Notes Cours Maelle
Notes Cours Maelle
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MA202N – Notes de cours 2 / 58
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1
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Plan du chapitre
1 Préliminaires . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 5
1.1 But . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 5
1.2 Notations o(x) . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 5
2 Développements limités et formules de Taylor . . . . . . . . . . . . . . . 6
2.1 Généralités . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 6
2.1.1 Unicité, parité . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 7
2.2 Formule de Taylor avec reste intégral . . . . . . . . . . . . . . . . 7
2.3 Formule de Taylor Lagrange . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 8
2.4 Formule de Taylor Young . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 8
2.5 Exemples et DL usuels . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 9
3 Opérations sur les développements limités . . . . . . . . . . . . . . . . . 10
3.1 Manipulation des petits o . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 10
3.2 Corollaires : opérations sur les DL . . . . . . . . . . . . . . . . . 11
3.2.1 Somme . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 11
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3.2.2 Produit . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 12
3.2.3 Composition . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 12
3.2.4 Inverse . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 13
3.2.5 Intégration . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 13
3.3 Illustration : le DL de tangente . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 14
3.3.1 Quotient de DL : inverse puis produit . . . . . . . . . . 14
3.3.2 Avec des formules de trigo pour l’angle double . . . . . 14
3.3.3 Avec la formule liant tan2 et cos2 . . . . . . . . . . . . 15
3.3.4 Avec la formule pour la dérivée impliquant cos . . . . . 16
3.3.5 Avec la formule de la dérivée impliquant tan2 . . . . . . 16
3.3.6 Avec la dérivée de ln de cos . . . . . . . . . . . . . . . 17
3.3.7 Avec la réciproque arctan(x) . . . . . . . . . . . . . . . 17
4 Utilisation des développements limités . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 18
4.1 Calcul de certaines limites . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 18
4.2 Etude locale d’une courbe . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 19
4.3 Recherche d’asymptote . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 20
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1 – Préliminaires
1.1 But
L’intérêt des formules de Taylor (parfois abrégées FT) et des développements limités
(DL) est multiple. Le principe consiste à approcher des fonctions “compliquées” par des
polynômes, en écrivant
f (x) = P (x) + erreur.
Cela permet par exemple de :
— simplifier certains calculs
— trouver des limites, lever des formes indéterminées
— connaitre le comportement local de certaines fonctions
— etc.
Remarque. Avec les mêmes notations, on suppose que la fonction g ne s’annule pas pour
x 6= x0 . Alors f est négligeable devant g au voisinage de x0 si et seulement si le quotient
f /g tend vers 0 :
f (x)
lim =0
x→x0 g(x)
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2.1 Généralités
Définition. Soient I un intervalle ouvert, a un point de I et n un entier. On dit que f
admet un développement limité d’ordre n en a lorsqu’il existe un polynôme Pn de degré
au plus n tel que le reste f (x) − Pn (x) soit négligeable devant (x − a)n .
Remarque. On peut noter que l’équation de la tangente en a, bien connue depuis le lycée,
est justement le développement limité à l’ordre 1. Dans ce cas on a même une expression
plus précise des coefficients b0 et b1 :
On verra que les formules de Taylor et les développements limités permettent de généraliser
cette formule aux ordres supérieurs.
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Alors Pn = Qn .
Proposition. Grâce aux formules de Taylor qui suivent, on démontre que si f est de
classe C n (n fois dérivable, et dérivée n-ème continue) au voisinage de x0 , alors f admet
un développement limité (DL) à l’ordre n.
Grâce à l’unicité du DL, on peut montrer le résultat suivant :
Proposition. Soit f une fonction admettant un DL en zéro. On a les résultats suivants :
— Si f est paire, alors son développement limité ne comporte que les termes de degré
pair :
f (x) = b0 + b2 x2 + b4 x4 . . . + b2n x2n + o x2n
— Si f est impaire, alors son développement limité ne comporte que les termes de degré
impair :
f (x) = b1 x + b3 x3 + b5 x5 . . . + b2n+1 x2n+1 + o x2n+1
Démonstration. La preuve est laissée en exercice. Elle repose sur les définitions de la
parité (f (−x) = f (x)) et de l’imparité (f (−x) = −f (x)), combinées avec l’unicité du
développement limité.
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(x − t)n−1 (x − t)n
u0 (t) = , u(x) = −
(n − 1)! n!
(si cette indication ne suffit pas, la démonstration complète est donnée dans la vidéo).
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x x2 xn
exp(x) = 1 + + + ··· + + o(xn ) .
1! 2! n!
x3 x5 (−1)n x2n+1
sin(x) = x − + + ··· + + o(x2n+1 ) .
3! 5! (2n + 1)!
x2 x4 (−1)n x2n
cos(x) = 1 − + + ··· + + o(x2n ) .
2! 4! (2n)!
α(α − 1) 2 α(α − 1) · · · (α − n + 1) n
(1 + x)α = 1 + α x + x + ··· + x + o(xn ) .
2! n!
1
= 1 − x + x2 − · · · + (−1)n xn + o(xn ) .
1+x
1
= 1 + x + x2 + · · · + xn + o(xn ) .
1−x
Les démonstrations seront traitées en exercice, et peuvent être trouvées en vidéo dans la
playlist de ce chapitre : http: // bit. ly/ taylor-dl .
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m
1. Si n < m alors xxn = xm−n avec m − n > donc ça tend vers 0 en zéro, ce qui donne
bien xm = o(xn ).
2. Soient f et g deux fonctions quelconques telles que f = o(xn ) et g = o(xm ) avec
n ≤ m. Alors on sait que xfn → 0 et xgm → 0. Pour montrer le résultat, on calcule
la limite de (f + g)(x) divisé par xn :
3.2.1 Somme
Proposition. Alors f + g admet un DL à l’ordre min(n, m) obtenu en ajoutant les DL
de f et de g.
