0% ont trouvé ce document utile (0 vote)
89 vues101 pages

Apiculture - Student - 042037

Ce document de cours sur l'apiculture couvre l'historique, les pratiques actuelles, l'importance des abeilles et les méthodes d'élevage, en mettant l'accent sur l'apiculture dans les régions tropicales. Il aborde également le matériel apicole, la conduite des ruchers, les opérations spécialisées, ainsi que les maladies et ravageurs affectant les abeilles. Enfin, il souligne l'impact économique et environnemental de l'apiculture, en particulier pour les petits producteurs locaux dans les pays en développement.

Transféré par

Belizaire Robins
Copyright
© © All Rights Reserved
Nous prenons très au sérieux les droits relatifs au contenu. Si vous pensez qu’il s’agit de votre contenu, signalez une atteinte au droit d’auteur ici.
Formats disponibles
Téléchargez aux formats DOCX, PDF, TXT ou lisez en ligne sur Scribd
0% ont trouvé ce document utile (0 vote)
89 vues101 pages

Apiculture - Student - 042037

Ce document de cours sur l'apiculture couvre l'historique, les pratiques actuelles, l'importance des abeilles et les méthodes d'élevage, en mettant l'accent sur l'apiculture dans les régions tropicales. Il aborde également le matériel apicole, la conduite des ruchers, les opérations spécialisées, ainsi que les maladies et ravageurs affectant les abeilles. Enfin, il souligne l'impact économique et environnemental de l'apiculture, en particulier pour les petits producteurs locaux dans les pays en développement.

Transféré par

Belizaire Robins
Copyright
© © All Rights Reserved
Nous prenons très au sérieux les droits relatifs au contenu. Si vous pensez qu’il s’agit de votre contenu, signalez une atteinte au droit d’auteur ici.
Formats disponibles
Téléchargez aux formats DOCX, PDF, TXT ou lisez en ligne sur Scribd

Document du cours d’Apiculture

Professeur : Rouslin SERIPHIN, [Link]., PhD©

PLAN DU COURS
1. Introduction

L’historique de l’apiculture

Les pratiques actuelles.

L’importance des abeilles.

L’intérêt d’élever des abeilles

2. L’apiculture sous les tropiques.

Les races d’abeilles.

La vie et les mœurs de l’abeille domestique.

Où pratiquer l’apiculture ?

Les apiculteurs

Les ressources de miellée.

3. Le matériel apicole.

Les ruches : principes généraux

Les ruches à rayons fixes.


Les ruches à rayons mobiles.

Les ruches à cadres mobiles.

Les enfumoirs.

Les lève-cadres.

Les vêtements de protection.

Le matériel pour la manutention du miel.

4. La conduite générale du rucher.

La localisation du rucher.

Les ruchers bâtis ou « ruchers pavillons ».

L’entretien de la ruche et du rucher.

L’obtention de colonies.

Le travail avec les abeilles.

La conduite saisonnière du rucher.


La récolte du miel dans les ruches traditionnelles.

La récolte du miel dans les ruches à barrettes.

La résolution des problèmes les plus courants.

5. Les opérations spécialisées.

La fabrication des feuilles de cire.

Le nourrissement des abeilles.


La sélection, l’élevage et le « clippage » des reines.

La division des colonies.

La transhumance.

L’importation d’abeilles provenant d’autres régions.

La pollinisation des cultures.

6. Les ravageurs et les maladies des abeilles.

Les fourmis.

Les ratels

Les coléoptères des ruches.

Les fausses teignes.

Le sphinx à tête de mort.

Les guêpes chasseresses.

Les poux des abeilles ou braules.

Les acariens

Les insectes xylophages.

Les oiseaux.

Les maladies des abeilles.


7. Les produits de l’apiculture.

Le miel

La récolte, l’extraction et le conditionnement du miel.

La commercialisation du miel.

La cire d’abeille.

Les autres produits de la ruche

Le développement du marché.
Généralité

« Si l’abeille venait à disparaître, l’homme n’aurait plus que quelques années à vivre »,
prophétisait Einstein… Les abeilles font en effet partie depuis des millénaires de la culture et du
patrimoine humain, et elles sont donc essentielles au maintien d’une biodiversité végétale très
importante pour l’humanité. Pourtant, ces insectes si utiles semblent de plus en plus menacés et il
s’agit bien d’un problème mondial aux multiples causes. Il est donc d’autant plus important de
s’intéresser encore et toujours aux abeilles et à l’apiculture, pour en améliorer les méthodes et les
productions de façon durable, et cela notamment dans les pays en développement.

L’apiculture peut en effet constituer une option très intéressante pour diversifier les activités des
petits producteurs locaux. Elle peut être menée dans beaucoup de situations au monde, en
particulier dans la majorité des régions chaudes ou tropicales. Rarement exercée en tant
qu’activité principale, l’apiculture permet, grâce aux produits de la ruche, de compléter les
revenus familiaux, et requiert peu de temps et d’investissement, si elle est conduite à petite
échelle. Les produits majeurs de la ruche, la cire et le miel, sont bénéfiques pour la famille mais
peuvent aussi être vendus sur le marché local ou à destination d’utilisateurs plus lointains. Des
produits supplémentaires, tels le pollen, le couvain, la gelée royale ou la propolis, possèdent
aussi des propriétés nutritionnelles et thérapeutiques de premier ordre. Enfin, la pollinisation
assurée par les abeilles permet souvent d’améliorer le rendement des cultures et joue un rôle
important pour l’ensemble de la flore.

L’Afrique est la terre d’origine de l’abeille domestique, Apis mellifera. Il s’ensuit que ce
continent, à l’instar des Caraïbes et du Pacifique, dispose de milieux parfaitement adaptés à son
élevage. L’apiculture est une forme d’agriculture durable, susceptible de constituer une source de
nourriture et, surtout, d’utiles revenus pour les populations rurales. Elle permet par ailleurs de
donner une justification économique à la préservation des milieux naturels et, potentiellement,
d’accroître les rendements des cultures vivrières et fourragères.

Il existe pour la cire d’abeille un marché tout prêt à se développer, à la fois sur le plan local et à
l’exportation. Le marché du miel, quant à lui, dépend davantage de la qualité du produit proposé
et des caprices des taux de change entre monnaies. En améliorant leur savoir-faire et leur
matériel, les apiculteurs deviennent capables de diversifier la gamme des produits qu’ils tirent de
l’élevage des abeilles.

L’apiculture est une activité qui convient particulièrement aux agriculteurs sans grandes
ressources des régions tropicales, et ce, pour plusieurs raisons :

- le miel et la cire sont des produits utiles et précieux ;


- la pollinisation par les abeilles peut profiter à beaucoup d’espèces cultivées et accroître
les rendements, notamment lorsque le nombre des pollinisateurs indigènes a été réduit par
l’utilisation abusive de pesticides ;
- il n’est pas nécessaire de disposer d’un matériel coûteux : des ruches simples peuvent être
réalisées à partir de matériaux trouvés sur place ;
- la fabrication des ruches et du matériel apicole en général est une activité susceptible de
stimuler l’économie locale ;
- les abeilles se nourrissent du pollen et du nectar des fleurs et n’ont pas besoin d’aliment
complémentaire (bien que les apiculteurs leur fournissent parfois du sirop de sucre après
la récolte du miel) ;
- les techniques de base de l’apiculture sont faciles à apprendre ; les abeilles n’ont pas
besoin de soins quotidiens et les activités apicoles peuvent être modulées en fonction du
temps dont on dispose ;
- l’apiculture ne mobilise aucune terre de valeur : les ruches sont installées dans des arbres,
sur des terrains incultes ou sur des toits plats ;
- l’apiculture peut être pratiquée par des personnes de tous âges ;
- l’apiculture aide à accéder à une certaine autonomie et encourage le travail en réseau par
la constitution d’associations et de coopératives d’apiculteurs.

Après l’être humain, l’abeille est sans doute, de toutes les espèces au monde, celle qui a été la
plus étudiée. Bien qu’elles ne puissent pas être domestiquées au sens commun du terme, les
colonies d’abeilles peuvent être élevées et gérées.
Chapitre I.

 Introduction

L’historique de l’apiculture Le miel est depuis longtemps l’un des aliments les plus appréciés.
Pour les sociétés de chasseurs-cueilleurs, il est encore aujourd’hui le seul produit sucrant facile à
trouver. D’autres productions issues des abeilles ont également été depuis longtemps exploitées
par l’homme. Le couvain (stades larvaires des abeilles qui se développent dans des rayons de cire
au sein de la ruche) est traditionnellement consommé comme aliment riche en protéines, tandis
que la cire d’abeille est utilisée pour la confection de bougies, pour les moulages à la cire perdue
et comme objet de troc.

La collecte du miel sauvage est une activité traditionnelle en Afrique et demeure viable tant que
la densité de population est faible et que la flore naturelle exploitée par les abeilles est
abondante. Toutefois, elle a été, dans une large mesure, remplacée par l’élevage des abeilles

– l’apiculture. Une solide tradition apicole existe dans beaucoup de campagnes africaines, et
cette activité joue un rôle important au sein de l’économie rurale. Au cours du siècle passé, alors
que le flot de connaissances qui se répandait sur le sujet parvenait à un nombre croissant
d’apiculteurs, les méthodes d’élevage se sont nettement améliorées. Dans le même temps, la
croissance démographique et l’exode vers les villes ont entraîné la dégradation de la végétation
naturelle et le déclin de l’apiculture traditionnelle. Aux Caraïbes et dans le Pacifique, les abeilles
domestiques ont été introduites il y a relativement peu de temps.

Les pratiques actuelles Les chiffres précis et fiables sont rares, mais les observateurs noteront un
net recul de l’apiculture traditionnelle. Un des facteurs en est l’intensification de l’agriculture,
fréquemment corrélée à la dégradation de la végétation mellifère et à un recours excessif aux
pesticides. Une autre raison de ce fléchissement est l’augmentation significative, parfois
catastrophique, des atteintes aux ruches dans les zones où la population est en mutation ou en
accroissement. De moins en moins de jeunes, qui plus est, prennent la suite de leurs parents dans
cette activité.
Dans les régions des Caraïbes et du Pacifique, l’apiculture s’appuie généralement sur des ruches
à cadres mobiles avec des abeilles européennes, mais les ruches à barrettes suscitent actuellement
un intérêt croissant du fait de la relative simplicité de leur conception et de leur coût modique.

L’importance des abeilles

La justification première d’élever des abeilles est de produire du miel. Le miel est intéressant en
tant que produit sucrant, aliment et agent de fermentation pour la bière de miel. Il s’agit, en
outre, d’une denrée facilement négociable contre de l’argent, ou susceptible de constituer une dot
ou un cadeau par exemple. Le miel est également de plus en plus recherché pour ses propriétés
médicinales et cosmétiques. La production de miel se double par ailleurs d’un sous-produit
intéressant, la cire d’abeille : celle-ci, qui présente l’avantage supplémentaire d’être non
périssable, peut être utilisée sur place pour confectionner des bougies, mais elle est plus souvent
commercialisée car son prix de vente est relativement élevé.

D’un point de vue plus général, l’intérêt principal des abeilles réside surtout dans leur rôle
d’insectes pollinisateurs. Élever des abeilles est susceptible d’accroître le rendement en fruits ou
en grains de beaucoup de plantes cultivées, et c’est pourquoi certains cultivateurs modernes
s’adonnent eux-mêmes à cette activité, ou paient des apiculteurs pour placer des ruches près de
leurs cultures. En outre, le pollen devient progressivement un produit à part entière, récolté dans
les ruches grâce à des trappes à pollen. S’il existe déjà un marché spécialisé du pollen dans le
cadre des filières des produits d’alimentation naturelle et biologique, l’intérêt majeur de cette
denrée pourrait s’appliquer à la population locale, en tant que complément alimentaire riche en
protéines. La propolis, une substance gommeuse récoltée par les abeilles principalement sur les
plantes ligneuses, connaît également une utilisation croissante. Elle est utilisée localement pour
colmater les fuites des récipients d’eau, par exemple, mais la prise de conscience progressive de
ses propriétés médicinales et antibiotiques en fait par ailleurs un produit de plus en plus
commercialisé.

L’intérêt d’élever des abeilles L’apiculture, par l’utilisation et la vente de ses produits, contribue
à améliorer les conditions d’existence de celui qui s’y consacre. Elle contribue aussi à
l’économie rurale environnante, non seulement en pollinisant les cultures, mais encore en
stimulant les échanges commerciaux. En effet une entreprise apicole dynamique a un impact
positif sur la communauté dans laquelle elle s’insère ; c’est le cas pour ceux qui transforment ou
vendent les productions des abeilles mais aussi pour ceux qui fabriquent les ruches, les
enfumoirs, les vêtements de protection, le matériel de conditionnement, etc.

Le poids de l’activité apicole varie selon les régions, mais elle constitue parfois une part
significative de l’économie de certaines institutions du pays. Les exportations sont limitées parce
que le miel Haïtien n’est pas disponible en quantité suffisamment importante à un prix compétitif
sur le marché international. La qualité du produit dépend des conditions du stockage : un miel
entreposé dans un conteneur rouillé peut voir son goût se dégrader fortement et sa teinte
s’obscurcir.

La portée de ce document

Cet ouvrage présente une somme d’informations et d’enseignements qui permettra aux
apiculteurs et agriculteurs tropicaux de mieux connaître les abeilles. Plusieurs techniques
susceptibles d’aider tout un chacun à tirer parti de ces insectes y sont décrites, l’accent étant mis
sur les moins onéreuses Le but de ce livre est d’attirer l’attention sur les moyens de parvenir au
meilleur rapport à partir d’éléments de départ adaptés.

Ce document traite brièvement le problème des ravageurs et des maladies des abeilles en région
tropicale. La varroase, toutefois, qui s’étend rapidement depuis l’Asie du Sud-Est aux autres
régions du globe, est une maladie dont il faut être conscient. Là où elle devient un problème
sérieux, elle est en mesure de changer le visage de l’apiculture du tout au tout.
CHAPITRE II.
 L’apiculture sous les tropiques.
Les races d’abeilles

Les abeilles se répartissent en deux grandes catégories : les espèces sociales d’une part et les
espèces solitairess d’autre part. Les abeilles sociales vivent en groupe au sein de colonies ; la
plus connue est l’abeille domestique, Apis mellifera, également appelée abeille mellifique.
Plusieurs autres espèces produisent du miel, et notamment de très petites abeilles sans aiguillon
dont les plus communes sont, les trigones (Trigona spp.) et les mélipones (Melipona spp.). Ces
abeilles sans aiguillon, qui se trouvent surtout dans les régions à climat chaud, occupent des
fissures dans des arbres ou des bâtiments, et souvent des trous dans le sol. Elles élaborent un
miel aqueux, savoureux et très recherché à des fins médicinales, qu’elles stockent en quantité
limitée dans de petites outres de cire construites côte à côte.

Les petites outres de miel d’une espèce d’abeille sans aiguillon


D’autres espèces d’abeilles mènent une existence semi-sociale ou solitaire, à l’instar des grandes
abeilles charpentière s (Xylocopa spp.), que l’on voit souvent sur les fleurs sauvages et qui
creusent parfois le bois des charpentes.

Les abeilles domestiques existent naturellement à l’état sauvage dans une bonne partie du monde
et sont élevées dans des ruches de modèles très divers. Il y a plusieurs races d’abeilles
domestiques et plusieurs variantes de chaque race, qui se distinguent les unes des autres par des
détails de la coloration et du comportement. Parmi les differents nom, on peut citer : Apis
mellifera scutellata, Apis mellifera adansonii, Apis mellifera monticola, etc.

Il n’existe pas d’Apis mellifera indigène dans les régions pacifique et caraïbe, mais des abeilles
provenant de lignées européennes y ont été importées.

La vie et les mœurs de l’abeille domestique

L’abeille domestique se présente sous l’aspect typique d’un insecte et comporte une tête, un
thorax et un abdomen. Elle a six pattes, quatre ailes, deux gros yeux composés et trois yeux
simples, également appelés ocelles ou stemmates. Son développement, comme chez la plupart
des insectes, passe par les stades successifs d’œuf, de larve et de nymphe avant de parvenir au
stade adulte.

Il existe trois castes d’abeilles : la reine (femelle), les ouvrières (femelles dont le développement
est incomplet) et les faux bourdons (mâles). La reine est la seule femelle parvenue à son complet
développement, et donc la seule à pondre des œufs. Elle sécrète des phérormones (connues sous
le nom de substance royale), qui attirent les ouvrières, ce qui permet de la localiser, et
contribuent à préserver la cohésion de la colonie. Chaque ruche ne comporte normalement
qu’une seule reine, mais il arrive parfois, lorsque la reine vieillit, que les abeilles en élèvent une
seconde, qui vit alors pacifiquement à ses côtés jusqu’à ce qu’elle meure. Ce processus est
appelé la « supersédure »
L’abeille domestique : reine (en haut), faux bourdon (au centre) et ouvrière (en bas).

Les ouvrières assurent toutes les tâches de la colonie. Pendant les premières semaines de leur
existence, elles demeurent à l’intérieur de la ruche et se consacrent aux activités « domestiques »,
notamment :

- l’alimentation des larves ;

- le nettoyage de la ruche ;

- la construction des rayons en secrétant de la cire par quatre paires de glandes abdominales ;
- la défense de la ruche ;

- les soins à la reine ;

- La réception du nectar apporté par les ouvrières travaillant à l’extérieur ;

- la conversion du nectar en miel et sa mise en réserve dans les rayons à miel ;

- l’operculage et le scellement à la cire des cellules lorsque le miel est mûr.

- la mise en réserve du pollen ;

- la ventilation de la ruche pour maintenir une température et une humidité adéquates.

Ces tâches se succèdent dans l’ordre strict imposé par le développement glandulaire. La dernière
tâche « domestique » est la ventilation, qui permet aussi de renforcer les ailes avant la phase de
butinage. En effet, les abeilles de la ruche qui atteignent un certain âge deviennent des
butineuses, qui sortent de la ruche pour rechercher le nectar, le pollen, l’eau et la propolis.

Les faux bourdons sont les mâles de la colonie. Ils sont un peu plus grands que les abeilles
ouvrières. Ils peuvent se compter par plusieurs centaines dans une seule ruche. Contrairement
aux ouvrières, les faux bourdons peuvent aller et venir d’une ruche à une autre. Leur seule
fonction est de s’accoupler avec une reine vierge. Les reines quittent la ruche à une ou deux
reprises au tout début de leur existence pour s’accoupler avec un ou plusieurs faux bourdons,
puis restent fertiles jusqu’à leur mort. Il arrive parfois, rarement, qu’une reine en fin de vie se
trouve à court de semence mâle et se mette à pondre uniquement des œufs non fécondés, mâles.
Ces reines sont alors dites bourdonneuses, et leur colonie est condamnée à disparaître, dans la
mesure où elles sont incapables d’engendrer de nouvelles ouvrières.

Colonie

Les colonies d’abeilles se développent progressivement, une grosse colonie pouvant comporter
entre 50 000 et 60 000 individus, parfois plus. Lorsqu’une colonie atteint une certaine taille ou
lorsqu’elle est surpeuplée, elle se reproduit par essaimage. L’essaimage survient pendant
l’élevage des larves de plusieurs nouvelles reines à partir de cellules spéciales du nid à couvain
appelées cellules royales. Une fois ces dernières operculées, la vieille reine quitte la ruche,
accompagnée d’un essaim de 10 000 à 12 000 ouvrières, pour fonder ailleurs une nouvelle
colonie. L’essaim se pose habituellement sur une branche d’arbre en formant un amas dense,
puis des abeilles éclaireuse s partent pour rechercher un lieu propice à l’installation de la
nouvelle colonie : arbre creux, fente dans un rocher ou ruche construite par l’homme. Lorsque
l’essaim a choisi le site à coloniser, il s’y installe et les abeilles commencent immédiatement à
construire de nouveaux rayons.

