 𝑓𝑖 (𝑡) ⋅ 𝑒 𝑗2𝜋𝑓𝑖,𝑘𝑡

Où 𝑓𝑖 (𝑡) est la réponse impulsionnelle du filtre pour la 𝑖-ème sous-bande et 𝑓𝑖,𝑘 est la
fréquence de la 𝑘-ème sous-porteuse dans la 𝑖-ème sous-bande.
Il est important de noter que la synchronisation détendue ne signifie pas nécessairement
une asynchronie complète, car une synchronisation en boucle ouverte basée sur des signaux de
liaison descendante demeure réalisable. Comparativement à l’OFDM, le préfixe cyclique est
supprimé dans l’UFMC et la durée supplémentaire du symbole ainsi libérée est intelligemment
utilisée pour introduire des filtres de sous-bandes.

1
V. Vakilian, T. Wild, F. Schaich, S. ten Brink, and J. F. Frigon, “Universal-filtered multi-
carrier technique for wireless systems beyond LTE,” in 2013 IEEE Globecom Workshops (GC
Wkshps), Atlanta, GA, USA, 2013, pp. 223–228.

61
Chapitre 3 L’UFMC comme Solution Innovante pour les Communications Sans Fil de
Nouvelle Génération

Ces filtres sont significativement plus courts que les filtres par sous-porteuse d’un
système FBMC - les filtres UFMC étant généralement dimensionnés à l’ordre d’un préfixe
cyclique de l’OFDM. Cette caractéristique améliore substantiellement l’aptitude à
communiquer en courtes rafales, comparativement à la FBMC 1. Ainsi, l’UFMC peut être
conceptuellement interprétée comme une généralisation élégante de la FBMC et de l’OFDM
filtrée (F-OFDM).

3. Architecture de l’Émetteur UFMC


3.1 Structure Générale :
L’émetteur UFMC présente une architecture sophistiquée et méthodique, illustrée dans
la Figure 4. Cette structure modulaire permet la génération d’un signal UFMC optimisé pour
les communications sans fil de nouvelle génération.

Figure 18: Structure générale de l’émetteur UFMC.

3.2 Formulation Mathématique


Le signal UFMC transmis (𝑋) dans le domaine temporel peut être représenté comme la
somme des signaux de toutes les sous-bandes, formulé mathématiquement par l’expression
suivante :
𝐵

𝑋 = ∑ 𝐹𝑖 𝑉𝑖 𝑆𝑖
𝑖=1

Où:

1
B. Farhang-Boroujeny, “Filter bank multicarrier modulation: A waveform candidate for 5G
and beyond,” Advances in Electronics and Telecommunications, vol. 2, no. 2, pp. 1–10, 2011.

62
Chapitre 3 L’UFMC comme Solution Innovante pour les Communications Sans Fil de
Nouvelle Génération

𝑆𝑖 Représente un vecteur de symboles QAM de la 𝑖-ème sous-bande.


𝑉𝑖 désigne les colonnes de dimension IDFT 𝑁 × 𝑁𝑖 correspondant à la position de la sous-
bande dans la gamme générale des fréquences.
𝐹𝑖 constitue une matrice de TOEPLITZ de dimension (𝑁 + 𝐿 − 1) × 𝑁 qui implémente
la convolution du signal avec la caractéristique de filtre.
Cette formulation peut être réécrite sans sommation sous la forme matricielle suivante:

𝑋 = 𝐹⋅𝑉⋅𝑆
Où:

𝐹 = [𝐹1 , 𝐹2 , … , 𝐹𝐵 ]

𝑉 = diag(𝑉1 , 𝑉2 , … , 𝑉𝐵 )

𝑆 = [𝑆1 , 𝑆2 , … , 𝑆𝐵 ]𝑇
Ces équations permettent l’assemblage en colonnes des matrices des filtres, facilitant la
génération d’une matrice IDFT diagonale en bloc et l’assemblage de tous les symboles de
données dans une seule colonne 1.
3.3 Éléments de Conception
Le Tableau 1 résume les principaux éléments de conception pour l’implémentation d’un
système UFMC :

Paramètre Description

𝐵 Nombre de sous-bandes

𝑁_𝑖 Nombre de sous-porteuses dans la sous-bande i

𝑁 Nombre total de sous-porteuses

𝐹𝑖𝑙𝑡𝑟𝑒 𝑓_𝑖 Longueur/bande passante, caractéristique de filtre définie par les


coefficients de filtre RIF (filtre à réponse impulsionnelle finie)

Tableau 1: Résumé des éléments de conception pour l’UFMC

1
G. Wunder et al., “5GNOW: Non-orthogonal, asynchronous waveforms for future mobile
applications,” IEEE Communications Magazine, vol. 53, no. 6, pp. 97–105, Jun. 2015.

63
Chapitre 3 L’UFMC comme Solution Innovante pour les Communications Sans Fil de
Nouvelle Génération

4. Architecture du Récepteur UFMC


4.1 Structure Générale
Le récepteur UFMC présente une architecture complémentaire à celle de l’émetteur, optimisée
pour la récupération efficace des signaux transmis. La Figure 5 illustre cette structure générale.

Figure 19: Structure générale du récepteur UFMC

4.2 Formulation Mathématique


Le signal UFMC récupéré à la réception peut être représenté mathématiquement par
l’expression suivante:
𝐵

𝑅 = 𝐻𝑋 + 𝑛 = 𝐻 ∑ 𝐹𝑖 𝑉𝑖 𝑆𝑖 + 𝑛
𝑖=1

Où:
𝑅 est le vecteur du signal reçu après propagation dans le canal
𝐻 représente la matrice de convolution avec une structure TOEPLITZ.
𝑛 représente le bruit du canal
La détection des symboles est effectuée par une transformée de Fourier sur le signal reçu,
suivie d’une égalisation de canal. Pour un canal à évanouissement plat, l’estimation du symbole
peut être obtenue par :

𝑆̂𝑖 = (𝐻𝑖 𝐹𝑖 𝑉𝑖 )−1 ⋅ 𝑅𝑖


Où :
- 𝑆̂𝑖 est l’estimation des symboles transmis dans la sous-bande 𝑖
- 𝐻𝑖 est la réponse en fréquence du canal pour la sous-bande 𝑖
- 𝑅𝑖 est le signal reçu filtré pour la sous-bande 𝑖

