MPSI2 -My Elhassan Corrigé DL 2023/2024
Corrigé du DL : Polynômes de Chebychev et applications
1ère Partie:
1.1. Pour tout z ∈ C, on a : T2 (z) = 2z 2 − 1 , T3 (z) = 4z 3 − 3z , T4 (z) = 8z 4 − 8z 2 + 1, T5 (z) = 24 z 5 − 20z 3 + 5z.
1.2.1. Par récurrence double :
• Pour n = 1, T1 (cosθ) = cosθ, ∀θ ∈ R. Pour n = 2, T2 (cosθ) = 2(cosθ)2 − 1 = cos(2θ), ∀θ ∈ R.
• Soit n ∈ N⋆ .On suppose le résultat vraie pour n et n + 1.Alors pour tout θ ∈ R ,
Tn+2 (cosθ) = 2cosθ.Tn+1 (cosθ) − Tn (cosθ) = 2cosθ.cos((n + 1)θ) − cos(nθ) = 2. 21 [cos((n + 2)θ) + cos(nθ)] − cos(nθ)
donc Tn+2 (cosθ) = cos((n + 2)θ), ∀θ ∈ R, d’où le résultat pour n + 2.
1.2.2. Soit Q un polynôme vérifiant (1), alors Tn − Q admet une infinité de racines (s’annule sur cos(R) = [−1, 1]), donc
Tn − Q est le polynôme nul.Par suite Q = Tn ,ainsi Tn est l’unique polynôme vérifiant (1).
• Montrons par récurrence double que c’est un polynôme à coefficients réels.C’est vérifié pour n = 1 et n = 2.Soit
n ∈ N⋆ ,supposons que Tn et Tn+1 sont à coefficients réels.L’égalité Tn+2 (z) = 2zTn+1 (z) − Tn (z) montre que Tn+2
est également à coefficients réels,d’où le résultat.
1.3.1. Montrons le résultat par récurrence double.Il est vérifié pour n = 0 et n = 1.Soit n ∈ N, on suppose le résultat
vérifié pour n et n + 1.Puisque le produit ou la différence de deux polynômes à coefficients entiers l’est, l’égalité
Tn+2 (z) = 2zTn+1 (z) − Tn (z) donne le résultat pour n + 2.
1.3.2. On a T0 est de degré 0 et de coefficient dominant égal à 1.Pour n ∈ N⋆ , montrons par récurrence double que Tn est
de degré n et de coefficient dominant égal à 2n−1 .Le résultat est vérifié pour n = 1 et n = 2.Soit n ∈ N⋆ et supposons
le résultat vérifié pour n et n + 1.D’après l’égalité Tn+2 (z) = 2zTn+1 (z) − Tn (z), le degré et le coefficient dominant
de Tn+2 sont ceux du polynôme 2zTn+1 (z), c-à-d: n + 2 et 2.2n = 2n+1 respectivement,d’où le résultat pour n + 2.
1.3.3. Montrons par récurrence double que Tn est de même parité que n.c’est vérifié pour n = 0 et n = 1.soit n ∈ N
et supposons le résultat vrai pour n et n + 1. Si n est pair, alors Tn est pair et Tn+1 est impair, donc ∀z ∈ C,
Tn+2 (−z) = 2(−z)Tn+1 (−z) − Tn (−z) = 2zTn+1 (z) − Tn (z) = Tn+2 (z), donc Tn+2 est pair.si n est impair, on vérifie
de même que Tn+2 est impair,d’où le résultat pour n + 2.
n
X n
1.4.1. On a: (cosθ + isinθ)n = (cosθ)n−k (isinθ)k
k
k=0
2n n−2k n
(isinθ)2k + (cosθ)n−2k−1 (isinθ)2k+1
P P
= (cosθ)
0⩽2k⩽n k 0⩽2k+1⩽n 2k + 1
k n n−2k n
(sinθ)2k + i( (−1)k (cosθ)n−2k−1 (sinθ)2k+1 )
P P
= (−1) (cosθ)
0⩽2k⩽n 2k 0⩽2k+1⩽n 2k + 1
k n
n
(cosθ)n−2k (sinθ)2k
P
donc Re((cosθ + isinθ) ) = (−1)
0⩽2k⩽n 2k
1.4.2. Pour tout θ ∈ R, Tn (cosθ) = cos(nθ) = Re(einθ iθ n n
) =Re((e ) ) = Re((cosθ + isinθ) )
n
(−1)k (cosθ)n−2k (sinθ)2k .