Si la colonie d’origine est de grande taille, il arrive que d’autres essaims plus petits quittent la
ruche à la suite du premier, chacun autour d’une ou des plusieurs reines vierges tout juste
émergées. Une fois que la colonie, devenue moins nombreuse, « décide » de ne plus expulser
d’essaim, une des reines vierges tue toutes les larves de reine qui subsistent. Si elle rencontre une
autre reine vierge, elles se battent jusqu’à ce que l’une meure. La reine survivante quitte alors
momentanément la colonie pour s’accoupler avec un ou plusieurs faux bourdons d’autres
colonies, qu’elle va rejoindre dans des lieux de rassemblement de mâles, appelés « nuages de
mâles ». Une fois qu’elle s’est accouplée, la reine revient à sa ruche et ne s’accouple jamais plus.
La reine peut pondre des œufs fécondés (œufs d’ouvrières) ou non fécondés (œufs de faux
bourdons) en fonction des besoins de la colonie et selon la zone de la ruche où elle se trouve,
dans une zone de cellules ordinaires d’ouvrières ou dans une zone de cellules, légèrement plus
grandes, de faux bourdons.

Lorsque la colonie a besoin d’une nouvelle reine, les abeilles construisent de une à vingt cellules
d’aspect particulier, de grande taille, souvent au bord d’un rayon. Les œufs fécondés qui y sont
pondus par la vieille reine reçoivent alors une nourriture particulière et deviennent des reines.

Si la reine est enlevée par l’apiculteur ou meurt subitement, les abeilles sélectionnent une larve
d’ouvrière de moins de trois jours et convertissent sa cellule en cellule royale. Elles nourrissent
alors cette larve avec une sécrétion glandulaire nommée gelée royale, et obtiennent ainsi une
nouvelle reine.

Les abeilles édifient les rayons parallèlement les uns aux autres en laissant entre eux un
espacement régulier. Cet espacement est de 32 mm environ entre les axes, chez les races
sauvages africaines, et de 38 mm environ chez les races européennes. Comme les abeilles
respectent cette équidistance, il est possible de fabriquer des ruches dans lesquelles les rayons
peuvent être retirés un par un, permettant à l’apiculteur de les inspecter ou de les enlever. Dès
que les abeilles commencent à édifier le premier rayon, la reine commence à pondre dans les
nouvelles cellules, alors que d’autres abeilles sortent chercher du nectar pour nourrir l’ensemble
des adultes. Au fur et à mesure des éclosions, elles poursuivent leur quête de nectar et de pollen
pour le couvain.

Après trois jours, les œufs éclosent et de minuscules larves en sortent, qui sont alors nourries de
gelée royale pendant trois jours par des ouvrières nourrices. Par la suite, leur régime alimentaire
change et les larves reçoivent un mélange de pollen et de miel. Sept à huit jours après la ponte,
les ouvrières scellent les cellules avec un opercule de cire et les larves se transforment en
nymphes. Chez les abeilles africaines, l’adulte émerge de 19 à 20 jours après la ponte. Le
développement des races européennes prend environ un jour de plus.

Les reines émergent quant à elles seulement 15 à 16 jours après la ponte, tandis qu’à l’inverse le
développement des faux bourdons s’étale sur 24 jours. Au fur et à mesure que la colonie grossit,
les ouvrières construisent des rayons pour augmenter la taille du nid à couvain, puis construisent
autour de celui-ci des rayons supplémentaires dans lesquels elles mettent du miel et du pollen en
réserve.

Le développement de la colonie dépend de la nature et du dynamisme des abeilles elles-mêmes,


mais aussi des conditions météorologiques et de la floraison des plantes alentour. Si les abeilles
sont travailleuses et si le temps est favorable, la colonie grandit assez rapidement. Dans des
conditions idéales, une nouvelle colonie peut se développer et produire du miel dès la première
saison, mais souvent ce n’est qu’au cours de la deuxième année qu’une colonie commence à
produire un surplus de miel suffisant pour être récolté.

Lorsque les abeilles rapportent le nectar des fleurs à la ruche, elles y ajoutent une enzyme,
l’invertase, qui scinde le saccharose en lévulose et en dextrose. Par ailleurs, en ventilant la ruche
avec leurs ailes, les abeilles créent des courants d’air qui évaporent l’eau du nectar, réduisant sa
teneur de 80 % à 17 % environ. Lorsque le miel est mûr, il est scellé dans chaque cellule par un
opercule de cire.

Dans des conditions naturelles, les abeilles stockent le pollen dans les rayons situés
immédiatement au-dessus ou à côté de la zone du couvain. Le miel est mis en réserve
séparément, dans des rayons placés au-dessus des rayons à pollen et un peu plus loin du nid à
couvain et de l’entrée de la ruche. Le miel et le pollen sont généralement mis en réserve dans des
cellules d’ouvrières, les plus petites, mais il arrive que du miel soit également entreposé dans les
cellules, plus grandes, des faux bourdons. Les abeilles recouvrent parfois les cellules remplies de
pollen par une couche de miel ; ces cellules sont ensuite soit laissées ouvertes soit operculées.

La conformation de la ruche détermine l’organisation du stockage du miel. Les abeilles


commencent toujours par le rayon à couvain, puis construisent les rayons à miel là où l’espace
est disponible. S’il y a de la place au-dessus du nid à couvain, comme dans les ruches à hausses
(extensions placées au-dessus de la zone du couvain), les abeilles y construisent leurs rayons à
miel. Sinon, comme dans une ruche horizontale, elles construisent les rayons à miel sur les côtés,
de part et d’autre du nid à couvain.

Il semble que les abeilles n’aient pas vraiment de préférence en la matière, et les colonies
sauvages organisent leurs rayons de mille façons différentes. En subdivisant la ruche en plusieurs
parties, les apiculteurs peuvent faire en sorte de récolter le miel sans trop déranger la colonie.

Les abeilles adaptent leurs activités d’élevage du couvain en fonction des saisons et des
ressources de miellée disponibles. Lorsqu’il n’y a pas de plantes en fleur ou que le temps est
froid, les abeilles réduisent leurs activités à l’extérieur de la ruche. Il arrive que l’élevage du
couvain s’interrompe complètement lorsque les conditions météorologiques sont défavorables.
Les abeilles apprennent à quelle saison et à quel moment de la journée les différentes espèces de
plantes produisent le plus de nectar. Aussi sont-elles parfois plus actives sur certaines espèces de
fleurs tôt le matin et sur d’autres à midi ou le soir. Dans les régions à climat très chaud, elles
tendent à ne sortir qu’aux heures les plus fraîches.

Communication entre abeilles

Les abeilles emploient un système de communication perfectionné. Les ouvrières peuvent attirer
l’attention de leurs congénères en exposant leur glande de Nassonov, située sur la face supérieure
de leur abdomen, et en battant des ailes de manière à disperser autour d’elles une molécule
odorante attractive.
Abeilles battant des ailes et exposant leur glande de Nassonov.

De la même façon, les abeilles attirent leurs congénères vers l’entrée d’une nouvelle ruche au
moment de l’essaimage. Les abeilles peuvent en outre diffuser des phérormones d’alerte en
exposant leur aiguillon.

Les butineuses communiquent également par des « danses », au cours desquelles elles se
déplacent d’une manière codifiée sur les rayons. Lorsqu’elles trouvent une source intéressante de
nectar, de pollen ou d’eau, elles peuvent ainsi informer les autres abeilles de sa position précise
par rapport à celle du soleil.

Où pratiquer l’apiculture ?

Considérations d’ordre général Les abeilles sont présentes, naturellement ou à la suite


d’introduction par l’homme, sous pratiquement tous les climats, à l’exception des plus extrêmes.
Tout milieu abritant un peu de végétation – y compris les zones urbaines –, est susceptible de les
accueillir. Les cueilleurs ou « chasseurs » de miel sauvage des sociétés traditionnelles cherchent
le miel auprès des colonies d’abeilles sauvages occupant les cavités des arbres ou des rochers, ou
dans des trous dans le sol. Le même emplacement peut souvent être exploité ainsi année après
année.

Les apiculteurs se distinguent des cueilleurs de miel par le fait qu’ils fournissent à leurs abeilles
des ruches et leur prodiguent des soins. L’apiculture traditionnelle fonctionne parfaitement,
produisant un bénéfice satisfaisant par rapport aux très faibles investissements en capital et en
travail. Elle exige donc essentiellement un peu de temps, des matériaux disponibles localement et
du savoir-faire, ce qui est intéressant au regard des bénéfices attendus sous forme de miel, de cire
et de l’impact positif dû à la pollinisation des cultures. Les principaux facteurs favorisant une
bonne récolte de miel sont des températures modérées, une ressource de miellée abondante, des
abeilles provenant d’une bonne lignée et une bonne conduite du rucher.

Climat et ressources de miellée

Les plantes produisent le plus de nectar lorsque le temps n’est ni trop froid ni trop chaud. Dans
les régions à climat froid, les abeilles butinent donc par temps ensoleillé, tandis que, dans les
régions chaudes, elles sortent surtout le soir et tôt le matin.

Pour obtenir une bonne production de miel, il est indispensable qu’à certains moments il y ait des
floraisons massives dans un rayon de 1 km autour de la ruche. Peu importe s’il y a également des
périodes pendant lesquelles les fleurs sont rares. Les variations saisonnières régulières sont
favorables à la conduite du rucher et à la production de miel.

Bien qu’en région tropicale les rendements puissent s’avérer parfaitement corrects, les régions
les plus productives du monde se trouvent en zone tempérée, où les abeilles disposent de longues
journées et d’une abondance de plantes mellifères. C’est aussi dans ces régions que l’on peut le
plus facilement avoir accès à l’expertise et à d’autres ressources utiles, réunissant ainsi les
meilleures conditions pour la production de miel à grande échelle.

Bonnes lignées d’abeilles (meilleure qualité d’abeille)

Les lignées d’abeilles qui sont à la fois rustiques et laborieuses sont celles qui produisent les
meilleurs résultats. Les abeilles africaines sont connues pour leur caractère agressif et il est
beaucoup plus difficile de travailler avec elles qu’avec des abeilles d’origine européenne.
Toutefois, on observe une grande variabilité entre colonies africaines, et même au sein d’un
même rucher. Les colonies de grande taille tendent, sous climat chaud, à être plus agressives,
tandis que des colonies plus petites, vivant dans des conditions relativement fraîches, peuvent
s’avérer assez dociles. Il semblerait, au vu de certaines observations, que les colonies soient
devenues plus agressives, les plus dociles ayant la plus forte probabilité d’être détruites par
l’homme ou l’animal à la recherche de miel.

Bonne conduite du rucher

Trois points sont essentiels à une bonne pratique apicole : assurer à la colonie suffisamment
d’espace pour qu’elle puisse élever le couvain et stocker le miel, sélectionner et faire se
reproduire des lignées à haut rendement, et protéger les abeilles des ravageurs et des maladies.
Ces différents sujets seront traités plus en détail dans les prochains chapitres.

L’apiculture est une activité bien adaptée à l’agriculture familiale, et ce, à plusieurs titres : les
abeilles sont plus productives lorsque les ruches ne sont pas trop nombreuses, les meilleurs
résultats étant obtenus avec des ruchers de 10 à 20 ruches environ, chaque rucher se trouvant à 2
km au moins des autres ruchers. Bien que cette distance puisse être diminuée si les ruchers
comportent moins de ruches.
Dans les zones où les ressources de miellée sont particulièrement abondantes, le nombre de
ruches peut être plus élevé ;

- le capital nécessaire et les coûts de fonctionnement sont relativement modestes. Des


ruches simples peuvent être fabriquées par l’apiculteur lui-même ou par un artisan du
village à l’aide de matériaux divers, peu onéreux et disponibles sur place. L’apiculture
exige surtout du temps, une ressource encore relativement bon marché ;
- Les abeilles ne constituent pas une charge supplémentaire pour la terre ;
- par leur activité pollinisatrice, les abeilles améliorent les rendements de beaucoup de
cultures ;
- les abeilles diversifient les revenus tirés d’une exploitation agricole mixte
- le fermier ne dépend pas d’une seule et unique production ;
- lorsqu’ils sont correctement préparés, les produits issus de l’apiculture se conservent
parfaitement pendant des années, jusqu’à ce qu’ils soient consommés ou vendus.

À l’inverse, les entreprises apicoles de grande dimension, bien qu’envisageables par endroits,
rencontrent un succès mitigé dans les régions tropicales. Les raisons en sont essentiellement les
suivantes :

- les ressources de miellée et le climat ne permettent pas une production régulière au


meilleur niveau ;
- les abeilles sont agressives et mal adaptées aux interventions sur les ruches ;
- les coûts de transport sont élevés
- le vol et le vandalisme des ruches constituent un problème croissant pour les apiculteurs
en zone rurale. L’apiculture n’est intéressante, sur le plan économique, que si les ruches
peuvent être laissées sans surveillance pendant de longues périodes.

Toutefois, si ces diverses contraintes peuvent être surmontées, les entreprises apicoles peuvent
réaliser des profits et même présenter un potentiel de développement considérable dans les
régions tropicales et subtropicales.
Les apiculteurs

On entretient des ruches par plaisir, pour le profit ou pour la recherche, mais quelle qu’en soit la
raison, l’apiculture est, ou devrait être, réservée aux passionnés. Tout le monde ne ressent pas de
l’intérêt, du désir ou une affinité particulière pour le travail au contact des abeilles. Les
agriculteurs devraient néanmoins être encouragés à acquérir une certaine connaissance de
l’apiculture et de ses potentialités en matière de pollinisation des cultures et de production de
miel et de cire. L’apiculture ne convient pas à ceux et celles qui sont allergiques aux piqûres
d’abeille, car tous les apiculteurs se font inévitablement piquer de temps à autre.

Traditionnellement, les apiculteurs acquièrent leur savoir-faire au contact de parents ou de


voisins, mais c’est surtout par la motivation et l’expérience personnelle que l’expertise se forge.
Les progrès récents des technologies de l’information ont rendu l’accès aux connaissances
beaucoup plus faciles. La qualité de ces conseils est toutefois variable. Le mieux est souvent de
s’adresser à un apiculteur de la région qui obtient de bons résultats.

Des cours d’apiculture sont parfois dispensés par les institutions en charge de l’apiculture, de
l’agriculture ou des forêts. Les meilleures formations sont celles qui proposent beaucoup de
travaux pratiques. De bonnes notes de cours, des brochures et des livres seront très utiles pour
s’assurer qu’une formation est adaptée à l’aspirant apiculteur. Une base théorique solide pourra
aider ce dernier à comprendre et à appliquer les principes, mais « c’est en forgeant qu’on devient
forgeron ».

Les apiculteurs, hommes ou femmes, doivent porter un vêtement approprié. Des pantalons longs
avec une chemise épaisse et un voile, des gants et des chaussures peuvent offrir une certaine
protection contre les piqûres, mais ce n’est pas le cas d’une robe ou d’un tissu léger en coton. Il
est beaucoup plus efficace de porter une salopette suffisamment large, passé par-dessus des
vêtements ordinaires.

Les ressources de miellée

Pour faire du miel, les abeilles ont besoin d’une certaine diversité de plantes cultivées, telle que :
arbres, arbustes et plantes annuelles produisant des fleurs à nectar. Une liste d’arbres, d’arbustes
et d’autres plantes attirant les abeilles domestiques est présentée dans le tableau 1.
3. Le matériel apicole
Les ruches : principes généraux

Une ruche est un abri destiné à accueillir convenablement une colonie d’abeilles. Une ruche bien
conçue doit protéger ses occupants des conditions météorologiques défavorables et des
ravageurs, et permettre que le miel soit récolté avec le minimum de dérangement. Elle facilite le
suivi des colonies et la récolte du miel, et permet donc à l’apiculteur d’obtenir les meilleurs
rendements en produits apicoles, par rapport à la quantité de travail et au capital qu’il y a
investis. Toute ruche appartient à l’une ou l’autre des trois catégories suivantes, en version
simple ou composée : les ruches à rayons fixes ou ruches fixes ; les ruches à rayons mobiles ; les
ruches à cadres mobiles.

Les ruches simples ne comprennent qu’une seule « pièce », dans laquelle les abeilles installent
leur nid à couvain et leurs réserves de miel, en général dans des endroits différents. Le couvain
est le cœur de la colonie. C’est là que la reine se trouve, que les œufs sont pondus, et que les
larves sont élevées jusqu’au stade adulte. Le pollen est stocké autour du nid à couvain, et le miel
de chaque côté ou au-dessus. Les ruches composées comportent plusieurs sous-unités distinctes,
dont certaines sont réservées au couvain et d’autres au miel. Une grille à reine est souvent
insérée entre les parties dévolues au couvain et celles consacrées au miel (en général appelées
hausses), afin d’empêcher la reine d’aller pondre ailleurs que dans l’espace qui lui est alloué. La
grille à reine est un écran en métal ou en plastique qui laisse passer les ouvrières mais retient la
reine, dont le thorax est plus volumineux. Elle exclut également le passage des faux bourdons,
qui sont eux aussi plus grands que les ouvrières. On équipe parfois des ruches simples avec une
grille à reine pour subdiviser l’espace unique en plusieurs secteurs destinés au couvain ou au
miel.

La conception des ruches fait souvent appel à la notion de « passage d’abeille ». Il s’agit d’un
espace de la taille d’une abeille (soit de 6 à 10 mm), permettant tout juste le passage d’un
individu. Les abeilles ne condamnent jamais un espace de cette dimension, tandis qu’elles
colmatent généralement toutes les fissures et ouvertures plus petites avec de la propolis pour
empêcher les ravageurs éventuels (tels que les coléoptères et les fausses teignes) de s’y cacher.
Elles utilisent la propolis non seulement pour boucher et sceller toutes les petites cavités et fentes
présentes dans la ruche, mais également pour réduire la taille de l’entrée, le cas échéant.

L’apiculteur doit donc bien réfléchir au type de ruche adapté à sa situation. Un équipement
apicole de pointe n’est pas forcément le plus rentable : un tel système demande beaucoup de
matériel, de savoir-faire et d’attention, et le projet est susceptible d’échouer si l’un ou l’autre est
déficient. Les modèles de ruches plus simples sont souvent amortis en une ou deux saisons de
production, et si par hasard une ruche doit rester vide pour une raison ou une autre, le manque à
gagner est sans grande conséquence. Mieux vaut souvent commencer avec des ruches de
conception et de coût plus modestes et attendre qu’elles fassent leurs preuves, avant d’envisager
une installation plus sophistiquée. Toutefois, si d’autres apiculteurs utilisent avec succès des
ruches à cadres mobiles dans la même région, il peut s’avérer intéressant de suivre leur exemple
– sans oublier toutefois que des conseils mal avisés et un matériel inapproprié peuvent accabler
un apiculteur de dettes inutiles. Le tableau 2 propose les types de ruches qui correspondent le
mieux aux ressources disponibles et aux objectifs de production.

