Texte 4 : Tristan et Iseut :
Tristan et Iseut de Joseph Bédier, publié en 1900 pour la première fois en France, est une
réécriture moderne d’une légende empruntée à la littérature médiévale. Le roman de Tristan
et Iseut raconte les amours de deux jeunes gens ayant bu par erreur un philtre destiné au
couple royal, Marc et Iseut. De nombreuses aventures marquent la vie des héros jusqu'à la
blessure à laquelle succombera Tristan. Le texte à l'étude clôt le roman, il relate la mort des
deux amants, la grandeur du roi et la merveille d'un amour que rien ne peut rompre.
L'explication s'attachera à montrer comment la mort réunit les amants.
Le texte connaît un triple mouvement:
L'annonce de la mort de Tristan, des lignes 1 à 7
Le dernier hommage d'Iseut et sa mort, des lignes 8 à 15
L'intervention du roi Marc, de la ligne 16 à la fin.
Annonce de la mort de Tristan :
« Dame » s’adresse à Iseut comme femme non comme majesté.
« Nous » = peuple et vieillard, s’inclue dans cette tristesse
1ère phrase, expression de compassion
Tristan le « le franc, le preux » adj substantivé, qui donne à comprendre les qualités
de Tristan de manière hyperbolique. 2 qualités fondamentales à la chevalerie.
À cela s’ajoute une 3ème qualité, celle de la charitée, = l’amour. Elle est au sommet de
la hiérarchie des valeurs. Les deux qualités du chevalier sont accompagnées par une
qualité humaine, la charité. Il est noble, chevalier, au côté du roi et aide les souffrants
Désastre : mot très fort, + superlatif, le fait que c’est hyperbolique montre encore
plus le désastre. Le superlatif relié au mot désastre montre de manière hyperbolique
l’impact de la mort de Tristan.
La parole du vieillard s’ouvre sur le mot Dame et se ferme sur le mot pays, montrant
que l’ensemble de toutes les terres est affecté par la mort de Tristan. L’ampleur de
cette perte affecte tout le monde.
Ce deuxième paragraphe montre le point de vu de Iseut. Les actions d’Iseut sont décrites,
elle ne parle pas , elle ne fait pas non plus attention à son apparence.
Ensemble de verbes au présent qui décrit la réaction de mutisme d’Iseut, qui dit
l’ampleur de sa souffrance. Le présent montre que le temps s’est arrêté.
Il y a que des verbes d’actions, qui fait l’impression qu’elle n’est plus qu’un corps en
souffrance qui va directement vers Tristan, elle ne fait plus intention à son
apparence. Le désordre de ces vêtements fait référence à la cérémonie où les gens
déchirent leurs vêtements comme les pleureuses de l’antiquité.
« s’émerveillaient » Imparfait qui montre un état qui se prolonge, celui de
l’émerveillement. Un verbe qui notifie l’état à l’imparfait. Ils la considèrent comme
une apparition.
Même hyperbole « jamais » qui vient lier T et I. Il y a le même adverbe pour
l’hyperbole, le même pour montrer la grandeur entre eux.
Il y a 2 questions rhétoriques qui invitent le lecteur à partager l’émerveillement des
Bretons, ils sont subjugués.
Le dernier hommage d'Iseut et sa mort :
L’imparfait va désigner la longueur de la lamentation de Iseut aux blanches mains.
La mention du cadavre et des grands cris choque désagréablement le lecteur.
Alors que les cris de Iseut aux blanches mains se taisaient, les cris de Iseut
apparaissent.
L’épithète homérique "Iseut aux mains blanches" qui nomme Iseut aux mains
blanches est quasi une antiphrase puisqu’elle a causé la mort de son mari en mentant
sur la couleur des voiles.
“Dame, relever-vous et laissez-moi approcher“ Iseut donne 2 ordres à l’impératif, elle
à un droit de charité sur Iseut aux blanches mains.
Le point de vue du roi Marc :
Le dernier paragraphe du texte est centré sur le roi Marc
“Lorsqu’il appris la mort des amants, il franchit la“ cette phrase montre tout l’amour
que le roi porte aux amants, les actions sont simultanées.
La première phrase contient un rythme rapide, dès qu’il apprends la nouvel il se met
en route. Il franchit la mer, il brave tous les dangers pour aller voir T et I. À l’époque
prendre la mer était dangereux.
“Il fit ouvrer deux cercueils“, Le roi a fait ouvrir deux cercueils en pierre
représentants les amants :
o Calcédoine = pierre bleu et blanche, rapporte aux couleurs de la vierge marie,
de la royauté et de la pureté pour Iseut
o Béryl = pierre verte et bleu , le vert est à la fois la vie et la mort il représente
l’espoir d’une autre vie, le bleu s’apparente à la spiritualité.
Dance ce paragraphe le roi Marc est acteur de tous les verbes, il ne délègue rien, il
fait.
Il enterre les deux amants au plus près du cœur de la chapelle, mais à l’opposé de
l’un de l’autre. Montrant que leur amour ne devait pas avoir lieu d’être.
Champs lexicaux de la bonne santé : “feuillue, forts rameaux, fleurs odorantes“
montre le surnaturel de cette rose car elle a poussé au par-dessus un bâtiment
pendant la nuit. Et elle renait aussi forte avec un même lapse de temps après avoir
été coupé. C’est pour cela que le roi Marc décide de l’laisser cette rose, car elle
représente l’amour surnaturel qui unissait Tristan et Iseut.
Les amours interdites condamnent ceux qui s'aiment à vivre en marge du monde mais la
mort les réhabilite et les grandit jusqu'au sublime. Le roman, qui mêle le réel au merveilleux,
l'amour et la mort sera la terre fertile à laquelle de nombreux chefs-d'œuvre viendront
puiser.