P
donc, d’après 1.4.1., Tn (cosθ) =
0⩽2k⩽n 2k
X n
k n n−2k 2 k
z n−2k (z 2 − 1)k
P
1.4.3. Pour tout z ∈ C, on pose Q(z) = (−1) z (1 − z ) =
0⩽2k⩽n 2k 2k
0⩽2k⩽n
d’après la question précédente, Tn (cosθ) = Q(cosθ), ∀θ ∈ R, donc Tn − Q admet une infinité de racines (s’annule sur
cos(R) = [−1, 1]), donc Tn − Q est nul, par suite Tn = Q.
1.4.4. • La formule de binôme de Newton montre que (1 − z 2 )k est à coefficients entiers, donc Tn est à coefficient entiers
comme somme de produits de polynômes à coefficients
entiers.
n n n−2k 2
• On note Rn,k = (−1)k z n−2k (1−z 2 )k = z (z −1)k .Rn,k est un polynôme de degré (n−2k)+2k = n,
2k
2k
n P n
de coefficient dominant , et puisque ̸= 0 (> 0), alors Tn est de degré n ,de coefficient dominant
2k 0⩽2k⩽n 2k
n
n n X n
= (1 + 1)n = 2n
P P
an = .On pose bn = , on a an + bn =
0⩽2k⩽n 2k 0⩽2k+1⩽n 2k + 1 k=0
k
n
X n n−k
et an − bn = 1 (−1)k = (1 − 1)n = 0.alors an = bn et par suite an = 2n−1 .
k
k=0
• les polynômes Rn,k sont de même parité que n, donc il en est de même pour Tn .
2n
2n
X X 2n
2n i2(n−k)θ
1.5.1. D’après la formule d’Euler, pour tout θ ∈ R, 22n (cosθ)2n = (eiθ +e−iθ )2n = e (e−iθ )k (eiθ )2n−k =
k k
k=0 k=0
n−1
X 2n 2n X n n
2n X 2n i2(n−k)θ 2n 2n X 2n
donc 22n (cosθ)2n = + ei2(n−k)θ + e = + ei2kθ + e−i2kθ ,
n k k n n−k k+n
k=0 k=n+1 k=1 k=1
(en effectuant les changement d’indice n − k → k dans la première somme, k → k + n dans la deuxième)
X n
2n 2n 2n 2n
et puisque = 2n 2n
, 2 (cosθ) = + (ei2kθ + e−i2kθ ).
k+n n−k n n−k
k=1
n
i2kθ −i2kθ 2n 1 2n 1 X 2n
Comme (e +e ) = 2cos(kθ), on a: (cosθ) = 22n + 2n−1 cos(2kθ).
n 2 n−k
k=1
n
2n
X
1 2n 1 2n
1.5.2. Pour z ∈ C, posons Q(z) = z − bk T2k (z), avec b0 = 22n , et bk = 22n−1 pour k ∈ {1, ..., n}.
n n−k
k=0
D’après 1.5.1. et 1.2.1. on a Q(cosθ) = 0, ∀θ ∈ R, donc Q admet une infinité de racine donc est nul, ainsi:
Xn
z 2n = bk T2k (z), ∀z ∈ C.
k=0
1.6.1. En dérivant (1) deux fois, on a pour tout réel θ, −cosθTn′ (cosθ) + (sinθ)2 Tn′′ (cosθ) = −n2 cos(nθ)
donc pour tout θ ∈ R (1 − (cosθ)2 )Tn′′ (cosθ) − cos(θ)Tn′ (cosθ) + n2 Tn (cosθ) = 0.ceci veut dire que polynôme
(1 − x2 )Tn′′ (x) − xTn′ (x) + n2 Tn (x) s’annule sur l’ensemble infini cos(R) = [−1, 1], donc il est nul, d’ou le résultat.
1.6.2. (i) En regardant le coefficient de xk dans l’égalité précédente,on déduit que:
n2 −k2
(k + 2)(k + 1)an,k+2 − k(k − 1)an,k − kan,k + n2 an,k = 0 , donc: an,k+2 = (k+2)(k+1) an,k .
