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Introduction Générale 001

Le document présente le système de contrôle fiscal en Côte d'Ivoire, qui repose sur un système déclaratif basé sur la confiance, mais nécessite des vérifications pour assurer la conformité des déclarations fiscales. Il décrit l'organisation du contrôle fiscal, les différentes directions et services impliqués, ainsi que les types de contrôles effectués, tels que le contrôle formel, le contrôle sur pièces et le contrôle externe. Enfin, il souligne l'importance du contrôle fiscal pour garantir l'équité, la justice fiscale et l'équilibre budgétaire.

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Introduction Générale 001

Le document présente le système de contrôle fiscal en Côte d'Ivoire, qui repose sur un système déclaratif basé sur la confiance, mais nécessite des vérifications pour assurer la conformité des déclarations fiscales. Il décrit l'organisation du contrôle fiscal, les différentes directions et services impliqués, ainsi que les types de contrôles effectués, tels que le contrôle formel, le contrôle sur pièces et le contrôle externe. Enfin, il souligne l'importance du contrôle fiscal pour garantir l'équité, la justice fiscale et l'équilibre budgétaire.

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INTRODUCTION GÉNÉRALE

I- GÉNÉRALITÉS SUR LE CONTRÔLE FISCAL


Le système fiscal ivoirien est un système déclaratif :
→ Déclaration par le contribuable.
Sous sa responsabilité, le contribuable fait connaître à l'Administration les
éléments qui vont permettre mise en œuvre éventuelle d'impositions.
Le conte
Exemples
DÉCLARATIONS
IMPOSITIONS
Revenu

IGR.
Chiffre d'affaires
Prix de cession d'un fonds de commerce
T.C.A.
Droits d'enregistrement
B
→ Déclaration par les tiers.
Il s'agit des débiteurs du revenu qui sont chargés de prélever l'impôt à la source
pour le compte du trésor.
Exemples
DÉCLARATIONS
PRÉLÈVEMENTS
Revenu de créances et de valeurs mobilières →
IRCM.
Traitements et salaires

ITS.
Ainsi, le système fiscal ivoirien est basé sur la confiance. Mais la confiance
n'exclut pas le contrôie...
A- JUSTIFICATIF DU CONTROLE FISCAL
Le système fiscal ivoirien est un système déclaratif :
→ Déclaration par le contribuable.
Sous sa responsabilité, le contribuable fait connaître à l'Administration les
éléments qui vont permettre la
Mise en œuvre éventuelle d'impositions. L'impôt et donc établit sur la base des
déclarations des contribuables.
Ainsi, le système fiscal ivoirien est basé sur la confiance. Mais la confiance
n'exclut pas le contrôle....
En effet, Ces déclarations ne sont pas nécessairement sincères ; des erreurs
peuvent avoir été commises de
Bonne foi ; dans d'autres cas, le contribuable cherche délibérément à frauder le
Fisc.
C'est pourquoi, en contrepartie du système déclaratif, l'Administration dispose
d'un droit qui lui permettra de vérifier la conformité des déclarations fiscales aux
règles adoptées par le législateur et précisées le cas échéant par le juge de
l'impôt (jurisprudence fiscale). Le moyen utilisé pour atteindre cet objectif est le
contrôle fiscal.
Il est le garant du respect du principe fondamental de l'égalité de tous devant
l'impôt. Il a un triple caractère :
Noble car il vise l'équité et la justice fiscale ;
Délicat car il est à l'origine de tension entre l'administration et les contribuables ;
Garant de l'efficacité du système déclaratif qui repose sur la confiance et la
bonne foi du contribuable.
Page8

Outre le respect des principes d'équité et de justices fiscales, les contrôles


effectués par l'administration répondent à une double exigence :
- D'équilibre des conditions d'exercice de la concurrence et de stabilité des
finances publiques (le contrôle fiscal participe directement à l'équilibre
budgétaire par le complément de ressources qu'il procure et indirectement en
dissuadant les tentations des contribuables à minorer leurs bases d'imposition.
Le contrôle fiscal poursuit donc trois finalités qui sont résumées ci-après :
⁃ une finalité dissuasive,
⁃ une finalité budgétaire,
⁃ une finalité répressive.

B- BASE LÉGALE DU CONTRÔLE FISCAL


L'exercice du contrôle fiscal repose sur des fondements légaux forts. Il convient
de se reporter au Code Général des Impôts (CGI), ses annexes et tout
particulièrement au Livre des procédures fiscales (LPF) dont l'article 1 fixe le
cadre général du contrôle. Ainsi l'article 1 du LFP dispose « l'administration
fiscale contrôle les déclarations ainsi que les actes et documents utilisés pour
l'établissement des impôts, droits, taxes et redevances ».
Il faut relève que certaines modalités d'exercice du contrôle fiscal sont précisées
par la Doctrine administrative et par la jurisprudence.
Contrairement à la France, en Côte d'Ivoire la jurisprudence fiscale n'est pas
abondante.
C- DÉFINITION DU CONTRÔLE FISCAL
Le contrôle fiscal peut être défini comme l'ensemble des opérations accomplies
par l'administration en vue de s'assurer de la réalité et de l'exactitude des
déclarations des contribuables.
Ce pouvoir de contrôle est exercé par les services d'assiette qui vérifient les
éléments contenus dans la déclaration.
Son exercice est bien souvent ressenti comme très contraignant par le citoyen. Et
ce sentiment est d'autant plus important que le contrôle porte sur une personne
physique ou sur une entreprise de petite taille.

II-ORGANISATION DU CONTROLE FISCAL EN COTE D'IVOIRE


Ainsi, le contrôle fiscal constitue un élément essentiel de la politique fiscale,
dont la Direction générale des Impôts a la charge en vertu du décret définissant
ses attributions.
La DGI est placée sous la supervision et l'autorité du Ministère auprès du
premier ministre, chargé du budget et du portefeuille de l'Etat.
Le décret N° 2016-869 du 03 novembre 2016 portant organisation du Ministère
auprès du Premier Ministre charge du
Budget et du Portefeuille de l'Etat a engagé des réformes importantes du
contrôle fiscal.
Page9

Depuis la réforme de 2016 les missions de contrôles et d'Enquête sont scindées


de façon très étanche. La vérification de comptabilité a été déconcentrée.
Elle a abouti à la création de deux Directions centrales complémentaires à bien
des égards :
• La DERAR (Direction des Enquêtas du Renseignement et de
l'Analyse Risque)
• La DVFN (Direction des Vérifications Fiscales Nationales)
La recherche de l'information et l'exécution du contrôle fiscal sont assurées
principalement en côte d'ivoire par ces deux grandes Directions dont ce sont les
missions principales.
A-LES SERVICES CHARGES DU CONTRÔLES
La mission de contrôle est dorénavant répartie entre plusieurs services de la
DGI. Il s'agit principalement de la
Direction des Vérifications Fiscales Nationales (DVFN) et des autres services
(Direction des Grandes Entreprises, Direction des Moyennes Entreprises,
Directions Régionales)
1- La Direction des Vérifications Fiscales Nationales (DVFN)
Avec les compétences les plus étendues en matière de contrôle fiscal, cette
Direction est chargée :
⁃ de procéder à la vérification des entreprises de groupes, des
entreprises transnationales et des dossiers à fort enjeu fiscal inscrits à son
programme ;
⁃ de lutter contre la fraude et l'évasion fiscales ;
Elle est chargée en outre :
⁃ de concevoir la politique de contrôle fiscal de la Direction générale
des Impôts ;
⁃ d’élaborer périodiquement les statistiques relatives à l'exécution et
au rendement du contrôle fiscal ;
⁃ de mutualiser les expériences des différents services en matière de
contrôle ;
La Direction des Vérifications Fiscales Nationales comprend trois Sous-
directions et une Recette :
* La Sous-direction des Vérifications Générales ;
Elle comporte 4 Brigades de vérifications spécialisées par secteur d'activité
* Brigade N°1, en charge de Grande distribution, télécommunications, banque
assurance
Brigade N°2, en charge des entreprises alimentaires, agro-industrielles et négoce
de produits naturels
Brigade N°3, en charge du secteur des BTP, concessionnaire de service publics,
infrastructures économiques et commerce général
• Brigade N°4, en charge de mines, énergies, produits pétroliers et
autres industries
• La Sous-direction des Vérifications Spécifiques ;
Elle comporte 4 Brigades de vérifications :
• La Brigade des Contrôles Inopinés ;
• La Brigade de Contrôle des Opérations Spéciales ;
• La Brigade de Contrôle Ponctuel ;
• La Brigade de Contrôle de la Facture Normalisée.