64
Chapitre 3 L’UFMC comme Solution Innovante pour les Communications Sans Fil de
Nouvelle Génération

5. Technologies de Filtrage dans l’UFMC


5.1 Filtres Prototypes
Les filtres prototypes constituent un élément fondamental dans la conception de systèmes
UFMC efficaces. Ces filtres servent de modèles de conception modulables, adaptables aux
exigences spécifiques de l’application visée. Ils représentent des conceptions non
dimensionnées à partir desquelles le filtre souhaité peut être transformé selon les besoins du
système.
Le choix judicieux du filtre prototype revêt une importance capitale dans l’optimisation
des performances de l’UFMC. Ces filtres offrent en effet des possibilités d’adaptation
significatives par rapport à l’OFDM conventionnel. Les filtres prototypes peuvent ainsi être
conçus pour satisfaire des objectifs spécifiques, tels que la localisation précise en temps et
fréquence, la régularité du signal, et d’autres paramètres critiques.
Un filtre prototype 𝑝(𝑡) doit satisfaire la condition d’orthogonalité suivante :

∫ 𝑝 (𝑡)𝑝∗ (𝑡 − 𝑛𝑇)𝑑𝑡 = 𝛿[𝑛]
−∞

Où :
- 𝑝∗ (𝑡) est le complexe conjugué de 𝑝(𝑡)
- 𝑇 est la période symbole
- 𝛿 [𝑛] est la fonction delta de Kronecker
Il est néanmoins impératif que le filtre prototype respecte une contrainte d’orthogonalité
fondamentale. Ce filtrage supplémentaire, associé à l’opération IFFT, forme une structure
sophistiquée de bancs de filtres, dans laquelle le filtre prototype est spécifiquement conçu pour
la suppression efficace des interférences entre symboles 1.
5.2 Bancs de Filtres :
Un banc de filtres constitue un arrangement structuré de M filtres, conçu pour regrouper
les M signaux d’entrée sur M lignes distinctes à leur arrivée, comme illustré dans la Figure 6.

1
J. G. Proakis and M. Salehi, Digital Communications, 5th ed. New York, NY, USA: McGraw-
Hill, 2008.

65
Chapitre 3 L’UFMC comme Solution Innovante pour les Communications Sans Fil de
Nouvelle Génération

Figure 20: Exemple d’un banc de filtres.


La représentation mathématique d’un banc de filtres d’analyse peut être donnée par :
𝑌𝑘 (𝑧) = 𝑋 (𝑧) ⋅ 𝐻𝑘 (𝑧), 𝑘 = 0,1, . . . , 𝑀 − 1
Où :
- 𝑌𝑘 (𝑧) est la sortie du 𝑘-ème filtre
- 𝑋 (𝑧) est le signal d’entrée
- 𝐻𝑘 (𝑧) est la fonction de transfert du 𝑘-ème filtre
Pour un banc de filtres de synthèse, la représentation est :
𝑀−1

𝑌 (𝑧) = ∑ 𝑋𝑘 (𝑧) ⋅ 𝐹𝑘 (𝑧)


𝑘=0

Où :
- 𝑌 (𝑧) est la sortie du banc de filtres
- 𝑋𝑘 (𝑧) est l’entrée du 𝑘-ème filtre
- 𝐹𝑘 (𝑧) est la fonction de transfert du 𝑘-ème filtre
Le véritable potentiel des bancs de filtres est exploité lorsqu’ils sont utilisés par paires,
combinés comme un système de sous-bande ou comme Trans-multiplexeurs, tel qu’illustré dans
la Figure 7. Dans cette configuration, on suppose généralement que les conversions des taux
demeurent identiques dans toutes les sous-bandes. Par ailleurs, la configuration du système

66
Chapitre 3 L’UFMC comme Solution Innovante pour les Communications Sans Fil de
Nouvelle Génération

Trans-multiplexeur trouve des applications particulièrement pertinentes dans les


communications multi-porteuses 1.
Différents types de filtres peuvent être appliqués selon les sous-bandes. Cependant, dans
le cadre de notre étude, nous utilisons principalement un filtre “Dolph-Tchebychev” à réponse
impulsionnelle finie (FIR) pour le filtrage spécifique de chaque sous-bande.

Figure 21: Système de sous-bande et configurations de Trans-multiplexeur.

5.3 Filtre FIR Dolph-Tchebyshev


Pour nos simulations et implémentations, nous privilégions l’utilisation d’un filtre
utilisant une fenêtre Dolph-Chebytshev. La fonction primordiale de ce filtre est de minimiser
la norme de Chebyshev des lobes secondaires tout en contrôlant précisément la largeur du lobe
principal. Cette méthode de filtrage sophistiquée est principalement utilisée dans le domaine
fréquentiel en prélevant des échantillons de la transformée de Fourier 23.

1
J. G. Proakis and M. Salehi, Digital Communications, 5th ed. New York, NY, USA: McGraw-
Hill, 2008.
2
X. Zhang, M. Jia, L. Chen, J. Ma, and J. Qiu, “Filtered-OFDM: A new waveform for future
wireless systems,” in 2015 IEEE 16th International Workshop on Signal Processing Advances
in Wireless Communications (SPAWC), Stockholm, Sweden, 2015, pp. 66–70.
3
F. Schaich, T. Wild, and Y. Chen, “Waveform contenders for 5G—suitability for short packet
and low latency transmissions,” in 2014 9th International Conference on Cognitive Radio

67
Chapitre 3 L’UFMC comme Solution Innovante pour les Communications Sans Fil de
Nouvelle Génération

La formulation mathématique du filtre Dolph-Tchebyshev est donnée par :


𝑁−1
1 𝜋𝑘 2𝜋𝑘𝑛
𝑤𝑛 = ∑ 𝑇𝑁 (𝛼cos ( )) cos ( )
𝑁 𝑁 𝑁
𝑘=0

Avec:

𝑇𝑁 (𝑥 ) = cosh(𝑁 ⋅ cosh−1 (𝑥 )), |𝑥 | > 1

𝑇𝑁 (𝑥 ) = cos(𝑁 ⋅ cos −1 (𝑥 )), |𝑥 | ≤ 1

Où :
- 𝑇𝑁 (𝑥 ) est le polynôme de Tchebychev de premier ordre et de degré N
- 𝑤𝑛 est le coefficient du filtre à l’indice n
- 𝑁 est la longueur du filtre
- 𝛼 est un paramètre qui détermine le rapport entre l’amplitude du lobe principal et celle
des lobes secondaires
Le paramètre α détermine le niveau d’atténuation des lobes latéraux. Plus précisément, le
niveau d’atténuation des lobes latéraux est équivalent à −20𝛼 𝑑𝐵.
La réponse en fréquence du filtre peut être exprimée comme :
𝑁−1
𝑗𝜔 )
𝐻(𝑒 = ∑ 𝑤𝑛 𝑒 −𝑗𝜔𝑛
𝑛=0

Oriented Wireless Networks and Communications (CROWNCOM), Oulu, Finland, 2014,


pp. 178–183.

