Impact Des Acteurs Socio-Culturels Sur Le Développement de L'entrepreneuriat Au Sénégal
Impact Des Acteurs Socio-Culturels Sur Le Développement de L'entrepreneuriat Au Sénégal
Je commence d’abord par rendre grâce au tout puissant. Lui qui m’a donné la santé, la force et
le courage afin que je puisse venir à bout de ce mémoire. Je remercie l’ensemble du corps
professoral du département Economie et gestion de l’université Assane Seck de Ziguinchor qui
ont participé à ma formation et par conséquent à l’élaboration de ce travail de mémoire.
i
Dédicace
ii
Liste des abréviations
iii
Liste des tableaux
Tableau 12 : répartition de la population selon le soutien qu’il reçoit en cas de difficulté ...... 53
iv
Liste des figures
Figure 5 : diagramme en barre de la répartition de notre population selon la taille des entreprises
.................................................................................................................................................. 49
v
SOMMAIRE
vi
Résumé
Les résultats issus de notre travail montrent que la décision d’entreprendre est motivé par
l’entourage des entrepreneurs, le choix d’investissement dépend du guide religieux et le
principal financeur de l’activité entrepreneuriale de ces petites entreprises demeure la famille.
De manière générale, les acteurs socio-culturels ont un impact positif dans le developpement
de l’entrepreneuriat.
Abstract
The informal nature of sénégalese economy with different actors generates many
dificulties for the development of profitable project. To overcome these difficulties,
governments rely on a driving level that is entrepreneurship.
This research work aims to show the impact of socio-cultural actors. That is families,
entourage and the religious leader in the development of entrepreneurial activities. To achieve
this objective, we had Ziguinchor grounds, and we used a hypothetical-deductive methodology
in a quantitative exploratory approach.
The results of our work show that, the decison to undertake is motivated by the entourage
of entrepreneurs, the choice of investment dépends on the orientation of the religious guide and
the main financer of entrepreneurial activities these small businesses remain the family. In
general, socio-cultural actors have a positive impact in the development of entrepreneurship.
vii
INTRODUCTION GENERALE
Les petites et moyennes entreprises (PME) dans les pays en développement demeurent
caractérisées par de multiples problèmes. Certains de ces problèmes sont d’ordre structurel. Ce
phénomène constitue une entorse majeure à la mise en place et au développement de projets
rentables. Ce fléau participe à accroitre le chômage et le sous-emploi des jeunes dans le
continent. Sur près de 420 millions1 de jeunes en Afrique, un tiers est au chômage, un autre
tiers possède un emploi précaire et seulement un sixième occupe un emploi salarié.
En conséquence, la plupart des jeunes finie par travailler pour leur compte dans le secteur
informel et ce pour faire face à leurs besoins de subsistance. Ces activités entrepreneuriales
s’appuient sur une dimension collective (Verstraete et Fayolle, 2005) ou sociale (Manier et
Uzunidis, 2016) et sont généralement financées par leurs entourages voire leurs familles. Elles
se caractérisent par de faible perspective de croissance et de taux d’embauche faibles (Fox et
Kaul, 2017 ; Kluve et al. 2017).
Ainsi, les chefs d’Etat et de gouvernement des pays africains donnent une importance
capitale à l’entrepreneuriat en mettant en place des politiques d’aide et d’accompagnement
destinées d’une part aux porteurs projets et d’autre part à soutenir les activités déjà entreprises
(Mechtour, 2020). C`est pour cela que le gouvernement sénégalais, a mis en place des
dispositifs pour appuyer les entrepreneurs. Nous pouvons citer le Plan Sénégal Émergent (PSE),
dont l’atteinte des ambitions en matière d’emploi repose sur la promotion de l’entrepreneuriat,
afin d’en faire un véritable projet de carrière pour les jeunes (Yassine, 2021).
1
Source : (AUDA-NEPAD) dans (Afrique, 2020)
1
développement de l’entrepreneuriat est devenu ainsi un enjeu fondamental ou une demande
sociale qui provient d’acteurs hétéroclites : les citoyens, les Etats et les collectivités locales, les
différents organismes financiers, les créateurs d'entreprise, etc. De ce fait, il y a plusieurs acteurs
formels ou informels dont leurs interactions réciproques peuvent provoquer un jeu coopératif.
Mais les pratiques entrepreneuriales recouvrent diverses réalités au-delà de la variété de statut,
de taille, et de champ des entreprises créées (Badia et al., 2013)
Les activités du secteur informel ne concernent pas seulement les ménages et individus
pauvres au chômage, mais plutôt des secteurs et des contextes socio-économiques différents
(Simen, 2018). Sous cet angle, l’entrepreneuriat apparait comme un dispositif de soutien face à
l’incapacité des Etats de répondre favorablement aux nombreuses demandes d’emplois, à la
suppression de poste dans la fonction publique ainsi qu’aux faibles taux d’embauches des
grandes entreprises.
Aujourd’hui du côté des autorités nationales, on assiste à des efforts allant dans le sens
de la promotion de l’entrepreneuriat. Une multiplicité de positionnements vis-à-vis de
l’entrepreneuriat et de la manière de le promouvoir existe sur le continent au-delà des efforts
uniformes des bailleurs multilatéraux. Dans plusieurs pays d’Afrique, il y’a la coexistence d’un
grand nombre de dispositifs locaux d’appui à l’entrepreneuriat. Dans d’autre pays les réformes
sont d’avantage axées sur l’évolution du cadre juridique et réglementaire (BAD, OCDE et
PNUD, 2017). Dans ce sens, le Sénégal s’est récemment dotés d’une agence nationale de
promotion de l’entrepreneuriat dénommée la DER qui est la délégation à l’entrepreneuriat
rapide (Berrou et al. 2021). Ici, l’action des structures publiques est souvent complétée par des
ONG et d’autres parties prenantes informelles.
Ensuite malgré les nombreuses recherches sur l’entrepreneuriat, peu se sont intéressées
aux cas atypiques. Simen et al. (2015) ont relevé deux obstacles qui affectent le développement
de l’entrepreneuriat au Sénégal. Il s’agit de l’environnement institutionnel, qui est souvent
perçu comme contraignant et la concurrence des grandes entreprises qui laissent peu de marge
2
de manœuvre aux petites entreprises. A cela, s’ajoute l’insuffisance des politiques qui favorisent
le dynamisme entrepreneurial.
Quel est le rôle réel des acteurs socio-culturels dans le développement de l’entrepreneuriat
au Sénégal ?
Questions spécifiques :
L’objectif général de notre travail de recherche est de montrer l’impact des acteurs socio-
culturelles c’est à dire les familles, l‘entourage et les acteurs religieux sur le developpement
des activités entrepreneuriales.
Objectifs spécifiques :
Montrer l’apport que les acteurs socio-culturels ont sur l’activité des entrepreneurs.
Montrer qui est le principal financeur de l’activité des entrepreneurs.
Le plan de l’étude est composé de deux parties qui seront structurées comme suit : la
première partie est relative à l’approche conceptuelle et à la revue critique de la littérature. Elle
comprend deux chapitres. Le premier sera consacré à la définition des concepts et à la littérature
théorique. Le deuxième abordera le cadre contextuel de l’entrepreneuriat dans les pays en
3
développement puis au Sénégal. La deuxième partie sera consacrée à l’approche empirique et
sera constituée de deux chapitres. Le premier abordera la méthodologie de la recherche et le
deuxième sera consacré à la présentation des résultats obtenus et à la discussion.
4
PARTIE 1 : CADRE THEORIQUE ET CONCEPTUEL
5
CHAPITRE 1 : DEFINITION DE L’ENTREPRENEURIAT
6
Introduction
Nombreux sont les auteurs qui ont abordé la définition de l’entrepreneuriat. Il faut dire
que l’entrepreneuriat est un phénomène complexe. Cependant beaucoup d’auteurs abordent
l’entrepreneuriat à partir de l’acte d’entreprendre initié par un acteur principal (Bruyat 2000).
Dans ce chapitre nous allons d’abord essayer de définir l’entrepreneuriat du point de vue de
plusieurs auteurs. Nous porterons donc notre attention sur quelques approches principales de la
notion d’entrepreneur et ses applications dans des situations différentes. Pour ce faire nous
allons partir de « l’entrepreneur classique » étudié par les économistes, les psychologues et les
gestionnaires, nous aboutirons à l’analyse des nouvelles formes organisationnelles et les
théories mobilisées et compte tenu de leurs rapports avec notre travail privilégiant le
comportement entrepreneurial au Sénégal.
L’entrepreneuriat est un phénomène qui existe depuis longtemps. Mais dans la littérature
trois approches sont fréquemment citées pour expliquer le champ de l’entrepreneuriat.
D’abord, la conception de Gartner (1985 b) considère l’entrepreneuriat comme un processus
conduisant à l’émergence d’une organisation par la mobilisation des ressources et des
compétences afin de concrétiser une opportunité. En d’autres termes, cette conception étudie la
naissance de nouvelles organisations et leurs processus de concrétisation.
Enfin, nous pouvons citer la conception de Shane et Venkataraman (2000) qui définissent
l’entrepreneuriat comme un « processus par lequel, des opportunités à créer des produits et des
services futurs sont découvertes, évaluées et exploitées. ».
Nous considérons que ces trois conceptions sont complémentaires. Car pour aboutir à
l’émergence d’une organisation, il est nécessaire de favoriser la création de la valeur. Et pour y
arriver il est fondamental de pouvoir identifier des opportunités.
7
1.1 La notion d’entrepreneur selon les économistes
Pour Cantillon (1755) et Say (1803), l’entrepreneur est un preneur de risque puisqu’il
investit son argent. Cantillon (cité par Fillion, 1997) précise que l’entrepreneur achète (champ
de l’entrepreneuriat, historique, évolution, tendances) une matière première à un prix certain
pour la transformer et la revendre à un prix incertain. C’est donc quelqu’un qui sait saisir une
opportunité en vue de réaliser un profit, mais qui doit en assurer les risques. Say (1823), fera
une différence entre l’entrepreneur et le capitaliste et associera le premier nommé à l’innovation
en le voyant comme un agent de changement.
Schumpeter (1928 cité par Mercier (2014)), à son tour, insistera sur l’aspect fortement
innovateur de l’entrepreneur : « l’essence de l’entrepreneuriat se situe dans la perception et
l’exploitation de nouvelles opportunités dans le domaine de l’entreprise… ». De nouvelles
combinaisons de ressources lui permettent de mettre en œuvre et réaliser ses idées. Il démontre
que l’entrepreneur participe de façon très importante au développement économique.
Les travaux de David C. Mc Clelland (1961) ont essayé de faire comprendre le système
de valeurs et les motivations de l’entrepreneur. Mc Clelland (1961) a révélé deux dimensions
essentielles qui détermineraient un comportement d’entrepreneur : le besoin d’accomplissement
et le besoin de puissance. Le besoin d’accomplissement pousse un individu à être responsable
de la solution de ses problèmes et en conséquence à se fixer lui-même les objectifs aptes à
l’épanouir. Le besoin de puissance, moins étudié, passerait par une volonté plus ou moins
explicite d’occuper une place prédominante dans un système.
Michel Palmer (1987) indique que les personnes ayant un fort besoin d‘accomplissement
comparées à celles qui ont une faible motivation sur ce plan, sont caractérisées par la préférence
pour des tâches présentant un risque qui les implique, un travail plus dense dans des occupations
qui requièrent une certaine force mentale.
Meyer Friedman et Ray H. Roseman (1974) reprennent en partie des positions de Mac
Clelland en isolant le « facteur A » propice à la création d’entreprises : le facteur A est « un
ensemble complexe d’actions et d’émotions qui peut être observé chez toute personne vivant
de façon constante et agressive un combat personnel pour réaliser de plus en plus de choses en
moins en moins de temps » (Organisations.2002).
Dans une étude de 1992 « Faire le pas, recherche sur les créateurs d’entreprises » Paul
Rasse et Denis Parisot font apparaître trois valeurs clés que nous retrouvons souvent à la lumière
8
de l’observation pratique au sein du Centre des Entrepreneurs d’E.M.LYON :
Volonté de s’exprimer et de se réaliser ;
Besoin d’indépendance et de liberté ;
Le goût d’entreprendre et de diriger.