Page 10

Par Décision N° 4126 /MPMBPE/DGI du 12 DECEMBRE 2019, La Cellule de


contrôle de la facture normalisée et de Recouvrement des amendes issues du
contrôle à la facturation a été rattachée à la Sous-direction des Vérifications
Spécifiques.
* La Sous-direction des Politiques de Contrôle et de la Mutualisation des
Expériences. Elle comporte 4 services :
Le service des études et statistiques du contrôle fiscal
Service de la mutualisation des expériences service de la coordination des
opérations de contrôle
* La Recette du contrôle fiscal.
Cette Direction a une compétence nationale et le plus large possible
contrairement aux autres services en charge du contrôle fiscal. Elle effectue
exclusivement de la vérification de comptabilité.
Avec le nouveau Décret N 2021-800 du 12/10/2021 portant organisation du
Ministère du Budget et du Portefeuille de l'Etat, une nouvelle Sous-direction a
été créé notamment la sous-direction du contentieux chargée de la gestion du
contentieux administratif portant sur les opérations relevant de sa compétence.
2- Les autres services de contrôle (compétence limitée)
A l'origine, exclusivement chargée de la vérification générale de comptabilité, la
DVFN partage désormais cette compétence avec la Direction des Grandes
Entreprises (DGE) et la Direction des Moyennes Entreprises (DME) et les
Brigades régionales.
Avec le nouveau Décret N 2021-800 du 12/10/2021 portant organisation du
Ministère du Budget et du Portefeuille de l'Etat, ces deux Directions ont chacune
une nouvelle Sous-direction du contentieux chargée de la gestion du contentieux
administratif portant sur les opérations relevant de leur compétence.
* La Direction des Grandes Entreprises
Le décret N° 2016-869 du 03 novembre 2016 portant organisation du Ministère
auprès du Premier Ministre chargé du Budget et du Portefeuille de l'Etat précise
que la DGE est chargée de la gestion et du contrôle, y compris de la vérification
générale de comptabilité. Mais son action est circonscrite aux entreprises
inscrites à son fichier.
De ce fait, la DGE est dotée d'une sous-direction chargée du contrôle fiscal.
› La Direction des Moyennes Entreprises
La Direction des Moyennes Entreprises est chargée de la gestion, du contrôle y
compris de la vérification générale de comptabilité.
Page 11

Tout comme la DGE, son action est circonscrite aux entreprises inscrites à son
fichier.
La DME comporte également des brigades de vérifications dont la compétence
est étendue à la vérification générale de comptabilite.
> Au niveau des régions
Conformément à la Décision n°1964/SEPMBPE/DGI/DRH/DVFN/KS du 11
mai 2018, portant création de services à la Direction générale des Impôts, il a été
créé au sein de chaque Direction régionale, une Brigade régionale de contrôle
fiscal, chargée des opérations ci-après :
⁃ Le contrôle sur pièces ;
⁃ Le contrôle ponctuel et notamment le contrôle des crédits de TVA;
⁃ La vérification générale de comptabilité.

La compétence des Brigades est limitée au fichier et au ressort territorial des


Directions régionales dont elles relèvent.
Les contrôles fiscaux sont exécutés à partir des programmes de vérification
validés par le Directeur général des Impôts.
Depuis 2020, les opérations de contrôles fiscaux sont digitalisées à travers la
mise en application du module contrôle et redressement dans le Système Intégré
de Gestion des Impôts en Côte d'Ivoire (SIGICI) B-LES SERVICES DE
SOUTIEN AUX CONTROLES
Il s'agit des services d'enquête notamment la Direction des Enquêtes, du
Renseignement et de l'Analyse-Risque
(DERAR). Elle est chargée :
de rechercher le renseignement à des fins fiscales ;
dassurer le suivi et le recoupement des informations sur les différents secteurs
d'activités et de leur mise à disposition des services compétents de la Direction
générale des Impôts ;
⁃ d’élaborer les monographies des contribuables à risque à l'attention
des services de contrôle ;
⁃ d’élaborer, sur la base des données et informations disponibles, le
projet de programme de contrôle fiscal des services, d'en assurer le suivi et
l'évaluation;
⁃ de développer un système d'alerte précoce sur le rendement des
secteurs d'activités et d'entreprises
⁃ de faire l'analyse du risque fiscal des entreprises et des secteurs
d'activité et de la cartographie des risques ;
⁃ de procéder à l'analyse de cohérence des informations produites par
l'ensemble des services de la Direction générale des Impôts, des régies
financières du Ministère et du secteur privé ;
⁃ d'assurer l'échange d'informations et de renseignements avec les
autres administrations, organisme et
⁃ de produire des rapports trimestriels sur les croisements types et de
les mettre à la disposition des services pour exploitation.

C-LA COMPÉTENCE DES AGENTS CHARGES DU CONTRÔLE FISCAL


Les opérations de contrôles sont effectuées par les agents des services en charge
des contrôles. Leur compétence est fonction de la compétence des services
auxquels ils appartiennent. La répartition des compétences entre les services qui
effectuent le contrôle fiscal peut procéder de la combinaison de plusieurs critères
notamment :
⁃ L’implantation géographique
⁃ Le montant du chiffre d'affaires
L'appartenance à une multinationale, les liens ou les relations d'affaires avec
l'étranger
Quel que soit le service auquel appartient l'agent qui effectue le contrôle, celui-
ci doit respecter les mêmes règles de procédure, des garanties identiques
bénéficiant au contribuable ou à l'entreprise vérifiée.

D-LES DIFFÉRENTES FORMES DE CONTRÔLES


On distingue trois formes de contrôles : le contrôle formel ; le contrôle sur
pièces et le Contrôle externe.
* Le contrôle formel
C'est un contrôle de base fait dans le cadre de la gestion courante du dossier. Il
est effectué dans les bureaux de l'Administration, c'est donc un contrôle de
cabinet.

Page 12

Il constitue une phase préparatoire au contrôle sur pièces ; il s'exerce donc dès la
réception des documents déposés par le contribuable (ou avant le classement au
dossier) et il concerne l'ensemble des documents produits.
Il consiste en un examen de la qualité formelle des éléments déclarés en vue de
rectifier les erreurs matérielles pour éviter les aberrations et le blocage de la
procédure d'imposition. Il permet également l'efficacité dans le traitement de
l'information.
Mais en aucun cas le contrôle formel ne peut se traduire par la modification des
chiffres déclarés.
Il peut donner à des rappels de droits
* Le contrôle sur pièces (art 4 LPF)
Fondement juridique : il prévue par les dispositions de l'article 4 du LPF.
Le contrôle sur pièces (CSP) est constitué par l'ensemble des travaux de bureau
au cours desquels le service procède à l'examen critique des déclarations et de la
situation fiscale du contribuable à l'aide des renseignements et documents
figurant au dossier mais aussi à partir des informations complémentaires
demandées au contribuable ou obtenues auprès des tiers à l'occasion de
l'exercice du droit de communication.
Les objectifs visés par le CSP sont de plusieurs ordres :
Vérifier la sincérité des déclarations ;
Vérifier la cohérence globale du dossier ;
Procéder le cas échéant à des redressements ;
⁃ détecter les contribuables défaillants ;
⁃ prévenir et réparer des erreurs relevées dans les déclarations ;
⁃ sélectionner des dossiers susceptibles de faire l'objet d'un contrôle
externe.
• Le contrôle externe
Il s'agit essentiellement de la vérification de comptabilité (VC) qui peut revêtir
plusieurs formes.
Elle concerne les contribuables astreints à la tenue d'une comptabilité.
C'est l'ensemble des opérations de contrôle ayant pour objet d'examiner sur place
la comptabilité en la confrontant aux éléments d'exploitation en vue de contrôler
les déclarations du contribuable et d'assurer éventuellement les redressements
nécessaires.
Elle suppose donc :
⁃ Une analyse comptable et fiscale de la comptabilité
⁃ Des recherches extérieures éventuelles
Une vérification de comptabilité implique donc, au-delà du simple examen de la
comptabilité, une confrontation des renseignements extracomptables aux
données comptables qui se trouvent à la base même des déclarations souscrites.
Le contrôle fiscal externe a pour objectifs de :
⁃ rectifier des erreurs, omissions et inexactitudes commises par les
contribuables ;
⁃ réprimer la fraude
Page 13