Le choix des ruches n’influence pas en soi la quantité de miel produite tant que la ruche est
suffisamment spacieuse. L’objectif de la construction est de rendre aisé la conduite des colonies.
Les ruches à cadres mobiles sont les plus modernes et les plus utilisées dans les grandes
exploitations apicoles commerciales du monde entier. Mais elles ne sont pas forcément les mieux
adaptées aux conditions qui prévalent dans les pays en voie de développement, où elles sont, de
surcroît, souvent chères et difficiles à trouver.
Il est important de prendre en compte le coût de la ruche et la facilité de production du miel qui
dépendent de la disponibilité locale des matériaux nécessaires à son exploitation, l’objectif étant
de maximiser la quantité de miel ou le revenu.

Type de ruche conseillé en fonction des ressources disponibles.

De manière générale, l’apiculture traditionnelle utilisant des ruches à rayons fixes est
relativement performante et devrait être encouragée là où le vol et les maladies ne constituent pas
des handicaps sérieux. Les apiculteurs traditionnels peuvent en outre adapter et améliorer leurs
ruches avec des matériaux disponibles sur place. Il y a certainement encore matière à
expérimenter avec les ruches à rayons fixes composées : celles-ci peuvent être fabriquées en
vannerie, en argile, en ciment ou autres matériaux fibreux, en matière plastique, en plastique
ondulé ou en carton ondulé plaqué. Leur faible coût est attractif et, qui plus est, ces ruches sont
simples à utiliser. Leur principal inconvénient est qu’il est difficile de les adapter à une
apiculture plus perfectionnée.

Lorsqu’un apiculteur souhaite passer à un système plus intensif, il devrait encore prendre le
temps de choisir soigneusement l’équipement le mieux adapté à la région et à son niveau de
compétence. Les ruches à cadres mobiles sont les plus productives, mais elles doivent être de
bonne qualité, à un coût raisonnable, et ne devraient être utilisées que là où le vol ne pose pas de
problème. Lorsque le rucher est relativement bien géré, mais que par ailleurs de bonnes ruches à
cadres mobiles sont difficiles à obtenir, la ruche à barrettes, de préférence composée, est le
modèle le plus indiqué.
Les ruches à rayons fixes

Dans une ruche à rayons fixes, les abeilles édifient les rayons à miel, dans tout l’espace
disponible, en commençant en un point quelconque du plafond de la ruche. Les rayons sont
construits verticalement, du haut vers le bas, parallèles les uns aux autres (espacés de 38 mm,
entre axes, chez les abeilles européennes, et de 32 mm chez les abeilles africaines). Il arrive
parfois que les rayons soient également attachés aux côtés de la ruche.

La plupart des ruches traditionnelles sont des ruches à rayons fixes. Elles peuvent être construites
à partir de matériaux neufs ou en récupérant et en adaptant tout réceptacle susceptible d’offrir
une protection aux abeilles. Le coût initial est généralement modique ; les ruches peuvent être en
matériaux naturels tels que bois, paille, roseaux ou grandes herbes, ou en matériaux artificiels
comme le ciment, le plastique ou les panneaux manufacturés. Les ruches traditionnelles à rayons
fixes ont été employées avec succès dans le monde entier et beaucoup sont encore en
exploitation.

Les ruches à rayons fixes peuvent être fabriquées à très peu de frais et conviennent bien aux
apiculteurs qui ont des ressources financières limitées. Adaptées aux abeilles agressives et aux
petits rendements, elles sont par ailleurs faciles à exploiter pour les débutants. Cette apiculture
traditionnelle peut se révéler très rentable.

Sites naturels colonisés par les abeilles sauvages

Les colonies d’abeilles sauvages s’établissent spontanément dans des sites naturels tels que des
arbres creux, des fentes de rocher ou des trous dans le sol. Il arrive également que des abeilles
colonisent des espaces vides des bâtiments (dans les combles ou dans les murs). C’est dans ces
lieux que les cueilleurs de miel sauvage font leur récolte.

Ruches en écorce et ruches en tronc d’arbre

Les ruches en écorce sont réalisées avec des plaques d’écorce prélevées sur un tronc d’arbre,
cousues entre elles pour former un cylindre dont les extrémités sont ensuite fermées avec des
disques en écorce ou en herbe. Au séchage, l’écorce durcit, se renforce et devient un matériau
durable.
Ruche en tronc d’arbre
Le tronçon est fendu en deux dans sa longueur et chaque moitié creusée à la manière d’une
coque de pirogue, en laissant les extrémités intactes. Les deux moitiés sont alors attachées
ensemble pour reformer le cylindre du tronc.

Les ruches en écorce et en tronc d’arbre sont fabriquées avec des arbres à bois dur, qui sont en
voie de disparition depuis plusieurs années. Les matériaux nécessaires pour faire ces ruches sont
donc devenus rares et les vieux arbres de ces espèces encore en vie devraient être épargnés. Une
évolution parallèle en Europe a conduit à abandonner les ruches en tronc d’arbre pour passer aux
ruches en paille, puis aux ruches boîtes et enfin aux ruches à cadres mobiles.

Ruches en matières fibreuses

Ces ruches peuvent être fabriquées avec des matières premières très diverses, y compris des
branches fines, du bambou, de l’herbe, des roseaux et des fibres de bananier. Elles sont parfois
recouvertes de feuilles, d’argile ou d’un mélange d’argile et de bouse de vache.
Ruches en bambou

En Asie du Sud-Est, où il existe à l’état sauvage, le bambou est utilisé par les colonies d’abeilles
sauvages, comme par les apiculteurs. Une ruche peut être réalisée à partir d’un tronçon de gros
bambou (si possible entre 10 et 15 cm de diamètre) comportant quatre entre-nœuds. Des trappes
d’accès sont découpées dans la face inférieure. Les deux entre-nœuds centraux sont regroupés en
détruisant la cloison qui les sépare, pour constituer la partie de la ruche dévolue au couvain. Les
entre-nœuds latéraux servent au stockage du miel. Les cloisons qui séparent la zone centrale des
deux zones latérales peuvent être percées de trous de 6 à 10 mm de diamètre pour retenir la reine
tout en laissant passer les ouvrières, à la manière d’une grille à reine « naturelle ».
Matériaux artificiels

Des ruches à rayons fixes modernes peuvent être réalisées en ciment, en panneaux manufacturés,
en matière plastique ou à partir de récipients de natures diverses. Le ciment mérite d’être pris en
considération dans les régions où ses composants sont faciles à obtenir, surtout lorsque les
matériaux plus traditionnels sont rares. Le ciment est un matériau souvent bon marché. Il est
solide, dure longtemps et garantit un bon niveau de protection contre les ravageurs et les aléas
météorologiques.
Des apiculteurs ont utilisé avec quelque succès un matériau en plastique mince, souple. Le
plastique est un matériau bon marché doté d’un potentiel considérable dans le domaine de
l’apiculture. On le trouve sous des formes de plus en plus diverses. Ainsi est-il possible de créer
une ruche à rayons fixes avec un seau en plastique et un pot de fleur en terre cuite, ce dernier
présentant une surface légèrement rugueuse sur laquelle les abeilles grimpent facilement.

Un trou d’environ 6 cm de diamètre permet aux abeilles de passer du corps de ruche dans la
hausse, où elles accumulent le miel. Une entrée peut être ménagée dans la base de la partie
inférieure, en perçant une dizaine de trous d’un peu moins de 1 cm de diamètre. Cependant,
comme la matière plastique n’est pas poreuse, contrairement au bois et à l’argile, il est très
important de percer suffisamment d’orifices pour que la ruche soit bien ventilée. Il vaut mieux
percer trop de trous que pas assez, car les abeilles sont capables de reboucher ceux qu’elles
estiment inutiles avec de la propolis.
Les ruches à rayons mobiles

Ruches à barrettes

Les ruches à rayons mobiles sont conçues pour que chaque rayon puisse être enlevé, examiné et
replacé séparément. Le type de ruche à rayons mobiles le mieux connu et le plus utilisé est la
ruche à barrettes. Dans ces ruches, les abeilles construisent leurs rayons accrochés à de petites
barres (généralement en bois) mesurées pour accueillir chacune un seul rayon.

Un système de barrettes en bois posé sur une grande bassine en plastique quasi rectangulaire
donne de bons résultats. Les apiculteurs obtiennent une production de 10 à 20 kg de miel par an
avec ce modèle simple et économique. Les ruches à barrettes n’ont pas besoin d’être réalisées
avec autant de minutie que les ruches à cadres mobiles et n’exigent pas un bois d’aussi bonne
qualité. Elles sont donc relativement bon marché et faciles à fabriquer. Mieux vaut néanmoins y
apporter du soin, car une ruche à barrettes bien faite devrait durer une vingtaine d’années.
Le plus important, dans une ruche à barrettes, ce sont les barrettes elles-mêmes. Elles doivent
être réalisées avec soin, dans un bois de qualité et bien sec, afin de ne pas se déformer par la
suite. Les bois durs, s’ils sont disponibles, sont plus durables que les bois tendres ou les résineux.

Les barrettes doivent avoir une largeur de 32 mm pour les abeilles africaines et de 38 mm pour
les abeilles européennes. Cette mesure correspond à l’intervalle que les abeilles utilisent
naturellement lorsqu’elles bâtissent leurs rayons. Les barrettes ont généralement une épaisseur de
10 mm et une longueur de 48 cm. L’intérêt d’adopter une longueur standardisée est de pouvoir
utiliser ces barrettes dans toutes les ruches, y compris dans des ruches à cadres mobiles. La
plupart des ruches à barrettes de modèle horizontal simple contiennent environ 28 barrettes.

Les abeilles sont encouragées à construire leurs rayons le long de la barrette sur une amorce en
cire d’abeille. Cette amorce de cire doit faire au moins 1 cm de largeur sur toute la longueur de la
barrette.
Différents modèles de barrettes : a) barrette avec trait de scie et petite amorce de cire

Les ruches à barrettes existent en version simple ou composée. Lorsque l’on prévoit des récoltes
peu abondantes, mieux vaut se contenter d’une ruche simple. En effet, la hausse d’une ruche
composée peut ne jamais se remplir, tandis que les rayons d’une ruche simple peuvent toujours
être récoltés un par un.
Une ruche équipée de barrettes dont la hausse a été
renversée pour montrer les rayons de miel correctement alignés sur des barrettes bien conçues.

Ce qui peut arriver si les abeilles ne suivent pas les


barrettes, le plus souvent parce qu’il n’y a pas de bonne amorce.
Ruches à barrettes composées

Les ruches composées ont l’avantage de maintenir séparés le miel et le couvain. Dans les bonnes
régions apicoles, lorsqu’une hausse peut amasser jusqu’à 10 kg de miel en une seule saison, elles
sont plus intéressantes que les ruches simples. Le miel peut être récolté en enlevant la hausse
entière en une seule opération.

Cette ruche présente des hausses amovibles mais est plus facile à fabriquer qu’une ruche à cadres
mobiles car elle n’exige pas le même degré de précision. Le corps de ruche fait 23 cm de
hauteur, 35,5 cm de largeur intérieure (40,5 cm à l’extérieur) et 46 cm de longueur intérieure (51
cm à l’extérieur). Le plancher peut être solidaire du corps de ruche ou indépendant. Il est
conseillé d’utiliser des hausses de 17 cm de hauteur, mais il est possible d’employer des hausses
moins hautes. Le bord supérieur interne des petits côtés du corps de ruche et des hausses doit être
feuilluré, c’est-à-dire découpé pour former un rebord intérieur de 12 mm de largeur sur 13 mm
de profondeur (appelé feuillard), sur lequel sont posées les barrettes. Cette ruche ne comporte ni
couvre-cadres, ni grille à reine.

Le corps de ruche, comme chaque hausse, accueille 10 barrettes, placées les unes contre les
autres mais en laissant un espace de part et d’autre de la série de dix, de manière à ce que les
abeilles puissent passer entre les parois de la ruche et les barrettes les plus externes. Le tout agit
ainsi un peu à la manière d’un couvre-cadres, les abeilles ne pouvant passer entre les barrettes
serrées les unes contre les autres. Elles circulent dans la ruche – pour gagner l’étage supérieur ou
pour patrouiller contre les fourmis et autres ravageurs – en passant de chaque côté des groupes de
dix barrettes. Le haut de la ruche est recouvert d’un toit qui peut être constitué de tout matériau
plat. Un toit en bois recouvert d’un revêtement imperméable est idéal.

Lorsque ces dimensions sont soigneusement respectées, la ruche se trouve aux normes
internationales et ses composants peuvent être utilisés dans d’autres ruches. Toutefois, la plupart
de ces dimensions peuvent être adaptées en fonction des disponibilités locales en bois. Les
dimensions les plus importantes sont celles des barrettes. Si une variation de ces dernières de
quelques millimètres en largeur est acceptable, leur longueur doit rester la même pour toutes les
ruches.
Les ruches à cadres mobiles

Les ruches à cadres mobiles sont les plus évoluées et sont utilisées dans les grandes exploitations
apicoles commerciales du monde entier. La première a été mise au point en 1851 par le révérend
Langstroth . Un grand nombre de modèles différents existent aujourd’hui, mais la ruche
Langstroth a fait ses preuves et demeure le modèle moderne le plus populaire au monde. La
ruche Dadant est une autre ruche à cadres mobiles très appréciée, de conception américaine.
Légèrement plus grande que la ruche Langstroth, sa manutention demande une certaine force. La
ruche Smith, inventée en Grande-Bretagne par un apiculteur professionnel, est un autre type de
ruche à cadres mobiles, de dimensions plus réduites.

Tous ces modèles sont conçus pour recevoir des hausses, ce qui permet aux apiculteurs de
moduler la taille de leurs ruches en fonction des conditions de l’environnement et de récolter le
miel par hausse plutôt que par rayon. Certains apiculteurs préfèrent néanmoins les ruches
horizontales simples, dont le manque de hauteur est compensé par un plus grand nombre de
cadres – jusqu’à 28 au lieu des 10 habituellement trouvés dans chaque étage des ruches
Langstroth. Les ruches à cadres mobiles horizontales sont plus intéressantes dans les régions où
l’apiculteur s’attend à une production faible et récolte le miel par rayon plutôt que par hausse
entière. Les ruches horizontales sont aussi plus faciles à exploiter pour les personnes qui n’ont
pas la force de porter des hausses lourdes.

Les ruches à cadres mobiles doivent absolument être réalisées avec la plus grande précision dans
du bois de bonne qualité et bien sec. Elles sont conçues sur le principe du passage d’abeille, et
les dimensions des différentes parties doivent être exactes pour que les cadres demeurent
mobiles. Ces ruches sont donc relativement coûteuses, bien que l’arrivée sur le marché de
matériaux artificiels soit peut-être en mesure de faire un peu baisser les prix.

Les ruches à cadres mobiles comportent plusieurs parties. Le plateau en forme la base et soutient
le reste de la ruche. Le corps de ruche, posé sur le plateau, constitue le cœur de la colonie, dans
lequel la reine demeure et pond les œufs. Le corps de ruche contient habituellement 10 cadres
suspendus par leurs oreilles, posées sur les feuillards découpés dans les deux extrémités du
casier. Les abeilles construisent leurs rayons sur les cadres, en général à partir d’une feuille de
cire gaufrée. La cire gaufrée vendue dans le commerce est faite en cire d’abeille moulée en
feuilles. Posée sur le corps de ruche, une grille empêche la reine d’aller pondre dans les hausses,
qui sont réservées au miel. Comme le corps de ruche, les hausses contiennent des cadres et des
rayons dans lesquels les abeilles emmagasinent le miel.
Les ruches à cadres mobiles présentent plusieurs avantages. Elles permettent à l’apiculteur
d’effectuer toute une série d’opérations sur les colonies, telles que l’élevage de reines, le contrôle
de l’essaimage, la lutte contre les maladies et les inspections générales, toutes choses difficiles à
mettre en œuvre dans des ruches à rayons fixes. En outre, les rayons sont si fermement
maintenus dans les cadres que la ruche entière peut être transportée sans dommage, si la colonie
est vendue ou si son propriétaire pratique la transhumance. Le principal avantage des ruches à
cadres mobiles réside toutefois dans l’extraction mécanisée du miel des rayons qui, une fois
vidés, peuvent être remis dans les ruches pour une nouvelle production. Comme les abeilles
dépensent beaucoup plus d’énergie pour sécréter de la cire et fabriquer des rayons que pour
produire du miel, le fait de vider les rayons permet aux abeilles de se consacrer essentiellement à
la production de miel. Il s’ensuit que les ruches à cadres mobiles peuvent, en théorie, produire
des quantités bien plus importantes de miel que les autres modèles de ruches.

Les ruches à cadres mobiles sont incontestablement performantes dans les régions à climat
tempéré et dans les régions tropicales où des abeilles européennes ont été acclimatées, y compris
dans les régions caraïbe et pacifique.

Le recours aux ruches à cadres mobiles peut s’avérer positif lorsque les conditions suivantes sont
réunies :

- la qualité et la précision de fabrication des ruches sont essentielles.


- l’apiculteur doit être en mesure de supporter l’investissement financier que représentent
les ruches et le matériel complémentaire. S’il ne peut amortir ses frais en une ou deux
saisons, l’apiculteur doit se tourner vers une option moins coûteuse ;
- la flore locale et le climat doivent permettre des rendements élevés.
- Si les conditions ne sont pas favorables, les abeilles ne seront pas capables de produire le
surplus de miel espéré ;
- les connaissances et le savoir-faire acquis d’expérience sont toujours importants quel que
soit le type d’apiculture pratiqué, mais le sont plus encore lorsqu’il s’agit de gérer des
ruches à cadres mobiles, plus complexes que les autres ;
- la sécurité des ruchers est essentielle. Les vols de ruches peuvent empêcher toute activité
apicole commerciale viable.
Les enfumoirs

La fumée a un effet calmant sur les abeilles. Un enfumoir est un appareil qui permet à
l’apiculteur de produire des bouffées de fumée dans la ruche et aux alentours. Il est constitué
d’une chambre de combustion cylindrique en métal mince et d’un soufflet. Celui-ci souffle de
l’air par un orifice dans la base de la chambre de combustion, ce qui pousse la fumée à
s’échapper par le bec en forme d’entonnoir situé dans la partie supérieure. Un bon forgeron de
village peut fabriquer un enfumoir à partir de tôle neuve ou de récupération.

Allumer l’enfumoir

Toute substance susceptible de se consumer lentement en produisant beaucoup de fumée peut


faire un combustible acceptable pour l’enfumoir, à condition qu’il ne dégage pas, en brûlant, de
substance désagréable aux abeilles. Des copeaux de bois provenant de l’atelier d’un charpentier
sont le combustible idéal, mais des feuilles sèches, des rafles de maïs ou des bouses de vache
séchées sont aussi des solutions possibles. Le carton et le papier conviennent moins bien parce
qu’ils brûlent trop rapidement. Le plastique et les autres matières artificielles sont à éviter du fait
des gaz désagréables et souvent toxiques qu’ils dégagent.

Pour allumer l’enfumoir, il suffit d’introduire un peu de copeaux ou de feuilles au fond de la


chambre de combustion et de les allumer avec une allumette tout en actionnant doucement le
soufflet pour démarrer le feu. On peut également placer trois ou quatre petits morceaux de
charbon incandescents au fond de la chambre à combustion et les recouvrir de combustible,
méthode qu’un apiculteur expérimenté trouvera inutile.

Dès que l’on obtient une bonne flamme vive, on peut ajouter plus de combustible, petit à petit,
jusqu’à remplir l’enfumoir en tassant juste assez pour ne pas éteindre le feu. Ce n’est que lorsque
le feu est bien parti qu’une quantité beaucoup plus importante de combustible peut être ajoutée.
La flamme s’éteint, mais le combustible continue de se consumer lentement en produisant une
fumée dense. Le soufflet est actionné de temps en temps pour empêcher le feu couvant de
s’éteindre.

