Compétence B : Anatomie des Ruminants
B1 - Différentes parties de chaque appareil pour chaque espèce
1. Anatomie de l’appareil digestif
1-1- Cas des bovins
L’appareil digestif se compose d’un long tube (tube digestif) communiquant avec l’extérieur par
deux orifices : l’un en avant (la bouche), l’autre en arrière (l’anus). Entre ces deux orifices,
l’appareil digestif se divise en plusieurs parties qui ont chacune un rôle spécial à remplir dans la
digestion. Ce sont : le pharynx, l’œsophage, l’estomac et l’intestin.
Appareil digestif de la vache
➢ Bouche :
Chez les bovins, la langue est longue et mobile, elle
représente l'organe de la préhension des aliments, les
touffes d'herbes et les tiges végétales sont entourées par la
langue puis tirées dans la cavité buccale sectionnées par la
pression des incisives sur le bourrelet gingival du maxillaire
supérieur.
La surface de la langue porte des papilles qui ne laissent
pas les touffes d'herbe glisser. Ils arrachent l'herbe d'un coup
de tête plus qu’ils ne la coupent, ils ne peuvent couper
l'herbe plus ras que 2cm.
A l’arrière de la bouche, se situe le pharynx, qui est un
carrefour digestif et respiratoire.
➢ Œsophage :
C’est un tube très souple allant se terminer dans l’estomac par le cardia, après avoir
suivi le bord inférieur de l’encolure et traversé le diaphragme.
➢ Estomac :
Chez les bovins, l’estomac est très développé, il est formé de quatre poches :
• Rumen (ou panse) :
C’est un grand sac qui occupe à lui seul les trois quarts de la cavité abdominale
(chez le Ruminant adulte). Il communique d’une part avec l’œsophage, et d’autre
part avec le réseau. Il reçoit les aliments ingérés pour la première fois. La rumination
les amène dans la bouche pour être remastiqués.
Le rumen contient une flore microbienne très variée, constituée essentiellement de :
● Bactéries (1010 Bactéries / ml de Jus de Rumen)
● Protozoaires (106 Protozoaires / ml de Jus de Rumen)
● Champignons (104 Champignons / ml de Jus de Rumen)
● Archées (108 Archées / ml de Jus de Rumen)
➢ Réseau (ou bonnet) :
Il est situé sous l’embouchure de l’œsophage, entre le rumen et le feuillet. Il distribue les
bols alimentaires et retient souvent les corps étrangers.
➢ Feuillet (ou omasum) :
Il a la forme d’un livre.
L’eau et des éléments minéraux y sont absorbés.
➢ Caillette (ou abomasum) :
C’est le vrai estomac des ruminants, où les aliments subissent l’action du suc gastrique.
Appareil digestif d’un petit Ruminant
Les quatre poches de l’appareil digestif de la vache
Les quatre poches de l’appareil digestif de la vache
RUMEN RESEAU
FEUILLET CAILLETTE
Degré d’absorption au niveau du Rumen
Remarque :
A la naissance, la caillette du jeune ruminant est déjà fonctionnelle, alors que
les préestomacs n’existent qu’à l’état rudimentaire. Ils se développent plus
tard, pendant la croissance de l’animal.
Evolution du volume des différents compartiments de l’estomac d’un bovin
Fonctionnement de l’estomac d’un veau à la naissance
Les premières voies digestives
Gouttière Œsophagienne
La gouttière œsophagienne est un conduit reliant
le cardia des ruminants à l'entrée du feuillet puis
caillette.
Cette gouttière permet notamment d'éviter aux
liquides d'arriver dans la panse en les conduisant
directement vers la suite de l'appareil digestif.
C'est le cas pour les jeunes ruminants lorsqu'ils
absorbent du lait, mais aussi des adultes lorsqu'ils
ont très soif.
La gouttière œsophagienne est constituée de deux
lèvres qui se réunissent lorsqu'il est nécessaire
pour former un conduit.
Gouttière Œsophagienne
Gouttière Œsophagienne
RUMEN
LEVRES DE
LA G.O
G.O
RITICULUM
➢ Intestins :
Les intestins comprennent deux parties principales qui se différencient par leur
diamètre, leur longueur et la forme de leur muqueuse : l’intestin grêle et le gros intestin.
• Intestin grêle : c’est un conduit long et étroit. Il comprend trois parties :
duodénum, jéjunum, et iléon ;
• Gros intestin : il est plus court que l’intestin grêle, et il comprend également
trois segments : cæcum, colon et rectum
Rumination
Rumination
Herbe non Herbe
mâchée mâchée
1-2- Cas des petits ruminants
Le tube digestif des petits ruminants est grosso modo semblable à celui des bovins,
cependant quelques caractéristiques sont propres à ces espèces :
- Les petits ruminants se servent de leurs lèvres très fines et mobiles, pour prendre les
aliments, lorsqu'ils broutent l'herbe, ils se servent de leurs incisives inférieures et de
leur langue mais à un degré moindre que les bovins.
- Les incisives des petits ruminants sont très fines et coupantes. Les ovins et les caprins
coupent l'herbe très ras, et de là ils tirent parti des pâturages pauvres.