⁃ suivre et informer le contribuable ;


⁃ manifester la présence de l'Administration.
> La vérification approfondie de la situation fiscale d'ensemble (VASFE) des
personnes physiques. (art.
5 LPF)
C'est l'ensemble des opérations de contrôle destinées à vérifier la cohérence
entre les déclarations de revenus d'un particulier d'une part et sa situation
patrimoniale, sa situation de trésorerie et son train de vie d'autre part.
Ces opérations ont pour but de vérifier la sincérité des déclarations de revenu
global souscrites au titre de l'impöt sur le revenu.
Domaine couvert par la VASFE
• Les personnes physiques
• Les revenus et le patrimoine
• Les déclarations d'IGR
• Les périodes non prescrites
Moyens
• Les demandes de renseignements
• Le droit de communication
Limites
• Limites liées au délai
• Limites liées aux revenus
Aussi, l'importance des enjeux implique-t-elle une sélectivité importante des
dossiers à travers un dispositif de recherche du renseignement adapté.
Basé sur la recherche de l'information et du renseignement (l), le contrôle fiscal
obéit à des procédures dans son exécution (II) et abouti à des redressements
suivant les procédures spécifiques (III) assortis de sanctio sanctions
fiscales (IV)
Page 14

CHAPITRE | LA RECHERCHE DE L'INFORMATION ET DES


RENSEIGNEMENTS
L'administration fiscale est convaincue que la complexité croissante des
procédés de fraude peut rendre leur découverte difficile au vérificateur qui
procède à un contrôle même externe.
La mise en œuvre du contrôle fiscal nécessite au préalable que l'Administration
détienne des informations et renseignements sur le contribuable et son activité.
Pour aider le vérificateur, elle a organisé des actions spécifiques dans le domaine
de la recherche du renseignement.
Cette exigence qui est d'actualité est à l'origine de la création d'une Direction
spécialement dédiée à la recherche de l'information, la DERAR.
Le livre des procédures fiscales (LPF) met à la disposition de l'Administration
fiscale des moyens juridiques d'investigation pour lui permettre d'exercer
utilement son pouvoir de contrôle. Il s'agit de procédés de recherche de
l'information et du renseignement destinés à appuyer efficacement les opérations
de contrôles.
On peut retenir quatre principaux moyens, en insistant sur la gradation dans la
contrainte qu'elles représentent pour le contribuable. Il s'agit :
v de la demande d'éclaircissements et de justification, v du droit de
communication, du droit d'enquête, du droit de visite et de saisie.
SECTION I/ LA DEMANDE D'ECLAIRCISSEMENTS OU DE
JUSTIFICATIONS
9-1- Définition des notions
A- L'information
Elle peut être définit comme une donnée, une matière non encore traitée qui peut
servir à l'obtention du renseignement (c'est une donnée brute).
B- Le renseignement
Il peut être définit comme une indication, un eclaircissement permettant ou
servant à connaitre une chose. C'est le produit du traitement des données brutes.
Le renseignement est issu du traitement de l'information. Il obéit à un
processus :
• Collecte d'informations d'origines diverses,
• Tri des informations selon des critères,
• Recoupements des données brutes,
• Dégagement de bonnes conclusions qui sont exploitables,
• Communication des résultats aux décideurs.

Page 15

• §-2- Champ d'application de la demande (ART 8 et 9LPF)


• Lorsqu'elle les juge utiles, pour la détermination de l'impôt,
l'Administration fiscale peut, par écrit ou verbalement, demander au
contribuable tous les renseignements (...), explications, éclaircissements ou
justifications.
• Le LF, dans son article 8, autorise l'Administration, en matière
d'impôt sur le revenu, de taxes sur le chiffre d'affaires et de taxes indirectes à
adresser au contribuable une demande de renseignements, d'explication ou
d'éclaircissements ou de justifications.
• L'article 31 de l'annexe fiscale 2019 a étendu le champ d'application
des demandes de renseignements, d'explication, d'éclaircissement ou de
justifications aux droits d'enregistrement et de timbre. Cette évolution devrait
permettre aux services d'effectuer plus aisément les contrôles sur pièces en la
matière.
• Aux termes de l'article 9 du LPF, pour l'établissement de l'impôt
général sur le Revenu, elle peut demander au contribuable, des explications et
justifications sur ses charges familiales, sa situation matrimoniale, la déclaration
de ses revenus catégoriels s'il en dispose (déclaration d'impôts sur les revenus de
créances, d'impôt fonciers, d'impôt sur les bénéfices non commerciaux etc. ...).
• De même, quand il apparaît à l'Administration des disproportions
avérées entre les déclarations souscrites par le contribuable et sa situation de
trésorerie, les éléments de son train de vie et de celui des membres de son foyer
fiscal, sa situation patrimoniale, etc...., elle peut lui demander des justifications.
• §-3- Objet et portée de la demande
• A- Objet de la demande
• En principe, il existe une différence sensible entre les deux
catégories de demandes.
• Alors que par la demande d'éclaircissements, l'Administration
s'adresse au contribuable en vue de réclamer des précisions sur sa situation
fiscale, la demande de justifications présente un degré de contrainte plus élevé
puisqu'elle impose, à ce dernier, l'apport d'éléments de preuve.
• En pratique, l'Administration envoie toujours une demande
d'éclaircissements et de justification qui couvre ainsi l'ensemble des
informations et pièces justificatives qu'elle souhaite obtenir.
• Les éclaircissements et justifications que l'Administration souhaite
avoir peuvent être demandés par écrit ou verbalement ou par voie électronique
(article 10 du LPF).
• L'utilisation de la voie électronique doit résulter de l'acceptation
expresse du contribuable avec indication exacte de son adresse électronique. Les
conditions et modalités de la voie électronique ainsi que les contribuables
concernés, sont déterminées par arrêté du Ministre du Budget.
• La demande doit indiquer explicitement les points sur lesquels elle
souhaite avoir des renseignements. En outre, la demande doit assigner un délai
au contribuable pour fournir sa réponse. Ce délai est de 30 jours au minimum
(article 10 du LPF). Ce délai doit permettre au contribuable de pouvoir répondre
de façon pertinente aux demandes de l'administration fiscale.
• B- Portée de la demande (suite de la demande)
• Le contribuable peut s'abstenir de répondre; dans ce cas, il encourt
une imposition d'office (taxation ou rectification) sans mise en demeure
préalable (article 11 du LPF).
• Une réponse imprécise ou trop générale ou n'ayant pas de rapport
avec la demande est considérée comme un refus de répondre sur tout ou partie
des points de la demande selon les cas.