En somme, selon Fillion (1997, cité par Miliani, 2016) l’entrepreneur, homme social, est
un produit de son milieu. Plusieurs auteurs ont montré que les entrepreneurs reflètent les
caractéristiques du temps et du lieu où ils ont évolué (Ellis 1983, Gibb et Ritchie 1981). En ce
sens, les cultures, les besoins, les habitudes d’une région façonnent les comportements.
Les « gestionnaires » viendront compléter l’approche par les traits qui est centrée sur l’individu
entrepreneur. Cette vision vient en intégrant l’environnement et surtout l’organisation.
Dans un article publié en 1989 (what is an entrepreneur ? is the wrong question), Gartner
conscient de l’insuffisance de l’approche par les traits, se propose d’étudier ce que fait
l’entrepreneur et met l’accent sur la création d’une organisation, résultat de multiples influences
intervenant dans un processus complexe. « La recherche sur l’entrepreneur devrait se focaliser
sur ce que fait l’entrepreneur et non ce qu’il est ». Dans cette ligne, Bygrave (1989) puis
Bygrave et Hofer (1991) proposent une définition finale (c) fondée sur deux préalables (a et b).
a) Un événement entrepreneurial entraîne la création d’une nouvelle organisation pour
l’exploiter ;
b) Le process entrepreneurial comprend toutes les fonctions, activités et actions inhérentes à la
perception d’opportunités et à la création d’organisations pour les exploiter.
c) Un entrepreneur est quelqu’un qui perçoit une opportunité et qui crée une organisation pour
9
l’exploiter (Organisations 2002).
Les Les
caractéristique caractéristique
s et les s du process
fonctions de entrepreneuria
l’entrepreneur l
Système
Entrepreneur L'acte d'entreprendre L'entreprise
entrepreneurial
Ajustements Construction de
Adéquation homme /
Comportements interindividuels et l’avantage
projet
intergroupes concurrentiel
Intérêts catégoriels
Personnelle Pouvoir de
Logique - Personnes
Economique marché
- Groupes
10
Selon ces auteurs, l'entrepreneur est au cœur du phénomène entrepreneurial et sa volonté
d'entreprendre repose sur l'envie d'imaginer, de réaliser et de développer un projet en disposant
d'une marge de manœuvre maximum pour mettre en œuvre sa "vision du monde" dans le
système de valeurs qui est le sien. La diversité des approches et la multitude des définitions ne
participent pas à la stabilité du domaine de recherche de l’entrepreneuriat. Selon Fayolle (2002),
« l’entrepreneuriat, en tant que domaine de recherche, se trouve à un carrefour. Il nous semble
que le développement scientifique de ce champ ne peut se poursuivre qu’à partir d’une vision
commune et d’un large accord sur un corpus de connaissances, de théories produites, des
perspectives et des méthodes de recherche utilisées » (Fayolle, 2002, p. 1).
2. 1 Théorie de l’agence
La dénomination de la théorie, qu’on peut attribuer à S.A. Ross (1973, 1974), est liée à
la définition que celui-ci donne de la relation d’agence : « On dira qu’une relation d’agence
s’est créée entre deux (ou plusieurs parties) lorsqu’une de ces deux parties, désignée comme
l’agent, agit soit de la part, soit comme représentant de l’autre, désignée comme le principal,
dans un domaine décisionnel particulier ». Cette définition est très proche de la définition
retenue par JENSEN et MECKLING (1976) qui définissent la relation d’agence comme « un
contrat par lequel un ou plusieurs individus (le principal) ont recours au service d’une autre
11
personne (agent) afin d’accomplir à son nom une tâche quelconque ».
L’idée qui sous-tend cette théorie est d’une simplicité extrême. Car elle est à la base, par
exemple, de l’analyse de la relation entre les actionnaires (supposés agir comme un principal
unique) et le dirigeant (l’agent), de celle existant entre l’employeur et l’employé ou encore, de
celle qui lie le producteur au distributeur. En raison des divergences d’intérêts entre individus
ou organisations, les relations de coopération s’accompagnent nécessairement de conflits
inducteurs de coûts qui réduisent les gains potentiels issus de la coopération (Charreaux, 1998).
Cette relation soutient que le principal délègue la décision et l’action à l’agent qui agit au
nom du principal ; le problème, vu sous l’aspect normatif, est de trouver un mécanisme incitatif
qui incite l’agent à choisir l’action optimale du point de vue du principal, c’est-à-dire qui
maximise l’utilité de ce dernier après prise en compte de la rémunération de l’agent. Selon Hart
et Holmstrom, (1987), cette maximisation se fait sous deux contraintes :
que l’utilité de l’agent qui dépend de l’action choisie via le mécanisme incitatif et du
coût de l’action soit supérieure à son niveau d’utilité de réservation, qui peut être
assimilé à la rémunération qu’il pourrait obtenir par ailleurs (sur le marché) en offrant
ses services.
que l’action choisie soit effectivement la meilleure pour le principal.
12
fait qu’au Sénégal c’est des acteurs informels qui aident les entrepreneurs dans le
developpement de leurs activités. La théorie des parties prenantes nous permettra dans la suite
de notre travail de distinguer les différents intervenants dans l’activité entrepreneuriale du
Sénégal.
Selon Freeman (1984), le terme « partie prenante » a été employé pour la première fois
en 1963 lors d’une communication au sein du Stanford Research Institute. Il se traduit par le
concept Stakeholder qui signifie également (partie intéressée ou « ayant droit). Sa création
provient d’une manipulation du terme de « Stockholder » qui désigne l’actionnaire afin
d’indiquer que d’autres parties ont un intérêt dans l’entreprise. La TPP cherche donc à se
substituer à la vision traditionnelle de l’entreprise, dénommée « Stockholder Theory », qui
postule que les dirigeants ont l’obligation fiduciaire d’agir exclusivement selon les intérêts de
leurs actionnaires.
Dodd (1932) et Barnard (1938) peuvent être considérés comme des pionniers de la TPP.
Car bien avant l’utilisation du terme partie prenante ils avaient émis l’idée selon laquelle
l’entreprise doit équilibrer les intérêts des différents participants pour maintenir leur
coopération nécessaire. Selon Hummels (1998) dès les années trente, Sears et Johnson puis
Johnson avaient déjà commencé à réfléchir les principaux groupes qui participent au
fonctionnement des grandes entreprises américaines telles que General Electric. Ils avaient
décelé quatre parties prenantes : les clients, les employés, la communauté et les actionnaires
(Mercier, 2014).
La TPP analyse les relations nouées entre l’entreprise et son environnement entendu au
sens large. Elle a d’abord été mobilisée en management stratégique par Freeman et Martinet,
(1984) avant de devenir incontournable dans les réflexions centrées sur les systèmes de
gouvernance des entreprises (Charreaux et Desbrières, 1998). La TTP est surtout devenue l’une
des références théoriques dominantes dans l’abondante littérature portant sur l’éthique
organisationnelle et la responsabilité sociale de l’entreprise grâce à la réflexion intense sur le
concept de Stakeholder.
La TPP vise aussi (et surtout) à identifier ce qui fonde la légitimité d’une partie prenante,
d’un point de vue normatif. Selon DiMaggio et Powell (1983), la reconnaissance du statut de
partie prenante à une entité s’appuie largement sur un processus d’analyse du caractère légitime
de cette entité. La légitimité de ce statut est perçue dans le sens « stratégique » et sociologique
de la société au sein de laquelle agit l’entreprise mais aussi des pratiques considérées comme
légitimes au sein du champ organisationnel où se situe l’entreprise. De nombreux chercheurs
13
se sont mobilisés pour justifier, d’un point de vue éthique, la nécessaire intégration des parties
prenantes.
Selon Phillips et al. (2003), la notion de partie prenante n’a pas le même sens pour tous
les auteurs. Les conceptions les plus larges de la notion de partie prenante semblent poser des
problèmes, soulevés par exemple par Orts et Strudler (2002) et de façon plus radicale par Jensen
(2002) ou Sternberg (2001). Elle désigne n’importe qui pourrait revendiquer un intérêt dans une
organisation (Mercier, 2019).
Hill et Jones (1992) et Clarkson (1995) sont partisans d’une acception plus étroite du
concept de SH. Ainsi, Clarkson (p. 106) distingue les parties prenantes volontaires (ou
primaires) et involontaires (ou secondaires) selon qu’ils acceptent ou qu’ils soient exposés à un
certain risque en nouant une relation avec l’entreprise. Donaldson et Preston (1995) abordent
la TPP dans une optique descriptive. Selon eux, l’entreprise est appréhendée comme une
constellation d’intérêts coopératifs et concurrents entre les parties prenantes. Comme le
confirment Post et al. (2002 cités par Mercier, S. (2019)) qui pensent que l’entreprise est vue
comme le centre d’un réseau d’intérêts avec des participants interdépendants.
Les parties prenantes sont abordées comme des facteurs permettant à l’entreprise de
réaliser ses objectifs et donc aux dirigeants de satisfaire leurs obligations fiduciaires vis-à-vis
des actionnaires Jones et Wicks (1999) et Andriof et Waddock (2002). Dans une optique
contractuelle, Jones (1995) indique que les firmes qui contractent avec leurs parties prenantes
sur la base de la coopération et de la confiance mutuelle s’octroient un avantage concurrentiel
sur celles qui ne le font pas.
De nombreux travaux ont montré qu’au Sénégal, les entrepreneurs sont confrontés à
d’énormes difficultés dans le developpement de leurs activités. Selon Cailloux et al. (2014), ces
difficultés sont liées à l’accès aux financements classiques. Mais selon R, Malou (2018) les
difficultés sont liées à l’asymétrie d’information entre les agents à besoin de financement et les
agents à capacité de financement. Dans notre travail l’asymétrie d’information sera analysée
dans un contexte compris entre les entrepreneurs et les institutions de financement. Autrement
dit on essayera d’analyser le niveau d’information entre les entrepreneurs et les institutions de
financements classiques.
Le fondement de cette théorie a été posé par Akerlof (1970) à travers les voitures
14
d’occasion de mauvaise qualité qu’il appelle « lemons ». Il base son analyse sur le
fonctionnement d’un marché avec des biens hétérogènes de qualité moyenne non observable.
Le marché est caractérisé par une asymétrie d’information entre vendeur et acheteur. Selon
Belloc (1986), les vendeurs connaissent la qualité des produits qu’ils proposent tandis que les
acheteurs non. Ces derniers n’ont que des anticipations sur le niveau de qualité des produits
qu’ils achètent. Par contre selon Akerlof (1970) c’est le prix qui informe les acheteurs sur le
niveau de qualité du bien considéré.
Le marché est censé traduire parfaitement la valeur des biens, hormis les effets
déstabilisants de court terme de pénurie ou d’abondance. De ce fait, la connaissance sur les
propriétés des objets est censée être partagée par l’acheteur et le vendeur. Selon (Marx [1867]
1985, p. 365) « tout acheteur est censé posséder une connaissance encyclopédique des
marchandises ». Un certain nombre de travaux ont tenté de montrer en quoi une asymétrie
d’information modifie la prise d’une décision de politique commerciale, et si notamment, les
agents qui disposent de cette information privée, peuvent manipuler, à leur bénéfice, les agents
non pourvus de la même information (Bouët, 2005).
Selon Diamond et Didvid (1986 Mercier (2019)), le rôle de la banque est de réduire les
asymétries d’information. Ils développent que les déposants confient leur argent aux banques
pour qu’elles surveillent les emprunteurs. Selon (Schumpeter cité par Diamond (1984)), en cas
d’asymétrie d’information, il est important pour les préteurs de connaitre l’utilisation effective
des fonds par les emprunteurs. Car cela peut leur permettre d’avoir une image claire sur la
situation. Par contre selon Artus (1990b), en l’absence d’information sur l’allocation prêtée, les
emprunteurs peuvent toujours avancer la thèse de la faillite pour ne pas rembourser.