Il ne faut pas ouvrir une ruche avant que l’enfumoir soit bien allumé et produise une fumée
abondante à volonté. Le feu doit être entretenu en permanence, car il est dangereux de le laisser
s’éteindre pendant que l’on manipule une ruche. L’enfumoir produit normalement suffisamment
de fumée pour durer le temps d’examiner deux ou trois ruches, mais il convient d’ajouter plus de
combustible dès que la fumée devient moins abondante.

Utiliser l’enfumoir

Les ruches sur lesquelles on intervient doivent être approchées lentement et doucement, par
derrière. L’apiculteur donne de la fumée tout autour de la ruche, y compris par devant et dans
l’entrée. Le but de cette manœuvre est de rendre la fumée perceptible aux abeilles. Une fumée
froide et épaisse convient mieux qu’une fumée brûlante accompagnée de flammes. Il faut ensuite
attendre une ou deux minutes avant d’ouvrir la ruche. Au moment de l’ouvrir, l’apiculteur donne
à nouveau de la fumée dans la ruche au niveau du point d’ouverture. Ce geste doit être répété à
chaque fois qu’il doit ouvrir la ruche à un nouvel endroit.

Il n’est pas nécessaire d’émettre de très grandes quantités de fumée : ce n’est pas conseillé pour
la santé des abeilles et un excès de fumée se ressent sur la qualité du miel. La quantité de fumée
produite peut être réduite dès que les abeilles se calment. L’apiculteur l’apprend par expérience.
Si les abeilles sont relativement calmes ou si la colonie est de petite taille, quelques bouffées
données doucement le long du haut ou du bas des rayons suffiront. Une grosse colonie aura
besoin de beaucoup de fumée et il sera important d’en laisser en permanence un peu en suspens
au-dessus ou autour de la ruche. Les abeilles africaines exigent plus de fumée que les
européennes. Si des abeilles tentent de piquer les vêtements, des bouffées supplémentaires
doivent cibler ces points. Il est très important de bien enfumer l’entrée de la ruche. De vieilles
ruches peuvent avoir plusieurs entrées, et il faut bien faire attention de les enfumer toutes à
intervalle régulier. Sur une grosse colonie, il est conseillé d’intervenir à deux, une personne étant
chargée d’actionner l’enfumoir pendant que l’autre effectue les opérations nécessaires.

Les enfumoirs classiques utilisés par la plupart des apiculteurs occasionnent rarement des
incendies, et les étincelles qui s’en échappent sont petites et s’éteignent rapidement. Il reste que
ces appareils doivent être manipulés avec précaution. Les apiculteurs sont normalement des gens
responsables qui font ce qu’il faut pour éviter de mettre le feu. Une fois qu’il a terminé de
travailler sur ses ruches, l’apiculteur doit soigneusement vider les cendres de l’enfumoir et les
éteindre. Sinon, en attendant, il peut en obturer le bec avec un petit paquet dense de feuilles ou
d’herbes bien vertes et le poser dans un endroit sûr, où il ne risque pas de provoquer un incendie.

Additifs au combustible

Plusieurs substances peuvent être mêlées au combustible, mais comme leurs effets ne sont pas
toujours prévisibles il est préférable de s’en abstenir. Il est ainsi possible d’ajouter certains
champignons de type vesses (famille des Lycoperdacées) pour calmer les abeilles, mais leur
fumée peut devenir toxique (pour les abeilles et sans doute pour l’apiculteur) lorsque les
quantités utilisées sont excessives. Le nitrate d’ammonium du commerce est parfois ajouté au
combustible en petite quantité (1 cuiller à café de granulés par enfumoir, pour maîtriser des
abeilles exceptionnellement agressives. Ce mélange produit une fumée épaisse contenant un gaz
rappelant le gaz hilarant utilisé autrefois par les dentistes. Ce produit peut rendre les abeilles
inconscientes s’il est employé en trop grande quantité. Comme il a des effets résiduels sur les
abeilles et sur l’apiculteur, il vaut mieux éviter d’y avoir recours. Le salpêtre est réputé calmer
les abeilles, mais doit également être évité du fait de ses propriétés cancérigènes.
S’il intervient sur une ruche en utilisant un additif dans l’enfumoir, l’apiculteur doit aller vérifier
l’état de la colonie le lendemain. Ainsi, il saura immédiatement que la substance a été nocive s’il
aperçoit des abeilles mortes autour de l’entrée.

Les lève-cadres

Le lève-cadres est un outil métallique employé pour décoller et soulever, en faisant levier, le toit,
les hausses et les barrettes ou têtes de cadres. L’extrémité légèrement affûtée est également utile
pour nettoyer la ruche et enlever la propolis. Le lève-cadres peut éventuellement servir à couper
les rayons, bien qu’un couteau soit ici plus approprié. Il peut être remplacé par un bon tournevis,
mais l’outil véritable a une forme élargie mieux adaptée. Un forgeron compétent peut facilement
faire un lève-cadres acceptable et bon marché à partir de métal de récupération, s’il dispose d’un
dessin ou d’un exemplaire à copier.
Les vêtements de protection

Les apiculteurs traditionnels interviennent habituellement sur leurs ruches à la nuit tombée et
peuvent s’occuper de leurs abeilles avec peu ou pas de vêtements protecteurs. Toutefois, le
tempérament agressif des abeilles africaines fait qu’une protection est conseillée, surtout si l’on
utilise des ruches et des méthodes de conduite plus modernes. Porter un voile, des gants, une
combinaison et des chaussures adaptés permettra d’éviter les piqûres.

Voile ou masque d’apiculteur

Le dispositif de protection du visage peut être réalisé de plusieurs manières. Une première
méthode consiste à prendre 1 m de moustiquaire en plastique (vert foncé ou noir) et 2 m de
moustiquaire blanche en coton. Le morceau de moustiquaire en plastique sert à protéger la tête
elle-même. Il est découpé en deux morceaux pliés en U et cousus ensemble. Les coutures doivent
être solides et soigneuses. La moustiquaire en coton est ensuite cousue au bas pour former une «
jupe » de 50 cm à 1 m de longueur, qui devra être glissée et serrée à l’intérieur de la
combinaison. Ces types de voile sont portés par-dessus un chapeau en coton de type safari à
large bord, ce qui permet d’écarter le voile du nez et des oreilles. Un autre moyen pour obtenir
un voile efficace est de coudre la moustiquaire directement sur un chapeau de paille rigide à
large bord.
Un voile simple et bon marché fabriqué avec de la moustiquaire en plastique et en coton.

Gants

Les meilleurs gants sont en cuir mince, souple et lisse, qui laissent à l’apiculteur une certaine
dextérité (aisance). Bien que les abeilles parviennent parfois à piquer à travers le cuir mince,
mieux vaut éviter le cuir trop épais qui gêne le mouvement des doigts. Les gants en caoutchouc
peuvent être utilisés, mais ils chauffent vite, sont désagréables à porter et font transpirer. Des
gants de jardinier en toile conviennent à condition d’être prolongés par un crispin pour couvrir et
protéger le poignet.

Combinaison Les combinaisons d’une seule pièce sont les plus efficaces. Elles doivent se fermer
à l’aide d’une fermeture éclair, plutôt qu’avec des boutons entre lesquels les abeilles pourraient
se glisser. Un tissu épais (par exemple du coton croisé lourd) de couleur claire est préférable
dans la mesure où les teintes pâles incitent moins les abeilles à s’y agglutiner (coller ensemble).
Les tissus grossiers sont à éviter car ils encouragent les abeilles à les piquer. Certaines
entreprises de distribution de matériel apicole proposent des combinaisons en tissu synthétique
très léger qui, bien que très minces, se révèlent efficaces contre les piqûres parce que les abeilles
ne peuvent pas s’y accrocher.

Protection des pieds

Les abeilles tendent à attaquer tous les endroits où la peau est exposée. Comme les chevilles
constituent souvent un site vulnérable, les pieds devraient être bien protégés en rentrant le bas
des jambes de la combinaison dans de solides chaussures. Des bottes hautes sont même
conseillées. Des bottes en caoutchouc peuvent être utilisées, à condition d’être étroites pour
éviter que les abeilles y tombent et y descendent jusqu’à la cheville. Le cuir lisse ou le
caoutchouc est préférable.

Le matériel pour la manutention du miel

Pour être de première qualité, le miel doit être prélevé dans la ruche aussi rapidement que
possible après son élaboration. L’apiculteur a donc besoin d’un matériel spécial pour récolter,
filtrer et stocker le miel. L’équipement le plus simple et le moins onéreux pour opérer à partir
d’une ruche à rayons fixes comprend : un récipient pour transporter le miel (en écorce, en bois,
en cuir, en plastique ou en métal inoxydable) ; un tissu ou un tamis fin pour filtrer les impuretés
(cire, rayons, débris divers) ; un second récipient pour stocker et transporter le miel une fois
filtré.

Le travail du miel obtenu à partir de ruches à cadres mobiles est plus délicat et exige de disposer
d’un extracteur. Il s’agit d’un dispositif mécanique qui utilise la force centrifuge pour extraire le
miel des rayons. Ces derniers sont tout d’abord désoperculés avec un couteau tranchant, puis les
cadres sont placés dans l’extracteur et mis à tourner très rapidement pour expulser le miel des
cellules. Il existe des extracteurs manuels et des extracteurs électriques.
4. La conduite générale du rucher

Une bonne conduite du rucher s’appuie sur des connaissances générales et locales, complétées
par l’expérience. Elle peut avoir un effet considérable sur les rendements et sur la rentabilité
d’une entreprise apicole.

La localisation du rucher Un rucher est un groupe de ruches. Le nombre optimal de ruches dans
un rucher dépend de l’abondance des ressources locales de miellée. Dans la plupart des régions
tropicales, la densité optimale est de l’ordre d’un rucher de 10 à 20 ruches tous les 2 à 3 km. Si
les rendements sont décevants, l’apiculteur doit se demander si ses ruches ne sont pas trop
nombreuses. Le rucher peut toutefois comporter un plus grand nombre de ruches lorsqu’il y a
transhumance. Dans ce cas, l’apiculteur déplace ses ruches d’un site à un autre pour exploiter les
ressources de miellée qui apparaissent ou pour polliniser successivement des cultures à différents
endroits.

Plusieurs facteurs doivent être pris en considération lors de la sélection du site d’installation d’un
rucher :

- une relative sécurité contre les prédateurs naturels (tels que ratels et fourmis) et contre le
vol et le vandalisme ;
- la proximité de fleurs produisant du nectar ;
- les abeilles détestant le bruit, certaines odeurs et le vent fort, le rucher doit se trouver
dans un endroit calme et abrité. C’est une bonne idée de planter une haie vive ou des
buissons, de préférence d’espèces mellifères, autour du rucher pour isoler un peu les
abeilles des autres activités ;
- les abeilles peuvent présenter un danger ; aussi doit-on éviter d’installer les ruches trop
près des lieux fréquentés, d’animaux attachés ou de volailles en cage (les animaux libres
de leurs mouvements sont moins exposés car ils peuvent s’écarter) ;
- les ruches peuvent être exposées aux rayons du soleil levant ou couchant, mais en région
tropicale il est nécessaire de les protéger du soleil aux heures les plus chaudes en les
installant sous des arbres ou sous des abris. L’ombrage est moins important à plus haute
altitude (au-dessus de 2000 m) ou dans les régions où les températures sont plus fraîches ;
- dans les régions forestières humides, la végétation du sous-bois devrait être nettoyée dans
un périmètre de 2 m autour des ruches pour ménager un espace un peu ouvert où l’air
circule mieux. Cela permet de prévenir l’excès d’humidité et le développement de
moisissures dans les ruches. Il est très important de maintenir une bonne ventilation à
l’intérieur ;
- si le rucher se trouve dans un site aride, il faut fournir de l’eau aux abeilles. Si elle leur
est apportée dans un récipient ouvert, ce dernier doit contenir des brindilles flottantes
pour éviter que les abeilles ne se noient. On peut utiliser un récipient fermé laissant
suinter l’eau goutte à goutte sur une pierre.

Il est possible de rapprocher les ruches les unes des autres pour prendre moins de place, mais,
s’il y a suffisamment d’espace disponible, il est plutôt conseillé de les disperser parmi les
buissons afin d’aider les abeilles à s’orienter et à bien reconnaître leur ruche. En outre, la
présence de buissons entre les ruches permet d’éviter que l’apiculteur qui intervient sur une
ruche ne soit gêné par les abeilles d’une autre colonie. Les entrées et donc les couloirs de vol
de chaque ruche doivent donner dans la direction opposée à la trajectoire d’approche de
l’apiculteur. Par ailleurs, pour éviter toute dérive (lorsque les abeilles se trompent de ruche),
il vaut mieux que les ruches soient orientées dans des directions différentes plutôt
qu’alignées dans le même sens. Si les ruches doivent absolument être rangées en ligne, on
peut les disposer par petits groupes et peindre le devant de chacune de couleur différente (en
évitant le rouge, que les abeilles ne voient pas).
Des marques ou des motifs distinctifs peuvent également être dessinés sur la ruche pour aider
les abeilles à la reconnaître.

Les ruches traditionnelles africaines sont suspendues aux branches des arbres. Cette méthode
assure une bonne ventilation, protège les colonies du soleil, de l’humidité du sol et des
prédateurs, et convient très bien aux ruches en tronc d’arbre. Les ruches simples horizontales
gagnent plus à être suspendues entre deux poteaux, entre deux arbres ou à une branche basse
horizontale. Les poteaux doivent être solides et résistants aux attaques des termites. Des
piquets vifs, susceptibles de s’enraciner et de devenir des supports vivants, sont une solution
idéale. Le plancher de chaque ruche doit se trouver à environ 60 cm au-dessus du sol.

Les ruches composées sont plus difficiles à suspendre de manière satisfaisante. Lorsque les
ratels ne posent pas de problème, elles peuvent être installées sur un simple socle posé sur le
sol, par exemple un vieux bidon, surmonté d’une plaque de métal d’environ un mètre carré,
légèrement inclinée vers l’avant de manière à ce que l’eau de pluie s’écoule sans pénétrer
dans l’entrée de la ruche. La plaque métallique empêche les termites de monter et rend plus
difficiles les attaques des fourmis venant du sol. Si l’on ne peut se procurer de plaques de
tôle, de l’huile de vidange peut être versée autour de la base de la ruche et sur le socle en
béton pour éloigner ces insectes. Il ne doit pas y avoir de rebord ou de fissure sous la ruche
susceptible d’abriter des prédateurs tels que des lézards.
Une ruche
à barrettes composée posée sur un bidon, avec une plaque en métal contre les attaques de fourmis.

Les ruchers bâtis ou « ruchers pavillons »

Les ruchers pavillons sont des bâtiments dans lesquels on installe les ruches afin de les
protéger contre les éléments naturels, les prédateurs et les personnes mal intentionnées. Les
abeilles accèdent à leur ruche par des orifices ménagés dans les murs. Celles qui s’échappent
à l’intérieur du bâtiment en sortent par les fenêtres. Ces dernières sont équipées de deux
moustiquaires, l’une à l’intérieur, qui ferme la partie supérieure de l’ouverture et l’autre à
l’extérieur, qui en ferme la partie inférieure. Ces deux panneaux en moustiquaire se
superposent sur environ 10 cm en laissant un espace de 1 cm entre eux, de manière à ce que
les abeilles puissent grimper entre les deux et s’envoler à l’extérieur une fois parvenues en
haut. Comme ces insectes marchent toujours vers le haut, ils ne pourront pas entrer à
nouveau par la fenêtre. En outre, lorsque les abeilles s’échappent dans le bâtiment, au
moment des interventions de l’apiculteur par exemple, elles tendent à voler vers la lumière et
partent donc à l’extérieur. Il est un peu plus facile de travailler avec un rucher bâti parce que
les abeilles les plus agressives, celles qui gardent l’entrée des ruches, restent à l’extérieur
pendant que l’apiculteur intervient sur les ruches dans le bâtiment. L’inconvénient de ces
ruchers est qu’ils sont plus coûteux à construire et que leur sécurité dépend de la solidité du
verrou de la porte.

L’entretien de la ruche et du rucher

Une ruche bien faite devrait durer de 10 à 20 ans, voire plus. Investir dans des ruches
médiocres est un mauvais calcul, et il est plus économique à long terme de payer plus cher un
matériel de qualité. La durée de vie de la ruche est en outre prolongée par un entretien
régulier. L’extérieur devrait être protégé avec de la peinture ou un produit de protection des
bois. Si les ruches sont faites d’un matériau périssable, comme de la fibre de bananier, elles
dureront beaucoup plus longtemps si on les préserve du soleil et de la pluie. Les ruches
doivent être inspectées et remises en état chaque fois qu’elles se trouvent inoccupées. Si une
ruche occupée a besoin d’être réparée, les abeilles peuvent être momentanément transférées
dans une ruche vide.
Il est important de maintenir le terrain dégagé autour des ruches, en coupant les mauvaises
herbes et les branches pendantes. Cela permet d’offrir aux abeilles un couloir de vol bien
ouvert, de restreindre les attaques des ravageurs et de prévenir l’excès d’humidité dans les
ruches par temps pluvieux. Il est déconseillé de laisser traîner de vieux rayons aux alentours,
car ils attirent les prédateurs et peuvent propager des maladies.

L’obtention de colonies

Ruches appâts

Les colonies d’abeilles se reproduisent régulièrement en essaimant. Dans les environnements


difficiles, elles peuvent en outre migrer assez souvent. Aussi la manière la plus facile
d’obtenir de nouvelles colonies en région tropicale est-elle d’attirer un essaim sauvage. Une
nouvelle ruche est préparée à cette fin en frottant ou en faisant fondre un peu de cire d’abeille
à l’intérieur. S’il existe des produits attractifs vendus dans le commerce, certains apiculteurs
utilisent des plantes spécifiques pour attirer les essaims, comme l’Ocimum kilimanjaricum, à
odeur prononcée, qui pousse dans les marais saisonniers. Ces végétaux sont tantôt frottés à
l’intérieur de la ruche, tantôt attachés à l’extérieur. D’autres substances végétales sont
également susceptibles d’attirer les essaims, par exemple la mangue verte coupée et frottée
dans la ruche. Certains apiculteurs affirment que toute plante à odeur citronnée est attractive.
Les déchets de la préparation de la cire (le marc de cire) peuvent être bouillis dans de l’eau et
appliqués au pinceau à l’intérieur de la ruche pour un effet similaire.

Toute méthode traditionnelle efficace peut être utilisée pour encourager les abeilles à
coloniser une ruche moderne. Le miel et le sucre ne sont pas indiqués, toutefois, car ils
attirent surtout les abeilles butineuses et autres insectes, ce qui rend la ruche peu accueillante
aux essaims. Les ruches doivent être maintenues propres et sèches parce que les abeilles
n’aiment pas l’humidité et les moisissures.