Page 16

• Une mise en demeure devra alors être adressée au contribuable


d'avoir à compléter sa réponse dans un délai de 15 jours en précisant les points
qui nécessitent un complément d'information (article 11 du LPF).
SECTION 2/ LE DROIT DE COMMUNICATION
Le droit de communication prévu aux articles 32 et suivants du LPF est le droit
reconnu à l'Administration fiscale de prendre connaissance et, au besoin copie
de documents détenus par des tiers, quel que soit le support utilisé pour la
conservation de ces documents.
§ -1- Objet et limites du droit de communication
A- Objet
Le droit de communication n'a pour objet que de prendre connaissance
d'éléments ponctuels intéressant une opération particulière ou des travaux ou
transactions de même nature, pour des catégories de contribuables bien définies.
Il permet ainsi à l'Administration
• Non seulement de prendre connaissance et, au besoin, copie des
documents comptables d'un contribuable,
• Mais également de recueillir, auprès de tiers, tous renseignements
utiles à l'assiette, au contrôle et au recouvrement de l'impôt.
• L'Administration a ainsi la possibilité de compléter les informations
qui doivent lui être fournies dans le cadre des obligations légales mises à la
charge des contribuables afin de détecter les manquements éventuels aux
obligations déclaratives et de vérifier la sincérité des chiffres déclarés.
• Les renseignements recueillis par le droit de communication
peuvent être utilisés pour l'assiette et le contrôle de tous les impôts et taxes à la
charge de tiers à la personne physique ou morale auprès de laquelle il est exercé.
• En résumé il permet de collecter des informations auprès de tiers et
les opposer au contribuable contrôlé pour établir les redressements.
• B- Limites du droit de communication
• Le droit de communication doit, dans tous les cas, être limité à un
relevé passif des documents consultés (écritures comptables, registres,
documents divers relatifs à l'activité de l'entreprise...)
• Mais indépendamment des supports papiers traditionnels, le droit de
communication peut s'exercer sur tous les documents ou supports magnétiques.
Il est par nature non contraignant au regard de la situation fiscale de la personne
auprès de laquelle il est exercé.
• Le droit de communication doit être fondamentalement distingué du
droit de vérification. En effet, le droit de vérification permet en cas
d'insuffisances constatées, de rectifier les déclarations souscrites par le
contribuable vérifié. La loi a assorti l'exercice de ce droit de vérification de
garanties et de droits spécifiques au profit du contribuable vérifié.
• Il conviendra dès lors, de faire attention au « détournement de
procédure » qui consiste à muer le droit de communication en droit de
vérification qui, du reste, serait irrégulière dans la procédure.
• Enfin, sont exclus du droit de communication, les particuliers et les
artisans.
• Il ne doit pas être confondu avec la demande de renseignements

Page 17

2- L'exercice du droit de communication


A- Personnes et organismes visés

Les recherches à entreprendre ne peuvent être effectuées qu'auprès de personnes


ou organismes limitativement enumérés par la loi et sur des documents
spécifiques à chacune d'entre elles.
Ainsi sont concernées :
• Les administrations
•entreprises publiques,
•collectivités
•territoriales,
•les établissements et organismes soumis au contrôle de l'autorité de l'Etat;
•Les membres des professions non commerciales;
• Les banques et établissements financiers...;
•Les personnes ayant la qualité de commerçant ;
•Les employeurs.

B- Conditions (modalités) d'exercice (art 32 in fine)


• Le droit de communication peut s'exercer par correspondance ou
surplace dans l'entreprise. Mais lorsque
• l'Administration décide d'exercer ce droit sur place, les règles
suivantes doivent être respectées :
• Envoi ou remise d'un avis de passage afin qu'aucun doute ne
subsiste dans l'esprit du contribuable sur
• la nature de l'intervention dont il est l'objet.
• › L'avis de passage doit préciser la nature des documents dont la
consultation est demandée.
• Afin de permettre au contribuable auprès duquel l'Administration
entend exercer sur place son droit de communication, de tenir à disposition des
documents fiables, depuis 2019 un délai de quinze (15) jours entre la date de la
remise de l'avis de passage et celle de la première intervention lui est accordé.
• Les personnes ou organismes visés par le droit de communication
sont tenus de conserver leurs documents pendant un temps minimum, en
l'occurrence dix ans à compter de la date de la dernière opération mentionnée sur
les livres ou registres ou de la date à laquelle les documents ou pièces ont ete
établis (ART 33 DU LPF).
• Cette obligation est applicable quelle que soit la nature du support
utilisé.
• Les entreprises qui cessent leurs activités sont tenus de désigner un
représentant légal chargé de la conservation des documents susvisés sur même
période. Les contacts de ce représentant légal doivent être communiqués à
l'administration fiscale lors de la procédure de cessation d'activité.
• Les manquements au droit de communication sont sanctionnés par
une amende fiscale après mise en
• demeure.
• C- Période sur laquelle porte le droit de communication
• La loi ne définit pas la période sur laquelle peut s'exercer le droit de
communication. L'administration considère que les documents peuvent être
consultés tant qu'ils sont conservés. Mais la période coincide généralement avec
le délai de reprise pour des contingences d'ordre pratique que légal.
• D- Droit de communication systématique (sans demande préalable)
• Les banques et établissements financiers, ainsi que certaines
institutions étatiques ou communales, sont tenus d'un droit de communication à
l'égard à l'égard de l'Administration fiscale en l'absence de toute demande
préalable de celle-ci (articles 51 à 60 octiès du LPF)
• Les tiers visés par le droit de communication ont-ils l'obligation de
présenter les documents à l'administration fiscale ?

Page 18
Ne seraient-ils pas en droit d'opposer le secret professionnel aux agents de
l'administration ?
Ces deux interrogations appellent des réponses négatives. Les tiers en question
ont l'obligation de fournir les documents à l'Administration.
Par contre, l'obligation de secret professionnel pèse sur les agents qui se livrent
aux opérations de vérification dans les conditions fixées par la loi.
La non communication des documents par ces tiers entraîne des sanctions
fiscales et même dans certains cas des peines de prison peuvent être prononcées
à l'encontre des tiers défaillants.
Les documents concernés par le droit de communication doivent être conservés
pendant six ans à compter de la date de la dernière opération mentionnée ou de
la date à laquelle les documents et pièces ont été établis.
SECTION 3I LE DROIT D'ENQUÊTE (Articles 67, 68, 69 LPF)
Le droit d'enquête permet de mettre en évidence les manquements aux règles et
obligations auxquelles sont soumis les assujettis aux taxes indirectes en matière
de facturation et aux règles de tenue de comptabilité et de déclaration auxquelles
sont soumis l'ensemble des contribuables.
Il permet ainsi à l'Administration d'assurer sa présence dans les secteurs
d'activités où les risques de fraude fiscale sont importants et de recueillir des
informations exploitables à l'occasion de la sélection des dossiers à vérifier.
NB : Ayant pour objet la recherche de renseignements, le droit d'enquête n'est
pas une procédure de contrôle et ne doit pas se confondre non plus avec le droit
de communication de l'Administration.
-1- Conditions d'exercice du droit d'enquête
A- Les Personnes soumises au droit d'enquête
Ce sont :
⁃Les assujettis aux taxes indirectes ;
⁃Les assujettis aux règles de tenue de comptabilité et de déclaration.
B- Les documents soumis au droit d'enquête
Les enquêteurs, qui doivent avoir au moins le grade d'inspecteur, disposent du
droit de se faire présenter
différentes catégories de documents :
Les factures;
-La comptabilité matière ;
⁃ Les livres ;
⁃Les registres;
⁃Les documents professionnels pouvant se rapporter à des opérations
ayant donné lieu ou devant donner lieu à facturation et procéder à la constatation
matérielle des éléments physiques de l'exploitation.
A titre de rappel les factures doivent être datées, numérotées, porter le numéro
de compte contribuable, le service d'assiette de rattachement, le régime
d'imposition, faire mention du total hors taxe et de la TVA ventilée par taux
d'imposition ou faire apparaître l'indication « exonération ».
Le non-respect de ces prescriptions, constaté lors d'une enquête, ne peut
qu'inciter l'Administration à effectuer une vérification de comptabilité.
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C- Les Lieux soumis au droit d'enquête


L'enquête peut être effectuée dans les locaux à usage professionnel, sur les
terrains d'exploitation et dans les entrepôts.
Les enquêteurs ont accès aux moyens de transports à usage professionnel et leur
chargement mais les domiciles privés ne sont pas accessibles.
Sur les lieux ou leur intervention est autorisée, les agents peuvent, dès lors,
prendre connaissance des moyens mobiliers et immobiliers utilisés ainsi que des
ressources humaines employées. II leur est possible de constater les stocks de
marchandises, de matières premières, de fournitures diverses et les produits et
prestations.