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3.2.2 Produit
Proposition. Alors f g admet un DL à l’ordre au moins min(n, m).
Remarque. L’ordre peut parfois être supérieur à ce minimum, lorsque les premiers
termes des DL sont nuls (voir les exemples). Pour trouver quel est l’ordre, il est re-
commandé de faire le produit au brouillon et de repérer quel sera le petit o qui va rester
(cf vidéo).
Exemples [video]. https: // youtu. be/ 1McGiI9HyPA
1. f (x) = 1+2x−x3 +o(x3 ), g(x) = 2−3x+x2 +o(x2 ), alors (f g)(x) = 2+x−5x2 +o(x2 )
2. f (x) = x + 2x2 − x3 + o(x3 ), g(x) = 2 − 3x + x2 + o(x2 ), alors (f g)(x) = 2x + x2 −
7x3 + o(x3 )
3.2.3 Composition
Proposition. Si f admet un DL à l’ordre n en x0 , si le terme constant de ce DL vaut a0
et si g admet un DL à l’ordre n en a0 , alors g ◦ f admet un DL à l’ordre n en x0 obtenu
en développant la composée des DL de f et g.
Exemples [video].
1. https: // youtu. be/ TrtKrXdFF_ I
DL de exp(sin(x)) à l’ordre 4 en 0 : g(x) = exp(x), f (x) = sin(x). Alors sin(x) =
x − x3 /6 + o(x4 ), de terme constant 0. ensuite :
exp(X) = 1 + X + X 2 /2 + X 3 /6 + X 4 /24 + o(X 4 )
on remplace X par
X = x − x3 /6 + o(x4 )
pour obtenir
exp(sin(x)) = 1 + (x − x3 /6 + o(x4 )) + (x − x3 /6 + o(x4 ))2
+(x − x3 /6 + o(x4 ))3 /6 + (x − x3 /6 + o(x4 ))4 /24 + o(x4 )
on développe en ne gardant que les termes d’ordre inférieur ou égal à 4 et on obtient
exp(sin(x)) = 1 + x + x2 /2 − x4 /8 + o(x4 )
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On peut remarquer ici que comme le premier terme qui reste du cosinus dans X
est en x2 , quand on met ça à la puissance 3 ça fera x6 et ça dépasse l’ordre 4, on
peut donc s’arrêter à la puissance 2 dans le DL d’exponentielle. On continue donc
le calcul :
exp(cos(x)) = exp(1)(1 + −x2 /2 + x4 /24 + o(x4 ) + x4 /8)
on trouve finalement
exp(cos(x)) = exp(1)(1 − x2 /2 + x4 /6 + o(x4 )) = e − x2 e/2 + x4 e/6 + o(x4 )
3.2.4 Inverse
C’est un cas particulier de composition, en utilisant la fonction inverse à la place de
la fonction g(x).
Proposition. On suppose que f (x0 ) = 6 0. Alors f1 admet un DL en x0 à l’ordre n. La
partie régulière du DL (le polynôme) peut s’obtenir par composition grâce au DL de la
1
fonction 1+u .
Exemple [video]. https: // youtu. be/ l9yWM7AurgM
1
DL à l’ordre 4 en 0 de cos(x) .
cos(x) = 1 − x2 /2 + x4 /24 + o(x4 )
1
Dans la suite on posera u = −x2 /2 + x4 /24 + o(x4 ) et on utilise le DL de 1+u
:
1
= 1 − u + u2 − u3 + u4 + o(u4 )
1+u
Comme précédemment, on voit que u3 ne contient que des termes de degré strictement
plus grand que 4, donc on peut s’arrêter à u2 dans le DL. Finalement on obtient
1
= 1 − (−x2 /2 + x4 /24 + o(x4 )) + (−x2 /2 + x4 /24 + o(x4 ))2
cos(x)
= 1 + x2 /2 − x4 /24 + x4 /4 + o(x4 )
= 1 + x2 /2 + 5x4 /24 + o(x4 )
3.2.5 Intégration
Proposition. Si f est continue et admet un DL au voisinage de x0 à l’ordre n et si F
est une primitive de f , alors F admet un DL en x0 à l’ordre n + 1, obtenu en intégrant
celui de f .
Remarque. Ce résultat nécessite une propriété supplémentaire des petits o, à savoir que
l’intégration d’un petit o donne un petit o de degré un de plus. On admettra ce résultat
ici.
Exemple [video]. https: // youtu. be/ 1bsN9CTvJ0Y Cet exemple fait partie des DL
à savoir par coeur :
x2 x3 xn+1
ln(1 + x) = x − + + . . . + (−1)n + o(xn+1 )
2 3 n+1
obtenu en intégrant entre 0 et x le DL de sa dérivée :
1
= 1 − t + t2 − t3 + . . . + (−1)n tn + o(tn )
1+t
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En faisant le quotient on voit qu’on peut simplifier par x en haut et en bas. Par contre,
attention, quand on fait cela ça simplifie aussi un x dans le petit o qui devient donc o(x4 )
au lieu de o(x5 ) :
3
1 − cos(2x) 2x − 4x3 + o(x4 )
= 2 4 .
sin(2x) 2 − 4x3 + 4x15
+ o(x4 )
Pour que ça marche bien, il faut donc démarrer avec des DL à l’ordre 6 :
Pour ce cas là on se trouve face au même écueil qu’au précédent, à savoir qu’on perd 1
pour l’ordre, dans le cours des calculs. Il nous faut donc partir à l’ordre 6 au départ. On
indique ici simplement les étapes du calcul :
x2 x4 x6
cos(x) = 1 − + − + o(x6 ) ,
2 24 720
x4 2x6
cos2 (x) = 1 − x2 +
− + o(x6 ) ,
3 45
1 2 2x4 17x6
2
=1+x + + + o(x6 ) ,
cos (x) 3 45
1 2 2x4 17x6
−1 + 2
=x + + + o(x6 ) ,
cos (x) 3 45
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s r
1 2x4 17x6
−1 + = + x2 + + o(x6 )
cos2 (x) 3 45
s 2
2x 17x4 4
= x 1+ + + o(x )
3 45
x3 2x5
= x+ + + o(x5 ) .