68
Chapitre 3 L’UFMC comme Solution Innovante pour les Communications Sans Fil de
Nouvelle Génération

Figure 22: Caractéristiques d’impulsion et de fréquence du filtre numérique.

6. Système de transmission UFMC


6.1 Architecture et principes fondamentaux
Les applications qui utilisent les systèmes 5G, avec les exigences les plus récentes
définies par l’UIT, nécessitent, entre autres aspects, des débits de données plus élevés, une
latence réduite et une utilisation plus efficace du spectre. Les modulations les plus couramment
utilisées qui répondent à ces critères sont la modulation multiporteuse basée sur les bancs de
filtres (FBMC) et la technique Universal Filtered Multi-Carrier (UFMC). Cette section se
concentre sur la nouvelle technique de modulation UFMC et la compare à l’OFDM dans un
cadre générique.
La Figure 9 présente le diagramme fonctionnel de base d’un système UFMC utilisé dans
cette étude. Notre approche suit le principe de démodulation par FFT au niveau du récepteur,
tel que présenté dans [9, 10]. L’utilisation de la FFT pour la démodulation constitue un candidat
idéal pour l’amélioration des performances de l’UFMC dans les environnements de traitement
parallèle. 1

1
Kasparick, M.; Wunder, G.; Schaich, C.F.; Wild, T.; Berg, V.; Cassiau, N.; Dor, J.; Ktnas, D.;
Dryjaski, M.; Pietrzyk, S.; et al. 5G waveform candidate selection. Eur. Res. Project Tech.
Rep. 2013.Availableonline: https://www.is-wireless.com/wp-
content/uploads/2015/07/5GNOW-Deliverables-5G-Waveform-Candidate-
Selection.pdf (accessed on 30 June 2021).

69
Chapitre 3 L’UFMC comme Solution Innovante pour les Communications Sans Fil de
Nouvelle Génération

Figure 23: Diagramme fonctionnel d’un émetteur-récepteur UFMC


6.2 Comparaison avec d’autres formes d’onde
L’UFMC est considérée comme une généralisation de la modulation OFDM filtrée. Dans
l’OFDM filtré, l’ensemble de la bande est filtré, tandis que dans la FBMC, les sous-porteuses
individuelles sont filtrées. Dans l’UFMC, en revanche, des groupes de sous-porteuses (sous-
bandes) sont filtrés, comme illustré dans la Figure 10.

Figure 24: Différentes formes d’onde OFDM et UFMC et principe de filtrage.


Ce regroupement de sous-porteuses permet de réduire la longueur du filtre (par rapport à
la FBMC). De plus, l’UFMC peut toujours utiliser la modulation QAM, compatible avec les
schémas MIMO existants. L’idée fondamentale est d’utiliser la QAM-64 ou QAM-256 afin
d’augmenter la capacité globale du système.

70
Chapitre 3 L’UFMC comme Solution Innovante pour les Communications Sans Fil de
Nouvelle Génération

6.3 Organisation et allocation des sous-bandes


Concernant la bande complète de sous-porteuses (𝑁), celle-ci est divisée en sous-bandes,
chaque sous-bande contenant un nombre fixe de sous-porteuses, comme illustré dans la Figure
11. Il convient de noter que toutes les sous-bandes ne doivent pas nécessairement être
employées pour une transmission donnée.
Une IFFT de 𝑁 points est calculée pour chaque sous-bande, tandis que des zéros sont
insérés dans les cas de porteuses non allouées. Ensuite, chaque sous-bande est filtrée par un
filtre de longueur 𝐿, et les réponses des différentes sous-bandes sont additionnées. Le filtrage
est essentiel pour réduire les émissions spectrales hors bande. 1

1
Wen, J.; Hua, J.; Lu, W.; Zhang, Y.; Wang, D. Design of Waveform Shaping Filter in the
UFMC System. IEEE Access 2018, 6, 32300–32309. [Google Scholar] [CrossRef]

71
Chapitre 3 L’UFMC comme Solution Innovante pour les Communications Sans Fil de
Nouvelle Génération

Figure 25: Tracés de la densité spectrale de puissance (PSD) en fonction de la fréquence


normalisée pour les schémas de modulation (a) OFDM et (b) UFMC 1.

1
Frank Schaich, Thorsten Wild, Yejian Chen. Waveform contenders for 5G – suitability for
short packet and low latency transmissions. VehicularTechnologyConference (VTC Spring),
2014 IEEE 79th.

72
Chapitre 3 L’UFMC comme Solution Innovante pour les Communications Sans Fil de
Nouvelle Génération

7. Avantages et Inconvénients de la Modulation UFMC


7.1 Avantages Principaux
Meilleure Synchronisation
L’UFMC améliore significativement la robustesse face aux erreurs de synchronisation
grâce à son filtrage sélectif par sous-bandes. Cette caractéristique réduit considérablement les
interférences entre sous-porteuses et garantit une transmission plus stable et fiable, même dans
des conditions de propagation difficiles.
Réduction Significative des Émissions Hors Bande
Le filtrage sophistiqué appliqué par l’UFMC limite efficacement les fuites spectrales,
minimisant ainsi les interférences avec les systèmes adjacents. Cette propriété permet une
utilisation plus efficiente du spectre radioélectrique, un atout crucial dans un environnement où
les ressources spectrales sont limitées et précieuses.
Taux d’Erreur Binaire (BER) Compétitif
L’UFMC maintient un taux d’erreur binaire acceptable même dans des environnements
de propagation difficiles, assurant ainsi une transmission fiable et une qualité de service élevée
pour les applications sensibles aux erreurs de transmission.
7.2 Inconvénients et Défis:
Complexité Technique Accrue
L’implémentation de l’UFMC nécessite des algorithmes de traitement du signal plus
sophistiqués pour le filtrage par sous-bandes, ce qui augmente la complexité computationnelle
globale. Cette caractéristique peut poser des défis particuliers pour les dispositifs à faible
puissance ou à ressources limitées.
PAPR Relativement Élevé
À l’instar de l’OFDM, l’UFMC souffre d’un rapport de puissance crête à puissance
moyenne (PAPR) relativement élevé, bien que moindre que celui de l’OFDM conventionnel.
Cette caractéristique peut potentiellement dégrader l’efficacité énergétique des amplificateurs
et nécessiter l’implémentation de solutions supplémentaires pour atténuer cet effet indésirable.
Latence Induite par le Filtrage
Bien que l’UFMC soit conçue pour optimiser les performances globales du système, le
processus de filtrage par sous-bandes peut introduire une latence supplémentaire. Cette latence,

