Chapitre n°9 : Nombres complexes, première partie
Dans l’ensemble du chapitre, le plan sera muni d’un repère orthonormé direct (0 ; u ; v ).
−
→ −
→
A- Rappels sur les nombres complexes
1. Forme algébrique
Définition
Soient a et b deux nombres réels et z le nombre complexe défini par z = a + ib.
• Le nombre a s’appelle la partie réelle de z,
• le nombre b s’appelle la partie imaginaire de z.
Notation
La partie réelle de z est notée Re(z), sa partie imaginaire est notée Im(z).
Définition
Soient a et b deux nombres réels, soit z le nombre complexe de partie réelle a et de partie
imaginaire b.
La forme algébrique de z est l’écriture : z = a + ib
Remarque
Soient a et b deux nombres réels, z le nombre complexe défini par z = a + ib.
• Si a = 0, alors z est un nombre réel.
• Si b = 0, alors z est un nombre imaginaire pur.
Exemples
• Soit z1 = 10i − 2, alors Re(z) = −2 et Im(z) = 10.
• Soit z2 = −8i, alors Re(z) = 0 et Im(z) = −8. On dit que z2 est un nombre imaginaire
pur.
2. Conjugué d’un nombre complexe
Définition
Soient a et b deux nombres réels, z le nombre complexe défini par z = a + ib.
On appelle nombre complexe conjugué de z le nombre a − ib.
Notation
On note z = a − ib.
Propriété
Soit z et z ′ deux nombres complexes.
z z
1. z + z′ =z+ z′ 2. z × z′ =z× z′ 3. = si z ′ ̸= 0
z′ z′
1
Propriété
Soient a et b deux nombres réels, z le nombre complexe défini par z = a + ib.
Alors zz = a2 + b2
Exemples
2i + 5
Soit z1 = (4 + i)(1 − 3i) et z2 = . Alors :
4 + 3i
2i + 5
z2 =
4 + 3i
(2i + 5)
=
(4 + 3i)
z1 = (4 + i)(1 − 3i) −2i + 5
=
= (4 + i) × (1 − 3i) 4 − 3i
= (4 − i)(1 + 3i) (−2i + 5)(4 + 3i)
=
(4 − 3i)(4 + 3i)
= 4 + 12i − i + 3
−8i + 6 + 20 + 15i
= 7 + 11i =
42 + 32
26 + 7i
=
25
26 7
= + i
25 25
Méthode Résoudre une équation dans C
Résolvez les équations suivantes dans C :
1. 5z − 1 = 2i − z
2. 6z + 5 = −1 − 3z
3. z 2 + 7 = 0
Solution
On pose z = a + ib :
6z + 5 = −1 − 3z
5z − 1 = 2i − z
⇐⇒ 6(a − ib) = −1 − 3(a + ib)
⇐⇒ 5z + z = 2i + 1
⇐⇒ 6a − 6ib = −1 − 3a − 3ib z2 + 7 = 0
⇐⇒ 6z = 2i + 1
⇐⇒ 9a + 1 − 3ib = 0 ⇐⇒ z 2 = −7
2i + 1
⇐⇒ z =
6 ⇐⇒ z 2 = 7i2
2i i √ √
⇐⇒ z = + Donc 9a + 1 = 0 et −3b = 0. ⇐⇒ z = i 5 ou z = −i 5
6 6 1
1 1 Soit a = − et b = 0.
⇐⇒ z = + i 9
3 6 1
D’où z = − .
9
2
3. Affixe d’un point ou d’un vecteur
Définition
Soient a et b deux nombres réels, z le nombre complexe
! défini par z = a + ib, M le point de
a
coordonnées (x; y) et w le vecteur de coordonnées .
−
→
b
• On appelle affixe du point M le nombre complexe z. On dit que M est l’image du nombre
complexe z.
• On appelle affixe du vecteur w le nombre complexe z. Le vecteur w est appelé vecteur
−
→ −
→
image du nombre complexe z.
Exemple
Le nombre complexe z = 3 + 2i est affixe du point M de coordonnées (3; 2) et du vecteur w de
−
→
3
!
coordonnées .
2
4. Module d’un nombre complexe
Définition
Soient a et b deux nombres réels, z le nombre complexe défini par z = a + ib.
On appelle module de z la distance entre le point
√ O et le point M .
Le module de z est un nombre réel positif égal à a2 + b2 .
Notation
√
On note |z| = a2 + b 2 .
Propriété
Soit z et z ′ deux nombres complexes.
z |z|
1. |zz ′ | = |z||z ′ | 2. ′
= ′ si z ′ ̸= 0 3. |z 2 | = |z|2
z |z |
3
Exemples
5i |5i|
=
(i − 3) 2 |(i − 3)2 |
5
=
q
| − 4 + 3i| = (−4)2 + 32 |i − 3|2
√
= 16 + 9 5
√ = q 2
= 25 1 + (−3)2
=5 5
=
10
1
=
2
5. Argument d’un nombre complexe
Définition
Soit un point M d’affixe z non nul. −−−−→
On appelle argument de z une mesure, en radians, de l’angle orienté (u ; OM ).