3 15
√
Attention ici : la transformation x2 en x n’est pas automatique : on trouve normalement
|x|, mais il se trouve qu’ici ça marche aussi pour x < 0, car la fonction tan est impaire,
ce qui permet d’avoir cette formule.
On intègre le DL, en utilisant le fait que le terme constant est nul car tan(0) = 0 :
x3 2x5
tan(x) = x + + + o(x5 ) .
3 15
On peut voir ça comme une équation dont l’inconnue est le développement limité cherché
(ou plutôt ses coefficients). Comme la fonction tangente est impaire, on peut montrer que
les coefficients de degré pair sont nuls, donc le DL cherché est de la forme a x + b x3 +
c x5 + o(x5 ), où a, b et c sont des réels inconnus. On calcule d’abord le terme de droite :
2
1 + tan2 (x) = 1 + a x + b x3 + c x5 + o(x5 ) = 1 + a x2 + 2ab x4 + o(x4 ) .
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On identifie :
a = 1
3b = a
5c = 2ab .
x2 x4 x6
u=− + − + o(x6 )
2 24 720
de sorte que o(u3 ) = o(x6 ). Les calculs donnent :
2
x4 x6
x 6
ln(cos(x)) = ln 1 + − + − + o(x )
2 24 720
2 2 2 3
x4 x6
2
x4
x 1 x 1 x
= − + − − − + + − + o(x6 )
2 24 720 2 2 24 3 2
x2 x4 x6
= − − − + o(x6 ) .
2 12 45
L’opposé de la dérivée donne bien :
x3 2x5
tan(x) = x + + + o(x5 ) .
3 15
x3 x5
arctan(x) = x − + + o(x5 ) .
3 5
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On peut déjà remarquer que a0 = f (x0 ) et que l’équation de la tangente est donnée par
le DL à l’ordre 1 : y = a0 + a1 (x − x0 ) (et on a bien sûr a1 = f 0 (x0 )).
On va voir que les termes suivants du DL permettent de nous renseigner sur la position
locale de la courbe par rapport à sa tangente. Pour cela on soustrait le DL de f et
l’équation de la tangente et on étudie le signe : s’il est positif, la courbe est au-dessus, s’il
est négatif elle est au-dessous. On va distinguer deux cas
Cas 2 : a2 = 0. Alors on n’a pas assez d’info pour conclure, car la soustraction
entre f et l’équation de la tangent donne simplement o((x − x0 )2 ) qui peut être positif ou
négatif. Il nous faut donc pousser le DL plus loin. On suppose donc qu’on peut écrire le
DL à l’ordre 3, avec a3 6= 0 :
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1. pour f : yf = 1 − 2x
2. pour g : yg = 2 − x
3. pour h : yh = 3 + x
4. pour j : yj = 4 + 2x
Ensuite on soustrait ça aux fonctions et on étudie le signe pour avoir la position par
rapport à la tangente en zéro :
1. f (x) − yy = 3x2 + o(x2 ), toujours positif, la courbe est au-dessus
2. g(x)−yg = −x3 +o(x3 ), négatif à droite de zéro : la courbe est au-dessous ; à gauche
de zéro c’est l’inverse, positif, donc la courbe est au-dessus
3. h(x) − yh = −x4 + o(x4 ), toujours négatif, la courbe est au-dessous de sa tangente
4. j(x) − yj = x5 + o(x5 ), change de signe, la courbe est au-dessus de la tangente à
droite de zéro et au-dessous à gauche.
√
r
3 3
1 − + 2 = 1 − 3h + 3h2
x x
A la fin on voudra un développement de f qui se termine avec o( x1 ), et comme on aura
une multiplication par le x qui est sorti de la racine, il nous faut un DL à l’ordre 2 en h.
On calcule :
√
1 − 3h + 3h2 = (1 − 3h + 3h2 )1/2 = (1 + u)1/2 , avec u = −3h + 3h2
On rappelle le DL de (1 + u)1/2 :
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On remplace :
√
1 − 3h + 3h2 = 1 + (1/2)(−3h + 3h2 ) − (1/8)(−3h + 3h2 )2 + o(h2 )
√
1 − 3h + 3h2 = 1 − (3/2)h + (3/2)h2 − (9/8)h2 + o(h2 ) = 1 − (3/2)h + (3/8)h2 + o(h2 )
On revient à f :
3 3 1 3 3 1
f (x) = x(1 − + 2 + o( 2 )) = x − + + o( )
2x 8x x 2 8x x
L’équation de l’asymptote est donc y = x − 3/2, et si on soustrait f et cette équation on
3
obtient 8x + o( x1 ) qui est toujours positif, donc f est au-dessus de son asymptote.
Autres types d’asymptotes. On pourra aussi rencontrer des cas où l’asymptote n’est
pas une droite mais une parabole, auquel cas le développement limité de f en l’infini sera
du type :
a3 1
f (x) = a0 x2 + a1 x + a2 + + o( )
x x
Dans ce cas, la parabole asymptote a pour équation y = a0 x2 + a1 x + a2 , et la position
relative avec la courbe est donné par le signe de a3 .
Vous êtes encouragé·es à faire le calcul par vous-même. Si nécessaire, la vidéo donne tous
les détails.