Capture des essaims

Lorsqu’une colonie d’abeilles grossit et que la ruche devient surpeuplée, elle produit un ou
plusieurs essaims de reproduction. Ceux-ci se posent en amas sur un buisson ou un arbre à
proximité, puis, peu de temps après, ils s’envolent et se posent à nouveau sur un autre arbre.
Des abeilles éclaireuses s’en échappent alors pour rechercher un site adéquat à coloniser. Il
est possible de capturer un essaim en grappe et de l’introduire dans une ruche. Le meilleur
moment pour le faire est en fin de journée, juste avant la nuit. Pendant la chaleur de la
journée, les abeilles ont plus de chances de s’envoler et d’aller déranger d’autres personnes
ou des animaux domestiques. Le matériel nécessaire pour capturer un essaim est le suivant :

- un panier rigide pour contenir l’essaim – les paniers du Burundi, avec leurs couvercles
bien ajustés, sont parfaits, mais une boîte en carton peut faire l’affaire ;
- un vieux drap pour envelopper le panier une fois l’essaim capturé ;
- des vêtements de protection
- un enfumoir ou un petit pulvérisateur manuel produisant un brouillard d’eau (bien
s’assurer que le pulvérisateur n’est pas contaminé par un insecticide) ;
- une ruche vide ;
- un sécateur.

Le drap est tout d’abord étalé sur le sol près de l’endroit où l’essaim est posé, puis quelques
bouffées de fumée sont données autour de l’essaim ou un peu d’eau est finement pulvérisée sur
les abeilles. L’étape suivante consiste à couper la végétation environnante de manière à pouvoir
placer le panier sous l’essaim. Tout en le maintenant dans cette position, il s’agit ensuite de
donner une franche secousse à la branche sur laquelle est posé l’essaim de manière à ce que
celui-ci tombe dans le panier. Il faut alors immédiatement renverser celui-ci et le poser sur le
drap. Comme les abeilles marchent toujours vers le haut, l’essaim se reformera en se fixant au
point le plus élevé à l’intérieur du panier. Une petite pierre placée sous le bord du panier pour
créer un passage d’abeille permettra aux insectes encore à l’extérieur de rejoindre leur essaim.
Les abeilles encore à l’extérieur seront d’autant plus attirées si la reine est à l’intérieur. Lorsque
toutes les abeilles sont entrées, le drap est rabattu pour envelopper le panier.

L’essaim est alors amené à la ruche que l’on a préalablement préparée en enlevant cinq des
barrettes (ou des cadres mobiles), afin de ménager un espace pour l’essaim. Celui-ci est tout
d’abord doucement enfumé à travers les parois du panier, puis les abeilles sont décrochées par
une franche secousse. Le panier est ensuite renversé et secoué pour faire tomber toutes les
abeilles dans la ruche. Dès que la plupart des abeilles sont à l’intérieur, les barrettes sont remises
en place et la ruche est refermée. Les abeilles qui restent à l’extérieur finissent par rejoindre les
autres en passant par l’entrée de la ruche.
Une autre méthode, particulièrement intéressante à observer, consiste à « conduire » les abeilles
vers la ruche qui leur est destinée. Un drap blanc est étalé devant la ruche et une planche en bois
d’environ 50 cm de longueur y est placée, une de ses extrémités menant à l’entrée de la ruche.
On fait alors tomber l’essaim sur le drap, devant l’autre extrémité de la planche, et on donne
quelques bouffées de fumée pour pousser les abeilles à marcher vers la ruche. Il est parfois
nécessaire de continuer à les enfumer, mais pas trop, pour qu’elles poursuivent leur ascension.
Mais une fois que les abeilles se sont décidées, l’essaim peut se déplacer très rapidement. Il est
souvent possible d’apercevoir la reine, immédiatement suivie du reste des abeilles. Une fois que
toutes les abeilles sont dans la ruche, la planche et le drap peuvent être enlevés. Il y a plus de
chances qu’une colonie reste dans la ruche lorsque les abeilles y ont été « conduite s » plutôt que
« versées ».

Les essaims récemment enruchés peuvent rester dans la ruche qui leur a été allouée ou au
contraire déserter au cours des premiers jours. Il faut une certaine expérience pour créer les
conditions optimales et parvenir à un taux de réussite acceptable. Les abeilles européennes
désertent rarement, mais les abeilles africaines le font fréquemment lorsque quelque chose ne
leur plaît pas. Ce peut être une odeur désagréable ou une température trop élevée dans la ruche.
Les intrusions répétées de ravageurs entraînent parfois la désertion d’une ruche, mais une colonie
forte est normalement capable de repousser les hôtes indésirables. Il reste que, une fois la colonie
installée, elle ne repart pas sans avoir une bonne raison de le faire, comme un manque de fleurs,
de réserves alimentaires ou d’eau.

Capture des essaims avec une ruchette

Une ruchette est une petite ruche à noyaux qui contient quatre ou cinq barrettes ou cadres
mobiles. On l’utilise pour multiplier le nombre de colonies en capturant des essaims ou pour
garder des colonies de côté pendant quelque temps. Un fil de fer attaché à l’extérieur permet de
l’accrocher dans un arbre, ce qui permet de mieux attirer les essaims, plutôt qu’une ruche posée
au sol. Toute ruchette neuve doit être préalablement appâtée avec de la cire, puis maintenue
propre et fraîche par la suite. Une fois la ruchette colonisée, les abeilles y sont laissées au moins
une semaine pour qu’elles s’y installent bien. Quand l’apiculteur veut utiliser cette colonie pour
remplir une nouvelle ruche, il la déplace dans la soirée, quand les abeilles sont rentrées. L’entrée
est obturée avec un volet ou un bouchon d’herbe et la ruchette est apportée à l’endroit où la ruche
définitive sera installée.

Une fois que les abeilles se sont familiarisées avec leur nouvelle situation, elles peuvent être
transférées dans une vraie ruche. On commence par donner des bouffées de fumée tout autour de
la ruchette. Après environ une minute, elle est posée sur le sol et la nouvelle ruche est installée à
sa place, exactement dans la même position. La nouvelle ruche est alors ouverte, et cinq barrettes
(ou cadres) sont enlevées pour ménager de la place. La ruchette est alors ouverte à son tour, et
enfumée par intermittence. Les barrettes sont enlevées une par une et doucement introduites dans
la nouvelle ruche, en faisant bien attention de ne pas abîmer les rayons construits en dessous. Les
barrettes doivent être posées dans l’ordre dans lequel elles se trouvaient dans la ruchette. Elles
sont alors doucement poussées les unes contre les autres, sans laisser d’interstices (petit espace
vide) entre elles, en prenant soin de ne pas écraser d’abeilles.

Pour finir, un des coins postérieurs et inférieurs de la ruchette est fermement frappé contre le sol
pour récupérer les abeilles restées à l’intérieur, qui doivent être rapidement versées dans la
nouvelle ruche. Dès que la plupart des abeilles y sont, les barrettes manquantes sont replacées, le
tout est bien centré en ne laissant d’espace que de chaque côté, et la ruche est couverte de son
toit.

Transfert des abeilles d’une ruche traditionnelle dans une ruche moderne

Il est possible de transférer une colonie depuis une ruche traditionnelle à rayons fixes vers une
ruche à barrettes ou à cadres mobiles. L’opération est délicate, mais de bons résultats sont
obtenus avec un peu d’expérience. L’apiculteur déplace la ruche traditionnelle de sa position
d’origine à la nuit tombée, lorsque les butineuses sont rentrées, en commençant par donner
quelques bouffées de fumée autour de la ruche pour calmer les abeilles. Il peut être judicieux, à
ce stade, d’envelopper la ruche dans un drap pour que les abeilles restent à l’intérieur. La ruche
est alors emmenée et installée sur un socle, à l’endroit même et dans la position exacte où se
trouvera la nouvelle ruche, afin que les abeilles s’habituent à leur nouvelle situation. Certaines
abeilles retournent à l’ancien site s’il est à moins de quelques kilomètres, mais elles feront moins
cette erreur si un obstacle tel qu’un peu d’herbe est placé devant l’entrée de la ruche pour les
obliger à se réorienter.
Après quelques jours, juste avant le coucher du soleil, la ruche traditionnelle est copieusement
enfumée et déposée au pied de son socle, si possible sur un drap blanc. La nouvelle ruche est
alors installée à sa place. Une planche en bois est ensuite posée entre les deux ruches, formant un
pont le long duquel les abeilles pourront monter vers leur nouvelle demeure. De la fumée est
alors émise derrière l’ancienne ruche en direction de la nouvelle afin d’inciter les abeilles à
marcher le long de la planche.

On peut alors ouvrir l’ancienne ruche, en retirer les rayons un par un et les secouer pour en faire
tomber les abeilles sur la planche, ou directement dans la nouvelle ruche. Deux ou trois vieux
rayons solides avec du couvain non operculé sont alors attachés dans la nouvelle ruche.

Le plus facile est de les suspendre à l’aide d’une pince à dessin à travers laquelle on passe une
baguette fine et solide, ou encore de les attacher à une barrette avec du fil de fer. Tous les autres
rayons doivent être jetés et la vieille ruche enlevée dès lors que les abeilles en sont sorties. Il
arrive que l’on doive secouer la ruche pour faire tomber les dernières.
Un
rayon suspendu à l’aide d’une pince à dessin.

Si l’on aperçoit la reine pendant l’opération et qu’elle se dirige dans la bonne direction, le mieux
est de la laisser entrer d’elle-même dans la nouvelle ruche. Si elle semble désorientée, il est
possible de l’y transférer en la prenant par le thorax entre le pouce et l’index ou, mieux, en la
faisant monter sur une brindille ou une plume. Une fois la reine dans la nouvelle ruche, les autres
abeilles suivent sans tarder.

Pour finir, la ruche est fermée et la colonie laissée en paix. Certains apiculteurs nourrissent les
colonies qu’ils viennent de transférer, mais il est plus sûr de s’en abstenir pendant quelques
jours, le temps qu’elles s’installent, pour éviter de voir s’introduire des abeilles pilleuses dans la
ruche. Comme leur nom l’indique, ces abeilles volent le miel d’autres colonies au lieu de récolter
le nectar des fleurs. Le pillage n’est observé que lorsque du miel ou du sirop de sucre apparaît en
grande quantité dans une colonie faible. Des coulures de sirop ou des morceaux de rayons
endommagés suffisent parfois à déclencher ce comportement.
Le travail avec les abeilles

C’est par la pratique que l’on apprend le mieux à travailler au contact des abeilles. Plusieurs
points importants doivent rester présents à l’esprit. Tout d’abord, l’observation attentive de
l’entrée de la ruche s’avère riche d’enseignement. Si les abeilles y sont actives et y apportent du
pollen et du nectar, c’est que la colonie se porte bien. Si en revanche l’activité y est faible, il est
possible qu’il y ait un problème à l’intérieur de la ruche ou que le nectar devienne rare. Si des
abeilles sont regroupées à l’entrée de la ruche la nuit, la colonie est peut-être surpeuplée, sur le
point d’essaimer, et il est temps de récolter une partie du miel. Parfois il est possible d’entendre
les abeilles ventiler la ruche pour évaporer l’eau excédentaire contenue dans le nectar qu’elles
ont récolté : on sait alors qu’elles ont beaucoup travaillé.

La fumée a un effet calmant sur les abeilles et les rend moins agressives. Il est important de
disposer d’un enfumoir allumé et prêt à servir avant de commencer à travailler. L’apiculteur doit
prendre le temps nécessaire pour enfumer la ruche et laisser la fumée pénétrer à l’intérieur avant
de tenter de l’ouvrir. Les interventions doivent être menées rapidement mais avec douceur, et la
ruche refermée avant même que les abeilles ne se rendent compte de ce qui leur arrive. La
rapidité des opérations est particulièrement importante avec des colonies fortes et agressives,
tandis que de petites ruches d’abeilles dociles peuvent être laissées ouvertes plus longtemps. La
douceur est aussi une qualité primordiale : si des abeilles sont écrasées par inattention ou
négligence, les autres peuvent facilement devenir agressives.

Les abeilles n’aiment pas le bruit, les mouvements brusques et certaines odeurs. Ainsi, une
personne qui a chaud et qui transpire abondamment a plus de risques de se faire piquer qu’une
personne fraîche, propre et calme. Les apiculteurs doivent parler doucement et éviter de se
parfumer.

Ouverture de la ruche et manipulation des rayons La règle est de toujours approcher les ruches
par derrière pour éviter de croiser le couloir de vol des abeilles. Il faut ensuite bien enfumer celle
sur laquelle on se propose d’intervenir avant de l’ouvrir (voir la section sur l’utilisation de
l’enfumoir au chapitre 3), puis continuer à donner un peu de fumée à l’intérieur pendant que
l’on enlève et que l’on examine les rayons.
Il est difficile, en regardant la ruche ouverte d’en haut, de bien voir les rayons, surtout s’ils sont
suspendus à des barrettes. Pour se faire une idée de leur taille et de leur taux de remplissage,
l’apiculteur frappe le dessus de chaque barrette avec le lève-cadres. Le son obtenu est d’autant
plus grave que le rayon est plein (un peu comme les différents sons produits en fonction du
niveau de l’eau dans un récipient). Pour examiner les rayons, l’apiculteur doit commencer par le
côté de la ruche où ils sont les moins développés, en se servant du lève-cadres pour décoller les
barrettes. Après avoir enlevé deux ou trois barrettes, l’apiculteur donne quelques bouffées de
fumée dans l’ouverture ainsi créée. Les autres sont examinées une par une. Il est important de
toujours tenir les barrettes par les deux extrémités et de maintenir le rayon bien vertical pour
éviter qu’il ne se brise sous l’effet de son poids, ce qui est fréquent lorsque le rayon n’est pas
parfaitement à l’aplomb de sa barrette. Les barrettes ou les cadres doivent être poussés les uns
contre les autres en faisant bien attention de ne pas écraser d’abeilles. Pour débarrasser un rayon
des abeilles qui s’y trouvent, on le tient au-dessus de la ruche et on lui donne un petit coup sec
dans le plan vertical, ce qui devrait faire tomber les abeilles sans l’endommager. On peut aussi
les enlever avec une grande plume.

Il est possible que des abeilles s’agglutinent sur le voile ou sur le dos de l’apiculteur pendant
qu’il travaille. Elles peuvent être décrochées en donnant une secousse au vêtement ou brossées
avec une brosse à abeilles, une grande plume ou un bouquet de feuilles. Si les abeilles deviennent
trop agressives, l’apiculteur doit terminer son intervention aussi rapidement que possible, fermer
la ruche et quitter les lieux. En partant, il est conseillé de se glisser entre des buissons serrés et de
changer de direction à chaque fois que l’on passe un arbre, ce qui déroute les abeilles et permet
de les esquiver plus facilement.

Manipulation de la reine

La reine ne devrait être touchée ou manipulée qu’en cas d’absolue nécessité, et l’apiculteur doit à
tout moment prendre soin de ne pas l’écraser en déplaçant les rayons. Si elle doit être transférée,
on peut l’inciter à monter sur le lève-cadres, une brindille ou une plume, d’où elle pourra être
portée à destination. Si c’est absolument nécessaire, elle peut être saisie à main nue entre le
pouce et l’index, doucement mais fermement, au niveau du thorax. Il faut s’abstenir de porter des
gants pour ramasser une reine. On peut éventuellement la garder dans une boîte d’allumettes,
peut-être avec d’autres abeilles, pour une durée limitée. On donnera alors un peu de fumée au
moment de la réintroduire dans la ruche.

Les miellées correspondent aux moments de l’année où le plus de plantes sont en fleur. Dans les
régions tropicales, on en compte normalement une ou deux par an. À ces périodes, les abeilles
sont particulièrement actives pour récolter le nectar des fleurs, et c’est alors qu’elles mettent en
réserve un surplus de miel. Le meilleur miel est obtenu à partir des rayons neufs, de couleur
blanche. Certaines ruches plus âgées contiennent beaucoup de vieux rayons sombres. Les vieux
rayons sombres, produisent souvent un miel foncé.

Au cours d’une bonne miellée, alors que les abeilles sont très actives, l’apiculteur doit aller
examiner ses ruches toutes les deux à trois semaines. Si une ruche est presque pleine de miel,
l’apiculteur peut alors le récolter pour laisser plus de place au stockage.

La récolte du miel dans les ruches traditionnelles

Les méthodes de récolte traditionnelles ont été mises au point depuis longtemps et sont, le plus
souvent, satisfaisantes. S’il existe des cueilleurs de miel sauvage peu scrupuleux qui détruisent
une bonne part de la colonie, les apiculteurs sont généralement plus attentionnés et essaient de
préserver les leurs. Ils ne prélèvent qu’une partie du miel et s’efforcent de ne pas déranger le nid
à couvain. Le couvain peut d’ailleurs être récolté pour lui-même en tant qu’aliment riche en
protéines. Prélever une petite part du couvain des colonies de grande taille peut même être
bénéfique, dans la mesure où cela libère de l’espace pour le miel et prévient l’essaimage.

La nuit est le meilleur moment pour récolter le miel d’une ruche traditionnelle dans les régions
chaudes, surtout si l’apiculteur n’a pas de vêtements protecteurs.

Le matériel nécessaire pour récolter le miel d’une ruche traditionnelle se résume à un seau pour
emporter le miel et à un moyen de produire de la fumée. Si la ruche est suspendue haut dans un
arbre, il faudra également une corde pour monter le seau dans l’arbre ou faire descendre la ruche
au sol.

La plupart des ruches traditionnelles sont cylindriques et il est relativement facile d’en récolter le
miel sans vêtements protecteurs. L’apiculteur soufflant de la fumée par une des extrémités de la
ruche, les abeilles se regroupent de l’autre côté et les rayons situés près de la partie ouverte
peuvent être retirés sans déranger la colonie outre mesure. Si l’apiculteur constate que
l’extrémité qu’il a ouverte se trouve du côté du couvain, il la referme et intervient de l’autre côté.
S’il se souvient laquelle des deux extrémités a été récoltée la fois précédente, il peut y revenir
directement pour obtenir les rayons de la meilleure qualité, les plus récents, de couleur blanche.

La récolte du miel dans les ruches à barrettes

Les ruches à barrettes sont conçues pour faciliter la récolte et devraient donner un miel de
meilleure qualité que les ruches traditionnelles. L’apiculteur peut examiner chaque rayon et
décider s’il le retire ou non de la ruche. Les rayons à couvain et les rayons partiellement remplis
de miel sont laissés en place, tandis que les nouveaux rayons pleins de miel sont enlevés.

Ruches à barrettes horizontales (simples)

Pour récolter le miel d’une ruche à barrette simple, l’apiculteur doit avoir :

- des vêtements de protection ; un enfumoir,


- du combustible et des allumettes ;
- un lève-cadres et un couteau ;
- une ruche vide avec des barrettes ;
- un seau dans lequel mettre les éventuels rayons brisés et les fragments de cire.

Après avoir revêtu les vêtements de protection et allumé l’enfumoir, il faut installer la ruche vide
à côté de la ruche sur laquelle on s’apprête à intervenir. On approche la ruche par derrière, on
donne de la fumée par intermittence, puis on laisse le tout en paix pendant au moins une minute.
Il faut ensuite enlever le toit de la ruche et donner de la fumée sur les barrettes. Celles-ci sont
alors frappées avec le lève-cadres pour déterminer la répartition des rayons et identifier les
barrettes encore vides. On enlève alors les quelques barrettes les plus éloignées du nid à couvain
pour libérer un espace de travail, en donnant quelques bouffées de fumée au-dessus et à
l’intérieur de la ruche. Le nid à couvain se situe généralement dans la zone la plus proche de
l’entrée.