(ii) Expression de an,k :
si n est pair:
• cas k est impair: alors an,k = 0, puisque Tn est pair.
n
• cas k est pair: Calculons d’abord an,0 .On a an,0 = Tn (0) = Tn (cos π2 ) = cos(n π2 ) = (−1) 2 .
Qk Qk
2 (n2 −(2i−2)2 ) 2 (n2 −(2i−2)2 ) n
pour k ⩾ 2, d’après 1.6.1., on a: an,k = i=1 k(k−1)...2.1 an,0 donc :an,k = i=1 k! (−1) 2
si n est impair:
• cas k est pair: alors an,k = 0, puisque Tn est impair.
• cas k est impair: Calculons d’abord an,1 .On a an,1 = Tn′ (0).en dérivant (1) et en prenant θ = π
2 on déduit que
n−1
an,1 = n.sin(n π2 ) = sin( π2 + kπ),avec k = n−1
2 ∈ N,donc an,1 = n(−1)
2 .
Q k−1 Q k−1
2 (n2 −(2i−2)2 ) 2 (n2 −(2i−2)2 ) n−1
pour k ⩾ 3, d’après 1.6.1., on a: an,k = i=1
k(k−1)...2 an,1 donc: an,k = i=1
k! (−1) 2 n.
e−x +ex e−x −ex x
−e−x
1.7.1. Pour tout réel x, cosh(−x) = 2 = cosh(x), et sinh(−x) = 2 = −e 2 = −sinh(x), d’où le résultat.
x −x ex −(−e−x )
1.7.2. les fonctions cosh et sinh sont dérivables, et pour tout réel x, cosh′ (x) = e −e
2 = sinh(x) et sinh′ (x) = 2 =
′ ′
cosh(x).Puisque sinh = cosh et cosh = sinh son continues alors sinh et cosh sont de classe C 1 .
1.7.3. Tableau de variation,graphe.
x −x
x −x
−2 (e 2 −e 2 )2 x −x
1.7.4. Pour tout réel x ∈ R, cosh(x) − 1 = e +e2 = 2 ⩾ 0, avec égalité ssi: e 2 − e 2 = 0, c-à-d ssi: ex = 1,
ainsi cosh(x) ⩾ 1 avec égalité ssi: x = 0.
1.7.5. cosh est continue et strictement croissante sur [0, +∞[ (sinh′ > 0 sur ]0, +∞[ puisque si x > 0, ex > e−x ), donc
réalise une bijection de [0, +∞[ vers [cosh(0), lim cosh(x)[= [1, +∞[.
x→+∞
1.7.6. Soit x, y ∈ R.
On a 2cosh(x)cosh(y) = 12 (ex + e−x )(ey + e−y ) = 21 (ex+y + e−(x+y) + ex−y + e−(x−y) )
donc 2cosh(x)cosh(y) = cosh(x + y) + cosh(x − y).
On a (cosh(x))2 − (sinh(x))2 = 14 (e2x + e−2x + 2 − (e2x + e−2x − 2)) = 1.
1.7.7. Il suffit d’appliquer la première égalité de la question précédente avec x = nθ et y = θ.
1.7.8. Par récurrence double :
• Pour n = 0, T0 (coshθ) = 1 = cosh(0.θ)), ∀θ ∈ R. Pour n = 1, T1 (coshθ) = coshθ, ∀θ ∈ R.
• Soit n ∈ N.On suppose le résultat vraie pour n et n + 1.Alors pour tout θ ∈ R ,
Tn+2 (coshθ) = 2coshθ.Tn+1 (coshθ) − Tn (coshθ) = 2coshθ.cosh((n + 1)θ)-cosh(nθ) = [cosh((n + 2)θ) + cosh(nθ)] −
cosh(nθ) en utilisant la question précédente, donc Tn+2 (coshθ) = cosh((n + 2)θ), ∀θ ∈ R, d’où le résultat pour n + 2.
1.7.9. Soit n ∈ N⋆ , et x ∈ R tel que |x| > 1.Il existe θ ∈ [0, +∞[ tel que |x| = cosh(θ).Puisque Tn est pair ou impaire, alors
,Tn (x) = Tn (±|x|) = ±Tn (|x|), donc |Tn (x)| = |Tn (|x|)| = |Tn (cosh(θ))| = Tn (cosh(θ)) = cosh(nθ) > 1.