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2
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Plan du chapitre
1 Utilisation directe de primitives . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 23
2 Intégration par parties . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 23
3 Changement de variables . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 24
4 Intégrale d’une fonction rationnelle . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 25
4.1 Décomposition en éléments simples dans R . . . . . . . . . . . . 26
4.1.1 Premier cas : d(P ) < d(Q) . . . . . . . . . . . . . . . . 26
4.1.2 Deuxième cas : d(P ) ≥ d(Q) . . . . . . . . . . . . . . . 29
4.2 Intégration des éléments de 1è et 2è espèces . . . . . . . . . . . . 30
4.2.1 Première espèce . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 30
4.2.2 Deuxième espèce . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 30
4.3 Rappel des étapes pour le calcul de la primitive d’une fraction . . 32
4.4 Application aux fonctions rationnelles en sin et cos . . . . . . . . 33
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La toute première étape face à une intégrale est de regarder si l’on reconnait une
primitive, et dans ce cas de l’intégrer directement, avec la formule :
Z b
f (x) dx = F (b) − F (a)
a
On rappelle que si f est une fonction de classe C 1 , cela signifie que f est dérivable et
que sa dérivée f 0 est continue.
Remarque. Quand on est face à une intégration par parties et qu’on se demande quelle
fonction dériver, une astuce permet de mémoriser la marche à suivre, il s’agit de l’astuce
ALPES :
— A : arctan
— L : ln
— P : polynome
— E : exponentielle
— S : sinus/cosinus
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La stratégie consiste alors à observer la fonction que l’on a sous les yeux et à poser pour v
(la fonction qu’on va dériver) la première fonction présente en suivant l’ordre de la liste.
Autrement dit, s’il y a arctan, on pose v = arctan et u0 = le reste, s’il n’y en a pas on
regarde s’il y a un ln et dans ce cas on pose v = ln et u0 = le reste, s’il n’y en a pas on
regarde s’il y a un polynome, on pose v = le polynome, etc.
1 x4
u(x) = ln(x), u0 (x) = ; v 0 (x) = x3 + 1, v(x) = +x
x 4
On obtient donc :
Re 3 4 Re 4
1
(x + 1) ln(x) dx = [ln(x)( x4 + x)]e1 − 1 ( x4 + x) x1 dx
4 Re 3
= ( e4 + e) − 1 x4 + 1 dx
4 4
= ( e4 + e) − [ x16 + x]e1
4 e4 4
= ( e4 + e) − ( 16 1
+ e − 16 − 1) = 3e16
+ 17
16
3 – Changement de variables
Proposition. Soit f de classe C 0 sur [a, b] et ϕ de classe C 1 sur [α, β] et telle que
ϕ([α, β]) ⊂ [a, b]. Alors :
Z ϕ(β) Z β
f (x) dx = f (ϕ(t)) ϕ0 (t) dt
ϕ(α) α
Démonstration. Soit F une primitve de f sur [a, b]. Comme [a, b] contient ϕ([α, β]),
F ◦ ϕ est de classe C 1 sur [α, β] et on a la formule de dérivation
(F ◦ ϕ)0 = (F 0 ◦ ϕ) × ϕ0 = (f ◦ ϕ) × ϕ0
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MA202N – Notes de cours 25 / 58
Définition. On dit que f est une fonction rationnelle lorsque f est le quotient de deux
polynomes à coefficients réels (ou complexes).
On rappelle que la toute première méthode d’intégration consiste à essayer de recon-
naitre directement une formule de primitive, ou bien à deviner un changement de variable
(si ça marche c’est tjs beaucoup plus simple que la méthode générale pour les fractions...).
Exemple [video]. https: // youtu. be/ pUU-L1ccYZM
Z 1
2x + 1
2
dx = [ln |x2 + x + 2|]10 = ln 4 − ln 2 = ln 2
0 x + x + 2
u0
car on a reconnu la fraction u
(avec u = x2 + x + 2) qui s’intègre donc en ln |u|.
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MA202N – Notes de cours 26 / 58
où β ∈ N∗ , B, C, b, c ∈ R, b2 − 4c < 0
P
Pour une fraction f = Q
on a deux cas, selon que le degré de P est plus petit que
celui de Q ou pas.