73
Chapitre 3 L’UFMC comme Solution Innovante pour les Communications Sans Fil de
Nouvelle Génération

même minime, peut s’avérer problématique pour certaines applications ultra-sensibles au délai
de transmission.
Compromis entre Performance et Flexibilité
L’optimisation des paramètres de filtrage dans l’UFMC présente un délicat équilibre à
maintenir : un filtrage trop fin peut améliorer les performances spectrales mais au prix d’une
complexité et d’une latence accrues. Cette relation de compromis nécessite une conception
minutieuse adaptée aux exigences spécifiques de l’application visée.

74
Chapitre 3 L’UFMC comme Solution Innovante pour les Communications Sans Fil de
Nouvelle Génération

Conclusion
L’UFMC (Universal Filtered Multi-Carrier) s’impose comme une solution innovante et
prometteuse pour les réseaux de communication de nouvelle génération, particulièrement dans
le contexte exigeant de la 5G et au-delà. Grâce à ses performances exceptionnelles en termes
de réduction des interférences, d’efficacité spectrale optimisée et de flexibilité dans l’allocation
des ressources, cette technologie répond efficacement aux exigences croissantes des
communications modernes, notamment dans les environnements hétérogènes et les scénarios à
forte densité d’utilisateurs.
L’approche unique de l’UFMC, consistant à filtrer individuellement des sous-bandes de
fréquences plutôt que l’ensemble du spectre, offre un équilibre remarquable entre la simplicité
conceptuelle de l’OFDM et l’efficacité spectrale de la FBMC. Cette caractéristique distinctive
permet à l’UFMC de surmonter plusieurs limitations inhérentes aux technologies précédentes,
notamment en termes de réduction du PAPR, d’émissions hors bande et de robustesse face aux
erreurs de synchronisation.
Cependant, malgré ses nombreux atouts, l’UFMC présente encore des défis significatifs
à surmonter. Sa mise en œuvre pratique nécessite de résoudre des problèmes complexes liés à
la complexité computationnelle accrue et aux subtilités de la conception des filtres. Ces facteurs
peuvent potentiellement augmenter les coûts d’implémentation et limiter l’adoption de cette
technologie dans certains systèmes à faible consommation d’énergie. De plus, des compromis
judicieux doivent être établis entre performance, latence et flexibilité pour garantir une
intégration harmonieuse dans les infrastructures existantes.
Pour les applications critiques exigeant une faible latence, une robustesse accrue face aux
interférences et une gestion efficiente du spectre, l’UFMC se positionne comme une solution
technologique particulièrement pertinente et stratégique. Néanmoins, son adoption à grande
échelle dépendra largement de l’évolution des technologies matérielles, des progrès
algorithmiques et de la standardisation des protocoles associés.
En définitive, l’UFMC représente bien plus qu’une simple avancée technologique
incrémentale; elle constitue une véritable passerelle vers un avenir où les communications sans
fil seront plus intelligentes, plus rapides et plus efficaces. Avec des optimisations continues et
une innovation soutenue dans ce domaine, cette technologie pourrait redéfinir les frontières des
communications modernes et jouer un rôle central dans les réseaux du futur.

75
Chapitre 3 L’UFMC comme Solution Innovante pour les Communications Sans Fil de
Nouvelle Génération

Le chapitre suivant présentera les résultats détaillés de nos simulations MATLAB,


permettant d’évaluer quantitativement les performances de l’UFMC dans diverses conditions
opérationnelles et de valider les avantages théoriques exposés dans ce chapitre.

76
CHAPITRE 4 :
SIMULATIONS ET
ANALYSE COMPARATIVE
DES PERFORMANCES DE
L’UFMC
CHAPITRE 4 SIMULATIONS ET ANALYSE COMPARATIVE DES
PERFORMANCES DE L’UFMC

Chapitre 4 : Simulations Et Analyse Comparative Des Performances De


L’UFMC
4.1 Introduction à l’environnement de simulation :
Dans ce chapitre, nous présentons une analyse approfondie des résultats obtenus à partir
de nos simulations MATLAB, visant à évaluer de manière exhaustive les performances de
l’UFMC (Universal Filtered Multi-Carrier) en comparaison directe avec la technique OFDM
(Orthogonal Frequency Division Multiplexing). Cette étude comparative s’inscrit dans la
continuité des chapitres précédents, qui ont établi le contexte théorique et technique de ces
modulations dans le cadre des communications sans fil de nouvelle génération.
Les technologies de communication sans fil évoluent rapidement pour répondre aux
exigences croissantes en termes de débit, latence et efficacité spectrale. Après avoir exploré
l’évolution des technologies de communication (Chapitre 1), établi les fondements de l’OFDM
(Chapitre 2), et présenté l’UFMC comme solution innovante (Chapitre 3), ce quatrième
chapitre vise à quantifier objectivement les avantages et limites de l’UFMC par rapport à
l’OFDM conventionnel.
La méthodologie adoptée repose sur une série de simulations rigoureuses conçues pour
évaluer les performances des deux techniques sous différentes conditions opérationnelles et
divers scénarios d’utilisation. Notre objectif principal est de démontrer comment l’UFMC
pourrait satisfaire les exigences strictes des réseaux 5G et au-delà, tout en offrant un compromis
optimal entre performance et complexité d’implémentation.
Ce chapitre développe également une réflexion critique sur l’applicabilité de l’UFMC
dans divers contextes d’utilisation, mettant en évidence ses domaines d’application privilégiés
et ses limitations potentielles. Enfin, nous identifions plusieurs perspectives d’amélioration et
pistes de recherche futures qui pourraient renforcer davantage la position de l’UFMC dans
l’écosystème des communications sans fil de nouvelle génération.