Conclusion
16
CHAPITRE 2 : ENTREPRENEURIAT DANS DIFFERENT CONTEXTE
17
Introduction
Selon certains auteurs, le rôle que joue l’entrepreneuriat dans les pays en developpement
diffère de celui qu’il joue dans le pays développés (Stam et van Stel 2009). Selon Rodrik (2007)
dans les pays industrialisés, les entrepreneurs se concentrent sur l’innovation et la recherche
developpement. Tandis que dans les pays en développement, ils fabriquent des produits destinés
avant tout au marché local à un prix inférieur aux produits du marché mondial. Ce qui fait que
jusqu’à présent l’entrepreneuriat n’a pas encore joué pleinement son rôle dans la croissance du
continent africain. Car selon Prodi (2002 cité par Afrique (2020)), si les déficiences dans le
domaine de l’entrepreneuriat étaient prises au sérieux, elles pourraient être des éléments
déterminant pour le développement.
Les Etats et les instances mondiales conçoivent l’entrepreneuriat comme un moyen utile
qui permet de répondre aux enjeux des crises économiques successives. C’est la raison pour
laquelle des discours faisant la promotion de l’entrepreneuriat sous toutes ses formes émergent
de partout, invitant les individus « désavantagés » à prendre leurs responsabilités et leurs destins
en main. Selon la banque mondiale (BM) et le fond monétaire international (FMI),
l’entrepreneuriat est destiné à promouvoir l’emploi des jeunes, l'insertion professionnelle des
catégories discriminées sur le marché du travail. Les promesses dont l’entrepreneuriat est
porteur doivent être mises à l’initiative afin qu’elles soient de potentiels solutions aux
problèmes que rencontre une partie de la population.
18
Le discours visant la promotion de l’entrepreneuriat doit être contextualiser au regard des
intérêts économiques et politiques locaux. Pour cela, il est important de renforcer dans le
continent africain les bailleurs multilatéraux, et les politiques de soutien vis-à-vis de
l’entrepreneuriat. Car si les déficiences dans le domaine de l’entrepreneuriat parvenaient à être
prises au sérieux, ce domaine pourrait devenir le facteur clé pour l’amélioration de la croissance
et de la productivité des économies africaines Prodi (2002).
19
Pour Sternberg (2011), les entrepreneurs, aussi minoritaires soient-ils, réussissent la
plupart du temps et créent néanmoins une contribution positive dans l’économie. Car ils
innovent, créent de l’emploi, exportent et développent la culture entrepreneuriale des pays. Ils
sont souvent habiles à exploiter plus efficacement leur réseau social pour réunir du capital mais
aussi ils possèdent une bonne capacité de gestion.
Par contre, dans les économies en développement, la plupart, des emplois sont générés
par le secteur informel qui joue un rôle prédominant dans la création de richesse nationale. Il
demeure largement méconnu des chercheurs et négligé par les politiques, voire perçu
négativement. Dans les pays développés, les entrepreneurs créent principalement dans
l’économie formelle. Cela explique le fait que la plupart des études dans le monde se sont
d’abord intéressées à l’entrepreneuriat formel. Pendant ce temps, dans les pays en
développement les programmes formels d’emploi des jeunes ne donnent pas les résultats
escomptés (Banque mondiale, 2017). Ici, l’entrepreneuriat ou la micro entreprise est plus
intense dans le secteur informel. Il regroupe une part importante des activités économiques qui
peuvent résorber le problème d’accès à l’emploi dans ces économies en situation de rareté de
l’emploi formel.
Selon Haile (2003), les principales équations à résoudre dans les pays en voie de
developpement sont le chômage et le sous-emploi. Il faut noter qu’en Afrique une part très
importante de la population vit en dessous du seuil de la pauvreté. En effet, plus de 140
millions(Nene Oumou Deffa et al. 2014) de personnes sont des travailleurs à faible revenu qui
n’ont pas les moyens de subvenir de façon durable aux besoins de leurs familles (Nene Oumou
Deffa et al., 2014).
Compte tenu de la situation démographique qui sévit dans les pays en developpement et
le chômage grandissant des jeunes, l`entrepreneuriat devient une des solutions cruciales capable
d’avoir des retombées positives multiples. Car les économies en developpement ne sont plus en
mesure d’offrir des opportunités d’emplois décentes aux jeunes qui se portent chaque année sur
le marché du travail. De ce fait, l’enjeu de la « création d’entreprise » émerge de manière
concomitante en Afrique (Larcher, 2021).
Dans les pays africains, de nombreux travaux ont montré le faible développement de
l’esprit d’entreprise ou de la culture entrepreneuriale (Bourgoin, 1984; Ponson, 1990 ; Hénault
et M’Rabet, 1990). Selon Sombart (1932) le fait qui régule l’économie africain est la dépense
ou la subsistance. Ce qui fait que l’investissement sur l’entrepreneuriat devient compromit. Car
ce dernier est un détour de production évitant une consommation immédiate. Traoré (1990 cité
par Afrique (2011)) met l’accent sur les insuffisances des politiques publiques (programme de
soutien, financement…).
D’autres auteurs insistent sur les traits culturels. Car ils considèrent que la culture des
affaires est beaucoup plus forte en Afrique que la culture pour l’entreprise. L’ensemble ces
raisons qui viennent d’être soulignées par ces différents auteurs, fait que la sensibilisation à
l’entrepreneuriat revêt d’un caractère fondamental et que des efforts restent à faire dans la
promotion de l’entrepreneuriat dans les pays en developpement et particulièrement dans les
pays africains, (Dia 2011).
Selon Block et Wagner (2010 cité par (Dia 2011)), l’entrepreneuriat participe à la
réinsertion des employés ayant perdu leur salaire. D’autres auteurs pensent que l’activité
entrepreneuriale peut offrir une issue qui permet aux femmes ou aux immigrants d’échapper à
la discrimination subies (Clark et Drinkwater, 2000 ; Hammarstedt, 2001 ; Claret et Ruane,
2010).
Cependant, dans un contexte plus spécifique, le Sénégal doit faire face à la pauvreté
d’une partie importante de sa population. Il doit dès lors définir et mettre en œuvre des
politiques économiques favorables au plus grand nombre et éviter de laisser se creuser les
inégalités. Le pays connait une croissance démographique élevée. Cette croissance ainsi que
l’appauvrissement de la population rurale (la plus vulnérable) entraînent un exode rural
important et un afflux de population dans les villes. Les milliers de jeunes qui arrivent chaque
année sur le marché du travail, en particulier dans les villes, sont en demande d’insertion
professionnelle. Cette demande est d’autant plus difficile à satisfaire que leurs exigences et
leurs attentes ont évolué sous l’influence des médias.
L’offre d’ETFP formelle existante, qu’elle soit publique et privée, n’est pas en mesure
d’absorber la demande émanant des jeunes. C’est dans ce sens que l’entrepreneuriat apporte un
poids important, que ce soit en termes de contribution au PIB, à l’emploi et à l’insertion des
jeunes à travers les MPME. De ce fait, ce sont dans ces entreprises que la majorité des jeunes
21
sortant du système scolaire se forment et s’insèrent. La plupart n’ont d’autre solution, pour
accéder à un emploi, que d’entrer en apprentissage dans les MPME. Cet apprentissage joue un
formidable rôle de formation et d’intégration sociale et professionnelle (Barlet et al., 2011) .
Pour les jeunes, l’entrepreneuriat apparait avant tout comme un moyen qui génère un bon
revenu, qui garantit une certaine sécurité (contrat de travail, activité durable). Il offre parfois
des perspectives de développement à long terme (c’est-à-dire qui permettent d’apprendre et
d’évoluer) et qui donnent une bonne image (métiers modernes versus anciens ; métiers
intellectuels versus manuels; métiers de la ville versus métiers du village ; métiers du tertiaire
préférés à ceux du secteur primaire ; etc.). Concrètement l’entrepreneuriat informel offre à la
grande majorité des jeunes sénégalais l’opportunité d’avoir accès à un emploi salarié (Maloney,
2004).
C’est la raison pour laquelle en Afrique, l’UA, à travers sa charte pour la jeunesse, met
en place un agenda pour l’horizon 2063. Cet agenda vise à mettre en œuvre des moyens pour
promouvoir l’entrepreneuriat des jeunes dans le continent et à offrir à des millions de jeunes, à
travers tout le continent, des opportunités et des interventions dans les domaines clés de
l’emploi par l’entrepreneuriat (Afrique, 2020). En Afrique, l’entrepreneuriat est une panacée
pour les défis auxquels les jeunes sont confrontés. Sans aucun doute, il s’est avéré une
alternative viable à l’emploi pour beaucoup dans les pays en developpement. C’est pourquoi
beaucoup de chercheurs cherchent à approfondir cette option.
Selon Cilliers (2018), la jeunesse est une ressource essentielle pour le continent africain.
Son exploitation par le biais de la promotion de l’entrepreneuriat, peut s’avérer être un véritable
atout pour les pays en developpement et un moyen essentiel pour réaliser « le dividende
démographique2 » de l’Afrique. Selon Isenberg (2010), ces éléments peuvent favoriser la
création d’emplois, le développement et la croissance des entreprises innovantes. Pour y arriver,
les gouvernements doivent catalyser la promotion de l’entrepreneuriat chez les jeunes, réduire
les obstacles et créer un écosystème entrepreneurial favorable. Un tel écosystème
entrepreneurial pourrait inclure le capital humain, la culture entrepreneuriale et les réseaux de
soutien qui interagissent en collaboration (Yassine, 2021).
2
Le dividende démographique est la fenêtre d’opportunité qui s’ouvre lorsque la population en âge de travailler
(entre 15 et 64 ans) d’un pays est plus importante que la population dépendante (de moins de 16 ans et de plus de
64 ans)
22
1.3 Impact sur le plan international
Dans les pays du Sud en général, et dans les pays africains en particulier, c’est le secteur
de la micro, petite et moyenne entreprise (MPME) qui est le principal vecteur d’insertion
professionnelle, notamment pour les jeunes. Or, cette réalité reste insuffisamment prise en
compte dans les politiques et, surtout, dans les stratégies de développement de la formation
professionnelle dont l’offre, que ce soit en termes de contenu ou de modalités, ne répond que
partiellement aux besoins de compétences des MPME. La dimension entrepreneuriale, plus
particulièrement, est souvent absente des formations proposées. Pourtant, la dynamique
entrepreneuriale c’est-à-dire la volonté d’entreprendre et la capacité d’identifier une opportunité
et de la transformer en une activité économique générant un revenu dans un contexte
(économique, social, technologique, administratif et fiscal) donné est le moteur de ce secteur.
Dans tous les pays européens, les politiques publiques encouragent la création
d’entreprises à travers l’entrepreneuriat pour endiguer le chômage. En effet, ils considèrent
l’entrepreneuriat comme un élément vital dans une économie. Les entrepreneurs sont porteur
de projet, innovent et participent activement au developpement économique. Ils participent à
l’efficacité productive en stimulant la concurrence. Ils créent des emplois et diffusent les
technologies et sont devenus des priorités pour les gouvernements (Tessier-Dargent, 2014).
Dans certains pays occidentaux, les indicateurs sont au rouge : les politiques publiques à
destination des populations défavorisées sont nombreuses, coûteuses mais inefficaces, chômage
élevé et le marché du travail dérégulé. Selon Mandják et al. (2011), l’ensemble de ces éléments
font des entrepreneurs de véritables héros. La Commission Européenne souligne ainsi son
objectif de promouvoir l’entrepreneuriat auprès de publics spécifiques. Chez les femmes, les
seniors, les migrants et les personnes au chômage, l’entrepreneuriat apparait comme « une
précieuse opportunité d’inclusion sociale » (Tessier-Dargent & Fayolle, 2016).
3
INSEE (2012)
4
INSEE (2012)
23
Si on se réfère aux études effectuées par le GEM5 en ce qui concerne la création
d’entreprise. L’indicateur nommé taux d’entrée (qui mesure le nombre de SARL créé, pour
1000 individus en âge de travailler (15-64 ans)), entre 2004 et 2009 pour 1000 individus, en
moyenne dans les pays industrialisés quatre SARL sont créées, entre une et trois en Amérique,
au Caraïbes ainsi qu’en Europe et en Asie central. Cette création est de moins une dans les
autres régions du monde. Le plus faible taux d’entrée est enregistré par l’Afrique subsaharienne
c’est-à-dire 0,586 (Klapper et Love, (2010)).