2- Déroulement de l'enquête
Ce sont des brigades du service des enquêtes et recoupements qui exercent ce
droit. Les agents qui y sont affectés sont soit des inspecteurs ou des
administrateurs soit des agents de police judiciaire.
A- L'avis d'enquête
Lors de la première intervention ou de la première convocation, un avis
d'enquête est remis à l'assujetti, comportant les noms ou dénomination sociale et
adresse de ce dernier, les noms et qualité des enquêteurs ainsi que la date de
l'intervention ou de la convocation. Si, lors de la première intervention, seuls des
salariés, ou parents de l'assujetti sont présents, l'avis d'enquête doit néanmoins
leur être remis et l'enquête peut se dérouler. Dans ce cas, les noms et qualité des
personnes présentes sont mentionnés sur l'avis d'enquête.
B- Conclusion de l’enquête : Le procès-verbal
L'intervention inopinée se déroule dans les locaux professionnels. Mais
l'Administration est en droit d'entendre l'assujetti dans les bureaux de l'agent
intervenant, sur convocation. Chaque enquête peut donner lieu à une ou
plusieurs interventions.
Un procès-verbal est dressé à la fin de chaque opération.
A l'issue de l'enquête un procès-verbal est établi dans les 15 jours de la dernière
intervention ou audition. Il consigne les manquements constatés ou l'absence de
tels manquements. La liste des documents dont une copie a été délivrée y est
annexée le cas échéant. Un exemplaire du procès-verbal est remis à l'assujetti,
qui est invité à le signer. En cas de refus de signer, mention en est faite au
procès-verbal.
Le contribuable dispose d'un délai de trente jours pour faire valoir des
observations. Celles-ci sont portées ou annexées au procès-verbal.
Les renseignements obtenus au cours de l'enquête ainsi que toutes les
informations collectées et nécessaires à la réalisation de la mission sont
consignés dans un rapport d'enquête. Il est rédigé par l'enquêteur et signé par les
différents responsables hiérarchiques. C'est un document interne, il n'est pas
remis copie au contribuable.
C- Les sanctions en cas d'opposition au droit d'enquête
L'empêchement de la mise en œuvre du droit d'enquête donne lieu à l'application
des sanctions prévues par l'article 178 relatif aux voies de faits, menaces ou
manœuvres concertées, soit une amende de 500 000 à 10 000 000 de francs
assortis d'un emprisonnement d’un (01) à six (06) mois ou de l'une de ces deux
peines seulement.
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SECTION 4/ LE DROIT DE VISITE ET DE SAISIE; LE CONTROLE A LA


CIRCULATION

§ -1- Le droit de visite et de saisie (art 12 LPF)


Les services des impôts disposent d'un droit de visite et de saisie en tous lieux
même privés, pour rechercher la preuve d'agissements frauduleux en matière
d'impôts directs ou de TVA.
Ce droit permet à l'Administration de rechercher la preuve d'agissements
frauduleux lorsqu'il existe des présomptions qu'un contribuable se soustrait à
l'établissement et au paiement de l'impôt (Achats ou vente sans facture, fausses
factures, omission d'écritures comptables, écritures comptables inexactes ou
fictives).

A. Champ d'application
But: c’est la constation des infractions( agissements frauduleux en matière IGR
sur le revenu
de taxes sur le chiffre d'affaires et de taxes indirectes.
Comment: en saisissant des pièces, documents et produits se rapportant à
l'infraction.
Finalité : c'est un moyen de lutte contre la fraude.
Il s'apparente à la perquisition effectuée en matière pénale dans le cadre d'une
enquête préliminaire. Le terme de perquisition est également employé par les
agents de l'administration fiscale.

B- Lieux d'exercice du droit de visite


Le droit de visite s'exercice dans les locaux professionnels (bureau, terrains
d'exploitation, entrepôts) ou sauf cas exceptionnel au domicile du contribuable.
Etant donné qu'il porte atteinte dans certains cas à l'inviolabilité du domicile
privé, son exercice doit être effectué de telle sorte que la lutte contre la fraude
fiscale soit conciliable avec le prince de liberté individuelle.
Il s'exerce donc en tous lieux où les documents, pièces, marchandises et produits
se rapportant aux infractions sont susceptibles d'être détenus. Des visites sont
possibles chez des tiers.
C. Les conditions d'exercice
Deux situations sont à distinguer:
1- Visite dispensée de l'autorisation préalable du juge
• En cas de flagrance: le délit flagrant est celui qui se commet
actuellement ou qui vient de se commettre ou lorsque dans un temps très voisin
la personne soupçonnée est poursuivie par la clameur publique ou est trouvée en
possession d'objets ou présente des indices, traces laissant penser qu'elle a
participé au crime (code de procédure penale)
• Visite des lieux ne constituant pas un domicile privé
• Quand le juge saisi n'a pas rendu sa décision dans les 48h de sa
saisine (art 12-2° du LPF)
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2- Visite avec autorisation préalable du juge


Hormis les cas de flagrance, l'exercice du droit de visite dans un domicile privé
doit être autorisé par une ordonnance insusceptible de recours du président du
tribunal (article 12-2° du LPF).

D/ Exécution des visites et saisies


L'exercice de ce droit est soumis à des règles très strictes.
* Agents compétents
Agents de l'administration fiscale habiliée à cet effet par le Directeur Général
des Impôts. Ils sont accompagnés par un OPJ ou par toute personne jugée utile
par le Directeur Général des Impôts pourle bon déroulement des opérations.
Heure
La visite ne peut commencer ni avant 6 heures ni près 21 heures. Dans les lieux
ouverts au public elle peut également être commencée pendant les heures
d'ouverture de l'établissement.
* Personnes autorisées à assister
La visite se déroule en présence de l'occupant des lieux ou son représentant ou à
défaut, deux personnes témoins désignés par l'OPJ. L'OPJ veille au respect du
secret professionnel et aux droits de la défense. Si la visite est autorisée par le
juge, il désigne l'OPJ qui le tient informé.

Déroulement
→ Avant le début des opérations les agents doivent présenter leur habilitation
spéciale et l'ordonnance du juge autorisant la visite
› Au cours de la visite ils prennent connaissance des pièces, documents,
marchandises avant leur saisie et rédigent ensuite,
• Un PV de visite relatant les modalités et le déroulement de
l'opération
• Un inventaire des pièces, documents, marchandises et produits
saisis
• Un PV de fermeture d'établissement
Le P.V. de visite est dressé sur-le-champ par les agents de l'Administration
fiscale. Un inventaire des pièces, documents et marchandises saisies lui est
annexé. Il est signé par :
• Les agents de l'administration fiscale
• L'OPJ
L'occupant des lieux ou son représentant
* Les deux témoins choisis par l'OP
En cas de refus de signer, mention est faite au PV. Les originaux du PV sont
remis soit :
• au Directeur Général des Impôts
• au juge ayant autorisé le visite
Une copie des PV est remise soit :
• à l'occupant,
• à son représentant
• Directeur Général des Impôts.

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• → La fin de l'exercice du droit de visite est sanctionnée par la


production d'un rapport de perquisition.
• § -2- Le contrôle à la circulation (art 13 LPF)
• Le LPF a institué un contrôle à la circulation sur la vie publique des
marchandises et produits. Il s'exerce dans les mêmes conditions que le droit de
visite
• NB - Les dispositions de l'article 12 du LPF sont applicables au
contrôle à la circulation des marchandises et des produits (art 13 LPF)
• *› L'exercice du droit de visite et de saisie ne constitue pas une
vérification de comptabilité.