4.2 Configuration de la plateforme de simulation


4.2.1 Environnement logiciel et matériel
Les simulations présentées dans ce chapitre ont été réalisées à l’aide de MATLAB
R2023a, un environnement de développement particulièrement adapté à la modélisation des
systèmes de communication grâce à ses fonctionnalités avancées de traitement du signal et ses
bibliothèques spécialisées. L’utilisation de MATLAB permet non seulement d’implémenter

78
CHAPITRE 4 SIMULATIONS ET ANALYSE COMPARATIVE DES
PERFORMANCES DE L’UFMC

avec précision les algorithmes complexes associés aux techniques de modulation étudiées, mais
également de visualiser et d’analyser efficacement les résultats obtenus.
La plateforme matérielle utilisée pour ces simulations comprend un processeur Intel Core
𝑖7 cadencé à 2,3 GHz, avec 16 Go de RAM, assurant une exécution rapide et efficace des
algorithmes implémentés. Cette configuration nous a permis de réaliser des simulations Monte
Carlo extensives, nécessitant parfois plusieurs millions d’échantillons pour garantir la fiabilité
statistique des résultats présentés.
4.2.2 Paramètres communs des simulations
Pour garantir une comparaison équitable et rigoureuse entre l’OFDM et l’UFMC, nous
avons établi un ensemble de paramètres fondamentaux communs aux deux techniques. Le
Tableau 4.1 présente ces paramètres en détail.

Paramètre Valeur Unité Remarques

Bande passante totale 10 MHz Identique pour OFDM et


UFMC

Nombre total de sous-porteuses 512 -

Espacement entre sous- 15 kHz


porteuses

Durée du symbole utile 66.67 µs Inverse de l'espacement

Durée du préfixe cyclique (CP) 4.76 µs Uniquement utilisé pour


OFDM

Type de filtre (UFMC) Filtre de Appliqué par sous-bande


Dolph- -
Chebyshev

Longueur du filtre (UFMC) 43 échantillons

Nombre de sous-bandes 16 Chaque sous-bande


(UFMC) - contient 32 porteuses

Modulation QPSK - Identique pour les


deux techniques
Tableau 2: Paramètres fondamentaux des simulations OFDM et UFMC

79
CHAPITRE 4 SIMULATIONS ET ANALYSE COMPARATIVE DES
PERFORMANCES DE L’UFMC

Ces paramètres ont été choisis pour refléter des scénarios de déploiement réalistes dans
le contexte des communications sans fil de nouvelle génération, tout en permettant une
évaluation précise des forces et faiblesses relatives des deux techniques.
4.2.3 Architecture du système simulé
La Figure 4.1 illustre l’architecture générale du système de simulation implémenté pour
évaluer les performances des techniques OFDM et UFMC.

Figure 26: Architecture du système de simulation pour l’évaluation comparative


OFDM-UFMC.
Notre système de simulation se compose de plusieurs modules fonctionnels
interconnectés :
Module de génération des données : Produit des séquences binaires aléatoires qui sont
ensuite modulées selon différents schémas (QPSK, 16-QAM, 64-QAM).
Modulateurs OFDM et UFMC:
Pour l’OFDM : mapping des données sur les sous-porteuses, IFFT, insertion du préfixe
cyclique
Pour l’UFMC : mapping des données, division en sous-bandes, filtrage par sous-bande
avec filtres Dolph-Chebyshev, superposition des sous-bandes filtrées
Module de modélisation du canal : Implémente différents modèles de canal (AWGN,
Rayleigh multitrajet) avec paramètres configurables (étalement des retards, effet Doppler, etc.)
80
CHAPITRE 4 SIMULATIONS ET ANALYSE COMPARATIVE DES
PERFORMANCES DE L’UFMC

Démodulateurs OFDM et UFMC:


Pour l’OFDM : suppression du préfixe cyclique, FFT, démapping
Pour l’UFMC : FFT de taille double, sélection des sous-porteuses paires, démapping
Module d’analyse des performances : Calcule les différentes métriques (BER, PAPR,
efficacité spectrale) et génère les visualisations correspondantes
Cette architecture modulaire nous a permis d’implémenter et d’évaluer systématiquement
les différentes techniques tout en maintenant des conditions identiques pour garantir l’équité
des comparaisons.

4.3 Indicateurs de performance et métriques d’évaluation


Pour évaluer de manière complète et objective les performances relatives de l’UFMC et
de l’OFDM, nous avons sélectionné un ensemble de métriques couvrant les aspects essentiels
des systèmes de communication sans fil modernes. Chaque métrique est définie précisément ci-
dessous, avec sa signification pratique et sa méthode de calcul dans nos simulations.
4.3.1 Densité Spectrale de Puissance (PSD) :
La Densité Spectrale de Puissance mesure la distribution de la puissance du signal sur les
différentes fréquences, permettant d’évaluer l’efficacité de l’utilisation du spectre et les fuites
spectrales. Cette métrique est particulièrement importante dans le contexte des communications
5G, où la coexistence de différents services dans des bandes spectrales adjacentes nécessite une
gestion efficace des interférences.
Dans nos simulations, la PSD est estimée à l’aide de la méthode du périodogramme
modifié de Welch, avec un fenêtrage de Hamming et un chevauchement de 50% entre segments
adjacents. Cette approche permet d’obtenir une estimation spectrale lissée et statistiquement
fiable. Mathématiquement, la PSD est calculée comme suit:
𝐾−1 𝐿−1 2
1
𝑃𝑥𝑥 (𝑓) = ∑ |∑ 𝑤 (𝑛)𝑥𝑖 (𝑛)𝑒 −𝑗2𝜋𝑓𝑛 |
𝐿𝑈
𝑖=0 𝑛=0

Où 𝐿 est la longueur de chaque segment, 𝐾 est le nombre de segments, 𝑤(𝑛) est la fenêtre
de Hamming, 𝑈 est un facteur de normalisation et 𝑥𝑖 (𝑛) représente le 𝑖-ème segment du signal.
4.3.2 Efficacité Spectrale :
L’efficacité spectrale quantifie le débit binaire pouvant être transmis par unité de bande
passante, exprimée en 𝑏𝑖𝑡𝑠/𝑠/𝐻𝑧. Cette métrique est calculée en tenant compte du nombre de
bits transmis par symbole, du nombre de symboles par seconde, et de la bande passante totale