Par contre d’après les données récemment collectées sur le terrain, l’entrepreneuriat
progresse petit à petit en Afrique ceci grâce au retour de certains travailleurs qualifiés dans leur
pays d’origine (Afrique, 2011). A l’exemple des expatriés chinois et indiens rentrés au pays
durant les années 1990 pour y créer des entreprises, des signes montrent que la diaspora des
entrepreneurs africains peut contribuer à la mutation du continent. Car plusieurs rapports
montrent qu’en 2010, 10 0007 professionnels qualifiés nigérians sont rentrés au pays. En Angola
par exemple, le nombre d’individus revenus au pays tourne autour de 1000 (Forum économique
mondial (2011)).
5
Programme de recherche créé en 1999 centré sur une estimation annuelle harmonisée de l’activité
entrepreneuriale dans différents pays du monde.
6
(Afrique, 2011).
7
(Forum économique mondial (2011))
24
la pauvreté et ne profite malheureusement encore qu’à peu de Sénégalais. La preuve, le taux de
pauvreté atteint 46,78 % de la population selon les dernières estimations. Le taux de chômage
est officiellement de 10,2%9 en 2011 sur le plan national et il est particulièrement élevé (31%10
en 2011) pour les diplômés de l’enseignement supérieur (PSE, 2014).
Le recensement général des entreprises au Sénégal montre que 99,8%11 des entreprises
sont des très petites et moyennes entreprises qui évoluent essentiellement dans le secteur
informel et absorbent une part importante de la main d’œuvre (RGN, 2017). Le secteur informel
représente et génère la plupart des emplois dans l’économie alors que le secteur formel regroupe
moins de 5% des entreprises au Sénégal12. Ce qui fait que les secteurs formels et informels
entretiennent des relations et des mouvements importants. Des individus évoluant dans le
formel, sur le long terme, peuvent se retrouver dans l’informel (Abate, 2016) et inversement
(Nguyen et al, 2014).
Cependant, l’absence de données fiables sur le secteur informel peut expliquer pourquoi
les chercheurs s’en sont moins préoccupés. Au Sénégal, l’entrepreneuriat est perçu comme le
principal composant du secteur informel. Il se traduit dans une approche générale par des
entrepreneurs avec un capital financier limité, souvent peu qualifiés, avec des volumes de
production faibles, des revenus restreints et irréguliers, des échappatoires fiscales et/ou encore
des conditions de travail souvent précaires. Néanmoins, l’entrepreneuriat est de plus en plus
considéré comme un important vecteur de croissance et ceci s’explique notamment par son
incidence sur l’insertion professionnelle des jeunes et la création d’emplois (Mcf & Sénégal,
2017).
8
Banque mondiale, (2016)
9
PSE, (2014)
10
PSE, (2014)
11
Source : (RGN, 2017)
12
Source : (RGN, 2017)
13
Il est entendu par métier porteur toute activité régulière, occupation, profession utile à la société, donnant des
moyens d’existence à celui qui l’exerce et dont le contenu favorise le développement, tant d’un point
économique que social.
25
fondée sur le réalisme consiste à faire ce qu’on sait faire le mieux et faire ce qui est plus
maîtrisable et plus profitable. En l’occurrence, le commerce se justifie à bien des égards du fait
des modèles de réussites économiques qui en découlent.
En effet, en dehors des nombreux avantages que procure l’informel (pas d’obligation fiscale,
ni de respect du code du travail), les activités commerciales, s’effectuent la plupart du temps au
travers des modalités qui consistent en diverses formes de contournement de la réglementation
économique locale (Ndoffène et al., 2022). Dès lors, les marges qui en découlent liées au non-
respect des obligations fiscales et aux contournements en question font qu’elles restent les
activités les plus profitables dans le champ de l’économie sénégalaise.
Au-delà du commerce, le secteur du bâtiment est toujours resté l’une des locomotives de
l’économie nationale marqué par une forte demande et, corrélativement, une forte croissance.
A cela, s’ajoute le fait que l’alimentation constitue un besoin quotidien, fondamental et
nécessaire à la reconstitution de la force de travail, et qu’en particulier dans les espaces urbains
et périurbains au Sénégal, le phénomène des travailleurs sans ancrage familial se développe de
plus en plus, la restauration devient ainsi une activité porteuse pour les promoteurs (Dimé,
2015). Ce secteur abrite d’autres activités pourvoyeurs d’emplois tels que la petite mécanique,
l’artisanat utilitaire ou d’art.
26
Quant aux ressources halieutiques, elles s’avèrent en baisse et fortement liées à une pêche
excessive (PSE, 2014, p 29). D’autre part, le secteur industriel voit son élan stoppé par les
fréquentes coupures d’électricité (PSE, 2014, p 31). Enfin, le secteur du tourisme dont
l’importante source de revenus est apportée par les quelques 836 00014 touristes en 2015
(Populationdata.net, 2015) profite surtout aux organismes de voyage et encore trop peu aux
habitants (Mcf et Sénégal, 2017).
Les entrepreneurs sénégalais subissent des pressions sociales fortes de la part de leur
entourage (la famille et la communauté). Ces pressions se manifestent sous forme de
sollicitations d’argent et d’embauche. Même modestes, ils doivent subvenir aux besoins d’une
famille élargie pouvant regrouper plus d’une dizaine de personnes (Galand, 1994 cité par
(Dimé, 2015)). Ils travaillent souvent seuls, sans main-d’œuvre salariée, mais ils peuvent être
assistés par des personnes à la recherche d’un emploi (sans aucun contrat), d’apprentis sous-
payés ou encore d’aides familiales non rémunérées (Hernandez, 1995). Ce devoir de solidarité
familiale repose sur la tradition et une culture islamique qui insiste sur l’obligation de
générosité.
Ici, la plupart des entrepreneurs sont considérés comme des entrepreneurs par nécessité.
C’est-à-dire « des individus poussés à la création d’entreprise car ils ne perçoivent pas de
meilleure alternative d’emploi » (Bowling, Bygrave, 2003). Ils créent leurs entreprises sans
projet préalable mais dans le but d’obtenir un revenu en l’absence d’alternative professionnelle.
14
(Populationdata.net, 2015)
27
Pour Tessier et al. (2016), les gens qui se lancent dans l’entrepreneuriat de nécessité ont, pour
la plupart du temps épuisé toutes les possibilités de trouver un emploi pour acquérir des revenus
et survivre.
Selon Singh et Denoble (2003), ces entrepreneurs sont plus averses aux risques, ont plus
de doutes et plus besoin d’un accompagnement mais espèrent néanmoins trouver un statut de
salarié. Chez les entrepreneurs par nécessité, le besoin d'autonomie et de réalisation, le contrôle
interne, la propension à prendre des risques et l'auto-efficacité sont faibles. Ils sont souvent peu
diplômés et en particulier jeunes, avec un capital social et humain pour la plus part faible. Ils
sont plus présent dans le secteur informel réclamant moins d'investissements et plus
immédiatement accessibles (Niitykangas, Littunen et Kinnunen, 1998 ; Giacomin et al. 2007
cités par (Dimé, 2015)).
Le secteur informel au Sénégal est constitué d’entrepreneurs qui sont soit non qualifiés,
soit qualifiés. Ils investissent dans des activités variées. Certains présentent un réel potentiel
d’évolution (agro alimentation, couture, mécanique, etc.). Pour d’autres, il s’agit de petites
activités permettant de générer un revenu pour subvenir aux besoins de la famille (petit
commerce sédentaire ou ambulant). Ce secteur possède une caractéristique principale pour son
dynamisme (Simen, 2018).
Selon Basse (2014), les entreprises informelles regroupent surtout les petits métiers et les
activités féminines qui vivent au jour le jour (micro-industries de transformation, ateliers de
menuiserie bois et métallique, ateliers de couture, garages automobiles, salons de coiffure, petits
commerces, etc.). La plupart d’entre elles étant exploitées dans les quartiers d’habitation ou au
domicile du propriétaire. Si le secteur informel attire autant d’entrepreneurs, c’est parce que ces
derniers le considèrent comme :
28
- Un tremplin, pendant le cycle de vie de leurs affaires servant à accumuler un capital
initial et à tester la niche de marché qui les intéresse (Bennet et Estrin 2007, cité par
Simen 2018)
- une activité sécurisante : en effet, ils ont peur d’apprendre de nouvelles façons de faire
les affaires en formalisant leurs activités.
Dans un continent où les institutions sont faibles et les ressources limitées ou insuffisantes,
les entrepreneurs sont donc plus enclins à investir dans des activités, dont une grande partie
peut prendre la forme d’arbitrage informel (Smallbone et Welter, 2001 ; Welter et Xheneti,
2013). S’il en est ainsi, c’est parce qu’aujourd’hui il est reconnu que l’économie informelle
draine un ensemble d’activités entrepreneuriales qui participent pleinement au développement
des économies (Williams, 2014) et favorisent la croissance à travers l’insertion professionnelle
des jeunes et la création d’emplois (Dia, 2011).
Pour le Directeur de la PME du Sénégal, l’entrepreneuriat informel est une réalité. Selon
lui le secteur informel est « le poumon de l’économie sénégalaise ». Il joue un rôle de premier
plan et regroupe des activités variées sans comptabilité écrite ou formelle, évoluant en marge
du respect de la fiscalité. Le poids de l’informel y est d’ailleurs si important que les spécialistes
parlent d’une « économie informelle formalisée » (Baal, 2013).
Ces activités créées par les entrepreneurs leur permettent généralement de subvenir à
leurs propres besoins. Le developpement de ces activités fait intervenir différentes parties
prenantes (entrepreneur, famille, amis…). C’est généralement un entrepreneuriat de nécessité
motivé par la survie et la débrouillardise.
Hypothèse 1 (H1) : l’entourage joue un rôle important sur la motivation des
entrepreneurs au sénégal.
15
OIT (2002)
29
Hypothèse 2 : l’apport des guides religieux impact positivement sur le
developpement de l’entrepreneuriat au Sénégal.
Le rationnement du crédit
Les banquiers affirmaient que les entrepreneurs vivaient « au jour le jour », sans se
soucier de cette marge de sécurité que constitue le fonds de roulement (FR) ; tandis que les
entrepreneurs, eux, se plaignaient de leur refus, quasi systématique, de financer l’investissement
en fonds de roulement sous prétexte de l’insuffisance des fonds propres des entreprises et des
garanties qu’elles pouvaient offrir. On dénote une évidente réticence des banques à octroyer
des prêts à des conditions qui pourraient être financièrement supportables par la majorité des
PME sénégalaises. Les taux d’intérêt pratiqués sont trop élevés, souvent plus de 12% pour le
crédit à court terme, et les critères d’acceptation des dossiers très (trop) stricts (Neves,1994).
Le cercle vicieux était ainsi bouclé. Et le débat s’enlisait de plus en plus (Ndoffène et al.,
2022). Face à ces insuffisances, les entrepreneurs sénégalais sont parfois désemparés dans la
mesure où cela les conduits à avoir trop souvent, à leur goût, recours aux emprunts familiaux
ou aux usuriers.
On note aussi que le personnel qualifié fait souvent défaut et l'adaptation du personnel à
une productivité industrielle reste encore souvent problématique, pouvant contribuer à
augmenter la réticence des structures de financement. La réduction de la taille optimale de
l'entreprise abaisse le seuil de financement déjà critique. Ce qui fait que les entreprises
informelles se financent par autofinancement (épargne personnelle de l’entrepreneur et de son
entourage) ou passent par le système des tontines, la finance informelle ou le recours aux
financements limités des institutions de micro finance (Hoppenot, 2009).
Selon Jacobides et al, (2018), les entrepreneurs sénégalais aiment traiter avec les
institutions officielles. S’il en est ainsi, c’est sans doute à cause de la sécurité qui en découle.
Mais, la capacité de ces derniers à mettre en place un cadre propice pour leur développement
constitue un défi majeur qui permet, dans une certaine mesure, de faciliter l’accès aux
différentes sources de financement leur permettant de créer et d’innover davantage.
Certains entrepreneurs ont tendance à s’attacher aux bailleurs de fonds étrangers au nom de
l’image de respectabilité qu’ils dégagent. Ils considèrent que ces fonds doivent se substituer
aux banques locales pour le financement des activités lorsque ces dernières sont défaillantes.