1-3- Cas du dromadaire
L’anatomie digestive du dromadaire diffère de celle des autres
ruminants quant à la forme, la structure et la fonction.
Elle a la particularité d’être adaptée à la valorisation
des ressources végétales naturelles de la savane désertique.
➢ Bouche :
La bouche est adaptée à la préhension des espèces sèches et
épineuses qui composent la végétation des milieux arides et
désertiques. Elle est largement fendue à l’entrée, et se
compose de deux lèvres très mobiles : une inférieure mince
et pointue, une supérieure plus charnue pouvant se fendre
elle-même en deux. Le dromadaire est dépourvu de mufle.
▪ Les joues sont hérissées sur leur face interne
d’odontoïdes longues dirigées en arrière.
Le dromadaire est ainsi insensible aux épines des plantes.
▪ Le palais est long et étroit.
▪ La langue, allongée et douce au toucher, est dotée de
papilles filiformes récurrentes et fongiformes.
Le voile du palais est très ample.
On compte, généralement, 34 dents chez le dromadaire.
➢ Œsophage
Du fait de la longueur de l’encolure, le tube œsophagien est long et présente des
glandes sécrétoires en grande quantité. Ceci contribue à humecter en permanence
la ration alimentaire de l’animal, souvent, sèche facilitant ainsi le transit dans les voies
supérieures du tube digestif.
➢ Estomacs
L'estomac du dromadaire a plus d’un mètre de long et a plusieurs
fonctions. Chez les Camélidés, l’anatomie des réservoirs gastriques
diffère non seulement de ceux des autres Mammifères, mais aussi de
ceux des autres ruminants par l’absence de feuillet, plus ou moins
confondu avec la caillette, Ces réservoirs gastriques appelés
communément compartiments sont au nombre de trois :
le sac du rumen (C1), le réticulum (C2) et un troisième avec une forme
intestinale (C3 + C4) comprenant le feuillet (omasum) (C3) et la caillette
(abomasum) (C4), difficile à distinguer par leur aspect macroscopique.
Ce qui au final donne au dromadaire une anatomie digestive un peu
différente de celle des autres ruminants, munis eux, de 4 estomacs.
Par ailleurs, des différences sont observées aussi sur le plan fonctionnel
avec l'estomac des autres ruminants.
Remarque : le débouché de l’œsophage, placé entre le rumen et le
réticulum chez les ruminants, se situe directement sur le rumen chez les
camélidés.
Ruminant
Omasum
Abomasum
Duodénum
Rumen
Réticulum
Abomasum
Camélidé
Rumen
Sacs glandulaires
C3 et C4 ne sont pas nettement séparés comme chez les ruminants.
➢ Intestins
Les intestins du dromadaire ne présentent pas des différences marquées par rapport à
ceux des bovins. Le jéjuno-iléon est en contact de la paroi abdominale droite
et recouvert en partie par le grand épiploon ou omentum.
Epiploon ou Omentum
Le gros intestin du dromadaire est long d’environ 20 mètres et comprend également
3 parties : Colon, Cæcum et Rectum.
Le colon du dromadaire a une configuration particulière car il est hélicoïdal ce qui permet une
réabsorption accrue de l’eau du contenu intestinal et le changement de ce contenu fluide en
boulette fécale assez dure, très peu hydratée.
Le cæcum est un sac aveugle partant du début du colon.
Le rectum est large et long et son contenu consiste en boulettes fécales prêtes à l’excrétion.
2- Anatomie de l’appareil respiratoire
Le système respiratoire est la partie anatomique
permettant l’introduction des gaz respiratoires dans
l’organisme et permettant les échanges gazeux
(oxygène entrant contre gaz carbonique sortant
pour faire court).
L’appareil respiratoire est composé de trois parties :
- Les cavités nasales (les naseaux, les fosses nasales)
- L’arbre aérifère (le pharynx, larynx, trachée, bronches)
- Les poumons
a. Les naseaux :
Il y a 2 naseaux, chaque nasal présente une aile interne cartilagineux et une
aile externe musculo-membraneuse.
a. Les fosses nasales :
Sont allongées comme deux carneaux séparés par un cloisonnement médiane. Les
fosses nasales sont situées au dessus de la cavité buccale : le plancher répond au
palais et le plafond à l’os nasal.
Les fosses nasales sont tapissées par une muqueuse dite pituitaire qui a les propriétés
suivantes : Humidification de l’air, Olfaction, et arrêtent les poussières inspirées.
b. Le pharynx : Correspond au carrefour des voies respiratoires et digestives.
c. Le larynx : C’est la partie initiale de l’arbre aérifère, il répond à la gorge, il est formé
de plusieurs cartilages, son rôle : Règle le débit de l’air respiré, joue un rôle dans la
phonation de l’espace grâce à deux replies élastiques dites cordes vocales.
d. La trachée :
C’est un Coulon aplatit dorso-ventralement.