√
1.7.10. Soit n ∈ N, et x > 1. Il existe θ > 0 tel que x = coshθ, alors sinh(θ) > 0, ainsi par 1.7.6.√ sinh(θ) = √ x2 − 1,
θ n −θ n n n n
2 x2 −1)n
alors Tn (x) = Tn (coshθ) = cosh(nθ) = (e ) +(e2
)
= (coshθ+sinhθ) +(coshθ−sinhθ)
2 = (x+ x −1) +(x−
2 .
2ème Partie:
2.1. On a Tn ( pq ) = Tn (cos(r.π)) = cos(n.r.π) = cos(mπ) = (−1)m .
n n
X X p
2.2. Pour z ∈ C, posons Tn (z) = ak z k (les ak sont dans Z et an = 2n−1 ). On a Tn ( pq ) = ak ( )k = (−1)m ,
q
k=0 k=0
n−1
n X n
donc 2n−1 pq = q n−1 (−1)m − ak .pk .q n−1−k ∈ Z, ainsi q divise 2n−1 pq , et puisque p ∧ q = 1 alors p divise 2n−1 .
k=0
2.3. On déduit qu’il existe e ∈ {0, ...n} tel que q = 2e .s e ̸= 0 car sinon s = p ∈ Z.On a p ∧ q = 1 donc p est impair
2.4. Montrons d’abord par récurrence que pour tout k ∈ N, il existe ek ∈ N⋆ et pk ∈ N impair tel que cos(2k rπ) = 2pekk .
Le résultat pour k = 0 est montré en 2.3. (e0 = e).Soit k ∈ N et supposons le résultat vrai pour k.
p2 −22ek −1
On a cos(2k+1 rπ) = 2(cos(2k rπ))2 − 1 = 2( 2pekk )2 − 1 = k22ek −1 = 2pek+1 2
k+1 , avec pk+1 = pk − 2
2ek −1
et ek+1 =
⋆ ⋆
2ek − 1 ⩾ 1 (car ek ∈ N ).On a pk+1 est impair puisque pk l’est et que 2ek − 1 ∈ N ,d’ou le résultat pour n + 1.
Montrons que ek ⩽ n − 1 pour tout k ∈ N.On pose qk = 2ek , on a Tn ( pqkk ) = Tn (cos(2k rπ)) = cos(n2k rπ) =
cos(2k mπ) ∈ Z, donc de la même manière qu’en 2.2. on a qk divise 2n−1 , par suite ek ⩽ n − 1.
2.5. Pour tout k ∈ N, ek+1 = 2ek − 1 =, ainsi ek+1 − 1 = 2(ek − 1), on en déduit que ek = 2k (e − 1) + 1 pour tout k ∈ N.
2.6. Si e ̸= 1 alors lim ek = +∞, donc il existe k0 tel que ∀k ⩾ k0 ,ek > n − 1, ce qui est absurde car ek ∈ {1, ..., n}.
k→+∞
ainsi e = 1, et pq = p2 = cos(rπ) ∈ [−1, 1], d’où p ∈ [−2, 2], et comme p est un entier impair, alors p = ±1
On a alors s = ± 12 .de l’égalité cos(rπ) = s on déduit que :∃k ∈ Z, rπ = ± π3 + 2kπ ou ∃k ∈ Z, rπ = ± 2π
3 + 2kπ.
donc r est de la forme ± 31 + 2k ou ± 23 + 2k avec k ∈ Z.
3ème Partie:
π π π
3.1.1 Pour tout réel θ, cos(nθ) = 0 ssi ∃k ∈ Z, nθ = 2 + kπ, donc l’ensemble des solutions est { 2n + k 2n , k ∈ Z}.
3.1.2 cherchons les racines de Tn dans [−1, 1]. Soit θ ∈ [0, π], On a Tn (cosθ) = 0 ssi: cos(nθ) = 0 .Pour k ∈ {1, ..., n} on
π π
note xk = cos(θk ) , avec θk = 2n + (k − 1) 2n ∈ [0, π].On a x1 > ... > xn puisque cos est str.↘ sur [0, π].D’après
3.1.1 , les xk sont des racines de Tn .Il s’agit de tous les racines de Tn puisqu’il est de degré n.