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MA202N – Notes de cours 27 / 58
Pour trouver A1 , A2 , B et C on procède comme suit. On peut soit commencer par les Ai
soit par les B et C, c’est égal. Disons qu’ici on commence avec les Ai : on commence par
le morceau de degré le plus élevé (c’est toujours le plus efficace), c’est-à-dire A2 . Pour
trouver A2 , on multiplie toute l’égalité par son dénominateur, qui est (x − 2)2 :
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MA202N – Notes de cours 28 / 58
et là on peut remarquer que si on choisit x de manière à annuler le morceau par lequel
on vient de multiplier, à savoir x = 2 pour annuler (x − 2)2 , tout disparait presque sauf
le bout associé à g et A2 :
2+4 6
x=2 ⇒ = 0 + A2 + 0 ⇔ A2 = =1
(22 + 2) 6
Pour A1 on fait la même chose (sauf que cette fois on sait que A2 = 1), on multiplie par
(x − 2)2 , et cette fois on va dériver une fois avant d’évaluer l’égalité en x = 2 :
On simplifie d’abord :
x+4 (Bx + C)
2
= A1 (x − 2) + 1 + (x − 2)2
(x + 2) x2 + 2
22 + 2 − 2.2(2 + 4) 18 1
2 2
= A1 + 0 + 0 ⇔ A1 = − = −
(2 + 2) 36 2
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MA202N – Notes de cours 29 / 58
UVSQ
MA202N – Notes de cours 30 / 58
Et on trouve finalement
2x + 8 x+4
f (x) = x + 2 + =x+2+2 2 = x + 2 + 2g(x)
(x2 + 2)(x − 2)2 (x + 2)(x − 2)2
En utilisant ce que l’on a trouvé précédemment pour g(x), on calcule une primitive F de
f sur ]2, +∞[ :
x2 2 1
F (x) = + 2x − ln |x − 2| − + ln |x2 + 2|
2 x−2 2
Au0 Au−n+1
Z Z Z
A 0 −n A 1 A 1
n
= n
= Au u = = n−1
=
(x − a) u −n + 1 (1 − n) u (1 − n) (x − a)n−1
UVSQ
MA202N – Notes de cours 31 / 58
Intégration du premier morceau. Il est de la forme constante ×u0 /un car on a bien
pris soin de faire apparaite 2t + b qui est justement la dérivée de t2 + bt + c, on peut donc
intégrer en u−n+1 /(−n + 1) :
Z 0
u−n+1 (t2 + bt + c)−n+1
Z Z
2t + b u 0 −n
dt = = u u = =
(t2 + bt + c)n un −n + 1 −n + 1
ce qui se réécrit encore
(t2 + bt + c)−n+1
Z
2t + b 1 1
2 n
dt = =
(t + bt + c) −n + 1 (1 − n) (t + bt + c)n−1
2
Intégration du deuxième morceau. Il est de la forme constante fois 1/un où u est
un polynome de degre 2 irréductible dans R, il nous faut donc savoir intégrer
Z
1
dt
(t + bt + c)n
2
Il y a plusieurs étapes :
1. On commence par un changement de variable pour se ramener à l’intégrale suivante :
Z
1
du
(u + 1)n
2
q
4
pour lequel on fait le changement de variable u = 4c−b2
(t + 2b ), ce qui donne
finalement la primitive suivante à calculer
Z
1
(u + 1)n
2
Evidemment, ici il ne s’agit en aucun cas de retenir la formule par coeur, mais juste
de retenir le cheminement, la méthode !
UVSQ
MA202N – Notes de cours 32 / 58
UVSQ
MA202N – Notes de cours 33 / 58
P R
3. Grâce à la factorisation de Q, on en déduit la décomposition de Q
ou Q
avec la
proposition de la section 4.1.1.
4. On intègre chaque élément simple :
(a) On commence par vérifier s’il n’y a pas des primitives évidentes. On pensera
0
par exemple à tout ce qui ressemble à ff (qui s’intègre en ln(|f |)), ou à 1+x
1
2
P (cos x, sin x)
f (x) = dx
Q(cos x, sin x)
où P et Q sont des polynomes. Alors on a les règles suivantes pour décider du “bon”
changement de variable :
— si “f (x)dx” est invariant par le changement x 7→ −x, autrement dit si f (−x) =
−f (x), alors on posera t = cos x ;
— si “f (x)dx” est invariant par le changement x 7→ π − x, autrement dit si f (π − x) =
−f (x), alors on posera t = sin x ;
— si “f (x)dx” est invariant par le changement x 7→ π + x, autrement dit si f (π + x) =
f (x), alors on posera t = tan x ;
— sinon, on posera t = tan x2 .
Le tout dernier changement marche à tout les coups. En effet, si on pose t = tan x2 ,
alors on a :
1 − t2 2t 2t 2
cos(x) = , sin(x) = , tan(x) = , dx = dt
1 + t2 1 + t2 1 − t2 1 + t2
Après le changement de variable, on est ramené à calculer la primitive d’une fraction
en t, cf paragraphes précédents. Ne pas oublier à la toute fin de revenir à x...
UVSQ
3
[Link]
Plan du chapitre
1 Espaces vectoriels . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 36
1.1 Définition . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 36
1.2 Sous-espaces vectoriels . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 36
1.3 Familles génératrices, familles libres . . . . . . . . . . . . . . . . 37
1.4 Bases et dimension d’un ev . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 38
2 Matrices . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 39
2.1 Définitions et notations . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 39
2.2 Matrices et vecteurs . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 39
2.3 Opérations matricielles . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 40
2.3.1 Egalité . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 40
2.3.2 Addition . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 40
2.3.3 Multiplication externe (par un scalaire) . . . . . . . . . 40
2.3.4 Produit matriciel . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 41
2.3.5 Transposition, matrices transposées . . . . . . . . . . . 43
2.4 Cas particulier des matrices carrées . . . . . . . . . . . . . . . . . 44
2.4.1 Matrices carrées particulières . . . . . . . . . . . . . . . 44
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MA202N – Notes de cours 35 / 58
2.4.2 Puissances . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 44
2.4.3 Matrices inversibles . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 45
2.4.4 Application aux systèmes . . . . . . . . . . . . . . . . . 45
2.5 Matrices et changement de base . . . . . . . . . . . . . . . . . . 47
2.6 Image, noyau et rang d’une matrice . . . . . . . . . . . . . . . . 48
3 Applications linéaires . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 51
3.1 Généralités . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 51
3.2 Interprétation matricielle des applications linéaires de Rp dans Rn 52
3.2.1 Matrice d’une application : images des vecteurs d’une base 52
3.2.2 Vice versa : trouver l’application grâce à la matrice . . . 54
3.2.3 Quelques opérations sur les applications et leurs matrices 55
3.3 Changement de base et applications linéaires . . . . . . . . . . . 56
3.4 Image, noyau et rang d’une application linéaire . . . . . . . . . . 57
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MA202N – Notes de cours 36 / 58
1 – Espaces vectoriels
1.1 Définition
Un espace vectoreil est un ensemble sur lequel est défini
— une addition interne
— une multiplication externe
Définition. On dit que E est un espace vectoriel sur R (ev), ou un R-espace vectoriel
(R-ev), si E est muni d’une addition interne (+) et d’une multiplication externe (×) telles
que :
— Addition :
E×E → E
u, v 7→ u + v
1. Associativité : ∀u, v, w ∈ E, (u + v) + w = u + (v + w)
2. Elément neutre : ∃e ∈ E, ∀u ∈ E, u + e = e + u = u
3. Opposé : ∀u ∈ E, ∃u0 ∈ E, u + u0 = u0 + u = e
4. Commutativité : ∀u, v ∈ E, u + v = v + u
— Multiplication :
R×E → E
λ, u 7→ λu
1. Associativité : ∀λ, µ ∈ R, ∀u ∈ E, λ(µu) = (λµ)u
2. Elément neutre : ∀u ∈ E, 1.u = u
3. Distributivité 1 : ∀λ, µ ∈ R, ∀u ∈ E(λ + µ)u = λu + µu
4. Distributivité 2 : ∀λ ∈ R, ∀u, v ∈ Eλ(u + v) = λu + λv
∀u, v ∈ F, ∀λ ∈ R, u + λv ∈ F
UVSQ
MA202N – Notes de cours 37 / 58
UVSQ
MA202N – Notes de cours 38 / 58
Proposition. Soit E un R-ev admettant une base (ei )i=1..n . Alors tout vecteur x ∈ E
s’écrit de manière unique comme combinaison linéaire des ei :
n
X
x= xi ei
i=1
Les (xi )i=1..n s’appellent les coordonnées de x dans la base (ei )i=1..n .