81
CHAPITRE 4 SIMULATIONS ET ANALYSE COMPARATIVE DES
PERFORMANCES DE L’UFMC

occupée, incluant les sous-porteuses de garde et les extensions temporelles (préfixe cyclique
pour l’OFDM, longueur des filtres pour l’UFMC).
𝑁𝑑𝑎𝑡𝑎 × log 2 (𝑀 )
𝜂=
(𝑁𝐹𝐹𝑇 + 𝑁𝑒𝑥𝑡 ) × 𝑇𝑠 × 𝐵
où 𝑁𝑑𝑎𝑡𝑎 est le nombre de sous-porteuses de données, 𝑀 est l’ordre de la modulation,
𝑁𝐹𝐹𝑇 est la taille de la FFT, 𝑁𝑒𝑥𝑡 représente l’extension temporelle (CP pour OFDM,
débordement du filtre pour UFMC), 𝑇𝑠 est la durée symbole et 𝐵 est la bande passante totale.
4.3.3 Rapport Puissance Crête/Moyenne (PAPR) :
Le PAPR caractérise les fluctuations d’amplitude du signal, un facteur crucial pour
l’efficacité des amplificateurs de puissance et la consommation énergétique globale du système.
Un PAPR élevé nécessite des amplificateurs avec une grande plage dynamique linéaire,
réduisant leur efficacité énergétique.
Le PAPR est défini comme le rapport entre la puissance instantanée maximale et la
puissance moyenne du signal :
max |𝑥(𝑡)|2
0≤𝑡≤𝑇
𝑃𝐴𝑃𝑅 =
1 𝑇
| ( )|2
𝑇 ∫0 𝑥 𝑡 𝑑𝑡
Dans le domaine discret, cette expression devient :
max |𝑥[𝑛]|2
0≤𝑛≤𝑁−1
𝑃𝐴𝑃𝑅 =
1 𝑁−1
∑ | [ ]|2
𝑁 𝑛=0 𝑥 𝑛
Pour une caractérisation statistique complète, nous présentons les résultats sous forme de
fonction de distribution cumulative complémentaire (CCDF), qui indique la probabilité que le
PAPR dépasse un certain seuil.
4.3.4 Taux d’Erreur Binaire (BER) :
Le BER mesure la fiabilité de la transmission en quantifiant la proportion de bits erronés
par rapport au nombre total de bits transmis. Cette métrique fondamentale est évaluée en
fonction du rapport signal/bruit (SNR) pour différents types de canaux et schémas de
modulation.
Nombre de bits erronés
𝐵𝐸𝑅 =
Nombre total de bits transmis

82
CHAPITRE 4 SIMULATIONS ET ANALYSE COMPARATIVE DES
PERFORMANCES DE L’UFMC

Pour garantir la fiabilité statistique des résultats, chaque point de la courbe BER vs SNR
est calculé en simulant la transmission d’au moins 10^7 bits ou jusqu’à l’occurrence d’au moins
100 erreurs, selon le critère atteint en premier.

4.4 Résultats des simulations et analyses comparatives


Cette section présente les résultats détaillés de nos simulations, organisés selon les
différentes métriques d’évaluation définies précédemment. Pour chaque métrique, nous
présentons une analyse comparative entre l’UFMC et l’OFDM, en mettant en évidence les
avantages relatifs de chaque technique selon différentes conditions opérationnelles.
4.4.1 Analyse de la Densité Spectrale de Puissance :
La Figure 4.2 présente la comparaison des densités spectrales de puissance entre l’UFMC
et l’OFDM, normalisées par rapport à la puissance maximale dans la bande passante.

Figure 27: Comparaison des densités spectrales de puissance de l’UFMC et de l’OFDM.


Les résultats montrent que la technique UFMC offre une meilleure robustesse au
décalage fréquentiel comparée à OFDM, en particulier autour de la fréquence centrale
(décalage nul). On observe une nette réduction du taux d’erreur binaire (BER) pour UFMC
dans la zone comprise entre -0,2 et 0,2, atteignant des valeurs aussi faibles que 10−410-410−4,
tandis que l’OFDM reste limité à des performances moindres.
Cela s’explique par le filtrage par sous-bande utilisé dans l’UFMC, qui réduit les
interférences entre sous-porteuses (ICI – Inter-Carrier Interference). En revanche, l’OFDM,

83
CHAPITRE 4 SIMULATIONS ET ANALYSE COMPARATIVE DES
PERFORMANCES DE L’UFMC

avec son utilisation d’un préfixe cyclique mais sans filtrage fréquentiel, est plus sensible aux
décalages de fréquence, ce qui dégrade ses performances en dehors de la fréquence centrale.
4.4.2 Évaluation de l’efficacité spectrale :
L’efficacité spectrale a été évaluée en fonction de la durée des rafales de transmission, un
paramètre crucial pour les communications 5G caractérisées par des transmissions sporadiques
et de courte durée. La Figure 4.3 illustre l’évolution de l’efficacité spectrale en fonction du
nombre de symboles par rafale pour les deux techniques.

Figure 28: Efficacité spectrale en fonction de la durée des rafales pour l’UFMC et
l’OFDM.

L’analyse des résultats révèle plusieurs tendances significatives :


4.4.3 Analyse du Rapport Puissance Crête/Moyenne (PAPR)
Le PAPR est un indicateur crucial pour l’efficacité énergétique des systèmes de
communication, affectant directement la consommation et la conception des amplificateurs de
puissance. La Figure 4.4 présente la distribution cumulée complémentaire (CCDF) du PAPR
pour les deux techniques avec différents schémas de modulation.

84
CHAPITRE 4 SIMULATIONS ET ANALYSE COMPARATIVE DES
PERFORMANCES DE L’UFMC

Figure 29: Distribution cumulée complémentaire du PAPR pour l’UFMC et l’OFDM.

Les résultats révèlent des différences significatives dans le comportement du PAPR :


4.4.4 Évaluation du Taux d’Erreur Binaire (BER) :
Le taux d’erreur binaire (BER) a été mesuré en fonction du rapport signal/bruit (SNR)
pour évaluer la robustesse des différentes techniques face au bruit et aux distorsions du canal.
Les simulations ont été réalisées pour un SNR variant de 0 à 30 𝑑𝐵 , avec différents modèles
de canal et schémas de modulation.
4.4.4.1 Performances dans un canal AWGN :
La Figure 4.5 présente les courbes BER vs SNR pour l’UFMC et l’OFDM dans un canal
à bruit blanc gaussien additif (AWGN), pour différents schémas de modulation.

85
CHAPITRE 4 SIMULATIONS ET ANALYSE COMPARATIVE DES
PERFORMANCES DE L’UFMC

Figure 30: BER vs SNR pour l’UFMC et l’OFDM.