Page 23

• CHAPITRE 2: LES PROCEDURES D'EXECUTION DU


CONTROLE FISCAL
SECTION 1/ CHAMP D'APPLICATION ET DEROULEMENT DES
DIFFERENTS TYPES DE CONTROLES
§ -1- En matière de CSP (art 4 du LPF)
Le CSP peut porter sur tous les impôts et taxes auxquels le contribuable est
assujetti (portée).
L'Administration peut contrôler toutes les déclarations et tous actes et
documents utiles à l'assiette de l'impôt.
Les principes suivants régissent le déroulement du CSP :
* Absence d'information du contribuable sur le contrôle entrepris.
• Les travaux ont lieu au bureau de l'agent dans les locaux de
l'administration sauf cas exceptionnel,
• Possibilité de convoquer le contribuable.
• Demandes écrites de renseignements, explications, éclaircissements
ou justifications (art 8 à 11 du LPF).
• ® Interdiction de consulter sur place ou au bureau des documents
comptables.
• Les services compétents pour effectuer les CSP sont les services de
gestion (SAID, DME, DGE)
• Le rapprochement des déclarations souscrites des écritures
comptables s'analyse en une vérification de comptabili dont la régularité est
subordonnée à l'envoi préalable d'un avis de vérification.
• La consultation des documents comptables sans avis de vérification
ne peut intervenir que pour les besoins de l'instruction d'une réclamation
contentieuse ou gracieuse présentée par le contribuable,
• On comprend que GPS aboutit à l une des situations suivantes :
• Le dossier est classé parce aucune anomalie a été constatée
• › Les redressements sont opérés et notifiés au contribuable en cas de
constats anomalies,
• Possibilité de faire une vérification de comptabilité après un CSP,
• Durée n'est pas limitée dans le temps,
• L'assistance d'un conseil n'est pas prévue avant l'envoi de la
notification provisoire
• L'administration a relevé des points qui méritent un éclaircissement.
Il adresse une demande de renseignements et justifications au contribuable,
• Les explications fournies à l'administration n'étant pas
satisfaisantes mais ne permettant pas d'engager une procédure de redressement,
l'administration propose le dossier en contrôle externe,
• Les éléments figurant dans le dossier font apparaitre des
invraisemblances ou nécessitent des investigations sur place. Dans ce cas
l'administration propose le dossier en vérification sur place.
• §-2- En matière de vérification de comptabilité (article 2 du LPF)
• La vérification de comptabilité est un ensemble d'opérations ayant
pour objet d'examiner sur place en entreprise les documents pour s'assurer de
leur régularité et de leur caractère probant en vue de contrôler la sincérité des
déclarations souscrites par le contribuable.
• * Lieu
• Elle a lieu obligatoirement dans les locaux professionnels du
contribuable.
• * Personnes visées
• Personnes astreintes à la tenue d'une comptabilité et les membres de
professions libérales,
• - Les personnes ou organismes n'ayant pas la qualité de
commerçants mais qui payent des salaires, honoraires ou rémunérations de toute
nature ou qui distribuent des fonds pour le compte de leurs membres (article du
3
• du LPF)
Page 24

* Documents visés
Tous les supports comptables et extra comptables :
⁃ Livres journaux
⁃ Factures
⁃ Pièces comptables
⁃ Livre de paie et relevés bancaires
⁃ Correspondances
Elle peut revêtir plusieurs formes :
* Vérification générale: celle qui porte sur l'ensemble des impôts et taxes,
contributions de toutes natures auxquels le contribuable est assujetti,

Vérification partielle ou ponctuelle, parce qu'elle ne porte pas sur l'ensemble des
impôts et taxes mais est limitée à une catégorie d'impôts ou à des opérations
déterminées
* Vérification inopinée quand le contribuable n'est pas averti par l'envoi
préalable d'un avis de vérification.
Elle est une procédure très encadrée par le droit (article 2 et suivants du CGI).
Elle ne s'effectue pas à la légère par des moyens détournés. Le législateur a tenu
à ce que le contribuable soit clairement informé du déclenchement de la
procédure. Ainsi son engagement est de toute évidence un acte formaliste qui
doit être scrupuleusement respecté.
Il faut donc informer le contribuable des opérations de contrôle en lui envoyant
un avis de vérification.
L'avis de vérification est le premier acte de procédure en matière de contrôle
fiscal externe. Par la suite, le
contrôle lui-même doit se dérouler dans des conditions bien définies.
L'article 2 bis du LPF prévoit également une vérification de comptabilité sans
pénalités pour les PME dont le chiffre d'affaires annuel est inférieur à 200
millions de francs. Cette vérification se déroule dans les mêmes conditions que
la vérification générale ordinaire de comptabilité.
A - L'engagement du contrôle : L'avis de vérification (art 15 LPF)
Le contribuable doit être obligatoirement informé par un avis de vérification
qu'il va faire l'objet d'une vérification de comptabilité. L'avis de vérification doit
contenir impérativement certaines mentions et précéder l'intervention sur place
après un certain délai.
1- Le contenu de l'avis de vérification (art 15 al 2-3 LPF)
L'avis de vérification doit comporter des mentions précises, non équivoques et
substantielles c'est à dire
obligatoires sous peine de nullité de la procédure :
• Indiquer les périodes et la nature des impôts, droits et taxes soumis
à vérification. Ces éléments dépendent de la nature de la vérification (générale
ou ponctuelle) ;
• Mentionner, sous peine de nullité, que le contribuable peut se faire
assister par un conseil de son choix au cours des opérations de vérification ;
• Préciser la date et l'heure de la première intervention sur place.
2- Les délais
C'est le délai compris entre la date de remise de l'avis de vérification au
contribuable et le début des
interventions sur place. Il s'agit de délais francs qui diffèrent selon la nature du
contrôle.
Page 25

Vérification générale: 15 jours


En général, l'avis de réification est remis en mains propres et la date de réception
est mentionnée sur le
double de l'avis de vérification conservé par le service.
* Cas particulier : Vérification inopinée (art 16 du LPF)
L'Administration peut procéder à tout moment à une vérification inopinée qui
consiste à faire seulement des constatations matérielles dès la remise de l'avis de
vérification à l'exclusion de toute investigation dans la comptabilité.
Il s'agit entre autres de :
s'assurer de la tenue de comptabilité (constater l'existence des livres et journaux
dont la tenue est obligatoire)
⁃ Compter les espèces en caisse
⁃ faire l'inventaire des stocks
⁃ Faire le relevé des prix
⁃ Dénombrer le personnel etc
Dans ce cas, l'examen au fond de la comptabilité ne peut être entrepris que 2
jours francs après la date de remise de l'avis de vérification et ce pour permettre
au contribuable de se faire assister par un conseil de son choix.
En définitive le contrôle inopiné apparait comme une procédure hybride. II
débute comme une enquete, se poursuit et s'achève comme une vérification de
comptabilité.
NB : l'avis de vérification doit comporter les mêmes mentions que pour la
vérification générale et préciser qu'il s'agit d'une vérification inopinée.
Déroulement du contrôle inopiné
Le contrôle inopiné est préalable à une vérification de comptabilité. Il est prévu
dans les cas de double comptabilité ou de comptabilité occulte pour constater
rapidement les éléments de la fraude.
Un PV de contrôle est dressé à la fin de l'opération et est contresigné par le
contribuable ou son représentant et en cas de refus mention est faite est au PV
* Les reports éventuels
Le LPF ne prévoit pas les cas de reports. Dans la pratique,
⁃ La demande doit être formulée par écrit,
⁃ Elle doit reposer sur des motifs sérieux,
⁃ Sauf circonstances exceptionnelles, le report ne peut excéder 5
jours. La nouvelle date de la première intervention sur place doit être portée sur
l'avis de vérification.
B - Le déroulement du contrôle (art 15 LPF)
1- Lieu
La vérification doit en principe se dérouler chez le contribuable ou au siège de
l'entreprise. Elle peut, à la demande expresse du contribuable, se dérouler chez
le conseil ou au bureau du vérificateur. Une telle demande doit reposer sur des
motifs valables.

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2- Emport des documents


Le vérificateur ne peut emporter des documents comptables que sur accord écrit
du contribuable et lui en donner décharge: il devient dès lors, responsable des
documents qui lui sont remis.