Exemple. (1, 0, ..., 0), (0, 1, ..., 0), ...(0, 0, ..., 1) est une base de Rn , appelée base canonique
de Rn . Par exemple :
— dans R2 : il y a deux vecteurs dans la base canonique e1 = (1, 0), e2 = (0, 1)
— dans R3 : trois vecteurs pour la base canonique e1 = (1, 0, 0), e2 = (0, 1, 0), e3 =
(0, 0, 1)
— dans R4 : quatre vecteurs pour la base canonique e1 = (1, 0, 0, 0), e2 = (0, 1, 0, 0), e3 =
(0, 0, 1, 0), e4 = (0, 0, 0, 1)
— etc.
Théorème. Soit E un R-ev de dimension finie. Alors toutes les bases de E ont le même
cardinal (nombre de vecteurs), appelé dimension de E.
(si E = {0} alors dim E = 0)
Exemple. dim Rn = n
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MA202N – Notes de cours 39 / 58
2 – Matrices
UVSQ
MA202N – Notes de cours 40 / 58
2.3.1 Egalité
Remarque. Deux matrices A et B sont égales si et seulement si elles sont de même
taille et tous leurs coefficients sont identiques. Autrement dit, si A = (aij )1≤i≤n,1leqj≤p et
B = (bij )1≤i≤m,1leqj≤q alors
1. n = m et p = q
2. pour tout couple i, j on a aij = bij .
2.3.2 Addition
Si A = (ai,j ) et B = (bi,j ) sont deux matrices de Mm,n (R) (de même taille donc), leur
somme A + B est la matrice (ai,j + bi,j ), autrement dit on ajoute les coefficients terme à
terme. Par exemple :
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MA202N – Notes de cours 41 / 58
Définition. Soient m, n, p trois entiers strictement positifs. Soit A = (ai,j ) une matrice
de Mm,n (R) et soit B = (bj,k ) une matrice de Mn,p (R). On appelle produit matriciel
de A par B la matrice C ∈ Mm,p (R) dont le terme général ci,k est défini, pour tout
i = 1, . . . , m et pour tout k ∈ 1, . . . , p par :
n
X
ci,j = ai,k bk,j .
k=1
Remarque. Attention ! La multiplication n’est possible que si les tailles des matrices A
et B sont compatibles : le nombre de colonnes de A doit être égal au nombre de lignes de
B. Si A est de taille (m, n) (m lignes, n colonnes) et B est de taille (n, p) (n lignes, p
colonnes) alors le résultat C est de taille (m, p) :
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MA202N – Notes de cours 42 / 58
Remarque. Le produit matriciel a toutes les propriétés que l’on attend d’un produit, sauf
6 BA (en général).
qu’il n’est pas commutatif, autrement dit AB =
A(BC) = (AB)C .
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MA202N – Notes de cours 43 / 58
Définition. On appelle matrice unité ou identité, notée In si elle est de taille n, toute
matrice
carrée qui
possède des 1 sur la diagonale et des 0 partout ailleurs. Par exemple :
1 0 0
I3 = 0 1 0
0 0 1
Alors In est l’élément neutre de la multiplication dans Mn (R), et même plus précisément
on a :
Pour écrire la transposée d’une matrice, il suffit de transformer ses lignes en colonnes.
Par exemple :
On voit sur cet exemple que la 1ère ligne de A est la 1ère colonne de t A, la 2ème ligne
de A est la 2ème colonne de t A, etc.
(At )t = A .
Proposition. Soient m, n, p trois entiers strictement positifs. Soient A = (ai,j ) une ma-
trice de Mm,n (R) et B = (bj,k ) une matrice de Mn,p (R). La transposée du produit de A
par B est le produit de la transposée de B par la transposée de A.
(AB)t = B t At .
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MA202N – Notes de cours 44 / 58
Observons que le produit d’une matrice par sa transposée est toujours défini.
1 1
t 1 2 1
A= 2 3 , A = .
1 3 −1
1 −1
2 5 0
t t 6 6
A A = 5 13 −1 , A A = .
6 11
0 −1 2
Le résultat est une matrice carrée (autant de lignes que de colonnes) et symétrique.
Le produit d’une matrice par sa transposée est toujours une matrice symétrique. En
effet :
(A At )t = (At )t At = A At .