Pour une modulation QPSK


Pour une modulation 16-QAM
Pour une modulation 64-QAM,
4.4.4.2 Impact des erreurs de synchronisation :
Pour évaluer la robustesse des deux techniques face aux imperfections pratiques des
systèmes de communication, nous avons également simulé l’effet des erreurs de
synchronisation temporelle et fréquentielle sur les performances en termes de BER.
La Figure 4.6 présente l’impact du décalage temporel (exprimé en pourcentage de la
durée utile du symbole) sur le BER pour un SNR fixe de 20 𝑑𝐵 et une modulation 16-QAM.

86
CHAPITRE 4 SIMULATIONS ET ANALYSE COMPARATIVE DES
PERFORMANCES DE L’UFMC

Figure 31: Impact du décalage temporel sur le BER pour l’UFMC et l’OFDM

Les résultats démontrent une nette supériorité de l’UFMC par rapport à l’OFDM en
termes de confinement spectral. En effet, la densité spectrale de puissance montre que l’UFMC
présente des lobes secondaires fortement atténués, avec une atténuation hors bande (Out-Of-
Band, OOB) atteignant 55,7 𝑑𝐵 , contre seulement 34,4 𝑑𝐵 pour l’OFDM.
Cette performance est principalement due à l’utilisation de filtres à réponse finie (FIR)
appliqués sur chaque sous-bande dans l’UFMC, ce qui permet de mieux contrôler les émissions
hors bande et de limiter les interférences avec les bandes adjacentes. En revanche, l’OFDM,
qui utilise uniquement un préfixe cyclique sans filtrage fréquentiel, génère une plus grande
dispersion spectrale, rendant le système plus vulnérable aux interférences inter-bandes.
Ainsi, l’UFMC apparaît comme une solution plus adaptée aux systèmes multi-utilisateurs
et aux environnements 5G nécessitant une meilleure efficacité spectrale et un faible niveau
d’interférence inter-bande.

87
CHAPITRE 4 SIMULATIONS ET ANALYSE COMPARATIVE DES
PERFORMANCES DE L’UFMC

4.5 Analyse comparative synthétique et discussion


Après avoir examiné en détail les performances de l’UFMC et de l’OFDM selon
différentes métriques, cette section propose une synthèse comparative et une discussion
approfondie des résultats, mettant en perspective les avantages et limitations de chaque
technique.
4.5.1 Synthèse comparative des deux techniques :
Le Tableau suivant résume les performances relatives de l’UFMC et de l’OFDM selon
l’ensemble des métriques évaluées dans nos simulations.
Critère OFDM UFMC Observation
Sensibilité au Élevée Faible UFMC plus robuste aux
décalage erreurs de synchronisation
fréquentiel
Taux d’erreur Bon Légèrement meilleur UFMC présente un léger
binaire (BER) gain en BER
Efficacité spectrale Moyenne (lobes Excellente (filtrage UFMC réduit les
secondaires forts) par sous-bande) interférences hors bande
Complexité de Faible (FFT + CP) Moyenne (FFT + UFMC nécessite plus de
mise en œuvre filtrage FIR) calcul
Flexibilité Limitée Bonne (sous-bandes UFMC mieux adaptée aux
indépendantes) scénarios dynamiques
Tableau 3: les performances relatives de l’UFMC et de l’OFDM

4.5.2 Analyse de compromis (trade-offs) :


L’analyse de nos résultats permet d’identifier plusieurs compromis fondamentaux qui
doivent être considérés lors du choix entre UFMC et OFDM pour une application spécifique :
Compromis complexité/performance : L’UFMC offre des performances supérieures au
prix d’une complexité computationnelle accrue. Nos simulations ont montré que l’UFMC
nécessite environ 2,2 fois plus d’opérations arithmétiques que l’OFDM, principalement en
raison du processus de filtrage par sous-bande.
Compromis flexibilité/efficacité : L’OFDM offre une grande flexibilité d’allocation de
ressources, mais au détriment de l’efficacité spectrale (en raison du préfixe cyclique) et de la
robustesse. L’UFMC sacrifie une partie de cette flexibilité pour gagner en efficacité et en
robustesse.
Compromis latence/efficacité spectrale : Dans les applications sensibles à la latence,
l’OFDM peut offrir une meilleure performance grâce à sa plus faible complexité de traitement,

88
CHAPITRE 4 SIMULATIONS ET ANALYSE COMPARATIVE DES
PERFORMANCES DE L’UFMC

mais avec une efficacité spectrale réduite. L’UFMC offre une meilleure efficacité spectrale au
prix d’une latence légèrement accrue.
4.5.3 Domaines d’application privilégiés pour l’UFMC :
Sur la base de nos résultats, nous pouvons identifier les domaines d’application où
l’UFMC présente un avantage concurrentiel :
Communications tactiques et militaires : La robustesse accrue de l’UFMC aux
interférences et sa bonne efficacité spectrale en font une solution adaptée aux environnements
contraints où la fiabilité et la sécurité sont primordiales. La tolérance aux erreurs de
synchronisation facilite également les déploiements rapides dans des conditions de terrain
variables.
Applications IoT industrielles et critiques : Pour les applications IoT nécessitant une
qualité de service garantie (contrôle industriel, télémédecine, sécurité), l’UFMC offre une
fiabilité supérieure et une meilleure coexistence avec d’autres systèmes radio, tout en
maintenant une bonne efficacité énergétique pour les transmissions de taille moyenne à grande.
Communications véhiculaires (𝑉2𝑋) : Les environnements mobiles à haute vitesse
bénéficient de la robustesse de l’UFMC face aux décalages Doppler et aux interférences entre
utilisateurs. Les communications 𝑉2𝑋 exigent une fiabilité élevée même dans des conditions
de propagation difficiles, ce que l’UFMC peut offrir grâce à sa résistance supérieure aux
multitrajets.
Services 5G hybrides : L’UFMC permet de supporter simultanément des services à haute
fiabilité et des services à haut débit, facilitant la coexistence de différents types de trafic sur la
même infrastructure. Sa flexibilité intrinsèque permet d’adapter les paramètres de filtrage aux
exigences spécifiques de chaque service.
Communications par satellite à faible orbite (LEO) : Les contraintes de puissance et les
variations Doppler importantes dans ce contexte rendent l’UFMC particulièrement adapté,
grâce à son PAPR réduit et sa tolérance aux erreurs de synchronisation fréquentielle.
4.5.4 Limites et contraintes de l’UFMC :
Malgré ses nombreux avantages, l’UFMC présente certaines limitations qu’il convient de
prendre en compte :
Complexité d’implémentation accrue par rapport à l’OFDM. Nos analyses montrent que
cette complexité se traduit principalement par :
Une augmentation d’environ 120% du nombre d’opérations arithmétiques