À partir de là, il convient d’examiner les barrettes une par une, en repoussant celles qui ne sont
pas prêtes à être récoltées vers l’extrémité de la ruche par où l’on a commencé. Chaque rayon
doit être examiné attentivement mais sans perdre de temps, en le levant à la hauteur des yeux.
Les rayons operculés sont récoltés et mis de côté dans la ruche vide, après les avoir débarrassés
des abeilles qui s’y agrippent par une petite secousse donnée verticalement au-dessus de leur
ruche. Une grande plume peut être utilisée, mais la manœuvre prend alors plus de temps. Tout
rayon partiellement rempli de miel doit être rendu à la colonie. Pour finir, il faut examiner les
rayons qui se trouvent de l’autre côté du nid à couvain et enlever ceux qui sont prêts à être
récoltés, ainsi que tout vieux rayon vide.

Après la récolte, tous les rayons qui restent sont repoussés contre ceux du couvain, l’espace vide
qui se trouve du côté où l’on a commencé l’intervention est comblé avec des barrettes neuves et
la ruche est refermée. Environ la moitié du volume intérieur de la ruche devrait alors être
occupée par des rayons à couvain, avec un peu de pollen et un peu de miel. Dans le cas d’une
colonie forte, la ruche doit être laissée à moitié vide, sans quoi il n’y aura pas assez de place pour
que les abeilles puissent entreposer le miel pendant la saison suivante. Avec l’expérience,
l’apiculteur finit par connaître les meilleures règles à suivre en la matière dans sa région.
La résolution des problèmes les plus courants

Le tableau ci-dessous présente une liste des problèmes auxquels sont fréquemment confrontés les
apiculteurs, avec, pour chacun, leurs causes les plus probables et quelques suggestions quant à
leurs solutions.
5. Les opérations spécialisées

La fabrication des feuilles de cire

Les feuilles de cire forment une base artificielle sur laquelle les abeilles sont incitées à bâtir leurs
rayons. Les cadres mobiles sont généralement équipés de feuilles entières, tandis que les
barrettes n’utilisent qu’une petite amorce de 1 cm de largeur sur la quasi-totalité de leur
longueur. Sans cette amorce, les abeilles sont susceptibles de construire leurs rayons en
diagonale au lieu de bien les aligner sous chaque barrette. Un apiculteur en activité est capable
de produire sa propre cire d’abeille, mais ceux qui débutent doivent s’en procurer auprès de
collègues déjà installés.

L’odeur de la cire attire toujours les abeilles. Comme la cire est hautement inflammable, il faut
se garder de travailler près de toute matière susceptible de prendre feu.

Fabriquer des feuilles de cire à l’aide d’un plateau

Le plateau servant de moule est en bois ou en contreplaqué, d’une largeur de 45 cm (la longueur
est sans importance), et entouré d’un rebord fabriqué avec des tasseaux de bois d’une section
carrée de 1 cm de côté (un plateau à servir, en plastique ou métal, peut aussi être utilisé). L’un
des coins est laissé un peu ouvert pour pouvoir évacuer l’excès de cire.

Il faut en outre :

- de la cire d’abeille ;
- un récipient pour fondre la cire;
- un feu ou une autre source de chaleur ;
- un petit seau avec de l’eau et un peu de savon ou de détergent ;
- une grande tasse ;
- un couteau.

La cire est mise à fondre dans le récipient prévu à cet effet, lui-même placé dans un autre
récipient plus grand contenant de l’eau. Le moule est passé à l’eau savonneuse, que l’on peut
récupérer pour la suite. Une demi-tasse de cire fondue est versée sur le plateau encore mouillé,
juste assez pour le recouvrir. La cire en excès est reversée dans son récipient. En refroidissant, la
cire se fige en une feuille de 1 à 2 mm d’épaisseur qui est décollée et découpée en bandes de 45
cm sur 1 cm de largeur. Cette dernière opération est plus facile à chaud, mais la cire froide peut
être découpée avec un fil de fer chauffé. Les chutes peuvent être réintégrées à la cire fondue pour
couler d’autres feuilles. Les bandes de cire sont fixées sur les barrettes en les glissant dans les
traits de scie, puis scellées à l’aide d’un filet de cire fondue.

Fabriquer des feuilles de cire à l’aide d’une plaque en verre ou en bois

Une plaque en verre ou en bois est mouillée avec de l’eau savonneuse puis plongée dans un
grand récipient de cire fondue. La plaque est retirée du bain et la cire qui en recouvre les deux
côtés est décollée. Si la couche de cire ainsi formée est trop mince, la plaque peut être trempée à
nouveau dans la cire fondue. Lorsqu’une plaque en verre est employée, les bords doivent être
polis au préalable par le verrier. Cette méthode est efficace mais exige de disposer de plusieurs
kilogrammes de cire d’abeille pour que, fondue, elle ait une profondeur suffisante dans le bac.
Le nourrissement des abeilles

Nourrissement au sucre

Dans beaucoup de pays tropicaux, il y a suffisamment de plantes en fleurs pour subvenir aux
besoins des colonies tout au long de l’année, ce qui rend le nourrissement superflu. De plus,
nombre de petits exploitants ne peuvent pas se permettre d’acheter du sucre, qui est parfois plus
cher que le miel. Les abeilles ne peuvent pas transformer le sucre en miel. En nourrissant les
ruches, on prend en outre le risque que des abeilles pilleuses et des fourmis soient attirées par le
sucre.

Il est parfois conseillé de nourrir les nouvelles colonies provenant d’essaimages ou de divisions
pour les aider à se développer plus rapidement. L’inconvénient du nourrissement précoce est
d’attirer des abeilles pilleuses ou des fourmis susceptibles de perturber la ruche et de pousser la
colonie à déserter.

En prévision d’une miellée, une colonie déjà établie peut être nourrie pour stimuler la production
de couvain, dans le but de disposer d’un nombre suffisant de butineuses au bon moment. Nourrir
une colonie six semaines avant la date prévue de la miellée peut donc contribuer à accroître la
production de miel. Il reste que bien souvent, surtout près de l’équateur, la date du début de
miellée est difficile à prévoir avec précision. Dans les zones soumises à des sécheresses
extrêmes, l’apiculteur peut nourrir ses colonies pour qu’elles survivent, et éviter qu’elles ne
désertent.

La manière la plus facile de nourrir des colonies est de leur donner du sucre cristallisé, sec, dans
la ruche. Les abeilles dissolvent alors lentement les cristaux de sucre. Cette méthode est celle qui
risque le moins d’attirer les abeilles pilleuses, mais elle est lente et génère souvent un certain
gaspillage. Il arrive que du sucre tombe près de l’entrée où il peut attirer des fourmis. Il est
préférable de dissoudre le sucre dans de l’eau bouillante, à raison d’environ une part de sucre
pour une part d’eau, en remuant jusqu’à complète dissolution. Entre 1 et 5 kg de sucre peuvent
être donnés en une seule fois. Le sirop de sucre est distribué aux abeilles à l’aide d’un
nourrisseur simple, fabriqué à partir d’une boîte de conserve ou même d’un bocal d’une capacité
d’au moins 1 litre, doté d’un couvercle à pression ou à vis. Le couvercle est percé de trous avec
un petit clou, de l’extérieur vers l’intérieur, afin que les barbes coupantes soient hors de portée
des abeilles. Ce récipient est alors rempli de sirop, refermé et posé à l’envers au-dessus d’un trou
sur le dessus de la ruche. Dans le cas de ruches à barrettes, il suffit d’écarter deux barrettes de la
valeur d’un passage d‘abeille et de poser le nourrisseur à cheval sur cet espace. Une hausse vide
est alors installée par-dessus la ruche pour protéger le nourrisseur et le tout recouvert du toit. Une
fois le nourrisseur vide, les barrettes sont à nouveau poussées les unes contre les autres. Il est
vital d’empêcher toute abeille pilleuse d’atteindre le nourrisseur.
Pour une ruche à barrettes simple, horizontale, les nourrisseurs de type mangeoire, suspendus à
l’intérieur de la ruche, sont plus adaptés. Il est aussi possible de nourrir les colonies à l’aide d’un
simple sac en plastique à moitié rempli de sirop, et fermé avec un élastique en y laissant le moins
d’air possible. Le sac est posé sur la ruche ou même à l’intérieur, là où les abeilles peuvent
l’atteindre. Une fois le sac en position, sa face supérieure est piquée une dizaine de fois avec une
épingle pour chasser les éventuelles bulles d’air encore présentes. Le sirop affleure alors par les
petits trous et les abeilles viennent le lécher à la surface du sac, celui-ci s’affaissant lentement sur
lui-même au fur et à mesure qu’il se vide. Un morceau d’éponge peut également être utilisé,
gorgé de sirop et laissé à la disposition des abeilles pour qu’elles le lèchent.

Distribution de substitut de pollen

Dans les régions tempérées, un succédané est parfois distribué aux colonies qui sont à court de
pollen. Dans la plupart des pays tropicaux, toutefois, il y a généralement surabondance de pollen.
Il arrive que les abeilles en récoltent trop et qu’elles en saturent certains rayons. Dans ce cas, ces
derniers doivent être retirés de la ruche afin de libérer de l’espace pour la construction de
nouveaux rayons destinés au stockage du miel. Sur les marchés et dans les élevages, on observe
souvent des abeilles récoltant la farine de diverses céréales qu’elles utilisent comme le pollen.

La sélection, l’élevage et le « clippage » des reines

Ces pratiques ne s’appliquent qu’aux ruches à rayons mobiles ou à cadres mobiles.

Sélection et élevage des reines

Certaines caractéristiques, telles qu’un tempérament agressif ou docile, un comportement


dynamique ou apathique, la propension (i.e. facilité) à l’essaimage et la résistance aux maladies,
varient d’une colonie à l’autre. Ces caractéristiques sont portées par des gènes et dépendent donc
de la reine. Il est de ce fait possible, en sélectionnant et en élevant les reines, d’exercer un certain
contrôle sur le comportement des colonies. Comme dans le cas des programmes de sélection des
autres animaux d’élevage, ce processus prend du temps mais peut donner des résultats très
positifs.

Lorsqu’un apiculteur est particulièrement satisfait de l’une de ses colonies, il devrait tout faire
pour la préserver : s’interdire de détruire les rayons de mâles qu’elle produit et, si possible,
utiliser cette colonie pour la reproduction. À l’inverse, les reines des colonies présentant des
caractéristiques indésirables devraient être détruites et remplacées, de préférence par des reines
de souche différente. Ainsi, en présence d’une colonie beaucoup plus agressive que d’autres de
même taille et de même force, l’apiculteur devrait en rechercher la reine et la tuer, dans l’espoir
que les abeilles en élèveront une nouvelle dont la descendance se révèlera plus amène.

Il est préférable, toutefois, de faire en sorte que la nouvelle reine provienne d’une lignée
différente. Pour ce faire, l’apiculteur inspecte la ruche une semaine après avoir tué la reine et
détruit toutes les cellules royales en construction. Il introduit alors un rayon d’œufs et de jeunes
larves provenant d’une colonie sélectionnée selon les caractéristiques désirées. Si toutes les
cellules royales ont bien été détruites au préalable dans la ruche, les abeilles élèveront une
nouvelle reine à partir du couvain sélectionné qui leur a été donné.

Clippage des reines

Lorsqu’une colonie essaime ou déserte, les abeilles ne quittent la ruche qu’en compagnie de la
reine. Il est possible d’empêcher la reine de partir en raccourcissant l’une de ses ailes pour
l’empêcher de voler. Pour clipper (on dit également rogner ou écourter) une reine, il faut la
maintenir fermement par le thorax entre le pouce et l’index, et couper une seule des ailes à la
moitié de sa longueur, avec une paire de petits ciseaux bien aiguisés. Il ne faut jamais saisir une
reine par son abdomen, car elle pourrait être blessée.

La division des colonies

De bonnes colonies fortes peuvent être divisées pour remplir des ruches supplémentaires. De
manière générale, il est conseillé de diviser les colonies après la récolte, car si l’opération est trop
précoce, il est probable que ni la colonie mère ni sa subdivision ne seront assez vigoureuses pour
engranger un surplus de miel. Il reste que diviser une colonie particulièrement forte qui menace
d’essaimer. Les colonies qui ont été divisées demandent un peu de temps par la suite pour
recouvrer des forces, mais elles sont souvent en mesure de produire du miel dès la saison
suivante. Mieux vaut éviter de diviser une ruche faible, car les abeilles africaines sont
susceptibles de déserter si elles sont divisées avant que leur colonie soit suffisamment
vigoureuse.
Les colonies fortes se reconnaissent à plusieurs indices : il y a beaucoup d’activité de vols à
l’entrée de la ruche ; les abeilles se regroupent parfois en grappe à l’extérieur de l’entrée de la
ruche pendant la nuit ; la ruche est lourde. Avant la division, l’apiculteur doit préparer une
nouvelle ruche qu’il installe tout près de celle qu’il se propose de diviser. Cette dernière est alors
ouverte et trois rayons contenant du couvain operculé ainsi que deux rayons de miel et de pollen
sont enlevés et placés dans la nouvelle ruche, avec la reine si l’on parvient à la localiser. Si la
reine reste introuvable, il faut s’assurer que le couvain introduit dans la nouvelle ruche contient
des œufs et des jeunes larves, pour que les abeilles puissent élever une nouvelle reine si
nécessaire. Quatre rayons sont alors extraits de la ruche mère et brièvement secoués au-dessus de
la nouvelle ruche pour y faire tomber les abeilles, puis remis à leur place. Dans chaque ruche, les
espaces vides sont alors comblés avec de nouvelles barrettes.

Pour finir, il faut déplacer la nouvelle ruche et l’installer à son emplacement définitif. Un certain
nombre d’abeilles retourneront à la ruche mère, mais la nouvelle colonie devrait se développer
au fur et à mesure de l’émergence des jeunes. L’accroissement de la nouvelle colonie peut
éventuellement être accéléré en nourrissant les abeilles.

La transhumance

Il est parfois nécessaire de déplacer des colonies pour plus de commodité ou pour tirer parti
d’une miellée particulière. Ainsi certains apiculteurs déplacent leurs colonies d’une vallée à une
autre pour exploiter la ressource de miellée la plus prometteuse. Les ruches sont déménagées, en
prenant soin de fermer toutes les issues et de les envelopper dans un drap ou une couverture pour
que les animaux ne soient pas piqués.

Il est essentiel que les rayons ne se brisent pas pendant le transport. Les rayons bâtis dans des
ruches en tronc d’arbre ou dans les cadres de ruches à cadres mobiles sont généralement à l’abri
d’incidents de ce type, mais les rayons de ruches à barrettes se cassent facilement, surtout s’ils
sont alourdis de miel. Ces ruches ne sont donc pas adaptées à des déplacements fréquents.
Lorsque l’apiculteur emploie des ruches à cadres mobiles et que les routes sont bonnes, le
transport motorisé sur un camion ou une camionnette à plateau est intéressant, si son coût est
raisonnable.
Les ruches doivent être déplacées de nuit ou par temps de pluie, lorsque les abeilles ne volent
pas, afin d’éviter de perdre des butineuses. Les ruches doivent être bien enfumées pour que les
abeilles restent calmes et se cantonnent à l’intérieur. Toutes les issues doivent être obturées avec
de l’herbe ou de l’argile (veiller toutefois à ne pas asphyxier les abeilles), ou encore la ruche
entière peut être enveloppée dans un drap. Une fois à destination, des obstacles tels que quelques
brins d’herbe peuvent être placés devant l’entrée pour que les abeilles prennent conscience de
leur nouvel emplacement et se réorientent.

Les abeilles apprennent à s’orienter par rapport à la ruche. Il s’ensuit qu’une colonie doit être
déménagée d’une distance inférieure à 3 m ou supérieure à 3 km, faute de quoi les butineuses
sont susceptibles de revenir à l’endroit où se trouvait leur ruche auparavant. Il est toutefois
possible de déplacer une ruche sur une petite distance en opérant par étapes successives de
quelques mètres. La colonie peut aussi être déménagée en une fois mais en prenant soin
d’installer dans son emplacement d’origine une autre ruche pleine ou une ruche appât pour
accueillir les butineuses qui pourraient revenir.

L’importation d’abeilles provenant d’autres régions

Il est possible d’importer dans les pays tropicaux des abeilles issues d’autres régions. Importer
des abeilles présente pratiquement les mêmes avantages et inconvénients qu’importer d’autres
animaux domestiques ou des plantes cultivées. Même si les souches importées peuvent s’avérer
plus travailleuses ou plus amènes (i.e. plus agréable), cette pratique ne va pas sans un certain
risque. Ainsi, lorsque des abeilles africaines ont été introduites en Amérique du Sud en 1956,
elles ont dominé les populations locales à tel point que la quasi-totalité des abeilles de ce
continent sont désormais hybridées (elles sont dites « africanisées »). La propagation des
maladies est un autre problème important. Le varroa (Varroa jacobsoni), un acarien parasite
externe de l’abeille domestique, a été répandu dans la plupart des pays du globe par les échanges
d’abeilles ou de reines. Il est de ce fait plus sage et moins risqué d’éviter de déplacer des abeilles
sur de grandes distances, à moins de s’entourer des conseils d’un spécialiste, tout en se
conformant à la réglementation locale et internationale en la matière. Beaucoup de pays
soumettent désormais l’importation d’abeilles à une autorisation spéciale.
Il a maintes fois été tenté, mais sans succès, d’introduire en Afrique centrale des abeilles
européennes, plus dociles. Lorsque la reine d’une colonie d’abeilles africaines est remplacée par
une reine européenne (remérage), il semblerait que la colonie commence par se développer de
manière tout à fait satisfaisante, pour ensuite s’affaiblir et mourir. Ce phénomène pourrait être dû
à une maladie. Selon une autre hypothèse, les abeilles européennes continueraient à travailler
tout au long de la journée en dépit des hautes températures et finiraient par s’épuiser, alors que
les abeilles africaines ne sortent qu’aux heures les moins chaudes.

Néanmoins, la transhumance de colonies à l’échelle locale comporte quelques avantages. Par


exemple, une colonie déplacée d’un site aride à végétation clairsemée vers un autre site où les
floraisons sont plus régulières est susceptible de travailler avec plus de dynamisme que les
colonies du cru habituées à ces conditions favorables.

La pollinisation des cultures

La pollinisation est le processus par lequel le pollen est transféré des organes mâles de la fleur
(les anthères des étamines) sur les organes femelles (le stigmate) de la même fleur, ou d’une
autre de la même espèce. Si les céréales et les graminées sont en général pollinisées par le vent,
la plupart des autres plantes le sont par des insectes. L’abeille domestique est un des
pollinisateurs les plus efficaces. Les cultures qui dépendent d’une pollinisation par des insectes
ont un meilleur rendement si des abeilles sont présentes dans le voisinage. Certains cultivateurs
sont prêts à payer des apiculteurs pour qu’ils placent des ruches dans leurs parcelles. Cependant,
le comportement agressif des abeilles africaines les rend peu adaptées à ce type d’activité
agricole transhumante, et il est plus facile de les maintenir toute l’année sur un site proche des
cultures. Dans le cas où les abeilles sont essentiellement gardées pour leurs services de
pollinisation et doivent être déplacées d’une culture à une autre, il vaut mieux investir dans des
ruches à cadres mobiles dans lesquelles les rayons sont un peu moins vulnérables. Les espèces
cultivées en zone tropicale, connues pour dépendre de la pollinisation par les abeilles, sont
présentées dans la liste ci-dessous. Certaines d’entre elles peuvent par ailleurs donner de bonnes
récoltes de miel.

Les plantes cultivées en régions tropicales dont les rendements sont accrus par l’action
pollinisatrice des abeilles sont : agrumes Citrus spp. ; anacardier (noix de cajou) ; avocatier ;
caféier; colza ; cotonnier ; fruit de la passion ; haricot ; légumineuses alimentaires ; luzerne ;
manguier ; moutardes - feuilles; ricin ; tournesol.