2.4.2 Puissances
Définition. Soit n un entier strictement positif et A une matrice carrée à n lignes et n
colonnes. Soit p ∈ N. On définit Ap par récurrence :
A0 = I, , A1 = A, Ap+1 = A × Ap = Ap × A, ∀p ≥ 1
UVSQ
MA202N – Notes de cours 45 / 58
Par exemple :
1 0 −1 1 −1 1 1 −1 1 1 0 −1 1 0 0
1 −1 0 1 −2 1 = 1 −2 1 1 −1 0 = 0 1 0
1 −1 1 0 −1 1 0 −1 1 1 −1 1 0 0 1
Ainsi, la matrice
1 0 −1
1 −1 0
1 −1 1
est inversible et son inverse est
−1
1 0 −1 1 −1 1
1 −1 0 = 1 −2 1
1 −1 1 0 −1 1
Proposition. Soient A et B deux matrices inversibles de Mn . Le produit AB est inver-
sible et son inverse est B −1 A−1 .
Cas d’une matrice 2 × 2. Voici ce qu’on obtient pour une matrice A à deux lignes
et deux colonnes.
x = −2a + b
( ( (
x +2y = a x +2y = a
⇐⇒ ⇐⇒
3x +4y = b −2y = b − 3a y = 12 (3a − b)
Les coefficients de A−1 sont ceux de a et b dans l’expression de x et y. Dans le cas général
on obtient :
α β −1 1 δ −β
A= , A = ,
γ δ αδ − βγ −γ α
si αδ − βγ 6= 0. L’expression de A−1 est facile à mémoriser. Pour inverser une matrice à
deux lignes et deux colonnes, il faut :
UVSQ
MA202N – Notes de cours 46 / 58
Cas général. Pour n > 3, il n’y a pas de formule générale aussi facile. La technique
la plus sûre consiste à résoudre le système Ax = b pour un second membre quelconque,
avec la méthode du pivot de Gauss, puis à écrire ensuite que la solution obtenue est le
produit de A−1 par le second membre.
Ecrivons le système
x a
A y = b ,
z c
soit
x −z = a
x −y = b
x −y +z = c
UVSQ
MA202N – Notes de cours 47 / 58
Ensuite on met en œuvre la méthode de Gauss, en effectuant sur I les mêmes opérations
que sur A. On commence par mettre des zéros dans la première colonne de A en lignes 2
et 3 :
1 0 −1 1 0 0 ← L1
0 −1 1 −1 1 0 ← L2 − L1
0 −1 2 −1 0 1 ← L3 − L1
On continue les étapes de la méthode de Gauss pour arriver à l’identité à la place de A :
1 0 −1 1 0 0 ← L1
0 −1 1 −1 1 0 ← L2
0 0 1 0 −1 1 ← L3 − L2
1 0 −1 1 0 0 ← L1
0 1 −1 1 −1 0 ← −L2
0 0 1 0 −1 1 ← L3
1 0 0 1 −1 1 ← L1 + L3
0 1 0 1 −2 1 ← L2 + L3
0 0 1 0 −1 1 ← L3
Lorsque la matrice A est devenue l’identité, le bloc de droite contient exactement A−1 :
1 −1 1
−1
A = 1 −2 1
0 −1 1
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MA202N – Notes de cours 48 / 58
On peut remarquer que cette matrice permet d’obtenir les coordonnées dans
B si on
6
connait celles dans B 0 . Par exemple soit z qui a pour coordonnées zB0 = , alors on a
7
z = 6e01 +7e02 =
6(2e1 +3e2 )+7(4e1 +5e2 ) = 40e1 +53e2 de sorte que ses coordonnées dans
40
B sont zB = . Ici on peut remarquer que l’on vient d’effectuer en fait le produit
53
matriciel zB = PBB0 zB0 .
Cas général.
0
Définition. Soient B = (e1 , ..., en ) et B 0 = (e01 , ..., eP n
n ) deux bases de R , telles que les
n
vecteurs de B 0 se décomposent ainsi dans B : e0j = i=1 pij ei . On note PBB0 la matrice
représentant B 0 dans B : PBB0 = (pij )1≤i,j≤n , on l’appelle matrice de changement de base
(ou de passage) de B vers B 0 .
x1
Proposition. 1. Si x ∈ Rn a pour composantes XB = ... dans B et XB0 =
0 xn
x1
... dans B 0 , alors XB = PBB0 XB0
x0n
−1
2. PBB0 est inversible et on a PBB 0 = PB 0 B
UVSQ
MA202N – Notes de cours 49 / 58
2. Im(A) est un sous espace vectoriel de Rn , c’est l’espace engendré par les vecteurs
colonnes de A.
UVSQ
MA202N – Notes de cours 50 / 58
1 1 1
Image et rang. On a Im(A) = Vect( , , ). Voyons si ces vec-
2 1 −1
teurs sont libres ou liées. Pour cela on écrit une relation de liaison entre eux :
1 1 1
a +b +c =0
2 1 −1
a+b+c=0 a = 2c
⇔ ⇔
2a + b − c = 0 b = −3c
UVSQ
MA202N – Notes de cours 51 / 58
3 – Applications linéaires
3.1 Généralités
Définition. On appelle application linéaire de E dans F tout application f : E → F telle
que
∀u, v ∈ E, ∀λ ∈ R, (1) : f (u + v) = f (u) + f (v), (2) : f (λu) = λf (u)
ou encore, de manière équivalente :
Remarque. Vocabulaire.
— On note L(E, F ) l’ensemble des applications linéaires de E dans F
— Si E = F , on note L(E) = L(E, F ), les applications sont alors appelées des endo-
morphismes
— Si F = R, les éléments de L(E, R) s’appellent les formes linéaires de E.
— Si f ∈ L(E, F ) est bijective, on dit que f est un isomorphisme de E dans F . Si de
plus E = F , on dit que f est un automorphisme de E.