Mais selon (Neves, 1994), là aussi des désillusions les attendent. Car habituellement, la
philosophie d’intervention des organismes financiers internationaux fait que les gouvernements
des pays concernés seront les principaux interlocuteurs. Sinon, ce sera les structures de
promotion du secteur privé créées et contrôlées par ceux-ci. Dès lors, les critères de sélection
des bénéficiaires seront basés sur la logique du clientéliste. Ainsi, de nombreux entrepreneurs
se verront irriter car le jeu parait souvent truqué et les critères de compétitivité et de compétence
ne seront pas les bases de décision.
Selon Félix (2012), le souci majeur de bon nombre d’entrepreneurs sénégalais est sans
nul doute le financement de leurs activités. Cela est particulièrement vrai pour les petites et
moyennes structures qui représentent l’immense majorité du monde de l’entreprise sénégalaise.
Pour la plupart privée de toute forme de soutien politique, elles ne peuvent guère bénéficier de
prêts bancaires que ce soit dans le cadre d‘une création ou d’une augmentation de capital ou à
31
des fins d’investissement productif. L’accès au système officiel de financement est donc
malaisé et le recours aux bailleurs de fonds internationaux ou aux partenariats inter-entreprises
n’apparaît pas toujours à la hauteur des espoirs qu’il suscite. Face à ce marasme des circuits
formels de financement, certaines initiatives originales représentent des alternatives
intéressantes (Dimé, 2015).
Les entrepreneurs sénégalais sont bien souvent connus pour évoluer dans un
environnement administratif et juridique complexe. Ils souffrent d’un manque criard de
financement (PSE, 2014) et du petit nombre de structures d’accompagnement à la réussite du
projet. Selon Nene Oumou Deffa et al (2014), plus de 60%(Nene Oumou Deffa et al., 2014)
des jeunes évoquent l’accès difficile au financement et les insuffisances dans
l’accompagnement comme freins à l’éclosion de l’entrepreneuriat. Les incubateurs, les
pépinières ou les parcs technologiques sont presque inexistants (Dia, 2011).
On note parfois que certains entrepreneurs sont influencés par des réseaux ou des
groupements qui prodiguent des conseils ou les mettent en relation avec certains bailleurs de
fonds (Doyle et Young, 2001). D’autre part, au Sénégal, les réseaux de financement informel
des activités productives sont le plus souvent circonscrits à des communautés plutôt
hermétiques. Il en va ainsi pour les mystérieuses et efficaces organisations mourides, étudiées.
Il peut également exister des logiques de solidarité à fondement ethnique. C’est notamment le
cas des Peuls de Casamance comme le démontre au niveau des boutiquiers de Ziguinchor. Par
ailleurs, plusieurs études montrent que le financement informel, contrairement à une croyance
répandue, ne soutient que de manière très incomplète les petites structures entrepreneuriales.
Selon Faure (1992) démontre l’épargne personnelle semblant être de loin la principale
source de financement de près de 70%(Simen, 2018) des entreprises informelles étudiées. Plus
généralement, un handicap fondamental paraît gêner au Sénégal l’essor des structures
informelles de financement : le manque de confiance mutuelle entre les acteurs concernés et la
difficulté qui en découle, l’incapacité des entrepreneurs à s’organiser durablement sur des bases
saines officialisées par un code d’honneur.
A la différence de ce qui prévaut dans d’autres pays africains, les réseaux de financement
informel paraissent relativement peu développés au Sénégal pour pallier les lacunes du système
bancaire. Il y a probablement plusieurs raisons à cela. Cependant, des initiatives intéressantes,
car spontanées, commencent à voir le jour à l’instar de celle, citée plutôt en haut : les
commerçants Baol-Baol, lesquels sont en grande majorité des mourides, ceci expliquant peut-
être cela. Il semblerait également que dans le milieu des femmes entrepreneurs des tentatives
32
de création de comités d’investissement commencent à apparaître, à travers les influences
conjuguées des cercles de sociabilité traditionnels et des organisations professionnelles
nouvellement créés. A cela, s’ajoute les fameuses tontines auxquelles on a accordé ces dernières
années beaucoup de vertus économiques.
Selon (Mayoukou, 1994 cité par (Faure 1992)) la mise à contribution de l'épargne
informelle, avec le système des tontines, dans le processus entrepreneurial donne aujourd'hui
de nouvelles possibilités qui, sans être la panacée, offrent des assouplissements et de nouveaux
moyens. Par contre, selon (Gnansounou 1991 cité par Faure (1992)) ces tontines ne sont pas
nécessairement centrées sur le financement de l’activité entrepreneuriale. Malgré
l’augmentation du nombre d’organisations qui ont pour mandat de supporter les entrepreneurs,
de nombreux défis affectent le succès et la portée des interventions des organisations. Mais
toujours est-il que l’accompagnement des entrepreneurs sénégalais est marqué par la
prédominance de structures informelles : réseaux sociaux de proximité familiale, amicale,
ethnique ou culturelle de porteurs de projets (Ndione et Diouf 2020).
Hypothèse 3 : les familles des entrepreneurs sont les principaux financeurs des
activités entrepreneuriales au Sénégal.
Conclusion
33
PARTIE 2 : PARTIE EMPIRIQUE
34
METHODOLOGIE DE LA RECHERCHE
35
Introduction
Comme tous les travaux de recherche, en science de gestion, la recherche repose sur un
cheminement que le chercheur doit adapter pour positionner ses propres travaux par rapport
aux autres travaux effectués dans son domaine. Il est donc important pour le chercheur de
s’interrogé sur le chemin à emprunter avant de s’engager pleinement dans la démonstration de
ses hypothèses. Ce chapitre de notre travail montre le positionnement scientifique retenu et la
posture épistémologique adoptée.
On peut définir la méthodologie comme étant l’étude du bon usage des méthodes et
techniques (Aktouf Omar, 1987). Autrement dit, la manière dont des moyens précis ont été
mobilisés dans le canevas de la recherche pour expliquer le problème posé et atteindre les
objectifs visés.
Les questions soulevées par la recherche sont de natures quantitatives et appellent à une
démarche positiviste. Par ailleurs la compréhension de la problématique des acteurs informels
qui interviennent dans le developpement de l’entrepreneuriat au Sénégal nécessite de faire une
enquête auprès des entrepreneurs pour mieux comprendre la nature de l’intervention de ces
acteurs.
Dans le cadre de notre travail, nous avons privilégié une approche quantitative. En effet,
l’approche quantitative nous semble la mieux appropriée car elle cherche à décrire, contrôler et
expliquer des phénomènes par une investigation empirique systémique des phénomènes
observables par la collecte de données numériques qui peuvent être analysées à travers des
méthodes fondées sur des techniques mathématiques, statistiques ou informatiques.
Selon Yin (1991), la recherche quantitative conduit à des travaux qui fournissent des
données statistiquement analysables. Toujours selon l’auteur, parler de recherche quantitative
signifie étudier de gros échantillons durement sélectionnés. La recherche quantitative permet
36
de mieux tester des théories et des hypothèses. Suivant une stratégie, le chercheur élabore un
model en s’appuyant sur une littérature pertinente et le soumet à un test empirique. A la suite
des recherches sur un cadre que le chercheur a construit, il obtient des résultats bien précis.
Selon Rosenthal (1991) pour des résultats plus rigoureux, une méta-analyse peut être faite. Elle
permet d’agréger ou de cumuler les résultats obtenus de la collecte à l’aide des procédures
statistiques afin de les intégrer, de les synthétiser ou de leur donner du sens.
Tout travail d’ordre scientifique doit se baser sur une conception et une vision des choses.
En ce sens, la position épistémologique choisie dans ce travail de recherche est le positivisme
aménagé. Le positivisme aménagé et un sous paradigme du positivisme. Fondé par Auguste
comte, le positivisme est un courant qui considère que « les lois existent même si elles ne sont
pas toutes découvertes ». Ainsi les positivistes cherchent à expliquer ces lois et à comprendre
les relations sous-jacentes.
Le positivisme aménagé considère que ni la réalité ni l’objectivité du chercheur ne sont
absolues. « Les post-positivistes estiment que le chercheur doit tout mettre en œuvre pour tendre
vers une objectivité maximale et, notamment, contrôler le plus précisément possible les
conditions dans lesquelles il réalise sa recherche, et spécialement sa collecte de données, de
manière à assurer le plus possible l’objectivité de son travail. »(Gavard-Perret et al 2012 cité
par (Bouyzem et Al Meriouh, 2017)).
Les positivistes prônent le raisonnement hypothético-déductif et remettent en cause la
méthode inductive. Car selon Popper, cette méthode peut conduire le chercheur en erreur. Selon
Riccucci, (2010, cité par (Bouyzem et Al Meriouh, 2017), les postes positivistes sont d’accord
avec l’existence de l’erreur. Ils considèrent les résultats et les conclusions d’une recherche
comme probables tant qu’ils ne sont pas réfutés.
Le choix de cette posture épistémologique se justifie par le fait que nous partons sur la
base d’un constat fait à partir des travaux existants. Le constant c’est qu’au Sénégal, au lieu des
37
acteurs classiques de financement, c’est d’autres acteurs qui interviennent pour aider les
entrepreneurs dans le developpement de leurs activités. Ce qui nous amène à poser des
hypothèses et à faire des enquêtes sur le terrain concernant le rôle des acteurs socio-culturels
sur le developpement de l’entrepreneuriat au Sénégal. Ainsi, les résultats obtenus nous
permettront de voir si les hypothèses sont confirmées ou infirmées afin qu’on puisse en déduire
un enseignement et essayer de proposer des solutions.
Selon (Denis et al., 2019), la méthode permet au chercheur de s’orienter vers la manière
d’accéder à la compréhension du phénomène étudié et sur les procédures à utiliser pour collecter
et analyser les données. Elle peut être vue comme l’étude du bon usage des méthodes et
techniques. La méthode est une procédure logique qui offre à un travail scientifique une
démarche claire, évidente et irréfutable. Dans notre travail, nous adoptons une méthode
hypothético déductive.
Nous avons porté notre choix sur la méthode hypothético-déductive dans la mesure où
elle présente une stratégie de recherche bien définie. Cette démarche est mieux adaptée à notre
travail de recherche et notre terrain ; car nous partons des hypothèses pour étudier le problème
posé. Plus encore nous avons opté un raisonnement déductif.
Nous allons commencer présenter notre zone d’étude puis nous présenterons l’échantillon.
Le Sénégal a une superficie de 196 712 km2 et une densité (nombre d’habitants/km2) de
90 en 2022. La capitale s’appelle Dakar. Selon les projections de l’ANSD 2022, le pays compte
38
une population de 17 738 795 habitants. La population totale des femmes est de 8 913 5
68 et celle des hommes est de 8 825 227. Il est limité au nord par la Mauritanie, à l’est par le
Mali, au sud par la Guinée et la Guinée Bissau, à l’ouest par la Gambie, et par l’Océan
Atlantique sur une façade de 500 km.
Le pays compte quatorze régions dont les chefs-lieux sont les principales villes :
Dakar, Diourbel, Fatick, Kaffrine, Kédougou, Kaolack, Kolda, Louga, Matam, Saint-Louis,
Sédhiou, Tambacounda, Thiès, Ziguinchor. Il y a 45 départements, subdivisés en
Arrondissements (Sous-préfectures), Communes, Communautés rurales et Villages. Le village
ou le quartier correspond à la cellule administrative de base.
Nous avons choisi un échantillon de convenance. Pour collecter les données nécessaires
à notre travail de recherche, nous avons effectué une étude de terrain dans la région de
Ziguinchor plus précisément dans la commune de Ziguinchor. La région de Ziguinchor est
considérée comme la capitale de la Casamance à côté de la région de Kolda et de Sédhiou du
fait de son potentiel économique énorme.
Elle est reliée au nord du Sénégal par une liaison aérienne grâce à l’aéroport de Ziguichor,
par une liaison maritime assurée par la société COSAMA. Mais il y’a également une liaison
terrestre qui est possible par le passage en Gambie. Il est prévu une ligne ferroviaire (voies au
standard 1435mm) à moyen terme qui desservira la ville. Sa position géographique se situe à
12°33 de l’attitude Nord et 16°16 de longitude Ouest. Elle fait une altitude de 19.30m sur la
partie Sud-ouest du Sénégal, pour une superficie de 7339Km2, soit 3.73% du territoire national
(Agence Nationale de la Statistique et de la Démographie, 2010).