La trachée est formée par plusieurs anneaux
cartilagineux : elle commence par le larynx,
descend dans la région cervicale inferieure
et se termine en arrière de la cavité
thoracique en regard de la base du cœur par
une diffraction en deux branches qui
pénètrent dans les poumons et forment
l’arbre bronchique en se divisant en conduits
de plus en plus fins (bronchioles).
e. Les poumons :
Ce sont les organes essentiels de la
respiration, elles occupent avec le cœur
entièrement la cavité thoracique. Elles
pèsent chez la vache 3 à 4 kg. Le
poumon gauche est bilobé et le poumon
droit est formé de quatre lobes
(quadrilobe).
▪ Structure des poumons :
Les lobes du poumon sont divisés en de nombreux lobules qui forment des petits
polygones. L’intérieur du poumon est formé par les ramifications des branches qui
se terminent dans les lobules par des petits sacs dites les vésicules pulmonaires,
la paroi de ces vésicules forme des cavités microscopiques dites alvéoles
pulmonaires (plusieurs vésicules pulmonaires forment donc un lobule pulmonaire)
et entre les vésicules il y a un tissu conjonctif.
Les échanges entre le sang et l’extérieur se font à travers cette paroi alvéolaire
(épaisseur 0,001 mm).
Le lobule pulmonaire représente l’unité anatomique et fonctionnel)
3. Anatomie de l’appareil reproducteur
3-1- Appareil génital mâle (Cas du taureau)
L’appareil génital du taureau est composé des organes suivants :
➢ Glandes sexuelles (testicules) : secrètent le sperme destiné à la
fécondation. Ils sont logés dans des enveloppes ou bourses.
➢ Voies génitales : constituées par l’épididyme, les canaux déférents et
l’urètre. Ce dernier reçoit les secrétions des glandes annexes
(vésicules séminales, prostate, glande de Cowper).
➢ Pénis: c’est l’organe de copulation.
Anatomie de l’appareil génital du taureau
Rectum
Prostate
Glandes de cowper
Muscle ischio-caverneux
Muscle bulbo-caverneux
Crémaster
Epididyme
Testicules
Vésicule séminaire
:Canal déférent
Vessie
Panse
Flexure sigmoïde
Pénis
Gland
Bourse
3-1-1- Caractéristiques de l’appareil génital mâle (Cas du taureau)
3-2- Appareil génital femelle (Cas de la vache)
Appareil génital femelle
Appareil génital femelle
Appareil génital femelle
Rectum
Vulve
Clitoris
Vagin
Os
Glande
Trayon
Col de l’utérus
Vessie
Pavillon
Ovaire
Corne utérine
Oviducte
Pis
3-2-1- Caractéristiques de l’appareil génital femelle (Cas de la vache)
4. Anatomie de la mamelle
4. Anatomie de la mamelle
De la naissance à la puberté,
le développement de la mamelle suit
celui de l'animal, mais elle n'est
constituée que de tissu conjonctif et
adipeux.
A partir de la fécondation,
et progressivement, au cours de la
gestation, le volume de la mamelle
augmente et le tissu sécréteur se forme.
Une glande mammaire comprend essentiellement :
- Des organes sécréteurs
- Des organes conducteurs
- Des vaisseaux sanguins
- Du tissu musculaire contractile
- Du tissu conjonctif
- Des organes sécréteurs
constitués par un ensemble de petites alvéoles
appelées acini. Le rôle des cellules qui en
constituent la périphérie est de choisir dans le sang
et d'extraire les éléments nécessaires à la
fabrication du lait (Glucose, matières grasses,
matières azotées, etc….), puis de les faire passer
tels quels, ou après transformation, dans les acini
ou s'effectue la synthèse du lait.
- Des organes conducteurs
Les acini s'ouvrent dans de fins canaux, qui
débouchent eux-mêmes dans les conduits de
plus gros diamètre aboutissant aux sinus
galactophores, sortes de réservoirs aux
contours très irréguliers, situés à la base du pis
et communiquant chacun avec le canal du
trayon correspondant.
- Des vaisseaux sanguins.
Des artères amènent le sang au pis. Le départ du
sang est assuré par des veines.
- Du tissu musculaire contractile
qui enveloppe d’un fin réseau les acini ainsi que
les canalicules et canaux mammaires. Il assure la
" descente" du lait lors de la traite.
- Du tissu conjonctif
Est un tissu de soutien qui est sans relation avec
la production lactée.
Tunique abdominale
Artère et veines
Appareil suspenseur mammaires
Lame latérale
Ligament
Lobe
Suppresseur
mammaire
Parenchyme
mammaire Conduits lactifères
Sinus lactifère
Partie glandulaire
Partie annulaire
Trayon Partie papillaire
Canal du trayon
Sphincter
Conclusion :
Le pis de la vache est composé de deux paires de mamelles séparées par le sillon inter
mammaire, formant quatre quartiers. La division entre les quartiers avant et arrière est faite
par une très fine membrane conjonctive. Chaque quartier est anatomiquement et
physiologiquement indépendant des autres.
La glande mammaire est une glande à sécrétion externe constituée d’un tissu épithélial
tubulo-alvéolaire qui correspond à une structure épithéliale en grappe, organisée en
alvéoles, groupées en lobules, eux-mêmes rassemblés en lobes (12 lobes par quartier)