UVSQ
MA202N – Notes de cours 52 / 58
Remarque. Méthode. Pour reconnaı̂tre une application linéaire : les seules opérations
“autorisées” pour que l’application soit bien linéaire sont les combinaisons linéaires entre
les coefficients.
La présence de tout autre élément (présence d’un carré, ajout d’une constante, produit
entre deux coefficients, présence d’une fonction non linéaire comme sin, cos ou autre, va-
leur absolue, etc.) rend la fonction non linéaire.
Si on a reconnu une application linéaire, on met en pratique la méthode ci-dessus.
Si on a reconnu une application non linéaire, il suffit de trouver un contre-exemple,
autrement dit deux vecteurs bien choisis et deux réels bien choisis tels que la formule
f (λu + v) = λ f (u) + f (v) soit fausse.
— f (0E ) = 0F
— f (−u) = −f (u)∀u ∈ E
Démonstration. [video] https: // youtu. be/ 0ezD6Sf1n9Y
La preuve se fait par récurrence, elle est laissée en exercice au lecteur (cf vidéo pour les
détails).
UVSQ
MA202N – Notes de cours 53 / 58
On utilisera la notation
A = M atCB f
Méthode. Pour écrire la matrice quand on connait l’application linéaire, on la remplit
colonne par colonne :
1. On commence par calculer l’image par f du premier vecteur de la base de départ :
f (b1 ) et on le décompose dans la base d’arrivée (= on écrit ses coordonnées dans la
base d’arrivée) : f (b1 ) = a1,1 c1 + a2,1 c2 + . . . + am,1 cm , autrement dit les coordonées
de f (b1 ) dans la base d’arrivée sont (a1,1 , a2,1 , . . . , am,1 ), on met ce vecteur dans la
première colonne de la matrice.
2. On procède ainsi pour les autres colonnes : dans la colonne 2 on met les coordonées
de f (b2 ), etc.
L’indice i (des vecteurs de la base d’arrivée) est donc l’indice de ligne, et l’indice j (des
vecteurs de la base de départ) est l’indice de colonne. On peut résumer la construction de
la matrice avec le schéma suivant :
départ
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MA202N – Notes de cours 54 / 58
Méthode. Dans ce cas, la matrice de f est donc formée des colonnes f (e1 ), f (e2 ), ...,
f (en ) écrites en coordonnées dans la base d’arrivée (e1 , . . . , em ).
La base canonique de R2 est ((1, 0), (0, 1)). L’image de ces deux vecteurs est
La matrice de f est donc la suivante (attention à l’écriture des vecteurs de l’espace d’ar-
rivée en colonnes).
1 1
2 3
1 −1
Pour vérifier la cohérence de la notation matricielle, calculons le produit de cette matrice
par un vecteur de R2 quelconque (x, y).
1 1 x+y
2 x
3 = 2x + 3y
y
1 −1 x−y
f (b1 ) = f ((1, 1)) = (2, 5, 0) = −3 (1, 0, 0) + 5 (1, 1, 0) + 0 (1, 1, 1) = −3v1 + 5v2 + 0v3
f (b2 ) = f ((1, −1)) = (0, −1, 2) = 1 (1, 0, 0) − 3 (1, 1, 0) + 2 (1, 1, 1) = 1v1 − 3v2 + 2v3 .
Le vecteur f (b1 ) a donc pour coordonnées (−3, 5, 0) dans la base (v1 , v2 , v3 ), c’est donc la
1ère colonne. De même pour la deuxième on trouve (1, −3, 2), d’où la matrice :
−3 1
5 −3
0 2
UVSQ
MA202N – Notes de cours 55 / 58
où les xi sont les coordonnées de v dans la base (b1 , . . . , bn ). Puisque f doit être linéaire,
l’image de v ne peut être que
n
X n
X m
X
f (v) = xj f (bj ) = xj ai,j ci .
j=1 j=1 i=1
Méthode. Pour écrire l’application linéaire quand on connait la matrice, il suffit simple-
ment de multiplier la matrice à droite par le vecteur des inconnues (x, y, z...) (de la bonne
taille : (x, y) si l’ensemble de départ est R2 , (x, y, z) si c’est R3 , etc.). Le résultat obtenu
donne exactement l’application linéaire f .
f : R3 → R2 : (x, y, z) 7−→ (x + y − z, 2x + 3y + z) .
UVSQ
MA202N – Notes de cours 56 / 58
UVSQ
MA202N – Notes de cours 57 / 58
Kerf = {x ∈ E, f (x) = 0F }
Théorème (Thm du rang, admis.). Soit f ∈ L(E, F ) où E et F sont des sev de Rp et
Rn . Alors
dim E = dim Imf + dim Kerf = rg(f ) + dim Kerf
UVSQ
MA202N – Notes de cours 58 / 58
Organisation de l’UE
Douze semaines : 1h30 de CM avec moi (y a un autre amphi avec N. Perrin), 3h de
TD avec moi ou autre
Suivez l’EDT en ligne pour les mises à jour et modifs éventuelles
Evaluation
Contrôle continu uniquement.
Trois contrôles continus auront lieu en TD, coeff 1/3.
Contrôle de rattrapage obligatoire en fin de semestre pour remplacer les absences
justifiées.
Absences injustifiées à un CC : 0.
Chaque prof·e de TD gère ses propres controles, donc voyez en TD pour les détails.
Ressources
Sur e-campus
Vidéos sur ma chaine youtube (en cours de création) : [Link]
Poly de cours, feuilles de TD
Assiduité en amphi
Non obligatoire, venez si vous êtes motivé·es et prêt·es à travailler
Je recommande la présence en amphi, car c’est plus facile à suivre et plus facile de
bosser régulièrement quand on va en cours...
Et en même temps, je pense que le poly et les vidéos sont suffisantes pour bosser par
soi-même, à condition d’y passer du temps et d’y mettre de l’énergie
UVSQ