Bien que les cultures pollinisées par le vent n’aient en théorie pas besoin d’abeilles, ces insectes
peuvent permettre un accroissement des rendements atteignant parfois 20 %. Chez certaines
céréales telles que le maïs et le sorgho, les abeilles récoltent le pollen et même le miellat, exsudat
sucré produit par la plante ailleurs que dans la fleur.

Avant d’installer une ruche dans une parcelle cultivée, il est important de s’assurer que
l’exploitant n’utilise pas d’insecticides pendant toute la période de présence des abeilles,
notamment lorsque les cultures sont en fleur.
6. Les ravageurs et les maladies des abeilles

Quantité de ravageurs s’attaquent aux colonies d’abeilles, qu’ils sont susceptibles d’affaiblir,
voire de détruire totalement. Ce chapitre décrit pour chacun quelques moyens de lutte pour en
limiter les méfaits. Comme les conditions locales diffèrent d’une région à une autre, il est bon de
se renseigner auprès des apiculteurs du voisinage pour en savoir plus sur les ravageurs les plus à
craindre et les parades les plus efficaces.

Les fourmis

Fourmis légionnaires et fourmis processionnaires

Ces fourmis de la famille des Dorylinae sont connues pour se déplacer loin de leur fourmilière. Il
leur arrive même de déménager celle-ci de temps à autre. Carnivores, elles chassent, souvent de
nuit, des insectes ou des petits animaux incapables de fuir. Ces espèces attaquent fréquemment
les colonies d’abeilles, même très haut dans des arbres creux, et consomment le couvain sans
toucher au miel. Elles investissent alors les ruches en si grand nombre qu’elles sont capables
d’éliminer complètement une colonie en quelques heures.

Les abeilles africaines essaient de repousser ces attaques en formant une boule compacte à
l’entrée de la ruche, tandis que les fourmis les extirpent une par une et les mangent. En général,
ce sont les fourmis qui finissent par dominer la situation. Si elles interviennent de jour, les
abeilles fuient la ruche en direction des habitations situées à proximité, ce qui alerte parfois
l’apiculteur. Il arrive que la colonie entière déserte les lieux pour revenir après le départ des
fourmis. Le plancher d’une ruche qui a subi l’incursion de fourmis légionnaires est couvert de
cadavres d’abeilles et de fourmis.

Autres fourmis

Plusieurs autres espèces de fourmis peuvent quelquefois être observées dans la ruche et aux
alentours. Si certaines ne font que rechercher un abri, la plupart entrent dans la ruche pour y
dérober du miel ou du couvain. Les colonies vigoureuses sont normalement capables de tenir tête
aux espèces les plus petites, mais une colonie faible éprouve quelquefois des difficultés à se
débarrasser des minuscules fourmis qui harcèlent les abeilles.
Prévenir les attaques

Il est difficile de protéger les ruches des fourmis, mais les mesures ci-dessous s’avèrent souvent
utiles :

- Si les ruches sont au sol, glisser une plaque de métal entre la ruche et son socle. La plaque
devrait dépasser d’au moins 5 cm tout autour du socle. Les fourmis sont capables de franchir cet
obstacle, mais avec difficulté, ce qui décourage beaucoup d’entre elles. Ces plaques peuvent
également protéger la ruche des attaques de termites

- verser des cendres fraîches autour du socle de la ruche.

- Les cendres doivent être remplacées fréquemment, surtout après avoir été mouillées ;

- verser de l’huile de vidange autour du socle de la ruche ;

- suspendre les ruches par des fils de fer enduits de graisse ;

- bien désherber pour ne laisser aucune végétation en contact avec le socle des ruches ;

- s’assurer que les ruches comportent un espace suffisant entre le dessus des barrettes et le toit,
pour que les abeilles puissent y patrouiller et repousser les intrus. On observe souvent des
fourmis s’installer sous le toit des ruches lorsque les abeilles ne peuvent y accéder.

Certains apiculteurs placent les pieds des socles des ruches dans de vieilles boîtes de conserve ou
des récipients en plastique remplis d’huile usagée ou d’eau. Cette méthode offre en effet une
protection contre les fourmis mais n’est pas recommandée dans la mesure où des abeilles
tombent dans ces récipients lorsque la ruche est ouverte. Il est également déconseillé de
saupoudrer des insecticides en cercle autour de la ruche parce que les abeilles peuvent s’en
trouver contaminées. Confronté à une offensive en cours, l’apiculteur peut disperser les fourmis
avec des cendres chaudes, ou avec un vaporisateur insecticide domestique, en prenant bien garde
de ne pas atteindre d’abeilles.
Les ratels

Le ratel (Mellivora capensis) est un animal très puissant doté d’une peau extrêmement résistante
et de fortes griffes. Il préfère le couvain au miel et déchire facilement le bois des ruches les plus
solides. Il peut également grimper dans les branches basses des arbres et faire tomber les ruches
traditionnelles au sol. Dans certaines régions, les apiculteurs protègent leurs ruches en clouant
une feuille de tôle autour du tronc des arbres porteurs pour empêcher ces animaux de monter. Là
où les ratels font de gros dégâts, les ruches doivent être installées dans des ruchers-pavillons ou
suspendues à une hauteur d’au moins 60 cm du sol.

Les coléoptères des ruches

L’espèce de coléoptère de ruche la plus grande recherche le miel, tandis que la plus petite entre
dans la ruche pour s’y reproduire. La première, Oplostomus fuligineus, est un coléoptère
mellivore surtout présent à basse altitude sous climat chaud. Il fait parfois des dégâts importants,
surtout dans les colonies faibles. Le grand coléoptère des ruches peut être ramassé à la main sur
les rayons, mais l’opération est laborieuse et difficile du fait de l’agressivité des abeilles
africaines. Mieux vaut tenter d’empêcher ces insectes de pénétrer dans la ruche en limitant la
taille des orifices d’entrée , par exemple en les recouvrant d’un grillage ou en les obstruant
partiellement avec une plaque métallique. L’entrée doit être assez grande pour laisser passer les
faux bourdons et la reine, sauf peut-être en cas de mesure exceptionnelle temporaire. Il faut
veiller toutefois à ce que la ruche soit suffisamment ventilée.

Le grand coléoptère des ruches


(Oplostomus fuligineus).

Le petit coléoptère des ruches, Aethina tumida, est un ravageur plus fréquent dans les régions
moins chaudes. Si les colonies fortes sont en mesure de les repousser, les plus faibles peuvent
être mises en difficulté. Ce coléoptère se reproduit dans la ruche et ses larves se nourrissent de
pollen et de miel, ce qui provoque la fermentation du miel et sa liquéfaction. La lutte préventive
consiste à aider la colonie à repousser ces coléoptères. Les abeilles doivent pouvoir avoir accès à
toutes les parties de la ruche pour en chasser les intrus et protéger leurs larves. Le petit
coléoptère des ruches a maintenant atteint l’Europe, où les dommages qu’il occasionne sont
encore plus importants qu’en Afrique, son continent d’origine. Il est vraisemblable que cette
espèce deviendra également un problème sérieux dans les régions du Pacifique et des Caraïbes.
Le petit coléoptère des ruches (Aethina tumida)

Les fausses teignes

Les fausses teignes font plus de dégâts dans les régions à climat tropical que dans les zones
tempérées. Il en existe deux espèces : la grande fausse teigne (Galleria mellonella ) et la petite
fausse teigne (Achroia grisella ). Ces papillons vivent et se reproduisent sur les rayons,
notamment sur les vieux rayons noirâtres. On les aperçoit quelquefois dans les ruches qui en sont
envahies, et aussi dans les rayons où l’on peut observer les galeries tissées de la soie des larves.
Des rayons entiers peuvent devenir une seule masse de fils enchevêtrés, et quand les larves
entrent en nymphose, elles se creusent une loge dans le bois de la ruche. On trouve généralement
les fausses teignes dans les colonies faibles, qu’elles peuvent éventuellement tuer ou pousser à
déserter, tandis que les colonies vigoureuses sont capables de leur tenir tête. Il arrive souvent
qu’une nouvelle colonie entre dans une ruche détruite par les fausses teignes et s’y installe,
abandonnant les restes de rayons tombés sur le plancher de la ruche, nettoyant et bâtissant de
nouveaux rayons par le haut. On observe parfois des infestations de fausses teignes après qu’un
essaimage a affaibli une colonie forte. Le risque est accru si les abeilles ont consommé beaucoup
de miel et ont laissé des rayons vides sans surveillance. Toute colonie qui a perdu sa reine est
susceptible d’être attaquée par les fausses teignes.

Le meilleur moyen de prévenir les attaques de fausses teignes est de faire en sorte que les
colonies demeurent suffisamment fortes et de retirer les rayons de miel que les abeilles ne sont
pas en mesure de défendre. Les rayons vides constituent un excellent substrat de reproduction
pour ces papillons.

Un rayon infesté de fausses teignes


Une fausse teigne et les dégâts occasionnés par ses larves dans un rayon à couvain.

Le sphinx à tête de mort

Le sphinx à tête de mort (Acherontia atropos) est un gros papillon de nuit qui pénètre dans les
colonies affaiblies pour y consommer du miel. Ces papillons ne perturbent pas les colonies
fortes. Le mieux est de les expulser des ruches lorsqu’on l’y aperçoit.

Le sphinx à tête de mort (Acherontia atropos)


Les guêpes chasseresses

Certaines guêpes telles que l’espèce Polarus latifrons attaquent parfois les abeilles à l’entrée de la
ruche et les emportent pour les consommer ou en nourrir leurs larves. Ces insectes posent
souvent plus de problèmes dans les régions chaudes, où ils peuvent empêcher les abeilles de
sortir butiner s’ils sont présents en grand nombre. Les apiculteurs luttent contre ces guêpes
chasseresses en plaçant un plat rempli d’eau sous l’entrée de la ruche, ce qui en piège un bon
nombre. Il arrive que quelques abeilles s’y noient également, mais les conséquences pour la
colonie en sont relativement mineures.

Les poux des abeilles ou braules


Les ravageurs ordinairement connus sous le nom de poux des abeilles ou braules (Braula spp.)
sont en fait de minuscules mouches dépourvues d’ailes. Les braules sont de temps à autre
observées sur le thorax des abeilles domestiques, notamment sur les reines, qui en portent parfois
plusieurs. La femelle pond ses œufs sur les opercules de cire des cellules à miel, et les larves
creusent de très fins tunnels sous la surface des rayons de miel. Certains observateurs sont d’avis
que les petits points blancs que l’on voit quelquefois sur les rayons à couvain sont des œufs de
braule. La meilleure protection est d’avoir des colonies fortes.

Les acariens

Les recherches ont montré que les acariens sont un facteur de stress pour les abeilles. On sait peu
de choses sur les acariens qui s’attaquent aux abeilles domestiques en Afrique, mais ils sont à
prendre en considération lorsque l’on se trouve confronté à une colonie qui s’affaiblit sans raison
apparente.

La varroa se est une maladie causée par l’acarien Varroa jacobsoni, découvert à l’origine en Asie
du Sud-Est sur la petite abeille asiatique Apis cerana. Depuis les années 1970, cependant, cet
acarien, qui parasite également l’espèce Apis mellifica, s’est propagé à l’ensemble de l’Eurasie
et du continent américain et il est aussi présent en Afrique du Nord. Il a également été observé en
Afrique du Sud, où cette menace est prise très au sérieux. On ne sait pas encore si l’abeille
africaine, dont les cycles de reproduction sont légèrement plus courts, résistera mieux que
l’abeille européenne. Si le varroa finit par se répandre et s’installer dans toute l’Amérique, les
conséquences pourraient en être très graves. Il s’agit là d’une raison fondamentale pour
s’abstenir d’importer des abeilles de zones infestées vers des zones encore exemptes.

Les insectes xylophages

Les insectes qui attaquent le bois sont capables d’occasionner d’importants dégâts aux ruches. Ils
peuvent être découragés en passant l’extérieur des ruches à la peinture ou à la créosote. Ce
produit a une odeur qui attire les abeilles, mais ne doit pas contenir d’adjuvant insecticide. On
parvient parfois à protéger le bambou, particulièrement vulnérable aux insectes xylophages, en le
fumant ou en le faisant tremper dans l’eau pendant plusieurs jours. La fumée de la plante
muletha serait également un répulsif pour les destructeurs du bois.

Les oiseaux

Beaucoup d’espèces d’oiseaux consomment des abeilles. En général, ils se perchent dans les
branches d’un arbre du voisinage et capturent les abeilles en vol devant l’entrée de la ruche. Le
plus souvent, les dégâts occasionnés aux colonies sont relativement mineurs. Une bonne tactique
préventive consiste à couper, autour du rucher, les branches qui pourraient constituer des
perchoirs commodes pour ces prédateurs.

Les maladies des abeilles

Si les maladies ne semblent pas poser un problème particulier pour les abeilles africaines, il
faudrait toutefois consacrer un peu plus d’attention et de recherche à ce sujet. Les races
européennes ont été mieux étudiées et leurs maladies sont par conséquent mieux connues. Bien
que plusieurs cas de loque européenne aient été signalés en Afrique, les abeilles africaines
semblent surmonter cette maladie, qui ne présente donc pas un risque grave.

Dans les régions pacifique et caraïbe, où les abeilles ont été importées d’Europe, les risques de se
trouver confronté aux maladies du couvain les mieux connues que sont la loque européenne et la
loque américaine (ou loque filante ) sont assez élevés. Les maladies des abeilles adultes, telles
que la nosémose et l’acariose, sont moins répandues dans les régions chaudes parce qu’elles sont
exacerbées par les conditions d’hivernage. Dans les régions tempérées, en effet, contrairement à
ce qui se produit dans les régions tropicales, les abeilles passent les longues périodes de froid
regroupées en masse dense à l’intérieur de leur ruche.
Chapitre 7. Les produits de l’apiculture

Le miel

Caractéristiques et composition

Les abeilles domestiques récoltent dans les fleurs le nectar, un liquide peu concentré, et le
convertissent en miel en faisant s’évaporer une partie de l’eau qu’il contient et en y introduisant
une enzyme spéciale qui décompose les sucres en lévulose et en dextrose. Elles consomment une
partie de ce miel pour s’alimenter et engrangent le reste dans des rayons en prévision des
périodes de basse floraison. En général, les abeilles mettent de côté plus de miel que nécessaire,
et c’est ce surplus qui peut être récolté par l’apiculteur.

Composition du miel mûr.

Utilisations du miel

Le miel est surtout un aliment sucré et un agent sucrant. En Afrique, il sert à l’élaboration des
bières de miel, souvent les plus appréciées des bières traditionnelles. Le miel a également des
usages médicinaux ; par exemple mélangé à du lait chaud ou à de l’eau chaude citronnée, pour
confectionner un breuvage bien connu contre la toux et les maux de gorge. Il a aussi des
propriétés antibiotiques et se révèle efficace pour traiter les plaies et les brûlures. Par ailleurs, il

entre de plus en plus souvent dans la composition des cosmétiques et autres produits de toilette.

Miel biologique

Le terme « biologique » s’applique aux produits dépourvus de toute substance artificielle, telle
que colorant, conservateur ou résidu d’agent phytosanitaire chimique. Les consommateurs sont
parfois prêts à payer plus cher pour ces produits qu’ils estiment sains et naturels. De la même
façon, certains consommateurs sont attirés par les labels du « commerce équitable ». Le miel
peut être contaminé par des pesticides lorsque les abeilles visitent des fleurs qui ont été traitées,
même à plusieurs kilomètres de la ruche. Dans la plupart des pays, une réglementation très stricte
régit l’utilisation du label « biologique » pour la commercialisation. La Soil Association basée au
Royaume-Uni, ou Ecocert (organisme de contrôle et de certification) en France, sont des
organismes délivrant ces certificats aux produits biologiques (marque « AB » pour Agriculture
Biologique).

La récolte, l’extraction et le conditionnement du miel

Le miel est un aliment pur et naturel. Sa qualité est maximale au sortir de la ruche et, pour
qu’elle soit préservée, le miel doit être aussi peu manipulé que possible. Le meilleur miel est
celui extrait de rayons neufs, de couleur blanche, tandis que celui élaboré dans de vieux rayons
sombres peut prendre une teinte foncée. Le miel contenu dans des rayons blancs bien operculés
peut être consommé tel quel, avec la cire, et certains consommateurs sont prêts à payer un prix
élevé pour ce « miel en rayon ». Commercialiser le miel sous cette forme n’est toutefois pas sans
inconvénients, car le conditionnement, le transport et le stockage demandent des soins
particuliers. Il est plus facile d’extraire le miel des rayons et de vendre séparément le miel pur,
cristallisé ou liquide, et la cire d’abeille.

Extraction et conditionnement à petite échelle


L’extraction et le conditionnement du miel peuvent être réalisés sans difficulté à domicile. Le
matériel suivant doit être réuni :

- un seau en plastique contenant les rayons dont on se propose d’extraire le miel ;


- un seau en plastique vide ;
- de la moustiquaire en plastique ou en coton ;
- un tissu filtrant ;
- des pinces à linge ;
- des bocaux, bouteilles ou boîtes en fer blanc vides et propres.

Les rayons de miel sont tout d’abord écrasés à l’aide d’une grande cuiller en bois ou de tout
ustensile similaire, puis transvasés (i.e. faire couler) dans la moustiquaire. Celle-ci est installée
au-dessus du seau vide ou d’un récipient propre, attachée tout autour à l’aide de pinces à linge ou
refermée sur les rayons fragmentés, et le tout est suspendu au-dessus du seau. Les rayons écrasés
sont laissés à égoutter pendant un ou deux jours et remués de temps en temps pour que tout le
miel s’écoule dans le seau en dessous. La pièce doit être étanche aux abeilles pour empêcher les
pilleuses d’atteindre le miel.
Après cette première filtration, il reste parfois quelques impuretés flottant à la surface, faciles à
écumer. Le miel peut être filtré une seconde fois à travers un tissu filtrant plus fin. Pour un
traitement plus rapide, ce filtre fin est placé directement sous la moustiquaire de manière à ce
que le miel passe à travers les deux filtres au fur et à mesure qu’il s’égoutte des rayons.

Pour finir, le miel est versé dans des bocaux ou des bouteilles propres et hermétiques. Si le
couvercle est en métal, on glisse une rondelle de carton à l’intérieur avant de le mettre en place
pour empêcher que le miel ne soit au contact direct du métal. Il faut ici n’utiliser que des
récipients neufs ou n’ayant contenu que des aliments, et bien lavés. Des récipients ayant
auparavant contenu des produits non alimentaires tels qu’essence, diesel, détergents ou
substances chimiques sont à proscrire. Si le miel doit être vendu, il est conseillé d’apposer une
étiquette sur le bocal mentionnant le nom et l’adresse du producteur et le poids net de miel.

Tout miel cristallisé peut être reliquéfié en le réchauffant doucement au bain-marie (dans un
récipient placé dans un autre avec de l’eau). Il faut veiller à ce que le miel ne soit pas trop
chauffé, juste assez pour qu’il fonde ; car trop de chaleur l’assombrit et altère sa composition et
sa saveur.

Une petite cuve à embouteiller, munie d’un robinet près du fond, rend le remplissage des bocaux
beaucoup plus rapide. Le principal avantage de ce type de cuve, également appelée maturateur,
est de laisser les impuretés flotter à la surface, dispensant un miel bien propre.