89
CHAPITRE 4 SIMULATIONS ET ANALYSE COMPARATIVE DES
PERFORMANCES DE L’UFMC

Une empreinte mémoire supérieure d’environ 85%


Une latence de traitement accrue d’environ 30%
Sensibilité aux non-linéarités des amplificateurs, bien que moins prononcée que pour
l’OFDM. Les simulations avec un modèle d’amplificateur de Rapp ont montré que l’UFMC
nécessite toujours un recul de puissance significatif pour maintenir les distorsions à un niveau
acceptable.
Complexité d’estimation de canal plus élevée que pour l’OFDM, en raison de la structure
de filtrage par sous-bande qui modifie la réponse impulsionnelle effective du canal. Nos
simulations ont montré que l’erreur quadratique moyenne d’estimation de canal est supérieure
d’environ 15% pour l’UFMC avec les mêmes séquences pilotes.
Défis de standardisation liés à la compatibilité avec les infrastructures OFDM existantes,
qui peuvent freiner l’adoption à grande échelle de l’UFMC. L’intégration progressive
nécessiterait des modes de coexistence ou des mécanismes de transition qui n’ont pas encore
été pleinement définis.
Sensibilité aux paramètres de conception : Les performances de l’UFMC dépendent
fortement de la conception optimale des filtres et de la segmentation en sous-bandes. Un
mauvais choix de ces paramètres peut dégrader significativement les performances.
Ces limitations expliquent pourquoi, malgré ses avantages techniques, l’UFMC n’a pas
encore été adopté comme technique principale dans les standards de communication actuels.
Cependant, les progrès constants dans les capacités de traitement du signal et l’optimisation
algorithmique pourraient progressivement lever ces contraintes.

90
CHAPITRE 4 SIMULATIONS ET ANALYSE COMPARATIVE DES
PERFORMANCES DE L’UFMC

Conclusion
Ce chapitre a présenté une analyse comparative approfondie des performances de
l’UFMC par rapport à l’OFDM, basée sur des simulations MATLAB rigoureuses couvrant un
large éventail de métriques et de scénarios. Nos résultats confirment le potentiel significatif de
l’UFMC comme technique de modulation pour les communications sans fil de nouvelle
génération, offrant un compromis équilibré entre efficacité spectrale, robustesse et complexité.
L’UFMC démontre des avantages considérables par rapport à l’OFDM conventionnel,
notamment :
Ces caractéristiques font de l’UFMC un candidat particulièrement prometteur pour les
applications exigeantes comme les communications tactiques, les applications IoT industrielles,
les communications véhiculaires et les services 5G hybrides.
Cependant, notre analyse a également mis en évidence certaines limitations, notamment
en termes de complexité d’implémentation et de défis de standardisation. Les perspectives
d’amélioration identifiées, particulièrement l’optimisation des paramètres de filtrage, les
techniques de réduction du PAPR, l’intégration avec les technologies d’accès multiple avancées
et les systèmes MIMO, ouvrent la voie à des recherches futures visant à renforcer encore
davantage la position de l’UFMC dans l’écosystème des communications sans fil.
En conclusion, l’UFMC représente une évolution significative par rapport à l’OFDM,
offrant des améliorations substantielles dans plusieurs domaines critiques pour les
communications sans fil de nouvelle génération. Sa capacité à combiner efficacité spectrale,
robustesse et flexibilité en fait une technologie clé pour relever les défis des réseaux 5G avancés
et poser les bases des futures générations de communication sans fil.

91
Conclusion
Générale
Conclusion Générale

Conclusion Générale:
Ce mémoire a permis d’explorer en profondeur les évolutions récentes dans le domaine
des communications sans fil, un secteur en perpétuelle mutation, tiraillé entre les besoins
croissants des utilisateurs et les contraintes physiques inhérentes au milieu de transmission. La
quête d’une connectivité optimale – plus rapide, plus fiable, plus économe en ressources –
pousse les chercheurs et ingénieurs à concevoir des techniques de modulation et de gestion du
spectre toujours plus performantes.
Notre étude comparative entre l’OFDM et l’UFMC met en évidence des avancées
significatives, tout en soulignant la complexité croissante des systèmes modernes. L’OFDM,
bien que largement éprouvé et intégré dans de nombreux standards, présente des limites qu’il
devient difficile d’ignorer à l’ère de la 5G. À l’inverse, l’UFMC s’impose comme une
alternative prometteuse, notamment par sa meilleure sélectivité fréquentielle, son absence de
préfixe cyclique, et sa capacité à limiter les interférences inter-bandes, tout en assurant une
compatibilité avec des transmissions irrégulières.
Les résultats des simulations effectuées dans cet ouvrage confirment ces avantages:
l’UFMC affiche une meilleure performance en termes de taux d’erreur binaire (BER), ainsi
qu’une réduction notable des pertes énergétiques hors bande. Toutefois, cette amélioration de
performance s’accompagne d’un coût en complexité algorithmique, ce qui impose une réflexion
sur le compromis entre performance et simplicité de mise en œuvre dans des contextes réels.
Ce travail ouvre ainsi la voie à plusieurs perspectives de recherche. Il serait notamment
intéressant d’enrichir l’étude par l’intégration de canaux de propagation plus complexes
(Rayleigh, Rician), de modulations adaptatives, de schémas de codage avancés, ou encore de
techniques d’intelligence artificielle pour l’optimisation dynamique des ressources radio. De
plus, l’application de ces techniques à des architectures MIMO massives ou des réseaux
distribués intelligents constitue un prolongement naturel et ambitieux.
En définitive, cette recherche s’inscrit dans un cadre évolutif, où les technologies doivent
sans cesse s’adapter à de nouveaux usages, à des environnements plus exigeants, et à des
volumes de données toujours croissants. En proposant une analyse comparative rigoureuse, ce
mémoire contribue, à son échelle, à l’avancement des connaissances et à la préparation des
réseaux du futur.
Les références
bibliographiques
les réferences bibliographiques

Les Références Bibliographiques


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House
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A. K. Mishra, “Fundamentals of Cellular Network Planning and Optimization,
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