3.2.1 Soit x ∈ [−1, 1].Il existe θ ∈ R tel que x = cosθ, donc |Tn (cos(θ))| = |cos(nθ)| ⩽ 1.
3.2.2 D’après 1.7.9, si x ∈ R tel que |x| > 1, alors |Tn (x)| > 1 donc Tn (x) ̸= 0, d’ou le résultat par contraposée.
3.2.3 Pour tout réel θ, |cos(nθ)| = 1 ssi sin(nθ) = 0, ssi ∃k ∈ Z tel que nθ = kπ donc l’ensemble des solutions est
{ kπ
n , k ∈ Z}.
3.2.4 D’après 3.2.2,si x est une solution de |Tn (x)| = 1, alors x ∈ [−1, 1], donc ∃θ ∈ [0, π] tel que x = cos(θ), ainsi
|Tn (cosθ)| = 1 ⇐⇒ |cos(nθ)| = 1 (⋆) , par suite ∃k ∈ Z tel que θ = kπ n , et puisque θ ∈ [0, π] alors k ∈ {0, ..., n},
par suite x ∈ {y0 , ..., yn } avec yk = cos(k nπ ).Réciproquement, la relation (⋆) et 3.2.3 montrent que y0 , ..., yn sont des
solutions.On a y0 > ... > yn par décroissance stricte de cos sur [0, π], il s’agit donc de n + 1 solution.
3.3. En dérivant l’égalité (1), on a ∀θ ∈ R, −sin(θ)Tn′ (cosθ) = n sin(nθ).Pour θ ∈]0, π[ on a sin(θ) ̸= 0, donc
Tn′ (cosθ) = 0 ⇐⇒ sin(nθ) = 0 ⇐⇒ ∃k ∈ {1, ..., n − 1}, θ = k nπ (puisque θ ∈]0, π[), donc l’équation Tn′ (x) = 0
admet des solutions donnés par tk = cos(k nπ ), k ∈ {1, ..., n − 1}.il s’agit de tous les solutions car Tn′ est de degré
n − 1 et les tk sont n − 1 réels distincts, puisque cos est str.↘ sur ]0, π[.
3.4. Représentations graphiques.
3.5.1 Soit k ∈ {1, ..., n}.En utilisant (1), (Tn − P )(yk ) = (−1)k − P (yk ) = (−1)k (1 − (−1)k )P (yk ).
On a 1 ⩾ |P (yk )| ⩾ (−1)k P (yk ), donc (Tn − P )(yk ) est de même signe que (−1)k , ainsi Tn − P change de signe sur
]yk , yk−1 [ .Puisque Tn − P est continue, par le théorème des valeurs intermédiaires , il s’annule sur ]yk , yk−1 [.
3.5.2 Tn − P est de degré ⩽ n − 1 car Tn et P sont des polynomes de degré n ayant le même terme du plus grand degré
2n−1 xn (qui se simplifie dans la différence), et d’après la questions précédente, Tn − Q admet n racines distincts ce
qui est absurde.
1
3.6.1 (i) Soit P ∈ Un .D’après 3.5 , ∥2n−1 P ∥ = 2n−1 ∥P ∥ ⩾ 1 donc ∥P ∥ ⩾ 2n−1 .
(ii) Soit P ∈ Un à coefficients complexes.On peut écrire: ∀x ∈ R, P (x) = P1 (x) + iP2 (x), avec P1 et P2 à coefficients
1
réels ,et P1 ∈ Un .On a alors ∀x ∈ [−1, 1] , |P (x)| ⩾ |P1 (x)| d’où ∥P ∥ ⩾ ∥P1 ∥ ⩾ 2n−1 .
1
3.6.2 L’ensemble {∥P ∥, P ∈ Un } contient ∥ 2n−1 Tn ∥, minorée par 0 donc admet une borne inférieure.D’après 3.6.1,
1 1 1 1 1
inf {∥P ∥, P ∈ Un } ⩾ 2n−1 , et on a ∥ 2n−1 Tn ∥ = 2n−1 ∥Tn ∥ = 2n−1 , d’où inf {∥P ∥, P ∈ Un } = 2n−1
4ème Partie:
R 2π R 2π R 2π R 2π
4.1.1 • Si m = 0, eimθ dθ = 2π.Si m ̸= 0, 0 eimθ dθ = 0 cos(mθ)dθ + i 0 sin(mθ)dθ = 0.