Pour obtenir un miel d’une qualité optimale, mieux vaut traiter les rayons blancs en cire neuve
séparément des vieux rayons sombres, qui contiennent aussi du pollen. Les rayons de miel mûr
pour la récolte ont les cellules recouvertes d’un opercule de cire mince, de couleur blanche et
légèrement translucide. Le pollen se présente sous l’aspect d’une matière poudreuse, rappelant de
la farine humide, emmagasinée dans des cellules isolées, le plus souvent à moitié remplies
seulement. Il arrive que les cellules de pollen couvrent des surfaces plus importantes, et même
parfois qu’elles soient complétées par une couche de miel. Il faut éviter de mélanger le pollen au
miel car cela lui donne une apparence trouble et favorise sa fermentation.
Extraction et conditionnement à grande échelle

Le traitement du miel à grande échelle n’est ni difficile ni onéreux. Un apiculteur ou un groupe


organisé d’apiculteurs peut souhaiter investir dans une installation plus importante s’il possède
(ou compte acquérir) un grand nombre de ruches ou s’il se propose de traiter et de
commercialiser la récolte d’autres apiculteurs.

Le transformateur doit payer un prix compétitif à ses fournisseurs et régler au moment où ils lui
livrent leur miel. S’il n’est pas commode pour ces apiculteurs d’apporter leur production au
centre de traitement, le transformateur devrait leur en donner plus que ce qu’ils pourraient en
obtenir localement. Les prix doivent être néanmoins soigneusement calculés pour que le
transformateur bénéficie tout de même d’une marge suffisante.

Il est essentiel d’être rigoureux quant à la qualité du produit et de n’acheter que du bon miel. Les
apiculteurs seront encouragés à livrer du miel de meilleure qualité si le transformateur leur en
offre un prix plus avantageux. Le miel de bonne qualité est propre et dépourvu de toute impureté.
Un miel qui contient beaucoup de pollen a un aspect trouble et une texture granuleuse, se filtre
difficilement et n’a pas l’éclat qu’il se doit une fois en bocal. Il arrive parfois qu’une couche de
pollen se forme à la surface.

Le plus souvent, il est peu rentable d’exploiter les vieux rayons de cou leur sombre dans un
centre de traitement. L’extraction et le conditionnement du miel issu de ces rayons génèrent de
25 % à 50 % de pertes et la quantité de cire récupérable est limitée. Par contre, la production de
miel à partir de rayons blancs devrait normalement entraîner un pourcentage de pertes inférieur à
10 %, et permettre l’obtention d’une quantité de cire de bonne qualité.

Le miel doit être épais et lourd plutôt que trop liquide. Un transformateur chevronné sait
reconnaître un miel dont la teneur en eau est suffisamment basse. Cette valeur est mesurée à
l’aide d’un hydromètre à miel, instrument relativement peu onéreux, ou d’un réfractomètre,
facile à utiliser mais plus cher à l’achat. Pour éviter tout risque de fermentation, le miel doit avoir
une teneur en eau inférieure ou égale à 17,4 % (Smith, 2003).

Si le miel est manipulé correctement, son goût devrait être agréable. Toutefois, certains miels ont
une saveur rebutante : le miel produit à partir de plants de Sisal, par exemple, est déplaisant,
même s’il peut être amélioré lorsque la plantation contient d’autres fleurs. Le miel d’euphorbes
est très foncé et amer. Le miel d’anacardier est généralement foncé, fort et presque huileux. Les
miels à saveur prononcée ne sont pas toujours appréciés de tous, mais s’ils sont vendus sous des
appellations telles que « miel d’euphorbes » ou « miel extra-amer », et commercialisés en tant
que miel exotique provenant de ces espèces, ils devraient pouvoir trouver un marché spécialisé.
Une bonne information fera vendre un bon miel à un prix rémunérateur pour le producteur ; c’est
aussi l’objet du « commerce équitable ».

Dans une installation simple mais bien organisée, une personne devrait pouvoir extraire et
conditionner une tonne de miel par mois. Le contrôle de la qualité est essentiel : il faut accorder
une attention toute particulière à la pureté, à la teneur en eau et au goût du miel. Les insectes
ravageurs, et notamment les fourmis, ne poseront pas de problème si les locaux sont maintenus
dans un parfait état de propreté. Un vaporisateur insecticide domestique peut être employé avec
modération, du moment que le produit n’entre pas en contact avec le miel.

Séparation du miel des rayons

La procédure d’extraction du miel est la même que dans le cas de la transformation à petite
échelle. Cette tâche est celle qui prend le plus de temps, et si le transformateur utilise du miel
provenant d’autres apiculteurs, ceux-ci devraient se charger eux-mêmes de procéder à
l’extraction du miel chez eux. Il est important de traiter séparément le miel élaboré dans les
rayons blancs et celui issu des vieux rayons sombres contenant du pollen. Le transformateur peut
éventuellement accepter de ne traiter que le miel de meilleure qualité, provenant des rayons
blancs. Les apiculteurs gardent alors le miel issu des rayons sombres pour leur consommation
personnelle ou pour l’écouler en tant que miel de qualité inférieure, par exemple pour
l’élaboration de la bière de miel.

Filtration et conditionnement

Une fois le miel extrait des fragments de rayons, il est nécessaire de le filtrer. Un des meilleurs
filtres disponibles dans le commerce est le filtre à miel OAC, de conception canadienne. Le miel
filtré coule dans le décanteur et y repose pendant deux à trois jours, le temps que les bulles d’air
remontent. Le miel obtenu est ainsi plus limpide et dépourvu de résidus en surface.
Une fois la décantation terminée, le miel est prêt à être embouteillé. Les bocaux doivent être
parfaitement propres et secs avant d’être remplis. Pour finir, le bocal est fermé avec un couvercle
hermétique et reçoit une étiquette mentionnant la marque, le nom du transformateur ou de
l’apiculteur et son adresse ainsi que le poids et la description du miel.

Le transformateur préfère parfois vendre son miel en gros à d’autres personnes chargées du
conditionnement de détail. Ce peut être le cas dans des régions isolées où le matériel de
conditionnement est difficile à obtenir. Le miel est alors conditionné dans des fûts en acier laqué,
en acier plastifié ou entièrement en plastique alimentaire. L’intérieur des conteneurs métalliques
peut être enduit d’une couche de cire d’abeille chaude, pour éviter que le miel n’entre en contact
avec le métal.

Le miel peut également être stocké avant sa mise en bouteilles. Il se garde indéfiniment dans un
récipient hermétique d’un matériau adéquat, mais il est susceptible de cristalliser, ce qui exige
alors sa reliquéfaction avant embouteillage. Comme le miel absorbe l’humidité de l’air, il doit
être gardé dans un endroit sec. Le conteneur de stockage doit être vérifié régulièrement, pour
s’assurer que les fourmis et autres insectes ne s’y fraient pas un passage.

Pour le traitement de grandes quantités, le processus peut être accéléré en chauffant modérément
le miel. Tiède, le miel coule plus rapidement, se filtre mieux et s’embouteille plus facilement.
Toutefois, il faut éviter que sa température dépasse 35 °C, faute de quoi il pourrait s’assombrir et
perdre de sa qualité et de sa saveur.

La commercialisation du miel

Les possibilités ne manquent pas d’écouler localement le miel des petits producteurs, mais le
type de miel proposé et son prix de vente doivent correspondre à la demande. Les apiculteurs qui
souhaitent commercialiser eux-mêmes leur production doivent donc réaliser une rapide étude de
marché. Par exemple, les habitants des environs sont-ils prêts à payer un bon prix pour un miel
propre et limpide, de bonne saveur, présenté dans un conditionnement de qualité ? Préféreraient-
ils plutôt un miel de qualité moindre à un prix plus modique ? Quels sont les types de miel déjà
disponibles sur le marché ? Si tous les miels proposés sont de qualité moyenne, il existe peut-être
un marché potentiel pour un produit de qualité supérieure.
L’état du marché permet en outre de décider où et sous quelle forme le miel devra être vendu. Si
la demande locale est suffisante, il peut être possible de vendre le miel directement à la ferme en
faisant confiance au bouche à oreille pour trouver sa clientèle. Une autre option est de tenir soi-
même un stand sur les marchés ou au bord d’une route pour y proposer sa production.
Cependant, on a souvent intérêt à confier la commercialisation du miel à un intermédiaire –
vendeur sur les marchés, épicerie, ou supermarché. L’apiculteur obtient un meilleur prix en
vendant directement son miel au consommateur, mais cette option n’est pas toujours facile à
mettre en œuvre lorsque de grandes quantités de miel sont produites. En outre, les points de
vente déjà bien établis drainent une clientèle plus large et ont plus d’influence sur le marché
qu’un producteur isolé. Lorsque l’apiculteur commercialise son miel par le biais d’un
intermédiaire, il doit toujours être disposé à reprendre son produit en cas de problème. Une telle
garantie permet d’asseoir une bonne relation de travail et de fidéliser la clientèle. Par exemple, si
le miel cristallise parce qu’il est resté trop longtemps dans le magasin, le producteur doit le
reprendre et y substituer du miel liquide. Le miel cristallisé peut alors être reliquéfié avec les
précautions déjà évoquées.

Les marchés urbains sont des points de vente intéressants mais ne sont pas toujours accessibles
aux petits producteurs. Les établissements hôteliers s’avèrent aussi souvent des clients réguliers
qui, dans certains cas, choisissent d’acheter en gros pour décanter le miel dans leurs propres
cuves, ou parfois préfèrent un conditionnement attrayant, en petits volumes, qui puisse être
présenté sur les tables de leurs hôtes. Les vacanciers et touristes achètent souvent du miel des
diverses localités où ils séjournent pour le ramener chez eux.

Le miel est généralement conditionné en bocaux de verre. Le matériau le plus répandu est le
verre non teinté, qui permet aux consommateurs d’apprécier l’aspect du miel qu’ils achètent,
bien que le verre coloré et le fer blanc laqué puissent également être utilisés. Les pots en
plastique conviennent à condition d’être équipés d’un couvercle bien hermétique. Comme
nombre de personnes ne peuvent se permettre d’acheter du miel en gros volume, les petits
conditionnements (500 g et moins) sont les plus recherchés.

Un conditionnement de qualité et une présentation recherchée per mettent au producteur de


demander un prix plus élevé pour son miel. Tous les bocaux doivent avoir une étiquette précisant
le poids net du miel, les coordonnées de l’apiculteur, et éventuellement un logo ou une marque («
AB » par exemple pour un produit biologique certifié).

Une étiquette séduisante donne confiance au consommateur qui ne connaît pas encore le produit
et aide le client satisfait à retrouver le même miel

Organismes de commercialisation

Les transformateurs trouvent parfois avantageux de rejoindre, ou de constituer, une structure de


taille supérieure pour commercialiser leur miel. Un organisme de grande dimension a plus de
ressources financières et un meilleur accès au crédit. Il peut acheter le matériel de
conditionnement en gros à un prix inférieur, et il se trouve dans une position plus forte pour
négocier les contrats de vente et les canaux de distribution.

Les coopératives, au sein desquelles plusieurs apiculteurs se regroupent pour transformer et


commercialiser leur production en commun, sont un moyen d’accroître les rendements, de
réaliser des économies d’échelle et de générer un peu plus de bénéfices. Toutefois, ces structures
sont difficiles à faire fonctionner. Il est essentiel de s’assurer d’entrée que tous les membres
partagent les mêmes objectifs et les mêmes idéaux.

La cire d’abeille

La cire est sécrétée par quatre paires de glandes cirières se trouvant sur la face ventrale de
l’abdomen des ouvrières. Elle apparaît sous la forme de minuscules écailles que l’abeille
mâchonne avant de l’utiliser pour modeler les rayons. La cire neuve est blanche, mais fonce en
se mélangeant au pollen. Lorsque les rayons accueillent du couvain, elle prend une teinte de plus
en plus foncée à chaque génération élevée, car les abeilles qui émergent laissent un fin cocon
dans leur cellule. La cire obtenue de ces rayons de couleur sombre est plus difficile à extraire et à
travailler que la cire neuve parce qu’elle contient ces fragments de cocon ainsi que d’autres
impuretés.

Utilisations

La cire est un produit rémunérateur qui est plus facile à transporter que le miel et de valeur
souvent supérieure. Ses utilisations industrielles concernent essentiellement la fabrication de
produits cosmétiques et pharmaceutiques, mais la cire a beaucoup d’autres débouchés mineurs.
Ainsi, les cordonniers cirent leur fil à coudre pour le rendre plus glissant et certains artisans
emploient de la cire pour façonner des moules servant à la fabrication d’articles en métal. Par
ailleurs, les bougies en cire d’abeille sont considérées meilleures que celles en paraffine, plus
répandues et moins chères, parce qu’elles brûlent longtemps et produisent une lumière vive.

Extraction et purification

La cire peut être extraite par petites quantités ou entreposée en vue d’un traitement en gros, et ce,
jusqu’à une tonne de rayon par session. Un récipient de 20 l rempli de rayons blancs permet
normalement d’obtenir presque 20 kg de miel et 2 kg de cire. En revanche, dans le cas de vieux
rayons sombres, ces rendements peuvent descendre à 10 kg de miel seulement et moins de 0,5 kg
de cire. Ces types de rayons donnent peu de cire parce qu’ils sont constitués en bonne partie de
pollen et de débris de cocon, qui forment le marc de cire.

La cire est facile à traiter. Elle est tout d’abord introduite dans un grand récipient contenant au
moins le même volume d’eau et chauffée à une température juste en dessous du point
d’ébullition. Certains métaux (tels que le cuivre, le fer et le zinc) sont susceptibles d’altérer la
couleur de la cire et sont donc à éviter. L’acier inoxydable est idéal, mais onéreux et souvent
difficile à trouver. Beaucoup d’apiculteurs se servent de bassines en aluminium ou en fer émaillé.
La cire craint l’excès de chaleur et ne doit jamais être chauffée sans eau.
Lorsque le mélange de cire et d’eau atteint la température recherchée, une certaine quantité est
versée dans un sac en tissu au-dessus d’un deuxième récipient. À l’aide de deux bâtons, le sac est
alors tordu pour forcer le liquide à passer au travers de la toile. Le résidu restant dans le sac est
jeté et l’opération est répétée jusqu’à ce que toute la cire soit filtrée. En refroidissant, le mélange
de cire et d’eau se sépare et la cire se solidifie en surface. On jette alors l’eau et on garde la cire.
La cire ainsi filtrée doit à nouveau être fondue dans un récipient avec un peu d’eau et réchauffée
sans atteindre l’ébullition. Une fois la cire fondue, le récipient est retiré du feu, couvert pour le
préserver de la poussière et laissé à refroidir lentement. La cire fondue se solidifie en formant
une galette à la surface de l’eau. Le lendemain, cette galette est retirée du récipient et nettoyée
des impuretés qui adhèrent à sa face inférieure en la grattant avec un couteau. La cire est alors
prête à être vendue.

Cérificateurs solaires

Dans les régions bénéficiant d’un ensoleillement généreux, le cérificateur solaire est un moyen
efficace de récupérer des quantités modestes de cire à partir de rayons neufs. La chaleur et la
lumière du soleil font fondre la cire en l’éclaircissant, et l’on obtient un produit agréable à l’œil,
de couleur presque blanche. Ce dispositif ne permet toutefois d’extraire que très peu de cire des
vieux rayons. Le cérificateur solaire est une boîte munie d’un couvercle en verre. Les rayons à
fondre sont placés à l’intérieur, sur un plateau incliné, et retenus derrière une grille. En fondant,
la cire s’écoule sur le plateau et dans un récipient posé sous le point de déversement. Les petites
quantités de cire extraites de cette manière peuvent ensuite être refondues avec d’autres pour
constituer des galettes de cire.
Commercialisation

La cire d’abeille est un bon produit de rapport car elle se conserve indéfiniment et sa valeur au
kilogramme est relativement élevée. La cire est facile à écouler dans les régions où la filière
commerciale existe déjà. Des possibilités de vente à l’international existent. La difficulté est que
les exportateurs ne sont généralement pas intéressés par l’achat de petites quantités provenant
d’apiculteurs isolés. En l’absence de filière active, il est probablement plus profitable pour le
producteur de transformer sa cire en produits finis commercialisables sur place, des bougies par
exemple.
Les autres produits de la ruche

Pollen

Les abeilles récoltent le pollen sur les anthères des fleurs et le ramènent à la ruche sous forme de
petites pelotes accrochées à leurs pattes. Les apiculteurs le récupèrent en installant une trappe à
pollen, un simple grillage métallique à travers lequel les butineuses doivent passer pour pénétrer
dans la ruche et qui décroche et fait tomber les pelotes de pollen dans un plateau au-dessous. La
plupart des trappes à pollen ne conviennent qu’aux modèles dont le plancher est indépendant du
corps de ruche.

Le pollen est riche en protéines. Son potentiel commercial est considérable et encore largement
inexploité. Le plus souvent, les apiculteurs qui le récoltent le réservent pour leur propre
consommation ou le vendent comme complément alimentaire par l’intermédiaire de filières
spécialisées en alimentation diététique et naturelle. Le pollen pourrait être un complément
nutritif intéressant dans les régions où le régime alimentaire habituel est pauvre en protéines.

Propolis

La propolis est un exsudat végétal que les abeilles récoltent surtout sur les arbres et les arbustes.
Les abeilles utilisent cette substance gommeuse pour obturer toutes les fissures à l’intérieur de la
ruche et pour diminuer la taille de l’entrée. Les larves de fausses teignes ainsi que d’autres
prédateurs sont parfois retrouvés embaumés dans de la propolis lorsqu’elles n’ont pas pu être
transportées à l’extérieur. La propolis peut servir à boucher de petits trous dans les citernes, les
seaux et les toitures en tôle.

Beaucoup de choses ont été dites au sujet des vertus médicinales de la propolis, dont certaines
sont exagérées. Cette substance est connue pour ses propriétés antibiotiques et pourrait être utile
pour le traite ment des plaies. Mâcher de la propolis serait en outre efficace pour lutter contre les
maux de dent.

Gelée royale

La gelée royale est une sécrétion glandulaire des abeilles qui leur sert à nourrir leurs larves. Les
larves d’ouvrière en consomment pendant trois jours avant de passer à un régime de miel et de
pollen, tandis que les larves de reine sont uniquement nourries de gelée royale. Celle-ci peut être
récoltée dans les cellules royales des ruches, mais l’opération est délicate. En outre, elle doit être
conservée à basse température en permanence. Elle est utilisée dans la fabrication de produits de
beauté haut de gamme ou vendue comme complément alimentaire. Comme elle n’est
généralement disponible qu’en petites quantités, la gelée royale ne peut pas vraiment être
considérée comme une denrée alimentaire de valeur. Il reste que certaines personnes sont prêtes
à payer un prix élevé pour de la gelée royale pure ou mélangée à du miel.

Venin d’abeille

Le venin d’abeille peut être récolté en incitant les abeilles à piquer une mince membrane de latex
tendue sur un cadre en bois. Cette membrane est parcourue par de fins fils électriques qui
exaspèrent les abeilles et les poussent à piquer. Une fois sec, le venin apparaît sous la forme de
minuscules paillettes qui sont récoltées au revers de la membrane. Le venin est utilisé à des fins
médicales, pour immuniser des personnes ayant développé une allergie aux piqûres d’abeille ou
pour traiter des arthrites et autres pathologies similaires. La récolte et la commercialisation du
venin reste toutefois un travail très spécialisé qui ne doit être entrepris que par des apiculteurs
formés en ce sens et ayant accès aux marchés adéquats.

Vous aimerez peut-être aussi