En ce qui concerne ses limites, nous avons l’Etat de la Gambie au Nord et la Guinée
Bissau au Sud. Elle est limitée à l’Est par la région de Kolda et à l’Ouest par l’Océan Atlantique.
Elle compte trois départements que sont : Bignona, Oussouye et Ziguinchor. En termes de
population, selon la projection de l’ANSD 200, la région de Ziguinchor compte 729951 hbts.
39
pourvoyeurs d’emplois.
Par ailleurs, elle est caractérisée par une grande diversité ethnique. Cette diversité fait de
cette région de la Casamance un milieu culturel très riche. On y rencontre ainsi les Diolas qui
sont majoritaires, les Mandingues, les Manjacques, les Poulaars, les Mancagnes, les Sérères de
bien d’autres ethnies. Cette mosaïque de peuple dans cette partie en fait la zone la plus
cosmopolite du Sénégal.
Ainsi pour faire face à cette situation, elles décident de prendre leurs problèmes à bras le
corps. De ce fait, l’entrepreneuriat est perçu comme indispensable à l’essor du developpement
économique et social de la commune. Pour se faire une stabilité financière et sociale, les jeunes
de Ziguinchor ont fait de l’entrepreneuriat leur principale arme de bataille. Le travail d’enquête
que nous avons effectué nous a permis d’avoir 65 réponses.
16
ANSD 2018
40
2.2 Enquête par le questionnaire
Un questionnaire est un outil d’enquête constitué d’un ensemble de questions reliées entre
elles pour mettre en évidence un phénomène. Son exploitation peut permettre la connaissance
d'une population en tant que telle : ses conditions et ses modes de vie, ses comportements, ses
valeurs ou ses opinions, son impact... Pour les besoins de notre enquête, un questionnaire
constitué de plusieurs rubriques a été administré aux entrepreneurs. Les rubriques ont été
disposées comme suit :
C’est une partie importante qui permet d’analyser les données collectées. Les
41
informations obtenues à l’aide du questionnaire, sont traitées suivant les différentes thématiques
à l’aide du logiciel SPSS et Excel. Nous avons effectué une étude à l’aide du logiciel SPSS afin
de voir qu’elle est l’apport des acteurs socio-culturels sur les activités des entrepreneurs. Après
l’analyse par SPSS, nous avons effectué des tris croisés pour vérifier si les résultats obtenus
lors de la première analyse seront confirmé à l’aide du logiciel Excel. En fin nous avons effectué
un test de Khi2 à l’aide du logiciel Excel pour voir si les résultats obtenus sont fiables pour
qu’on puisse en tiré un enseignement général.
tris croisés
Nous avons effectué trois tris croisés. D’abord on a fait un tri en les propriétaires
d’entreprises et l’influence de leur entourage pour voir si les entrepreneurs sont majoritairement
motivés par leur famille avant qu’il ne se lance dans l’entrepreneuriat. Ensuite, on a fait un tri
entre les propriétaires d’entreprise et les différentes sources de financement pour voir qui est le
financeur principal des entrepreneurs. Enfin, on a fait un tri croisé entre les communautés
religieuses des entrepreneurs et l’orientation du guide religieux pour voir si les entrepreneurs
sont majoritairement orientés par leurs guides religieux dans leur choix d’investissement.
Le test de Khi
Pour voir si les résultats obtenus sont fiables, représentatifs de la population, on a effectué
des tests de Khi2 à l’issue de chaque tri croisé. Pour ce faire, nous allons tester deux hypothèses
inverses H0 et H1 sur la base de deux Khi2 (un Khi2 calculé et un Khi2 qu’on va lire sur la table
de la loi de Kh2). La règle de décision consiste à comparer les deux Khi2 :
- Si le Khi2 calculé est supérieur au Khi2 tabulé, on rejette H0 est on accepte h1
- Si le Khi2 calculé est inférieur au Khi2 tabulé, on accepte hypothèse H0 et on rejette
l’hypothèse H1.
(𝑶𝒊−𝑻𝒊)𝟐
Le Khi2 est calculé à l’aide de la formule suivante : Khi2 =∑ 𝑻𝒊
Avec Oi : effectif observé pour la modalité i ; Ti : effectif attendu ou théorique pour la modalité
i.
Le khi2 tabulé est obtenu à la lecture dans la table de la loi de Khi2 après avoir calculé le nombre
de degré de liberté et la marge d’erreur.
NDL = (Nombre d’élément en colonne -1) x (nombre d’élément en ligne -1)
La marge d’erreur souvent utilisé = 5%
42
Conclusion
L’objet de ce chapitre était de montrer la méthodologie que nous avons adoptée dans notre
travail de recherche. En effet dans ce chapitre, nous avons montré la nature quantitative de notre
travail, la posture épistémologique que nous avons choisie et la méthode de raisonnement que
nous adopter. Nous avons aussi décrit notre zone d’étude et l’échantillon retenu.
43
CHAPITRE 2 : RESULTATS ET DISCUTIONS
44
Introduction
Dans cette partie nous allons présenter et exploiter les résultats issus de notre travail
d’enquête afin de voir et de comprendre l’impact des acteurs socio-culturels dans le
developpement de l’entrepreneuriat au Sénégal.
N %
Valide 65 100,0
Observation
Exclus 0 ,0
s
Total 65 100,0
L’étude du profil est très importante de notre travail. Car elle nous permet d’avoir
plusieurs informations personnelles sur les entrepreneurs. L’analyse de l’ensemble des profils
nous a permis non seulement d’avoir une idée sur la nature de l’entrepreneuriat sénégalais mais
aussi d’avoir des éléments d’explication sur l’importance des acteurs socio-culturels.
Ainsi, on remarque également que 66,2% des entrepreneurs qui constituent notre
population d’étude sont propriétaire de leur activité. Par contre, 33,8% ont des associés dans
leurs activités. Le graphique suivant nous montre la répartition de ces résultats.
45
Figure 2 : diagramme en barre de la répartition de la population selon la propriété
70,00%
60,00% 66,20%
50,00%
40,00%
30,00% 33,80%
20,00%
10,00%
0,00%
Propriétaire Associé
Les résultats montrent que la plupart des répondants, sont des jeunes c’est-à-dire ils ont
une tranche d’âge comprise entre 21 et 35ans. Ils représentent 45 entrepreneurs parmi les 65
enquêtés. Ceux qui ont l’âge compris entre 36 et 50 sont au nombre de 15. Seul 5 entrepreneurs
ont l’âge compris entre 51 et 65ans.
Age Nombre
21-35 45
36-50 15
51-65 5
Total général 65
Nous notons aussi que, 55,4% de la population enquêtée sont mariés, ils correspondent
aux 36 personnes interrogées. On compte 27 célibataires soit 41,5% de notre population
d’enquêtes. Le reste représente les veufs, ils sont au nombre de 2 et constituent les 3,1% de
notre population. Le tableau suivant nous donne un aperçu un peu plus clair.
46
Tableau 5 : répartition des entrepreneurs selon la situation
matrimoniale
Pourcentage Pourcentage
Effectifs Pourcentage
valide cumulé
Célibataire 27 41,5 41,5 41,5
Marié(e) 36 55,4 55,4 96,9
Valide
Veuf (ve) 2 3,1 3,1 100,0
Total 65 100,0 100,0
En ce qui concerne le niveau d’étude de la population enquêtée, nous remarquons que 27,7%
n’ont pas fréquenté l’école c’est-à-dire que ce sont des analphabètes. Parmi eux, il y’a 18,5%
qui ont un niveau élémentaire, 18,5% ont également le niveau brevet. Les entrepreneurs ayant
le niveau Bac représentent 13,8% de notre population. Ceux qui sont allés jusqu’à l’université
ou qui ont un niveau d’étude supérieur représentent 21,5%.
21,50% 27,70%
18,50%
13,80%
18,50%
47
La plupart des entrepreneurs que nous avons interrogés soit 70,8% déclarent qu’ils
pratiquent l’entrepreneuriat pour survivre. 15,4% parmi eux, déclarent qu’ils sont devenus
entrepreneur pour garder une tradition et 4,6% des entrepreneurs pratiquent l’entrepreneuriat
pour innover. Ceux qui font l’entrepreneuriat à cause des conditions de l’environnement naturel
représentent 3,1%. Le reste, c’est-à-dire les 6,2% restants ont déclaré qu’ils pratiquent
l’entrepreneuriat pour d’autres motifs. Le graphique ci-dessous nous donne une présentation de
ces résultats.
60,00%
50,00%
40,00%
30,00%
20,00% 15,40%
L’exploitation de nos résultats montre que 80% des entrepreneurs que nous avons
enquêtés ne disposent pas de statut juridique. Seul un entrepreneur a un statut de GIE et 6,2%
disposent d’une SARL. 9,2% des entrepreneurs de notre population d’étude déclarent avoir une
entreprise individuelle et le reste soit 3,1% dispose d’entreprise familiale. Le tableau ci-dessous
nous montre de façon un peu plus claire cette répartition.
48
Tableau 6 : répartition de la population selon le statut juridique
Pourcentage Pourcentage
Effectifs Pourcentage
valide cumulé
Entreprise familiale 2 3,1 3,1 3,1
Entreprise
6 9,2 9,2 12,3
individuelle
Valide GIE 1 1,5 1,5 13,8
Néant 52 80,0 80,0 93,8
SARL 4 6,2 6,2 100,0
Total 65 100,0 100,0
On remarque que, 35,4% des entreprises détenues par les entrepreneurs de notre étude
sont des micros entreprises. Les petites entreprises représentent 61,5% de notre population et le
reste c’est-à-dire les 3,1% sont des entreprises moyennes. Le graphique suivant nous montre la
répartition de ces chiffres.
50,00%
40,00% 35,40%
30,00%
20,00%
10,00%
3,10%
0,00%
Micro entreprise Petite entreprise Moyenne entreprise
49
Concernant le champ d’action de l’activité des entrepreneurs soumis à notre étude, 67,7%
d’entre eux ont une activité qui se limite au niveau local. Ceux qui ont une activité qui se limite
au niveau régional représentent 24,6%. Seuls 7,7% des entrepreneurs de notre population ont
une activité de niveau nationale.
Nous constatons que les 75,4% des entrepreneurs qui constituent notre population
d’étude ont un revenu modeste. Ceux avec un revenu moyen représentent 23,1%, soit 15
entrepreneurs. Seul un entrepreneur se trouve être un riche. Le tableau ci-dessous donne le
résumé de ce chiffre.
50
l’ensemble de ces résultats.
Ces résultats révèlent que la plupart des répondants sont des jeunes en âge de travailler
comme le montre le tableau 4. La majeure partie d’entre eux, c’est-à-dire 55,4% des répondants
sont mariés comme le montre le tableau 5. D’après la figure 4, 72,3% des répondants ont
fréquentés l’école certains ont un niveau d’étude supérieur comme le montre la figure4. Compte
tenu des charges qui pèsent eux et le manque criard de soutien, 70,8% des répondants déclarent
qu’ils pratiquent l’entrepreneuriat pour survivre comme le montre la figure 5. Ces résultats vont
dans le même sens que les travaux de Tessier et al. (2016), qui montrent qu’au Sénégal les
jeunes en âge de travailler exploitent toutes les possibilités de trouver un emploi. Ainsi face à
cette absence d’alternative d’emplois rémunérés, la majeure partie de ces jeunes se tourne vers
l’auto-emploi et par conséquent la création d’entreprise.
On remarque que d’après la figure 6, 96,9% des répondants détiennent de très petites et
de petites entreprises. D’après le tableau 6 la majeure partie c’est-à-dire 80% des entrepreneurs
n’a même pas de statut juridique, avec un faible champ d’action (c’est-à-dire au niveau local)
comme le montre le tableau 7. Ce qui fait que la plupart des entrepreneurs c’est-à-dire 49 sur
65 se retrouve avec de modeste revenu d’après le tableau 8. Selon 75,4% des entrepreneurs
pensent que cela s’explique par les grandes difficultés financières qu’ils rencontrent dans leur
activité comme le montre le tableau 9.