0
N Z 2π
R 2π X
• Si m ∈ {−N, ..., N }, 0 f (θ)e−imθ dθ= ck f (θ)ei(k−m)θ dθ = 2πcm .
k=−N 0
R 2π −imθ
Si m ∈
/ {−N, ..., N }, 0
f (θ)e dθ = 0
4.1.2 pour m ∈ Z, le coefficient cm du polynôme trigonométrique f (égal à 0 si m ∈
/ {−N, ..., N }) est entièrement déterminé
1
R 2π −imθ
par f puisque : cm = 2π 0 f (θ)e dθ, d’où son unicité.
N
X N
X
4.1.3 Pour tout réel θ, f (θ) = ck e−ikθ = c−k eikθ , et on a f est a valeurs réelles ssi f (θ) = f (θ), ∀θ ∈ R,ainsi
k=−N k=−N
par unicité des coefficients d’un polynôme trigonométrique, f est à valeurs réelles ⇐⇒ c−k = ck ∀k ∈ {−N, ..., N }
⇐⇒ c−k = ck ∀k ∈ {0, ..., N }.
N
X 2N
X
4.2.1. Pour tout réel θ, f (θ) = e−iN θ ck ei(k+N )θ =e−iN θ cK−N (eiθ )k = e−iN θ P (eiθ ),
k=−N k=0
2N
X
avec P (z) = ak z k ∀z ∈ C, ak = ck−N ∀k ∈ {0, ..., 2N }.
k=0
4.2.2 Si cN ̸= 0, le degré de P est égal à 2N .
4.3.1 On a P (0) = a0 = c−N , et c−N ̸= 0 car sinon cN = c−N = 0 et par suite (cN , c−N ) = (0, 0).
D’après 4.1.3 pour tout k ∈ {0, ..., 2N }, ak = ck−N = cN −k = c(2N −k)−N = a2N −k .
2N 2N 2N
X X X 1 1
4.3.2 Pour tout z ∈ C, P (z) = ak z k = a2N −k z 2N −k = z 2N ak ( )k = z 2N P ( ).
z z
k=0 k=0 k=0
4.3.3 Soit z0 une racine de P .D’après 4.3.1 z0 ̸= 0 , ainsi d’après la question précédente
P (z0 ) = 0 ⇐⇒ P ( z10 ) = 0 ⇐⇒ P ( z10 ) = P ( z10 ) = 0, c’est-à-dire z10 est une racine de P .
θ+θ0
4.3.4 (i) Pour tout réel θ, f (θ) = e−iN θ (eiθ − eiθ0 )m Q(eiθ ) = e−iN θ (ei 2 2isin( θ−θ m iθ θ−θ0 m
2 )) Q(e ) = (sin( 2 )) g(θ),
0
m −iN θ iθ i m θ0 i m θ iθ0
avec g(θ) = (2i) e Q(e )e 2 e 2 , et on g(θ0 ) ̸= 0 car Q(e ) ̸= 0.
• Montrons que g est à valeurs réelles.
▷ cas θ ∈ R\{θ0 + 2kπ, k ∈ Z}: alors (sin( θ−θ 2 ))
0 m
̸= 0, et par suite g(θ) = (sin( θ−θ
2 ))
0 −m
f (θ) ∈ R, puisque
f (θ) ∈ R.
▷ cas θ ∈ {θ0 + 2kπ, k ∈ Z} : Remarquons que la fonction à valeurs réelles Im(g) : θ 7→ Im(g(θ)) est donnée
par la somme de produits de fonctions de la forme θ 7→ acos(kθ) et θ 7→ bsin(pθ) ,a, b, k, p ∈ R, donc Im(g) est
continue sur R, s’annulant sur R\{θ0 + 2kπ, k ∈ Z} d’après le cas précédente.Donc ∀k ∈ Z, Im(g(θ0 + 2kπ)) =
lim Im(g(θ)) = 0, d’où g(θ) ∈ R pour tout réel θ.
θ→θ0 +2kπ
• Continuité de g : on a montré que g est à valeurs réelles, donc g est égale à sa partie réelle, qui est donnée par la
somme de produits de fonctions de la forme θ 7→ acos(kθ) et θ 7→ bsin(pθ) ,a, b, k, p ∈ R, donc g est continue.