3- constat de la première intervention


Institué en 2021, dorénavant lors de la première intervention sur place, le
vérificateur doit dresser un PV constatant le début des opérations matérielles de
contrôle, contresigné par le contribuable ou le cas échéant par son représentant
(ART 20 al 4 du LPF). Ainsi le délai de notification des redressements envisagés
court à compter de la date de la première intervention.
C - durée de l'intervention sur place (art 20 LPF)
1- Vérification générale
Délai de présence : Sous peine de nullité de l'imposition, la vérification sur place
des livres et documents comptables ne peut s'étendre sur une durée supérieure à
six mois. Ce délai peut être prorogé de trois mois lorsqu'à la demande du
contribuable et sous réserve de l'accord préalable de l'administration, la
vérification a été suspendue.
Délai pour notification provisoire : L'Administration dispose d'un délai de dix
mois à compter de la date de la première intervention sur place constatée par un
Procès-Verbal (ART 20 al 5 Du LPF) pour notifier au contribuable les
redressements envisagés par une notification provisoire.
Délai pour notification définitive: Elle dispose d'un délai maximum de trois
mois à compter de la date de la notification pour confirmer les redressements
qu'elle maintient par une notification provisoire lorsque le contribuable a
présenté des observations.
Le contrôle est prorogé du même délai (six mois et ou dix mois) en cas de
recours à l'assistance administrative auprès d'un Etat étranger. Le contribuable
en est informé par écrit.
En ce qui concerne les CSP l'Administration dispose d'u délai maximum de trois
(3) mois, à compter de la réception par le contribuable, de la notification de
redressements envisagés pour lui adresser la notification définitive.
Délai de présence (ART 20al2 ): Le délai prévu à l'alinéa premier précédent est
limité à trois mois, prorogé éventuellement de quarante-cinq(45) jours en cas de
suspension de la vérification, en ce qui concerne :
les entreprises relevant du régime réel simplifié en matière de bénéfices
industriels et commerciaux ou de taxe sur la valeur ajoutée ;
⁃ les entreprises relevant de la taxe d'Etat de l'entreprenant ou de
l'impôt des micro entreprises;
⁃ les entreprises relevant de l'impôt sur les bénéfices non
commerciaux;

Page 27

- les entreprises relevant du régime réel normal dont le chiffre d'affaires annuel
n'excède pas 100.00.0
de francs toutes taxes comprises.
Délai pour notification provisoire : L'Administration dispose d'un délai de six
mois à partir de la date de de la première intervention sur place constatée par un
PV (ART 20 al 5 du LPF) pour notifier au contribuable les redressements
envisagés.
Délai pour notification définitive : Elle dispose d'un délai maximum de trois (3)
mois (LF pour la gestion 2022) à compter de la date de la notification pour
confirmer les redressements qu'elle maintient lorsque le contribuable à présenter
des observations.
Prorogation : En cas de report de la date de début des opérations matérielles de
contrôle sur place ou de suspension desdites opérations sur demande du
contribuable ou sur décision de l'administration, la durée des opérations
matérielles de contrôle sur place ainsi que les délais de notification de
redressements (notification provisoire ou notification définitive) sont rallongés
d'une durée équivalente à la période de report ou de suspension (art 20 al 5 du
LPF).
2- Vérification ponctuelle (ART 19 DU LPF)
La vérification est dite ponctuelle lorsque :
a. Elle ne porte pas sur l'ensemble des impôts et taxes exigibles au titre de la
période vérifiée.
Exemple : Contrôle TVA et ASDI ; contrôle ITS ou contrôle BIC.
b. Elle est limitée à des opérations déterminées
Exemple : Contrôle crédits TVA ou ASDI; contrôle des retenues à la source;
contrôle des déductions TVA et ASDI
Délai de présence (article 20 du LPF) : Sous peine de nullité de l'imposition, le
délai de vérification sur place en matière de contrôle ponctuel, ne peut à l'égard
de tous les contribuables, s'étendre sur une durée supérieure à trente jours
ouvrables lorsque la vérification est limitée à des opérations particulières ou à
des impôts déterminés.
Prorogation: Ce délai peut être prorogé de quinze jours lorsqu'à la demande du
contribuable et sous réserve de l'accord préalable de l'Administration, la
vérification a été suspendue.
Le délai peut être prorogé de dix jours lorsqu'à la demande de l'Administration
elle-même, la vérification a été suspendue.
Délai pour notification provisoire : L'Administration dispose d'un délai de
soixante jours (60 j) à partir de la date de la première intervention sur place
constatée par un PV (ART 20 al 5 du LPF) pour notifier au contribuable les
redressements envisagés.
Délai pour notification définitive : Elle dispose d'un délai maximum de soixante
jours (60 j) à compter de la date de la notification pour confirmer les
redressements qu'elle maintient lorsque le contribuable à présenter des
observations.

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§-3- En matière de Vérification Approfondie de la Situation Fiscale d'Ensemble
(VASFE)- article 5 du LPF
La VASFE concerne toute personne physique résident sur le territoire de Côte
d'Ivoire et porte sur l'IGR.
Elle peut être définie comme l'ensemble des opérations de contrôle destinées à
vérifier la sincérité et l'exactitude de la déclaration de revenu des personnes
physiques au regard de l'IGR en examinant la cohérence entre les revenus
déclarés et la situation patrimoniale, la situation de trésorerie et les éléments du
train de vie des membres du foyer fiscal et celle dont elles assurent en totalité ou
en partie les moyens d'existence.
a- Mise en œuvre /Avis de vérification
Comme en matière de Vérification de comptabilité, le contribuable doit être
obligatoirement informé par un avis de vérification qu'il va faire l'objet d'une
VASFE. L'avis de vérification doit contenir impérativement certaines mentions
et précéder l'intervention sur place d'un certain délai.
Il doit notamment:
• Mentionner les années faisant l'objet du contrôle
• Préciser les documents, pièces et actes que le contribuable doit
présenter au bureau du vérificateur.
• Indiquer, sous peine de nullité de la procédure, que le contribuable
peut se faire assister au cours de la procédure de vérification, par un conseil de
son choix.
Lorsque l'avis de vérification est remis en mains propres au contribuable, celui-
ci doit accuser réception sur
l'exemplaire conservé par le vérificateur.
b- Déroulement de la vérification
La vérification se déroule dans le bureau du vérificateur. Le contribuable est
donc tenu d'apporter les documents et pièces nécessaires au contrôle, notamment
les relevés de ses divers comptes bancaires et financiers.
Le vérificateur donne décharge détaillée au contribuable de l'ensemble des
documents remis
c- Limitation de la durée de vérification (art 6 LPF)
Délai général : 12 mois
Les délais supplémentaires accordés au contribuable pour répondre aux
demandes d'éclaircissements et de
justifications s'ajoutent au délai général de 12 mois.
Résultat de la VASFE
Deux situations peuvent se présenter :
si l'administration constate des incohérences, elle adresse au contribuable une
notification de redressements