Ces résultats peuvent justifiés le manque d’ambition des entrepreneurs durant la création
de leur entreprise. Ils montrent aussi l’absence de créativité et de l’innovation dans l’activité
entrepreneuriale et le caractère informel de l’entrepreneuriat au Sénégal. Ce qui confirmer que
l’entrepreneuriat de nécessité domine au Sénégal. Par ailleurs, nos résultats corroborent les
51
travaux de Rodrik (2007) sur le caractère de l’entrepreneuriat dans les pays en developpement
et les travaux de Basse (2014) qui affirment que les entrepreneurs de nécessité sont souvent
propriétaires de petits métiers ou d’activités féminines qui sont souvent exploitées au quartier
ou à leur domicile et permettent à leurs propriétaires de vivre au jour le jour.
La majeure partie des entrepreneurs que nous avons interrogés déclarent qu’ils ont été
influencés par leur entourage pour qu’ils se lancent dans l’entrepreneuriat. Ils représentent
86,2% de notre population d’étude soit 56 entrepreneurs. Les 9 entrepreneurs restants, déclarent
qu’ils font l’entrepreneuriat par leurs propres grés sans l’influence de personne. Le tableau
suivant nous donne une idée de cette répartition.
Pourcentage Pourcentage
Effectifs Pourcentage
valide cumulé
Non 9 13,8 13,8 13,8
Valide Oui 56 86,2 86,2 100,0
Total 65 100,0 100,0
D’après les résultats de l’enquête nous montrent que 20% des répondants sont des femmes
contre un pourcentage de 80% d’hommes. Le tableau suivant permet de mieux voir cette
répartition.
Pourcentage Pourcentage
Effectifs Pourcentage
valide cumulé
Femme 13 20,0 20,0 20,0
Valide Homme 52 80,0 80,0 100,0
Total 65 100,0 100,0
52
Pour surmonter les difficultés qu’ils rencontrent, les entrepreneurs ont souvent recoure à
des possibilités très limitées. 50 entrepreneurs, soit 76,9% déclarent, n’avoir que le soutien de
leur entourage et de leur famille. 18,5% parmi eux, c’est-à-dire 8 entrepreneurs, déclarent qu’en
cas de difficultés, ils n’ont d’autre choix que de croire en Dieu. Seul 4,6%, c’est-à-dire, 3
entrepreneurs sur 65, ont la possibilité d’accéder à des prêts bancaires.
Pourcentage Pourcentage
Effectifs Pourcentage
valide cumulé
Croire en Dieu 12 18,5 18,5 18,5
Prêt en banque 3 4,6 4,6 23,1
Valide Soutien de famille et
50 76,9 76,9 100,0
entourage
Total 65 100,0 100,0
Source : résultat de notre enquête
Le tableau suivant montre le résultat du tri croisé entre les propriétaires d’entreprise et
la motivation de leur entourage. L’objectif de ce tri croisé est de voir l’importance de la
motivation sur la décision d’entreprendre.
D’après les résultats on remarque que la plupart des entrepreneurs sont motivés par leurs
entourages pour qu’ils prennent la décision d’entreprendre. Pour nous assurer de la validité de
ces résultats, nous allons effectuer le test d’hypothèse inverse de Khi2. Ensuite, on en tire une
conclusion générale.
H0 : la décision d’entreprendre est encouragée par la motivation de l’entourage
H1 : la motivation de l’entourage n’encourage pas la décision d’entreprendre
53
Tableau 14 : éléments de calcul du Khi2
On remarque que le Khi2 calculé est inférieur au Khi2 tabulé. Alors, on rejette l’hypothèse
H1 et accepte l’hypothèse H0.
Ainsi, on retient que la décision d’entreprendre est encouragée par la motivation de l’entourage
des entrepreneurs.
Test d’hypothèse H1
En se basant sur les résultats obtenus, on remarque 82,6% des entrepreneurs déclarent
qu’ils sont influencés par leur entourage pour qu’ils se lancer dans l’entrepreneuriat (tableau
10). Cette influence n’a pas épargnée les femmes car d’après le tableau11, 20% des répondants
sont des femmes. Bien qu’elles soient inférieures aux hommes, cela montre que la société
accepte de plus en plus le travail des femmes.
Les résultats montrent aussi que 50 répondants sur les 65 déclarent recevoir le soutien de
leurs entourages en cas de difficultés selon le tableau 12. Ces résultats sont en phase avec les
travaux de (Ndione et al, 2020) qui affirment que la réussite de l’activité entrepreneuriale au
sénégalais est appuyée par l’intervention de plusieurs acteurs informels qui jouent un rôle très
important dans l’entrepreneuriat.
54
des entrepreneurs de nécessités bénéficient de l’aide du réseau familiale et de leur entourage.
Ils confirment aussi les travaux de Stam et van Stel (2009) sur la différence entre
l’entrepreneuriat dans les pays développés et les pays en developpement.
Ces résultats permettent de confirmer l’hypothèse H1. Par conséquent, l’entourage des
entrepreneurs ont un impact positif sur le developpement de l’entrepreneuriat au Sénégal.
Dans cette section, nous allons d’abord montrer l’importance des guides religieux dans
l’activité des entrepreneurs puis nous nous terminerons par montrer l’importance de la famille
des entrepreneurs dans le developpement de leurs activités.
On remarque également que 49,2% des entrepreneurs de notre population d’étude soit 32
interrogés appartiennent à la communauté mouride. Parmi eux, 7,7% et 29,2% appartiennent
respectivement à la communauté niassénes et à la communauté tidjane. Le reste de la population
c’est-à-dire les 13,8%, déclare appartenir à d’autres communautés.
Pourcentage Pourcentage
Effectifs Pourcentage
valide cumulé
Autres.......
9 13,8 13,8 13,8
.
Mouride 32 49,2 49,2 63,1
Valide
Niassenne 5 7,7 7,7 70,8
Tidjane 19 29,2 29,2 100,0
Total 65 100,0 100,0
Nous remarquons que les guides religieux occupent une place importante dans l’activité des
entrepreneurs. En effet d’après les résultats obtenus, on note que le pourcentage des
entrepreneurs ayant déclaré que leur guide a un impact dans leur activité est de 70,7%. Ce
pourcentage est la somme des réponses affirmant que leur guide a un impact (fort et très fort).
Par contre, 27,7% des entrepreneurs déclarent que l’impact qu’a leur guide sur leur activité est
faible. Seul un entrepreneur nous a déclaré que son guide a un impact moyen sur son activité.
55
Le tableau ci-dessous révèle en détail ces chiffres.
Pourcentage Pourcentage
Effectifs Pourcentage
valide cumulé
Faible 18 27,7 27,7 27,7
Fort 37 56,9 56,9 84,6
Valide Moyen 1 1,5 1,5 86,2
Très fort 9 13,8 13,8 100,0
Total 65 100,0 100,0
Certains affirment même que leurs guides les orientent dans leur choix d’investissement.
Ils sont au nombre de 38 entrepreneurs et représentent 58,5% de notre population d’étude.
Cependant une part non négligeable a répondu par la négative c’est-à-dire que leur guide ne les
oriente pas sur leur choix. Ils sont au nombre de 27 entrepreneurs et représentent 41,5% de notre
population. Le graphique suivant nous donne une nette représentation de la répartition.
60,00%
58,50%
50,00%
40,00%
41,50%
30,00%
20,00%
10,00%
0,00%
Oui Non
56
Le tableau suivant montre le tri croisé entre l’orientation du guide religieux et la
communauté religieuse des entrepreneurs. Ce tri permet de voir la part des entrepreneurs qui se
font guider par leur guide religieux.
Étiquettes
de colonnes
Total
Étiquettes de lignes Mouride Tidjane Niassenne Autres
général
Oui 25,29% 13,79% 4,60% 5,75% 49,43%
Non 22,99% 16,09% 2,30% 9,20% 50,57%
Total général 48,28% 29,89% 6,90% 14,94% 100,00%
Source : notre enquête
On remarque la majeur partie des entrepreneurs se font guider dans leur choix de
financement par leur guide religieux. Autrement dit, il semble que le choix de financement
dépend de l’orientation du guide religieux. Pour voir si le résultat est valide, nous allons faire
le test d’hypothèse inverse de Khi2 afin de pouvoir tirer une conclusion.
H0 : le choix d’investissement dépend de l’orientation du guide religieux
H1 : le choix d’investissement ne dépend pas de l’orientation du guide religieux
57
On remarque le Khi2 calculé est inférieur au Khi2 tabulé. Ainsi, rejette l’hypothèse H1 et
on accepte l’hypothèse H0.
Test d’hypothèse H2
D’après les résultats du tableau 21, on note que 86,2% des entrepreneurs interrogés
appartiennent à la communauté musulmane et sont répartis dans les différentes confréries. Pour
le bon fonctionnement de leur activité la majeure partie des entrepreneurs déclarent qu’il
collabore avec toutes les communautés religieuses. Par ailleurs, d’après le tableau 22, 72,2%
des entrepreneurs ont déclarés que leurs guides religieux ont un apport important dans leurs
activités. Certains entrepreneurs (58,5%) affirment que ces derniers vont parfois plus loin en
les orientant dans leur choix d’investissement comme le montre la figure 9.
Même si cela semble inattendu, les guides religieux interviennent de façon plus que
prévue dans le developpement de l’entrepreneuriat au Sénégal. En effet, ils soutiennent
moralement, guident et orientent beaucoup d’entrepreneurs dans leur activité. Ce qui confirme
la vision de Simen (2018) qui pense que l’entrepreneuriat sénégalais possède des
caractéristiques particulières.
Ces résultats sont consolidés par le tri croisé entre la communauté religieuse des
entrepreneurs et l’orientation du guide religieux. Le test d’hypothèse inverse du Khi2 qui y
découle a permis de confirmer que le choix d’investissement des entrepreneurs dépend de
l’orientation de leur guide religieux. Cela se justifie par le caractère informel de
l’entrepreneuriat au Sénégal et à cela, s’ajoute le manque d’information des entrepreneurs. Cette
situation fait que les propriétaires d’entreprise au lieu d’aller vers les organismes formels
d’accueils et d’orientations en entrepreneuriat, préfèrent se tourner vers les guides religieux
pour obtenir de l’aide ou de l’orientation.
Par ailleurs, ces résultats montrent la part importante qu’occupe la religion sur la vie des
entrepreneurs sénégalais et cela apparait dans nos résultats par l’importance que les
entrepreneurs accordent à leur communauté religieuse et à leur confrérie. Ces facteurs peuvent
expliquer d’avantage l’intervention du guide religieux l’activité entrepreneuriale au Sénégal.
L’ensemble de ces résultats permet la confirmation de l’hypothèse H2. Par conséquent
les guides religieux ont un impact positif sur le developpement de l’entrepreneuriat au Sénégal.
58
2.2 Importance de la famille dans l’activité des entrepreneurs
Les résultats nous montrent que la majeure partie des entrepreneurs qui constituent notre
étude gèrent leurs entreprises avec le soutien de leur famille. Ils représentent 55,4% de notre
population d’étude soit 36 entrepreneurs. D’autres gèrent leur entreprise eux-mêmes autrement
dit, ils n’emploient ni membre de leurs familles ni employés. Ils représentent 23,1% de notre
population d’étude soit 15 entrepreneurs. Seuls 10,8% ont des employés c’est-à-dire 7
entrepreneurs. Le reste, constitué 7 entrepreneurs soit 10,8% de notre population d’étude
déclare qu’il gère leur entreprise en recevant parfois le soutien de leurs amis. Le tableau suivant
nous donne en résumé ces chiffres.
Pourcentage Pourcentage
Effectifs Pourcentage
valide cumulé
Avec mes employés 7 10,8 10,8 10,8
Je le gère moi-même 15 23,1 23,1 33,8
Je reçois de coup de ma
36 55,4 55,4 89,2
Valide famille
Parfois à l'aide des
7 10,8 10,8 100,0
amies
Total 65 100,0 100,0
La répartition de ces chiffres peut être plus visible à l’aide de la figure si dessous.