(ii) On a g(θ0 ) ̸= 0 (par exemple > 0), puisque g est continue, il existe I un voisinage de θ0 tel que pour tout
θ ∈ I, |g(θ) − g(θ0 )| < g(θ20 ) ,donc g(θ0 ) − g(θ) < g(θ20 ) et par suite g(θ) > g(θ20 ) > 0. ainsi g est de signe constant au
voisinage de θ0 , et on a (sin( θ−θ 2 ))
0 m
garde un signe constant au voisinage de θ0 ssi m est pair, d’ou le résultat.
4.4.1 Si α est une racine de P de module égal à 1,il est de multiplicité paire d’après 4.3.4.(ii), on regroupe les facteurs
de P correspondants aux racines distincts de module égal à 1 pour obtenir un polynôme P1 vérifiant (i).
̸ 1 alors d’après 4.3.3. α1 (qui est ̸= α) est aussi une racine
Si α est une racine de P de multiplicité β tel que |α| =
de P de même multiplicité.On note ξ = α si |α| < 1 , ξ = α1 sinon, (alors |ξ| < 1).On déduit alors que les facteurs
de P correspondant aux racines de module ̸= 1 sont de la forme (z − ξ)β et (z − 1ξ )β ,|ξ| < 1 , qu’on regroupe pour
obtenir un polynome P2 vérifiant (ii).Finalement on note a le coefficient dominant de P ,d’où le résultat.
p
X Xq X p Xq
Le degré de P est alors égal 2αk + 2βk = 2N , d’où αk + βk = N .
k=1 k=1 k=0 k=0
4.4.2 En utilisant la remarque et la question précédente, on a pour tout réel θP,
Qp Qq iθ p Pq
P (eiθ ) = a k=1 (−eiθ eiθk |eiθ − eiθk |2 )αk . k=1 (− ezk |eiθ − zk |2 )βk =αei( k=1 αk + k=1 βk )θ |S(eiθ )|2
Qp Qq Qp Qq
avec α = a k=1 (−eiθk )αk k=1 (− z1k )βk et S(z) = k=1 (z − eiθk )αk k=1 (z − zk )βk ∀z ∈ C
Pp
αk + qk=1 βk )θ
P
et comme ei( k=1 = eiN θ , f (θ) = e−iN θ P (eiθ ) = α|S(eiθ )|2 , et puisque f est à valeurs réelles positives,
p q
√ X X
alors α ⩾ 0, par suite f (θ) = |R(eiθ )|2 avec R = αS, qui est de degré αk + βk = N .
k=0 k=0
4ème Partie:
N
X N
X N
X
5.1. Pour tout réel θ, f (θ) = ck eikθ = c0 + ck eikθ + c−k e−ikθ = c0 + (ck + c−k )cos(kθ) + i(ck − c−k )sin(kθ)
k=−N k=1 k=1
N
X
donc f (θ) = a0 + ak cos(kθ) + bk sin(kθ) avec a0 = c0 et ak = ck + c−k , bk = i(ck − c−k ) pour tout k ∈ {1, ..., N }
k=1
R 2π
1
Les coefficients ak et bk sont entièrement déterminées par f (puisque c’est le cas pour les ck : ck = 2π 0
f (θ)e−ikθ dθ)
d’où leur unicité.
PN PN
5.2.1. Pour tout réel θ, f (θ) = |R(eiθ )|2 = R(eiθ )R(eiθ ) = ( k=0 αk eikθ )( j=0 αj e−ijθ ) = αj αk ei(k−j)θ .
P
0⩽k,j⩽N
Par unicité, le coefficient de einθ est cN = α0 αN , et cN = 12 (aN −ibN ) d’où 2α0 αN = aN −ibN .Le coefficient constant
PN PN
a0 est égal à k=0 αk αk , ainsi a0 = k=0 |αk |2 .
5.2.2. On a a2N +b2N = |an −ibN |2 = 4|α0 |2 |αN |2 ⩽ (|α0 |2 +|αN |2 )2 car (|α0 |2 +|αN |2 )2 −4|α0 |2 |αN |2 = (|α0 |2 −|αN |2 )2 ⩾ 0
PN
donc a2N + b2N ⩽ ( k=0 |αk |2 )2 = a20 .
PN −1
5.3.1. les relations de 5.2.1. deviennent : aN − ibN = 2 , a0 = 2 + k=1 |αk |2 (donc a0 ⩾ 2) .Puisque a2N + b2N =
|aN − ibN |2 = 4|α0 αN |2 = 4, la relation de 5.2.2. devient 4 ⩽ a20 .