SECTION 2/ LES DELAIS DE REPRISE DE L'ADMINISTRATION

Tal derealeor ma eneofe tetio 1eftal par rearo noreadle ripostone cele ne depus a
sunernes
fait générateur mais non concrétisée à temps par l'édition d'un acte d'imposition.
Ean matière fiscale précisément, 'est le délai à intérieur duquel Administration
peut reparer insuffisances constan dans l'assiette de l'impôt ainsi que les erreurs
commises dans l'établissement des impositions. Son principe est poi
par l'article 83 du LPF.
Cette limitation au droit de reprise de l'administration est une garantie pour le
contribuable. Au-delà de ce de l, a situation du contribuable est consolidée car
l'exercice est considéré comme prescrit.
Les délais de reprise diffèrent selon la nature de l'impôt concerné.
NB : Il importe peu que l'insuffisance ou l'erreur affectant l'assiette ou le calcul
ait été commise par le contribuable a. par l'Administration.
§-1- En matière d'impôts directs et taxes assimilées (art 84 LPF)
Principe : Le droit de reprise de l'Administration s'exerce jusqu'à la fin de la
troisième année qui suit celle au
titre de laquelle l'imposition est due.
Point de départ: Année au titre de laquelle l'imposition est due
Point d'arrivée: 31 décembre de la 3eme année suivant celle au titre de laquelle
l'imposition est due
En pratique, c'est la date de réception de l'avis de vérification qui détermine le
début de la période sui laquelle porteront les redressements et les reprises
d'impôts correspondantes (année de réception du document -3)
Cas spécifique: En cas de report déficitaire ou d'amortissements réputés différés
(ARD).
@ Possibilité de contrôler un exercice prescrit
L'Administration est en droit de vérifier les déficits et les amortissements
réputés différés en période déficitaire imputés ou reportés sur les résultats des
exercices non prescrits. Mais bien entendu, aucune imposition ne saurait être
établie au titre desdits exercices sans porter atteinte au principe de la
prescription; Tout au plus, le report déficitaire Ou TARD existant au début de la
période pourra être annulé.
Il ne s'agit donc pas d'une extension du délai de reprise de l'Administration mais
de la possibilité reconnue à l'Administration de contrôler des opérations
effectuées pendant la période prescrite et qui modifient la base imposable ou
l'impôt relatif à une période sur laquelle peut s'exercer le droit de reprise de
l'Administration.
La prescription ne fait pas obstacle au droit de vérification de l'Administration.
§-2- En matière de taxes sur le chiffre d'affaires et taxes spécifiques
Principe : Le droit de reprise de l'Administration s'exerce jusqu'à la fin de la
troisième année suivant celle au
cours de laquelle la taxe est devenue exigible.
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Point de départ :
Dans le cadre du contrôle de l'impôt, le point de départ est toujours déterminé
par référence à l'exercice comptable et aux règles applicables en matière
d'impôts directs.
Point d'arrivée :
Dernière déclaration mensuelle ou trimestrielle dont le délai de dépôt est expiré.
Possibilité de contrôler un exercice prescrit
Cas spécifique : En cas de crédit reporté : Le contrôle peut alors s'étendre au-
delà de la période prescrite à l'effet d'annuler le cas échéant, l'incidence du crédit
sur les déclarations de la période comprise dans le délai de reprise. En effet, les
redevables doivent justifier du montant de la taxe déductible dont ils demandent
à bénéficier par la présentation de documents même établis antérieurement à
l'ouverture de la période soumise au droit de reprise de l'Administration.
NB : Aucun rappel de taxe ne peut être effectué sur les périodes atteintes par la
prescription ; En revanche, toutes les conséquences des irrégularités ou erreurs
relevées sur ces dernières seront tirées sur les périodes non couvertes par la
prescription.
3- Le délai de droit commun
Aux termes de l'article 87 du LPF, dans tous les cas où il n'est pas prévu un délai
plus court, le droit de reprise de l'Administration s'exerce pendant dix ans à
partir du jour du fait générateur de l'impôt.
La prescription décennale constitue donc en matière fiscale la prescription de
droit commun bien que la prescription triennale (3 ans) soit de loin la plus
répandue puisqu'elle concerne la plupart des impôts.
§-4- En matière de droits d'enregistrement
Il y a prescription pour la demande des droits et pénalités après un délai de cinq
(5) ans à compter du jour
de l'enregistrement d'un acte, d'un document ou d'une déclaration.
NB - Cette règle s'applique uniquement aux actes présentés à la formalité de
l'enregistrement.
Pour les actes qui n'ont pas été présentés à la formalité, le délai de droit commun
s'applique (prescription décennale) à compter de la date de l'acte ou de
l'événement qui motive la perception des droits et pénalités.
Il en va de même lorsque l'acte présenté à la formalité ne révèle pas
suffisamment l'exigibilité des droits et qu'il est nécessaire de recourir à des
recherches ultérieures.
ATTENTION! Remarque commune pour tous les impôts
Le droit de reprise n'est mis en œuvre qu'à compter de la date d'expiration du
délai de dépôt d'une déclaration... d'un acte...
§-5- Cas particuliers (arts 88,89 et 90 du LPF)
A- Instance devant les tribunaux (article 88 LPF)
Même si les délais de reprise sont écoulés, toute omission ou insuffisance
d'imposition révélée soit par une instance devant les tribunaux, soit par une
réclamation contentieuse, peut être réparée jusqu'à l'expiration de l'année suivant
celle de la décision qui a clos le litige.
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B- Dégrèvement (article 89 LPF)


Même si les délais de reprise sont écoulés, toute erreur commise soit sur la
nature de l'impôt applicable, soit sur le lieu d'imposition concernant l'un
quelconque des impôts et taxes prévus par le CGI, ou par tout autre texte, peut
être réparée jusqu'à l'expiration de l'année suivant celle de la décision qui a
prononcé le dégrèvement de l'imposition initiale.
C- Agissements frauduleux (article 90 LPF)
En cas d'agissements frauduleux, si l'administration dépose une plainte, elle peut
procéder à des reprises sur les trois années excédant le délai ordinaire de
prescription. Jusqu'à la décision du tribunal, le recouvrement des rappels portant
sur ces trois années est suspendu. Ces impositions deviennent caduques si la
procédure judicaire se termine par un non-lieu ou par une relaxe.

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CHAPITRE 3:
LES PROCEDURES DE REDRESSEMENTS : LA NOTIFICATION
REDRESSEMENTS AU CONTRIBUABLE
Procédure = méthode, démarche à suivre pour obtenir un résultat
Ensemble de règles à observer
A l'issue d'un Contrôle Sur Pièces (CSP) ou d'un contrôle externe (Vérification
de Comptabilité-VASFE), l'Administration fait connaître officiellement ses
griefs au contribuable au moyen de la notification de redressements.
Il s'agit de procédures qui encadrent le pouvoir reconnu à l'administration de
réparer les omissions, les inexactitudes ou les erreurs constatées dans l'assiette
de l'impôt. Elles sont prévues par les articles 22 à 31 du LPF.
Le LPF prévoit 6 procédures de redressement dont une procédure de droit
commun (la procédure contradictoire), trois procédures d'office (taxation
d'office, rectification d'office et évaluation d'office) et deux procédures
particulières (procedure particulière sur l'initiative du contribuable et procédure
de répression des abus de droit).
Peuvent être classées en 3 grands groupes
V La PRC
* Les procédures dérogatoires v Les procédures spéciales ou particulières
SECTION 1/ LA PROCEDURE DE REDRESSEMENT CONTRADICTOIRE
(PRC) - arts 22 et 23 du LPF
§ -1- Définition et caractères
C'est la procédure normale de rectification des déclarations (procédure de droit
commun). Elle résulte
directement du système déclaratif.
Elle s'applique dès lors que :
→ Le contribuable s'est conformé aux obligations fiscales déclaratives ou
justificatives lui incombant.
Elle se caractérise par :
• L'instauration d'un dialogue entre le contribuable et
l'Administration.
• Le fait que la charge de la preuve incombe en principe à
l'Administration.
* L'existence de garanties au profit du contribuable.
§ -2- Champ d'application
La procédure contradictoire est de portée générale.
Elle s'applique :
→ A l'égard de quasiment tous les impôts. L'Annexe fiscale à la loi n° 2018-984
du 28 décembre 2018 portant
Budget de l'Etat pour l'année 2019 l'a étendue à l'impôt synthétique.
→ Quelle que soit l'origine du redressement (CSP, vérification de comptabilite,
VASFE)
→ Quels que soient la nature, le motif des redressements et les sanctions
applicables.

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•Remarque:
La PRC ne s'applique pas en cas d'erreur dans le calcul de l'impôt car dans ce
cas, il ne s'agit pas de modifier a déclaration du contribuable mais de corriger un
calcul d'impôt erroné.
§ -3- Déroulement de la procédure
La notification de redressement ouvre la procédure de redressement proprement
dite. Elle se caractérise par l'envoi obligatoire d'une notification de
redressements motivée c'est à dire qui porte à la connaissance du contribuable, la
nature, le montant et les motifs de droit ou de fait de chaque redressement
envisagé.
C'est une procédure écrite : elle n'exclut pas le dialogue oral, mais les
rehaussements envisagés doivent être
portés par écrit à la connaissance du contribuable.
Le contribuable doit, en effet, être en mesure de formuler ses observations en
toute connaissance de cause.
Lorsque le contribuable est inaccessible, la notification de redressement qui lui
est adressée, est signifiée par l'administration fiscale à la mairie de sa commune
de rattachement qui en accuse réception.
L'impossibilité de signifier

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