59
Figure 6 : Diagramme en barre des diffèrent souteneurs des entrepreneurs
60,00%
50,00% 55,40%
40,00%
30,00%
20,00% 23,10%
10,00%
10,80% 10,80%
0,00%
Avec mes eùployés je le gére moi-même avec l'aide de ma avec l'aide de mes
famille amis
Valeur
Pourcentage Pourcentage
Effectifs Pourcentage
valide cumulé
Banque 7 10,8 10,8 10,8
Famille 56 86,2 86,2 96,9
Valide
IMF 2 3,1 3,1 100,0
Total 65 100,0 100,0
60
Figure 7 : diagramme en barre de la répartition en valeur relatives des sources de
financement
100,00%
90,00%
80,00% 86,20%
70,00%
60,00%
50,00%
40,00%
30,00%
20,00%
10,00%
10,80% 3,10%
0,00%
Banque Famille IMF
Le tableau suivant fait le tri croisé entre les propriétaires d’entreprises et les sources de
financement. L’objectif de ce tri est de voir si effectivement les financeurs de l’activité des
entrepreneurs sont en majorité leur famille ou non.
Étiquettes de colonnes
Étiquettes de lignes Famille Banque IMF Total général
Associé 43,68% 5,75% 0% 49,43%
Propriétaire 41,38 4,60% 4,6% 50,57%
Total général 85,06% 10,34% 4,60% 1OO%
61
Tableau 19 : éléments de calcul du Khi2
On remarque le Khi2 calculé est inférieur au Khi2 tabulé. Ainsi, on rejette H1 et on garde
H0.
En guise de conclusion, on retient que la famille est la principale source de financement de
l’activité des entrepreneurs.
Test d’hypothèse H3
D’après le tableau 16, 56,5% des répondants déclarent qu’ils reçoivent le soutien de leur
famille dans la gestion de leurs activités. Ce résultat peut être expliqué par la petite taille de
l’activité des entrepreneurs (la figure 6). Il montre l’importance que peut avoir les familles des
entrepreneurs et corrobore les résultats de DeMartino et Barbato (2003) qui indique que la
famille occupe une place important dans le developpement de l’entrepreneuriat en
developpement.
La figure 8 montre que 86,2% des entrepreneurs sont financés par leur famille. Ce
résultat montre que les Banque et les IMF qui sont souvent considérées comme les leviers de
financement des activités entrepreneuriales et d’importants moteurs de la croissance
économique, ne répondent pas de manière adéquate aux besoins de financement des
entrepreneurs sénégalais. En effet bien que l’entrepreneuriat de nécessité domine au Sénégal, il
semble que les banques et les institutions de microfinancement se sont désintéressées de ces
activités. Ce que confirme les travaux des Cailloux et al. (2014) sur le problème lié à l’accès
62
aux financements des entreprises.
Les résultats de la figure 4 et du tableau 8 qui montrent que près de 78,5% des
entrepreneurs n’ont pas atteint un niveau d’étude supérieur et la majeure partie d’entre eux,
perçoivent de modestes revenus dans leurs activités, ces résultats peuvent être l’origine d’une
absence de formation adéquate chez les entrepreneurs. Mais aussi peuvent justifier l’incapacité
des entrepreneurs à négocier des crédits nécessaires à la création de leur activité, à connaitre les
procédures de création d’entreprise formelles et des dispositifs de soutien des entrepreneurs
mise en place par l’Etat.
Par ailleurs, selon Ndione et Diouf (2020) le type d’entrepreneuriat sénégalais c’est-à-dire
l’entrepreneuriat de nécessité et le fait que la majeure partie les entrepreneurs détiennent de
petites entreprises, peuvent expliquer les procédures contraignantes liées aux conditions de
prêt, les taux d’intérêt exorbitant qui en découlent et par conséquent le faible taux de
financement de l’entrepreneuriat par les banques et IMF.
Le tri croisé et le test Khi2 effectués permettent de confirmer que les familles des
entrepreneurs sont les principaux financeurs de l’activité des entrepreneurs. Ce qui permet de
corroborer les travaux de (Dawatripont, 2014 ; Molou et al, 2018 cités par Ndione 2020) qui
montrent que les financements bancaires et des IMF sont marginales dans l’entrepreneuriat de
nécessité et que les pratiquants de ce type d’entrepreneuriat sont principalement financés par
les membres de leurs familles.
Vérification
Pour montrer l’impact des acteurs socio-culturels, nous avons étudié l’importance et
l’apport de ces derniers aux entrepreneurs. Pour cette étude, on a utilisé plusieurs items qui sont
représentées par les questions que nous avons exploités. Pour mesurer la consistance interne
de ces items afin de nous assurer de la fiabilité et de l’échelle utilisée, nous avons calculé le
coefficient Alpha de Cronbach. La valeur de ce coefficient varie généralement de 0 à 1. Elle est
jugée acceptable à partir de 0,7 et est calculée à l’aide de la formule suivante.
𝒌 ∑𝒌𝒊=𝟏 𝜹𝒚𝒊
α= (𝟏 − )
𝒌−𝟏 𝜹𝒙
63
Avec k est le nombre d’item 𝛿𝑥 est la variance du score total et 𝛿𝑦𝑖 est la variance de l’item i
Le coefficient peut prendre les valeurs suivantes :
Entre 0 et 0,5: Valeur insuffisante.
Entre 0,5 et 0,7: Valeur Limite.
Entre 0,7 et 0,99: Valeur élevée ou très élevée
Nous avons utilisé 15 items. L’annexe 1 suivant résume l’ensemble des items.
,824 ,840 15
Ces résultats montrent un coefficient alpha de Cronbach égal à 0,824 qui est une valeur
très élevée. Ce qui montre que le degré de consistance interne de l’échelle de mesure est
significatif. Ainsi, on peut retenir que les données obtenues sont fiables. On constate aussi que
les éléments statistiques sont positifs. Ce qui traduit une certaine indépendance entre les items
autrement la réponse d’un individu ne peut pas influencer les autres réponses.
Compte tenu de la confirmation de l’ensemble des hypothèses, on peut donc retenir que
les acteurs socio-culturels ont un impact positif sur le developpement de l’entrepreneuriat au
Sénégal.
Conclusion
64
CONCLUSION GENERALE, RECOMMANDATION ET LIMITES
Conclusion générale
En somme, le problème d’employabilité des jeunes et le chômage grandissant en Afrique
constituent un véritable handicap pour le developpement du continent. Le contexte de
mondialisation qui continu de creuser le fossé entre pays développés et pays sous-développés
expose de plus en plus les jeunes du continent africain. La fragilité des Etats et le caractère
informel des économies africaines ralentissent d’avantage le developpement du continent.
Compte tenu de cette situation, plusieurs recherches ont montré que le développement du
continent peut être catalysé par l’entrepreneuriat.
Cette urgence pousse les gouvernements africains à déployer beaucoup d’efforts pour la
promotion de l’entrepreneuriat. Certains vont jusqu’à créer des organismes et structures
d’appui, de soutien et de promotion à l’entrepreneuriat. On peut citer le Sénégal qui a créé la
DER. C’est la raison pour laquelle des discours faisant la promotion de l’entrepreneuriat
émergent de partout de nos jours. Les résultats de ces efforts peinent à se sentir dans le continent
grâce à un certain nombre de difficulté qui empêche l’épanouissement de l’entrepreneuriat. On
peut citer les difficultés liées à l’accès aux financements, l’insuffisance des structures d’appui
aux entrepreneurs…
Au Sénégal, les entrepreneurs surmontent ces difficultés grâce aux soutiens des acteurs
socio-culturels. La constitution de l’économie sénégalaise, qui est dominée par des activités
informelles, fait que la majeure partie des entrepreneurs intervient dans le secteur informel.
Cette situation fait que l’entrepreneuriat qui s’y pratique est dit de nécessité. Entreprendre dans
le contexte sénégalais est souvent considéré comme une activité laborieuse car faisant intervenir
plusieurs acteurs socio-culturels.
65
En effet, la faible intervention des acteurs du gouvernement dans le secteur informel, la
quasi absence des dispositifs de soutien aux entrepreneurs, les difficultés liées à l’accès aux
financements constituent d’énormes difficultés pour les entrepreneurs. Face à ces difficultés
perçues comme des goulots d’étranglement, les entrepreneurs sénégalais n’ont souvent d’autre
issue que de de se tourner vers les acteurs socio-culturels.
Recommandation
Cependant, compte tenu des travaux de Malou (2018), qui montrent que les banques et
les institutions de microfinancement dans la zone UEMOA sont sur liquides. Etant donné que
ces dernières possèdent des critères bien précis liés à leur fonctionnement et à leurs conditions
de prêt, Les entrepreneurs gagneront en allant se formaliser car cela pourra les aider à réduire
l’asymétrie d’information mais aussi la formalisation les aidera à capter au maximum les
financements des institutions classiques.
La première limite renvoie à la taille réduite de notre échantillon. Vu que la zone d’étude
que nous avons choisie est connue pour sa confidentialité ainsi que pour son caractère
conservateur d’une part, et compte tenu de la réticence et le manque de confiance des
entrepreneurs d’autre part, nous avons dû nous confronter à beaucoup de difficultés pour
pouvoir recueillir le maximum d’information pour notre travail.
Cependant, malgré de toutes ces contraintes, nous sommes parvenus à une certaine
saturation théorique qui nous a permis de valider nos résultats, ce qui écarte certaines critiques
que notre taille d’échantillon pourrait générer.
Une deuxième limite de notre travail est une limite courante dans les recherches en sciences
66
sociales, puisque nous faisons appel à des entrepreneurs que nous ne connaissons pas et qui ne
sont pas parfois des musulmans. Ainsi notre étude se retrouve avec un biais lié à l'absence de
guide religieux. Toutes ces limites peuvent en effet être exploitées dans des travaux futurs. Car
ce travail peut faire l’objet d’une généralisation de manière concrète dans le Sénégal pour
d’éventuels travaux de thèse.
67
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72
Annexe 1 : Tableau 28 : statistiques de total des éléments
Moyenne de Variance de Alpha de
l'échelle en l'échelle en Corrélation Cronbach en
cas de cas de complète des Carré de la cas de
suppression suppression éléments corrélation suppression
d'un élément d'un élément corrigés multiple de l'élément
1. Source de 22,74 50,665 ,038 ,318 ,837
financement de la
création de votre
entreprise ?
2. Votre entourage vous 22,77 47,368 ,757 ,956 ,818
a-t-il influencé ?
3. Genre 22,69 46,029 ,874 ,940 ,812
4. Situation 22,43 45,062 ,761 ,793 ,810
matrimoniale
5. Situation sociale 22,65 50,545 ,051 ,238 ,837
6. Niveau d'étude 21,08 35,322 ,749 ,935 ,797
7. Etes-vous 22,57 45,405 ,853 ,942 ,810
8. Statut juridique 22,29 38,273 ,898 ,981 ,785
9. Taille de votre 22,23 46,993 ,525 ,786 ,820
entreprise
10. Champs d'action 22,48 42,316 ,845 ,818 ,799
géographique ?
11. Dans l'éventualité 21,97 45,530 ,227 ,322 ,844
où vous rencontrez des
difficultés, quelle est la
nature des problèmes ?
12. Quelle est votre 21,91 46,585 ,145 ,262 ,854
communauté religieuse
?
13. Quelle est la place 22,18 49,653 ,100 ,380 ,838
du guide et son impact
dans votre activité ?
73
14. Le guide vous 22,57 50,874 ,002 ,333 ,839
oriente-t-il dans vos
choix ?
15. Pour quel motif 22,15 35,382 ,888 ,955 ,781
êtes-vous entrepreneur
?
74
Annexe 2 : Questionnaire
75
Entrepreunariat dans les pays en développement 76
77
Table des matières
Remerciements ............................................................................................................................ i
Dédicace ..................................................................................................................................... ii
SOMMAIRE ............................................................................................................................. vi
78
CHAPITRE 1 : METHODOLOGIE DE LA RECHERCHE ....................................................... 35
1.2 Importance de l’entourage des entrepreneurs dans l’activité des entrepreneurs .............. 52
Bibliographie ............................................................................................................................ 68
Annexe 1 .................................................................................................................................. 73
Annexe 2 .................................................................................................................................. 75
79