−
→
Notation
On note arg(z) un argument de z.
6. Forme trigonométrique d’un nombre complexe
Définition
Soit θ un nombre réel et r un nombre strictement positif.
Soit z le nombre complexe de module r et d’argument θ.
Une forme trigonométrique de z est z = r(cos θ + i sin θ) .
4
Exemple
√
On considère le nombre complexe
√ z =√ 3 + i.
Le module de z est |z| =
√ 3 +!
2 12 = 4 = 2.
√ 3 1
Alors z = 3 + i = 2 + i
2 2 √
3 1
Un argument θ du nombre complexe z est tel que cos θ = et sin θ = .
√ 2 2
π 3 π 1
Or cos = et sin = .
6 2 6 2
π
Donc l’argument θ = convient.
6
π π
La forme trigonométrique de z est z = 2 cos + i sin .
6 6
B- Forme exponentielle d’un nombre complexe
1. Définition
Définition
Pour tout nombre réel θ, on pose : eiθ = cos θ + i sin θ .
Exemples
• ei0 = cos(0) + i sin(0) = 1 + i × 0 = 1
π π
i π2
• e = cos + i sin =0+i×1=i
2 2
Remarque
eiθ est le nombre complexe de module 1 et d’argument θ.
Propriété Identité d’Euler
eiπ = −1
Démonstration
eiπ = cos(π) + isin(π) = −1 + i × 0 = −1.
5
Définition
On appelle forme exponentielle d’un nombre complexe non nul z de module r et d’argument
θ l’écriture : z = eiθ
Méthode Passer de la forme algébrique à la forme exponentielle et réciproquement
1. Écrivez les nombres complexes suivants sous la forme exponentielle :
√
(a) z1 = 2i (b) z2 = − 3 + 3i
2. Écrivez les nombres complexes suivants sous la forme algébrique :
π π
(a) z3 = ei 6 (b) z2 = 5ei 4
Solution
√
1. (a) |z1 | = 22 = 2.
Pour déterminer un argument de z1 , on utilise le cercle trigonométrique. On place le
π
point M d’affixe z1 et on lit graphiquement qu’un argument de z1 est − .
2
i π2
Alors onq √
a : z 1 = 2e
√ √ √
(b) |z2 | = (− 3)2 + 32 = 3 + 9 = 12 = 2 3.
Il n’est pas évident de déterminer graphiquement un argument de z2 . Il faut donc
z2
calculer :
|z
√2 | √ √
z2 − 3 + 3i − 3 3i 1 3
= √ = √ + √ =− + i.
|z2 | 2 3 2 3 2 3 2 2
√
1 3
Un argument θ du nombre complexe z est tel que cos θ = − et sin θ = .
√ 2 2
2π 3 2π 1
Or sin = et cos =− .
3 2 3 2
2π
Donc l’argument θ = convient.
√ 3i 2π
Alors on a : z2 = 2 3e 3
√
π π 3 1
i π6
2. (a) z3 = e = cos + i sin = + i
6 6 2 2
√ √ √ √
i π4 π π
(b) z4 = 5e = 5 cos + i sin = 2( 2 + 2i) = 2 2 + 2 2i
4 4
6
2. Propriétés
Propriétés
Pour tous réels θ et θ′ :
1 eiθ
′
1. eiθ eiθ = ei(θ+θ )
′
2. iθ
= e−iθ 3. ′ = e
i(θ−θ′ )
4. eiθ = e−iθ
e e iθ
5. (eiθ )n = einθ
Méthode Appliquer les propriétés de l’exponentielle
√
1. Déterminez la forme exponentielle de z = 1 + i 3
2. Déduisez-en la forme exponentielle des nombres complexes suivants :
−2i
(a) iz (b) iz (c)
z
Solution
q √ √ √
1. |z| = 12 + ( 3)2 = 1 + 3 = 4 = 2
π
2. On place le point M d’affixe z et on lit graphiquement qu’un argument de z est .
π
3
Donc z = 2ei 3
π π π π π 5π
3. (a) iz = i × 2ei 3 = 2ei 2 ei 3 = 2ei( 2 + 3 ) = 2ei 6
π π π π π π
(b) iz = i × 2e−i 3 = 2ei 2 e−i 3 = 2ei( 2 − 3 ) = 2ei 6
π
−2i 2 × (−i) e− 2 π π 5π
(c) = π = i π = ei(− 2 − 3 ) = e−i 6
z 2e 3
i
e3