R 2π R 2π R 2π
5.3.2. Pour tout θ ∈ R, M (R)2 ⩾ |R(eiθ )|2 = f (θ), donc 2πM (R)2 = 0 M (R)2 dθ ⩾ 0 f (θ)dθ = αj αk 0 ei(k−j)θ dθ,
P
0⩽k,j⩽N
PN
ainsi d’après 4.1.1. donc 2πM (R)2 ⩾ 2π k=0 |αk |2 = 2πa0 , d’où le résultat.
5.3.3. on a vu en 5.3.1. que a0 ⩾ 2.On considère le polynôme trigonométrique g : θ 7→ M (R)2 − f (θ) qui est à valeur
positives car M (R)2 ⩾ |M (eiθ )|2 = f (θ).Son terme constant est a′0 = M (R)2 − a0 en appliquant 5.2. à g, on déduit
que a′0 = M (R)2 − a0 ⩾ 0 , et que a2N + b2N ⩽ a′2 2 2 2 2 2
0 = (M (R) − a0 ) , et on a aN + bN = |aN − ibN | = 4|α0 αN | = 4
2
2 2
donc M (R) − a0 ⩾ 2 , par suite M (R) ⩾ a0 + 2 ⩾ 4 , d’où M (R) ⩾ 2.
PN −1
On a l’égalité ssi: a0 + 2 = 2 c-à-d ssi: a0 = 2 et puisqu’on a a0 = 2 + k=1 |αk |2 (d’après 5.3.1.) , on a égalité ssi
PN −1 2
k=1 |αk | = 0, c-à-d ssi : α1 = ... = αN −1 .
Pn Pn
5.4.1 Pour Pz ∈ C posons Q(z) = k=0 αk z k , donc pour tout z ∈ C⋆ , Q1 (z) = 2n k=0 αk z n ( 21 (z + z1 ))k
n
= 2n k=0 αk z n−k ( 21 (z 2 + 1))k , donc (3) définit bien la fonction polynôme Q1 .
5.4.2 La dernière expression précédent montre que Q1 est de degré 2n (c’est le nème terme de la somme précédente qui est
de plus grand degré 2n ), son terme constant est celui de 2n αn ( 21 (z 2 + 1))n c’est donc 2n αn 21n = αn = 1.Le terme
de plus haut degré est z 2n .
5.4.3 Montrons d’abord le résultat par récurrence double pour m ∈ N.le résultat est vérifié pour m = 0 et m = 1.Soit
1
m ∈ N et supposons le résultat vrai pour m et m + 1 , alors 4cos((m + 1)θ)cos(θ) = (z m+1 + zm+1 )(z + z1 ),
m+2 1 m 1 m+2 1
ainsi 2(cos((m + 2)θ) + cos(mθ)) = z + zm+2 + z + zm , par suite 2cos((m + 2)θ) = z + zm+2 , d’où le résultat
pour n + 2.
Pour m ∈ Z− , on a 2cos(mπ) = 2cos(−mπ) = z −m + z−m 1
= z m + z1m d’après le cas précédente, d’ou le résultat.
5.4.4 Puisque 12 (eiθ + e−iθ ) = cos(θ), alors |Q1 (eiθ )| = 2n |Q(cos(θ))|, d’où sup|Q1 (eiθ )| = 2n sup |Q(x)| = 2n ∥Q∥ = 2.
θ∈R x∈[−1,1]
En considérant le polynôme trigonométrique f : θ 7→ Q1 (eiθ )Q1 (eiθ ) = |Q1 (eiθ )|2 , qui est à valeurs réelle positive
, et puisque Q1 de terme constant et de coefficient dominant égales à 1, M (Q1 ) = 2 alors d’après 5.3.3 ,les autres
coefficients de Q1 sont nuls, c-à-d : Q1 (z) = z 2n + 1 pour tout z ∈ C.
5.4.5 On a pour tout z ∈ C⋆ , z 2 n + 1 = 2n z n Q( 12 (z + 1/z)) donc 2n−1 Q( 12 (z + 1/z)) = 12 (z n + z1n )
pour tout réel θ, en prenant z = eiθ dans l’égalité précédente, et compte tenu de la question 5.4.3,
on a 2n−1 Q(cosθ) = cos(nθ) ∀θ ∈ R.donc d’après la question 1.2.1, on a 2n−1 Q = Tn